Île Maurice en 10 jours : l'itinéraire jour par jour
1 308 € par personne sur place pour 10 jours, soit 131 € / jour — en 7 étapes, de Port-Louis à Gorges de Rivière Noire. En passant par Pamplemousses, Grand Baie, Trou d'Eau Douce, Le Morne et Chamarel.
Autres durées : 5 jours · une semaine · toutes les étapes de Île Maurice
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Maurice Sir-Seewoosagur-Ramgoolam (MRU), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Port-Louis
J1 · 1 nuit · 100 € par personne
La capitale, son marché et le quai de l'engagisme
La capitale, plus administrative que touristique, avec un marché central très vivant le matin et l'Aapravasi Ghat — le dépôt où ont débarqué un demi-million de travailleurs engagés indiens après l'abolition de l'esclavage, classé par l'Unesco. ⚠️ La ville se vide complètement après 17 h.
En savoir plus sur Port-Louis
Port-Louis est la capitale et le port de l'île, une ville de travail plutôt qu'une ville de séjour : administrations, banques, docks et une circulation dense dans un bol de collines qui garde la chaleur. Elle mérite une matinée, pas davantage, et l'on n'y dort généralement pas.
Son marché central est le meilleur moment de la visite : fruits, légumes, épices, tissus et cuisine de rue — le dholl puri, galette de pois cassés garnie, est le plat national et se mange debout pour quelques roupies. L'Aapravasi Ghat, classé par l'Unesco, est le dépôt d'immigration où ont débarqué près d'un demi-million de travailleurs engagés venus d'Inde après l'abolition de l'esclavage. Il ne reste que des fondations et un escalier, mais c'est le lieu qui explique la composition démographique de l'île entière.
⚠️ La ville se vide complètement après dix-sept heures : les commerces ferment, les bureaux se vident vers la périphérie, et le centre devient désert et peu engageant le soir. Il n'y a pas de vie nocturne à chercher ici, contrairement à Grand Baie. ⚠️ Le musée du Blue Penny, au Caudan Waterfront, expose les deux timbres les plus célèbres du monde ; ils ne sont éclairés que quelques minutes par heure pour les préserver, ce qui prend de court ceux qui passent au mauvais moment.
À table
- Dholl puri — la galette fine fourrée de pois cassés jaunes, pliée sur une rougaille et un achard, la street food de la capitale, sur le marché central.
- Mine frit — les nouilles sautées au wok avec des légumes et du poulet ou des crevettes, dans les échoppes de Chinatown.
- Gâteaux piments — les beignets de pois chiches au piment et à la coriandre, chauds dans un cornet de papier.
- Boulettes — les raviolis vapeur de la communauté chinoise, en bouillon avec de la sauce piment, rue Royale.
- Alouda — la boisson glacée au lait, graines de basilic et agar-agar, sur le marché central.
Jour 1
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Aapravasi Ghat Le quai où débarquèrent près d'un demi-million de travailleurs engagés venus d'Inde entre 1834 et 1920, après l'abolition de l'esclavage. Classé à l'Unesco comme point de départ de ce système à l'échelle mondiale. Entrée libre.gratuitcultureEn savoir plus
Il ne subsiste du dépôt que des fondations basses, des pans de murs, l'emprise de l'hôpital et un escalier de pierre qui montait du débarcadère : ce sont ces marches que tout le monde vient voir, parce que chaque arrivant les a gravies. Le reste a été rogné par la ville et par la route, et le site se lit aujourd'hui autant par ce qui manque que par ce qui tient debout.
Ce que Londres a lancé ici en 1834 portait un nom : la Grande Expérience. Remplacer par des travailleurs sous contrat les esclaves qu'on venait d'affranchir, et le modèle fut ensuite reproduit dans les Caraïbes, en Afrique australe, aux Fidji, à La Réunion. Chaque arrivant était enregistré, décrit, affecté à une propriété. Ces registres existent toujours et se consultent : beaucoup de Mauriciens y ont retrouvé le nom et le numéro de leur ancêtre, et les deux tiers de la population descendent de ces convois.
Ce n'est pas une curiosité, c'est un lieu de mémoire, et le pays commémore chaque 2 novembre l'arrivée du premier bateau. Le centre d'interprétation voisin donne les clés que les ruines ne donnent pas : le voir avant de marcher sur le site change complètement la visite. Il n'y a presque aucune ombre.
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Marché central de Port-Louis Fruits, épices, tisanes et surtout la cuisine de rue : dholl puri, gâteaux piments, alouda. C'est ici qu'on mange le mieux et le moins cher de la ville.gratuitmarchéEn savoir plus
Le marché tient en plusieurs halles : fruits et légumes d'un côté, viande et poisson de l'autre, et à l'étage les gargotes où l'on mange debout. Le dholl puri se fait sous vos yeux — deux galettes fines fourrées de pois cassés jaunes moulus, empilées, garnies de cari de gros pois, de rougaille et d'une chatini brûlante, puis roulées dans un papier. On en avale deux sans s'en apercevoir.
Une allée entière revient aux tisaneurs : bocaux, écorces, racines et sachets étiquetés à la main par symptôme, héritiers des pharmacopées indienne, chinoise et malgache que l'île a reçues en même temps que ses habitants. L'alouda, elle, descend du falooda indien : lait, sirop, agar-agar et graines de basilic gonflées d'eau, qui lui donnent cette texture de petites perles.
On paie en roupies mauriciennes, et en espèces sur les étals : Maurice n'est pas la France, l'euro n'y a pas cours et la carte s'arrête aux boutiques. Le marché vit tôt et se vide en début d'après-midi. Choisir la gargote devant laquelle ça défile plutôt que celle qui a du stock d'avance, et ignorer les rabatteurs postés à l'entrée du textile.
48 € hébergement · 31 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du Caudan, 96 € la nuit.
- Port-Louis → Pamplemousses — Voiture de location, route du nord, 24 min, 5 € par personne (10 € à partager).
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02. Pamplemousses
J2 · 1 nuit · 111 € par personne
Nénuphars géants, sucre et château créole
Le plus ancien jardin botanique de l'hémisphère sud, créé en 1770, connu pour ses nénuphars géants dont les feuilles portent un enfant. À côté, L'Aventure du Sucre raconte trois siècles d'économie de plantation dans une ancienne usine. C'est l'étape culturelle de l'île, à l'intérieur des terres.
En savoir plus sur Pamplemousses
Pamplemousses est une étape de l'intérieur des terres, sans plage, et c'est ce qui en fait l'étape culturelle du parcours. Son jardin botanique, créé en 1770 par Pierre Poivre, est le plus ancien de l'hémisphère sud : il servait à acclimater les épices que la France cherchait à soustraire au monopole hollandais, et il conserve aujourd'hui quatre-vingt-cinq variétés de palmiers.
Sa curiosité la plus connue est le bassin de nénuphars géants d'Amazonie, dont les feuilles atteignent deux mètres de diamètre et portent le poids d'un enfant grâce à leurs nervures en caissons. ⚠️ Elles sont à leur maximum de novembre à avril et se réduisent nettement le reste de l'année. Des rabatteurs proposent leurs services de guide à l'entrée sans être officiels ; les guides agréés se prennent au guichet.
Juste à côté, L'Aventure du Sucre occupe une ancienne usine sucrière arrêtée en 1999, avec ses machines en place, et raconte trois siècles d'économie de plantation — esclavage, engagisme, industrialisation et commerce mondial. C'est la meilleure visite muséale de l'île et elle demande deux à trois heures ; la dégustation de sucres spéciaux et de rhums est incluse. Le château de Labourdonnais, maison coloniale en bois de 1859 au milieu de ses vergers, complète bien la journée.
À table
- Sucres spéciaux de Beau Plan — les quinze sucres non raffinés de l'île, à goûter à L'Aventure du Sucre, l'ancienne usine devenue musée.
- Rhum agricole — distillé à partir du jus de canne et non de la mélasse, en dégustation à la fin de la visite.
- Dholl puri — dans les échoppes de bord de route à la sortie du jardin, avec une rougaille tomate.
- Gâteau patate — le chausson de patate douce à la coco et à la cardamome, frit, dans les boulangeries du village.
Jour 2
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Jardin botanique de Pamplemousses Créé en 1770, l'un des plus anciens jardins tropicaux du monde, célèbre pour son bassin de nénuphars géants d'Amazonie dont les feuilles portent un enfant. Tarif non-résident Rs 300 ; les Mauriciens paient Rs 25.6 €natureEn savoir plus
On entre par une grille de fonte ouvragée, puis une allée de palmiers royaux, et le jardin se disperse ensuite en bassins, pelouses et bosquets. Les nénuphars géants occupent un bassin à part : feuilles rondes à bord relevé comme un moule à tarte, revers nervuré et couvert d'épines, et une fleur qui s'ouvre blanche la première nuit avant de virer au rose la seconde.
L'homme qui a lancé tout cela s'appelait Pierre Poivre, et il portait bien son nom : intendant de l'île, il a fait rapporter en fraude des Indes néerlandaises des plants de muscadier et de girofle pour briser le monopole hollandais sur les épices. Le jardin fut un laboratoire d'acclimatation avant d'être une promenade. On y voit aussi des talipots, ces palmiers qui fleurissent une seule fois, après des dizaines d'années, puis meurent.
Les étiquettes manquent souvent et le parc est vaste : un guide pris à l'entrée change complètement la visite — s'entendre sur le tarif avant de partir, et se méfier de ceux qui abordent sur le parking. Venir tôt, la chaleur monte vite et les moustiques tiennent les abords des bassins. Les feuilles des nénuphars sont les plus larges à la saison chaude.
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Temple de Triolet, le plus grand de l'île Le Maheswarnath, plus grand temple hindou de Maurice, bâti en 1857 par les engagés indiens. Épaules et genoux couverts, chaussures retirées à l'entrée.gratuitcultureEn savoir plus
Le temple s'annonce par une tour d'entrée couverte de figures peintes de couleurs vives, empilées sur plusieurs registres. Derrière s'ouvrent une cour et plusieurs sanctuaires : Shiva au centre, et autour de lui Krishna, Hanuman, Ganesh, chacun dans son édicule. Les statues sont repeintes régulièrement, d'où cet aspect neuf qui surprend sur un lieu aussi ancien.
L'hindouisme est arrivé ici dans les bagages des engagés, avec les langues, les fêtes et les calendriers, et il est aujourd'hui la religion de près de la moitié des Mauriciens — la plus forte proportion au monde en dehors de l'Inde et du Népal. Le village, lui, s'étire sur des kilomètres le long de la route, ce qui lui vaut d'être présenté comme le plus long de l'île.
C'est un temple en activité, pas un monument : il s'y tient des offices, des familles viennent pour une naissance ou un anniversaire, et l'on n'y circule pas comme dans un musée. On fait le tour du sanctuaire dans le sens des aiguilles d'une montre, on ne se photographie pas en tournant le dos aux statues, et l'on demande avant de photographier quelqu'un en prière. Les grandes affluences sont celles de Maha Shivaratri et du Cavadee.
50 € hébergement · 32 € repas · 26 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le nord, 100 € la nuit.
- Pamplemousses → Grand Baie — Voiture de location, côte nord, 30 min, 6 € par personne (12 € à partager).
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03. Grand Baie
J3 → J4 · 2 nuits · 283 € par personne
Le nord, ses lagons et les îlots au large
Le nord touristique, avec les lagons les plus calmes et les plus abrités de l'île, et le départ des sorties en catamaran vers les îlots du nord. C'est aussi la zone la plus construite et la plus animée le soir. ⚠️ Les prix y sont sensiblement plus hauts que dans le sud.
En savoir plus sur Grand Baie
Grand Baie est le nord touristique de l'île, et l'on y vient pour deux raisons précises : les lagons y sont les plus calmes et les mieux abrités, protégés par un récif proche, et c'est de là que partent les sorties en catamaran vers les îlots du nord — Coin de Mire, île Plate, îlot Gabriel. Ces journées en mer sont l'activité phare de la région.
C'est aussi la zone la plus construite et la plus animée du pays : restaurants, boutiques, bars et vie nocturne, ce qui n'existe pratiquement nulle part ailleurs sur l'île. Trou aux Biches, quelques kilomètres plus au sud, offre une plage publique bien plus large et plus ombragée que celle de Grand Baie même, avec de bons fonds accessibles depuis le bord.
⚠️ Les prix y sont sensiblement plus élevés que dans le sud et l'est de l'île, hébergement comme restauration, et l'écart n'est pas mince — il peut justifier à lui seul de déplacer une nuit vers Mahébourg ou la côte est. Cap Malheureux, à la pointe nord, doit son nom au débarquement britannique de 1810 qui a fait basculer l'île ; sa petite église au toit rouge, avec le Coin de Mire en arrière-plan, est l'image la plus reproduite de Maurice. ⚠️ Le nord est la région la plus sèche et la moins ventée : c'est un avantage l'hiver austral, quand l'est est balayé par les alizés.
À table
- Vindaye de poisson — le poisson frit mariné au curcuma, à la moutarde et aux oignons, servi froid, plat de la côte.
- Salade d'ourite — le poulpe bouilli en salade avec oignons, piment et citron vert, dans les restaurants de la baie.
- Marlin fumé — en tranches fines au citron, l'entrée des tables de bord de mer.
- Cari poulet — le curry mauricien aux feuilles de cari, servi avec du riz, des grains et une rougaille.
Jour 3
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Plage de Trou aux Biches Une longue plage publique de sable blanc bordée de filaos, avec un lagon peu profond et calme. C'est l'une des rares grandes plages du nord qui ne soit pas privatisée par un hôtel.gratuitdétenteEn savoir plus
Trou aux Biches est l'une des rares grandes plages publiques du nord de Maurice à ne pas être accaparée par un hôtel, et cette précision est le cœur du sujet : la loi mauricienne rend le littoral public sur toute l'île, mais l'accès est en pratique très inégal, beaucoup de portions n'étant atteignables qu'en traversant un domaine hôtelier.
Ici, la plage est longue, bordée de filaos — ces conifères australiens plantés massivement pour fixer le sable, dont les aiguilles tapissent le sol et fournissent l'ombre — avec un lagon peu profond et un fond de sable clair. Elle est fréquentée par les Mauriciens le week-end, ce qui donne une ambiance de pique-nique familial très différente de celle d'une plage d'hôtel.
Le récif est proche et se rejoint à la palme depuis le bord pour le masque et tuba. ⚠️ Le nord est la région la plus sèche et la moins ventée de l'île, ce qui en fait un refuge pendant l'hiver austral quand la côte est est balayée par les alizés — mais aussi la plus chère et la plus construite. Les prix d'hébergement y sont sensiblement supérieurs à ceux du sud-est.
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Marché et front de mer de Grand Baie Le centre le plus animé de l'île après Port-Louis, avec ses étals de textile et de vannerie. On y marchande — c'est attendu.gratuitmarchéEn savoir plus
Le bazar est une succession d'échoppes serrées : textile, vannerie de vacoas, paréos, sacs, épices, et surtout les maquettes de bateaux, une vraie spécialité mauricienne. Des ateliers de l'île reproduisent en bois des voiliers historiques à l'échelle, gréement et voiles cousues comprises ; une bonne pièce se reconnaît au fil, aux poulies et à la finition de l'intérieur de coque.
La baie portait chez les Hollandais un nom qui se traduit par la baie sans fin, du temps où ils tenaient l'île sans parvenir à s'y installer durablement. Elle est restée un village de pêcheurs jusqu'aux années soixante-dix avant de devenir le centre de sortie du nord. Le textile n'y est pas un décor : l'habillement est l'un des piliers de l'industrie mauricienne, et une partie de ce qui se vend sur les étals sort d'usines de l'île.
Passer d'abord dans une boutique à prix affiché donne un point de départ avant de discuter au bazar. On règle en roupies et en espèces sur les étals. Le front de mer se parcourt à pied, mais la route qui le longe est étroite et chargée le soir. Les rabatteurs pour les sorties en mer sont nombreux : exiger le nom de l'opérateur et un écrit avant de payer quoi que ce soit.
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Cap Malheureux et son église La petite église au toit rouge, image la plus reproduite de l'île, face aux îlots du nord. C'est ici que les Britanniques ont débarqué en 1810 pour prendre l'île aux Français — le nom du cap leur est souvent attribué, mais les naufrages sur les récifs sont l'autre explication, et elle est plus ancienne.gratuitcultureEn savoir plus
L'église est minuscule, blanche, coiffée de tôle rouge, posée sur l'herbe au bord de l'eau : c'est le cadrage le plus reproduit du pays, et il se prend depuis le bord de la route. À l'intérieur, le bénitier en est un vraiment — une coquille de bénitier géant, ce bivalve de lagon dont les valves ondulées atteignent la taille d'un fauteuil.
Devant, le Coin de Mire ferme l'horizon, massif et incliné, avec l'île Plate derrière et, par temps clair, deux silhouettes lointaines. Une curiosité de cartographie s'attache à celles-ci : l'île Ronde n'est pas ronde, l'île aux Serpents n'a jamais abrité de serpent, et l'on tient généralement que les deux noms ont été intervertis sur les cartes anciennes. Le comble est que l'île Ronde, elle, abrite un boa endémique qui ne vit nulle part ailleurs au monde. Elle est réserve intégrale, interdite au débarquement.
L'église sert toujours : on n'entre pas pendant l'office et l'on ne pique-nique pas sur le parvis. Le vent souffle presque en permanence sur cette pointe, ce qui trompe complètement sur la force du soleil. Le stationnement est étroit, le long d'une route passante, et la petite plage voisine est publique, donc très fréquentée le week-end.
Jour 4
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Sortie en catamaran aux îlots du nord Journée en mer vers l'île Plate, le Coin de Mire et l'îlot Gabriel, avec masque et tuba et déjeuner à bord. C'est la sortie classique du nord, et la seule façon d'approcher ces réserves.55 €natureEn savoir plus
La journée se joue sur trois décors. Le Coin de Mire d'abord, qu'on longe sans débarquer puisque c'est une réserve, et dont le nom vient de sa forme : le coin de mire est la cale de bois qu'on glissait sous la culasse d'un canon pour le pointer. Puis l'île Plate et l'îlot Gabriel, séparés par un bras d'eau claire et peu profonde où le bateau mouille pour le bain et le déjeuner.
L'île Plate n'a pas toujours été un lieu de pique-nique. Elle a servi de station de quarantaine au XIXe siècle : les navires soupçonnés d'apporter le choléra ou la variole y débarquaient leurs passagers, et il subsiste des bâtiments en ruine, un cimetière et un phare. Beaucoup de ceux qu'on y a mis à terre n'en sont jamais repartis.
La traversée du canal peut être rude : l'alizé forcit dans la matinée et le clapot lève entre le Coin de Mire et la côte. Ceux qui craignent le mal de mer se placent vers l'arrière, près de l'eau, et évitent les filets avant au retour. Il n'y a presque pas d'ombre sur les îlots : tee-shirt à manches plutôt que crème, chaussures d'eau pour le corail mort, et l'on ne ramasse rien, ce sont des réserves.
59 € hébergement · 33 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec plage privée, 118 € la nuit.
- Grand Baie → Trou d'Eau Douce — Voiture de location, par Flacq, 1 h 15, 13 € par personne (26 € à partager).
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04. Trou d'Eau Douce
J5 → J6 · 2 nuits · 236 € par personne
La côte est, ses cascades et l'île aux Cerfs
La côte est, moins développée et plus ventée, d'où part le bateau pour l'île aux Cerfs — un îlot de sable blanc devenu très fréquenté. ⚠️ La cascade de la Grande Rivière Sud-Est se voit depuis le bateau, et le trajet est souvent vendu ensemble. Le vent d'alizé souffle ici presque toute l'année.
En savoir plus sur Trou d'Eau Douce
Trou d'Eau Douce est un village de pêcheurs de la côte est, moins développé que le nord et nettement plus venté : les alizés soufflent ici presque toute l'année, ce qui rafraîchit agréablement en été austral mais rend les journées de juillet et août parfois inconfortables sur la plage. La contrepartie est un lagon plus vaste et des prix plus doux.
C'est de son embarcadère que partent les bateaux pour l'île aux Cerfs, un îlot de sable blanc à dix minutes de traversée. ⚠️ Elle est devenue très fréquentée : des centaines de visiteurs y débarquent chaque matin, la plage principale est bordée de vendeurs et d'engins nautiques bruyants, et l'image de l'îlot désert ne correspond plus à la réalité. Les parties nord et est, atteintes à pied en vingt minutes, restent beaucoup plus calmes.
⚠️ La cascade de la Grande Rivière Sud-Est est presque toujours vendue avec le transfert vers l'île aux Cerfs, et il faut savoir qu'on la voit depuis le bateau, à distance, sans débarquer — la formule « cascade et île aux Cerfs » ne comprend donc pas de marche jusqu'à la chute. Son débit dépend fortement des pluies récentes et peut être faible en saison sèche. Belle Mare, un peu au nord, aligne l'une des plus longues plages publiques de l'île, avec des filaos pour l'ombre.
À table
- Cari de poisson — le poisson du lagon dans une sauce au curry et aux tomates, avec du riz, dans les restaurants du village.
- Bol renversé — le riz, les légumes sautés et l'œuf empilés dans un bol puis retournés, plat sino-mauricien.
- Ourite sèche — le poulpe séché au soleil sur des fils devant les maisons de pêcheurs, réhydraté en cari.
- Litchis et ananas Victoria — les litchis de décembre et le petit ananas sucré vendus au bord de la route côtière.
Jour 5
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Île aux Cerfs, transfert en bateau Un îlot de sable blanc à quinze minutes de bateau, le plus couru de l'île. Y aller au premier départ du matin : après 11 h, les navettes déversent la moitié des hôtels de la côte est.20 €détenteEn savoir plus
L'îlot doit son nom aux cerfs de Java qui y avaient été introduits par les Hollandais ; il n'y en a plus. Il est aujourd'hui le plus fréquenté de Maurice, avec un golf, des restaurants et une plage principale entièrement organisée pour l'accueil de la journée.
⚠️ Le décalage entre l'image et la réalité est important : les photographies montrent un îlot désert, alors que des centaines de visiteurs y débarquent chaque matin, que la plage principale est bordée de vendeurs et que des engins nautiques motorisés tournent en permanence à proximité. Le premier départ du matin, avant l'arrivée des navettes d'hôtels vers le milieu de matinée, change complètement les premières heures.
Les parties nord et est de l'îlot, atteintes en une vingtaine de minutes de marche depuis le débarcadère, restent très calmes et presque désertes : c'est là qu'il faut aller. ⚠️ Le transfert se négocie au ponton de Trou d'Eau Douce, avec un horaire de retour convenu à l'aller ; les formules incluant la cascade de la Grande Rivière Sud-Est ne prévoient pas de débarquement à celle-ci — on la voit du bateau.
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Cascade de la Grande Rivière Sud-Est Une chute qui tombe directement dans l'estuaire, approchée en bateau lors des sorties vers l'île aux Cerfs. Des singes macaques descendent sur les rochers en contrebas.gratuitnatureEn savoir plus
Le bateau entre dans l'estuaire, remonte entre deux versants boisés et vient se placer sous la chute, qui tombe d'une falaise basse directement dans l'eau saumâtre. La rivière descend du plateau et charrie de la terre : selon la saison, elle est verte et claire ou franchement couleur de chocolat, et le débit passe du rideau au simple filet après quelques semaines sans pluie.
Les macaques qui descendent sur les rochers ne sont pas d'ici. Introduits par les navigateurs il y a quatre siècles, ils ont colonisé toute l'île et pillent les nids des oiseaux endémiques — c'est l'une des raisons pour lesquelles le pigeon rose et la crécerelle ont failli disparaître. Maurice est par ailleurs l'un des premiers fournisseurs mondiaux de ces macaques pour la recherche biomédicale, ce qui nourrit un débat régulier dans le pays.
Ne rien leur donner et ne rien laisser à portée de main : ils s'approchent sans crainte, ouvrent les sacs et mordent quand on résiste. Une morsure de singe se soigne, mais pas depuis une pirogue. L'arrêt est presque toujours couplé à l'excursion vers l'île aux Cerfs : demander avant d'embarquer s'il est bien prévu et combien de temps on y reste, il est parfois expédié.
Jour 6
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Village de pêcheurs de Trou d'Eau Douce Un vrai village de pêcheurs, resté à l'écart du tourisme malgré l'embarcadère. Pirogues colorées et tables de poisson grillé le long de la baie.gratuitcultureEn savoir plus
Le village tient sur une rue qui suit la baie : maisons basses, épiceries, une église, des pirogues de couleur tirées sur le sable ou mouillées devant, et l'embarcadère d'où partent les bateaux. En fin de matinée, le poisson se vend sur des tables au bord de l'eau, et quelques gargotes le grillent sur place avec du riz et de la rougaille.
L'île qui fait face s'appelle l'île aux Cerfs parce que les Hollandais y avaient lâché des cerfs de Java, importés d'Asie pour se nourrir. Il n'y en a plus un seul là-bas, mais l'espèce a conquis la grande île, où elle se chasse encore et se mange couramment. C'est le cas de presque tout ce qui court, vole ou grimpe à Maurice : rien de tout cela n'était là avant les bateaux, sauf ce qui a disparu depuis.
On est sur la côte au vent : l'alizé de sud-est souffle ici la plus grande partie de l'année, ce qui rafraîchit mais lève un clapot dans le lagon dès l'après-midi. Les bateaux partent tôt et rentrent tôt. La pirogue se négocie directement au quai plutôt qu'en forfait revendu à l'hôtel, mais vérifier les gilets et l'heure de retour. Le dimanche, le village est à l'arrêt.
54 € hébergement · 32 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur la côte est, 108 € la nuit.
- Trou d'Eau Douce → Le Morne — voiture, via Mahébourg et Blue Bay, 2 h 15, 24 € par personne.
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05. Le Morne
J7 → J8 · 2 nuits · 299.5 € par personne
Une montagne-refuge classée, et le meilleur lagon
Une montagne-refuge de 556 mètres, classée par l'Unesco parce que des esclaves marrons s'y sont réfugiés — la légende veut que certains s'y soient jetés en voyant arriver ceux qui venaient leur annoncer l'abolition. ⚠️ L'ascension se fait avec un guide obligatoire au-delà du premier plateau. Le lagon en dessous est le meilleur spot de kitesurf de l'océan Indien.
En savoir plus sur Le Morne
Le Morne Brabant est une montagne de basalte de cinq cent cinquante-six mètres qui ferme la pointe sud-ouest de l'île, et son classement par l'Unesco ne tient pas à sa géologie mais à son histoire : ses parois et ses grottes ont servi de refuge à des esclaves marrons pendant des décennies. La tradition orale rapporte que certains s'y seraient jetés en voyant approcher les hommes venus leur annoncer l'abolition, croyant qu'ils venaient les reprendre.
⚠️ L'ascension est libre jusqu'au premier plateau, environ une heure et demie de montée régulière avec une vue déjà remarquable sur le lagon. Au-delà, la portion sommitale est raide, exposée et n'est autorisée qu'avec un guide — la règle est appliquée et il y a eu des accidents. Partir tôt : il n'y a pas d'ombre et la chaleur monte vite.
Le lagon en contrebas est le meilleur spot de kitesurf de l'océan Indien, avec une zone abritée pour les débutants et une vague au large, One Eye, réputée mondialement. ⚠️ C'est aussi ici qu'on photographie la fameuse cascade sous-marine — un effet d'optique produit par le sable qui glisse le long du plateau continental, visible uniquement depuis un avion ou un hélicoptère, pas depuis la plage. La plage publique du Morne est vaste, gratuite et bordée de filaos.
À table
- Poisson grillé de La Gaulette — les pêcheurs du village ramènent le poisson du lagon, grillé le soir dans les gargotes du bord de route.
- Cari cerf — le cerf de Java des domaines de chasse des montagnes du sud-ouest, mijoté au curry, en saison.
- Salade de palmiste — le cœur de palmier frais en fines lamelles, la « salade du millionnaire ».
- Rhum arrangé — le rhum macéré avec de la vanille, du gingembre ou des fruits, dans les bars de plage.
Jour 7
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Ascension du Morne Brabant 556 mètres au-dessus du lagon, trois à quatre heures aller-retour, la seconde moitié raide et exposée. Le sommet servit de refuge aux esclaves marrons — d'où le classement à l'Unesco, en mémoire de leur résistance.gratuitnatureEn savoir plus
La première moitié monte doucement dans une végétation sèche, en larges lacets. La seconde change de nature d'un coup : la pente se redresse, le sentier passe sur du basalte lisse, des cordes aident sur deux ou trois ressauts, et le vide s'ouvre sur le côté. Le vrai sommet relève de l'escalade ; les marcheurs s'arrêtent au replat en dessous, d'où la vue est déjà entière.
Ce que la montagne commémore n'est pas un panorama. Des esclaves marrons se sont réfugiés dans les cavités du sommet, inaccessibles. La tradition orale raconte qu'en 1835, voyant monter des soldats venus leur annoncer l'abolition, ils se seraient jetés dans le vide plutôt que d'être repris. Aucune archive ne l'atteste, et l'Unesco parle d'un récit transmis — mais c'est ce récit qui a fait classer la montagne, et il est vivant sur place.
L'accès est contrôlé à l'entrée du sentier et ferme en cours de journée : partir tôt, et renoncer si la roche est mouillée, elle devient savonneuse. Emporter beaucoup d'eau, il n'y en a nulle part. Et vérifier son assurance avant : la carte européenne d'assurance maladie ne vaut rien ici, les soins se règlent en clinique privée, et une évacuation depuis cette pente se facture.
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Plage publique du Morne Sable blanc, eau turquoise et la montagne juste derrière : c'est l'image de carte postale de Maurice, et elle est publique et gratuite.gratuitdétenteEn savoir plus
La plage publique du Morne est libre, gratuite et sans aménagement hôtelier, ce qui est devenu rare sur cette partie de l'île où les grands complexes occupent l'essentiel du littoral. On y trouve du sable blanc, un lagon turquoise et, juste derrière, la masse du Morne Brabant — la composition qui figure sur la plupart des images de Maurice.
Il faut savoir ce que cette montagne représente : ses parois ont servi de refuge à des esclaves marrons pendant des décennies, et c'est à ce titre qu'elle est classée par l'Unesco, pas pour son paysage. La tradition orale rapporte que certains s'y seraient précipités en voyant approcher les hommes venus leur annoncer l'abolition, croyant qu'ils venaient les reprendre. La carte postale et le mémorial sont le même lieu.
⚠️ Le lagon du Morne est le meilleur spot de kitesurf de l'océan Indien, avec une zone protégée pour les débutants et une vague au large réputée mondialement. Cela signifie aussi que des ailes circulent en permanence : la zone de baignade est distincte de la zone de navigation, et il faut respecter le balisage. Le vent est fort l'après-midi.
Jour 8
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Route côtière de la Gaulette à Baie du Cap La plus belle route de l'île, entre falaises et lagon, jusqu'au promontoire de Maconde et son belvédère en épingle. Peu de circulation et des points de vue tous les kilomètres. ⚠️ Ne pas confondre avec le Pont Naturel, une arche de lave du littoral sud, ailleurs et au bout d'une piste.gratuitnatureEn savoir plus
La route quitte les hôtels, longe le lagon de La Gaulette, passe sous la falaise, traverse des villages de pêcheurs et vient buter sur le promontoire de Maconde, où elle se replie en une épingle serrée au ras de l'eau. Un escalier monte au belvédère qui domine le virage. Ensuite, la côte devient sauvage jusqu'à Baie du Cap : le lagon s'efface et la houle tape directement dans la roche.
À Baie du Cap, un monument rappelle l'escale de Matthew Flinders. Le navigateur britannique, qui venait de cartographier l'Australie, relâcha ici en 1803 sans savoir que la guerre avait repris ; le gouverneur Decaen le fit arrêter et le retint dans l'île pendant plus de six ans. Il en repartit malade et mourut peu après la parution de son livre.
On roule à gauche à Maurice, héritage britannique que le décor français fait oublier : c'est aux carrefours et aux ronds-points que l'erreur se produit. La route est étroite, sans accotement, partagée avec les bus, les chiens et les vélos, et les points de vue sont de simples élargissements. Les stations-service sont rares ici, faire le plein avant. Le pont naturel, l'arche de lave du littoral sud, est ailleurs, plus à l'est et au bout d'une piste.
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Initiation au kitesurf Le lagon du Morne est l'un des spots de kitesurf les plus réputés de l'océan Indien : vent régulier, eau plate, fond de sable. Cours d'initiation avec matériel fourni.65 €natureEn savoir plus
Le lagon du Morne offre exactement ce que cherche un débutant : de l'eau à hauteur de taille sur de grandes surfaces, un fond de sable, et un vent qui vient de côté et non de la terre. On commence à terre avec une petite aile de traction, puis dans l'eau sans planche pour apprendre à piloter et à se laisser tracter ; la planche n'arrive qu'ensuite.
Le vent n'est pas un hasard. L'alizé de sud-est souffle le plus régulièrement pendant l'hiver austral, de mai à octobre, qui est la vraie saison ici ; l'été austral est plus chaud, plus mou, et c'est la période des cyclones. Au large du lagon casse One Eye, une vague de récif réputée dont le nom viendrait d'une trouée dans la montagne qui sert de repère depuis l'eau. Elle est réservée à des riders confirmés et n'a rien à voir avec le plan d'eau d'initiation.
Le lagon est partagé : zones d'apprentissage, couloirs de navigation, et des règles de priorité qu'on apprend avant de toucher une aile. Rester dans la zone balisée — au-delà, le courant de passe emmène vers le large et ne se remonte pas. Des chaussons sont utiles, le fond alterne sable et patates de corail. Vérifier que l'assurance du voyage couvre le sport encadré.
63 € hébergement · 33 € repas · 19 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel face au Morne, 125 € la nuit.
- Le Morne → Chamarel — Voiture de location, montée vers Chamarel, 30 min, 6 € par personne (12 € à partager).
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06. Chamarel
J9 · 1 nuit · 117.5 € par personne
Dunes multicolores, cascade et rhum arrangé
Un plateau à l'intérieur des terres, connu pour ses dunes de terre aux sept couleurs — de l'argile issue de laves refroidies à des vitesses différentes, qui ne se mélangent jamais. La cascade voisine tombe de cent mètres. La rhumerie produit un rhum agricole, rare dans l'océan Indien.
En savoir plus sur Chamarel
Chamarel est un plateau de l'intérieur, à trois cents mètres d'altitude, et le changement d'ambiance avec la côte est net : il y fait plusieurs degrés de moins, il y pleut plus souvent, et la végétation est dense. C'est aussi une région de production — café, ananas Victoria, et le seul rhum agricole de l'île, distillé à partir de jus de canne frais et non de mélasse, ce qui est rare dans l'océan Indien.
Sa curiosité la plus connue est la Terre des sept couleurs : des dunes d'argile ocre, rouge, violette et bleutée, issues de laves refroidies à des vitesses différentes, dont les particules de densités distinctes se reséparent naturellement après chaque pluie au lieu de se mélanger. ⚠️ Le site est petit et se voit en vingt minutes depuis des plateformes — on ne marche pas sur les dunes. Les couleurs sont nettement plus franches tôt le matin et par temps couvert qu'en plein soleil de midi.
La cascade voisine tombe d'une centaine de mètres dans un cirque de basalte et se regarde depuis un belvédère, dans le même billet. ⚠️ Le débit dépend entièrement de la saison des pluies : de janvier à avril elle est spectaculaire, en hiver austral elle peut se réduire à un filet. Le village lui-même compte plusieurs tables créoles réputées, ce qui en fait un bon arrêt du midi.
À table
- Rhum de Chamarel — la rhumerie du village distille le jus de canne des plantations voisines, visite et dégustation.
- Café de Chamarel — cultivé sur les pentes depuis le XVIIIe siècle, torréfié sur place, servi dans les restaurants du village.
- Cari cerf — le plat des tables d'hôtes du village, avec des grains et une rougaille.
- Ananas Victoria — le petit ananas sucré vendu pelé et découpé au bord de la route des cascades.
Jour 9
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Terre des sept couleurs et cascade Des dunes de basalte décomposé où sept teintes se séparent naturellement au lieu de se mélanger. Le billet donne aussi accès à la cascade de Chamarel, la plus haute chute d'un seul jet de l'île, et au parc à tortues géantes.10 €natureEn savoir plus
On regarde les dunes depuis des plates-formes, sans y poser le pied : des ondulations entièrement nues, sans un brin d'herbe, où le rouge, l'ocre, le violet, le bleuté et le brun se répartissent par plaques nettes au lieu de se fondre. Le domaine se parcourt en voiture d'un point à l'autre, entre la cascade, les enclos de tortues et le belvédère des terres.
Ces couleurs sont des oxydes de fer et d'aluminium nés de la décomposition du basalte, et si elles ne se mélangent pas, c'est une affaire de densité et de taille de grain : mêlées dans un tube, les poudres se re-séparent d'elles-mêmes en couches. C'est la démonstration qu'on fait sur place, et elle se vérifie.
Comme sur la plupart des sites payants du pays, le tarif affiché distingue résidents et non-résidents. C'est la règle officielle, pas un arrangement de guichet : elle s'applique aux musées, aux parcs et aux réserves, et il n'y a rien à négocier. Venir tôt ou en fin d'après-midi, car sous un soleil au zénith les teintes s'aplatissent et le site se remplit de cars. Emporter de la terre est interdit ; les tubes souvenirs se vendent à la boutique.
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Point de vue du Piton du Canot Un belvédère gratuit sur la route de Chamarel, d'où l'on voit d'un seul coup d'œil le Morne, la baie du Cap et tout le sud-ouest.gratuitnatureEn savoir plus
Le belvédère est un élargissement de la route, au-dessus du vide : en contrebas la plaine côtière, la baie du Cap, la presqu'île du Morne et son lagon, et l'anneau blanc du récif qui court d'un cap à l'autre. Les nuances de bleu ne disent pas la profondeur mais le fond : sable clair, herbiers sombres, patates de corail brunes.
Cette ligne d'écume est la clé du paysage mauricien. Un récif barrière entoure presque toute l'île et retient un lagon calme — d'où les plages, les hôtels et l'absence de vagues. Presque, parce que sur la côte sud le récif s'interrompt : l'océan y tape directement dans les falaises et le paysage n'a plus rien à voir. Quant à la fameuse cascade sous-marine du Morne, c'est une illusion produite par le sable qui glisse le long du tombant, et elle ne se voit que d'avion.
Le matin donne bien plus de chances : la vapeur monte du littoral et les nuages s'accrochent au plateau à mesure que la journée avance, jusqu'à effacer complètement le Morne. La route de Chamarel est une succession d'épingles étroites où l'on ne double pas et où l'on ne s'arrête que sur les élargissements. Certains bords n'ont aucune barrière.
53 € hébergement · 32 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge avec vue sur la vallée, 105 € la nuit.
- Chamarel → Gorges de Rivière Noire — Voiture de location, route du parc national, 36 min, 7 € par personne (14 € à partager).
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07. Gorges de Rivière Noire
J10 · 1 nuit · 99.5 € par personne
Forêt primaire, singes et le lac sacré de Grand Bassin
Le parc national qui protège les derniers restes de forêt primaire de l'île, avec des points de vue sur les gorges et des sentiers de randonnée. Grand Bassin, un lac de cratère, est le plus important lieu de pèlerinage hindou hors d'Inde. ⚠️ Tenue correcte et pieds nus dans l'enceinte des temples.
En savoir plus sur Gorges de Rivière Noire
Le parc national des gorges de Rivière Noire protège les derniers vestiges de forêt primaire de Maurice — moins de deux pour cent de la couverture d'origine, le reste ayant été rasé pour la canne à sucre. C'est ici que survivent les espèces endémiques, dont la crécerelle de Maurice, sauvée in extremis alors qu'il n'en restait que quatre individus dans les années 1970.
On y randonne sur des sentiers balisés, du simple point de vue accessible en voiture jusqu'à des boucles de plusieurs heures vers la cascade Alexandra ou le sommet du Piton de la Petite Rivière Noire, le plus haut de l'île. ⚠️ Les sentiers sont glissants et boueux presque toute l'année, et il y pleut nettement plus qu'en bord de mer : de vraies chaussures sont nécessaires. Les singes qu'on y croise sont des macaques crabiers, introduits, et ils sont opportunistes — ne rien laisser sans surveillance.
Grand Bassin, un lac de cratère à l'intérieur du parc, est le plus important lieu de pèlerinage hindou hors d'Inde : plusieurs centaines de milliers de personnes s'y rendent à pied lors du Maha Shivaratri, en février ou mars, et deux statues monumentales de Shiva et Durga en gardent l'accès. ⚠️ Tenue couvrant les épaules et les genoux, et pieds nus dans l'enceinte des temples — la règle vaut pour les visiteurs comme pour les fidèles.
À table
- Goyaves de Chine — les petites goyaves rouges qu'on cueille le long des sentiers des gorges, de mars à mai.
- Cerf rôti — le gibier des réserves de chasse de la région, en rôti ou en cari, dans les restaurants de Chamarel et de Rivière Noire.
- Poisson de Tamarin — les pêcheurs du village voisin ramènent thon et dorade, grillés dans les gargotes du front de mer.
- Salade de palmiste — le cœur de palmier cru, servi en entrée dans les tables d'hôtes de la côte ouest.
Jour 10
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Grand Bassin, lac sacré Un lac de cratère devenu le principal lieu saint hindou hors d'Inde, gardé par un Shiva de 33 mètres. Des centaines de milliers de pèlerins y montent à pied pour Maha Shivaratri, en février ou mars.gratuitcultureEn savoir plus
Le lac occupe un cratère au point haut de l'île, entouré de temples aux couleurs vives et de statues monumentales qu'on voit depuis la route bien avant d'arriver. On en fait le tour à pied : les pèlerins déposent des offrandes de fleurs, de fruits et de camphre au bord de l'eau, allument des lampes, et la brume tombe souvent sur l'ensemble en fin de journée.
La sacralité du lieu tient à un lien établi avec le Gange : de l'eau du fleuve a été apportée et mélangée à celle du lac en 1972, ce qui a donné au site son nom de Ganga Talao. Pour Maha Shivaratri, des centaines de milliers de personnes montent à pied depuis toute l'île, vêtues de blanc, portant des kanwars, ces arches de bois décorées ; le long des routes, les habitants installent des kiosques où l'on distribue à boire et à manger aux marcheurs.
C'est un lieu de culte en activité : on se déchausse pour entrer dans les temples, on ne se baigne pas, on ne jette rien dans le lac, et l'on demande avant de photographier quelqu'un en prière. Épaules et jambes couvertes. Il fait nettement plus frais et plus humide ici que sur la côte, prévoir une couche. Les macaques emportent toute nourriture laissée sans surveillance.
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Parc national des gorges de Rivière Noire Le dernier morceau de forêt indigène de l'île, 68 km² sauvés de la canne, où subsistent la crécerelle et le pigeon rose — deux espèces passées sous les dix individus dans les années 1970. Entrée et sentiers gratuits.gratuitnatureEn savoir plus
Le parc protège les derniers versants de forêt indigène, sur le plateau et dans les gorges : arbres bas et tordus aux feuilles coriaces, fougères, mousses, et une odeur de terre mouillée. Le contraste avec la canne de la plaine est brutal : on passe d'un champ à une forêt antérieure aux bateaux.
Il en reste très peu : moins de deux pour cent de la couverture d'origine, selon les estimations. C'est ici que la crécerelle de Maurice est tombée à quelques individus connus dans les années 1970, avant d'être sauvée par un élevage conservatoire ; la perruche écho a suivi le même chemin. Le tambalacoque traîne une légende tenace : ses graines n'auraient germé qu'après être passées par un dodo. Séduisante et partout reprise, elle est contestée : des arbres bien plus jeunes que le dodo ont poussé sans lui.
Deux entrées : Pétrin, sur le plateau, et Rivière Noire, en bas. Partir d'en haut, c'est remonter à la fin, dans la chaleur. Ni eau ni buvette sur les sentiers, et il y pleut plus qu'ailleurs. Télécharger la carte avant de monter : le réseau tombe dans les gorges, et l'itinérance des forfaits français ne couvre pas Maurice, facturée comme le reste du monde hors Union européenne.
48 € hébergement · 31 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Curepipe, 95 € la nuit.
Le budget de ces 10 jours
1 308 € par personne pour 10 jours, soit 131 € / jour. À deux, 2 615 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 551 € | 42 % |
| Repas | 322 € | 25 % |
| Transport sur place | 53 € | 4 % |
| Location de voiture — 10 jours | 165 € | 13 % |
| Carburant et péages | 61 € | 5 % |
| Activités | 156 € | 12 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Le PDF
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- La carte du parcours, avec ses 7 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
- Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
- Le budget ventilé, par poste et par étape
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