VoyFlow

La Réunion en 10 jours : l'itinéraire jour par jour

1 344 € par personne sur place pour 10 jours, soit 134 € / jour — en 7 étapes, de Saint-Denis à Salazie et Hell-Bourg. En passant par Côte est et Sainte-Suzanne, Piton de la Fournaise, Saint-Pierre, Cilaos, puis Saint-Leu et le lagon.

Autres durées : 5 jours · une semaine · toutes les étapes de La Réunion

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Saint-Denis Roland-Garros (RUN), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Saint-Denis, La Réunion

    01. Saint-Denis

    J1 · 1 nuit · 121.75 € par personne

    Cases créoles, jardin de l'État et barachois

    Le chef-lieu, où l'on atterrit, avec une rue de Paris bordée de cases créoles du XIXᵉ siècle et un front de mer sans plage — le Barachois est un balcon sur l'océan, pas une baignade. ⚠️ La ville se vide le soir et le dimanche : ce n'est pas l'étape où l'on sort.

    En savoir plus sur Saint-Denis

    Saint-Denis est le chef-lieu et le point d'atterrissage de l'île, une ville administrative de cent cinquante mille habitants sur la côte nord. Son intérêt tient à une rue : la rue de Paris, bordée de cases créoles du XIXᵉ siècle avec leurs varangues, leurs lambrequins de bois découpé et leurs jardins — plusieurs se visitent, dont la maison Carrère.

    ⚠️ Le Barachois, son front de mer, n'est pas une plage : c'est un balcon sur l'océan, avec des canons braqués vers le large et une promenade où l'on vient au coucher du soleil. Il n'y a aucune baignade possible ici, la côte étant rocheuse et exposée à la houle.

    ⚠️ La ville se vide le soir et le dimanche, ce qui déroute : les commerces ferment tôt, le centre devient désert et il n'y a pratiquement pas de vie nocturne. Ce n'est pas l'étape où l'on sort — Saint-Pierre et Saint-Gilles jouent ce rôle. On y consacre donc une demi-journée en arrivant ou avant de repartir. Le jardin de l'État, ancien jardin d'acclimatation créé en 1767, abrite le muséum d'histoire naturelle et donne une bonne idée de la flore de l'île avant d'aller la voir sur le terrain.

    À table

    • Cari — poulet, canard à la vanille ou poisson mijoté aux oignons, à l'ail, au gingembre et au curcuma, servi avec du riz, des grains et une rougail.
    • Rougail saucisses — les saucisses fumées mijotées à la tomate et au piment, le plat du dimanche créole.
    • Bouchons — les bouchées vapeur de porc de la communauté chinoise, avec une sauce piment, dans les snacks du centre.
    • Samoussas et bonbons piments — les beignets de la rue, à la main, sur le marché du Chaudron ou le Barachois.
    • Rhum arrangé — le rhum macéré des mois avec de la vanille, des letchis ou du combava, en fin de repas.

    Jour 1

    • Rue de Paris et ses cases créoles, Saint-Denis, La Réunion
      Rue de Paris et ses cases créoles Une enfilade de demeures créoles du XIXe siècle à varangues et lambrequins de bois découpé, la plus belle rue de l'île. Plusieurs sont ouvertes à la visite, dont la maison Carrère.
      En savoir plus

      Le vocabulaire s'apprend en marchant. La varangue est la galerie couverte où l'on vit vraiment, dehors et à l'abri. Les lambrequins sont ces dentelles de bois découpé au bord des toits : décoratives, mais surtout utiles, elles cassent l'eau de pluie en gouttes au lieu de la laisser tomber en nappe. La barrière est le portail, la kour le jardin de devant, et le guétali ce kiosque bâti sur le mur d'enceinte d'où l'on regardait la rue sans être vu.

      En bas, la rue débouche sur le Barachois, ses canons braqués vers le large et aucun port. C'est le fait qui explique la ville : Saint-Denis n'a jamais eu de rade abritée. Pendant deux siècles, marchandises et passagers ont été débarqués à la chaloupe à travers la houle, un exercice qui a coûté des vies et des cargaisons, jusqu'à ce qu'on creuse un vrai port ailleurs, sur la côte ouest.

      La rue se descend, du jardin vers la mer, et le matin, avant que le béton ne renvoie la chaleur. Beaucoup de ces cases sont des maisons habitées ou des administrations : on regarde depuis le trottoir, on n'entre pas dans une kour. Les plus belles ne sont pas toujours sur la rue elle-même — il faut jeter un œil dans les rues perpendiculaires.

      culture
      gratuit
    • Jardin de l'État et muséum, Saint-Denis, La Réunion
      Jardin de l'État et muséum Un jardin botanique créé en 1767 pour acclimater les épices, avec des palmiers centenaires et le muséum d'histoire naturelle installé dans l'ancien palais législatif.
      En savoir plus

      Une allée droite monte vers une façade blanche à colonnes, entre des arbres qui n'ont pas été plantés pour faire joli : arbres du voyageur aux éventails de feuilles, flamboyants, palmiers, bambous. C'est un rectangle d'ombre posé en haut de la rue de Paris, dans une ville qui n'en offre pas beaucoup.

      Ces jardins-là étaient des armes. Le réseau des jardins du Roi servait à acclimater les épices qu'on était allé chercher aux Moluques pour casser le monopole hollandais sur le girofle et la muscade : on dérobait un plant, on le faisait pousser ailleurs, et un empire perdait sa rente. Bourbon a été l'un de ces laboratoires, et l'île y a gagné les cultures qui la font vivre encore.

      Le muséum, en haut, raconte l'autre versant : ce que l'arrivée des hommes a effacé. La Réunion avait sa tortue géante terrestre et des oiseaux qui ne craignaient rien parce que rien ne les chassait ; les équipages en ont fait des provisions de bord, et il n'en reste que des os et des descriptions. Le jardin, lui, est libre d'accès et se traverse de part en part — c'est le bout logique de la promenade dans le vieux Saint-Denis, à l'heure où le soleil tape.

      nature
      gratuit

    59 € hébergement · 37 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du Barachois, 118 € la nuit.

    Voir les hébergements à Saint-Denislien affilié

  2. Saint-Denis → Côte est et Sainte-Suzanne — Voiture de location, route du littoral est, 30 min, 6 € par personne (12 € à partager).
  3. Côte est et Sainte-Suzanne, La Réunion

    02. Côte est et Sainte-Suzanne

    J2 · 1 nuit · 124.75 € par personne

    Vanille, cascades et le vert de la côte au vent

    La côte au vent, la plus verte et la plus arrosée de l'île, où poussent la vanille et la canne. Les cascades y sont partout, souvent au bord de la route. ⚠️ Il y pleut nettement plus qu'à l'ouest, y compris quand il fait beau à Saint-Gilles — la météo de l'île se lit par versant, pas globalement.

    En savoir plus sur Côte est et Sainte-Suzanne

    La côte est est le côté au vent de l'île : les alizés y déposent l'essentiel des précipitations, et il y tombe plusieurs fois plus d'eau que sur la côte ouest. Le résultat est un paysage entièrement vert, couvert de canne à sucre, de vanille et de forêt, avec des cascades qui tombent souvent au bord même de la route.

    ⚠️ Cette dissymétrie est la clé de tout séjour à La Réunion : la météo ne se lit pas globalement mais par versant. Il peut pleuvoir toute la journée à Sainte-Suzanne pendant qu'il fait un grand soleil à Saint-Gilles, à une heure de route. Consulter un bulletin unique pour l'île entière n'a aucun sens ; les prévisions locales, par commune et par altitude, sont la seule information utile.

    La vanille est la culture emblématique de la côte : c'est ici, à l'île Bourbon, qu'un jeune esclave, Edmond Albius, a découvert en 1841 la technique de pollinisation manuelle qui a rendu la culture possible hors du Mexique — l'orchidée n'a pas de pollinisateur naturel ailleurs. La Vanilleraie et plusieurs exploitations expliquent le geste, qui se fait fleur par fleur. L'Anse des Cascades, à Sainte-Rose, est une des rares anses de la côte où l'eau douce tombe directement dans l'océan sous les cocotiers.

    À table

    • Vanille Bourbon — les gousses des plantations de Bras-Panon et de Saint-André, séchées des mois, vendues à la coopérative.
    • Cari bichiques — les alevins pêchés à l'embouchure des rivières de l'est, le « caviar de la Réunion », rare et cher, entre novembre et février.
    • Letchis — les vergers de l'est en sont couverts ; en décembre on les vend en branches au bord de la route.
    • Jus de canne — pressé sur les marchés forains pendant la campagne sucrière, de juillet à décembre.

    Jour 2

    • Cascade Niagara, Côte est et Sainte-Suzanne, La Réunion
      Cascade Niagara Une chute de 30 mètres qui tombe dans un bassin accessible en voiture, sans marche. Spectaculaire après la pluie, réduite à un filet en fin d'hiver austral.
      En savoir plus

      On se gare presque au pied. Un seul jet tombe d'une lèvre nette dans un amphithéâtre de roche sombre tapissé de vert, et le bassin en dessous est large et calme. Autour, ce sont des champs de canne : la route qui y mène traverse une exploitation, elle est étroite et faite pour les tracteurs.

      Le nom fait sourire, mais la comparaison porte sur autre chose que la taille : comme là-bas, tout dépend du débit, sauf qu'ici il varie du tout au rien. Les cours d'eau de la côte est sont des torrents d'averse. Une pluie sur les hauteurs transforme le filet en colonne dans la journée ; en fin d'hiver austral, il ne reste parfois qu'un suintement sur la paroi.

      Cette même logique commande la conduite sur toute l'île. Beaucoup de routes franchissent les ravines par des radiers, ces gués bétonnés qui passent sous l'eau dès qu'il pleut fort. Un radier submergé ne se traverse pas, même s'il paraît praticable et même si la voiture d'avant est passée : la profondeur ne se voit pas et le courant emporte des véhicules chaque année. Une barrière fermée sur une route de l'île se respecte, on fait demi-tour.

      nature
      gratuit
    • La Vanilleraie, Côte est et Sainte-Suzanne, La Réunion
      La Vanilleraie La vanille Bourbon doit tout à Edmond Albius, esclave réunionnais qui inventa à douze ans, en 1841, la fécondation manuelle de l'orchidée — le procédé encore utilisé partout dans le monde. Visite guidée toutes les heures.
      En savoir plus

      Sous l'ombrage d'un ancien domaine créole, les lianes grimpent sur des tuteurs puis redescendent en boucles, ramenées à hauteur d'homme : sans ce bouclage, la fleur monterait hors de portée et la récolte serait impossible. Les gousses pendent par paquets, vertes et rigides, et elles ne sentent absolument rien.

      Tout tient à une contrainte que la nature n'a pas prévue ici. L'orchidée vient du Mexique, où un insecte s'en charge ; ailleurs, elle fleurit et ne fructifie pas. Chaque fleur ne s'ouvre qu'un seul matin et se referme pour de bon : il faut donc passer sur toute la plantation, tous les jours de la floraison, et marier les fleurs une à une avec une pointe de bambou. Voilà ce qui fait le prix de la vanille — pas la rareté de la plante, le temps d'homme.

      L'odeur, elle, n'existe pas encore à la récolte : elle se fabrique après, par échaudage à l'eau chaude, étuvage sous des couvertures, séchage au soleil puis des mois d'affinage en malles. C'est ce parcours que montre la visite. Un piège à l'achat : « vanille Bourbon » ne signifie pas réunionnaise, l'appellation couvre toute la zone océan Indien, Madagascar en tête. Pour de la vanille de l'île, il faut lire l'étiquette.

      marché
      8 €

    56 € hébergement · 35 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Saint-André, 112 € la nuit.

    Voir les hébergements à Côte est et Sainte-Suzannelien affilié

  4. Côte est et Sainte-Suzanne → Piton de la Fournaise — voiture, via Le Sud sauvage, 3 h 15, 32 € par personne.
  5. Piton de la Fournaise, La Réunion

    03. Piton de la Fournaise

    J3 · 1 nuit · 117.5 € par personne

    L'un des volcans les plus actifs du monde

    L'un des volcans les plus actifs du monde, avec en moyenne une éruption par an. ⚠️ On accède au Pas de Bellecombe par la Plaine des Sables, une piste de haute altitude qui ferme dès qu'une éruption commence. La descente dans l'enclos et la marche jusqu'au cratère demandent cinq à six heures, à partir de 6 h.

    En savoir plus sur Piton de la Fournaise

    Le Piton de la Fournaise est l'un des volcans les plus actifs de la planète, avec une éruption par an en moyenne, parfois plusieurs. Il est effusif et non explosif — la lave coule, elle n'explose pas — ce qui permet d'en approcher le cratère en dehors des périodes d'éruption, et d'assister aux coulées à distance quand il se réveille.

    L'accès se fait par la Plaine des Sables, un plateau désertique de cendres rouges à deux mille deux cents mètres, qu'on traverse sur une piste : le paysage y est lunaire au point d'avoir servi de décor de tournage. ⚠️ La route du Pas de Bellecombe ferme immédiatement dès qu'une éruption commence, et rouvre selon la localisation de la coulée — l'information est publiée par la préfecture et se vérifie le matin même.

    ⚠️ La marche jusqu'au cratère Dolomieu demande cinq à six heures aller-retour, avec une descente d'abord — on entre dans l'enclos par un escalier — puis une traversée de champs de lave balisée par des marques de peinture. Le départ se fait vers six heures : les nuages montent presque tous les jours en fin de matinée et effacent le balisage, ce qui est le principal danger du site. Il fait froid au départ, souvent près de zéro à l'aube, et brûlant à midi sur la lave noire.

    À table

    • Rougail saucisses — au gîte de la Plaine des Cafres, avant la marche à l'aube vers le cratère.
    • Cari poulet péi — le poulet fermier des Plaines mijoté aux épices, sur les tables des gîtes de Bourg-Murat.
    • Gratin de chouchou — la chayote des hauts en gratin, l'accompagnement des repas de montagne.
    • Rhum arrangé — offert au retour du volcan dans les gîtes, à la vanille ou au géranium.

    Jour 3

    • Pas de Bellecombe et l'enclos, Piton de la Fournaise, La Réunion
      Pas de Bellecombe et l'enclos Le belvédère à 2 311 m d'où l'on domine tout l'enclos Fouqué et le cratère Dolomieu. Le nuage monte vers 10 h : partir à 5 h du matin est la règle, pas un excès de zèle. Accès fermé sans préavis en cas d'alerte.
      En savoir plus

      On arrive par une route de plateau, on fait quelques pas, et le sol disparaît : en dessous s'étale une plaine de lave noire cerclée de remparts, avec en son milieu un petit cône parfait, le Formica Leo, et au fond la masse du Dolomieu. Un escalier taillé dans le rempart descend là-dedans, et c'est le seul accès.

      Cet amphithéâtre s'appelle l'enclos Fouqué, ouvert vers la mer, et il explique tout : la quasi-totalité des éruptions restent dedans. C'est pourquoi l'un des volcans les plus actifs de la planète menace si peu les habitants d'une île peuplée. En avril 2007, le plancher du Dolomieu s'y est effondré de plusieurs centaines de mètres : le cratère qu'on regarde n'est pas celui d'avant.

      La barrière ferme sans préavis : un essaim sismique, et la préfecture coupe l'accès, éruption ou pas. Le brouillard fait le reste, et c'est le vrai danger : sur la lave, l'itinéraire n'est balisé que par des points de peinture blanche, qui disparaissent avec la visibilité. Les perdre est l'accident classique : dans ce cas, demi-tour. Il n'y a en bas ni eau, ni ombre, ni abri, ni réseau ; il gèle avant le jour et le soleil brûle dès qu'il monte ; et la remontée de l'escalier est la partie dure.

      nature
      gratuit
    • Plaine des Sables, Piton de la Fournaise, La Réunion
      Plaine des Sables Un désert de scories rouges à 2 200 m, sans un arbre, traversé par une piste. Le contraste avec la forêt tropicale d'à côté est total — plusieurs équipes spatiales y ont testé leurs rovers.
      En savoir plus

      On bascule par-dessus un rempart, en lacets, et l'on débouche sur une étendue plate d'un rouge brun sale, sans un arbre, sans un buisson, sans un ruisseau. La piste la traverse en soulevant la poussière et l'on voit les véhicules à des kilomètres. Le silence y est total dès qu'on coupe le moteur.

      Ce plateau est lui-même un ancien effondrement du volcan, antérieur à l'enclos, et le rempart qu'on vient de descendre en est le bord. Le rouge est de la scorie oxydée, du fer rouillé à l'air libre. Si rien ne pousse, ce n'est pas seulement l'altitude : ce sol de graviers ne retient pas une goutte d'eau, la pluie disparaît dedans instantanément. Le cône jeune qui ferme la plaine, le Piton Chisny, a produit une partie de ce qu'on foule.

      Ne pas sortir de la piste, dans aucun véhicule : les traces de pneus restent des années dans la scorie et l'on est dans le cœur du parc national, classé au patrimoine mondial. C'est aussi le passage où le brouillard est le plus traître, sans repère d'aucune sorte. Au-dessus de Bourg-Murat il n'y a ni station-service, ni eau, ni commerce : on fait le plein avant de monter, et l'on emporte de quoi avoir froid.

      nature
      gratuit

    55 € hébergement · 36 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Bourg-Murat, 110 € la nuit.

    Voir les hébergements à Piton de la Fournaiselien affilié

  6. Piton de la Fournaise → Saint-Pierre — Voiture de location, descente vers le Sud, 1 h 15, 13 € par personne (26 € à partager).
  7. Saint-Pierre, La Réunion

    04. Saint-Pierre

    J4 → J5 · 2 nuits · 256.5 € par personne

    La ville du Sud, son marché et sa plage surveillée

    La capitale du Sud, plus vivante que Saint-Denis, avec un marché couvert, un front de mer animé le soir et l'une des rares plages surveillées de l'île. ⚠️ La baignade hors des lagons et des zones surveillées est interdite depuis la crise requin — cette règle ne se contourne pas.

    En savoir plus sur Saint-Pierre

    Saint-Pierre est la capitale du Sud et la ville la plus vivante de l'île : un marché couvert quotidien et un grand marché forain le samedi matin, un front de mer occupé jusque tard, et une vraie vie nocturne que Saint-Denis n'a pas. C'est ici qu'on sort et qu'on dîne dehors.

    Sa plage, dans le lagon protégé par un récif, est l'une des rares surveillées de l'île. ⚠️ Ce point est vital : depuis la crise requin ouverte en 2011, la baignade et les activités nautiques sont interdites par arrêté préfectoral en dehors des lagons et des zones surveillées, sur presque toute la côte. Ce n'est pas une recommandation mais une interdiction, motivée par une série d'attaques mortelles, et elle ne se contourne pas — plusieurs des victimes se baignaient hors zone.

    La région du Sud concentre par ailleurs les distilleries et la Saga du Rhum, installée dans une distillerie en activité, qui raconte l'histoire de la canne et de l'esclavage autant que celle de l'alcool. ⚠️ Grande Anse, à quelques kilomètres, est une plage de sable blond spectaculaire mais dont la mer est dangereuse : seul un bassin aménagé y est baignable, le reste est interdit. Les bassins de Langevin, en eau douce, offrent l'alternative — avec des sauts de rocher qui, eux, ont fait des accidents graves.

    À table

    • Marché du samedi — le plus grand marché forain de l'île, sur le front de mer, samoussas, bouchons et fruits des hauts.
    • Cari ti-jacques boucané — le jacquier au porc fumé, plat créole du sud.
    • Rougail morue — la morue dessalée mijotée à la tomate et au piment, avec du riz et des lentilles.
    • Gâteau patate douce — le gâteau dense et parfumé à la vanille, sur les étals du marché.
    • Dodo — la bière locale, brassée à Saint-Pierre depuis 1962, sur les terrasses du port.

    Jour 4

    • Cascade et bassins de Langevin, Saint-Pierre, La Réunion
      Cascade et bassins de Langevin La cascade de Grand Galet, la plus photographiée de l'île, tombe en une dizaine de rideaux dans un bassin turquoise. Y aller tôt : la route qui remonte la rivière est étroite et se bouche en milieu de journée.
      En savoir plus

      La route remonte la rivière dans une vallée étroite et verte, en passant devant des bassins successifs où les familles s'installent. Au bout, la paroi s'ouvre en éventail : l'eau sort du rocher en une dizaine de rideaux séparés, sur toute la largeur, et tombe dans un bassin d'un turquoise qui paraît faux.

      Le dimanche, cette vallée est l'île tout entière. Le boucan, le pique-nique au feu de bois, occupe chaque kiosque et chaque rive dès le matin ; les marmites de carri chauffent, les enceintes aussi, et l'on vient en famille élargie pour la journée. C'est un spectacle en soi, mais il ne reste pas une place de stationnement. Le calme et la lumière sont pour les autres jours, tôt.

      Se fier aux panneaux plutôt qu'aux baigneurs : certains bassins sont interdits après des noyades, d'autres sont autorisés, et cela ne se devine pas. La paroi lâche des blocs, on ne stationne pas dessous. La route est étroite, à voie unique par endroits, avec des cars et des camions dans les deux sens : on se range et l'on attend, on ne force pas le passage.

      nature
      gratuit
    • Plage de Grande Anse, Saint-Pierre, La Réunion
      Plage de Grande Anse Une plage de sable blond cernée de basalte noir et de cocotiers. La mer y est brutale : on ne se baigne que dans le bassin aménagé, surveillé, et jamais au large.
      En savoir plus

      Grande Anse est une anse de sable blond encadrée de coulées de basalte noir et bordée d'une cocoteraie, sur la côte sud — c'est l'une des plus belles plages de l'île, et c'est aussi l'une des plus dangereuses. Les deux vont ensemble : elle est ouverte sur l'océan Indien sans récif pour l'abriter.

      ⚠️ La baignade y est strictement limitée à un bassin aménagé et surveillé, protégé par un mur de rochers, à une extrémité de la plage. Le reste est interdit, et l'interdiction est double : la puissance du ressac et des courants d'une part, l'arrêté requins de l'autre. Des noyades s'y sont produites, dont plusieurs de personnes entrées simplement pour se rafraîchir au bord.

      Le contraste entre l'apparence et le danger est ce qui piège : par beau temps, l'eau paraît calme et l'on ne voit ni la pente ni le courant. Les panneaux et les drapeaux se lisent avant d'entrer. La plage reste magnifique pour ce qu'elle est — un lieu de promenade et de pique-nique sous les cocotiers, avec des tables et des aires aménagées, très fréquenté par les Réunionnais le week-end.

      détente
      gratuit

    Jour 5

    • Marché couvert et front de mer, Saint-Pierre, La Réunion
      Marché couvert et front de mer Le grand marché du samedi matin, le plus vivant de l'île, suivi d'un front de mer entièrement piéton où la ville dîne dehors toute l'année.
      En savoir plus

      Deux marchés emboîtés : la halle couverte, et le forain qui déborde dans les rues autour. Le tri se fait vite. D'un côté les paniers en vacoa, la vanille sous vide et les épices en sachets pour les visiteurs ; de l'autre les brèdes en bottes, le curcuma frais, le combava et le poisson, où l'île fait ses vraies courses.

      Saint-Pierre a ce que presque aucune autre ville n'a : un récif devant elle. C'est ce qui change tout au bord de mer. Un arrêté préfectoral interdit la baignade et toutes les activités de glisse dans la bande côtière de l'île — surf, bodyboard, paddle compris — et cette interdiction est reconduite chaque année depuis 2013 après une série d'attaques de requins, dont plusieurs mortelles. Elle ne se contourne pas, elle est verbalisable. Les seules exceptions sont les lagons et les zones aménagées et surveillées, et le lagon de Saint-Pierre en fait partie.

      D'où la règle à retenir pour tout le voyage : une plage vide et belle n'est pas une invitation, c'est le contraire. On se baigne là où c'est expressément autorisé et surveillé, nulle part ailleurs. Le soir, le front de mer piéton se remplit et la ville dîne dehors ; le stationnement, lui, se cherche loin du centre.

      marché
      gratuit
    • La Saga du Rhum, Saint-Pierre, La Réunion
      La Saga du Rhum Installé au cœur de la distillerie Isautier, la plus ancienne maison familiale de l'île, fondée en 1845. Visite guidée d'1 h 15 sur réservation, dégustation comprise.
      En savoir plus

      Les alambics, les outils, les affiches et les registres sont installés dans les bâtiments d'une distillerie qui tourne toujours à côté : l'odeur qui traîne dans la cour n'est pas une mise en scène. La visite raconte la canne, la mélasse, la chauffe et le vieillissement, objets en main.

      Elle tient sur une distinction qu'on ne refera plus après : le rhum traditionnel, dit de sucrerie, est distillé à partir de la mélasse, ce résidu noir qui reste quand on a tiré le sucre ; le rhum agricole vient du jus de canne fraîche, pressé et fermenté aussitôt. La Réunion produit les deux. Mais sa vraie signature est ailleurs, dans le rhum arrangé : une bouteille, du rhum blanc, et ce qu'on veut y faire macérer — vanille, letchi, faham, écorces. Chaque famille a son bocal et sa recette, et personne ne les trouve comparables.

      La dégustation vient à la fin, et l'on repart au volant sur des routes de montagne : l'alcool pèse lourd dans les accidents de l'île, on désigne le conducteur avant d'entrer, pas après. Pour rapporter un arrangé, la bouteille voyage en soute — au-delà de quelques centilitres, elle ne passera pas en cabine.

      marché
      11 €

    60 € hébergement · 37 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine, 120 € la nuit.

    Voir les hébergements à Saint-Pierrelien affilié

  8. Saint-Pierre → Cilaos — Voiture de location, les 400 virages, 1 h 30, 14 € par personne (28 € à partager).
  9. Cilaos, La Réunion

    05. Cilaos

    J6 → J7 · 2 nuits · 239 € par personne

    Un cirque au bout de 400 virages

    Un cirque à 1 200 mètres au bout d'une route de quatre cents virages, qui monte de la côte en une heure et demie. ⚠️ Le mal des transports y est presque garanti à l'arrière. On y vient pour les randonnées, les thermes, les lentilles et le vin — et parce que le cirque se ferme sur lui-même, sans autre accès routier.

    En savoir plus sur Cilaos

    Cilaos est un cirque fermé, c'est-à-dire un amphithéâtre d'effondrement entouré de remparts de plusieurs centaines de mètres, sans autre accès routier que la route qui y monte. Cette route est célèbre : quatre cents virages en une trentaine de kilomètres, des tunnels à voie unique, et une montée de la côte à mille deux cents mètres en une heure et demie.

    ⚠️ Le mal des transports y est presque garanti pour les passagers arrière, et c'est à prendre au sérieux plutôt qu'à traiter comme une plaisanterie : le trajet est long, ininterrompu, et il n'y a pas d'endroit où s'arrêter sur une bonne partie du parcours. Un traitement se prend avant le départ, pas en route. Ceux qui conduisent s'en sortent mieux que ceux qui subissent.

    Le cirque a été le refuge d'esclaves marrons avant d'être peuplé, puis est devenu une station thermale au XIXᵉ siècle — les thermes fonctionnent toujours. On y vient pour la randonnée, avec des départs vers le piton des Neiges, plus haut sommet de l'océan Indien, et pour trois productions locales qui n'existent qu'ici : la lentille de Cilaos, le vin de Cilaos issu de vignes d'altitude, et la broderie ajourée. ⚠️ Il y fait sensiblement plus frais qu'en bas, et les nuits d'hiver austral descendent près de zéro.

    À table

    • Lentilles de Cilaos — cultivées sur les pentes du cirque depuis le XIXe siècle, la base des « grains » de tout cari.
    • Vin de Cilaos — le seul vignoble de l'île, sur les hauteurs du cirque, à goûter au chai.
    • Cabri massalé — le chevreau mijoté au massalé, le mélange d'épices tamoul, plat de fête des tables d'hôtes.
    • Gâteau patate — au goûter, dans les boulangeries du bourg, après la marche.

    Jour 6

    • La route aux 400 virages, Cilaos, La Réunion
      La route aux 400 virages Trente-cinq kilomètres, une heure et demie, et un tunnel à voie unique où l'on passe chacun son tour. C'est la route elle-même qui est l'attraction — elle a été taillée dans le rempart entre 1927 et 1932.
      En savoir plus

      La route s'accroche au rempart au-dessus du Bras de Cilaos, le vide d'un côté, la paroi de l'autre, et la rivière très loin en dessous entre des blocs blancs. Les tunnels sont taillés à la dimension d'un seul véhicule, sans trottoir et sans lumière : on s'arrête, on regarde, et celui qui est déjà engagé passe.

      Avant elle, on montait à pied. Les curistes qui allaient prendre les eaux de Cilaos étaient portés en chaise par des hommes, sur des heures de sentier, et le village ne recevait rien d'autre que ce qu'un dos pouvait porter. La route a été ouverte à l'explosif dans une paroi verticale. Elle explique aussi la fragilité du lieu : les records mondiaux de pluie sur vingt-quatre heures et sur plusieurs jours sont détenus par des stations de cette île, et cette eau-là déchausse les remparts.

      Conséquence pratique : après de fortes pluies ou un cyclone, la route peut être coupée par des éboulements et Cilaos isolé plusieurs jours. On vérifie qu'elle est ouverte avant de monter. Le trajet dure bien plus longtemps que la distance ne le laisse croire ; les passagers sujets au mal des transports s'assoient devant et regardent loin. Ni la nuit ni dans le brouillard, si l'on peut choisir.

      nature
      gratuit
    • Lentilles, vin et broderie, Cilaos, La Réunion
      Lentilles, vin et broderie Cilaos produit les seules lentilles et le seul vin de La Réunion, ainsi qu'une broderie « jour de Cilaos » née de l'ennui des curistes. Les trois se dégustent et s'achètent au village.
      En savoir plus

      Au-dessus du village, les lentilles poussent sur des terrasses trop raides et trop petites pour une machine : elles se récoltent à la main. La vigne, elle, occupe des parcelles à une altitude où personne n'attendrait de raisin. Et dans les vitrines s'alignent des pièces de toile blanche ajourées comme de la dentelle.

      Cette broderie porte un nom qui la décrit exactement : le jour de Cilaos. La technique consiste à retirer des fils de la toile, puis à nouer ceux qui restent — le jour, c'est le vide ainsi créé. Elle est née de l'ennui : la fille du médecin de la station thermale s'y est mise, puis l'a enseignée aux femmes du village, et le savoir s'est transmis ici sans jamais devenir industriel. Quand on voit le temps qu'un simple napperon demande, son prix cesse d'étonner.

      Le vin se goûte avant de s'acheter : longtemps tiré d'un cépage rustique et d'une réputation redoutable, il est aujourd'hui vinifié par une cave coopérative et n'a plus grand-chose à voir. La lentille, elle, se mange en carri avec du boucané, et s'achète chez les producteurs du village plutôt que dans les boutiques à souvenirs. Le village doit son existence à sa source thermale, toujours exploitée.

      marché
      gratuit
    • Roche Merveilleuse, Cilaos, La Réunion
      Roche Merveilleuse Un belvédère à vingt minutes de marche du village, d'où l'on embrasse tout le cirque et le Piton des Neiges. Le meilleur rapport effort-panorama de l'île.
      En savoir plus

      Une courte montée depuis le village mène sur une plate-forme rocheuse d'où le cirque s'ouvre d'un coup : les remparts qui l'enferment de tous côtés, les îlets accrochés sur des croupes, le village minuscule en dessous, et par-dessus l'épaule le Piton des Neiges.

      Ce cirque n'est pas un cratère, et c'est le contresens le plus répandu. C'est un creux mangé dans le flanc d'un volcan mort, par effondrements et par la pluie : les remparts sont ce qui reste de la montagne d'origine, et l'érosion continue de les ronger sous nos yeux. Le Piton des Neiges, qui culmine à 3 070 mètres, est le point le plus haut de tout l'océan Indien, et il est éteint depuis des millénaires. Son nom n'est pas usurpé : le gel est fréquent là-haut en hiver austral, même si la neige y reste exceptionnelle.

      D'ici, on repère le départ du sentier qui monte au sommet — on le gravit de nuit depuis le gîte, pour être en haut au lever du jour. Le belvédère est aussi accessible en voiture, ce qui en fait le bon plan des jambes fatiguées. Y aller le matin : dans les cirques, le nuage monte du fond de la vallée et referme tout en milieu de matinée.

      nature
      gratuit

    Jour 7

    • Thermes de Cilaos, Cilaos, La Réunion
      Thermes de Cilaos Les sources qui ont fait la station au XIXe siècle, quand on y montait en chaise à porteurs. Bassin d'eau chaude naturellement gazeuse, à 1 200 m d'altitude.
      En savoir plus

      Les sources de Cilaos ont été découvertes au début du XIXᵉ siècle, à une époque où le cirque n'était accessible qu'à pied par des sentiers de plusieurs heures : les curistes y montaient en chaise à porteurs, portés par des hommes, ce qui donne la mesure de l'entreprise. La route aux quatre cents virages n'a été percée qu'à la fin du siècle, et achevée bien plus tard.

      L'eau est naturellement gazeuse, chargée en bicarbonates et en fer, et sort à une température modérée ; elle est réputée pour les rhumatismes et les troubles digestifs, et une eau minérale locale en est tirée. L'établissement thermal actuel propose des soins et un bassin.

      L'intérêt de l'étape est aussi ce qui l'entoure : à mille deux cents mètres d'altitude, dans un cirque fermé par des remparts de plusieurs centaines de mètres, sans autre accès routier. ⚠️ Il y fait sensiblement plus frais qu'en bas et les nuits d'hiver austral descendent près de zéro. Les lentilles de Cilaos, le vin d'altitude et la broderie ajourée sont les trois productions locales, et elles n'existent qu'ici.

      détente
      12 €

    53 € hébergement · 35 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec accès aux thermes, 105 € la nuit.

    Voir les hébergements à Cilaoslien affilié

  10. Cilaos → Saint-Leu et le lagon — Voiture de location, redescente puis côte ouest, 1 h 45, 16 € par personne (32 € à partager).
  11. Saint-Leu et le lagon, La Réunion

    06. Saint-Leu et le lagon

    J8 → J9 · 2 nuits · 270.5 € par personne

    Le lagon, les tortues et le Maïdo au lever du jour

    La côte sous le vent, avec le lagon de l'Ermitage, l'un des seuls endroits où l'on nage en sécurité, et un observatoire des tortues marines. ⚠️ Le Maïdo, qui domine le cirque de Mafate à 2 200 mètres, se fait au lever du jour : après 9 h, les nuages montent et bouchent tout, presque chaque jour.

    En savoir plus sur Saint-Leu et le lagon

    La côte sous le vent, de Saint-Gilles à Saint-Leu, est le côté sec et ensoleillé de l'île, et c'est là que se trouvent le lagon et les plages. L'Ermitage est le principal récif corallien de La Réunion et l'un des rares endroits où l'on nage en sécurité — protégé de la houle et des requins par la barrière, et surveillé.

    Kélonia, à Saint-Leu, est un centre de soins et d'étude des tortues marines installé dans une ancienne ferme d'élevage reconvertie ; on y voit des animaux blessés en rééducation et l'on comprend le travail de conservation. Saint-Leu est aussi l'un des grands spots mondiaux de parapente, avec des décollages depuis les hauteurs et un atterrissage en bord de mer.

    ⚠️ Le Maïdo est la sortie majeure de l'étape, et son horaire ne se négocie pas. Ce belvédère à deux mille deux cents mètres domine le cirque de Mafate, seul cirque sans route, uniquement accessible à pied ou en hélicoptère. Les nuages montent des pentes en fin de matinée et bouchent complètement la vue presque chaque jour de l'année : il faut être en haut avant neuf heures, ce qui suppose de partir de la côte vers six heures. Y monter l'après-midi est une perte de temps garantie, et beaucoup de visiteurs le découvrent sur place.

    À table

    • Cari de thon ou d'espadon — le poisson des pêcheurs de la côte ouest mijoté aux épices, dans les restaurants du front de mer.
    • Rougail mangue verte — la mangue râpée au piment et à l'oignon, condiment de tous les plats.
    • Salade de palmiste — le cœur de palmier frais en lamelles, sur les tables des hauts de Saint-Leu.
    • Bouchons — les bouchées vapeur des snacks, avec un jus de canne, avant la plage.

    Jour 8

    • Le Maïdo au lever du jour, Saint-Leu et le lagon, La Réunion
      Le Maïdo au lever du jour Un belvédère à 2 200 m qui plonge à pic sur le cirque de Mafate, seul massif habité de France sans aucune route. Il faut partir vers 4 h : après 9 h, la mer de nuages a tout avalé.
      En savoir plus

      On arrive dans le noir, on fait vingt mètres, et le sol s'arrête : devant, la paroi plonge de plus de mille mètres dans le cirque de Mafate. Le jour ne se lève pas d'un coup, il révèle les îlets un par un — des toits de tôle, quelques carrés cultivés sur des croupes, des sentiers, et aucune route nulle part.

      C'est la particularité du lieu : Mafate est habité et n'a aucun accès routier. Le ravitaillement des commerces et des écoles se fait par hélicoptère, tout le reste à pied, courrier compris. Ce n'est pas un décor préservé par décision récente : les îlets ont été peuplés par des esclaves en fuite, précisément parce que rien ne pouvait les atteindre, et le cirque porte le nom de l'un de ces marrons, tué par un chasseur d'hommes.

      À plus de deux mille mètres, avant l'aube, il fait près de zéro : les gens montent en short et claquent des dents. Rien n'est ouvert là-haut, ni eau ni café. Le bord n'est pas partout protégé et la lèvre est creusée par-dessous : on ne s'assoit pas dessus. Un grand incendie a ravagé le plateau au début des années 2010 — les squelettes de tamarins sont encore debout, et le feu est interdit ici, sans exception.

      nature
      gratuit
    • Lagon de l'Ermitage, Saint-Leu et le lagon, La Réunion
      Lagon de l'Ermitage La barrière de corail protège ici une bande d'eau calme, l'un des rares endroits de l'île où la baignade est autorisée malgré l'interdit requins. Palmes et masque suffisent pour voir les poissons.
      En savoir plus

      Le récif corallien de l'ouest est le seul de l'île, et il ne couvre qu'une vingtaine de kilomètres de côte entre Saint-Gilles et l'Étang-Salé. Il protège une bande d'eau calme et peu profonde — le lagon — qui est, avec les bassins aménagés, le seul endroit où la baignade reste autorisée malgré l'arrêté requins.

      Ce n'est pas une tolérance mais une conséquence physique : le récif empêche les grands squales de pénétrer, et le fond de sable et de corail se voit intégralement. Palmes et masque suffisent pour observer poissons-perroquets, chirurgiens et parfois une tortue ; on n'a pas besoin de bateau ni de sortie organisée.

      ⚠️ Le lagon est classé réserve naturelle marine, avec un zonage strict : certaines zones sont en protection intégrale, la pêche et le mouillage y sont interdits, et l'on ne marche jamais sur le corail — il coupe, il s'infecte, et il met des décennies à repousser. ⚠️ Ne jamais franchir la barrière ni sortir du lagon à la nage : au-delà, on est dans la zone interdite, et c'est là que les accidents ont eu lieu.

      détente
      gratuit

    Jour 9

    • Kélonia, observatoire des tortues, Saint-Leu et le lagon, La Réunion
      Kélonia, observatoire des tortues Un centre de soins installé dans une ancienne ferme d'élevage reconvertie, où l'on suit les tortues blessées jusqu'à leur relâcher. Les bassins sont alimentés en eau de mer directement pompée sous le bâtiment.
      En savoir plus

      Les bassins sont à ciel ouvert, face à la mer, et l'on voit les pensionnaires de près : une nageoire en moins, une carapace fendue, un hameçon retiré. Chaque animal a son dossier affiché, son histoire et sa date d'arrivée. Certains repartent à l'eau, d'autres resteront.

      Le lieu porte sa propre contradiction : ces murs étaient ceux d'une ferme qui élevait des tortues marines pour la viande et l'écaille. La liste des blessures dit le reste — fils de pêche et filets, hélices, sacs plastiques avalés à la place des méduses. Et il y a le problème qu'on ne soupçonne pas : à l'éclosion, les nouveau-nés courent vers l'horizon le plus lumineux. C'était la mer ; ce sont désormais les lampadaires. L'éclairage du littoral a suffi à faire disparaître les pontes de la plupart des plages de l'île.

      On est ici au bord du lagon et dans la réserve naturelle marine : on ne marche pas sur le corail, on ne ramasse rien, on ne nourrit rien. Et l'interdiction de baignade hors lagon et hors zone surveillée vaut aussi ici : le surf n'a repris sur quelques spots que sous surveillance de vigies rémunérées, postées dans l'eau. Hors de ce dispositif et hors du lagon, c'est illégal, pas seulement imprudent.

      nature
      9 €
    • Musée Stella Matutina, Saint-Leu et le lagon, La Réunion
      Musée Stella Matutina Une ancienne usine sucrière transformée en musée, qui raconte comment la canne a façonné l'île — l'esclavage, l'engagisme, puis l'économie d'aujourd'hui. Les machines d'origine sont en place.
      En savoir plus

      Les machines sont restées à leur place et à leur échelle : les rouleaux du moulin qui écrasaient les cannes, les cuves, les chaudières, la cheminée. Le parcours suit ce que subissait la canne, du champ au sucre — on visite une usine, pas une reconstitution.

      Ce que le musée raconte est l'histoire de l'île entière. La canne a été plantée et coupée par des esclaves jusqu'à l'abolition de 1848 ; les planteurs sont ensuite allés chercher des engagés en Inde, puis en Afrique, à Madagascar, aux Comores et en Chine, sous des contrats dont les historiens ont montré la proximité avec ce qu'ils remplaçaient. La population réunionnaise d'aujourd'hui, ses noms, ses temples, ses cuisines et sa langue, sortent en droite ligne de cet enchaînement.

      La canne n'a pas disparu pour autant : elle occupe encore l'essentiel des terres agricoles, et la bagasse — la fibre qui reste après le broyage — est brûlée dans les centrales pour produire de l'électricité. Une partie du courant de l'île vient donc de ce qu'on voit dans ces champs. Le musée est vaste et entièrement couvert : c'est la bonne réponse à une après-midi de pluie ou à des hauts bouchés.

      culture
      9 €

    63 € hébergement · 37 € repas · 19 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel les pieds dans le lagon, 125 € la nuit.

    Voir les hébergements à Saint-Leu et le lagonlien affilié

  12. Saint-Leu et le lagon → Salazie et Hell-Bourg — Voiture de location, par Saint-Denis et Salazie, 2 h, 19 € par personne (38 € à partager).
  13. Salazie et Hell-Bourg, La Réunion

    07. Salazie et Hell-Bourg

    J10 · 1 nuit · 113.5 € par personne

    Le cirque vert, ses cascades et ses cases

    Le cirque de Salazie, le plus vert des trois, avec un village créole classé parmi les plus beaux de France et ses cases à varangue. La cascade du Voile de la Mariée se voit depuis la route. ⚠️ C'est aussi le cirque le plus arrosé : prévoir la pluie, elle fait partie du paysage.

    En savoir plus sur Salazie et Hell-Bourg

    Salazie est le plus vert des trois cirques, et c'est une conséquence directe de son exposition : il ouvre vers l'est, face aux alizés, et reçoit des précipitations considérables. Les remparts y sont couverts de forêt et striés de cascades permanentes, dont le Voile de la Mariée, qui tombe en plusieurs voiles superposés et se voit directement depuis la route.

    Hell-Bourg, à mille mètres d'altitude, est classé parmi les plus beaux villages de France — le seul de l'île — et garde un ensemble remarquable de cases créoles à varangue, avec leurs jardins et leurs lambrequins. La maison Folio se visite avec son jardin créole, où l'on apprend l'usage des plantes médicinales locales. Le village a été une station thermale prospère jusqu'à ce qu'un éboulement obstrue la source en 1948.

    ⚠️ C'est le cirque le plus arrosé de l'île, et il faut l'aborder ainsi : la pluie et la brume y font partie du paysage, elles ne sont pas un accident de séjour. Prévoir des vêtements imperméables et accepter que la vue soit bouchée une partie du temps. Le point de vue du Trou de Fer, canyon de trois cents mètres accessible par la forêt de Bélouve, est l'un des plus spectaculaires de La Réunion — quand il est dégagé, ce qui n'est pas garanti.

    À table

    • Chouchou — la chayote est la culture du cirque de Salazie : en gratin, en salade, en gâteau, à tous les repas des gîtes.
    • Cresson de Salazie — cultivé dans les ruisseaux du cirque, en salade ou en bouillon.
    • Cari canard — le canard des basses-cours du cirque mijoté aux épices, plat du soir des tables d'hôtes.
    • Rhum arrangé — au letchi ou à la vanille, servi au gîte après la marche à Hell-Bourg.

    Jour 10

    • Village créole de Hell-Bourg, Salazie et Hell-Bourg, La Réunion
      Village créole de Hell-Bourg Classé parmi les plus beaux villages de France, avec ses cases à lambrequins et ses jardins créoles. Son nom vient de l'amiral de Hell, gouverneur, et non de l'anglais.
      En savoir plus

      Quelques rues de cases en bois peintes en couleurs franches, chacune avec son jardin devant et ses lambrequins découpés — et aucun ne reprend le motif du voisin. On marche lentement, on lit les frises de bois, on regarde les kours par-dessus les barrières. Le village est au bout de la route : après, il n'y a plus que des sentiers, ce qui explique les randonneurs partout.

      Hell-Bourg a été une ville d'eaux. La bourgeoisie de la côte montait prendre les bains et fuir la chaleur ; c'est de cette clientèle que viennent les grandes cases et leur soin décoratif. L'établissement thermal n'est plus qu'une ruine dans la végétation. Au milieu du cirque se dresse le Piton d'Anchaing, du nom d'un esclave marron dont la tradition raconte qu'il vécut au sommet avec Héva — l'histoire est une légende, la fuite dans les cirques est un fait.

      Venir le matin : dans les cirques, le nuage remonte en milieu de matinée et le village passe au gris. Ces cases sont habitées, on regarde depuis la rue. Et l'on mange ici le chouchou sous toutes ses formes, à commencer par le gratin — c'est la spécialité de la vallée, pas une invention pour visiteurs.

      culture
      gratuit
    • Point de vue du Trou de Fer, Salazie et Hell-Bourg, La Réunion
      Point de vue du Trou de Fer Trois heures de marche dans la forêt de Bébour, sur caillebotis, jusqu'au belvédère qui domine un canyon de 300 m où plongent plusieurs cascades. Le nuage arrive tôt : partir au lever du jour.
      En savoir plus

      La marche se fait dans une forêt de tamarins des Hauts, sur un caillebotis de bois posé au-dessus de la boue, entre des troncs tordus couverts de mousses et de fougères qui poussent sur l'écorce. Tout goutte en permanence. Puis la barrière arrive, et le sol s'ouvre : un canyon fermé de parois où plusieurs cascades tombent dans un fond qu'on ne voit pas.

      Ce tamarin-là ne pousse nulle part ailleurs, et son plus proche parent connu vit à Hawaï, à l'autre bout du monde : une graine a traversé un océan. Le canyon, lui, est resté longtemps inexploré — sa descente compte parmi les plus sérieuses qui se pratiquent, une expédition de plusieurs jours, et non une sortie de loisir.

      Le caillebotis est une patinoire dès qu'il est mouillé, et il l'est toujours : des semelles crantées, pas des baskets lisses. Partir au lever du jour, parce que le nuage remplit le trou en matinée et n'en ressort plus — beaucoup de gens font la marche pour ne voir que du blanc, et cela fait partie du contrat. Forêt de nuages : une veste de pluie même si la côte était au soleil, de l'eau, et pas de réseau sur le parcours.

      nature
      gratuit

    53 € hébergement · 35 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le cirque, 105 € la nuit.

    Voir les hébergements à Salazie et Hell-Bourglien affilié

Le budget de ces 10 jours

1 344 € par personne pour 10 jours, soit 134 € / jour. À deux, 2 687 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement575 €43 %
Repas361 €27 %
Transport sur place44 €3 %
Location de voiture — 10 jours215 €16 %
Carburant et péages100 €7 %
Activités49 €4 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Le PDF

Emporte ce carnet, hors ligne.

Le document se fabrique dans ton navigateur et se télécharge directement — lisible dans l'avion, sans réseau.

  • La carte du parcours, avec ses 7 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

Aucun compte, aucun e-mail, aucune donnée envoyée.

Carte de l'itinéraire avec les étapes du parcours

Emporte cet itinéraire

Le bouton ouvre ce parcours exact, déjà composé — mêmes étapes, même budget. Tu peux y télécharger le PDF sans e-mail, ou changer la durée, le rythme et le nombre de voyageurs pour le recomposer.

Ouvrir cet itinéraire et son PDF Copier le lien