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Autriche en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

2 226 € par personne sur place pour 14 jours, soit 159 € / jour — en 6 étapes, de Vienne à Zell am See et le Grossglockner. En passant par La Wachau, Le Salzkammergut, Salzbourg, puis Innsbruck et le Tyrol.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · trois semaines · toutes les étapes de Autriche

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Vienne — Schwechat (VIE), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Vienne, Autriche

    01. Vienne

    J1 → J4 · 4 nuits · 635 € par personne

    La capitale d'un empire qui n'existe plus

    Vienne a été bâtie pour cinquante millions de sujets et n'en gouverne plus que neuf millions : d'où ses avenues surdimensionnées, ses musées impériaux et une densité de palais que sa population n'explique pas. ⚠️ Tout le centre se fait à pied, et le reste par un réseau de métro et de tramways qui est l'un des meilleurs d'Europe — la voiture n'y sert à rien et le stationnement y est cher et réglementé.

    En savoir plus sur Vienne

    Vienne a été conçue pour un empire de cinquante millions de sujets et n'en administre plus que neuf. Tout y est resté à l'échelle d'avant : des avenues de quarante mètres de large, une densité de palais et de musées qu'aucune ville de deux millions d'habitants ne justifie, et des institutions — l'Opéra, la Philharmonie, l'école d'équitation — dimensionnées pour une cour. C'est ce décalage qui frappe, plus que tel ou tel monument.

    La ville se lit en deux cercles. À l'intérieur du Ring, le centre médiéval, dense, entièrement piéton ou presque, qui se traverse à pied en vingt minutes et concentre la cathédrale, la Hofburg et les grandes places. Au-delà, les quartiers du XIXᵉ siècle et les palais d'été — Schönbrunn, le Belvédère — desservis par un réseau de métro et de tramways qui compte parmi les meilleurs d'Europe. ⚠️ La voiture n'y sert strictement à rien : stationnement cher, réglementé par zones, et rien qui ne soit plus rapide en transport.

    Deux habitudes locales méritent d'être connues avant d'arriver. On paie plus volontiers en espèces qu'en France, y compris dans des cafés et des petits musées. Et tout ferme le dimanche, commerces compris — les musées, eux, ouvrent et ferment plutôt le lundi.

    C'est aussi l'étape la plus chère du parcours, autant par les hébergements que par les billets : Schönbrunn, le Belvédère et la Hofburg pris ensemble dépassent quatre-vingts euros par personne. Ils ne se font pas tous en une journée, et il vaut mieux en choisir deux que les enchaîner.

    À table

    • Wiener Schnitzel — l'escalope de veau panée, poêlée au beurre clarifié, avec salade de pommes de terre ; les Beisl de quartier la font aussi bien que les adresses célèbres.
    • Kaffeehaus — le café viennois, Melange ou Einspänner, dans les cafés classés par l'Unesco ; on y reste des heures avec un journal.
    • Sachertorte et Apfelstrudel — les deux gâteaux, à l'hôtel Sacher ou chez Demel ; le strudel est meilleur tiède.
    • Heuriger — les tavernes des vignerons à Grinzing et Nussdorf, vin nouveau et buffet froid, en bout de tramway.

    Jour 1

    • Château de Schönbrunn, Vienne, Autriche
      Château de Schönbrunn Mille quatre cent quarante et une pièces, dont on visite celles du bel étage : les appartements de François-Joseph et de Sisi, et les cabinets de Marie-Thérèse. Mozart y a joué à six ans. ⚠️ Le billet ne comprend pas les jardins, qui sont gratuits et immenses — la Gloriette, le labyrinthe et la palmeraie se paient à part.
      En savoir plus

      Marie-Thérèse voulait un Versailles et n'en a pas eu les moyens : le projet initial prévoyait le palais au sommet de la colline, on l'a finalement posé en bas, et la Gloriette qui couronne le jardin occupe la place qu'il aurait dû occuper. Le résultat est moins écrasant que son modèle français, et plus habitable — ce sont des appartements où l'on a réellement vécu jusqu'en 1918.

      La visite suit le bel étage. On traverse d'abord les pièces de François-Joseph, d'une austérité qui déconcerte : lit de fer, table de travail, cuvette d'eau froide. L'empereur se levait avant l'aube et travaillait debout. Puis viennent les appartements d'Élisabeth, sa salle de gymnastique et son cabinet de toilette, où elle passait des heures à faire coiffer ses cheveux qui lui tombaient aux chevilles. Enfin les salons de Marie-Thérèse, chinoiseries laquées et miniatures, d'un tout autre siècle.

      Mozart y a joué devant l'impératrice à six ans ; Napoléon y a établi son quartier général en 1805 et en 1809, et son fils, l'Aiglon, y est mort à vingt et un ans dans une chambre qu'on montre.

      ⚠️ Le billet ne comprend pas les jardins. Ceux-ci sont gratuits, immenses et ouverts dès l'aube — mais la Gloriette, le labyrinthe, l'Orangerie et le jardin privé se paient à part. La montée à la Gloriette est le meilleur point de vue sur Vienne, et le parc à lui seul justifie une matinée.

      culture
      42 €
    • Belvédère supérieur et Le Baiser de Klimt, Vienne, Autriche
      Belvédère supérieur et Le Baiser de Klimt Un palais baroque bâti pour le prince Eugène de Savoie, devenu le musée de l'art autrichien. On y vient pour Le Baiser de Klimt, qui n'a jamais quitté Vienne, et l'on y trouve la plus grande collection de Schiele et de Kokoschka au monde. ⚠️ La salle Klimt est bondée : y aller à l'ouverture.
      En savoir plus

      Deux palais baroques posés aux extrémités d'un jardin en pente, bâtis pour le prince Eugène de Savoie — le général né à Paris, refusé par Louis XIV, passé au service de l'Autriche et devenu le vainqueur des Ottomans. Le Belvédère supérieur était sa salle de réception ; il n'y a jamais dormi.

      On y vient pour un tableau. Le Baiser, peint en 1908, n'a jamais quitté Vienne : l'État autrichien l'a acheté avant même la fin de l'exposition où il était montré. Il est plus petit qu'on ne l'imagine, et l'or n'est pas une couleur mais une feuille véritable, appliquée par un peintre dont le père était orfèvre. Le détail que les reproductions écrasent : les deux corps ne partagent pas le même motif décoratif — rectangles pour lui, cercles pour elle — et le sol s'arrête net sous les pieds de la femme, au bord du vide.

      Autour, la plus grande collection d'Egon Schiele au monde, dont La Famille, peint quelques mois avant que la grippe espagnole ne l'emporte à vingt-huit ans avec sa femme enceinte. Et Kokoschka, Makart, Waldmüller : c'est le musée de l'art autrichien, du Moyen Âge à aujourd'hui.

      ⚠️ La salle Klimt est le seul endroit bondé du musée, à toute heure. Y aller à l'ouverture change complètement l'expérience. Le jardin à la française qui descend vers le Belvédère inférieur est libre d'accès et vaut le détour seul.

      culture
      23 €
    • Naschmarkt, le grand marché de Vienne, Vienne, Autriche
      Naschmarkt, le grand marché de Vienne Un marché de plus d'un kilomètre installé sur la rivière Wien couverte, cent vingt étals entre épiceries ottomanes, poissonniers et comptoirs de dégustation. ⚠️ Le samedi, un immense marché aux puces s'ajoute à l'extrémité ouest — c'est le seul jour où il faut vraiment y être.
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      Un marché long de plus d'un kilomètre, installé sur le lit couvert de la rivière Wien, avec cent vingt étals alignés en deux rangées. Il existe depuis la fin du XVIᵉ siècle, quand on y vendait le lait dans des flacons de bois — les Aschen — qui lui auraient donné son nom.

      Ce qui le distingue d'un marché de quartier, c'est ce qu'on y trouve. Vienne a été la capitale d'un empire multinational et l'est restée dans ses assiettes : les étals alignent olives et halva turcs, feta et vin résiné grecs, ajvar balkanique, épices persanes, pains levantins. La partie ouest est plus authentiquement alimentaire ; la partie est, côté Karlsplatz, s'est transformée en enfilade de restaurants et de bars — bonne pour dîner, moins pour acheter.

      ⚠️ Le samedi, un marché aux puces gigantesque prolonge le Naschmarkt vers l'ouest sur plusieurs centaines de mètres : vaisselle, disques, ferraille, vieilles photographies. C'est le seul jour où il faut vraiment y être, et il se termine en début d'après-midi.

      ⚠️ Les vendeurs de la partie touristique proposent volontiers des dégustations « offertes » qui se retrouvent sur l'addition — demander le prix avant d'accepter est la règle ici, contrairement au reste de l'Autriche. Le marché est fermé le dimanche, comme tout le pays. Les immeubles Art nouveau d'Otto Wagner qui le bordent, à l'angle de la Linke Wienzeile, valent qu'on lève la tête.

      marché
      gratuit

    Jour 2

    • Cathédrale Saint-Étienne, montée à la tour sud, Vienne, Autriche
      Cathédrale Saint-Étienne, montée à la tour sud Trois cent quarante-trois marches en colimaçon jusqu'à la chambre du guetteur, à soixante-huit mètres, d'où l'on domine le toit de tuiles vernissées et ses aigles bicéphales. ⚠️ La montée se fait à pied, l'ascenseur étant réservé à la tour nord. Le fond de la nef se visite gratuitement.
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      Le Steffl, comme les Viennois l'appellent, est le centre géographique et symbolique de la ville : toutes les distances autrichiennes se comptent depuis son parvis. Sa flèche sud monte à cent trente-sept mètres, et une loi non écrite a longtemps interdit qu'un bâtiment viennois la dépasse.

      La montée compte trois cent quarante-trois marches dans un escalier en colimaçon si étroit que deux personnes s'y croisent difficilement. En haut, la chambre du guetteur : jusqu'au XIXᵉ siècle, un homme y veillait en permanence pour signaler les départs d'incendie dans la ville. La vue plonge sur le toit, qui est le vrai spectacle — deux cent trente mille tuiles vernissées formant l'aigle bicéphale des Habsbourg d'un côté, les armes de Vienne de l'autre.

      Le toit a brûlé en avril 1945, quand des pillards ont mis le feu aux boutiques voisines dans les derniers jours de la guerre ; la charpente s'est effondrée et la grande cloche avec elle. Chaque province autrichienne a financé une partie de la reconstruction, ce qui fait de la cathédrale un symbole national autant que religieux.

      ⚠️ L'ascenseur dessert la tour nord et sa cloche Pummerin, pas la tour sud, qui se monte exclusivement à pied. ⚠️ Le fond de la nef se visite librement ; c'est aller au-delà de la barrière qui se paie. Les catacombes, elles, ne se voient qu'en visite guidée.

      culture
      8 €
    • Ring, Opéra et le centre à pied, Vienne, Autriche
      Ring, Opéra et le centre à pied L'empereur a fait raser les remparts en 1857 et remplacer par un boulevard circulaire de cinq kilomètres, bordé de bâtiments qui empruntent chacun à une époque différente : gothique pour l'hôtel de ville, grec pour le parlement, Renaissance pour l'université. Le tramway 1 ou 2 en fait le tour pour le prix d'un ticket.
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      En 1857, François-Joseph signe un décret ordonnant la démolition des remparts. Vienne y gagne un boulevard circulaire de cinq kilomètres et une bande de terrain libre que l'on lotit en une génération. Chaque bâtiment public y emprunte à l'époque qui lui semble appropriée : néo-gothique pour l'hôtel de ville parce que la commune médiévale symbolise la liberté municipale, néo-grec pour le parlement parce qu'Athènes a inventé la démocratie, néo-Renaissance pour l'université et l'Opéra. Ce n'est pas un manque d'imagination, c'est un programme.

      L'Opéra a été le premier achevé et la critique l'a si durement traité que l'un de ses deux architectes s'est suicidé et l'autre est mort peu après. L'empereur, dit-on, n'a plus jamais émis d'avis public sur quoi que ce soit.

      Le meilleur moyen d'en faire le tour est le tramway : les lignes 1 et 2 parcourent chacune une moitié du Ring pour le prix d'un ticket ordinaire, sans commentaire et sans supplément — le tramway touristique jaune fait exactement le même trajet beaucoup plus cher.

      À l'intérieur du Ring, le centre médiéval se traverse à pied en vingt minutes et concentre presque tout : Stephansplatz, Graben et sa colonne de la peste, Kohlmarkt, Michaelerplatz. ⚠️ Les fiacres sont un piège à touristes coûteux et sans intérêt : le même parcours se fait à pied en moitié moins de temps.

      marché
      gratuit
    • Café viennois et les pâtisseries, Vienne, Autriche
      Café viennois et les pâtisseries Le café viennois est inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité, et la règle y est qu'on peut rester des heures pour une seule tasse — les journaux sont sur baguettes, personne ne débarrasse. ⚠️ On ne commande jamais « un café » : il faut nommer le sien, kleiner Brauner, Melange ou Einspänner.
      En savoir plus

      Le café viennois est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, et ce classement porte moins sur la boisson que sur un usage : on y occupe une table aussi longtemps qu'on veut pour une seule consommation. Les journaux du jour sont montés sur baguettes de bois, personne ne débarrasse, personne ne presse. Trotski y jouait aux échecs, Freud y écrivait, Zweig y a passé sa jeunesse — c'était le bureau de gens qui n'en avaient pas.

      ⚠️ On ne commande jamais « un café » : il faut nommer le sien, et la liste est longue. Le kleiner Brauner est un expresso avec un pot de crème à part ; la Melange, la plus courante, un café allongé coiffé de mousse de lait ; l'Einspänner un expresso en verre sous une couche de crème fouettée, ainsi servi pour que les cochers puissent le boire d'une main sans qu'il refroidisse. Un verre d'eau du robinet l'accompagne toujours, gratuitement, et le redemander est normal.

      Côté pâtisserie, la Sachertorte fait l'objet d'un litige juridique qui a duré sept ans entre l'hôtel Sacher et la confiserie Demel, tranché en 1963 : seule la première a droit au titre d'originale. ⚠️ Elle est plus sèche que sa réputation ne le laisse croire, et se mange avec de la crème non sucrée — ce n'est pas une garniture, c'est le correctif. L'Apfelstrudel, le Kaiserschmarrn et le Topfenstrudel sont souvent meilleurs et coûtent moins.

      marché
      gratuit

    Jour 3

    • Kahlenberg et les vignobles viennois, Vienne, Autriche
      Kahlenberg et les vignobles viennois Vienne est la seule capitale européenne à produire du vin en quantité commerciale à l'intérieur de ses limites : sept cents hectares sur les collines du nord. Un sentier balisé monte des vignes au Kahlenberg, d'où Jean III Sobieski est descendu briser le siège ottoman en 1683, et redescend sur Grinzing.
      En savoir plus

      Vienne est la seule capitale au monde à produire du vin en quantité commerciale à l'intérieur de ses limites administratives : environ sept cents hectares, sur les collines du nord et du sud, exploités par des dizaines de petits domaines. La spécialité locale est le Gemischter Satz, un assemblage de plusieurs cépages plantés mélangés dans la même parcelle et vendangés ensemble — une pratique ancienne, longtemps méprisée, réhabilitée depuis les années 2000.

      Le Kahlenberg est la colline qui domine tout cela, à quatre cent quatre-vingts mètres. C'est de là qu'est descendue, le 12 septembre 1683, l'armée de secours commandée par Jean III Sobieski, roi de Pologne, qui a brisé le second siège ottoman de Vienne — un basculement dont l'Europe centrale porte encore les traces. Une petite église polonaise y commémore la bataille.

      Un sentier balisé, le Stadtwanderweg 1, monte depuis le terminus du tramway à travers les vignes, passe par le Kahlenberg et redescend sur Grinzing. Il est long d'une dizaine de kilomètres, sans difficulté technique, et l'on y croise des Viennois plutôt que des visiteurs.

      En bas attendent les Heurigen, ces auberges de vignerons autorisées à ne servir que leur propre production de l'année, signalées par une branche de pin accrochée au-dessus de la porte. ⚠️ Beaucoup ne prennent que les espèces, et l'on se sert soi-même au buffet avant de porter son assiette à la caisse.

      sport
      gratuit

    Jour 4

    • Hofburg, musée Sisi et appartements impériaux, Vienne, Autriche
      Hofburg, musée Sisi et appartements impériaux La résidence d'hiver des Habsbourg pendant six siècles, aujourd'hui siège de la présidence autrichienne. Le musée Sisi s'attache à démonter le personnage de cinéma : anorexie, obsession du sport et de son propre visage, refus de la cour. Sa collection d'argenterie impériale se visite avec le même billet.
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      La Hofburg n'est pas un palais mais une ville : six siècles d'ajouts successifs autour d'une forteresse du XIIIᵉ siècle, dix-huit ailes, plus de deux mille pièces. Les Habsbourg y ont passé chaque hiver jusqu'à la chute de l'empire, et le président de la République autrichienne y a toujours son bureau.

      Le musée Sisi mérite d'y venir même sans intérêt pour la dynastie, parce qu'il fait exactement l'inverse de ce qu'on attend. Il a été conçu pour démonter le personnage sucré des films des années 1950 et montrer ce que fut vraiment Élisabeth : une femme mariée à seize ans à un cousin qu'elle connaissait à peine, écrasée par une belle-mère qui lui a retiré ses enfants, anorexique, obsédée par son tour de taille et par un programme d'exercice quotidien invraisemblable, fuyant la cour des mois entiers, et refusant de se laisser photographier passé trente ans — d'où le fait qu'aucune image d'elle âgée n'existe. Elle est morte assassinée à Genève en 1898, d'un coup de lime si fin qu'elle a continué à marcher.

      Le même billet ouvre la collection d'argenterie impériale, qui paraît anecdotique et ne l'est pas : elle montre la mécanique matérielle d'une cour, des services de cent quarante couverts aux machines à plier les serviettes selon un pliage dont le secret ne se transmet qu'à deux personnes.

      ⚠️ La Hofburg abrite aussi l'école espagnole d'équitation, la chapelle des Petits Chanteurs et le trésor impérial — trois visites distinctes, trois billets.

      culture
      20 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    59 € hébergement · 48 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le centre historique, 118 € la nuit.

    Voir les hébergements à Viennelien affilié

  2. Vienne → La Wachau — A1 puis la rive du Danube, 1 h 15, 11 € par personne (22 € à partager).
  3. La Wachau, Autriche

    02. La Wachau

    J5 → J6 · 2 nuits · 269 € par personne

    Trente kilomètres de Danube entre abbaye et vignobles

    Une vallée étroite où le Danube se resserre entre deux versants couverts de vignes en terrasses, avec une abbaye baroque jaune vif à une extrémité et une ville médiévale à l'autre. C'est la première respiration après Vienne, et la plus courte étape du parcours. ⚠️ Tout y est à moins de quarante kilomètres : on la fait en voiture, à vélo sur la piste du Danube, ou en bateau d'un village à l'autre.

    En savoir plus sur La Wachau

    Trente-cinq kilomètres de Danube entre Melk et Krems, où le fleuve se resserre entre deux versants couverts de vignes en terrasses. C'est la première respiration après Vienne, et la plus courte étape du parcours : tout y tient dans un rayon de vingt kilomètres, ce qui change complètement le rythme d'une journée.

    La vallée est classée au patrimoine mondial pour une raison précise : elle a conservé un paysage agricole intact que l'appauvrissement du XIXᵉ siècle a protégé de la modernisation. Le trafic fluvial est passé ailleurs, les terrasses de pierre sèche sont restées, et personne n'a eu les moyens de démolir les bourgs médiévaux. On y trouve donc, à une heure de la capitale, des villages qui n'ont pas été refaits.

    On s'y déplace de trois façons, et c'est ce qui la rend agréable. En voiture, par la route de rive qui longe l'eau. À vélo, sur la piste du Danube — plate, goudronnée, entièrement séparée de la circulation, l'une des plus fréquentées d'Europe. Et en bateau, d'un village à l'autre, en emportant son vélo à bord. ⚠️ Le sens qui compte est celui du courant, qui est aussi celui du vent dominant : descendre et remonter autrement évite une remontée pénible que beaucoup découvrent trop tard.

    Deux productions font la vallée : le grüner veltliner et le riesling sur les terrasses, et les abricots protégés par une appellation, qu'on récolte en juillet. ⚠️ Les domaines reçoivent presque tous sur rendez-vous, même en pleine saison.

    À table

    • Abricots de la Wachau — la vallée en est couverte : confiture, eau-de-vie (Marillenschnaps) et knödel aux abricots en été.
    • Grüner Veltliner et Riesling — les blancs des terrasses ; les Heuriger de Dürnstein et de Spitz servent le vin du domaine.
    • Wachauer Laberl — le petit pain rond de la vallée, croustillant, avec du fromage et du jambon.

    Jour 5

    • Abbaye de Melk, La Wachau, Autriche
      Abbaye de Melk Une abbaye bénédictine posée sur un éperon au-dessus du Danube, reconstruite en baroque au début du XVIIIᵉ siècle et longue de trois cents mètres. Sa bibliothèque conserve seize cents manuscrits ; c'est elle qui a inspiré à Umberto Eco le décor du Nom de la rose, et son moine narrateur s'appelle Adso de Melk.
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      Une abbaye bénédictine fondée en 1089 sur un éperon rocheux qui domine le Danube de soixante mètres, entièrement reconstruite en baroque entre 1702 et 1736. Elle mesure trois cents mètres de long et sa façade jaune se voit à des kilomètres en remontant la vallée. Des moines y vivent toujours, et l'abbaye gère un lycée de neuf cents élèves — ce n'est pas un monument mort.

      L'architecte, Jakob Prandtauer, y est mort avant l'achèvement, et le chantier a failli ruiner la communauté. Le résultat assume tout : marbre feint, dorures, plafonds en trompe-l'œil qui prolongent l'architecture réelle jusqu'à ce qu'on ne sache plus où s'arrête la pierre. L'église abbatiale est l'un des sommets du baroque autrichien.

      La bibliothèque conserve environ mille huit cents manuscrits, dont certains du IXᵉ siècle, et cent mille volumes imprimés. C'est elle qui a inspiré à Umberto Eco le décor du Nom de la rose : le narrateur du roman s'appelle Adso de Melk, et l'idée d'une bibliothèque monastique labyrinthique gardant des livres dangereux vient directement d'ici.

      ⚠️ Le parc de l'abbaye et son pavillon rococo se paient séparément, et la visite guidée est un supplément — la visite libre suffit, un plan et des panneaux accompagnent le parcours. ⚠️ L'abbaye est le point de départ ou d'arrivée de la plupart des croisières de la Wachau, ce qui la rend très fréquentée en milieu de journée : y aller à l'ouverture.

      culture
      16 €
    • Dürnstein et la ruine de Richard Cœur de Lion, La Wachau, Autriche
      Dürnstein et la ruine de Richard Cœur de Lion Un village bleu et blanc au bord de l'eau, dominé par les ruines du château où Richard Cœur de Lion a été retenu prisonnier en 1192 au retour de croisade. ⚠️ La montée aux ruines est courte mais raide et caillouteuse — vingt minutes, chaussures fermées. La vue sur la boucle du fleuve en est le seul motif.
      En savoir plus

      Un village d'une centaine d'habitants au bord de l'eau, dont la tour bleue et blanche de l'église abbatiale est l'image la plus reproduite de la Wachau. Une seule rue pavée le traverse, bordée de maisons de vignerons et de caves voûtées ; on la parcourt en dix minutes.

      Au-dessus, les ruines d'un château fort médiéval. Richard Cœur de Lion y a été retenu prisonnier à l'hiver 1192-1193, capturé sur le chemin du retour de la troisième croisade par le duc Léopold V d'Autriche, qu'il avait publiquement humilié à Saint-Jean-d'Acre en faisant jeter sa bannière dans le fossé. La légende du ménestrel Blondel chantant de château en château jusqu'à ce que son roi lui réponde est une invention du XIIIᵉ siècle — mais la rançon, elle, est documentée : elle a coûté à l'Angleterre l'équivalent de plusieurs années de revenus royaux, et Vienne s'est en partie bâtie avec.

      ⚠️ La montée aux ruines est courte — une vingtaine de minutes — mais raide, caillouteuse et sans main courante par endroits. Des chaussures fermées sont nécessaires, et la descente est plus délicate que la montée. La vue sur la boucle du Danube et les terrasses de vignes est le seul motif d'y aller ; il n'y a rien à voir en haut que des murs.

      ⚠️ Le stationnement est très limité et payant. Le village sature en milieu de journée quand les bateaux accostent.

      sport
      gratuit

    Jour 6

    • Krems et Stein, la vieille ville, La Wachau, Autriche
      Krems et Stein, la vieille ville Deux bourgs médiévaux soudés en une seule ville, avec une porte fortifiée, des cours pavées et des façades gothiques restées intactes parce que la Wachau s'est appauvrie au XIXᵉ siècle et n'a rien reconstruit. On y traîne sans plan, et c'est là que se trouvent les vraies tables de la vallée.
      En savoir plus

      Deux bourgs médiévaux distincts, Krems et Stein, soudés au fil des siècles par un faubourg qui les relie — d'où le dicton local selon lequel la ville compte trois villes en deux. C'est la porte est de la Wachau, et de loin la plus vivante : quinze mille étudiants y suivent des cours dans un campus installé dans un ancien couvent.

      Le tissu médiéval a survécu pour une raison peu glorieuse : la Wachau s'est appauvrie au XIXᵉ siècle, le trafic fluvial est passé au rail ailleurs, et personne n'a eu les moyens de démolir. On traverse donc des cours pavées, des arcades, la porte fortifiée du Steiner Tor, et des rues où les enseignes de fer forgé n'ont pas bougé.

      C'est aussi la meilleure adresse gastronomique de l'étape. Les grandes tables de la vallée sont ici plutôt que dans les villages photogéniques, et les caves de dégustation de la Landstraße permettent de goûter les crus des trois communes voisines sans conduire.

      ⚠️ Comme partout en Autriche, tout ferme le dimanche — commerces, marché, une partie des restaurants. Le samedi matin est le bon moment. ⚠️ La ville se visite à pied ; le centre est piéton et le stationnement se fait en périphérie, avec des disques horaires qu'on obtient dans les commerces.

      marché
      gratuit

    53 € hébergement · 44 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans un village du Danube, 105 € la nuit.

    Voir les hébergements à La Wachaulien affilié

  4. La Wachau → Le Salzkammergut — A1 puis la vallée de la Traun, 2 h 30, 20 € par personne (40 € à partager).
  5. Le Salzkammergut, Autriche

    03. Le Salzkammergut

    J7 → J8 · 2 nuits · 310 € par personne

    Soixante-seize lacs au pied du Dachstein

    Le pays des lacs, entre Salzbourg et la Styrie : des eaux vert sombre encaissées entre des parois calcaires, des villages de bois sur des rives étroites, et le massif du Dachstein qui ferme le sud. Le sel extrait ici depuis trois mille ans a fait la fortune des évêques de Salzbourg. ⚠️ C'est l'étape qui demande vraiment une voiture : le train dessert Hallstatt et Bad Ischl, mais pas le tour des lacs.

    En savoir plus sur Le Salzkammergut

    Le pays des lacs, entre Salzbourg et la Styrie : soixante-seize plans d'eau encaissés entre des parois calcaires, des villages de bois sur des rives étroites, et le massif du Dachstein qui ferme le sud avec son glacier. Le nom signifie littéralement le domaine du sel — la région a été pendant des siècles une propriété impériale directe, fermée aux étrangers sans autorisation, parce que le sel extrait ici valait plus que l'or.

    ⚠️ C'est l'étape qui demande vraiment une voiture, et c'est la seule du parcours dans ce cas. Le train dessert Hallstatt et Bad Ischl, ce qui suffit pour une visite ; il ne dessert pas le tour des lacs, ni le Gosausee, ni les vallées latérales. Sans voiture, on voit un village et on manque la région.

    Deux choses distinguent cette étape de tout ce qui précède. D'abord la baignade : contrairement à ce qu'on imagine, ces lacs se nagent — le Wolfgangsee, l'Attersee et le Mondsee montent à vingt-deux ou vingt-trois degrés en août, avec des bains publics en bois. ⚠️ Le Hallstättersee et l'Altaussee, plus encaissés, restent nettement plus froids. Ensuite la cuisine, qui est ici la seule d'Autriche à tourner autour du poisson d'eau douce plutôt que de la viande.

    ⚠️ Hallstatt reçoit près d'un million de visiteurs par an pour huit cents habitants et devient méconnaissable en milieu de journée. Y dormir, ou simplement y arriver après dix-sept heures, change entièrement l'expérience.

    À table

    • Poisson des lacs — omble et corégone (Reinanke) grillés, dans les auberges au bord du Wolfgangsee et du Hallstättersee.
    • Salzburger Nockerl — le soufflé sucré en trois monts, comme les collines alentour ; se partage.
    • Kaiserschmarrn — la crêpe déchirée aux raisins, plat des refuges et des terrasses de lac.

    Jour 7

    • Hallstatt, le village et le belvédère, Le Salzkammergut, Autriche
      Hallstatt, le village et le belvédère Huit cents habitants sur une bande de vingt mètres entre la falaise et le lac, si étroite que les processions se font en barque et que les maisons se tournent vers l'eau. ⚠️ Le village reçoit près d'un million de visiteurs par an : il est méconnaissable à midi et redevient lui-même après dix-sept heures, quand les cars repartent.
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      Huit cents habitants sur une bande de terre de quelques dizaines de mètres, coincée entre une paroi verticale et un lac profond de cent vingt-cinq mètres. L'espace y a toujours manqué au point que, jusqu'au XIXᵉ siècle, aucune route n'y menait — on arrivait par bateau, et les processions religieuses se faisaient en barque.

      Ce manque de place a produit une coutume qui se visite toujours : le cimetière étant trop petit, on exhumait les corps au bout d'une dizaine d'années et l'on nettoyait les crânes, qu'on peignait au nom du défunt, à sa date de mort et à un motif floral, avant de les ranger dans l'ossuaire de la chapelle Saint-Michel. Douze cents crânes y sont empilés, dont six cents peints. Le dernier y a été déposé en 1995, à la demande de la défunte.

      ⚠️ Le village reçoit près d'un million de visiteurs par an pour huit cents habitants, et la situation est devenue un sujet politique local — barrières anti-selfie, quotas de cars, appels des habitants à limiter l'accès. Il est méconnaissable entre onze et seize heures, et redevient un village de montagne dès que les cars repartent. Y dormir change tout.

      ⚠️ Le point de vue classique, celui de toutes les photographies, se prend depuis la rive nord en entrant dans le village, pas depuis le centre. ⚠️ La circulation est réglementée : les parkings sont en amont et payants, et il faut souvent finir à pied.

      marché
      gratuit
    • Bad Ischl, la ville d'eaux impériale, Le Salzkammergut, Autriche
      Bad Ischl, la ville d'eaux impériale François-Joseph y a passé chaque été de sa vie et y a signé, depuis son bureau, la déclaration de guerre à la Serbie en 1914. La ville a gardé ses façades jaune impérial, son kiosque à musique et sa pâtisserie de cour, la Zauner, qui n'a pas changé de vitrine depuis un siècle.
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      François-Joseph a passé ici chaque été de sa vie, de l'enfance à la mort, dans une villa que ses parents avaient reçue en cadeau de mariage. Il y a rencontré Élisabeth à vingt-trois ans et s'est fiancé à elle contre l'avis de sa mère, qui lui destinait la sœur aînée. Et c'est depuis le bureau de cette villa qu'il a signé, le 28 juillet 1914, la déclaration de guerre à la Serbie qui a ouvert la Première Guerre mondiale. Il a dit en partant, cet été-là, qu'il ne reviendrait pas ; c'était vrai.

      La ville a suivi la cour. Tout ce que l'empire comptait d'aristocrates, d'artistes et de financiers y a pris ses quartiers d'été : Lehár, Brahms, Bruckner, Schnitzler. Elle en garde les façades jaune impérial, le kiosque à musique, l'esplanade au bord de la Traun et une architecture thermale du XIXᵉ siècle restée intacte.

      La pâtisserie Zauner, fournisseur de la cour, n'a pas changé de vitrine depuis plus d'un siècle et reste la meilleure raison gourmande de s'arrêter — sa spécialité, le Zaunerstollen, est une nougatine au chocolat inventée ici.

      ⚠️ La villa impériale se visite mais se paie séparément, et elle appartient toujours aux descendants des Habsbourg. ⚠️ Bad Ischl est le nœud ferroviaire du Salzkammergut : c'est d'ici que partent les trains vers Hallstatt et vers Salzbourg, et c'est la base la plus pratique pour qui voyage sans voiture.

      marché
      gratuit
    • Lac de Gosau et le Dachstein, Le Salzkammergut, Autriche
      Lac de Gosau et le Dachstein Un lac d'un vert opaque au fond d'un cirque, avec le glacier du Dachstein réfléchi dedans quand le vent tombe — c'est le point de vue le plus reproduit d'Autriche après Hallstatt, et il est libre d'accès. Un sentier plat en fait le tour en une heure et demie.
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      Un lac d'un vert opaque au fond d'un cirque fermé, avec le massif du Dachstein et son glacier qui se reflètent dedans quand le vent tombe. C'est l'un des points de vue les plus photographiés d'Autriche, et il est entièrement libre d'accès — un parking, un chemin, rien à payer.

      Le tour du lac inférieur fait environ trois kilomètres et demi, sur un chemin large, plat et praticable en poussette. Il se fait en une heure et demie sans difficulté, et le meilleur moment est le matin : le lac est orienté de telle sorte que le reflet du Dachstein se lit surtout avant midi, et le vent se lève généralement l'après-midi.

      Deux lacs plus petits et plus sauvages prolongent la vallée en amont, le Gosaulacke et le Hinterer Gosausee : compter deux bonnes heures de plus, sur un terrain qui devient franchement montagnard. Presque personne ne va au-delà du premier lac.

      Le Dachstein qu'on regarde culmine à deux mille neuf cent quatre-vingt-quinze mètres et porte le glacier le plus oriental des Alpes. ⚠️ Il recule vite, comme tous : les cartes d'il y a trente ans ne correspondent plus à ce qu'on voit.

      ⚠️ Le lac est à une trentaine de minutes de Hallstatt par une route de vallée. La baignade y est autorisée mais l'eau reste sous les quinze degrés en plein été — c'est un lac de glacier.

      nature
      gratuit

    Jour 8

    • Mine de sel de Hallstatt, funiculaire compris, Le Salzkammergut, Autriche
      Mine de sel de Hallstatt, funiculaire compris La plus ancienne mine de sel encore exploitée au monde : on y extrait depuis l'âge du bronze, et la nécropole voisine a donné son nom à toute une période de la préhistoire européenne, la civilisation de Hallstatt. On descend par deux toboggans de bois de mineurs. ⚠️ Il fait huit degrés au fond, toute l'année.
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      La plus ancienne mine de sel encore exploitée au monde. On y extrait depuis l'âge du bronze, il y a plus de trois mille ans, et le site est si important pour la préhistoire européenne qu'il a donné son nom à toute une période : la civilisation de Hallstatt, premier âge du fer, du VIIIᵉ au Vᵉ siècle avant notre ère. La nécropole voisine a livré plus de mille cinq cents tombes.

      Le sel a conservé ce qu'il touchait. On a retrouvé dans les galeries des sacs de peau, des outils de bois, des escaliers de bois du XIIIᵉ siècle avant notre ère encore intacts — le plus ancien escalier en bois d'Europe — et le corps d'un mineur momifié, l'homme au sel.

      La visite se fait en tenue de mineur fournie et descend par deux longs toboggans de bois qui servaient réellement aux ouvriers. Un petit train ramène à la surface. Le funiculaire monte depuis le village jusqu'à l'entrée, dans la vallée haute, et le billet combiné le comprend ; un sentier permet aussi de monter à pied, en une bonne heure et sans ombre.

      ⚠️ Il fait huit degrés au fond toute l'année : une veste est indispensable même en août. ⚠️ Le site a rouvert le 29 août 2026 après une longue fermeture pour travaux — vérifier les horaires du jour avant de monter, ils varient selon le mois. Le skywalk, une plateforme suspendue au-dessus du lac, est juste à côté de la station haute et l'accès en est libre.

      culture
      49 €

    54 € hébergement · 46 € repas · 26 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension traditionnelle à Bad Ischl, 108 € la nuit.

    Voir les hébergements à Le Salzkammergutlien affilié

  6. Le Salzkammergut → Salzbourg — Route des lacs par le Wolfgangsee, 1 h 30, 9 € par personne (18 € à partager).
  7. Salzbourg, Autriche

    04. Salzbourg

    J9 → J10 · 2 nuits · 293 € par personne

    Une ville-État d'évêques, née du sel et du baroque

    Salzbourg n'a jamais été autrichienne avant 1816 : c'était une principauté ecclésiastique indépendante, gouvernée par des prince-archevêques que le commerce du sel avait rendus assez riches pour se faire construire une ville italienne au nord des Alpes. D'où ses coupoles et ses places — elles n'ont rien de germanique. ⚠️ Tout le centre est piéton et se traverse en vingt minutes.

    En savoir plus sur Salzbourg

    Salzbourg n'a jamais été autrichienne avant 1816. C'était une principauté ecclésiastique souveraine, gouvernée par des prince-archevêques que le monopole du sel avait rendus assez riches pour se faire construire une ville italienne au nord des Alpes. C'est l'explication de tout ce qu'on y voit : les coupoles, les places dégagées, la cathédrale sur modèle romain. Un archevêque formé à Rome a fait raser des quartiers entiers après un incendie pour ouvrir des perspectives à l'italienne.

    Le centre historique tient entre la falaise du Mönchsberg et la rivière Salzach, et se traverse à pied en vingt minutes. Tout y est piéton. ⚠️ Le vrai conseil de circulation n'est pas la voiture mais les Durchhäuser : des passages qui traversent les îlots d'une rue à l'autre par des cours intérieures enfilées. La Getreidegasse est saturée, ces cours sont vides, et elles mènent aux mêmes endroits.

    Mozart y est né et l'a détesté. Il a démissionné en 1781 de son poste à la cour archiépiscopale, où on le faisait manger avec les valets, et n'est jamais revenu. La ville en vit aujourd'hui — sa maison natale est le musée le plus fréquenté, et les boules de chocolat à son nom, inventées en 1890, sont partout.

    ⚠️ Le Mönchsberg, ce plateau boisé au-dessus de la vieille ville, est le contrepoint qui rend l'étape supportable en saison : un chemin plat, des terrasses ouvertes sur les toits, et presque personne alors que la foule est cinquante mètres plus bas.

    À table

    • Salzburger Nockerl — le soufflé sucré né dans la ville, servi pour deux ou trois.
    • Mozartkugel — la boule de massepain, nougat et chocolat ; l'originale est celle de Fürst, à la main, papier bleu et argent.
    • Bosna — le sandwich à la saucisse et aux oignons, curry et persil, vendu au Balkan Grill dans un passage de la Getreidegasse.
    • Augustiner Bräu — la brasserie du monastère, bière tirée du tonneau dans une chope en grès, sous les marronniers.

    Jour 9

    • Vieille ville, Getreidegasse et jardins Mirabell, Salzbourg, Autriche
      Vieille ville, Getreidegasse et jardins Mirabell Une rue commerçante médiévale où les enseignes en fer forgé sont obligatoires depuis des siècles — y compris pour les enseignes modernes, ce qui donne un McDonald's en volutes de ferronnerie. Les jardins Mirabell, de l'autre côté de la rivière, sont gratuits et ont servi de décor à La Mélodie du bonheur.
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      La Getreidegasse est une rue médiévale étroite dont les enseignes doivent, par règlement ancien, être en fer forgé suspendu — la raison en est qu'une population largement analphabète reconnaissait les commerces à leur image. La règle vaut toujours, y compris pour les enseignes modernes, ce qui donne des chaînes internationales en volutes de ferronnerie et des banques annoncées par des symboles ouvragés.

      Derrière les façades, un système de passages traverse les îlots d'une rue à l'autre : les Durchhäuser, cours intérieures enfilées les unes dans les autres, presque vides alors que la rue principale est saturée. Les emprunter est le meilleur conseil qu'on puisse donner ici.

      La vieille ville doit son allure italienne à un choix politique. Après un incendie, l'archevêque Wolf Dietrich von Raitenau, formé à Rome, a fait raser des quartiers entiers pour ouvrir des places à l'italienne et bâtir une cathédrale sur le modèle romain. Salzbourg est une ville du sud plantée au nord des Alpes.

      Les jardins Mirabell, de l'autre côté de la Salzach, sont gratuits, dessinés à la française et ouverts de l'aube au crépuscule. ⚠️ Leur escalier a servi de décor à La Mélodie du bonheur, ce qui y amène des groupes entiers — le film est un phénomène anglo-saxon presque inconnu des Autrichiens, qui s'en amusent.

      marché
      gratuit
    • Mönchsberg, le sentier au-dessus de la ville, Salzbourg, Autriche
      Mönchsberg, le sentier au-dessus de la ville La falaise qui porte la forteresse se prolonge en un plateau boisé, accessible par des escaliers depuis la vieille ville ou par un ascenseur taillé dans la roche. Un chemin plat y court sur près de deux kilomètres, avec des terrasses au-dessus des toits, et presque personne — la foule reste en bas.
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      La falaise de conglomérat qui porte la forteresse se prolonge vers l'ouest en un plateau boisé long de près de deux kilomètres, à une soixantaine de mètres au-dessus des toits. C'est un morceau de forêt en plein centre-ville, et il est presque désert alors que la vieille ville, en dessous, est saturée.

      On y monte par plusieurs escaliers publics depuis la vieille ville, ou par un ascenseur taillé dans la roche qui part du Gstättengasse. En haut, un chemin plat court d'un bout à l'autre du plateau, avec des terrasses ouvertes sur la ville, la Salzach et les Alpes de Berchtesgaden au sud.

      Le rocher est habité depuis longtemps : des ermites y vivaient au Moyen Âge, et des maisons sont creusées dans la paroi. Il a aussi tué — en 1669, un pan de falaise s'est effondré sur la ville et a fait plus de deux cents morts. Depuis, des ouvriers appelés les Bergputzer nettoient la paroi à la main chaque printemps, encordés, pour en détacher ce qui pourrait tomber. Le métier existe toujours.

      Le musée d'art moderne occupe l'extrémité du plateau, dans un bâtiment de marbre blanc ; sa terrasse-café est ouverte sans billet et offre la meilleure vue de Salzbourg. ⚠️ Les escaliers d'accès sont raides et glissants par temps humide.

      sport
      gratuit
    • Forteresse de Hohensalzburg, funiculaire compris, Salzbourg, Autriche
      Forteresse de Hohensalzburg, funiculaire compris L'une des plus grandes forteresses médiévales d'Europe entièrement conservée, et elle le doit à un fait rare : elle n'a jamais été prise. Bâtie à partir de 1077 et agrandie pendant six siècles, elle domine la ville de cent vingt mètres. ⚠️ Le billet de base n'ouvre pas les appartements princiers, qui demandent le tarif supérieur.
      En savoir plus

      L'une des plus grandes forteresses médiévales d'Europe entièrement conservée, et elle le doit à un fait simple : elle n'a jamais été prise. Commencée en 1077 par un archevêque qui prenait parti pour le pape contre l'empereur, agrandie pendant six siècles, elle n'a capitulé qu'une fois — sans combat, devant les troupes napoléoniennes en 1800.

      Elle domine la ville de cent vingt mètres et se voit de partout. À l'intérieur, les cours, les bastions et le chemin de ronde se parcourent librement, avec une vue qui porte sur le bassin de Salzbourg et les premières Alpes. Le musée raconte l'histoire du prince-archevêché, et l'orgue de la forteresse — le Taureau de Salzbourg, qui mugit trois fois par jour — s'entend de la vieille ville.

      Le détail qui reste en mémoire est ailleurs : la salle dorée, aux colonnes torsadées couvertes de boutons d'or, et le poêle de faïence de la fin du XVᵉ siècle, l'un des plus beaux conservés en Europe.

      ⚠️ Le billet de base n'ouvre pas les appartements princiers ni le théâtre magique, réservés au tarif supérieur — ce que le guichet ne précise pas toujours. ⚠️ Le funiculaire monte en une minute depuis la vieille ville ; le sentier à pied prend une vingtaine de minutes, coûte moins cher et passe par un versant boisé agréable. La descente à pied est de toute façon la plus jolie.

      culture
      14 €

    Jour 10

    • Grünmarkt et le marché de l'Universitätsplatz, Salzbourg, Autriche
      Grünmarkt et le marché de l'Universitätsplatz Le marché quotidien de Salzbourg, adossé à l'église baroque de l'Université : fromages d'alpage, raifort, pains noirs, bretzels et saucisses grillées vendues au comptoir. ⚠️ Il se tient du lundi au samedi matin et se démonte tôt — vers quatorze heures il n'y a plus rien.
      En savoir plus

      Le marché quotidien de Salzbourg se tient sur l'Universitätsplatz, adossé à la façade blanche de la Kollegienkirche, l'église baroque de l'Université. C'est un vrai marché de ville, fréquenté par les habitants, pas une reconstitution : les producteurs des vallées du Salzbourgeois y descendent vendre.

      Ce qu'on y trouve dit la région. Les fromages d'alpage, dont le Bergkäse affiné des Alpes, et le Graukäse, un fromage gris aigre à l'odeur difficile et au goût beaucoup plus fin qu'elle ne le laisse craindre. Le raifort frais, râpé à la commande, qui accompagne ici presque toutes les viandes. Les pains noirs au seigle et au cumin, denses, qui se gardent des semaines. Les bretzels salés, les Krapfen, et des saucisses grillées vendues au comptoir avec de la moutarde douce.

      Les stands de restauration debout sont l'option la plus économique du centre historique, où les terrasses sont chères — un Bosna, la saucisse au curry et à l'oignon dans un pain long, est une institution salzbourgeoise.

      ⚠️ Le marché se tient du lundi au samedi matin et se démonte tôt : après le milieu de l'après-midi il n'y a plus rien, et le dimanche rien du tout. ⚠️ Les espèces sont la règle, comme sur tous les marchés autrichiens.

      marché
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    63 € hébergement · 48 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans la vieille ville, 125 € la nuit.

    Voir les hébergements à Salzbourglien affilié

  8. Salzbourg → Innsbruck et le Tyrol — A8 et A12 par l'Allemagne, ou A10 et Zillertal, 2 h 15, 23 € par personne (45 € à partager).
  9. Innsbruck et le Tyrol, Autriche

    05. Innsbruck et le Tyrol

    J11 → J12 · 2 nuits · 319 € par personne

    Une ville de fond de vallée, deux mille mètres au-dessus

    Innsbruck est la seule ville d'Europe où l'on passe du centre historique à deux mille trois cents mètres d'altitude en une vingtaine de minutes, sans voiture : un funiculaire puis deux téléphériques partent du bord de la vieille ville. La chaîne du Karwendel se dresse au nord, verticale, à moins de deux kilomètres des cafés. ⚠️ Le centre est piéton ; tout le reste se fait en transports ou à pied.

    En savoir plus sur Innsbruck et le Tyrol

    Innsbruck est la seule ville d'Europe où l'on passe du centre historique à deux mille trois cents mètres d'altitude en une vingtaine de minutes, sans voiture et sans marcher : un funiculaire signé Zaha Hadid part du bord de la vieille ville, puis deux téléphériques prennent le relais. La chaîne du Karwendel se dresse au nord, verticale, à moins de deux kilomètres des cafés — c'est cette proximité qui définit la ville, plus que ses monuments.

    Elle a pourtant un centre historique dense, hérité de son statut de résidence impériale sous Maximilien Iᵉʳ : arcades gothiques, façades peintes, le Petit Toit d'or et ses tuiles dorées, et l'un des monuments funéraires les plus étranges d'Europe, vingt-huit géants de bronze autour d'un tombeau vide. ⚠️ Tout cela se voit en une demi-journée ; c'est la montagne qui justifie d'y rester.

    On s'y déplace à pied dans le centre et en transports pour le reste — la voiture est un handicap, le centre étant piéton et le stationnement réglementé. Hall in Tirol, à dix minutes de train, offre une vieille ville médiévale plus vaste que celle d'Innsbruck et presque vide de visiteurs.

    ⚠️ La montagne ici n'est pas un décor. Les orages de fin d'après-midi sont la règle en été et le Karwendel n'offre aucun abri sur des kilomètres. Le secours en montagne n'est pas couvert par la carte européenne d'assurance maladie : c'est le seul poste d'assurance qui compte vraiment sur ce voyage.

    À table

    • Tiroler Gröstl — le sauté de pommes de terre, bœuf et oignons, œuf au plat dessus : le plat du skieur.
    • Kaspressknödel — les galettes de pain et fromage de montagne, frites, dans une soupe ou avec du chou.
    • Speck tyrolien — le lard fumé et séché des vallées, tranché fin, avec du pain noir.
    • Topfenstrudel — le strudel au fromage blanc, l'autre strudel, dans les cafés de la vieille ville.

    Jour 11

    • Petit Toit d'or et la vieille ville, Innsbruck et le Tyrol, Autriche
      Petit Toit d'or et la vieille ville Un balcon couvert de deux mille six cent cinquante-sept tuiles de cuivre doré, offert par Maximilien Iᵉʳ en 1500 pour regarder les tournois depuis la place. Autour, des arcades médiévales et des façades peintes, avec les parois du Karwendel qui ferment la perspective au bout de chaque rue.
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      Maximilien Iᵉʳ a fait couvrir en 1500 le balcon d'une loge donnant sur la place principale de deux mille six cent cinquante-sept tuiles de cuivre doré à la feuille. Ce n'était pas un caprice décoratif : l'empereur, chroniquement endetté, voulait démentir les rumeurs sur ses finances en affichant de l'or au centre de sa capitale. Il regardait depuis là les tournois et les spectacles donnés sur la place.

      Innsbruck a été résidence impériale sous son règne, ce qui explique une vieille ville d'une densité surprenante pour une ville de fond de vallée : arcades gothiques, maisons à encorbellement, façades peintes en rose, ocre et vert, et la tour de la ville qu'on peut monter.

      Le tombeau de Maximilien, dans l'église de la Cour toute proche, est l'un des monuments funéraires les plus étranges d'Europe : vingt-huit statues de bronze noir plus grandes que nature — ancêtres réels, ancêtres imaginaires, le roi Arthur parmi eux — entourent un cénotaphe vide. L'empereur est enterré ailleurs, et le monument n'a jamais été achevé.

      ⚠️ Le Petit Toit d'or est plus petit que les photographies ne le suggèrent et se voit en deux minutes ; c'est la rue autour qui vaut le temps qu'on lui donne. ⚠️ Les parois du Karwendel ferment la perspective au bout de chaque rue — c'est cela qu'il faut regarder.

      marché
      gratuit
    • Marché de la Markthalle et spécialités tyroliennes, Innsbruck et le Tyrol, Autriche
      Marché de la Markthalle et spécialités tyroliennes Une halle au bord de l'Inn où les producteurs des vallées descendent vendre : speck fumé au genévrier, fromages d'alpage, Graukäse — un fromage gris à l'odeur redoutable et au goût fin — et les Krapfen frits du Tyrol. ⚠️ Fermée le dimanche, comme tout en Autriche.
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      Une halle couverte au bord de l'Inn, où les producteurs des vallées tyroliennes descendent vendre du lundi au samedi. Ce n'est pas un marché pittoresque mais un marché de ravitaillement, fréquenté par les Innsbruckois, et c'est ce qui le rend utile — les prix y sont ceux des habitants.

      Le produit à connaître est le speck. C'est un jambon de porc salé, épicé au genévrier, au poivre et à l'ail, fumé à froid au bois de hêtre puis séché des mois en altitude. Le climat du Tyrol, sec et froid, a produit cette technique intermédiaire entre le jambon fumé du nord et le jambon séché du sud. Il se coupe épais, jamais en tranches translucides, et se mange avec du pain noir et du raifort.

      À côté, les fromages d'alpage et le Graukäse — un fromage gris maigre, aigre, affiné à l'air, dont l'odeur décourage et dont le goût surprend. Les Krapfen tyroliens, chaussons frits fourrés de pommes de terre ou de choucroute. Et les Schlutzkrapfen, des raviolis à l'épinard et au fromage frais que le Tyrol partage avec le Haut-Adige italien voisin.

      ⚠️ Fermée le dimanche, comme tout en Autriche, et l'activité retombe en début d'après-midi. ⚠️ Les espèces sont recommandées : beaucoup de petits producteurs ne prennent pas la carte.

      marché
      gratuit
    • Nordkette, montée au Hafelekar, Innsbruck et le Tyrol, Autriche
      Nordkette, montée au Hafelekar De la ville à deux mille trois cent trente-quatre mètres en trois tronçons et une vingtaine de minutes. En haut, une arête étroite d'où l'on voit d'un côté la ville à la verticale, de l'autre le désert calcaire du Karwendel. ⚠️ C'est le billet le plus cher du parcours ; la montée à la Seegrube seule coûte moins.
      En savoir plus

      De la vieille ville à deux mille trois cent trente-quatre mètres en une vingtaine de minutes et trois tronçons : le funiculaire de la Hungerburg, puis deux téléphériques. C'est unique en Europe — aucune autre ville ne met la haute montagne à ce point à portée de tramway.

      En haut, une arête étroite qui sépare deux mondes. D'un côté, la vallée de l'Inn à la verticale, Innsbruck étalée mille neuf cents mètres plus bas et si près qu'on distingue les rues. De l'autre, le Karwendel : un désert de calcaire gris, sans un arbre, sans une route, sans un village sur des dizaines de kilomètres. Le contraste, en tournant simplement la tête, est ce que l'on vient chercher.

      Le domaine est aussi connu des skieurs pour une raison précise : la Hafelekar Rinne, sous la station supérieure, est l'une des pistes balisées les plus raides d'Europe, avec des passages à plus de septante pour cent.

      ⚠️ C'est le billet le plus cher de tout ce parcours. La montée à la Seegrube, un cran plus bas, coûte sensiblement moins et offre déjà l'essentiel de la vue — c'est le bon compromis si le budget compte. ⚠️ Il fait dix à quinze degrés de moins qu'en ville et le vent d'arête est constant : une veste n'est pas optionnelle, même par trente degrés en bas. ⚠️ Vérifier la météo avant de monter : dans les nuages, il n'y a strictement rien à voir.

      nature
      56 €

    Jour 12

    • Hall in Tirol, la ville du sel et de la monnaie, Innsbruck et le Tyrol, Autriche
      Hall in Tirol, la ville du sel et de la monnaie À dix minutes d'Innsbruck, une vieille ville médiévale plus vaste que celle de la capitale tyrolienne et presque vide de visiteurs. C'est ici qu'a été frappé en 1486 le premier thaler d'argent — la pièce dont le nom a donné « dollar », par l'allemand puis le néerlandais.
      En savoir plus

      À dix minutes d'Innsbruck en train, une vieille ville médiévale plus vaste que celle de la capitale tyrolienne, et presque vide de visiteurs. Hall a été la ville riche du Tyrol pendant des siècles, grâce au sel extrait de la vallée voisine et transporté par l'Inn, et son centre a gardé un tissu de ruelles en pente, de cours et de maisons patriciennes qui n'a pratiquement pas bougé.

      Le fait qui vaut le déplacement est monétaire. En 1486, l'archiduc Sigismond y fait frapper une grosse pièce d'argent d'une once, le Guldiner, première monnaie d'argent de ce module en Europe. Le modèle est repris quelques décennies plus tard dans une vallée de Bohême, le Joachimsthal, et la pièce prend le nom de Thaler — devenu daler en néerlandais, puis dollar en anglais. La monnaie américaine tire donc son nom d'une pièce dont l'ancêtre a été frappé ici.

      L'atelier monétaire se visite dans une tour du XIIIᵉ siècle, avec des machines de frappe reconstituées ; on peut y frapper sa propre pièce.

      ⚠️ La ville est entièrement en pente et pavée. ⚠️ Elle se rejoint en train régional ou en bus depuis Innsbruck, ce qui évite le stationnement — le centre est en zone réglementée. Comme partout, tout ferme le dimanche.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    56 € hébergement · 46 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la vieille ville, 112 € la nuit.

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  10. Innsbruck et le Tyrol → Zell am See et le Grossglockner — B171 puis Gerlospass, 2 h, 18 € par personne (35 € à partager).
  11. Zell am See et le Grossglockner, Autriche

    06. Zell am See et le Grossglockner

    J13 → J14 · 2 nuits · 319.5 € par personne

    La plus belle route d'Europe, et un lac pour s'en remettre

    Un lac turquoise dans une cuvette, une station de vallée qui vit été comme hiver, et à trois quarts d'heure de là le départ de la route alpine du Grossglockner : quarante-huit kilomètres, trente-six lacets, deux mille cinq cents mètres au col. ⚠️ Elle n'est ouverte que de fin avril à début novembre, et la circulation de nuit y est interdite par arrêté — les barrières ferment le soir.

    En savoir plus sur Zell am See et le Grossglockner

    Un lac turquoise dans une cuvette à sept cent cinquante mètres, une station de vallée qui vit été comme hiver, et à trois quarts d'heure de là le départ de ce qui est sans doute la plus belle route d'Europe. L'étape se joue sur ce contraste : une base confortable et sans caractère particulier, et une journée de haute montagne qui justifie à elle seule le détour.

    La route alpine du Grossglockner fait quarante-huit kilomètres, trente-six lacets et deux cols au-dessus de deux mille cinq cents mètres, face au plus haut sommet d'Autriche. Elle a été construite dans les années 1930 pour employer trois mille chômeurs, et elle est conçue comme une promenade et non comme un axe de transit — virages larges, belvédères nombreux, tracé qui cherche le point de vue. ⚠️ Le péage se paie par véhicule et non par personne, ce qui change tout à plusieurs.

    ⚠️ Trois contraintes commandent cette étape et il faut les connaître avant de réserver. La route n'ouvre que de fin avril à début novembre. La circulation de nuit y est interdite par arrêté, les barrières fermant le soir. Et il peut neiger au col en plein mois d'août, avec une quinzaine de degrés de moins qu'en vallée.

    Le lac, lui, est la respiration : classé en qualité de baignade excellente, il monte à vingt-trois degrés en été, ce qui est remarquable à cette altitude. Les bateaux à moteur thermique y sont interdits depuis des décennies, d'où le silence et la transparence de l'eau.

    À table

    • Pinzgauer Kasnocken — les gnocchis au fromage et oignons frits du Pinzgau, plat des refuges.
    • Bladl — la crêpe fine de la région, sucrée ou salée, dans les auberges de Kaprun.
    • Truite du lac — pêchée dans le Zeller See, meunière, sur les terrasses du bord de l'eau.

    Jour 13

    • Route alpine du Grossglockner, Zell am See et le Grossglockner, Autriche
      Route alpine du Grossglockner Quarante-huit kilomètres construits dans les années 1930 pour donner du travail aux chômeurs, trente-six lacets et deux cols au-dessus de deux mille cinq cents mètres, face au plus haut sommet d'Autriche. ⚠️ Le péage se paie par véhicule et non par personne ; la route ferme de novembre à avril et la nuit.
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      Quarante-huit kilomètres, trente-six lacets, deux cols au-dessus de deux mille cinq cents mètres, et une dénivelée qui fait passer du fond de vallée à la haute montagne en moins d'une heure. La route a été construite entre 1930 et 1935, en pleine crise économique, pour donner du travail à trois mille deux cents chômeurs — et parce que l'Autriche amputée de son empire cherchait un ouvrage national.

      Elle est délibérément conçue comme une promenade et non comme un axe de transit : les virages sont larges, les belvédères nombreux, et le tracé cherche le point de vue plutôt que la ligne courte. Un embranchement de neuf kilomètres mène à la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, face au Grossglockner — trois mille sept cent quatre-vingt-dix-huit mètres, plus haut sommet d'Autriche — et à son glacier.

      Elle traverse le parc national des Hohe Tauern, le plus grand d'Europe centrale, et l'on y voit régulièrement des marmottes, des bouquetins et des gypaètes depuis les parkings.

      ⚠️ Le péage se paie par véhicule, pas par personne : à plusieurs, il se divise. ⚠️ La route ferme de novembre à fin avril, et la circulation de nuit y est interdite par arrêté — les barrières ferment le soir, plus tôt en début et en fin de saison. ⚠️ Il neige au col en plein été et la température y perd une quinzaine de degrés par rapport à la vallée. Le brouillard peut tout effacer : vérifier les caméras en direct avant de payer le péage.

      nature
      47 €
    • Glacier du Pasterze depuis la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, Zell am See et le Grossglockner, Autriche
      Glacier du Pasterze depuis la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe Le plus long glacier des Alpes orientales, au bout d'un embranchement de la route alpine, avec le Grossglockner juste derrière. ⚠️ Il a perdu plus de la moitié de son volume en un siècle et recule d'une cinquantaine de mètres par an : des panneaux datés jalonnent le sentier de descente et montrent où était la glace.
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      Le plus long glacier des Alpes orientales, au bout de l'embranchement de la route alpine, avec le Grossglockner qui le domine. La plateforme de la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe est un belvédère aménagé — parking, restaurant, centre d'exposition — et la vue y est libre une fois le péage acquitté.

      Ce qui rend l'endroit marquant n'est pas le glacier mais sa disparition. Il a perdu plus de la moitié de son volume depuis les premières mesures du XIXᵉ siècle, et son front recule d'une cinquantaine de mètres par an ces dernières années — parfois davantage. Des panneaux datés jalonnent le sentier de descente et indiquent où se trouvait la glace en 1900, en 1960, en 1990, en 2010. On marche pendant vingt minutes sur ce qui était sous la glace du vivant de gens encore en vie.

      Le sentier descend jusqu'au bord du lac proglaciaire qui s'est formé au front. ⚠️ La descente est facile, la remontée nettement moins à deux mille quatre cents mètres d'altitude : compter le double de temps. ⚠️ Ne jamais s'aventurer sur la glace ou sur la moraine sans guide — la surface est instable et les crevasses sont masquées par les débris.

      ⚠️ Le funiculaire qui descendait vers le glacier a été fermé, le front s'étant trop éloigné. L'accès se fait désormais à pied uniquement.

      nature
      gratuit

    Jour 14

    • Tour du lac de Zell à pied ou à vélo, Zell am See et le Grossglockner, Autriche
      Tour du lac de Zell à pied ou à vélo Un chemin plat de dix kilomètres fait le tour complet du lac, entièrement séparé de la route, avec les Alpes de Kitzbühel d'un côté et les sommets glacés du Hohe Tauern de l'autre. Il se marche en trois heures ou se roule en une, et les vélos se louent partout en ville.
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      Un chemin plat et goudronné fait le tour complet du lac sur une dizaine de kilomètres, entièrement séparé de la route automobile, au ras de l'eau sur la plus grande partie du parcours. Il se marche en trois heures, se roule en une, et convient aux poussettes comme aux fauteuils.

      L'intérêt est la double perspective. À l'est, les Alpes de Kitzbühel, arrondies, vertes, couvertes d'alpages jusqu'au sommet. À l'ouest, la chaîne glacée des Hohe Tauern, qui monte à plus de trois mille mètres. Le lac est exactement à la charnière entre les Alpes calcaires et les Alpes centrales cristallines, et cette frontière géologique se lit à l'œil nu depuis la rive.

      La rive est, moins bâtie, traverse une zone de roselières protégée où nichent des oiseaux d'eau, avec des pontons d'observation. La rive ouest concentre la ville, les bains et les pontons de baignade.

      Des bateaux électriques font la traversée en saison et prennent les vélos, ce qui permet de ne faire qu'une moitié du tour. ⚠️ Les vélos et les vélos électriques se louent partout en ville, y compris pour quelques heures. ⚠️ L'itinéraire est très fréquenté en juillet et en août aux heures de promenade ; tôt le matin, il est désert et le lac est un miroir.

      marché
      gratuit

    58 € hébergement · 48 € repas · 26 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension au bord du lac, 115 € la nuit.

    Voir les hébergements à Zell am See et le Grossglocknerlien affilié

Le budget de ces 14 jours

2 226 € par personne pour 14 jours, soit 159 € / jour. À deux, 4 451 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement804 €36 %
Repas656 €29 %
Transport sur place75 €3 %
Location de voiture — 14 jours336 €15 %
Carburant et péages80 €4 %
Activités275 €12 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 6 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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