La pierre vient des carrières romaines de Tivoli, celles-là mêmes qui ont fourni les monuments antiques. Elle a été fendue à la machine plutôt que sciée, de manière à casser le long de ses lits de sédiments : les faces exposées sont donc rugueuses et pleines de fossiles. En longeant les murs, on trouve des empreintes de feuilles, de branches, parfois de plumes, à hauteur de main.
Le jardin central n'est pas l'œuvre d'un paysagiste mais d'un artiste, Robert Irwin, qui l'a conçu comme une sculpture qui se trouve être un jardin, avec un labyrinthe d'azalées flottant dans un bassin au bout d'un ruisseau. L'architecte du lieu, tenant d'une rigueur blanche et orthogonale, l'a très mal pris ; les deux hommes ne s'en sont jamais cachés. Quant au fondateur, il a bâti en Californie une villa romaine sans jamais venir la voir : il est mort en Angleterre, où il vivait.
Cette villa est l'autre moitié de l'institution, à Malibu, consacrée aux antiquités et à réserver séparément. Ici, l'entrée est libre, seule la voiture se paie, et l'on monte par un funiculaire. La terrasse ouest domine tout le bassin de Los Angeles jusqu'à l'océan, et l'établissement ferme un jour par semaine.