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Californie en 7 jours : l'itinéraire jour par jour

1 773 € par personne sur place pour 7 jours, soit 253 € / jour — en 4 étapes, de San Francisco à San Simeon. En passant par Yosemite et Big Sur.

Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Californie

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport San Francisco (SFO), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. San Francisco, Californie

    01. San Francisco

    J1 → J3 · 3 nuits · 660 € par personne

    Collines, brume, tramways et une prison sur son île

    Une ville compacte de sept kilomètres de côté, posée sur quarante-trois collines, où la brume d'été peut faire quinze degrés à midi en juillet. ⚠️ Alcatraz se réserve plusieurs semaines à l'avance et affiche complet tout l'été. C'est la seule étape du parcours où la voiture est un handicap : stationnement rare et cher.

    En savoir plus sur San Francisco

    San Francisco tient dans un carré de sept kilomètres de côté, ce qui en fait la seule grande ville américaine du parcours qu'on puisse traverser à pied — à condition d'accepter les collines. Il y en a une quarantaine, et certaines rues atteignent des pentes qu'aucune ville européenne n'oserait : c'est précisément pour ça que les cable cars existent encore.

    ⚠️ C'est aussi la seule étape où la voiture est un handicap. Le stationnement est rare, cher, et les règles de trottoir sont appliquées sans indulgence — roues braquées obligatoires en pente, sous peine d'amende. Le tramway, le métro et la marche couvrent l'essentiel ; garder le véhicule au garage pendant le séjour coûte moins cher que de le déplacer chaque jour.

    ⚠️ Le climat prend tout le monde en défaut. La brume marine remonte par le Golden Gate en été et peut faire quinze degrés à midi en juillet, dans le brouillard, pendant qu'il fait trente à trente kilomètres de là. Les mois vraiment ensoleillés sont septembre et octobre, pas juillet et août. Il faut une veste chaude en toute saison. Alcatraz, enfin, se réserve plusieurs semaines à l'avance et affiche complet tout l'été : c'est la seule visite du séjour qu'on ne peut pas décider la veille.

    À table

    • Sourdough — le pain au levain de la ville, à la croûte épaisse et à la mie acide, chez Boudin sur Fisherman's Wharf depuis 1849.
    • Cioppino — la soupe de poissons et de crabe à la tomate des pêcheurs italiens de North Beach, avec du pain au levain.
    • Crabe Dungeness — le gros crabe de la côte, bouilli et vendu sur les étals du Wharf de novembre à juin.
    • Mission burrito — le burrito géant roulé serré avec riz, haricots et viande, dans les taquerías de Mission Street.
    • Dim sum — les paniers vapeur du plus vieux Chinatown du continent, le matin, dans les salles bondées de Stockton Street.

    Jour 1

    • Golden Gate à pied ou à vélo, San Francisco, Californie
      Golden Gate à pied ou à vélo Deux kilomètres et demi au-dessus de l'entrée de la baie, sur un pont dont la couleur — « orange international » — avait été choisie comme simple sous-couche avant que tout le monde ne l'adopte. La traversée est gratuite à pied et à vélo.
      En savoir plus

      Les calculs ne sont pas de celui dont on a retenu le nom. L'ingénieur en chef s'est attribué l'ouvrage, mais la théorie des câbles et les plans de charpente sont l'œuvre de Charles Ellis, qu'il a écarté du chantier avant l'achèvement et rayé des plaques. Le pont a reconnu sa part en 2007, plus d'un demi-siècle après sa mort.

      Un filet de sécurité tendu sous le tablier pendant la construction a rattrapé dix-neuf ouvriers, qui se sont eux-mêmes constitués en club — ceux qui étaient tombés à mi-chemin de l'enfer. Un autre chiffre circule à tort : on ne repeint pas le pont d'un bout à l'autre chaque année. Une équipe permanente reprend les zones attaquées par le sel, en continu, depuis l'ouverture ; c'est tout. Un large filet d'acier a depuis été tendu sous le tablier, cette fois pour les vivants.

      Les piétons ont le trottoir est, côté baie ; les vélos passent à l'ouest selon des horaires affichés à l'entrée, et les panneaux font foi. Il fait toujours plus froid et plus venteux là-haut que sur la rive : coupe-vent obligatoire, même sous le soleil. Traverser à pied puis redescendre sur Sausalito et rentrer en ferry évite de refaire le pont en sens inverse.

      nature
      gratuit
    • Lands End et le sentier côtier, San Francisco, Californie
      Lands End et le sentier côtier Un sentier de falaise à l'extrémité nord-ouest, entre cyprès et épaves visibles à marée basse, avec le Golden Gate de profil. Les ruines des bains Sutro sont au bout du chemin.
      En savoir plus

      Le sentier suit l'ancienne plateforme d'un chemin de fer qui menait les baigneurs jusqu'à la pointe : d'où son tracé étrangement régulier au flanc de la falaise, entre les cyprès. Au bout, les bassins de béton des bains Sutro. Un ingénieur des mines enrichi par un tunnel creusé sous les filons du Nevada, devenu maire de la ville, y avait fait construire plusieurs piscines d'eau de mer remplies par la marée, sous une immense verrière. L'ensemble a brûlé en 1966, alors qu'on le démolissait déjà.

      Au-dessus du sentier, un mémorial aligne des morceaux de la passerelle du croiseur USS San Francisco, criblés d'impacts lors d'une bataille nocturne du Pacifique. Les trous sont restés tels quels et la passerelle regarde vers le large, dans l'axe du Golden Gate.

      Les épaves ne se voient qu'aux marées basses de fort coefficient, et quelques heures seulement : consulter l'annuaire des marées avant de descendre, sinon il n'y a rien à voir. Le béton des ruines est glissant et la houle entre sans prévenir dans le tunnel du fond — on s'y fait piéger chaque année. Le vent souffle ici plus fort que partout ailleurs en ville.

      nature
      gratuit

    Jour 2

    • Cable car et collines de Nob Hill, San Francisco, Californie
      Cable car et collines de Nob Hill Le dernier système de tramways à traction par câble au monde encore en service, inventé en 1873 après qu'un attelage eut glissé sur une côte mouillée. Le trajet se paie, la montée à pied est gratuite et tout aussi parlante.
      En savoir plus

      La voiture n'a pas de moteur. Sous la chaussée court un câble d'acier sans fin, tiré en continu à vitesse constante depuis une centrale, et le conducteur ne fait qu'une chose : serrer ou lâcher une pince sur ce câble. On l'entend vibrer dans la fente au milieu des rails avant même de voir arriver la voiture. La centrale se visite gratuitement à l'angle de Mason et Washington : les énormes poulies enroulent les câbles des trois lignes sous les yeux du public, en marche.

      Nob Hill doit son nom aux nababs du rail, qui s'y étaient fait bâtir des palais de bois. Le tremblement de terre et l'incendie de 1906 les ont tous emportés sauf un, en grès brun, devenu un club privé. Sur le terrain d'un autre s'élève la cathédrale Grace, dont les portes de bronze sont des moulages de celles du baptistère de Florence.

      Trois lignes subsistent. Les deux qui partent de Powell Street ont des files d'attente considérables au terminus, autour de la plaque tournante que les agents font pivoter à la main. La ligne California, perpendiculaire, transporte surtout des habitants et se prend généralement sans attendre. Monter à un arrêt intermédiaire plutôt qu'au terminus fonctionne aussi.

      culture
      gratuit
    • Alamo Square et les Painted Ladies, San Francisco, Californie
      Alamo Square et les Painted Ladies Six maisons victoriennes alignées devant les gratte-ciel du centre, épargnées par le séisme de 1906. C'est le cliché de San Francisco, et il se prend depuis la pelouse du parc, gratuitement.
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      Les six maisons alignées sur Steiner Street sont des victoriennes de style Queen Anne bâties à la fin du XIXᵉ siècle, et leur survie tient à leur position : le séisme et surtout l'incendie de 1906, qui a détruit une grande partie de la ville, se sont arrêtés avant d'atteindre ce versant. San Francisco compte encore plusieurs milliers de maisons de cette époque, mais rarement en enfilade intacte.

      Le terme Painted Ladies désigne une pratique née dans les années 1960 : la remise en couleurs des façades victoriennes, souvent avec trois teintes ou plus soulignant les moulures, alors qu'elles avaient été uniformément repeintes en gris pendant les guerres. Le mouvement est parti de San Francisco et s'est diffusé dans tout le pays.

      Le cadrage classique — les maisons au premier plan, les gratte-ciel du centre derrière — se prend depuis la pelouse en pente d'Alamo Square, gratuitement, et l'on s'y assied. ⚠️ Ce sont des maisons habitées et non un site : on ne monte pas sur les perrons et l'on ne photographie pas par les fenêtres. Le parc est en hauteur et le vent y est frais, comme partout dans cette ville.

      détente
      gratuit
    • Mission District et ses fresques, San Francisco, Californie
      Mission District et ses fresques Le plus vieux quartier de la ville, latino et couvert de fresques militantes — Balmy Alley en aligne une quarantaine sur cent mètres. C'est aussi le quartier le plus ensoleillé, à l'abri de la brume.
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      La mission qui donne son nom au quartier est le plus vieux bâtiment encore debout de San Francisco : des murs d'adobe épais, un plafond peint de motifs ohlone, et une charpente attachée par des liens de cuir végétal. Elle a tenu en 1906 quand la ville brûlait autour. Dans le cimetière attenant reposent, sans nom et sans pierre, des milliers d'Ohlone et de Miwok morts des épidémies apportées avec la mission.

      Les fresques ne sont pas décoratives : elles ont commencé comme des prises de position. Balmy Alley s'est couverte de peintures dénonçant les guerres d'Amérique centrale et le sort des réfugiés qui arrivaient précisément dans ce quartier. Ailleurs, une façade entière de quatre étages, peinte par un collectif de femmes, empile des figures féminines de tous les continents.

      Un mur peint ne dure pas : certaines fresques sont repeintes, d'autres disparaissent avec l'immeuble. Ce qu'on voit une année n'est plus tout à fait ce qu'on verra la suivante, et c'est le principe. Balmy Alley reste une ruelle habitée — on n'y bloque pas les entrées, et on demande avant de photographier des gens. Le quartier est le plus ensoleillé de la ville : garder les jours de brume pour lui.

      culture
      gratuit

    Jour 3

    • Alcatraz et son audioguide, San Francisco, Californie
      Alcatraz et son audioguide L'ancienne prison fédérale sur son île, dont l'audioguide est raconté par d'anciens détenus et gardiens — c'est ce qui en fait la visite. Traversée comprise. À réserver des semaines à l'avance : les créneaux partent tous.
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      L'île a été un fort avant d'être une prison. Les batteries de la guerre de Sécession sont encore là, sous le bâtiment principal, et l'on monte par une rampe raide entre des ruines : la maison du directeur et le club des officiers, incendiés pendant l'occupation amérindienne, ne sont plus que des façades trouées. Le nom espagnol de l'île désignait les pélicans, qui y nichaient avant tout le monde.

      L'évasion de 1962 n'a jamais été élucidée. Trois hommes ont élargi les grilles d'aération de leurs cellules avec des cuillères et un foret bricolé, laissé dans leurs lits des têtes en papier mâché coiffées de vrais cheveux, et pris la mer sur un radeau d'imperméables cousus. On ne les a jamais retrouvés. Les cellules éventrées sont restées telles quelles, les fausses têtes en vitrine.

      En 1969, des militants amérindiens ont occupé l'île dix-neuf mois, au nom d'un traité prévoyant le retour aux tribus des terres fédérales abandonnées ; leurs inscriptions rouges sur le château d'eau ont été restaurées plutôt qu'effacées. Il y fait plus froid et plus venteux qu'en ville, des sentiers ferment au printemps pendant la nidification, et le dernier bateau du retour ne s'attend pas : il se prend.

      culture
      45 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    115 € hébergement · 55 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Nob Hill, 230 € la nuit.

    Voir les hébergements à San Franciscolien affilié

  2. San Francisco → Yosemite — Voiture de location, I-580 puis CA-120, 4 h, 53 € par personne (105 € à partager).
  3. Yosemite, Californie

    02. Yosemite

    J4 → J5 · 2 nuits · 530 € par personne

    Parois de granit, cascades et séquoias géants

    Une vallée glaciaire fermée par des parois de granit d'un kilomètre, avec des cascades qui coulent surtout d'avril à juin et s'assèchent en août. ⚠️ Une réservation d'entrée est imposée aux heures de pointe en haute saison, en plus du billet. La vallée se parcourt en navette gratuite, la voiture se gare une fois pour toutes.

    En savoir plus sur Yosemite

    Yosemite n'est pas un panorama qu'on traverse en voiture mais une vallée glaciaire fermée, longue de onze kilomètres et large d'un seul, entre des parois de granit qui montent d'un kilomètre d'un seul jet. Presque tout ce qu'on vient voir se trouve dans ce fond de vallée, et le reste du parc — immense — demande des routes de montagne fermées la moitié de l'année.

    ⚠️ La circulation dans la vallée est saturée en saison, et la réponse du parc est une navette gratuite qui dessert les départs de sentiers et les points de vue. La bonne méthode est de se garer une fois en arrivant et de ne plus toucher à la voiture. ⚠️ En haute saison, une réservation d'entrée horodatée peut être exigée en plus du billet ou du pass annuel, sur un système qui ouvre plusieurs mois à l'avance et se vide en quelques minutes : c'est à vérifier avant de fixer les dates, pas après.

    La saison décide de ce qu'on verra. Les cascades sont alimentées par la fonte des neiges : elles sont spectaculaires d'avril à juin, faiblissent en juillet, et Yosemite Falls est souvent complètement à sec en août et septembre. À l'inverse, la route de Glacier Point et celle du col de Tioga sont fermées par la neige d'environ novembre à mai. Il n'existe pas de mois qui donne tout.

    À table

    • Brunch de l'Ahwahnee — le dimanche dans la salle à manger de l'hôtel historique, sous les poutres et les vitraux, face aux falaises.
    • Pizza de Curry Village — la terrasse de pizzas du camp, le repas des randonneurs au retour des sentiers.
    • Fruits de la vallée centrale — pêches, cerises et amandes vendues sur les stands de bord de route de la 140 et de la 41 en été.
    • S'mores — le chamallow grillé pressé entre deux biscuits et du chocolat, au feu de camp du soir.

    Jour 4

    • Tunnel View et la vallée, Yosemite, Californie
      Tunnel View et la vallée Le point de vue qui ouvre d'un coup sur toute la vallée — El Capitan à gauche, Bridalveil à droite, Half Dome au fond. C'est le cadrage qu'Ansel Adams a rendu célèbre.
      En savoir plus

      Le tunnel a été percé en 1933 pour éviter d'entailler le flanc de la montagne, et le belvédère est ce qu'on trouve en ressortant : la vallée entière d'un seul coup, parois verticales et fond parfaitement plat. Ce fond est un ancien lac, comblé par les sédiments après le retrait du glacier — d'où cette planéité qui n'a rien de naturel dans une montagne.

      Half Dome n'a jamais eu de moitié manquante. L'image d'un dôme coupé en deux par la glace est fausse : le granit s'est fracturé selon des plans verticaux et s'est détaché par écailles, mais la quantité de roche disparue est faible. Il a toujours eu à peu près cette forme. En face, la chute de droite est si fine qu'un souffle d'air la renvoie vers le haut ; le nom que lui donnaient les Ahwahneechee évoquait déjà ce vent.

      Les Ahwahneechee ont été chassés en 1851 par une milice venue des placers aurifères, quelques années à peine avant que le lieu ne devienne l'un des premiers espaces protégés des États-Unis. La vallée s'ouvre vers l'est : elle est éclairée de face en fin de journée, à contre-jour le matin. Le stationnement se fait de part et d'autre d'une route rapide, et la traversée à pied est le vrai danger de l'endroit.

      nature
      gratuit
    • Cascade de Yosemite Falls, Yosemite, Californie
      Cascade de Yosemite Falls 739 mètres en trois chutes, la plus haute d'Amérique du Nord. Elle est spectaculaire en mai et juin, et souvent complètement à sec en septembre : la fonte des neiges décide de tout.
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      Elle n'est alimentée par aucun glacier. Toute son eau vient de la neige tombée sur un bassin versant modeste, en surplomb de la vallée : quand la neige a fondu, il ne reste rien, et la paroi redevient une traînée noire sur le granit. C'est pour cela que la même chute peut gronder à des centaines de mètres au printemps et se taire complètement à la fin de l'été.

      Au plus froid du printemps, le ruisseau charrie des cristaux de glace en suspension qui descendent en masse pâteuse, s'accumulent et avancent par à-coups en emportant des blocs et des arbres. Les nuits de pleine lune, quand le débit est fort, l'embrun renvoie un arc-en-ciel lunaire au pied de la chute basse — un arc gris à l'œil nu, coloré sur une photographie de pose. John Muir en parlait déjà.

      La boucle du pied de la chute basse est courte et pavée : au printemps on en ressort trempé, l'embrun tombe comme une averse et les rochers y sont dangereusement lisses. Le sentier de la chute haute part, lui, du fond de la vallée et grimpe en plein soleil sans un point d'eau. Regarder la paroi avant de partir suffit à savoir s'il y a quelque chose à voir.

      nature
      gratuit
    • Séquoias géants de Mariposa Grove, Yosemite, Californie
      Séquoias géants de Mariposa Grove Cinq cents séquoias géants, dont le Grizzly Giant, âgé d'environ 2 700 ans. Ce sont les plus gros êtres vivants de la planète en volume — pas les plus hauts, ni les plus vieux.
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      Ne pas les confondre avec les séquoias de la côte, qui sont une autre espèce. Celui-ci ne pousse à l'état naturel que sur le versant ouest de la Sierra Nevada, en bosquets isolés les uns des autres. Il est trapu, massif, l'écorce d'un roux profond et molle sous la main. Les records lui échappent tous sauf un : le plus haut arbre du monde est un séquoia côtier, le plus vieux un pin des montagnes du Grand Bassin — celui-ci n'est que le plus volumineux.

      Il a besoin du feu. Son écorce épaisse et sans résine ne brûle pratiquement pas, la chaleur ouvre ses cônes, et les flammes nettoient le sol pour que la graine — de la taille d'un flocon d'avoine — touche la terre minérale. Un siècle de lutte contre les incendies a donc empêché la forêt de se renouveler, et l'on rallume aujourd'hui des feux dirigés sous ces arbres pour réparer cela.

      Un tunnel avait été taillé dans l'un d'eux en 1881, assez large pour une voiture, et il est tombé sous la neige en 1969. Ses racines sont larges mais peu profondes : c'est pourquoi la route et le parking qui traversaient le bosquet ont été démontés, et pourquoi il faut rester sur les caillebotis.

      nature
      gratuit

    Jour 5

    • Pass America the Beautiful, non-résident, Yosemite, Californie
      Pass America the Beautiful, non-résident 250 $ par véhicule, valable un an dans tous les parcs nationaux. Depuis 2026, un non-résident sans pass paie 100 $ par personne en supplément à Yosemite : à deux, le pass est déjà rentable ici seul.
      En savoir plus

      Ce n'est pas un billet de parc mais un abonnement au réseau fédéral entier : parcs nationaux, mais aussi forêts nationales, refuges de faune et terres publiques de l'Ouest. Là où l'entrée se compte au véhicule, il couvre la voiture et tous ses occupants ; il porte deux lignes de signature, ce qui permet à deux personnes de l'utiliser à tour de rôle.

      Depuis 2026, une surtaxe frappe les visiteurs étrangers dans une poignée de parcs parmi les plus fréquentés, Yosemite compris. Elle s'ajoute au droit d'entrée ordinaire et se compte par personne, alors que le droit d'entrée se compte par voiture : c'est ce décalage qui fausse tous les budgets publiés avant cette date. En revanche le pass ne couvre rien hors du réseau fédéral : ni les parcs d'État, ni le camping, ni les visites concédées à un opérateur.

      Payer n'est pas toujours entrer. Yosemite a imposé certains étés des créneaux d'entrée obligatoires, puis y a renoncé : il n'y en a pas en 2026, l'affluence étant gérée par la circulation et le stationnement. Mais la décision se reprend chaque année et s'annonce l'hiver précédent — la vérifier sur le site du parc, car les guides et les blogs recopient longtemps l'état antérieur.

      culture
      117 €

    125 € hébergement · 48 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge dans la vallée, 250 € la nuit.

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  4. Yosemite → Big Sur — voiture, via Monterey et Carmel, 5 h 15, 69 € par personne.
  5. Big Sur, Californie

    03. Big Sur

    J6 · 1 nuit · 216.5 € par personne

    Cent cinquante kilomètres de falaises sur le Pacifique

    Cent cinquante kilomètres de falaises sans ville, sans réseau et presque sans essence, entre Carmel et San Simeon. ⚠️ La route 1 ferme régulièrement pour éboulement, parfois des mois : vérifier son état avant de partir, sinon le détour par l'intérieur ajoute trois heures. Compter la journée pour la parcourir.

    En savoir plus sur Big Sur

    Big Sur n'est pas une ville : c'est le nom d'une côte de cent cinquante kilomètres où la Santa Lucia plonge directement dans le Pacifique, entre Carmel et San Simeon. ⚠️ Il n'y a pratiquement rien sur ce tronçon — pas d'agglomération, presque pas de stations-service, et le réseau mobile est absent sur la plus grande partie du trajet. Faire le plein avant d'entrer et télécharger ses cartes hors ligne ne sont pas des précautions excessives.

    ⚠️ La route 1 y ferme régulièrement, et parfois pour des mois, à cause des éboulements et des glissements de terrain — c'est arrivé plusieurs fois ces dernières années. Vérifier son état la veille du départ est indispensable : si le tronçon est coupé, le détour par l'intérieur ajoute environ trois heures et fait manquer tout l'intérêt de l'étape.

    La route est étroite, sinueuse et bordée de vide, avec de nombreuses aires d'arrêt. Compter la journée entière, jamais deux heures : la vitesse moyenne réelle tourne autour de quarante kilomètres à l'heure une fois les arrêts comptés. Rouler du nord vers le sud met le conducteur du côté de l'océan et facilite les arrêts. Enfin, le brouillard marin envahit souvent la côte le matin et se lève en milieu de journée — partir tôt, c'est parfois traverser dans le blanc.

    À table

    • Ambrosia burger de Nepenthe — le burger de la terrasse mythique au-dessus du Pacifique, où l'on vient autant pour la vue que pour le plat.
    • Big Sur Bakery — le pain au feu de bois et les pâtisseries de la boulangerie de la route, à emporter pour les sentiers.
    • Poisson grillé — les quelques restaurants de la côte servent le poisson du jour face au coucher du soleil.

    Jour 6

    • Pont de Bixby Creek, Big Sur, Californie
      Pont de Bixby Creek Une arche de béton de 218 mètres jetée en 1932 au-dessus d'un ravin, à une époque où la côte n'était accessible que par la mer. C'est le pont le plus photographié de Californie.
      En savoir plus

      Avant lui, il n'y avait pas de route. Les fermes de cette côte s'approvisionnaient par bateau ou par des pistes muletières, et il fallait une journée entière pour rejoindre Monterey. La route côtière a mis près de vingt ans à être percée, en pleine crise économique, avec une main-d'œuvre en partie fournie par des camps de détenus installés le long du tracé. Le pont, arche de béton unique jetée d'un versant à l'autre du ravin, en a été la pièce maîtresse.

      Attention à la confusion : un second pont, très semblable et à peine plus au sud, est photographié à sa place en permanence. Celui de Bixby est le plus long des deux et se reconnaît à la profondeur du ravin sous l'arche.

      Le meilleur point de vue n'est pas depuis le pont mais depuis l'ancienne route de terre qui part de son extrémité nord et monte en lacets : quelques centaines de mètres suffisent pour l'avoir en entier de profil. Elle n'est praticable que par temps sec. Sur le pont même, les aires d'arrêt sont étroites et l'on voit des voitures stopper en pleine voie pour une photo — c'est là, et pas dans le vide, que se produisent les accidents.

      nature
      gratuit
    • Cascade de McWay dans l'océan, Big Sur, Californie
      Cascade de McWay dans l'océan Une chute de 24 mètres qui tombe directement sur une plage close, inaccessible. Le sentier fait dix minutes depuis la route ; la crique, elle, ne se visite pas.
      En savoir plus

      Elle tombait autrefois droit dans la mer, sans plage. La crique s'est formée en 1983, quand un immense glissement de terrain sur la route côtière a obligé à déverser des milliers de tonnes de déblais dans l'océan un peu plus au nord : le courant les a redistribués, et le sable s'est déposé au pied de la chute. Le tableau que tout le monde photographie est donc, en partie, un accident de chantier.

      Le sentier passe sous la route par un tunnel, puis longe les fondations d'une maison démolie. Ses propriétaires avaient légué le terrain à l'État ; la maison a été rasée, mais les palmiers et les eucalyptus qu'ils avaient plantés sont restés, et signalent de loin l'emplacement du salon qui donnait sur la cascade.

      La plage est inaccessible et le rester : la falaise est instable, les descentes improvisées provoquent des accidents et sont verbalisées. Le parking est minuscule et se remplit tôt ; il n'y a pas de solution de repli à proximité. Enfin, ce parc est l'un des premiers fermés après un fort épisode de pluie ou un éboulement sur la route côtière — vérifier l'état de la route la veille, les détours se comptent en heures.

      nature
      gratuit

    130 € hébergement · 52 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge en forêt, 260 € la nuit.

    Voir les hébergements à Big Surlien affilié

  6. Big Sur → San Simeon — Voiture de location, Highway 1 en corniche, 2 h, 23 € par personne (45 € à partager).
  7. San Simeon, Californie

    04. San Simeon

    J7 · 1 nuit · 222.75 € par personne

    Le château d'un magnat de la presse, sur sa colline

    Un village de quelques maisons dont l'unique raison d'être est le château que le magnat de presse William Randolph Hearst a fait bâtir sur la colline. ⚠️ Il ne se visite qu'en visite guidée, sur réservation, avec un bus qui monte depuis le centre d'accueil. La colonie d'éléphants de mer est à sept kilomètres au nord.

    En savoir plus sur San Simeon

    San Simeon est un hameau de quelques bâtiments dont l'unique raison d'être est ce qui domine la colline : le domaine que le magnat de presse William Randolph Hearst a fait construire pendant vingt-huit ans, sans jamais le terminer, pour y loger sa collection européenne et ses invités d'Hollywood. Le village en lui-même n'a ni centre ni vie propre.

    ⚠️ Le château ne se visite qu'en visite guidée, sur réservation, et l'on n'y monte pas par ses propres moyens : un bus part du centre d'accueil en bord de route et grimpe huit kilomètres. Il existe plusieurs circuits qui ne montrent pas les mêmes pièces, et l'on ne peut pas passer de l'un à l'autre sur place. Compter deux heures et demie au total, transport compris.

    À sept kilomètres au nord, la colonie d'éléphants de mer de Piedras Blancas est visible gratuitement depuis une passerelle en bord de route, toute l'année et sans réservation. Les effectifs et le spectacle changent selon la saison : les naissances et les combats de mâles ont lieu en décembre et janvier, la mue au printemps. C'est l'un des rares endroits au monde où l'on observe ces animaux à quelques dizaines de mètres sans bateau ni guide. Cambria, juste au sud, porte les hébergements et les restaurants de l'étape.

    À table

    • Bœuf Hearst Ranch — la viande des bêtes élevées à l'herbe sur le ranch du château, vendue à l'épicerie Sebastian's du village.
    • Olallieberry pie — la tarte à la baie hybride de la région, chez Linn's à Cambria, la référence.
    • Huîtres de Morro Bay — élevées dans la baie au sud, ouvertes dans les restaurants de l'Embarcadero.
    • Vins de Paso Robles — les rouges des collines de l'intérieur, à une demi-heure, dans les salles de dégustation de Cambria.

    Jour 7

    • Hearst Castle, visite guidée, San Simeon, Californie
      Hearst Castle, visite guidée 165 pièces bâties sur quarante ans pour le magnat de presse William Randolph Hearst, qui inspira Citizen Kane. Sa piscine romaine est couverte de feuille d'or. Parc d'État : le pass des parcs nationaux n'y donne pas accès.
      En savoir plus

      La maison est l'œuvre de Julia Morgan, première femme diplômée en architecture de l'École des beaux-arts de Paris et première femme autorisée à exercer en Californie. Elle a suivi ce chantier pendant près de trente ans, montant presque chaque semaine par le train, démolissant et reconstruisant au gré des changements d'avis de son commanditaire.

      Les intérieurs sont faits de vrais morceaux d'Europe achetés en gros : plafonds à caissons, stalles de chœur, cheminées entières, sarcophages romains. Hearst a même fait acheter un monastère espagnol médiéval, démonté pierre à pierre et expédié dans des milliers de caisses ; faute d'argent pour le remonter, il est resté en caisses pendant des décennies et n'a jamais rejoint la colline. De la route qui monte, on aperçoit encore des zèbres dans les prés : ce sont les descendants du zoo privé, le plus grand du monde à son époque.

      On ne monte pas en voiture : un autocar prend les visiteurs en bas et la visite est obligatoirement guidée, chaque parcours couvrant des pièces différentes. Les extérieurs et les deux piscines sont communs à tous. Le domaine est un parc d'État : le pass des parcs nationaux n'y sert à rien.

      culture
      33 €
    • Plage de San Simeon et jetée, San Simeon, Californie
      Plage de San Simeon et jetée Anse abritée avec une jetée en bois, d'où partaient les cargaisons de matériaux pour le château. Loutres et pélicans y sont courants.
      En savoir plus

      La jetée en bois de San Simeon n'a pas été construite pour la promenade : elle servait à débarquer les matériaux du chantier du château, qui a duré près de trente ans — marbres italiens, plafonds de monastères espagnols, statues antiques, tout est arrivé par ici avant d'être monté sur la colline. Une petite ville de service existait alors au pied.

      L'anse est abritée par une pointe, ce qui en fait l'un des rares plans d'eau calmes de cette côte battue. Les loutres de mer y flottent sur le dos dans les forêts de kelp, souvent enroulées dans les algues pour ne pas dériver en dormant, et les pélicans bruns plongent en piqué depuis la jetée.

      ⚠️ La loutre de mer de Californie a failli disparaître, chassée pour sa fourrure jusqu'au début du XXᵉ siècle où il n'en restait qu'une cinquantaine ; la population s'est reconstituée et reste protégée. On les observe à distance et l'on ne s'en approche pas en kayak — le dérangement les empêche de se nourrir, ce qui est vital pour un animal qui consomme un quart de son poids par jour.

      détente
      gratuit

    108 € hébergement · 48 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel face à Moonstone Beach, 215 € la nuit.

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Le budget de ces 7 jours

1 773 € par personne pour 7 jours, soit 253 € / jour. À deux, 3 547 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement833 €47 %
Repas361 €20 %
Transport sur place31 €2 %
Location de voiture — 7 jours210 €12 %
Carburant et péages144 €8 %
Activités195 €11 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 4 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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