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Croatie en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

1 913 € par personne sur place pour 14 jours, soit 137 € / jour — en 8 étapes, de Zagreb à Dubrovnik. En passant par Lacs de Plitvice, Zadar, Krka et Šibenik, Split, Hvar, puis Korčula.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Croatie

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Zagreb — Franjo-Tuđman (ZAG), retour depuis Dubrovnik — Čilipi (DBV) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Zagreb, Croatie

    01. Zagreb

    J1 → J2 · 2 nuits · 184 € par personne

    Ville haute autrichienne, marchés et musées inattendus

    Une capitale d'Europe centrale, autrichienne d'allure, qui ne ressemble en rien à la côte — et que la plupart des voyageurs sautent. Elle se parcourt à pied, entre une ville haute reliée par le plus court funiculaire du monde et une ville basse de cafés. C'est aussi la porte d'entrée aérienne du pays.

    En savoir plus sur Zagreb

    Zagreb ne ressemble en rien à la côte, et c'est exactement pour ça qu'elle mérite l'arrêt que la plupart des voyageurs lui refusent en filant directement de l'aéroport vers la mer. C'est une ville d'Europe centrale, d'allure austro-hongroise, avec ses immeubles ocre, ses parcs alignés en fer à cheval et sa culture de café qui occupe les terrasses toute la journée — la sortie du samedi matin y a même un nom, la špica.

    Elle est plate en bas, perchée en haut, et se parcourt entièrement à pied. La ville haute, avec Saint-Marc et son toit de tuiles colorées, se rejoint par un funiculaire qui revendique d'être le plus court du monde en usage public : soixante-six mètres, une minute de trajet, ce qui est plus une curiosité qu'un transport.

    Elle a aussi les musées les plus inattendus du pays. Le Musée des relations rompues, né d'objets envoyés par des anonymes après une séparation, est devenu une référence internationale et se visite en une heure. Le cimetière de Mirogoj, avec ses arcades et ses coupoles, est l'un des plus beaux d'Europe et se traverse gratuitement. ⚠️ C'est aussi la porte d'entrée aérienne du pays : y arriver ou en repartir est souvent imposé par les vols, autant en profiter plutôt que de la traverser.

    À table

    • Štrukli — la pâte étirée roulée autour de fromage frais et de crème, bouillie ou gratinée, plat du Zagorje adopté par la capitale.
    • Purica s mlincima — la dinde rôtie servie sur des mlinci, feuilles de pâte sèches ramollies dans le jus, le dimanche en famille.
    • Zagrebački odrezak — l'escalope de veau farcie de jambon et de fromage, panée, cousine du cordon-bleu.
    • Sir i vrhnje — le fromage frais et la crème épaisse des kumice, les paysannes du marché de Dolac, à manger avec des oignons et du pain.
    • Kremšnita — le millefeuille de Samobor, crème vanillée tremblante entre deux feuilletés, à une demi-heure de la ville.

    Jour 1

    • Ville haute, Saint-Marc et funiculaire, Zagreb, Croatie
      Ville haute, Saint-Marc et funiculaire Le toit de Saint-Marc porte deux blasons en tuiles vernissées, celui de la Croatie et celui de Zagreb. Le funiculaire qui relie la ville basse à la ville haute fait 66 mètres : c'est le plus court funiculaire public du monde, et il fonctionne depuis 1890.
      En savoir plus

      Saint-Marc ne se visite pas comme on l'imagine : l'intérieur, où Ivan Meštrović a laissé un crucifix et une Pietà, reste le plus souvent fermé en dehors des offices, et on repart avec le toit. La place autour n'est pas un décor non plus — le Parlement d'un côté, le siège du gouvernement de l'autre, des policiers en permanence. En octobre 1991, un avion de l'armée fédérale a tiré des roquettes sur ce bâtiment pendant que le gouvernement y siégeait.

      La Porte de pierre, à l'autre bout du quartier, est l'endroit le plus étonnant de la ville haute. Sous la voûte du passage, une image de la Vierge qu'un incendie du XVIIIe siècle aurait épargnée est devenue une chapelle : des bancs, des grilles couvertes d'ex-voto en pierre gravée, des cierges, et des gens qui s'arrêtent prier au milieu d'une rue passante.

      Deux choses à guetter. Un coup de canon part chaque jour à midi de la tour Lotrščak, sans prévenir, et fait sursauter toute la ville basse. Et les réverbères à gaz du quartier sont encore allumés à la main, un par un, à la tombée du soir. Quant au funiculaire, l'escalier qui le longe monte aussi vite que lui : le prendre est un plaisir de curiosité, pas un gain de temps.

      marché
      3 €
    • Musée des relations rompues, Zagreb, Croatie
      Musée des relations rompues Des objets donnés par des inconnus du monde entier après une rupture, chacun avec son texte : une hache, un grille-pain, une prothèse. Né d'une séparation entre deux artistes zagrébois, c'est devenu un musée primé — drôle et bouleversant en alternance.
      En savoir plus

      Le musée a commencé en caisses. Les deux artistes n'ont pas ouvert une salle : ils ont fait tourner un conteneur de ville en ville pendant des années, et à chaque étape ils repartaient avec de nouveaux objets confiés par des inconnus. La collection est donc mondiale, et elle continue de grossir — n'importe qui peut envoyer sa pièce et son texte.

      Les cartels ne donnent jamais de nom. Une ville, une durée, et le récit tel qu'il a été écrit : c'est cet anonymat qui fait que les gens disent la vérité. Toutes les ruptures ne sont pas amoureuses. Il y a des objets d'exil, de guerre, de deuil, des choses restées d'un côté d'une frontière et jamais récupérées. On rit devant une vitrine et on se tait devant la suivante, sans transition, et c'est ce basculement qui fait l'endroit.

      C'est petit, installé dans un palais de la ville haute à deux pas de Saint-Marc, et ça se visite lentement parce que tout se lit. Un cahier attend à la sortie pour qui veut écrire la sienne, et la boutique vend des gommes à effacer les mauvais souvenirs. Y aller quand on a la tête à lire : en fin de journée et au pas de course, il ne reste que des objets banals derrière des vitres.

      culture
      7 €
    • Cimetière de Mirogoj, Zagreb, Croatie
      Cimetière de Mirogoj Une nécropole du XIXe siècle sous des arcades couvertes de lierre et coiffées de coupoles vertes, où catholiques, orthodoxes, juifs et musulmans sont enterrés côte à côte — ce qui était le projet explicite de son architecte. À vingt minutes du centre, et presque déserte.
      En savoir plus

      Le monument, ici, c'est l'enceinte. Hermann Bollé, l'architecte qui reconstruisait au même moment la cathédrale de Zagreb, a dessiné une galerie couverte de plusieurs centaines de mètres : une file d'arcades de brique et de pierre, coiffées de coupoles vertes, que le lierre a fini par recouvrir. Dessous, les caveaux des grandes familles s'alignent comme des chapelles, bronzes et marbres signés. Le terrain était le jardin de Ljudevit Gaj, figure du réveil national croate.

      Les tombes racontent le pays plus vite qu'un musée. Celle de Dražen Petrović, le meneur passé en NBA et tué sur une autoroute allemande à vingt-huit ans, reste couverte de fleurs et de maillots des décennies après. Celle de Franjo Tuđman, premier président de la Croatie indépendante, est monumentale et discutée. Stjepan Radić, chef paysan abattu en pleine séance du Parlement à Belgrade, est là aussi.

      À la Toussaint, la ville entière monte, les allées disparaissent sous les bougies et l'on n'approche plus qu'à pied dans la foule. Le reste de l'année, on y est à peu près seul. L'entrée est libre et un bus urbain part du parvis de la cathédrale. On s'y tait : c'est un cimetière en service, pas un parc.

      culture
      gratuit

    Jour 2

    • Marché de Dolac et cuisine du nord, Zagreb, Croatie
      Marché de Dolac et cuisine du nord Le « ventre de Zagreb » : une terrasse de parasols rouges au-dessus de la place centrale, tenue par les kumice, les maraîchères venues des villages. En dessous, la halle aux poissons et aux fromages. Le štrukli, pâte fourrée au fromage frais, se mange ici.
      En savoir plus

      Le marché est posé sur une cicatrice. Pour l'ouvrir, la ville a rasé tout un pâté de maisons du ravin qui séparait Gradec et Kaptol, les deux bourgs médiévaux — l'un laïque et fortifié, l'autre celui des chanoines — qui se sont fait la guerre pendant des siècles. La ruelle du Pont sanglant, juste derrière les étals, ne porte pas ce nom pour rien ; le ruisseau qui coulait là est enterré sous les pavés.

      Ce qu'on achète ici ne ressemble en rien à la Dalmatie. On est en Europe centrale : crème et fromage frais vendus à la louche dans des seaux, choucroute, courges, champignons, paprika, et l'huile de pépins de courge, épaisse et presque noire, qu'on verse sur les salades. Une kumica de bronze veille en haut de l'escalier, panier au bras.

      Les étals se vident tôt : le marché travaille pour les habitants qui font leurs courses avant le bureau, pas pour les visiteurs de l'après-midi. En dessous, la halle couverte garde les fromagers et la poissonnerie, et la place basse est celle des fleurs. Autour, les buffets servent le štrukli et, l'hiver, la soupe de haricots à la saucisse fumée qu'on retrouve dans toute la Croatie du nord.

      marché
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    41 € hébergement · 31 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel de la ville basse, 82 € la nuit.

    Voir les hébergements à Zagreblien affilié

  2. Zagreb → Lacs de Plitvice — Autocar direct par l'autoroute A1, 2 h 30, 15 € par personne.
  3. Lacs de Plitvice, Croatie

    02. Lacs de Plitvice

    J3 → J4 · 2 nuits · 222 € par personne

    Seize lacs en escalier, reliés par des cascades

    Seize lacs turquoise en escalier, reliés par des cascades, parcourus sur des pontons de bois sans garde-corps. ⚠️ Le sens de circulation est imposé et le billet se réserve à l'heure, en nombre limité. Les tarifs varient d'un facteur cinq entre janvier et juillet — c'est l'écart le plus fort du catalogue.

    En savoir plus sur Lacs de Plitvice

    Plitvice n'est pas une cascade mais un système : seize lacs disposés en escalier sur huit kilomètres, séparés par des barrages de travertin que la végétation fabrique elle-même en se calcifiant. Ces barrières poussent de quelques millimètres par an, ce qui explique à la fois la couleur turquoise et la fragilité extrême du site — on ne se baigne nulle part, on ne quitte pas les pontons.

    ⚠️ Ces pontons de bois n'ont pas de garde-corps et le sens de circulation est imposé : on ne fait pas demi-tour, on suit le circuit choisi jusqu'au bout. Les circuits durent de deux à huit heures et combinent marche, bateau électrique sur le grand lac et navette. Le billet se réserve pour une heure d'entrée précise, en nombre limité par créneau, et il faut le prendre à l'avance en été — les créneaux du matin partent en premier.

    ⚠️ Le prix varie d'un facteur cinq à six selon le mois, l'écart le plus fort de tout le catalogue : le billet de juillet-août n'a rien à voir avec celui de janvier. Décaler d'un mois en juin ou en septembre change à la fois la note et la foule. En hiver, une partie des sentiers ferme et les bateaux ne circulent pas, mais les chutes gelées sont spectaculaires. Le parc est en altitude et il y fait sensiblement plus frais que sur la côte, même en été.

    À table

    • Janjetina ispod peke — l'agneau de Lika cuit sous la cloche de fonte couverte de braises, avec des pommes de terre, dans les auberges de la route.
    • Lički krumpir — les pommes de terre de Lika, cuites en robe des champs et servies avec du fromage frais et du lard.
    • Škripavac — le fromage jeune de vache qui « grince » sous la dent, spécialité des fermes de la région.
    • Pastrva — la truite des rivières de Lika, la Gacka surtout, grillée ou au four ; celles des lacs de Plitvice, elles, sont protégées.

    Jour 3

    • Circuit des lacs supérieurs et inférieurs, Lacs de Plitvice, Croatie
      Circuit des lacs supérieurs et inférieurs Seize lacs turquoise étagés sur 130 m de dénivelé, reliés par quatre-vingt-dix cascades et huit kilomètres de pontons de bois posés au ras de l'eau. ⚠️ 40 € de juin à septembre, 23 € en avril-mai-octobre, 10 € l'hiver — le même parcours. Créneau d'entrée à réserver en ligne, et la baignade est interdite partout.
      En savoir plus

      Le billet n'est pas un tarif, c'est une porte. L'entrée se réserve pour un créneau précis, le nombre de places est plafonné, et une fois le quota vendu il n'y a plus rien à faire : ni file d'attente, ni arrangement au guichet, ni passage à pied par un autre côté. En haute saison, cela se joue plusieurs jours à l'avance. Le même parcours coûte aussi plusieurs fois plus cher en plein été qu'en hiver, sans qu'aucune prestation ne change.

      Sur place, on suit des itinéraires lettrés, de la boucle courte au tour complet, et l'on ne choisit pas vraiment son sens de marche : les pontons font la largeur d'un homme, parfois sans rambarde, au ras de l'eau, et tout le monde avance dans le même sens. Le bateau électrique qui traverse le grand lac et les navettes panoramiques sont compris dans le billet ; les prendre n'est pas tricher, c'est le circuit.

      Le parc a été le premier de Croatie, et la guerre y a commencé. C'est ici, au printemps 1991, qu'est tombé celui qu'on tient pour le premier mort du conflit ; les lacs sont restés occupés jusqu'en 1995, les hôtels servaient de caserne, et il a fallu déminer les abords avant de rouvrir. Rien de tout cela ne figure sur les panneaux.

      nature
      40 €

    Jour 4

    • Grande cascade et canyon de la Korana, Lacs de Plitvice, Croatie
      Grande cascade et canyon de la Korana Compris dans le billet. Veliki Slap tombe de 78 m, la plus haute de Croatie, au point le plus bas du parc. Les barrières de travertin qui forment les lacs grandissent d'un centimètre par an en emprisonnant la mousse : le paysage se fabrique encore.
      En savoir plus

      La grande cascade ne vient pas des lacs. Elle est alimentée par un autre cours d'eau, la Plitvica, qui arrive par le côté et se jette dans le canyon d'un seul trait le long d'une paroi verticale ; les lacs, eux, se vident plus bas, et c'est de leur dernier bassin que part la Korana. Les deux eaux se rejoignent au pied de la chute, là où tout le monde s'arrête.

      En remontant des lacs inférieurs, le sentier passe par une grotte percée : on y entre par le bas, dans le noir, et l'on ressort par un trou du plafond, en plein soleil, au-dessus du canyon. C'est un des passages les plus étranges du parc et il est sur le circuit balisé. Le décor a servi aux westerns allemands tirés de Karl May dans les années 1960, ce qui explique les cars entiers de visiteurs venus chercher un paysage vu enfants.

      Le fond du canyon se gagne par un long escalier, et il faut le remonter : c'est la seule vraie difficulté physique de la journée. Les dernières marches sont trempées par les embruns et le bois y devient savonneux. Un belvédère, en haut, donne la chute entière pour qui ne veut pas descendre, et c'est de là qu'on la photographie le mieux : d'en bas, elle ne tient pas dans le cadre.

      nature
      gratuit
    • Sentiers forestiers hors du circuit principal, Lacs de Plitvice, Croatie
      Sentiers forestiers hors du circuit principal Le parc fait 300 km² dont l'immense majorité est de la hêtraie primaire classée par l'Unesco, et 99 % des visiteurs restent sur les huit kilomètres de pontons. Les sentiers de crête au-dessus des lacs sont vides, et l'ours brun y vit vraiment.
      En savoir plus

      La forêt de Čorkova uvala, au nord du parc, n'a jamais été exploitée. C'est ce qui fait un massif primaire : pas seulement de vieux arbres, mais des troncs morts laissés debout, d'autres pourrissant au sol, des trouées ouvertes par la chute d'un géant, et des hêtres de toutes les générations mêlés au même endroit. On y entre par des sentiers de terre, sans ponton, sans main courante et sans personne.

      Le plateau au-dessus des lacs est du calcaire nu : l'eau y disparaît aussitôt tombée et il n'y a pas une source sur les crêtes. Il faut donc monter avec toute son eau. Les sentiers sont balisés à la peinture mais peu entretenus, la signalétique est en croate, le réseau téléphonique lâche par endroits, et sortir du balisage est interdit dans le parc.

      L'ours brun est réellement présent, ainsi que le loup et le lynx. Aucun ne cherche la rencontre : le seul vrai risque est de surprendre une femelle suitée en marchant en silence. On fait donc du bruit, on parle, on ne court pas, on ne s'écarte pas du sentier pour photographier, et on ne laisse aucun reste de repas — un ours qui associe l'homme à la nourriture devient un ours qu'on abat.

      nature
      gratuit
    • Moulins de Rastoke, Lacs de Plitvice, Croatie
      Moulins de Rastoke Un village bâti sur les cascades de la Slunjčica, à vingt minutes du parc, où les maisons de bois enjambent l'eau et où les moulins tournent encore. C'est Plitvice en miniature, habité, et à peu près personne ne s'y arrête.
      En savoir plus

      Rastoke est le même phénomène que Plitvice, à ceci près qu'on y habite. La Slunjčica y rejoint la Korana en se cassant en cascades sur des barrières de calcaire, et le village s'est bâti dessus : les maisons enjambent les bras d'eau, les jardins sont des îlots, et le courant passe littéralement sous les planchers. Chaque famille avait son moulin, alimenté par sa propre chute ; quelques meules tournent encore et on les voit travailler.

      Slunj a été en première ligne au début des années 1990. Le village a été vidé, brûlé en partie, et ce qu'on visite aujourd'hui a été relevé maison par maison, souvent par des descendants revenus. C'est aussi pourquoi tout n'est pas ouvert : on marche dans des propriétés privées, et plusieurs jardins se visitent séparément, chacun avec son entrée et son droit d'accès.

      Le meilleur point de vue ne coûte rien : depuis le pont et la route qui domine la boucle, on embrasse tout le village posé sur ses cascades. Quelques maisons de meunier louent des chambres au-dessus de l'eau, ce qui évite les hôtels sans grâce des abords du parc. Le bruit de l'eau, en revanche, ne s'arrête jamais — cela plaît ou non.

      culture
      6 €

    39 € hébergement · 34 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse dans un village voisin, 78 € la nuit.

    Voir les hébergements à Lacs de Plitvicelien affilié

  4. Lacs de Plitvice → Zadar — Autocar par le col de Velebit, 2 h 30, 14 € par personne.
  5. Zadar, Croatie

    03. Zadar

    J5 → J6 · 2 nuits · 374 € par personne

    Orgue marin, forum romain et le coucher de soleil d'Hitchcock

    Une ville romaine devenue vénitienne, sur une presqu'île, avec deux installations contemporaines posées sur le quai : un orgue joué par la houle et un disque solaire qui s'allume la nuit. Hitchcock disait y avoir vu le plus beau coucher de soleil du monde, et la ville ne laisse personne l'oublier.

    En savoir plus sur Zadar

    Zadar a été romaine, puis vénitienne pendant près de quatre siècles, puis bombardée en 1943 et 1944 au point que la vieille ville a dû être largement rebâtie. C'est ce qui explique son aspect inhabituel : un forum romain à ciel ouvert dont les pierres ont servi à construire l'église Saint-Donat posée juste à côté, et des immeubles d'après-guerre entre les monuments.

    La ville tient sur une presqu'île étroite, entièrement piétonne, qu'on traverse en dix minutes par la Kalelarga, sa rue principale depuis l'époque romaine. Le port relie les îles de l'archipel, et les Kornati — cent quarante îles quasi désertes classées en parc national — se visitent à la journée en bateau.

    Deux installations contemporaines, posées sur le quai à la pointe de la presqu'île, sont devenues l'attraction principale. L'orgue marin est un escalier percé de tuyaux que la houle fait sonner en permanence, jamais deux fois pareil ; le Salut au Soleil est un disque de panneaux solaires qui s'illumine à la nuit tombée. Les deux sont gratuits et se vivent le soir. ⚠️ Hitchcock avait déclaré y avoir vu le plus beau coucher de soleil du monde, et la ville le rappelle partout — le quai est bondé à cette heure-là, il faut arriver en avance pour s'asseoir.

    À table

    • Maraschino — la liqueur de cerises marasques distillée à Zadar depuis le XVIe siècle, dans le verre au moment du coucher de soleil.
    • Paški sir — le fromage de brebis de l'île de Pag, en face, aux notes de sel et de sauge que le vent bora dépose sur les pâturages.
    • Ninski šokol — le cou de porc séché et épicé de Nin, la vieille cité voisine, coupé en tranches fines à l'apéritif.
    • Brudet — le ragoût de poissons de roche mijoté à la tomate et au vin, servi avec de la polenta dans les konobas du port.

    Jour 5

    • Orgue marin et Salut au Soleil, Zadar, Croatie
      Orgue marin et Salut au Soleil Un escalier de marbre percé de trente-cinq tuyaux que la houle fait sonner en continu — l'instrument n'a pas de partition et ne joue jamais deux fois pareil. À côté, un disque de panneaux solaires s'allume à la nuit. Alfred Hitchcock disait d'ici que c'était le plus beau coucher de soleil du monde.
      En savoir plus

      L'orgue marin est un escalier de marbre descendant à la mer, sous lequel sont logés trente-cinq tuyaux de polyéthylène de longueurs et de diamètres différents, accordés sur des intervalles diatoniques. La houle pousse l'air dans les tuyaux et les fait sonner par des évents percés dans les marches : l'instrument n'a ni clavier, ni partition, ni musicien, et ne joue jamais deux fois la même chose.

      Il a été conçu par l'architecte Nikola Bašić et achevé en 2005, sur un front de mer que les reconstructions d'après-guerre avaient rendu sans qualité. Le son est grave, continu et irrégulier, et l'on s'assied sur les marches pour l'écouter — c'est un lieu de rassemblement de la ville autant qu'une œuvre.

      À côté, le Salut au Soleil est un disque de trois cents panneaux solaires encastrés au ras du quai, qui accumulent l'énergie dans la journée et s'illuminent à la nuit tombée en motifs changeants. ⚠️ Hitchcock avait déclaré avoir vu ici le plus beau coucher de soleil du monde, et la ville le rappelle partout : le quai est bondé à cette heure, et il faut arriver en avance pour s'asseoir sur les marches.

      détente
      gratuit
    • Forum romain et Saint-Donat, Zadar, Croatie
      Forum romain et Saint-Donat Une rotonde carolingienne du IXe siècle posée directement sur les dalles du forum romain, dont elle réemploie les colonnes — visibles dans les murs. Le forum lui-même est resté à ciel ouvert au milieu de la ville, avec ses inscriptions latines au sol.
      En savoir plus

      Saint-Donat n'est plus une église. Désaffectée depuis plus de deux siècles, vidée de tout mobilier, elle se visite comme un volume nu : un cylindre de pierre sur deux niveaux, avec une galerie qui en fait le tour à l'étage et une lumière rare. C'est cette nudité qui en fait une salle de concert — l'acoustique y est remarquable et la ville y programme de la musique chaque été.

      Sur la place, une colonne romaine est restée debout. Au Moyen Âge, on y attachait les condamnés à l'exposition publique et l'anneau est encore scellé dans la pierre : c'est le pilier de la honte, un morceau de temple antique recyclé en instrument de justice. Le reste du forum est au sol, dallé, avec ses inscriptions latines à hauteur de semelle.

      Si le centre paraît troué, avec des immeubles ordinaires collés aux ruines, c'est que Zadar, alors italienne, a été écrasée par les bombardements alliés en 1943 et 1944 : la vieille ville a été détruite en très grande partie et sa population est partie ensuite. Le forum est libre d'accès à toute heure, y compris de nuit où il est éclairé ; entrer dans la rotonde se paie, et le musée archéologique voisin garde ce qu'on a sorti du sol.

      culture
      4 €
    • Vieille ville, Kalelarga et maraschino, Zadar, Croatie
      Vieille ville, Kalelarga et maraschino Une presqu'île entière de calcaire poli par les pas, coupée par la Kalelarga, la rue large — qui l'est à peine. Le maraschino, liqueur de marasque distillée à Zadar depuis 1821, était la boisson préférée de Napoléon et de la cour d'Angleterre.
      En savoir plus

      La presqu'île se traverse en quelques minutes et empile pourtant tout : une porte de ville vénitienne surmontée du lion ailé, une place bâtie sur une citerne creusée pour tenir un siège, des églises romanes, des pans de forum à ciel ouvert au milieu des terrasses. On dit ici que la Kalelarga est plus vieille que Zadar, ce qui est faux et ne se discute pas.

      Au bout, le front de mer est l'œuvre d'un architecte contemporain, et c'est réussi. L'orgue marin est un escalier qui descend dans l'eau : la houle pousse l'air dans des tuyaux noyés sous les marches et le quai se met à souffler des accords, jamais deux fois les mêmes. À côté, un grand disque de verre encastré dans le sol emmagasine le soleil de la journée et s'allume à la nuit. ⚠️ Par mer d'huile, l'orgue est muet — il faut un peu de vague pour l'entendre.

      Le maraschino se distille à partir de la marasque entière, noyaux concassés compris : son amertume d'amande vient de là, et d'aucun arôme ajouté. La maison qui l'a fait connaître a quitté Zadar après 1945 pour se réinstaller en Italie ; la production a continué ici sous un autre nom, et les deux se réclament toujours de la même cerise.

      marché
      8 €

    Jour 6

    • Parc national de Kornati en bateau, Zadar, Croatie
      Parc national de Kornati en bateau Cent quarante îles calcaires blanches, quasiment sans végétation ni habitants, que George Bernard Shaw décrivait comme le dernier jour de la Création. Les falaises du côté large tombent à pic dans l'Adriatique. Sortie à la journée depuis Zadar ou Murter.
      En savoir plus

      Ces îles ont des propriétaires. Presque toute la terre du parc appartient à des familles de Murter, qui y possèdent des parcelles, des oliviers, des moutons et des cabanes depuis des générations et qui traversent encore pour la saison : c'est de la propriété privée sous statut de parc national, situation rare, et elle explique les règles d'accès. Les murets de pierre sèche qui escaladent les crêtes et plongent dans la mer ne sont pas décoratifs — ce sont des limites de troupeaux, montées à la main sur des îles où rien ne pousse.

      Il n'y a pas une source dans l'archipel. Les tavernes de fond de baie vivent sur des citernes d'eau de pluie et des groupes électrogènes, n'ouvrent qu'en saison et travaillent souvent en espèces. Rien d'autre : pas de village, pas de route, pas un arbre pour l'ombre.

      ⚠️ Vérifier ce que couvre la sortie. Beaucoup de bateaux passent l'essentiel de la journée à Telašćica, sur Dugi otok, avec son lac salé : c'est très beau, mais c'est un autre espace protégé, et les deux droits d'entrée se règlent séparément. Demander l'itinéraire avant de réserver. Le vent décide du reste — un jour de bura, la sortie s'annule le matin même.

      nature
      180 €

    40 € hébergement · 34 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du front de mer, 80 € la nuit.

    Voir les hébergements à Zadarlien affilié

  6. Zadar → Krka et Šibenik — Autocar vers Šibenik puis navette, 1 h 30, 10 € par personne.
  7. Krka et Šibenik, Croatie

    04. Krka et Šibenik

    J7 · 1 nuit · 138 € par personne

    Cascades en rideau et une cathédrale sans mortier

    Des cascades en rideau qu'on regarde depuis un ponton — ⚠️ la baignade y est interdite depuis 2021, contrairement à ce qu'annoncent encore beaucoup de guides. On entre par Skradin, en bateau compris dans le billet, ou par Lozovac en navette. Šibenik, à vingt minutes, a une cathédrale montée entièrement sans mortier.

    En savoir plus sur Krka et Šibenik

    Krka est souvent présentée comme la Plitvice où l'on se baigne, et c'est faux depuis 2021 : ⚠️ la baignade au pied des chutes de Skradinski Buk est interdite, alors que beaucoup de guides, de blogs et même d'agences continuent de la promettre. C'est la première chose à savoir avant de choisir cette étape pour ça.

    Le parc reste remarquable par la forme de ses chutes : un rideau large étalé sur des paliers successifs, qu'on longe par une boucle de pontons d'environ deux kilomètres, plate et facile. Deux entrées principales : Skradin, d'où un bateau compris dans le billet remonte la rivière en une demi-heure — le plus agréable — et Lozovac, d'où une navette descend directement au site. En basse saison le bateau ne circule pas et il faut marcher.

    Šibenik, à vingt minutes, est la ville de l'étape et n'est pas un simple point de chute. Sa cathédrale Saint-Jacques a été montée entièrement en pierre assemblée, sans mortier ni brique, y compris la coupole — une prouesse technique unique en Europe, classée par l'Unesco. Une frise extérieure y aligne soixante-et-onze têtes sculptées de contemporains anonymes du chantier. La forteresse Saint-Michel, au-dessus, sert aujourd'hui de scène de concerts en plein air face à la mer.

    À table

    • Skradinski rižot — le risotto de veau de Skradin, à l'entrée du parc, cuit douze heures dans son jus, la vraie raison de dîner dans le village.
    • Drniški pršut — le jambon de Drniš, séché au vent des collines, que Tito servait à ses invités.
    • Dagnje — les moules de l'estuaire de la Krka, au vin blanc et à l'ail, sur les terrasses de Skradin.
    • Skradinska torta — le gâteau aux noix, amandes et miel de la même ville, dense et sans farine.

    Jour 7

    • Chutes de Skradinski Buk, Krka et Šibenik, Croatie
      Chutes de Skradinski Buk Dix-sept cascades en rideau sur 800 m, traversées par un sentier de pontons. ⚠️ 40 € de juin à septembre, 20 € en avril-mai-octobre, 7 € l'hiver. La baignade au pied des chutes, longtemps l'attraction du parc, est interdite depuis 2021 — beaucoup de guides l'annoncent encore.
      En savoir plus

      Le parc a une histoire électrique. Au pied des chutes, une centrale hydroélectrique a été mise en service en 1895, la même année que celle de Niagara : c'était l'une des toutes premières installations à courant alternatif au monde, et Šibenik a compté parmi les premières villes d'Europe éclairées de cette façon. Le bâtiment est toujours là, en contrebas du sentier, et presque personne ne le regarde.

      Avant l'électricité, la force de l'eau servait déjà : une rangée de moulins et de foulons est alignée sur la dernière barrière de travertin, restaurée en village-musée où l'on voit tourner les meules et fouler le drap. C'est la partie ombragée du parcours, et la plus fraîche.

      Deux accès, et le choix fait la journée. Depuis Skradin, on entre par un bateau du parc compris dans le billet, mais sa capacité est limitée et l'attente peut être longue au plus fort de l'été. Depuis Lozovac, une navette descend la falaise et l'on remonte par un escalier. Le circuit de pontons se parcourt dans un seul sens, sans retour en arrière possible. Dernier point qui compte : le débit est à son maximum au printemps, quand le billet est au plus bas, et faiblit en fin d'été quand il est au plus haut.

      nature
      40 €
    • Cathédrale Saint-Jacques de Šibenik, Krka et Šibenik, Croatie
      Cathédrale Saint-Jacques de Šibenik Bâtie entièrement en pierre, sans brique ni bois ni mortier : les dalles s'emboîtent comme un meuble, y compris la coupole. Sur l'abside, soixante-et-onze visages sculptés de gens du XVe siècle, avec leurs coiffures et leurs grimaces.
      En savoir plus

      L'exploit est un exploit de tailleur de pierre, pas de maçon. Juraj Dalmatinac a conçu un système de dalles et de nervures qui s'emboîtent par leurs formes, taillées d'avance à terre puis montées comme un assemblage de menuiserie ; la coupole, achevée après sa mort par Nikola Firentinac, obéit au même principe. Le chantier a duré un siècle. L'intérieur est nu, sans chapelle ni décor ajouté : on voit la construction, rien d'autre. Le baptistère, en contrebas, est l'exception — une petite salle voûtée sculptée jusqu'à saturation.

      La frise de visages est sur les absides, donc à l'extérieur et à l'arrière : il faut faire le tour du bâtiment par la ruelle, ce que la plupart des visiteurs ne font pas. La tradition locale veut que ce soient les portraits des habitants qui avaient refusé de payer leur part du chantier ; rien ne le prouve, et ce sont de toute façon des visages réels, rides et coiffures comprises.

      La coupole a été percée par un obus en 1991, pendant les bombardements de la ville, et il a fallu retrouver la technique pour la refermer. La place devant a servi de décor à une série télévisée, ce qui se remarque surtout aux groupes qui photographient un escalier.

      culture
      8 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    39 € hébergement · 34 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du port de Šibenik, 78 € la nuit.

    Voir les hébergements à Krka et Šibeniklien affilié

  8. Krka et Šibenik → Split — Autocar côtier par l'autoroute, 1 h 15, 9 € par personne.
  9. Split, Croatie

    05. Split

    J8 → J9 · 2 nuits · 228 € par personne

    Une ville entière construite dans un palais romain

    Une ville entière installée dans les murs d'un palais romain, encore habitée : les caves de Dioclétien débouchent sur des appartements et des cafés. C'est le port principal du pays, d'où partent tous les ferries vers les îles — ce qui en fait autant un nœud logistique qu'une étape.

    En savoir plus sur Split

    Split n'a pas un palais romain dans la ville : la ville est dans le palais. Dioclétien s'y est fait bâtir une résidence de retraite vers l'an 300, et quand la région a été menacée, la population des environs s'est installée à l'intérieur des murs et n'en est jamais repartie. Résultat : des appartements habités dans les fortifications, du linge aux fenêtres antiques, des cafés dans le péristyle.

    On circule donc dans un enchevêtrement de ruelles où l'antique, le médiéval et le contemporain sont dans le même mur. Les caves du palais, longtemps comblées par les ordures, ont été dégagées et donnent la meilleure idée du plan d'origine. Le clocher de la cathédrale, ancien mausolée de l'empereur, se monte par un escalier étroit et exposé qui n'est pas pour tout le monde.

    ⚠️ Split est aussi le nœud logistique du pays : tous les ferries vers les îles centrales en partent, et l'étape s'organise souvent autour des horaires de bateau plutôt que l'inverse. En été les traversées sont nombreuses ; hors saison, elles se réduisent fortement et certaines liaisons deviennent quotidiennes. Prendre un véhicule sur un ferry demande de réserver et d'arriver longtemps à l'avance. Pour se baigner, la colline boisée de Marjan et ses criques sont à vingt minutes à pied du centre.

    À table

    • Soparnik — la galette de blettes et d'oignons entre deux abaisses fines, cuite sous la cendre dans le Poljica, aux portes de la ville.
    • Pašticada — le bœuf piqué d'ail et de lard, mariné au vinaigre puis mijoté dans le prošek, servi avec des gnocchis le dimanche.
    • Crni rižot — le risotto noir à l'encre de seiche, plat de tous les ports de Dalmatie.
    • Srdele — les sardines grillées en bord de mer, arrosées d'huile et accompagnées de blettes aux pommes de terre.

    Jour 8

    • Palais de Dioclétien et ses caves, Split, Croatie
      Palais de Dioclétien et ses caves Ce n'est pas un monument dans la ville, c'est la ville : trois mille personnes vivent encore dans l'enceinte de la résidence de retraite de l'empereur, avec des appartements aménagés dans les murs. Les caves, sous le péristyle, ont gardé le plan exact des étages disparus.
      En savoir plus

      Le palais se lit par ses portes : quatre entrées nommées d'après des métaux, une rue nord-sud, une rue est-ouest, et au croisement le péristyle, la cour où l'empereur se montrait. Un sphinx de granit noir y est assis, rapporté d'Égypte, et il avait déjà quinze siècles quand on l'a débarqué à Split. La salle ronde à côté, le vestibule, a perdu sa coupole et sert de caisse de résonance : des groupes y chantent la klapa à plusieurs voix, sans micro.

      Dioclétien est le seul empereur romain à avoir abdiqué pour prendre sa retraite. On lui prête cette réponse à ceux qui le suppliaient de revenir au pouvoir : s'ils voyaient les choux qu'il a plantés de sa main, ils ne lui demanderaient pas ça.

      Les caves doivent leur conservation aux ordures. Pendant des siècles, les habitants du dessus y ont vidé leurs déchets par des trous, colmatant les salles jusqu'aux voûtes ; on ne les a dégagées qu'au XXe siècle. Le grand couloir central, bordé d'échoppes, se traverse librement ; ce sont les salles latérales qui se paient. Une série télévisée y a tourné ses scènes de dragons, ce qui vaut une file. Pour le reste, on est chez des gens : sonnettes, linge aux fenêtres, voisins qui dorment.

      culture
      8 €
    • Cathédrale Saint-Domnius et clocher, Split, Croatie
      Cathédrale Saint-Domnius et clocher Le mausolée de Dioclétien, converti en cathédrale — dédiée précisément à un évêque qu'il avait fait exécuter. C'est la plus ancienne cathédrale au monde encore en usage dans son bâtiment d'origine, et le sarcophage de l'empereur a disparu sans laisser de trace.
      En savoir plus

      À l'intérieur, la frise romaine court toujours sous la coupole avec ses médaillons sculptés : on y reconnaît Dioclétien et son épouse Prisca. On assiste donc à la messe sous le portrait de l'empereur qui a persécuté les chrétiens, dans le bâtiment qu'il s'était fait construire pour y être enterré. Les portes de bois, sculptées au début du XIIIe siècle de vingt-huit panneaux de la vie du Christ, sont d'origine et servent encore. L'autel de saint Anastase est signé Juraj Dalmatinac — le même homme qu'à Šibenik.

      Le clocher a l'air médiéval et ne l'est qu'à moitié : jugé ruineux, il a été démonté et remonté pierre à pierre autour de 1900, et beaucoup de ses sculptures anciennes ont disparu dans l'opération. On y monte par un escalier étroit, à claire-voie, avec le vide sous les marches : très exposé, à éviter si l'on craint la hauteur, impossible en portant un enfant.

      Le billet couvre en général le baptistère, en face, qui était le temple de Jupiter : un plafond de pierre à caissons, et à la porte un sphinx de granit noir rapporté d'Égypte par Dioclétien. Il n'a plus de tête, comme presque tous les autres — les chrétiens de la ville les ont décapités.

      culture
      10 €
    • Colline de Marjan et plages de Kašjuni, Split, Croatie
      Colline de Marjan et plages de Kašjuni Une presqu'île de pins d'Alep juste derrière la vieille ville, avec des escaliers qui montent aux belvédères et des criques de galets en contrebas. C'est le poumon des habitants : à 7 h du matin, on y croise des Splitois qui courent, pas des touristes.
      En savoir plus

      La colline était nue. La pinède qu'on traverse a été plantée à la main à partir de la fin du XIXe siècle par une société d'habitants qui montait la terre et l'eau à dos d'homme, saison après saison : Marjan est un boisement artificiel devenu le poumon de la ville. Un grand incendie a de nouveau ravagé le versant sud dans les années 2010 et les traces sont visibles ; par vent chaud, une cigarette suffit.

      Deux choses se manquent facilement. Sur la falaise sud, au-dessus de la mer, l'église Saint-Jérôme est adossée à des cellules d'ermites creusées dans la roche, habitées jusqu'à une époque tardive, au bout d'un sentier étroit. Et à mi-pente, derrière un mur, un cimetière juif installé au XVIe siècle est l'un des plus anciens d'Europe encore en place : la communauté de Split est presque aussi vieille que le palais.

      On monte par les escaliers du Varoš, le vieux quartier de pêcheurs aux maisons basses, et la première terrasse arrive vite. Ensuite la crête est longue et sans point d'eau — emporter de quoi boire. Les criques de galets se gagnent par des sentiers raides depuis la route en corniche, et le fond descend tout de suite : ce ne sont pas des plages pour très jeunes enfants.

      nature
      gratuit

    Jour 9

    • Palais et amphithéâtre de Salone, Split, Croatie
      Palais et amphithéâtre de Salone L'ancienne capitale de la Dalmatie romaine, soixante mille habitants, rasée par les Avars vers 640 — les survivants se sont réfugiés dans le palais de Dioclétien et ont fondé Split. Les ruines s'étendent dans les champs, sans clôture ni foule.
      En savoir plus

      Ce qui reste de l'amphithéâtre a été détruit exprès. Au XVIIe siècle, les Vénitiens l'ont abattu pour empêcher les Ottomans d'en faire un fort : il n'en subsiste que l'anneau bas, les couloirs et les fosses, à ras de terre dans l'herbe. C'est le seul endroit où l'on saisisse l'échelle de la ville qu'il y avait là.

      Le reste est un champ. Des sarcophages ouverts traînent sous les figuiers, des murs d'églises paléochrétiennes affleurent, une route et une voie ferrée coupent l'ensemble. À Manastirine, hors les murs, la basilique funéraire a été bâtie sur la tombe de l'évêque Domnius, celui-là même à qui la cathédrale de Split est dédiée : la ville d'aujourd'hui descend de ce cimetière. Frane Bulić, le prêtre archéologue qui a fouillé Salone toute sa vie, s'y est fait bâtir une maison avec des fragments antiques et repose au milieu des sarcophages.

      Il n'y a ni ombre, ni buvette, ni presque de panneaux : sans plan, on marche sans savoir ce qu'on regarde. L'herbe est haute en été et les serpents y sont — chaussures fermées. Un bus urbain de Split y mène, et la forteresse de Klis, plantée au-dessus dans le col, se visite dans la foulée : c'est elle qui commandait la route de l'intérieur.

      culture
      6 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Excursion à la Grotte bleue de Biševo

    11 h · en anglais · Split

    Excursion à la Grotte bleue de Biševo en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    44 € hébergement · 38 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la Riva, 88 € la nuit.

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  10. Split → Hvar — Catamaran Krilo ou Jadrolinija, 1 h, 12 € par personne.
  11. Hvar, Croatie

    06. Hvar

    J10 → J11 · 2 nuits · 249 € par personne

    Lavande, forteresse vénitienne et îlots au large

    L'île la plus ensoleillée du pays, connue pour sa lavande et sa vie nocturne, mais dont l'intérieur reste agricole et désert. La ville de Hvar est chère et bruyante en août ; Stari Grad, sur l'autre versant, est l'exact contraire. Les îlots Pakleni, en face, se rejoignent en taxi-bateau pour quelques euros.

    En savoir plus sur Hvar

    Hvar est l'île la plus ensoleillée du pays et vit sur une réputation qui ne concerne en réalité qu'une seule ville. Hvar-ville, autour de son port, est chère, animée jusqu'à tard et saturée en août ; l'intérieur de l'île, à quelques kilomètres, est agricole, sec et pratiquement désert, avec des champs de lavande et des villages de pierre à moitié abandonnés.

    Stari Grad, sur l'autre versant, est l'exact contraire de Hvar-ville : c'est la plus vieille ville de Croatie, fondée par les Grecs en 384 avant notre ère, calme et sans vie nocturne. Sa plaine agricole conserve le cadastre grec d'origine, avec ses murets de pierre sèche délimitant les parcelles telles qu'elles ont été tracées il y a vingt-quatre siècles — c'est ce qui lui vaut son classement.

    Les deux villes sont reliées par une route qui traverse l'île et par un tunnel étroit ; le choix de l'une ou de l'autre change complètement le séjour, et le prix. ⚠️ Les plages de l'île sont en galets ou en dalles, pas en sable — des chaussures de bain sont utiles. Les îlots Pakleni, juste en face du port de Hvar, se rejoignent en taxi-bateau pour quelques euros et offrent des criques bien plus tranquilles que la ville, avec des liaisons fréquentes jusqu'au soir.

    À table

    • Gregada — le ragoût de poisson blanc aux pommes de terre, oignons et vin blanc, le plat des pêcheurs de l'île.
    • Paprenjak — le biscuit au miel et au poivre de Stari Grad, dont la recette remonte à la Renaissance.
    • Plavac mali — le rouge des pentes sud, à Ivan Dolac et Sveta Nedjelja, où les vignes plongent vers la mer.
    • Med od lavande — le miel de lavande des plateaux au-dessus de Hvar, vendu sur le port avec les sachets séchés.

    Jour 10

    • Forteresse espagnole au-dessus du port, Hvar, Croatie
      Forteresse espagnole au-dessus du port Vingt minutes de montée pour la meilleure vue de l'Adriatique : le port en fer à cheval, l'archipel des Pakleni en enfilade et la mer jusqu'à Vis. La citerne vénitienne et les cachots se visitent. Y monter au coucher du soleil.
      En savoir plus

      Le nom vient de ses bâtisseurs : des ingénieurs espagnols employés par Venise au XVIe siècle, dans une île qui n'a jamais rien eu d'espagnol. L'ouvrage a servi pour de bon en 1571, quand la flotte ottomane a brûlé la ville et que la population s'est enfermée derrière ces murs. Huit ans plus tard, la foudre est tombée sur la poudrière : l'explosion a éventré une partie de la forteresse et endommagé les maisons en contrebas. Ce qu'on visite est un bâtiment réparé après avoir sauté.

      Depuis les remparts, l'archipel en face porte un nom qui trompe tout le monde. Les Pakleni ne sont pas les îles infernales : leur nom vient de la paklina, la résine de pin qu'on faisait bouillir pour calfater les coques. C'est une histoire de goudron, pas de diable.

      La montée part de l'arrière de la ville et traverse un jardin d'agaves par un chemin en escalier ; ça grimpe sec et il n'y a aucune ombre en haut. Pour le coucher du soleil, prévoir une lampe pour redescendre : les degrés sont irréguliers, mal éclairés, et tout le monde repart en même temps. Une route rejoint aussi le sommet pour qui ne veut pas grimper.

      culture
      10 €
    • Champs de lavande et villages de l'intérieur, Hvar, Croatie
      Champs de lavande et villages de l'intérieur Hvar a vécu de la lavande jusqu'aux incendies des années 2000, et les champs se refont depuis. La floraison est en juin et début juillet. Les villages de pierre de l'intérieur — Velo Grablje, Malo Grablje, abandonné — se rejoignent par des sentiers de murets.
      En savoir plus

      Hors floraison, il n'y a pas grand-chose à photographier : des rangs taillés ras, gris-vert, des alambics sous des tôles. C'est pourtant la bonne saison pour comprendre le travail : il faut une quantité de fleurs déraisonnable pour remplir une fiole, et les familles distillent par petites charges, souvent dans la cour. Acheter là où l'on distille, pas sur un étal de bord de route : les mélanges venus d'ailleurs sont la règle.

      Malo Grablje est le village le plus troublant de l'île. Ses habitants l'ont quitté au milieu du XXe siècle pour Milna, sur la mer, là où passaient la route et l'argent ; les maisons sont restées, sans toit, avec leurs fours et leurs citernes. Une seule famille est revenue ouvrir une auberge dans la demeure de ses grands-parents : on mange dans les murs d'un village mort. Velo Grablje, un peu plus haut, tient encore à quelques feux et fête la lavande chaque été.

      Les deux se relient par un chemin muletier bordé de murets qui descend le canyon jusqu'à la mer. Pour passer sur le versant sud, l'ancienne route emprunte un tunnel creusé dans la roche brute, d'une seule voie, sans éclairage ni trottoir : on s'y engage après avoir vérifié que rien n'arrive en face.

      nature
      gratuit

    Jour 11

    • Plaine de Stari Grad, cadastre grec intact, Hvar, Croatie
      Plaine de Stari Grad, cadastre grec intact Un parcellaire tracé par les colons grecs de Paros il y a 2 400 ans, avec ses murets de pierre sèche, et cultivé sans interruption depuis — au même endroit, aux mêmes dimensions. C'est le paysage agricole antique le mieux conservé de Méditerranée, classé par l'Unesco.
      En savoir plus

      De plain-pied, on ne voit que des champs. Le dessin n'apparaît que d'en haut : depuis la route de crête qui domine la plaine, on lit d'un coup le quadrillage — des rectangles réguliers séparés par des murets de pierre sèche, des chemins qui suivent encore les limites tracées au cordeau par les colons, et des tas d'épierrement au milieu des parcelles. Les vignes et les oliviers d'aujourd'hui poussent dans les cases dessinées il y a vingt-quatre siècles.

      La ville au bout de la plaine est le port grec lui-même. On y visite le Tvrdalj, la maison forte du poète Petar Hektorović, bâtie au XVIe siècle autour d'un bassin d'eau de mer entouré d'un cloître où nagent des poissons : le propriétaire l'avait conçue pour nourrir et abriter ses voisins pêcheurs en cas de raid, et il a fait graver dans la pierre des sentences sur la mort et l'égalité de tous devant elle.

      La plaine se parcourt à vélo, c'est la bonne échelle et le terrain est plat. Il n'y a aucune ombre et presque aucun panneau explicatif. Ce sont des propriétés privées cultivées : on reste sur les chemins, on ne coupe pas à travers les parcelles, et on ne se sert pas dans les rangs.

      culture
      5 €
    • Îlots Pakleni en taxi-bateau, Hvar, Croatie
      Îlots Pakleni en taxi-bateau Une vingtaine d'îlots à dix minutes du port, avec des criques d'eau transparente, des pinèdes et quelques konobas au bord de l'eau. Palmižana est le plus aménagé, Jerolim le plus tranquille. Les taxis-bateaux partent en continu de la place du port.
      En savoir plus

      Le nom des îlots ne signifie pas les îles de l'enfer, malgré la ressemblance avec le mot croate pour enfer : il vient de paklina, la résine de pin qu'on y récoltait pour calfater les coques des bateaux. L'erreur de traduction est répandue jusque dans certains guides.

      Une vingtaine d'îlots boisés de pins ferment la baie de Hvar, à quelques minutes du port, avec des criques d'eau très claire et quelques konobas — tavernes traditionnelles — installées au bord de l'eau. Palmižana est le plus aménagé, avec un port de plaisance, un jardin botanique ancien et des restaurants ; Jerolim et Stipanska sont bien plus tranquilles.

      Les taxis-bateaux partent en continu de la place du port de Hvar, sans réservation, et l'on paie la traversée à bord ; le dernier retour du soir est à connaître avant de partir. ⚠️ Les plages sont en galets ou en dalles rocheuses, comme partout en Croatie, et des chaussures d'eau sont utiles — les oursins sont présents. Certaines criques sont traditionnellement naturistes, ce qui est signalé sur place.

      détente
      18 €

    48 € hébergement · 40 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Petit hôtel près du port, 95 € la nuit.

    Voir les hébergements à Hvarlien affilié

  12. Hvar → Korčula — Catamaran entre les îles, 1 h 15, 14 € par personne.
  13. Korčula, Croatie

    07. Korčula

    J12 · 1 nuit · 101 € par personne

    Une vieille ville en arête de poisson, et du vin blanc

    Une petite ville fortifiée bâtie en arête de poisson — les rues côté nord sont droites pour laisser passer la brise, celles du sud courbes pour couper le vent. ⚠️ Marco Polo n'y est probablement pas né : la « maison de Marco Polo » est une reconstitution. L'île produit un vin blanc, le pošip, qu'on ne trouve guère ailleurs.

    En savoir plus sur Korčula

    Korčula est une petite ville fortifiée bâtie sur une presqu'île, et son plan est un objet d'ingénierie : les rues partent d'une épine dorsale centrale comme les arêtes d'un poisson, mais celles du côté nord sont droites pour laisser entrer la brise fraîche, tandis que celles du sud sont courbes pour casser le vent chaud et sec venu du large. Cette disposition date du XIIIᵉ siècle et fonctionne encore.

    Tout se fait à pied, en quelques centaines de mètres, et l'on peut monter au clocher de la cathédrale pour comprendre le plan d'un coup d'œil. ⚠️ La « maison de Marco Polo » qu'on visite en ville est une reconstitution, et le lien du navigateur avec l'île est contesté par la plupart des historiens — la ville en fait un argument touristique, mais rien ne l'établit. Le mentionner évite d'y consacrer un billet en croyant voir sa maison natale.

    L'île elle-même mérite au moins autant que la ville. Elle est la plus boisée de l'Adriatique et produit deux vins blancs qu'on ne trouve guère ailleurs : le pošip, et le grk de Lumbarda, cultivé sur un sol sableux unique. Lumbarda, à six kilomètres, porte d'ailleurs les seules vraies plages de sable de la région — rareté sur une côte faite de galets et de rochers — et se rejoint à vélo par une route plate.

    À table

    • Žrnovski makaruni — les pâtes roulées à la main autour d'une aiguille à tricoter, du village de Žrnovo, sous un ragoût de bœuf.
    • Pošip et Grk — les deux blancs de l'île, le Pošip des vallées de Čara et Smokvica, le Grk des sables de Lumbarda.
    • Cukarin — le biscuit sec en forme de fleur, à tremper dans le prošek, de la pâtisserie du même nom dans la vieille ville.
    • Lumblija — le pain sucré de Blato aux épices, au vin cuit et aux fruits secs, préparé pour la Toussaint.

    Jour 12

    • Vieille ville et son plan en arête de poisson, Korčula, Croatie
      Vieille ville et son plan en arête de poisson Une presqu'île fortifiée dont les rues partent d'une épine dorsale centrale : droites à l'ouest pour laisser entrer la brise d'été, courbes à l'est pour couper la bura d'hiver. Un urbanisme du XIIIe siècle conçu pour le vent, et qui marche encore.
      En savoir plus

      La ville a écrit ses règles avant beaucoup d'autres. Son statut, adopté au début du XIIIe siècle, est l'un des plus anciens codes de droit conservés d'Europe, et il ne parle pas que de justice : il fixe la coupe des arbres, l'exploitation des carrières, l'usage des citernes. Une communauté de tailleurs de pierre et de charpentiers de marine légiférait sur ses deux ressources, la pierre et le bois, parce qu'elle savait qu'on peut les épuiser.

      Le tour des remparts ne se fait plus : une partie a été abattue au XIXe siècle et les tours restantes sont devenues des maisons, des terrasses, un bar où l'on grimpe par une échelle et où les verres montent au bout d'une poulie. La grande porte de terre se gagne par un escalier monumental, seul endroit large de la ville.

      Si le séjour tombe en été, chercher la Moreška. C'est une danse d'épées jouée avec des lames de métal par deux camps, le roi noir et le roi blanc, autour d'une jeune fille enlevée : les coups sont réels, les gestes se transmettent de père en fils, et Korčula est le dernier endroit où ce combat dansé se pratique encore là où il est né. Les places partent vite.

      marché
      6 €
    • Plages de sable de Lumbarda et Vela Pržina, Korčula, Croatie
      Plages de sable de Lumbarda et Vela Pržina Du vrai sable, ce qui est rare en Croatie : c'est le même sol qui fait le vin. L'eau reste peu profonde très loin, et Vela Pržina est exposée au sud, donc abritée de la bura. À quatre kilomètres de la vieille ville, faisables à vélo.
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      Le sable de Lumbarda est une anomalie sur une côte croate faite presque exclusivement de galets et de rochers, et il a une explication géologique directe : le sol y est un sable meuble et non du calcaire karstique. C'est ce même sol qui permet la culture du grk, un cépage blanc que l'on ne trouve nulle part ailleurs au monde et qui pousse exclusivement sur ces quelques hectares.

      Le grk a une particularité rare : ses fleurs sont femelles et il ne peut pas s'autoféconder, si bien qu'on doit lui associer un autre cépage dans la même parcelle pour qu'il produise. Les caves du village se visitent et vendent directement.

      Vela Pržina est exposée au sud, donc abritée de la bura — le vent du nord-est, froid et violent, qui balaie l'Adriatique par rafales et peut interrompre les liaisons maritimes. ⚠️ Le fond y reste peu profond très loin, ce qui convient aux enfants. Lumbarda est à quelques kilomètres de la vieille ville de Korčula et se rejoint à vélo sur une route plate, ou en bus en saison.

      détente
      gratuit

    41 € hébergement · 36 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Petit hôtel dans les murs, 82 € la nuit.

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  14. Korčula → Dubrovnik — Ferry vers Orebić puis bus par le pont de Pelješac, 3 h 30, 22 € par personne.
  15. Dubrovnik, Croatie

    08. Dubrovnik

    J13 → J14 · 2 nuits · 321 € par personne

    Deux kilomètres de remparts au-dessus de l'Adriatique

    Deux kilomètres de remparts au-dessus de l'Adriatique, autour d'une vieille ville en marbre entièrement piétonne. ⚠️ Les paquebots de croisière décident du niveau de foule : entre 10 h et 16 h, le Stradun est un couloir. Le tour des remparts se fait au lever du jour ou en fin d'après-midi, jamais en plein midi — il n'y a aucune ombre.

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    Dubrovnik est une ville fermée : deux kilomètres de remparts épais entourent une vieille ville de marbre entièrement piétonne, où l'on entre par trois portes seulement. Elle a été une république marchande indépendante pendant plus de quatre siècles, ce qui explique sa richesse architecturale et son absence de château seigneurial — elle se gouvernait elle-même.

    ⚠️ Ce sont les paquebots de croisière qui décident du niveau de foule, pas la saison au sens large. Entre dix et seize heures, les jours où plusieurs navires accostent, le Stradun devient un couloir où l'on avance au pas et les remparts sont saturés. Tôt le matin, dès l'ouverture, ou après dix-sept heures, la ville est une autre. Le calendrier des escales est public et se consulte avant de fixer sa journée.

    ⚠️ Le tour des remparts prend une heure et demie à deux heures et n'a strictement aucune ombre. En plein été, à midi, sur de la pierre blanche réverbérante, c'est éprouvant et parfois dangereux pour les personnes fragiles. Il se fait au lever du jour ou en fin d'après-midi, avec de l'eau. Le sens de circulation est imposé et il n'y a pas de sortie intermédiaire sur une partie du parcours. L'île de Lokrum, à quinze minutes de bateau, offre l'ombre et la baignade que la ville n'a pas.

    À table

    • Kamenice — les huîtres plates de la baie de Mali Ston, élevées depuis les Romains, à une heure de route.
    • Zelena menestra — la potée de choux verts et de viandes séchées, plat d'hiver de Konavle et des vieilles familles de la ville.
    • Rozata — le flan à la liqueur de rose, dessert de la République de Raguse.
    • Arancini — les écorces d'orange confites au sucre, roulées et séchées, vendues au marché de Gundulić.
    • Dingač — le rouge de Plavac mali des pentes vertigineuses de Pelješac, la première appellation protégée du pays.

    Jour 13

    • Tour des remparts et fort Lovrijenac, Dubrovnik, Croatie
      Tour des remparts et fort Lovrijenac Deux kilomètres de chemin de ronde à vingt-cinq mètres au-dessus de la mer, tout autour de la vieille ville. ⚠️ 40 €, le prix le plus élevé du catalogue pour une promenade — le fort Lovrijenac est inclus. Y aller à l'ouverture, 8 h : il n'y a pas d'ombre et pas de demi-tour possible.
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      Le vrai spectacle est en dessous : les toits. Depuis le chemin de ronde, on voit d'un coup quelles tuiles sont neuves — orange vif, uniformes — et lesquelles ont survécu : rose délavé, irrégulières, tachées de lichen. Les premières couvrent les maisons brûlées pendant le siège de 1991 et 1992, quand la ville a été bombardée depuis les hauteurs. Une carte des impacts est affichée en bas ; d'en haut, on les compte soi-même.

      Ces murs n'ont jamais été pris d'assaut, et c'est tout le sujet : la République de Raguse a survécu en payant tribut aux Ottomans, en achetant des traités et en renseignant tout le monde sur tout le monde. Les remparts servaient à décourager, pas à combattre. Le fort Lovrijenac, planté sur son rocher hors les murs, porte au-dessus de sa porte la devise que la ville se répétait : la liberté ne se vend pas pour tout l'or du monde.

      Le tour se fait dans un seul sens et les sorties intermédiaires sont rares : une fois engagé, on va au bout. Le billet inclut Lovrijenac le même jour et beaucoup l'oublient. Monter dès l'ouverture, avec de l'eau : il n'y a pas un mètre d'ombre, les marches sont hautes et inégales, et la pierre renvoie la chaleur tout l'après-midi.

      culture
      40 €
    • Téléphérique du mont Srđ, Dubrovnik, Croatie
      Téléphérique du mont Srđ Quatre minutes pour 405 m, et la vieille ville entière en plan avec les îles Élaphites derrière. En haut, le fort impérial abrite un musée sur le siège de 1991-1992, qui rappelle que ces toits rouges ont été refaits parce qu'ils avaient été bombardés.
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      Le téléphérique monte en quelques minutes au sommet du mont Srđ, à un peu plus de quatre cents mètres au-dessus de Dubrovnik, et donne la seule vue en plan sur la vieille ville : on voit d'un coup le tracé des remparts, la trame des rues et la mer avec les îles Élaphites derrière.

      L'installation d'origine, ouverte dans les années 1960, a été détruite pendant le siège de 1991-1992 et n'a été reconstruite qu'en 2010. C'est le point central de l'histoire du lieu : le fort impérial du sommet, bâti sous Napoléon, a été tenu par une poignée de défenseurs croates pendant tout le siège, sa chute ayant entraîné celle de la ville.

      Il abrite aujourd'hui un musée consacré à la guerre d'indépendance, avec photographies, armes et témoignages. ⚠️ La visite change le regard sur les toits de la vieille ville : leur uniformité de tuiles vives s'explique par le fait qu'ils ont été refaits en bloc après les bombardements, qui ont touché une majorité des bâtiments du centre historique. On monte aussi à pied par un sentier en lacets — une heure de montée sans ombre, à éviter en milieu de journée.

      détente
      27 €
    • Vieille ville, Stradun et pharmacie franciscaine, Dubrovnik, Croatie
      Vieille ville, Stradun et pharmacie franciscaine Le Stradun est un calcaire poli par cinq siècles de pas, si lisse qu'il glisse sous la pluie. La pharmacie du couvent franciscain fonctionne depuis 1317 — c'est la troisième plus ancienne d'Europe encore en activité, et on peut y acheter une crème.
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      La rue principale est un bras de mer comblé. Raguse s'est formée sur un îlot rocheux face à un village de la côte ; le chenal qui les séparait a été remblayé au Moyen Âge, les deux moitiés se sont soudées, et la rue suit le tracé de l'eau disparue — d'où sa rectitude, unique dans une ville où tout le reste monte en escaliers.

      L'uniformité des façades vient d'une catastrophe. En 1667, un séisme a jeté la ville à terre et tué des milliers d'habitants ; la reconstruction a été réglementée jusqu'au détail, mêmes hauteurs, mêmes fenêtres, et cette porte de boutique surmontée d'un guichet en arc, répétée sur toute la longueur. La ville qu'on croit médiévale est un plan d'urbanisme du XVIIe siècle derrière des murs médiévaux.

      Deux détails disent cette république marchande : son plus haut magistrat était élu pour un mois et ne pouvait pas quitter le palais pendant sa charge, et l'inscription au-dessus de la porte lui ordonnait d'oublier ses affaires privées. C'est aussi ici qu'est née la quarantaine, imposée dès le XIVe siècle aux voyageurs venus de zones contaminées. L'escalier baroque qui monte aux jésuites a servi à une scène de série connue : il est occupé du matin au soir.

      marché
      8 €

    Jour 14

    • Villages de la presqu'île de Pelješac et huîtres de Ston, Dubrovnik, Croatie
      Villages de la presqu'île de Pelješac et huîtres de Ston Ston a cinq kilomètres de remparts, la plus longue muraille d'Europe après celle de Constantinople, bâtie pour protéger ses salines. Les huîtres élevées dans la baie voisine se mangent au bord de l'eau, à cinq minutes des parcs.
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      Le sel a payé les murailles. Raguse a acheté la presqu'île au XIVe siècle pour son sel, denrée alors stratégique, et a bâti des kilomètres de rempart autour d'une industrie, pas d'une ville. Les bassins fonctionnent toujours et la récolte se fait encore à la main, à la raclette de bois, en plein été.

      Les huîtres poussent juste à côté, dans la baie de Mali Ston, là où des sources d'eau douce sortent au fond de la mer : c'est ce mélange qui fait leur goût. Ce sont des plates européennes, élevées sur cordes, qu'on ouvre au bord du ponton et qu'on mange avec un peu de citron, rien d'autre. Leur fête tombe à la Saint-Joseph, en mars, quand elles sont pleines et qu'il n'y a personne.

      L'autre richesse est sur le versant sud. Les vignes de Dingač tiennent sur une pente si raide qu'on y montait à dos d'âne ; les vignerons ont percé la crête d'un tunnel d'une seule voie, sans éclairage, pour descendre la récolte — on l'emprunte encore, en klaxonnant. Leur cépage, le plavac mali, descend d'une variété dalmate que l'analyse génétique a identifiée au zinfandel californien. Depuis l'ouverture du pont, la route ne traverse plus le territoire bosnien : plus de poste-frontière sur le trajet.

      marché
      18 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    50 € hébergement · 42 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Gruž ou Lapad, 100 € la nuit.

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Le budget de ces 14 jours

1 913 € par personne pour 14 jours, soit 137 € / jour. À deux, 3 826 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement604 €32 %
Repas508 €27 %
Transport sur place253 €13 %
Billets de train et de bus96 €5 %
Activités452 €24 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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