11 h · en anglais · Split
Excursion à la Grotte bleue de Biševo en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
1 132 € par personne sur place pour 7 jours, soit 162 € / jour — en 4 étapes, de Lacs de Plitvice à Dubrovnik. En passant par Zadar et Split.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Croatie
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Arrivée à aéroport Zadar (ZAD), retour depuis Dubrovnik — Čilipi (DBV) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
J1 · 1 nuit · 128 € par personne
Seize lacs en escalier, reliés par des cascades
Seize lacs turquoise en escalier, reliés par des cascades, parcourus sur des pontons de bois sans garde-corps. ⚠️ Le sens de circulation est imposé et le billet se réserve à l'heure, en nombre limité. Les tarifs varient d'un facteur cinq entre janvier et juillet — c'est l'écart le plus fort du catalogue.
Plitvice n'est pas une cascade mais un système : seize lacs disposés en escalier sur huit kilomètres, séparés par des barrages de travertin que la végétation fabrique elle-même en se calcifiant. Ces barrières poussent de quelques millimètres par an, ce qui explique à la fois la couleur turquoise et la fragilité extrême du site — on ne se baigne nulle part, on ne quitte pas les pontons.
⚠️ Ces pontons de bois n'ont pas de garde-corps et le sens de circulation est imposé : on ne fait pas demi-tour, on suit le circuit choisi jusqu'au bout. Les circuits durent de deux à huit heures et combinent marche, bateau électrique sur le grand lac et navette. Le billet se réserve pour une heure d'entrée précise, en nombre limité par créneau, et il faut le prendre à l'avance en été — les créneaux du matin partent en premier.
⚠️ Le prix varie d'un facteur cinq à six selon le mois, l'écart le plus fort de tout le catalogue : le billet de juillet-août n'a rien à voir avec celui de janvier. Décaler d'un mois en juin ou en septembre change à la fois la note et la foule. En hiver, une partie des sentiers ferme et les bateaux ne circulent pas, mais les chutes gelées sont spectaculaires. Le parc est en altitude et il y fait sensiblement plus frais que sur la côte, même en été.
À table
Le billet n'est pas un tarif, c'est une porte. L'entrée se réserve pour un créneau précis, le nombre de places est plafonné, et une fois le quota vendu il n'y a plus rien à faire : ni file d'attente, ni arrangement au guichet, ni passage à pied par un autre côté. En haute saison, cela se joue plusieurs jours à l'avance. Le même parcours coûte aussi plusieurs fois plus cher en plein été qu'en hiver, sans qu'aucune prestation ne change.
Sur place, on suit des itinéraires lettrés, de la boucle courte au tour complet, et l'on ne choisit pas vraiment son sens de marche : les pontons font la largeur d'un homme, parfois sans rambarde, au ras de l'eau, et tout le monde avance dans le même sens. Le bateau électrique qui traverse le grand lac et les navettes panoramiques sont compris dans le billet ; les prendre n'est pas tricher, c'est le circuit.
Le parc a été le premier de Croatie, et la guerre y a commencé. C'est ici, au printemps 1991, qu'est tombé celui qu'on tient pour le premier mort du conflit ; les lacs sont restés occupés jusqu'en 1995, les hôtels servaient de caserne, et il a fallu déminer les abords avant de rouvrir. Rien de tout cela ne figure sur les panneaux.
La grande cascade ne vient pas des lacs. Elle est alimentée par un autre cours d'eau, la Plitvica, qui arrive par le côté et se jette dans le canyon d'un seul trait le long d'une paroi verticale ; les lacs, eux, se vident plus bas, et c'est de leur dernier bassin que part la Korana. Les deux eaux se rejoignent au pied de la chute, là où tout le monde s'arrête.
En remontant des lacs inférieurs, le sentier passe par une grotte percée : on y entre par le bas, dans le noir, et l'on ressort par un trou du plafond, en plein soleil, au-dessus du canyon. C'est un des passages les plus étranges du parc et il est sur le circuit balisé. Le décor a servi aux westerns allemands tirés de Karl May dans les années 1960, ce qui explique les cars entiers de visiteurs venus chercher un paysage vu enfants.
Le fond du canyon se gagne par un long escalier, et il faut le remonter : c'est la seule vraie difficulté physique de la journée. Les dernières marches sont trempées par les embruns et le bois y devient savonneux. Un belvédère, en haut, donne la chute entière pour qui ne veut pas descendre, et c'est de là qu'on la photographie le mieux : d'en bas, elle ne tient pas dans le cadre.
39 € hébergement · 34 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse dans un village voisin, 78 € la nuit.
J2 → J3 · 2 nuits · 374 € par personne
Orgue marin, forum romain et le coucher de soleil d'Hitchcock
Une ville romaine devenue vénitienne, sur une presqu'île, avec deux installations contemporaines posées sur le quai : un orgue joué par la houle et un disque solaire qui s'allume la nuit. Hitchcock disait y avoir vu le plus beau coucher de soleil du monde, et la ville ne laisse personne l'oublier.
Zadar a été romaine, puis vénitienne pendant près de quatre siècles, puis bombardée en 1943 et 1944 au point que la vieille ville a dû être largement rebâtie. C'est ce qui explique son aspect inhabituel : un forum romain à ciel ouvert dont les pierres ont servi à construire l'église Saint-Donat posée juste à côté, et des immeubles d'après-guerre entre les monuments.
La ville tient sur une presqu'île étroite, entièrement piétonne, qu'on traverse en dix minutes par la Kalelarga, sa rue principale depuis l'époque romaine. Le port relie les îles de l'archipel, et les Kornati — cent quarante îles quasi désertes classées en parc national — se visitent à la journée en bateau.
Deux installations contemporaines, posées sur le quai à la pointe de la presqu'île, sont devenues l'attraction principale. L'orgue marin est un escalier percé de tuyaux que la houle fait sonner en permanence, jamais deux fois pareil ; le Salut au Soleil est un disque de panneaux solaires qui s'illumine à la nuit tombée. Les deux sont gratuits et se vivent le soir. ⚠️ Hitchcock avait déclaré y avoir vu le plus beau coucher de soleil du monde, et la ville le rappelle partout — le quai est bondé à cette heure-là, il faut arriver en avance pour s'asseoir.
À table
L'orgue marin est un escalier de marbre descendant à la mer, sous lequel sont logés trente-cinq tuyaux de polyéthylène de longueurs et de diamètres différents, accordés sur des intervalles diatoniques. La houle pousse l'air dans les tuyaux et les fait sonner par des évents percés dans les marches : l'instrument n'a ni clavier, ni partition, ni musicien, et ne joue jamais deux fois la même chose.
Il a été conçu par l'architecte Nikola Bašić et achevé en 2005, sur un front de mer que les reconstructions d'après-guerre avaient rendu sans qualité. Le son est grave, continu et irrégulier, et l'on s'assied sur les marches pour l'écouter — c'est un lieu de rassemblement de la ville autant qu'une œuvre.
À côté, le Salut au Soleil est un disque de trois cents panneaux solaires encastrés au ras du quai, qui accumulent l'énergie dans la journée et s'illuminent à la nuit tombée en motifs changeants. ⚠️ Hitchcock avait déclaré avoir vu ici le plus beau coucher de soleil du monde, et la ville le rappelle partout : le quai est bondé à cette heure, et il faut arriver en avance pour s'asseoir sur les marches.
Saint-Donat n'est plus une église. Désaffectée depuis plus de deux siècles, vidée de tout mobilier, elle se visite comme un volume nu : un cylindre de pierre sur deux niveaux, avec une galerie qui en fait le tour à l'étage et une lumière rare. C'est cette nudité qui en fait une salle de concert — l'acoustique y est remarquable et la ville y programme de la musique chaque été.
Sur la place, une colonne romaine est restée debout. Au Moyen Âge, on y attachait les condamnés à l'exposition publique et l'anneau est encore scellé dans la pierre : c'est le pilier de la honte, un morceau de temple antique recyclé en instrument de justice. Le reste du forum est au sol, dallé, avec ses inscriptions latines à hauteur de semelle.
Si le centre paraît troué, avec des immeubles ordinaires collés aux ruines, c'est que Zadar, alors italienne, a été écrasée par les bombardements alliés en 1943 et 1944 : la vieille ville a été détruite en très grande partie et sa population est partie ensuite. Le forum est libre d'accès à toute heure, y compris de nuit où il est éclairé ; entrer dans la rotonde se paie, et le musée archéologique voisin garde ce qu'on a sorti du sol.
La presqu'île se traverse en quelques minutes et empile pourtant tout : une porte de ville vénitienne surmontée du lion ailé, une place bâtie sur une citerne creusée pour tenir un siège, des églises romanes, des pans de forum à ciel ouvert au milieu des terrasses. On dit ici que la Kalelarga est plus vieille que Zadar, ce qui est faux et ne se discute pas.
Au bout, le front de mer est l'œuvre d'un architecte contemporain, et c'est réussi. L'orgue marin est un escalier qui descend dans l'eau : la houle pousse l'air dans des tuyaux noyés sous les marches et le quai se met à souffler des accords, jamais deux fois les mêmes. À côté, un grand disque de verre encastré dans le sol emmagasine le soleil de la journée et s'allume à la nuit. ⚠️ Par mer d'huile, l'orgue est muet — il faut un peu de vague pour l'entendre.
Le maraschino se distille à partir de la marasque entière, noyaux concassés compris : son amertume d'amande vient de là, et d'aucun arôme ajouté. La maison qui l'a fait connaître a quitté Zadar après 1945 pour se réinstaller en Italie ; la production a continué ici sous un autre nom, et les deux se réclament toujours de la même cerise.
Ces îles ont des propriétaires. Presque toute la terre du parc appartient à des familles de Murter, qui y possèdent des parcelles, des oliviers, des moutons et des cabanes depuis des générations et qui traversent encore pour la saison : c'est de la propriété privée sous statut de parc national, situation rare, et elle explique les règles d'accès. Les murets de pierre sèche qui escaladent les crêtes et plongent dans la mer ne sont pas décoratifs — ce sont des limites de troupeaux, montées à la main sur des îles où rien ne pousse.
Il n'y a pas une source dans l'archipel. Les tavernes de fond de baie vivent sur des citernes d'eau de pluie et des groupes électrogènes, n'ouvrent qu'en saison et travaillent souvent en espèces. Rien d'autre : pas de village, pas de route, pas un arbre pour l'ombre.
⚠️ Vérifier ce que couvre la sortie. Beaucoup de bateaux passent l'essentiel de la journée à Telašćica, sur Dugi otok, avec son lac salé : c'est très beau, mais c'est un autre espace protégé, et les deux droits d'entrée se règlent séparément. Demander l'itinéraire avant de réserver. Le vent décide du reste — un jour de bura, la sortie s'annule le matin même.
40 € hébergement · 34 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du front de mer, 80 € la nuit.
J4 → J5 · 2 nuits · 228 € par personne
Une ville entière construite dans un palais romain
Une ville entière installée dans les murs d'un palais romain, encore habitée : les caves de Dioclétien débouchent sur des appartements et des cafés. C'est le port principal du pays, d'où partent tous les ferries vers les îles — ce qui en fait autant un nœud logistique qu'une étape.
Split n'a pas un palais romain dans la ville : la ville est dans le palais. Dioclétien s'y est fait bâtir une résidence de retraite vers l'an 300, et quand la région a été menacée, la population des environs s'est installée à l'intérieur des murs et n'en est jamais repartie. Résultat : des appartements habités dans les fortifications, du linge aux fenêtres antiques, des cafés dans le péristyle.
On circule donc dans un enchevêtrement de ruelles où l'antique, le médiéval et le contemporain sont dans le même mur. Les caves du palais, longtemps comblées par les ordures, ont été dégagées et donnent la meilleure idée du plan d'origine. Le clocher de la cathédrale, ancien mausolée de l'empereur, se monte par un escalier étroit et exposé qui n'est pas pour tout le monde.
⚠️ Split est aussi le nœud logistique du pays : tous les ferries vers les îles centrales en partent, et l'étape s'organise souvent autour des horaires de bateau plutôt que l'inverse. En été les traversées sont nombreuses ; hors saison, elles se réduisent fortement et certaines liaisons deviennent quotidiennes. Prendre un véhicule sur un ferry demande de réserver et d'arriver longtemps à l'avance. Pour se baigner, la colline boisée de Marjan et ses criques sont à vingt minutes à pied du centre.
À table
Le palais se lit par ses portes : quatre entrées nommées d'après des métaux, une rue nord-sud, une rue est-ouest, et au croisement le péristyle, la cour où l'empereur se montrait. Un sphinx de granit noir y est assis, rapporté d'Égypte, et il avait déjà quinze siècles quand on l'a débarqué à Split. La salle ronde à côté, le vestibule, a perdu sa coupole et sert de caisse de résonance : des groupes y chantent la klapa à plusieurs voix, sans micro.
Dioclétien est le seul empereur romain à avoir abdiqué pour prendre sa retraite. On lui prête cette réponse à ceux qui le suppliaient de revenir au pouvoir : s'ils voyaient les choux qu'il a plantés de sa main, ils ne lui demanderaient pas ça.
Les caves doivent leur conservation aux ordures. Pendant des siècles, les habitants du dessus y ont vidé leurs déchets par des trous, colmatant les salles jusqu'aux voûtes ; on ne les a dégagées qu'au XXe siècle. Le grand couloir central, bordé d'échoppes, se traverse librement ; ce sont les salles latérales qui se paient. Une série télévisée y a tourné ses scènes de dragons, ce qui vaut une file. Pour le reste, on est chez des gens : sonnettes, linge aux fenêtres, voisins qui dorment.
À l'intérieur, la frise romaine court toujours sous la coupole avec ses médaillons sculptés : on y reconnaît Dioclétien et son épouse Prisca. On assiste donc à la messe sous le portrait de l'empereur qui a persécuté les chrétiens, dans le bâtiment qu'il s'était fait construire pour y être enterré. Les portes de bois, sculptées au début du XIIIe siècle de vingt-huit panneaux de la vie du Christ, sont d'origine et servent encore. L'autel de saint Anastase est signé Juraj Dalmatinac — le même homme qu'à Šibenik.
Le clocher a l'air médiéval et ne l'est qu'à moitié : jugé ruineux, il a été démonté et remonté pierre à pierre autour de 1900, et beaucoup de ses sculptures anciennes ont disparu dans l'opération. On y monte par un escalier étroit, à claire-voie, avec le vide sous les marches : très exposé, à éviter si l'on craint la hauteur, impossible en portant un enfant.
Le billet couvre en général le baptistère, en face, qui était le temple de Jupiter : un plafond de pierre à caissons, et à la porte un sphinx de granit noir rapporté d'Égypte par Dioclétien. Il n'a plus de tête, comme presque tous les autres — les chrétiens de la ville les ont décapités.
La colline était nue. La pinède qu'on traverse a été plantée à la main à partir de la fin du XIXe siècle par une société d'habitants qui montait la terre et l'eau à dos d'homme, saison après saison : Marjan est un boisement artificiel devenu le poumon de la ville. Un grand incendie a de nouveau ravagé le versant sud dans les années 2010 et les traces sont visibles ; par vent chaud, une cigarette suffit.
Deux choses se manquent facilement. Sur la falaise sud, au-dessus de la mer, l'église Saint-Jérôme est adossée à des cellules d'ermites creusées dans la roche, habitées jusqu'à une époque tardive, au bout d'un sentier étroit. Et à mi-pente, derrière un mur, un cimetière juif installé au XVIe siècle est l'un des plus anciens d'Europe encore en place : la communauté de Split est presque aussi vieille que le palais.
On monte par les escaliers du Varoš, le vieux quartier de pêcheurs aux maisons basses, et la première terrasse arrive vite. Ensuite la crête est longue et sans point d'eau — emporter de quoi boire. Les criques de galets se gagnent par des sentiers raides depuis la route en corniche, et le fond descend tout de suite : ce ne sont pas des plages pour très jeunes enfants.
Ce qui reste de l'amphithéâtre a été détruit exprès. Au XVIIe siècle, les Vénitiens l'ont abattu pour empêcher les Ottomans d'en faire un fort : il n'en subsiste que l'anneau bas, les couloirs et les fosses, à ras de terre dans l'herbe. C'est le seul endroit où l'on saisisse l'échelle de la ville qu'il y avait là.
Le reste est un champ. Des sarcophages ouverts traînent sous les figuiers, des murs d'églises paléochrétiennes affleurent, une route et une voie ferrée coupent l'ensemble. À Manastirine, hors les murs, la basilique funéraire a été bâtie sur la tombe de l'évêque Domnius, celui-là même à qui la cathédrale de Split est dédiée : la ville d'aujourd'hui descend de ce cimetière. Frane Bulić, le prêtre archéologue qui a fouillé Salone toute sa vie, s'y est fait bâtir une maison avec des fragments antiques et repose au milieu des sarcophages.
Il n'y a ni ombre, ni buvette, ni presque de panneaux : sans plan, on marche sans savoir ce qu'on regarde. L'herbe est haute en été et les serpents y sont — chaussures fermées. Un bus urbain de Split y mène, et la forteresse de Klis, plantée au-dessus dans le col, se visite dans la foulée : c'est elle qui commandait la route de l'intérieur.
En option — non compris dans le budget ci-dessus
11 h · en anglais · Split
Excursion à la Grotte bleue de Biševo en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
44 € hébergement · 38 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la Riva, 88 € la nuit.
J6 → J7 · 2 nuits · 321 € par personne
Deux kilomètres de remparts au-dessus de l'Adriatique
Deux kilomètres de remparts au-dessus de l'Adriatique, autour d'une vieille ville en marbre entièrement piétonne. ⚠️ Les paquebots de croisière décident du niveau de foule : entre 10 h et 16 h, le Stradun est un couloir. Le tour des remparts se fait au lever du jour ou en fin d'après-midi, jamais en plein midi — il n'y a aucune ombre.
Dubrovnik est une ville fermée : deux kilomètres de remparts épais entourent une vieille ville de marbre entièrement piétonne, où l'on entre par trois portes seulement. Elle a été une république marchande indépendante pendant plus de quatre siècles, ce qui explique sa richesse architecturale et son absence de château seigneurial — elle se gouvernait elle-même.
⚠️ Ce sont les paquebots de croisière qui décident du niveau de foule, pas la saison au sens large. Entre dix et seize heures, les jours où plusieurs navires accostent, le Stradun devient un couloir où l'on avance au pas et les remparts sont saturés. Tôt le matin, dès l'ouverture, ou après dix-sept heures, la ville est une autre. Le calendrier des escales est public et se consulte avant de fixer sa journée.
⚠️ Le tour des remparts prend une heure et demie à deux heures et n'a strictement aucune ombre. En plein été, à midi, sur de la pierre blanche réverbérante, c'est éprouvant et parfois dangereux pour les personnes fragiles. Il se fait au lever du jour ou en fin d'après-midi, avec de l'eau. Le sens de circulation est imposé et il n'y a pas de sortie intermédiaire sur une partie du parcours. L'île de Lokrum, à quinze minutes de bateau, offre l'ombre et la baignade que la ville n'a pas.
À table
Le vrai spectacle est en dessous : les toits. Depuis le chemin de ronde, on voit d'un coup quelles tuiles sont neuves — orange vif, uniformes — et lesquelles ont survécu : rose délavé, irrégulières, tachées de lichen. Les premières couvrent les maisons brûlées pendant le siège de 1991 et 1992, quand la ville a été bombardée depuis les hauteurs. Une carte des impacts est affichée en bas ; d'en haut, on les compte soi-même.
Ces murs n'ont jamais été pris d'assaut, et c'est tout le sujet : la République de Raguse a survécu en payant tribut aux Ottomans, en achetant des traités et en renseignant tout le monde sur tout le monde. Les remparts servaient à décourager, pas à combattre. Le fort Lovrijenac, planté sur son rocher hors les murs, porte au-dessus de sa porte la devise que la ville se répétait : la liberté ne se vend pas pour tout l'or du monde.
Le tour se fait dans un seul sens et les sorties intermédiaires sont rares : une fois engagé, on va au bout. Le billet inclut Lovrijenac le même jour et beaucoup l'oublient. Monter dès l'ouverture, avec de l'eau : il n'y a pas un mètre d'ombre, les marches sont hautes et inégales, et la pierre renvoie la chaleur tout l'après-midi.
Le téléphérique monte en quelques minutes au sommet du mont Srđ, à un peu plus de quatre cents mètres au-dessus de Dubrovnik, et donne la seule vue en plan sur la vieille ville : on voit d'un coup le tracé des remparts, la trame des rues et la mer avec les îles Élaphites derrière.
L'installation d'origine, ouverte dans les années 1960, a été détruite pendant le siège de 1991-1992 et n'a été reconstruite qu'en 2010. C'est le point central de l'histoire du lieu : le fort impérial du sommet, bâti sous Napoléon, a été tenu par une poignée de défenseurs croates pendant tout le siège, sa chute ayant entraîné celle de la ville.
Il abrite aujourd'hui un musée consacré à la guerre d'indépendance, avec photographies, armes et témoignages. ⚠️ La visite change le regard sur les toits de la vieille ville : leur uniformité de tuiles vives s'explique par le fait qu'ils ont été refaits en bloc après les bombardements, qui ont touché une majorité des bâtiments du centre historique. On monte aussi à pied par un sentier en lacets — une heure de montée sans ombre, à éviter en milieu de journée.
La rue principale est un bras de mer comblé. Raguse s'est formée sur un îlot rocheux face à un village de la côte ; le chenal qui les séparait a été remblayé au Moyen Âge, les deux moitiés se sont soudées, et la rue suit le tracé de l'eau disparue — d'où sa rectitude, unique dans une ville où tout le reste monte en escaliers.
L'uniformité des façades vient d'une catastrophe. En 1667, un séisme a jeté la ville à terre et tué des milliers d'habitants ; la reconstruction a été réglementée jusqu'au détail, mêmes hauteurs, mêmes fenêtres, et cette porte de boutique surmontée d'un guichet en arc, répétée sur toute la longueur. La ville qu'on croit médiévale est un plan d'urbanisme du XVIIe siècle derrière des murs médiévaux.
Deux détails disent cette république marchande : son plus haut magistrat était élu pour un mois et ne pouvait pas quitter le palais pendant sa charge, et l'inscription au-dessus de la porte lui ordonnait d'oublier ses affaires privées. C'est aussi ici qu'est née la quarantaine, imposée dès le XIVe siècle aux voyageurs venus de zones contaminées. L'escalier baroque qui monte aux jésuites a servi à une scène de série connue : il est occupé du matin au soir.
Le sel a payé les murailles. Raguse a acheté la presqu'île au XIVe siècle pour son sel, denrée alors stratégique, et a bâti des kilomètres de rempart autour d'une industrie, pas d'une ville. Les bassins fonctionnent toujours et la récolte se fait encore à la main, à la raclette de bois, en plein été.
Les huîtres poussent juste à côté, dans la baie de Mali Ston, là où des sources d'eau douce sortent au fond de la mer : c'est ce mélange qui fait leur goût. Ce sont des plates européennes, élevées sur cordes, qu'on ouvre au bord du ponton et qu'on mange avec un peu de citron, rien d'autre. Leur fête tombe à la Saint-Joseph, en mars, quand elles sont pleines et qu'il n'y a personne.
L'autre richesse est sur le versant sud. Les vignes de Dingač tiennent sur une pente si raide qu'on y montait à dos d'âne ; les vignerons ont percé la crête d'un tunnel d'une seule voie, sans éclairage, pour descendre la récolte — on l'emprunte encore, en klaxonnant. Leur cépage, le plavac mali, descend d'une variété dalmate que l'analyse génétique a identifiée au zinfandel californien. Depuis l'ouverture du pont, la route ne traverse plus le territoire bosnien : plus de poste-frontière sur le trajet.
En option — non compris dans le budget ci-dessus
2 h · Dubrovnik
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
50 € hébergement · 42 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Gruž ou Lapad, 100 € la nuit.
1 132 € par personne pour 7 jours, soit 162 € / jour. À deux, 2 264 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 307 € | 27 % |
| Repas | 262 € | 23 % |
| Transport sur place | 133 € | 12 % |
| Billets de train et de bus | 81 € | 7 % |
| Activités | 349 € | 31 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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