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Égypte en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

1 206 € par personne sur place pour 14 jours, soit 86 € / jour — en 6 étapes, du Caire et Gizeh à Hurghada et la mer Rouge. En passant par Alexandrie, Désert Blanc et Bahariya, Louxor, puis Assouan.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · trois semaines · toutes les étapes de Égypte

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Le Caire — Aéroport international (CAI), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Le Caire et Gizeh, Égypte

    01. Le Caire et Gizeh

    J1 → J3 · 3 nuits · 287 € par personne

    Les pyramides, mille minarets et vingt millions d'habitants

    Vingt millions d'habitants, et les pyramides à dix-huit kilomètres du centre — assez près pour qu'un immeuble les jouxte, assez loin pour que le trajet prenne une heure aux mauvaises heures. ⚠️ Entrer dans la pyramide de Khéops se paie à part, se fait plié en deux sur cent mètres, et n'a rien à voir avec ce qu'on imagine.

    En savoir plus sur Le Caire et Gizeh

    Le Caire est une agglomération de plus de vingt millions d'habitants et se comporte comme telle : la circulation est permanente, les klaxons sont un langage, et traverser une rue s'apprend en suivant un passant plutôt qu'en attendant un feu. Les pyramides sont à dix-huit kilomètres du centre, assez près pour qu'un quartier les jouxte et qu'on les voie depuis un toit, assez loin pour que le trajet prenne une heure aux mauvaises heures.

    La ville se lit par couches successives, et chacune a son quartier : le Caire copte et ses églises antérieures à l'islam, la ville fatimide autour de la rue al-Muizz et du Khan el-Khalili, les mosquées mameloukes, le centre khédivial haussmannien du XIXᵉ siècle, et les tours modernes de Zamalek sur son île. On ne les enchaîne pas à pied — les applications de transport sont l'usage courant et bon marché.

    ⚠️ Entrer dans la pyramide de Khéops se paie en supplément du billet du plateau, et il faut savoir à quoi s'attendre : une centaine de mètres de couloir où l'on progresse plié en deux, sans air, dans une chaleur et une odeur difficiles, pour arriver dans une chambre de granit entièrement vide. Ce n'est ni décoré ni éclairé comme les tombes de Louxor. Les personnes claustrophobes ou fragiles doivent s'en abstenir, et beaucoup de visiteurs jugent après coup que le supplément n'en valait pas la peine.

    À table

    • Koshari — riz, lentilles, macaronis et pois chiches sous une sauce tomate à l'ail et des oignons frits, le plat national, chez Abou Tarek au centre-ville.
    • Ful medames — les fèves mijotées à l'huile et au cumin, le petit-déjeuner de tout le pays, dans un pain baladi.
    • Ta'ameya — le falafel égyptien aux fèves plutôt qu'aux pois chiches, vert à l'intérieur, frit à la commande.
    • Hawawshi — le pain baladi farci de viande hachée épicée et cuit au four, le sandwich chaud des rues.
    • Umm Ali — le dessert de pâte feuilletée, lait, noix et raisins secs gratiné, servi brûlant.

    Jour 1

    • Plateau de Gizeh et le Sphinx, Le Caire et Gizeh, Égypte
      Plateau de Gizeh et le Sphinx Les trois pyramides et le Sphinx, seule merveille antique encore debout, à la lisière d'une ville de vingt millions d'habitants — le désert commence au bout d'une avenue. ⚠️ Paiement par carte uniquement depuis 2026, et le billet du plateau ne donne accès à l'intérieur d'aucune pyramide.
      En savoir plus

      Khéops a gardé le record de la plus haute construction humaine pendant près de quatre mille ans, jusqu'à la cathédrale de Lincoln au XIVᵉ siècle. Elle culminait à 146 mètres ; il en reste 138, parce que le revêtement de calcaire poli qui la couvrait a été arraché au Moyen Âge pour bâtir Le Caire. C'est pourquoi Khéphren, pourtant plus petite, paraît plus haute : elle est posée sur un socle rocheux plus élevé et a conservé sa coiffe de calcaire au sommet.

      Le Sphinx n'a pas été assemblé mais taillé dans un unique affleurement calcaire, sur place, là où les carriers avaient extrait les blocs de la pyramide voisine. Son nez manquait déjà en 1737, quand le Danois Frederic Norden l'a dessiné — les canons de Bonaparte, arrivés soixante ans plus tard, n'y sont pour rien. Entre ses pattes, une stèle de granit raconte le rêve de Thoutmôsis IV, à qui le Sphinx aurait promis le trône contre un déblaiement du sable.

      Le billet du plateau ne donne accès à l'intérieur d'aucune pyramide : c'est un supplément, et il se prend séparément.

      culture
      16 €
    • Grand Musée égyptien, Le Caire et Gizeh, Égypte
      Grand Musée égyptien Cinquante mille objets sur cinquante hectares face aux pyramides, dont le trésor complet de Toutankhamon réuni pour la première fois — plus de cinq mille pièces. L'escalier monumental aligne les colosses jusqu'à une baie vitrée qui cadre les pyramides. ⚠️ 1 450 EGP : deux fois le prix du plateau.
      En savoir plus

      Le plus grand musée au monde consacré à une seule civilisation, ouvert en 2025 après vingt ans de chantier, à deux kilomètres des pyramides qu'on aperçoit depuis ses baies.

      L'objet du parcours est la collection de Toutankhamon : cinq mille trois cent quatre-vingt-dix-huit pièces, exposées ensemble pour la première fois depuis leur découverte. Au Caire, on n'en montrait qu'une fraction, faute de place. On y voit donc non seulement le masque et les sarcophages, mais les lits, les chars démontés, les cannes, les sandales, les jarres de vin étiquetées par millésime — l'équipement complet d'un mort de dix-neuf ans.

      Le grand escalier est une mise en scène à lui seul : on monte entre des statues royales de plus en plus grandes, chronologiquement, pour déboucher sur une baie vitrée qui cadre les trois pyramides. La barque solaire de Khéops, quarante-trois mètres de cèdre du Liban assemblés sans un clou, y a été transportée en 2021 dans un véhicule climatisé roulant à un kilomètre-heure.

      Compter une demi-journée au minimum. Le musée est vaste et il n'y a pas de raccourci vers Toutankhamon.

      culture
      30 €

    Jour 2

    • Khan el-Khalili et la mosquée al-Azhar, Le Caire et Gizeh, Égypte
      Khan el-Khalili et la mosquée al-Azhar Un souk du XIVe siècle où l'on vend encore le cuivre, l'ambre et les épices dans les mêmes ruelles. Le café El-Fishawy y sert le thé sans interruption depuis 1773. En face, al-Azhar, fondée en 970, est l'une des plus anciennes universités du monde toujours en activité.
      En savoir plus

      Un souk depuis 1382, fondé par l'émir Jaharkas al-Khalili qui fit raser une nécropole fatimide pour y installer un caravansérail. Les corps de métier sont restés groupés par ruelle comme au Moyen Âge : les cuivriers d'un côté, les orfèvres de l'autre, les parfumeurs plus loin. On y marchande encore, et le prix annoncé est un point de départ, pas une information.

      Le café El-Fishawy sert le thé sans discontinuer depuis 1797, dans une ruelle de deux mètres tapissée de miroirs. Naguib Mahfouz, seul prix Nobel de littérature de langue arabe, y écrivait ; le quartier entier est le décor de sa trilogie.

      À deux pas, al-Azhar a été fondée en 970 — c'est l'une des plus anciennes universités du monde encore en activité, et l'autorité théologique de référence pour une grande partie du monde sunnite. La cour se visite entre les prières.

      Y aller en fin d'après-midi : les artisans travaillent, la lumière descend dans les ruelles et la chaleur retombe.

      marché
      gratuit
    • Rue al-Muizz à la tombée du jour, Le Caire et Gizeh, Égypte
      Rue al-Muizz à la tombée du jour Un kilomètre de rue médiévale piétonne qui concentre la plus forte densité de monuments islamiques au monde : madrasas, sabils, minarets mamelouks. Éclairée le soir, vidée des voitures, c'est le moment où le Caire islamique est le plus beau, et l'accès est libre.
      En savoir plus

      Un kilomètre de rue médiévale qui concentre la plus forte densité de monuments islamiques au monde — madrasas, sabils, minarets, caravansérails, du Xᵉ au XIXᵉ siècle sans interruption. C'était l'axe principal du Caire fatimide, celui par lequel entraient les caravanes.

      Le segment central s'appelle Bayn al-Qasrayn, « entre les deux palais » : ils ont disparu, le nom est resté, et Mahfouz en a fait le titre du premier tome de sa trilogie. Le complexe de Qalawun, sur la gauche, abritait un hôpital fondé en 1284 qui a soigné sans interruption jusqu'au XXᵉ siècle.

      La rue a été piétonnisée et restaurée en 2008, et les façades sont éclairées à la nuit tombée. C'est le moment à viser : la pierre mamelouke à bandes bicolores prend une couleur qu'elle n'a pas en plein jour, et la rue se remplit de familles cairotes plutôt que de visiteurs.

      Gratuit et ouvert en permanence ; seuls les intérieurs se paient.

      marché
      gratuit

    Jour 3

    • Mosquée d'Ibn Touloun, Le Caire et Gizeh, Égypte
      Mosquée d'Ibn Touloun La plus ancienne mosquée du Caire conservée dans sa forme d'origine, achevée en 879, et un immense cour vide de 26 000 m² où l'on entend ses propres pas. Son minaret à escalier extérieur en spirale se monte, et donne la vue sur la ville qu'aucun guide ne propose. Entrée libre.
      En savoir plus

      La plus ancienne mosquée du Caire encore dans sa forme d'origine, achevée en 879. Ahmad ibn Touloun, gouverneur envoyé par Bagdad qui s'est taillé un émirat, l'a voulue assez grande pour son armée entière : six hectares et demi, une cour de quatre-vingt-douze mètres de côté, vide, éblouissante.

      Elle est en brique cuite et en stuc, pas en colonnes de temples récupérées comme la plupart des mosquées de la ville — un choix délibéré : rien de ce bâtiment n'a été volé à un autre. Son minaret à escalier extérieur en spirale est unique en Égypte ; on le dit copié sur celui de Samarra, que son commanditaire avait vu enfant.

      Tombée en désuétude, elle a servi d'entrepôt, d'asile pour pèlerins et même d'abri à bestiaux au XIIIᵉ siècle, ce qui l'a paradoxalement sauvée : personne ne l'a modernisée.

      La montée du minaret est ouverte et donne la meilleure vue sur la vieille ville et la citadelle — l'escalier est extérieur et sans garde-corps sur la fin. Entrée libre, chaussures à retirer ou surchaussures fournies.

      culture
      gratuit
    • Musée égyptien de Tahrir, Le Caire et Gizeh, Égypte
      Musée égyptien de Tahrir L'ancien musée, néoclassique et poussiéreux, vidé de ses pièces maîtresses parties au Grand Musée mais toujours plein à craquer : sarcophages empilés, vitrines d'acajou et étiquettes tapées à la machine. Un charme d'inventaire que le nouveau musée n'a pas, pour cinq fois moins cher.
      En savoir plus

      Le vieux musée de 1902, bâtiment néoclassique rose posé sur la place Tahrir, est devenu une autre visite depuis que Toutankhamon et les momies royales l'ont quitté. Ce n'est plus le musée le plus riche d'Égypte, et c'est précisément ce qui le rend intéressant.

      On y trouve encore l'entassement d'origine : des vitrines en bois, des étiquettes tapées à la machine, parfois manuscrites, des statues posées au sol sans cordon. Cent vingt mille pièces dans un espace prévu pour beaucoup moins. C'est la muséographie du début du XXᵉ siècle, conservée par manque de moyens, et elle donne une idée juste de ce à quoi ressemblait l'égyptologie avant les scénographies lumineuses.

      Les salles d'Amarna valent le détour à elles seules : les statues d'Akhenaton, au ventre lourd et au menton allongé, rompent avec mille cinq cents ans de canon égyptien. Aucun pharaon avant ni après ne s'est fait représenter ainsi.

      À dix euros, c'est le musée le moins cher et le moins fréquenté du voyage. Y aller après le Grand Musée, pas avant : le contraste est tout l'intérêt.

      culture
      10 €

    34 € hébergement · 24 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec vue sur les pyramides à Gizeh, 68 € la nuit.

    Voir les hébergements à Le Caire et Gizehlien affilié

  2. Le Caire et Gizeh → Alexandrie — Train express depuis Ramsès, 2 h 30, 12 € par personne.
  3. Alexandrie, Égypte

    02. Alexandrie

    J4 → J5 · 2 nuits · 137 € par personne

    La Méditerranée, une bibliothèque et un passé effacé

    Une ville méditerranéenne qui a perdu presque tout son passé antique : le phare et la grande bibliothèque ont disparu, la seconde remplacée par un bâtiment contemporain spectaculaire. On y vient pour la corniche, le poisson et une atmosphère de province qui n'a rien de celle du Caire.

    En savoir plus sur Alexandrie

    Alexandrie est une ville méditerranéenne avant d'être une ville égyptienne, et c'est ce qui frappe en arrivant du Caire : le climat est plus doux, l'air marin remplace la poussière, et le rythme est celui d'une grande ville de province. Elle a compté parmi les capitales intellectuelles du monde antique, mais il n'en reste presque rien de visible — le phare s'est effondré, la grande bibliothèque a disparu, et une partie de la ville antique est sous l'eau ou sous la ville actuelle.

    Ce vide est en soi le sujet de l'étape : on vient voir un endroit chargé d'histoire dont l'histoire est absente. Le fort de Qaitbay occupe l'emplacement exact du phare et en réemploie des blocs ; la Bibliotheca Alexandrina, inaugurée en 2002, est un bâtiment contemporain spectaculaire en forme de disque incliné qui assume de remplacer une mémoire perdue.

    Ce qui existe vraiment, c'est la corniche : une courbe de plusieurs kilomètres le long de la baie, où toute la ville marche en fin de journée, et où l'on mange du poisson choisi sur l'étal avant d'être grillé. Le quartier grec et le marché d'Attarine gardent des traces de la ville cosmopolite d'avant les années 1950. ⚠️ L'hiver y est pluvieux et venteux, contrairement au reste du pays — c'est la seule étape où la saison basse égyptienne n'est pas la meilleure.

    À table

    • Sayadeya — le riz cuit dans un bouillon de poisson aux oignons caramélisés, avec le poisson du jour posé dessus, le plat de la côte.
    • Kebda eskandarani — le foie de veau sauté aux piments et à l'ail, en sandwich, spécialité de la ville que Le Caire lui envie.
    • Poisson d'Anfoushi — choisi sur la glace du marché du port et grillé sur place, dans les restaurants du quartier des pêcheurs.
    • Pâtisseries de Délices — la pâtisserie levantine de 1922 sur la corniche, mille-feuilles et gâteaux d'une autre époque.
    • Freska — la gaufrette au miel et aux cacahuètes vendue sur les plages par des marchands ambulants qui crient son nom.

    Jour 4

    • Corniche et fort de Qaitbay, Alexandrie, Égypte
      Corniche et fort de Qaitbay Quinze kilomètres de front de mer battu par la Méditerranée, et un fort mamelouk bâti en 1477 sur les fondations du phare d'Alexandrie, avec ses blocs de granit réemployés dans les murs. La promenade extérieure et la digue sont libres d'accès.
      En savoir plus

      Quinze kilomètres de front de mer battu par la Méditerranée, sans une plage : Alexandrie tourne le dos au désert et regarde vers l'Europe, et c'est ce qui la rend si différente du reste de l'Égypte.

      Le fort de Qaitbay est bâti sur l'emplacement exact du phare d'Alexandrie, l'une des sept merveilles du monde antique. Le phare, haut d'environ cent vingt mètres, a tenu seize siècles avant que les séismes ne l'abattent entre 956 et 1323. En 1477, le sultan Qaitbay a fait relever un fort avec ses blocs tombés : certains, énormes et de granit rose d'Assouan, se reconnaissent encore dans les murs de l'entrée.

      Le reste du phare est dans l'eau. Des campagnes archéologiques menées depuis 1994 ont cartographié des centaines de blocs, des sphinx et des obélisques par huit mètres de fond, au pied même du fort. Rien n'a été remonté : le site est protégé et se visite en plongée encadrée.

      La corniche se parcourt en tramway pour quelques piastres.

      marché
      gratuit
    • Bord de mer d'Anfouchi et port de pêche, Alexandrie, Égypte
      Bord de mer d'Anfouchi et port de pêche Le vieux port ottoman, ses barques bleues et la halle aux poissons où l'on choisit sa prise avant qu'elle soit grillée devant soi. C'est ici qu'on mange le mieux à Alexandrie, et pour presque rien.
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      Le vieux port ottoman, à l'ouest du fort, avec ses barques peintes en bleu et sa halle aux poissons. C'est le port qui travaille encore, pas une reconstitution : les bateaux rentrent au petit matin et l'étal se remplit dans la foulée.

      Le principe des restaurants du quartier surprend si on ne le connaît pas : on choisit son poisson sur la glace, on le fait peser, on paie au kilo, et on décide de la cuisson — grillé, au four, ou en sayadeya avec du riz aux oignons caramélisés. Le prix affiché est celui du poisson cru ; la cuisson et les mezze se facturent à part.

      Alexandrie mange ce que le reste de l'Égypte ne mange presque pas. La cuisine y est méditerranéenne plutôt que nilotique : poulpe, crevettes, rougets, et une friture de petits poissons qu'on appelle ici bissarya.

      Le quartier s'anime en fin d'après-midi et jusque tard ; à midi tout est calme et beaucoup d'étals sont déjà vides.

      marché
      gratuit

    Jour 5

    • Marché de Attarine et quartier grec, Alexandrie, Égypte
      Marché de Attarine et quartier grec Le marché aux antiquités et aux brocanteurs, dans les rues de l'ancienne ville cosmopolite où vivaient Grecs, Italiens et Juifs jusqu'aux années 1950. Les cafés Trianon et Délices, aux boiseries d'origine, sont les derniers témoins de cette Alexandrie-là.
      En savoir plus

      Le marché aux antiquaires et aux brocanteurs, installé dans les rues de l'Alexandrie cosmopolite — celle où vivaient Grecs, Italiens, Arméniens, Syriens et Juifs, et qui a cessé d'exister en une décennie.

      Après la crise de Suez en 1956 puis les nationalisations de 1961, ces communautés sont parties presque entièrement, laissant meubles, vaisselle, lustres et bibliothèques. C'est exactement ce qu'on trouve à Attarine : le mobilier d'une ville qui a changé de population. On y voit du Louis-Philippe égyptien, des phonographes, des enseignes en grec.

      Le quartier est celui de Constantin Cavafy, le plus grand poète grec moderne, qui a vécu et écrit ici toute sa vie ; son appartement se visite, laissé en l'état. C'est aussi le décor du Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durrell — une ville qui n'existe plus que dans ses livres et dans ces vitrines.

      Marchander est la règle, et l'authenticité des pièces est très variable.

      marché
      gratuit

    28 € hébergement · 22 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur la corniche, 55 € la nuit.

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  4. Alexandrie → Désert Blanc et Bahariya — mixte, via Le Fayoum, 9 h 30, 59 € par personne.
  5. Désert Blanc et Bahariya, Égypte

    03. Désert Blanc et Bahariya

    J6 → J7 · 2 nuits · 133.5 € par personne

    Des sculptures de craie blanche, et une nuit sans réseau

    Des formations de craie blanche sculptées par le vent, au milieu d'un désert de sable. On y dort sous tente, sans réseau ni électricité, avec une nuit étoilée qui est la vraie raison de venir. ⚠️ Cela se fait obligatoirement avec un opérateur en 4×4 — il n'y a ni route, ni balisage, ni secours.

    En savoir plus sur Désert Blanc et Bahariya

    Le Désert Blanc est un plateau de craie que le vent a sculpté en formations isolées — champignons, colonnes, silhouettes — d'un blanc éclatant posées sur du sable clair. L'effet est irréel en plein jour et davantage encore au clair de lune, quand le sol semble éclairé par en dessous. Il se rejoint depuis l'oasis de Bahariya, à quatre ou cinq heures de route du Caire.

    ⚠️ Cela se fait obligatoirement avec un opérateur en véhicule tout-terrain. Il n'y a ni route, ni balisage, ni réseau, ni secours à portée : on quitte la piste pour rouler sur le sable, et l'orientation se fait à l'expérience. Voyager seul y est à la fois interdit en pratique et dangereux. Les autorisations et les points de contrôle militaires font partie du trajet et sont gérés par l'opérateur.

    La nuit sous tente est la vraie raison de venir, et il faut savoir à quoi ressemble le confort : un bivouac sommaire, pas de sanitaires, un repas préparé sur place au feu. ⚠️ L'écart de température entre le jour et la nuit est considérable — on peut passer de plus de trente degrés à moins de dix en hiver, et il faut un vrai vêtement chaud, ce que peu de voyageurs emportent en Égypte. En échange, le ciel est parmi les plus purs qu'on puisse voir, sans aucune pollution lumineuse à des centaines de kilomètres.

    À table

    • Dîner bédouin — poulet et légumes cuits sous le sable dans un four enterré, servis au coucher du soleil devant les rochers blancs.
    • Dattes de Bahariya — la palmeraie de l'oasis en produit des tonnes, sèches et sucrées, dans les échoppes de Bawiti.
    • Olives de Bahariya — l'autre culture de l'oasis, en saumure ou en huile, sur la table des guesthouses.
    • Thé bédouin — noir, très sucré, infusé longuement sur les braises, à toute heure.

    Jour 6

    • Nuit sous tente dans le Désert Blanc, Désert Blanc et Bahariya, Égypte
      Nuit sous tente dans le Désert Blanc Des formations de craie blanche érodées par le vent en champignons, en poules et en voiles, sur un sol de sable clair : le paysage le plus étrange d'Égypte, et le seul endroit du pays où l'on dort dehors. ⚠️ Aucun réseau, aucune électricité — c'est une étape hors ligne, et c'est ce qui en fait le prix.
      En savoir plus

      Un plateau de craie que le vent a sculpté en champignons, en tours et en voiles, posés sur un sol de sable pâle. La roche est un fond marin du Crétacé, tendre, que l'érosion éolienne creuse par le bas : les formations tiennent sur des pieds de plus en plus fins jusqu'à basculer. Le paysage change donc réellement, à l'échelle de quelques décennies.

      La nuit est ce qu'on vient chercher. Le camp se monte au pied des formations, on dîne au feu, on dort sur des tapis à même le sable. Sans lune, la Voie lactée est nette d'un horizon à l'autre — il n'y a pas une lumière à cent kilomètres. Au lever du jour, la craie passe du bleu au rose puis au blanc pur en une demi-heure.

      Les fennecs viennent rôder autour des camps ; ils sont habitués et n'ont pas peur.

      L'excursion se fait obligatoirement en 4x4 avec un guide de Bahariya. Il fait froid après le coucher du soleil, même en été : prévoir une polaire, ce que personne n'anticipe.

      nature
      gratuit

    Jour 7

    • Désert Noir et cristaux du Crystal Mountain, Désert Blanc et Bahariya, Égypte
      Désert Noir et cristaux du Crystal Mountain Des collines coiffées de basalte broyé, noires au milieu du sable ocre, vestiges d'éruptions volcaniques. Sur la piste, un affleurement de calcite pure — la « montagne de cristal » — scintille au soleil et se traverse par une arche naturelle.
      En savoir plus

      Sur la piste entre Bahariya et le Désert Blanc, le sable ocre se couvre soudain de collines noires : des cônes volcaniques érodés, coiffés de basalte broyé par des millions d'années d'écarts thermiques. On monte sur l'un d'eux en dix minutes ; du sommet, le contraste entre les pierres noires et le désert clair porte à perte de vue.

      Un peu plus loin, le Crystal Mountain n'est pas une montagne mais un affleurement de calcite pure, traversé d'une arche naturelle. Il a été découvert par accident, en traçant la route : les engins ont éventré le filon, qui brille au soleil comme du verre pilé.

      Le site est fragile et a beaucoup souffert des prélèvements. Les guides demandent de ne rien emporter, et c'est une consigne à respecter : ce qui reste est déjà bien entamé.

      Les deux arrêts se font sur le trajet du Désert Blanc, sans détour ni supplément. Compter une heure au total.

      nature
      gratuit
    • Sources chaudes et palmeraie de Bahariya, Désert Blanc et Bahariya, Égypte
      Sources chaudes et palmeraie de Bahariya Une oasis de trois cent mille palmiers dans une cuvette du désert, irriguée par des sources dont certaines sortent à 45 °C. On s'y baigne le soir, après le désert, et c'est là que les caravanes s'arrêtaient déjà.
      En savoir plus

      Bahariya est une dépression d'une centaine de kilomètres de long creusée dans le plateau désertique, où la nappe phréatique affleure : c'est ce qui permet une palmeraie de plusieurs centaines de milliers d'arbres au milieu du Sahara, avec des cultures d'oliviers, d'abricotiers et de céréales à l'ombre des palmes — le système d'étages caractéristique des oasis.

      Certaines sources sortent à des températures élevées, d'autres sont fraîches, et plusieurs sont aménagées en bassins où l'on se baigne le soir, après la journée dans le désert. C'est un usage local autant que touristique.

      L'oasis a livré à la fin des années 1990 une découverte archéologique majeure : une nécropole gréco-romaine contenant des centaines de momies dorées, dite Vallée des Momies dorées, mise au jour par hasard. ⚠️ Seule une petite partie est visible dans le musée local, souvent fermé, et le site lui-même n'est pas ouvert. Les sources fréquentées par les visiteurs se trouvent en dehors du village ; ⚠️ dans une région conservatrice, la tenue de bain se limite en pratique à un tee-shirt et un short, y compris pour les hommes.

      détente
      gratuit

    23 € hébergement · 24 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Maison d'hôtes de l'oasis, 45 € la nuit.

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  6. Désert Blanc et Bahariya → Louxor — Retour au Caire puis train de nuit, 14 h, 38 € par personne.
  7. Louxor, Égypte

    04. Louxor

    J8 → J10 · 3 nuits · 220.5 € par personne

    Le plus grand musée à ciel ouvert du monde

    L'ancienne Thèbes, coupée en deux par le Nil : les temples des vivants sur la rive est, les tombeaux des morts sur la rive ouest. ⚠️ La Vallée des Rois se visite au petit matin — passé 10 h la chaleur dans les tombes devient difficile, et la lumière sur Karnak est meilleure en fin de journée.

    En savoir plus sur Louxor

    Louxor occupe le site de l'ancienne Thèbes, capitale de l'Égypte pendant plusieurs siècles, et la ville est organisée par une logique religieuse simple : à l'est, du côté du soleil levant, les temples des vivants — Karnak et Louxor ; à l'ouest, du côté du couchant, les tombeaux et les temples funéraires. Le Nil sépare les deux, et un bac ou un pont les relie.

    ⚠️ La chaleur commande absolument le programme. La Vallée des Rois se visite dès l'ouverture : les tombes sont creusées dans la roche, sans ventilation, et la température y monte très vite ; passé dix heures, la visite devient physiquement pénible et l'on écourte. Karnak, à l'inverse, est plus beau en fin de journée, quand la lumière rase les colonnes de la salle hypostyle. L'après-midi se passe à l'ombre.

    La rive ouest se prête au vélo, entre les champs et les canaux, sur des routes plates qui relient les colosses de Memnon, le Ramesséum et Deir el-Médineh — le village où vivaient les artisans qui creusaient les tombes royales, et dont les propres sépultures sont parmi les mieux peintes du site. ⚠️ Le billet de la Vallée des Rois donne accès à trois tombes au choix parmi une liste tournante ; celles de Toutânkhamon, de Séthi Iᵉʳ et de Néfertari se paient séparément et cher.

    À table

    • Hamam mahshi — le pigeon farci de riz ou de freekeh et rôti, plat de fête que l'on commande à l'avance.
    • Bamia — le tagine de gombos à la tomate et à l'agneau cuit dans le plat en terre, spécialité de Haute-Égypte.
    • Asab — le jus de canne à sucre pressé à la minute, la plaine de Louxor étant couverte de canne.
    • Aish shamsi — le pain « du soleil » levé à l'air libre et cuit au four de terre, épais et moelleux, dans les villages de la rive ouest.
    • Molokheya — la soupe verte de corète, servie avec du riz et du poulet dans les restaurants familiaux.

    Jour 8

    • Vallée des Rois, Louxor, Égypte
      Vallée des Rois Soixante-trois tombes creusées dans la montagne thébaine, dont celle de Toutankhamon retrouvée intacte en 1922. Le billet donne accès à trois tombes au choix parmi celles ouvertes ce jour-là ; Séthi Ier et Toutankhamon se paient en supplément. Les couleurs des plafonds sont d'origine.
      En savoir plus

      Les pharaons du Nouvel Empire ont abandonné la pyramide pour une raison simple : elle signalait le trésor. Ils ont creusé leurs tombes dans une vallée sèche dominée par une montagne en forme de pyramide naturelle, en espérant qu'on ne les trouverait pas. Cela n'a pas marché : sur soixante-trois tombes recensées, une seule a été retrouvée à peu près intacte, celle de Toutankhamon, en novembre 1922 — et c'était un roi mineur, mort à dix-neuf ans, enterré à la hâte dans une tombe trop petite pour lui.

      Ce qu'on vient voir n'est pas l'or, parti au musée, mais les murs. Les couloirs sont couverts du Livre de l'Amdouat et du Livre des Portes, qui décrivent heure par heure la traversée nocturne du soleil. Les plafonds portent souvent Nout, déesse du ciel, arquée au-dessus du sarcophage, avalant le soleil le soir et le remettant au monde le matin. Les couleurs sont d'origine : aucune restauration, juste trois mille ans d'obscurité et d'air sec.

      Le billet ouvre trois tombes au choix parmi celles ouvertes ce jour-là. Séthi Iᵉʳ, la plus longue et la plus fine, et Toutankhamon se paient à part.

      culture
      14 €
    • Colosses de Memnon et Ramesséum, Louxor, Égypte
      Colosses de Memnon et Ramesséum Deux statues assises de dix-huit mètres, seuls restes d'un temple funéraire disparu. L'une d'elles « chantait » au lever du soleil après un séisme — un sifflement dû à l'évaporation dans la pierre fissurée, que les Romains venaient écouter et qui a cessé quand on l'a réparée.
      En savoir plus

      Deux statues assises de dix-huit mètres, seules au milieu des champs : c'est tout ce qui reste du temple funéraire d'Amenhotep III, le plus vaste jamais bâti en Égypte, emporté par les crues et les séismes puis démonté par les pharaons suivants pour servir de carrière.

      Après le tremblement de terre de 27 avant notre ère, le colosse nord s'est mis à émettre un son au lever du jour — probablement la rosée s'évaporant dans les fissures de la pierre chauffée. Les Grecs y ont vu Memnon saluant sa mère l'Aurore, et le lieu est devenu une attraction touristique antique : une centaine de visiteurs ont gravé leur nom sur les jambes, dont l'empereur Hadrien. Septime Sévère a fait restaurer la statue vers 199, et elle s'est tue définitivement.

      À un kilomètre, le Ramesséum offre l'autre grande ruine du secteur : le colosse de Ramsès II, mille tonnes, brisé et couché sur le dos. Sa vue et l'inscription vantarde de son socle ont inspiré à Shelley le poème Ozymandias en 1818 — « Contemplez mon œuvre, ô puissants, et désespérez », au-dessus d'un champ de gravats.

      Les deux sites sont gratuits et se voient depuis la route.

      culture
      gratuit
    • Temple de Louxor à la nuit tombée, Louxor, Égypte
      Temple de Louxor à la nuit tombée En plein centre-ville, relié autrefois à Karnak par une allée de sphinx de trois kilomètres, aujourd'hui dégagée. Il ouvre jusqu'à 21 h et c'est éclairé qu'il faut le voir : une mosquée du XIIIe siècle est posée en hauteur dans la cour, à l'ancien niveau du sol.
      En savoir plus

      Un temple en pleine ville, éclairé le soir, où l'on entre par une allée de sphinx et où l'on ressort en terrasse de café. C'est la visite la plus simple du voyage, et la plus belle à la lumière rasante.

      Sa particularité tient en un détail que beaucoup ne remarquent pas : une mosquée est posée au milieu, à sept mètres au-dessus du sol antique. Abou el-Haggag a été bâtie au XIIIᵉ siècle sur les gravats accumulés qui enterraient alors le temple ; quand les archéologues ont dégagé les cours, ils ont laissé la mosquée en l'air sur ses fondations, parce qu'elle était — et reste — en service. Sa porte d'origine s'ouvre aujourd'hui dans le vide.

      Devant le pylône, un seul obélisque : l'autre est place de la Concorde à Paris depuis 1836, offert par Méhémet Ali. La France a rendu la propriété du second en 1981, il n'a jamais été enlevé.

      L'allée de sphinx qui relie le temple à Karnak, deux kilomètres sept, a rouvert en 2021 après soixante-dix ans de fouilles. Elle se parcourt à pied, de préférence au coucher du soleil.

      culture
      5 €

    Jour 9

    • Temple de Karnak, Louxor, Égypte
      Temple de Karnak Deux mille ans de chantier continu et le plus vaste ensemble religieux jamais construit. La salle hypostyle aligne cent trente-quatre colonnes de vingt-trois mètres, si serrées qu'on n'en voit jamais le bout. ⚠️ 300 EGP seulement : le rapport entre le prix et ce qu'on voit n'a d'équivalent nulle part.
      En savoir plus

      Karnak n'a pas d'architecte : c'est un chantier de deux mille ans où chaque pharaon a ajouté sa cour, son pylône ou son obélisque devant celui de son prédécesseur. On y traverse donc l'histoire égyptienne à rebours, du plus récent à l'entrée au plus ancien au fond.

      La salle hypostyle aligne cent trente-quatre colonnes sur un hectare, les douze centrales montant à vingt-trois mètres. Elles sont si serrées qu'on n'en voit jamais la fin — c'était voulu : le fidèle devait s'y sentir dans une forêt de papyrus pétrifiés, la lumière tombant en lames par les claustras du plafond.

      Le plus bel objet du site raconte une querelle de famille. Hatchepsout, femme devenue pharaon, y a dressé un obélisque de trente mètres et trois cent vingt tonnes. Son successeur Thoutmôsis III, qui a fait marteler son nom partout ailleurs, ne l'a pas abattu : il l'a emmuré. La maçonnerie a protégé les inscriptions de l'érosion pendant trois millénaires, et c'est aujourd'hui le mieux conservé d'Égypte.

      C'est le rapport entre le prix et ce qu'on voit le plus déséquilibré du catalogue.

      culture
      6 €
    • Rive ouest à vélo entre les champs, Louxor, Égypte
      Rive ouest à vélo entre les champs Le contraste que personne n'attend : à cinq cents mètres des temples, des villages de brique crue, des champs de canne et des buffles. Le bac public traverse le Nil pour quelques livres, et les vélos se louent au débarcadère.
      En savoir plus

      Le contraste que personne n'attend : à cinq cents mètres des temples funéraires, la campagne. Des villages de brique crue, des champs de canne à sucre et de trèfle, des buffles à l'attache, des enfants qui rentrent de l'école — la vallée du Nil telle qu'elle fonctionne, à quelques mètres de la vallée des morts.

      La frontière est nette et ancienne : les Égyptiens enterraient à l'ouest, où le soleil se couche, et cultivaient la terre noire inondable. Le désert commence exactement là où s'arrête l'irrigation, sans transition — on passe du vert au sable en un pas.

      Le bac public traverse depuis la corniche de Louxor pour quelques piastres, vélos compris, et les loueurs sont à la sortie du débarcadère. Les pistes entre les champs sont plates et sans circulation : on peut relier les Colosses, le Ramesséum et Deir el-Médineh dans la matinée.

      Partir avant sept heures. À partir de dix heures la chaleur rend le vélo pénible, et c'est aussi le moment où les cars arrivent.

      marché
      gratuit

    Jour 10

    • Coucher de soleil sur le Nil en felouque, Louxor, Égypte
      Coucher de soleil sur le Nil en felouque La montagne thébaine passe au rose pendant que la voile latine remonte le courant. C'est l'activité la moins chère et la plus mémorable de Louxor — négocier au ponton, jamais par un intermédiaire d'hôtel.
      En savoir plus

      La montagne thébaine, sur la rive ouest, forme un mur calcaire derrière lequel le soleil se couche — c'est exactement la raison pour laquelle les Égyptiens y ont placé leurs tombeaux : le couchant est le domaine des morts, le levant celui des vivants, et la géographie de Louxor est une application littérale de cette théologie.

      Depuis le fleuve, on voit la falaise passer de l'ocre au rose puis au violet en une vingtaine de minutes, avec les silhouettes des palmiers et des cultures au premier plan. La voile latine remonte le courant au vent du nord et redescend en se laissant porter, sans moteur.

      ⚠️ C'est l'activité la moins chère et souvent la plus mémorable de l'étape, et elle se négocie directement au ponton, avec le batelier, pour la barque et pour une durée convenue avant d'embarquer. Passer par un intermédiaire d'hôtel multiplie le prix sans rien ajouter. ⚠️ S'assurer que le prix annoncé est bien pour l'embarcation et non par personne évite la discussion au retour — c'est la confusion la plus fréquente à Louxor.

      détente
      gratuit

    26 € hébergement · 21 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine face au Nil, 52 € la nuit.

    Voir les hébergements à Louxorlien affilié

  8. Louxor → Assouan — mixte, via Édfou et Kôm Ombo, 3 h 48, 16 € par personne.
  9. Assouan, Égypte

    05. Assouan

    J11 → J12 · 2 nuits · 141.5 € par personne

    La Nubie, les îles du Nil et Abou Simbel

    Le sud nubien, plus calme et plus vert que le reste du pays, avec des îles au milieu du Nil et des felouques à voile qui restent le meilleur moyen de s'y déplacer. ⚠️ Abou Simbel est à deux cent quatre-vingts kilomètres — trois heures de route chaque sens, départ vers 4 h du matin, ou trente minutes d'avion.

    En savoir plus sur Assouan

    Assouan marque l'entrée en Nubie, et le changement se sent immédiatement : la ville est plus petite, plus calme et plus verte que tout ce qui précède, le Nil s'y élargit en semant des îles et des rochers de granit, et la population nubienne a sa langue, son architecture et ses couleurs propres. Les felouques à voile latine y restent le meilleur moyen de circuler, et souvent le plus rapide.

    Le granit rose d'Assouan a fourni les obélisques et les colosses de toute l'Égypte, et les carrières se visitent : l'obélisque inachevé, fissuré pendant la taille et abandonné sur place, mesure quarante-deux mètres et pèserait plus de mille tonnes — il donne mieux qu'aucun monument l'idée du chantier que représentait un tel objet.

    ⚠️ Abou Simbel est à deux cent quatre-vingts kilomètres au sud, soit trois heures de route dans chaque sens à travers le désert. Le départ se fait traditionnellement vers quatre heures du matin, en convoi ou en groupe, pour être sur place avant la chaleur ; l'avion réduit le trajet à une demi-heure mais coûte nettement plus. Les deux temples ont été découpés en blocs et remontés soixante mètres plus haut dans les années 1960 pour échapper à la montée du lac Nasser — la colline qui les abrite est artificielle et creuse.

    À table

    • Karkadé — l'infusion d'hibiscus rouge sombre, servie glacée sur les terrasses de la corniche, la boisson de la ville.
    • Cuisine nubienne — poisson au four en sauce tomate, riz et pain shamsi, dans les maisons colorées de Gharb Soheil.
    • Dattes d'Assouan — au marché aux dattes de la rue Al-Souq, des dizaines de variétés en sacs ouverts.
    • Poisson du Nil — perche et tilapia grillés dans les restaurants flottants face à l'île Éléphantine.

    Jour 11

    • Temples d'Abou Simbel, Assouan, Égypte
      Temples d'Abou Simbel Quatre colosses de vingt mètres taillés dans la falaise par Ramsès II, découpés en 1 036 blocs et remontés soixante-cinq mètres plus haut dans les années 1960 pour échapper au lac Nasser. Deux fois par an, le soleil traverse soixante mètres de roche et éclaire le sanctuaire — l'alignement a été conservé au remontage, à un jour près.
      En savoir plus

      Quatre colosses de vingt mètres taillés à même la falaise, et derrière eux soixante mètres de galeries creusées dans le grès. Ramsès II les a fait tailler à la frontière nubienne pour être vu de loin par ceux qui remontaient le fleuve : c'est une démonstration de puissance avant d'être un temple.

      Ce qu'on visite n'est pas à sa place. Entre 1964 et 1968, la montée des eaux du barrage d'Assouan condamnait le site : l'ensemble a été découpé en mille trente-six blocs de vingt à trente tonnes, remonté soixante-cinq mètres plus haut et deux cents mètres en arrière, puis recouvert d'une colline artificielle en béton. Les joints de sciage se voient encore si l'on cherche.

      Deux fois par an, le 22 février et le 22 octobre, le soleil levant traverse les soixante mètres du sanctuaire et éclaire trois des quatre statues du fond ; Ptah, dieu des ténèbres, reste dans l'ombre. Le déplacement a décalé le phénomène d'un jour.

      Le petit temple voisin est dédié à Néfertari, et c'est une rareté : la reine y est représentée à la même taille que le roi, ce qui n'arrive presque jamais dans l'art égyptien.

      Trois heures de route depuis Assouan, départ avant l'aube.

      culture
      7 €
    • Temple de Philae sur son île, Assouan, Égypte
      Temple de Philae sur son île Le dernier temple où l'on ait écrit des hiéroglyphes, en 394. Noyé par le premier barrage pendant cinquante ans — les visiteurs le voyaient en barque, à travers l'eau — puis déplacé pierre par pierre sur une île voisine. On y accède en bateau, ce qui fait partie de la visite.
      En savoir plus

      Un temple d'Isis sur une île, qu'on rejoint en barque à moteur — la traversée fait partie de la visite, et l'arrivée par l'eau est la bonne façon de le découvrir.

      Comme Abou Simbel, il a déménagé : entre 1972 et 1980, les blocs ont été démontés puis remontés sur l'île voisine d'Agilkia, arasée et remodelée pour ressembler à l'originale. Avant cela, le temple passait la moitié de l'année sous l'eau du premier barrage, et les visiteurs le survolaient en barque en regardant les chapiteaux par transparence.

      Philae a été le dernier endroit d'Égypte où l'on a écrit en hiéroglyphes : la dernière inscription connue date de 394, quand le reste du pays était chrétien depuis longtemps. Le culte d'Isis y a survécu jusqu'à la fermeture ordonnée par Justinien vers 537 — soit quatre mille ans après les premiers textes égyptiens. Les moines venus ensuite ont gravé des croix coptes sur les murs et transformé la salle hypostyle en église : les deux religions se lisent sur la même pierre.

      Y aller tôt ou en fin de journée, la lumière rasante y est meilleure et les barques moins nombreuses.

      culture
      6 €

    Jour 12

    • Village nubien de Gharb Soheil, Assouan, Égypte
      Village nubien de Gharb Soheil Des maisons peintes en bleu, ocre et rose, à voûtes de terre, sur la rive ouest — l'architecture nubienne, adaptée à la chaleur bien avant la climatisation. Les habitants ont été déplacés lors de la construction du haut barrage ; le village raconte cette histoire-là.
      En savoir plus

      Des maisons peintes en bleu vif, ocre et rose, à voûtes de terre et murs épais — l'architecture nubienne, conçue pour la chaleur bien avant la climatisation : la voûte évacue l'air chaud par le haut, et l'inertie de la terre garde l'intérieur frais toute la journée.

      Ce village n'est pas d'origine. La Nubie a été noyée par le haut barrage en 1964 : des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, leurs villages, leurs palmeraies et leurs cimetières engloutis sous le lac Nasser. Les Nubiens réinstallés autour d'Assouan ont rebâti à l'identique ce qu'ils avaient perdu, couleurs et motifs peints autour des portes compris.

      Ils parlent leur langue, le nobiin, qui n'a rien à voir avec l'arabe et n'a plus d'écriture depuis le Moyen Âge. Beaucoup de maisons reçoivent pour le thé à l'hibiscus, et certaines gardent un crocodile au-dessus de la porte — empaillé, ou vivant dans un bassin.

      On y accède en felouque depuis Assouan, une demi-heure. Y aller en fin d'après-midi, et fixer le prix de la traversée avant de monter.

      marché
      gratuit
    • Felouque entre les îles au couchant, Assouan, Égypte
      Felouque entre les îles au couchant Le Nil est ici le plus beau de son cours : granit rose, îles vertes, dunes du Sahara qui tombent dans l'eau sur la rive ouest. Les feluccas partent de la corniche et contournent l'île Éléphantine — deux heures pour quelques euros.
      En savoir plus

      Le Nil à Assouan est différent de tout le reste de son cours : il traverse ici la première cataracte, une barre de granit qui affleure en centaines d'îlots et de rochers noirs polis par l'eau. Le fleuve s'y divise, contourne des îles couvertes de végétation, et une dune du Sahara descend jusqu'à la rive ouest — sable, granit rose et eau verte dans le même champ.

      Cette barre rocheuse a longtemps marqué la frontière méridionale de l'Égypte et a rendu la navigation impossible plus au sud sans portage, ce qui explique l'importance de la ville comme comptoir avec la Nubie et l'Afrique. Le granit d'Assouan a fourni les obélisques et les colosses de tout le pays.

      Les felouques partent de la corniche et contournent l'île Éléphantine, habitée par des villages nubiens aux maisons peintes de couleurs vives, puis l'île Kitchener et son jardin botanique. ⚠️ Comme partout, le prix se fixe avant l'embarquement, pour la barque entière. Sans vent, la sortie ne se fait pas : les bateliers proposent alors un moteur, ce qui change complètement l'expérience et doit se discuter avant.

      détente
      gratuit

    25 € hébergement · 21 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec terrasse sur le Nil, 50 € la nuit.

    Voir les hébergements à Assouanlien affilié

  10. Assouan → Hurghada et la mer Rouge — Autocar par le désert oriental, 7 h, 20 € par personne.
  11. Hurghada et la mer Rouge, Égypte

    06. Hurghada et la mer Rouge

    J13 → J14 · 2 nuits · 141 € par personne

    Des récifs intacts au bout du désert

    Une station balnéaire née du tourisme, sans passé et sans charme particulier, mais dont les récifs de la mer Rouge comptent parmi les plus riches du monde. C'est l'étape où l'on ne visite rien : on plonge, on nage, on se repose après les temples. Les excursions bateau vers Giftun partent tous les matins.

    En savoir plus sur Hurghada et la mer Rouge

    Hurghada est une station née du tourisme dans les années 1980, sans vieille ville significative ni passé antique, et il ne faut pas y chercher ce qu'on est venu voir ailleurs en Égypte. Sa raison d'être est sous l'eau : les récifs de la mer Rouge comptent parmi les plus riches et les mieux conservés du monde, avec une visibilité et une température qui permettent d'y nager toute l'année.

    C'est donc l'étape où l'on ne visite rien, et c'est assumé : elle vient après les temples, quand l'enchaînement des sites et la chaleur ont fatigué. On plonge, on nage au masque et tuba, on se repose. Les sorties vers les îles Giftun partent chaque matin des marinas et reviennent en fin d'après-midi.

    ⚠️ La qualité de ces sorties varie énormément. Les formules les moins chères entassent beaucoup de monde sur le même mouillage, à des endroits où le corail est abîmé par la fréquentation, et ne laissent que peu de temps dans l'eau. Se renseigner sur le nombre de passagers et sur les sites visités change tout. ⚠️ Ne jamais toucher ni marcher sur le corail, et refuser les excursions qui nourrissent les poissons : c'est interdit et cela détruit exactement ce qu'on vient voir. Le vent du nord souffle presque en permanence et rend la mer hachée l'après-midi ; les sorties partent tôt pour cette raison.

    À table

    • Poisson grillé — choisi au marché aux poissons du port et cuit sur place, au poids, dans les gargotes de Dahar.
    • Sayadeya — le riz au bouillon de poisson et aux oignons dorés, sous un mérou ou une dorade de la mer Rouge.
    • Crevettes de la mer Rouge — grillées à l'ail et au citron, sur les terrasses de la marina.
    • Umm Ali — le dessert chaud de pâte feuilletée au lait et aux noix, au buffet ou dans les restaurants du centre.

    Jour 13

    • Récifs de Giftun en masque et tuba, Hurghada et la mer Rouge, Égypte
      Récifs de Giftun en masque et tuba La mer Rouge a les récifs les plus septentrionaux du monde et une eau à 24 °C en plein hiver. Les coraux commencent à trois mètres du bord : poissons-perroquets, napoléons et bancs de fusiliers se voient avec un simple tuba, sans savoir plonger.
      En savoir plus

      La mer Rouge abrite les récifs coralliens les plus septentrionaux du monde, et ils tiennent grâce à une anomalie : l'eau y reste à 22 ou 24 °C en plein hiver, parce que la mer est presque fermée, très salée et bordée de déserts qui la chauffent.

      Autour de Giftun, les coraux commencent à trois mètres du bord, sans avoir à nager loin. On y croise des poissons-perroquets qui broutent le corail bruyamment — on les entend sous l'eau —, des poissons-clowns dans leurs anémones, des napoléons, des raies pastenagues et, avec de la chance, des tortues vertes.

      Le récif souffre : blanchissement, ancres, crèmes solaires. Les filtres chimiques type oxybenzone abîment les larves de corail et plusieurs pays les ont interdits ; choisir une crème minérale change réellement quelque chose. Ne jamais toucher le corail ni y poser le pied — il met des années à repousser d'un centimètre.

      Les sorties partent à la journée, deux ou trois arrêts. Choisir un opérateur qui utilise les bouées d'amarrage plutôt que l'ancre.

      nature
      gratuit

    Jour 14

    • Plages de sable et lagon de la côte, Hurghada et la mer Rouge, Égypte
      Plages de sable et lagon de la côte Du sable blanc, une eau turquoise et, juste derrière, la montagne désertique nue : le contraste est brutal et c'est ce qui rend cette côte reconnaissable. Le vent du nord souffle presque tous les après-midi — le matin est plus calme pour se baigner.
      En savoir plus

      Le contraste est ce qui frappe sur cette côte : une bande de sable blanc, une eau turquoise très claire, et immédiatement derrière, sans transition ni végétation, la montagne désertique du désert Oriental, nue et brune. Il n'y a pas d'arrière-pays vert, pas de fleuve, pas de cultures — d'où l'aspect si particulier des stations, posées entre deux vides.

      La clarté de l'eau tient à l'absence totale d'apport d'eau douce : aucun fleuve ne se jette dans la mer Rouge, donc aucun limon en suspension, et une salinité élevée. C'est aussi ce qui explique la richesse et la santé des récifs.

      ⚠️ Le vent du nord souffle presque tous les après-midi, systématiquement, et lève un clapot qui rend la baignade et le masque et tuba nettement moins agréables : les matinées sont calmes, les après-midi hachés. Cela explique aussi que toutes les sorties en bateau partent tôt. ⚠️ Beaucoup de plages d'hôtels sont bordées de récif dès le bord : on entre par un ponton ou un couloir balisé, jamais en marchant sur le corail, qui coupe et s'infecte.

      détente
      gratuit

    29 € hébergement · 23 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec accès à la plage, 58 € la nuit.

    Voir les hébergements à Hurghada et la mer Rougelien affilié

Le budget de ces 14 jours

1 206 € par personne pour 14 jours, soit 86 € / jour. À deux, 2 411 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement390 €32 %
Repas315 €26 %
Transport sur place39 €3 %
Location de voiture — 14 jours224 €19 %
Billets et carburant145 €12 %
Activités93 €8 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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