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Martinique en 7 jours : l'itinéraire jour par jour

965 € par personne sur place pour 7 jours, soit 138 € / jour — en 4 étapes, de Fort-de-France à Saint-Pierre. En passant par Sainte-Anne et Le Diamant.

Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Martinique

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Fort-de-France Aimé-Césaire (FDF), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Fort-de-France, Martinique

    01. Fort-de-France

    J1 → J2 · 2 nuits · 281.5 € par personne

    Marché, bibliothèque de fer et jardin de Balata

    La capitale, où l'on arrive, avec un marché couvert, une bibliothèque en fer démontée de l'Exposition universelle de 1889 et remontée ici, et le jardin de Balata à vingt minutes dans les hauteurs. ⚠️ La circulation aux heures de pointe y est difficile — la navette maritime évite le pire.

    En savoir plus sur Fort-de-France

    Fort-de-France est la capitale et le point d'arrivée, mais ce n'est pas une ville balnéaire : c'est une vraie ville antillaise de travail, avec ses administrations, son port de commerce et ses embouteillages. On y passe pour ce qu'elle contient, pas pour s'y installer.

    Sa curiosité la plus inattendue est la bibliothèque Schoelcher : un bâtiment de fer et de céramique polychrome conçu pour l'Exposition universelle de 1889 à Paris, démonté pièce par pièce et remonté ici pour abriter les dix mille volumes que Victor Schoelcher avait légués à la colonie. Le Grand Marché couvert, tout près, concentre épices, rhums arrangés et confitures locales.

    ⚠️ La circulation aux heures de pointe est le vrai sujet de l'étape. L'agglomération concentre un tiers de la population de l'île sur un réseau routier saturé, et rejoindre les Trois-Îlets par la route peut demander quarante-cinq minutes contre vingt en navette maritime — pour un prix dérisoire et une traversée agréable. La navette est presque toujours le bon choix. Le jardin de Balata, à vingt minutes dans les hauteurs, est une collection tropicale dense avec une passerelle en canopée ; ⚠️ il y pleut beaucoup plus qu'en bord de mer, y compris quand la côte est au soleil.

    À table

    • Accras de morue — les beignets de morue au piment, à l'apéritif avec un ti-punch, dans tous les restaurants de la ville.
    • Colombo — de poulet, de porc ou de cabri, au mélange d'épices hérité des travailleurs indiens, avec du riz et des pois.
    • Boudin créole — le boudin noir épicé et parfumé, vendu chaud au Grand Marché, mangé sur le pouce.
    • Féroce d'avocat — l'avocat écrasé avec de la morue, de la farine de manioc et du piment, entrée des tables familiales.
    • Ti-punch — rhum agricole, citron vert et sucre, que chacun dose dans son verre.

    Jour 1

    • Bibliothèque Schoelcher, Fort-de-France, Martinique
      Bibliothèque Schoelcher Un bâtiment de fer et de céramique polychrome monté pour l'Exposition universelle de Paris en 1889, puis démonté et réexpédié pièce par pièce. Il abrite les livres légués par Victor Schoelcher. Entrée libre.
      En savoir plus

      Une ossature de fer boulonnée, des briques vernissées bleu, rouge et ocre, une rosace, un dôme : l'édifice a été assemblé une première fois à Paris, puis démonté pièce à pièce, mis en caisses et remonté ici. Son architecte, Pierre-Henri Picq, y a mêlé sans hésiter le byzantin, le roman et l'égyptien — un catalogue de styles que seul le métal, commandé sur plan et livré en éléments, rendait possible.

      L'homme dont il porte le nom n'était pas martiniquais. Victor Schoelcher, fils d'un fabricant de porcelaine parisien, découvre l'esclavage au cours d'un voyage aux Amériques et y consacre ensuite sa vie ; sous-secrétaire d'État aux colonies en 1848, il fait signer le décret d'abolition. Il a légué à la Martinique sa bibliothèque personnelle, plusieurs milliers de volumes, et repose au Panthéon.

      C'est toujours une bibliothèque publique en service : on n'entre pas dans un musée mais dans une salle de lecture où des étudiants travaillent, et la visite se fait en silence. L'essentiel se regarde en levant la tête. Elle borde la Savane, l'esplanade où se dressait la statue de Joséphine.

      culture
      gratuit
    • Jardin de Balata, Fort-de-France, Martinique
      Jardin de Balata Trois mille espèces tropicales aménagées autour d'une maison créole, avec des passerelles suspendues à quinze mètres dans les mahoganys. Créé par un paysagiste martiniquais sur le jardin de sa grand-mère.
      En savoir plus

      Le parcours descend et remonte autour d'une case créole, entre balisiers, héliconias, anthuriums, fougères arborescentes et bassins à nénuphars. Des mangeoires attirent les colibris, qui viennent à portée de main. Puis viennent les passerelles, tendues d'un mahogany à l'autre au niveau de la canopée : elles bougent sous les pas et se prennent une personne après l'autre.

      Le jardin ne serait nulle part ailleurs. Il est accroché aux hauteurs humides qui montent vers les pitons du Carbet, là où il pleut presque tous les jours — c'est cette pluie, pas la chaleur, qui fait pousser tout cela. On y accède par la route de la Trace, tracée à travers la forêt par les jésuites, et l'on croise en chemin l'église de Balata, réplique réduite du Sacré-Cœur de Montmartre.

      Prévoir une averse : elles sont courtes, violentes, et elles rendent les planches glissantes. La route est étroite, sinueuse, et se bloque derrière le moindre autocar — y monter tôt évite à la fois la file et les nuages de l'après-midi. Les moustiques sont bien présents sous les frondaisons.

      nature
      16 €
    • Grand Marché couvert, Fort-de-France, Martinique
      Grand Marché couvert Épices, colombo, bois bandé et vanille sous une halle de fer du XIXe siècle. Les marchandes y préparent aussi des jus de fruits frais. Le matin de préférence.
      En savoir plus

      Sous la halle de fer, les épices sont présentées en cônes et en bocaux : curcuma, bois d'Inde, muscade, cannelle, piment végétarien, gousses de vanille liées par paquets, écorces de bois bandé vendues comme aphrodisiaque, et des rangées de bouteilles de rhum arrangé où macèrent des fruits. Les marchandes hèlent, font sentir, font goûter.

      Le colombo, lui, raconte une autre histoire de l'île. Après l'abolition de 1848, des travailleurs engagés ont été recrutés dans le sud de l'Inde pour remplacer la main-d'œuvre asservie dans les champs de canne. Ils ont apporté leur mélange d'épices, qui a pris sur place le nom du port de Colombo, à Ceylan. Leurs descendants sont toujours là, et les petits temples indiens du nord-est de l'île viennent de la même migration.

      Y aller le matin, avant que la chaleur ne monte sous la tôle. Les sachets de colombo déjà conditionnés sont surtout destinés aux visiteurs : demander le mélange moulu devant soi, et faire préciser ce qu'il contient. Le paiement en espèces reste le plus simple.

      marché
      gratuit

    Jour 2

    • Fort Saint-Louis et le front de mer, Fort-de-France, Martinique
      Fort Saint-Louis et le front de mer Fort du XVIIe siècle toujours base navale en activité, ce qui en fait l'une des plus anciennes fortifications encore militaires au monde. Visite guidée uniquement, sur les créneaux autorisés.
      En savoir plus

      Le fort occupe un promontoire de roche qui ferme la baie des Flamands : courtines basses, casemates, batteries pointées sur la rade, et des iguanes partout, sur les murs et dans les figuiers. C'est lui qui a donné son nom à la ville. Le bourg né à ses pieds s'appelait Fort-Royal, que les habitants contractaient en Foyal ; la Révolution l'a rebaptisé Fort-de-France, mais on dit toujours les Foyalais.

      Commencé au XVIIᵉ siècle, remanié ensuite selon les principes de l'école de Vauban, il a servi tout au long des guerres qui ont fait passer l'île de main en main entre Français et Britanniques. En 1674, une flotte néerlandaise conduite par Ruyter tente d'enlever la place et échoue devant le fort ; le récit local ajoute que les assaillants se sont attardés dans les réserves de rhum, ce qui arrange bien la légende sans qu'on puisse l'établir.

      C'est encore une base navale en activité, et cela commande tout : on n'y entre qu'en visite guidée, sur des créneaux annoncés à l'avance, avec une pièce d'identité. Les remparts n'ont pas un mètre d'ombre. Les iguanes sont sauvages : on les regarde, on ne les nourrit pas.

      culture
      6 €

    65 € hébergement · 40 € repas · 19 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la Savane, 130 € la nuit.

    Voir les hébergements à Fort-de-Francelien affilié

  2. Fort-de-France → Sainte-Anne — mixte, via Les Trois-Îlets, 1 h 21, 19 € par personne.
  3. Sainte-Anne, Martinique

    02. Sainte-Anne

    J3 → J4 · 2 nuits · 260.5 € par personne

    Les Salines, la plage de carte postale

    L'extrême sud, avec les Salines, la plage de carte postale de l'île : un kilomètre de sable blanc bordé de cocotiers. ⚠️ Elle est saturée le week-end et pendant les vacances scolaires locales — y aller en semaine et avant 10 h. La Savane des Pétrifications, juste à côté, est un paysage aride unique aux Antilles.

    En savoir plus sur Sainte-Anne

    Sainte-Anne occupe l'extrême sud de l'île et détient la plage la plus photographiée de Martinique : les Salines, un kilomètre de sable blanc en arc de cercle, bordé de cocotiers penchés et d'une eau peu profonde. Elle doit son nom à l'étang salé qui la borde à l'arrière, dont l'odeur surprend certains jours.

    ⚠️ Elle est saturée le week-end et pendant les vacances scolaires locales, qui ne coïncident pas toujours avec celles de métropole : c'est la plage des Martiniquais autant que celle des visiteurs, avec pique-niques, musique et stationnement difficile dès le milieu de matinée. En semaine et avant dix heures, elle est presque déserte. Il n'y a pas d'ombre en dehors des cocotiers et des raisiniers du fond de plage.

    À quelques kilomètres, la Savane des Pétrifications offre un paysage qu'on n'attend pas aux Antilles : une zone aride, sans arbre, couverte de cactus et de roches volcaniques, balayée par le vent, où le sentier longe la côte sauvage. Elle doit son nom à des bois fossilisés dont il ne reste presque rien. ⚠️ Il n'y a ni ombre ni eau sur ce parcours, et la chaleur y est intense : partir tôt, avec de l'eau. L'Anse Trabaud, à côté, se rejoint par une piste privée payante.

    À table

    • Matoutou de crabe — les crabes de terre mijotés aux épices et servis sur du riz, le plat de Pâques et de Pentecôte.
    • Poisson grillé sauce chien — le poisson du jour grillé sous une sauce aux oignons, cive, piment et citron vert.
    • Langouste — celle des casiers des pêcheurs du bourg, grillée dans les restaurants du front de mer.
    • Sorbet coco — tourné à la main par les marchandes au bord de la plage des Salines.

    Jour 3

    • Plage des Salines, Sainte-Anne, Martinique
      Plage des Salines Un kilomètre et demi de sable blanc bordé de cocotiers penchés, à l'extrémité sud de l'île. C'est la plage la plus photographiée de Martinique — y aller tôt le matin ou en semaine.
      En savoir plus

      Les Salines doivent leur nom à l'étang salé qui les borde à l'arrière, ancienne saline dont l'exploitation a cessé depuis longtemps. La plage forme un arc d'environ un kilomètre et demi de sable blanc, bordé de cocotiers penchés au-dessus de l'eau, à l'extrémité sud de l'île.

      C'est la plage la plus photographiée de Martinique et elle appartient au domaine public : aucun hôtel n'y a de concession, et c'est aussi la plage des Martiniquais. ⚠️ Le week-end et pendant les vacances scolaires locales — qui ne coïncident pas avec celles de métropole — elle se remplit dès le milieu de matinée, avec musique, pique-niques et stationnement saturé le long de la route d'accès. En semaine, elle est calme.

      ⚠️ Les cocotiers, aussi photogéniques soient-ils, présentent un risque réel : une noix qui tombe de quinze mètres peut tuer, et les arbres régulièrement élagués portent parfois des panneaux d'interdiction de stationner dessous. On installe sa serviette entre les troncs plutôt qu'à leur aplomb. Des lolos et des marchands ambulants servent en bord de plage ; il n'y a pas d'ombre naturelle en dehors des raisiniers du fond.

      détente
      gratuit
    • Savane des Pétrifications, Sainte-Anne, Martinique
      Savane des Pétrifications Un désert de latérite rouge et de cactus, unique aux Antilles, où affleurent des bois pétrifiés. Sentier côtier exposé, sans une ombre : partir avec de l'eau.
      En savoir plus

      Le sol est rouge, craquelé, semé de cierges et de raquettes, et la végétation ne dépasse pas la hauteur d'un buisson épineux. On marche à découvert entre la mer et des mornes pelés, dans un paysage qui ne ressemble à rien d'autre aux Antilles — ni forêt, ni cocotiers, ni ombre. La pluie s'arrête ici bien avant d'arriver.

      Ce coin est aussi le plus vieux de l'île. Les reliefs du sud sont des restes volcaniques usés jusqu'à l'os, largement antérieurs à la montagne Pelée, et cette érosion explique la platitude et la sécheresse du décor. Quant aux bois pétrifiés qui ont donné son nom au lieu, il n'en reste presque rien : emportés morceau par morceau par des visiteurs, sur des décennies. Le site est protégé et l'on n'y ramasse rien.

      Il n'y a ni ombre, ni eau, ni abri sur tout le parcours, et le vent de mer trompe : on ne sent pas le soleil, on le prend quand même. Partir tôt, en chaussures fermées, avec plus d'eau qu'il n'en semble nécessaire. Le sentier se raccorde au chemin côtier qui longe toute la pointe sud.

      nature
      gratuit

    Jour 4

    • Bourg de Sainte-Anne et son marché, Sainte-Anne, Martinique
      Bourg de Sainte-Anne et son marché Un bourg de maisons colorées autour de son église, avec un marché artisanal le long du front de mer et un ponton d'où l'on se baigne.
      En savoir plus

      Une place, une église, des maisons de bois peintes en vert d'eau et en jaune, une allée d'étals le long de la mer où l'on vend du madras, de la vannerie, des colliers de graines et des épices, et un ponton d'où les enfants sautent. Le cimetière, à l'entrée du bourg, vaut le détour : les tombes y sont carrelées de noir et de blanc, en damier, serrées face à la mer.

      C'est la commune la plus au sud de l'île, et elle touche deux mers à la fois : quelques kilomètres séparent les eaux calmes de la côte caraïbe des anses atlantiques battues par le vent. À la Toussaint, les familles nettoient les sépultures et les couvrent de bougies : le cimetière brûle alors toute la nuit, et c'est l'un des moments les plus forts de l'année.

      Deux choses à savoir avant de rayonner depuis le bourg. Les sargasses arrivent par vagues imprévisibles sur les anses tournées vers l'Atlantique, et elles dégagent en se décomposant une odeur d'œuf pourri qui vide la plage. Et sur le littoral, les mancenilliers sont marqués d'une bande de peinture rouge : leur sève brûle la peau, on ne s'abrite jamais dessous sous la pluie.

      marché
      gratuit

    68 € hébergement · 38 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près des Salines, 135 € la nuit.

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  4. Sainte-Anne → Le Diamant — Voiture de location, côte sud, 45 min, 9 € par personne (18 € à partager).
  5. Le Diamant, Martinique

    03. Le Diamant

    J5 · 1 nuit · 127.25 € par personne

    Un rocher au large, et un mémorial sur la falaise

    Une grande plage de trois kilomètres face à un rocher de 175 mètres que les Anglais avaient enregistré comme navire de guerre. Le mémorial de l'Anse Cafard, quinze statues blanches tournées vers la mer, commémore un naufrage de bateau négrier en 1830. La baignade y est agitée.

    En savoir plus sur Le Diamant

    Le Diamant s'étire sur trois kilomètres de plage face à un rocher qui monte à cent soixante-quinze mètres au-dessus de la mer, à deux kilomètres du rivage. Ce rocher a une histoire singulière : en 1804, la Royal Navy y a débarqué des canons et une garnison, et l'a officiellement enregistré comme navire de guerre sous le nom de HMS Diamond Rock — il a tenu dix-huit mois avant d'être repris.

    ⚠️ La plage est belle mais la baignade y est agitée : la houle atlantique arrive sans obstacle, les vagues cassent près du bord et des courants de retour se forment. Elle n'est pas surveillée sur toute sa longueur, et ce n'est pas la plage à choisir pour de jeunes enfants — celles de Sainte-Anne conviennent mieux.

    À l'entrée ouest de la commune, le mémorial de l'Anse Cafard aligne quinze statues blanches de deux mètres cinquante, tournées vers la mer dans la direction du golfe de Guinée. Il commémore le naufrage, en avril 1830, d'un navire négrier clandestin — la traite était alors interdite — qui a coûté la vie à des dizaines de captifs enchaînés dans la cale. Les survivants, débarqués sur la plage, ont été déclarés libres puis placés comme apprentis. Le site est en accès libre et se visite en une demi-heure, face à un panorama sur le rocher.

    À table

    • Fricassée de chatrou — le poulpe mijoté à la tomate et aux épices, avec du riz et des haricots rouges.
    • Poisson grillé — le pêché du jour des barques du bourg, face au Rocher, dans les restaurants de la plage.
    • Colombo de poulet — le curry antillais, plat du midi des tables du village.
    • Ti-punch — au coucher du soleil sur la plage du Diamant, avec le Rocher pour horizon.

    Jour 5

    • Rocher du Diamant depuis la côte, Le Diamant, Martinique
      Rocher du Diamant depuis la côte Un piton volcanique de 175 mètres à trois kilomètres du rivage, que les Britanniques ont armé et fait enregistrer comme navire de guerre — le HMS Diamond Rock — pendant dix-sept mois en 1804.
      En savoir plus

      Vu de la route, c'est une pyramide nue posée au large, sans arbres, qui change de forme à mesure qu'on avance : triangle parfait depuis certains points, dos rond depuis d'autres. C'est une cheminée volcanique — le conduit durci d'un volcan dont la mer et la pluie ont emporté tout le reste. Rien n'y pousse et personne n'y vit.

      Les Britanniques y ont hissé des canons à la force des palans depuis leurs navires, installé une garnison dans les grottes et recueilli l'eau de pluie pour tenir. Le rocher a été inscrit comme bâtiment de la Royal Navy afin que ses hommes relèvent de la discipline navale : de là son nom de vaisseau. Il est tombé en 1805, après avoir été coupé de tout ravitaillement. L'histoire des barriques de rhum envoyées à la dérive pour enivrer la garnison circule partout, mais rien ne l'établit.

      On le regarde depuis la route littorale et depuis le mémorial voisin. La grande plage du Diamant est superbe et trompeuse : la houle y casse près du bord, les courants sont forts et la surveillance ne couvre pas toute sa longueur. La plongée autour du rocher est réservée aux plongeurs confirmés, à cause du courant.

      nature
      gratuit
    • Mémorial de l'Anse Cafard, Le Diamant, Martinique
      Mémorial de l'Anse Cafard Quinze statues de béton blanc de deux mètres et demi, tournées vers le golfe de Guinée, en mémoire d'un naufrage de 1830 où des captifs enchaînés périrent alors que la traite était déjà interdite. Entrée libre.
      En savoir plus

      Quinze silhouettes de béton blanc, identiques, plantées en triangle sur la pente herbeuse, toutes tournées dans la même direction, la tête légèrement inclinée. Elles regardent la mer vers le golfe de Guinée. L'œuvre est du sculpteur martiniquais Laurent Valère et a été installée en 1998, pour le cent cinquantième anniversaire de l'abolition.

      Le naufrage qu'elles rappellent a eu lieu de nuit, sur les hauts-fonds, en 1830. Les captifs étaient enchaînés dans la cale et une partie d'entre eux n'a pas pu en sortir. La traite était alors interdite depuis une quinzaine d'années, ce qui ne l'avait pas arrêtée : les navires continuaient clandestinement, et l'esclavage lui-même durera encore dix-huit ans dans les colonies françaises. Les rescapés ont été déclarés libres parce que la cargaison était illégale.

      Le site est ouvert, sans barrière et sans billet, en bord de route. Beaucoup s'y arrêtent le temps d'une photo depuis le parking, ce que le lieu ne mérite pas : il faut descendre entre les statues pour comprendre l'échelle. La lumière de fin de journée est la meilleure, et le vent y souffle en permanence.

      culture
      gratuit

    65 € hébergement · 38 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine, 130 € la nuit.

    Voir les hébergements à Le Diamantlien affilié

  6. Le Diamant → Saint-Pierre — Voiture de location, route de la côte caraïbe, 1 h 15, 15 € par personne (30 € à partager).
  7. Saint-Pierre, Martinique

    04. Saint-Pierre

    J6 → J7 · 2 nuits · 252.5 € par personne

    La ville détruite en trois minutes, en 1902

    L'ancienne capitale, détruite en trois minutes par la nuée ardente de la montagne Pelée en 1902 : trente mille morts, deux survivants. Les ruines sont restées dans la ville reconstruite autour. ⚠️ Le musée et les ruines se visitent ensemble, et c'est une visite qui marque.

    En savoir plus sur Saint-Pierre

    Saint-Pierre était la capitale économique et culturelle de la Martinique, surnommée le petit Paris des Antilles, avec son théâtre, ses journaux et ses trente mille habitants. Le 8 mai 1902, une nuée ardente descendue de la montagne Pelée l'a détruite en trois minutes environ : la totalité de la population a péri, à l'exception de deux ou trois survivants, dont un prisonnier enfermé dans un cachot aux murs épais.

    La ville a été partiellement reconstruite ensuite, mais les ruines ont été laissées en place au milieu des rues actuelles : les gradins du théâtre, le cachot de Cyparis, des pans de maisons et des escaliers qui ne mènent plus nulle part. On circule donc entre les vestiges et les habitations, ce qui produit une impression particulière.

    ⚠️ Le mémorial et les ruines se visitent ensemble et cela marque durablement — c'est une catastrophe de masse, pas un site archéologique lointain, et la muséographie s'appuie sur des objets fondus et des témoignages. Prévoir de ne pas enchaîner directement une activité légère derrière. La baie de Saint-Pierre abrite par ailleurs une douzaine d'épaves de navires coulés par l'éruption, devenues l'un des meilleurs sites de plongée des Antilles. La distillerie Depaz, sur les flancs du volcan, se visite avec sa maison de maître.

    À table

    • Rhum Depaz — la distillerie au pied de la montagne Pelée, visite et dégustation dans l'habitation qui a survécu à 1902.
    • Blaff de poisson — le poisson poché dans un court-bouillon au citron et au bois d'Inde, sur les tables du front de mer.
    • Accras — de morue ou de titiris, les alevins de rivière, chauds, dans les restaurants du bourg.
    • Poisson du marché — les pêcheurs de Saint-Pierre vendent leur prise sur le front de mer le matin, cuisinée à midi.

    Jour 6

    • Ruines du théâtre et de la ville, Saint-Pierre, Martinique
      Ruines du théâtre et de la ville Le 8 mai 1902, une nuée ardente descendit la Pelée à 500 km/h et tua 28 000 personnes en trois minutes. Il y eut deux survivants, dont un prisonnier protégé par son cachot. Les ruines sont restées en l'état.
      En savoir plus

      Il reste l'escalier double du théâtre et sa façade éventrée, des arcades, des pans de murs cisaillés à la même hauteur, et le cachot, une petite voûte de pierre à l'ouverture étroite. Le reste est une ville vivante posée dessus : une maison habitée, puis une ruine, puis une école, puis un mur de 1902. Saint-Pierre n'a jamais retrouvé sa taille, et la capitale s'est déplacée définitivement à Fort-de-France.

      L'éruption a donné un mot à la science. Le géologue Alfred Lacroix, venu étudier le volcan, a décrit et nommé la nuée ardente, ce nuage de gaz et de cendres brûlantes qui dévale au ras du sol, et les volcanologues parlent depuis d'éruptions de type péléen. Dans la rade, les navires au mouillage ont brûlé et coulé ce matin-là ; leurs épaves sont toujours au fond et se plongent.

      Les vestiges sont dispersés dans le bourg et se parcourent librement, à pied, par les rues en pente. Il n'y a pas d'ombre et les pierres sont instables par endroits. On marche dans un cimetière sans tombes : les gens sont morts chez eux, là où l'on passe.

      culture
      gratuit
    • Mémorial de la catastrophe, Saint-Pierre, Martinique
      Mémorial de la catastrophe Objets fondus, cloches déformées et photographies d'avant l'éruption, quand Saint-Pierre était le « petit Paris des Antilles » et la capitale culturelle de l'île.
      En savoir plus

      Ce qu'on regarde dans les vitrines, ce sont des objets rendus méconnaissables : verre fondu en boules, bouteilles affaissées sur elles-mêmes, couverts soudés en bloc, cloches déformées, une horloge dont les aiguilles se sont arrêtées à l'instant du passage de la nuée. À côté, les photographies d'avant : les rues pavées, le théâtre, les gens, une ville debout.

      Le musée a été fondé dans les années trente par Frank Perret, un volcanologue américain venu étudier la Pelée et qui s'est installé ici. Les documents montrent ce qui a précédé le 8 mai : des semaines de cendres, une coulée de boue qui avait déjà emporté une usine et ses ouvriers quelques jours plus tôt, des réfugiés des communes voisines entassés dans la ville, et des autorités qui rassuraient, élections en vue. Le gouverneur est resté sur place et est mort avec les autres.

      Le commencer avant d'aller marcher dans les ruines : ce sont ces photographies qui rendent lisibles les pans de murs, sinon muets. Le bâtiment domine la baie, et l'on y voit du même regard le volcan et la rade.

      culture
      8 €
    • Distillerie Depaz, Saint-Pierre, Martinique
      Distillerie Depaz Reconstruite après l'éruption par le fils du propriétaire, seul survivant de la famille car absent ce jour-là. Le château et les jardins se visitent gratuitement, au pied même du volcan.
      En savoir plus

      Le domaine est planté à flanc de volcan : la canne monte jusqu'aux bâtiments, dans une terre noire et grasse, et la montagne ferme l'horizon au-dessus des toits. On traverse les chais et la salle des machines, puis le parc et le château, une grande demeure créole à galeries que l'on visite librement, meublée et ouverte sur la mer des Caraïbes.

      Ce qui rend l'endroit troublant, c'est la décision qu'il représente. Victor Depaz étudiait en France quand la nuée a effacé Saint-Pierre et tué toute sa famille. Il est revenu des années plus tard, a racheté les terres au pied même du volcan qui l'avait rendu orphelin, replanté la canne, reconstruit la distillerie, puis bâti la maison. Le sol volcanique passe pour donner à ces rhums un caractère particulier — c'est en tout cas ce qui a fixé le domaine ici.

      Le nord est le versant humide de l'île : la visite se fait surtout dehors, et une averse est probable. Comme partout, l'atelier ne tourne qu'à la saison de coupe ; hors campagne, on voit les installations à l'arrêt. La route qui monte depuis Saint-Pierre est courte mais raide.

      marché
      gratuit

    Jour 7

    • Plage de sable noir du Carbet, Saint-Pierre, Martinique
      Plage de sable noir du Carbet Sable volcanique gris sombre où Christophe Colomb aurait débarqué en 1502, et où Gauguin a peint pendant cinq mois en 1887. Un petit musée lui est consacré au-dessus de la plage.
      En savoir plus

      Le Carbet est traditionnellement présenté comme le lieu de débarquement de Christophe Colomb en 1502, lors de son quatrième voyage — ⚠️ l'emplacement exact est discuté, plusieurs communes de la côte le revendiquant, et il n'est pas établi. Le nom vient du carbet, grande case commune des Kalinago qui occupaient l'île.

      Gauguin y a séjourné en 1887 avec le peintre Charles Laval, pendant environ cinq mois, dans des conditions très précaires : malade, sans argent, il y a peint une quinzaine de toiles avant de rentrer en France. Ce séjour est généralement considéré comme un tournant vers sa palette et ses sujets ultérieurs, avant Pont-Aven puis Tahiti. Un petit centre d'interprétation lui est consacré au-dessus de la plage — ⚠️ il n'y conserve aucune œuvre originale.

      Le sable est gris sombre, d'origine volcanique comme toute la côte nord-caraïbe, et il chauffe fortement au soleil. La plage est bordée de barques de pêche et l'eau y est calme, la côte sous le vent étant abritée. C'est une plage de village plus qu'une plage touristique, avec quelques restaurants sur le front de mer.

      détente
      gratuit

    61 € hébergement · 37 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel au Carbet, 122 € la nuit.

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Le budget de ces 7 jours

965 € par personne pour 7 jours, soit 138 € / jour. À deux, 1 930 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement453 €47 %
Repas268 €28 %
Transport sur place31 €3 %
Location de voiture — 7 jours140 €15 %
Carburant et péages43 €4 %
Activités30 €3 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 4 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
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