Mexique en 21 jours : l'itinéraire jour par jour
2 131 € par personne sur place pour 21 jours, soit 101 € / jour — en 8 étapes, de Mexico à Tulum. En passant par Oaxaca, San Cristóbal de las Casas, Palenque, Mérida, Valladolid et Bacalar.
Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Mexique
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Mexico — Benito Juárez (MEX), retour depuis Cancún (CUN) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Mexico
J1 → J4 · 4 nuits · 385 € par personne
La capitale aztèque sous la ville coloniale
Une mégapole de plus de vingt millions d'habitants posée à 2 240 m, sur le lit asséché du lac où les Aztèques avaient bâti Tenochtitlan. Le centre historique, Roma, Condesa et Coyoacán concentrent tout ce qu'on vient voir, reliés par un métro très bon marché et par les VTC. ⚠️ L'altitude se sent les deux premiers jours : Teotihuacán, en plein soleil, attend le troisième.
En savoir plus sur Mexico
Mexico ne se visite pas, elle se découpe. La ville s'étend sur plus de cent kilomètres et l'on n'en voit, en quelques jours, que quatre ou cinq quartiers — ce qui suffit largement, parce que tout ce qui compte y est concentré.
Le centre historique est construit, littéralement, sur la ville aztèque. Quand Cortés a rasé Tenochtitlan en 1521, les Espagnols ont bâti la cathédrale et le palais du vice-roi avec les pierres des temples, sur les mêmes fondations. Le sol lacustre n'a jamais supporté ce poids : la cathédrale penche, et l'on voit à l'œil nu des églises enfoncées de plusieurs marches sous le niveau de la rue.
Roma et Condesa, au sud-ouest, sont les quartiers où l'on dort et où l'on mange : avenues plantées, maisons Art déco, cafés. Coyoacán, plus au sud, est un ancien village absorbé par la ville, avec ses places, son marché et la maison de Frida Kahlo.
⚠️ Le métro coûte presque rien et va partout, mais il est bondé aux heures de pointe : c'est là que travaillent les pickpockets. Les voitures de tête sont réservées aux femmes et aux enfants. Le soir, on rentre en VTC.
À table
- Tacos al pastor — le porc mariné aux piments et à l'achiote, rôti à la broche verticale et servi avec un morceau d'ananas, dans les taquerías qui ouvrent le soir.
- Tamales et atole — la pâte de maïs cuite à la vapeur dans une feuille, et la boisson chaude de maïs, le petit-déjeuner des carrefours au lever du jour.
- Chilaquiles — les triangles de tortilla frits noyés de sauce verte ou rouge, avec crème, fromage et oignon, le plat du matin après une longue soirée.
- Tlacoyos — la galette ovale de maïs bleu farcie de haricots ou de fromage, cuite sur la plaque des vendeuses de rue.
- Pulque — la sève fermentée de l'agave, blanche et un peu visqueuse, servie dans les pulquerías, des bars populaires qui n'en servent pas d'autre.
Jour 1
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Zócalo et fresques de Diego Rivera au Palais national La plus grande place d'Amérique latine, et dans l'escalier du Palais national l'histoire du Mexique peinte par Diego Rivera, des Aztèques à la révolution. ⚠️ Entrée libre sur présentation du passeport, mais le palais ferme sans préavis lors des événements officiels.gratuitcultureEn savoir plus
Le zócalo tire son surnom d'un socle : au XIXe siècle, on y avait posé la base d'un monument à l'indépendance qui ne fut jamais construit, et le mot est resté à la place, puis à toutes les places centrales du pays. Chaque matin et chaque soir, des soldats hissent et descendent le drapeau géant planté au milieu.
Au Palais national, Diego Rivera a peint dans l'escalier et les galeries l'histoire du Mexique telle qu'il la voyait : les Aztèques, la conquête, l'Inquisition, l'indépendance, la révolution, et au sommet Karl Marx montrant l'avenir aux ouvriers. Les panneaux du premier étage, peints plus tard, montrent Tenochtitlan grouillant de vie sur son lac.
La cathédrale, en face, s'enfonce inégalement dans le sol de l'ancien lac. Un fil à plomb suspendu dans la nef mesure son inclinaison : on le voit dévier nettement de la verticale. ⚠️ Passeport obligatoire pour entrer au Palais national.
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Musée national d'anthropologie La Pierre du Soleil aztèque, vingt-quatre tonnes de basalte sculpté, et la reconstitution de la tombe du roi Pakal de Palenque sous un parapluie de béton géant. ⚠️ Trop vaste pour une visite : choisir les salles mexica et maya, et venir le matin. Fermé le lundi.10 €cultureEn savoir plus
Le bâtiment de Pedro Ramírez Vázquez, inauguré en 1964, s'organise autour d'un grand patio couvert par un parasol de béton posé sur une seule colonne, d'où tombe un rideau d'eau. Chaque salle du rez-de-chaussée raconte une civilisation ; l'étage, que presque personne ne voit faute de temps, est consacré aux peuples autochtones d'aujourd'hui.
La salle mexica, au fond du patio, est le cœur du musée. La Pierre du Soleil, qu'on appelle à tort le calendrier aztèque, a été déterrée en 1790 sous le zócalo, où les Espagnols l'avaient enfouie. La Coatlicue, déesse de la terre à la jupe de serpents, retrouvée la même année, fut jugée si troublante qu'on l'enterra de nouveau pendant des années. Dans la salle maya, le masque de jade du roi Pakal a une histoire à lui : volé la nuit de Noël 1985, il a été retrouvé quatre ans plus tard.
Commencer par la salle mexica à l'ouverture, avant les groupes scolaires, puis traverser le patio vers les salles mayas. Le reste attendra une seconde visite.
Jour 2
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Teotihuacán, pyramides du Soleil et de la Lune Une ville de cent mille habitants abandonnée des siècles avant les Aztèques, qui lui ont donné son nom — « là où naissent les dieux ». L'allée des Morts court sur deux kilomètres entre les deux pyramides. ⚠️ Aucune ombre, 2 300 m d'altitude : arriver à l'ouverture, avec de l'eau et un chapeau.10 €cultureEn savoir plus
Teotihuacán a été fondée il y a environ deux mille ans et fut, à son apogée, l'une des plus grandes villes du monde. Elle a été incendiée puis abandonnée des siècles avant l'arrivée des Aztèques, qui l'ont trouvée en ruine, lui ont donné son nom et y ont vu l'œuvre des dieux. On ignore toujours la langue que parlaient ses habitants.
La pyramide du Soleil est l'une des plus grandes de Méso-Amérique. Sous le temple du Serpent à plumes, dans la Citadelle, les archéologues ont exploré un tunnel scellé qui menait au cœur de la ville : ils y ont trouvé des milliers d'offrandes et, en 2015, du mercure liquide. Le temple lui-même est couvert de têtes de serpents à plumes sculptées qui sortent de la façade.
Entrer par le sud, près de la Citadelle, et remonter l'allée des Morts vers la pyramide de la Lune, qui ferme la perspective. Les fresques de Tepantitla et le palais de Quetzalpapálotl, aux piliers sculptés, sont souvent oubliés : ils valent le détour. ⚠️ La nourriture est interdite sur le site.
Jour 3
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Coyoacán et San Ángel à pied Deux anciens villages absorbés par la ville, avec leurs places, leurs églises coloniales et leurs rues pavées. Le samedi, San Ángel tient son marché d'art sur la place San Jacinto.gratuitmarchéEn savoir plus
Coyoacán, « le lieu des coyotes », est l'endroit où Cortés s'est installé après la chute de Tenochtitlan, le temps de reconstruire la ville sur ses ruines. Le village colonial a été absorbé par la capitale au XXe siècle sans perdre ses places, sa fontaine aux coyotes et l'église Saint-Jean-Baptiste. Au marché, on mange des tostadas au comptoir.
À quelques rues de la maison bleue, la maison où Léon Trotsky a été assassiné en 1940 est devenue un musée : on y voit les impacts de balles d'une première tentative, et la tombe de Trotsky dans le jardin.
San Ángel, plus à l'ouest, est plus calme et plus bourgeois. Le samedi, le bazar de la place San Jacinto rassemble peintres et artisans. Un peu plus loin, la maison-atelier de Diego Rivera et Frida Kahlo, dessinée par Juan O'Gorman : deux cubes, un rouge pour lui, un bleu pour elle, reliés par une passerelle sur le toit.
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Palais des Beaux-Arts et ses fresques Une façade de marbre Art nouveau, un intérieur Art déco, et aux étages les grandes fresques de Rivera, Orozco, Siqueiros et Tamayo. Trop lourd pour le sol de l'ancien lac, le bâtiment s'y est enfoncé depuis sa construction. Gratuit le dimanche.5 €cultureEn savoir plus
Le palais a été commandé par Porfirio Díaz pour le centenaire de l'indépendance, en 1910, à l'architecte italien Adamo Boari. La révolution a arrêté le chantier, et le bâtiment n'a été achevé qu'en 1934 : d'où cet extérieur Art nouveau en marbre blanc et cet intérieur Art déco, deux époques sous le même toit.
Aux étages, les grandes fresques des muralistes. Celle de Diego Rivera, L'Homme contrôleur de l'univers, a une histoire : Rivera l'avait peinte à New York pour le Rockefeller Center, qui l'a fait détruire parce qu'il y avait placé Lénine. Il l'a repeinte ici, avec Lénine, et en ajoutant John D. Rockefeller Jr. dans une scène peu flatteuse. Le rideau de scène du théâtre, fait de près d'un million de pièces de verre par les ateliers Tiffany, représente les deux volcans de la vallée ; on ne le voit que lors des spectacles.
Pour la vue sur les coupoles orange et jaune, monter à la cafétéria du dernier étage du grand magasin d'en face.
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Templo Mayor et son musée Le grand temple de Tenochtitlan, retrouvé en 1978 quand des ouvriers de la compagnie d'électricité sont tombés sur un disque de pierre de trois mètres. Sept temples emboîtés les uns dans les autres, à deux pas de la cathédrale. Fermé le lundi.10 €cultureEn savoir plus
Le Templo Mayor était le centre du monde aztèque : une pyramide coiffée de deux sanctuaires jumeaux, l'un pour Huitzilopochtli, dieu de la guerre et du soleil, l'autre pour Tláloc, dieu de la pluie. Chaque souverain l'a agrandi en l'enveloppant d'un nouveau temple, si bien qu'on y lit aujourd'hui sept états successifs, comme les couches d'un oignon.
La pierre qui l'a fait ressurgir en 1978 représente Coyolxauhqui, la déesse lunaire démembrée par son frère Huitzilopochtli : elle gisait au pied de l'escalier, là où l'on précipitait les corps des sacrifiés. Pour fouiller, il a fallu démolir tout un pâté de maisons coloniales. Le musée abrite aussi le monolithe de Tlaltecuhtli, découvert en 2006, la plus grande sculpture aztèque connue.
Les ruines se parcourent par des passerelles, au pied de la cathédrale. La maquette de Tenochtitlan, dans le musée, aide à comprendre ce qu'on vient de voir : une ville sur l'eau, reliée à la terre par des chaussées.
Jour 4
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Marché de San Juan et taquerías du centre Le marché des chefs, où l'on trouve les meilleurs fruits, fromages et insectes comestibles de la ville, puis les taquerías du centre, au comptoir, le soir. Le taco al pastor se mange debout, avec un morceau d'ananas taillé au couteau depuis la broche.gratuitmarchéEn savoir plus
Le marché de San Juan est celui où les chefs de la ville font leurs courses : fruits tropicaux qu'on ne voit nulle part ailleurs, fromages, charcuteries, et des étals d'insectes — sauterelles grillées, larves de fourmis, vers de maguey — qui font partie de la cuisine mexicaine depuis l'époque aztèque. Les marchands font goûter.
Le taco al pastor, lui, est né de l'immigration : ce sont des familles libanaises installées au Mexique au début du XXe siècle qui ont apporté la broche verticale du chawarma. Le porc mariné aux piments a remplacé l'agneau, la tortilla le pain, et l'ananas s'est invité au sommet de la broche.
On commande debout, « con todo » pour la coriandre et l'oignon, et l'on se sert soi-même en sauces — la verte n'est pas toujours la plus douce. Dans les petites taquerías, on paie après avoir mangé, en disant combien on a pris. Choisir les stands pleins de monde : c'est la meilleure garantie de fraîcheur.
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Château de Chapultepec, musée national d'histoire Le seul château d'Amérique qui ait logé un empereur européen : Maximilien de Habsbourg, fusillé en 1867. Salons d'époque, fresques de la révolution et, depuis la terrasse, le paseo de la Reforma en enfilade. Fermé le lundi.10 €cultureEn savoir plus
Le château a été bâti à la fin du XVIIIe siècle comme résidence d'été des vice-rois, puis transformé en collège militaire. En 1847, pendant la guerre contre les États-Unis, six jeunes cadets y sont morts en le défendant : ce sont les Niños Héroes, dont le pays honore la mémoire, et la légende veut que l'un d'eux se soit jeté dans le vide enveloppé du drapeau.
Maximilien de Habsbourg et Carlota en ont fait leur palais impérial dans les années 1860. C'est Maximilien qui a fait tracer l'avenue reliant le château au centre-ville, l'actuel paseo de la Reforma, qu'on découvre en enfilade depuis la terrasse. Le château est resté résidence présidentielle jusqu'en 1939, quand le président Cárdenas l'a donné au musée.
On y monte à pied à travers le bois de Chapultepec, par une rampe ombragée. Les appartements impériaux, le jardin suspendu et la galerie de vitraux sont à l'étage supérieur ; les fresques sur la révolution, en bas.
41 € hébergement · 30 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Roma ou Condesa, 82 € la nuit.
- Mexico → Oaxaca — Autocar de première classe par l'autoroute du sud, 6 h 30, 40 € par personne.
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02. Oaxaca
J5 → J7 · 3 nuits · 239 € par personne
La capitale gourmande, entre les vallées zapotèques
Une ville coloniale de pierre verte à 1 550 m, au plan en damier, qui se parcourt entièrement à pied. On y vient pour la cuisine — c'est la capitale gastronomique du pays — et pour les vallées alentour : Monte Albán sur sa montagne à dix kilomètres, puis la vallée de Tlacolula, ses tisserands, Mitla et Hierve el Agua, qu'on rejoint en colectivo ou en excursion à la journée.
En savoir plus sur Oaxaca
Oaxaca est l'État le plus autochtone du Mexique, et sa capitale le montre sans le mettre en scène. Sur le zócalo, les vendeuses zapotèques et mixtèques sont là pour vendre, pas pour être photographiées ; dans les marchés, on parle autant zapotèque qu'espagnol.
La ville elle-même est une grille de rues basses en pierre de cantera verte, autour de l'église Santo Domingo, dont l'intérieur est couvert de dorures du sol à la voûte. Le couvent voisin abrite le musée des Cultures d'Oaxaca, et derrière lui un jardin botanique de cactus et d'agaves, qu'on ne visite qu'avec un guide.
Mais Oaxaca est d'abord une table. Mole, tlayudas, chocolat, mezcal : chacune de ces spécialités a ses marchés, ses familles et ses querelles d'école. Le marché du 20-Novembre, à deux rues du zócalo, a une allée entière de grilleurs de viande où l'on choisit sa pièce crue avant qu'on la jette sur la braise.
⚠️ Fin octobre et début novembre, la fête des Morts remplit la ville ; fin juillet, la Guelaguetza. Les prix d'hébergement doublent à ces dates, et il faut réserver des mois à l'avance.
À table
- Mole negro — la sauce noire aux piments séchés, chocolat et épices, plusieurs dizaines d'ingrédients, servie sur du poulet ; Oaxaca en compte sept, de couleurs différentes.
- Tlayuda — la grande tortilla croustillante tartinée de graisse de porc, de haricots et de quesillo, grillée sur la braise, le soir dans la rue.
- Chapulines — les sauterelles grillées au piment et au citron vert, vendues au poids sur les marchés ; on les mange en garniture de tacos.
- Quesillo — le fromage filé en pelote, qui se défait en longs rubans, fondu dans les tlayudas et les quesadillas.
- Chocolat et tejate — le chocolat moulu à la cannelle, bu à l'eau ou au lait, et le tejate, boisson zapotèque froide de maïs et de cacao, servie dans une calebasse.
- Mezcal — l'eau-de-vie d'agave cuit sous terre, au goût fumé, distillée dans les palenques de la vallée ; il se boit à petites gorgées, jamais d'un trait.
Jour 5
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Monte Albán La capitale zapotèque, bâtie sur une montagne dont on a arasé le sommet, quatre cents mètres au-dessus de la vallée. Une immense esplanade, des pyramides tout autour, et la galerie des « Danzantes », des captifs gravés dans la pierre. ⚠️ Pas d'ombre : venir tôt.10 €cultureEn savoir plus
Les Zapotèques ont fondé Monte Albán vers le Ve siècle avant notre ère, en arasant le sommet d'une montagne qui domine la jonction des trois vallées d'Oaxaca. La ville a été leur capitale pendant plus d'un millénaire, puis les Mixtèques ont réutilisé ses tombes.
Les « Danzantes » ont été baptisés ainsi par les premiers archéologues, qui voyaient des danseurs dans ces figures aux membres désarticulés. On y reconnaît aujourd'hui des captifs, sans doute sacrifiés, exposés à l'entrée de la ville. L'édifice J, au milieu de l'esplanade, a la forme d'une pointe de flèche et n'est pas aligné sur les autres : on y voit souvent un observatoire astronomique.
Monter sur la plate-forme nord puis sur la plate-forme sud : de l'une à l'autre, l'esplanade entière se découvre, avec la vallée tout autour. Le trésor de la tombe 7 n'est pas ici mais au musée de Santo Domingo, en ville. Des navettes montent du centre d'Oaxaca.
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Église Santo Domingo et musée des Cultures d'Oaxaca L'église la plus dorée du pays, puis, dans l'ancien couvent, le trésor de la tombe 7 de Monte Albán : bijoux d'or, de jade et de cristal de roche mixtèques, découverts en 1932. Des fenêtres du cloître, on voit le jardin de cactus.10 €cultureEn savoir plus
L'église a été bâtie par les dominicains aux XVIe et XVIIe siècles, avec des murs assez épais pour résister aux séismes de la vallée. À l'intérieur, tout est doré, et au-dessus de l'entrée court un arbre généalogique sculpté : un cep de vigne qui part du ventre d'un ancêtre de saint Dominique et porte, sur ses branches, des dizaines de personnages.
Le couvent a servi de caserne pendant plus d'un siècle après les lois de la Réforme, avant d'être restauré et transformé en musée. Sa pièce maîtresse est le trésor de la tombe 7 de Monte Albán, découvert en 1932 par Alfonso Caso : des centaines d'objets mixtèques, bijoux d'or, turquoise, jade, cristal de roche et os de jaguar gravés. Aucune tombe aussi riche n'avait encore été trouvée en Amérique.
Les anciens potagers du couvent sont devenus le jardin ethnobotanique, qu'on voit depuis les fenêtres du musée. Il ne se visite qu'en groupe guidé, à réserver à l'entrée du jardin.
Jour 6
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Teotitlán del Valle et ses tisserands Un village zapotèque de tisserands de tapis, qui teignent encore la laine à la cochenille, à l'indigo et aux écorces. On entre dans les ateliers familiaux ; personne n'oblige à acheter.gratuitcultureEn savoir plus
Les Zapotèques de Teotitlán tissaient bien avant la conquête, mais ce sont les dominicains qui ont apporté les moutons et le métier à pédales, sur lequel on tisse encore la laine. Les motifs, eux, viennent souvent des frises de Mitla, à quelques kilomètres.
Dans les ateliers, les familles montrent volontiers les teintures naturelles. La cochenille, un insecte qui vit sur le cactus nopal, donne les rouges : écrasée dans la paume, elle vire du carmin à l'orange avec une goutte de citron, au violet avec un peu de cendre. L'indigo donne les bleus, l'écorce et la grenade les ocres et les bruns.
L'église du village est bâtie sur un ancien temple zapotèque, dont on voit des pierres sculptées dans ses murs. Acheter directement dans les ateliers est la meilleure façon de payer le tisserand : un tapis à teinture naturelle a des couleurs plus sourdes, et une trame serrée qui ne se déforme pas.
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Marché du 20-Novembre et son allée des grillades Une allée enfumée où l'on choisit sa viande crue au comptoir, qu'on fait griller sous ses yeux, puis qu'on mange avec tortillas, oignons nouveaux et piments. Les autres allées vendent mole, chocolat et pain de fête.gratuitmarchéEn savoir plus
L'allée de la fumée est la plus célèbre du marché. On y choisit sa viande crue sur les comptoirs : tasajo, du bœuf salé coupé en fines tranches, cecina enchilada, du porc rouge de piment, et chorizo local. Le boucher la jette sur les braises, et pendant qu'elle grille, d'autres vendeuses proposent tortillas, oignons nouveaux grillés, piments, guacamole et radis. On s'installe ensuite aux tables communes.
Les autres allées sont celles des comedores, qui servent les moles de la maison, et des boulangeries, avec le pain de jaune d'œuf qu'on trempe dans le chocolat. Dans les rues voisines, les chocolateries moulent devant les clients le cacao avec le sucre, la cannelle et les amandes.
Venir à l'heure du déjeuner, quand la fumée est la plus dense, avec de petites coupures : chaque vendeur se paie séparément.
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Hierve el Agua Deux cascades pétrifiées : l'eau chargée de minéraux a déposé, goutte après goutte, des falaises blanches qui ressemblent à une chute d'eau figée. Au-dessus, des bassins naturels face à la vallée. ⚠️ Le site a déjà été fermé plusieurs mois par des conflits entre communautés : s'informer la veille.payantnatureEn savoir plus
Le nom veut dire « l'eau bout », mais l'eau n'est pas chaude : ce sont des sources chargées de gaz carbonique qui bouillonnent en surface. Leur eau, très riche en carbonate de calcium, a déposé au fil des millénaires ces falaises blanches qui ressemblent à des cascades figées.
Au sommet, des bassins où l'on se baigne face à la vallée. Autour, les archéologues ont identifié un ancien système de canaux et de terrasses d'irrigation creusé par les Zapotèques, l'un des plus anciens de la région.
Le site est géré par les communautés voisines, qui perçoivent l'entrée. La route finale est raide et étroite ; un sentier descend au pied de la grande cascade pétrifiée, d'où on la voit le mieux. Maillot, eau et chaussures qui accrochent : la roche mouillée est glissante.
Jour 7
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Dégustation de mezcal dans un palenque Santiago Matatlán se proclame capitale mondiale du mezcal : on y voit les cœurs d'agave cuire dans des fours creusés en terre, puis écrasés à la meule tirée par un cheval. La dégustation se fait à petites gorgées, dans une coupelle.payantmarchéEn savoir plus
Le mezcal se fait avec le cœur de l'agave, qu'on appelle la piña parce qu'il ressemble à un ananas géant. On le cuit plusieurs jours dans un four creusé en terre, sur des pierres chauffées au bois, ce qui lui donne son goût fumé. On l'écrase ensuite sous une meule de pierre tirée par un cheval, on laisse fermenter le jus avec les fibres dans des cuves de bois, puis on distille dans des alambics de cuivre ou de terre.
La téquila est un mezcal particulier, fait d'une seule variété d'agave bleu dans une région délimitée autour de Jalisco. Le mezcal d'Oaxaca, lui, utilise des dizaines d'agaves, dont certaines sauvages qui mettent des années à mûrir. Quant au ver dans la bouteille, c'est une trouvaille commerciale du milieu du XXe siècle, pas une tradition.
On le goûte à petites gorgées, avec des quartiers d'orange et du sel de ver. ⚠️ Les palenques de la route de Mitla ne manquent pas : prévoir un conducteur qui ne boit pas.
35 € hébergement · 26 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel colonial avec patio, 70 € la nuit.
- Oaxaca → San Cristóbal de las Casas — Autocar de nuit par l'isthme de Tehuantepec, 11 h, 50 € par personne.
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03. San Cristóbal de las Casas
J8 → J10 · 3 nuits · 201 € par personne
La ville coloniale des Altos du Chiapas
Une ville coloniale basse et colorée à 2 200 m, dans les montagnes du Chiapas, entourée de villages tzotziles et tzeltales qui ont gardé leurs costumes, leurs fêtes et leur autonomie. Le centre se fait à pied, par des rues piétonnes ; les villages et le canyon du Sumidero se rejoignent en colectivo ou en excursion. ⚠️ Les nuits de janvier frôlent le zéro, et les maisons ne sont pas chauffées.
En savoir plus sur San Cristóbal de las Casas
San Cristóbal a longtemps été la ville des Espagnols au milieu d'un pays maya, et l'on sent encore la frontière. Au centre, les églises baroques, les rues piétonnes et les cafés ; à dix minutes de colectivo, des villages où l'on parle tzotzil et où l'autorité est celle de la communauté.
C'est ici que l'Armée zapatiste de libération nationale a surgi le 1er janvier 1994, le jour de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange nord-américain, en occupant la mairie. Le mouvement administre toujours ses propres communautés dans la région, et l'on trouve sa littérature et ses broderies dans les librairies du centre.
La ville est aussi la plus fraîche du voyage. À 2 200 m, les journées de janvier sont lumineuses et douces, mais la température chute dès le coucher du soleil, et l'on dort sous trois couvertures.
⚠️ Dans les villages, la photographie est un sujet sérieux. On ne photographie pas une personne sans lui demander, et jamais l'intérieur d'une église : à Chamula, l'interdit est appliqué sans discussion.
À table
- Tamales de chipilín — la pâte de maïs parfumée aux feuilles de chipilín, une plante du Chiapas, cuite dans une feuille de bananier.
- Café des Altos — l'arabica cultivé à l'ombre sur les pentes du Chiapas, premier État producteur du pays, servi dans les cafés du centre et vendu en grain au marché.
- Pox — l'eau-de-vie de maïs et de canne des Tzotziles, bue dans les cérémonies ; elle se goûte à San Cristóbal dans des bars qui la parfument aux fruits.
- Sopa de pan — la soupe de pain aux légumes et aux épices, en couches, plat des fêtes de San Cristóbal.
- Chocolat chaud — le cacao des basses terres du Chiapas, cultivé depuis l'époque maya, bu épais pendant les soirées fraîches.
Jour 8
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Canyon du Sumidero en bateau Deux heures de bateau sur le Grijalva entre des parois qui dépassent le kilomètre de haut, avec crocodiles sur les berges, singes-araignées et une cascade en forme de sapin de mousse. On embarque à Chiapa de Corzo, à une heure de route.payantnatureEn savoir plus
Le Grijalva a creusé ce canyon dans le plateau calcaire, et ses parois montent à pic au-dessus de l'eau jusqu'à plus d'un kilomètre. Le parc national qui le protège a été créé en 1980. Le bateau remonte le fleuve jusqu'au barrage de Chicoasén, puis redescend.
Une légende, reprise dans les manuels scolaires, veut qu'au XVIe siècle les guerriers chiapanèques se soient jetés du haut des falaises plutôt que de se rendre aux Espagnols. On croise des crocodiles sur les bancs de sable, des singes-araignées dans les arbres, des pélicans et des hérons, et la paroi moussue que les bateliers appellent l'« arbre de Noël ».
Les bateaux à moteur vont vite : il fait froid à l'avant, et l'on y est mouillé. Après les pluies, le courant charrie des déchets. On embarque à Chiapa de Corzo, petite ville coloniale dont la fontaine de brique, de style mudéjar, mérite l'arrêt. Les belvédères de la route du canyon donnent la vue d'en haut.
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Chamula et Zinacantán Deux villages tzotziles voisins et opposés. À Chamula, une église sans bancs, au sol couvert d'aiguilles de pin, où l'on prie parmi des centaines de bougies ; à Zinacantán, des serres de fleurs et des brodeuses en bleu et violet. ⛔ Photographier dans l'église de Chamula est strictement interdit.payantcultureEn savoir plus
San Juan Chamula est une commune tzotzile qui s'administre elle-même, avec ses propres autorités et sa propre police. Son église est catholique de nom, mais les rites y mêlent le christianisme et les croyances mayas : des familles agenouillées sur les aiguilles de pin, des guérisseurs qui passent des œufs sur les malades, des bouteilles de soda qu'on boit pour expulser le mal en rotant, et parfois le sacrifice d'une poule.
⛔ L'interdiction de photographier dans l'église n'est pas une recommandation : la police communale confisque les appareils. On entre en silence, on ne s'approche pas des familles en prière.
Zinacantán, à quelques kilomètres, vit de ses fleurs, cultivées sous des serres qui couvrent les collines. Les femmes portent des châles brodés de fleurs, en bleu et violet, et certaines reçoivent chez elles pour montrer le métier à tisser attaché à la taille. Un guide local explique ce qu'on voit et ouvre des portes qui resteraient fermées.
Jour 9
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Centre historique et rues piétonnes Trois rues piétonnes en croix autour de la cathédrale jaune et rouge, bordées de maisons basses aux couleurs vives. Le meilleur moment est la fin d'après-midi, quand la lumière rasante allume les façades.gratuitmarchéEn savoir plus
San Cristóbal a été fondée en 1528 par Diego de Mazariegos, et porte le nom de Bartolomé de las Casas, qui en fut l'évêque et le premier grand défenseur des Indiens face aux colons. La ville a gardé son plan en damier et ses maisons basses, bâties pour résister aux séismes.
Trois rues piétonnes se croisent autour du centre. Le Real de Guadalupe file vers l'est jusqu'à l'escalier de la colline de Guadalupe ; l'andador du Carmen descend vers le sud jusqu'à l'arc de l'ancien couvent ; au nord, la rue mène à Santo Domingo et au marché. La cathédrale, jaune, rouge et blanc, domine la place.
Les pavés sont irréguliers et l'altitude essouffle : on marche lentement. Le soir, les rues se remplissent, et la température chute d'un coup avec le soleil — garder une polaire dans le sac.
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Église Santo Domingo et marché artisanal Une façade baroque sculptée comme un retable, et sur son parvis le marché des tisserandes des villages voisins : châles, huipiles brodés, ceintures tissées au métier à dos.gratuitcultureEn savoir plus
La façade baroque de Santo Domingo est sculptée comme un retable de pierre, avec des colonnes torsadées et un décor dense qui prend une couleur rose au soleil. À l'intérieur, les retables sont couverts d'or.
L'ancien couvent accueille le centre des Textiles du monde maya, un musée qui présente les costumes des villages des Altos et du Guatemala voisin : chaque village a ses motifs, ses couleurs et sa manière de porter le huipil, et l'on apprend à les reconnaître. Une coopérative de tisserandes y vend directement leur travail.
Sur le parvis et autour de l'église, le marché artisanal est plus touristique : on y trouve de très belles pièces et des imitations fabriquées en série. Marchander avec courtoisie est d'usage, mais les prix de la coopérative, fixes, sont ceux qui reviennent vraiment aux tisserandes.
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Na Bolom, maison-musée des Blom La maison de l'archéologue Frans Blom et de la photographe Gertrude Duby-Blom, qui ont consacré leur vie aux Lacandons, derniers Mayas de la forêt. Leurs collections, leur bibliothèque et le jardin, tels qu'ils les ont laissés.payantcultureEn savoir plus
Na Bolom signifie « la maison du jaguar » en tzotzil, et le nom joue sur celui de Frans Blom, l'archéologue danois qui a exploré le pays maya dans la première moitié du XXe siècle. Sa femme, la photographe suisse Gertrude Duby-Blom, a passé sa vie à documenter les Lacandons, derniers Mayas de la forêt, et à se battre contre la destruction de la forêt lacandone.
La maison est restée telle qu'ils l'ont habitée : bibliothèque, objets rapportés de leurs expéditions, photographies de Gertrude, et la grande table où les invités dînaient ensemble. Une partie est devenue hôtel, et l'association qui la gère continue de soutenir les communautés lacandones.
Les visites guidées racontent l'histoire du couple mieux que les cartels. Le jardin, en retrait du bruit du centre, vaut aussi le détour.
Jour 10
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Marché municipal Le marché des villages, pas celui des visiteurs : fleurs, bougies de cire, piments séchés, poulets vivants et comptoirs de soupe. On y entend plus de tzotzil que d'espagnol.gratuitmarchéEn savoir plus
Le marché municipal est celui où descendent chaque matin les habitants des villages des Altos. On y vend les fleurs de Zinacantán, les bougies de cire colorées qui servent aux offrandes dans les églises, les piments séchés, les haricots de dix couleurs, et des poulets vivants.
Aux comptoirs du fond, on sert des soupes, des tamales et du café pour quelques pièces. C'est l'endroit de la ville où l'on entend le plus de tzotzil et de tzeltal, et le moins d'espagnol.
⚠️ Les vendeuses n'aiment pas être photographiées : demander d'abord, et accepter un refus. Venir tôt, quand les étals se montent.
31 € hébergement · 24 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec patio et cheminée, 62 € la nuit.
Voir les hébergements à San Cristóbal de las Casaslien affilié
- San Cristóbal de las Casas → Palenque — Autocar de jour par Ocosingo — ou minibus avec arrêts à Toniná, Agua Azul et Misol-Ha, 8 h 30, 25 € par personne.
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04. Palenque
J11 → J12 · 2 nuits · 177 € par personne
Une cité maya dans la forêt tropicale
La ville est sans charme et l'on n'y vient pas pour elle : on y dort pour être à l'ouverture du site maya, à huit kilomètres, avant la chaleur et les groupes. Beaucoup préfèrent loger en lisière de la forêt, sur la route des ruines. Colectivos jusqu'au site, excursions pour les cascades et pour Bonampak. ⚠️ Après les Altos, c'est l'humidité des basses terres : trente degrés dès le matin.
En savoir plus sur Palenque
Palenque est l'étape où le Mexique change de climat. On quitte la fraîcheur des Altos pour les basses terres, et en quelques heures de route les pins font place à la forêt tropicale, humide et bruyante.
Le site maya est la raison de l'étape. Il a été abandonné au IXe siècle et la forêt l'a recouvert si complètement que seule une petite partie en est dégagée : les temples qu'on visite sont entourés de collines boisées qui sont, en réalité, d'autres édifices jamais fouillés.
Le lieu est célèbre pour la tombe de Pakal le Grand, qui a régné près de soixante-dix ans au VIIe siècle. L'archéologue Alberto Ruz l'a découverte en 1952 au fond d'un escalier secret, sous le temple des Inscriptions — la première tombe royale trouvée dans une pyramide maya.
⚠️ La meilleure heure est la première : le site ouvre tôt, les singes hurleurs sont encore en voix et la brume accroche la forêt. Les cascades de Misol-Ha et d'Agua Azul se visitent souvent en route, depuis ou vers San Cristóbal.
À table
- Pozol — la boisson de pâte de maïs et de cacao délayée dans l'eau froide, bue dans une calebasse ; la boisson de travail des paysans du Chiapas et du Tabasco.
- Pejelagarto — le poisson au museau de crocodile des rivières du Tabasco voisin, grillé et effiloché en tacos.
- Tamales de chipilín — la pâte de maïs aux feuilles de chipilín, vendue le matin dans les rues de la ville.
- Plátanos fritos — les bananes plantains frites, sucrées, avec crème et fromage frais, en accompagnement de tous les repas des basses terres.
Jour 11
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Site maya de Palenque Le temple des Inscriptions, qui cachait la tombe du roi Pakal, et le Palais avec sa tour carrée, unique dans le monde maya. Le billet réunit deux guichets : l'INAH pour les ruines, le parc national pour la forêt. Le musée de site est compris.21 €cultureEn savoir plus
Les Mayas l'appelaient Lakamha', « la grande eau », à cause des ruisseaux qui descendent de la montagne. Ils les ont canalisés : un aqueduc voûté fait passer l'un d'eux sous le Palais, un ouvrage que l'on voit encore au pied des terrasses.
Le couvercle du sarcophage de Pakal, sculpté d'un roi qui tombe dans le monde souterrain, a été lu dans les années 1960 comme un astronaute aux commandes d'une fusée ; aucun archéologue ne l'a jamais pris au sérieux. En 1994, sous le temple XIII voisin, on a découvert la tombe d'une femme entièrement recouverte de cinabre, qu'on a appelée la Reine rouge. Le Palais, avec sa tour, ses cours et ses reliefs de stuc, était le cœur de la cour royale ; le groupe de la Croix, de l'autre côté du ruisseau, ses temples.
Pour finir, prendre le sentier qui descend à travers la forêt en longeant les cascades du ruisseau jusqu'au musée de site, plutôt que de revenir à l'entrée. ⚠️ Les étals de souvenirs en bord de sentier sont tenus par les communautés voisines.
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Forêt autour d'El Panchán Le hameau de cabanes entre la ville et les ruines, en lisière de la forêt protégée. On y entend les singes hurleurs à l'aube, et le soir les lucioles s'allument le long du ruisseau.gratuitnatureEn savoir plus
El Panchán est un hameau de cabanes et de petits restaurants installé dans la forêt, entre la ville et les ruines, à la lisière du parc national. Il est devenu le repaire des voyageurs qui préfèrent dormir dans les arbres plutôt qu'en ville.
Les singes hurleurs y donnent de la voix avant l'aube : un grondement rauque qui porte à des kilomètres et qu'on prend, la première nuit, pour un fauve. Le soir, les lucioles s'allument le long du ruisseau.
Lampe frontale et répulsif indispensables.
Jour 12
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Cascade de Misol-Ha Une chute d'une trentaine de mètres dans un bassin rond, entourée de forêt, et un sentier qui passe derrière le rideau d'eau. À vingt kilomètres de Palenque, sur la route de San Cristóbal.payantnatureEn savoir plus
Misol-Ha tombe d'une trentaine de mètres dans un bassin rond entouré de forêt. Le sentier qui passe derrière le rideau d'eau mène à une grotte, au fond de laquelle un guide avec une lampe montre une petite cascade intérieure.
Le site est géré par la communauté voisine, qui loue aussi des cabanes pour la nuit. On peut se baigner dans le bassin, prudemment : les rochers sont glissants et l'eau profonde.
Arriver tôt : les minibus entre San Cristóbal et Palenque s'y arrêtent tous vers le milieu de la journée.
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Cascades d'Agua Azul Une succession de vasques et de gradins de calcaire où l'eau prend un bleu turquoise. ⚠️ Ce bleu n'existe qu'en saison sèche, de janvier à mai : après les pluies, la rivière devient brune, et la baignade n'est permise que dans les bassins signalés.payantnatureEn savoir plus
Agua Azul n'est pas une cascade mais une rivière entière qui dévale en gradins sur plusieurs kilomètres. Le calcaire dissous dans l'eau s'est déposé en barrages naturels qui retiennent des vasques, et c'est ce calcaire, en suspension, qui donne au torrent sa couleur laiteuse et turquoise.
Le site est géré par des ejidos tzeltales et choles. Un sentier remonte le long des chutes, bordé d'étals qui vendent plantains frits, noix de coco et empanadas.
⚠️ Le courant est plus fort qu'il n'en a l'air, et des baigneurs s'y noient chaque année : on ne se baigne que dans les bassins calmes et signalés. Sur la route d'accès, des communautés tendent parfois une corde pour percevoir un droit de passage ; c'est courant dans la région, et l'on paie sans discuter.
36 € hébergement · 26 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine sur la route des ruines, 72 € la nuit.
- Palenque → Mérida — Autocar par Campeche, en longeant le golfe du Mexique, 8 h, 45 € par personne.
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05. Mérida
J13 → J14 · 2 nuits · 190 € par personne
La ville blanche du Yucatán
La capitale du Yucatán, calme, sûre et brûlante, avec son centre colonial en damier et le paseo de Montejo bordé de demeures du temps du sisal. C'est la base de la route Puuc — Uxmal et Kabah, à une heure et demie au sud — et des flamants de Celestún, à l'ouest. On y circule à pied au centre, en bus ou en excursion au-delà. ⚠️ Les après-midis sont faits pour la sieste : on visite tôt, on ressort le soir.
En savoir plus sur Mérida
Mérida a été fondée en 1542 sur la cité maya de T'hó, dont les pierres ont servi à bâtir la cathédrale, l'une des plus anciennes du continent américain. La ville garde de cette origine un plan en damier autour de la Plaza Grande, où s'alignent la cathédrale, le palais du gouverneur et la maison de Montejo.
Sa seconde naissance date de la fin du XIXe siècle. Le sisal, la fibre d'agave dont on faisait les cordes de tous les navires du monde, a fait du Yucatán l'une des régions les plus riches du pays. Les planteurs ont bâti sur le paseo de Montejo des demeures à la française, et dans la campagne des haciendas dont beaucoup sont devenues des hôtels.
La ville vit le soir. Chaque jour de la semaine a son rendez-vous gratuit sur une place — danses traditionnelles, sérénades, jeu de balle maya rejoué au flambeau — et le dimanche, le centre est fermé aux voitures.
⚠️ Mérida est la meilleure base pour la route Puuc et pour les cenotes du sud, mais pas pour Chichén Itzá : Valladolid en est deux fois plus proche.
À table
- Cochinita pibil — le porc mariné à l'achiote et à l'orange amère, cuit longuement dans une feuille de bananier, servi en tacos avec des oignons roses ; le plat du matin du Yucatán.
- Sopa de lima — le bouillon de poulet parfumé au citron vert local, avec des lanières de tortilla frites.
- Papadzules — les tortillas roulées sur des œufs durs, nappées de sauce de graines de courge et de sauce tomate.
- Panuchos et salbutes — les petites tortillas frites, farcies de haricots ou soufflées, garnies de dinde effilochée ; le repas du soir sur les places.
- Marquesitas — la gaufre roulée croustillante garnie de fromage de Hollande râpé, parfois de chocolat, vendue le soir sur les places.
- ⚠️ Chile habanero — l'un des piments les plus forts du pays, avec son appellation d'origine du Yucatán ; servi à part, en sauce, il se goûte du bout du couteau.
Jour 13
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Uxmal La pyramide du Devin, à la base ovale, unique dans le monde maya, et le palais du Gouverneur, dont la frise de pierre court sur une centaine de mètres. Le chef-d'œuvre du style Puuc. ⚠️ Deux guichets, l'INAH et l'État du Yucatán : le prix affiché est leur total.28 €cultureEn savoir plus
Le Yucatán n'a pas de rivières, et la région Puuc, autour d'Uxmal, n'a pas même de cenotes : l'eau y était le problème de toute une civilisation. Les Mayas la recueillaient dans des citernes creusées sous les places, les chultunes, et c'est ce qui explique l'omniprésence de Chaac, le dieu de la pluie, dont les masques couvrent les façades.
La pyramide du Devin a sa légende : un nain né d'un œuf l'aurait élevée en une seule nuit pour relever le défi du roi. Les archéologues y comptent en réalité cinq temples successifs. Le quadrilatère des Nonnes, baptisé ainsi par les Espagnols qui y voyaient un couvent, et le palais du Gouverneur montrent le style Puuc à son sommet : murs lisses en bas, frises de pierre ciselée en haut, assemblées comme une mosaïque.
Arriver à l'ouverture, quand la lumière rasante révèle le relief des frises. Kabah et les autres sites de la route Puuc — Sayil, Xlapak, Labná — se visitent dans la même journée, plus au sud.
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Paseo de Montejo et Plaza Grande L'avenue des planteurs de sisal, bordée d'hôtels particuliers à la française, puis la place centrale, sa cathédrale de pierre grise et la façade de la maison de Montejo, où deux conquistadors posent le pied sur des têtes de vaincus.gratuitmarchéEn savoir plus
La maison de Montejo, sur la Plaza Grande, a été bâtie au milieu du XVIe siècle pour la famille du conquistador du Yucatán. Sa façade est une leçon d'histoire en pierre : deux soldats espagnols en armure y posent le pied sur des têtes d'Indiens. La cathédrale voisine a été élevée avec les pierres des temples de T'hó, la cité maya sur laquelle Mérida a été fondée. Au palais du Gouvernement, gratuit, les grandes toiles de Fernando Castro Pacheco racontent l'histoire du Yucatán.
Le paseo de Montejo a été tracé à la fin du XIXe siècle sur le modèle des Champs-Élysées, quand le sisal faisait la fortune des planteurs. Le palais Cantón, l'une de leurs demeures, abrite aujourd'hui le musée régional d'anthropologie.
Le dimanche, le centre est fermé aux voitures : marché d'artisanat, danses et orchestre sur la place. En semaine, chaque soir a sa manifestation gratuite, annoncée à l'office de tourisme.
Jour 14
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Marché Lucas de Gálvez Le grand marché de Mérida, bruyant et chaud, où l'on mange la cochinita en tacos au petit-déjeuner, debout au comptoir. Les fruits tropicaux, les piments habaneros et les hamacs se vendent dans les allées voisines.gratuitmarchéEn savoir plus
Le grand marché de Mérida est un labyrinthe couvert, chaud et bruyant, où l'on vend de tout : fruits tropicaux, piments habaneros, épices, viande, poisson, hamacs et guayaberas, la chemise légère à plis des hommes du Yucatán.
Le matin, les comptoirs servent la cochinita pibil en tacos et en tortas. C'est un plat du petit-déjeuner : les meilleures adresses ont tout vendu avant midi.
Garder un œil sur son sac dans les allées bondées.
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Flamants roses de Celestún Une réserve de mangrove et de lagune sur le golfe du Mexique, où des milliers de flamants roses se nourrissent en hiver. On les approche en barque, en silence ; la sortie passe aussi par une source d'eau douce dans la mangrove.payantnatureEn savoir plus
La réserve de Celestún est une lagune où l'eau douce des sources souterraines se mêle à l'eau de mer, bordée de mangroves. Les flamants roses d'Amérique y trouvent en abondance les petits crustacés dont les pigments leur donnent leur couleur : plus ils en mangent, plus ils sont roses.
La barque longe les bancs de flamants, puis s'enfonce dans un tunnel de mangrove jusqu'à une source d'eau douce où l'on peut se baigner. Le circuit passe aussi par une « forêt pétrifiée », des arbres morts blanchis par le sel.
⚠️ Les bateliers ont l'obligation de rester à distance des oiseaux : un flamant dérangé s'envole et abandonne son aire. Venir le matin, quand la lagune est calme. Espèces pour le bateau.
39 € hébergement · 28 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel colonial avec piscine, 78 € la nuit.
- Mérida → Valladolid — Autocar direct, 2 h 30, 15 € par personne.
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06. Valladolid
J15 → J16 · 2 nuits · 182 € par personne
La base de Chichén Itzá, entre les cenotes
Une petite ville coloniale aux façades pastel, plus calme et moins chère que Mérida, à quarante-cinq minutes de Chichén Itzá et une demi-heure d'Ek Balam. Le centre se fait à pied, les cenotes des environs à vélo ou en colectivo. ⚠️ Dormir ici, c'est pouvoir être à Chichén Itzá à l'ouverture, avant les cars de Cancún — le seul vrai secret du site.
En savoir plus sur Valladolid
Valladolid a longtemps été la ville qu'on traversait entre Mérida et Cancún. Elle est devenue une étape pour une raison simple : c'est de là qu'on peut être à Chichén Itzá dès l'ouverture, une heure avant l'arrivée des cars de la Riviera maya.
La ville elle-même mérite pourtant qu'on s'y arrête. Sa place centrale, ses églises et la calzada de los Frailes — une rue de maisons basses repeintes en ocre, rose et bleu — mènent au couvent franciscain de San Bernardino, l'un des plus anciens de la péninsule, qui ressemble à une forteresse.
Autour, la plaine du Yucatán est criblée de cenotes, ces puits naturels ouverts dans le calcaire quand la voûte d'une rivière souterraine s'effondre. Pour les Mayas, c'étaient les portes du monde souterrain ; pour le voyageur, ce sont les bains de la journée. Le plus célèbre est en pleine ville.
⚠️ Le Castillo de Chichén Itzá ne se gravit plus, et les photos de gens au sommet datent d'avant 2006.
À table
- Longaniza de Valladolid — la saucisse fumée de la ville, parfumée à l'achiote, grillée et servie en tacos.
- Lomitos de Valladolid — le porc mijoté en petits morceaux dans une sauce de tomate, avec œuf dur et haricots.
- Escabeche oriental — le poulet grillé dans un bouillon vinaigré à l'oignon et au poivre, le plat de l'est du Yucatán.
- Xtabentún — la liqueur d'anis et de miel de fleurs de xtabentún, bue en digestif.
Jour 15
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Chichén Itzá La pyramide de Kukulcán, dont les escaliers dessinent aux équinoxes l'ombre d'un serpent qui descend, le plus grand terrain de jeu de balle de Méso-Amérique et le cenote sacré des offrandes. ⚠️ Arriver à l'ouverture : les cars de Cancún débarquent vers dix heures.32 €cultureEn savoir plus
La pyramide de Kukulcán a quatre escaliers de quatre-vingt-onze marches ; avec la plate-forme du sommet, on compte trois cent soixante-cinq marches, autant que de jours dans l'année solaire. Aux équinoxes, l'ombre des terrasses dessine sur la rampe nord un serpent de lumière qui semble descendre vers la tête sculptée au pied de l'escalier. À l'intérieur, une pyramide plus ancienne abrite un trône en forme de jaguar rouge, aux taches de jade.
Le terrain de jeu de balle est le plus grand de Méso-Amérique. Ses murs portent des reliefs montrant un joueur décapité, et ses anneaux de pierre sont perchés si haut qu'on se demande comment la balle y passait. Le cenote sacré, au bout d'une chaussée, recevait des offrandes : au début du XXe siècle, un consul américain l'a dragué et a envoyé à Harvard des centaines d'objets d'or et de jade, en partie rendus depuis.
⛔ Le Castillo ne se gravit plus depuis 2006, après une chute mortelle. Les vendeurs de souvenirs, venus des villages voisins, occupent les allées ; un refus poli suffit.
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Calzada de los Frailes et couvent de San Bernardino Une rue de maisons basses aux couleurs vives, qui descend jusqu'au couvent franciscain fortifié du XVIe siècle. La rue et les abords du couvent sont libres d'accès ; le soir, un spectacle de lumière est projeté sur sa façade.gratuitmarchéEn savoir plus
La calzada de los Frailes était le chemin des franciscains entre le centre de Valladolid et leur couvent. Ses maisons basses, repeintes en ocre, rose, bleu et vert, en font la rue la plus photographiée de la ville.
Le couvent de San Bernardino de Siena, élevé au milieu du XVIe siècle, ressemble à une forteresse. Il est construit au-dessus d'un cenote qui fournissait l'eau aux moines. C'est près de Valladolid qu'a éclaté en 1847 la guerre des Castes, le soulèvement maya contre les grands propriétaires qui a duré plus d'un demi-siècle.
Le soir, un spectacle de lumière est projeté sur la façade du couvent : il raconte l'histoire de la ville, et l'on s'assoit sur l'herbe pour le regarder.
Jour 16
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Cenote Zací Un cenote en pleine ville, à trois rues de la place : une grotte à moitié effondrée, des stalactites et une eau très sombre et profonde, avec des lianes qui pendent de la voûte.payantnatureEn savoir plus
Valladolid a été fondée sur une ville maya nommée Zací, et le cenote en a gardé le nom. C'est une grotte à demi effondrée, en pleine ville, dont la voûte surplombe encore une partie du bassin. L'eau est sombre et très profonde, avec des poissons noirs et des lianes qui tombent jusqu'à la surface.
On y descend par un escalier taillé dans la roche, depuis le restaurant qui en tient l'accès. C'est le plus simple des cenotes du voyage : pas besoin de transport, on y va à pied depuis la place.
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Cenote Suytun Une grotte fermée avec une passerelle de pierre qui avance jusqu'au milieu de l'eau, sous un trou dans la voûte. Vers midi, un rayon de soleil tombe exactement sur la plate-forme ; c'est le moment où la file d'attente est la plus longue.payantnatureEn savoir plus
Suytun est un cenote fermé : une grotte ronde, sous une voûte percée d'une seule ouverture, avec une passerelle de pierre qui s'avance jusqu'au milieu de l'eau. Quand le soleil est au plus haut, un rayon tombe exactement sur la plate-forme.
C'est l'image qu'on voit partout sur les réseaux sociaux, et on la paie par une file d'attente pour poser sur la plate-forme. Venir tôt, ou accepter de ne pas avoir la photo : la grotte vaut la visite sans elle. Gilet de sauvetage fourni pour la baignade.
35 € hébergement · 26 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel colonial avec piscine, 70 € la nuit.
- Valladolid → Bacalar — Autocar par Felipe Carrillo Puerto, 4 h, 22 € par personne.
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07. Bacalar
J17 → J18 · 2 nuits · 178 € par personne
La lagune aux sept couleurs
Un village au bord d'une lagune d'eau douce de plus de quarante kilomètres, dont les fonds de sable blanc donnent à l'eau sept nuances de bleu. On y vient pour ne rien faire : nager depuis un ponton, pagayer au lever du jour, faire le tour de la lagune en bateau. ⚠️ Changement d'heure en entrant dans le Quintana Roo : une heure de plus qu'au Yucatán.
En savoir plus sur Bacalar
Bacalar est la pause du voyage. Après les sites, les bus et la chaleur de Mérida, c'est l'étape où l'on ne visite presque rien, et c'est assumé.
La lagune est alimentée par des cenotes et des sources souterraines, et reliée à la baie de Chetumal par d'anciens chenaux. Son fond de sable calcaire très blanc, plus ou moins profond, donne à l'eau sa palette, du turquoise presque blanc au bleu nuit des cenotes qui s'ouvrent au milieu.
Sur ses rives vivent des stromatolithes, des formations calcaires bâties par des colonies de bactéries — parmi les plus anciennes formes de vie connues sur Terre. Ils ressemblent à des rochers ; ce n'en sont pas.
⛔ On ne marche jamais sur les stromatolithes, et l'on ne s'y assoit pas : ils ont mis des millénaires à se former et un pied les brise. ⚠️ Crème solaire interdite dans l'eau.
À table
- Tikin xic — le poisson ouvert en deux, mariné à l'achiote et à l'orange amère, cuit en feuille de bananier ; plat maya de la côte, servi dans les restaurants au bord de la lagune.
- Agua de chaya — la boisson verte d'épinard maya, mixée avec de l'ananas ou du citron vert, servie glacée.
- Ceviche — le poisson ou les crevettes cuits au citron vert, avec tomate, oignon, coriandre et piment, mangé sur des tostadas.
Jour 17
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Tour de la lagune en bateau Le canal des Pirates, emprunté jadis par les flibustiers qui remontaient piller le fort, le cenote Esmeralda au milieu de la lagune et l'île aux oiseaux. On nage à chaque arrêt dans une eau tiède et transparente.payantdétenteEn savoir plus
La lagune de Bacalar est reliée à la baie de Chetumal par d'anciens chenaux. L'un d'eux, le canal des Pirates, aurait servi aux flibustiers anglais qui remontaient piller la ville au XVIIe siècle.
Le tour s'arrête au-dessus de cenotes qui s'ouvrent au milieu de la lagune — l'eau passe d'un coup du turquoise au bleu marine là où le fond plonge — puis devant l'île aux Oiseaux, un sanctuaire où l'on ne débarque pas. On nage à chaque arrêt.
⛔ Ne jamais marcher sur les stromatolithes des rives, et ne mettre de crème solaire qu'après la baignade.
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Bord de lagune au coucher du soleil Le soleil se couche sur la lagune, côté village. Le front d'eau et la place du fort sont libres d'accès ; on s'installe sur le quai municipal pour voir les couleurs s'éteindre une à une.gratuitdétenteEn savoir plus
Le soleil se couche du côté du village, derrière la ville, et la lagune passe par toutes ses couleurs avant de devenir grise. Le quai municipal et les abords du fort sont libres d'accès.
C'est l'heure où le village sort : familles, vendeurs de marquesitas et de maïs, pêcheurs qui rentrent.
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Kayak ou paddle au lever du jour La lagune est un miroir avant que le vent ne se lève, et les couleurs y sont les plus nettes. On loue un kayak ou une planche au ponton de l'hébergement, ou à l'une des locations du bord de l'eau.payantsportEn savoir plus
Au lever du jour, avant que le vent ne se lève, la lagune est un miroir, et les couleurs n'ont jamais été aussi nettes. C'est aussi l'heure où les bateaux ne sont pas encore sortis.
On longe la rive vers le sud pour voir les stromatolithes de près, sans les toucher, ou l'on traverse vers les eaux plus sombres des cenotes. L'eau est douce, tiède et peu profonde près des bords.
Jour 18
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Fort de San Felipe, musée de la piraterie Un petit fort espagnol en étoile du XVIIIe siècle, bâti contre les pirates anglais qui remontaient de la baie de Chetumal. Il abrite un musée de la piraterie, et ses remparts dominent la lagune.payantcultureEn savoir plus
Bacalar a été fondée au XVIe siècle par les Espagnols, puis ravagée à plusieurs reprises par les pirates anglais, qui venaient du Belize voisin. Le fort de San Felipe, en étoile, a été construit au XVIIIe siècle pour la protéger.
Pendant la guerre des Castes, les rebelles mayas ont pris la ville et le fort en 1858, et les ont tenus longtemps. Le petit musée raconte les pirates, les batailles et la vie de la garnison ; les remparts, eux, offrent la meilleure vue sur la lagune depuis le village.
45 € hébergement · 30 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec ponton sur la lagune, 90 € la nuit.
- Bacalar → Tulum — Autocar le long de la côte, 2 h 45, 17 € par personne.
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08. Tulum
J19 → J21 · 3 nuits · 365 € par personne
Une cité maya face à la mer des Caraïbes
La fin du parcours : une cité maya sur une falaise au-dessus de la mer, des plages de sable blanc et les plus beaux cenotes du pays à portée de vélo. Le village, en retrait, est plus simple et moins cher que la zone des hôtels de plage. On circule à vélo ou en taxi ; Cobá et Sian Ka'an se font à la journée. ⚠️ L'aéroport de Cancún est à deux heures de route vers le nord.
En savoir plus sur Tulum
Tulum était un port maya actif encore à l'arrivée des Espagnols, protégé par un rempart sur trois côtés et par la falaise sur le quatrième. C'est l'une des rares cités mayas bâties au bord de la mer, et la seule dont les temples se découpent sur un fond turquoise.
Autour du site, l'ancien village de pêcheurs est devenu en vingt ans l'une des destinations les plus chères du Mexique, avec deux visages : le village, sur la route, où l'on dort et mange à prix raisonnable, et la zone des hôtels, une route étroite entre la jungle et la plage, où tout se paie cher.
Le vrai trésor est sous terre. La péninsule du Yucatán repose sur le plus grand réseau de rivières souterraines inondées connu au monde, et les cenotes des environs en sont les puits d'accès. On y nage au masque dans une eau d'une clarté parfaite, et les plongeurs viennent du monde entier explorer leurs galeries.
⚠️ De fin avril à septembre, les sargasses peuvent envahir les plages ; en janvier, la mer est dégagée. La côte est protégée par le parc national du Jaguar, dont l'accès aux plages est payant.
À table
- Tacos de pescado — le poisson frit en beignet, glissé dans une tortilla avec du chou et une sauce crémeuse, le déjeuner de la côte.
- Ceviche de la côte — le poisson du jour cuit au citron vert, relevé de habanero, servi avec des tostadas face à la mer.
- Xnipek — la salsa maya de tomate, oignon, orange amère et habanero, dont le nom veut dire « nez de chien » : elle fait couler le nez.
- Coco frío — la noix de coco verte ouverte à la machette, bue à la paille sur la plage.
Jour 19
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Cité maya de Tulum Le Castillo sur sa falaise, le temple des Fresques et le rempart de la seule grande cité maya bâtie face à la mer. En bas, une petite plage au pied des ruines. ⚠️ Venir à l'ouverture : le site est petit, sans ombre, et saturé dès la fin de matinée.31 €cultureEn savoir plus
Les Mayas l'appelaient Zamá, « l'aube », parce qu'elle regarde l'est et le lever du soleil sur la mer. En 1518, l'expédition espagnole de Juan de Grijalva l'a aperçue depuis la mer, et le chroniqueur l'a jugée pas plus petite que Séville.
Le temple du Dieu descendant porte au-dessus de sa porte une figure sculptée la tête en bas, qu'on interprète comme une divinité de l'abeille ou du soleil couchant. Le temple des Fresques garde, à l'intérieur, des peintures murales sur ses parois. Et partout, des iguanes au soleil sur les pierres.
Les sentiers sont balisés par des cordes et les édifices ne se gravissent pas. La petite plage au pied de la falaise ferme parfois pour la ponte des tortues. Maillot dans le sac, chapeau sur la tête : le site n'a pas d'ombre.
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Cenote Dos Ojos Deux puits reliés par une galerie inondée, d'une eau si claire qu'on a l'impression de flotter dans l'air, avec des stalactites qui plongent sous la surface. On y nage au masque, à la lumière qui tombe des ouvertures.payantnatureEn savoir plus
Dos Ojos, « les deux yeux », doit son nom à ses deux puits voisins, reliés par une galerie. Ils sont l'entrée d'un réseau immense : en 2018, des plongeurs ont prouvé que Dos Ojos communiquait avec le système de Sac Actun, faisant de l'ensemble la plus longue grotte inondée connue au monde.
L'eau est d'une clarté telle que les plongeurs semblent voler au-dessus du fond. Les stalactites et les stalagmites se sont formées à l'air libre, pendant la dernière glaciation, quand le niveau de la mer était bien plus bas ; l'eau est remontée ensuite et les a noyées.
Le parc est tenu par l'ejido. L'eau est fraîche : une combinaison courte se loue sur place. Crème solaire interdite.
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Muyil, aux portes de Sian Ka'an Un petit site maya dans la forêt, au bord de la réserve de biosphère de Sian Ka'an. Une passerelle mène jusqu'à la lagune, d'où les coopératives mayas proposent de descendre en flottant, portés par le courant, un canal de la mangrove que les Mayas empruntaient déjà.7 €cultureEn savoir plus
Muyil est l'un des plus anciens sites de la côte, occupé très tôt et jusqu'à l'arrivée des Espagnols. Son Castillo s'élève dans la forêt, loin de toute foule. Une passerelle traverse la jungle et la mangrove jusqu'à la lagune.
Au-delà commence Sian Ka'an, « là où naît le ciel », une réserve de biosphère inscrite au patrimoine mondial : forêts, mangroves, lagunes et récifs, sans aucune ville. Les coopératives mayas proposent de traverser la lagune en barque, puis de descendre un canal en se laissant porter par le courant, le gilet de sauvetage enfilé comme une culotte pour flotter assis.
Répulsif indispensable dans la forêt.
Jour 20
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Plages de Tulum Du sable blanc et fin, des palmiers et une mer turquoise, au nord comme au sud des ruines. ⚠️ Les accès se font par des clubs ou par le parc national ; les plages publiques restent libres, mais il faut savoir par où y descendre.gratuitplageEn savoir plus
Les plages de Tulum sont du sable corallien blanc et fin, qui reste frais sous les pieds même au soleil. Au nord des ruines, la plage publique s'étend devant les palmiers ; au sud, la route des hôtels longe la côte jusqu'à Sian Ka'an, et les accès se font souvent par des clubs de plage.
Une partie de la côte est désormais protégée par le parc national du Jaguar, créé pour limiter la construction. De mai à octobre, les tortues viennent pondre la nuit : les nids sont signalés, et l'on n'éclaire jamais la plage.
⚠️ Les clubs de plage exigent souvent une consommation minimale ; la plage publique, non.
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Plongée dans les cenotes Deux plongées dans les galeries du plus grand réseau de rivières souterraines connu, avec les rayons du soleil qui percent l'eau depuis les ouvertures. ⚠️ Réservée aux plongeurs certifiés, avec un guide spécialiste de la plongée en cavité ; les galeries au-delà de la lumière du jour exigent une formation spécifique.payantsportEn savoir plus
Plonger dans un cenote, c'est plonger dans une grotte d'eau douce posée sur de l'eau de mer. À la limite des deux, l'halocline, l'eau semble trembler comme de l'air chaud au-dessus d'une route, et les plongeurs qui la traversent brouillent la vue de ceux qui les suivent. Dans certains cenotes, un nuage de sulfure d'hydrogène flotte au-dessus de l'eau salée, comme un brouillard au fond d'un lac.
Il faut distinguer deux pratiques. La plongée en caverne reste dans la zone où la lumière du jour est visible, avec un guide spécialisé, et s'ouvre aux plongeurs certifiés en eau libre. La plongée en grotte, au-delà, exige une formation particulière : ce ne sont pas les mêmes risques, et aucun centre sérieux ne mélange les deux.
⚠️ Ne pas prendre l'avion dans les vingt-quatre heures qui suivent la dernière plongée.
Jour 21
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Tortues de mer d'Akumal Une baie où les tortues vertes viennent brouter les herbiers à quelques mètres du bord. L'accès est réglementé pour les protéger : gilet, zones balisées, et parfois guide obligatoire.payantnatureEn savoir plus
Akumal veut dire « le lieu des tortues » en maya. Dans la baie, les tortues vertes viennent brouter les herbiers, à quelques mètres du bord, sans se soucier des nageurs.
Tant de visiteurs venaient les voir que la baie a été classée zone protégée en 2016. Il faut désormais nager dans les zones balisées, garder ses distances, ne jamais toucher ni poursuivre une tortue, et porter un gilet ; une partie de la baie ne se visite qu'avec un guide agréé.
Venir tôt, avant les excursions de Cancún et de Playa del Carmen.
53 € hébergement · 38 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine au village, 105 € la nuit.
Le budget de ces 21 jours
2 131 € par personne pour 21 jours, soit 101 € / jour. À deux, 4 262 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 831 € | 39 % |
| Repas | 604 € | 28 % |
| Transport sur place | 298 € | 14 % |
| Billets de train et de bus | 214 € | 10 % |
| Activités | 184 € | 9 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
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