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Ouest américain en 10 jours : l'itinéraire jour par jour

2 120 € par personne sur place pour 10 jours, soit 212 € / jour — en 6 étapes, de Las Vegas à Grand Canyon. En passant par Zion, Bryce Canyon, Page et Monument Valley.

Autres durées : 5 jours · une semaine · deux semaines · toutes les étapes de Ouest américain

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Las Vegas Harry-Reid (LAS), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Las Vegas, Ouest américain

    01. Las Vegas

    J1 → J2 · 2 nuits · 325 € par personne

    Néons, désert autour, point de départ de la boucle

    Le point de départ et de retour de la boucle, choisi pour son aéroport et ses loueurs plus que pour la ville. Le Strip se marche le soir et se regarde gratuitement — fontaines, hôtels-décors, néons. ⚠️ Le désert commence à vingt minutes : Red Rock Canyon donne un avant-goût du reste du voyage.

    En savoir plus sur Las Vegas

    Las Vegas est ici un point de départ logistique plus qu'une destination : son aéroport dessert l'Europe, ses agences de location de voitures sont les moins chères de la région, et elle se trouve au centre géographique de la boucle des parcs. On y commence et on y finit, souvent une nuit de chaque côté.

    Le Strip se marche le soir et l'essentiel de ce qu'on vient y voir est gratuit : les fontaines du Bellagio toutes les quinze à trente minutes, les hôtels-décors qui reconstituent Venise, Paris ou l'Égypte, et les néons. ⚠️ Les distances y sont trompeuses — le Strip fait plus de six kilomètres et les hôtels sont si vastes qu'aller de l'un à l'autre demande vingt minutes de marche, souvent à travers un casino. Le vieux Vegas, Fremont Street, est à cinq kilomètres au nord et n'a rien à voir : plus petit, plus ancien, sous un écran vidéo continu.

    ⚠️ Le désert commence à vingt minutes de voiture. Red Rock Canyon offre une boucle panoramique de vingt kilomètres avec des falaises rouges et des sentiers courts, et donne un premier aperçu de ce que sera le reste du voyage — c'est aussi le bon endroit pour vérifier que la voiture, la climatisation et les réserves d'eau sont en ordre avant de s'engager sur des routes bien plus isolées.

    À table

    • Buffets — les buffets géants des casinos, crabe, prime rib et desserts à volonté, la tradition de la ville.
    • Shrimp cocktail — le cocktail de crevettes du Golden Gate, servi au centre-ville depuis 1959.
    • Steakhouses — les grandes tables de viande des casinos du Strip, où les chefs de New York et de Paris ont ouvert.
    • Chinatown de Spring Mountain Road — les restaurants chinois, thaïs et coréens des habitants, loin du Strip.
    • Cocktails — servis à toute heure dans les casinos, le verre à la main devant les machines.

    Jour 1

    • Le Strip à pied la nuit, Las Vegas, Ouest américain
      Le Strip à pied la nuit Six kilomètres de casinos où chacun rejoue un décor : Venise et ses gondoles, la tour Eiffel, une pyramide dont le faisceau se voit de l'espace. Tout est gratuit et ouvert jour et nuit.
      En savoir plus

      Le Strip n'est pas dans la ville de Las Vegas : la plus grande partie se trouve en dehors des limites municipales, sur un territoire non incorporé du comté, ce qui a permis historiquement une réglementation et une fiscalité différentes — c'est la raison pour laquelle les grands casinos s'y sont installés plutôt qu'en centre-ville.

      Chaque établissement rejoue un décor : un canal avec gondoles et gondoliers chantants, une tour Eiffel à échelle réduite, une pyramide dont le faisceau lumineux vertical, l'un des plus puissants au monde, est visible depuis les avions à des dizaines de kilomètres. Tout est gratuit, ouvert en permanence, et l'on traverse les casinos librement.

      ⚠️ Les distances sont considérablement sous-estimées : le Strip fait plus de six kilomètres, les bâtiments sont énormes, et passer d'un hôtel au voisin demande souvent vingt minutes de marche à travers un casino, un centre commercial et une passerelle — les traversées à niveau étant impossibles sur la plupart des carrefours. La climatisation intérieure et la chaleur extérieure alternent en permanence.

      détente
      gratuit
    • Fontaines du Bellagio, Las Vegas, Ouest américain
      Fontaines du Bellagio Mille deux cents jets chorégraphiés sur un lac artificiel, toutes les quinze minutes en soirée. Gratuit, et le meilleur spectacle du Strip.
      En savoir plus

      Le lac artificiel devant l'hôtel couvre plusieurs hectares en plein désert, et il porte plus d'un millier de buses réparties en trois catégories — des jets simples orientables, des canons plus puissants, et des lanceurs qui projettent l'eau à plusieurs dizaines de mètres de haut. L'ensemble est chorégraphié sur des bandes-son différentes à chaque passage.

      Le spectacle est entièrement gratuit et se donne toutes les quinze ou trente minutes selon l'heure, du milieu d'après-midi jusque tard dans la nuit. C'est généralement tenu pour la meilleure chose à faire à Las Vegas sans dépenser un dollar.

      ⚠️ L'eau du lac ne provient pas du réseau d'eau potable mais d'un puits creusé sur le site, hérité de l'exploitation antérieure du terrain — précision que l'établissement met en avant dans une région où la sécheresse du Colorado est une question politique majeure. ⚠️ Le spectacle est annulé par vent fort, ce qui arrive régulièrement. Le trottoir devant le lac est saturé le soir : les passerelles voisines offrent un meilleur point de vue.

      détente
      gratuit
    • Red Rock Canyon en boucle, Las Vegas, Ouest américain
      Red Rock Canyon en boucle Falaises de grès rouge à vingt minutes du Strip, parcourues par une route panoramique de 21 km. Entrée par véhicule, réservation d'horaire obligatoire d'octobre à mai.
      En savoir plus

      Le rouge et le gris racontent une anomalie qu'on lit depuis la voiture. Les falaises de grès tiennent leur couleur de l'oxyde de fer, mais au-dessus d'elles, sur toute la ligne de crête, pèse une masse de calcaire gris — soit une roche nettement plus ancienne posée sur une roche plus jeune. Le chevauchement du Keystone a poussé un pan de croûte terrestre par-dessus l'autre, sur des kilomètres. Le grès, lui, est une mer de dunes fossilisée : dans les parois, les lits obliques du sable poussé par le vent sont restés en place, figés en couches croisées.

      Des ânes sauvages, descendants des bêtes de somme des mineurs, vivent au bord de la route et sont protégés par une loi fédérale. Les nourrir est interdit et les approcher imprudent : ils mordent et ruent.

      La route panoramique est en sens unique, sans point d'eau et sans commerce : ce qu'on emporte au départ est tout ce qu'on aura. L'été, la chaleur y est un danger réel et non un inconfort — la roche renvoie ce qu'elle a emmagasiné, l'ombre n'existe pas sur les sentiers, et les secours interviennent chaque année sur des marcheurs partis en fin de matinée avec une bouteille. À la belle saison, on part à l'ouverture ou pas du tout.

      nature
      8 €

    Jour 2

    • Fremont Street et le vieux Vegas, Las Vegas, Ouest américain
      Fremont Street et le vieux Vegas Le Vegas d'avant le Strip, sous une voûte à écrans de 450 mètres. Enseignes au néon d'origine et casinos des années 1950, moins policés que ceux du Strip.
      En savoir plus

      Tout a commencé ici. Le Nevada a légalisé le jeu en 1931 et les premières licences sont allées à des salles de cette rue, la première que la ville ait fait paver. Le quartier a gagné le surnom de Glitter Gulch quand les enseignes se sont mises à couvrir les façades entières. Vegas Vic, le cow-boy de néon qui salue au-dessus de la chaussée, est planté là depuis 1951 ; l'hôtel Golden Gate, à l'angle ouest, a ouvert en 1906, bien avant que le Strip n'existe.

      Les vieilles enseignes déposées n'ont pas été détruites : elles sont alignées dans un terrain voisin devenu musée, où on les visite accompagné, quelques-unes rallumées, la plupart rouillées et éteintes. C'est le meilleur endroit de la ville pour comprendre ce que le néon a représenté avant les écrans.

      Deux choses à savoir avant d'y aller. La rue est piétonne et ne prend vie qu'à la nuit tombée, quand la voûte s'allume par séquences et que tout le monde lève la tête en même temps. Et le vieux centre est loin du Strip, bien trop pour s'y rendre à pied : le trajet se fait en bus ou en voiture, et remonter Las Vegas Boulevard à pied n'a rien d'agréable.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    73 € hébergement · 48 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel-casino sur le Strip, 145 € la nuit.

    Voir les hébergements à Las Vegaslien affilié

  2. Las Vegas → Zion — Voiture de location, I-15 puis UT-9, 2 h 45, 40 € par personne (80 € à partager).
  3. Zion, Ouest américain

    02. Zion

    J3 → J4 · 2 nuits · 467.5 € par personne

    Canyon rouge que l'on remonte les pieds dans l'eau

    Un canyon rouge que l'on remonte, et non que l'on surplombe, avec une rivière au fond dans laquelle on marche pour la randonnée des Narrows. ⚠️ La navette est obligatoire d'avril à novembre, la voiture ne rentre pas dans le canyon. Angels Landing exige un permis attribué par tirage au sort.

    En savoir plus sur Zion

    Zion se visite par le bas, ce qui le distingue de tous les autres parcs de la boucle : on remonte le canyon depuis son fond, entre des parois de grès rouge de plusieurs centaines de mètres, au lieu de le surplomber depuis un belvédère. La rivière Virgin, qui l'a creusé, coule au milieu et sert de chemin sur certaines randonnées.

    ⚠️ La navette est obligatoire d'avril à novembre : la route du canyon est fermée aux véhicules particuliers, et l'on se gare au centre d'accueil ou dans le village de Springdale. Elle est gratuite, fréquente, et dessert tous les départs de sentiers — mais les files du matin sont longues en été.

    ⚠️ Deux randonnées demandent une préparation. Les Narrows se parcourent dans la rivière, avec de l'eau parfois jusqu'à la taille et un courant réel : chaussures de canyon et bâton se louent au village, et le sentier ferme dès que le débit monte ou qu'un orage est annoncé en amont — les crues soudaines y ont tué. Angels Landing exige un permis attribué par tirage au sort, plusieurs mois à l'avance ou en loterie de dernière minute, et sa dernière section se franchit accrochée à des chaînes au-dessus du vide. Le Riverside Walk et les Emerald Pools, eux, restent accessibles à tous.

    À table

    • Bumbleberry pie — la tarte aux baies mélangées de Springdale, spécialité de l'auberge du même nom.
    • Fry sauce — le mélange de ketchup et de mayonnaise de l'Utah, avec les frites, dans tous les diners.
    • Navajo taco — le pain frit garni de haricots, de viande et de fromage, dans les restaurants de la route.
    • Utah scones — la pâte frite servie avec du beurre au miel, au petit-déjeuner des cafés de Springdale.

    Jour 3

    • Randonnée des Narrows dans la rivière, Zion, Ouest américain
      Randonnée des Narrows dans la rivière On remonte le lit de la rivière entre des parois de 300 mètres parfois distantes de dix. L'eau va des chevilles à la taille : location de chaussures et de bâton vivement conseillée. Fermé en cas de risque de crue.
      En savoir plus

      La rivière n'a pas creusé en largeur mais en profondeur. Le plateau s'est soulevé lentement, la Virgin River a scié sur place, et il en reste une fente où l'on marche dans l'eau faute de rive. Les parois sont striées de longues coulées noires — du vernis du désert, un dépôt minéral qui met des siècles à se former — et la lumière, qui n'entre jamais directement, rebondit d'un mur à l'autre en prenant une couleur d'ambre.

      Le danger n'est pas le courant du jour : c'est l'orage tombé très loin en amont, sur un bassin versant immense, alors qu'il fait grand beau au-dessus de votre tête. Les rangers affichent chaque matin un niveau de risque de crue et ferment la remontée au-delà d'un certain débit — au printemps, la fonte des neiges la condamne souvent des semaines durant. Un avis sanitaire lié aux cyanobactéries pèse par ailleurs sur la rivière depuis quelques années : on ne boit pas cette eau, on ne la filtre pas, et on évite d'en avaler.

      Sous la surface, le fond est un chaos de galets ronds et glissants qu'on ne voit pas : le bâton sert à sonder autant qu'à tenir. L'eau reste froide même au cœur de l'été, et l'on ressort en tremblant si l'on s'attarde à l'ombre.

      nature
      gratuit

    Jour 4

    • Navette du canyon et Riverside Walk, Zion, Ouest américain
      Navette du canyon et Riverside Walk La route du canyon est fermée aux voitures : une navette gratuite dessert les neuf arrêts. Le Riverside Walk, plat et pavé, remonte la Virgin River jusqu'à l'entrée des Narrows.
      En savoir plus

      La route du canyon étouffait. Dans les années 1990, les voitures se garaient sur les bas-côtés et il n'y avait plus une place au bout ; le parc a tranché en 2000 en fermant l'axe à la circulation privée pour le confier à des navettes. Le résultat s'entend autant qu'il se voit : on longe la Virgin River sans bruit de moteur, et les cerfs traversent devant les bus sans se presser.

      Les noms des sommets viennent pour beaucoup d'un pasteur méthodiste de passage en 1916, qui a baptisé en quelques jours le Grand Trône blanc et les trois Patriarches. Le dernier arrêt, lui, garde un nom païute : le temple de Sinawava, du nom d'une figure coyote. Le Riverside Walk part de là, plat et pavé, entre des parois suintantes couvertes de fougères.

      Une seule astuce change la journée : monter jusqu'au dernier arrêt sans descendre nulle part, puis redescendre de belvédère en belvédère, à contre-courant du flot. La file du matin au centre d'accueil est le point noir du parc — dormir à Springdale et entrer à pied par la passerelle, avec la navette du village, l'évite complètement.

      nature
      gratuit
    • Pass America the Beautiful, non-résident, Zion, Ouest américain
      Pass America the Beautiful, non-résident 250 $ par véhicule, valable un an dans tous les parcs nationaux. Depuis 2026, un non-résident sans pass paie 100 $ par personne en supplément à Zion, Bryce et au Grand Canyon : à deux, le pass est rentable dès le premier parc.
      En savoir plus

      Le pass annuel inter-agences ne se limite pas aux parcs nationaux : il ouvre aussi les forêts nationales, les terres du Bureau of Land Management et les sites historiques fédéraux — Red Rock Canyon, près de Las Vegas, en fait partie. Il se compte au véhicule là où l'entrée se paie au véhicule, et couvre son titulaire accompagné de quelques adultes là où elle se paie par personne. Il se signe au dos et se présente avec une pièce d'identité.

      La surtaxe non-résident, elle, est une nouveauté de 2026, et il faut la lire pour ce qu'elle est : non pas une entrée plus chère, mais un montant qui s'ajoute, par personne, pour les visiteurs étrangers, dans une poignée de parcs parmi les plus fréquentés. Sur cet itinéraire, elle touche Zion, Bryce et le Grand Canyon. Aucun guide imprimé ni budget en ligne antérieur à 2026 ne la mentionne : les calculs qu'on trouve ailleurs sont tous faux de ce montant.

      Attention à ce que le pass ne couvre pas. Ni les terres tribales — Monument Valley et Antelope Canyon relèvent de la Nation navajo, qui fixe ses propres tarifs —, ni les réservations de créneau horaire, ni le camping. Il s'achète en ligne ou à la première entrée de parc.

      culture
      117 €
    • Emerald Pools et Watchman au coucher du soleil, Zion, Ouest américain
      Emerald Pools et Watchman au coucher du soleil Trois bassins alimentés par des cascades suspendues, puis le pic du Watchman qui vire au rouge en fin de journée depuis le pont de Canyon Junction.
      En savoir plus

      L'eau qui alimente les bassins ne vient pas d'un ruisseau : elle sort de la paroi. Le grès de Navajo est poreux ; la pluie et la neige s'y infiltrent par le haut du plateau, descendent très lentement dans la roche, butent sur une couche imperméable et ressortent en nappe au flanc de la falaise. D'où ces cascades qui semblent naître de nulle part, et les jardins suspendus qui poussent sur la ligne du suintement : capillaires, colombines, mousses accrochées à la verticale.

      Le sentier du bassin inférieur passe derrière ce rideau d'eau, entre la roche et la chute. En saison sèche, il n'en reste qu'un goutte-à-goutte et le vert, qui vient des algues, s'efface : beaucoup de visiteurs repartent déçus faute de l'avoir su.

      Pour le Watchman, le pont de Canyon Junction est une desserte de navette et non un belvédère aménagé : le trottoir est étroit, la circulation passe à côté, et la place se prend d'avance en fin de journée. Le pic ne s'embrase que les dernières minutes, quand le soleil a déjà quitté le fond du canyon — partir trop tôt, c'est tout manquer.

      nature
      gratuit

    93 € hébergement · 45 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge avec vue sur le canyon, 185 € la nuit.

    Voir les hébergements à Zionlien affilié

  4. Zion → Bryce Canyon — Voiture de location, par le tunnel de Zion, 2 h, 28 € par personne (55 € à partager).
  5. Bryce Canyon, Ouest américain

    03. Bryce Canyon

    J5 · 1 nuit · 175 € par personne

    Une forêt de cheminées de fée, à 2 500 mètres

    Ce n'est pas un canyon mais un amphithéâtre d'érosion, empli de milliers de cheminées de calcaire orange. ⚠️ Il culmine à 2 500 mètres : il y gèle la nuit une bonne partie de l'année, et il peut neiger en mai. On descend dedans par le Navajo Loop, ce qui prend deux heures et se remonte en soufflant.

    En savoir plus sur Bryce Canyon

    Bryce n'est pas un canyon : aucune rivière ne l'a creusé. C'est le bord d'un plateau que l'érosion ronge par le haut, en découpant le calcaire en milliers de colonnes appelées hoodoos, ou cheminées de fée, alignées dans des amphithéâtres successifs. Le mécanisme est le gel : l'eau s'infiltre, gèle deux cents nuits par an, et fait éclater la roche.

    ⚠️ Cette donnée a une conséquence pratique que beaucoup de visiteurs ignorent : le parc culmine à deux mille cinq cents mètres, il y gèle la nuit une bonne partie de l'année, et il peut neiger en mai comme en octobre. On y a systématiquement dix à quinze degrés de moins qu'à Zion, à une heure et demie de route seulement. Une polaire est nécessaire pour le lever du soleil, même en juillet.

    La vue depuis le bord est spectaculaire mais reste extérieure : c'est en descendant qu'on comprend l'échelle. Le Navajo Loop combiné au Queen's Garden fait environ cinq kilomètres et deux heures, avec une descente en lacets serrés entre les parois — la remontée, à cette altitude, essouffle nettement plus qu'on ne s'y attend. Le parc est labellisé Dark Sky et compte parmi les ciels les plus purs des États-Unis : par nuit sans lune, on distingue plusieurs milliers d'étoiles à l'œil nu.

    À table

    • Dîner de cow-boy — le repas cuit au dutch oven, la marmite en fonte, dans les ranchs autour du parc, avec musique.
    • Bison burger — la viande de bison des élevages de l'Utah, dans les restaurants de Bryce Canyon City.
    • Utah scone — la pâte frite au miel, servie dans les cafés du parc.
    • Navajo taco — le pain frit garni, sur les cartes des restaurants de la route 12.

    Jour 5

    • Lever de soleil à Sunrise Point, Bryce Canyon, Ouest américain
      Lever de soleil à Sunrise Point Les hoodoos, colonnes de calcaire sculptées par le gel, s'embrasent d'orange aux premiers rayons. Il gèle souvent à l'aube même en été : le parc est à 2 500 mètres.
      En savoir plus

      Bryce n'est pas un canyon et aucune rivière ne l'a creusé. On se tient au bord d'un plateau qui s'effondre sur lui-même : la pluie et le gel attaquent la falaise par l'amont, la font reculer, et laissent derrière eux ces amphithéâtres en fer à cheval. Le recul n'a pas cessé — le rebord perd du terrain, et les sentiers sont régulièrement redessinés.

      Les hoodoos sont l'œuvre du gel bien plus que du ruissellement : ici, la température franchit le zéro dans les deux sens environ deux cents fois par an. L'eau s'infiltre dans les fissures verticales, gèle, écarte la roche, et le calcaire tendre part par plaques en laissant les colonnes debout. Chaque cheminée tient grâce à un chapeau de roche plus dure ; une fois décoiffée, elle ne dure plus. Le rose vient du fer, le violet du manganèse.

      Ebenezer Bryce, charpentier mormon installé en contrebas, a laissé la phrase que tous les guides répètent : un sacré endroit pour perdre une vache. Dernier point utile — Sunrise et Sunset Point donnent tous deux sur le même amphithéâtre, tourné vers l'est. À l'aube, la lumière est bonne aux deux, mais la foule se masse sur le second.

      nature
      gratuit
    • Navajo Loop et Queen's Garden, Bryce Canyon, Ouest américain
      Navajo Loop et Queen's Garden La boucle descend au fond de l'amphithéâtre par une série de lacets serrés — Wall Street — et remonte entre les cheminées. Cinq kilomètres, 200 mètres de dénivelé.
      En savoir plus

      Wall Street justifie à elle seule la descente : deux parois presque jointives, une succession de lacets au fond de la fente, et deux douglas qui ont poussé là en cherchant la lumière — leurs troncs montent nus sur des dizaines de mètres avant la première branche, à hauteur du rebord. On lève la tête et l'on comprend la profondeur.

      Ce couloir est fragile. Il ferme l'hiver, et des éboulements l'ont déjà condamné plusieurs saisons d'affilée. Se renseigner la veille au centre d'accueil : sinon la boucle se fait par l'autre versant, plus large et moins spectaculaire.

      Le sens de parcours compte davantage que la distance. Descendre par Wall Street depuis Sunset Point, traverser le fond entre les cheminées, puis remonter par Queen's Garden jusqu'à Sunrise Point : cette montée-là est longue mais régulière, quand les lacets de Wall Street cassent les jambes. Le retour se fait à plat par le sentier du rebord. L'altitude fait le reste du travail — on est bien plus haut qu'il n'y paraît, le souffle manque à la remontée, et sortir prend nettement plus longtemps que descendre.

      nature
      gratuit

    95 € hébergement · 43 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge historique dans le parc, 190 € la nuit.

    Voir les hébergements à Bryce Canyonlien affilié

  6. Bryce Canyon → Page — Voiture de location, US-89 sud, 2 h 30, 35 € par personne (70 € à partager).
  7. Page, Ouest américain

    04. Page

    J6 → J7 · 2 nuits · 413 € par personne

    Canyons de grès, méandre du Colorado, lac Powell

    Une petite ville née d'un barrage, devenue la base de trois curiosités : un canyon en fente aux parois ondulées, un méandre du Colorado vu de deux cents mètres, et un lac artificiel de terre rouge. ⚠️ Antelope Canyon est sur terre navajo, la visite guidée est obligatoire et se réserve des semaines à l'avance.

    En savoir plus sur Page

    Page n'existe que depuis 1957 : c'est une ville née de la construction du barrage de Glen Canyon, bâtie de toutes pièces pour loger les ouvriers, et elle n'a ni centre ancien ni caractère propre. Elle sert de base à trois curiosités qui, elles, valent le détour.

    ⚠️ Antelope Canyon est situé sur la Nation navajo, en dehors du système des parcs nationaux : le pass America the Beautiful n'y sert à rien, la visite guidée est obligatoire, et les créneaux se réservent des semaines à l'avance en saison. Il existe deux canyons distincts, Upper et Lower, aux tarifs et aux accès différents — l'Upper est plat et connu pour ses faisceaux de lumière à midi en été, le Lower demande des échelles. Les trépieds et les sacs sont interdits.

    Horseshoe Bend est un méandre du Colorado vu depuis deux cents mètres de haut, à quinze minutes de marche du parking, sur un sentier sans ombre. ⚠️ Le bord n'est que partiellement sécurisé et des chutes mortelles s'y produisent. Le lac Powell, retenue du barrage, s'étend sur trois cents kilomètres de canyons noyés dans du grès rouge ; ⚠️ son niveau a fortement baissé ces dernières années, ce qui a rendu certaines rampes de mise à l'eau et excursions en bateau inaccessibles.

    À table

    • Navajo taco — le frybread garni de haricots, bœuf haché, laitue et fromage, le plat de la nation navajo.
    • Frybread — le pain frit gonflé, nature avec du miel ou du sucre, aux stands des Navajos.
    • Mutton stew — le ragoût de mouton et de pommes de terre des familles navajos, avec du frybread.
    • Big John's Texas BBQ — le barbecue fumé de la ville, brisket et côtes, sur des tables en bois.

    Jour 6

    • Antelope Canyon, Page, Ouest américain
      Antelope Canyon Un canyon en fente où la lumière descend en colonnes visibles. Terre navajo : la visite guidée est obligatoire et les créneaux de midi, les seuls où les rais apparaissent, partent des semaines à l'avance. Permis navajo compris.
      En savoir plus

      Ce couloir a été taillé par des crues, pas par une rivière permanente. Chaque orage y pousse un mélange d'eau et de sable qui râpe le grès comme une lime, et les parois en gardent la trace : des ondulations lisses, orientées dans le sens du courant, qui montent en spirale jusqu'à l'ouverture. Les colonnes de lumière n'apparaissent que lorsque le soleil est assez haut pour tomber droit dans la fente, donc au milieu de la journée et seulement à la belle saison ; le reste du temps, la roche rougeoie par réflexion, ce qui est déjà beaucoup.

      En août 1997, une crue éclair a emporté onze visiteurs dans la partie basse du canyon. L'orage était tombé à des kilomètres de là, sous un ciel dégagé au-dessus de la fente. L'accompagnement par un guide navajo, aujourd'hui obligatoire, tient à cela autant qu'au statut du site : c'est le guide qui décide, et une visite peut être annulée un jour de grand beau temps parce qu'il pleut en amont du bassin versant. Cette décision ne se discute pas.

      La visite est très encadrée : ni sac, ni trépied, ni drone, on avance en file et on ne s'attarde pas. Le sable, très fin, s'infiltre partout — protéger les appareils avant d'entrer, pas après.

      nature
      70 €
    • Barrage de Glen Canyon et son pont, Page, Ouest américain
      Barrage de Glen Canyon et son pont 216 mètres de béton qui retiennent le Colorado, franchis par un pont d'acier. Le centre d'accueil explique le barrage et la controverse qu'il n'a jamais cessé de susciter.
      En savoir plus

      Le pont a précédé le barrage. Pour bâtir sur ce site, il fallait d'abord franchir le fleuve : le passage carrossable le plus proche se trouvait à des centaines de kilomètres. L'arche d'acier a donc été lancée en premier, et la ville de Page a été créée de toutes pièces sur le plateau pour loger les ouvriers. Elle n'existait pas au début des années 1950.

      La controverse porte sur ce qui a disparu dessous. Le Glen Canyon était une succession de gorges latérales, de vasques et de voûtes que presque personne n'avait vues, et les associations de protection de la nature avaient laissé passer ce barrage pour en empêcher un autre, dans le Dinosaur National Monument. Le dirigeant du Sierra Club de l'époque a passé le reste de sa vie à répéter que ce marché avait été la faute de sa carrière. Une bonne part du militantisme américain contre les grands barrages est née de ce remords.

      Le centre d'accueil surplombe l'ouvrage et se visite librement ; descendre à l'intérieur suppose une visite guidée et un contrôle de sécurité, sacs interdits. Regarder les repères de niveau sur la falaise : la baisse du réservoir menace la production électrique, et c'est le sujet dont tout le monde parle ici.

      culture
      gratuit
    • Horseshoe Bend, Page, Ouest américain
      Horseshoe Bend Le Colorado dessine un fer à cheval parfait 300 mètres en contrebas. Vingt minutes de marche dans le sable depuis le parking, sans ombre. Stationnement par véhicule.
      En savoir plus

      La forme s'explique par un renversement de situation. Le Colorado serpentait tranquillement sur une plaine ; puis le plateau s'est soulevé, et le fleuve, au lieu de se chercher un autre tracé, a scié verticalement en conservant ses méandres. Le fer à cheval qu'on regarde est donc un méandre de plaine encastré dans trois cents mètres de grès — les géologues parlent de méandre encaissé.

      Le site n'était qu'une curiosité locale sans parking il y a une quinzaine d'années ; les réseaux sociaux l'ont rendu célèbre et la ville de Page a dû aménager un accès et faire payer le stationnement pour absorber la foule. Une rambarde n'a été posée que sur une portion du rebord : ailleurs la falaise est nue, verticale, sans le moindre avertissement, et des visiteurs y sont morts en reculant pour cadrer.

      Deux conseils qui évitent les ennuis. Le chemin traverse du sable profond sans une ombre, et la chaleur d'été y est un danger réel et non un inconfort : emporter de l'eau même pour ce court trajet, et renoncer au milieu de la journée en été. Et le méandre ne tient dans aucun cadre ordinaire — sans objectif très large, mieux vaut renoncer à la vue entière et viser le fleuve.

      nature
      5 €

    Jour 7

    • Lac Powell et Wahweap Overlook, Page, Ouest américain
      Lac Powell et Wahweap Overlook Lac artificiel né du barrage de Glen Canyon en 1963, dont les bras s'insinuent entre les falaises rouges sur 3 000 km de rives. Le niveau a beaucoup baissé : les anciennes lignes d'eau se lisent sur la roche.
      En savoir plus

      Le lac porte le nom de John Wesley Powell, vétéran manchot de la guerre de Sécession qui a descendu le Colorado en barques de bois en 1869, sans carte, avec des hommes qui ignoraient ce qui les attendait au tournant suivant. C'est lui qui a baptisé Glen Canyon, pour ses gorges verdoyantes. L'ironie n'échappe à personne ici : le réservoir qui les a noyées porte le nom de celui qui les a décrites.

      À mesure que le niveau baisse, des lieux réapparaissent. Des gorges latérales redeviennent parcourables à pied, des vasques ressortent, et l'ancien lit du fleuve se devine. Au fond d'un bras, Rainbow Bridge, l'une des plus grandes arches naturelles du monde, est sacrée pour plusieurs nations amérindiennes : elles demandent qu'on ne passe pas dessous, et le sentier s'arrête avant.

      Wahweap Overlook est en bord de route, gratuit, et donne la vue d'ensemble la plus large sur le plan d'eau et les falaises. Pour tout ce qui touche à la navigation, se renseigner à jour et sur place : la baisse du niveau a mis plusieurs rampes de mise à l'eau hors service, certaines ont été rallongées, d'autres fermées, et la carte change d'une saison à l'autre.

      nature
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    88 € hébergement · 44 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec vue sur le lac, 175 € la nuit.

    Voir les hébergements à Pagelien affilié

  8. Page → Monument Valley — Voiture de location, US-98 puis US-163, 2 h 15, 31 € par personne (62 € à partager).
  9. Monument Valley, Ouest américain

    05. Monument Valley

    J8 · 1 nuit · 195.5 € par personne

    Les buttes des westerns, sur terre navajo

    Les buttes de grès des westerns de John Ford, sur un parc tribal navajo qui n'est pas un parc national — le pass America the Beautiful n'y est pas valable, l'entrée se paie à part. La route panoramique de dix-sept miles se fait en voiture de tourisme, lentement, sur une piste défoncée.

    En savoir plus sur Monument Valley

    Monument Valley est l'image mentale du western : des buttes et des aiguilles de grès rouge isolées au milieu d'une plaine, filmées par John Ford à partir de 1939 et devenues le décor par défaut de l'Ouest américain. Ce n'est pourtant pas une vallée, mais un plateau érodé dont il ne reste que les parties les plus résistantes.

    ⚠️ C'est un parc tribal navajo et non un parc national : le pass America the Beautiful n'y est pas valable, l'entrée se paie séparément par véhicule, et les horaires diffèrent de ceux des parcs fédéraux. Le territoire navajo applique par ailleurs ses propres règles — l'alcool y est interdit, et la Nation observe l'heure d'été alors que le reste de l'Arizona ne la pratique pas, ce qui crée une heure de décalage local une partie de l'année.

    La route panoramique de dix-sept miles se parcourt en voiture de tourisme, mais ⚠️ il s'agit d'une piste de terre en mauvais état, avec des passages très défoncés et des pentes de sable : on roule au pas et le tour prend deux à trois heures. En cas de pluie, elle peut fermer. S'aventurer au-delà de cette boucle demande un guide navajo obligatoire. Forrest Gump Point, sur la route 163 quelques kilomètres au nord, est en accès libre depuis la chaussée — ⚠️ la route reste ouverte à la circulation.

    À table

    • Frybread — le pain frit navajo, avec du miel ou du sucre, dans les échoppes du centre d'accueil.
    • Mutton sandwich — le mouton grillé dans un frybread avec des piments verts, en-cas des stands navajos.
    • Navajo taco — le pain frit garni de haricots et de viande, au restaurant de The View, face aux buttes.
    • Pancakes au maïs bleu — les crêpes de maïs bleu navajo, au petit-déjeuner de l'hôtel du site.

    Jour 8

    • Route panoramique de 17 miles, Monument Valley, Ouest américain
      Route panoramique de 17 miles Piste de terre de 27 km entre les buttes, praticable en voiture de tourisme mais très défoncée par endroits. 15 $ par véhicule, en plus de l'entrée.
      En savoir plus

      La piste descend d'abord du belvédère vers le fond de la vallée par une rampe défoncée et caillouteuse : c'est le passage le plus difficile de tout le parcours, et il tombe au tout début. Une fois en bas, le reste roule, lentement, entre des buttes que leurs noms rendent identifiables — les Trois Sœurs, l'aiguille du Totem Pole, la pointe de John Ford, où un cavalier navajo pose contre une pièce.

      Le Totem Pole a été escaladé pour un film au milieu des années 1970 ; la Nation navajo a interdit l'escalade dans la vallée par la suite, et aucune de ces aiguilles ne se grimpe plus. C'est aussi pourquoi les silhouettes qu'on photographie sont exactement celles des westerns : rien n'y a été aménagé depuis.

      Trois précautions. Les camping-cars et les attelages sont refusés, et une voiture surbaissée souffre : rouler au pas plutôt que d'éviter les trous en zigzaguant. La piste ferme après de fortes pluies, sans préavis. Et l'on ne trouve en chemin ni eau, ni carburant, ni la moindre ombre : partir avec le plein et de quoi boire, en sachant que la poussière entre par toutes les aérations.

      nature
      7 €
    • Coucher de soleil sur les Mittens, Monument Valley, Ouest américain
      Coucher de soleil sur les Mittens Les deux buttes jumelles en forme de moufles, celles que John Ford a filmées dans neuf westerns. La lumière rasante les fait virer au rouge sombre.
      En savoir plus

      Ces buttes sont ce qui reste d'un plateau. Un grès rouge et massif formait ici une couche continue ; l'érosion l'a démantelée et n'a laissé debout que les blocs protégés par un chapeau de roche plus dure. Les moufles doivent leur silhouette à une aiguille détachée du corps principal, qui fait le pouce — et si l'on se déplace de quelques centaines de mètres, le pouce change de côté ou disparaît complètement.

      La lumière de fin de journée arrive par le travers et détache chaque relief de son ombre : les buttes passent de l'orange au rouge sombre, puis au violet, en très peu de temps. Le sol de la vallée, fait d'une roche plus tendre et plus foncée, accentue encore le contraste.

      Un piège d'organisation guette. Le parc tribal ferme ses portes à heure fixe, et cette heure ne suit pas toujours celle du coucher du soleil selon la saison : demander l'heure de fermeture en entrant, et compter le retour sur la piste, qui est long. Ceux qui logent à l'hôtel du belvédère ou au camping voisin échappent à la contrainte et gardent la vue depuis leur terrasse, ce qui vaut largement le détour par la réservation.

      nature
      gratuit

    105 € hébergement · 46 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel The View, face aux buttes, 210 € la nuit.

    Voir les hébergements à Monument Valleylien affilié

  10. Monument Valley → Grand Canyon — Voiture de location, par Tuba City, 3 h 15, 44 € par personne (88 € à partager).
  11. Grand Canyon, Ouest américain

    06. Grand Canyon

    J9 → J10 · 2 nuits · 366.5 € par personne

    446 km de long, 1 800 mètres de fond

    Quatre cent quarante-six kilomètres de long, dix-huit de large, dix-huit cents mètres de fond — et l'on n'en voit qu'une portion depuis la rive sud. ⚠️ Descendre est facile, remonter prend le double du temps et tue chaque année : le fond n'est pas une randonnée à la journée. Le Rim Trail, plat et gratuit, longe le vide sur treize kilomètres.

    En savoir plus sur Grand Canyon

    Le Grand Canyon fait quatre cent quarante-six kilomètres de long, jusqu'à vingt-neuf de large et environ dix-huit cents mètres de profondeur, et l'on n'en voit qu'une fraction depuis la rive sud — celle que fréquentent quatre-vingt-dix pour cent des visiteurs. La rive nord, plus haute et plus fraîche, est fermée par la neige de mi-octobre à mi-mai et demande cinq heures de route pour la rejoindre.

    ⚠️ La règle la plus importante du parc tient en une phrase : descendre est facile, remonter prend environ le double de temps. Chaque année, des visiteurs partis « voir jusqu'en bas » se retrouvent en difficulté sévère dans la remontée, par quarante degrés au fond, sans eau. Le service du parc déconseille formellement toute tentative d'aller au fleuve et de revenir dans la journée. Le Bright Angel se descend au maximum jusqu'au premier ou deuxième tunnel, ce qui donne déjà la sensation d'être dedans.

    Le Rim Trail, lui, est plat, en partie goudronné, gratuit et longe le vide sur une quinzaine de kilomètres entre les belvédères, avec une navette qui permet de n'en faire qu'une portion. ⚠️ Une surtaxe non-résident de cent dollars par personne s'ajoute désormais au droit d'entrée du véhicule dans les parcs nationaux, et pèse lourd sur un budget familial.

    À table

    • Dîner à El Tovar — la salle à manger de l'hôtel historique de 1905, au bord de la rive sud, à réserver.
    • Prickly pear — le fruit du cactus en limonade, en glace ou en margarita, spécialité de l'Arizona.
    • Navajo taco — le pain frit garni, dans les restaurants de Tusayan et de Cameron.
    • Elk et bison — les viandes de gibier des restaurants de la rive nord, en steak ou en chili.

    Jour 9

    • Rim Trail entre les belvédères, Grand Canyon, Ouest américain
      Rim Trail entre les belvédères Vingt kilomètres de sentier plat le long du bord sud, desservis par des navettes gratuites : on marche autant qu'on veut et on rentre en bus. Le meilleur rapport effort-panorama du parc.
      En savoir plus

      Le sentier porte une idée simple et rare : sur la portion appelée le Chemin du Temps, chaque mètre parcouru vaut un million d'années. Des jalons scandent la marche, de vrais échantillons de roche sont posés au bord, prélevés dans les couches correspondantes, et l'on peut les toucher. Marcher d'un bout à l'autre revient à traverser l'histoire entière du canyon avec les jambes plutôt qu'avec un panneau.

      Le reste du parcours suit le rebord au plus près, presque plat, tantôt goudronné, tantôt en terre battue. Vers l'ouest, la route panoramique est fermée aux voitures une grande partie de l'année et desservie par les navettes : on marche dans un seul sens et l'on rentre en bus dès qu'on en a assez. C'est ce qui rend ce sentier redoutablement efficace.

      Deux réserves. Le rebord n'est protégé par une rambarde qu'aux abords des points aménagés ; ailleurs, rien ne sépare le sentier du vide, et l'on tient les enfants par la main. Et il n'y a ni ombre ni point d'eau sur de longues portions : remplir les gourdes aux fontaines des belvédères principaux, les seules sur lesquelles on peut compter.

      nature
      gratuit
    • Descente du Bright Angel jusqu'au premier tunnel, Grand Canyon, Ouest américain
      Descente du Bright Angel jusqu'au premier tunnel Le sentier principal vers le fond. Descendre une heure et remonter suffit à comprendre l'échelle : la remontée prend deux fois plus de temps que la descente, ce qui piège chaque année des randonneurs.
      En savoir plus

      Le sentier n'a pas été tracé au hasard : il suit une faille, la seule brèche du bord sud qui laisse vraiment descendre, et il servait déjà aux Havasupai qui cultivaient plus bas. Un prospecteur, Ralph Cameron, en a pris le contrôle au début du XXᵉ siècle grâce à des concessions minières et l'a exploité comme un péage privé, contre le service des parcs, avant que la justice ne tranche.

      En descendant, chercher sur la paroi, un peu après le premier tunnel, les peintures rouges laissées par des occupants bien antérieurs. Et retenir la règle des mulets, qui ont la priorité absolue : on se range du côté de la falaise, à l'intérieur du virage, on s'immobilise et on se tait le temps que la file passe.

      La remontée est l'affaire sérieuse. La température grimpe à mesure qu'on s'enfonce, et l'on remonte à la chaleur ce qu'on a descendu à la fraîche : c'est ce qui piège les marcheurs, pas la pente. L'eau des abris de repos n'est pas garantie — la canalisation qui les alimente casse régulièrement et le parc coupe alors les robinets. Se renseigner avant de partir, emporter l'eau et du salé, et fixer son heure de demi-tour avant de commencer : c'est elle qui décide, jamais la forme du moment.

      nature
      gratuit

    Jour 10

    • Lever de soleil à Mather Point, Grand Canyon, Ouest américain
      Lever de soleil à Mather Point Les strates s'éclairent l'une après l'autre, du rebord vers le fond — donc des plus récentes aux plus anciennes, deux milliards d'années de roche empilées sous les yeux. Arriver quarante minutes avant.
      En savoir plus

      Le vrai vertige de ce belvédère n'est pas la profondeur, c'est ce qui manque. Entre les roches sombres et plissées du fond et les couches horizontales qui les recouvrent court une ligne nette : au-dessous, un socle vieux de près de deux milliards d'années ; au-dessus, un grès bien plus jeune. Entre les deux, plus d'un milliard d'années de terrains ont disparu, emportés avant que le dépôt ne reprenne. Les géologues appellent cela la Grande Discordance, et elle se voit à l'œil nu depuis le rebord.

      Le point porte le nom du premier directeur du service des parcs nationaux, qui a bataillé pour arracher le canyon aux intérêts privés qui l'exploitaient. C'est aussi le premier belvédère qu'on rencontre depuis le centre d'accueil, donc le plus fréquenté du bord sud.

      À l'aube, le ciel s'éclaire longtemps avant que le soleil ne franchisse l'horizon, et les buttes intérieures s'allument par la pointe pendant que le fond reste noir. La foule tient sur la plateforme : il suffit de s'écarter de quelques centaines de mètres sur le sentier du rebord pour être seul. Et il fait froid au petit matin en toute saison — le bord sud est à plus de deux mille mètres.

      nature
      gratuit
    • Desert View et sa tour de guet, Grand Canyon, Ouest américain
      Desert View et sa tour de guet Tour de pierre de 1932 dessinée par Mary Colter d'après les tours ancestrales puebloans, avec des fresques hopis à l'intérieur. C'est le point du bord sud d'où l'on voit le Colorado.
      En savoir plus

      Mary Colter n'a pas inventé cette tour : elle a parcouru le plateau pour relever les tours ancestrales puebloanes, à Hovenweep et ailleurs, avant de dessiner la sienne. Elle a fait poser les pierres une à une, choisi elle-même les plus usées pour les faces exposées et exigé que l'ensemble paraisse ancien, et même un peu ruiné. Sous ce parement se cache une ossature d'acier : la ruine est une construction moderne, et entièrement assumée.

      À l'intérieur, la salle hopi est peinte par Fred Kabotie, artiste hopi, qui y a représenté le récit du serpent et la descente vers le Colorado. Ce n'est pas un décor à l'indienne commandé à un peintre blanc, comme il s'en faisait beaucoup à l'époque : c'est le travail d'un homme racontant sa propre tradition, et c'est ce qui rend la salle rare.

      Deux avantages pratiques. Desert View est le point du bord sud d'où l'on suit le mieux le cours du fleuve, avec le désert peint qui s'ouvre à l'est. Et c'est une entrée du parc à part entière : arriver ou repartir par là plutôt que par l'entrée principale évite la file des voitures aux heures pleines.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    100 € hébergement · 46 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge sur le bord du canyon, 200 € la nuit.

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Le budget de ces 10 jours

2 120 € par personne pour 10 jours, soit 212 € / jour. À deux, 4 240 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement908 €43 %
Repas455 €21 %
Transport sur place34 €2 %
Location de voiture — 10 jours340 €16 %
Carburant et péages178 €8 %
Activités206 €10 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 6 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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