1 h · en anglais · Las Vegas
Red Rock Canyon en boucle en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
1 532 € par personne sur place pour 7 jours, soit 219 € / jour — en 4 étapes, de Las Vegas à Grand Canyon. En passant par Zion et Monument Valley.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Ouest américain
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Arrivée à aéroport Las Vegas Harry-Reid (LAS), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
J1 → J2 · 2 nuits · 325 € par personne
Néons, désert autour, point de départ de la boucle
Le point de départ et de retour de la boucle, choisi pour son aéroport et ses loueurs plus que pour la ville. Le Strip se marche le soir et se regarde gratuitement — fontaines, hôtels-décors, néons. ⚠️ Le désert commence à vingt minutes : Red Rock Canyon donne un avant-goût du reste du voyage.
Las Vegas est ici un point de départ logistique plus qu'une destination : son aéroport dessert l'Europe, ses agences de location de voitures sont les moins chères de la région, et elle se trouve au centre géographique de la boucle des parcs. On y commence et on y finit, souvent une nuit de chaque côté.
Le Strip se marche le soir et l'essentiel de ce qu'on vient y voir est gratuit : les fontaines du Bellagio toutes les quinze à trente minutes, les hôtels-décors qui reconstituent Venise, Paris ou l'Égypte, et les néons. ⚠️ Les distances y sont trompeuses — le Strip fait plus de six kilomètres et les hôtels sont si vastes qu'aller de l'un à l'autre demande vingt minutes de marche, souvent à travers un casino. Le vieux Vegas, Fremont Street, est à cinq kilomètres au nord et n'a rien à voir : plus petit, plus ancien, sous un écran vidéo continu.
⚠️ Le désert commence à vingt minutes de voiture. Red Rock Canyon offre une boucle panoramique de vingt kilomètres avec des falaises rouges et des sentiers courts, et donne un premier aperçu de ce que sera le reste du voyage — c'est aussi le bon endroit pour vérifier que la voiture, la climatisation et les réserves d'eau sont en ordre avant de s'engager sur des routes bien plus isolées.
À table
Le Strip n'est pas dans la ville de Las Vegas : la plus grande partie se trouve en dehors des limites municipales, sur un territoire non incorporé du comté, ce qui a permis historiquement une réglementation et une fiscalité différentes — c'est la raison pour laquelle les grands casinos s'y sont installés plutôt qu'en centre-ville.
Chaque établissement rejoue un décor : un canal avec gondoles et gondoliers chantants, une tour Eiffel à échelle réduite, une pyramide dont le faisceau lumineux vertical, l'un des plus puissants au monde, est visible depuis les avions à des dizaines de kilomètres. Tout est gratuit, ouvert en permanence, et l'on traverse les casinos librement.
⚠️ Les distances sont considérablement sous-estimées : le Strip fait plus de six kilomètres, les bâtiments sont énormes, et passer d'un hôtel au voisin demande souvent vingt minutes de marche à travers un casino, un centre commercial et une passerelle — les traversées à niveau étant impossibles sur la plupart des carrefours. La climatisation intérieure et la chaleur extérieure alternent en permanence.
Le lac artificiel devant l'hôtel couvre plusieurs hectares en plein désert, et il porte plus d'un millier de buses réparties en trois catégories — des jets simples orientables, des canons plus puissants, et des lanceurs qui projettent l'eau à plusieurs dizaines de mètres de haut. L'ensemble est chorégraphié sur des bandes-son différentes à chaque passage.
Le spectacle est entièrement gratuit et se donne toutes les quinze ou trente minutes selon l'heure, du milieu d'après-midi jusque tard dans la nuit. C'est généralement tenu pour la meilleure chose à faire à Las Vegas sans dépenser un dollar.
⚠️ L'eau du lac ne provient pas du réseau d'eau potable mais d'un puits creusé sur le site, hérité de l'exploitation antérieure du terrain — précision que l'établissement met en avant dans une région où la sécheresse du Colorado est une question politique majeure. ⚠️ Le spectacle est annulé par vent fort, ce qui arrive régulièrement. Le trottoir devant le lac est saturé le soir : les passerelles voisines offrent un meilleur point de vue.
Le rouge et le gris racontent une anomalie qu'on lit depuis la voiture. Les falaises de grès tiennent leur couleur de l'oxyde de fer, mais au-dessus d'elles, sur toute la ligne de crête, pèse une masse de calcaire gris — soit une roche nettement plus ancienne posée sur une roche plus jeune. Le chevauchement du Keystone a poussé un pan de croûte terrestre par-dessus l'autre, sur des kilomètres. Le grès, lui, est une mer de dunes fossilisée : dans les parois, les lits obliques du sable poussé par le vent sont restés en place, figés en couches croisées.
Des ânes sauvages, descendants des bêtes de somme des mineurs, vivent au bord de la route et sont protégés par une loi fédérale. Les nourrir est interdit et les approcher imprudent : ils mordent et ruent.
La route panoramique est en sens unique, sans point d'eau et sans commerce : ce qu'on emporte au départ est tout ce qu'on aura. L'été, la chaleur y est un danger réel et non un inconfort — la roche renvoie ce qu'elle a emmagasiné, l'ombre n'existe pas sur les sentiers, et les secours interviennent chaque année sur des marcheurs partis en fin de matinée avec une bouteille. À la belle saison, on part à l'ouverture ou pas du tout.
Tout a commencé ici. Le Nevada a légalisé le jeu en 1931 et les premières licences sont allées à des salles de cette rue, la première que la ville ait fait paver. Le quartier a gagné le surnom de Glitter Gulch quand les enseignes se sont mises à couvrir les façades entières. Vegas Vic, le cow-boy de néon qui salue au-dessus de la chaussée, est planté là depuis 1951 ; l'hôtel Golden Gate, à l'angle ouest, a ouvert en 1906, bien avant que le Strip n'existe.
Les vieilles enseignes déposées n'ont pas été détruites : elles sont alignées dans un terrain voisin devenu musée, où on les visite accompagné, quelques-unes rallumées, la plupart rouillées et éteintes. C'est le meilleur endroit de la ville pour comprendre ce que le néon a représenté avant les écrans.
Deux choses à savoir avant d'y aller. La rue est piétonne et ne prend vie qu'à la nuit tombée, quand la voûte s'allume par séquences et que tout le monde lève la tête en même temps. Et le vieux centre est loin du Strip, bien trop pour s'y rendre à pied : le trajet se fait en bus ou en voiture, et remonter Las Vegas Boulevard à pied n'a rien d'agréable.
En option — non compris dans le budget ci-dessus
1 h · en anglais · Las Vegas
Red Rock Canyon en boucle en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
2 h · en anglais · Las Vegas
Fremont Street et le vieux Vegas en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
73 € hébergement · 48 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel-casino sur le Strip, 145 € la nuit.
J3 → J4 · 2 nuits · 467.5 € par personne
Canyon rouge que l'on remonte les pieds dans l'eau
Un canyon rouge que l'on remonte, et non que l'on surplombe, avec une rivière au fond dans laquelle on marche pour la randonnée des Narrows. ⚠️ La navette est obligatoire d'avril à novembre, la voiture ne rentre pas dans le canyon. Angels Landing exige un permis attribué par tirage au sort.
Zion se visite par le bas, ce qui le distingue de tous les autres parcs de la boucle : on remonte le canyon depuis son fond, entre des parois de grès rouge de plusieurs centaines de mètres, au lieu de le surplomber depuis un belvédère. La rivière Virgin, qui l'a creusé, coule au milieu et sert de chemin sur certaines randonnées.
⚠️ La navette est obligatoire d'avril à novembre : la route du canyon est fermée aux véhicules particuliers, et l'on se gare au centre d'accueil ou dans le village de Springdale. Elle est gratuite, fréquente, et dessert tous les départs de sentiers — mais les files du matin sont longues en été.
⚠️ Deux randonnées demandent une préparation. Les Narrows se parcourent dans la rivière, avec de l'eau parfois jusqu'à la taille et un courant réel : chaussures de canyon et bâton se louent au village, et le sentier ferme dès que le débit monte ou qu'un orage est annoncé en amont — les crues soudaines y ont tué. Angels Landing exige un permis attribué par tirage au sort, plusieurs mois à l'avance ou en loterie de dernière minute, et sa dernière section se franchit accrochée à des chaînes au-dessus du vide. Le Riverside Walk et les Emerald Pools, eux, restent accessibles à tous.
À table
La rivière n'a pas creusé en largeur mais en profondeur. Le plateau s'est soulevé lentement, la Virgin River a scié sur place, et il en reste une fente où l'on marche dans l'eau faute de rive. Les parois sont striées de longues coulées noires — du vernis du désert, un dépôt minéral qui met des siècles à se former — et la lumière, qui n'entre jamais directement, rebondit d'un mur à l'autre en prenant une couleur d'ambre.
Le danger n'est pas le courant du jour : c'est l'orage tombé très loin en amont, sur un bassin versant immense, alors qu'il fait grand beau au-dessus de votre tête. Les rangers affichent chaque matin un niveau de risque de crue et ferment la remontée au-delà d'un certain débit — au printemps, la fonte des neiges la condamne souvent des semaines durant. Un avis sanitaire lié aux cyanobactéries pèse par ailleurs sur la rivière depuis quelques années : on ne boit pas cette eau, on ne la filtre pas, et on évite d'en avaler.
Sous la surface, le fond est un chaos de galets ronds et glissants qu'on ne voit pas : le bâton sert à sonder autant qu'à tenir. L'eau reste froide même au cœur de l'été, et l'on ressort en tremblant si l'on s'attarde à l'ombre.
La route du canyon étouffait. Dans les années 1990, les voitures se garaient sur les bas-côtés et il n'y avait plus une place au bout ; le parc a tranché en 2000 en fermant l'axe à la circulation privée pour le confier à des navettes. Le résultat s'entend autant qu'il se voit : on longe la Virgin River sans bruit de moteur, et les cerfs traversent devant les bus sans se presser.
Les noms des sommets viennent pour beaucoup d'un pasteur méthodiste de passage en 1916, qui a baptisé en quelques jours le Grand Trône blanc et les trois Patriarches. Le dernier arrêt, lui, garde un nom païute : le temple de Sinawava, du nom d'une figure coyote. Le Riverside Walk part de là, plat et pavé, entre des parois suintantes couvertes de fougères.
Une seule astuce change la journée : monter jusqu'au dernier arrêt sans descendre nulle part, puis redescendre de belvédère en belvédère, à contre-courant du flot. La file du matin au centre d'accueil est le point noir du parc — dormir à Springdale et entrer à pied par la passerelle, avec la navette du village, l'évite complètement.
Le pass annuel inter-agences ne se limite pas aux parcs nationaux : il ouvre aussi les forêts nationales, les terres du Bureau of Land Management et les sites historiques fédéraux — Red Rock Canyon, près de Las Vegas, en fait partie. Il se compte au véhicule là où l'entrée se paie au véhicule, et couvre son titulaire accompagné de quelques adultes là où elle se paie par personne. Il se signe au dos et se présente avec une pièce d'identité.
La surtaxe non-résident, elle, est une nouveauté de 2026, et il faut la lire pour ce qu'elle est : non pas une entrée plus chère, mais un montant qui s'ajoute, par personne, pour les visiteurs étrangers, dans une poignée de parcs parmi les plus fréquentés. Sur cet itinéraire, elle touche Zion, Bryce et le Grand Canyon. Aucun guide imprimé ni budget en ligne antérieur à 2026 ne la mentionne : les calculs qu'on trouve ailleurs sont tous faux de ce montant.
Attention à ce que le pass ne couvre pas. Ni les terres tribales — Monument Valley et Antelope Canyon relèvent de la Nation navajo, qui fixe ses propres tarifs —, ni les réservations de créneau horaire, ni le camping. Il s'achète en ligne ou à la première entrée de parc.
L'eau qui alimente les bassins ne vient pas d'un ruisseau : elle sort de la paroi. Le grès de Navajo est poreux ; la pluie et la neige s'y infiltrent par le haut du plateau, descendent très lentement dans la roche, butent sur une couche imperméable et ressortent en nappe au flanc de la falaise. D'où ces cascades qui semblent naître de nulle part, et les jardins suspendus qui poussent sur la ligne du suintement : capillaires, colombines, mousses accrochées à la verticale.
Le sentier du bassin inférieur passe derrière ce rideau d'eau, entre la roche et la chute. En saison sèche, il n'en reste qu'un goutte-à-goutte et le vert, qui vient des algues, s'efface : beaucoup de visiteurs repartent déçus faute de l'avoir su.
Pour le Watchman, le pont de Canyon Junction est une desserte de navette et non un belvédère aménagé : le trottoir est étroit, la circulation passe à côté, et la place se prend d'avance en fin de journée. Le pic ne s'embrase que les dernières minutes, quand le soleil a déjà quitté le fond du canyon — partir trop tôt, c'est tout manquer.
93 € hébergement · 45 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge avec vue sur le canyon, 185 € la nuit.
J5 · 1 nuit · 195.5 € par personne
Les buttes des westerns, sur terre navajo
Les buttes de grès des westerns de John Ford, sur un parc tribal navajo qui n'est pas un parc national — le pass America the Beautiful n'y est pas valable, l'entrée se paie à part. La route panoramique de dix-sept miles se fait en voiture de tourisme, lentement, sur une piste défoncée.
Monument Valley est l'image mentale du western : des buttes et des aiguilles de grès rouge isolées au milieu d'une plaine, filmées par John Ford à partir de 1939 et devenues le décor par défaut de l'Ouest américain. Ce n'est pourtant pas une vallée, mais un plateau érodé dont il ne reste que les parties les plus résistantes.
⚠️ C'est un parc tribal navajo et non un parc national : le pass America the Beautiful n'y est pas valable, l'entrée se paie séparément par véhicule, et les horaires diffèrent de ceux des parcs fédéraux. Le territoire navajo applique par ailleurs ses propres règles — l'alcool y est interdit, et la Nation observe l'heure d'été alors que le reste de l'Arizona ne la pratique pas, ce qui crée une heure de décalage local une partie de l'année.
La route panoramique de dix-sept miles se parcourt en voiture de tourisme, mais ⚠️ il s'agit d'une piste de terre en mauvais état, avec des passages très défoncés et des pentes de sable : on roule au pas et le tour prend deux à trois heures. En cas de pluie, elle peut fermer. S'aventurer au-delà de cette boucle demande un guide navajo obligatoire. Forrest Gump Point, sur la route 163 quelques kilomètres au nord, est en accès libre depuis la chaussée — ⚠️ la route reste ouverte à la circulation.
À table
La piste descend d'abord du belvédère vers le fond de la vallée par une rampe défoncée et caillouteuse : c'est le passage le plus difficile de tout le parcours, et il tombe au tout début. Une fois en bas, le reste roule, lentement, entre des buttes que leurs noms rendent identifiables — les Trois Sœurs, l'aiguille du Totem Pole, la pointe de John Ford, où un cavalier navajo pose contre une pièce.
Le Totem Pole a été escaladé pour un film au milieu des années 1970 ; la Nation navajo a interdit l'escalade dans la vallée par la suite, et aucune de ces aiguilles ne se grimpe plus. C'est aussi pourquoi les silhouettes qu'on photographie sont exactement celles des westerns : rien n'y a été aménagé depuis.
Trois précautions. Les camping-cars et les attelages sont refusés, et une voiture surbaissée souffre : rouler au pas plutôt que d'éviter les trous en zigzaguant. La piste ferme après de fortes pluies, sans préavis. Et l'on ne trouve en chemin ni eau, ni carburant, ni la moindre ombre : partir avec le plein et de quoi boire, en sachant que la poussière entre par toutes les aérations.
Ces buttes sont ce qui reste d'un plateau. Un grès rouge et massif formait ici une couche continue ; l'érosion l'a démantelée et n'a laissé debout que les blocs protégés par un chapeau de roche plus dure. Les moufles doivent leur silhouette à une aiguille détachée du corps principal, qui fait le pouce — et si l'on se déplace de quelques centaines de mètres, le pouce change de côté ou disparaît complètement.
La lumière de fin de journée arrive par le travers et détache chaque relief de son ombre : les buttes passent de l'orange au rouge sombre, puis au violet, en très peu de temps. Le sol de la vallée, fait d'une roche plus tendre et plus foncée, accentue encore le contraste.
Un piège d'organisation guette. Le parc tribal ferme ses portes à heure fixe, et cette heure ne suit pas toujours celle du coucher du soleil selon la saison : demander l'heure de fermeture en entrant, et compter le retour sur la piste, qui est long. Ceux qui logent à l'hôtel du belvédère ou au camping voisin échappent à la contrainte et gardent la vue depuis leur terrasse, ce qui vaut largement le détour par la réservation.
105 € hébergement · 46 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel The View, face aux buttes, 210 € la nuit.
J6 → J7 · 2 nuits · 366.5 € par personne
446 km de long, 1 800 mètres de fond
Quatre cent quarante-six kilomètres de long, dix-huit de large, dix-huit cents mètres de fond — et l'on n'en voit qu'une portion depuis la rive sud. ⚠️ Descendre est facile, remonter prend le double du temps et tue chaque année : le fond n'est pas une randonnée à la journée. Le Rim Trail, plat et gratuit, longe le vide sur treize kilomètres.
Le Grand Canyon fait quatre cent quarante-six kilomètres de long, jusqu'à vingt-neuf de large et environ dix-huit cents mètres de profondeur, et l'on n'en voit qu'une fraction depuis la rive sud — celle que fréquentent quatre-vingt-dix pour cent des visiteurs. La rive nord, plus haute et plus fraîche, est fermée par la neige de mi-octobre à mi-mai et demande cinq heures de route pour la rejoindre.
⚠️ La règle la plus importante du parc tient en une phrase : descendre est facile, remonter prend environ le double de temps. Chaque année, des visiteurs partis « voir jusqu'en bas » se retrouvent en difficulté sévère dans la remontée, par quarante degrés au fond, sans eau. Le service du parc déconseille formellement toute tentative d'aller au fleuve et de revenir dans la journée. Le Bright Angel se descend au maximum jusqu'au premier ou deuxième tunnel, ce qui donne déjà la sensation d'être dedans.
Le Rim Trail, lui, est plat, en partie goudronné, gratuit et longe le vide sur une quinzaine de kilomètres entre les belvédères, avec une navette qui permet de n'en faire qu'une portion. ⚠️ Une surtaxe non-résident de cent dollars par personne s'ajoute désormais au droit d'entrée du véhicule dans les parcs nationaux, et pèse lourd sur un budget familial.
À table
Le sentier porte une idée simple et rare : sur la portion appelée le Chemin du Temps, chaque mètre parcouru vaut un million d'années. Des jalons scandent la marche, de vrais échantillons de roche sont posés au bord, prélevés dans les couches correspondantes, et l'on peut les toucher. Marcher d'un bout à l'autre revient à traverser l'histoire entière du canyon avec les jambes plutôt qu'avec un panneau.
Le reste du parcours suit le rebord au plus près, presque plat, tantôt goudronné, tantôt en terre battue. Vers l'ouest, la route panoramique est fermée aux voitures une grande partie de l'année et desservie par les navettes : on marche dans un seul sens et l'on rentre en bus dès qu'on en a assez. C'est ce qui rend ce sentier redoutablement efficace.
Deux réserves. Le rebord n'est protégé par une rambarde qu'aux abords des points aménagés ; ailleurs, rien ne sépare le sentier du vide, et l'on tient les enfants par la main. Et il n'y a ni ombre ni point d'eau sur de longues portions : remplir les gourdes aux fontaines des belvédères principaux, les seules sur lesquelles on peut compter.
Le sentier n'a pas été tracé au hasard : il suit une faille, la seule brèche du bord sud qui laisse vraiment descendre, et il servait déjà aux Havasupai qui cultivaient plus bas. Un prospecteur, Ralph Cameron, en a pris le contrôle au début du XXᵉ siècle grâce à des concessions minières et l'a exploité comme un péage privé, contre le service des parcs, avant que la justice ne tranche.
En descendant, chercher sur la paroi, un peu après le premier tunnel, les peintures rouges laissées par des occupants bien antérieurs. Et retenir la règle des mulets, qui ont la priorité absolue : on se range du côté de la falaise, à l'intérieur du virage, on s'immobilise et on se tait le temps que la file passe.
La remontée est l'affaire sérieuse. La température grimpe à mesure qu'on s'enfonce, et l'on remonte à la chaleur ce qu'on a descendu à la fraîche : c'est ce qui piège les marcheurs, pas la pente. L'eau des abris de repos n'est pas garantie — la canalisation qui les alimente casse régulièrement et le parc coupe alors les robinets. Se renseigner avant de partir, emporter l'eau et du salé, et fixer son heure de demi-tour avant de commencer : c'est elle qui décide, jamais la forme du moment.
Le vrai vertige de ce belvédère n'est pas la profondeur, c'est ce qui manque. Entre les roches sombres et plissées du fond et les couches horizontales qui les recouvrent court une ligne nette : au-dessous, un socle vieux de près de deux milliards d'années ; au-dessus, un grès bien plus jeune. Entre les deux, plus d'un milliard d'années de terrains ont disparu, emportés avant que le dépôt ne reprenne. Les géologues appellent cela la Grande Discordance, et elle se voit à l'œil nu depuis le rebord.
Le point porte le nom du premier directeur du service des parcs nationaux, qui a bataillé pour arracher le canyon aux intérêts privés qui l'exploitaient. C'est aussi le premier belvédère qu'on rencontre depuis le centre d'accueil, donc le plus fréquenté du bord sud.
À l'aube, le ciel s'éclaire longtemps avant que le soleil ne franchisse l'horizon, et les buttes intérieures s'allument par la pointe pendant que le fond reste noir. La foule tient sur la plateforme : il suffit de s'écarter de quelques centaines de mètres sur le sentier du rebord pour être seul. Et il fait froid au petit matin en toute saison — le bord sud est à plus de deux mille mètres.
Mary Colter n'a pas inventé cette tour : elle a parcouru le plateau pour relever les tours ancestrales puebloanes, à Hovenweep et ailleurs, avant de dessiner la sienne. Elle a fait poser les pierres une à une, choisi elle-même les plus usées pour les faces exposées et exigé que l'ensemble paraisse ancien, et même un peu ruiné. Sous ce parement se cache une ossature d'acier : la ruine est une construction moderne, et entièrement assumée.
À l'intérieur, la salle hopi est peinte par Fred Kabotie, artiste hopi, qui y a représenté le récit du serpent et la descente vers le Colorado. Ce n'est pas un décor à l'indienne commandé à un peintre blanc, comme il s'en faisait beaucoup à l'époque : c'est le travail d'un homme racontant sa propre tradition, et c'est ce qui rend la salle rare.
Deux avantages pratiques. Desert View est le point du bord sud d'où l'on suit le mieux le cours du fleuve, avec le désert peint qui s'ouvre à l'est. Et c'est une entrée du parc à part entière : arriver ou repartir par là plutôt que par l'entrée principale évite la file des voitures aux heures pleines.
En option — non compris dans le budget ci-dessus
3 h · Sur place
Rim Trail entre les belvédères en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Klook · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
100 € hébergement · 46 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Lodge sur le bord du canyon, 200 € la nuit.
1 532 € par personne pour 7 jours, soit 219 € / jour. À deux, 3 064 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 637 € | 42 % |
| Repas | 324 € | 21 % |
| Transport sur place | 25 € | 2 % |
| Location de voiture — 7 jours | 238 € | 16 % |
| Carburant et péages | 178 € | 12 % |
| Activités | 131 € | 9 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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