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Pérou en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

1 521 € par personne sur place pour 14 jours, soit 109 € / jour — en 8 étapes, de Lima à Paracas et Huacachina. En passant par Vallée Sacrée, Machu Picchu, Cusco, Lac Titicaca, Canyon de Colca et Arequipa.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Pérou

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Lima — Jorge-Chávez (LIM), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Lima, Pérou

    01. Lima

    J1 → J2 · 2 nuits · 155 € par personne

    Falaises sur le Pacifique, or précolombien, ceviche

    Une capitale de dix millions d'habitants posée sur des falaises au-dessus du Pacifique, presque toujours sous une brume grise d'avril à novembre. On y arrive et on en repart. ⚠️ Elle est au niveau de la mer : c'est ici qu'on mange bien avant l'altitude, car l'appétit disparaît une fois là-haut.

    En savoir plus sur Lima

    Lima est une capitale de dix millions d'habitants posée sur des falaises de deux cents mètres au-dessus du Pacifique, dans un désert côtier où il ne pleut pratiquement jamais. ⚠️ Elle est pourtant grise d'avril à novembre : une couche de brume marine appelée garúa la recouvre presque en permanence pendant l'hiver austral, sans donner de véritable pluie. Ceux qui viennent y chercher le soleil sont déçus.

    On y arrive et on en repart, et les quartiers utiles sont peu nombreux : Miraflores et Barranco, sur les falaises, pour dormir et se promener sur le Malecón ; le centre historique, à une demi-heure, pour la Plaza Mayor et les catacombes du couvent San Francisco. Le musée Larco, installé dans une maison coloniale bâtie sur une pyramide précolombienne, présente la meilleure collection d'orfèvrerie et de céramique du pays.

    ⚠️ Lima est au niveau de la mer, et c'est une raison concrète d'y consacrer du temps avant de monter : l'appétit disparaît largement en altitude, et l'on mange bien mieux ici que partout ailleurs dans le parcours. La ville est l'une des capitales gastronomiques du continent, et le ceviche — poisson cru mariné dans le citron vert — s'y mange à midi et jamais le soir, le poisson étant du jour. Les marchés comme celui de Surquillo servent les meilleures versions pour une fraction du prix des restaurants réputés.

    À table

    • Ceviche — le poisson cru mariné au citron vert, piment et oignon rouge, servi avec du maïs grillé et de la patate douce, à midi seulement.
    • Lomo saltado — le bœuf sauté au wok avec oignons, tomates et frites, mélangé au riz, héritage de la cuisine chinoise de Lima.
    • Pisco sour — l'eau-de-vie de raisin, le citron vert, le sirop et le blanc d'œuf battu, dans les bars de Barranco.
    • Anticuchos — les brochettes de cœur de bœuf marinées et grillées, vendues le soir sur les trottoirs.
    • Causa limeña — la purée de pommes de terre jaunes au citron et au piment, montée en couches avec du poulet ou du thon, servie froide.

    Jour 1

    • Musée Larco, Lima, Pérou
      Musée Larco Quarante-cinq mille pièces précolombiennes dans une maison coloniale couverte de bougainvilliers, et surtout des réserves ouvertes au public — trente mille poteries alignées derrière des vitres, ce qu'aucun musée ne montre d'ordinaire.
      En savoir plus

      La maison est une demeure vice-royale du XVIIIᵉ siècle bâtie sur une pyramide précolombienne : le bâtiment lui-même est un empilement d'époques. Rafael Larco Hoyle a ouvert la collection en 1926 en héritant des pièces réunies par sa famille dans le nord du pays, et c'est lui qui a établi la chronologie des cultures andines qu'on utilise encore aujourd'hui.

      Le sommet de la visite n'est pas l'or, c'est la salle des portraits mochica : des vases modelés à l'effigie d'hommes réels, avec leurs rides, leurs cicatrices, leurs maladies, parfois le même individu représenté à plusieurs âges de sa vie. C'est le seul portrait au sens propre de toute l'Amérique ancienne. Un pavillon séparé, au fond du jardin, présente les céramiques érotiques que le XIXᵉ siècle avait fait ranger hors de vue : elles relèvent du rite et de la fécondité plus que de la gaudriole.

      Le musée est loin des quartiers touristiques et ferme tard : c'est la bonne visite d'un jour d'arrivée. Les réserves ouvertes se parcourent librement, et c'est là qu'on reste le plus longtemps.

      culture
      8 €
    • Centre historique et couvent San Francisco, Lima, Pérou
      Centre historique et couvent San Francisco La plus grande place coloniale d'Amérique du Sud, avec ses balcons de bois moucharabieh hérités des Maures. Sous le couvent, des catacombes contenant les ossements de vingt-cinq mille personnes, rangés par type d'os.
      En savoir plus

      Lima n'a pas été bâtie sur une ville indienne : elle a été tracée en damier par Pizarro en 1535, à plat, près d'un port. Elle a ensuite gouverné pendant deux siècles tout ce que l'Espagne possédait en Amérique du Sud — l'argent de Potosí, les ordres royaux, les évêques, tout passait par cette place. Les façades sont pour beaucoup des reconstructions : le séisme de 1746 a laissé une vingtaine de maisons debout dans toute la ville.

      Dans la cathédrale, une chapelle a longtemps montré un corps momifié présenté comme celui de Pizarro. En 1977, des ouvriers ont dégagé dans une crypte une caisse de plomb contenant un crâne et une inscription. L'examen a tranché : les blessures d'épée au cou et aux mains correspondaient à l'assassinat de 1541, et le corps exposé n'était pas le bon. On a échangé les restes.

      Le couvent ne se visite qu'en groupe, avec un guide, sur un parcours imposé. La bibliothèque et les catacombes viennent à la fin : plafonds bas, air confiné, sol inégal — à savoir si l'on est claustrophobe.

      culture
      5 €
    • Huaca Pucllana au coucher du soleil, Lima, Pérou
      Huaca Pucllana au coucher du soleil Une pyramide d'adobe de 1 500 ans plantée au milieu d'un quartier résidentiel de Miraflores. Sept étages de briques posées debout et espacées — une technique antisismique qui a tenu quinze siècles. Visite guidée obligatoire, la meilleure est celle du soir.
      En savoir plus

      Une butte de terre crue avec sa grande rampe, ses places et ses murs d'enceinte, cernée d'immeubles et de voitures. Elle a été bâtie par la culture Lima, bien avant les Incas, et servait de centre cérémoniel et administratif : on y a retrouvé des offrandes de poissons et de requins, des jarres brisées volontairement, et des sépultures de la culture Wari, venue s'installer là des siècles après l'abandon du site.

      Si cet empilement de briques de boue tient encore debout, c'est que Lima ne reçoit pratiquement pas de pluie. La ville vit sous une brume, la garúa, qui mouille sans arroser : c'est l'une des capitales les plus sèches du monde, et c'est la seule raison pour laquelle l'adobe a survécu là où quelques saisons d'orages auraient tout dissous. Des dizaines d'autres huacas subsistent ainsi entre les immeubles.

      On marche sur du sable et de la poussière : chaussures fermées de préférence. Le soir, le site est éclairé et les tours d'habitation forment le décor — c'est tout l'intérêt du créneau de nuit.

      culture
      4 €

    Jour 2

    • Miraflores, Barranco et le Malecón, Lima, Pérou
      Miraflores, Barranco et le Malecón Dix kilomètres de falaises aménagées au-dessus du Pacifique, avec des parapentistes qui décollent du parc. Barranco, plus au sud, est le quartier des ateliers d'artistes et des fresques murales.
      En savoir plus

      Les falaises ne sont pas de la roche mais un conglomérat de galets compactés : elles s'effritent, d'où les filets et les enrochements au-dessus de la route côtière. En bas, les plages sont de galets et l'eau reste froide toute l'année. Le Malecón enchaîne des jardins publics où l'on court, promène les chiens et regarde décoller les parapentes qui longent la falaise sans effort.

      Barranco était la station balnéaire de la bourgeoisie liménienne au XIXᵉ siècle, reliée au centre par un tramway. Il en reste des villas de bois et de couleurs, une descente pavée vers la mer et le pont des Soupirs, qu'on traverse en retenant son souffle pour voir un vœu exaucé — la coutume est locale et tenue, en riant. Le quartier abrite aussi le musée Pedro de Osma et sa collection d'art colonial.

      Ne pas compter sur le coucher de soleil : de l'automne au printemps austral, la garúa bouche l'horizon des semaines entières et le ciel reste gris. Prévoir une veste, y compris en été.

      marché
      gratuit

    29 € hébergement · 27 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du Malecón, 58 € la nuit.

    Voir les hébergements à Limalien affilié

  2. Lima → Vallée Sacrée — Vol Lima → Cusco, puis navette vers la vallée, 3 h, 95 € par personne.
  3. Vallée Sacrée, Pérou

    02. Vallée Sacrée

    J3 → J4 · 2 nuits · 148 € par personne

    2 800 m : on s'acclimate ici, pas à Cusco

    ⚠️ C'est ici qu'on s'acclimate, pas à Cusco. La vallée est six cents mètres plus bas que la ville, ce qui rend la première nuit beaucoup plus supportable — c'est la raison pour laquelle elle passe avant dans le parcours, contre toute logique géographique. Terrasses incas, salines et villages, à parcourir doucement.

    En savoir plus sur Vallée Sacrée

    ⚠️ La Vallée Sacrée passe avant Cusco dans ce parcours, et ce n'est pas une erreur de géographie : c'est le point le plus important de tout le séjour péruvien. La vallée se situe autour de deux mille huit cents mètres, soit six cents mètres plus bas que Cusco, et y passer les premières nuits rend l'acclimatation nettement plus supportable. Arriver de Lima — niveau de la mer — directement à trois mille quatre cents mètres est la cause la plus fréquente de mal aigu des montagnes chez les voyageurs.

    Les symptômes sont ordinaires et désagréables : mal de tête, nausée, insomnie, essoufflement au moindre effort. Ils passent en un à trois jours si l'on monte progressivement. ⚠️ Les deux premiers jours se passent donc lentement, sans randonnée, en buvant beaucoup et en évitant l'alcool ; le maté de coca, servi partout, aide un peu et n'a rien d'un remède miracle.

    La vallée elle-même vaut largement ces journées calmes. Les terrasses de Pisac s'étagent sur des centaines de mètres au-dessus du village et son marché ; Ollantaytambo est la seule ville inca encore habitée selon son plan d'origine, avec ses canaux dans les rues, et c'est aussi la gare de départ des trains vers Machu Picchu. Les salines de Maras alignent des milliers de bassins blancs exploités depuis l'époque préinca.

    À table

    • Cuy — le cochon d'Inde rôti entier, plat de fête des villages, dans les restaurants de Pisac et d'Ollantaytambo.
    • Chicha de jora — la bière de maïs fermentée des chicherías, signalées par un drapeau rouge à la porte.
    • Choclo con queso — l'épi de maïs géant à gros grains bouilli, avec une tranche de fromage frais, sur les étals d'Urubamba.
    • Trucha — la truite des rivières de la vallée, frite ou grillée, dans les auberges du bord de l'Urubamba.
    • Pachamanca — les viandes et pommes de terre cuites sur des pierres chaudes dans un four enterré, dans les fermes de la vallée.

    Jour 3

    • Forteresse d'Ollantaytambo, Vallée Sacrée, Pérou
      Forteresse d'Ollantaytambo Compris dans le Boleto Turístico. Le seul endroit où les Incas ont battu les Espagnols en bataille rangée, en 1536, en inondant la plaine. Les blocs de porphyre rose du temple pèsent cinquante tonnes et viennent d'une carrière située six kilomètres plus loin, de l'autre côté de la rivière.
      En savoir plus

      Le village au pied du site est le seul urbanisme inca encore habité : le damier d'origine, les enclos familiaux fermés par un mur unique et une porte, les canaux qui courent au milieu des ruelles et coulent toujours. On dort dans des maisons dont les fondations n'ont pas bougé depuis cinq siècles.

      En haut, le temple du Soleil est resté inachevé : six monolithes dressés côte à côte, séparés par de minces pierres d'ajustement, et rien autour. Le chantier s'est arrêté avec la conquête. Sur le versant d'en face, on distingue la carrière et les longues rampes qui servaient à descendre les blocs, avec des pierres abandonnées en route qu'on appelle ici les pierres fatiguées. Derrière le village, les greniers accrochés à la falaise se rejoignent par un sentier libre d'accès : c'est de là qu'on a la meilleure vue, et presque personne n'y monte.

      Ollantaytambo est nettement plus bas que Cusco. Y dormir avant de monter reste la façon la plus simple de laisser le corps s'habituer à l'altitude.

      culture
      gratuit
    • Salines de Maras et terrasses de Moray, Vallée Sacrée, Pérou
      Salines de Maras et terrasses de Moray Trois mille bassins de sel en escalier sur un flanc de montagne, exploités depuis avant les Incas par les familles du village, chacune propriétaire de ses bassins. Moray, à côté, aligne des terrasses circulaires concentriques avec quinze degrés d'écart entre le haut et le bas — un laboratoire agricole.
      En savoir plus

      Le sel ne vient pas de la mer mais d'une source salée qui sort de la montagne, reste d'un océan piégé dans la roche. L'eau est distribuée de bassin en bassin par des rigoles de terre, s'évapore au soleil, et le sel est raclé par couches : les cristaux blancs du dessus sont la qualité fine, ceux du fond partent pour le bétail et l'industrie. Chaque famille entretient les siens, et un bassin laissé à l'abandon peut être repris par quelqu'un d'autre.

      Moray, lui, n'a livré son secret à personne. L'hypothèse du laboratoire agricole est la plus répandue, elle est séduisante, mais elle n'est pas démontrée. Ce qui est certain relève du génie civil : le fond de la cuvette la plus profonde ne se remplit jamais, même sous les pluies de janvier, tant le drainage aménagé sous les terrasses est efficace.

      On ne descend plus entre les bassins de sel depuis quelques années : la visite se fait par un chemin en surplomb. Le plateau est nu, sans une ombre, et le sel réverbère — chapeau et lunettes.

      nature
      8 €
    • Marché de Chinchero et tisserandes, Vallée Sacrée, Pérou
      Marché de Chinchero et tisserandes Le village le plus quechua de la vallée, à 3 750 m. Les coopératives de tisserandes montrent la teinture à la cochenille — un insecte du cactus qui donne le rouge — et le filage au fuseau. On y achète directement, sans intermédiaire.
      En savoir plus

      L'église coloniale est posée sur un mur inca massif, vestige du domaine de Túpac Yupanqui, et son intérieur est peint du sol au plafond : fresques du XVIIᵉ siècle sur chaque surface disponible, jusque sur les poutres. Autour, les terrasses descendent vers la plaine, et sur la place, à côté des étals pour visiteurs, on voit encore des gens échanger des produits contre d'autres produits.

      La démonstration de teinture vaut à elle seule l'arrêt. La cochenille est un insecte parasite du cactus : écrasée, elle donne un rouge sombre ; une goutte de citron le fait virer à l'orange, une pincée de cendre au violet. Le Pérou en est aujourd'hui le premier producteur mondial, et le carmin tiré de ces bestioles colore encore des yaourts et des rouges à lèvres.

      Deux repères avant d'acheter : une fibre vraie n'est jamais parfaitement lisse ni uniforme, et bébé alpaga désigne la finesse de la première tonte, jamais un animal jeune. Chinchero est plus haut que Cusco et la place est en pente : on souffle vite.

      marché
      6 €

    Jour 4

    • Journée calme d'acclimatation, Vallée Sacrée, Pérou
      Journée calme d'acclimatation Ce n'est pas une activité, c'est une consigne. À 2 800 m, les deux premiers jours se passent sans effort : marcher lentement, boire beaucoup, dormir. C'est ce qui rend Cusco et le Machu Picchu praticables ensuite.
      En savoir plus

      Ce n'est pas une activité mais une consigne médicale, et c'est la raison pour laquelle elle figure dans le parcours au même titre qu'une visite. Au-dessus de deux mille cinq cents mètres, la pression partielle en oxygène chute assez pour que l'organisme doive s'adapter : production de globules rouges, modification du rythme respiratoire. Cela prend des jours, pas des heures.

      Le mal aigu des montagnes se manifeste par un mal de tête persistant, des nausées, un sommeil haché, un essoufflement au moindre effort et une fatigue disproportionnée. Il touche une grande partie des voyageurs arrivant de Lima, au niveau de la mer, et il n'a rien d'anodin : sous ses formes sévères, œdème pulmonaire ou cérébral, il tue. La seule réponse à une aggravation est de redescendre.

      Ce que l'on peut faire tient en peu de choses : monter progressivement — d'où la Vallée Sacrée, six cents mètres plus bas que Cusco, avant Cusco —, ne fournir aucun effort les deux premiers jours, boire abondamment, manger léger, et éviter l'alcool. ⚠️ Le maté de coca, servi partout, soulage un peu et ne prévient rien. Un traitement préventif existe et se discute avec un médecin avant le départ ; il a des contre-indications.

      détente
      gratuit

    28 € hébergement · 23 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel de campagne dans la vallée, 55 € la nuit.

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  4. Vallée Sacrée → Machu Picchu — Train depuis Ollantaytambo (compté dans l'activité), 1 h 45, 0 € par personne.
  5. Machu Picchu, Pérou

    03. Machu Picchu

    J5 · 1 nuit · 177 € par personne

    La cité sur l'arête, et tout ce qu'il faut réserver

    La cité inca sur son arête, à deux mille quatre cents mètres. ⚠️ Tout s'y réserve et rien ne s'improvise : billet à date et à créneau, circuit imposé et non modifiable, train obligatoire jusqu'à Aguas Calientes, puis bus ou une heure et demie de montée à pied. Le site peut afficher complet des semaines à l'avance.

    En savoir plus sur Machu Picchu

    ⚠️ Machu Picchu est le site le plus réglementé du parcours et rien ne s'y improvise. Le billet se prend à une date et à un créneau horaire précis ; il impose un circuit numéroté qu'on ne peut ni modifier ni quitter, et l'on ne revient pas en arrière sur le parcours. Les quotas quotidiens sont limités et le site affiche complet plusieurs semaines à l'avance en haute saison, de mai à septembre.

    L'accès est tout aussi contraint. Aucune route ne mène au site : on prend le train depuis Ollantaytambo ou Cusco jusqu'à Aguas Calientes, également à réserver, puis un bus qui monte en vingt-cinq minutes de lacets, ou l'on grimpe à pied en une heure et demie d'escaliers raides. ⚠️ Les billets de bus se prennent séparément et la file du matin commence avant l'aube.

    Les deux montagnes qui encadrent le site — le Huayna Picchu, celui qu'on voit derrière sur toutes les photos, et la Montaña — se réservent en supplément avec leur propre quota, souvent épuisé en premier. Le Huayna Picchu comporte des escaliers incas étroits, exposés et humides, déconseillés aux personnes sujettes au vertige. ⚠️ Le site est à deux mille quatre cents mètres, plus bas que Cusco : la chaleur et l'humidité y surprennent, et il n'y a ni toilettes ni nourriture à l'intérieur de l'enceinte.

    À table

    • Mate de coca — l'infusion de feuilles de coca contre l'altitude, offerte dans tous les hôtels d'Aguas Calientes.
    • Trucha — la truite de la rivière Urubamba, grillée, sur les cartes du village.
    • Sopa de quinua — la soupe de quinoa aux légumes, réconfort du soir après la visite.
    • Lomo saltado — le bœuf sauté des restaurants de la rue principale, plat de tout le pays.

    Jour 5

    • Machu Picchu, Machu Picchu, Pérou
      Machu Picchu Le montant réunit les trois lignes indissociables : l'entrée (152 soles), le train aller-retour depuis Ollantaytambo en classe économique (80 $) et la navette jusqu'au site (24 $). ⚠️ Circuit et créneau se choisissent à l'achat et ne se changent pas sur place ; le circuit 2 est celui de la vue classique depuis la Maison du Gardien, et le premier épuisé. Réserver deux à trois mois avant.
      En savoir plus

      Le site n'a jamais été perdu pour les gens d'ici. Quand Hiram Bingham y est monté en 1911, des paysans cultivaient les terrasses, et un visiteur avait laissé son nom sur un mur, Lizárraga, neuf ans plus tôt. Bingham cherchait Vilcabamba, le dernier refuge des Incas, a cru l'avoir trouvée, et est passé à côté du vrai site sans le reconnaître. Un document colonial retrouvé dans les années 1980 a tranché : Machu Picchu était le domaine privé de Pachacutec, une résidence royale et non une cité perdue.

      L'essentiel du travail est invisible. Sous les terrasses, des couches de gravier et des dizaines de canaux évacuent les pluies d'une forêt qui en reçoit énormément ; sans ce drainage, le versant aurait glissé depuis longtemps.

      Le site est bien plus bas que Cusco : ici l'altitude n'est pas le problème, la chaleur humide et le soleil le sont. Le premier passage se fait accompagné d'un guide, sur un circuit à sens unique : on ne revient pas en arrière, on ne ressort pas pour y retourner, et il n'y a ni point d'eau ni toilettes à l'intérieur.

      culture
      92 €
    • Porte du Soleil et pont inca, Machu Picchu, Pérou
      Porte du Soleil et pont inca Deux marches courtes comprises dans l'entrée, et presque désertes. L'Inti Punku est l'arrivée du chemin de l'Inca : c'est de là que la cité se découvre comme les marcheurs la découvrent. Le pont inca est une planche posée sur un vide de 600 m.
      En savoir plus

      L'Inti Punku n'est pas un belvédère mais un bâtiment de contrôle, avec ses montants, son seuil et ses logements de barre, posé sur la ligne de crête là où la route venue de Cusco débouchait sur le domaine royal. On y filtrait ceux qui avaient le droit d'entrer. La montée emprunte le chemin dallé d'origine, et la cité se découvre de haut et de loin, comme la découvraient les marcheurs.

      Le pont inca est l'autre bout du même dispositif. Le sentier taillé dans la paroi s'interrompt sur quelques mètres de vide, et le passage n'était rétabli que par des troncs posés en travers, qu'on retirait à volonté. Une frontière qu'on range dans un coin : la falaise fait le reste.

      On ne traverse plus, la passerelle est barrée après un accident mortel, et l'on se contente de la regarder depuis le sentier. Les deux marches sont comprises dans l'entrée mais dépendent du circuit choisi à l'achat : vérifier avant de payer, cela ne se rattrape pas sur place.

      nature
      gratuit

    35 € hébergement · 30 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel au bord de la rivière, 70 € la nuit.

    Voir les hébergements à Machu Picchulien affilié

  6. Machu Picchu → Cusco — Train puis navette routière vers Cusco, 3 h 30, 45 € par personne.
  7. Cusco, Pérou

    04. Cusco

    J6 → J7 · 2 nuits · 140 € par personne

    Capitale inca sous la ville espagnole, à 3 400 m

    L'ancienne capitale inca, dont les murs de pierre servent encore de fondations aux maisons espagnoles bâties dessus. À 3 400 mètres, elle essouffle. ⚠️ Ne pas y arriver directement de Lima si on peut l'éviter : une nuit dans la Vallée Sacrée avant change complètement les deux jours suivants.

    En savoir plus sur Cusco

    Cusco a été la capitale de l'empire inca, et les Espagnols n'ont pas rasé la ville : ils ont bâti leurs églises et leurs maisons directement sur les murs incas, qu'ils étaient incapables d'égaler. On voit donc partout la même superposition — un soubassement de pierre polie ajustée sans mortier, surmonté d'une façade coloniale. Les séismes ont depuis abattu plusieurs constructions espagnoles sans ébranler les fondations incas.

    ⚠️ La ville est à trois mille quatre cents mètres et elle essouffle réellement : monter une rue en pente devient un effort, et les premières nuits sont souvent mauvaises. Ne pas y arriver directement de Lima quand on peut l'éviter — une ou deux nuits dans la Vallée Sacrée d'abord changent complètement les jours suivants. Les taxis abondent et coûtent peu, ce qui évite les montées les plus raides.

    Le quartier de San Blas, en hauteur, garde les ruelles les plus étroites et les ateliers d'artisans. Sacsayhuamán, à vingt minutes à pied au-dessus de la ville, aligne des blocs de plusieurs dizaines de tonnes emboîtés avec une précision qui reste difficile à expliquer. ⚠️ La montagne aux sept couleurs de Vinicunca se vend partout en excursion à la journée, mais elle culmine à plus de cinq mille mètres et se marche après trois heures de route : ce n'est pas une sortie anodine, et beaucoup de visiteurs y font un malaise faute d'acclimatation suffisante.

    À table

    • Cuy al horno — le cochon d'Inde rôti croustillant, plat de fête andin, servi avec des pommes de terre et du maïs.
    • Chiriuchu — l'assiette froide de cuy, poulet, saucisse, fromage, algues et beignet de maïs, mangée à la Fête-Dieu en juin.
    • Alpaga — le steak maigre et tendre, sur les cartes des restaurants de San Blas.
    • Marché de San Pedro — jus de fruits frais au comptoir, caldo de gallina et fromages de la région, tous les matins.
    • Chicha morada — la boisson sucrée au maïs violet, cannelle et ananas, servie fraîche avec le repas.

    Jour 6

    • Sacsayhuamán et les ruines des hauteurs, Cusco, Pérou
      Sacsayhuamán et les ruines des hauteurs Compris dans le Boleto Turístico. Trois murailles en zigzag faites de blocs allant jusqu'à 120 tonnes, ajustés sans mortier au point qu'une lame de couteau ne passe pas. Personne ne sait comment ils ont été déplacés ni taillés à ce point.
      En savoir plus

      Ce qu'on voit n'est qu'un reste. Après la conquête, le site a servi de carrière à Cusco pendant des siècles : tout ce qui était transportable est parti dans les églises et les maisons de la ville, et il ne subsiste que ce que personne n'a pu déplacer, c'est-à-dire les blocs les plus énormes. Les murailles en zigzag sont les fondations d'un ensemble qui montait bien plus haut, avec des tours dont on distingue encore le plan circulaire sur l'esplanade.

      C'est ici que s'est jouée la reconquête manquée : en 1536, les troupes de Manco Inca ont enlevé la place et assiégé les Espagnols enfermés dans Cusco. Juan Pizarro, frère du conquistador, est mort en montant à l'assaut. Chaque année au solstice de juin, la fête du soleil, l'Inti Raymi, est rejouée sur cette même esplanade.

      Le billet ouvre aussi Q'enqo, Puka Pukara et Tambomachay, plus haut sur la route, où les fontaines incas coulent toujours. Monter à pied depuis la ville le jour de l'arrivée est la faute classique : prendre un taxi, visiter, et ne redescendre qu'à pied.

      culture
      gratuit
    • Quartier de San Blas et pierre aux douze angles, Cusco, Pérou
      Quartier de San Blas et pierre aux douze angles Les ruelles à pic des artisans, bâties sur les fondations incas. Dans la rue Hatun Rumiyoc, un bloc unique taillé à douze angles s'emboîte parfaitement dans ses voisins — c'est la démonstration la plus courte de ce qu'était cette maçonnerie.
      En savoir plus

      Le mur de la rue Hatun Rumiyoc était celui d'un palais inca, réemployé tel quel comme soubassement du palais archiépiscopal : deux empires empilés, visibles d'un seul coup d'œil. La pierre aux douze angles appartient à l'appareil dit polygonal, où chaque bloc est taillé pour ses voisins et n'a pas de jumeau ailleurs. Un gardien empêche qu'on la touche, tant de mains l'usaient. Les guides en montrent d'autres à quelques rues, avec plus d'angles encore, devant lesquelles il n'y a personne.

      Elle est devenue un emblème au point de figurer sur l'étiquette de la bière locale, que tout le monde boit sans faire le rapprochement.

      Plus haut, l'église San Blas garde une chaire baroque sculptée dans un seul tronc de cèdre, d'une virtuosité qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le pays ; on dit que le crâne posé à son sommet est celui du sculpteur. Le quartier est à pic et l'on est à plus de trois mille mètres : monter en taxi et redescendre à pied épargne un effort inutile.

      marché
      gratuit
    • Qorikancha, le temple du Soleil, Cusco, Pérou
      Qorikancha, le temple du Soleil Le sanctuaire le plus riche de l'empire, dont les murs étaient couverts de plaques d'or, avec un couvent dominicain bâti dessus. Les séismes de 1650 et 1950 ont abattu l'église ; les murs incas n'ont pas bougé d'un millimètre et sont restés seuls debout.
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      Les murs qu'on longe étaient couverts de plaques d'or, et le jardin planté de maïs d'or et d'argent, tiges et épis, avec des lamas de métal grandeur nature. Les chroniqueurs racontent que des centaines de plaques ont été arrachées de ces parois pour remplir la salle de la rançon d'Atahualpa, à Cajamarca. Tout est parti en lingots. Ce qui reste est plus impressionnant encore : la maçonnerie, les niches trapézoïdales, et le mur courbe de l'abside, le plus bel arrondi que les Incas aient laissé.

      Le temple n'était pas qu'un sanctuaire, c'était le centre géométrique de l'empire. Une quarantaine de lignes imaginaires en partaient vers l'horizon, jalonnées de centaines de lieux sacrés, et chaque groupe de parenté avait la charge des siens à date fixe. Le calendrier et le cadastre tenaient dans ce réseau.

      Le couvent a son billet propre : il n'est pas compris dans le Boleto Turístico, contrairement à ce qu'on suppose souvent. Le musée de site voisin, lui, l'est.

      culture
      6 €

    Jour 7

    • Marché de San Pedro, Cusco, Pérou
      Marché de San Pedro La halle est de Gustave Eiffel, ce que personne ne remarque. On y trouve trois mille variétés de pommes de terre péruviennes en concentré, des jus de fruits pressés au comptoir, et le caldo de gallina qui sert de petit-déjeuner à l'altitude.
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      Le marché est rangé par métiers et se lit comme un plan : les jus pressés à l'entrée, puis les pains — dont les grandes miches plates cuites au four à bois d'Oropesa —, les fromages, les fruits, la viande, et au fond les herboristes avec leurs sacs de plantes sèches, leurs feuilles de coca et leurs amulettes. Les comptoirs à soupe forment un carré au centre.

      Sur les étals de tubercules, cherche les petits blocs blancs ou noirs, durs comme du bois : c'est du chuño. Les pommes de terre sont laissées geler la nuit, piétinées le jour pour en chasser l'eau, séchées au soleil, et l'opération recommence. Le produit se garde des années sans rien — c'est la façon dont l'Altiplano a résolu la conservation des aliments, bien avant nos congélateurs.

      C'est ici qu'on achète ses feuilles de coca et sa muña pour l'altitude, au poids et pour presque rien. Manger au comptoir le plus fréquenté, à l'heure où les Cusquéniens y sont, et garder son sac devant soi : le marché est aussi le terrain des pickpockets.

      marché
      gratuit

    28 € hébergement · 25 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel colonial à patio, 55 € la nuit.

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  8. Cusco → Lac Titicaca — Bus touristique avec arrêts, ou bus direct de nuit, 8 h, 42 € par personne.
  9. Lac Titicaca, Pérou

    05. Lac Titicaca

    J8 → J9 · 2 nuits · 180 € par personne

    3 830 m, îles flottantes et communautés quechuas

    Le plus haut lac navigable du monde, à 3 830 mètres, partagé avec la Bolivie. Les îles Uros sont faites de roseaux flottants qu'il faut renouveler tous les quinze jours. ⚠️ La nuit chez l'habitant à Amantani se fait sans eau chaude ni chauffage, par zéro degré — c'est l'expérience, mais il faut le savoir.

    En savoir plus sur Lac Titicaca

    Le Titicaca est le plus haut lac navigable du monde, à trois mille huit cent trente mètres, partagé entre le Pérou et la Bolivie. ⚠️ C'est le point le plus élevé du parcours et l'altitude s'y ressent davantage qu'à Cusco : Puno, la ville d'appui, est réputée peu accueillante à l'arrivée pour cette raison. Le soleil y est très agressif du fait de la finesse de l'atmosphère, et les nuits descendent régulièrement sous zéro en hiver austral.

    Les îles Uros sont des plates-formes flottantes en roseau totora, ancrées au fond, habitées par des familles qui doivent ajouter une couche de roseaux tous les quinze jours à trois semaines — le dessous pourrit en permanence. ⚠️ Le lieu est devenu très touristique et la visite est brève et commerciale ; l'île de Taquile, plus loin, garde une vie communautaire authentique avec son tissage classé par l'Unesco, où ce sont les hommes qui tricotent.

    ⚠️ La nuit chez l'habitant à Amantani est l'expérience marquante de l'étape, et il faut savoir ce qu'elle est : une chambre simple sans eau chaude ni chauffage, par des températures proches de zéro, avec des toilettes rudimentaires et un repas partagé à base de pommes de terre et de soupe. Les familles prêtent des couvertures épaisses. Ceux qui l'abordent comme une nuit d'hôtel en reviennent déçus ; ceux qui savent en gardent le meilleur souvenir du voyage.

    À table

    • Trucha du lac — la truite pêchée dans le lac, frite dans les restaurants de Puno et chez les familles des îles.
    • Ispi — les petits poissons du lac frits entiers, avec des pommes de terre et du maïs.
    • Chairo — la soupe épaisse de chuño, viande et légumes, plat des hauts plateaux contre le froid.
    • Chuño — la pomme de terre déshydratée au gel des nuits d'altitude, noire et légère, dans les soupes et les ragoûts.
    • Mate de muña — l'infusion de menthe andine des îles, contre l'altitude et la digestion.

    Jour 8

    • Îles Uros et île de Taquile, Lac Titicaca, Pérou
      Îles Uros et île de Taquile Les Uros vivent sur des îles de roseaux tressés qu'il faut recharger tous les quinze jours ; ils s'y étaient réfugiés pour échapper aux Incas. Taquile, plus loin, est une île où ce sont les hommes qui tricotent — un savoir-faire classé par l'Unesco, et le bonnet dit si l'homme est marié.
      En savoir plus

      Une île uros commence par des blocs de racines de totora, flottants par nature, arrimés entre eux et retenus par des ancres ; par-dessus, des couches de roseaux croisées, sans cesse renouvelées. Le sol est mou sous le pied, comme un matelas. Le roseau se mange aussi : on pèle la base tendre de la jeune pousse et on la mâche, et on l'applique sur une plaie ou une bosse. Le peuple uru parlait sa propre langue, aujourd'hui éteinte ; on parle aymara sur les îles.

      Les îles les plus proches de Puno reçoivent les bateaux à tour de rôle et la visite y est très rodée. Taquile est un autre monde : pas de véhicules, un artisanat vendu dans une boutique unique à prix fixé par la communauté, et un tourisme organisé par les habitants eux-mêmes depuis les années 1970.

      On raconte là-bas qu'un futur beau-père jugeait le prétendant en remplissant son bonnet d'eau : si le tricot fuyait, il n'était pas assez serré. Du débarcadère, un long escalier monte au village, et c'est l'effort le plus rude de la région — le prendre par petits bouts.

      culture
      26 €

    Jour 9

    • Puno et la marche au Condor, Lac Titicaca, Pérou
      Puno et la marche au Condor Puno est un port sans charme mais un vrai lieu de vie andin, capitale du folklore péruvien. La montée au mirador du Condor, six cents marches au-dessus de la ville, donne le lac entier et coupe le souffle pour deux raisons.
      En savoir plus

      Puno vit de son lac et de ses fêtes. En février, la Virgen de la Candelaria fait défiler des milliers de danseurs et des dizaines de fanfares pendant plusieurs jours : la diablada et ses masques de diables à cornes, brodés et perlés, sortent des ateliers de la ville, qu'on peut voir travailler le reste de l'année. La fête est inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco.

      Le vrai sujet, ici, c'est l'altitude. Puno est plus haut que Cusco, et l'aéroport voisin plus haut encore : un vol depuis Lima fait passer du niveau de la mer à près de quatre mille mètres sans transition, ce qui est la plus mauvaise façon d'arriver sur l'Altiplano. Beaucoup de voyageurs passent leur première nuit ici sans comprendre pourquoi ils sont malades.

      La parade est simple : s'acclimater à Cusco d'abord, puis descendre sur Puno. Sinon, premier jour au calme, infusion de coca, repas léger, pas d'alcool, et l'escalier du mirador remis au lendemain. Les hôtels disposent souvent d'oxygène, et le demander n'a rien d'excessif.

      marché
      gratuit
    • Tours funéraires de Sillustani, Lac Titicaca, Pérou
      Tours funéraires de Sillustani Des tours de pierre de douze mètres, les chullpas, dressées au bord d'une lagune sur un promontoire. Elles sont plus larges au sommet qu'à la base — une prouesse que les Incas n'ont pas su reproduire ailleurs, et les corps y étaient placés en position fœtale.
      En savoir plus

      Les chullpas ne sont pas des tombeaux individuels mais des caveaux de lignage : on y déposait les morts d'une même parenté, accroupis, enveloppés, avec de la nourriture et des objets. L'ouverture, une porte basse au ras du sol, est tournée vers le levant. Les plus belles ont été montées à l'époque inca, en blocs ajustés sans mortier, et l'une d'elles porte un lézard sculpté sur sa paroi.

      La difficulté technique saute aux yeux quand on lève la tête : la tour s'élargit vers le haut, chaque assise débordant sur la précédente, ce qui suppose de calculer la poussée à l'envers. Certaines sont restées inachevées, d'autres ont été éventrées par les pilleurs — et c'est par ces brèches qu'on voit le remplissage intérieur et la méthode de montage.

      Le promontoire est plus haut que Puno, entièrement nu, et le vent y souffle sans obstacle depuis la lagune. Bonnet et coupe-vent même sous le soleil, qui brûle très vite à cette altitude, et montée lente : la boucle de visite grimpe.

      culture
      8 €
    • Nuit chez l'habitant à Amantani, Lac Titicaca, Pérou
      Nuit chez l'habitant à Amantani Une île sans route, sans hôtel et sans électricité la nuit, où les familles reçoivent à tour de rôle. On monte au temple de Pachatata au coucher du soleil, à 4 150 m. C'est la meilleure façon de comprendre l'Altiplano, et il faut accepter le froid et la simplicité.
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      L'île porte deux sommets, Pachatata et Pachamama, le père et la mère, chacun coiffé d'une enceinte de pierre antérieure aux Incas. Les portes en restent fermées et ne s'ouvrent que pour la cérémonie annuelle. On monte le soir par des chemins de terre entre les murets et les cultures en terrasses ; il n'y a ni voiture ni éclairage public, donc rien pour gêner le ciel. La Voie lactée y est si dense que les Andins y lisent des figures dans les parties sombres plutôt que dans les étoiles : le lama, le renard, le crapaud.

      Le repas est celui de la famille : soupe de quinoa, pommes de terre, fromage, infusion de muña. La viande est rare et l'on ne sert pas d'alcool. Le cadeau le plus juste n'est pas de l'argent mais des denrées qui ne poussent pas ici — riz, sucre, huile, fruits.

      Il fait très froid dès que le soleil tombe et il n'y a pas de chauffage : lampe frontale, plusieurs couches, bonnet pour la nuit. Monter au temple lentement, en s'arrêtant souvent — on est plus haut qu'à Cusco et le souffle manque en quelques pas.

      culture
      22 €

    24 € hébergement · 22 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec vue sur le lac, 48 € la nuit.

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  10. Lac Titicaca → Canyon de Colca — Bus par l'Altiplano et le col de Patapampa, 6 h, 28 € par personne.
  11. Canyon de Colca, Pérou

    06. Canyon de Colca

    J10 · 1 nuit · 80 € par personne

    Deux fois le Grand Canyon, et des condors au petit matin

    Un canyon deux fois plus profond que le Grand Canyon, où les condors montent avec les premiers courants ascendants. ⚠️ Ils se voient entre 8 h et 10 h, et pas après : arriver à la Croix du Condor en fin de matinée, c'est ne rien voir. La route depuis Arequipa passe un col à 4 900 mètres.

    En savoir plus sur Canyon de Colca

    Le canyon de Colca atteint plus de trois mille quatre cents mètres de profondeur, soit environ deux fois le Grand Canyon, mais il ne lui ressemble pas : ses versants sont habités et cultivés en terrasses depuis l'époque préinca, et des villages coloniaux jalonnent la route. Ce n'est pas un désert, c'est une vallée agricole très encaissée.

    ⚠️ Les condors sont la raison de la venue, et leur observation obéit à un horaire strict. Ils quittent leurs perchoirs avec les premiers courants ascendants du matin et remontent le long des parois entre huit et dix heures environ ; passé cette fenêtre, ils sont partis chasser et l'on ne voit plus rien. Arriver à la Croix du Condor en fin de matinée, ce qui est la conséquence d'un départ tardif d'Arequipa, revient à faire cinq heures de route pour un point de vue vide.

    ⚠️ La route depuis Arequipa franchit le col de Patapampa à environ quatre mille neuf cents mètres, l'un des points routiers les plus élevés qu'un voyageur ordinaire traverse. On y descend de voiture pour la vue sur les volcans et les vigognes, et le souffle manque immédiatement à ceux qui ne sont pas acclimatés — quelques minutes suffisent, il ne faut pas y traîner ni s'y agiter. Les sources thermales de La Calera, à Chivay, sont le bon endroit pour finir la journée.

    À table

    • Colca sour — le pisco sour préparé avec le sancayo, le fruit acide d'un cactus du canyon, dans les bars de Chivay.
    • Trucha — la truite des rivières du canyon, sur les tables de Chivay et de Cabanaconde.
    • Cuy chactado — le cochon d'Inde aplati et frit, à la mode d'Arequipa, dans les restaurants de la vallée.
    • Sopa de quinua — la soupe de quinoa et de légumes des auberges, contre le froid des nuits d'altitude.
    • Pain de Cabanaconde — cuit au four à bois du village, dense, au petit-déjeuner avant la descente au canyon.

    Jour 10

    • Croix du Condor au lever du jour, Canyon de Colca, Pérou
      Croix du Condor au lever du jour Les condors des Andes remontent le canyon sur les courants chauds entre 8 h et 10 h, à quelques mètres du belvédère — trois mètres d'envergure, et ils ne battent presque jamais des ailes. ⚠️ Le montant est le boleto turístico du Colca, obligatoire pour entrer dans la vallée.
      En savoir plus

      Le condor des Andes est un charognard, et l'un des oiseaux volants les plus lourds du monde : il ne peut pas décoller à la seule force des ailes et attend que le soleil chauffe les parois du canyon pour se laisser porter par l'air qui monte. C'est pourquoi il ne bat presque jamais des ailes, et pourquoi il n'apparaît qu'à un moment précis de la matinée. Les oiseaux bruns sont des jeunes ; les adultes portent une collerette blanche, et les mâles une crête charnue sur le bec.

      L'espèce se reproduit très lentement, un œuf par couvée et pas tous les ans, ce qui rend chaque population fragile. Le canyon qui les abrite est plus profond que le Grand Canyon, et il n'est même pas le plus profond du Pérou : le Cotahuasi voisin l'est davantage.

      Rien n'est garanti — certains jours ils ne viennent pas, surtout par temps couvert. Les cars arrivent tous ensemble au belvédère principal ; en marchant quelques centaines de mètres le long de la crête, on trouve d'autres points de vue presque vides. Il gèle avant le lever du jour.

      nature
      16 €
    • Villages coloniaux et terrasses préincas, Canyon de Colca, Pérou
      Villages coloniaux et terrasses préincas Yanque, Maca, Pinchollo : des églises baroques du XVIIe siècle en sillar blanc, chacune dans un village de mille habitants. Les terrasses agricoles autour datent d'avant les Incas et sont toujours cultivées, ce qui n'est plus le cas nulle part ailleurs au Pérou.
      En savoir plus

      Deux peuples se partagent la vallée depuis avant les Incas, les Collaguas en amont et les Cabanas en aval, et cela se voit encore au chapeau des femmes : chapeau de paille rigide et brodé d'un côté, bonnet de tissu couvert de broderies et de paillettes de l'autre. Ils se distinguaient autrefois par la forme du crâne, qu'ils déformaient dès l'enfance, chacun à sa manière.

      Sur la place de Yanque, au matin, des danseurs exécutent le wititi : les hommes y portent deux jupes de femme superposées, en souvenir d'une ruse de guerre qui aurait permis d'entrer dans un village rival. La danse est inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco. Les églises sont bâties en sillar blanc comme à Arequipa ; celle de Maca a été relevée plusieurs fois, le village étant adossé au Sabancaya.

      Les canaux qui irriguent les terrasses sont curés collectivement chaque année avant les pluies : c'est cette corvée, et non la pierre, qui explique qu'elles soient toujours cultivées. Sur les places, on demande une pièce pour photographier un aigle ou un lama — convenir du montant avant de déclencher.

      culture
      gratuit

    25 € hébergement · 24 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel de vallée avec chauffage, 50 € la nuit.

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  12. Canyon de Colca → Arequipa — Descente de la vallée vers Arequipa, 3 h 30, 12 € par personne.
  13. Arequipa, Pérou

    07. Arequipa

    J11 → J12 · 2 nuits · 152 € par personne

    La ville blanche en pierre volcanique, sous le Misti

    La deuxième ville du pays, bâtie en sillar, une pierre volcanique blanche qui lui donne son surnom, sous trois volcans dont le Misti. À 2 300 mètres, elle sert de palier d'acclimatation. Le monastère Santa Catalina est une ville dans la ville, vingt mille mètres carrés de ruelles colorées.

    En savoir plus sur Arequipa

    Arequipa est la deuxième ville du pays et la plus élégante, bâtie presque entièrement en sillar, une pierre volcanique blanche et poreuse qui lui vaut son surnom de ville blanche. Trois volcans la dominent, dont le Misti, cône presque parfait à cinq mille huit cents mètres, visible depuis la plupart des rues.

    À deux mille trois cents mètres, elle constitue un palier d'acclimatation utile entre la côte et les hauteurs, plus doux que Cusco. Le climat y est sec et ensoleillé toute l'année, et la cuisine arequipeña y est une fierté locale distincte de celle de Lima, avec ses picanterías traditionnelles.

    Le monastère Santa Catalina est la visite majeure : une ville dans la ville, vingt mille mètres carrés fermés au monde extérieur pendant quatre siècles, avec ses rues, ses places et ses cellules peintes en rouge ocre et bleu indigo. Les religieuses y vivaient avec leurs domestiques dans un luxe qui a fini par provoquer une réforme imposée par Rome. ⚠️ Compter deux heures et venir en fin d'après-midi, quand la lumière rase les murs colorés. Le musée des Sanctuaires andins conserve Juanita, une jeune fille inca sacrifiée vers 1450 et retrouvée congelée à six mille mètres en 1995 ; le corps est exposé dans une vitrine réfrigérée, ce qui met certains visiteurs mal à l'aise.

    À table

    • Rocoto relleno — le gros piment rouge farci de viande, gratiné, servi avec un gratin de pommes de terre, le plat de la ville.
    • Chupe de camarones — la soupe épaisse aux écrevisses de rivière, lait, œuf et fromage, dans les picanterías.
    • Adobo arequipeño — le porc mariné dans la chicha et le piment, mijoté toute la nuit, le plat du dimanche matin.
    • Queso helado — le dessert glacé au lait, coco et cannelle, vendu à la cuillère sur la place d'Armes.
    • Picanterías — les restaurants populaires de midi, plats du jour copieux et chicha, la tradition de la ville.

    Jour 11

    • Monastère Santa Catalina, Arequipa, Pérou
      Monastère Santa Catalina Une ville dans la ville : vingt mille mètres carrés de ruelles peintes en ocre et bleu indigo, fermées au monde pendant quatre siècles. Les religieuses y venaient avec leurs domestiques et leur porcelaine — la réforme de 1871 y a mis fin, et ouvert les portes en 1970.
      En savoir plus

      Les rues portent des noms de villes espagnoles — Séville, Cordoue, Tolède, Grenade — et se croisent comme dans un vrai quartier, avec des places, une fontaine et un lavoir commun fait de grandes jarres coupées en deux. Chaque cellule est un petit appartement : chambre, cuisine à charbon, cour privée. Les religieuses venaient des grandes familles, apportaient une dot et le personnel qui allait avec ; certaines recevaient des musiciens.

      Le monastère a été fondé en 1579 par une riche veuve. Il a fallu que Rome s'en mêle pour que ce train de vie cesse : une dominicaine venue d'Europe a renvoyé les domestiques, libéré les esclaves et rendu aux familles celles qui souhaitaient partir. Une communauté vit encore aujourd'hui dans une aile fermée aux visiteurs.

      L'endroit est vaste et l'on s'y perd volontiers, ce qui est la bonne façon de le parcourir. Certains soirs, il se visite à la bougie, sans électricité : c'est le seul moment où l'on voit les ocres et les bleus éclairés comme ils l'étaient.

      culture
      9 €
    • Momie Juanita au musée des Sanctuaires andins, Arequipa, Pérou
      Momie Juanita au musée des Sanctuaires andins Une adolescente sacrifiée vers 1450 au sommet de l'Ampato à 6 300 m, retrouvée congelée en 1995 après qu'une éruption a fait fondre la glace. La conservation est telle que ses organes et son dernier repas ont pu être analysés. Visite guidée obligatoire.
      En savoir plus

      Elle n'a pas été mise au jour par une fouille mais par un volcan : les cendres du Sabancaya en éruption ont noirci la calotte de l'Ampato, qui a fondu, et le fagot funéraire a basculé vers le cratère. Johan Reinhard et Miguel Zárate l'ont ramassé au sol. Le froid avait tout gardé — la peau, les cheveux tressés, les tissus, les organes, et jusqu'au contenu de l'estomac.

      La capacocha était le sacrifice le plus solennel de l'empire. Des enfants sans défaut étaient choisis dans les provinces, menés à Cusco, fêtés, puis conduits en procession jusqu'à un sommet, où on leur donnait de la chicha et de la coca avant la mise à mort — d'un coup à la tête, ici. Les analyses de cheveux des momies andines montrent un changement d'alimentation dans les derniers mois de leur vie : ces enfants étaient nourris autrement dès leur désignation. Le rite scellait l'allégeance d'une province.

      La salle est réfrigérée et l'on visite en groupe, après un film. Selon la période de l'année, c'est une autre momie de la collection qui est présentée à sa place, le temps de sa conservation.

      culture
      5 €
    • Plaza de Armas et cathédrale de sillar, Arequipa, Pérou
      Plaza de Armas et cathédrale de sillar Tout est bâti en sillar, la pierre ponce blanche des volcans voisins — d'où le nom de ville blanche, et une luminosité qui n'existe nulle part ailleurs au Pérou. La cathédrale occupe un côté entier de la place, ce qui est unique dans le pays.
      En savoir plus

      Le sillar est une roche volcanique tendre, qu'on scie plus qu'on ne la taille : c'est ce qui a permis aux sculpteurs de creuser des façades entières de fleurs, de grappes, de pumas et de sirènes — le baroque métis, où les motifs andins se glissent dans le répertoire européen. Le meilleur exemple n'est pas la cathédrale mais l'église de la Compagnie, à l'angle de la place, et sa chapelle San Ignacio dont la voûte est peinte de plantes et d'oiseaux tropicaux.

      La cathédrale, elle, a beaucoup souffert : incendiée au XIXᵉ siècle, ébranlée par plusieurs séismes, elle a perdu une de ses deux tours en 2001, effondrée devant les caméras et rebâtie depuis. À l'intérieur, un orgue venu de Belgique et une chaire sculptée en France, portée par un diable enchaîné qu'on regarde plus longtemps que le reste.

      La pierre blanche renvoie une lumière très dure en milieu de journée ; la place est bien plus agréable en fin d'après-midi. Les étages des arcades abritent des terrasses d'où l'on voit les volcans par-dessus les toits.

      culture
      4 €

    Jour 12

    • Mirador de Yanahuara et cuisine arequipeña, Arequipa, Pérou
      Mirador de Yanahuara et cuisine arequipeña Des arches de sillar encadrant le volcan Misti, à vingt minutes à pied du centre. Arequipa revendique sa propre cuisine, servie dans des picanterías : rocoto relleno, piment farci qui pique vraiment, et chupe de camarones, soupe d'écrevisses de rivière.
      En savoir plus

      Les arches du mirador portent gravées des phrases d'Arequipéniens illustres, et elles disent bien l'état d'esprit local : la ville se pense à part, s'est soulevée plus souvent qu'à son tour contre Lima, et plaisante volontiers sur sa république indépendante et son drapeau. Yanahuara était un village avant d'être absorbé par la ville ; il a gardé sa place et son église.

      La picantería n'est pas un restaurant ordinaire, c'est une institution reconnue patrimoine culturel du pays : on y sert la chicha de maïs fermenté, et chaque jour de la semaine a son plat, dans un ordre qui ne bouge pas. Le rocoto a l'air d'un poivron et pique comme un piment fort ; on le blanchit plusieurs fois avant de le farcir, faute de quoi il est immangeable. Les écrevisses du chupe viennent des rivières voisines et connaissent une saison de fermeture pendant laquelle on n'en sert nulle part.

      Les picanterías sont des tables de midi et ferment tôt : y aller le soir, c'est trouver porte close. Le dimanche matin, on y mange l'adobo, porc mariné dans la chicha.

      marché
      12 €

    25 € hébergement · 24 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel colonial à patio, 50 € la nuit.

    Voir les hébergements à Arequipalien affilié

  14. Arequipa → Paracas et Huacachina — Vol Arequipa → Lima, puis bus vers la côte sud, 5 h 30, 105 € par personne.
  15. Paracas et Huacachina, Pérou

    08. Paracas et Huacachina

    J13 → J14 · 2 nuits · 162 € par personne

    Désert contre Pacifique, otaries et dunes

    Le désert tombe directement dans le Pacifique, et la réserve abrite otaries, manchots de Humboldt et flamants. Les îles Ballestas se visitent en bateau, tôt le matin. Huacachina, à une heure, est une oasis entourée de dunes de cent mètres où l'on descend en buggy et en planche.

    En savoir plus sur Paracas et Huacachina

    Paracas est l'endroit où le désert côtier tombe directement dans le Pacifique : une réserve nationale de falaises ocre et de plages désertes, sans un arbre, balayée par un vent quotidien qui se lève en début d'après-midi. Le courant froid de Humboldt remonte des eaux riches en nutriments, ce qui explique une concentration de vie animale inattendue dans un tel paysage.

    Les îles Ballestas se visitent en bateau, sans débarquement, et abritent des colonies d'otaries, de manchots de Humboldt, de fous et de cormorans par dizaines de milliers. ⚠️ Les sorties partent tôt le matin, avant que le vent ne rende la mer difficile, et il n'y a pas de départ l'après-midi. Prévoir un coupe-vent et accepter les fientes : les îles ont été exploitées pour le guano pendant tout le XIXᵉ siècle.

    Huacachina, à une heure au sud près d'Ica, est une véritable oasis — un plan d'eau naturel entouré de palmiers, cerné par des dunes de plus de cent mètres. On y descend en buggy tout-terrain, conduit vite et de façon acrobatique, puis en planche à sable sur le ventre. ⚠️ C'est plus impressionnant qu'il n'y paraît et il n'y a pas de ceinture sur certains engins ; les sorties partent en fin d'après-midi pour finir au coucher du soleil. Le survol des lignes de Nazca se fait depuis Pisco ou Nazca et provoque souvent la nausée.

    À table

    • Pisco — l'eau-de-vie de raisin des bodegas d'Ica, visite et dégustation dans les caves de la vallée.
    • Tejas — les confiseries d'Ica, noix de pécan ou fruits confits enrobés de manjar blanco et de sucre glace.
    • Ceviche de Paracas — le poisson des barques du port, mariné au citron vert dans les restaurants du front de mer.
    • Conchas a la parmesana — les coquilles Saint-Jacques gratinées au parmesan, spécialité de la baie.
    • Vin d'Ica — les vins doux des vignobles du désert, dans les bodegas de la route de Huacachina.

    Jour 13

    • Îles Ballestas en bateau, Paracas et Huacachina, Pérou
      Îles Ballestas en bateau Des colonies de milliers d'otaries, de manchots de Humboldt et de fous à pieds bleus sur des îlots rocheux. Le guano y était si précieux au XIXe siècle qu'il a financé une partie du budget de l'État péruvien. On ne débarque pas : deux heures depuis le bateau.
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      Le courant de Humboldt fait de cette côte l'une des mers les plus poissonneuses du monde : les anchois y pullulent, et avec eux les oiseaux, par centaines de milliers. Ce sont les cormorans guanay qui produisent l'essentiel du guano. Les manchots de Humboldt, eux, creusaient leur nid dans la couche d'excréments, et son exploitation leur a pris leurs terriers. Quant aux fous à pieds bleus, ils doivent la couleur de leurs pattes aux pigments du poisson qu'ils avalent : plus elles sont vives, meilleur est le pêcheur, et c'est précisément ce qu'ils exhibent en dansant.

      Le guano est encore récolté à la main, à la pelle, par des équipes qui campent sur les îles le temps de la campagne. Les années El Niño, l'eau se réchauffe, les anchois s'enfoncent ou disparaissent, et les colonies s'effondrent — le cycle est connu et il recommence.

      Le bateau passe devant le Candélabre, immense dessin gravé dans une pente face à la mer, dont on ne sait ni l'âge ni l'usage. Départs le matin seulement, la mer se lève l'après-midi. Casquette obligatoire sous les colonies.

      nature
      17 €
    • Réserve nationale de Paracas, Paracas et Huacachina, Pérou
      Réserve nationale de Paracas Un désert de sable rouge qui tombe droit dans le Pacifique, sans transition et sans végétation. La Playa Roja doit sa couleur à la lave érodée des falaises. Aucun point d'eau : emporter tout ce qu'on boit.
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      Le nom vient du vent : la paraca se lève dans l'après-midi et soulève le sable en rideaux, ce qui rend la visite du matin bien plus confortable. La péninsule est un désert absolu posé sur une mer glacée et grouillante — le courant de Humboldt fait remonter des eaux froides et chargées, d'où les flamants roses de la baie et les colonies d'oiseaux. La tradition veut que San Martín, voyant ces flamants blancs et rouges, y ait pris les couleurs du drapeau péruvien.

      C'est ici qu'a vécu la culture Paracas, dont on a sorti dans les années 1920 des centaines de fardeaux funéraires enveloppés de manteaux brodés, aujourd'hui à Lima. Les mêmes tombes ont livré des crânes trépanés dont les os avaient repris autour de l'ouverture : les patients survivaient à l'opération.

      Le paysage bouge encore. La Catedral, arche rocheuse qui était l'attraction du parc, s'est effondrée lors du séisme de 2007. Pistes en terre, pas d'ombre, pas d'eau, et un vent qui rend la journée plus fraîche qu'elle n'en a l'air : le coup de soleil se prend sans le sentir.

      nature
      3 €

    Jour 14

    • Buggy et sandboard à Huacachina, Paracas et Huacachina, Pérou
      Buggy et sandboard à Huacachina Une oasis avec palmiers et lagune, cernée de dunes de deux cents mètres — la seule oasis naturelle d'Amérique du Sud, et elle est aujourd'hui alimentée artificiellement. Le buggy monte les crêtes, on redescend sur une planche. Secoué, poussiéreux, très amusant.
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      L'oasis a été la villégiature chic des Péruviens dans les années quarante : on venait s'y baigner pour les vertus prêtées à l'eau. Le niveau a baissé à mesure que les puits d'Ica pompaient la nappe, et la lagune est aujourd'hui maintenue par apport d'eau. Autour, quelques hôtels, des palmiers, et plus rien que du sable jusqu'à l'horizon.

      La légende locale veut qu'une princesse, surprise au bain par un chasseur, ait pris la fuite en laissant tomber son manteau : le tissu serait devenu la lagune, et elle une sirène qui l'habite encore. Le désert d'Ica abrite par ailleurs quelques-unes des plus hautes dunes du monde, dont le Cerro Blanco, du côté de Nazca.

      Le buggy est une attraction, pas un transport : montées à pic, descentes brutales, cahots secs. Boucler le harnais et le vérifier soi-même. Sur la planche, on descend à plat ventre, tête la première, les coudes servant de frein. Le sable entre partout — laisser l'appareil photo dans un sac fermé et vider ses poches avant de partir.

      nature
      14 €

    26 € hébergement · 24 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine à Paracas, 52 € la nuit.

    Voir les hébergements à Paracas et Huacachinalien affilié

Le budget de ces 14 jours

1 521 € par personne pour 14 jours, soit 109 € / jour. À deux, 3 042 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement380 €25 %
Repas344 €23 %
Transport sur place205 €13 %
Vols intérieurs et billets327 €21 %
Activités265 €17 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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