Provence en 10 jours : l'itinéraire jour par jour
1 282 € par personne sur place pour 10 jours, soit 128 € / jour — en 5 étapes, d’Avignon à Marseille et les Calanques. En passant par Luberon, Gorges du Verdon et Aix-en-Provence.
Autres durées : 5 jours · deux semaines · toutes les étapes de Provence
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Trains
Arrivée à gare Avignon TGV (AVN), retour depuis Marseille Saint-Charles (MRS) — prends deux billets simples plutôt qu'un aller-retour.
Le trajet depuis chez toi n'est pas compté dans ce budget : il dépend de ta date et de ta gare de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Avignon
J1 → J2 · 2 nuits · 257 € par personne
Le palais des papes, les remparts et le Rhône
Une ville enfermée dans quatre kilomètres de remparts, où les papes ont régné soixante-dix ans, laissant le plus grand palais gothique d'Europe. ⚠️ En juillet, le Festival remplit la ville et triple les prix d'hébergement. C'est le point d'arrivée en TGV du parcours, à moins de trois heures de Paris.
En savoir plus sur Avignon
Avignon tient dans quatre kilomètres de remparts encore complets, ce qui en fait l'un des rares ensembles fortifiés urbains intacts de France. La ville a été capitale de la chrétienté pendant près de soixante-dix ans au XIVᵉ siècle, quand neuf papes y ont résidé, et il en reste le plus grand palais gothique d'Europe — quinze mille mètres carrés, dont on visite une vingtaine de salles largement vides, les meubles ayant disparu à la Révolution.
⚠️ Le mois de juillet est un cas à part. Le Festival et son off remplissent la ville de spectacles, de tracts et de public : les prix d'hébergement triplent, les restaurants sont pleins, et il faut réserver des mois à l'avance. C'est une expérience remarquable ou un enfer, selon ce qu'on vient chercher, mais cela ne se découvre pas sur place.
C'est le point d'arrivée en train du parcours : la gare TGV met Paris à moins de trois heures, et une navette la relie au centre en quelques minutes. ⚠️ Le stationnement intra-muros est difficile et cher ; les parkings gratuits de l'île Piot et des Italiens, avec navette fluviale, sont la solution locale. Le pont Saint-Bénézet, celui de la chanson, ne compte plus que quatre arches sur vingt-deux — on ne danse pas dessus mais dessous, sur l'île, selon la version qu'en donnent les historiens.
À table
- Papalines d'Avignon — les chocolats roses fourrés d'une liqueur d'origan du Comtat, créés par les confiseurs de la ville en hommage aux papes.
- Daube provençale — le bœuf mariné au vin rouge et mijoté des heures avec olives et zeste d'orange, servi avec des macaronis ou une polenta.
- Tapenade — les olives noires pilées avec câpres et anchois, à tartiner sur du pain grillé, au comptoir des Halles.
- Tian de légumes — courgettes, aubergines et tomates rangées en rosace et cuites lentement au four dans le plat en terre.
- Châteauneuf-du-Pape — le rouge des galets roulés à un quart d'heure de la ville, treize cépages autorisés, le vin des papes.
Jour 1
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Palais des Papes Le plus grand palais gothique du monde, bâti en vingt ans quand la papauté a quitté Rome pour Avignon au XIVe siècle. Quinze mille mètres carrés presque vides — la Révolution en a tout retiré — mais les fresques des appartements privés du pape sont restées. ⚠️ 14,50 € de mai à juillet, 16 € ensuite ; le billet couplé avec le pont coûte 19,50 €.16 €cultureEn savoir plus
Ce sont deux palais collés l'un à l'autre, et on passe de l'un à l'autre sans s'en rendre compte. Celui de Benoît XII est cistercien : murs nus, angles droits, austérité de moine. Celui de Clément VI, son successeur, est une cour princière — plafonds peints, chapelle immense, tours de guet. Le contraste raconte deux idées opposées de ce qu'un pape devait être, bâties à vingt ans d'intervalle.
Les grandes salles sont vides parce qu'on les a vidées, mais aussi parce que le bâtiment a servi de caserne pendant près d'un siècle après la Révolution : les murs ont été blanchis et des fresques ont été découpées pour être revendues. Ce qui a survécu tient dans les pièces privées, et surtout dans la chambre du Cerf, où Clément VI s'est fait peindre des scènes de chasse, de pêche et de bain. Pas un saint, pas une croix : rien que le plaisir d'un seigneur.
Des dispositifs numériques remeublent les salles au fil du parcours, ce qui évite l'impression de traverser un hangar de pierre. Monter jusqu'aux terrasses : la vue prend le Rhône, les arches du pont et, en face, le fort Saint-André sur sa colline.
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Pont du Gard Quarante-neuf mètres de haut, trois niveaux d'arches, posés sans mortier vers l'an 50 pour faire passer un aqueduc de cinquante kilomètres. Sa pente est de 25 cm par kilomètre — une précision que les Romains ont tenue sur toute la longueur. ⚠️ Le tarif est par véhicule, jusqu'à cinq personnes.4 €cultureEn savoir plus
Trois rangs d'arches, et pas une goutte d'eau visible : le canal est tout en haut, sous des dalles, dans un couloir où un homme tient debout. Les parois y sont tapissées d'une croûte de calcaire déposée par l'eau, si épaisse par endroits qu'elle a fini par étrangler le conduit. C'est l'entartrage, plus que les invasions, qui a tué cet aqueduc.
Les blocs, jusqu'à six tonnes, ont été montés sans mortier. Regarder les piles : des pierres saillent de la maçonnerie à intervalles réguliers. Ce ne sont pas des accidents, ce sont les corbeaux qui portaient les échafaudages, laissés en place au cas où il faudrait revenir. On lit encore, gravées dans la pierre, des marques de chantier et des indications de montage laissées par les équipes.
Le tablier plat accolé au premier niveau n'est pas romain : c'est un pont routier ajouté au XVIIIᵉ siècle, et c'est par là qu'on traverse aujourd'hui à pied. Les deux rives se visitent et un musée complète la promenade. La baignade dans le Gardon, en aval, est autorisée — c'est depuis l'eau qu'on prend la mesure de la hauteur.
Jour 2
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Pont Saint-Bénézet et remparts Il reste quatre arches sur vingt-deux : le Rhône a emporté les autres, reconstruites puis abandonnées au XVIIe siècle. On n'y a jamais dansé « sur » le pont mais « sous », sur l'île de la Barthelasse, où se tenaient les guinguettes.5 €cultureEn savoir plus
Le pont ne mène nulle part, et c'est la seule chose que tout le monde en sait. Ce qu'on remarque moins : sur la deuxième pile, une chapelle à deux étages, l'une au niveau du fleuve, l'autre au-dessus du tablier. Elle a abrité la tombe de Bénézet, le berger qui, dit la légende, souleva devant témoins un bloc que personne ne bougeait, pour prouver que Dieu voulait ce pont.
D'un bout à l'autre du Rhône, il faisait près d'un kilomètre et il a longtemps été le seul passage sur le fleuve entre Lyon et la mer. L'eau l'a emporté, on l'a relevé, elle l'a repris, jusqu'à ce qu'on renonce à le reconstruire. Ce n'est pas une ruine de guerre, c'est une ruine d'entretien.
Les remparts, eux, paraissent bas : leur fossé a été comblé et une partie de leur hauteur est sous le trottoir. Ils ceinturent encore toute la vieille ville, sans interruption. Et pour voir le pont en entier, il ne faut pas être dessus : le jardin du rocher des Doms, au-dessus du palais, le cadre avec le Rhône, l'île en face et le Ventoux au fond.
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Villeneuve-lès-Avignon et fort Saint-André De l'autre côté du Rhône, la ville où les cardinaux s'étaient fait bâtir des livrées pour échapper à la promiscuité d'Avignon. Le fort domine les deux villes, et c'est de là qu'on comprend la géographie du pouvoir de l'époque.7 €cultureEn savoir plus
Le Rhône était une frontière : Avignon au pape, Villeneuve au roi de France. Tout ce qui a été bâti ici l'a été pour se regarder en face. La tour Philippe-le-Bel garde la tête du pont côté royal ; le fort Saint-André, sur sa colline, est une forteresse française plantée à portée de vue du palais pontifical, avec une porte encadrée de deux tours jumelles qu'on distingue depuis l'autre rive.
Les cardinaux, eux, ont fait le chemin inverse : ils se sont fait bâtir de ce côté-ci du fleuve des résidences, les livrées, pour échapper à l'entassement d'Avignon. La chartreuse du Val de Bénédiction, fondée par l'un d'eux devenu pape, est l'une des plus vastes de France : chaque cellule ouvre sur son propre jardin clos, et l'on comprend en les parcourant ce que voulait dire vivre seul à plusieurs.
Le musée municipal garde le Couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton, peint en 1454 — et, chose rare, le contrat qui dictait au peintre ce qu'il devait représenter a été conservé. À l'intérieur de l'enceinte du fort, l'abbaye et ses jardins en terrasses ont leur propre billet. Monter en fin de journée : le soleil se couche derrière, et c'est Avignon qui s'éclaire.
48 € hébergement · 40 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans les remparts, 95 € la nuit.
- Avignon → Luberon — voiture, via Dentelles et Ventoux, 1 h 45, 30 € par personne.
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02. Luberon
J3 → J4 · 2 nuits · 248 € par personne
Villages perchés, ocre rouge et lavande
Une trentaine de villages perchés sur trente kilomètres, entre les ocres de Roussillon et les champs de lavande. ⚠️ La lavande ne fleurit que de fin juin à mi-juillet, et Sénanque est coupée par la récolte début juillet. Se garer dans les villages est le vrai problème de la journée en été.
En savoir plus sur Luberon
Le Luberon est un massif de trente kilomètres bordé d'une trentaine de villages perchés, chacun sur son éperon, et c'est la densité qui fait l'intérêt : Gordes, Roussillon, Bonnieux, Ménerbes et Lacoste sont à quelques minutes les uns des autres. Le versant nord, plus frais et plus boisé, n'a rien à voir avec le versant sud, sec et méditerranéen.
Roussillon est bâti sur un gisement d'ocre exploité jusqu'aux années 1930, et le Sentier des Ocres traverse d'anciennes carrières aux dix-sept nuances de jaune, d'orange et de rouge. ⚠️ La poussière d'ocre tache durablement les chaussures et les vêtements clairs — c'est écrit à l'entrée et beaucoup de visiteurs l'apprennent après.
⚠️ La lavande ne fleurit que de fin juin à mi-juillet, et cette fenêtre est plus courte que ce que suggèrent les images qui circulent toute l'année. L'abbaye de Sénanque, la plus photographiée, fait faucher son champ dès le début de juillet : venir mi-juillet, c'est trouver des rangs coupés. Le plateau de Valensole, plus haut et plus tardif, fleurit un peu plus longtemps. ⚠️ Le vrai problème de la journée en été est le stationnement : les villages perchés ont des parkings minuscules, saturés dès dix heures, et les rues sont trop étroites pour faire demi-tour. Arriver tôt est la seule méthode qui marche.
À table
- Fruits confits d'Apt — la capitale mondiale du fruit confit, cerises, melons et abricots passés dans les sirops pendant des semaines.
- Melon de Cavaillon — le charentais orangé et parfumé, mangé au couteau ou avec une tranche de jambon cru, de juin à septembre.
- Banon — le petit chèvre affiné emballé dans des feuilles de châtaignier liées au raphia, sur les marchés de Lourmarin et d'Apt.
- Huile d'olive du Luberon — celle des moulins d'Oppède, de Ménerbes ou de Cucuron, sur une tranche de pain de campagne.
- Vins du Luberon — rosés et rouges des coteaux entre Bonnieux et Lourmarin, à goûter au domaine.
Jour 3
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Gordes et le village des Bories Un village entier bâti en pierre sèche grise, empilé sur un éperon face au Luberon. En contrebas, une vingtaine de cabanes de pierre sans mortier — les bories — servaient de bergeries et d'abris de vigne jusqu'au XIXe siècle. La vue d'arrivée par la D15 est le cliché le plus reproduit de Provence.8 €cultureEn savoir plus
Gordes est gris. Pas ocre, pas doré : gris, parce que tout — maisons, murs, toits, calades — est fait de la même pierre calcaire locale, posée sans enduit. Le village s'enroule autour de son château Renaissance en descendant l'éperon par paliers, et les ruelles passent sous des passages voûtés qui servaient aussi à contreventer les façades.
Ce qu'on voit est en partie une reconstruction. En août 1944, en représailles d'une action du maquis, l'armée allemande a dynamité une partie du village ; Gordes a reçu la Croix de guerre et s'est relevée lentement, aidée par des artistes venus s'y installer. Vasarely a occupé le château pendant des années et y a tenu un musée.
Les bories, en contrebas, ne sont pas préhistoriques malgré ce que leur allure suggère : la plupart datent du XVIIIᵉ et du XIXᵉ siècle. Elles sont bâties en encorbellement, chaque pierre débordant légèrement sur la précédente, sans une goutte de mortier, et elles tiennent toujours. Le belvédère célèbre de la D15 n'est qu'un élargissement en virage : s'arrêter sur la chaussée y est dangereux, et se fait beaucoup. Le parking du village est loin et payant.
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Sentier des Ocres de Roussillon Un ancien site d'extraction d'ocre transformé en parcours de trente minutes entre des cheminées de fée rouges, orange et violettes — dix-sept nuances recensées. ⚠️ Ne pas venir en blanc : la poussière d'ocre ne part pas au lavage, et c'est écrit à l'entrée.4 €natureEn savoir plus
L'ocre n'est pas une pierre teinte : c'est un sable argileux coloré par des oxydes de fer, jaune quand le fer est hydraté, rouge quand il ne l'est plus. Sur le sentier on passe des uns aux autres en quelques pas, entre des colonnes rongées par la pluie. Le sol est du sable, pas de la roche : il crisse, il glisse dans les descentes, et il vole dès qu'il y a du vent.
L'exploitation industrielle est née ici à la fin du XVIIIᵉ siècle, quand un habitant de Roussillon, Jean-Étienne Astier, a mis au point le lavage qui sépare le pigment du sable. L'ocre est partie dans le monde entier jusqu'à ce que les colorants de synthèse la remplacent. À l'ancienne usine Mathieu, en contrebas du village, les bassins de décantation, les fours et les briques d'ocre séchées sont restés en place : on y comprend en une visite ce que le sentier montre sans l'expliquer.
Les mêmes falaises continuent à Rustrel, plus vastes et plus sauvages, sans billet ni parcours balisé. Le sentier de Roussillon, lui, se parcourt dans un sens imposé et n'est pas praticable en poussette : marches, sable meuble, passages étroits.
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Villages du versant sud : Bonnieux, Lacoste, Ménerbes Trois villages en enfilade sur la même corniche. Lacoste porte les ruines du château du marquis de Sade, racheté par Pierre Cardin ; Ménerbes est celui de Peter Mayle, dont le livre a fait connaître le Luberon au monde anglophone en 1989 — pour le meilleur et pour le pire.gratuitmarchéEn savoir plus
Les trois villages tiennent sur la même corniche et se voient l'un l'autre, mais ils n'ont ni la même pierre ni la même histoire. Bonnieux est le plus vertical : son vieux village se gagne par des escaliers, et sa vieille église plantée sous des cèdres domine tout le Luberon. Au-dessus, sur la crête, la forêt de cèdres de l'Atlas a été semée dans les années 1860 à partir de graines rapportées d'Algérie — un boisement entièrement artificiel, devenu la promenade la plus fraîche du massif.
Lacoste est d'un seul tenant, en pierre claire, dominé par les ruines du château de Sade. Une école d'art américaine y possède aujourd'hui une bonne partie des maisons et y installe ses étudiants : cela donne au village une population saisonnière étrange et des ateliers dans les caves. Ménerbes, plus loin, a hébergé Dora Maar dans une maison achetée par Picasso, et Nicolas de Staël dans ses dernières années.
Chaque village a son matin de marché, et jamais le même jour. Quant à la crête boisée au-dessus, elle est fermée par arrêté préfectoral les jours de risque incendie, carte publiée la veille en fin d'après-midi : la route des cèdres est alors barrée, et on ne discute pas avec une barrière.
Jour 4
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Abbaye Notre-Dame de Sénanque Une abbaye cistercienne de 1148 au fond d'un vallon, avec son champ de lavande devant — la photo de toutes les couvertures. Des moines y vivent encore, la visite est guidée et sur réservation obligatoire. ⚠️ La lavande n'est en fleur que de mi-juin à mi-juillet.8 €cultureEn savoir plus
L'église n'est pas orientée. Toutes les abbayes cisterciennes regardent vers l'est ; celle-ci a son chevet au nord, parce que le vallon est trop étroit et qu'il a fallu se plier au terrain plutôt qu'à la règle. C'est la première anomalie que remarque un œil averti, et elle dit tout de l'ordre : la géométrie sert la vie, jamais l'inverse.
À l'intérieur, rien. Pas de vitrail coloré, pas de statue, pas de peinture, pas de clocher de pierre : Bernard de Clairvaux avait proscrit tout ce qui pouvait distraire, jusqu'aux chapiteaux sculptés. Ce qui reste est la pierre, la proportion, la lumière — et une acoustique qui porte le moindre son d'un bout à l'autre. Une seule pièce était chauffée dans toute l'abbaye, le chauffoir : les moines y venaient écrire, parce qu'ailleurs l'encre gelait.
Des moines vivent toujours là, et ce n'est pas un décor : on parle bas, on ne circule pas hors du parcours. La route qui descend de Gordes est étroite, en lacets, avec très peu de place pour se garer. Devant le champ de lavande, rester au bord : les rangs sont cultivés, et les photographes qui s'y couchent cassent des plants.
49 € hébergement · 40 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel de village avec piscine, 98 € la nuit.
- Luberon → Gorges du Verdon — Par le plateau de Valensole, 1 h 30, 11 € par personne (22 € à partager).
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03. Gorges du Verdon
J5 → J6 · 2 nuits · 219 € par personne
Sept cents mètres de falaise et une eau turquoise
Un canyon de sept cents mètres de profondeur, refermé sur une eau vert émeraude, avec une route des crêtes qui en fait le tour par le nord. ⚠️ Elle est étroite, sans glissière par endroits, et à sens unique sur une portion. Le lac de Sainte-Croix, en bas, se parcourt en pédalo ou en kayak jusqu'à l'entrée des gorges.
En savoir plus sur Gorges du Verdon
Les gorges du Verdon atteignent sept cents mètres de profondeur pour une largeur qui se réduit parfois à quelques dizaines de mètres au fond, où coule une rivière d'un vert émeraude dû aux micro-algues et au calcaire en suspension. C'est le plus grand canyon d'Europe et l'on ne le voit vraiment que de deux façons : d'en haut, par la route, ou d'en bas, à pied ou en bateau.
⚠️ La route des crêtes, sur la rive droite, fait une boucle de vingt-trois kilomètres avec quatorze belvédères. Elle est étroite, dépourvue de glissière sur plusieurs portions, et une partie est à sens unique — s'y engager dans le mauvais sens oblige à un très long détour. Elle ferme l'hiver et par risque de chute de pierres. Le tour complet des gorges par les deux rives fait environ cent trente kilomètres et demande la journée entière.
Le sentier Blanc-Martel descend dans le canyon sur quinze kilomètres, avec des échelles métalliques et deux tunnels où une lampe est indispensable ; il ne fait pas de boucle et le retour se fait en navette, à réserver. ⚠️ Le débit de la rivière est contrôlé par des barrages en amont et peut monter rapidement : les panneaux d'alerte se respectent. Le lac de Sainte-Croix, en bas, se parcourt en pédalo ou en kayak jusqu'à l'entrée des gorges — les moteurs y sont interdits.
À table
- Miel de lavande — celui du plateau de Valensole, clair et crémeux, dans les ruchers qui suivent la floraison de juillet.
- Agneau de Sisteron — l'agneau de Haute-Provence élevé sur les parcours de thym, en gigot ou en côtelettes grillées.
- Truite du Verdon — pêchée dans les eaux vertes du haut Verdon, servie meunière dans les auberges de Castellane et de Moustiers.
- Banon — le chèvre en feuilles de châtaignier, dont le village est de l'autre côté du plateau.
- Fougasse à l'anchois — le pain plat de Provence sur la table du petit-déjeuner ou du pique-nique, dans les boulangeries de Moustiers.
Jour 5
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Route des crêtes et belvédères Vingt-trois kilomètres en boucle depuis La Palud, avec quatorze belvédères au-dessus de 700 m de vide. ⚠️ Sens unique sur une portion, et la route ferme en hiver. C'est la plus belle route du parcours, et il faut compter deux heures pour ne pas la faire au pas de course.gratuitnatureEn savoir plus
La route file au ras du vide et chaque belvédère donne un angle différent sur les mêmes gorges : d'abord la falaise d'en face, puis le fond du canyon, puis la rivière qui apparaît enfin, minuscule, sept cents mètres plus bas. Le calcaire est blanc, l'eau d'un vert opaque, et l'échelle ne se comprend vraiment que lorsqu'un rapace passe en dessous de soi.
Ces rapaces sont l'autre spectacle. Les vautours fauves, disparus de la région, ont été réintroduits dans les gorges à la fin des années 1990 ; ils nichent dans les parois de l'Escalès et tournent en escadrille au-dessus des belvédères. Ce sont des charognards, ils ne chassent pas, et leur envergure approche les trois mètres. Le meilleur moment pour les voir est le milieu de la matinée, quand les ascendances se forment le long des falaises.
L'Escalès est aussi l'une des plus grandes falaises d'escalade d'Europe : en se penchant, on repère des cordées collées au milieu de trois cents mètres de paroi. Se méfier des arrêts sauvages — la chaussée est étroite et très fréquentée par les motos — et des belvédères sans barrière ni recul, qui sont nombreux.
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Moustiers-Sainte-Marie et son étoile Un village accroché entre deux falaises, avec une étoile dorée suspendue à une chaîne de 135 m tendue entre les deux parois depuis le XIIIe siècle — elle est retombée et a été remplacée sept fois. Moustiers vit de la faïence depuis 1679.gratuitcultureEn savoir plus
Le village est coupé en deux par un ravin où dévale un torrent, entre deux falaises. On monte à la chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir par un chemin en marches qui longe ce ravin, ponctué d'un chemin de croix ; d'en haut, on voit les toits, la plaine de Valensole et, en été, le carré violet des lavandes au loin.
L'étoile est tendue au-dessus du vide, d'une paroi à l'autre. La légende veut qu'un chevalier revenu de croisade l'ait accrochée pour tenir un vœu fait en captivité ; l'histoire retient surtout qu'elle est tombée plusieurs fois et qu'on l'a chaque fois remise, la dernière au XXᵉ siècle.
La faïence se raconte en une phrase : un moine venu d'Italie aurait donné aux Clérissy le secret de l'émail blanc, et Moustiers a fabriqué pendant deux siècles des pièces d'abord bleues en camaïeu, puis polychromes, puis peuplées de personnages grotesques. L'activité s'est éteinte au XIXᵉ siècle avant d'être relancée dans les années 1920. Les ateliers actuels se visitent ; distinguer ce qui est peint à la main de ce qui est décalqué demande de regarder le dos des pièces. Le village est un goulet : se garer en bas et monter à pied.
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Villages de l'arrière-pays et miel de lavande Riez, Aiguines, Trigance : des villages de quelques centaines d'habitants où subsistent des apiculteurs et des distillateurs. Le miel de lavande fine du plateau de Valensole a une AOP, et se distingue nettement du miel de lavandin, plus courant et plus fort.8 €marchéEn savoir plus
Riez a l'air d'une bourgade endormie, et pourtant quatre colonnes romaines de granit sont plantées dans un pré à l'entrée, seules, sans un mur autour : c'est tout ce qui reste d'un temple. En face, un baptistère mérovingien, l'un des plus anciens bâtiments encore debout de France, avec sa cuve au centre et ses colonnes récupérées sur l'antique. La ville était un évêché quand la région n'avait presque rien d'autre.
Aiguines, au-dessus du lac, a vécu du buis. Les tourneurs sur bois y fabriquaient les boules cloutées : une sphère de buis local hérissée de clous enfoncés serrés, qui a été la boule de pétanque de toute la Provence avant l'arrivée de l'acier. Le village a gardé la mémoire de ce métier, et son château à quatre tours coiffées de tuiles vernissées se repère de très loin.
Le miel se choisit à l'étiquette : la lavande fine, cueillie en altitude, donne un miel clair et discret ; le lavandin des grands plateaux est plus franc et plus parfumé. Les deux finissent par cristalliser, et c'est bon signe — un miel qui reste liquide indéfiniment a souvent été chauffé. Dans ces villages, tout ferme entre midi et le milieu de l'après-midi, et beaucoup de commerces le dimanche.
Jour 6
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Sentier Blanc-Martel dans le canyon Quinze kilomètres au fond des gorges, avec des échelles métalliques et deux tunnels non éclairés — lampe frontale obligatoire, ce n'est pas un conseil. Six à sept heures, en aller simple : il faut organiser la navette de retour avant de partir.gratuitnatureEn savoir plus
Le sentier porte deux noms parce qu'il a fallu deux hommes. Édouard-Alfred Martel, fondateur de la spéléologie française, a descendu les gorges d'un bout à l'autre en 1905 avec des canots démontables ; Isidore Blanc, instituteur du village de Rougon, connaissait le terrain et l'a mené. Le chemin aménagé ensuite suit à peu près leur passage.
On descend dans un monde fermé : la lumière n'atteint le fond qu'une partie de la journée, la rivière est d'un vert opaque et les parois montent des deux côtés hors de vue. L'itinéraire alterne des passages en balcon, un long escalier métallique accroché à la roche, des éboulis, et deux tunnels percés au début du XXᵉ siècle pour un projet hydroélectrique jamais achevé — dont l'un est long et parfaitement noir.
Le danger principal n'est pas la hauteur, c'est l'eau. Le Verdon est équipé de barrages en amont et les lâchers font monter le niveau vite et sans prévenir : ne jamais s'installer sur les galets du lit, ne jamais traverser à gué. Emporter toute son eau, il n'y en a aucune en chemin, et prévoir un éclairage par personne — pas une lampe pour le groupe.
43 € hébergement · 37 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Moustiers, 85 € la nuit.
- Gorges du Verdon → Aix-en-Provence — Par Gréoux et la vallée de la Durance, 1 h 30, 12 € par personne (24 € à partager).
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04. Aix-en-Provence
J7 → J8 · 2 nuits · 261 € par personne
Fontaines, hôtels particuliers et Sainte-Victoire
Une ville d'hôtels particuliers et de fontaines, plus bourgeoise et plus calme que Marseille à trente minutes. Cézanne y a peint la Sainte-Victoire une soixantaine de fois depuis les alentours. ⚠️ Le stationnement en centre-ville est le poste caché du séjour : viser les parkings-relais et finir en bus.
En savoir plus sur Aix-en-Provence
Aix-en-Provence est une ville d'hôtels particuliers du XVIIᵉ et du XVIIIᵉ siècle, bâtie sur un plan régulier autour du cours Mirabeau, et beaucoup plus bourgeoise et plus calme que Marseille, à trente minutes. Elle compte une quarantaine de fontaines, dont plusieurs alimentées par des sources thermales — celle des Neuf-Canons est couverte de mousse parce que son eau sort à trente-quatre degrés.
⚠️ Le stationnement est le poste caché du séjour : le centre est en zone payante, les parkings souterrains sont chers à la journée, et l'hébergement en ville inclut rarement une place. Les parkings-relais en périphérie, avec navette, coûtent une fraction du prix et évitent de tourner. C'est une donnée de budget, pas un détail pratique.
Cézanne est né ici et y a peint la montagne Sainte-Victoire une soixantaine de fois, depuis des points de vue précis dont plusieurs sont signalés — le terrain des Peintres, la route du Tholonet. Son atelier a été conservé en l'état, avec les objets qui figurent dans ses natures mortes. ⚠️ La Sainte-Victoire est soumise au même arrêté préfectoral que les autres massifs provençaux : accès interdit les jours de risque incendie, du 1ᵉʳ juin au 30 septembre, avec une carte publiée la veille au soir. Les Carrières de Lumières, aux Baux, projettent des œuvres sur les parois d'une ancienne carrière.
À table
- Calissons d'Aix — le losange d'amande et de melon confit sous une glace royale, la confiserie de la ville depuis le XVe siècle.
- Tapenade et anchoïade — sur les étals du marché de la place Richelme le matin, avec des légumes crus.
- Pompe à l'huile — la brioche plate à l'huile d'olive et à la fleur d'oranger, un des treize desserts de Noël provençal.
- Palette — le vin des Coteaux d'Aix vinifié au pied de la Sainte-Victoire, rouge et blanc dans une des plus petites appellations de France.
- Fougasse aux olives — le pain fendu de la boulangerie, à manger tiède en marchant sur le cours Mirabeau.
Jour 7
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Cours Mirabeau, vieille ville et fontaines Aix compte une centaine de fontaines pour quarante mille habitants dans le centre ancien. Celle des Neuf-Canons abreuvait les moutons de la transhumance en plein cours Mirabeau, et celle d'Eau chaude coule à 34 °C — elle ne gèle jamais et fume l'hiver.gratuitmarchéEn savoir plus
Le Cours n'est pas une avenue, c'est une frontière. Au nord, la vieille ville médiévale, ses ruelles tordues et ses places de marché ; au sud, le quartier Mazarin, tracé au cordeau au XVIIᵉ siècle par l'archevêque frère du cardinal, avec ses hôtels particuliers alignés et leurs portails à atlantes. Le Cours lui-même a été percé sur l'emplacement du rempart, et ses platanes se rejoignent au-dessus de la chaussée en une voûte continue.
Aix est née de son eau chaude. Les Romains ont fondé Aquae Sextiae en 122 avant notre ère, après avoir détruit l'oppidum voisin d'Entremont : c'est la plus ancienne ville romaine de Gaule, et elle doit son nom comme son existence à des sources thermales toujours exploitées. Les fontaines en descendent en ligne directe ; l'une d'elles, sur le Cours, est si couverte de mousse qu'on n'en voit plus la pierre, entretenue par la tiédeur de sa propre eau.
Pour s'orienter sans plan : le Cours descend d'est en ouest vers la grande fontaine ronde ; tout ce qui monte à droite est médiéval, tout ce qui s'ouvre à gauche est classique. Le côté nord a les commerces et le soleil, le côté sud les façades et l'ombre.
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Marché d'Aix et calissons Marché tous les matins place Richelme, et le grand marché du samedi place des Prêcheurs. Le calisson d'Aix — melon confit, amande, pâte d'amande — se fabrique ici depuis le XVe siècle ; les confiseurs historiques se visitent.12 €marchéEn savoir plus
Deux marchés différents, à ne pas confondre. Place Richelme, tous les matins, c'est un marché de nourriture et rien d'autre : maraîchers, fromagers, un poissonnier, des olives, sous les platanes, sur une petite place très ancienne. Le grand marché, lui, déborde des Prêcheurs jusqu'aux places voisines et vend de tout, y compris ce qu'on ne cherchait pas.
Le calisson est une pâte d'amande et de melon confit, montée sur une feuille de pain azyme et glacée au sucre. On raconte qu'il aurait été servi au mariage du roi René au XVᵉ siècle et qu'un convive l'aurait appelé « di calin soun » — ce sont des câlins. C'est une jolie histoire sans preuve. Ce qui est documenté est plus étrange : lors d'une épidémie de peste, la ville a fait vœu d'une bénédiction annuelle des calissons, et la cérémonie a survécu jusqu'à aujourd'hui.
L'amande, en revanche, ne vient plus guère de Provence : les vergers ont presque disparu et la matière première est largement importée, ce qui n'empêche pas les confiseurs de fabriquer sur place, et plusieurs ateliers de se visiter en périphérie. Les marchés se vident avant le déjeuner ; après, il ne reste que les cageots.
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Montagne Sainte-Victoire Une arête de calcaire blanc de 1 011 m qui change de couleur toute la journée — c'est ce que Cézanne y cherchait. Montée au Croix de Provence en trois heures aller-retour depuis Les Cabassols. ⚠️ Accès interdit les jours de risque incendie élevé, de juin à septembre.gratuitnatureEn savoir plus
De loin, une lame blanche posée à l'horizontale ; de près, une falaise sur toute la face sud et une pente douce au nord. C'est un pli calcaire renversé, poussé par la formation des Alpes : la montagne s'est littéralement couchée sur elle-même. La Croix de Provence, en haut, est une croix de fer de près de vingt mètres visible de tout le pays d'Aix ; à ses pieds, un prieuré du XVIIᵉ siècle, en partie ruiné, entretenu par une association.
Ses pentes recèlent l'un des plus riches gisements d'œufs de dinosaures au monde. À la fin du Crétacé, la zone était une plaine d'inondation où les femelles venaient pondre, et la roche a conservé des nids entiers, en place. Une réserve naturelle nationale protège le gisement : ramasser un fragment est un délit.
En août 1989, un incendie a ravagé une grande partie du massif, et c'est la mémoire de ce feu qui explique la sévérité des règles actuelles. L'accès est fermé par arrêté préfectoral les jours de risque élevé, la carte du lendemain étant publiée la veille en fin d'après-midi : c'est un ouvert ou fermé, pas une recommandation. Sur le sentier, aucune source, aucune ombre sur la fin, et une roche polie qui glisse à la descente.
Jour 8
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Atelier de Cézanne et terrain des Peintres L'atelier est resté tel qu'à sa mort en 1906 : les pommes, le crâne, le manteau au clou. Cézanne a peint la Sainte-Victoire plus de quatre-vingts fois ; le terrain des Peintres, à dix minutes, donne exactement son point de vue.10 €cultureEn savoir plus
Une seule pièce, à l'étage, avec une immense baie au nord — la lumière du nord ne bouge pas de la journée, c'est la seule qui permette de reprendre un tableau pendant des semaines. Cézanne a fait construire cette maison pour cela et pour rien d'autre. Dans le mur, une fente verticale étroite du sol au plafond : elle servait à sortir les toiles trop grandes pour l'escalier.
Les objets posés là sont ceux de ses natures mortes, reconnaissables un par un : les crânes, le pot à gingembre, l'amour en plâtre, les bouteilles, les étoffes à motifs, son manteau et son chapeau au clou. Il travaillait le matin dans l'atelier puis montait peindre dehors. C'est en rentrant trempé d'un orage qu'il est tombé malade, en 1906, et il n'est plus revenu.
L'atelier a failli disparaître : il a été racheté dans les années 1950 par une souscription d'admirateurs américains, puis remis à la collectivité. Le terrain des Peintres, un peu plus haut sur la même route, est une terrasse publique et gratuite d'où la Sainte-Victoire se présente exactement comme sur les toiles. La montée depuis le centre d'Aix est longue et raide, et la visite se fait par petits groupes sur créneau réservé.
53 € hébergement · 42 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre historique, 105 € la nuit.
- Aix-en-Provence → Marseille et les Calanques — TER Aix → Saint-Charles, 40 min, 45 min, 9 € par personne.
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05. Marseille et les Calanques
J9 → J10 · 2 nuits · 235.5 € par personne
La plus vieille ville de France, et le calcaire blanc
La plus vieille ville de France, méditerranéenne et rugueuse, dont le parc national des Calanques commence dans les faubourgs. ⚠️ L'accès à Sugiton est régulé par réservation gratuite en été, et les massifs ferment les jours de vent et de risque incendie. Les calanques se rejoignent à pied, en bateau, ou pas du tout.
En savoir plus sur Marseille et les Calanques
Marseille est la plus vieille ville de France — fondée par les Grecs vers 600 avant notre ère — et la moins lisse : méditerranéenne, populaire, bruyante, avec une topographie de collines et de calanques qui rend certains quartiers presque inaccessibles sans voiture. Elle ne cherche pas à plaire et c'est ce qui la distingue d'Aix, à une demi-heure.
Sa singularité est d'avoir un parc national qui commence dans ses faubourgs : les Calanques s'étendent sur vingt kilomètres entre la ville et Cassis, falaises de calcaire blanc et criques d'eau turquoise, sans route ni construction. ⚠️ On les rejoint à pied — une à deux heures de marche sur des sentiers caillouteux et sans ombre — ou en bateau depuis le Vieux-Port ou Cassis. Il n'y a pas d'accès en voiture, et c'est ce qui déroute le plus les visiteurs.
⚠️ Deux régulations s'appliquent. L'accès à la calanque de Sugiton est soumis à une réservation gratuite mais obligatoire en été, avec un quota quotidien, pour limiter la fréquentation qui détruisait le site. Et l'ensemble des massifs ferme les jours de vent fort et de risque incendie, par arrêté publié la veille à dix-huit heures. Une journée aux calanques se vérifie donc la veille au soir, systématiquement. Il n'y a ni eau ni ombre sur place : tout s'emporte.
À table
- Bouillabaisse — la soupe de poissons de roche servie en deux temps, bouillon puis poissons, avec la rouille sur des croûtons ; une charte fixe la recette depuis 1980.
- Pieds-paquets — les tripes d'agneau farcies et les pieds mijotés à la tomate et au vin blanc, plat des cabanons.
- Navettes — les biscuits secs en forme de barque à la fleur d'oranger, au Four des Navettes de la rue Sainte, depuis 1781.
- Panisse — la galette de pois chiches frite en frites épaisses, vendue au cornet sur le port de l'Estaque.
- Pastis — l'anis de la ville, dans un verre allongé d'eau fraîche, sur le Vieux-Port en fin de journée.
Jour 9
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Calanques d'En-Vau et Port-Pin depuis Cassis En-Vau est la plus spectaculaire : une entaille de deux cents mètres de profondeur, si étroite qu'elle reste à l'ombre le matin. Deux heures de marche depuis le col de la Gardiole, et une descente raide en fin de parcours. Aucun point d'eau.gratuitnatureEn savoir plus
Ces entailles ne sont pas des failles, ce sont des vallées de rivières. Pendant les glaciations, la mer était bien plus basse et des torrents ont creusé ces canyons dans le calcaire ; l'eau est ensuite remontée et les a noyés jusqu'à mi-hauteur. C'est pour cela qu'ils ont un fond plat, une plage de galets et des parois qui s'écartent en montant.
Port-Pin est la douce : des pins d'Alep poussés à même la roche, penchés au-dessus de l'eau, une petite plage abritée. En-Vau est tout autre chose, une nef à ciel ouvert, avec une aiguille détachée à son entrée, le Doigt de Dieu, sur laquelle des cordées grimpent en permanence. La descente finale vers En-Vau emprunte un couloir rocheux qu'il faut aborder à pied sûr, et qui se remonte à la fin de la journée avec des jambes fatiguées.
L'accès en voiture aux parkings hauts est réglementé en saison, ce qui allonge la marche depuis Cassis. Et les jours de risque incendie élevé, le massif ferme entièrement par arrêté préfectoral, carte publiée la veille en fin d'après-midi : les sentiers sont barrés et contrôlés. Le bateau depuis Cassis reste alors la seule façon de voir les calanques.
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Calanque de Sugiton, sur réservation Une crique de calcaire blanc et d'eau turquoise à une heure de marche du campus de Luminy. ⚠️ Réservation gratuite MAIS obligatoire du 27 juin au 30 août : 400 places par jour, ouverture trois jours avant à 9 h, fermeture la veille à 18 h, QR code contrôlé sur le sentier. Sans réservation, on ne passe pas.gratuitnatureEn savoir plus
On arrive par le haut. Le sentier traverse un plateau de garrigue rase, sans un arbre, puis bascule d'un coup sur une crique encaissée entre deux parois blanches. En face émerge un rocher isolé, long et bas, que sa silhouette a fait surnommer le Torpilleur. La descente finale se fait sur du calcaire poli par les semelles : elle est raide, et elle se remonte moins bien qu'elle ne se descend.
À quelques kilomètres de là, au cap Morgiou, se trouve la découverte la plus stupéfiante du massif : une grotte ornée dont l'entrée s'ouvre à moins trente-sept mètres sous la mer. Un plongeur, Henri Cosquer, l'a trouvée en 1985 ; à l'intérieur, hors de l'eau, des mains négatives et des animaux peints il y a des dizaines de milliers d'années, quand le rivage était bien plus bas et la grotte à l'air libre. Elle restera inaccessible : une réplique se visite en ville.
La réservation ne dispense de rien. Les jours de risque incendie élevé, le massif entier est fermé par arrêté préfectoral, la carte du lendemain étant publiée la veille en fin d'après-midi, et la réservation ne vaut alors plus rien. Vérifier la veille au soir, avant de se lever tôt pour rien.
Jour 10
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Notre-Dame de la Garde et le Panier La Bonne Mère domine la ville de 150 m ; à l'intérieur, des centaines d'ex-voto de marins — maquettes de bateaux, plaques de marbre. Le Panier, plus bas, est le plus vieux quartier de France, fondé par les Grecs en 600 av. J.-C.gratuitmarchéEn savoir plus
La basilique est posée sur un piton calcaire qui fut d'abord un fort : la chapelle existait avant, le roi l'a enfermée dans des murs au XVIᵉ siècle, et l'église actuelle a été construite dedans au XIXᵉ. D'où sa silhouette : un sanctuaire à bandes de pierre claire et sombre, sous d'un clocher-tour, encastré dans un ouvrage militaire dont on longe les remparts pour entrer.
À l'intérieur, la nef est tapissée d'ex-voto accumulés sur des siècles : maquettes de trois-mâts, de chalutiers et de paquebots, tableaux naïfs de naufrages, plaques de marbre, et des offrandes récentes qui disent la ville d'aujourd'hui — maillots de football, casques de moto, brassards. Dehors, sur les murs et sur le socle de la Vierge dorée, des impacts de balles et d'obus datent d'août 1944 : la colline a été prise au combat pendant la libération de Marseille, et on ne les a pas rebouchés.
En bas, le Panier a été amputé. En janvier 1943, l'occupant a fait évacuer puis dynamiter tout le quartier nord du Vieux-Port ; ce qui reste est la partie haute, sauvée, avec la Vieille Charité de Pierre Puget en son centre. La montée est rude et sans ombre ; une navette part du Vieux-Port pour qui préfère garder ses jambes.
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MuCEM et fort Saint-Jean Un cube de béton fibré ajouré posé sur l'eau, relié au fort Saint-Jean par une passerelle de 115 m. Les collections permanentes sont gratuites, et la terrasse du toit donne l'entrée du Vieux-Port. Gratuit pour tous le premier dimanche du mois.11 €cultureEn savoir plus
Le bâtiment est une boîte de verre enveloppée d'une résille de béton coulée en éléments fins comme de la dentelle — un béton fibré à très haute performance, qui autorise des sections impossibles autrement. On monte par des rampes en spirale prises entre la résille et la façade : on marche dans l'ombre du motif, avec la mer qui apparaît par fragments. Le contraste entre ce cube sombre et le fort médiéval d'à côté est tout le projet.
Le fort Saint-Jean n'a pas été bâti pour protéger Marseille mais pour la mater. Après la révolte de la ville, Louis XIV a fait élever deux forts à l'entrée du port, et l'on rapporte qu'il ne cachait pas que les canons regarderaient vers l'intérieur des terres plutôt que vers le large. Les Marseillais l'ont compris et ne l'ont jamais oublié.
Les collections viennent d'un musée parisien des arts et traditions populaires, transféré ici en bloc : ce sont des objets du quotidien méditerranéen, pas des chefs-d'œuvre isolés. Deux passerelles relient le fort, l'une au musée, l'autre au quartier du Panier, et l'on peut traverser le fort et ses jardins sans billet. Sur les hauteurs, le mistral décoiffe : ce n'est pas l'endroit pour un chapeau.
48 € hébergement · 40 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du Vieux-Port, 95 € la nuit.
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Le budget de ces 10 jours
1 282 € par personne pour 10 jours, soit 128 € / jour. À deux, 2 564 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 482 € | 38 % |
| Repas | 398 € | 31 % |
| Transport sur place | 48 € | 4 % |
| Location de voiture — 10 jours | 200 € | 16 % |
| Carburant et péages | 62 € | 5 % |
| Activités | 93 € | 7 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
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- La carte du parcours, avec ses 5 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
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