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République tchèque en 21 jours : l'itinéraire jour par jour

2 359 € par personne sur place pour 21 jours, soit 112 € / jour — en 8 étapes, de Prague à Kutná Hora. En passant par Karlovy Vary, Plzeň, Český Krumlov, Telč, Brno et Olomouc.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de République tchèque

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Prague — Václav Havel (PRG), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Prague, République tchèque

    01. Prague

    J1 → J5 · 5 nuits · 645.5 € par personne

    La ville aux cent clochers, intacte depuis le baroque, et le fleuve qui la traverse

    Un centre médiéval et baroque intact, du pont Charles au château et de l'horloge astronomique au quartier juif — et huit millions de visiteurs par an. ⚠️ L'étape la plus chère du parcours ; on mange et l'on dort dans les quartiers, Vinohrady ou Žižkov, à dix minutes de tram. Le tram 22 monte au château.

    En savoir plus sur Prague

    Prague a échappé aux bombardements et aux urbanistes : son centre médiéval et baroque est resté entier, de la Vieille Ville au château en passant par le pont Charles, et c'est ce qui la rend unique en Europe — et ce qui y attire huit millions de visiteurs par an. On la parcourt à pied, de la place de la Vieille Ville et de son horloge au quartier juif de Josefov, puis par le pont vers Malá Strana et ses palais, avant de monter au château, la plus grande forteresse habitée du monde, où la cathédrale Saint-Guy domine tout.

    ⚠️ Prague est l'étape la plus chère et la plus fréquentée du parcours, et le centre entre le pont et la place est devenu un décor : restaurants à menus illustrés, boutiques de cristal, trdelník à chaque coin de rue. On y passe, on n'y mange pas. La ville vraie est à dix minutes de marche — Vinohrady et ses cafés, Žižkov et ses bars, Letná et sa buvette au-dessus du fleuve, Holešovice et ses friches reconverties.

    Le tram fait tout : la ligne 22 monte au château et traverse Malá Strana, le 17 longe la Vltava. Un billet de trois jours vaut le coup dès le premier soir. Trois nuits sont un minimum pour voir le château, la Vieille Ville, Josefov et Vyšehrad sans courir ; la quatrième se passe à Petřín, à Letná et dans les quartiers.

    À table

    • Svíčková na smetaně — le rôti de bœuf mariné, sa sauce crémée aux légumes-racines, les quenelles de pain et l'airelle : le plat du dimanche, dans toute hospoda de quartier.
    • Vepřo knedlo zelo — porc rôti, quenelles et chou aigre, le plat national, à partager d'un pichet de pils.
    • Chlebíčky — les canapés garnis de pomme de terre, œuf, jambon et cornichon, à emporter dans les lahůdky, les traiteurs d'angle de rue.
    • Pivo tankové — la Pilsner Urquell non pasteurisée, livrée en citerne et tirée du tank dans les tankovna : la bière la plus fraîche du pays.
    • Trdelník — ⚠️ le rouleau de pâte grillé vendu comme tradition pragoise n'est ni tchèque ni ancien : c'est une pâtisserie de Slovaquie arrivée dans les années 2000. Bon, cher, mais pas d'ici.
    • Koláče — les brioches rondes garnies de fromage blanc, de pavot ou de prune, au petit-déjeuner dans les pekárna de Vinohrady.

    Jour 1

    • Pont Charles et Malá Strana, Prague, République tchèque
      Pont Charles et Malá Strana Le pont de pierre de Charles IV, commencé en 1357, bordé de trente statues baroques — dont celle de saint Jean Népomucène, dont on touche la plaque de bronze pour revenir à Prague. Il mène au quartier de Malá Strana, ses palais, l'église Saint-Nicolas et les jardins en terrasses sous le château. ⚠️ Y passer avant huit heures du matin ; à midi on n'y avance plus.
      En savoir plus

      La tradition dit que Charles IV a posé la première pierre le 9 juillet 1357, à un moment choisi par ses astrologues parce que ses chiffres se lisent dans les deux sens : 1-3-5-7-9-7-5-3-1. Peter Parler, l'architecte de Saint-Guy, a dessiné le pont et la tour de la Vieille Ville, la plus belle porte gothique d'Europe centrale, qui se monte. Les statues sont presque toutes des copies : les originaux, rongés par les crues et la pollution, sont au Lapidarium du Musée national.

      Celle de Jean Népomucène, en bronze, est la plus ancienne, posée en 1683 à l'endroit d'où le roi Venceslas IV avait fait jeter le vicaire dans la rivière en 1393. La coutume de toucher la plaque est récente, et tout le monde s'y plie.

      De l'autre côté, la rue Mostecká monte à la place de Malá Strana et à Saint-Nicolas, la plus belle église baroque de la ville, avec la coupole des Dientzenhofer. Puis la rue Nerudova grimpe vers le château entre des maisons aux enseignes peintes — les deux soleils, les trois petits violons — qui servaient d'adresse avant les numéros. Redescends sur Kampa, l'île sous le pont, où le mur Lennon se repeint tous les jours, et entre dans le jardin Wallenstein, gratuit, avec ses paons.

      marché
      gratuit
    • Klementinum, bibliothèque et tour astronomique, Prague, République tchèque
      Klementinum, bibliothèque et tour astronomique L'ancien collège jésuite, le deuxième ensemble de bâtiments de la ville après le château. La visite guidée mène à la salle baroque de la bibliothèque, vue depuis la porte avec ses fresques et ses globes, à la salle du Méridien où l'on donnait midi à Prague, et monte à la tour astronomique — 172 marches — pour la meilleure vue rapprochée sur les toits de la Vieille Ville. ⚠️ Visite guidée seulement, par créneaux.
      En savoir plus

      Les jésuites sont arrivés à Prague en 1556, appelés par Ferdinand Iᵉʳ pour ramener la Bohême hussite au catholicisme, et ils ont bâti pendant deux siècles, en absorbant des dizaines de maisons et plusieurs rues : un collège, une université, une imprimerie, des églises, et cette bibliothèque. La salle baroque de 1722 est restée telle quelle — fresques de Jan Hiebl, galerie de bois, et une rangée de globes terrestres et célestes au centre.

      La tour astronomique, coiffée d'un Atlas qui porte le ciel, a servi d'observatoire ; c'est depuis la salle du Méridien qu'on annonçait midi à la ville, quand le rayon de soleil entré par un trou du volet atteignait un fil tendu au sol — un drapeau agité depuis la tour donnait le signal. Depuis 1775, on y relève la température chaque jour sans interruption : la plus longue série météorologique d'Europe centrale.

      La chapelle des Miroirs, avec ses glaces incrustées dans le plafond, accueille des concerts le soir. L'ensemble est aujourd'hui la Bibliothèque nationale ; les visites partent de la cour, par petits groupes, et les marches de la tour sont raides et étroites.

      culture
      16 €
    • Ancien hôtel de ville et sa tour, Prague, République tchèque
      Ancien hôtel de ville et sa tour L'horloge astronomique de 1410 sur la façade — les apôtres défilent à chaque heure pile pendant que la foule se masse dessous — et, au-dessus, la tour d'où l'on regarde les toits de la Vieille Ville et les flèches de Týn. ⚠️ Le billet est pris sans ascenseur ; l'ascenseur se paie en plus. Les salles historiques et le souterrain se visitent avec un guide, en option.
      En savoir plus

      L'horloge a été montée en 1410 par l'horloger Mikuláš de Kadaň sur les calculs de l'astronome Jan Šindel, et son cadran ne donne pas l'heure comme les nôtres : il montre la position du soleil et de la lune dans le zodiaque, le jour en bleu et la nuit en noir, et l'heure de Bohême ancienne, comptée depuis le coucher du soleil. En dessous, le cadran-calendrier peint par Josef Mánes au XIXᵉ siècle est une copie ; l'original est au musée de la Ville.

      Les figures des côtés sont plus parlantes que les apôtres : la Mort, un squelette qui tire la corde de sa cloche et retourne son sablier, la Vanité et son miroir, l'Avare et sa bourse, le Turc. La légende veut qu'on ait crevé les yeux du maître Hanuš pour qu'il ne refasse l'horloge nulle part ailleurs ; elle est belle et fausse, l'horloger s'appelait Mikuláš et il a gardé ses yeux.

      L'aile est de l'hôtel de ville a brûlé dans les derniers jours de la guerre, en mai 1945, pendant l'insurrection de Prague ; on n'a jamais rebâti, et le vide à côté de la tour est le seul trou dans la place. La tour se monte par une rampe en spirale, sans marches, et la vue plonge sur les flèches de Týn.

      culture
      14 €
    • Letná, la bière avec vue, Prague, République tchèque
      Letná, la bière avec vue Le parc en balcon au-dessus de la Vltava, au nord de la Vieille Ville, où un métronome géant a remplacé en 1991 la statue de Staline. Sa buvette sous les marronniers sert la bière au prix des quartiers, avec la vue sur les ponts alignés — c'est là que les Pragois finissent une journée d'été. Le tram 17 dépose au pied de l'escalier.
      En savoir plus

      Le socle de granit qui porte le métronome portait, de 1955 à 1962, le plus grand monument de Staline jamais dressé : trente mètres de pierre, Staline en tête d'une file d'ouvriers et de soldats, que les Pragois avaient surnommée la queue pour la viande. Le sculpteur s'est suicidé avant l'inauguration ; sept ans plus tard, le régime a fait sauter le tout à la dynamite, et le socle est resté vide jusqu'au métronome rouge de 1991, dont le balancier marque un temps que personne n'a fixé.

      Autour, les skateurs ont pris possession des dalles, et la vue est la plus connue de Prague : les ponts alignés sur la Vltava, l'un derrière l'autre, jusqu'à Vyšehrad. La buvette est un peu plus loin sur le plateau, sous les marronniers, devant le petit château de Letná : des bancs de bois, des saucisses, de la bière en pichet, et tout un quartier qui vient y finir la journée.

      On y monte par l'escalier depuis le pont Čech, dans l'axe de la rue Pařížská, ou par le tram jusqu'à Letenské náměstí. Le pavillon Hanavský, en fonte, vient de l'exposition de 1891 et sert un dîner avec la même vue, pour beaucoup plus cher.

      détente
      gratuit

    Jour 2

    • Château de Prague, circuit principal, Prague, République tchèque
      Château de Prague, circuit principal Le plus grand ensemble castral du monde : la cathédrale Saint-Guy et son vitrail de Mucha, l'ancien palais royal et sa salle Vladislav sans colonnes, la basilique romane Saint-Georges, et la ruelle d'Or avec ses maisonnettes de gardes où Kafka a écrit. ⚠️ Le billet vaut deux jours, une entrée par bâtiment ; les cours et l'enceinte sont gratuites, la relève de la garde avec fanfare a lieu à midi.
      En savoir plus

      Saint-Guy a été commencée en 1344 par Charles IV, qui voulait pour sa capitale une cathédrale comme celles de France, et achevée en 1929 seulement : on voit la couture entre le chœur gothique de Peter Parler et la nef du XIXᵉ siècle. Dans la chapelle Saint-Venceslas, les murs sont incrustés de pierres semi-précieuses ; derrière une porte à sept serrures, les joyaux de la couronne, qu'on ne montre presque jamais.

      Dans l'ancien palais royal, la salle Vladislav de Benedikt Ried, avec ses voûtes en pétales, servait de salle de tournoi : les cavaliers y entraient à cheval par l'escalier des Chevaliers. À côté, une fenêtre de la Chancellerie de Bohême est celle de la défenestration de 1618 — deux gouverneurs impériaux jetés dans le fossé, sauvés par un tas de fumier selon les uns, par la Vierge selon les autres, et la guerre de Trente Ans qui commence.

      Entre par la place Hradčany, en haut, et descends : le circuit suit la pente et l'on sort par les jardins vers Malá Strana. Il y a un contrôle de sécurité aux portes, et la file grossit dès le milieu de la matinée. Dans la ruelle d'Or, la maison bleue du numéro 22 est celle où Kafka a écrit pendant l'hiver 1916-1917.

      culture
      19 €
    • Vyšehrad, la forteresse au-dessus de la Vltava, Prague, République tchèque
      Vyšehrad, la forteresse au-dessus de la Vltava L'autre colline de Prague, au sud, celle des légendes de fondation : remparts baroques, rotonde romane Saint-Martin, basilique néogothique Saint-Pierre-et-Saint-Paul et le cimetière où reposent Dvořák, Smetana et Mucha. L'enceinte est un parc gratuit, presque sans touristes, et la vue sur la rivière est la plus large de la ville.
      En savoir plus

      La légende y place la princesse Libuše, qui aurait prophétisé depuis ce rocher une ville « dont la gloire touchera les étoiles » ; l'histoire y place les premiers Přemyslides, qui y ont résidé au XIᵉ siècle avant de préférer le château de l'autre rive. De cette époque reste la rotonde Saint-Martin, le plus ancien bâtiment de Prague encore debout, un cylindre de pierre dont on fait le tour sans y entrer.

      Le reste est plus tardif : les remparts en étoile sont ceux d'une forteresse du XVIIᵉ siècle, et les deux flèches de la basilique datent du début du XXᵉ, avec un intérieur Art nouveau peint de haut en bas. Dans les casemates, la salle de Gorlice abrite des statues originales du pont Charles, mises à l'abri des crues. Le cimetière est un panthéon national : le tombeau collectif du Slavín, Dvořák sous une grille de fer, Smetana, Mucha, Karel Čapek.

      Sors par le côté est, au-dessus de la rivière : au pied du rocher, rue Libušina, trois maisons cubistes de Josef Chochol, bâties vers 1913 — Prague est la seule ville au monde à avoir construit dans ce style. Le métro Vyšehrad est à quelques minutes des remparts.

      marché
      gratuit

    Jour 3

    • Marché fermier de Náplavka, Prague, République tchèque
      Marché fermier de Náplavka Le samedi matin, les quais de la Vltava sous Vyšehrad se couvrent d'étals de producteurs : fromages de chèvre, pain au levain, saucisses grillées, jus de pomme, bière artisanale qu'on boit assis au bord du quai. C'est là que Prague fait ses courses, et le meilleur petit-déjeuner au bord de l'eau. ⚠️ Le samedi seulement, jusqu'au début de l'après-midi.
      En savoir plus

      Náplavka est le nom du quai bas, celui qui est au ras de l'eau, sous le quai Rašín entre le pont Palacký et le pont du chemin de fer. Le marché s'y tient le samedi depuis une quinzaine d'années, et il a fait de ce quai le vrai centre de la ville pour ses habitants : on y vient du quartier à vélo, on achète des fraises, des œufs et du fromage de chèvre, puis on s'assied sur le bord de pierre, les pieds au-dessus de l'eau, avec un café ou une bière, face aux cygnes.

      Les portes rondes dans le mur du quai ouvrent sur des « kobky », les anciennes caves voûtées du port, réaménagées en 2019 avec de grands hublots de verre pivotants : cafés, galerie, un loueur de bateaux. Les péniches amarrées sont des bars et des salles de concert, et le soir, quand le marché est parti, c'est ici que Prague boit un verre.

      Le samedi, viens tôt : en fin de matinée, les meilleurs étals sont vides. Les autres jours, le quai reste une promenade, avec Vyšehrad d'un côté et les ponts de l'autre ; le marché de la place Jiřího z Poděbrad, à Vinohrady, prend le relais plusieurs jours par semaine.

      marché
      gratuit
    • Bibliothèque du monastère de Strahov, Prague, République tchèque
      Bibliothèque du monastère de Strahov Deux salles de bibliothèque baroques, la Théologique et la Philosophique, avec leurs plafonds peints, leurs globes et leurs armoires de noyer jusqu'au plafond — parmi les plus belles d'Europe. ⚠️ On les regarde depuis le seuil, derrière un cordon : on n'entre pas dans les salles. Le cabinet de curiosités du couloir vaut l'arrêt, et la terrasse du monastère offre la vue sur toute la ville.
      En savoir plus

      L'abbaye a été fondée en 1143 pour des chanoines prémontrés, et elle l'est encore : les moines sont revenus en 1990 après quarante ans d'expulsion. La salle Théologique, la plus ancienne, date des années 1670 : stucs blancs, globes, et des roues à livres — des pupitres tournants qui permettaient de consulter plusieurs ouvrages à la fois. La salle Philosophique, un siècle plus tard, a reçu ses armoires de noyer d'un monastère de Moravie supprimé par Joseph II, démontées et remontées ici, et son plafond a été peint en quelques mois par Franz Anton Maulbertsch.

      Le cabinet de curiosités du couloir, entre les deux salles, est ce que le XVIIIᵉ siècle appelait un musée : des animaux marins séchés, des coquillages, des insectes sous verre et des maquettes, comme on collectionnait avant de classer.

      La vue depuis la terrasse du monastère, sur les toits de Malá Strana et le fleuve, est la plus large de ce côté de la ville, et le monastère brasse sa propre bière, servie dans la cour. Depuis Strahov, on descend à pied vers le château par la place de Lorette, en quelques minutes, sans reprendre le tram.

      culture
      9 €

    Jour 4

    • Colline de Petřín et sa tour, Prague, République tchèque
      Colline de Petřín et sa tour Une colline boisée au-dessus de Malá Strana, avec ses vergers, son funiculaire compris dans le ticket de transport, et au sommet une petite tour Eiffel de 63 mètres élevée en 1891, deux ans après l'originale. 299 marches jusqu'en haut ; par temps clair on voit les monts des Géants. ⚠️ Le labyrinthe de miroirs voisin est un billet à part.
      En savoir plus

      La tour a été construite pour l'Exposition du Jubilé de 1891 par un club de touristes tchèques revenus de Paris enthousiastes : cinq fois plus petite que l'originale, en acier, octogonale. En bas de la colline, à Újezd, sept figures de bronze descendent un escalier en se décomposant à mesure : c'est le Mémorial aux victimes du communisme d'Olbram Zoubek, l'un des monuments les plus justes de la ville.

      La colline elle-même est un assemblage de jardins : la roseraie près de l'observatoire Štefánik, les vergers en fleurs en avril, le jardin Kinský vers le sud avec une église en bois des Carpates remontée ici, et le mur de la Faim, une muraille de Charles IV qui descend la pente — la légende veut qu'il l'ait fait bâtir pour donner du travail aux pauvres pendant une famine.

      Le funiculaire part d'Újezd et s'arrête à mi-pente, au restaurant Nebozízek, avant le sommet. ⚠️ Il a déjà été fermé vingt ans, après un glissement de terrain en 1965 : vérifie qu'il roule avant de compter dessus, sinon la montée à pied par les vergers est douce. En haut, on continue vers Strahov et le château par la crête.

      nature
      10 €

    Jour 5

    • Quartier juif et Musée juif, Prague, République tchèque
      Quartier juif et Musée juif Un seul billet pour les lieux de Josefov : la synagogue Pinkas et ses murs couverts des noms de près de 80 000 victimes de Bohême-Moravie, les synagogues Espagnole, Maisel et Klausen, la salle des cérémonies, et le vieux cimetière où douze mille pierres tombales se serrent sur douze couches. ⚠️ Le billet complet comprend la synagogue Vieille-Nouvelle, la plus ancienne d'Europe encore en activité ; fermé le samedi et les fêtes juives.
      En savoir plus

      Le quartier s'appelle Josefov depuis l'empereur Joseph II, dont l'édit de tolérance a ouvert les portes du ghetto en 1781 ; mais le ghetto lui-même a presque entièrement disparu entre 1893 et 1913, rasé par la ville qui le jugeait insalubre et remplacé par les immeubles Art nouveau de la rue Pařížská. Restent les synagogues, l'hôtel de ville juif avec son horloge à chiffres hébraïques qui tourne à l'envers, et le cimetière.

      La synagogue Vieille-Nouvelle, vers 1270, est un bâtiment gothique à deux nefs, enfoncé sous le niveau de la rue, où l'on prie depuis sept siècles. Le rabbin Loew, dont la légende fait le créateur du Golem, y officiait ; sa tombe, au cimetière, est celle qu'on reconnaît aux cailloux et aux billets de vœux glissés dans les fentes. Dans la synagogue Pinkas, à l'étage, les dessins des enfants de Terezín sont ce qu'on emporte de plus lourd.

      Les hommes se couvrent la tête dans la Vieille-Nouvelle, une kippa en papier est fournie. Commence par Pinkas et le cimetière tôt le matin, avant les groupes ; la synagogue Espagnole, avec son intérieur mauresque doré, est la plus éloignée et la plus calme.

      culture
      25 €

    48 € hébergement · 38 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Vinohrady, métro à deux pas, 95 € la nuit.

    Voir les hébergements à Praguelien affilié

  2. Prague → Karlovy Vary — D6 — 130 km, 1 h 48, 6 € par personne (12 € à partager).
  3. Karlovy Vary, République tchèque

    02. Karlovy Vary

    J6 → J7 · 2 nuits · 219 € par personne

    La ville d'eaux de Goethe et des tsars, au fond d'une vallée boisée

    La ville d'eaux de Goethe et des tsars, treize sources chaudes sous des colonnades, des façades Belle Époque dans une vallée boisée. On marche d'une source à l'autre tasse à bec en main, on monte au Diana en funiculaire, et l'on file à Loket, le château roman sur la boucle de l'Ohře. ⚠️ Prix doublés pendant le festival du film, début juillet.

    En savoir plus sur Karlovy Vary

    Karlovy Vary — Carlsbad pour toute l'Europe du XIXᵉ siècle — est une ville d'eaux serrée dans la vallée étroite de la Teplá, où treize sources chaudes jaillissent sous des colonnades. Goethe y est venu treize fois, Beethoven, Chopin, Tolstoï et le tsar Pierre le Grand aussi, et les façades pastel Belle Époque empilées sur les pentes n'ont pas bougé depuis. On y fait ce que les curistes font depuis trois siècles : marcher d'une colonnade à l'autre, tasse à bec en main, puis monter dans la forêt par les sentiers de promenade.

    ⚠️ La ville est russophone depuis les années 1990 — enseignes, hôtels, clientèle — et cela se voit encore, bien que les visiteurs aient changé depuis 2022. Le festival du film, début juillet, remplit tout et double les prix ; en dehors, c'est une petite ville calme, un peu surannée, qui se visite en une journée pleine.

    À un quart d'heure de bus, Loket est un château roman sur un méandre de l'Ohře, dans une ville médiévale minuscule : c'est l'excursion qui justifie une seconde nuit. Karlovy Vary s'atteint en deux heures de bus depuis Prague ; en voiture, on enchaîne Loket puis Plzeň sans attendre de correspondance.

    À table

    • Lázeňské oplatky — les gaufrettes rondes et fines des villes d'eaux, fourrées de noisette ou de vanille, tièdes aux kiosques des colonnades.
    • Becherovka — la liqueur aux herbes de la ville, amère et cannelle, bue glacée en digestif ou allongée de tonic : le « beton ».
    • L'eau des sources — treize sources chaudes à boire dans une tasse à bec en porcelaine, de la plus douce à la plus salée. ⚠️ Petites gorgées : elle est laxative.
    • Karlovarský knedlík — la quenelle de pain aux dés de mie frits, plus légère que la quenelle ordinaire, sous une sauce au gibier dans les restaurants de la vieille ville.

    Jour 6

    • Les colonnades et les sources, Karlovy Vary, République tchèque
      Les colonnades et les sources Cinq colonnades le long de la Teplá, où treize sources chaudes coulent en libre accès, de 30 à 72 degrés. On achète une tasse à bec en porcelaine et l'on fait la « cure » d'une source à l'autre : la colonnade du Moulin, néo-Renaissance à cent vingt-quatre colonnes, celle du Marché en bois blanc, et le Vřídlo, le geyser qui jaillit à douze mètres sous sa halle de verre. ⚠️ L'eau est chaude et très minérale ; petites gorgées.
      En savoir plus

      La ville doit son nom à Charles IV, qui l'a fondée vers 1350 autour des sources ; la légende veut qu'un de ses chiens de chasse soit tombé dans l'eau bouillante en poursuivant un cerf. Les colonnades sont bien plus tardives, et chacune a son style : celle du Moulin, la plus grande, a été dessinée par Josef Zítek, l'architecte du Théâtre national de Prague ; celle du Marché, en bois blanc découpé, par les Viennois Fellner et Helmer, qui ont bâti des théâtres dans tout l'Empire.

      Le Vřídlo, sous sa halle des années 1970, est le geyser : il crache l'eau la plus chaude de toutes, et l'on peut visiter son sous-sol, où l'on voit la source jaillir dans les canalisations et les objets qu'on y trempe — des roses, des figurines — se couvrir d'une croûte de pierre en quelques semaines. C'est la pétrification que vendent toutes les boutiques.

      Commence par les sources tièdes et finis par les plus chaudes, en petites quantités : on ne fait pas la cure en une matinée, et l'eau a sur le ventre un effet que les curistes connaissent bien. La tasse à bec se boit par l'anse, qui sert de paille — c'est pour ça qu'elle est creuse. On la trouve dans tous les kiosques, avec les gaufrettes.

      marché
      gratuit
    • Loket, le château sur la boucle de l'Ohře, Karlovy Vary, République tchèque
      Loket, le château sur la boucle de l'Ohře À quinze minutes de bus, une petite ville médiévale enfermée dans un méandre de l'Ohře, dominée par un château roman du XIIᵉ siècle — Goethe l'appelait la Bohême en miniature. On visite le donjon, la chambre de torture et une collection de porcelaine locale. La ville, avec sa place en pente et son pont de pierre, vaut autant que le château.
      En savoir plus

      Le nom veut dire « le coude », pour la boucle presque fermée que l'Ohře dessine autour du rocher, et la ville tient dedans, avec sa place en pente, son église et son pont. Le château, sur le sommet, est l'un des plus anciens de Bohême : Charles IV y a été enfermé enfant, quand son père Jean de Luxembourg se méfiait de la noblesse qui entourait sa femme et son fils — il y est revenu adulte, en chasseur, et c'est de là qu'il partait vers les sources.

      Goethe a tenu à y fêter son anniversaire en 1823, à l'auberge du Cheval blanc sur la place, avec Ulrike von Levetzow, la jeune fille qu'il voulait épouser à soixante-quatorze ans ; elle a refusé, et il a écrit sur la route du retour l'Élégie de Marienbad. Dans le château, un morceau de la météorite tombée près d'ici vers 1400, qui a longtemps passé pour un burgrave maudit changé en pierre.

      La vieille ville a servi de décor à Casino Royale, pour les scènes censées se passer au Monténégro. Le bus depuis le centre de Karlovy Vary est fréquent, et l'on peut aussi descendre l'Ohře en canoë depuis la ville d'eaux, une demi-journée de rivière calme entre les rochers. Le château se visite sans guide, à son rythme.

      culture
      6 €
    • Musée Jan Becher, la Becherovka, Karlovy Vary, République tchèque
      Musée Jan Becher, la Becherovka La liqueur aux herbes de Karlovy Vary, inventée en 1807 par un pharmacien et fabriquée depuis sur une recette que deux personnes connaissent. La visite guidée traverse les anciennes caves de production, les fûts de chêne et finit par une dégustation de plusieurs produits de la maison. ⚠️ Par créneaux, souvent en anglais ; la visite de base suffit.
      En savoir plus

      Josef Becher tenait une pharmacie sur la place de la ville, et sa liqueur était d'abord vendue comme un remède digestif, en gouttes, sous le nom d'« amer anglais » — un médecin anglais de passage aurait contribué à la recette. Son fils Jan en a fait une entreprise, et c'est son nom qui est resté sur la bouteille plate et verte. La recette compte une vingtaine de plantes, dont la cannelle et le gingembre qu'on reconnaît ; le reste est tenu secret, et le mélange est préparé une fois par semaine par les deux personnes qui le connaissent, dans une pièce fermée.

      La ville l'a baptisée sa treizième source, après les douze sources d'eau chaude de l'époque, et on la sert glacée, en digestif, dans toute la Bohême. Le musée occupe l'ancienne usine du centre-ville ; la production a déménagé en périphérie en 2010, et la marque appartient au groupe Pernod Ricard.

      La visite passe par les caves, où les fûts de chêne sont encore alignés, un film sur l'histoire de la maison, puis la dégustation — plusieurs verres, dont les variantes moins connues, comme la version au citron. Ne compte pas conduire ensuite ; à pied, la promenade jusqu'aux colonnades est courte.

      marché
      12 €

    Jour 7

    • Funiculaire et tour Diana, Karlovy Vary, République tchèque
      Funiculaire et tour Diana Un funiculaire de 1912 grimpe en trois minutes depuis le Grandhotel Pupp jusqu'à la tour panoramique Diana, sur la crête boisée au-dessus de la ville : de là-haut, les façades s'empilent au fond de la vallée. Les sentiers de la forêt thermale redescendent en une heure par le belvédère du Cerf — la promenade que les curistes font depuis deux siècles.
      En savoir plus

      Le funiculaire part de derrière le Grandhotel Pupp, l'hôtel qui ferme la vallée au sud depuis le XVIIIᵉ siècle — un pâtissier, Johann Georg Pupp, en a été le fondateur, et c'est dans ses salons qu'on a tourné les scènes de casino de Casino Royale. La montée se fait en deux temps, avec un arrêt à mi-pente au belvédère du Saut du Cerf, Jelení skok, où un chamois de bronze se tient sur son rocher depuis le milieu du XIXᵉ siècle.

      En haut, la tour Diana, en briques, date de 1914, et sa galerie donne sur la vallée entière : la Teplá au fond, les hôtels empilés sur les pentes, et tout autour la forêt, à perte de vue — c'est ce qu'on ne voit pas d'en bas, à quel point la ville est enfermée dans les bois. Une serre aux papillons a ouvert à côté, et un restaurant.

      Redescends à pied plutôt qu'en cabine : les sentiers de la forêt thermale sont balisés, larges, et passent par les belvédères que les curistes du XIXᵉ siècle atteignaient en chaise à porteurs, chacun portant le nom d'un visiteur illustre. On arrive en bas près du Pupp, sans s'être perdu, et la colonnade est à deux pas.

      nature
      7 €

    40 € hébergement · 33 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension Belle Époque dans la vieille ville, 80 € la nuit.

    Voir les hébergements à Karlovy Varylien affilié

  4. Karlovy Vary → Plzeň — Route 20 par Toužim — 85 km, 1 h 18, 4 € par personne (8 € à partager).
  5. Plzeň, République tchèque

    03. Plzeň

    J8 → J9 · 2 nuits · 217 € par personne

    La ville où la bière blonde est née, et son souterrain médiéval

    La ville de la Pilsner Urquell, née ici en 1842 : la brasserie et ses caves de grès, le souterrain médiéval sous la place, la cathédrale au plus haut clocher du pays et la deuxième synagogue d'Europe. Une ville de travail, pas une carte postale, à une heure et demie de train de Prague.

    En savoir plus sur Plzeň

    Plzeň est une ville industrielle de l'Ouest, entre Prague et la Bavière, qui a donné deux choses au monde : les usines Škoda, et en 1842 la première bière blonde de fermentation basse, claire et amère, que tous les brasseurs de la planète ont copiée sous le nom de pils. La brasserie est toujours là, à la porte de la vieille ville, et sa visite — la salle de brassage, les caves de grès, le verre tiré du tonneau non filtré — est ce qu'on vient chercher ici.

    Le centre tient autour d'une place immense, avec sa cathédrale au milieu et le plus haut clocher du pays, et sous cette place, vingt kilomètres de caves médiévales où chaque maison bourgeoise brassait sa propre bière avant la brasserie. La Grande synagogue, à deux rues, est la deuxième d'Europe par la taille. Une journée pleine suffit, deux si l'on aime la bière.

    ⚠️ Plzeň n'est pas jolie au sens de Český Krumlov : c'est une ville de travail, avec des banlieues d'usines et un centre de belle taille. On y dort bien et pour pas cher, et Prague est à une heure et demie de train. Depuis Karlovy Vary, le bus met une heure et demie ; en voiture, on s'arrête à Loket en route.

    À table

    • Pilsner Urquell nefiltrovaný — la pils non filtrée, trouble et levurée, tirée du tonneau dans les caves de la brasserie et dans les tavernes qu'elle fournit.
    • Utopenec — la saucisse marinée au vinaigre avec des oignons, le « noyé », l'en-cas de bar qui va avec la bière.
    • Nakládaný hermelín — le camembert tchèque mariné à l'huile, au paprika et à l'ail, servi avec du pain dans toute hospoda.
    • Plzeňský guláš — le goulasch de bœuf mouillé à la bière locale, avec des quenelles, le plat des restaurants de la place de la République.

    Jour 8

    • Brasserie Pilsner Urquell, Plzeň, République tchèque
      Brasserie Pilsner Urquell La brasserie où la pils est née en 1842 : un brasseur bavarois, Josef Groll, y a sorti la première bière blonde claire de fermentation basse, que le monde entier copie depuis. La visite passe par la salle de brassage historique, l'embouteillage, et descend dans les caves de grès où la bière est encore brassée à l'ancienne — et servie non filtrée, au tonneau, en fin de parcours. ⚠️ Visite guidée par créneaux ; en anglais la plupart du temps.
      En savoir plus

      Les bourgeois de Plzeň, qui avaient le droit de brasser depuis le Moyen Âge, brassaient si mal qu'en 1838 la ville a fait vider trente-six tonneaux sur la place, devant l'hôtel de ville. Ils ont bâti une brasserie commune et engagé un Bavarois, Josef Groll, qui savait la fermentation basse ; il a mis dans la cuve l'eau très douce de la ville, du malt pâle et le houblon de Žatec, et le premier brassin est sorti le 5 octobre 1842, clair et doré — une nouveauté dans un monde de bières brunes et troubles, que le verre transparent, alors récent, a rendue spectaculaire.

      La visite commence sous la porte du Jubilé, traverse la salle de brassage avec ses cuves de cuivre et l'ancienne, gardée telle quelle, puis descend dans les caves creusées dans le grès sous la brasserie, où quelques tonneaux de chêne poissés brassent encore à l'ancienne pour comparaison. Le verre tiré là, non filtré et non pasteurisé, est la raison de la visite.

      La brasserie appartient au groupe japonais Asahi depuis 2017 ; elle a conservé son nom sur l'étiquette, Prazdroj, « la source originelle ». Le restaurant Na Spilce, dans l'ancienne cave de fermentation, est immense et sert la même bière au prix de la ville.

      marché
      18 €
    • Souterrain historique de Plzeň, Plzeň, République tchèque
      Souterrain historique de Plzeň Vingt kilomètres de caves médiévales sur trois niveaux sous le centre, dont la visite parcourt huit cents mètres à sept mètres sous les rues : puits, glacières, et les caves où chaque maison bourgeoise brassait sa bière avant la grande brasserie. ⚠️ Casque fourni, dix degrés toute l'année ; le départ est au musée de la Bière, à deux pas de la place.
      En savoir plus

      Le sous-sol a été creusé à partir du XIVᵉ siècle par les maisons elles-mêmes, chacune sous son propre plancher : une cave pour la bière, puis une deuxième sous la première quand il fallait plus de fraîcheur, puis des couloirs qui rejoignaient ceux du voisin — jusqu'à un réseau de trois étages sous tout le centre. On y stockait la bière et la nourriture, on y cachait ce qu'il fallait cacher, et l'on s'y réfugiait pendant les sièges ; au XXᵉ siècle, il a encore servi d'abri pendant la guerre.

      Le parcours descend par la cave du musée de la Bière et suit un tronçon éclairé : des puits qui plongeaient jusqu'à la nappe, une glacière, les traces de pioche dans le grès, et des objets tirés des remblais — vaisselle, chaussures, jouets — qui datent chaque étage. On voit surtout comment une ville a bâti son double en dessous, sans plan, pendant cinq siècles.

      Il fait frais toute l'année, et humide : une veste, des chaussures fermées. Le casque est obligatoire, les plafonds sont bas et le sol inégal ; le guide parle tchèque ou anglais selon le créneau, et l'on ressort à deux pas de la place.

      culture
      10 €
    • Cathédrale Saint-Barthélemy et sa tour, Plzeň, République tchèque
      Cathédrale Saint-Barthélemy et sa tour Une cathédrale gothique plantée seule au milieu de la place de la République, avec le plus haut clocher du pays — 102 mètres, 301 marches — d'où la vue porte jusqu'aux forêts de Šumava. À l'intérieur, la Madone de Plzeň, une statue de pierre du XIVᵉ siècle. ⚠️ La cathédrale est gratuite aux heures d'ouverture ; seule la tour se paie.
      En savoir plus

      L'église a été commencée peu après la fondation de la ville, vers 1300, et achevée au XVIᵉ siècle ; elle n'est cathédrale que depuis 1993, quand Plzeň a reçu un évêque. Sa flèche a été refaite au XIXᵉ siècle, et c'est ce qui l'a portée à la première place du pays ; la montée se fait par un escalier étroit dans l'épaisseur du mur, avec des paliers pour laisser passer ceux qui descendent.

      À l'intérieur, sur le maître-autel, la Madone de Plzeň est une statue de pierre polychrome de la fin du XIVᵉ siècle, dans le style qu'on appelle des Belles Madones : hanche déportée, drapé en cascade, visage rond. Elle est l'objet d'un pèlerinage et de copies dans toute la région. La chapelle Šternberk, accolée au sud, a une voûte Renaissance à nervures tressées.

      Fais le tour de l'église par l'extérieur : sur la grille de fer qui ferme le chevet, une petite tête d'ange est polie par des générations de mains — la toucher porte bonheur, disent les Plzeňois, et tout le monde le fait. La place autour est le vrai parvis, avec les fontaines dorées et l'hôtel de ville à sgraffites.

      culture
      5 €

    Jour 9

    • Musée de la Bière et place de la République, Plzeň, République tchèque
      Musée de la Bière et place de la République Le musée de la Bière occupe une maison de brasseur du XVᵉ siècle, à deux pas de la place : malterie, tonneaux, enseignes de tavernes et la façon dont on brassait avant 1842. La place elle-même est l'une des plus grandes de Bohême, bordée de façades Renaissance, avec l'hôtel de ville à sgraffites et trois fontaines dorées modernes qui divisent encore les Plzeňois. ⚠️ Le même guichet vend le musée et le souterrain.
      En savoir plus

      Le musée est installé dans une maison qui avait le droit de brasser au Moyen Âge, avec sa malterie sous les combles et sa cave — l'une des maisons bourgeoises qui se partageaient ce privilège avant 1842. On y suit le chemin du grain à la chope : la germination, le séchage sur la touraille, les cuves de bois, puis les tavernes reconstituées, les enseignes, les chopes à couvercle d'étain et une collection d'affiches où la pils devient une marque mondiale.

      La place de la République est l'une des plus vastes du pays, un rectangle bordé de maisons dont les façades vont du gothique au XIXᵉ siècle ; l'hôtel de ville, Renaissance, a été bâti par un Italien et couvert de sgraffites, et la colonne de la peste date de 1681. Les trois fontaines dorées de 2010 — un ange, un lévrier, un chameau, les figures des armes de la ville — ont fait scandale, et beaucoup d'habitants les détestent encore.

      Le billet du musée se combine avec le souterrain, qui part de sa cave ; fais les deux d'affilée. Et si l'architecture t'intéresse, plusieurs appartements dessinés par Adolf Loos entre les deux guerres, à quelques rues, se visitent sur réservation.

      marché
      6 €

    35 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur la place de la République, 70 € la nuit.

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  6. Plzeň → Český Krumlov — Route 20 par Strakonice — 150 km, 2 h, 7 € par personne (13 € à partager).
  7. Český Krumlov, République tchèque

    04. Český Krumlov

    J10 → J12 · 3 nuits · 359 € par personne

    Un château peint au-dessus d'un méandre, et une ville Renaissance dedans

    Un château Renaissance à tour peinte au-dessus d'une double boucle de la Vltava, et une ville du XVIᵉ siècle dedans, classée à l'Unesco. Circuits guidés du château, théâtre baroque à machinerie intacte, Egon Schiele, et la rivière en canoë. ⚠️ Dormir sur place : de onze à seize heures, les cars de Prague et de Vienne prennent tout.

    En savoir plus sur Český Krumlov

    Český Krumlov est la ville la plus photographiée du pays après Prague, et pour une fois la photo ne ment pas : une double boucle de la Vltava, des toits rouges serrés dedans, et sur le rocher au-dessus le deuxième plus grand château de Bohême, avec sa tour ronde peinte de faux marbres. Les Rožmberk l'ont fait Renaissance, les Eggenberg lui ont donné un théâtre baroque conservé avec toute sa machinerie, les Schwarzenberg l'ont gardé jusqu'en 1947. La ville en bas est restée au XVIᵉ siècle, classée à l'Unesco en 1992.

    ⚠️ Elle est aussi envahie : les cars de Prague, de Vienne et de Salzbourg déversent leurs passagers entre onze et seize heures, et le centre devient alors une file de boutiques de souvenirs. Le remède est simple — dormir sur place. Le matin tôt et le soir, la ville est vide, les ruelles résonnent, et le château éclairé se reflète dans la rivière. Deux nuits sont le bon compte.

    On arrive en bus direct depuis Prague en moins de trois heures, ou par České Budějovice depuis Plzeň. Tout se fait à pied ; le château se visite en circuits guidés qu'on réserve, la tour et le musée librement. Egon Schiele y a peint en 1911 avant d'en être chassé : le centre d'art qui porte son nom occupe l'ancienne brasserie municipale.

    À table

    • Kapr — la carpe des étangs de Bohême du Sud, frite en filets ou en soupe, sur les cartes des restaurants au bord de la Vltava.
    • Kulajda — la soupe crémée aux champignons, à l'aneth et à l'œuf poché, la spécialité de la région, en entrée dans toute hospoda.
    • Bramboráky — les galettes de pomme de terre râpée à la marjolaine et à l'ail, frites, avec la bière, dans les tavernes du centre.
    • Pivo Eggenberg — la bière de la brasserie du château, brassée en ville depuis le XVIᵉ siècle, dans la cour de la brasserie elle-même.
    • Medovník — le gâteau de miel à étages, russe d'origine et adopté par toutes les pâtisseries de la ville, avec un café sur la place.

    Jour 10

    • Château, circuit I : appartements Renaissance et baroques, Český Krumlov, République tchèque
      Château, circuit I : appartements Renaissance et baroques Le deuxième ensemble castral du pays après Prague, sur un rocher au-dessus du méandre. Le circuit I traverse la chapelle Saint-Georges, les appartements des Rožmberk et des Eggenberg et la salle des Masques, peinte en 1748 de figures de carnaval en trompe-l'œil. ⚠️ Visite guidée par créneaux, à réserver ; le circuit II couvre le XIXᵉ siècle des Schwarzenberg. Les cours et le pont-manteau sont libres.
      En savoir plus

      Trois grandes familles se sont succédé ici, et le circuit les traverse dans l'ordre : les Rožmberk, dont la rose à cinq pétales est partout, sur les portes, les poêles et les plafonds ; les Eggenberg, venus de Styrie ; les Schwarzenberg enfin, jusqu'à ce que l'État tchécoslovaque prenne le château en 1947. Dans la chapelle et les appartements Renaissance, on voit ce que Vilém de Rožmberk avait fait venir d'Italie ; dans les salles baroques, le carrosse doré des Eggenberg, construit en 1638 pour porter les présents de l'empereur au pape, et jamais réutilisé.

      La salle des Masques est le sommet : quatre murs couverts de personnages de carnaval en trompe-l'œil, peints en 1748 par Josef Lederer, qui se penchent aux balcons, jouent aux cartes et regardent le visiteur.

      Dans les fossés, entre les deux premières cours, des ours vivent depuis le XVIᵉ siècle : les Rožmberk prétendaient descendre des Orsini de Rome, dont le nom veut dire ours. Passe ensuite par le pont-manteau, cinq étages d'arcades qui enjambent le ravin vers les jardins, et regarde en bas — c'est de là que la ville est la plus petite.

      culture
      12 €
    • Tour du château et musée du château, Český Krumlov, République tchèque
      Tour du château et musée du château La tour ronde du XVIᵉ siècle, peinte de faux marbres, qui domine toute la ville — 162 marches jusqu'à la galerie, d'où l'on voit le méandre entier et les toits rouges serrés dedans. Le musée, au pied, raconte les trois familles du château, sans guide et à son rythme. ⚠️ C'est le seul circuit du château qui se visite librement, et le seul ouvert toute l'année.
      En savoir plus

      La tour a été surélevée et décorée vers 1590 sur ordre de Vilém de Rožmberk, par un peintre de la région, Bartoloměj Beránek, qui a couvert la maçonnerie de fausses fenêtres, de faux marbres et de guirlandes : de loin, elle a l'air d'un décor de théâtre. Les couleurs qu'on voit aujourd'hui sont celles de 1590, retrouvées sous les badigeons et restituées dans les années 1990 — les vieilles photographies la montrent grise.

      La montée passe par les étages de la vieille tour gothique, puis par la galerie à colonnettes sous le toit de cuivre vert, où pendent encore les cloches. De là-haut, la ville se lit d'un coup : la Vltava qui fait sa double boucle, le pont-manteau, les jardins sur la crête, et la place avec sa colonne. C'est l'endroit pour comprendre le plan de Krumlov avant de le parcourir.

      Le musée du château, dans l'ancien logis du burgrave au pied de la tour, montre les meubles, les armes, les tableaux et les cuisines des trois familles, sans guide ni créneau : on y entre quand on veut, et c'est reposant après le circuit. ⚠️ En été, monte tôt le matin ; l'escalier est étroit et l'on s'y croise mal à midi.

      culture
      12 €
    • Jardins du château et Bellarie, Český Krumlov, République tchèque
      Jardins du château et Bellarie Onze hectares de jardins baroques en terrasses au-dessus du château, avec la fontaine en cascade, le pavillon rococo de Bellarie et un théâtre de plein air à scène tournante. Les jardins sont gratuits et ouverts d'avril à octobre ; on y arrive par le pont-manteau à cinq étages, le passage couvert le plus spectaculaire du site.
      En savoir plus

      Les jardins ont été tracés au XVIIᵉ siècle par les Eggenberg et refaits en baroque par les Schwarzenberg : une allée axiale qui monte doucement, des parterres, un étang, et à mi-chemin la fontaine en cascade, un escalier d'eau peuplé de figures de pierre, qui ne coule que l'été. La Bellarie est la maison de plaisance rococo au fond, jaune et blanche.

      Devant elle, un théâtre de plein air comme il n'en existe pas d'autre : le public est assis sur un gradin tournant, monté en 1958 et refait depuis, et c'est la salle entière qui pivote pour changer de scène — la Bellarie, une allée, un bosquet — pendant que les comédiens jouent dans le parc, la nuit. Le Théâtre de Bohême du Sud y donne ses opéras et ses pièces tout l'été, en tchèque, mais l'expérience se passe de la langue. ⚠️ L'Unesco considère la machine comme une intrusion dans le site et en demande le retrait depuis des années ; elle tourne toujours.

      On y monte depuis le château par le pont-manteau, ou depuis la ville par la route derrière la brasserie. L'entrée est libre tant que le parc est ouvert, et le soir, quand la lumière tombe sur la façade de la Bellarie, il n'y a plus personne.

      nature
      gratuit
    • Egon Schiele Art Centrum, Český Krumlov, République tchèque
      Egon Schiele Art Centrum Dans l'ancienne brasserie municipale, un centre d'art consacré au peintre viennois dont la mère était née ici et qui y a vécu et peint en 1911 — avant que les habitants ne le chassent pour ses modèles trop jeunes. Une salle de documents et quelques œuvres sur Schiele ; le reste en expositions temporaires d'art moderne et contemporain, souvent très bonnes.
      En savoir plus

      Marie Schiele, la mère du peintre, était née à Krumau, comme on disait alors en allemand, et Egon y est venu plusieurs fois avant de s'y installer au printemps 1911, avec sa compagne et modèle Wally Neuzil. Il a peint la ville depuis les hauteurs : des toits serrés, des façades sans personne, qu'il a appelés la Ville morte. Un couple non marié, des modèles adolescentes, des séances de pose au jardin — les habitants ont fait comprendre au couple qu'il devait partir, et il est reparti au bout de quelques mois.

      Le centre a ouvert en 1993 dans l'ancienne brasserie municipale, un vaste bâtiment du XVIᵉ siècle, et il n'est pas un musée Schiele au sens strict : les originaux sont peu nombreux, l'essentiel des œuvres étant à Vienne. Une salle raconte l'année 1911 avec des documents, des photographies et des dessins ; le reste est consacré à des expositions d'art du XXᵉ siècle et contemporain.

      Compte-le comme une visite courte, à faire par temps de pluie ou en fin d'après-midi quand les cars sont partis. Le bâtiment vaut en lui-même : les planchers, les charpentes et les grandes salles sont ceux d'une brasserie.

      culture
      12 €

    Jour 11

    • Le méandre de la Vltava, à pied ou en canoë, Český Krumlov, République tchèque
      Le méandre de la Vltava, à pied ou en canoë La ville tient dans une double boucle de la Vltava, et l'on en fait le tour à pied en une heure par les berges, les passerelles et la promenade sous le château. L'été, les loueurs de canoës et de rafts descendent la rivière à travers la ville, sous les ponts et par les petits seuils — les Tchèques en ont fait un sport national. ⚠️ Le centre est plein de onze à seize heures ; le matin et le soir, il est à vous.
      En savoir plus

      La Vltava naît dans la forêt de Šumava, à quelques dizaines de kilomètres, et à Krumlov elle n'est encore qu'une rivière de montagne, rapide, peu profonde, qu'on descend en canoë ou en raft depuis Vyšší Brod, en amont — c'est l'une des descentes les plus pratiquées du pays, et l'été, les Tchèques la font en famille, avec la glacière à bord. Le passage dans la ville est le moment attendu : on franchit les seuils des anciens moulins par des glissières, sous les regards des terrasses, avant de continuer vers le nord.

      À pied, le tour du méandre suit les berges par des passerelles et des ruelles : la rive sous le château, puis le jardin du séminaire, Seminární zahrada, d'où la vue sur le château et la tour est la plus large de la ville. Les ponts de bois et le petit pont à l'entrée de la place ferment la boucle.

      Les loueurs de la ville proposent aussi une descente courte, qui fait le tour de la ville par l'eau. Un maillot sous les vêtements, des chaussures qui vont dans l'eau, et un sac étanche pour le téléphone — les seuils mouillent, c'est le principe.

      détente
      gratuit

    Jour 12

    • Théâtre baroque du château, Český Krumlov, République tchèque
      Théâtre baroque du château Un des deux seuls théâtres baroques au monde conservés avec leur machinerie complète — l'autre est à Drottningholm, en Suède. Décors et coulisses de 1766, trappes, machine à vent et à tonnerre, tout fonctionne encore. ⚠️ Peu de places, visite guidée sur réservation, et pas de représentations publiques hors de quelques soirées d'été.
      En savoir plus

      Le théâtre a été construit vers 1680 par les Eggenberg, puis entièrement rééquipé en 1766 par Josef Adam de Schwarzenberg, qui a fait venir de Vienne des peintres de décors et un machiniste. Tout ce qu'ils ont laissé est resté sur place, parce que le théâtre s'est arrêté peu après et que personne n'a rien jeté : une dizaine de jeux de décors complets — forêt, prison, place de ville, salon —, des centaines de costumes, les partitions, les livrets, et sous la scène la machinerie de bois qui change tout le décor d'un coup, par un système de chariots et de cordes actionné à la main.

      La visite montre la salle, avec ses loges peintes, puis passe sous la scène et dans les coulisses : on entend la machine à vent, le tonnerre dans son tambour, la pluie qui roule dans un tuyau, et l'on voit les rampes de bougies qu'on pouvait masquer pour faire la nuit.

      Les places sont rares et la réservation se fait à l'avance ; les spectacles publics, à la bougie, ne sont donnés que quelques soirs d'été. Si tu ne dois choisir qu'un seul circuit payant du château, celui-ci est le plus singulier.

      culture
      17 €

    43 € hébergement · 35 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension Renaissance dans la vieille ville, 85 € la nuit.

    Voir les hébergements à Český Krumlovlien affilié

  8. Český Krumlov → Telč — Par Třeboň et Jindřichův Hradec — 130 km, 2 h, 6 € par personne (11 € à partager).
  9. Telč, République tchèque

    05. Telč

    J13 → J14 · 2 nuits · 185 € par personne

    Une place Renaissance intacte entre trois étangs, sur les collines de Moravie

    Une place Renaissance en fuseau, bordée sans interruption de maisons à arcades et à pignons de toutes les couleurs, entre trois étangs — classée à l'Unesco — et le château italianisant de Zacharias de Hradec au bout. Une étape courte et calme, une nuit ou deux, entre Český Krumlov et Brno.

    En savoir plus sur Telč

    Telč est une petite ville des collines de la Vysočina, à la frontière de la Bohême et de la Moravie, dont le centre tient sur une île entre trois étangs, et dont la place est l'une des plus belles d'Europe centrale : un long fuseau bordé sans interruption de maisons Renaissance et baroques à arcades, chacune d'une couleur, chacune coiffée d'un pignon différent. Elle a été reconstruite ainsi d'un seul jet après un incendie en 1530, et n'a plus bougé — l'Unesco l'a classée en 1992.

    Au bout de la place, le château : une forteresse gothique que Zacharias de Hradec a transformée en palais italien au retour d'un voyage à Gênes, avec des plafonds à caissons, une salle d'Or et des sgraffites qui n'ont pas été retouchés depuis le XVIᵉ siècle. Le circuit des salles Renaissance se fait avec un guide ; le jardin et la cour sont libres.

    ⚠️ C'est une étape courte et calme : une nuit, deux si l'on veut marcher autour des étangs au soir, quand la lumière rase les façades et que les cars de la journée sont repartis. On y arrive en bus depuis Prague par Jihlava, ou depuis Český Krumlov par České Budějovice ; Brno est à moins de deux heures. Le château ferme d'octobre à mars.

    À table

    • Houbová omáčka — la sauce aux champignons des forêts de la Vysočina, sur des quenelles, à l'automne sur toutes les cartes de la place.
    • Smažený sýr — la tranche de fromage panée et frite avec des frites et une sauce tartare, le plat de hospoda que les Tchèques mangent depuis l'enfance.
    • Pivo Ježek — la bière de Jihlava, la ville voisine, brassée depuis 1860, dans les tavernes sous les arcades.
    • Bramborové knedlíky — les quenelles de pomme de terre farcies de viande fumée, avec du chou, plat de la région des étangs et des collines.

    Jour 13

    • Place Zacharias-de-Hradec, Telč, République tchèque
      Place Zacharias-de-Hradec Une place en fuseau entièrement bordée de maisons Renaissance et baroques à arcades, chacune peinte d'une couleur et coiffée d'un pignon différent — le décor qui a fait classer Telč à l'Unesco. Reconstruite d'un seul jet après l'incendie de 1530, elle n'a pas bougé depuis : deux fontaines, une colonne mariale, et les étangs de chaque côté qui ferment la ville comme des douves.
      En savoir plus

      Le feu de 1530 a laissé la place nue, et les bourgeois l'ont rebâtie en pierre, avec des arcades continues pour s'abriter et des pignons où chacun a mis ce qu'il pouvait — un fronton à volutes, une frise à sgraffites, une rangée de créneaux, un saint dans une niche. Rien n'a été ajouté ni retiré depuis le baroque : c'est cette absence de XIXᵉ siècle, sans immeuble ni banque, qui a fait classer la ville. Regarde surtout le numéro 61, dont la façade est couverte de scènes bibliques en sgraffite, et les pignons en escalier du côté nord.

      Au milieu, la colonne mariale de 1717 et deux fontaines ; au bout, vers le château, l'église jésuite et la tour romane du Saint-Esprit, le plus vieux bâtiment de la ville, dont la galerie se monte et donne la seule vue d'en haut sur le fuseau de la place et les étangs.

      Les arcades abritent les cafés, une boulangerie, l'office de tourisme et quelques boutiques sans souvenirs de Prague ; le soir, les habitants s'assoient sur les bancs de la place et les lampes s'allument sous les voûtes. On dort ici, dans une des maisons, et c'est ce qui fait la différence avec un arrêt de car.

      marché
      gratuit
    • Le tour des étangs, Telč, République tchèque
      Le tour des étangs Trois étangs entourent le centre — Štěpnický, Ulický et l'étang du château — et le sentier qui en fait le tour rend la vue classique sur les pignons de la place se reflétant dans l'eau, avec les tours de l'église et du château derrière. Une heure à plat, à faire en fin de journée quand la lumière rase les façades et que les visiteurs de la journée sont repartis.
      En savoir plus

      Les étangs ne sont pas un décor : ils ont été creusés au Moyen Âge pour défendre la ville — Telč n'a jamais eu de vrais remparts, l'eau en tenait lieu — et pour élever la carpe, comme dans toute cette région de la Bohême du Sud et de la Vysočina, où des centaines d'étangs artificiels sont pêchés à la senne chaque automne. On les vide encore, par roulement, et les poissons partent vers les tables de Noël du pays entier.

      Le sentier fait le tour du centre par les berges, en passant sous le château et derrière les jardins des maisons : de l'autre côté de l'eau, les pignons de la place se reflètent en entier, avec les tours de l'église et du château derrière — c'est la photo de Telč, et elle se prend du côté de l'étang Ulický, en fin de journée, quand le soleil est derrière soi.

      C'est une promenade plate, sans balisage nécessaire, qu'on fait en sandales. Si tu as une voiture, le château de chasse de Roštejn, à quelques kilomètres dans la forêt, complète l'après-midi ; sinon, le banc au bord de l'eau suffit.

      détente
      gratuit

    Jour 14

    • Château de Telč, les salles Renaissance, Telč, République tchèque
      Château de Telč, les salles Renaissance Un château gothique transformé en palais Renaissance par Zacharias de Hradec après un voyage en Italie : plafonds à caissons, salle d'Or, salle des Chevaliers et salle de Théâtre, intacts depuis le XVIᵉ siècle, avec la chapelle où repose le seigneur et sa femme. ⚠️ Le circuit des salles Renaissance est celui qu'il faut choisir ; guidé, par créneaux, fermé d'octobre à mars. Cour et jardin sont libres.
      En savoir plus

      Zacharias de Hradec a hérité d'une forteresse gothique et en est revenu d'Italie avec l'idée d'un palais : il a fait venir des maçons et des stucateurs du Tessin et de Lombardie, et en une vingtaine d'années, dans la seconde moitié du XVIᵉ siècle, le château a changé de siècle. La salle d'Or a reçu un plafond de trente caissons sculptés et dorés, la salle des Chevaliers ses armures et ses peintures de batailles, la salle de Théâtre ses fresques en trompe-l'œil ; les sgraffites des cours, gris et blancs, n'ont jamais été refaits.

      Zacharias et sa femme Catherine de Wallenstein reposent dans la chapelle de Tous-les-Saints, sous un tombeau de marbre blanc à leur effigie, avec une grille de fer forgé qui compte parmi les plus belles du pays. Le château n'a plus été transformé après eux : les propriétaires suivants l'ont habité sans le moderniser, jusqu'à la nationalisation.

      Le circuit se fait avec un guide, en tchèque ou en anglais selon le créneau. Réserve le premier de la journée : la ville est calme, mais les groupes de la région arrivent en fin de matinée. Le jardin Renaissance, clos de murs, et le parc au bord de l'étang sont libres.

      culture
      11 €

    33 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension dans une maison Renaissance de la place, 65 € la nuit.

    Voir les hébergements à Telčlien affilié

  10. Telč → Brno — D1 depuis Jihlava — 100 km, 1 h 24, 5 € par personne (9 € à partager).
  11. Brno, République tchèque

    06. Brno

    J15 → J17 · 3 nuits · 321 € par personne

    La capitale de la Moravie, étudiante, moderniste, et sans un car de touristes

    La capitale de la Moravie, étudiante et moderniste : la villa Tugendhat de Mies van der Rohe, la forteresse du Špilberk et ses casemates, la crypte des Capucins, le marché aux choux et les caves à vin. Presque aucun touriste étranger, des prix tchèques. ⚠️ Tugendhat se réserve des semaines à l'avance.

    En savoir plus sur Brno

    Brno est la deuxième ville du pays et n'a rien d'une petite Prague : c'est une ville industrielle et universitaire, avec quatre-vingt mille étudiants, des cafés qui ferment tard, des caves à vin morave et un goût pour l'architecture moderne qui lui vient des années 1920, quand elle voulait être une capitale. Mies van der Rohe y a construit la villa Tugendhat, la maison la plus importante du siècle avec la villa Savoye, et tout le centre est semé de bâtiments fonctionnalistes.

    Le reste est morave et baroque : la forteresse du Špilberk sur sa colline, dont les casemates furent la prison la plus dure des Habsbourg ; les deux flèches du Petrov, dont les cloches sonnent midi à onze heures depuis un siège suédois ; la crypte des Capucins et ses moines momifiés ; le marché aux choux, tenu depuis le Moyen Âge, et le labyrinthe de caves en dessous. ⚠️ Brno n'a presque pas de touristes étrangers, et c'est son charme : on y mange et l'on y dort au prix tchèque, à deux heures et demie de Prague en train.

    Deux nuits suffisent, trois pour rayonner : les vignobles de Pálava et le château de Lednice au sud, le gouffre de Macocha au nord. La villa Tugendhat se réserve des semaines à l'avance — c'est la seule contrainte de l'étape, et celle qui décide de la date.

    À table

    • Moravský vrabec — le « moineau morave », des morceaux de porc rôtis au cumin avec du chou et des quenelles de pomme de terre, dans les hospoda de la vieille ville.
    • Vin de Moravie — le Sud du pays est vignoble : Pálava, Veltlínské zelené, Ryzlink, à boire au verre dans les vinárna en cave, et au marché de Zelný trh.
    • Slivovice — l'eau-de-vie de prune, souvent distillée à la maison, offerte en bienvenue et à ne pas refuser.
    • Moravské koláče — les brioches plates garnies de fromage blanc, de pavot et de prune en même temps, dans les boulangeries autour de la place de la Liberté.
    • Burčák — en septembre seulement : le moût de raisin en fermentation, trouble et pétillant, vendu au verre dans les rues pendant les fêtes du vin.

    Jour 15

    • Villa Tugendhat, Brno, République tchèque
      Villa Tugendhat La maison que Mies van der Rohe a construite en 1930 pour un couple d'industriels du textile : un mur de verre qui descend dans le sol par un moteur, une cloison d'onyx qui rougit au soleil couchant, un jardin d'hiver, les fauteuils dessinés pour elle — le manifeste de l'architecture moderne, classé à l'Unesco. ⚠️ Visites guidées d'une quinzaine de personnes, à réserver des semaines à l'avance ; sans billet on ne voit que le jardin.
      En savoir plus

      Greta et Fritz Tugendhat ont donné carte blanche à Mies van der Rohe, et l'ont laissé dépenser ce qu'il voulait : la villa a coûté le prix de plusieurs immeubles. Ils y ont vécu huit ans, puis ont fui en 1938 — la famille était juive — vers la Suisse et le Venezuela. La Gestapo s'est installée, puis un bureau d'études d'avionneurs allemands, puis la cavalerie soviétique qui a mis ses chevaux dans le salon ; le mobilier a disparu, et il a fallu la refaire à l'identique.

      Ce qu'on visite est le résultat de la restauration achevée en 2012, au millimètre : les colonnes cruciformes chromées, le mur d'onyx de l'Atlas dont les veines s'allument au soleil couchant, la cloison courbe en ébène de Macassar, les baies vitrées qui descendent dans le sol, et à l'étage inférieur la machinerie — chaudière, ventilation, moteurs des vitres — que Mies a traitée avec le même soin que le salon. C'est ici, en 1992, que Václav Klaus et Vladimír Mečiar ont réglé la séparation de la Tchécoslovaquie.

      On entre par la rue, au niveau des chambres, et l'on descend vers le salon et le jardin : la maison se découvre à l'envers. Sans billet, seul le jardin en contrebas se visite.

      culture
      19 €
    • Vieille ville : place de la Liberté, le Dragon et la Roue, Brno, République tchèque
      Vieille ville : place de la Liberté, le Dragon et la Roue Le centre tient entre la place de la Liberté, avec son horloge de granit noir en forme d'obus qui lâche une bille de verre à onze heures, et l'ancien hôtel de ville, où pendent un crocodile empaillé — le « dragon de Brno » — et une roue de charrette qu'un charron aurait fabriquée et roulée depuis Lednice en une journée, sur un pari. Autour, des cafés et des bars qui tiennent tard : la ville est étudiante.
      En savoir plus

      Commence par l'ancien hôtel de ville, rue Radnická : le portail gothique d'Anton Pilgram, de 1510, a cinq pinacles dont celui du milieu est tordu — la légende dit que le sculpteur, mal payé par les conseillers, l'a courbé exprès ; dans le passage derrière, un crocodile empaillé offert à la ville en 1608 pend au plafond, que la tradition appelle le dragon de Brno. La roue de charrette à côté aurait été fabriquée et roulée depuis Lednice en une seule journée par un charron, sur un pari qu'il a gagné — trop vite pour être honnête, ont dit les gens de Brno.

      La place de la Liberté est le salon de la ville, triangulaire, avec la maison des Quatre Lourdauds — quatre atlantes qui plient sous un balcon — et l'horloge de granit noir de 2010, qu'on lit très mal, et qui lâche chaque jour une bille de verre par un des orifices du socle à l'heure où le Petrov sonne midi.

      Derrière, l'église Saint-Jacques cache sous son parvis un ossuaire de plusieurs dizaines de milliers de personnes, ouvert au public depuis 2012 ; sur sa façade, un petit homme nu sculpté montre ses fesses à la cathédrale. Brno se prend moins au sérieux que Prague, et ça se voit.

      marché
      gratuit
    • Zelný trh, le marché aux choux, Brno, République tchèque
      Zelný trh, le marché aux choux La place en pente du marché, tenue tous les jours de semaine depuis le Moyen Âge : fruits, légumes, fleurs, fromages et vins moraves, autour de la fontaine baroque du Parnasse. Sous la place, un labyrinthe de caves médiévales se visite avec un guide — billet à part, à la maison du marché. Le matin, c'est la meilleure entrée dans la ville ; le Théâtre Reduta, où Mozart enfant a joué, ferme la place.
      En savoir plus

      La place est en pente, et le marché la remplit depuis le XIIIᵉ siècle ; les paysannes de la campagne morave y vendaient leurs choux, d'où le nom. La fontaine du Parnasse, au milieu, est une grotte baroque de rochers artificiels chargés d'allégories, dessinée dans les années 1690 par Fischer von Erlach, l'architecte de la cour de Vienne, et longtemps la seule source d'eau de la place — on y gardait les poissons vivants avant la vente.

      Sous les pavés, un labyrinthe de caves a été creusé maison par maison à partir du Moyen Âge, pour stocker le vin, la bière et les vivres, et rejoint en réseau ; la visite, avec un guide, montre des celliers, un laboratoire d'alchimiste reconstitué, un pilori et les collections de tonneaux, à plusieurs mètres sous les étals. Le théâtre Reduta, en haut de la place, est le plus ancien du pays, et Mozart y a joué enfant, en 1767, pendant un séjour en Moravie — une statue de lui, adulte à corps d'enfant, est devant.

      Viens le matin, en semaine, quand les producteurs sont là ; le samedi il y a plus de monde et moins d'étals. Le palais Dietrichstein, tout en haut, est le musée de Moravie.

      marché
      gratuit
    • Forteresse du Špilberk et ses casemates, Brno, République tchèque
      Forteresse du Špilberk et ses casemates Le château fort sur la colline au-dessus du centre, devenu au XVIIIᵉ siècle la prison la plus dure de l'empire des Habsbourg : ses casemates, des galeries voûtées sous les remparts, ont enfermé les carbonari italiens — Silvio Pellico y a écrit ses Prisons — puis les résistants de 1939. Le billet combiné couvre les casemates et le musée de la ville ; la tour panoramique donne sur tout Brno.
      En savoir plus

      Le roi Přemysl Otakar II a fondé le château au XIIIᵉ siècle, et les Habsbourg en ont fait une forteresse baroque qui a arrêté les Suédois en 1645 et les Prussiens un siècle plus tard. Mais c'est Joseph II qui lui a donné sa réputation, en 1783, en transformant les casemates en prison pour les condamnés les plus lourds de la monarchie : des cellules sans lumière dans l'épaisseur des remparts, où l'on enchaînait les détenus au mur.

      Après 1815, on y a envoyé les patriotes italiens et polonais. Silvio Pellico y a passé huit ans, et le livre qu'il en a tiré, Mes prisons, a fait plus pour l'unité italienne que bien des batailles — Metternich aurait dit qu'il avait coûté à l'Autriche plus qu'une guerre perdue. Le baron Trenck, le chef des pandours, y est mort en 1749 ; on le retrouve en bas de la colline, dans la crypte des Capucins. Les nazis ont rouvert la prison en 1939 pour les résistants tchèques.

      Le parcours des casemates se fait sans guide, avec des reconstitutions sobres ; le musée de la Ville, au-dessus, raconte Brno et son architecture. La colline est un parc, et l'on redescend vers le centre par les sentiers du versant est, avec la vue sur le Petrov.

      culture
      11 €

    Jour 16

    • Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul et le Petrov, Brno, République tchèque
      Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul et le Petrov Les deux flèches néogothiques qu'on voit de partout, sur la colline du Petrov au-dessus des jardins Denis. ⚠️ Ses cloches sonnent midi à onze heures : en 1645, la ville assiégée par les Suédois aurait sonné midi en avance, l'heure à laquelle le général ennemi avait promis de lever le siège s'il n'avait pas pris la ville. L'entrée est libre ; la montée aux tours et la crypte se paient à part, à l'accueil.
      En savoir plus

      La cathédrale a été gothique, puis baroque à l'intérieur au XVIIIᵉ siècle, et ses deux flèches ne datent que du début du XXᵉ : c'est l'architecte viennois August Kirstein qui a donné à Brno la silhouette qu'on croit médiévale. Elle figure sur la pièce de dix couronnes, celle qu'on a sans arrêt dans la poche.

      En 1645, pendant la guerre de Trente Ans, le général suédois Torstenson assiégeait la ville avec une armée dix fois plus nombreuse que la garnison ; l'histoire raconte qu'il aurait promis de lever le siège s'il n'avait pas pris Brno à midi. Le sonneur aurait sonné midi une heure en avance, et l'armée est partie. Vraie ou non, la ville a gardé l'heure : les cloches du Petrov sonnent midi à onze heures depuis, et c'est le moment d'être sur la place devant.

      Derrière la cathédrale, les jardins Denis descendent en terrasses vers la gare, avec un obélisque de 1818 qui célèbre la fin des guerres napoléoniennes et une colonnade d'où la vue porte sur le Špilberk et les toits ; c'est le meilleur endroit de Brno pour un banc au soleil. La montée aux tours et la crypte se paient à l'accueil de la cathédrale, l'église elle-même est libre.

      marché
      gratuit

    Jour 17

    • Crypte des Capucins, Brno, République tchèque
      Crypte des Capucins Sous l'église des Capucins, une crypte où le courant d'air et le sol ont momifié naturellement des dizaines de moines et de bienfaiteurs, allongés à même la terre depuis le XVIIIᵉ siècle, la tête sur une brique. Le baron Trenck, chef des pandours, y repose dans un cercueil de verre. ⚠️ Visite courte, et les enfants impressionnables en sortent vite.
      En savoir plus

      L'ordre enterrait ses moines sans cercueil, à même le sol de la crypte, et les conduits d'aération creusés dans la roche ont fait le reste : l'air sec a séché les corps au lieu de les décomposer. On les voit alignés, en bure, la tête posée sur deux briques, les mains croisées, dans l'état où ils étaient à la fermeture de la crypte, au XVIIIᵉ siècle. Des bienfaiteurs de l'ordre ont obtenu le même traitement, dans des cercueils ouverts, en habit de leur temps.

      Le plus célèbre est François de Trenck, colonel des pandours, ces irréguliers croates qui terrorisaient les campagnes pour Marie-Thérèse jusqu'à ce qu'on le juge pour ses exactions et qu'on l'enferme au Špilberk, où il est mort. Il avait demandé à être enterré chez les Capucins ; son corps momifié est dans un cercueil de verre, en uniforme.

      Au mur, l'inscription que tous les visiteurs lisent deux fois : ce que vous êtes, nous l'avons été ; ce que nous sommes, vous le serez. La visite est courte, sous l'église, à quelques pas du marché aux choux ; elle impressionne les enfants, et l'on en ressort en plein soleil.

      culture
      6 €

    38 € hébergement · 33 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le centre piéton, 75 € la nuit.

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  12. Brno → Olomouc — D1 et D46 — 80 km, 1 h, 4 € par personne (7 € à partager).
  13. Olomouc, République tchèque

    07. Olomouc

    J18 → J19 · 2 nuits · 174 € par personne

    La ville des évêques et des étudiants, six fontaines baroques et pas un car

    L'ancienne capitale de la Moravie, ville d'évêques et d'étudiants : la colonne de la Sainte-Trinité classée à l'Unesco, six fontaines baroques, une horloge astronomique de réalisme socialiste, le trésor des évêques et le fromage le plus odorant du pays. Pas un car, des prix tchèques, à une heure de train de Brno.

    En savoir plus sur Olomouc

    Olomouc a été la capitale de la Moravie jusqu'à ce que Brno la lui prenne, et elle en a gardé les monuments d'une capitale — un archevêché, une université fondée en 1573, la deuxième plus haute flèche du pays — avec la taille d'une ville de province, cent mille habitants, dont vingt mille étudiants. Les guides la rangent parmi les plus belles villes du pays et les cars ne s'y arrêtent pas : c'est la combinaison la plus agréable du parcours.

    Le centre tient sur deux places : la place Haute, avec l'hôtel de ville, son horloge astronomique refaite en 1955 en mosaïque de réalisme socialiste, et la colonne de la Sainte-Trinité — trente-cinq mètres de pierre chargés de saints, la plus grande colonne de peste d'Europe centrale, classée à l'Unesco ; et la place Basse, plus calme. Six fontaines baroques sont réparties entre les deux, chacune avec son dieu antique. Sur la colline de la cathédrale, le musée archidiocésain garde le trésor des évêques et les fenêtres romanes du palais des Přemyslides, où le dernier roi de la dynastie a été assassiné en 1306.

    ⚠️ Olomouc est aussi la ville d'un fromage, les tvarůžky, dont l'odeur traverse les sacs : on en goûte, on n'en rapporte pas. Deux nuits suffisent ; on arrive de Brno en une heure et quart de train, et Prague est à deux heures et demie directes.

    À table

    • Olomoucké tvarůžky — le seul fromage tchèque protégé par l'Europe : un palet de lait caillé maigre affiné jusqu'à devenir translucide, à l'odeur puissante et au goût doux, sur du pain avec des oignons. ⚠️ Ne pas le mettre dans un sac fermé à l'hôtel.
    • Tvarůžkové pâtisseries — la cukrárna de la place en fait des gâteaux, des biscuits et des tartelettes sucrés-salés, à goûter au moins une fois.
    • Hanácké koláče — les brioches plates de la plaine de Haná, garnies de fromage blanc et de pavot, dans les boulangeries de la place Basse.
    • Kachna s knedlíky — le canard rôti au chou rouge et aux quenelles, le plat de fête morave, dans les restaurants sous les arcades.

    Jour 18

    • Colonne de la Sainte-Trinité et la place Haute, Olomouc, République tchèque
      Colonne de la Sainte-Trinité et la place Haute La plus grande colonne de peste d'Europe centrale : trente-cinq mètres de pierre chargés de dix-huit saints, achevée en 1754 et classée à l'Unesco, avec une chapelle à l'intérieur de son socle. Autour, la place Haute aligne l'hôtel de ville, ses fontaines baroques — César, Hercule, Jupiter — et une fontaine moderne d'Arion, et les cafés sous les arcades. La ville n'a pas de cars ; on la traverse à pied en vingt minutes.
      En savoir plus

      Un tailleur de pierre de la ville, Wenzel Render, a proposé la colonne en 1716 pour remercier le ciel de la fin de la peste, et il l'a financée en partie de sa poche ; il est mort bien avant la fin, et trois générations d'artisans ont pris la suite jusqu'à la consécration de 1754, en présence de Marie-Thérèse et de son mari. Quatre ans plus tard, les Prussiens assiégeaient la ville et un boulet a touché la colonne ; la ville a gardé la marque, dorée, sur le fût.

      Ce n'est pas une colonne mais un bâtiment : trois étages de saints, les apôtres, les patrons de la Moravie, la Trinité en cuivre doré au sommet, et une chapelle à l'intérieur du socle où l'on tient à plusieurs. Les fontaines de la place sont de la même époque et forment une série à thème antique — César, parce que la légende fait de lui le fondateur d'Olomouc ; Hercule qui porte les armes de la ville ; Jupiter — que la fontaine d'Arion, de 2002, a complétée dans le même esprit.

      La place se vit sous les arcades et aux terrasses ; les étudiants y sont le soir, les cars n'y viennent pas. Depuis la place Basse, à cent mètres, deux autres fontaines et une seconde colonne, mariale, complètent la série.

      marché
      gratuit
    • L'horloge astronomique de l'hôtel de ville, Olomouc, République tchèque
      L'horloge astronomique de l'hôtel de ville Une horloge astronomique refaite en 1955 dans le goût du réalisme socialiste : à midi, à la place des apôtres, ce sont des ouvriers, un forgeron, un chimiste et une joueuse de volley-ball qui défilent, sous une mosaïque de paysans de la Haná. La seule du genre, et un document d'époque plus qu'un chef-d'œuvre. ⚠️ Le défilé a lieu une fois par jour, à midi.
      En savoir plus

      Il y avait ici une horloge depuis le XVᵉ siècle, refaite plusieurs fois, et la dernière version d'avant-guerre, avec ses saints et ses rois, a été détruite en mai 1945 dans les combats de la libération. Le régime communiste l'a fait reconstruire par le peintre Karel Svolinský, qui a livré en 1955 une œuvre de propagande sincère et soignée : la niche est tapissée d'une mosaïque où des paysans de la plaine de Haná dansent en costume, entourés des travaux des douze mois, et les figurines mécaniques sont des ouvriers, un chimiste avec son ballon, une joueuse de volley-ball.

      Le calendrier, en bas, est le détail qu'on manque : il marque en rouge les fêtes de l'époque, anniversaires de dirigeants et dates du parti, que personne n'a effacées. C'est ce qui fait de l'horloge un document plutôt qu'un monument, et c'est pour ça qu'elle vaut le coup — la seule horloge astronomique de réalisme socialiste au monde.

      Le défilé n'a lieu qu'à midi, une fois, et dure peu ; place-toi devant la niche un peu avant, il n'y a jamais foule. Le reste de la journée, on regarde la mosaïque, qui se lit comme une bande dessinée.

      culture
      gratuit
    • Cathédrale Saint-Venceslas, Olomouc, République tchèque
      Cathédrale Saint-Venceslas Une cathédrale gothique refaite en néogothique au XIXᵉ siècle, dont la flèche sud, à cent mètres, est la deuxième plus haute du pays après Plzeň. La crypte porte les tombes des évêques. C'est à côté, dans le palais du chapitre, que le roi Venceslas III a été assassiné en 1306, dernier des Přemyslides — le meurtre n'a jamais été élucidé.
      En savoir plus

      La cathédrale est celle des évêques de Moravie depuis le XIIᵉ siècle, mais ce qu'on voit est une reconstruction néogothique de la fin du XIXᵉ, qui a repris l'édifice presque entier et l'a coiffé de trois flèches. L'intérieur est sombre, peint de motifs sur toute la hauteur, et la nef a des dimensions de capitale — Olomouc a perdu ce titre au profit de Brno, mais elle a gardé son archevêque.

      Sous le chœur, la crypte réunit les tombes des évêques et archevêques, dans une enfilade de chapelles ; c'est calme, et l'on y descend librement. Devant le portail, la place est fermée par le musée archidiocésain et le palais des Přemyslides, où le dernier roi de la dynastie a été tué — l'histoire est racontée à côté, dans le musée, plutôt qu'ici.

      La colline de la cathédrale est à l'écart du centre, sur le rebord est de la vieille ville : monte-y à pied par les ruelles depuis la place Haute, pour finir sur la terrasse des remparts qui domine les parcs. C'est une visite courte ; la flèche se voit de partout, et c'est ainsi qu'on la retrouve.

      culture
      gratuit

    Jour 19

    • Svatý Kopeček, la basilique sur la colline, Olomouc, République tchèque
      Svatý Kopeček, la basilique sur la colline À vingt minutes de bus, une basilique baroque de pèlerinage plantée sur une colline au-dessus de la plaine de Haná, avec sa longue façade de couvent et une vue sur Olomouc et les monts Jeseníky. Jean-Paul II y est venu en 1995. Le zoo d'Olomouc est juste derrière, dans la forêt, si l'on voyage avec des enfants.
      En savoir plus

      La colline s'appelle « la petite montagne sainte », et le pèlerinage est né au XVIIᵉ siècle d'un vœu de marchand d'Olomouc qui y a bâti une chapelle ; les prémontrés de l'abbaye de Hradisko l'ont remplacée par cette basilique, achevée vers 1680 sur les plans d'un architecte tessinois, avec deux tours, une coupole peinte et une façade que prolongent de chaque côté les ailes du couvent — un seul front de plusieurs centaines de mètres face à la plaine.

      Jean-Paul II y a célébré une messe en 1995, devant une foule venue de toute la Moravie, et lui a donné le titre de basilique mineure ; une plaque le rappelle. L'intérieur est d'un baroque sans retenue, stucs, marbres, fresques et une chaire dorée, et l'orgue joue les dimanches.

      Le bus urbain y monte depuis le centre ; on peut aussi y aller à pied par les bois depuis la banlieue de Samotišky, en montée régulière. Le parvis regarde la plaine de Haná, Olomouc au premier plan et, par temps clair, les monts Jeseníky à l'horizon. Le zoo est à quelques minutes derrière la basilique, dans la forêt, avec une tour d'observation au-dessus des arbres.

      nature
      gratuit

    33 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension sous les arcades, 65 € la nuit.

    Voir les hébergements à Olomouclien affilié

  14. Olomouc → Kutná Hora — D35 puis routes par Litomyšl — 170 km, 2 h 18, 7 € par personne (14 € à partager).
  15. Kutná Hora, République tchèque

    08. Kutná Hora

    J20 → J21 · 2 nuits · 198 € par personne

    La ville de l'argent, sa cathédrale des mineurs et sa chapelle d'ossements

    La ville de l'argent de Bohême, à une heure de Prague : la cathédrale Sainte-Barbe bâtie par les mineurs, la mine médiévale où l'on descend casqué, la Cour italienne où l'on frappait la monnaie, et à Sedlec la chapelle décorée des os de quarante mille personnes. ⚠️ L'ossuaire se réserve à date et heure fixes.

    En savoir plus sur Kutná Hora

    Kutná Hora a été, au XIVᵉ siècle, la deuxième ville de Bohême et la plus riche : ses mines fournissaient le tiers de l'argent d'Europe, et l'atelier monétaire des rois y frappait le gros de Prague. Quand les filons se sont épuisés, la ville s'est endormie avec ses monuments, et c'est ce qu'on visite aujourd'hui, à une heure de train de Prague : la cathédrale Sainte-Barbe, bâtie par les mineurs pour leur sainte patronne sur le modèle de Saint-Guy, avec ses trois toits en tente et ses voûtes en fleurs ; la mine médiévale où l'on descend casqué dans des boyaux de quarante centimètres ; la Cour italienne, où l'on frappe encore des pièces pour les visiteurs.

    Et à Sedlec, dans le faubourg près de la gare, la chapelle d'ossements : les os de quarante mille personnes assemblés en pyramides, en guirlandes et en lustre par un sculpteur sur bois en 1870. ⚠️ C'est le monument le plus visité du pays hors de Prague, il se réserve désormais à date et heure fixes, et l'on n'y photographie plus. La cathédrale de Sedlec, à trois cents mètres, refaite par Santini en gothique baroque, est presque vide.

    Kutná Hora se fait en une journée pleine depuis Prague ; dormir sur place permet de voir Sainte-Barbe au soir, sans les groupes, et de descendre la ruelle Ruthardská quand les lampes s'allument. C'est la dernière étape du parcours ; le train ramène à Prague en une heure.

    À table

    • Dačický — la bière de la brasserie de Kutná Hora, ressuscitée en 2017 dans l'ancienne brasserie de la ville, à boire à la source ou dans les tavernes du centre.
    • Vin de Kutná Hora — la ville a des vignes depuis le Moyen Âge, replantées depuis peu au pied de Sainte-Barbe : blancs secs à goûter dans les caves de la vieille ville.
    • Svíčková — le rôti de bœuf à la crème et à l'airelle, plat du dimanche de Bohême, dans les restaurants de la place Palacký.
    • Koláče et buchty — les brioches au fromage blanc et au pavot des boulangeries du centre, avec un café après l'ossuaire.

    Jour 20

    • Ossuaire de Sedlec, Kutná Hora, République tchèque
      Ossuaire de Sedlec Une petite chapelle de cimetière décorée des os de quarante mille personnes, empilés en pyramides, tressés en guirlandes et assemblés en un lustre qui utilise tous les os du corps humain — l'œuvre d'un sculpteur sur bois, František Rint, en 1870, à partir des ossements du cimetière de la peste. ⚠️ Billet à date et heure fixes, photos interdites à l'intérieur ; à l'écart du centre, à dix minutes de la gare principale.
      En savoir plus

      Le cimetière doit sa réputation à un abbé de Sedlec, Henri, qui serait revenu de Jérusalem en 1278 avec une poignée de terre du Golgotha et l'aurait répandue ici : la légende a fait du lieu une terre sainte, et l'on a voulu y être enterré depuis toute l'Europe centrale. La peste du XIVᵉ siècle et les guerres hussites ont rempli le sol au-delà de ce qu'il pouvait contenir, et au début du XVIᵉ siècle un moine à demi aveugle a exhumé les os et les a empilés dans la chapelle, en pyramides, pour faire de la place.

      Rint est arrivé trois siècles et demi plus tard, engagé par les Schwarzenberg, propriétaires du domaine, pour mettre de l'ordre : il a blanchi les os à la chaux et les a composés. Le lustre au centre est son morceau de bravoure ; dans un angle, les armes des Schwarzenberg sont refaites en os jusqu'au corbeau qui picore la tête du Turc, et près de l'entrée il a signé son nom, en os aussi, avec la date.

      Le billet à créneau a été imposé parce que la chapelle est minuscule et que les cars la saturaient ; prends le créneau le plus matinal. Photographier est interdit depuis 2020, à la demande de la paroisse, qui rappelle qu'il s'agit d'un lieu de sépulture.

      culture
      9 €
    • Vieille ville et ruelle Ruthardská, Kutná Hora, République tchèque
      Vieille ville et ruelle Ruthardská Le centre médiéval, sur sa colline, garde ses ruelles pavées, l'église Saint-Jacques et sa tour penchée, la colonne de peste et la fontaine de pierre de 1495 ; la Ruthardská est une ruelle en pente sous les murs du Hrádek, entre le collège jésuite et la cathédrale Sainte-Barbe — la plus belle vue sur la ville. Une heure à pied, à finir sur la terrasse aux statues au coucher du soleil.
      En savoir plus

      La ville a été construite vite, au XIVᵉ siècle, par des gens qui avaient de l'argent et pas de plan : les ruelles montent et tournent en suivant les anciens puits et les tas de déblais, et c'est ce qui reste aujourd'hui, sous les façades baroques. La maison de Pierre, Kamenný dům, avec son pignon sculpté de la fin du XVᵉ siècle, et la fontaine de pierre, un réservoir gothique à douze pans qui alimentait la ville en eau, sont les deux monuments civils à ne pas rater.

      L'église Saint-Jacques, avec sa haute tour, est la paroissiale du centre ; sa seconde tour n'a jamais été achevée, le sol miné ne la portait pas. La colonne de la peste de la place, de 1715, est de František Baugut, qui a aussi sculpté les statues de la terrasse de Sainte-Barbe. Le collège jésuite, en contrebas, est devenu la galerie d'art de la région, GASK.

      La Ruthardská porte le nom d'une famille de patriciens ; la légende de la ville y place une fille murée vivante par son père. On la descend sous les murs du Hrádek, entre les jardins, en fin de journée, quand les lampes s'allument et que les cars sont repartis ; elle mène à la terrasse de Sainte-Barbe, et c'est la meilleure arrivée.

      marché
      gratuit
    • Musée de l'argent et la mine médiévale, Kutná Hora, République tchèque
      Musée de l'argent et la mine médiévale Depuis le petit château du Hrádek, on enfile casque et blouse blanche pour descendre dans une galerie médiévale de la mine d'argent : deux cent cinquante mètres de boyaux, parfois quarante centimètres de large, comme les mineurs du XVᵉ siècle. Kutná Hora a fourni le tiers de l'argent d'Europe. ⚠️ Circuit guidé « Cesta stříbra », à réserver en saison ; à éviter en cas de claustrophobie, et prévoir une veste.
      En savoir plus

      Le Hrádek était la maison fortifiée d'un patricien enrichi par l'argent, et c'est là que le musée raconte comment on a extrait le métal : un tiers de la production européenne au XIVᵉ siècle, par des puits qui descendaient à plusieurs centaines de mètres, creusés au pic et à la chandelle, avec un code minier édicté par le roi Venceslas II en 1300 qui a servi de modèle à toute l'Europe. Dans la cour, une reconstitution du treuil à chevaux qui remontait le minerai.

      La blouse blanche qu'on enfile est la perkytle des mineurs médiévaux, faite pour être vue à la lueur des lampes ; la galerie qu'on parcourt a été redécouverte au XXᵉ siècle, et l'on y marche dans l'eau par endroits, courbé, en file, avec la roche à quelques centimètres des épaules. On comprend là ce que valait le gros de Prague.

      Le circuit se réserve, et il se fait avec un guide ; les enfants adorent, les claustrophobes non. Sors ensuite par la ruelle Ruthardská, juste sous les murs du Hrádek, vers la cathédrale.

      culture
      8 €

    Jour 21

    • Cathédrale Sainte-Barbe, Kutná Hora, République tchèque
      Cathédrale Sainte-Barbe L'église des mineurs d'argent, dédiée à leur sainte patronne, commencée en 1388 sur le modèle de Saint-Guy de Prague et achevée cinq siècles plus tard : trois tentes de pierre en toiture, des voûtes en fleurs de Benedikt Ried, et sur les murs des fresques de mineurs et de monnayeurs au travail. On y arrive par une terrasse bordée de statues au-dessus de la vallée, la plus belle approche d'une église du pays.
      En savoir plus

      Ce sont les mineurs et la ville, pas l'Église, qui ont commandé Sainte-Barbe, et ils l'ont voulue à la mesure de leur fortune : l'atelier de Peter Parler en a dessiné le chœur, puis Matěj Rejsek et Benedikt Ried, les meilleurs architectes de leur temps, ont élevé les voûtes — celles de Ried, en haut de la nef, dessinent des fleurs et des étoiles sans un pilier pour les porter. Quand l'argent des mines s'est tari, au milieu du XVIᵉ siècle, le chantier s'est arrêté net, et l'église est restée fermée par un mur provisoire pendant plus de trois cents ans, jusqu'à la façade de 1905.

      Les fresques des chapelles sont ce qu'on ne voit nulle part ailleurs : des mineurs en blouse blanche avec leur lampe, des monnayeurs à la frappe, peints à la fin du XVᵉ siècle par ceux-là mêmes qui payaient. Une statue de mineur en habit de travail est posée dans la nef, capuche blanche et outil à la main.

      Arrive par la terrasse depuis le collège jésuite, entre les statues baroques : on découvre les trois toits en tente d'un coup, avec la vallée en contrebas. Le soir, quand les groupes sont repartis, la terrasse est le lieu de la ville, et l'église est éclairée.

      culture
      7 €

    33 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension dans une maison de la vieille ville, 65 € la nuit.

    Voir les hébergements à Kutná Horalien affilié

  16. Kutná Hora → Prague — Route 38 puis D11 — 80 km, 1 h 6, 4 € par personne (7 € à partager).

Le budget de ces 21 jours

2 359 € par personne pour 21 jours, soit 112 € / jour. À deux, 4 718 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement831 €35 %
Repas700 €30 %
Transport sur place34 €1 %
Location de voiture — 21 jours473 €20 %
Carburant et péages41 €2 %
Activités281 €12 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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