République tchèque en 7 jours : l'itinéraire jour par jour
822 € par personne sur place pour 7 jours, soit 117 € / jour — en 3 étapes, de Prague à Kutná Hora. En passant par Český Krumlov.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · trois semaines · toutes les étapes de République tchèque
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Prague — Václav Havel (PRG), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Prague
J1 → J3 · 3 nuits · 364.5 € par personne
La ville aux cent clochers, intacte depuis le baroque, et le fleuve qui la traverse
Un centre médiéval et baroque intact, du pont Charles au château et de l'horloge astronomique au quartier juif — et huit millions de visiteurs par an. ⚠️ L'étape la plus chère du parcours ; on mange et l'on dort dans les quartiers, Vinohrady ou Žižkov, à dix minutes de tram. Le tram 22 monte au château.
En savoir plus sur Prague
Prague a échappé aux bombardements et aux urbanistes : son centre médiéval et baroque est resté entier, de la Vieille Ville au château en passant par le pont Charles, et c'est ce qui la rend unique en Europe — et ce qui y attire huit millions de visiteurs par an. On la parcourt à pied, de la place de la Vieille Ville et de son horloge au quartier juif de Josefov, puis par le pont vers Malá Strana et ses palais, avant de monter au château, la plus grande forteresse habitée du monde, où la cathédrale Saint-Guy domine tout.
⚠️ Prague est l'étape la plus chère et la plus fréquentée du parcours, et le centre entre le pont et la place est devenu un décor : restaurants à menus illustrés, boutiques de cristal, trdelník à chaque coin de rue. On y passe, on n'y mange pas. La ville vraie est à dix minutes de marche — Vinohrady et ses cafés, Žižkov et ses bars, Letná et sa buvette au-dessus du fleuve, Holešovice et ses friches reconverties.
Le tram fait tout : la ligne 22 monte au château et traverse Malá Strana, le 17 longe la Vltava. Un billet de trois jours vaut le coup dès le premier soir. Trois nuits sont un minimum pour voir le château, la Vieille Ville, Josefov et Vyšehrad sans courir ; la quatrième se passe à Petřín, à Letná et dans les quartiers.
À table
- Svíčková na smetaně — le rôti de bœuf mariné, sa sauce crémée aux légumes-racines, les quenelles de pain et l'airelle : le plat du dimanche, dans toute hospoda de quartier.
- Vepřo knedlo zelo — porc rôti, quenelles et chou aigre, le plat national, à partager d'un pichet de pils.
- Chlebíčky — les canapés garnis de pomme de terre, œuf, jambon et cornichon, à emporter dans les lahůdky, les traiteurs d'angle de rue.
- Pivo tankové — la Pilsner Urquell non pasteurisée, livrée en citerne et tirée du tank dans les tankovna : la bière la plus fraîche du pays.
- Trdelník — ⚠️ le rouleau de pâte grillé vendu comme tradition pragoise n'est ni tchèque ni ancien : c'est une pâtisserie de Slovaquie arrivée dans les années 2000. Bon, cher, mais pas d'ici.
- Koláče — les brioches rondes garnies de fromage blanc, de pavot ou de prune, au petit-déjeuner dans les pekárna de Vinohrady.
Jour 1
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Pont Charles et Malá Strana Le pont de pierre de Charles IV, commencé en 1357, bordé de trente statues baroques — dont celle de saint Jean Népomucène, dont on touche la plaque de bronze pour revenir à Prague. Il mène au quartier de Malá Strana, ses palais, l'église Saint-Nicolas et les jardins en terrasses sous le château. ⚠️ Y passer avant huit heures du matin ; à midi on n'y avance plus.gratuitmarchéEn savoir plus
La tradition dit que Charles IV a posé la première pierre le 9 juillet 1357, à un moment choisi par ses astrologues parce que ses chiffres se lisent dans les deux sens : 1-3-5-7-9-7-5-3-1. Peter Parler, l'architecte de Saint-Guy, a dessiné le pont et la tour de la Vieille Ville, la plus belle porte gothique d'Europe centrale, qui se monte. Les statues sont presque toutes des copies : les originaux, rongés par les crues et la pollution, sont au Lapidarium du Musée national.
Celle de Jean Népomucène, en bronze, est la plus ancienne, posée en 1683 à l'endroit d'où le roi Venceslas IV avait fait jeter le vicaire dans la rivière en 1393. La coutume de toucher la plaque est récente, et tout le monde s'y plie.
De l'autre côté, la rue Mostecká monte à la place de Malá Strana et à Saint-Nicolas, la plus belle église baroque de la ville, avec la coupole des Dientzenhofer. Puis la rue Nerudova grimpe vers le château entre des maisons aux enseignes peintes — les deux soleils, les trois petits violons — qui servaient d'adresse avant les numéros. Redescends sur Kampa, l'île sous le pont, où le mur Lennon se repeint tous les jours, et entre dans le jardin Wallenstein, gratuit, avec ses paons.
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Ancien hôtel de ville et sa tour L'horloge astronomique de 1410 sur la façade — les apôtres défilent à chaque heure pile pendant que la foule se masse dessous — et, au-dessus, la tour d'où l'on regarde les toits de la Vieille Ville et les flèches de Týn. ⚠️ Le billet est pris sans ascenseur ; l'ascenseur se paie en plus. Les salles historiques et le souterrain se visitent avec un guide, en option.14 €cultureEn savoir plus
L'horloge a été montée en 1410 par l'horloger Mikuláš de Kadaň sur les calculs de l'astronome Jan Šindel, et son cadran ne donne pas l'heure comme les nôtres : il montre la position du soleil et de la lune dans le zodiaque, le jour en bleu et la nuit en noir, et l'heure de Bohême ancienne, comptée depuis le coucher du soleil. En dessous, le cadran-calendrier peint par Josef Mánes au XIXᵉ siècle est une copie ; l'original est au musée de la Ville.
Les figures des côtés sont plus parlantes que les apôtres : la Mort, un squelette qui tire la corde de sa cloche et retourne son sablier, la Vanité et son miroir, l'Avare et sa bourse, le Turc. La légende veut qu'on ait crevé les yeux du maître Hanuš pour qu'il ne refasse l'horloge nulle part ailleurs ; elle est belle et fausse, l'horloger s'appelait Mikuláš et il a gardé ses yeux.
L'aile est de l'hôtel de ville a brûlé dans les derniers jours de la guerre, en mai 1945, pendant l'insurrection de Prague ; on n'a jamais rebâti, et le vide à côté de la tour est le seul trou dans la place. La tour se monte par une rampe en spirale, sans marches, et la vue plonge sur les flèches de Týn.
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Letná, la bière avec vue Le parc en balcon au-dessus de la Vltava, au nord de la Vieille Ville, où un métronome géant a remplacé en 1991 la statue de Staline. Sa buvette sous les marronniers sert la bière au prix des quartiers, avec la vue sur les ponts alignés — c'est là que les Pragois finissent une journée d'été. Le tram 17 dépose au pied de l'escalier.gratuitdétenteEn savoir plus
Le socle de granit qui porte le métronome portait, de 1955 à 1962, le plus grand monument de Staline jamais dressé : trente mètres de pierre, Staline en tête d'une file d'ouvriers et de soldats, que les Pragois avaient surnommée la queue pour la viande. Le sculpteur s'est suicidé avant l'inauguration ; sept ans plus tard, le régime a fait sauter le tout à la dynamite, et le socle est resté vide jusqu'au métronome rouge de 1991, dont le balancier marque un temps que personne n'a fixé.
Autour, les skateurs ont pris possession des dalles, et la vue est la plus connue de Prague : les ponts alignés sur la Vltava, l'un derrière l'autre, jusqu'à Vyšehrad. La buvette est un peu plus loin sur le plateau, sous les marronniers, devant le petit château de Letná : des bancs de bois, des saucisses, de la bière en pichet, et tout un quartier qui vient y finir la journée.
On y monte par l'escalier depuis le pont Čech, dans l'axe de la rue Pařížská, ou par le tram jusqu'à Letenské náměstí. Le pavillon Hanavský, en fonte, vient de l'exposition de 1891 et sert un dîner avec la même vue, pour beaucoup plus cher.
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Vyšehrad, la forteresse au-dessus de la Vltava L'autre colline de Prague, au sud, celle des légendes de fondation : remparts baroques, rotonde romane Saint-Martin, basilique néogothique Saint-Pierre-et-Saint-Paul et le cimetière où reposent Dvořák, Smetana et Mucha. L'enceinte est un parc gratuit, presque sans touristes, et la vue sur la rivière est la plus large de la ville.gratuitmarchéEn savoir plus
La légende y place la princesse Libuše, qui aurait prophétisé depuis ce rocher une ville « dont la gloire touchera les étoiles » ; l'histoire y place les premiers Přemyslides, qui y ont résidé au XIᵉ siècle avant de préférer le château de l'autre rive. De cette époque reste la rotonde Saint-Martin, le plus ancien bâtiment de Prague encore debout, un cylindre de pierre dont on fait le tour sans y entrer.
Le reste est plus tardif : les remparts en étoile sont ceux d'une forteresse du XVIIᵉ siècle, et les deux flèches de la basilique datent du début du XXᵉ, avec un intérieur Art nouveau peint de haut en bas. Dans les casemates, la salle de Gorlice abrite des statues originales du pont Charles, mises à l'abri des crues. Le cimetière est un panthéon national : le tombeau collectif du Slavín, Dvořák sous une grille de fer, Smetana, Mucha, Karel Čapek.
Sors par le côté est, au-dessus de la rivière : au pied du rocher, rue Libušina, trois maisons cubistes de Josef Chochol, bâties vers 1913 — Prague est la seule ville au monde à avoir construit dans ce style. Le métro Vyšehrad est à quelques minutes des remparts.
Jour 2
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Château de Prague, circuit principal Le plus grand ensemble castral du monde : la cathédrale Saint-Guy et son vitrail de Mucha, l'ancien palais royal et sa salle Vladislav sans colonnes, la basilique romane Saint-Georges, et la ruelle d'Or avec ses maisonnettes de gardes où Kafka a écrit. ⚠️ Le billet vaut deux jours, une entrée par bâtiment ; les cours et l'enceinte sont gratuites, la relève de la garde avec fanfare a lieu à midi.19 €cultureEn savoir plus
Saint-Guy a été commencée en 1344 par Charles IV, qui voulait pour sa capitale une cathédrale comme celles de France, et achevée en 1929 seulement : on voit la couture entre le chœur gothique de Peter Parler et la nef du XIXᵉ siècle. Dans la chapelle Saint-Venceslas, les murs sont incrustés de pierres semi-précieuses ; derrière une porte à sept serrures, les joyaux de la couronne, qu'on ne montre presque jamais.
Dans l'ancien palais royal, la salle Vladislav de Benedikt Ried, avec ses voûtes en pétales, servait de salle de tournoi : les cavaliers y entraient à cheval par l'escalier des Chevaliers. À côté, une fenêtre de la Chancellerie de Bohême est celle de la défenestration de 1618 — deux gouverneurs impériaux jetés dans le fossé, sauvés par un tas de fumier selon les uns, par la Vierge selon les autres, et la guerre de Trente Ans qui commence.
Entre par la place Hradčany, en haut, et descends : le circuit suit la pente et l'on sort par les jardins vers Malá Strana. Il y a un contrôle de sécurité aux portes, et la file grossit dès le milieu de la matinée. Dans la ruelle d'Or, la maison bleue du numéro 22 est celle où Kafka a écrit pendant l'hiver 1916-1917.
Jour 3
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Marché fermier de Náplavka Le samedi matin, les quais de la Vltava sous Vyšehrad se couvrent d'étals de producteurs : fromages de chèvre, pain au levain, saucisses grillées, jus de pomme, bière artisanale qu'on boit assis au bord du quai. C'est là que Prague fait ses courses, et le meilleur petit-déjeuner au bord de l'eau. ⚠️ Le samedi seulement, jusqu'au début de l'après-midi.gratuitmarchéEn savoir plus
Náplavka est le nom du quai bas, celui qui est au ras de l'eau, sous le quai Rašín entre le pont Palacký et le pont du chemin de fer. Le marché s'y tient le samedi depuis une quinzaine d'années, et il a fait de ce quai le vrai centre de la ville pour ses habitants : on y vient du quartier à vélo, on achète des fraises, des œufs et du fromage de chèvre, puis on s'assied sur le bord de pierre, les pieds au-dessus de l'eau, avec un café ou une bière, face aux cygnes.
Les portes rondes dans le mur du quai ouvrent sur des « kobky », les anciennes caves voûtées du port, réaménagées en 2019 avec de grands hublots de verre pivotants : cafés, galerie, un loueur de bateaux. Les péniches amarrées sont des bars et des salles de concert, et le soir, quand le marché est parti, c'est ici que Prague boit un verre.
Le samedi, viens tôt : en fin de matinée, les meilleurs étals sont vides. Les autres jours, le quai reste une promenade, avec Vyšehrad d'un côté et les ponts de l'autre ; le marché de la place Jiřího z Poděbrad, à Vinohrady, prend le relais plusieurs jours par semaine.
48 € hébergement · 38 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Vinohrady, métro à deux pas, 95 € la nuit.
- Prague → Český Krumlov — D3 — 180 km, 2 h 30, 8 € par personne (15 € à partager).
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02. Český Krumlov
J4 → J5 · 2 nuits · 228 € par personne
Un château peint au-dessus d'un méandre, et une ville Renaissance dedans
Un château Renaissance à tour peinte au-dessus d'une double boucle de la Vltava, et une ville du XVIᵉ siècle dedans, classée à l'Unesco. Circuits guidés du château, théâtre baroque à machinerie intacte, Egon Schiele, et la rivière en canoë. ⚠️ Dormir sur place : de onze à seize heures, les cars de Prague et de Vienne prennent tout.
En savoir plus sur Český Krumlov
Český Krumlov est la ville la plus photographiée du pays après Prague, et pour une fois la photo ne ment pas : une double boucle de la Vltava, des toits rouges serrés dedans, et sur le rocher au-dessus le deuxième plus grand château de Bohême, avec sa tour ronde peinte de faux marbres. Les Rožmberk l'ont fait Renaissance, les Eggenberg lui ont donné un théâtre baroque conservé avec toute sa machinerie, les Schwarzenberg l'ont gardé jusqu'en 1947. La ville en bas est restée au XVIᵉ siècle, classée à l'Unesco en 1992.
⚠️ Elle est aussi envahie : les cars de Prague, de Vienne et de Salzbourg déversent leurs passagers entre onze et seize heures, et le centre devient alors une file de boutiques de souvenirs. Le remède est simple — dormir sur place. Le matin tôt et le soir, la ville est vide, les ruelles résonnent, et le château éclairé se reflète dans la rivière. Deux nuits sont le bon compte.
On arrive en bus direct depuis Prague en moins de trois heures, ou par České Budějovice depuis Plzeň. Tout se fait à pied ; le château se visite en circuits guidés qu'on réserve, la tour et le musée librement. Egon Schiele y a peint en 1911 avant d'en être chassé : le centre d'art qui porte son nom occupe l'ancienne brasserie municipale.
À table
- Kapr — la carpe des étangs de Bohême du Sud, frite en filets ou en soupe, sur les cartes des restaurants au bord de la Vltava.
- Kulajda — la soupe crémée aux champignons, à l'aneth et à l'œuf poché, la spécialité de la région, en entrée dans toute hospoda.
- Bramboráky — les galettes de pomme de terre râpée à la marjolaine et à l'ail, frites, avec la bière, dans les tavernes du centre.
- Pivo Eggenberg — la bière de la brasserie du château, brassée en ville depuis le XVIᵉ siècle, dans la cour de la brasserie elle-même.
- Medovník — le gâteau de miel à étages, russe d'origine et adopté par toutes les pâtisseries de la ville, avec un café sur la place.
Jour 4
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Château, circuit I : appartements Renaissance et baroques Le deuxième ensemble castral du pays après Prague, sur un rocher au-dessus du méandre. Le circuit I traverse la chapelle Saint-Georges, les appartements des Rožmberk et des Eggenberg et la salle des Masques, peinte en 1748 de figures de carnaval en trompe-l'œil. ⚠️ Visite guidée par créneaux, à réserver ; le circuit II couvre le XIXᵉ siècle des Schwarzenberg. Les cours et le pont-manteau sont libres.12 €cultureEn savoir plus
Trois grandes familles se sont succédé ici, et le circuit les traverse dans l'ordre : les Rožmberk, dont la rose à cinq pétales est partout, sur les portes, les poêles et les plafonds ; les Eggenberg, venus de Styrie ; les Schwarzenberg enfin, jusqu'à ce que l'État tchécoslovaque prenne le château en 1947. Dans la chapelle et les appartements Renaissance, on voit ce que Vilém de Rožmberk avait fait venir d'Italie ; dans les salles baroques, le carrosse doré des Eggenberg, construit en 1638 pour porter les présents de l'empereur au pape, et jamais réutilisé.
La salle des Masques est le sommet : quatre murs couverts de personnages de carnaval en trompe-l'œil, peints en 1748 par Josef Lederer, qui se penchent aux balcons, jouent aux cartes et regardent le visiteur.
Dans les fossés, entre les deux premières cours, des ours vivent depuis le XVIᵉ siècle : les Rožmberk prétendaient descendre des Orsini de Rome, dont le nom veut dire ours. Passe ensuite par le pont-manteau, cinq étages d'arcades qui enjambent le ravin vers les jardins, et regarde en bas — c'est de là que la ville est la plus petite.
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Tour du château et musée du château La tour ronde du XVIᵉ siècle, peinte de faux marbres, qui domine toute la ville — 162 marches jusqu'à la galerie, d'où l'on voit le méandre entier et les toits rouges serrés dedans. Le musée, au pied, raconte les trois familles du château, sans guide et à son rythme. ⚠️ C'est le seul circuit du château qui se visite librement, et le seul ouvert toute l'année.12 €cultureEn savoir plus
La tour a été surélevée et décorée vers 1590 sur ordre de Vilém de Rožmberk, par un peintre de la région, Bartoloměj Beránek, qui a couvert la maçonnerie de fausses fenêtres, de faux marbres et de guirlandes : de loin, elle a l'air d'un décor de théâtre. Les couleurs qu'on voit aujourd'hui sont celles de 1590, retrouvées sous les badigeons et restituées dans les années 1990 — les vieilles photographies la montrent grise.
La montée passe par les étages de la vieille tour gothique, puis par la galerie à colonnettes sous le toit de cuivre vert, où pendent encore les cloches. De là-haut, la ville se lit d'un coup : la Vltava qui fait sa double boucle, le pont-manteau, les jardins sur la crête, et la place avec sa colonne. C'est l'endroit pour comprendre le plan de Krumlov avant de le parcourir.
Le musée du château, dans l'ancien logis du burgrave au pied de la tour, montre les meubles, les armes, les tableaux et les cuisines des trois familles, sans guide ni créneau : on y entre quand on veut, et c'est reposant après le circuit. ⚠️ En été, monte tôt le matin ; l'escalier est étroit et l'on s'y croise mal à midi.
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Jardins du château et Bellarie Onze hectares de jardins baroques en terrasses au-dessus du château, avec la fontaine en cascade, le pavillon rococo de Bellarie et un théâtre de plein air à scène tournante. Les jardins sont gratuits et ouverts d'avril à octobre ; on y arrive par le pont-manteau à cinq étages, le passage couvert le plus spectaculaire du site.gratuitnatureEn savoir plus
Les jardins ont été tracés au XVIIᵉ siècle par les Eggenberg et refaits en baroque par les Schwarzenberg : une allée axiale qui monte doucement, des parterres, un étang, et à mi-chemin la fontaine en cascade, un escalier d'eau peuplé de figures de pierre, qui ne coule que l'été. La Bellarie est la maison de plaisance rococo au fond, jaune et blanche.
Devant elle, un théâtre de plein air comme il n'en existe pas d'autre : le public est assis sur un gradin tournant, monté en 1958 et refait depuis, et c'est la salle entière qui pivote pour changer de scène — la Bellarie, une allée, un bosquet — pendant que les comédiens jouent dans le parc, la nuit. Le Théâtre de Bohême du Sud y donne ses opéras et ses pièces tout l'été, en tchèque, mais l'expérience se passe de la langue. ⚠️ L'Unesco considère la machine comme une intrusion dans le site et en demande le retrait depuis des années ; elle tourne toujours.
On y monte depuis le château par le pont-manteau, ou depuis la ville par la route derrière la brasserie. L'entrée est libre tant que le parc est ouvert, et le soir, quand la lumière tombe sur la façade de la Bellarie, il n'y a plus personne.
Jour 5
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Le méandre de la Vltava, à pied ou en canoë La ville tient dans une double boucle de la Vltava, et l'on en fait le tour à pied en une heure par les berges, les passerelles et la promenade sous le château. L'été, les loueurs de canoës et de rafts descendent la rivière à travers la ville, sous les ponts et par les petits seuils — les Tchèques en ont fait un sport national. ⚠️ Le centre est plein de onze à seize heures ; le matin et le soir, il est à vous.gratuitdétenteEn savoir plus
La Vltava naît dans la forêt de Šumava, à quelques dizaines de kilomètres, et à Krumlov elle n'est encore qu'une rivière de montagne, rapide, peu profonde, qu'on descend en canoë ou en raft depuis Vyšší Brod, en amont — c'est l'une des descentes les plus pratiquées du pays, et l'été, les Tchèques la font en famille, avec la glacière à bord. Le passage dans la ville est le moment attendu : on franchit les seuils des anciens moulins par des glissières, sous les regards des terrasses, avant de continuer vers le nord.
À pied, le tour du méandre suit les berges par des passerelles et des ruelles : la rive sous le château, puis le jardin du séminaire, Seminární zahrada, d'où la vue sur le château et la tour est la plus large de la ville. Les ponts de bois et le petit pont à l'entrée de la place ferment la boucle.
Les loueurs de la ville proposent aussi une descente courte, qui fait le tour de la ville par l'eau. Un maillot sous les vêtements, des chaussures qui vont dans l'eau, et un sac étanche pour le téléphone — les seuils mouillent, c'est le principe.
43 € hébergement · 35 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension Renaissance dans la vieille ville, 85 € la nuit.
- Český Krumlov → Kutná Hora — voiture, via Telč, Brno et Olomouc, 6 h 42, 21 € par personne.
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03. Kutná Hora
J6 → J7 · 2 nuits · 198 € par personne
La ville de l'argent, sa cathédrale des mineurs et sa chapelle d'ossements
La ville de l'argent de Bohême, à une heure de Prague : la cathédrale Sainte-Barbe bâtie par les mineurs, la mine médiévale où l'on descend casqué, la Cour italienne où l'on frappait la monnaie, et à Sedlec la chapelle décorée des os de quarante mille personnes. ⚠️ L'ossuaire se réserve à date et heure fixes.
En savoir plus sur Kutná Hora
Kutná Hora a été, au XIVᵉ siècle, la deuxième ville de Bohême et la plus riche : ses mines fournissaient le tiers de l'argent d'Europe, et l'atelier monétaire des rois y frappait le gros de Prague. Quand les filons se sont épuisés, la ville s'est endormie avec ses monuments, et c'est ce qu'on visite aujourd'hui, à une heure de train de Prague : la cathédrale Sainte-Barbe, bâtie par les mineurs pour leur sainte patronne sur le modèle de Saint-Guy, avec ses trois toits en tente et ses voûtes en fleurs ; la mine médiévale où l'on descend casqué dans des boyaux de quarante centimètres ; la Cour italienne, où l'on frappe encore des pièces pour les visiteurs.
Et à Sedlec, dans le faubourg près de la gare, la chapelle d'ossements : les os de quarante mille personnes assemblés en pyramides, en guirlandes et en lustre par un sculpteur sur bois en 1870. ⚠️ C'est le monument le plus visité du pays hors de Prague, il se réserve désormais à date et heure fixes, et l'on n'y photographie plus. La cathédrale de Sedlec, à trois cents mètres, refaite par Santini en gothique baroque, est presque vide.
Kutná Hora se fait en une journée pleine depuis Prague ; dormir sur place permet de voir Sainte-Barbe au soir, sans les groupes, et de descendre la ruelle Ruthardská quand les lampes s'allument. C'est la dernière étape du parcours ; le train ramène à Prague en une heure.
À table
- Dačický — la bière de la brasserie de Kutná Hora, ressuscitée en 2017 dans l'ancienne brasserie de la ville, à boire à la source ou dans les tavernes du centre.
- Vin de Kutná Hora — la ville a des vignes depuis le Moyen Âge, replantées depuis peu au pied de Sainte-Barbe : blancs secs à goûter dans les caves de la vieille ville.
- Svíčková — le rôti de bœuf à la crème et à l'airelle, plat du dimanche de Bohême, dans les restaurants de la place Palacký.
- Koláče et buchty — les brioches au fromage blanc et au pavot des boulangeries du centre, avec un café après l'ossuaire.
Jour 6
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Ossuaire de Sedlec Une petite chapelle de cimetière décorée des os de quarante mille personnes, empilés en pyramides, tressés en guirlandes et assemblés en un lustre qui utilise tous les os du corps humain — l'œuvre d'un sculpteur sur bois, František Rint, en 1870, à partir des ossements du cimetière de la peste. ⚠️ Billet à date et heure fixes, photos interdites à l'intérieur ; à l'écart du centre, à dix minutes de la gare principale.9 €cultureEn savoir plus
Le cimetière doit sa réputation à un abbé de Sedlec, Henri, qui serait revenu de Jérusalem en 1278 avec une poignée de terre du Golgotha et l'aurait répandue ici : la légende a fait du lieu une terre sainte, et l'on a voulu y être enterré depuis toute l'Europe centrale. La peste du XIVᵉ siècle et les guerres hussites ont rempli le sol au-delà de ce qu'il pouvait contenir, et au début du XVIᵉ siècle un moine à demi aveugle a exhumé les os et les a empilés dans la chapelle, en pyramides, pour faire de la place.
Rint est arrivé trois siècles et demi plus tard, engagé par les Schwarzenberg, propriétaires du domaine, pour mettre de l'ordre : il a blanchi les os à la chaux et les a composés. Le lustre au centre est son morceau de bravoure ; dans un angle, les armes des Schwarzenberg sont refaites en os jusqu'au corbeau qui picore la tête du Turc, et près de l'entrée il a signé son nom, en os aussi, avec la date.
Le billet à créneau a été imposé parce que la chapelle est minuscule et que les cars la saturaient ; prends le créneau le plus matinal. Photographier est interdit depuis 2020, à la demande de la paroisse, qui rappelle qu'il s'agit d'un lieu de sépulture.
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Vieille ville et ruelle Ruthardská Le centre médiéval, sur sa colline, garde ses ruelles pavées, l'église Saint-Jacques et sa tour penchée, la colonne de peste et la fontaine de pierre de 1495 ; la Ruthardská est une ruelle en pente sous les murs du Hrádek, entre le collège jésuite et la cathédrale Sainte-Barbe — la plus belle vue sur la ville. Une heure à pied, à finir sur la terrasse aux statues au coucher du soleil.gratuitmarchéEn savoir plus
La ville a été construite vite, au XIVᵉ siècle, par des gens qui avaient de l'argent et pas de plan : les ruelles montent et tournent en suivant les anciens puits et les tas de déblais, et c'est ce qui reste aujourd'hui, sous les façades baroques. La maison de Pierre, Kamenný dům, avec son pignon sculpté de la fin du XVᵉ siècle, et la fontaine de pierre, un réservoir gothique à douze pans qui alimentait la ville en eau, sont les deux monuments civils à ne pas rater.
L'église Saint-Jacques, avec sa haute tour, est la paroissiale du centre ; sa seconde tour n'a jamais été achevée, le sol miné ne la portait pas. La colonne de la peste de la place, de 1715, est de František Baugut, qui a aussi sculpté les statues de la terrasse de Sainte-Barbe. Le collège jésuite, en contrebas, est devenu la galerie d'art de la région, GASK.
La Ruthardská porte le nom d'une famille de patriciens ; la légende de la ville y place une fille murée vivante par son père. On la descend sous les murs du Hrádek, entre les jardins, en fin de journée, quand les lampes s'allument et que les cars sont repartis ; elle mène à la terrasse de Sainte-Barbe, et c'est la meilleure arrivée.
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Musée de l'argent et la mine médiévale Depuis le petit château du Hrádek, on enfile casque et blouse blanche pour descendre dans une galerie médiévale de la mine d'argent : deux cent cinquante mètres de boyaux, parfois quarante centimètres de large, comme les mineurs du XVᵉ siècle. Kutná Hora a fourni le tiers de l'argent d'Europe. ⚠️ Circuit guidé « Cesta stříbra », à réserver en saison ; à éviter en cas de claustrophobie, et prévoir une veste.8 €cultureEn savoir plus
Le Hrádek était la maison fortifiée d'un patricien enrichi par l'argent, et c'est là que le musée raconte comment on a extrait le métal : un tiers de la production européenne au XIVᵉ siècle, par des puits qui descendaient à plusieurs centaines de mètres, creusés au pic et à la chandelle, avec un code minier édicté par le roi Venceslas II en 1300 qui a servi de modèle à toute l'Europe. Dans la cour, une reconstitution du treuil à chevaux qui remontait le minerai.
La blouse blanche qu'on enfile est la perkytle des mineurs médiévaux, faite pour être vue à la lueur des lampes ; la galerie qu'on parcourt a été redécouverte au XXᵉ siècle, et l'on y marche dans l'eau par endroits, courbé, en file, avec la roche à quelques centimètres des épaules. On comprend là ce que valait le gros de Prague.
Le circuit se réserve, et il se fait avec un guide ; les enfants adorent, les claustrophobes non. Sors ensuite par la ruelle Ruthardská, juste sous les murs du Hrádek, vers la cathédrale.
Jour 7
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Cathédrale Sainte-Barbe L'église des mineurs d'argent, dédiée à leur sainte patronne, commencée en 1388 sur le modèle de Saint-Guy de Prague et achevée cinq siècles plus tard : trois tentes de pierre en toiture, des voûtes en fleurs de Benedikt Ried, et sur les murs des fresques de mineurs et de monnayeurs au travail. On y arrive par une terrasse bordée de statues au-dessus de la vallée, la plus belle approche d'une église du pays.7 €cultureEn savoir plus
Ce sont les mineurs et la ville, pas l'Église, qui ont commandé Sainte-Barbe, et ils l'ont voulue à la mesure de leur fortune : l'atelier de Peter Parler en a dessiné le chœur, puis Matěj Rejsek et Benedikt Ried, les meilleurs architectes de leur temps, ont élevé les voûtes — celles de Ried, en haut de la nef, dessinent des fleurs et des étoiles sans un pilier pour les porter. Quand l'argent des mines s'est tari, au milieu du XVIᵉ siècle, le chantier s'est arrêté net, et l'église est restée fermée par un mur provisoire pendant plus de trois cents ans, jusqu'à la façade de 1905.
Les fresques des chapelles sont ce qu'on ne voit nulle part ailleurs : des mineurs en blouse blanche avec leur lampe, des monnayeurs à la frappe, peints à la fin du XVᵉ siècle par ceux-là mêmes qui payaient. Une statue de mineur en habit de travail est posée dans la nef, capuche blanche et outil à la main.
Arrive par la terrasse depuis le collège jésuite, entre les statues baroques : on découvre les trois toits en tente d'un coup, avec la vallée en contrebas. Le soir, quand les groupes sont repartis, la terrasse est le lieu de la ville, et l'église est éclairée.
33 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension dans une maison de la vieille ville, 65 € la nuit.
- Kutná Hora → Prague — Route 38 puis D11 — 80 km, 1 h 6, 4 € par personne (7 € à partager).
Le budget de ces 7 jours
822 € par personne pour 7 jours, soit 117 € / jour. À deux, 1 644 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 296 € | 36 % |
| Repas | 244 € | 30 % |
| Transport sur place | 12 € | 1 % |
| Location de voiture — 7 jours | 158 € | 19 % |
| Carburant et péages | 32 € | 4 % |
| Activités | 81 € | 10 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Le PDF
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- La carte du parcours, avec ses 3 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
- Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
- Le budget ventilé, par poste et par étape
- Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
- Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur
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