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Angleterre en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

2 204 € par personne sur place pour 14 jours, soit 157 € / jour — en 7 étapes, de Londres à York. En passant par Cambridge, Oxford, Cotswolds, Bath, puis Salisbury et Stonehenge.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Angleterre

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Londres Heathrow (LHR), retour depuis Manchester (MAN) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Londres, Angleterre

    01. Londres

    J1 → J4 · 4 nuits · 659 € par personne

    Musées gratuits, parcs, marchés, quartiers

    Huit millions d'habitants et des quartiers qui ne se ressemblent pas. Les grands musées sont gratuits — British Museum, National Gallery, Tate — ce qui change radicalement le budget d'une capitale par ailleurs très chère. Tout se fait à pied ou en métro : la voiture y est inutile, et le péage urbain la rend absurde.

    En savoir plus sur Londres

    Londres n'a pas de centre : c'est une agglomération de trente-deux arrondissements qui étaient autant de villages avant d'être absorbés, et chacun a gardé sa rue commerçante, son parc et son pub. Cela change la manière de la visiter — on ne « fait » pas Londres en rayonnant depuis un point, on choisit deux ou trois quartiers par jour et on les parcourt à fond.

    Le plan du métro est trompeur : il est topologique, pas géographique. Leicester Square et Covent Garden sont à deux cent cinquante mètres l'une de l'autre et séparées par une station — on met plus longtemps à descendre et remonter qu'à marcher. À l'inverse, deux stations voisines sur la carte peuvent demander quarante minutes et un changement. Le paiement se fait sans contact avec une carte bancaire ordinaire, plafonné automatiquement à la journée : ni ticket ni carte de transport à acheter. Le bus coûte moins cher que le métro et montre la ville.

    Ce qui distingue vraiment l'étape, c'est la gratuité des grands musées nationaux — British Museum, National Gallery, Tate, Victoria and Albert, muséum d'histoire naturelle. Dans une capitale où l'hébergement et les restaurants sont parmi les plus chers d'Europe, cela renverse le budget d'une journée. Les sites payants, eux, le sont franchement : Tour de Londres, abbaye de Westminster et cathédrale Saint-Paul tournent chacun autour de trente livres. Le vrai arbitrage n'est pas de tout voir, mais d'en choisir deux.

    À table

    • Full English breakfast — œufs, bacon, saucisses, haricots, tomates et champignons ; dans un « caff » de quartier plus qu'à l'hôtel.
    • Fish and chips — la friture de cabillaud et les frites au vinaigre de malt, à emporter dans du papier.
    • Sunday roast — le rôti du dimanche au pub, avec Yorkshire pudding et gravy ; on réserve.
    • Borough Market — le marché de Southwark : fromages, huîtres, pâtés et cuisines du monde, du jeudi au samedi.

    Jour 1

    • British Museum, entrée libre, Londres, Angleterre
      British Museum, entrée libre Huit millions d'objets, dont la pierre de Rosette et les marbres du Parthénon — dont la Grèce demande la restitution depuis 1832. Gratuit, comme tous les musées nationaux britanniques.
      En savoir plus

      La Grande Cour, sous sa verrière posée en 2000, n'existait pas pour le public : c'était une cour intérieure murée, encombrée pendant un siècle et demi par les magasins de la bibliothèque. Au centre subsiste la salle de lecture circulaire où Marx a écrit. Et la pierre de Rosette n'est pas noire : elle est restée un siècle exposée sans vitrine, enduite de cire sombre et rechampie de craie blanche pour qu'on lise les signes. Le nettoyage de 1999 a rendu un granit gris traversé d'une veine rose.

      L'entrée est libre depuis l'origine, et ce n'est pas une exception. Les musées nationaux britanniques sont gratuits par décision politique : plusieurs ont bien facturé l'entrée dans les années 1980, avant que la gratuité soit rétablie pour tous en 2001. Dans un pays où les monuments comptent parmi les plus chers d'Europe, c'est ce qui rend un séjour tenable.

      La grande porte de Great Russell Street fait la file dès l'ouverture ; l'entrée nord, sur Montague Place, est presque toujours vide et donne sur les mêmes salles. Les expositions temporaires, elles, se paient. Huit millions d'objets ne se visitent pas : choisir deux ou trois salles, les faire lentement, et ressortir.

      culture
      gratuit
    • National Gallery, entrée libre, Londres, Angleterre
      National Gallery, entrée libre Van Eyck, Turner, Vermeer et les Tournesols de Van Gogh, face à Trafalgar Square. Deux mille tableaux, gratuit.
      En savoir plus

      Contrairement au Louvre ou au Prado, ce musée n'est pas né d'une collection royale : il a commencé en 1824 par l'achat, par l'État, des tableaux d'un banquier de la City, et s'est construit ensuite par legs et achats. Son emplacement a été choisi pour qu'il soit atteignable à pied depuis les quartiers pauvres de l'est autant qu'en voiture depuis l'ouest.

      Devant le portrait des Arnolfini de Van Eyck, cherche le miroir convexe du fond : deux silhouettes s'y tiennent dans l'embrasure de la porte, et l'inscription peinte au mur au-dessus dit en latin que Jan van Eyck fut ici. Plus loin, deux Turner sont accrochés entre deux Claude Lorrain : le peintre a légué ses toiles à cette condition expresse, voulant qu'on le compare pour toujours à celui qu'il s'était choisi pour rival.

      La collection permanente est gratuite, comme dans les autres musées nationaux ; seules les expositions temporaires se paient. Entrer par l'aile latérale plutôt que par le portique central permet de prendre la peinture dans l'ordre du temps. Cette aile a une histoire : un premier projet d'agrandissement a été enterré après qu'un discours du prince Charles l'eut comparé à un furoncle sur le visage d'un ami.

      culture
      gratuit

    Jour 2

    • Tour de Londres et joyaux de la Couronne, Londres, Angleterre
      Tour de Londres et joyaux de la Couronne Forteresse normande de 1078, tour à tour palais, prison et lieu d'exécution — Anne Boleyn y a été décapitée. Les joyaux comprennent le Cullinan I, le plus gros diamant taillé au monde.
      En savoir plus

      Ce n'est pas une tour mais une petite ville close : une vingtaine de tours, deux enceintes, des maisons où logent encore les gardiens et leurs familles. Au centre, le donjon normand est bâti en pierre de Caen amenée par bateau ; à l'étage se cache une chapelle romane nue, aux piliers courts, à peu près intacte depuis le XIᵉ siècle. C'est la partie la plus ancienne, et la plus calme.

      Les joyaux ne sont pas médiévaux. Le Parlement a fait fondre et vendre la totalité des insignes royaux après l'exécution de Charles Iᵉʳ, et il a fallu tout refaire pour la restauration de 1661. Une seule pièce a traversé l'épisode : la cuiller du sacre, du XIIᵉ siècle, rachetée par un royaliste puis rendue. Quant aux corbeaux, la légende qui fait tomber le royaume avec eux est plus jeune qu'on ne le raconte : on n'en trouve aucune trace avant le XIXᵉ siècle.

      Devant les joyaux, on avance sur un tapis roulant qui ne s'arrête pas ; pour revoir la couronne, il faut ressortir et refaire la file, courte à l'ouverture et interminable ensuite. Les visites guidées par les gardiens sont comprises dans le billet : ce sont d'anciens militaires de très longue carrière, et ils racontent la maison qu'ils habitent.

      culture
      43 €
    • Sky Garden, Londres, Angleterre
      Sky Garden Un jardin tropical sous verrière au 35ᵉ étage, avec vue à 360° sur la Tamise — et c'est gratuit, contrairement au Shard juste en face. Réservation obligatoire, les créneaux partent trois semaines à l'avance.
      En savoir plus

      Le bâtiment qui l'abrite s'est fait connaître avant d'être fini pour une raison embarrassante : sa façade concave, entièrement vitrée, concentrait les rayons du soleil sur la rue en contrebas au point de faire fondre des éléments de carrosserie sur une voiture garée là. Un brise-soleil a été ajouté pour corriger le défaut, et le surnom de talkie-walkie lui est resté à cause de sa silhouette évasée.

      Les trois derniers étages ont été rendus publics en contrepartie du permis de construire, ce qui explique la gratuité : c'est une obligation d'urbanisme, pas une générosité. On y trouve un jardin planté sous une verrière en berceau, avec des espèces méditerranéennes et sud-africaines, et une terrasse extérieure qui regarde vers l'ouest — la Tamise, le pont de Londres et la cathédrale.

      La réservation est obligatoire, gratuite et nominative, et les créneaux s'ouvrent par vagues plusieurs semaines à l'avance : ils partent en quelques heures. Une pièce d'identité et un contrôle de sécurité de type aéroportuaire attendent à l'entrée, ce qui prend du temps. La vue du couchant est la plus demandée ; celle du matin est presque toujours disponible et bien plus tranquille.

      détente
      gratuit
    • Marché de Borough et South Bank à pied, Londres, Angleterre
      Marché de Borough et South Bank à pied Le plus vieux marché alimentaire de Londres, mille ans d'existence sous les arches du chemin de fer. La promenade de South Bank suit ensuite la Tamise jusqu'au Tate Modern.
      En savoir plus

      Le marché tient tout entier sous les arches du viaduc ferroviaire, et le grondement des trains au-dessus des étals fait partie du lieu. Le portique de fonte et de verre qui marque une des entrées n'est pas né ici : c'est celui du Floral Hall de Covent Garden, démonté lors des travaux de l'opéra et remonté ici au début des années 2000. Longtemps marché de gros, il ne vend plus qu'au détail.

      Vers l'ouest, le quai passe devant la reconstitution du théâtre de Shakespeare, seul bâtiment de Londres autorisé à porter un toit de chaume depuis le grand incendie de 1666. Il existe grâce à l'obstination d'un acteur américain, Sam Wanamaker, qui a passé des décennies à réunir l'argent et est mort avant l'ouverture. Plus loin, la passerelle du Millénaire s'est mise à osciller le jour de son inauguration et a été refermée deux ans : les piétons accordaient leur pas au balancement sans s'en rendre compte, et l'amplifiaient.

      Le marché ne tourne pas à plein tous les jours, et il devient impraticable le midi et le samedi. À marée basse, la grève de la Tamise se découvre au pied des escaliers : on peut y marcher, mais fouiller le sable exige une autorisation de l'autorité portuaire, contrôlée.

      marché
      gratuit

    Jour 3

    • Tate Modern, Londres, Angleterre
      Tate Modern Une centrale électrique reconvertie, dont la salle des turbines accueille des installations monumentales. Collection permanente gratuite comme dans tous les grands musées britanniques ; seules les expositions temporaires sont payantes.
      En savoir plus

      L'architecte de la centrale électrique, Giles Gilbert Scott, est aussi celui de la cabine téléphonique rouge. Sa cheminée a été volontairement dessinée plus basse que la coupole de Saint-Paul, en face. La salle des turbines occupe toute la longueur du bâtiment et descend en pente douce : une avenue couverte plus qu'une salle, où l'on entre sans billet.

      Les œuvres commandées pour cette salle sont devenues un genre. Un soleil artificiel sous un plafond de miroirs y a fait s'allonger des centaines de visiteurs par terre, occupés à se chercher au plafond. Une autre année, cent millions de graines de tournesol en porcelaine, peintes une à une à la main en Chine, tapissaient le sol : on devait marcher dessus, puis il a fallu l'interdire, la poussière de céramique étant dangereuse à respirer.

      La collection permanente est gratuite comme dans tous les grands musées du pays ; les expositions temporaires se paient. L'accrochage est thématique et non chronologique, ce qui déroute qui vient chercher une histoire de l'art en ordre. La terrasse du dernier étage de l'extension a valu au musée un procès gagné par les habitants des appartements vitrés d'en face : vérifier ce qui en reste ouvert.

      culture
      gratuit
    • Cathédrale Saint-Paul et sa coupole, Londres, Angleterre
      Cathédrale Saint-Paul et sa coupole 528 marches jusqu'à la lanterne, en passant par la galerie des Chuchotements où un murmure contre le mur s'entend à trente mètres. La cathédrale a tenu pendant le Blitz et c'en est devenu un symbole. 27 £.
      En savoir plus

      La coupole est un trompe-l'œil d'ingénieur : il y en a trois, emboîtées. Celle qu'on voit de l'intérieur est basse et peinte, à l'échelle de la nef. Celle qu'on voit de la rue est une carcasse de charpente couverte de plomb, montée haut pour la silhouette de la ville. Entre les deux, invisible de partout, un cône de brique porte seul les centaines de tonnes de la lanterne de pierre. Wren savait qu'une coupole belle dehors aurait écrasé le dedans : il a refusé de choisir.

      Que la cathédrale ait traversé le Blitz ne doit rien à la chance. Une garde de bénévoles dormait dans les charpentes et éteignait les bombes incendiaires à mesure. En septembre 1940, une bombe à retardement fichée dans le sol au pied de l'édifice a été dégagée puis emmenée par des sapeurs et détruite au loin, où elle a ouvert un cratère énorme. Le transept nord, lui, a bel et bien été touché.

      La montée est à sens unique, sans ascenseur, par des vis étroites, et la dernière volée jusqu'à la galerie du sommet est extérieure et exposée au vent. En bas, dans la crypte, Wren repose sous une épitaphe latine qui invite le lecteur cherchant son monument à regarder autour de lui. Les offices, eux, sont libres d'accès.

      culture
      28 €

    Jour 4

    • Abbaye de Westminster, Londres, Angleterre
      Abbaye de Westminster Lieu de couronnement des rois anglais depuis 1066, et tombeau de Newton, Darwin et Dickens. Le Coin des poètes rassemble trois siècles de littérature anglaise.
      En savoir plus

      Ce n'est pas une cathédrale : pas d'évêque, pas de diocèse — l'abbaye dépend directement du souverain. Henri III l'a fait rebâtir à partir de 1245 dans le goût français, avec la nef la plus haute du pays. Devant le maître-autel, un pavement de porphyre posé par des marbriers romains au XIIIᵉ siècle est resté caché sous un tapis pendant des décennies ; dévoilé depuis, c'est lui que foulent les couronnements.

      La chaise du sacre, taillée vers 1300 pour enchâsser la pierre de Scone, est couverte de graffitis : des visiteurs des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles y ont gravé leur nom, et l'un d'eux s'y vante d'avoir dormi dedans. Le Coin des poètes tient d'un hasard : Chaucer y repose parce qu'il était fonctionnaire du roi et logeait dans l'enceinte, pas parce qu'il écrivait. Les autres sont venus se ranger autour de lui, et beaucoup de ces noms ne sont que des plaques — Shakespeare est à Stratford.

      La tombe du Soldat inconnu, creusée en 1920 dans de la terre rapportée de France, est la seule dalle que personne ne foule : les cortèges royaux la contournent. L'abbaye ferme aux visites payantes le dimanche, réservé aux offices, auxquels on entre librement comme aux vêpres chantées en semaine.

      culture
      32 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Abbaye de Westminster

    5 h · en anglais · Londres

    L'abbaye de Westminster et la cathédrale Saint-Paul et sa coupole en une journée, sans conduire. 2 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    83 € hébergement · 42 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près d'une station de métro, 165 € la nuit.

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  2. Londres → Cambridge — Train depuis King's Cross, 1 h, 22 € par personne.
  3. Cambridge, Angleterre

    02. Cambridge

    J5 · 1 nuit · 161 € par personne

    Collèges, barques à perche, prairies

    Une ville d'université plate et compacte, qui se traverse à pied en vingt minutes. Chaque collège facture sa propre entrée et ferme pendant les examens, en mai et juin. La barque à perche sur la Cam est le cliché local et il se mérite : la perche accroche dans la vase, et la rendre est plus dur que la pousser.

    En savoir plus sur Cambridge

    Cambridge n'a pas de campus : l'université, ce sont trente et un collèges disséminés dans les rues de la ville, chacun avec sa cour, sa chapelle et son portier. On ne visite donc pas « l'université », on entre dans les collèges un par un — et chacun facture sa propre entrée, ferme pendant les examens en mai et juin, et se réserve le droit de fermer un matin pour une cérémonie sans prévenir.

    La ville est plate et minuscule : vingt minutes suffisent pour la traverser à pied. C'est le premier endroit du Royaume-Uni pour l'usage du vélo, et cela se voit — les rues en sont pleines, y compris là où l'on ne les attend pas. Le centre est largement fermé à la circulation et s'y garer est une mauvaise idée : les parcs-relais en périphérie sont faits pour ça.

    Ce qu'elle a et qu'Oxford n'a pas, ce sont les Backs : la bande de pelouses et de saules qui court derrière les collèges, le long de la Cam, avec les ponts qui la franchissent. C'est là que se pratique le punting, ces barques à fond plat qu'on pousse debout à la perche. Deux formules : avec un pilote, qui commente et n'échoue pas ; ou seul, ce qui coûte moins cher et finit souvent par une perche plantée dans la vase et lâchée trop tard. Le meilleur moment est tôt le matin, avant que la rivière ne devienne un embouteillage.

    À table

    • Chelsea buns de Fitzbillies — les brioches roulées au sirop, dans la pâtisserie historique de Trumpington Street.
    • Pub lunch — pies et ales dans les pubs des collèges ; The Eagle a vu l'annonce de la découverte de la structure de l'ADN.
    • Cream tea à Grantchester — thé, scones, clotted cream et confiture aux Orchard Tea Gardens, après la promenade le long de la Cam.

    Jour 5

    • Barque à perche (Punting) sur la Cam, Cambridge, Angleterre
      Barque à perche (Punting) sur la Cam Le punting consiste à pousser une barque à fond plat avec une perche, debout à l'arrière. On passe sous les ponts des colleges — soit avec un pilote, soit en s'y essayant soi-même, ce qui finit souvent dans l'eau.
      En savoir plus

      Le punt est une barque à fond plat sans quille, héritée des bateaux de transport des marécages du Fenland, qu'on propulse en plantant une perche dans le lit de la rivière et en poussant. À Cambridge, on se tient sur la plate-forme arrière ; à Oxford, on se place à l'intérieur de la coque, et chacune des deux villes trouve la méthode de l'autre ridicule.

      Le parcours classique longe les Backs, la bande de pelouses derrière les collèges, et passe sous une succession de ponts dont le pont des Soupirs de St John's et le Mathematical Bridge de Queens'. Une légende tenace veut que ce dernier ait été assemblé sans boulons par Newton, puis démonté par des étudiants incapables de le remonter : c'est faux de bout en bout, il a été construit des décennies après sa mort et a toujours comporté des fixations.

      Deux formules coexistent. Avec pilote, on est commenté et l'on ne risque rien. Seul, c'est moins cher et nettement plus difficile qu'il n'y paraît : la perche se plante dans la vase et reste, et le réflexe de s'y accrocher fait passer par-dessus bord. On la lâche, on récupère la barque à la pagaie, et l'on va la rechercher.

      détente
      42 €
    • Prairies de Grantchester à pied, Cambridge, Angleterre
      Prairies de Grantchester à pied Cinq kilomètres le long de la Cam entre prairies et saules, jusqu'au village où Byron se baignait. Salon de thé sous les pommiers à l'arrivée.
      En savoir plus

      On quitte la ville sans transition : derrière les derniers collèges, la Cam devient une rivière de prairie bordée de saules, avec des vaches jusqu'au bord. Ce sont des communaux, pâturés depuis toujours, et c'est précisément pour cela qu'ils n'ont jamais été bâtis alors qu'ils touchent le centre. L'été, des baigneurs s'y jettent et des barques à perche remontent au pas.

      Rupert Brooke logeait au presbytère du village. C'est de Berlin, en 1912, malade du mal du pays, qu'il a écrit le poème qui a rendu Grantchester célèbre, en demandant si l'horloge de l'église est toujours arrêtée et s'il y a encore du miel pour le thé. Il est mort pendant la guerre, en route vers les Dardanelles, et le jardin de pommiers où l'on sert le thé en transats, déjà là de son temps, n'a pas changé.

      Le chemin est en terre et tourne au bourbier après la pluie ; il est souvent inondé en hiver, où des bottes ne sont pas de trop. Les vaches sont en liberté : chiens en laisse, et l'on ne s'interpose jamais entre une mère et son veau. On peut ne faire l'aller qu'à pied et rentrer par le bus. Le petit bassin en amont porte le nom de Byron, qui s'y serait baigné étudiant : c'est une tradition, pas une certitude.

      nature
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    73 € hébergement · 36 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le centre, 145 € la nuit.

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  4. Cambridge → Oxford — Train via Londres, 2 h 30, 32 € par personne.
  5. Oxford, Angleterre

    03. Oxford

    J6 → J7 · 2 nuits · 270 € par personne

    Pierre dorée, bibliothèques, pubs anciens

    Plus grande et plus urbaine que Cambridge, avec une vraie ville autour de l'université. Sur trente-huit collèges, une poignée seulement se visite, et les horaires changent au gré des cours. À une heure de train de Londres, elle se fait autant en excursion qu'en étape — dormir sur place, c'est avoir la ville après 17 h.

    En savoir plus sur Oxford

    Oxford est une vraie ville avant d'être une université — cent soixante mille habitants, une usine automobile à Cowley, un centre commercial et une circulation difficile. C'est ce qui la distingue de Cambridge : l'université n'y flotte pas seule, elle est prise dans une agglomération qui vit sans elle. Sur trente-huit collèges, une poignée seulement ouvre au public, et les horaires bougent au gré des cours et des examens.

    Le centre historique se fait entièrement à pied et se traverse en un quart d'heure. En voiture, il faut viser un parc-relais en périphérie : le centre est semé de rues fermées, de couloirs de bus et de caméras. Le train depuis Londres met environ une heure, ce qui fait qu'énormément de visiteurs viennent à la journée et repartent avant le dîner.

    C'est précisément la raison de dormir sur place. Passé dix-sept heures, les cars sont partis, la Radcliffe Camera se regarde sans personne devant, et les pubs redeviennent des pubs de quartier — l'Eagle and Child où se réunissaient Tolkien et Lewis, le Turf Tavern au fond de sa venelle, qu'on ne trouve qu'en cherchant. Le marché couvert, ouvert depuis le XVIIIᵉ siècle, est l'endroit où déjeuner sans payer les prix des terrasses de High Street.

    À table

    • Oxford sausage — la saucisse de porc et de veau sans boyau, au citron et à la sauge, dans le marché couvert.
    • Pubs historiques — The Turf Tavern, The Eagle and Child (celui des Inklings) : pie, ale et cheddar.
    • Covered Market — le marché couvert depuis le XVIIIe siècle : bouchers, fromagers, et les cookies de Ben's.

    Jour 6

    • Université d'Oxford, Oxford, Angleterre
      Université d'Oxford Bibliothèque de dépôt légal depuis 1610 : elle reçoit un exemplaire de chaque livre publié au Royaume-Uni. La Divinity School et sa voûte servent d'infirmerie dans Harry Potter.
      En savoir plus

      Il n'y a pas de campus : une quarantaine de collèges autonomes, chacun avec sa cour, sa chapelle et son réfectoire, dispersés dans les rues d'une ville qui n'a pas de centre universitaire. Le seul cœur commun est la bibliothèque : une cour ancienne dont les portes peintes portent encore le nom des matières qu'on enseignait derrière chacune, et au-dessus une salle de lecture où les livres sont enchaînés à leur pupitre.

      Pour y lire, il faut aujourd'hui encore prononcer une déclaration : ne rien emporter, ne rien abîmer, et surtout n'y allumer ni feu ni flamme. La formule remonte au XVIIᵉ siècle, elle est toujours exigée, et on peut la prononcer dans une centaine de langues. La maison ne prête rien à personne — la tradition veut qu'un roi s'en soit vu refuser un volume.

      La grande salle ronde que tout le monde photographie est une salle de lecture en activité : on n'y entre qu'avec une visite guidée, à réserver. Les collèges ont chacun leurs horaires, ferment souvent l'après-midi et pendant les examens, et les plus connus imposent un billet horodaté. Ce qui ne coûte rien : les cours de la bibliothèque, les ruelles entre les collèges, et le marché couvert.

      culture
      30 €
    • Vue depuis la tour de l'université, Oxford, Angleterre
      Vue depuis la tour de l'université 127 marches jusqu'au clocher de St Mary the Virgin, qui domine les flèches et les cours des colleges. La meilleure vue d'Oxford.
      En savoir plus

      L'église St Mary the Virgin est l'église officielle de l'université et non une simple paroisse : c'est là que se tenaient les délibérations avant que les bâtiments universitaires n'existent, et c'est là qu'ont été jugés les martyrs d'Oxford sous Marie Tudor, brûlés ensuite à quelques centaines de mètres.

      Sa tour se monte par un escalier en colimaçon étroit, à sens unique sur une partie du parcours, et débouche sur une plateforme qui fait le tour du clocher. La vue est la seule qui embrasse à la fois la Radcliffe Camera juste en dessous, les cours d'All Souls et de Brasenose, et la ligne des flèches qui a valu à Oxford son surnom de ville aux clochers rêveurs.

      L'escalier est raide, les marches usées et inégales, et le passage trop serré pour croiser quelqu'un : ceux qui redoutent les espaces confinés y renoncent souvent à mi-hauteur. La plateforme est étroite et le nombre de personnes admises simultanément est limité, ce qui crée une file en bas aux heures chargées. Y monter en début de journée évite l'attente et donne une lumière rasante sur la pierre.

      détente
      gratuit

    Jour 7

    • Ashmolean Museum, entrée libre, Oxford, Angleterre
      Ashmolean Museum, entrée libre Le premier musée public du monde, ouvert en 1683. Antiquités, Raphaël et le manteau de Powhatan, père de Pocahontas. Gratuit.
      En savoir plus

      Derrière la façade à colonnes, l'intérieur a été entièrement refait autour d'un puits central : on descend à l'Antiquité et l'on remonte les siècles. Le fonds d'origine n'est pas celui d'Ashmole : il vient des Tradescant, père et fils, dont le cabinet de curiosités de Lambeth fut le premier ouvert au public en Angleterre. Ashmole en a hérité dans des conditions que la veuve a contestées en justice ; elle a été retrouvée noyée dans son bassin.

      Le joyau d'Alfred, trouvé dans un champ du Somerset à la fin du XVIIᵉ siècle, est une goutte d'or et d'émail sous un cristal de roche, portant en vieil anglais une inscription disant qu'Alfred a ordonné qu'on le fasse. On pense qu'il coiffait un bâton de lecture, offert avec un livre. Dans une autre salle, cabossée, la lanterne que Guy Fawkes tenait dans la cave du Parlement.

      L'entrée est libre, comme dans les musées universitaires et nationaux du pays. À quelques minutes, sur Broad Street, le bâtiment d'origine de 1683 abrite le musée d'histoire des sciences, gratuit lui aussi et assez petit pour se voir en entier. On y garde sous verre un tableau noir couvert de la craie d'Einstein, laissé tel quel après une conférence de 1931.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    74 € hébergement · 36 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans un ancien collège, 148 € la nuit.

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  6. Oxford → Cotswolds — Bus régional, 1 h 15, 9 € par personne.
  7. Cotswolds, Angleterre

    04. Cotswolds

    J8 → J9 · 2 nuits · 271 € par personne

    Villages de pierre dorée, haies, moutons

    Ce n'est pas un village mais une région de collines calcaires grande comme un département, presque sans transport public. ⚠️ Sans voiture, on n'en voit qu'un village. Les cars déversent Bibury et Bourton-on-the-Water entre 11 h et 16 h : y passer avant ou après change complètement l'endroit.

    En savoir plus sur Cotswolds

    Les Cotswolds ne sont pas un village mais une région de collines calcaires grande comme un département français, à cheval sur six comtés. Le point commun de la centaine de bourgs qui s'y trouvent, c'est la pierre : un calcaire jaune qui prend une couleur de miel au soleil et qu'on a extrait sur place pendant des siècles, ce qui donne cette impression étrange que tout a été bâti le même jour.

    ⚠️ Sans voiture, on n'en voit qu'un village. Les transports publics sont quasi inexistants entre les bourgs, et les rares lignes ne circulent pas le dimanche. Les routes, elles, sont étroites, bordées de murets de pierre sèche sans accotement, et se croisent dans des refuges qu'il faut anticiper. Les distances sont courtes — dix à vingt minutes entre deux villages — mais on ne roule jamais vite.

    Le vrai sujet de l'étape est l'heure. Les autocars déversent Bibury et Bourton-on-the-Water entre onze heures et seize heures, et ces deux villages deviennent alors méconnaissables : passé le pont, on avance au pas dans la foule. Y être à huit heures ou après dix-sept, c'est un autre endroit, souvent désert. Autre horaire à connaître : beaucoup de pubs de campagne arrêtent le service du midi vers quatorze heures trente et ne rouvrent pas avant le soir.

    À table

    • Cream tea — scones, clotted cream et confiture de fraise dans les salons de thé de Bourton-on-the-Water et de Bibury.
    • Double Gloucester — le fromage de la région ; la célèbre course de fromage de Cooper's Hill se court derrière une meule entière.
    • Pub de village — agneau des Cotswolds et ales locales (Hook Norton, Donnington) dans les auberges de pierre dorée.

    Jour 8

    • Bibury et Arlington Row, Cotswolds, Angleterre
      Bibury et Arlington Row Rangée de cottages de tisserands du XIVe siècle en pierre dorée, que William Morris tenait pour le plus beau village d'Angleterre. Ce sont des maisons habitées, pas un décor.
      En savoir plus

      Arlington Row a d'abord été une bergerie monastique bâtie au XIVe siècle, puis convertie en logements de tisserands au XVIIe : la laine des Cotswolds y était filée avant d'être lavée dans le pré marécageux d'en face, le Rack Isle, où l'on tendait ensuite les étoffes sur des cadres pour les sécher. Le pré est resté vide pour cette raison.

      William Morris, chef de file du mouvement Arts and Crafts, tenait Bibury pour le plus beau village d'Angleterre, et cette phrase a fait sa fortune touristique. La rangée figurait autrefois à l'intérieur des passeports britanniques.

      Ce sont des maisons habitées, avec des gens qui y vivent, et non un site aménagé : on ne franchit pas les portails, on ne s'assied pas sur les seuils, et l'on ne photographie pas par les fenêtres. Le village est minuscule et l'afflux de cars y a posé de vrais problèmes de stationnement, au point que les habitants ont demandé des mesures. Tôt le matin, il est désert et le ruisseau se traverse sans croiser personne.

      détente
      gratuit
    • Sentier des Cotswolds entre deux villages, Cotswolds, Angleterre
      Sentier des Cotswolds entre deux villages Le Cotswold Way traverse haies, moutons et murets de pierre sèche. Les tronçons entre deux villages font une à deux heures, avec un pub à l'arrivée.
      En savoir plus

      La pierre explique le paysage : un calcaire fait de milliards de grains ronds déposés dans une mer chaude du Jurassique. Il se scie presque comme du bois à la sortie de la carrière, puis durcit. Sa teinte glisse du miel foncé, au nord, au presque crème vers Bath. Les murets qui découpent les prés sont montés à sec, en deux parements liés par des pierres traversantes.

      Cette campagne a été très riche, et d'un seul produit : la laine d'un mouton local à longue toison. L'argent est parti dans les églises, énormes, sans commune mesure avec les hameaux qu'elles desservent — les marchands y ont fait graver leur marque et leurs balles de laine. Quand le commerce du drap s'est déplacé, la région s'est endormie pour trois siècles. C'est cet effondrement qui a sauvé les villages : personne n'avait de quoi les moderniser.

      Le droit de passage anglais n'est pas le droit d'accès écossais : les chemins publics traversent des propriétés privées, et l'on n'en sort pas. Flèches jaunes pour les piétons, bleues pour les cavaliers ; les barrières se referment derrière soi. Le sol argilo-calcaire tourne à la glaise après la pluie. Les bus entre villages sont rares : décider du retour avant de partir.

      nature
      gratuit

    Jour 9

    • Bourton-on-the-Water et ses ponts, Cotswolds, Angleterre
      Bourton-on-the-Water et ses ponts Le Windrush traverse le village au ras de l'herbe, franchi par cinq ponts de pierre bas — d'où le surnom de Venise des Cotswolds. Très fréquenté l'été.
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      Le Windrush traverse le village au niveau de l'herbe, sans berge marquée, et cinq ponts de pierre bas l'enjambent en quelques centaines de mètres — d'où le surnom de Venise des Cotswolds, qui en fait beaucoup mais dit assez ce qui frappe : l'eau et la rue sont au même plan, les enfants pataugent dedans en été.

      Le village abrite une curiosité qui vaut le détour : un modèle réduit du village lui-même, construit à l'échelle dans un jardin, en pierre des Cotswolds, avec ses maisons, son église et sa rivière. Il est assez ancien pour être classé monument, et il contient une reproduction de lui-même, qui en contient une autre.

      C'est le village le plus fréquenté de la région et il faut le savoir : les cars y déversent une foule continue du milieu de matinée au milieu d'après-midi, et la rue principale devient impraticable en été. Le stationnement se paie et sature tôt. Passé dix-sept heures, quand les boutiques ferment, il redevient un village de quelques centaines d'habitants.

      détente
      gratuit
    • Déjeuner dans un pub de campagne, Cotswolds, Angleterre
      Déjeuner dans un pub de campagne Sunday roast, tourtes et ale locale devant un feu de cheminée. Beaucoup de pubs des Cotswolds ne servent plus après 14 h 30.
      En savoir plus

      On choisit sa table, puis on va commander et payer au bar : personne ne viendra prendre la commande. Le pourboire ne se pratique pas pour les boissons ; l'usage, si l'on veut remercier, est d'offrir un verre au barman. Les pompes à main alignées sur le comptoir ne sont pas un décor : elles tirent une bière vivante depuis un fût en cave, sans gaz ajouté, servie fraîche et non glacée, et qui ne se garde que quelques jours une fois percée.

      Le Yorkshire pudding du rôti dominical ne se mangeait pas avec la viande. On le servait d'abord, seul, arrosé du jus tombé de la broche, pour caler les convives avant d'attaquer un morceau qui coûtait cher. Il a fini par glisser dans l'assiette principale, et c'est aujourd'hui l'un des rares plats anglais que personne ne discute.

      La cuisine ferme bien avant le bar, et l'écart est énorme dans les villages : on peut y boire un verre à une heure où plus rien ne sort des fourneaux, et beaucoup de pubs ne servent pas du tout entre le déjeuner et le soir. Le dimanche, le rôti part vite et se réserve. Dans les Cotswolds, le pub est souvent le dernier commerce du village, parfois racheté par ses propres habitants pour ne pas le perdre.

      marché
      25 €

    75 € hébergement · 35 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pub-hôtel avec chambres, 150 € la nuit.

    Voir les hébergements à Cotswoldslien affilié

  8. Cotswolds → Bath — Bus via Cheltenham, 2 h 30, 16 € par personne.
  9. Bath, Angleterre

    05. Bath

    J10 → J11 · 2 nuits · 290 € par personne

    Thermes romains, croissants géorgiens, pierre claire

    Une ville entière bâtie dans la même pierre ocre, classée dans son intégralité, et assez petite pour se parcourir à pied. Les thermes romains sont le seul site vraiment cher et se réservent à l'heure. Le Royal Crescent et le Circus, eux, se voient de l'extérieur sans rien payer — c'est l'essentiel du plaisir.

    En savoir plus sur Bath

    Bath est une ville entière construite dans la même pierre, sur quelques décennies du XVIIIᵉ siècle, et classée dans son intégralité — pas un monument, la ville. Cette unité est ce qui frappe en arrivant : façades, ponts, trottoirs, tout est du même calcaire ocre extrait des collines voisines. Moins de cent mille habitants, et un centre qui se traverse à pied en vingt minutes.

    ⚠️ À pied, mais en montant. La ville est bâtie dans une cuvette et les morceaux les plus spectaculaires sont en haut : rejoindre le Royal Crescent et le Circus depuis l'abbaye, c'est une vraie côte, à prévoir dans le rythme de la journée. En voiture, le centre est difficile et cher ; les parcs-relais sont ici encore la bonne réponse.

    Ce qui coûte, c'est l'unique site payant sérieux : les thermes romains, à réserver sur un créneau horaire et saturés en milieu de journée. On y voit couler l'eau chaude — quarante-six degrés, la seule source thermale naturelle du pays — mais on ne s'y baigne pas, l'eau n'étant plus traitée ; se baigner suppose d'aller au spa moderne voisin. Le Royal Crescent, le Circus et Pulteney Bridge, eux, se regardent de l'extérieur sans rien payer, et c'est l'essentiel du plaisir de la ville.

    À table

    • Sally Lunn bun — la grosse brioche servie chaude, sucrée ou salée, dans la plus vieille maison de la ville.
    • Bath bun — la petite brioche au sucre perlé et aux raisins ; à ne pas confondre avec la précédente.
    • L'eau des Pump Rooms — l'eau chaude minérale se goûte au verre dans la salle des pompes ; ⚠️ le goût est celui d'une source, pas d'une boisson.

    Jour 10

    • Thermes romains, Bath, Angleterre
      Thermes romains Complexe thermal du Ier siècle alimenté par la seule source chaude naturelle de Grande-Bretagne, 46 °C, qui coule encore. On ne s'y baigne pas — l'eau n'est plus traitée.
      En savoir plus

      Attention à ce que tu regardes : tout ce qui dépasse au-dessus des colonnes — terrasse, balustrade, statues d'empereurs — a été ajouté à la fin du XIXᵉ siècle. Le romain commence plus bas. Le grand bassin est toujours étanche, garni de plaques de plomb posées il y a deux mille ans, et l'eau qui le remplit sort de la source, qui n'a jamais cessé.

      Le temple était dédié à Sulis, déesse celte locale fondue avec Minerve. Le fronton porte une tête de Gorgone qui n'en est pas une : barbue, masculine, elle ne correspond à rien du répertoire classique — une divinité d'ici sous un habillage romain. On a repêché dans la source des dizaines de tablettes de plomb : des malédictions écrites par des baigneurs volés au vestiaire, avec le nom des suspects, parfois gravées à l'envers pour que seuls les dieux les lisent.

      On ne se baigne pas : bassin à ciel ouvert, eau non traitée. La baignade a été interdite à la fin des années 1970, après la mort d'une jeune fille d'une méningite contractée là. Ne pas y tremper les mains. Pour se baigner dans la même source, il faut aller au spa voisin, alimenté par un forage propre. On peut en revanche goûter l'eau, tiède et ferrugineuse, à la salle des Pompes.

      culture
      30 €
    • Abbaye de Bath, Bath, Angleterre
      Abbaye de Bath Dernière grande église gothique perpendiculaire d'Angleterre, avec une façade où des anges montent et descendent une échelle de pierre. Contribution demandée à l'entrée.
      En savoir plus

      La façade ouest raconte un rêve. L'évêque Oliver King aurait vu en songe, à la fin du XVᵉ siècle, des anges monter et descendre une échelle, avec l'ordre de relever l'église en ruine ; il a fait sculpter la scène en grand au-dessus du portail. Les anges gravissent deux échelles de pierre — et l'un d'eux redescend la tête en bas, ce qui ne se remarque qu'une fois qu'on le cherche.

      À l'intérieur, la voûte du chœur est du XVIᵉ siècle, celle de la nef est une copie victorienne : l'église est restée trois siècles sans couverture de pierre. Le sol, lui, est un tapis de dalles funéraires gravées, par centaines, plus que dans presque toute autre église anglaise — et il s'effondrait dans le vide laissé par les tombes. Le chantier de réfection en a profité pour poser un chauffage alimenté par l'eau chaude de la source romaine voisine, qui partait à l'égout depuis toujours.

      L'édifice est plus vitré que maçonné, ce qui lui a valu le surnom de lanterne de l'Ouest : il est donc beaucoup plus beau par temps clair. La montée à la tour se fait en petit groupe, passe derrière le cadran, puis débouche au-dessus de la voûte, d'où l'on regarde la nef par une ouverture. Les offices restent libres.

      culture
      14 €
    • Pulteney Bridge et les berges de l'Avon, Bath, Angleterre
      Pulteney Bridge et les berges de l'Avon L'un des quatre ponts au monde bordé de boutiques sur toute sa longueur, avec le barrage en croissant juste en dessous.
      En savoir plus

      Pulteney Bridge appartient à une famille de trois ou quatre ponts seulement dans le monde à porter des boutiques sur toute leur longueur des deux côtés — le Ponte Vecchio de Florence et le Rialto de Venise en sont les autres exemples connus. La conséquence est qu'on peut le traverser sans se rendre compte qu'on est sur un pont : les façades bouchent complètement la vue sur la rivière.

      Il a été bâti à la fin du XVIIIe siècle dans un style palladien, sur le modèle d'un projet jamais réalisé pour Venise, afin de desservir un quartier neuf sur l'autre rive. Il faut donc aller le regarder depuis les berges pour le voir vraiment — c'est de là que vient l'image connue.

      Juste en dessous, le barrage en croissant à trois paliers n'a rien d'ancien : il date des années 1970 et sert à la régulation des crues, l'Avon ayant inondé la ville à plusieurs reprises. L'ensemble se photographie depuis le parc de la rive gauche ou depuis les bateaux de promenade. Le chemin de halage qui part de là remonte la rivière sur des kilomètres, à plat, et vide de monde après quelques centaines de mètres.

      détente
      gratuit

    Jour 11

    • Royal Crescent et le Circus à pied, Bath, Angleterre
      Royal Crescent et le Circus à pied Trente maisons en arc de cercle face à un parc, bâties en pierre de Bath entre 1767 et 1774 : le sommet de l'urbanisme géorgien. Le Circus, tout près, forme un cercle parfait de trente-trois maisons.
      En savoir plus

      Le père et le fils, qui portaient le même nom, ont dessiné ces places. Le père a fait le Circus, cercle de trois segments dont la frise porte des centaines d'emblèmes sculptés tous différents, avec des glands de pierre sur le parapet : clin d'œil à la légende du prince lépreux dont les cochons, en fouissant la boue chaude, auraient trouvé les sources. Le fils a répondu par la Crescent, un arc ouvert sur la campagne.

      La Crescent n'est une seule maison qu'en façade. On achetait une longueur de façade déjà dessinée, colonnes comprises, et l'on bâtissait derrière ce qu'on voulait : il suffit de passer par l'arrière pour découvrir un alignement chaotique de hauteurs et de fenêtres dépareillées. Les gens d'ici résument ça d'une formule — devant Queen Anne, derrière Mary-Anne. La pelouse en contrebas est séparée du parc par un saut-de-loup, mur enterré qui tenait les vaches sans couper la vue.

      Tout cela est une rue : on n'entre nulle part, sauf dans la maison du bout, meublée comme au XVIIIᵉ. Une porte est peinte en jaune vif parmi les blanches : sa propriétaire a refusé de la repeindre et gagné l'enquête publique. La pierre blonde était noire de suie jusqu'aux nettoyages du XXᵉ siècle.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    76 € hébergement · 37 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel en pierre de Bath, 152 € la nuit.

    Voir les hébergements à Bathlien affilié

  10. Bath → Salisbury et Stonehenge — Train via Westbury, 1 h 15, 18 € par personne.
  11. Salisbury et Stonehenge, Angleterre

    06. Salisbury et Stonehenge

    J12 · 1 nuit · 145 € par personne

    Cercle de pierres, plaine, plus haute flèche du pays

    Deux lieux à quinze kilomètres l'un de l'autre, et c'est Salisbury qui a la ville : Stonehenge n'a qu'un centre d'accueil et une navette. ⚠️ Le cercle se réserve à l'heure et on n'y entre pas — on en fait le tour à trente mètres. La cathédrale, elle, porte la plus haute flèche du pays et l'une des quatre Magna Carta.

    En savoir plus sur Salisbury et Stonehenge

    L'étape porte deux noms mais un seul endroit où dormir : Stonehenge n'est pas une ville, c'est un site archéologique au milieu de la plaine, avec un centre d'accueil à deux kilomètres des pierres et une navette pour les rejoindre. Tout le reste — les hôtels, les restaurants, la gare — est à Salisbury, une quinzaine de kilomètres plus au sud.

    ⚠️ Le cercle se réserve à l'heure et se visite de loin. On n'approche plus les pierres depuis 1977 : le sentier en fait le tour à une trentaine de mètres, ce qui suffit largement pour comprendre l'échelle, mais surprend ceux qui imaginaient marcher entre les blocs. Compter une heure et demie sur place, navette comprise. La plaine est balayée par le vent toute l'année et il n'y a pas un arbre pour s'abriter.

    Salisbury est l'exception qui vaut le détour : la ville a été fondée de toutes pièces au XIIIᵉ siècle quand la cathédrale a quitté la colline d'Old Sarum, ce qui explique son plan en damier, rare en Angleterre. Sa flèche est la plus haute du pays, cent vingt-trois mètres, et sa salle capitulaire abrite l'un des quatre exemplaires survivants de la Magna Carta. Le marché se tient sur la place centrale le mardi et le samedi, sans interruption depuis 1219.

    À table

    • Haunch of Venison — le pub du XIVe siècle près de la cathédrale, gibier et ales locales.
    • Wiltshire ham — le jambon cuit de la région, dans les sandwiches du marché du mardi et du samedi.
    • Cidre du Wiltshire — les cidres fermiers dans les pubs des villages autour de Stonehenge.

    Jour 12

    • Stonehenge, Salisbury et Stonehenge, Angleterre
      Stonehenge Cercle de pierres dressé entre 3000 et 2000 avant notre ère, dont les blocs bleus viennent du pays de Galles, à 250 kilomètres. On en fait le tour à distance : on n'approche plus les pierres depuis 1977.
      En savoir plus

      Le cercle se regarde depuis un chemin qui en fait le tour à distance : on n'entre pas dedans, et c'est la déception la plus fréquente. Un accès entre les pierres existe, mais par créneaux hors ouverture, en petit groupe et retenus longtemps à l'avance. Ce qu'on ne voit pas d'abord, c'est la charpenterie : les linteaux sont fixés aux montants par tenons et mortaises, emboîtés entre eux par languettes et rainures, et courbés.

      Une bonne part de ce qui tient debout a été redressée au XXᵉ siècle : des campagnes successives, jusqu'aux années 1960, ont relevé les pierres tombées et scellé leur pied dans le béton. Et l'origine des blocs bouge encore. Les pierres bleues viennent du pays de Galles ; des analyses récentes ont montré que la grande dalle couchée au centre venait du nord-est de l'Écosse — des centaines de kilomètres plus loin qu'on ne l'imaginait.

      Le centre d'accueil est loin ; une navette y mène, mais marcher à travers champ donne une meilleure arrivée. Les billets sont horodatés et partent d'avance. Autour, tout le paysage — tumulus, avenue, enceintes voisines — est en accès libre, et un chemin public passe assez près pour voir les pierres sans billet. Rien n'abrite du vent.

      culture
      28 €
    • Vieille ville de Salisbury et son marché, Salisbury et Stonehenge, Angleterre
      Vieille ville de Salisbury et son marché Marché sur la place centrale depuis 1219, le mardi et le samedi. La ville a été fondée de toutes pièces quand la cathédrale a quitté la colline d'Old Sarum.
      En savoir plus

      La ville a été dessinée d'un coup, sur un damier, quand la cathédrale a quitté la colline — cas rare en Angleterre, où les villes ont poussé toutes seules. Les îlots portent chacun un nom, souvent celui d'une auberge, et ce découpage se lit encore dans le tracé des rues. Des canaux d'eau vive couraient au milieu des chaussées : les voyageurs du XVIIIᵉ siècle comparaient la ville à Venise, moins par flatterie que parce qu'il fallait des passerelles pour traverser.

      Ces canaux ont été comblés au milieu du XIXᵉ siècle, après des épidémies de choléra : ce qui faisait le charme faisait aussi les morts. Il n'en reste qu'un filet dans une ruelle. Sur la place, la croix de la Volaille, petit abri de pierre à arcades du XVᵉ siècle, est l'un des derniers de ce type dans le pays : les marchands y vendaient à couvert, et le marché s'est toujours tenu autour.

      L'enclos de la cathédrale est ceint d'un mur dont les portes se ferment encore la nuit : c'est le plus grand d'Angleterre. La meilleure vue ne se prend pas dans la ville : en traversant les prés inondables vers le sud, on retrouve le point d'où Constable a peint la cathédrale entre les arbres. C'est plat, gratuit, et souvent détrempé.

      marché
      gratuit

    70 € hébergement · 35 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans une auberge ancienne, 140 € la nuit.

    Voir les hébergements à Salisbury et Stonehengelien affilié

  12. Salisbury et Stonehenge → York — Train via Londres, 5 h, 65 € par personne.
  13. York, Angleterre

    07. York

    J13 → J14 · 2 nuits · 246 € par personne

    Remparts médiévaux, ruelles étroites, cathédrale

    Une ville médiévale enfermée dans trois kilomètres de remparts, qui se parcourent par le haut et gratuitement. Les Shambles sont l'une des rues les mieux conservées d'Europe et, entre midi et 15 h, l'une des plus bondées. C'est aussi le nœud ferroviaire du nord, d'où un musée du train gratuit et immense.

    En savoir plus sur York

    York tient dans ses murs, et c'est littéralement vrai : un peu plus de trois kilomètres de remparts en font le tour, les mieux conservés d'Angleterre, et l'on marche dessus. Le chemin de ronde est gratuit, ouvert du lever au coucher du soleil, et c'est à la fois la meilleure promenade de la ville et le moyen le plus simple d'aller d'un point à un autre en évitant la foule d'en bas.

    Tout se fait à pied ; la voiture est un handicap dans un centre médiéval de ruelles étroites et de rues piétonnes. La ville a été romaine, puis viking, puis médiévale, et les trois couches se lisent encore dans le tracé des rues — le mot « gate » qui termine tant de noms vient du vieux norrois et signifie rue, pas porte, ce qui explique des adresses comme Petergate ou Stonegate.

    ⚠️ Les Shambles, la fameuse rue de bouchers dont les étages se rejoignent presque au-dessus de la chaussée, sont saturées entre onze heures et quinze heures : on y avance en file. Tôt le matin, elles sont vides. C'est aussi ici que se trouve le nœud ferroviaire du nord de l'Angleterre, et avec lui le National Railway Museum — gratuit, immense, et bien plus intéressant qu'il n'en a l'air même sans aimer les trains.

    À table

    • Yorkshire pudding — la pâte soufflée cuite dans la graisse du rôti, servie ici en entrée avec du gravy, pas seulement avec la viande.
    • Bettys — le salon de thé historique de St Helen's Square : Fat Rascal (scone aux fruits) et thé, avec la file d'attente.
    • Wensleydale — le fromage friable du Yorkshire, souvent aux canneberges, dans les fromageries du Shambles.
    • Ales du Yorkshire — York a plus de pubs par habitant qu'ailleurs, dit-on ; Black Sheep et Theakston à la pression.

    Jour 13

    • Les Shambles et les ruelles, York, Angleterre
      Les Shambles et les ruelles Rue de bouchers du XIVe siècle dont les étages se rejoignent presque au-dessus de la chaussée. Les crochets à viande sont encore en place sur certaines façades.
      En savoir plus

      Shambles vient d'un vieux mot anglais désignant l'étal de boucher, et la rue a porté jusqu'à une trentaine de boucheries. Son architecture en découle directement : les étages avancent en encorbellement pour faire de l'ombre sur la chaussée et protéger la viande du soleil, et ils se rejoignent presque au sommet, à un bras de distance. Des crochets de fer sont encore fixés sous les avancées, et l'on distingue sur certaines façades les rebords de pierre qui servaient d'étals.

      La rue est pavée en dévers vers le centre : la rigole médiane servait à évacuer les déchets et le sang, deux fois par semaine, à grande eau. C'est le seul égout de l'époque encore lisible dans le tracé.

      Elle est aujourd'hui saturée du milieu de matinée au milieu d'après-midi, au point qu'on y avance en file indienne — sa largeur n'excède guère deux mètres par endroits. Tôt le matin, elle est vide et l'on voit enfin ce qu'on est venu voir. Les ruelles alentour, notamment les passages voûtés appelés snickelways, sont aussi anciennes et ne reçoivent presque personne.

      détente
      gratuit
    • Cathédrale d'York, York, Angleterre
      Cathédrale d'York La plus grande cathédrale gothique d'Europe du Nord, avec la Grande Verrière de l'Est — la plus vaste surface de vitrail médiéval au monde, l'équivalent d'un court de tennis.
      En savoir plus

      La Grande Verrière de l'Est est l'œuvre d'un seul maître verrier, John Thornton, au début du XVᵉ siècle, avec une prime au contrat s'il finissait dans les délais. Elle raconte le commencement et la fin du monde : la Genèse en haut, l'Apocalypse au-dessous. Dans le transept nord, les Cinq Sœurs sont exactement l'inverse — cinq hautes lancettes de verre gris et vert du XIIIᵉ siècle, sans un seul personnage, dédiées aux femmes mortes pendant la Première Guerre.

      La salle capitulaire est octogonale et n'a aucun pilier central : la charpente de bois franchit l'espace d'un seul tenant, ce qui n'existe nulle part ailleurs à cette taille. Et en 1984, la foudre a incendié le transept sud. Pour refaire le plafond, une émission de télévision pour enfants a lancé un concours de dessins : six clefs de voûte sortent de l'imagination d'écoliers.

      Sous l'église, la crypte-musée montre ce qu'on a trouvé en reprenant les fondations dans les années 1970 pour sauver la tour : le quartier général de la légion romaine, avec un pan de mur peint encore en place. C'est ici que Constantin a été proclamé empereur. La montée de la tour se fait par une vis étroite à sens unique, et ferme dès qu'il vente fort.

      culture
      20 €
    • National Railway Museum, entrée libre, York, Angleterre
      National Railway Museum, entrée libre La plus grande collection ferroviaire du monde, dont la Mallard, détentrice depuis 1938 du record de vitesse pour une locomotive à vapeur. Gratuit.
      En savoir plus

      Deux halls immenses, dont un ancien dépôt organisé autour d'une plaque tournante en état de marche, locomotives rangées en éventail. On passe sous les machines par une fosse, on monte dans les voitures royales — celle de Victoria a son lit et son cabinet de toilette, et la reine exigeait qu'on ne dépasse pas une certaine allure.

      La Mallard a battu en 1938 le record du monde de vitesse pour une locomotive à vapeur, et il tient toujours. Ce que la plaque ne dit pas, c'est le prix payé : le coussinet d'une bielle a chauffé et fondu pendant la tentative, l'odeur a alerté l'équipe, et la machine a dû être détachée du train et remorquée à l'atelier. On n'a jamais recommencé. Un peu plus loin, une voiture de train à grande vitesse japonais, offerte au musée, est la seule qu'on puisse voir hors du Japon.

      L'entrée est libre, comme dans tous les musées nationaux britanniques, et c'est l'un des rares endroits qui occupe une journée entière sans qu'on paie autre chose que le déjeuner. Il est collé à la gare, donc accessible sans voiture. Le musée se refait par tranches : des halls ferment tour à tour, ce qui se vérifie avant de venir.

      culture
      gratuit

    Jour 14

    • Tour des remparts médiévaux, York, Angleterre
      Tour des remparts médiévaux Trois kilomètres de chemin de ronde sur des murailles romaines puis médiévales, les mieux conservées d'Angleterre. Compter deux heures pour le tour complet.
      En savoir plus

      Le rempart n'est pas continu, et ce n'est pas une ruine : là où il manque, il n'a jamais existé. Les Normands avaient barré une rivière pour alimenter les douves du château, créant un marécage infranchissable — inutile d'y bâtir un mur. Le reste court sur un talus de terre élevé à l'époque viking, lui-même posé sur le tracé de la forteresse romaine, avec un parapet de pierre médiéval par-dessus.

      Le vocabulaire local inverse tout : les rues s'appellent des gates, du vieux norrois qui veut dire chemin, et les portes s'appellent des bars. Monkgate est une rue, Monk Bar une porte — et celle-ci a gardé une herse qui fonctionne encore. Au sud, c'est à Micklegate Bar qu'on exposait les têtes des traîtres : celle du duc d'York y a été plantée en 1460, coiffée d'une couronne de papier par dérision, si l'on en croit les chroniques.

      Le chemin de ronde est étroit, pavé de dalles inégales et souvent sans garde-corps du côté intérieur : ni poussette ni semelles lisses. On monte et l'on descend aux portes, ce qui permet de n'en faire qu'un tronçon. Le meilleur longe le jardin de la cathédrale, d'où l'on a la vue en enfilade sur les tours. C'est gratuit, et les accès ferment à la nuit tombée.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    69 € hébergement · 35 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la cathédrale, 138 € la nuit.

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Le budget de ces 14 jours

2 204 € par personne pour 14 jours, soit 157 € / jour. À deux, 4 408 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement1 063 €48 %
Repas525 €24 %
Transport sur place162 €7 %
Billets de train et de bus162 €7 %
Activités292 €13 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Le PDF

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  • La carte du parcours, avec ses 7 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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