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Angleterre en 7 jours : l'itinéraire jour par jour

1 191 € par personne sur place pour 7 jours, soit 170 € / jour — en 3 étapes, de Londres à Salisbury et Stonehenge. En passant par Bath.

Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Angleterre

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Londres Heathrow (LHR), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Londres, Angleterre

    01. Londres

    J1 → J4 · 4 nuits · 659 € par personne

    Musées gratuits, parcs, marchés, quartiers

    Huit millions d'habitants et des quartiers qui ne se ressemblent pas. Les grands musées sont gratuits — British Museum, National Gallery, Tate — ce qui change radicalement le budget d'une capitale par ailleurs très chère. Tout se fait à pied ou en métro : la voiture y est inutile, et le péage urbain la rend absurde.

    En savoir plus sur Londres

    Londres n'a pas de centre : c'est une agglomération de trente-deux arrondissements qui étaient autant de villages avant d'être absorbés, et chacun a gardé sa rue commerçante, son parc et son pub. Cela change la manière de la visiter — on ne « fait » pas Londres en rayonnant depuis un point, on choisit deux ou trois quartiers par jour et on les parcourt à fond.

    Le plan du métro est trompeur : il est topologique, pas géographique. Leicester Square et Covent Garden sont à deux cent cinquante mètres l'une de l'autre et séparées par une station — on met plus longtemps à descendre et remonter qu'à marcher. À l'inverse, deux stations voisines sur la carte peuvent demander quarante minutes et un changement. Le paiement se fait sans contact avec une carte bancaire ordinaire, plafonné automatiquement à la journée : ni ticket ni carte de transport à acheter. Le bus coûte moins cher que le métro et montre la ville.

    Ce qui distingue vraiment l'étape, c'est la gratuité des grands musées nationaux — British Museum, National Gallery, Tate, Victoria and Albert, muséum d'histoire naturelle. Dans une capitale où l'hébergement et les restaurants sont parmi les plus chers d'Europe, cela renverse le budget d'une journée. Les sites payants, eux, le sont franchement : Tour de Londres, abbaye de Westminster et cathédrale Saint-Paul tournent chacun autour de trente livres. Le vrai arbitrage n'est pas de tout voir, mais d'en choisir deux.

    À table

    • Full English breakfast — œufs, bacon, saucisses, haricots, tomates et champignons ; dans un « caff » de quartier plus qu'à l'hôtel.
    • Fish and chips — la friture de cabillaud et les frites au vinaigre de malt, à emporter dans du papier.
    • Sunday roast — le rôti du dimanche au pub, avec Yorkshire pudding et gravy ; on réserve.
    • Borough Market — le marché de Southwark : fromages, huîtres, pâtés et cuisines du monde, du jeudi au samedi.

    Jour 1

    • British Museum, entrée libre, Londres, Angleterre
      British Museum, entrée libre Huit millions d'objets, dont la pierre de Rosette et les marbres du Parthénon — dont la Grèce demande la restitution depuis 1832. Gratuit, comme tous les musées nationaux britanniques.
      En savoir plus

      La Grande Cour, sous sa verrière posée en 2000, n'existait pas pour le public : c'était une cour intérieure murée, encombrée pendant un siècle et demi par les magasins de la bibliothèque. Au centre subsiste la salle de lecture circulaire où Marx a écrit. Et la pierre de Rosette n'est pas noire : elle est restée un siècle exposée sans vitrine, enduite de cire sombre et rechampie de craie blanche pour qu'on lise les signes. Le nettoyage de 1999 a rendu un granit gris traversé d'une veine rose.

      L'entrée est libre depuis l'origine, et ce n'est pas une exception. Les musées nationaux britanniques sont gratuits par décision politique : plusieurs ont bien facturé l'entrée dans les années 1980, avant que la gratuité soit rétablie pour tous en 2001. Dans un pays où les monuments comptent parmi les plus chers d'Europe, c'est ce qui rend un séjour tenable.

      La grande porte de Great Russell Street fait la file dès l'ouverture ; l'entrée nord, sur Montague Place, est presque toujours vide et donne sur les mêmes salles. Les expositions temporaires, elles, se paient. Huit millions d'objets ne se visitent pas : choisir deux ou trois salles, les faire lentement, et ressortir.

      culture
      gratuit
    • National Gallery, entrée libre, Londres, Angleterre
      National Gallery, entrée libre Van Eyck, Turner, Vermeer et les Tournesols de Van Gogh, face à Trafalgar Square. Deux mille tableaux, gratuit.
      En savoir plus

      Contrairement au Louvre ou au Prado, ce musée n'est pas né d'une collection royale : il a commencé en 1824 par l'achat, par l'État, des tableaux d'un banquier de la City, et s'est construit ensuite par legs et achats. Son emplacement a été choisi pour qu'il soit atteignable à pied depuis les quartiers pauvres de l'est autant qu'en voiture depuis l'ouest.

      Devant le portrait des Arnolfini de Van Eyck, cherche le miroir convexe du fond : deux silhouettes s'y tiennent dans l'embrasure de la porte, et l'inscription peinte au mur au-dessus dit en latin que Jan van Eyck fut ici. Plus loin, deux Turner sont accrochés entre deux Claude Lorrain : le peintre a légué ses toiles à cette condition expresse, voulant qu'on le compare pour toujours à celui qu'il s'était choisi pour rival.

      La collection permanente est gratuite, comme dans les autres musées nationaux ; seules les expositions temporaires se paient. Entrer par l'aile latérale plutôt que par le portique central permet de prendre la peinture dans l'ordre du temps. Cette aile a une histoire : un premier projet d'agrandissement a été enterré après qu'un discours du prince Charles l'eut comparé à un furoncle sur le visage d'un ami.

      culture
      gratuit

    Jour 2

    • Tour de Londres et joyaux de la Couronne, Londres, Angleterre
      Tour de Londres et joyaux de la Couronne Forteresse normande de 1078, tour à tour palais, prison et lieu d'exécution — Anne Boleyn y a été décapitée. Les joyaux comprennent le Cullinan I, le plus gros diamant taillé au monde.
      En savoir plus

      Ce n'est pas une tour mais une petite ville close : une vingtaine de tours, deux enceintes, des maisons où logent encore les gardiens et leurs familles. Au centre, le donjon normand est bâti en pierre de Caen amenée par bateau ; à l'étage se cache une chapelle romane nue, aux piliers courts, à peu près intacte depuis le XIᵉ siècle. C'est la partie la plus ancienne, et la plus calme.

      Les joyaux ne sont pas médiévaux. Le Parlement a fait fondre et vendre la totalité des insignes royaux après l'exécution de Charles Iᵉʳ, et il a fallu tout refaire pour la restauration de 1661. Une seule pièce a traversé l'épisode : la cuiller du sacre, du XIIᵉ siècle, rachetée par un royaliste puis rendue. Quant aux corbeaux, la légende qui fait tomber le royaume avec eux est plus jeune qu'on ne le raconte : on n'en trouve aucune trace avant le XIXᵉ siècle.

      Devant les joyaux, on avance sur un tapis roulant qui ne s'arrête pas ; pour revoir la couronne, il faut ressortir et refaire la file, courte à l'ouverture et interminable ensuite. Les visites guidées par les gardiens sont comprises dans le billet : ce sont d'anciens militaires de très longue carrière, et ils racontent la maison qu'ils habitent.

      culture
      43 €
    • Sky Garden, Londres, Angleterre
      Sky Garden Un jardin tropical sous verrière au 35ᵉ étage, avec vue à 360° sur la Tamise — et c'est gratuit, contrairement au Shard juste en face. Réservation obligatoire, les créneaux partent trois semaines à l'avance.
      En savoir plus

      Le bâtiment qui l'abrite s'est fait connaître avant d'être fini pour une raison embarrassante : sa façade concave, entièrement vitrée, concentrait les rayons du soleil sur la rue en contrebas au point de faire fondre des éléments de carrosserie sur une voiture garée là. Un brise-soleil a été ajouté pour corriger le défaut, et le surnom de talkie-walkie lui est resté à cause de sa silhouette évasée.

      Les trois derniers étages ont été rendus publics en contrepartie du permis de construire, ce qui explique la gratuité : c'est une obligation d'urbanisme, pas une générosité. On y trouve un jardin planté sous une verrière en berceau, avec des espèces méditerranéennes et sud-africaines, et une terrasse extérieure qui regarde vers l'ouest — la Tamise, le pont de Londres et la cathédrale.

      La réservation est obligatoire, gratuite et nominative, et les créneaux s'ouvrent par vagues plusieurs semaines à l'avance : ils partent en quelques heures. Une pièce d'identité et un contrôle de sécurité de type aéroportuaire attendent à l'entrée, ce qui prend du temps. La vue du couchant est la plus demandée ; celle du matin est presque toujours disponible et bien plus tranquille.

      détente
      gratuit
    • Marché de Borough et South Bank à pied, Londres, Angleterre
      Marché de Borough et South Bank à pied Le plus vieux marché alimentaire de Londres, mille ans d'existence sous les arches du chemin de fer. La promenade de South Bank suit ensuite la Tamise jusqu'au Tate Modern.
      En savoir plus

      Le marché tient tout entier sous les arches du viaduc ferroviaire, et le grondement des trains au-dessus des étals fait partie du lieu. Le portique de fonte et de verre qui marque une des entrées n'est pas né ici : c'est celui du Floral Hall de Covent Garden, démonté lors des travaux de l'opéra et remonté ici au début des années 2000. Longtemps marché de gros, il ne vend plus qu'au détail.

      Vers l'ouest, le quai passe devant la reconstitution du théâtre de Shakespeare, seul bâtiment de Londres autorisé à porter un toit de chaume depuis le grand incendie de 1666. Il existe grâce à l'obstination d'un acteur américain, Sam Wanamaker, qui a passé des décennies à réunir l'argent et est mort avant l'ouverture. Plus loin, la passerelle du Millénaire s'est mise à osciller le jour de son inauguration et a été refermée deux ans : les piétons accordaient leur pas au balancement sans s'en rendre compte, et l'amplifiaient.

      Le marché ne tourne pas à plein tous les jours, et il devient impraticable le midi et le samedi. À marée basse, la grève de la Tamise se découvre au pied des escaliers : on peut y marcher, mais fouiller le sable exige une autorisation de l'autorité portuaire, contrôlée.

      marché
      gratuit

    Jour 3

    • Tate Modern, Londres, Angleterre
      Tate Modern Une centrale électrique reconvertie, dont la salle des turbines accueille des installations monumentales. Collection permanente gratuite comme dans tous les grands musées britanniques ; seules les expositions temporaires sont payantes.
      En savoir plus

      L'architecte de la centrale électrique, Giles Gilbert Scott, est aussi celui de la cabine téléphonique rouge. Sa cheminée a été volontairement dessinée plus basse que la coupole de Saint-Paul, en face. La salle des turbines occupe toute la longueur du bâtiment et descend en pente douce : une avenue couverte plus qu'une salle, où l'on entre sans billet.

      Les œuvres commandées pour cette salle sont devenues un genre. Un soleil artificiel sous un plafond de miroirs y a fait s'allonger des centaines de visiteurs par terre, occupés à se chercher au plafond. Une autre année, cent millions de graines de tournesol en porcelaine, peintes une à une à la main en Chine, tapissaient le sol : on devait marcher dessus, puis il a fallu l'interdire, la poussière de céramique étant dangereuse à respirer.

      La collection permanente est gratuite comme dans tous les grands musées du pays ; les expositions temporaires se paient. L'accrochage est thématique et non chronologique, ce qui déroute qui vient chercher une histoire de l'art en ordre. La terrasse du dernier étage de l'extension a valu au musée un procès gagné par les habitants des appartements vitrés d'en face : vérifier ce qui en reste ouvert.

      culture
      gratuit
    • Cathédrale Saint-Paul et sa coupole, Londres, Angleterre
      Cathédrale Saint-Paul et sa coupole 528 marches jusqu'à la lanterne, en passant par la galerie des Chuchotements où un murmure contre le mur s'entend à trente mètres. La cathédrale a tenu pendant le Blitz et c'en est devenu un symbole. 27 £.
      En savoir plus

      La coupole est un trompe-l'œil d'ingénieur : il y en a trois, emboîtées. Celle qu'on voit de l'intérieur est basse et peinte, à l'échelle de la nef. Celle qu'on voit de la rue est une carcasse de charpente couverte de plomb, montée haut pour la silhouette de la ville. Entre les deux, invisible de partout, un cône de brique porte seul les centaines de tonnes de la lanterne de pierre. Wren savait qu'une coupole belle dehors aurait écrasé le dedans : il a refusé de choisir.

      Que la cathédrale ait traversé le Blitz ne doit rien à la chance. Une garde de bénévoles dormait dans les charpentes et éteignait les bombes incendiaires à mesure. En septembre 1940, une bombe à retardement fichée dans le sol au pied de l'édifice a été dégagée puis emmenée par des sapeurs et détruite au loin, où elle a ouvert un cratère énorme. Le transept nord, lui, a bel et bien été touché.

      La montée est à sens unique, sans ascenseur, par des vis étroites, et la dernière volée jusqu'à la galerie du sommet est extérieure et exposée au vent. En bas, dans la crypte, Wren repose sous une épitaphe latine qui invite le lecteur cherchant son monument à regarder autour de lui. Les offices, eux, sont libres d'accès.

      culture
      28 €

    Jour 4

    • Abbaye de Westminster, Londres, Angleterre
      Abbaye de Westminster Lieu de couronnement des rois anglais depuis 1066, et tombeau de Newton, Darwin et Dickens. Le Coin des poètes rassemble trois siècles de littérature anglaise.
      En savoir plus

      Ce n'est pas une cathédrale : pas d'évêque, pas de diocèse — l'abbaye dépend directement du souverain. Henri III l'a fait rebâtir à partir de 1245 dans le goût français, avec la nef la plus haute du pays. Devant le maître-autel, un pavement de porphyre posé par des marbriers romains au XIIIᵉ siècle est resté caché sous un tapis pendant des décennies ; dévoilé depuis, c'est lui que foulent les couronnements.

      La chaise du sacre, taillée vers 1300 pour enchâsser la pierre de Scone, est couverte de graffitis : des visiteurs des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles y ont gravé leur nom, et l'un d'eux s'y vante d'avoir dormi dedans. Le Coin des poètes tient d'un hasard : Chaucer y repose parce qu'il était fonctionnaire du roi et logeait dans l'enceinte, pas parce qu'il écrivait. Les autres sont venus se ranger autour de lui, et beaucoup de ces noms ne sont que des plaques — Shakespeare est à Stratford.

      La tombe du Soldat inconnu, creusée en 1920 dans de la terre rapportée de France, est la seule dalle que personne ne foule : les cortèges royaux la contournent. L'abbaye ferme aux visites payantes le dimanche, réservé aux offices, auxquels on entre librement comme aux vêpres chantées en semaine.

      culture
      32 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Abbaye de Westminster

    5 h · en anglais · Londres

    L'abbaye de Westminster et la cathédrale Saint-Paul et sa coupole en une journée, sans conduire. 2 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    83 € hébergement · 42 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près d'une station de métro, 165 € la nuit.

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  2. Londres → Bath — mixte, via Cambridge, Oxford et Cotswolds, 7 h 15, 79 € par personne.
  3. Bath, Angleterre

    02. Bath

    J5 → J6 · 2 nuits · 290 € par personne

    Thermes romains, croissants géorgiens, pierre claire

    Une ville entière bâtie dans la même pierre ocre, classée dans son intégralité, et assez petite pour se parcourir à pied. Les thermes romains sont le seul site vraiment cher et se réservent à l'heure. Le Royal Crescent et le Circus, eux, se voient de l'extérieur sans rien payer — c'est l'essentiel du plaisir.

    En savoir plus sur Bath

    Bath est une ville entière construite dans la même pierre, sur quelques décennies du XVIIIᵉ siècle, et classée dans son intégralité — pas un monument, la ville. Cette unité est ce qui frappe en arrivant : façades, ponts, trottoirs, tout est du même calcaire ocre extrait des collines voisines. Moins de cent mille habitants, et un centre qui se traverse à pied en vingt minutes.

    ⚠️ À pied, mais en montant. La ville est bâtie dans une cuvette et les morceaux les plus spectaculaires sont en haut : rejoindre le Royal Crescent et le Circus depuis l'abbaye, c'est une vraie côte, à prévoir dans le rythme de la journée. En voiture, le centre est difficile et cher ; les parcs-relais sont ici encore la bonne réponse.

    Ce qui coûte, c'est l'unique site payant sérieux : les thermes romains, à réserver sur un créneau horaire et saturés en milieu de journée. On y voit couler l'eau chaude — quarante-six degrés, la seule source thermale naturelle du pays — mais on ne s'y baigne pas, l'eau n'étant plus traitée ; se baigner suppose d'aller au spa moderne voisin. Le Royal Crescent, le Circus et Pulteney Bridge, eux, se regardent de l'extérieur sans rien payer, et c'est l'essentiel du plaisir de la ville.

    À table

    • Sally Lunn bun — la grosse brioche servie chaude, sucrée ou salée, dans la plus vieille maison de la ville.
    • Bath bun — la petite brioche au sucre perlé et aux raisins ; à ne pas confondre avec la précédente.
    • L'eau des Pump Rooms — l'eau chaude minérale se goûte au verre dans la salle des pompes ; ⚠️ le goût est celui d'une source, pas d'une boisson.

    Jour 5

    • Thermes romains, Bath, Angleterre
      Thermes romains Complexe thermal du Ier siècle alimenté par la seule source chaude naturelle de Grande-Bretagne, 46 °C, qui coule encore. On ne s'y baigne pas — l'eau n'est plus traitée.
      En savoir plus

      Attention à ce que tu regardes : tout ce qui dépasse au-dessus des colonnes — terrasse, balustrade, statues d'empereurs — a été ajouté à la fin du XIXᵉ siècle. Le romain commence plus bas. Le grand bassin est toujours étanche, garni de plaques de plomb posées il y a deux mille ans, et l'eau qui le remplit sort de la source, qui n'a jamais cessé.

      Le temple était dédié à Sulis, déesse celte locale fondue avec Minerve. Le fronton porte une tête de Gorgone qui n'en est pas une : barbue, masculine, elle ne correspond à rien du répertoire classique — une divinité d'ici sous un habillage romain. On a repêché dans la source des dizaines de tablettes de plomb : des malédictions écrites par des baigneurs volés au vestiaire, avec le nom des suspects, parfois gravées à l'envers pour que seuls les dieux les lisent.

      On ne se baigne pas : bassin à ciel ouvert, eau non traitée. La baignade a été interdite à la fin des années 1970, après la mort d'une jeune fille d'une méningite contractée là. Ne pas y tremper les mains. Pour se baigner dans la même source, il faut aller au spa voisin, alimenté par un forage propre. On peut en revanche goûter l'eau, tiède et ferrugineuse, à la salle des Pompes.

      culture
      30 €
    • Abbaye de Bath, Bath, Angleterre
      Abbaye de Bath Dernière grande église gothique perpendiculaire d'Angleterre, avec une façade où des anges montent et descendent une échelle de pierre. Contribution demandée à l'entrée.
      En savoir plus

      La façade ouest raconte un rêve. L'évêque Oliver King aurait vu en songe, à la fin du XVᵉ siècle, des anges monter et descendre une échelle, avec l'ordre de relever l'église en ruine ; il a fait sculpter la scène en grand au-dessus du portail. Les anges gravissent deux échelles de pierre — et l'un d'eux redescend la tête en bas, ce qui ne se remarque qu'une fois qu'on le cherche.

      À l'intérieur, la voûte du chœur est du XVIᵉ siècle, celle de la nef est une copie victorienne : l'église est restée trois siècles sans couverture de pierre. Le sol, lui, est un tapis de dalles funéraires gravées, par centaines, plus que dans presque toute autre église anglaise — et il s'effondrait dans le vide laissé par les tombes. Le chantier de réfection en a profité pour poser un chauffage alimenté par l'eau chaude de la source romaine voisine, qui partait à l'égout depuis toujours.

      L'édifice est plus vitré que maçonné, ce qui lui a valu le surnom de lanterne de l'Ouest : il est donc beaucoup plus beau par temps clair. La montée à la tour se fait en petit groupe, passe derrière le cadran, puis débouche au-dessus de la voûte, d'où l'on regarde la nef par une ouverture. Les offices restent libres.

      culture
      14 €
    • Pulteney Bridge et les berges de l'Avon, Bath, Angleterre
      Pulteney Bridge et les berges de l'Avon L'un des quatre ponts au monde bordé de boutiques sur toute sa longueur, avec le barrage en croissant juste en dessous.
      En savoir plus

      Pulteney Bridge appartient à une famille de trois ou quatre ponts seulement dans le monde à porter des boutiques sur toute leur longueur des deux côtés — le Ponte Vecchio de Florence et le Rialto de Venise en sont les autres exemples connus. La conséquence est qu'on peut le traverser sans se rendre compte qu'on est sur un pont : les façades bouchent complètement la vue sur la rivière.

      Il a été bâti à la fin du XVIIIe siècle dans un style palladien, sur le modèle d'un projet jamais réalisé pour Venise, afin de desservir un quartier neuf sur l'autre rive. Il faut donc aller le regarder depuis les berges pour le voir vraiment — c'est de là que vient l'image connue.

      Juste en dessous, le barrage en croissant à trois paliers n'a rien d'ancien : il date des années 1970 et sert à la régulation des crues, l'Avon ayant inondé la ville à plusieurs reprises. L'ensemble se photographie depuis le parc de la rive gauche ou depuis les bateaux de promenade. Le chemin de halage qui part de là remonte la rivière sur des kilomètres, à plat, et vide de monde après quelques centaines de mètres.

      détente
      gratuit

    Jour 6

    • Royal Crescent et le Circus à pied, Bath, Angleterre
      Royal Crescent et le Circus à pied Trente maisons en arc de cercle face à un parc, bâties en pierre de Bath entre 1767 et 1774 : le sommet de l'urbanisme géorgien. Le Circus, tout près, forme un cercle parfait de trente-trois maisons.
      En savoir plus

      Le père et le fils, qui portaient le même nom, ont dessiné ces places. Le père a fait le Circus, cercle de trois segments dont la frise porte des centaines d'emblèmes sculptés tous différents, avec des glands de pierre sur le parapet : clin d'œil à la légende du prince lépreux dont les cochons, en fouissant la boue chaude, auraient trouvé les sources. Le fils a répondu par la Crescent, un arc ouvert sur la campagne.

      La Crescent n'est une seule maison qu'en façade. On achetait une longueur de façade déjà dessinée, colonnes comprises, et l'on bâtissait derrière ce qu'on voulait : il suffit de passer par l'arrière pour découvrir un alignement chaotique de hauteurs et de fenêtres dépareillées. Les gens d'ici résument ça d'une formule — devant Queen Anne, derrière Mary-Anne. La pelouse en contrebas est séparée du parc par un saut-de-loup, mur enterré qui tenait les vaches sans couper la vue.

      Tout cela est une rue : on n'entre nulle part, sauf dans la maison du bout, meublée comme au XVIIIᵉ. Une porte est peinte en jaune vif parmi les blanches : sa propriétaire a refusé de la repeindre et gagné l'enquête publique. La pierre blonde était noire de suie jusqu'aux nettoyages du XXᵉ siècle.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    76 € hébergement · 37 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel en pierre de Bath, 152 € la nuit.

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  4. Bath → Salisbury et Stonehenge — Train via Westbury, 1 h 15, 18 € par personne.
  5. Salisbury et Stonehenge, Angleterre

    03. Salisbury et Stonehenge

    J7 · 1 nuit · 145 € par personne

    Cercle de pierres, plaine, plus haute flèche du pays

    Deux lieux à quinze kilomètres l'un de l'autre, et c'est Salisbury qui a la ville : Stonehenge n'a qu'un centre d'accueil et une navette. ⚠️ Le cercle se réserve à l'heure et on n'y entre pas — on en fait le tour à trente mètres. La cathédrale, elle, porte la plus haute flèche du pays et l'une des quatre Magna Carta.

    En savoir plus sur Salisbury et Stonehenge

    L'étape porte deux noms mais un seul endroit où dormir : Stonehenge n'est pas une ville, c'est un site archéologique au milieu de la plaine, avec un centre d'accueil à deux kilomètres des pierres et une navette pour les rejoindre. Tout le reste — les hôtels, les restaurants, la gare — est à Salisbury, une quinzaine de kilomètres plus au sud.

    ⚠️ Le cercle se réserve à l'heure et se visite de loin. On n'approche plus les pierres depuis 1977 : le sentier en fait le tour à une trentaine de mètres, ce qui suffit largement pour comprendre l'échelle, mais surprend ceux qui imaginaient marcher entre les blocs. Compter une heure et demie sur place, navette comprise. La plaine est balayée par le vent toute l'année et il n'y a pas un arbre pour s'abriter.

    Salisbury est l'exception qui vaut le détour : la ville a été fondée de toutes pièces au XIIIᵉ siècle quand la cathédrale a quitté la colline d'Old Sarum, ce qui explique son plan en damier, rare en Angleterre. Sa flèche est la plus haute du pays, cent vingt-trois mètres, et sa salle capitulaire abrite l'un des quatre exemplaires survivants de la Magna Carta. Le marché se tient sur la place centrale le mardi et le samedi, sans interruption depuis 1219.

    À table

    • Haunch of Venison — le pub du XIVe siècle près de la cathédrale, gibier et ales locales.
    • Wiltshire ham — le jambon cuit de la région, dans les sandwiches du marché du mardi et du samedi.
    • Cidre du Wiltshire — les cidres fermiers dans les pubs des villages autour de Stonehenge.

    Jour 7

    • Stonehenge, Salisbury et Stonehenge, Angleterre
      Stonehenge Cercle de pierres dressé entre 3000 et 2000 avant notre ère, dont les blocs bleus viennent du pays de Galles, à 250 kilomètres. On en fait le tour à distance : on n'approche plus les pierres depuis 1977.
      En savoir plus

      Le cercle se regarde depuis un chemin qui en fait le tour à distance : on n'entre pas dedans, et c'est la déception la plus fréquente. Un accès entre les pierres existe, mais par créneaux hors ouverture, en petit groupe et retenus longtemps à l'avance. Ce qu'on ne voit pas d'abord, c'est la charpenterie : les linteaux sont fixés aux montants par tenons et mortaises, emboîtés entre eux par languettes et rainures, et courbés.

      Une bonne part de ce qui tient debout a été redressée au XXᵉ siècle : des campagnes successives, jusqu'aux années 1960, ont relevé les pierres tombées et scellé leur pied dans le béton. Et l'origine des blocs bouge encore. Les pierres bleues viennent du pays de Galles ; des analyses récentes ont montré que la grande dalle couchée au centre venait du nord-est de l'Écosse — des centaines de kilomètres plus loin qu'on ne l'imaginait.

      Le centre d'accueil est loin ; une navette y mène, mais marcher à travers champ donne une meilleure arrivée. Les billets sont horodatés et partent d'avance. Autour, tout le paysage — tumulus, avenue, enceintes voisines — est en accès libre, et un chemin public passe assez près pour voir les pierres sans billet. Rien n'abrite du vent.

      culture
      28 €
    • Vieille ville de Salisbury et son marché, Salisbury et Stonehenge, Angleterre
      Vieille ville de Salisbury et son marché Marché sur la place centrale depuis 1219, le mardi et le samedi. La ville a été fondée de toutes pièces quand la cathédrale a quitté la colline d'Old Sarum.
      En savoir plus

      La ville a été dessinée d'un coup, sur un damier, quand la cathédrale a quitté la colline — cas rare en Angleterre, où les villes ont poussé toutes seules. Les îlots portent chacun un nom, souvent celui d'une auberge, et ce découpage se lit encore dans le tracé des rues. Des canaux d'eau vive couraient au milieu des chaussées : les voyageurs du XVIIIᵉ siècle comparaient la ville à Venise, moins par flatterie que parce qu'il fallait des passerelles pour traverser.

      Ces canaux ont été comblés au milieu du XIXᵉ siècle, après des épidémies de choléra : ce qui faisait le charme faisait aussi les morts. Il n'en reste qu'un filet dans une ruelle. Sur la place, la croix de la Volaille, petit abri de pierre à arcades du XVᵉ siècle, est l'un des derniers de ce type dans le pays : les marchands y vendaient à couvert, et le marché s'est toujours tenu autour.

      L'enclos de la cathédrale est ceint d'un mur dont les portes se ferment encore la nuit : c'est le plus grand d'Angleterre. La meilleure vue ne se prend pas dans la ville : en traversant les prés inondables vers le sud, on retrouve le point d'où Constable a peint la cathédrale entre les arbres. C'est plat, gratuit, et souvent détrempé.

      marché
      gratuit

    70 € hébergement · 35 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans une auberge ancienne, 140 € la nuit.

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Le budget de ces 7 jours

1 191 € par personne pour 7 jours, soit 170 € / jour. À deux, 2 382 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement554 €47 %
Repas277 €23 %
Transport sur place88 €7 %
Billets de train et de bus97 €8 %
Activités175 €15 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Le PDF

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  • La carte du parcours, avec ses 3 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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Carte de l'itinéraire avec les étapes du parcours

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