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Brésil en 10 jours : l'itinéraire jour par jour

1 420 € par personne sur place pour 10 jours, soit 142 € / jour — en 4 étapes, de Rio de Janeiro à Foz do Iguaçu. En passant par Paraty et Ilha Grande.

Autres durées : 5 jours · une semaine · deux semaines · trois semaines · toutes les étapes de Brésil

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Rio Galeão (GIG), retour depuis Foz do Iguaçu (IGU) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Rio de Janeiro, Brésil

    01. Rio de Janeiro

    J1 → J4 · 4 nuits · 521 € par personne

    Une ville coincée entre la montagne et la mer

    Une ville de six millions d'habitants coincée entre des pitons de granit et l'Atlantique, où l'on passe de la plage à la forêt en vingt minutes. ⚠️ Le Christ et le Pain de Sucre dépendent entièrement de la météo : garder deux créneaux possibles. Les quartiers changent vite — se renseigner localement plutôt que de suivre une carte.

    En savoir plus sur Rio de Janeiro

    Rio n'est pas une ville continue mais une succession de quartiers séparés par des massifs de granit et reliés par des tunnels. La Zona Sul — Copacabana, Ipanema, Leblon — tourne le dos au centre historique, et l'on passe de l'un à l'autre en traversant la forêt de Tijuca, la plus grande forêt urbaine du monde. C'est ce qui explique l'impression de changer de ville plusieurs fois par jour.

    Le métro dessert la bande côtière et le centre, ce qui couvre la plupart des visites ; au-delà, les applications de voiture sont l'usage courant et bon marché. Les bus sont nombreux mais illisibles pour un visiteur. ⚠️ Les quartiers changent de caractère d'une rue à l'autre, et une carte ne le montre pas : la règle locale est de demander sur place plutôt que de se fier à un plan, de ne pas exhiber téléphone ni appareil photo dans la rue, et de ne rien emporter à la plage qu'on ne puisse perdre.

    Le rythme de l'étape est dicté par le ciel. Le Christ Rédempteur et le Pain de Sucre disparaissent dans les nuages plusieurs jours par mois, y compris en été, et monter dans le brouillard revient à payer une vue blanche. La bonne méthode est de garder deux créneaux possibles dans le séjour et de décider le matin même en regardant le sommet du Corcovado depuis la rue. Les plages, elles, se pratiquent tôt : à midi le soleil est vertical et l'ombre inexistante.

    À table

    • Feijoada — les haricots noirs mijotés avec des morceaux de porc, servis avec riz, farofa, chou et orange, le samedi midi dans les botecos.
    • Pão de queijo — les petits pains au fromage de manioc, chauds, au petit-déjeuner des padarias.
    • Caipirinha — cachaça, citron vert pilé, sucre et glace, sur la plage d'Ipanema au coucher du soleil.
    • Açaí na tigela — la purée glacée d'açaí avec granola et banane, dans les kiosques de Copacabana après la plage.
    • Picanha — la pièce de bœuf grillée à la broche dans les churrascarias, servie à volonté.

    Jour 1

    • Copacabana et Ipanema, Rio de Janeiro, Brésil
      Copacabana et Ipanema Quatre kilomètres de sable et une mosaïque de trottoir devenue un symbole national. Chaque tronçon de plage a son public, marqué par les postes de secours numérotés — le poste 9 d'Ipanema est le plus mélangé.
      En savoir plus

      La mosaïque noire et blanche en vagues du trottoir de Copacabana est devenue un symbole national ; elle a été dessinée par Roberto Burle Marx dans les années 1970, en reprenant un motif de pavage portugais déjà présent sur la promenade. Le sens des vagues, perpendiculaire à la mer, avait été choisi pour ne pas donner l'illusion d'une houle quand on marche.

      Les plages de Rio ne sont pas uniformes : chaque tronçon a son public, et les postes de secours numérotés servent de repères sociaux autant que de balises. Le poste 9 d'Ipanema est le plus mélangé et le plus jeune, le poste 8 est fréquenté par la communauté LGBT, d'autres tronçons ont leur public de sportifs, de familles ou de quartiers précis. Dire à quelqu'un où l'on va se baigner à Rio, c'est dire quelque chose de soi.

      ⚠️ Deux règles locales valent d'être suivies. On n'emporte à la plage que ce qu'on peut perdre : les vols sont fréquents, et personne ici ne laisse un sac sur une serviette. Et l'on ne se baigne pas n'importe où : le ressac est puissant et des courants d'arrachement se forment, signalés par des drapeaux — les sauveteurs interviennent des centaines de fois par an.

      détente
      gratuit
    • Parque Lage et son palais, Rio de Janeiro, Brésil
      Parque Lage et son palais Un manoir des années 1920 dont la cour intérieure à colonnes encadre exactement le Corcovado, avec une piscine au milieu. Le parc est gratuit, la forêt derrière mène au Christ par un sentier — long et raide.
      En savoir plus

      Le palais date des années 1920 : l'industriel Henrique Lage l'a fait remanier pour son épouse, la cantatrice italienne Gabriella Besanzoni, par un architecte italien. D'où cette cour intérieure à colonnes et arcades, piscine au centre, qui n'a rien de brésilien et tout d'une villa méditerranéenne — sauf le décor du fond, où le Corcovado se cale exactement entre deux arches. Le bâtiment abrite depuis des décennies une école d'arts visuels publique et gratuite : les salles où l'on croise des étudiants sont des salles de cours.

      Le parc, lui, est un morceau de forêt rattaché au massif de la Tijuca, avec des grottes artificielles, un étang et des singes dans les arbres. L'entrée est libre, et le café installé sous les arcades est l'endroit le moins cher de Rio pour prendre un petit-déjeuner face au Christ.

      Le sentier qui monte au Corcovado part du fond du parc : il est raide, long, glissant après la pluie, et l'on déconseille de s'y engager seul — partir tôt, à plusieurs ou avec un guide, sans objet de valeur. Beaucoup montent à pied et redescendent en train.

      nature
      gratuit

    Jour 2

    • Christ Rédempteur, train compris, Rio de Janeiro, Brésil
      Christ Rédempteur, train compris Trente-huit mètres au sommet du Corcovado, achevé en 1931 après cinq ans de travaux et financé par souscription publique. ⚠️ On n'y monte qu'en train à crémaillère ou en van agréé : les 134 R$ couvrent le transport ET l'entrée.
      En savoir plus

      Le monument est un travail à trois mains : l'ingénieur brésilien Heitor da Silva Costa en a conçu la structure, le sculpteur français Paul Landowski a modelé le corps et les mains dans son atelier parisien, et le visage revient au Roumain Gheorghe Leonida. Les pièces sont arrivées par bateau puis par le chemin de fer du Corcovado, qui grimpait déjà depuis 1884. Le revêtement n'est pas du béton nu mais une mosaïque de milliers de petits triangles de stéatite, une pierre tendre de Minas Gerais, posés un à un et remplacés au fil des restaurations.

      Perchée sur un sommet isolé, la statue est frappée par la foudre plusieurs fois par an malgré ses paratonnerres : des doigts et des éclats de tête ont déjà dû être refaits, et l'atelier garde une réserve de la même carrière pour que les retouches ne se voient pas.

      Le sommet passe une bonne partie de l'année dans les nuages, et le billet s'achète pour un créneau horaire précis : regarder le Corcovado depuis la ville avant de valider une heure évite de monter dans du brouillard. La plateforme est étroite et il n'existe aucun recul — tout le monde finit allongé sur le dallage pour cadrer la statue entière.

      culture
      22 €
    • Feira de São Cristóvão et le forró, Rio de Janeiro, Brésil
      Feira de São Cristóvão et le forró Une halle circulaire consacrée au Nordeste : cuisine, artisanat et bals de forró jusqu'au petit matin le week-end. C'est l'endroit le plus vivant de Rio et le moins visité par les étrangers.
      En savoir plus

      La halle est née d'un terrain vague. Dans les années 1940 et 1950, les migrants du Nordeste débarquaient à Rio entassés à l'arrière de camions bâchés, et se retrouvaient le dimanche ici pour parler, manger et écouter la musique de chez eux. Le rendez-vous informel est devenu marché, puis institution : elle porte le nom de Luiz Gonzaga, l'accordéoniste pernamboucain qui a fait du baião une musique nationale.

      Le forró se joue à trois : accordéon, zabumba frappée des deux côtés, triangle. On raconte volontiers que le mot viendrait de l'anglais for all, écrit sur les bals ouverts à tous ; les linguistes le rattachent plutôt à forrobodó, la fête bruyante. Sur les étals, la cuisine du Nordeste sans traduction : carne de sol, baião de dois, tapioca pliée et garnie, cuscuz de maïs.

      En semaine, c'est un marché tranquille. Le week-end, plusieurs scènes jouent en parallèle et la nuit se prolonge sans qu'on s'en aperçoive. Le quartier est loin du sud de la ville et mal desservi une fois la nuit tombée : y aller et en revenir en voiture avec chauffeur. Emporter des espèces, beaucoup de stands ne prennent que ça.

      marché
      gratuit

    Jour 3

    • Pain de Sucre en téléphérique, Rio de Janeiro, Brésil
      Pain de Sucre en téléphérique Deux tronçons de téléphérique jusqu'à 396 m, avec la meilleure vue sur la baie de Guanabara — surtout au coucher du soleil. ⚠️ Tarif étranger 205 R$ contre 160 R$ pour un Brésilien : le double tarif est affiché et assumé.
      En savoir plus

      Le téléphérique tourne depuis 1912, ce qui en fait l'un des plus anciens du monde encore en service ; les cabines ont changé plusieurs fois, pas le tracé. Le nom vient probablement de la forme des moules coniques dans lesquels on démoulait le sucre raffiné à l'époque coloniale, même si certains y voient la déformation d'un mot tupi. Le rocher lui-même est un bloc de granite poli par l'érosion, sans terre ni fissure sur des dizaines de mètres.

      C'est aussi une falaise d'escalade en pleine ville : des voies équipées montent depuis la Praia Vermelha jusqu'au sommet, et l'on aperçoit des cordées depuis les cabines. Le morne a servi de décor à la bagarre sur le toit d'une cabine dans Moonraker, en 1979 — le câble et la station n'ont pas bougé depuis.

      Une économie utile : le premier tronçon, jusqu'au Morro da Urca, se remplace par un sentier qui part de la Pista Cláudio Coutinho, et l'on ne prend alors que la seconde cabine. Au coucher du soleil, la file de montée s'allonge et celle de descente encore davantage : monter nettement avant, et redescendre après la nuit, quand la baie est allumée.

      nature
      33 €
    • Escalier Selarón et Santa Teresa, Rio de Janeiro, Brésil
      Escalier Selarón et Santa Teresa Deux cent quinze marches couvertes de deux mille carreaux venus de soixante pays, œuvre d'un artiste chilien qui y a passé vingt ans. Elles montent vers Santa Teresa, quartier d'ateliers et de maisons coloniales.
      En savoir plus

      Jorge Selarón s'est installé au pied de ces marches et a commencé à les carreler en 1990, d'abord avec des chutes de chantier ramassées dans le quartier, aux couleurs du drapeau brésilien. Le chantier n'a plus jamais cessé : il vendait ses tableaux pour acheter des carreaux, en recevait par colis du monde entier, et remplaçait sans prévenir ceux qu'il n'aimait plus. Il répétait que l'œuvre ne serait achevée qu'à sa mort ; il a été retrouvé sur son escalier en 2013.

      Un motif revient des centaines de fois, peint de sa main : une femme enceinte, noire, dont il n'a jamais voulu expliquer le sens. C'est la seule chose qu'il ait gardée pour lui, et elle est partout.

      En haut, Santa Teresa s'accroche à la colline : ateliers, villas à grilles, et le petit tramway jaune qui franchit les arches de Lapa, un aqueduc du XVIIIe siècle reconverti en viaduc. L'escalier est très fréquenté en journée et se vide dès la nuit tombée : y aller en fin d'après-midi, garder son téléphone dans la poche plutôt qu'à la main, et rejoindre Lapa par la rue passante plutôt que par les ruelles.

      culture
      gratuit

    Jour 4

    • Pista Cláudio Coutinho, Rio de Janeiro, Brésil
      Pista Cláudio Coutinho Un chemin bétonné de deux kilomètres au pied du Pain de Sucre, entre l'océan et la forêt, où l'on croise des ouistitis. Gratuit, plat, et c'est de là que part le sentier pour monter à pied au Morro da Urca.
      En savoir plus

      Le chemin est bétonné, presque plat, coincé entre la paroi du Pain de Sucre et les rochers où tape l'océan ; il se termine en cul-de-sac et se refait en sens inverse. Il porte le nom d'un ancien sélectionneur de l'équipe du Brésil de football, qui venait y courir et qui s'est noyé en plongée au large de Rio.

      Les ouistitis qu'on croise à hauteur d'yeux ne sont pas d'ici : ces petits singes à touffes viennent du Nordeste, relâchés à Rio par des particuliers, et ils y prospèrent au détriment des oiseaux locaux dont ils pillent les nids. Les nourrir aggrave le problème et rend les groupes agressifs ; ils ouvrent très bien un sac laissé entrouvert.

      À mi-parcours, sur la gauche, un sentier de terre grimpe dans la forêt jusqu'au Morro da Urca : c'est raide, ça se fait en chaussures fermées, et cela permet de rattraper le téléphérique à mi-hauteur. La piste ferme en fin de journée et n'est pas éclairée. Emporter son eau, l'ombre est irrégulière et il n'y a rien à acheter au-delà de l'entrée.

      nature
      gratuit
    • Museu do Amanhã, Rio de Janeiro, Brésil
      Museu do Amanhã Le musée de demain, signé Calatrava, posé sur un quai réhabilité pour les Jeux de 2016 : une réflexion sur le climat et l'anthropocène plutôt qu'une collection. 40 R$, audioguide compris, et gratuit les jours fériés.
      En savoir plus

      Le bâtiment se lit comme un organisme : une nef blanche en porte-à-faux au-dessus du quai, coiffée d'ailes mobiles couvertes de panneaux solaires qui pivotent avec la course du soleil, et refroidie par l'eau de la baie avant de la rendre au bassin. Le parcours, lui, n'expose presque aucun objet : cinq séquences, du cosmos à l'anthropocène, faites de projections, de données et de dispositifs à manipuler, qui posent des questions plutôt qu'elles n'alignent des collections.

      À quelques centaines de mètres, les travaux de réaménagement du port ont mis au jour en 2011 le Cais do Valongo, le quai où débarquaient les captifs africains. C'est le principal point d'entrée de la traite dans les Amériques, longtemps enfoui et oublié sous la chaussée ; il est inscrit au patrimoine mondial depuis 2017. Le voir avant ou après le musée change complètement la promenade.

      Le boulevard qui les relie porte la grande fresque de Kobra sur les peuples du monde. Tout ce quartier vit aux heures de bureau et se vide vite : venir en journée, s'y déplacer par le tramway, et ne pas compter y traîner une fois la nuit tombée.

      culture
      6 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Christ Rédempteur, train compris

    5 h · en anglais · Rio

    Christ Rédempteur, train compris et Parque Lage et son palais en une journée, sans conduire. 2 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    45 € hébergement · 32 € repas · 38 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Ipanema, 90 € la nuit.

    Voir les hébergements à Rio de Janeirolien affilié

  2. Rio de Janeiro → Paraty — Bus Rio → Paraty, côte verte, 4 h 30, 22 € par personne.
  3. Paraty, Brésil

    02. Paraty

    J5 → J6 · 2 nuits · 244 € par personne

    Une ville coloniale que la mer envahit à marée haute

    Une ville coloniale dont les rues pavées de galets sont volontairement inondées par les grandes marées, qui les lavent. On y marche mal en chaussures de ville. C'est le point de départ des sorties en goélette dans la baie, et la fin de la Route de l'or qui descendait des mines vers le port.

    En savoir plus sur Paraty

    Paraty est une ville coloniale du XVIIIᵉ siècle restée presque intacte parce que l'histoire l'a oubliée : quand l'or a cessé de descendre des mines du Minas Gerais, le port s'est endormi pour un siècle et demi. Le centre historique est fermé aux voitures, et ses rues sont pavées de gros galets irréguliers, posés en dos d'âne.

    ⚠️ Ce pavage n'est pas décoratif, il est hydraulique. Les rues sont volontairement en pente vers la mer et les grandes marées les envahissent pour les laver, ce qui arrive plusieurs fois par mois autour de la pleine lune. On marche donc mal en chaussures de ville : des semelles épaisses ou des sandales solides, et une vigilance particulière le soir, quand les galets mouillés brillent sous les rares lampadaires.

    La ville est surtout un point de départ. La baie, semée de dizaines d'îles et de plages sans route, se visite en goélette à la journée — c'est l'activité principale de l'étape et elle occupe de dix heures à seize heures. Vers l'intérieur, l'ancienne Route de l'or grimpe dans la Serra do Mar, pavée par des esclaves, et dessert des cascades et des distilleries de cachaça où l'on visite l'alambic avant de goûter. La saison des pluies, de décembre à mars, rend ces chemins très glissants.

    À table

    • Cachaça de Paraty — la ville a donné son nom à l'eau-de-vie de canne ; les alambics historiques de la vallée se visitent.
    • Peixe com banana — le poisson cuit avec des bananes plantain, plat caiçara des pêcheurs de la côte verte.
    • Camarão — les crevettes de la baie, à l'ail ou en moqueca, dans les restaurants du centre historique.
    • Farofa — la farine de manioc grillée au beurre, garniture de tous les plats de la côte.

    Jour 5

    • Centre historique classé, Paraty, Brésil
      Centre historique classé Le port d'où partait l'or du Minas Gerais vers Lisbonne au XVIIIe siècle, resté intact parce que la route l'a contourné pendant deux cents ans. ⚠️ Ses rues pavées sont conçues pour être NOYÉES aux grandes marées, qui lavent la ville — un système d'égout du XVIIIe siècle qui fonctionne encore.
      En savoir plus

      Les rues sont pavées de gros galets ronds posés à la main et bombés en dos d'âne, ce qu'on appelle ici du pé de moleque : c'est inconfortable, glissant sous la pluie, et parfaitement assumé. Le centre est interdit aux voitures, les façades sont blanchies à la chaux avec les encadrements de portes et de fenêtres peints en couleurs franches — une contrainte que le classement impose toujours, maison par maison.

      La société coloniale se lit dans les églises, qui n'étaient pas les mêmes pour tout le monde : une pour les Blancs, une pour les mulâtres affranchis, une pour les esclaves et les Noirs libres, une dernière pour l'élite du XIXe siècle. Elles sont toutes debout, à quelques centaines de mètres les unes des autres, et cette carte-là en dit long. Paraty et la baie voisine sont inscrites depuis 2019 au patrimoine mondial, au double titre de la culture et de la biodiversité.

      Regarder le calendrier des marées avant de choisir sa journée : aux grandes marées, l'eau entre vraiment dans les rues et l'on circule sur les seuils surélevés. Chaussures plates obligatoires. Une fois par an, une fête littéraire internationale remplit la ville, et toutes les chambres avec.

      culture
      gratuit
    • Route de l'or et cascades, Paraty, Brésil
      Route de l'or et cascades Un tronçon pavé de l'ancien chemin muletier, construit par des esclaves, qui grimpe dans la forêt atlantique jusqu'à des cascades et une distillerie de cachaça.
      En savoir plus

      Le pavage n'est pas une décoration. Ces gros blocs ajustés à la main, sur une pente raide et sous une pluie qui tombe une bonne partie de l'année, étaient la seule façon d'empêcher le chemin de partir en boue sous les sabots des mules. Des milliers d'esclaves l'ont posé au XVIIIe siècle. L'or descendait vers Paraty pour être embarqué ; le sel, les outils et les hommes remontaient vers les mines.

      La Couronne portugaise prélevait un cinquième de tout l'or extrait, et ce chemin discret entre montagne et mer était l'endroit rêvé pour y échapper. La contrebande a fini par décider Lisbonne à privilégier une route plus directe vers Rio et à fermer celle-ci : c'est une décision fiscale, pas géographique, qui a mis Paraty en sommeil pour deux siècles.

      Le tronçon restauré grimpe dans la forêt atlantique jusqu'à des cascades. La plus connue est un long toboggan de roche lisse que des habitants descendent debout, en équilibre : la pierre est savonneuse, la glissade part vite, et ce n'est pas une attraction — les accidents y sont fréquents. Regarder plutôt qu'essayer, et se méfier des orages en amont, qui font monter le niveau sans prévenir.

      nature
      12 €

    Jour 6

    • Distilleries de cachaça, Paraty, Brésil
      Distilleries de cachaça Paraty a donné son nom à la cachaça pendant deux siècles — on disait « boire un paraty ». Une dizaine d'alambics artisanaux se visitent dans les collines, dégustation comprise.
      En savoir plus

      La différence avec le rhum tient en une étape : la cachaça se distille à partir du jus de canne pressé le jour même et fermenté, jamais de mélasse. Dans les alambiques de Paraty, la canne arrive de la parcelle voisine, le moulin tourne le matin, la fermentation prend quelques jours, puis passe l'alambic de cuivre. Le distillateur écarte le début et la fin de la coulée — la tête et la queue — et ne garde que le cœur ; c'est ce tri, plus que le vieillissement, qui sépare une eau-de-vie propre d'une brûlure.

      Le vieillissement se fait ici dans des bois qu'on n'utilise nulle part ailleurs : l'amburana, qui donne des notes de vanille et d'épices douces, le jequitibá, le bálsamo, à côté du chêne classique. D'un fût à l'autre, la même distillation change complètement de goût, et c'est tout l'intérêt d'une dégustation comparée sur place.

      Les alambiques sont dispersés dans les collines, sur les routes qui montent vers la serra : il faut un véhicule, donc quelqu'un qui ne goûte pas, ou une excursion. Une bonne cachaça vieillie se boit pure et à température ambiante ; la caipirinha se fait avec la blanche.

      marché
      8 €
    • Sortie en goélette dans la baie, Paraty, Brésil
      Sortie en goélette dans la baie Une journée de navigation entre les 65 îles et les plages inaccessibles par la route, avec plusieurs arrêts de baignade. C'est la façon la plus simple de voir la Costa Verde.
      En savoir plus

      La baie compte des dizaines d'îles et une côte découpée que la route n'atteint pas : derrière chaque pointe, une plage sans accès terrestre, une mangrove, parfois trois maisons de pêcheurs. Ces communautés caiçaras — métissage d'indigènes, de Portugais et d'Africains — vivent là depuis des générations, de pêche et de manioc, et ne se rejoignent qu'en bateau. La Serra do Mar tombe directement dans l'eau derrière elles, ce qui donne à la baie sa silhouette de fjord tropical.

      Les goélettes partent du quai en fin de matinée, s'arrêtent trois ou quatre fois pour la baignade, avec bar et musique à bord. C'est la formule simple et collective ; louer une petite embarcation avec son pilote coûte davantage mais permet de choisir les arrêts, de partir plus tôt et d'être seul aux mouillages que les grosses coques atteignent en dernier.

      Le vent monte l'après-midi et la mer se forme dans la partie ouverte de la baie : les sorties du matin sont plus confortables et l'eau y est plus claire. Emporter de quoi se couvrir, il n'y a pas d'ombre sur le pont, et un tee-shirt gardé dans l'eau vaut mieux qu'une couche de crème au-dessus d'un récif.

      nature
      30 €

    41 € hébergement · 30 € repas · 26 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pousada dans le centre historique, 82 € la nuit.

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  4. Paraty → Ilha Grande — Bus jusqu'à Angra puis bateau, 2 h 30, 18 € par personne.
  5. Ilha Grande, Brésil

    03. Ilha Grande

    J7 → J8 · 2 nuits · 220 € par personne

    Une île sans voitures, ancienne colonie pénitentiaire

    Une île sans une seule voiture, ancienne colonie pénitentiaire fermée en 1994, entièrement couverte de forêt atlantique. On y arrive en bateau depuis Angra dos Reis ou Conceição de Jacareí. ⚠️ Toutes les plages se gagnent à pied par des sentiers — Lopes Mendes demande deux heures de marche aller.

    En savoir plus sur Ilha Grande

    Ilha Grande n'a ni voiture, ni route, ni feu de circulation : c'est ce qui la définit. On y arrive en bateau depuis Angra dos Reis ou Conceição de Jacareí, et l'on débarque à Vila do Abraão, le seul vrai village, où tout se fait à pied dans le sable des ruelles. Les bagages se portent — les grandes valises à roulettes y sont une mauvaise idée.

    La raison pour laquelle la forêt atlantique y est aussi intacte est peu réjouissante : l'île a abrité un lazaret puis un pénitencier de haute sécurité, fermé et dynamité en 1994, ce qui a tenu le tourisme et la construction à l'écart pendant un siècle. Les ruines de Dois Rios se rejoignent par une piste de deux heures de marche, et l'on croise plus de singes que de monde.

    ⚠️ Toutes les plages se gagnent à pied ou en bateau. Lopes Mendes, la plus réputée, demande environ deux heures de marche aller par un sentier racineux qui monte et descend, ou une combinaison bateau plus quarante minutes de sentier. Il faut emporter son eau : il n'y a rien à acheter en chemin, ni sur la plage elle-même. Le sentier est boueux et glissant après la pluie, fréquente de décembre à mars, et la nuit tombe vite et tôt — vers dix-huit heures toute l'année.

    À table

    • Poisson grillé — le pêché du jour des barques d'Abraão, grillé sur la plage, avec du riz et de la farofa.
    • Peixe com banana — le plat caiçara de l'île, poisson et banane plantain mijotés ensemble.
    • Camarão na moranga — les crevettes en sauce crémeuse servies dans un potiron évidé, dans les restaurants de la plage.
    • Açaí — en bol glacé, au retour des plages de Lopes Mendes.
    • Caipirinha de fruits — à la fraise, au fruit de la passion ou au cajá, dans les kiosques du village.

    Jour 7

    • Plage de Lopes Mendes, Ilha Grande, Brésil
      Plage de Lopes Mendes Trois kilomètres de sable si fin qu'il crisse sous le pied, atteints par deux heures de sentier en forêt ou par bateau-taxi. Régulièrement classée parmi les plus belles plages du monde, et sans une construction.
      En savoir plus

      Lopes Mendes est régulièrement classée parmi les plus belles plages du monde, et sa particularité tient à son sable : d'une finesse et d'une blancheur telles qu'il crisse sous le pied et qu'il ne chauffe presque pas. Trois kilomètres de plage ouverte sur l'océan, sans une construction, sans un kiosque en dur, sans électricité.

      Cette absence n'est pas un hasard : l'île entière est protégée et a été tenue à l'écart du développement pendant un siècle par la présence d'un lazaret puis d'un pénitencier de haute sécurité, fermé et dynamité en 1994. La forêt atlantique y est restée intacte alors qu'elle a disparu à quatre-vingt-dix pour cent sur le continent.

      ⚠️ L'accès se mérite : environ deux heures de marche par un sentier racineux qui monte et descend depuis Abraão, ou un bateau-taxi jusqu'à une plage voisine suivi de quarante minutes de sentier. Il n'y a rien à acheter sur place et pas d'eau : tout s'emporte. La baignade est belle mais le ressac est franc, l'océan arrivant sans obstacle. Les sentiers sont boueux et glissants de décembre à mars.

      détente
      gratuit
    • Ruines du pénitencier de Dois Rios, Ilha Grande, Brésil
      Ruines du pénitencier de Dois Rios Le bagne a fonctionné jusqu'en 1994 avant d'être dynamité. Le sentier qui y mène traverse l'île de part en part ; il reste les murs, un village et un petit musée.
      En savoir plus

      Le sentier traverse l'île de part en part, de la côte abritée à la face océanique, et débouche sur une plage battue entre deux rivières — d'où le nom. Au bout : un village d'anciens gardiens, des ruines dynamitées en 1994 sur ordre du gouverneur, et un musée installé dans le seul bâtiment resté debout. Avant la prison, l'île avait servi de lazaret : les immigrants arrivant à Rio y passaient leur quarantaine. C'était déjà l'endroit où l'on mettait ce dont la ville ne voulait pas.

      Sous la dictature, la loi a fait cohabiter dans les mêmes quartiers des prisonniers politiques et des détenus de droit commun. Les premiers avaient l'organisation, la discipline et la théorie ; les seconds, le réseau. De cette rencontre est né, à la fin des années 1970, le groupe criminel qui pèse encore sur une partie de Rio. C'est l'héritage le plus concret du bagne, et il n'est pas dans le musée.

      Compter la journée entière : le chemin monte, descend, et il n'y a aucun commerce à l'arrivée. Des véhicules tout-terrain font parfois la liaison et évitent le retour à pied. La plage est ouverte sur l'océan, avec des rouleaux et du courant : la baignade y est bien moins anodine que dans les criques du nord.

      culture
      gratuit

    Jour 8

    • Sentiers de la forêt atlantique, Ilha Grande, Brésil
      Sentiers de la forêt atlantique L'île n'a AUCUNE route ni voiture : tout se fait à pied ou en bateau. Cent kilomètres de sentiers traversent une forêt atlantique préservée par un siècle de bagne — l'isolement l'a sauvée.
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      La forêt atlantique n'est pas l'Amazonie : c'est un autre biome, accroché aux reliefs de la côte, plus humide encore par endroits, et il n'en subsiste qu'une petite fraction de sa surface d'origine, morcelée en îlots. Celui-ci est l'un des plus intacts, précisément parce que la quarantaine puis le bagne ont fermé l'île pendant plus d'un siècle. On marche sous des arbres à contreforts, entre broméliacées et fougères arborescentes, avec les hurlements graves des singes bugios qui portent à des kilomètres.

      Les sentiers sont numérotés et partent presque tous d'Abraão. Certains longent la côte de crique en crique, d'autres franchissent les crêtes ; le sol est un mélange de racines, de pierres rondes et d'une boue qui ne sèche jamais complètement.

      Chaussures fermées à semelle crantée, sans discussion. Prendre toute son eau au départ, il n'y a pas de source aménagée. Se signaler avant un long itinéraire, prévoir large sur les horaires — on avance bien plus lentement que la distance ne le laisse croire — et rentrer avant la nuit, qui tombe d'un coup et sans crépuscule. Le réseau disparaît dès qu'on quitte le village.

      nature
      gratuit
    • Tour de l'île en bateau, Ilha Grande, Brésil
      Tour de l'île en bateau Le Lagon bleu, la plage de Freguesia et les criques de la côte nord, avec masque et tuba. La mer y est plus calme que sur la face océanique.
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      Le tour se fait par la côte nord, celle qui regarde le continent : une succession de criques encaissées, d'eau vert clair et de plages où seul le bateau accoste. Au Lagon bleu, on mouille entre deux îlots dans deux ou trois mètres d'eau transparente ; les poissons y sont si habitués qu'ils entourent les nageurs, parce qu'on les nourrit — commode pour la photo, mauvais pour eux, et rien n'oblige à s'y prêter.

      L'escale de Freguesia de Santana mérite qu'on descende à terre : sa petite église blanche est l'un des plus anciens bâtiments de l'île, plantée face à la mer dans un hameau de quelques maisons. Le contraste avec Abraão, où tout le monde débarque, est net.

      La mer est nettement plus maniable de ce côté que sur la face exposée à l'océan, mais un vent d'après-midi suffit à écourter la sortie. Le masque se loue à quai et se vérifie avant d'embarquer : un masque qui fuit gâche la journée entière. Sur le pont, ni ombre ni eau douce — chapeau, tee-shirt gardé dans l'eau, et le minimum d'affaires, tout finit mouillé.

      nature
      28 €

    43 € hébergement · 31 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pousada au bord de l'eau, 85 € la nuit.

    Voir les hébergements à Ilha Grandelien affilié

  6. Ilha Grande → Foz do Iguaçu — Bateau, bus jusqu'à Rio puis vol → Foz, 7 h, 110 € par personne.
  7. Foz do Iguaçu, Brésil

    04. Foz do Iguaçu

    J9 → J10 · 2 nuits · 285 € par personne

    275 chutes sur trois kilomètres de front

    Deux cent soixante-quinze chutes réparties sur trois kilomètres de front, à la frontière argentine. ⚠️ Les deux rives se visitent et ne montrent pas la même chose : le Brésil donne la vue d'ensemble en une demi-journée, l'Argentine met les pieds dedans et demande une journée entière. Faire les deux est le bon choix.

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    Les chutes ne sont pas une cascade mais un front de trois kilomètres où le fleuve Iguaçu se brise en deux cent soixante-quinze sauts, exactement sur la frontière entre le Brésil et l'Argentine. Cette frontière est le vrai sujet de l'étape : les deux rives ne montrent pas la même chose et ne se remplacent pas.

    ⚠️ Côté brésilien, un sentier de mille sept cents mètres longe le canyon et donne la vue d'ensemble, celle des photographies — une demi-journée suffit. Côté argentin, on marche sur des passerelles au-dessus et à l'intérieur des chutes, avec le petit train qui mène à la Gorge du Diable : il faut compter la journée entière, et l'on ressort trempé. Faire les deux est le bon choix, dans cet ordre de préférence si l'on doit en sacrifier un.

    Le passage de frontière est une formalité mais il se prépare : passeport obligatoire, contrôle dans les deux sens, et files parfois longues en milieu de matinée. Les deux parcs affichent leurs tarifs dans leur monnaie nationale et n'acceptent pas toujours celle du voisin. Autre point pratique : le débit varie énormément d'une saison à l'autre. Il est maximal de décembre à mars, mais c'est aussi la saison chaude et humide ; en hiver austral l'eau est moins abondante et la lumière plus franche.

    À table

    • Churrasco à volonté — les viandes découpées à table dans les rodízios de Foz, jusqu'à ce qu'on retourne le carton.
    • Chimarrão — le maté chaud bu à la paille dans une calebasse, boisson du Paraná et de tout le sud.
    • Pinhão — les graines du pin du Paraná, bouillies et vendues chaudes en cornet l'hiver.
    • Empanadas — de l'autre côté du pont, à Puerto Iguazú, les chaussons argentins à la viande.
    • Alfajores — les biscuits fourrés de dulce de leche du côté argentin, à rapporter.

    Jour 9

    • Parc national d'Iguaçu, côté brésilien, Foz do Iguaçu, Brésil
      Parc national d'Iguaçu, côté brésilien Le côté brésilien donne la VUE D'ENSEMBLE : une passerelle frontale sur les 275 cascades, jusqu'au pied de la Gorge du Diable. Une demi-journée suffit. ⚠️ Vaccin contre la fièvre jaune exigé pour la région.
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      Le sentier longe la rive en descendant doucement, et la vue s'ouvre par paliers sur le mur de cascades d'en face, qui sont argentines : le côté brésilien a la géographie pour lui, il regarde le spectacle de l'extérieur, en entier. La passerelle finale, elle, s'avance dans le fleuve jusqu'au pied de la Gorge du Diable, et l'on en ressort trempé sans exagération — ce n'est pas une bruine, c'est une averse permanente.

      Eleanor Roosevelt, en visite en 1944, aurait résumé l'affaire en deux mots : « Pauvre Niagara ! » La formule est restée. Le débit, lui, varie énormément : lors des sécheresses sévères, les chutes se réduisent à quelques filets d'eau ; en crue, les passerelles ferment.

      Poncho ou veste imperméable, et un sac étanche pour le téléphone : les protections vendues à l'entrée sont un consommable, pas un équipement. Les coatis qui rôdent autour des points de restauration sont habitués, insistants et capables de griffer pour un sandwich — ne rien manger en marchant, ne rien leur donner. Arriver à l'ouverture : les cars déversent leur monde en milieu de matinée.

      nature
      17 €
    • Côté argentin des chutes, Foz do Iguaçu, Brésil
      Côté argentin des chutes Le côté argentin donne l'IMMERSION : des kilomètres de passerelles au-dessus et au milieu des chutes. Les deux côtés sont complémentaires, aucun ne remplace l'autre. ⚠️ Billet séparé, passage de frontière et passeport obligatoires.
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      Le parti pris est l'inverse du côté brésilien : ici, on ne regarde pas les chutes, on marche dedans. Les circuits supérieur et inférieur enchaînent les passerelles au ras de l'eau, au-dessus des sauts et sous les embruns, avec des vues rapprochées sur des cascades qui, prises isolément, feraient chacune un site à elles seules. La passerelle finale traverse le fleuve sur plus d'un kilomètre pour s'arrêter au bord exact de la Gorge du Diable, là où toute la masse d'eau bascule.

      Cette passerelle a été emportée plusieurs fois par des crues et reconstruite ; c'est le premier tronçon fermé quand le fleuve monte. Un petit train dessert les départs de circuits, et une barque mène à l'île de San Martín quand le niveau le permet.

      La frontière change tout. Il faut le passeport, avec sortie du Brésil et entrée en Argentine tamponnées, et deux arrêts de contrôle sur le trajet. En voiture de location, le passage n'est possible qu'avec l'autorisation écrite du loueur et l'assurance qui va avec : sans ces papiers, on est refoulé au pont. Prévoir une journée par côté — les enchaîner le même jour est le meilleur moyen de bâcler les deux.

      nature
      30 €

    Jour 10

    • Parc des oiseaux, Foz do Iguaçu, Brésil
      Parc des oiseaux Un centre de conservation en face de l'entrée du parc, où l'on traverse de grandes volières abritant toucans, aras et harpies féroces. La plupart des pensionnaires sont des saisies de trafic.
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      On ne regarde pas les oiseaux à travers un grillage : le parcours entre dans les volières, sous des filets tendus par-dessus la forêt, et les toucans, aras et cotingas volent au-dessus de la tête. Le sol reste de la terre et des feuilles, la lumière est celle du sous-bois, et l'on croise les pensionnaires à hauteur d'homme.

      La grande majorité d'entre eux ne sortent pas d'un élevage : ce sont des saisies de trafic, des animaux blessés ou des abandons, souvent incapables de survivre s'ils étaient relâchés. Le morceau de bravoure est la harpie féroce, le rapace le plus puissant des Amériques, qui chasse singes et paresseux en pleine canopée et dont les serres dépassent la taille d'une main. Elle se reproduit très lentement, une nichée espacée de plusieurs années, ce qui fait de chaque naissance en captivité un événement.

      C'est en face de l'entrée du parc national : on l'enchaîne facilement avec les chutes dans la même journée. Le matin, les oiseaux sont actifs et bruyants ; en milieu de journée, ils se taisent et se cachent. Dans la volière des aras, retirer lunettes de soleil et bijoux brillants et ne pas tendre la main : ces becs cassent une noix.

      nature
      12 €
    • Barrage d'Itaipu, Foz do Iguaçu, Brésil
      Barrage d'Itaipu Le deuxième barrage du monde par la puissance, partagé avec le Paraguay, dont il couvre à lui seul près de 90 % de la consommation électrique. Sa construction a noyé les chutes de Sete Quedas, plus grandes qu'Iguaçu.
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      Ce qui frappe n'est pas la puissance mais la nature du chantier : pour bâtir le barrage dans le lit du fleuve, il a fallu détourner le Paraná dans un canal creusé à l'explosif et mettre son lit à sec. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées et la retenue a noyé une vallée entière. La visite panoramique longe la crête en bus ; une formule plus technique descend dans la salle des machines, où l'on prend la mesure d'une seule turbine.

      Une singularité binationale : la moitié des groupes produit du courant à cinquante hertz pour le Paraguay, l'autre à soixante pour le Brésil. Deux réseaux électriques incompatibles cohabitent dans le même bâtiment, séparés par un trait peint au sol qui est aussi la frontière.

      Le déversoir, celui des photos spectaculaires, ne s'ouvre qu'en période de crue : la plupart du temps il est sec, et ce n'est pas une déception, c'est le fonctionnement normal. Réserver son créneau à l'avance, emporter son passeport, et mettre des chaussures fermées — la visite technique refuse les sandales et impose un âge minimum.

      culture
      14 €

    38 € hébergement · 30 € repas · 38 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine, 76 € la nuit.

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Le budget de ces 10 jours

1 420 € par personne pour 10 jours, soit 142 € / jour. À deux, 2 840 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement424 €30 %
Repas310 €22 %
Transport sur place324 €23 %
Vols intérieurs et billets150 €11 %
Activités212 €15 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 4 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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