Le sentier longe la rive en descendant doucement, et la vue s'ouvre par paliers sur le mur de cascades d'en face, qui sont argentines : le côté brésilien a la géographie pour lui, il regarde le spectacle de l'extérieur, en entier. La passerelle finale, elle, s'avance dans le fleuve jusqu'au pied de la Gorge du Diable, et l'on en ressort trempé sans exagération — ce n'est pas une bruine, c'est une averse permanente.
Eleanor Roosevelt, en visite en 1944, aurait résumé l'affaire en deux mots : « Pauvre Niagara ! » La formule est restée. Le débit, lui, varie énormément : lors des sécheresses sévères, les chutes se réduisent à quelques filets d'eau ; en crue, les passerelles ferment.
Poncho ou veste imperméable, et un sac étanche pour le téléphone : les protections vendues à l'entrée sont un consommable, pas un équipement. Les coatis qui rôdent autour des points de restauration sont habitués, insistants et capables de griffer pour un sandwich — ne rien manger en marchant, ne rien leur donner. Arriver à l'ouverture : les cars déversent leur monde en milieu de matinée.