Corse en 14 jours : l'itinéraire jour par jour
2 042 € par personne sur place pour 14 jours, soit 146 € / jour — en 6 étapes, de Bastia à Porto-Vecchio et Bavella. En passant par Porto, Piana et Scandola, Corte et la Restonica, Ajaccio, puis Bonifacio.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · trois semaines · toutes les étapes de Corse
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Bastia — Poretta (BIA), retour depuis Ajaccio — Napoléon-Bonaparte (AJA) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Bastia
J1 → J2 · 2 nuits · 252 € par personne
Un port génois, une citadelle, et le Cap juste au-dessus
La porte d'entrée maritime de l'île et sa ville la plus italienne — Bastia a été génoise pendant quatre siècles et n'a jamais vraiment cessé de l'être. Le vieux port et la citadelle de Terra Nova se font à pied ; tout le reste demande la voiture. ⚠️ C'est aussi le meilleur point de départ pour le Cap Corse, une presqu'île de quarante kilomètres qu'on contourne en une journée.
En savoir plus sur Bastia
Bastia a été génoise pendant quatre siècles et ne s'en est jamais tout à fait remise : les immeubles du vieux port montent à six et sept étages sur des façades ocre serrées, exactement comme dans un port ligure, et rien dans cette silhouette n'évoque une ville française. Elle est restée la capitale économique de l'île alors qu'Ajaccio en est la capitale administrative, et cette rivalité est un fait local qu'on entend encore.
La ville se parcourt à pied sur un axe court : la place Saint-Nicolas, immense et plantée de palmiers, le vieux port en contrebas, puis la citadelle de Terra Nova qu'on rejoint par une rampe ou par les escaliers du quartier de Terra Vecchia. Tout le reste demande la voiture. ⚠️ Le stationnement en centre-ville est difficile et payant ; les parkings du port et de la gare sont la solution ordinaire.
C'est surtout le point de départ du Cap Corse, cette presqu'île de quarante kilomètres qui remonte au nord et qu'aucun itinéraire rapide ne traverse. La route en corniche y dessert des villages de pêcheurs, des tours de guet génoises et des vignobles, et l'on en fait le tour en une journée pleine — ⚠️ jamais en une demi-journée, malgré ce que la carte laisse croire. C'est aussi de Bastia que partent la plupart des ferries vers le continent, ce qui en fait le meilleur endroit pour commencer ou finir un séjour avec sa propre voiture.
À table
- Aziminu — la bouillabaisse corse, poissons de roche, rascasse et safran, avec des tranches de pain frottées d'ail.
- Storzapreti — les boulettes de brocciu et de blettes gratinées à la tomate, le plat bastiais par excellence.
- Cap Corse Mattei — l'apéritif au quinquina et aux écorces d'orange créé à Bastia en 1872, servi frais sur la place Saint-Nicolas.
- Canistrelli — les biscuits secs à l'anis, au citron ou au vin blanc, dans toutes les boulangeries de la ville.
Jour 1
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Vieux port et citadelle de Terra Nova Un bassin ovale bordé d'immeubles de six et sept étages aux façades ocre, serrés au point de paraître pencher. On monte à la citadelle par la rampe ou par les escaliers du quartier de Terra Vecchia, et l'on redescend par l'autre.gratuitmarchéEn savoir plus
Le vieux port est un bassin ovale enserré par des immeubles de six et sept étages, si serrés qu'ils paraissent pencher les uns vers les autres. Cette hauteur n'a rien d'italien par accident : c'est exactement la manière génoise de bâtir un port, en montant faute de place, et Bastia est la ville de Corse qui y ressemble le plus.
Deux quartiers l'encadrent et ils ne se ressemblent pas. Terra Vecchia, au nord, est la ville populaire, née autour du port de pêche, avec ses ruelles étroites, ses oratoires de confréries et son linge. Terra Nova, au sud, est la ville génoise voulue et planifiée : la citadelle, le palais des gouverneurs, la cathédrale Sainte-Marie.
On monte de l'un à l'autre par la rampe ou par les escaliers du Romieu, un jardin en terrasses posé sur le flanc du rocher, et l'on redescend par l'autre côté. ⚠️ Le circuit fait deux bonnes heures avec les arrêts, et il monte franchement : de mauvaises semelles sur les dalles polies du port sont le seul vrai désagrément. En fin de journée, le soleil éclaire les façades de face depuis la mer.
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Musée de Bastia et palais des Gouverneurs L'ancienne résidence des gouverneurs génois, dans la citadelle, devenue le musée de la ville. On y comprend en une heure pourquoi Bastia ressemble à un port ligure plutôt qu'à une ville française. Les jardins des remparts, derrière, sont en accès libre.5 €cultureEn savoir plus
Le palais a été la résidence des gouverneurs génois pendant quatre siècles, du XVᵉ au XVIIIᵉ, c'est-à-dire pendant toute la période où Gênes a tenu la Corse. Il domine le vieux port depuis la citadelle, et sa façade ocre à loggia est la première chose qu'on voit en arrivant par la mer — ce qui était l'intention.
Le musée qu'il abrite ne raconte pas l'île mais la ville, et c'est ce qui le rend utile : on y comprend en une heure pourquoi Bastia ressemble à un port ligure, comment elle est devenue la capitale économique alors qu'Ajaccio prenait l'administration, et ce que le XIXᵉ siècle industriel y a laissé. Le bâtiment lui-même a servi de caserne puis de prison avant d'être restauré.
Les jardins des remparts, derrière, sont en accès libre et donnent la vue sur le port et sur l'île d'Elbe par temps clair. ⚠️ Le musée ferme le lundi une partie de l'année et l'accès à la citadelle se fait par une montée sérieuse depuis le port — il existe un ascenseur public depuis la place du Marché, que peu de visiteurs repèrent.
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Marché du samedi, place de l'Hôtel-de-Ville Charcuterie de montagne, brocciu, miel de maquis, clémentines de la plaine orientale en hiver. C'est le marché des Bastiais, pas une vitrine : il se tient le samedi et le dimanche matin sous les platanes, et il se termine tôt.gratuitmarchéEn savoir plus
Le marché se tient le samedi et le dimanche matin sur la place de l'Hôtel-de-Ville, dans Terra Vecchia, sous des platanes qui ont l'âge de la place. C'est un marché de ville, pas une vitrine : les Bastiais y font leurs courses, et il se termine tôt — vers le milieu de la matinée, les meilleurs producteurs ont plié.
Ce qu'on y trouve dit la géographie de l'île. La charcuterie vient de la montagne, où les porcs sont élevés en semi-liberté et nourris de châtaignes ; le brocciu, fromage frais de petit-lait de brebis ou de chèvre, vient des bergeries ; les clémentines viennent de la plaine orientale, entre Bastia et Solenzara, qui produit l'essentiel des agrumes français après la Méditerranée continentale.
⚠️ Le brocciu est saisonnier — de novembre à juin — parce qu'il suit la lactation des brebis. Ce qui se vend l'été est du brocciu passu, affiné et salé, qui n'a plus rien du fromage frais. Les vendeurs le disent si on demande, et beaucoup de visiteurs repartent déçus faute de l'avoir su. La place est aussi le meilleur endroit de la ville pour prendre un café assis.
Jour 2
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Oratoire Sainte-Croix et le Christ noir Un intérieur baroque entièrement doré, dans la citadelle, qui abrite un crucifix de chêne noir repêché en mer par des pêcheurs en 1428. Il est resté le protecteur de la ville, et sa procession de mai fait sortir tout Bastia.gratuitcultureEn savoir plus
L'oratoire est dans la citadelle, à quelques mètres de la cathédrale, et son intérieur est entièrement doré — stucs, boiseries, plafond peint — dans un baroque génois qui surprend après la sobriété des façades de la ville. Il appartient à une confrérie, ces associations de laïcs qui structuraient la vie religieuse corse et dont plusieurs existent encore.
Il abrite un crucifix de chêne noirci, appelé le Christ des Miracles. La tradition rapporte que des pêcheurs bastiais l'ont repêché en mer au large de la ville en 1428, flottant, et qu'il est devenu depuis le protecteur de Bastia. Sa procession, au début du mois de mai, sort encore aujourd'hui et fait descendre toute la ville dans la rue.
⚠️ C'est un lieu de culte en activité et non un musée : il peut être fermé sans préavis, notamment pendant les offices et les répétitions de confrérie. L'entrée est libre quand il est ouvert. Le chant polyphonique corse, la paghjella, est né dans ces confréries — il arrive de tomber sur une répétition, et c'est le meilleur moment possible pour y entrer.
49 € hébergement · 42 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur le port, 98 € la nuit.
- Bastia → Porto, Piana et Scandola — voiture, via Saint-Florent et les Agriates et Calvi et la Balagne, 4 h 15, 23 € par personne.
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02. Porto, Piana et Scandola
J3 → J5 · 3 nuits · 446.5 € par personne
Du porphyre rouge qui tombe dans une mer bleue
Le golfe de Porto réunit trois sites classés par l'Unesco : la réserve de Scandola, les calanques de Piana et le golfe lui-même. La roche y est un porphyre rouge que l'érosion a découpé en aiguilles et en arches. ⚠️ Scandola ne se voit qu'en bateau — aucune route ni aucun sentier n'y accède. C'est l'étape la plus spectaculaire de l'île, et la plus lente à rejoindre.
En savoir plus sur Porto, Piana et Scandola
Le golfe de Porto réunit trois sites inscrits au patrimoine mondial : la réserve de Scandola, les calanques de Piana et le golfe lui-même. La roche y est un porphyre rouge que l'érosion a découpé en aiguilles, en arches et en colonnes, et le contraste avec l'eau donne les images qui servent d'affiche à la Corse entière. Le village de Porto, lui, est minuscule — une tour génoise, une marine, quelques hôtels.
⚠️ Scandola ne se voit qu'en bateau. Aucune route, aucun sentier n'y accède, et c'est une condition de son classement : la réserve protège des colonies de balbuzards et des fonds marins que la fréquentation détruirait. Les sorties partent de la marine et durent une demi-journée, avec une halte à Girolata — un hameau sans route, joignable seulement par la mer ou après deux heures de marche.
C'est aussi l'étape la plus lente à rejoindre, et il faut le prévoir. La D81 entre Calvi et Porto met deux heures et demie pour quatre-vingts kilomètres : elle est taillée en corniche, souvent sans glissière, avec des passages où deux voitures ne se croisent qu'au pas. ⚠️ En été, les calanques de Piana sont saturées et le stationnement y est impossible en milieu de journée — le sentier des muletiers, qui passe sous les aiguilles, est la bonne réponse.
À table
- Poissons de roche du golfe — chapon, denti et loup pêchés dans la réserve, grillés entiers sur les terrasses de la marine.
- Cabri rôti — le chevreau au four avec des pommes de terre, plat de fête des villages de Piana et d'Ota.
- Soupe corse — la soupe paysanne aux haricots, panzetta, choux et pâtes, épaisse à tenir la cuillère.
- Confiture de figues et de châtaignes — sur le fromage de brebis, dans les épiceries de la route de Piana.
Jour 3
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Calanques de Piana par le sentier des muletiers Le sentier passe sous les aiguilles de porphyre que la route ne fait que longer, et il évite complètement la circulation. ⚠️ La D81 qui traverse les calanques est saturée en été et le stationnement y est quasi impossible : venir tôt ou marcher.gratuitsportEn savoir plus
Les calanques de Piana sont des aiguilles de porphyre rouge que l'érosion a sculptées en formes reconnaissables — on leur a donné des noms, le Chien, le Cœur, l'Évêque — et qui tombent de trois cents mètres dans le golfe. Elles sont classées au patrimoine mondial avec Scandola et le golfe de Porto.
La route qui les traverse est spectaculaire mais elle passe au milieu : on longe les aiguilles sans les dominer ni les voir d'en bas. Le sentier des muletiers, ancien chemin de liaison entre Piana et Ota antérieur à la route, passe dessous et donne une tout autre échelle. Il se prend depuis la route et fait une boucle de deux heures.
⚠️ C'est aussi la seule façon d'y échapper à la circulation. En juillet et août, la D81 dans les calanques est saturée, le stationnement est quasi impossible, et l'on avance au pas entre les camping-cars — ce qui ruine complètement le lieu. Y être avant huit heures ou après dix-huit change tout, et la lumière de fin de journée est de toute façon celle qui fait rougir la roche.
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Capu Rossu et la tour de Turghiu Une presqu'île de roche rouge qui s'avance dans le golfe, avec une tour génoise au sommet à trois cent trente mètres. ⚠️ Trois heures aller-retour, sans un arbre et sans eau : à faire au lever du jour ou en fin d'après-midi.gratuitsportEn savoir plus
Le Capu Rossu est une presqu'île de porphyre qui s'avance dans le golfe au sud des calanques, et elle culmine à plus de trois cents mètres au-dessus de l'eau. Une tour génoise, la tour de Turghiu, est posée au sommet — l'une des plus spectaculairement situées de l'île, et l'une des rares qu'on atteigne à pied.
Le sentier part de la route de Piana et descend d'abord avant de remonter, ce qui rend le retour plus dur que l'aller : compter trois heures aller-retour, sur un terrain de rocaille et de maquis bas. La vue depuis la tour porte sur tout le golfe, sur Scandola en face et, par temps clair, jusqu'au cap Corse.
⚠️ Il n'y a pas un arbre sur tout le parcours, pas de point d'eau, et la roche rouge accumule la chaleur. C'est une marche de début de matinée ou de fin d'après-midi, jamais de midi en été — et la descente au retour se fait dans la lumière rasante, ce qui en fait le bon sens. ⚠️ La tour est en ruine et son sommet n'est pas sécurisé : on n'y grimpe pas.
Jour 4
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Réserve de Scandola et Girolata en bateau Une réserve de porphyre rouge inscrite à l'Unesco, accessible uniquement par la mer : falaises percées de grottes, colonies de balbuzards, eau translucide. La sortie comprend une halte à Girolata, hameau sans route joignable seulement en bateau ou à pied.55 €natureEn savoir plus
Scandola a été la première réserve française à la fois terrestre et marine, créée en 1975, et elle est inscrite au patrimoine mondial. Sa roche est un porphyre volcanique rouge, vieux de deux cent cinquante millions d'années, que la mer a creusé en grottes, en arches et en orgues — le contraste avec l'eau verte est ce qu'on retient.
Elle abrite l'une des dernières populations méditerranéennes de balbuzards pêcheurs, rapaces qui plongent pour attraper leur poisson et nichent sur les corniches. Leur protection est la raison pour laquelle on ne débarque nulle part dans le cœur de la réserve et pourquoi les bateaux gardent leurs distances de certaines parois.
La sortie comprend une halte à Girolata, hameau d'une poignée de maisons qu'aucune route ne dessert : on y arrive par la mer ou après deux heures de sentier. ⚠️ La fréquentation de la réserve est encadrée depuis 2020 après des années de sur-tourisme, avec des quotas de bateaux et des zones interdites. Les sorties s'annulent par mer formée, ce qui arrive régulièrement même en été.
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Forêt d'Aïtone et ses piscines naturelles Une pinède de pins laricio de plus de cinquante mètres, exploitée par les Génois pour les mâts de leurs navires. Le torrent y creuse des vasques successives où l'on se baigne, à mille mètres d'altitude.gratuitnatureEn savoir plus
Aïtone est une forêt de pins laricio, une espèce endémique de Corse qui pousse droit et sans branche basse jusqu'à plus de cinquante mètres. C'est précisément cette rectitude qui l'a rendue précieuse : Gênes y prenait les mâts de sa flotte, et l'exploitation a été si intensive que les plus vieux sujets, tricentenaires, sont ceux qu'on avait jugés trop tordus.
Le torrent d'Aïtone traverse la forêt en creusant dans le granit une succession de vasques et de toboggans naturels, à mille mètres d'altitude, accessibles en quelques minutes depuis la route du col de Vergio. C'est le lieu de baignade en eau douce le plus fréquenté de l'ouest de l'île.
⚠️ L'eau est froide — huit à quinze degrés selon la saison — et le granit poli est extrêmement glissant, mouillé comme sec. Les accidents y sont surtout des chutes, pas des noyades. On ne saute pas dans les vasques sans en connaître le fond : les niveaux varient et les rochers immergés se déplacent d'une crue à l'autre. Des cochons semi-sauvages circulent dans la forêt et fouillent les sacs laissés au sol.
Jour 5
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Gorges de la Spelunca et le pont de Zaglia Un ancien chemin muletier pavé descend dans les gorges jusqu'à un pont génois du XVIIᵉ siècle, en dos d'âne au-dessus du torrent. On peut se baigner dans les vasques en contrebas, l'eau est glaciale.gratuitnatureEn savoir plus
L'ancien chemin muletier qui relie Ota à Évisa a été pavé au XVIIᵉ siècle et il servait au transport du bois, du charbon et des troupeaux avant la route. Il descend dans les gorges de la Spelunca par des dalles usées et des marches taillées, et c'est un ouvrage en soi : on marche sur quatre siècles d'entretien.
Au fond, le pont de Zaglia franchit le torrent en dos d'âne sur une arche unique, bâti en 1797 — c'est un pont génois par le style, pas par la date, l'appellation désignant en Corse une technique plutôt qu'une époque. Il n'y a aucun garde-corps, ce qui était la norme.
On peut se baigner dans les vasques en contrebas, et beaucoup le font. ⚠️ L'eau descend de mille cinq cents mètres et reste glaciale toute l'année : l'entrée est brutale et les crampes sont réelles. ⚠️ Le niveau du torrent peut monter très vite après un orage sur les crêtes, alors qu'il fait grand soleil dans les gorges — c'est la cause la plus fréquente d'accident sur les rivières corses.
53 € hébergement · 44 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans la marine de Porto, 105 € la nuit.
Voir les hébergements à Porto, Piana et Scandolalien affilié
- Porto, Piana et Scandola → Corte et la Restonica — Par le col de Vergio et le Niolu, 2 h 15, 10 € par personne (20 € à partager).
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03. Corte et la Restonica
J6 → J7 · 2 nuits · 232 € par personne
La capitale historique, un nid d'aigle et deux vallées
La seule étape de l'intérieur, et celle qui explique la Corse : Corte a été la capitale de la République corse indépendante au XVIIIᵉ siècle, elle abrite l'université de l'île, et sa citadelle est perchée sur un piton au confluent de deux torrents. ⚠️ On y monte et l'on y descend sans arrêt. Deux vallées de haute montagne — Restonica et Tavignano — partent de la ville.
En savoir plus sur Corte et la Restonica
Corte est la seule étape de l'intérieur, et c'est elle qui explique la Corse. Pascal Paoli en a fait la capitale de la République corse indépendante entre 1755 et 1769, avec une constitution qui accordait le droit de vote aux femmes bien avant tout le monde, et une université qu'il a fondée — rouverte en 1981 et qui fait aujourd'hui vivre la ville. On y croise des étudiants là où le reste de l'île ne croise que des visiteurs.
La ville est bâtie au confluent du Tavignano et de la Restonica, avec une citadelle perchée sur un piton et un nid d'aigle carré planté sur le rocher depuis 1420. ⚠️ Tout y monte : les ruelles sont en escalier et l'on redescend systématiquement pour remonter ailleurs. Le musée de la Corse, dans la citadelle, présente l'ethnographie de l'île sans folklore — bergerie, confréries, émigration — et son billet donne accès au site.
Deux vallées de haute montagne partent de la ville. La Restonica mène aux lacs glaciaires de Melo et de Capitello, au-dessus de mille sept cents mètres : ⚠️ six à sept heures aller-retour depuis le nouveau départ, après les dégâts des tempêtes de 2023, avec des passages câblés — ce n'est pas une promenade. Le Tavignano, à côté, est presque désert et part de la ville même. C'est ici que la Corse cesse d'être une île pour devenir une montagne.
À table
- Pulenda — la polenta de farine de châtaigne, coupée au fil, servie avec du figatellu, un œuf frit et du brocciu.
- Fromages du Niolu — les brebis et chèvres à croûte lavée des bergers de la vallée, au goût franc, sur les marchés de la ville.
- Veau aux olives — le veau corse mijoté aux olives et au vin rouge, plat de la cuisine de montagne.
- Civet de sanglier — mariné au vin et cuit longuement avec des châtaignes, sur les tables de la Restonica à l'automne.
Jour 6
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Lacs de Melo et de Capitello Deux lacs glaciaires à plus de mille sept cents mètres, au fond de la Restonica. ⚠️ Six à sept heures aller-retour depuis le nouveau départ de Frassetta, avec des passages câblés. Le tarif est par véhicule ; une navette existe à 4 € par personne, sur réservation.3 €sportEn savoir plus
Melo et Capitello sont deux lacs glaciaires posés en escalier au fond de la haute vallée de la Restonica, à plus de mille sept cents et mille neuf cents mètres. Ce sont des cuvettes creusées par la glace puis remplies, et Capitello, le plus haut, reste gelé une partie de l'année — il l'est parfois encore en juin.
⚠️ L'accès a complètement changé après les tempêtes de 2023, qui ont emporté une partie de la route de la vallée : le départ se fait désormais de Frassetta, bien plus bas qu'avant, et la marche demande six à sept heures aller-retour au lieu de trois. Beaucoup d'informations en ligne datent d'avant et annoncent encore l'ancienne durée.
⚠️ Le sentier comporte des passages câblés et des dalles inclinées qui deviennent très glissantes mouillées. Ce n'est pas une randonnée familiale, et les secours en montagne y interviennent régulièrement sur des marcheurs partis en baskets à midi. Départ tôt, chaussures montantes, un vêtement chaud pour le sommet — il peut y neiger en juin — et la météo consultée le matin même. Le stationnement est payant en saison et une navette dessert le départ.
Jour 7
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Vieille ville de Corte et le belvédère Des ruelles en escalier montent jusqu'au nid d'aigle, une tour carrée bâtie sur le rocher en 1420. Le belvédère derrière la citadelle donne le confluent des deux torrents et les montagnes derrière — c'est là qu'on comprend le site.gratuitmarchéEn savoir plus
Corte a été la capitale de la République corse indépendante entre 1755 et 1769, sous Pascal Paoli, et ce n'est pas un détail : la constitution adoptée ici accordait le droit de vote aux femmes, plus d'un siècle et demi avant la France, et Rousseau comme les constituants américains s'y sont intéressés. L'université qu'il a fondée a été fermée par la France en 1769 et rouverte en 1981.
La ville haute monte en ruelles pavées et en escaliers jusqu'à la place Gaffori, marquée par les impacts de balles du siège de 1746, et jusqu'à la citadelle. Les étudiants — plusieurs milliers pour une ville de sept mille habitants — lui donnent une vie que les étapes côtières n'ont pas hors saison.
Le belvédère, derrière la citadelle, donne le confluent des deux torrents, le nid d'aigle sur son rocher et les montagnes derrière : c'est de là qu'on comprend pourquoi le site a été choisi, et l'ensemble se photographie mieux en fin d'après-midi. ⚠️ L'accès se fait à pied uniquement, par une montée continue depuis la ville basse.
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Musée de la Corse et la citadelle Installé dans la citadelle, dont l'accès au site est compris dans le billet, il présente l'ethnographie et l'histoire de l'île sans folklore — bergerie, confréries, émigration, tourisme. ⚠️ Fermé le dimanche et le lundi en basse saison.6 €cultureEn savoir plus
Le musée occupe la caserne Serrurier, dans la citadelle, et il a été conçu autour d'une collection d'ethnographie réunie à partir des années 1950 : outils de bergerie, costumes, objets de confrérie, instruments. Le parti pris est de traiter la culture corse comme un objet d'étude vivant, pas comme un folklore — l'émigration, l'industrialisation manquée et le tourisme y ont leur place au même titre que la transhumance.
Le billet donne accès au site de la citadelle, ce qui compte : on monte jusqu'au nid d'aigle, une tour carrée bâtie sur le rocher en 1420, seule fortification de l'intérieur de l'île. De là, on voit le confluent du Tavignano et de la Restonica et les montagnes qui ferment la cuvette.
La citadelle a servi de prison, puis de caserne pour la Légion étrangère jusqu'en 1983. ⚠️ Le musée ferme le dimanche et le lundi en basse saison, ainsi que deux semaines autour du Nouvel An, et les horaires changent entre l'été et l'hiver. La montée depuis la ville se fait par des ruelles en escalier, sans autre accès.
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Gorges du Tavignano L'autre vallée de Corte, bien moins fréquentée que la Restonica et accessible à pied depuis la ville même. Le sentier suit le torrent en corniche jusqu'à une passerelle, entre des parois de granit.gratuitsportEn savoir plus
Le Tavignano est l'autre vallée de Corte, et elle a un avantage décisif sur la Restonica : le sentier part de la ville même, sans voiture, sans parking payant et sans navette. On s'engage depuis le quartier haut et l'on est dans les gorges en quinze minutes.
Le chemin suit le torrent en corniche, taillé à flanc de paroi de granit, sur un ancien tracé de liaison entre Corte et le Niolu. Il monte régulièrement jusqu'à une passerelle qui franchit le torrent, à deux heures environ, et se prolonge ensuite vers le lac de Nino pour les marcheurs équipés.
⚠️ La fréquentation y est sans commune mesure avec la Restonica : on peut y croiser cinq personnes en une matinée d'août, contre plusieurs centaines dans la vallée voisine. Le sentier est étroit et exposé par endroits, avec du vide à droite, mais sans difficulté technique. ⚠️ Comme partout ici, l'eau du torrent monte vite après un orage sur les crêtes ; on ne traverse pas hors des passerelles.
41 € hébergement · 38 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel au pied de la citadelle, 82 € la nuit.
- Corte et la Restonica → Ajaccio — Micheline Corte → Ajaccio, 2 h, 2 h, 12 € par personne.
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04. Ajaccio
J8 → J9 · 2 nuits · 274 € par personne
Napoléon, un golfe plein ouest et les Sanguinaires
La capitale de la Corse et son principal aéroport, dans un golfe orienté plein ouest — ce qui lui donne les couchers de soleil de l'île. Tout le centre se fait à pied, entre la maison natale de Napoléon et le musée de son oncle cardinal. ⚠️ C'est la seule étape où l'on peut se passer de voiture pendant deux jours.
En savoir plus sur Ajaccio
Ajaccio est la capitale de la Corse et concentre son principal aéroport, ce qui en fait le point d'entrée de la majorité des visiteurs. Le golfe est orienté plein ouest — la seule grande ville de l'île dans ce cas — et cela lui donne ses couchers de soleil, qui sont l'événement quotidien de la pointe de la Parata.
Napoléon y est né en 1769, quelques mois après le rattachement de l'île à la France, et la ville ne laisse personne l'ignorer : sa maison natale, des statues à tous les carrefours, une place Foch, un cours Napoléon. ⚠️ La maison a été pillée pendant l'occupation anglo-corse puis reconstituée : peu de meubles y sont d'origine. Le palais Fesch, en revanche, est une vraie surprise — la deuxième collection de peinture italienne de France après le Louvre, réunie par l'oncle cardinal de Napoléon, dans une ville de soixante-dix mille habitants.
C'est la seule étape du parcours où l'on peut se passer de voiture deux jours durant : le centre se fait à pied, le marché de la place Foch est quotidien, et un bus dessert les Sanguinaires. ⚠️ C'est aussi de là que part le train pour Corte et Bastia, deux heures de micheline à travers la montagne — le seul trajet du séjour où le rail est une vraie alternative à la route.
À table
- Prisuttu, coppa et lonzu — la charcuterie de porc nustrale nourri aux châtaignes, séchée en montagne et vendue au marché de la place Foch.
- Frittelle au brocciu — les beignets de brocciu frits à l'huile, saupoudrés de sucre, à la sortie de la messe ou au goûter.
- Oursins — ouverts sur la route des Sanguinaires l'hiver, à la cuillère avec un verre de blanc.
- Vin d'Ajaccio — les rouges de Sciaccarellu sur granit, légers et poivrés, de l'appellation qui porte le nom de la ville.
Jour 8
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Maison Bonaparte La maison de famille où Napoléon est né en 1769 et a passé ses neuf premières années, meublée dans son état de la fin du XVIIIᵉ siècle. ⚠️ Elle a été pillée puis reconstruite après le passage des troupes anglo-corses : peu de meubles sont d'origine.7 €cultureEn savoir plus
La maison appartenait à la famille Bonaparte depuis le début du XVIIIᵉ siècle et Napoléon y est né le 15 août 1769 — quinze mois après le traité qui rattachait la Corse à la France. Ce détail de calendrier est ce qui fait de lui un Français : né deux ans plus tôt, il aurait été génois.
⚠️ Ce qu'on visite n'est pas la maison telle qu'il l'a connue. Elle a été pillée et occupée pendant l'épisode du royaume anglo-corse, entre 1794 et 1796, puis remeublée par sa mère au retour, puis modifiée encore. Très peu d'objets sont d'origine, et le musée le dit — mais beaucoup de visiteurs l'ignorent et cherchent le berceau.
L'intérêt réel est ailleurs : on y comprend ce qu'était une famille de petite noblesse corse au XVIIIᵉ siècle — ni riche, ni pauvre, vivant de charges et de terres, dans une ville de quatre mille habitants au bout d'une île pauvre. ⚠️ Le musée ferme le lundi et applique les gratuités des musées nationaux, dont le premier dimanche du mois.
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Palais Fesch, musée des beaux-arts La deuxième collection de peinture italienne de France après le Louvre, réunie par le cardinal Fesch, oncle de Napoléon et l'un des plus gros collectionneurs de son temps. Botticelli, Titien, Bellini — dans une ville de soixante-dix mille habitants.10 €cultureEn savoir plus
Joseph Fesch était le demi-oncle de Napoléon, cardinal, et l'un des plus gros collectionneurs de son temps : il a réuni jusqu'à seize mille tableaux, profitant des ventes consécutives aux campagnes d'Italie et à la dispersion des collections religieuses. Il en a légué une partie à sa ville natale, à condition qu'elle bâtisse un musée — ce qu'elle a fait.
Le résultat est la deuxième collection de peinture italienne de France après le Louvre, dans une ville de soixante-dix mille habitants : Botticelli, Bellini, Titien, Véronèse, Poussin. C'est complètement disproportionné avec le lieu, et c'est ce qui rend la visite mémorable.
La chapelle impériale, attenante, abrite les tombeaux de la famille Bonaparte — sauf Napoléon lui-même, aux Invalides. ⚠️ Elle se visite avec un billet distinct de celui du musée, ce qui surprend. Le musée ferme le mardi et applique des horaires réduits hors saison ; compter deux heures pour l'essentiel, davantage si l'on s'attarde sur les primitifs.
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Îles Sanguinaires et pointe de la Parata Quatre îlots de porphyre rouge fermant le golfe, avec une tour génoise sur la pointe qui leur fait face. ⚠️ Le sentier de la Parata est le meilleur endroit de Corse pour un coucher de soleil, et le parking est plein une heure avant.gratuitnatureEn savoir plus
Les Sanguinaires sont quatre îlots de porphyre rouge alignés à l'entrée du golfe, et l'origine de leur nom est discutée : la couleur de la roche au couchant, ou une déformation d'un mot désignant les îles sanguinaires au sens de rougeâtres. La plus grande porte un phare et une tour génoise.
La pointe de la Parata leur fait face, avec sa propre tour génoise de 1608, et un sentier aménagé en fait le tour en une trentaine de minutes. Alphonse Daudet a passé quelques nuits au phare et en a tiré l'une des Lettres de mon moulin — ce qui a beaucoup fait pour la notoriété du lieu.
⚠️ C'est le meilleur coucher de soleil de Corse et tout le monde le sait : le parking est plein une heure avant, la route d'accès se bouche, et l'on marche depuis loin en été. Y venir en milieu d'après-midi pour marcher, ou prendre le bus depuis le centre d'Ajaccio, règle le problème. ⚠️ Les îles elles-mêmes se rejoignent en navette maritime, et les sorties s'annulent par vent d'ouest, fréquent.
Jour 9
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Marché d'Ajaccio, place Foch Tous les matins sauf le lundi, sous les platanes face au port. Charcuterie, brocciu, canistrelli, huile d'olive et poissons du golfe — c'est le marché quotidien de la ville, et il ferme vers treize heures.gratuitmarchéEn savoir plus
Le marché se tient tous les matins sauf le lundi, sous les platanes de la place Foch, face au port et à quelques mètres de la maison Bonaparte. C'est un marché quotidien de ville, pas un marché hebdomadaire de village : les Ajacciens y font leurs courses, et il ferme vers le milieu de journée.
On y trouve la production de la région d'Ajaccio et de l'intérieur — charcuterie, fromages de brebis, miels de maquis, huile d'olive, agrumes — ainsi que les poissons du golfe sur la partie basse. Les canistrelli, ces biscuits secs au vin blanc ou à l'anis, s'y achètent au poids plutôt qu'en paquet industriel.
⚠️ Une distinction utile : beaucoup d'étals vendent des produits transformés sur l'île à partir de matières premières importées, ce qui est légal et courant. Demander l'origine de la matière — le porc, le lait, les olives — plutôt que celle du produit fini est le seul moyen de trancher, et les vrais producteurs répondent volontiers. La place elle-même est bordée de cafés où l'on s'assied après.
54 € hébergement · 42 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur le cours Napoléon, 108 € la nuit.
- Ajaccio → Bonifacio — Par Propriano et Sartène, N196, 2 h 30, 12 € par personne (24 € à partager).
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05. Bonifacio
J10 → J11 · 2 nuits · 336 € par personne
Une ville posée sur soixante mètres de calcaire blanc
Une citadelle bâtie sur une falaise de calcaire blanc que la mer ronge par en dessous — certaines maisons de la ville haute surplombent le vide. C'est la seule roche calcaire de Corse, une île de granit, et cela se voit à des kilomètres. ⚠️ La ville basse et la ville haute sont séparées par une montée sérieuse. La Sardaigne est à douze kilomètres.
En savoir plus sur Bonifacio
Bonifacio est bâtie sur une falaise de calcaire blanc de soixante mètres, que la mer creuse par en dessous : certaines maisons de la ville haute surplombent le vide, et le Grain de Sable, ce bloc détaché au pied de la paroi, rappelle que l'ensemble s'effondre régulièrement. C'est la seule roche calcaire d'une île de granit, et elle se voit à des kilomètres — la ville paraît blanche quand tout le reste est rouge ou gris.
⚠️ La ville est en deux morceaux séparés par une montée sérieuse. La marine, au fond d'un goulet étroit qui sert de port naturel, et la citadelle au-dessus, qu'on rejoint par la montée Rastello ou par un ascenseur. Les ruelles de la ville haute sont médiévales, génoises, et l'on y capte encore des mots de ligure dans les noms de rue.
La Sardaigne est à douze kilomètres et se voit à l'œil nu par temps clair, ce qui dit assez la position du lieu. Entre les deux, les îles Lavezzi : un chaos de granit arrondi posé dans une eau transparente, en réserve naturelle, sans construction ni ombre ni eau potable. ⚠️ La navette y va en une demi-heure et le retour longe les falaises en entrant dans les grottes marines, sans supplément — c'est ce trajet de retour, plus que l'île elle-même, que beaucoup retiennent.
À table
- Aubergines à la bonifacienne — farcies de leur chair, de fromage et de pain, puis frites et passées au four, le plat de la ville.
- Pain des morts — la brioche aux noix et aux raisins secs cuite pour la Toussaint, disponible toute l'année dans les boulangeries de la haute ville.
- Fugazzi — les biscuits secs au vin blanc et à l'anis, parfumés à l'eau-de-vie, sous la citadelle.
- Poissons des Bouches — loup, denti et langouste du détroit, à la carte des restaurants du port.
Jour 10
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Ville haute et sentier des falaises Des ruelles étroites où l'on capte encore le génois dans les noms, et un sentier qui longe le bord de la falaise jusqu'au cimetière marin. ⚠️ Le Grain de Sable, ce bloc détaché sous la ville, rappelle que le calcaire s'effondre régulièrement.gratuitmarchéEn savoir plus
La ville haute est génoise et se lit comme telle : des ruelles étroites en calcaire, des maisons hautes serrées, des arcs-boutants jetés d'un immeuble à l'autre pour les contreventer et pour recueillir l'eau de pluie — la citadelle n'a jamais eu de source, et chaque maison avait sa citerne.
Le calcaire est ce qui rend Bonifacio unique en Corse : c'est un lambeau de plateau sédimentaire posé sur une île de granit, blanc là où tout le reste est rouge ou gris. La mer le creuse par en dessous, et la falaise recule — le Grain de Sable, ce bloc détaché au pied de la paroi, s'est effondré au XIXᵉ siècle, et des maisons de la rue du Portone surplombent aujourd'hui le vide.
Un sentier longe le bord de la falaise jusqu'au cimetière marin et se prolonge vers Pertusato. ⚠️ Il n'y a pas de garde-corps sur la plus grande partie du parcours et la roche s'effrite : on ne s'assied pas au bord, et l'on tient les enfants. Le vent y souffle fort presque tous les jours.
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Sentier du phare de Pertusato Le point le plus méridional de la Corse, atteint en une heure de marche depuis la ville haute par un sentier en balcon au-dessus des falaises. ⚠️ Aucune ombre, aucun garde-corps, et la Sardaigne en face à douze kilomètres.gratuitsportEn savoir plus
Le capo Pertusato est le point le plus méridional de la Corse, et le phare qui s'y trouve marque l'entrée des bouches de Bonifacio — un détroit de douze kilomètres séparant la Corse de la Sardaigne, réputé parmi les plus dangereux de Méditerranée pour ses courants et ses hauts-fonds.
Le sentier part de la ville haute et longe la falaise en balcon sur environ une heure, avec la citadelle qui s'éloigne derrière et la Sardaigne en face. On croise l'escalier qui descend à la plage de Saint-Antoine, une crique de galets sous la paroi, et le phare au bout — encore en service, non visitable.
⚠️ Aucune ombre, aucun garde-corps, et un sol de calcaire poli qui glisse. Le vent d'ouest y est fréquent et fort, au point de rendre la marche inconfortable près du bord. Départ tôt ou en fin de journée, de l'eau, et l'on reste à distance de la lèvre — la falaise est en recul actif. Une piste carrossable permet d'approcher en voiture, mais elle est en mauvais état et se termine loin du phare.
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Plage de la Rondinara Une baie en forme de coquillage presque fermée, entre deux pointes, avec un fond de sable et une eau peu profonde très loin. ⚠️ On y accède par une piste de trois kilomètres, et le parking est payant en été.gratuitplageEn savoir plus
La Rondinara est une baie presque parfaitement circulaire, fermée par deux pointes qui ne laissent qu'un goulet — d'où son nom, qui évoque un fer à cheval. Cette configuration protège complètement le plan d'eau : la mer y reste plate quand elle est formée à l'extérieur, et le fond de sable descend très progressivement.
C'est ce qui en fait l'une des rares plages du sud vraiment adaptées aux jeunes enfants, alors que Palombaggia et Santa Giulia, plus ouvertes, reçoivent la houle. Des dunes et un maquis bas la bordent, sans construction en arrière-plan.
⚠️ On y accède par une piste de trois kilomètres depuis la route principale, en état correct mais poussiéreuse, et le stationnement est payant en été. La plage sature en août malgré cet éloignement : elle figure dans tous les classements, et l'accès unique crée un embouteillage en fin de journée. En juin et en septembre, elle est presque vide. Il n'y a qu'une buvette saisonnière — le reste s'emporte.
Jour 11
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Îles Lavezzi en navette, grottes comprises Un chaos de granit rond posé dans une eau transparente, en réserve naturelle : ni construction, ni ombre, ni eau potable. ⚠️ Le retour longe les falaises et entre dans les grottes marines, sans supplément. Emporter de quoi manger et boire.37 €plageEn savoir plus
Les Lavezzi sont un chaos de blocs de granit arrondis, polis par l'érosion, posés dans une eau d'une transparence inhabituelle en Méditerranée. L'archipel est en réserve naturelle depuis 1982 : ni construction, ni commerce, ni eau potable, et le mouillage y est strictement réglementé.
Deux cimetières marins s'y trouvent, liés au naufrage de la frégate La Sémillante en 1855 : le navire transportait des troupes vers la Crimée et s'est brisé sur les récifs dans une tempête, sans un survivant sur plus de sept cents hommes. C'est le naufrage le plus meurtrier de l'histoire de la marine française en Méditerranée, et il explique la réputation de ces bouches.
⚠️ Le retour longe les falaises de Bonifacio et entre dans les grottes marines — dont celle du Sdragonato, percée d'une ouverture en forme de Corse — sans supplément : c'est souvent ce trajet qu'on retient plus que l'île. ⚠️ Il n'y a aucune ombre sur les Lavezzi et rien à acheter : eau, déjeuner et protection solaire s'emportent.
70 € hébergement · 46 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans la marine, 140 € la nuit.
- Bonifacio → Porto-Vecchio et Bavella — N198, le long du golfe de Sant'Amanza, 30 min, 4 € par personne (8 € à partager).
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06. Porto-Vecchio et Bavella
J12 → J14 · 3 nuits · 441 € par personne
Les plages du sud, et la montagne à trois quarts d'heure
L'étape balnéaire du parcours : Palombaggia et Santa Giulia sont les plages les plus connues de Corse, et elles sont à quinze minutes de la ville. Mais l'intérêt de l'étape est ailleurs — les aiguilles de Bavella, à trois quarts d'heure de route, mettent la haute montagne à portée d'une journée depuis la mer. ⚠️ La ville elle-même est saturée en août.
En savoir plus sur Porto-Vecchio et Bavella
Porto-Vecchio porte les deux plages les plus connues de Corse — Palombaggia et Santa Giulia — et c'est ce qui remplit la ville en août au point de la rendre difficile. Le sable y est clair, les pins parasols descendent jusqu'au bord et des rochers de granit rouge affleurent dans l'eau : la composition est belle, et elle est photographiée depuis cinquante ans.
⚠️ Le corollaire est mécanique. Les parkings sont payants et saturés dès dix heures en été, la route qui dessert les plages est unique et se bouche, et le lagon de Santa Giulia est peu profond très loin, donc très chaud et très fréquenté. Y aller tôt ou en fin d'après-midi change complètement la journée. En mai, juin et septembre, ces mêmes plages sont presque vides.
Mais l'intérêt de l'étape est ailleurs, et c'est ce qui la sauve d'être une simple étape balnéaire : les aiguilles de Bavella sont à trois quarts d'heure de route. Sept tours de granit rouge à plus de mille sept cents mètres, au-dessus d'une pinède, avec une arche naturelle percée dans une paroi — le trou de la Bombe. On peut donc se baigner le matin et marcher en haute montagne l'après-midi, ce qu'aucune autre étape de l'île ne permet aussi facilement.
À table
- Miel de Corse AOP — le miel de maquis et de châtaigneraie des ruchers de l'Alta Rocca, six variétés selon la saison.
- Charcuterie de l'Alta Rocca — le figatellu et la coppa des porcs élevés en liberté à Zonza et Levie, dans les villages de la route de Bavella.
- Fromage de Bavella — les tommes de brebis des bergeries d'estive, vendues au col l'été.
- Vins de Porto-Vecchio et de Figari — les rouges de Sciaccarellu et Nielluciu des coteaux du sud, les plus chauds de l'île.
Jour 12
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Plage de Palombaggia Du sable clair, des pins parasols penchés jusqu'au bord et des rochers de granit rouge dans l'eau. ⚠️ C'est la plage la plus fréquentée de Corse : parking payant en été et saturé dès dix heures. Y aller tôt ou en fin de journée.gratuitplageEn savoir plus
Palombaggia est la plage la plus photographiée de Corse, et sa composition tient à trois éléments : un sable clair issu de granit décomposé, des pins parasols qui descendent en se penchant jusqu'au bord, et des blocs de granit rouge affleurant dans l'eau. Elle s'étire sur environ un kilomètre et demi en trois anses successives.
Les pins ne sont pas naturels à cet emplacement : ils ont été plantés au XXᵉ siècle pour fixer le sable, comme sur une bonne partie du littoral corse. Ils fournissent l'ombre que les plages du nord n'ont pas, et c'est une raison concrète de venir ici plutôt qu'ailleurs.
⚠️ C'est aussi ce qui la rend impraticable en août. Le parking est payant et plein dès le milieu de matinée, la route d'accès est unique et se bouche, et l'on pose sa serviette là où il reste de la place. Avant neuf heures ou après dix-sept, elle redevient ce qu'elle est. En mai, juin et septembre, elle est presque vide et l'eau est déjà ou encore chaude.
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Vieille ville de Porto-Vecchio et son marché Une citadelle génoise sur une colline au-dessus du golfe, avec des ruelles piétonnes et une porte génoise qui donne sur la mer. Le marché se tient le dimanche matin, et c'est le meilleur moment pour y être.gratuitmarchéEn savoir plus
Porto-Vecchio a été fondée par Gênes en 1539 sur un site délibérément choisi pour son port naturel, et abandonnée presque aussitôt : le marais qui borde le golfe rendait la malaria endémique, et la ville n'a été réellement peuplée qu'après l'assainissement du XXᵉ siècle. Les remparts et la porte génoise datent de cette première tentative.
Le sel a fait sa richesse : les salines du golfe ont été exploitées jusque dans les années 1970 et l'on en voit encore les bassins au bord de la route. La ville haute, autour de l'église et de la place de la République, se parcourt en une heure entre les ruelles piétonnes.
⚠️ Le marché se tient le dimanche matin, et c'est le meilleur moment pour y être : le reste de la semaine, la vieille ville est surtout commerçante et touristique. On y trouve la charcuterie de l'Alta Rocca, les fromages de l'intérieur et les vins de l'appellation Porto-Vecchio. ⚠️ Le stationnement en ville haute est difficile ; les parkings du port avec navette sont la solution en été.
Jour 13
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Aiguilles de Bavella et le trou de la Bombe Sept aiguilles de granit rouge à plus de mille sept cents mètres, au-dessus d'une pinède. Le trou de la Bombe est une arche naturelle de huit mètres percée dans une paroi. ⚠️ Deux heures et demie aller-retour, sur un sentier caillouteux.gratuitsportEn savoir plus
Les aiguilles de Bavella sont sept tours de granit rouge dressées au-dessus de mille sept cents mètres, dans un massif que le GR20 traverse. Le col qui y mène est accessible en voiture depuis Porto-Vecchio en trois quarts d'heure, ce qui met la haute montagne à portée d'une journée depuis la mer — configuration rare.
Le trou de la Bombe, ou U Cumpuleddu, est une ouverture circulaire d'environ huit mètres percée dans une paroi, formée par l'érosion différentielle du granit. Le sentier qui y mène part du col, monte régulièrement dans une pinède de laricios puis sur de la dalle, et demande deux heures et demie aller-retour.
⚠️ Le terrain est caillouteux et la dernière portion se fait sur du granit lisse, glissant mouillé. La météo change vite à cette altitude et les orages d'après-midi sont fréquents en été : on part le matin. ⚠️ Le balisage est celui de la montagne corse, discret et parfois effacé — on suit les marques, on ne coupe pas, et l'on redescend si le brouillard tombe.
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Cascades de Piscia di Gallo Une chute de soixante mètres qui tombe dans une faille de granit, au bout d'une heure de marche depuis la route de Bavella. ⚠️ Le débit dépend entièrement des pluies : elle peut se réduire à un filet en août.gratuitnatureEn savoir plus
La chute tombe d'une soixantaine de mètres dans une faille de granit, au bout d'une heure de marche depuis la route de Bavella. Son nom, en corse, se traduit littéralement par pisse de coq — ce qui décrit assez bien le filet qu'elle devient quand le débit baisse.
Le sentier traverse un chaos de blocs granitiques et une pinède, avec un dernier passage en descente sur de la dalle inclinée pour atteindre le belvédère. Le lac de l'Ospedale, juste à côté, est un barrage qui alimente Porto-Vecchio en eau potable — c'est lui qui explique en partie la variabilité du débit.
⚠️ Le débit dépend entièrement des pluies récentes : spectaculaire au printemps et après un orage, il peut se réduire à presque rien en août, et beaucoup de visiteurs font la marche pour ne trouver qu'un suintement. Se renseigner localement avant de partir. ⚠️ La dalle finale est très glissante mouillée et l'on ne descend pas au pied de la chute, où des accidents ont eu lieu.
Jour 14
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Poisson du golfe et vins de Porto-Vecchio Le golfe fournit oursins en hiver, denti et pageots le reste de l'année. Les domaines de l'arrière-pays produisent des blancs de vermentinu qui vont avec, et se visitent entre Porto-Vecchio et Lecci.gratuitmarchéEn savoir plus
Le golfe de Porto-Vecchio est fermé et peu profond, ce qui lui donne une pêche différente de celle du large : oursins en hiver — la saison est réglementée et courte — daurades, pageots, denti. Les oursinades de janvier et février sont une tradition locale, et l'on en fait des fêtes de village sur toute cette côte.
L'appellation Porto-Vecchio produit surtout des blancs de vermentinu, sur des sols de granit désagrégé, et quelques rouges de sciaccarellu et de niellucciu. Les domaines se répartissent entre la ville et Lecci et se visitent sans rendez-vous.
⚠️ Le poisson se choisit sur la glace et se paie au poids, comme partout sur la côte : demander le prix au kilo avant de désigner sa pièce évite l'écart à l'addition. ⚠️ Une partie des restaurants du port ferme de novembre à mars, la ville vivant très majoritairement de la saison — c'est le cas de presque tout le sud de l'île.
68 € hébergement · 46 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à mi-chemin des plages, 135 € la nuit.
Voir les hébergements à Porto-Vecchio et Bavellalien affilié
Le budget de ces 14 jours
2 042 € par personne pour 14 jours, soit 146 € / jour. À deux, 4 084 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 791 € | 39 % |
| Repas | 606 € | 30 % |
| Transport sur place | 77 € | 4 % |
| Location de voiture — 14 jours | 385 € | 19 % |
| Carburant et billets | 61 € | 3 % |
| Activités | 123 € | 6 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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- La carte du parcours, avec ses 6 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
- Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
- Le budget ventilé, par poste et par étape
- Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
- Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur
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