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Côte Est américaine en 21 jours : l'itinéraire jour par jour

4 548 € par personne sur place pour 21 jours, soit 217 € / jour — en 8 étapes, de Washington à Acadia et Bar Harbor. En passant par Philadelphie, New York, Newport, Cape Cod, Boston et Portland.

Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Côte Est américaine

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Washington — Dulles (IAD), retour depuis Boston — Logan (BOS) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Washington, Côte Est américaine

    01. Washington

    J1 → J3 · 3 nuits · 555 € par personne

    Mémoriaux, musées gratuits, marbre et pouvoir

    Une capitale sans gratte-ciel — aucun immeuble ne peut dépasser le Capitole — organisée autour d'une esplanade de quatre kilomètres bordée de musées. ⚠️ Les dix-sept musées du Smithsonian sont entièrement gratuits, ce qui change le budget d'une semaine. Celui de l'histoire afro-américaine demande une réservation, gratuite elle aussi.

    En savoir plus sur Washington

    Washington ne ressemble à aucune autre ville américaine parce qu'elle a été dessinée avant d'être bâtie, sur un plan de 1791, et parce qu'une loi de hauteur y interdit depuis plus d'un siècle de dépasser la largeur de la rue augmentée de quelques mètres. Résultat : pas de gratte-ciel, un horizon bas, et une esplanade centrale de quatre kilomètres qui organise tout le reste.

    ⚠️ Le National Mall est beaucoup plus long qu'il n'y paraît sur un plan. Du Capitole au mémorial Lincoln, c'est une heure de marche sans détour, en terrain découvert et sans ombre — accablant en juillet et août, où l'humidité s'ajoute à la chaleur. Le métro est efficace mais ses stations sont espacées ; les vélos en libre-service sont souvent la meilleure réponse.

    Le fait budgétaire de l'étape est la gratuité du Smithsonian : dix-sept musées, dont l'air et l'espace, l'histoire naturelle et l'histoire américaine, sans un dollar d'entrée. Le Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaines est gratuit lui aussi mais demande une réservation horodatée, qui part vite. La visite du Capitole se réserve, celle de la Maison-Blanche passe par une demande officielle plusieurs mois à l'avance et n'est en pratique pas accessible aux visiteurs étrangers sans démarche par leur ambassade.

    À table

    • Half-smoke — la grosse saucisse fumée sous du chili et des oignons, chez Ben's Chili Bowl sur U Street depuis 1958.
    • Crab cake — la galette de chair de crabe bleu de la baie de Chesapeake, à peine liée, poêlée, sur les cartes de la ville.
    • Injera éthiopienne — la plus grande communauté éthiopienne du pays, et ses plats en sauce sur la galette fermentée, autour de U Street.
    • Mumbo sauce — la sauce aigre-douce rouge orangé sur les ailes de poulet, spécialité des comptoirs à emporter de la ville.
    • Huîtres de la Chesapeake — au comptoir des bars à huîtres du Wharf, avec une bière locale.

    Jour 1

    • National Mall et ses mémoriaux, Washington, Côte Est américaine
      National Mall et ses mémoriaux Trois kilomètres du Capitole au Lincoln Memorial, jalonnés de mémoriaux tous gratuits et ouverts jour et nuit. Celui du Vietnam est un mur de granit noir portant 58 000 noms dans l'ordre des morts, dessiné par une étudiante de 21 ans.
      En savoir plus

      Le mur du Vietnam a été dessiné par Maya Lin, étudiante de vingt et un ans, dans le cadre d'un concours anonyme qui avait reçu plus de mille quatre cents propositions. Quand son nom est sorti, le projet a été traité de balafre noire de la honte, et il a fallu ajouter à côté un groupe de trois soldats en bronze pour calmer les opposants. Les noms ne sont pas rangés par ordre alphabétique mais par date de mort, et la liste commence à la charnière des deux murs, s'éloigne, puis revient s'y refermer : la guerre se boucle sur elle-même. Le granit est poli comme un miroir, et l'on s'y voit derrière les noms.

      Le Washington Monument, lui, change de teinte au quart de sa hauteur. Le chantier s'était arrêté faute d'argent puis à cause de la guerre civile ; quand il a repris, plus de vingt ans après, la carrière d'origine ne rendait plus la même pierre.

      Les mémoriaux sont ouverts et éclairés la nuit, sans billet et sans file. C'est le meilleur moment pour Lincoln et pour le mur — et le Mall est bien plus long qu'il n'en a l'air sur un plan.

      culture
      gratuit
    • Mount Vernon, la demeure de Washington, Washington, Côte Est américaine
      Mount Vernon, la demeure de Washington La plantation de George Washington au bord du Potomac, à 25 km. Le domaine ne masque plus rien de ce qu'il était : les quartiers des trois cents esclaves et leur cimetière font partie de la visite, au même titre que la maison.
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      La maison n'est pas en pierre : c'est du pin. Les planches sont taillées en biseau, peintes puis saupoudrées de sable pendant que la peinture est fraîche, pour imiter des blocs de grès appareillés. Washington a suivi ce faux appareil de près et l'a fait entretenir toute sa vie ; de près, on distingue les grains.

      Le domaine a failli disparaître. En 1853, ni la Virginie ni l'État fédéral ne voulaient l'acheter à un héritier ruiné qui menaçait de le lotir. Une femme de Caroline du Sud, Ann Pamela Cunningham, a levé l'argent auprès de milliers de donatrices et emporté la propriété. L'association qu'elle a fondée pour cela existe toujours, possède les lieux et les fait vivre sans un dollar public : c'est la première organisation de sauvegarde du patrimoine des États-Unis.

      Le testament de Washington affranchissait les esclaves qui lui appartenaient à la mort de sa femme ; Martha a préféré ne pas attendre et les a libérés dès 1801. Il ne pouvait rien pour les autres, rattachés à la succession de la famille Custis. C'est pourquoi les registres du domaine distinguent deux groupes, et pourquoi une partie des gens qui vivaient ici sont restés esclaves après sa mort.

      culture
      24 €

    Jour 2

    • Musées du Smithsonian, Washington, Côte Est américaine
      Musées du Smithsonian Dix-neuf musées, tous gratuits, sans billet ni réservation. L'Air and Space garde le Spirit of St. Louis et le module Columbia d'Apollo 11 ; l'Histoire naturelle, le diamant Hope. Choisir deux musées, pas plus : chacun demande une demi-journée.
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      L'institution vient d'un legs improbable. James Smithson, chimiste anglais, fils illégitime d'un duc, n'a jamais mis les pieds en Amérique. Il a pourtant laissé sa fortune aux États-Unis pour y fonder un établissement voué à l'accroissement et à la diffusion du savoir. Le Congrès a longuement débattu avant d'accepter l'argent d'un inconnu, puis dix ans encore sur ce qu'il fallait en faire. La somme était arrivée en 1838 sous forme de sacs de souverains d'or, par bateau. Smithson est enterré dans le Château de grès rouge, au bord du Mall.

      La gratuité n'est pas une promotion, c'est le principe fondateur : aucun de ces musées ne vend de billet d'entrée, et l'on peut y entrer trois fois dans la journée pour une seule salle.

      Deux précisions utiles. L'Air and Space du Mall demande désormais un créneau réservé, gratuit, que les autres n'exigent pas. Et sa collection ne tient pas là : la navette Discovery, un Concorde et l'Enola Gay sont dans un hangar annexe près de l'aéroport de Dulles, à l'écart de la ville, où l'entrée est libre mais le parking payant.

      culture
      gratuit
    • Musée national de l'histoire afro-américaine, Washington, Côte Est américaine
      Musée national de l'histoire afro-américaine Le plus récent du Smithsonian, et le seul qui exige un billet — gratuit, mais à réserver, et il part vite. On commence trois étages sous terre à la cale d'un navire négrier, et on remonte le temps jusqu'à la surface. Le parcours est physique autant qu'historique.
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      Le bâtiment est une couronne. David Adjaye a posé sur le Mall trois registres évasés d'aluminium bronzé, inspirés d'une coiffe yorouba, et les a percés d'une résille reprenant les ferronneries forgées par des artisans esclaves à Charleston et à La Nouvelle-Orléans. De l'intérieur, cette dentelle filtre la lumière et découpe la vue sur le monument à Washington.

      Les collections ont été rassemblées auprès des familles, greniers compris, parce qu'il n'existait aucun fonds constitué : un châle offert à Harriet Tubman par la reine Victoria, une cabane d'esclaves démontée en Caroline du Sud, une voiture de chemin de fer à compartiments séparés dans laquelle on entre, un mirador de la prison d'Angola. Plus haut, la culture prend le relais — musique, sport, télévision — et la respiration change.

      Le cercueil d'Emmett Till est exposé dans une salle à part : sa mère avait exigé des funérailles à cercueil ouvert pour que le pays voie ce qu'on avait fait à son fils. Les photos y sont interdites et un banc permet de s'asseoir. Le parcours souterrain se fait dans un seul sens, sans raccourci : commencer par lui, tant qu'on a des jambes.

      culture
      gratuit

    Jour 3

    • Georgetown, canal et bord du Potomac, Washington, Côte Est américaine
      Georgetown, canal et bord du Potomac Le seul quartier antérieur à la ville elle-même : maisons de brique du XVIIIe siècle, chemin de halage le long du canal C&O, et les marches raides de L'Exorciste au bout de la 36e rue.
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      Le canal C&O devait relier la baie de Chesapeake à la vallée de l'Ohio en franchissant les Appalaches. Les travaux ont commencé le 4 juillet 1828 — le même jour, à quelques dizaines de kilomètres, que ceux du chemin de fer de Baltimore et de l'Ohio. Le canal a mis vingt-deux ans à atteindre Cumberland, dans le Maryland, où il s'est arrêté définitivement : le train y était arrivé huit ans plus tôt. Il a servi au charbon jusque dans les années 1920, et son chemin de halage part toujours de Georgetown pour remonter le Potomac sur près de trois cents kilomètres, plat, ombragé, sans une voiture.

      Le quartier vivait du tabac bien avant que la capitale n'existe. Les entrepôts du port sont devenus des boutiques, mais le tracé des rues et les maisons de brique n'ont pas bougé. Les marches de l'Exorciste, au bout de la 36ᵉ Rue, sont une vraie voie publique doublée d'un escalier vertigineux ; elles avaient été capitonnées pour le tournage de la chute.

      Détail qui surprend tout le monde : Georgetown n'a pas de station de métro. On y vient à pied depuis Foggy Bottom ou Dupont Circle, ou en bus.

      marché
      gratuit
    • Cimetière national d'Arlington, Washington, Côte Est américaine
      Cimetière national d'Arlington Quatre cent mille tombes alignées sur les collines, la tombe de Kennedy et sa flamme, et la relève de la garde du Soldat inconnu toutes les heures. Entrée libre ; seule la navette est payante, et le site se fait très bien à pied.
      En savoir plus

      La colline appartenait à l'épouse de Robert E. Lee, arrière-petite-fille de Martha Washington, et la maison à colonnes qui domine le site était la sienne. L'armée de l'Union l'a saisie en 1864 pour arriéré d'impôt. Le quartier-maître général Montgomery Meigs, qui tenait Lee pour un traître personnel, a fait creuser les premières tombes dans le jardin, aussi près que possible des fenêtres, pour qu'aucun Lee ne puisse jamais y revenir habiter. Le fils du général a porté l'affaire jusqu'à la Cour suprême et gagné en 1882 ; l'État a dû racheter un terrain déjà couvert de morts.

      La tombe du Soldat inconnu est gardée sans interruption depuis 1937, nuit et jour, sous la neige comme sous l'ouragan. La sentinelle marche vingt et un pas, s'arrête vingt et une secondes, fait demi-tour : c'est la salve de vingt et un coups, le plus haut honneur militaire, transposée en gestes.

      Le silence est demandé partout et strictement pendant la relève. Le site est vallonné et les distances plus longues qu'elles n'en ont l'air : prévoir de vraies chaussures, et passer par l'accueil, qui situe une tombe précise si l'on cherche quelqu'un.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    88 € hébergement · 55 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du Mall, 175 € la nuit.

    Voir les hébergements à Washingtonlien affilié

  2. Washington → Philadelphie — Amtrak Northeast Regional, 2 h, 55 € par personne.
  3. Philadelphie, Côte Est américaine

    02. Philadelphie

    J4 → J5 · 2 nuits · 355 € par personne

    La ville où le pays a été écrit, et le meilleur marché

    La ville où la Déclaration d'indépendance et la Constitution ont été écrites, à deux heures de train de New York. Le quartier historique tient dans quelques rues. ⚠️ Le Reading Terminal Market ferme en fin d'après-midi et les stands amish ne sont là que du mercredi au samedi.

    En savoir plus sur Philadelphie

    Philadelphie est la ville où le pays a été écrit : la Déclaration d'indépendance en 1776 et la Constitution en 1787 ont été signées dans le même bâtiment, Independence Hall, qui tient dans un carré de quelques rues avec la Cloche de la Liberté juste en face. Cette concentration est une chance — la partie historique se visite en une demi-journée, sans transport.

    À deux heures de train de New York et à deux heures de Washington, la ville est souvent traitée comme une escale, ce qui fait manquer ce qui la rend attachante : un centre à taille humaine, des rues de maisons de brique du XVIIIᵉ siècle qu'on habite encore, et l'un des plus grands ensembles de fresques murales au monde, résultat d'un programme municipal contre les graffitis devenu politique culturelle.

    ⚠️ Le Reading Terminal Market, installé sous une ancienne gare, est l'endroit où l'on mange à Philadelphie — mais il ferme en fin d'après-midi, tôt, et les stands amish du comté de Lancaster ne sont présents que du mercredi au samedi. Y aller un dimanche soir, c'est trouver porte close. Autre curiosité : le pénitencier d'État de l'Est, prison en étoile de 1829 qui a inventé l'isolement cellulaire, laissée en ruine stabilisée et visitable.

    À table

    • Cheesesteak — le bœuf émincé et le fromage fondu dans un pain long, chez Pat's ou Geno's à South Philly, à commander « whiz wit ».
    • Soft pretzel — le bretzel moelleux en forme de huit, vendu sur les trottoirs le matin, avec de la moutarde.
    • Reading Terminal Market — les étals amish, le scrapple, les glaces Bassetts et les sandwichs, sous la halle depuis 1893.
    • Hoagie — le sandwich long à la charcuterie italienne, fromage, huile et origan, la version locale du sub.
    • Water ice — le sorbet à l'italienne des kiosques de quartier, au citron ou à la cerise, l'été.

    Jour 4

    • Independence Hall et la Cloche de la Liberté, Philadelphie, Côte Est américaine
      Independence Hall et la Cloche de la Liberté La salle où furent signées la Déclaration d'indépendance puis la Constitution, avec son mobilier d'origine. Entrée gratuite, mais billet horodaté obligatoire de mars à décembre — un dollar de frais si on réserve en ligne, et il faut le faire.
      En savoir plus

      La salle a été remeublée à l'identique, mais un objet est d'origine : le fauteuil du président de séance, dont le dossier porte un demi-soleil sculpté. Le dernier jour de la Convention de 1787, Franklin a dit à ses voisins qu'il avait passé des semaines à se demander si ce soleil se levait ou se couchait, et qu'il savait enfin : il se levait. Le fauteuil est là, à sa place.

      La cloche, elle, n'a jamais sonné l'indépendance. Fondue à Londres, fêlée au premier essai à Philadelphie, refondue deux fois sur place, elle n'intéressait plus personne au début du XIXᵉ siècle. Ce sont les abolitionnistes des années 1830 qui l'ont sortie de l'oubli et lui ont donné son nom : son inscription biblique proclame la liberté pour tous les habitants du pays, et ils y ont lu l'esclavage. La large fente qu'on voit n'est d'ailleurs pas la fêlure, mais un perçage de réparation censé empêcher les lèvres de vibrer l'une contre l'autre. Il a échoué.

      La cloche se voit sans billet, dans son pavillon vitré, après un simple contrôle de sécurité. C'est la salle, à côté, qui exige de réserver.

      culture
      gratuit
    • Reading Terminal Market, Philadelphie, Côte Est américaine
      Reading Terminal Market Une halle de 1893 sous l'ancienne gare, avec cent marchands dont plusieurs tenus par des Amish du comté de Lancaster qui descendent y vendre. C'est là qu'on mange un vrai cheesesteak, pas dans les enseignes à touristes du sud.
      En savoir plus

      La halle est un sous-sol de gare. Quand la compagnie du Reading a construit son terminus, elle a posé au-dessus des voies la plus grande verrière ferroviaire à travée unique du monde, et logé le marché dessous, avec des caves frigorifiques où les commerçants entreposaient la marchandise arrivée par le train. Les trains ont disparu, la halle est restée, avec ses piliers de fonte et ses enseignes émaillées.

      Le plus ancien marchand y est installé depuis l'ouverture : une famille de glaciers qui tient le même comptoir de génération en génération, et dont la maison est la plus vieille entreprise de crème glacée du pays. Les stands amish, eux, descendent du comté de Lancaster en camionnette et ne sont pas là toute la semaine — ils ouvrent du mercredi au samedi, ce qui prend au dépourvu ceux qui arrivent un lundi pour le poulet rôti et les bretzels roulés à la main.

      Le reste du marché ouvre tous les jours. Les tables du centre sont communes, on s'assoit où il y a de la place, et la cohue de midi n'est pas une exagération : venir tôt ou en milieu d'après-midi.

      marché
      gratuit
    • Magic Gardens et fresques murales, Philadelphie, Côte Est américaine
      Magic Gardens et fresques murales Un demi-pâté de maisons entièrement recouvert de mosaïques de tessons, miroirs et roues de vélo, par un seul homme pendant quarante ans. Philadelphie compte par ailleurs plus de quatre mille fresques murales, le plus grand programme d'art public du pays.
      En savoir plus

      Isaiah Zagar travaille sur South Street depuis les années 1960 : il achetait des immeubles à l'abandon et couvrait leurs murs de tessons pour rendre la rue habitable. Le terrain vague voisin de son atelier lui a servi de chantier à ciel ouvert pendant des années, jusqu'au jour où le propriétaire, installé en Californie, a voulu le vendre. Le quartier a levé l'argent, l'œuvre a été rachetée, elle est devenue une fondation.

      Dedans, tout vient d'ailleurs : miroirs cassés, carreaux rapportés d'Amérique du Sud, bouteilles, roues de bicyclette, assiettes, éclats de céramiques d'autres artistes. Zagar signe, date et inscrit des phrases dans le ciment frais, souvent écrites à l'envers, et on retrouve son écriture partout dans le labyrinthe.

      Les galeries basses sont étroites, en pente, sans rampe : ni praticables en fauteuil, ni très rassurantes avec de jeunes enfants. Le reste de son travail est dehors et ne coûte rien — plus de cent murs mosaïqués sont disséminés dans le quartier, et marcher South Street et Bainbridge en donne une bonne part sans passer par la billetterie.

      culture
      15 €

    Jour 5

    • Pénitencier d'État de l'Est, Philadelphie, Côte Est américaine
      Pénitencier d'État de l'Est La première prison à isolement du monde, en 1829, dont le plan en étoile a été copié par trois cents établissements. Laissée en ruine volontaire, avec la cellule d'Al Capone reconstituée — et un discours frontal sur l'incarcération de masse américaine.
      En savoir plus

      Le plan est une roue : sept ailes rayonnant d'une tour centrale, pour qu'un seul gardien voie tous les couloirs à la fois. Chaque cellule avait sa lucarne au plafond, appelée l'œil de Dieu, et sa cour individuelle. Le détenu n'entendait jamais un autre détenu ; quand on le déplaçait, on lui passait une cagoule. L'idée venait des quakers de Philadelphie et se voulait humaine : la solitude devait conduire au repentir plutôt que le fouet.

      Dickens est venu en 1842, curieux, et il en est reparti effaré. Il a écrit que ce lent travail quotidien sur les ressorts du cerveau était pire que n'importe quelle torture du corps, parce qu'il ne laisse aucune trace visible. Le système a été copié par des centaines de prisons dans le monde avant d'être abandonné : les détenus devenaient fous.

      Fermée en 1971, la prison a été laissée telle quelle — plâtres tombés, arbres poussant dans les coursives, portes rouillées. Rien n'est repeint, c'est un parti pris assumé de ruine stabilisée. Prévoir des vêtements chauds : une bonne moitié du parcours est en plein air et le reste n'est pas chauffé.

      culture
      22 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    75 € hébergement · 50 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre-ville, 150 € la nuit.

    Voir les hébergements à Philadelphielien affilié

  4. Philadelphie → New York — Amtrak Northeast Regional, 1 h 30, 40 € par personne.
  5. New York, Côte Est américaine

    03. New York

    J6 → J10 · 5 nuits · 1233.5 € par personne

    L'île verticale, et tout ce qu'on croit déjà connaître

    Une île verticale où tout se fait à pied et en métro, et où l'on marche bien plus qu'on ne l'imagine. ⚠️ C'est l'étape la plus chère du parcours, hébergement compris — dormir dans le Queens ou à Brooklyn divise la note par deux pour vingt minutes de métro. Les grands musées fonctionnent au prix conseillé, pas imposé, pour les résidents.

    En savoir plus sur New York

    New York se marche. C'est le fait que les visiteurs sous-estiment le plus : le quadrillage de Manhattan est trompeur, vingt blocs nord-sud font environ un mille, et une journée ordinaire dépasse facilement quinze kilomètres à pied. Le métro fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, se paie sans contact directement au tourniquet, et reste le moyen le plus rapide dès qu'il s'agit de changer de quartier.

    ⚠️ C'est l'étape la plus chère du parcours, et l'hébergement en fait l'essentiel. Dormir dans le Queens ou dans Brooklyn, à quinze ou vingt minutes de métro de Midtown, divise couramment la note par deux pour un logement plus grand — c'est le seul arbitrage qui change vraiment le budget d'un séjour ici.

    ⚠️ Une particularité tarifaire à connaître : plusieurs grands musées, dont le Metropolitan, fonctionnent au prix conseillé et non imposé, mais uniquement pour les résidents de l'État de New York et de quelques États voisins. Les visiteurs étrangers paient le plein tarif, contrairement à ce que racontent encore beaucoup de guides. Le ferry de Staten Island, lui, est réellement gratuit et passe devant la statue de la Liberté ; il ne s'arrête pas sur l'île, mais donne la vue sans billet ni file d'attente.

    À table

    • Bagel au lox — le bagel bouilli puis cuit, garni de cream cheese et de saumon fumé, dans les delis de l'Upper West Side.
    • Pizza slice — la part large pliée en deux, mangée debout au comptoir, dans les pizzerias de chaque bloc.
    • Pastrami on rye — la viande fumée empilée entre deux tranches de pain de seigle, chez Katz's sur le Lower East Side.
    • Hot dog — au chariot de rue avec choucroute et moutarde, ou chez Nathan's à Coney Island depuis 1916.
    • Cheesecake — le gâteau dense au fromage frais, chez Junior's à Brooklyn, la référence.

    Jour 6

    • Central Park, High Line et Brooklyn Bridge, New York, Côte Est américaine
      Central Park, High Line et Brooklyn Bridge Les trois grandes marches gratuites de la ville. La High Line est une voie ferrée aérienne désaffectée transformée en jardin linéaire de 2,3 km. Traverser le pont de Brooklyn dans le sens Brooklyn → Manhattan : c'est de ce côté qu'on a la skyline en face.
      En savoir plus

      Rien n'est naturel dans Central Park : le relief a été modelé, les lacs creusés, chaque arbre planté. Le terrain était occupé — Seneca Village, un hameau de propriétaires noirs avec ses églises et son école, a été exproprié et rasé en 1857. Olmsted et Vaux ont eu là une idée qu'aucun parc européen n'avait : faire passer les rues traversantes dans des tranchées, sous les ponts, pour que le promeneur ne voie jamais la circulation.

      La High Line était une ligne de fret aérienne, construite pour cesser d'écraser les passants sur la Dixième Avenue. Le dernier convoi y est passé en 1980, chargé de dindes surgelées. Elle a failli être démolie ; la végétation qui l'avait envahie a inspiré le jardin qu'on y a planté ensuite.

      Sur le pont de Brooklyn, retenir un nom : Emily Roebling. Son mari, atteint du mal des caissons, dirigeait le chantier depuis sa fenêtre ; elle a appris les mathématiques nécessaires, transmis les ordres, tenu tête aux entrepreneurs pendant plus de dix ans, et traversé la première. Depuis 2021, les vélos ont leur voie séparée et la promenade centrale est redevenue respirable.

      marché
      gratuit
    • Mémorial et musée du 11-Septembre, New York, Côte Est américaine
      Mémorial et musée du 11-Septembre Les deux bassins creusés dans l'empreinte exacte des tours sont en accès libre ; le musée, en dessous, est payant et se visite au niveau des fondations d'origine. Prévoir une visite éprouvante — la salle des victimes n'épargne rien.
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      Les noms gravés sur les margelles de bronze ne sont pas dans l'ordre alphabétique. Les familles ont demandé que chacun soit placé à côté de ceux avec qui il travaillait, de ceux qu'il aimait, de ceux avec qui il est mort ; un logiciel a été écrit pour résoudre les milliers de contraintes de voisinage qui en résultaient. Une rose blanche est glissée dans une lettre le jour anniversaire de la naissance de la personne.

      Sous terre, deux objets structurent le musée. Le mur de soutènement d'origine, coulé pour retenir l'Hudson pendant la construction des tours, a tenu le 11 septembre : s'il avait cédé, l'eau aurait envahi le métro. Et la dernière colonne, poutre d'acier couverte de messages, d'autocollants et de photographies laissés par les ouvriers du déblaiement, sortie en dernier au terme de la fouille, sous les applaudissements.

      Dehors, l'arbre survivant : un poirier retrouvé calciné dans les gravats, soigné dans une pépinière du Bronx pendant des années, replanté sur la place. Les deux bassins et l'esplanade sont en accès libre à toute heure ; seul le musée souterrain demande un billet.

      culture
      29 €

    Jour 7

    • Statue de la Liberté et Ellis Island, New York, Côte Est américaine
      Statue de la Liberté et Ellis Island Le billet de ferry couvre les deux îles et les deux musées. Ellis Island est la plus forte des deux : douze millions de migrants y sont passés, et la salle d'enregistrement est restée nue. ⚠️ Le Staten Island Ferry, gratuit, passe devant la statue sans s'arrêter — c'est l'option à zéro euro.
      En savoir plus

      La statue est creuse et souple. Sa peau de cuivre a l'épaisseur d'une pièce de monnaie, martelée à froid sur des moules de bois ; c'est Gustave Eiffel qui a conçu le squelette intérieur, un pylône de fer relié à la peau par des barres plates, afin qu'elle puisse travailler au vent et se dilater sans se déchirer. Elle a traversé l'Atlantique en trois cent cinquante morceaux, dans plus de deux cents caisses.

      La France offrait la statue, les Américains devaient payer le socle — et ils ne payaient pas. Le chantier était à l'arrêt quand Joseph Pulitzer a promis d'imprimer dans son journal le nom de chaque donateur, si petite que soit la somme. Cent vingt mille personnes ont envoyé quelques cents, souvent avec une lettre, et le socle s'est achevé. Le poème d'Emma Lazarus, écrit pour cette collecte, n'a été gravé sur une plaque qu'après sa mort.

      La couronne se réserve des mois à l'avance et se gagne par un escalier en colimaçon étroit, chaud, où l'on ne peut pas se croiser. Le socle est bien plus simple d'accès. Et le musée d'Ellis Island est celui des deux qu'on regrette d'avoir écourté.

      culture
      22 €
    • Quartiers : Williamsburg, Harlem, Chinatown, New York, Côte Est américaine
      Quartiers : Williamsburg, Harlem, Chinatown New York se comprend hors de Manhattan-sud. Un gospel à Harlem le dimanche matin (arriver tôt, tenue correcte), les entrepôts de Williamsburg, et un Chinatown qui reste un quartier de vie et non une rue-décor.
      En savoir plus

      À Harlem, la nuit des amateurs de l'Apollo se tient sans interruption depuis 1934 : le public hue ou porte au sommet, et il a tranché en son temps pour Ella Fitzgerald, montée sur scène à dix-sept ans pour danser et qui a chanté à la place. Sur le plateau, un billot de bois verni est le reste d'un orme sous lequel les artistes venaient toucher l'écorce pour la chance, avant que l'élargissement de l'avenue ne l'abatte.

      Quelques rues plus haut, les maisons de Striver's Row surprennent par un détail : des allées de service passent derrière les jardins, une rareté à Manhattan, avec des plaques d'époque priant les cochers de tenir leurs chevaux au pas.

      Williamsburg tient deux mondes sur la même avenue : au nord les entrepôts reconvertis et les friperies, au sud une communauté hassidique installée après la guerre, où l'on ne photographie pas les gens dans la rue et où les commerces ferment le vendredi après-midi. Passer de l'un à l'autre prend dix minutes à pied et demande simplement de le savoir avant d'y aller.

      marché
      gratuit

    Jour 8

    • Metropolitan Museum of Art, New York, Côte Est américaine
      Metropolitan Museum of Art Deux millions d'œuvres, du temple de Dendour remonté entier à une aile entière d'armures. ⚠️ Le tarif « libre » ne vaut plus que pour les résidents de l'État de New York : un visiteur étranger paie 30 $, plein pot. Le billet reste valable trois jours.
      En savoir plus

      Le temple de Dendour n'est pas une copie. L'Égypte l'a offert aux États-Unis en remerciement de leur participation au sauvetage des temples de Nubie noyés par le barrage d'Assouan ; il est arrivé en caisses, et une aile entière a été construite autour de lui. Le mur de verre regarde Central Park, et le bassin devant le temple tient lieu de Nil. Sur les blocs, on lit les graffitis de voyageurs du XIXᵉ siècle qui ont gravé leur nom dans le grès, dont un Leonardo daté de 1820.

      Autre pièce venue entière : la cour chinoise du jardin Astor, bâtie sur place par des artisans de Suzhou avec leurs outils et leurs méthodes, sans une vis, d'après un jardin de l'époque Ming. Le musée les avait fait venir exprès.

      Le billet couvre aussi les Cloisters, tout au nord de Manhattan : un monastère composé d'éléments de cloîtres français démontés et remontés au-dessus de l'Hudson, où sont exposées les tapisseries de la Licorne. Ceux qui l'ignorent paient deux fois — c'est le même billet, sur les mêmes jours, et il faut une bonne demi-heure de métro pour y monter.

      culture
      34 €
    • Téléphérique de Roosevelt Island, New York, Côte Est américaine
      Téléphérique de Roosevelt Island Une cabine suspendue qui longe le pont de Queensboro à soixante mètres au-dessus de l'East River, pour le prix d'un ticket de métro. Vue sur tout l'est de Manhattan, et personne à bord en dehors des heures de bureau.
      En savoir plus

      Le téléphérique a été mis en service en 1976 comme solution provisoire, le métro qui devait desservir l'île ayant pris des années de retard — il n'est arrivé qu'en 1989. Le provisoire est resté, et c'est aujourd'hui l'un des rares téléphériques urbains d'Amérique du Nord intégré au réseau de transport : il se paie avec le même titre que le métro.

      La cabine longe le pont de Queensboro à une soixantaine de mètres au-dessus de l'East River, ce qui donne une vue frontale sur tout l'est de Manhattan — les tours de Midtown, le siège des Nations unies, les ponts en enfilade. La traversée dure quelques minutes.

      Roosevelt Island est une bande étroite de trois kilomètres qui a abrité un asile, un hôpital pour varioleux et une prison avant d'être reconvertie en quartier résidentiel dans les années 1970. On y trouve les ruines de l'hôpital, éclairées la nuit, et un mémorial dessiné par Louis Kahn à la pointe sud. ⚠️ La cabine est bondée aux heures de bureau et pratiquement vide en dehors, ce qui est le bon moment.

      détente
      3 €
    • Grand Central et la New York Public Library, New York, Côte Est américaine
      Grand Central et la New York Public Library Le plafond de Grand Central figure le ciel étoilé... à l'envers, une erreur jamais corrigée depuis 1913. La bibliothèque est à cinq minutes, avec sa salle de lecture de quatre-vingt-dix mètres et ses deux lions de pierre.
      En savoir plus

      Le ciel du plafond est faux à plusieurs titres. Il est peint à l'envers, les constellations vues depuis l'extérieur de la sphère céleste, et la famille Vanderbilt a expliqué qu'il s'agissait du point de vue de Dieu. Une tache sombre a été laissée intacte dans un angle lors du nettoyage des années 1990, pour montrer l'épaisseur de la crasse enlevée : on la croyait due aux locomotives, l'analyse a montré du goudron et de la nicotine — des décennies de cigarettes de voyageurs.

      La gare a échappé de peu à la démolition. Après la destruction de Penn Station en 1963, un projet de tour au-dessus des quais a été bloqué au nom d'une loi toute neuve sur les monuments new-yorkais ; Jacqueline Kennedy Onassis a mené la campagne publique, et la Cour suprême a tranché en faveur de la ville en 1978. Toute la protection du patrimoine bâti américain découle de cette affaire.

      Devant l'Oyster Bar, sous les voûtes de céramique, se placer dans un angle et parler face au mur : la personne postée dans l'angle opposé entend distinctement. Et la salle de lecture de la grande bibliothèque, à cinq minutes, est ouverte à tous sans carte ni billet.

      culture
      gratuit

    Jour 9

    • Ferry de Staten Island, New York, Côte Est américaine
      Ferry de Staten Island Vingt-cinq minutes de traversée face à la statue de la Liberté et aux tours de Manhattan, et c'est entièrement gratuit — c'est un service pour les habitants, pas une excursion. Se placer à tribord à l'aller.
      En savoir plus

      Le ferry est un service municipal gratuit qui transporte des dizaines de milliers de personnes par jour entre Manhattan et Staten Island, et sa gratuité n'a rien d'une faveur touristique : c'est le seul lien de transport public direct entre l'arrondissement et le reste de la ville, et la traversée a été rendue gratuite en 1997 après des décennies de tarification.

      Il passe à quelques centaines de mètres de la statue de la Liberté et offre la meilleure vue d'ensemble sur la pointe de Manhattan — celle qu'on ne peut pas avoir depuis la terre. Il ne s'arrête évidemment pas à la statue et ne remplace pas la visite de l'île, mais pour beaucoup de visiteurs c'est suffisant, et cela évite une file d'attente et un billet.

      ⚠️ Se placer à tribord — à droite — en partant de Manhattan pour avoir la statue du bon côté, et à bâbord au retour. ⚠️ À l'arrivée à Staten Island, il faut débarquer et reprendre place dans la file pour le bateau suivant : on ne reste pas à bord. Les départs sont fréquents et la manœuvre ne coûte qu'une dizaine de minutes.

      détente
      gratuit
    • Museum of Modern Art, New York, Côte Est américaine
      Museum of Modern Art La Nuit étoilée de Van Gogh, les Demoiselles d'Avignon, la soupe Campbell de Warhol — l'art moderne du XXᵉ siècle rassemblé sur six étages. 30 $ ; l'entrée est gratuite le vendredi en fin d'après-midi, et la file est alors considérable.
      En savoir plus

      Le musée a été fondé neuf jours après le krach de 1929, par trois femmes qui trouvaient que les grandes institutions new-yorkaises ignoraient l'art vivant. Abby Aldrich Rockefeller en était, et son mari refusait de financer l'affaire ; le jardin de sculptures porte aujourd'hui le nom d'elle, pas le sien.

      Ce qui distingue vraiment le MoMA, c'est ce qu'il range parmi les œuvres. Un hélicoptère est suspendu dans les collections de design, à côté de chaises, de machines à écrire et d'ustensiles de cuisine. En 2010, le musée a fait entrer dans ses collections le signe arobase, en le déclarant œuvre de design déjà acquise et n'ayant rien coûté : la première acquisition d'un objet que le musée ne possède pas physiquement.

      Les tableaux que tout le monde vient voir sont regroupés à l'étage le plus haut des collections permanentes, et la foule s'y agglutine. Commencer par le haut et redescendre, ou entrer en fin de journée : les niveaux inférieurs, dessin, photographie et cinéma, sont souvent vides et valent le détour à eux seuls.

      culture
      26 €

    Jour 10

    • Empire State Building, 86e étage, New York, Côte Est américaine
      Empire State Building, 86e étage Bâti en un an et quarante-cinq jours en 1931, resté le plus haut du monde pendant quarante ans. Le 86e étage est à ciel ouvert, ce que les observatoires récents ne proposent plus. Réserver un créneau daté : c'est 15 $ moins cher qu'un billet flexible.
      En savoir plus

      Le gros œuvre a monté de plusieurs étages par semaine, sur un terrain occupé jusque-là par le premier hôtel Waldorf-Astoria. La flèche du sommet n'était pas décorative : elle devait servir de mât d'amarrage aux dirigeables, les passagers débarquant par une passerelle. On a essayé. Les courants ascendants autour de la tour rendaient la manœuvre inexécutable, et l'idée a été abandonnée après quelques tentatives.

      La tour a ouvert en pleine crise et est restée à moitié vide des années durant — les New-Yorkais l'appelaient l'Empty State Building. En juillet 1945, un bombardier perdu dans le brouillard a percuté le 79ᵉ étage. Une liftière, précipitée avec sa cabine quand les câbles ont cédé, a survécu, freinée par les câbles accumulés au fond de la gaine : c'est toujours la plus longue chute en ascenseur dont on soit sorti vivant.

      Le 86ᵉ étage est à l'air libre, sur quatre côtés. Y monter en soirée : les files se vident, la ville est allumée, et la lumière de fin de journée vaut mieux que celle de midi. Il fait venteux là-haut en toute saison.

      culture
      42 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    108 € hébergement · 68 € repas · 38 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Brooklyn ou dans le Queens, 215 € la nuit.

    Voir les hébergements à New Yorklien affilié

  6. New York → Newport — Location de voiture en sortant de New York, 3 h 30, 48 € par personne (95 € à partager).
  7. Newport, Côte Est américaine

    04. Newport

    J11 → J12 · 2 nuits · 419 € par personne

    Palais de l'âge doré, falaises, voile

    Une petite ville du Rhode Island où les grandes fortunes de la fin du XIXᵉ siècle ont bâti des palais qu'elles appelaient des « cottages ». Le Cliff Walk longe la mer en passant derrière leurs jardins, gratuitement, sur cinq kilomètres. C'est aussi un port de voile actif, où la Coupe de l'America s'est courue pendant cinquante ans.

    En savoir plus sur Newport

    Newport tient sur une petite île du Rhode Island et doit sa physionomie à une trentaine d'années : entre 1880 et 1910, les plus grandes fortunes américaines y ont bâti des résidences d'été démesurées qu'elles appelaient, par litote, des cottages. The Breakers, celui des Vanderbilt, compte soixante-dix pièces et n'était habité que six à huit semaines par an.

    Ces maisons se visitent séparément, chacune avec son billet, et il existe des formules combinées. On peut aussi ne rien payer : le Cliff Walk longe la mer sur environ cinq kilomètres en passant derrière les jardins, gratuitement, et donne sur les façades côté océan — celles que les propriétaires soignaient le plus. ⚠️ Le sentier est fermé par tronçons après les tempêtes et certains passages sont rocheux et glissants ; les chaussures de ville n'y suffisent pas.

    La ville a une autre vie, plus ancienne et plus discrète : c'est un port de voile actif, où la Coupe de l'America s'est courue pendant plus d'un demi-siècle, et le siège d'une des plus vieilles communautés juives d'Amérique du Nord — la synagogue Touro, de 1763, est la plus ancienne encore debout du pays. Le centre colonial, en bois peint, se parcourt à pied et n'a rien à voir avec l'âge doré des falaises.

    À table

    • Rhode Island clam chowder — la version au bouillon clair, sans lait ni tomate, propre à l'État.
    • Stuffies — les grosses palourdes quahog farcies de leur chair, de pain et de saucisse, gratinées.
    • Clam cakes — les beignets de palourdes frits, vendus à la douzaine dans les cabanes du bord de mer.
    • Lobster roll — le homard froid à la mayonnaise dans un pain brioché grillé, sur les quais du port.
    • Del's frozen lemonade — la limonade glacée pilée des kiosques, la boisson de l'été dans tout l'État.

    Jour 11

    • Cliff Walk, entre falaises et jardins, Newport, Côte Est américaine
      Cliff Walk, entre falaises et jardins Cinq kilomètres de sentier entre l'océan et les jardins des palais, ouverts au public depuis un droit d'usage colonial que les propriétaires ont perdu tous leurs procès à contester. La moitié nord est pavée, la sud demande de bonnes chaussures.
      En savoir plus

      Le sentier existe parce que le droit du rivage, en Rhode Island, est plus ancien que les palais. La charte coloniale garantissait aux habitants l'accès à la côte pour pêcher et ramasser le varech, et la constitution de l'État a repris ce privilège. Les propriétaires de la fin du XIXᵉ siècle ont attaqué en justice, plusieurs fois, titres de propriété en main : ils ont perdu à chaque fois. D'où cette situation unique, un chemin public qui longe le fond des jardins les plus fermés du pays.

      On marche donc entre deux spectacles : d'un côté l'Atlantique sur la roche, de l'autre les pelouses, les serres et l'arrière des demeures, qu'on ne voit jamais sous un meilleur angle que celui-là. On passe aussi derrière une maison de thé chinoise bâtie en bord de falaise pour une héritière qui y recevait ses invitées suffragistes.

      Les tempêtes emportent régulièrement des portions du sentier, et certaines restent fermées longtemps. Se renseigner avant de partir, et prévoir de vraies chaussures pour la moitié sud, qui n'est plus un trottoir mais un chaos de rochers.

      nature
      gratuit
    • The Breakers, palais des Vanderbilt, Newport, Côte Est américaine
      The Breakers, palais des Vanderbilt Soixante-dix pièces bâties en 1895 comme résidence d'été — deux mois d'occupation par an. Marbre italien, salle à manger sur deux étages, et déjà l'électricité et l'eau courante chaude et froide, douce et salée.
      En savoir plus

      La maison précédente, en bois, avait brûlé. Cornelius Vanderbilt II a donc imposé une règle unique à son architecte : pas de bois dans la structure. Charpente d'acier, murs de maçonnerie, et la chaufferie déportée sous une pelouse à distance, reliée par un tunnel, pour qu'aucun feu ne puisse naître sous le toit. Deux ans de chantier, des centaines d'ouvriers, des marbres importés d'Italie et d'Afrique ; plusieurs pièces ont été fabriquées et assemblées en France, puis démontées, expédiées et remontées ici.

      Cette débauche servait deux mois par an. Newport était la station d'été de la haute société new-yorkaise : on y arrivait au début de l'été, on refermait tout à la fin, et le reste du temps la maison dormait. Son commanditaire a subi une attaque peu après l'achèvement et n'en a guère profité.

      Une descendante de la famille a vécu au dernier étage jusqu'en 2018, alors que le public visitait déjà les salons en dessous. Si l'on ne visite qu'une seule autre demeure, choisir celle qui propose le parcours du personnel — cuisines, soutes à charbon, couloirs de service et toit — bien plus parlant que les salons.

      culture
      25 €
    • Synagogue Touro et vieille ville coloniale, Newport, Côte Est américaine
      Synagogue Touro et vieille ville coloniale La plus ancienne synagogue debout des États-Unis, 1763. C'est à sa congrégation que George Washington écrivit en 1790 la lettre promettant que le pays ne donnerait « aucune sanction à la bigoterie » — un texte fondateur de la liberté religieuse américaine.
      En savoir plus

      Le bâtiment est orienté deux fois. Sa façade suit la rue, mais l'arche sainte, à l'intérieur, a été tournée vers l'est, vers Jérusalem : d'où ce décalage d'angle qu'on ne s'explique pas avant d'entrer. Peter Harrison, qui l'a dessiné, n'avait jamais mis les pieds dans une synagogue et a travaillé d'après des gravures venues d'Amsterdam.

      La congrégation descend de familles juives d'origine espagnole et portugaise arrivées à Newport au XVIIᵉ siècle, après l'Inquisition. Ce sont elles qui ont écrit à George Washington lors de sa visite, pour lui demander quelle place le nouveau pays leur réservait. Sa réponse reprend leurs propres mots : un gouvernement qui n'accorde aucune caution à la bigoterie ni aucune aide à la persécution. La formule est passée dans l'histoire américaine sous le nom de Washington ; elle avait d'abord été écrite par le responsable de la congrégation.

      C'est un lieu de culte en activité, pas un musée : la visite se fait accompagnée, tête couverte pour les hommes, et les portes restent closes le samedi. Autour, la vieille ville aligne l'un des plus forts ensembles de bâtiments coloniaux encore debout du pays.

      culture
      12 €

    Jour 12

    • Port, goélettes et musée de la voile, Newport, Côte Est américaine
      Port, goélettes et musée de la voile Newport a détenu la Coupe de l'America pendant cinquante-trois ans, la plus longue série de victoires du sport. Le port aligne encore les goélettes, et on embarque pour deux heures sur l'une d'elles en fin de journée.
      En savoir plus

      Newport a détenu la Coupe de l'America pendant cinquante-trois ans, de 1930 à 1983 — la plus longue série de victoires de l'histoire du sport, toutes disciplines confondues. La défaite face au bateau australien Australia II, doté d'une quille ailée révolutionnaire, a été un choc national et a mis fin à cent trente-deux ans de domination américaine sur le trophée.

      La ville en a gardé une culture nautique dense : chantiers de restauration de bateaux classiques, écoles de voile, et une flotte de goélettes en bois amarrées au port. Plusieurs proposent des sorties de deux heures en fin de journée, où l'on participe aux manœuvres si l'on veut.

      Le musée consacré à la voile et à la Coupe conserve des coques, des gréements et l'histoire des campagnes successives. ⚠️ Les sorties sont annulées par vent trop fort ou trop faible et se réservent le jour même selon les conditions ; il fait nettement plus frais sur l'eau qu'à terre, y compris en plein été, et une couche supplémentaire est nécessaire.

      détente
      18 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    88 € hébergement · 58 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Maison d'hôtes victorienne, 175 € la nuit.

    Voir les hébergements à Newportlien affilié

  8. Newport → Cape Cod — Route côtière par Fall River, 1 h 30, 11 € par personne (22 € à partager).
  9. Cape Cod, Côte Est américaine

    05. Cape Cod

    J13 → J15 · 3 nuits · 628 € par personne

    Dunes, phares, baleines et villages de bardeaux

    Un bras de sable de cent kilomètres qui s'avance dans l'Atlantique, avec des dunes, des phares et des villages de bardeaux gris. Provincetown, à la pointe, est le meilleur port d'observation des baleines de la côte est. ⚠️ Tout ferme d'octobre à mai, et la circulation en juillet-août est difficile.

    En savoir plus sur Cape Cod

    Cape Cod est un bras de sable de cent kilomètres qui s'avance dans l'Atlantique puis s'enroule sur lui-même — une moraine glaciaire, donc un terrain instable que l'océan continue de déplacer. Il n'y a ni montagne ni rocher : des dunes, des marais salants, des étangs d'eau douce et des villages de bardeaux gris que le sel a fait virer avec le temps.

    ⚠️ La saison est brutalement courte. Une grande partie des commerces, des hôtels et des restaurants ferme d'octobre à mai, et certains villages deviennent quasi déserts. À l'inverse, en juillet et août, la route unique qui dessert le cap est saturée — les vendredis et dimanches en particulier, où l'on peut passer deux heures à franchir les ponts du canal. La piste cyclable du Rail Trail, sur une ancienne voie ferrée, est souvent le moyen le plus rapide de circuler localement.

    Provincetown, à la pointe extrême, est le meilleur port d'observation des baleines de la côte est : les baleines à bosse et les baleines franches viennent s'alimenter sur le banc de Stellwagen, à une heure de bateau, d'avril à octobre. Les sorties sont annulées par mer forte et l'on ne garantit jamais l'observation, même si le taux de réussite y est élevé. La ville elle-même est un port de pêche portugais devenu colonie d'artistes puis capitale balnéaire de la communauté LGBT.

    À table

    • Lobster roll — le homard dans un pain grillé au beurre, dans les cabanes de bord de route de Wellfleet à Chatham.
    • Fried clams — les palourdes entières en beignet, avec leur ventre, l'invention de la côte du Massachusetts.
    • Huîtres de Wellfleet — les huîtres salées de la baie, ouvertes sur le port et pendant le festival d'octobre.
    • Cranberries — les tourbières rouges du cap produisent les canneberges du pays, en jus, en sauce, en tarte.
    • Portuguese kale soup — la soupe au chou, chorizo et haricots de la communauté portugaise de Provincetown.

    Jour 13

    • Cape Cod National Seashore et ses plages, Cape Cod, Côte Est américaine
      Cape Cod National Seashore et ses plages Soixante kilomètres de dunes préservés par Kennedy en 1961, avant que la côte ne soit lotie. Le tarif est un droit d'accès à la journée par véhicule, pas par personne — les parcs nationaux littoraux échappent à la surtaxe non-résident.
      En savoir plus

      Le Cap est un tas de débris laissé par le glacier, et la mer le reprend. La falaise de sable recule chaque année ; les maisons trop proches sont déplacées ou tombent, et le phare de Highland a dû être reculé en bloc dans les terres, sur rails, pour ne pas basculer. Rien n'est stable ici, ce qui explique l'absence de digue et de promenade bétonnée : on a renoncé à fixer ces plages.

      Sur la lande, la station Marconi rappelle qu'en 1903 le premier message sans fil transatlantique parti des États-Unis a quitté ce point : un salut échangé entre le président Roosevelt et le roi Édouard VII. Des pylônes, il ne reste rien — l'érosion a emporté le site, et la plateforme d'observation domine le vide.

      Depuis que les phoques sont protégés, leurs colonies ont explosé et les grands requins blancs sont revenus les chasser à quelques mètres du bord. Les plages affichent le risque et des consignes claires : ne pas nager loin, éviter l'eau trouble et les bancs de phoques, rester près des postes de secours. Ce n'est pas théorique — il y a eu une attaque mortelle.

      nature
      22 €
    • Piste cyclable du Cape Cod Rail Trail, Cape Cod, Côte Est américaine
      Piste cyclable du Cape Cod Rail Trail Quarante kilomètres de voie ferrée reconvertie, plate, entre étangs et forêts de pins, de Yarmouth à Wellfleet. Les vélos se louent à la journée aux deux extrémités et aux principaux croisements.
      En savoir plus

      La piste occupe l'emprise d'une ancienne voie ferrée qui desservait le cap jusqu'aux années 1960, ce qui explique ses deux qualités : elle est parfaitement plate et elle traverse le cap dans sa longueur en évitant complètement la route, saturée en été. Elle relie plusieurs villages sur une quarantaine de kilomètres.

      Le parcours alterne pinèdes, marais salants, étangs d'eau douce — des kettle ponds, cuvettes laissées par des blocs de glace fondus après la dernière glaciation, dont plusieurs sont baignables — et arrières de villages. Les vélos se louent à la journée aux extrémités et aux principaux croisements, et l'on peut ne faire qu'un tronçon.

      ⚠️ En juillet et août, la route unique qui dessert le cap est saturée les vendredis et dimanches, avec des attentes qui peuvent atteindre plusieurs heures aux ponts du canal : le vélo est alors non seulement plus agréable mais souvent plus rapide pour les trajets locaux. Le cap est plat mais très exposé au vent, et le retour peut être nettement plus dur que l'aller.

      détente
      15 €

    Jour 14

    • Provincetown, au bout du cap, Cape Cod, Côte Est américaine
      Provincetown, au bout du cap Le Mayflower y a jeté l'ancre cinq semaines avant Plymouth, ce que Plymouth préfère oublier. Port de pêche portugais devenu colonie d'artistes puis capitale gay de la Nouvelle-Angleterre : les trois couches cohabitent sur une seule rue.
      En savoir plus

      Avant Plymouth, il y a eu ici cinq semaines de mouillage et un texte. Les hommes du Mayflower, arrivés au mauvais endroit et donc hors de la juridiction de leur charte, ont signé dans la cabine un accord pour se donner des lois et s'y soumettre : c'est le premier document de gouvernement écrit de la Nouvelle-Angleterre. La tour de granit qui domine la ville commémore cet épisode ; elle est copiée sur un beffroi siennois et se monte par une succession de rampes et de marches.

      La ville a ensuite vécu de la pêche, avec des équipages venus des Açores : les noms portugais sont encore sur les bateaux et sur les devantures, et la bénédiction de la flotte se tient chaque année. Puis les peintres sont arrivés pour la lumière, une troupe de théâtre a monté les premières pièces d'Eugene O'Neill dans un hangar de pêcheurs sur pilotis, et la ville est devenue ce qu'elle est aujourd'hui.

      Tout se passe sur une seule rue, longue et étroite, où l'on marche au milieu de la chaussée. Se garer est le vrai problème : la navette rapide depuis Boston évite d'y venir en voiture, et le vélo suffit largement sur place.

      marché
      gratuit
    • Phare de Nauset et falaises de Wellfleet, Cape Cod, Côte Est américaine
      Phare de Nauset et falaises de Wellfleet Le phare rouge et blanc du paquet de chips — c'est bien lui. Il a été déplacé de 100 m dans les terres en 1996 : la falaise recule d'un mètre par an, et ce littoral est le plus mobile de la côte est.
      En savoir plus

      Le phare rouge et blanc de Nauset est bien celui qui figure sur les paquets de chips de la marque Cape Cod, et cette célébrité involontaire est devenue un motif de visite. Il a été construit au XIXᵉ siècle puis déplacé à plusieurs reprises.

      Le dernier déménagement, dans les années 1990, dit l'essentiel de cette côte : la falaise reculait au point que le phare allait tomber, et il a fallu le déplacer d'une centaine de mètres vers l'intérieur. Cape Cod est une moraine glaciaire, c'est-à-dire un tas de sable et de graviers laissé par un glacier, sans socle rocheux : l'océan la démonte à un rythme moyen de l'ordre du mètre par an, davantage lors des tempêtes d'hiver.

      C'est le littoral le plus mobile de la côte est, et le phénomène est visible : maisons déplacées, escaliers d'accès emportés puis refaits, portions de route abandonnées. ⚠️ On ne s'approche pas du bord des falaises de Wellfleet ni ne descend hors des accès balisés : le sable s'effondre par pans entiers et sans prévenir. La National Seashore protège l'ensemble de cette côte de toute construction nouvelle.

      détente
      gratuit

    Jour 15

    • Observation des baleines à Provincetown, Cape Cod, Côte Est américaine
      Observation des baleines à Provincetown Le banc de Stellwagen, à une heure au large, est un site d'alimentation des baleines à bosse d'avril à octobre. Les compagnies y annoncent plus de 95 % d'observations et rendent une sortie gratuite sinon. Couvrir : il fait dix degrés de moins en mer.
      En savoir plus

      Le banc de Stellwagen est un cordon de sable et de gravier laissé par le glacier en travers de la baie du Massachusetts. Le courant qui bute dessus fait remonter des eaux froides et chargées, le lançon y pullule, et les baleines à bosse viennent y manger tout l'été.

      Elles y ont inventé quelque chose. Une technique de chasse consistant à frapper la surface d'un grand coup de queue avant de plonger souffler un filet de bulles a été observée pour la première fois sur ce banc au début des années 1980, chez un seul individu. Les chercheurs qui suivent la population l'ont vue se propager d'une baleine à l'autre, année après année, jusqu'à devenir majoritaire : c'est l'un des cas les mieux documentés de transmission culturelle chez un animal sauvage.

      Chaque baleine est identifiée au dessin du dessous de sa queue, unique comme une empreinte, et cataloguée depuis des décennies : l'équipage donne le nom et l'histoire de celle qu'on croise. À bord, se placer dehors et vers l'avant, prendre le médicament contre le mal de mer avant d'embarquer et non après, et préférer une sortie du matin, quand la mer est la plus plate.

      nature
      57 €

    83 € hébergement · 58 € repas · 28 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Motel de bord de route à Orleans, 165 € la nuit.

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  10. Cape Cod → Boston — Route du canal puis autoroute 3, 1 h 45, 13 € par personne (25 € à partager).
  11. Boston, Côte Est américaine

    06. Boston

    J16 → J17 · 2 nuits · 397 € par personne

    Brique rouge, révolution américaine, campus

    La ville la plus ancienne et la plus européenne du pays, assez compacte pour se faire à pied. Le Freedom Trail, une ligne de brique rouge au sol, relie seize sites de la Révolution sur quatre kilomètres — c'est le meilleur fil conducteur d'une première journée. Cambridge et Harvard sont sur l'autre rive.

    En savoir plus sur Boston

    Boston est la plus ancienne grande ville des États-Unis et la plus européenne d'allure : des rues qui ne suivent aucun quadrillage, de la brique rouge partout, et un centre assez compact pour se faire entièrement à pied. Ce désordre a une explication — la ville s'est développée sur une péninsule étroite avant d'être agrandie par comblement, et le tracé suit d'anciens rivages.

    Le Freedom Trail est le meilleur fil conducteur d'une première journée : une ligne de brique rouge incrustée dans le trottoir relie seize sites de la Révolution américaine sur quatre kilomètres, du jardin public jusqu'à Charlestown. On la suit sans carte et sans guide, et elle traverse au passage les quartiers les plus intéressants de la ville, dont le North End italien.

    De l'autre côté de la rivière, Cambridge est une ville à part entière, avec Harvard et le MIT à quinze minutes de métro l'un de l'autre. Les deux campus se parcourent librement. ⚠️ L'hiver est long et rigoureux ici, avec de la neige de décembre à mars, et le printemps arrive tard ; les mois vraiment agréables sont mai, juin, septembre et octobre — ce dernier ajoutant les couleurs d'automne, qui sont aussi la période la plus chère et la plus fréquentée de toute la Nouvelle-Angleterre.

    À table

    • Clam chowder — la soupe crémeuse aux palourdes et aux pommes de terre, servie dans un pain creusé, dans tous les restaurants du port.
    • Lobster roll — le homard du Maine dans un pain grillé, sur les quais de Long Wharf.
    • Cannoli du North End — les tubes de pâte fourrés de ricotta, chez Mike's ou Modern Pastry, avec la file devant.
    • Boston cream pie — la génoise à la crème pâtissière glacée au chocolat, née à l'hôtel Parker House.
    • Huîtres à l'Union Oyster House — le plus vieux restaurant du pays, ouvert en 1826, et son comptoir en demi-cercle.

    Jour 16

    • Freedom Trail, quatre kilomètres de brique rouge, Boston, Côte Est américaine
      Freedom Trail, quatre kilomètres de brique rouge Une ligne de briques rouges au sol relie seize lieux de la Révolution, du Boston Common au Bunker Hill. Gratuit, faisable seul, et c'est la meilleure façon de comprendre la ville en une demi-journée. Compter davantage si on entre dans les sites.
      En savoir plus

      Le tracé date de 1951 et vient d'un journaliste local excédé de voir les visiteurs tourner en rond : il a proposé de relier les sites par une ligne au sol. La ville a peint la ligne, puis l'a remplacée par des briques. C'est l'un des rares itinéraires balisés de ce genre qui fonctionne réellement, parce que les seize lieux sont là où l'histoire a eu lieu, et pas dans un musée qui la raconte.

      Deux arrêts méritent qu'on s'attarde. Devant l'ancienne maison d'État, un cercle de pavés au milieu de la chaussée marque l'endroit où cinq hommes ont été abattus par des soldats britanniques en 1770 ; c'est aujourd'hui un carrefour bruyant et il faut chercher le cercle entre les voitures. Et au cimetière du Granary reposent côte à côte Samuel Adams, John Hancock, Paul Revere et les victimes de ce même massacre.

      Le parcours ne boucle pas : il se termine de l'autre côté du fleuve, à Charlestown. Plutôt que de refaire le chemin à pied, prendre le bac depuis le chantier naval jusqu'au vieux port — c'est une navette urbaine ordinaire, au tarif du bus, et l'arrivée par l'eau donne la plus belle vue de la ville.

      marché
      gratuit
    • Harvard, MIT et Cambridge, Boston, Côte Est américaine
      Harvard, MIT et Cambridge Deux campus ouverts, à trois arrêts de métro. La statue de John Harvard porte trois mensonges — ce n'est pas lui, il n'a pas fondé l'université, et la date est fausse — ce que les guides étudiants racontent avec un certain plaisir.
      En savoir plus

      Le musée d'histoire naturelle de Harvard abrite un objet unique au monde : des milliers de modèles de plantes en verre, soufflés et peints par un père et son fils, à Dresde, pendant cinq décennies. Ils sont exacts jusqu'au poil et au pistil, ont été commandés parce que les fleurs séchées perdent leur forme et leur couleur, et personne n'a jamais retrouvé la technique employée. On se surprend à chercher les feuilles fanées : tout est en verre, jusqu'aux racines.

      De l'autre côté du campus, la cour ancienne est ouverte et traversée par tout le monde. La statue de John Harvard y accumule les visiteurs qui frottent sa chaussure, sans savoir que les étudiants en font, la nuit, un tout autre usage.

      Le MIT, à trois stations de métro, se visite pour ses bâtiments — un centre de recherche de Frank Gehry qui semble s'effondrer, une chapelle ronde de Saarinen posée dans un bassin — et pour ses canulars : la grande coupole s'est réveillée coiffée d'une voiture de police, puis d'un camion de pompiers, puis d'une réplique du premier avion des frères Wright, chaque fois hissée de nuit et démontée avec précaution.

      culture
      gratuit

    Jour 17

    • USS Constitution et chantier naval de Charlestown, Boston, Côte Est américaine
      USS Constitution et chantier naval de Charlestown Le plus vieux navire de guerre à flot du monde, lancé en 1797 et toujours en service dans la marine américaine — équipage en uniforme d'époque. Son bordé a fait rebondir des boulets anglais, d'où son surnom d'« Old Ironsides ». Entrée gratuite, passeport exigé.
      En savoir plus

      La coque est en chêne vert de Géorgie, un bois si dense qu'il coule dans l'eau, monté en épaisseurs superposées avec des renforts en diagonale. C'est ce qui a valu son surnom au navire : pendant le combat contre une frégate anglaise en 1812, un marin a vu un boulet rebondir sur le bordé et crié que ses flancs étaient en fer. Le cuivre du doublage sortait de la fonderie de Paul Revere, l'orfèvre du Freedom Trail devenu industriel.

      Condamné à la démolition en 1830, le navire a été sauvé par un poème. Un étudiant l'a écrit d'un trait, les journaux l'ont repris de ville en ville, et l'opinion a forcé la marine à reculer. Il n'a plus jamais été menacé depuis.

      Il est toujours en service : l'équipage est d'active, en uniforme d'époque, et sort le bâtiment dans le port de temps à autre pour le faire virer bout pour bout, afin qu'il vieillisse également des deux bords. On monte à bord après un contrôle de sécurité — c'est une base militaire en activité — et des périodes d'entretien en cale sèche peuvent fermer le pont : vérifier avant de traverser le fleuve.

      culture
      gratuit
    • Salem et ses procès de sorcellerie, Boston, Côte Est américaine
      Salem et ses procès de sorcellerie À quarante minutes de train. Vingt personnes exécutées en 1692 sur des témoignages d'enfants ; le mémorial aligne leurs dernières paroles gravées dans des bancs de pierre. ⚠️ En octobre, la ville est prise d'assaut et devient une fête foraine.
      En savoir plus

      Personne n'a été brûlé à Salem. Dix-neuf condamnés ont été pendus, sur un affleurement rocheux au-dessus de la ville que des chercheurs n'ont localisé avec certitude qu'en 2016. Un vingtième, Giles Corey, a refusé de plaider pour empêcher la confiscation de ses terres ; on l'a écrasé sous des pierres pour le faire parler, et il n'aurait demandé que davantage de poids. D'autres accusés sont morts en prison, sans jugement.

      Les accusations n'ont pas commencé dans la ville actuelle mais dans le village voisin, devenu depuis une autre commune, qui n'en a tiré aucun profit touristique. Le seul bâtiment de Salem ayant un lien direct avec l'affaire est la maison d'un des juges, sombre et à pignons, plantée à l'angle d'une rue passante.

      Le mémorial, adossé au vieux cimetière, tient en une rangée de bancs de pierre portant chacun un nom et une date. Sur le seuil sont gravées les dernières protestations d'innocence des condamnés, coupées net au milieu d'une phrase : elles avaient été interrompues par le tribunal, et la pierre le montre plutôt que de le raconter.

      culture
      15 €

    95 € hébergement · 60 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Back Bay, 190 € la nuit.

    Voir les hébergements à Bostonlien affilié

  12. Boston → Portland — Amtrak Downeaster, 2 h 30, 30 € par personne.
  13. Portland, Côte Est américaine

    07. Portland

    J18 → J19 · 2 nuits · 374 € par personne

    Phares, homard, brasseries et vieux port de brique

    Un port de brique du Maine, redevenu vivant grâce à ses restaurants et ses brasseries, où le homard se mange sur les quais pour le prix d'un plat ordinaire. Le phare de Portland Head, le plus photographié du pays, est à quinze minutes. Les îles de Casco Bay se rejoignent en ferry à la journée.

    En savoir plus sur Portland

    Portland est un port du Maine dont le vieux quartier de brique, construit après l'incendie de 1866, a été laissé à l'abandon pendant des décennies avant d'être repris par des restaurants et des brasseries. La ville est aujourd'hui l'une des adresses gastronomiques les plus réputées du pays pour sa taille — moins de soixante-dix mille habitants — et cela reste une ville de travail, avec des chalutiers et des casiers à homard sur les quais.

    Le homard est ici un plat ordinaire et non un luxe : on le mange sur les quais, bouilli, dans un panier de papier, ou en lobster roll dans du pain de mie grillé, pour le prix d'un plat courant. Le prix varie avec la saison et la mue — il est au plus bas à la fin de l'été, quand les prises sont abondantes.

    Le phare de Portland Head, à quinze minutes, est le plus photographié du pays : mis en service en 1791, il se dresse sur les rochers au bout d'un parc public gratuit, l'ancien Fort Williams. Les îles de Casco Bay, en face, se rejoignent par le ferry postal qui les dessert toutes en trois heures — une traversée bon marché qui sert de croisière et permet de voir la baie sans excursion organisée. ⚠️ Le Maine est fermé et froid l'hiver ; l'essentiel de l'activité se concentre de juin à octobre.

    À table

    • Lobster roll — le homard froid à la mayonnaise dans un pain grillé, la version du Maine, sur les quais de Commercial Street.
    • Whoopie pie — les deux disques de gâteau au chocolat autour d'une crème, la gourmandise officielle de l'État.
    • Blueberry pie — la tarte aux myrtilles sauvages du Maine, petites et sombres, en août.
    • Holy Donut — les beignets à la pomme de terre de la ville, à la vanille ou au sirop d'érable.
    • Bière artisanale — Allagash et les dizaines de brasseries de la ville, la plus dense du pays par habitant.

    Jour 18

    • Portland Head Light et Fort Williams, Portland, Côte Est américaine
      Portland Head Light et Fort Williams Le phare le plus photographié des États-Unis, mis en service en 1791 sur ordre de George Washington. Le parc autour est gratuit et donne sur les brisants ; le petit musée dans l'ancienne maison du gardien est payant.
      En savoir plus

      La tour a été commencée sous la République naissante : le Congrès venait de fédéraliser les phares, et Washington a suivi ce chantier de près, en demandant qu'on économise en prenant les pierres sur le rivage et dans les champs alentour. Elle a été allumée à l'huile de baleine et n'a jamais cessé de fonctionner depuis. Le gardien a été remplacé par l'automatisme à la fin des années 1980 ; sa maison est devenue le petit musée qu'on visite.

      Sur les rochers en contrebas, une inscription peinte rappelle qu'un trois-mâts s'est jeté là un soir de tempête de neige, en 1886, à quelques dizaines de mètres du phare qu'il ne voyait pas. L'équipage a été sauvé par le gardien et sa famille. Les habitants repeignent le nom du navire sur la roche depuis, chaque fois qu'il s'efface.

      Le parc autour est un ancien fort côtier désarmé : les blocs de béton des batteries et la carcasse d'un manoir en ruine se parcourent librement. Le phare regarde vers le large à l'est — la lumière du matin est la bonne, et en fin de journée on l'a à contre-jour.

      nature
      gratuit
    • Vieux port et quais de pêche, Portland, Côte Est américaine
      Vieux port et quais de pêche Rues pavées et entrepôts de brique du XIXe, reconstruits après l'incendie de 1866 — le plus destructeur qu'ait connu une ville américaine avant Chicago. Les bateaux à homard déchargent encore au bout des quais, à cinquante mètres des restaurants.
      En savoir plus

      La ville a brûlé et rebrûlé. Détruite en 1690, bombardée par la marine britannique en 1775, elle a pris pour devise le mot latin resurgam — je renaîtrai — et un phénix sur son sceau. Puis, le 4 juillet 1866, un pétard tombé dans un chantier de bateaux a mis le feu au quartier : l'incendie a traversé la ville en une nuit et laissé des milliers d'habitants sans toit. Ce fut, jusqu'à Chicago, le plus grand incendie urbain qu'ait connu le pays.

      La reconstruction a été immédiate et encadrée : brique et granit obligatoires, façades victoriennes, entrepôts à étages. D'où l'homogénéité du vieux port, rebâti d'un seul tenant en quelques années — c'est un quartier entier qui date du même moment.

      Les quais, eux, n'ont pas été livrés aux promoteurs : la ville a inscrit dans son plan d'urbanisme que les pontons restent réservés aux usages maritimes. Les bateaux à homard déchargent donc encore devant les restaurants, très tôt le matin, et le quartier sent le poisson avant de sentir le café.

      marché
      gratuit
    • Îles de Casco Bay en ferry postal, Portland, Côte Est américaine
      Îles de Casco Bay en ferry postal Le bateau qui distribue le courrier fait le tour des îles habitées en trois heures, avec les habitants à bord. C'est la sortie en mer la moins chère de la côte, et la seule où l'on voit comment on vit sur ces îles l'hiver.
      En savoir plus

      Le bateau qui fait ce tour n'est pas une excursion : c'est le service public des îles. La compagnie appartient à un district de transport créé par les communes, et elle porte le courrier, les colis, les élèves, les ouvriers, les caisses de bière et les meubles. On embarque au milieu de tout cela, et les conversations à bord valent le paysage.

      L'archipel s'appelle les îles Calendrier depuis qu'un navigateur du XVIIᵉ siècle a prétendu en avoir compté autant que de jours dans l'année. Il exagérait largement, mais le nom est resté. Chacune a son caractère : l'une garde les tours de guet en béton et les batteries construites pendant la guerre pour surveiller l'entrée de la baie, une autre a vu son ancien fort transformé en village de maisons blanches, une autre encore ne compte plus qu'une poignée d'habitants l'hiver.

      Le tour se fait assis, sans descendre, ou en s'arrêtant sur une île pour reprendre un bateau plus tard. Le pont extérieur est le bon endroit, mais il fait froid sur l'eau même en été : emporter une veste, même par grand soleil.

      nature
      22 €

    Jour 19

    • Brasseries et Allagash, Portland, Côte Est américaine
      Brasseries et Allagash Portland compte plus de brasseries par habitant que n'importe quelle ville du pays. Allagash a été la première à produire une blanche d'inspiration belge aux États-Unis, en 1995, et la visite de la brasserie est gratuite sur réservation.
      En savoir plus

      L'Allagash White est née d'une obsession : son fondateur avait goûté une blanche belge et ne comprenait pas qu'on n'en brasse pas aux États-Unis. Il a monté sa brasserie seul dans un local minuscule au milieu des années 1990, avec du matériel de récupération, et a passé les premières années à expliquer aux clients pourquoi sa bière était trouble et pourquoi il ne fallait surtout pas la filtrer. Elle est aujourd'hui la référence américaine du style, et la maison fermente encore une partie de sa production en fûts de chêne, dans un bâtiment à part.

      Le hasard veut que plusieurs des meilleures brasseries de la ville se soient installées dans la même rue, un chemin industriel sans charme du nord de Portland. On peut donc en faire trois ou quatre à pied les unes des autres — à condition de ne pas y être venu en voiture, car c'est loin du vieux port et un taxi est plus sage.

      Les salles de dégustation ferment tôt, bien avant les restaurants : les visiter en fin d'après-midi et dîner ensuite, jamais l'inverse.

      marché
      18 €

    78 € hébergement · 54 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du port, 155 € la nuit.

    Voir les hébergements à Portlandlien affilié

  14. Portland → Acadia et Bar Harbor — Route 1 par la côte du Maine, 3 h, 24 € par personne (48 € à partager).
  15. Acadia et Bar Harbor, Côte Est américaine

    08. Acadia et Bar Harbor

    J20 → J21 · 2 nuits · 366 € par personne

    Granit rose, sapins et Atlantique nord

    Un parc national de granit rose et de sapins, là où la montagne tombe dans l'Atlantique nord. Le Cadillac Mountain est le premier point du pays touché par le soleil levant une partie de l'année, et l'accès y est régulé par réservation. ⚠️ Comme dans tous les parcs, une surtaxe non-résident de 100 $ par personne s'applique.

    En savoir plus sur Acadia et Bar Harbor

    Acadia est un parc de granit rose et de sapins posé sur une île, là où la montagne tombe directement dans l'Atlantique nord. C'est petit à l'échelle américaine et très dense : sommets, lacs, forêt et côte rocheuse tiennent dans quelques dizaines de kilomètres, ce qui permet d'enchaîner des paysages très différents dans la même journée.

    La particularité du parc tient à son réseau de carriage roads : quatre-vingts kilomètres de chemins de gravier sans voitures, financés par John D. Rockefeller Jr., avec des ponts de pierre taillés à la main. Ils se parcourent à vélo ou à pied et donnent accès à l'intérieur du parc sans partager la route avec la circulation. Le reste se fait par la Park Loop Road, en partie en sens unique, ou par la navette gratuite en saison.

    ⚠️ Deux réservations à ne pas confondre. L'accès en voiture au sommet de Cadillac Mountain — premier point du pays touché par le soleil levant une partie de l'année — se réserve séparément, en nombre très limité, et part longtemps à l'avance ; sans ce créneau, on n'y monte qu'à pied ou à vélo. Et comme dans tous les parcs nationaux américains, une surtaxe non-résident s'ajoute au droit d'entrée du véhicule : cent dollars par personne, qui pèsent lourd sur le budget d'une famille.

    À table

    • Homard entier — bouilli dans l'eau de mer sur le quai des lobster pounds de Bar Harbor, mangé avec les mains et du beurre fondu.
    • Popovers de Jordan Pond — les brioches soufflées servies avec de la confiture de fraises sur la pelouse face aux Bubbles, tradition du parc depuis 1890.
    • Blueberry pie — la tarte aux myrtilles sauvages de la côte, dans les cafés de Bar Harbor.
    • Lobster roll — dans les cabanes de Southwest Harbor, loin des foules.
    • Clam chowder — la soupe de palourdes crémeuse, sur les quais du port.

    Jour 20

    • Cadillac Mountain au lever du soleil, Acadia et Bar Harbor, Côte Est américaine
      Cadillac Mountain au lever du soleil 466 m, le premier point des États-Unis touché par le soleil d'octobre à début mars — d'où la foule dans le noir à cinq heures du matin. Réservation obligatoire pour y monter en voiture ; à pied, aucun créneau n'est exigé.
      En savoir plus

      Le sommet est du granit rose nu, poncé par le glacier : on y voit les rayures parallèles laissées par la glace et de gros blocs erratiques déposés là, venus d'ailleurs. Rien n'y pousse plus haut que le genou, d'où une vue circulaire sur la baie, les îles et le large.

      Son nom vient d'un Gascon. Antoine Laumet, qui s'était inventé le titre de sieur de Cadillac, a reçu l'île en concession du roi de France à la fin du XVIIᵉ siècle avant de partir fonder Détroit. Deux siècles plus tard, un constructeur automobile de cette même ville a repris son nom et ses armoiries : la montagne et la voiture ont bien la même origine.

      Là-haut, avant le jour, il fait froid et le vent ne s'arrête jamais : bonnet et coupe-vent même au cœur de l'été, et une lampe pour retrouver la voiture. La réservation de créneau ne concerne que la route ; à pied, par le sentier de la crête nord, on monte quand on veut, sans aucune formalité — c'est une longue montée dans le noir, mais on est beaucoup moins nombreux en haut.

      nature
      gratuit
    • Bar Harbor et la barre de marée vers Bar Island, Acadia et Bar Harbor, Côte Est américaine
      Bar Harbor et la barre de marée vers Bar Island À marée basse, une langue de galets découvre un chemin vers Bar Island — quatre-vingt-dix minutes de part et d'autre de l'étale, pas davantage. Chaque année, des visiteurs se font piéger et rentrent en taxi-bateau.
      En savoir plus

      La barre est un cordon de galets qui relie la ville à l'île, et elle n'appartient à personne bien longtemps : elle sort de l'eau autour de la basse mer, puis disparaît. Le marnage de la baie est considérable, la mer remonte vite et sans bruit, et chaque été des visiteurs se retrouvent de l'autre côté à devoir payer un bateau pour rentrer — les voitures piégées sur les galets sont un classique local. Consulter la table des marées avant de partir, et compter le temps du retour dans la fenêtre, pas après.

      De l'île, on a la ville de face et les sommets du parc derrière : c'est le meilleur point de vue sur l'ensemble, et il ne coûte rien.

      Bar Harbor elle-même a changé de nature en 1947, quand un incendie a ravagé une grande partie de l'île et détruit des dizaines de résidences d'été. Les familles fortunées ne sont pas revenues, la ville s'est ouverte au tourisme, et la forêt a repoussé en feuillus là où dominaient les résineux. Les couleurs d'automne du parc, que tout le monde vient photographier, datent donc de cet incendie.

      marché
      gratuit
    • Sentier côtier et Thunder Hole, Acadia et Bar Harbor, Côte Est américaine
      Sentier côtier et Thunder Hole Le sentier de l'Ocean Path longe le granit rose au ras des vagues sur trois kilomètres. À Thunder Hole, une faille piège l'air et détone à marée montante — spectaculaire deux heures avant la marée haute, décevant à toute autre heure.
      En savoir plus

      Le sentier suit le haut des rochers, à quelques mètres des vagues, sur un granit rose qui vire au rouge quand il est mouillé. Sand Beach, à un bout, est faite de coquillages broyés autant que de quartz, et son eau reste glaciale en plein été : on s'y baigne en criant, quelques secondes.

      Thunder Hole n'est qu'une faille étroite avec une petite grotte au fond. Quand une vague y entre au bon rythme, elle emprisonne l'air, la détonation part comme un coup de canon et une gerbe monte à la verticale. Sans houle, il ne se passe rien du tout, et la plupart des visiteurs repartent déçus : y aller quand la mer est formée, et dans les heures qui précèdent la pleine mer.

      Ce qui rend le lieu spectaculaire le rend dangereux. En 2009, la houle d'un ouragan passé au large a balayé la plateforme d'observation et emporté une vingtaine de personnes à la mer ; une fillette y a perdu la vie. Quand les rangers ferment les escaliers ou déroulent un ruban, ce n'est jamais par excès de prudence.

      nature
      gratuit

    Jour 21

    • Carriage roads à vélo, Acadia et Bar Harbor, Côte Est américaine
      Carriage roads à vélo Quatre-vingts kilomètres de chemins de gravier sans aucune voiture, financés et tracés par John D. Rockefeller Jr. entre 1913 et 1940, avec dix-sept ponts de pierre tous différents. C'est la plus belle façon de traverser le parc.
      En savoir plus

      Rockefeller détestait l'automobile et voulait continuer à circuler en attelage : il a fait tracer et payer, sur près de trente ans, un réseau de chemins de gravier interdits aux voitures, en surveillant lui-même le tracé pour qu'aucune pente ne soit trop raide et qu'aucune vue ne soit gâchée.

      Le détail qu'on remarque en roulant, ce sont les grosses pierres dressées en bordure des à-pics, taillées grossièrement et espacées : les gens du pays les appellent les dents de Rockefeller. Les ponts, eux, sont tous différents et tous en pierre du pays, chacun conçu pour son site. Deux pavillons d'entrée d'allure française marquent les accès principaux.

      Le revêtement est du gravier compact : un vélo de route n'y est pas à sa place, un vélo à pneus larges oui, et on en loue en ville. Une carte est indispensable, car les carrefours sont repérés par des poteaux de bois numérotés, sans indication de direction. Enfin, le tour de l'étang de Jordan, avec la maison de thé et ses gâteaux soufflés au bout, reste le meilleur premier itinéraire.

      nature
      22 €

    80 € hébergement · 55 € repas · 28 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Motel à Bar Harbor, 160 € la nuit.

    Voir les hébergements à Acadia et Bar Harborlien affilié

Le budget de ces 21 jours

4 548 € par personne pour 21 jours, soit 217 € / jour. À deux, 9 095 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement1 885 €41 %
Repas1 233 €27 %
Transport sur place137 €3 %
Location de voiture — 21 jours630 €14 %
Billets et carburant220 €5 %
Activités443 €10 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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