Rien n'est naturel dans Central Park : le relief a été modelé, les lacs creusés, chaque arbre planté. Le terrain était occupé — Seneca Village, un hameau de propriétaires noirs avec ses églises et son école, a été exproprié et rasé en 1857. Olmsted et Vaux ont eu là une idée qu'aucun parc européen n'avait : faire passer les rues traversantes dans des tranchées, sous les ponts, pour que le promeneur ne voie jamais la circulation.
La High Line était une ligne de fret aérienne, construite pour cesser d'écraser les passants sur la Dixième Avenue. Le dernier convoi y est passé en 1980, chargé de dindes surgelées. Elle a failli être démolie ; la végétation qui l'avait envahie a inspiré le jardin qu'on y a planté ensuite.
Sur le pont de Brooklyn, retenir un nom : Emily Roebling. Son mari, atteint du mal des caissons, dirigeait le chantier depuis sa fenêtre ; elle a appris les mathématiques nécessaires, transmis les ordres, tenu tête aux entrepreneurs pendant plus de dix ans, et traversé la première. Depuis 2021, les vélos ont leur voie séparée et la promenade centrale est redevenue respirable.