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Hongrie en 10 jours : l'itinéraire jour par jour

1 106 € par personne sur place pour 10 jours, soit 111 € / jour — en 4 étapes, de Budapest à Balaton. En passant par Boucle du Danube et Eger.

Autres durées : 5 jours · une semaine · deux semaines · trois semaines · toutes les étapes de Hongrie

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Budapest — Ferenc Liszt (BUD), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Budapest, Hongrie

    01. Budapest

    J1 → J3 · 3 nuits · 396.75 € par personne

    Deux villes de part et d'autre du Danube, cent vingt sources chaudes et un Parlement en dentelle

    Buda et sa colline du château, Pest et ses boulevards, le Parlement sur le Danube, la plus grande synagogue d'Europe, et cent vingt sources chaudes dans lesquelles on se baigne depuis les Ottomans. ⚠️ L'étape la plus chère ; le Parlement se réserve des semaines à l'avance. Le tram 2 longe le fleuve, le métro 1 est le plus vieux du continent.

    En savoir plus sur Budapest

    Budapest est deux villes que le Danube sépare et que sept ponts réunissent : Buda, la colline du château, ses ruelles baroques et son bastion néo-roman au-dessus du fleuve ; Pest, la ville plate du XIXᵉ siècle, ses boulevards haussmanniens, son Parlement néogothique de 268 mètres de long et son quartier juif devenu celui des bars. Entre les deux, le pont des Chaînes de 1849, restauré et rouvert, et l'île Marguerite en parc.

    Ce qui la distingue de toute autre capitale, ce sont ses bains : cent vingt sources chaudes sortent du sol, et l'on s'y baigne depuis les Romains et les Ottomans — Széchenyi et ses bassins jaunes en plein air, Gellért et ses mosaïques, Rudas sous sa coupole turque du XVIᵉ siècle. Une matinée aux bains fait partie du séjour au même titre que le Parlement ou la synagogue de la rue Dohány, la plus grande d'Europe.

    ⚠️ Budapest est l'étape la plus chère et la plus fréquentée du parcours, et le quartier juif est devenu la destination d'enterrement de vie de garçon de l'Europe : on y sort, on n'y dort pas forcément. Trois nuits sont un minimum pour Buda, Pest, les bains et le Parlement ; la quatrième se passe à l'île Marguerite, à Óbuda ou aux Grandes Halles. Le métro 1, le plus vieux du continent, le tram 2 le long du fleuve et le funiculaire du château font tout — un pass de 72 heures se rentabilise le premier jour.

    À table

    • Gulyás — ici une soupe, pas un ragoût : bœuf, pomme de terre, paprika et petites pâtes pincées, dans les bistrots de quartier (étkezde) à l'heure du menu du midi.
    • Lángos — la galette de pâte frite à l'ail, à la crème aigre et au fromage râpé, à l'étage des Grandes Halles ou aux kiosques des bains.
    • Pörkölt et nokedli — le ragoût de bœuf ou de porc au paprika avec ses petites quenelles d'œuf, le plat du dimanche.
    • Töltött káposzta — les feuilles de chou farcies de viande et de riz, à la choucroute et à la crème, dans toute csárda.
    • Kürtőskalács — le gâteau-cheminée grillé sur la braise et roulé dans le sucre ou la cannelle, aux stands des marchés de Noël et de l'été ; ⚠️ celui-ci est bien hongrois.
    • Dobos torta — le gâteau à sept couches au chocolat et son toit de caramel, inventé ici en 1884, au Gerbeaud ou dans une cukrászda de quartier.

    Jour 1

    • Bastion des pêcheurs, Budapest, Hongrie
      Bastion des pêcheurs Une terrasse néo-romane de 1902 en calcaire blanc, sept tours coniques pour les sept tribus magyares, et la vue classique sur le Parlement et le Danube — un décor bâti pour être regardé, jamais une fortification. Les terrasses basses et les escaliers sont libres à toute heure ; seul le niveau supérieur se paie en journée. ⚠️ Y aller à l'aube ou après vingt heures : à midi les cars y sont tous.
      En savoir plus

      C'est Frigyes Schulek encore, l'architecte de l'église Matthias, qui a dessiné entre 1895 et 1902 cette terrasse de galeries, d'escaliers et de tourelles autour de son église : un décor néo-roman posé sur les remparts médiévaux, pour donner à l'église un socle et à la ville un belvédère. Le nom vient de la corporation des pêcheurs qui, dit la tradition, défendait ce tronçon de muraille au Moyen Âge — ou du marché au poisson qui se tenait en contrebas.

      Entre le bastion et l'église, la statue équestre de saint Étienne, le premier roi, tient la place ; derrière, l'hôtel Hilton a été construit dans les années 1970 sur les ruines d'un couvent dominicain, dont il a gardé une tour et un pan de mur gothique. Le bastion lui-même a été très abîmé en 1945 et restauré par le fils de Schulek.

      Les terrasses basses, les escaliers et la vue sont libres jour et nuit ; seules les tours hautes se paient en journée, et elles n'offrent guère plus que les galeries en dessous — quelques mètres de hauteur. ⚠️ Le matin tôt, avec le Parlement dans le contre-jour, ou la nuit, quand il est éclairé, sont les deux moments ; entre les deux, c'est le lieu le plus dense de Budapest.

      marché
      gratuit
    • Le Parlement, visite guidée, Budapest, Hongrie
      Le Parlement, visite guidée Le plus grand bâtiment du pays, néogothique, achevé en 1904 : 268 mètres de façade sur le Danube, 691 pièces, quarante kilos d'or dans les décors, et sous la coupole la Sainte Couronne de Hongrie, gardée par deux soldats. La visite guidée de trois quarts d'heure passe par l'escalier d'honneur, la salle de la Couronne et l'ancienne chambre haute. ⚠️ Réserver en ligne des semaines à l'avance en été ; le tarif est plus élevé hors Union européenne, passeport demandé à l'entrée.
      En savoir plus

      Imre Steindl a gagné le concours de 1882 avec un projet inspiré de Westminster, et il est mort quelques semaines avant l'inauguration de 1902, presque aveugle, sans avoir vu son bâtiment achevé. Le plan est symétrique : deux ailes identiques pour les deux chambres d'alors, la coupole au milieu. Depuis 1945 le Parlement n'a plus qu'une chambre, et c'est l'ancienne chambre haute, inutilisée, que l'on visite — les députés siègent dans l'autre.

      Dans le couloir devant la salle, des porte-cigares numérotés en cuivre courent le long des fenêtres : les députés y posaient leur cigare allumé avant d'entrer voter, et le retrouvaient à leur numéro en sortant. Sous la coupole, la Sainte Couronne, transférée ici du Musée national en 2000, avec sa croix penchée que personne n'a jamais redressée, et deux gardes qui se relèvent au pas.

      L'entrée des visiteurs est souterraine, côté nord de la place Kossuth, avec un contrôle de type aéroport ; le billet se prend en ligne à l'heure près, et les créneaux en français sont peu nombreux. ⚠️ Les jours de séance, la visite peut être écourtée ou annulée sans grand préavis. Le tram 2, qui longe le fleuve, s'arrête devant.

      culture
      39 €
    • Bains Széchenyi, Budapest, Hongrie
      Bains Széchenyi Le plus grand complexe thermal d'Europe, néobaroque et jaune, dans le parc du Bois-de-Ville : trois bassins en plein air à 27, 34 et 38 degrés où l'on joue aux échecs dans l'eau, quinze bassins intérieurs, saunas et hammams, alimentés par une source à 77 degrés forée à mille mètres. Ouvert tous les jours de l'année, sous la neige en hiver. ⚠️ Semaine moins cher que week-end ; billet avec casier, cabine en supplément ; bonnet obligatoire dans le bassin de nage.
      En savoir plus

      Le bâtiment jaune et néobaroque a ouvert en 1913 dans le Bois-de-Ville, sur l'emplacement d'un puits artésien foré au XIXᵉ siècle par l'ingénieur Vilmos Zsigmondy, qui avait creusé près d'un kilomètre pour atteindre l'eau chaude de Pest. Un second puits, plus profond encore, a été percé dans les années 1930 et alimente toujours les bassins.

      La cour extérieure est ce qu'on connaît par les photos : le grand bassin de nage, le bassin chaud où l'on joue aux échecs sur des planches flottantes, et celui du milieu avec son tourbillon qui emporte tout le monde. Mais l'intérieur, moins photographié, est là où les Budapestois vont vraiment : une enfilade de bassins de température croissante, sous des voûtes carrelées, avec les saunas et les bains de vapeur.

      Prends des tongs, un bonnet pour la piscine de nage, et une serviette — tout se loue, cher. Le casier suffit ; la cabine sert à ceux qui viennent à plusieurs. Le métro 1, le jaune, a une station à la porte. ⚠️ Vingt minutes dans l'eau chaude, puis on sort : les malaises de touristes sont la routine des secouristes. L'hiver, la vapeur au-dessus des bassins extérieurs et la neige sur les rebords sont la meilleure version de l'endroit.

      détente
      36 €

    Jour 2

    • Grandes Halles et la promenade du Danube, Budapest, Hongrie
      Grandes Halles et la promenade du Danube Le grand marché couvert de 1897, au bout de la rue Váci, sous une nef de fer et un toit de tuiles Zsolnay : au rez-de-chaussée le paprika en guirlandes, les salamis, le foie gras, les cornichons en tonneau ; à l'étage les stands de lángos et de plats mijotés. On en sort sur le quai de Pest et l'on remonte le Danube à pied jusqu'au Parlement, par le pont des Chaînes et les Chaussures sur la rive, le mémorial de 1944. ⚠️ Fermé le dimanche.
      En savoir plus

      Samu Pecz a dessiné en 1897 la plus grande des cinq halles construites la même année par la ville, qui voulait sortir le marché de la rue : une nef de fer sous un toit de tuiles Zsolnay, à la tête du pont de la Liberté. Le rez-de-chaussée est encore un marché de Budapestois — bouchers, volaillers, paprika, tokaji — avec les cornichons et les poissons au sous-sol ; l'étage, lui, est aux touristes, et c'est là qu'on mange debout.

      En sortant, prends le quai vers le nord. Le tram 2 le suit, mais à pied on voit ce qu'il rate : la Petite Princesse assise sur la rambarde devant le Vigadó, un bronze grandeur d'enfant ; les lions du pont des Chaînes, le premier pont fixe entre Buda et Pest en 1849, et la légende qui veut qu'ils n'aient pas de langue — ils en ont une, invisible d'en bas ; puis, passé le pont, les Chaussures : soixante paires en fonte alignées au bord de l'eau, à l'endroit où les Croix fléchées faisaient déchausser les Juifs avant de les tirer dans le fleuve, l'hiver 1944-1945.

      Le mémorial n'a ni grille ni panneau ; on le manque si l'on ne le cherche pas. ⚠️ Les Halles ferment le dimanche et en début d'après-midi le samedi ; le matin en semaine est le vrai marché.

      marché
      gratuit
    • Colline Gellért et la Citadelle, Budapest, Hongrie
      Colline Gellért et la Citadelle Une colline de 235 mètres au-dessus du Danube, en face du centre, montée par des escaliers et des sentiers depuis le pont de la Liberté en une demi-heure : la statue de la Liberté de 1947, la citadelle autrichienne de 1854 en restauration, et la vue la plus large sur les deux villes, les ponts et le Parlement, surtout à la tombée de la nuit. Au pied, l'hôtel Gellért et ses bains Art nouveau, et l'église troglodyte des paulins dans la falaise.
      En savoir plus

      Gellért était un moine vénitien devenu évêque sous saint Étienne, et la légende veut qu'en 1046 des païens révoltés l'aient enfermé dans un tonneau et roulé du haut de cette colline dans le Danube. Sa statue, au-dessus du pont Élisabeth, lève une croix vers Pest depuis 1904, dans une colonnade avec une cascade en dessous. Le sentier qui part de là monte en lacets dans les arbres et l'on découvre la ville par morceaux, un pont à chaque virage.

      Au sommet, la Citadelle : les Autrichiens l'ont bâtie en 1854, après la révolution de 1848, avec les canons tournés vers la ville et non vers l'ennemi — une menace à ciel ouvert pour Pest et Buda. La statue de la Liberté date de 1947 ; le soldat soviétique qui montait la garde à ses pieds a été déménagé en 1992 au parc des statues. Un chantier de restauration occupe la citadelle depuis plusieurs années et en ferme des parties.

      Au pied, côté pont de la Liberté, l'église troglodyte des Paulins : les communistes en ont muré l'entrée en 1951, elle a rouvert en 1989. Le bus 27 monte presque en haut si tu n'as pas envie des escaliers ; à la tombée du jour, quand les ponts s'allument, c'est la plus belle vue de la ville, et elle est gratuite.

      nature
      gratuit

    Jour 3

    • Le quartier juif et ses bars en ruine, Budapest, Hongrie
      Le quartier juif et ses bars en ruine Le VIIᵉ arrondissement, l'ancien ghetto, est devenu dans les années 2000 le quartier des bars installés dans des immeubles condamnés — le Szimpla Kert, le premier, une cour pleine de meubles dépareillés, de baignoires et de vieilles Trabant, ouvre encore le chemin. Autour, des rues de restaurants, de street food et de fresques, le marché fermier du dimanche matin au Szimpla, et les trois synagogues à cinq minutes. ⚠️ Bruyant jusqu'à l'aube : on y sort, on n'y dort pas.
      En savoir plus

      Le Szimpla Kert a ouvert en 2002 dans un immeuble promis à la démolition, et l'idée était simple : louer pour rien un bâtiment que personne ne voulait, y mettre des meubles trouvés et des bières pas chères, et attendre le bulldozer. Vingt ans plus tard, le VIIᵉ arrondissement en compte des dizaines, et le Szimpla est devenu une institution avec ses fresques, ses baignoires en fauteuil, sa Trabant coupée en deux, et son marché de producteurs le dimanche matin dans la cour.

      Le quartier est aussi l'ancien ghetto de 1944, et ses trois synagogues racontent trois judaïsmes : la Dohány, néologue et immense ; la rue Rumbach, dessinée par Otto Wagner, le Viennois de la Sécession, longtemps en ruine et rouverte restaurée ; la rue Kazinczy, orthodoxe, Art nouveau. Entre les trois, le passage Gozsdu et ses bars alignés, les fresques murales, et la file des camions du Karaván à côté du Szimpla.

      ⚠️ Le soir, les rues Kazinczy et Király sont celles des enterrements de vie de garçon : bruyantes jusqu'à l'aube, et certains bars y gonflent les additions. Vérifie la note. Le quartier se visite le jour pour les synagogues et l'architecture, le soir pour un verre — et l'on dort ailleurs.

      détente
      gratuit

    48 € hébergement · 35 € repas · 7 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de l'avenue Andrássy, 95 € la nuit.

    Voir les hébergements à Budapestlien affilié

  2. Budapest → Boucle du Danube — HÉV H5 depuis Batthyány tér jusqu'à Szentendre, 42 min, 2 € par personne.
  3. Boucle du Danube, Hongrie

    02. Boucle du Danube

    J4 → J5 · 2 nuits · 201 € par personne

    Le Danube qui tourne à angle droit : une ville d'artistes, une citadelle et la plus grande basilique du pays

    Le fleuve qui tourne à angle droit entre les collines : Szentendre la baroque et ses artistes, la citadelle de Visegrád sur son piton, la basilique d'Esztergom face à la Slovaquie, et le musée de plein air de Szentendre. ⚠️ On y dort pour avoir les quais sans les cars ; le HÉV y mène en quarante minutes.

    En savoir plus sur Boucle du Danube

    Au nord de Budapest, le Danube descend d'ouest en est, bute sur les collines volcaniques du Pilis et du Börzsöny, et tourne à angle droit vers le sud : c'est la boucle du Danube, le paysage le plus spectaculaire du fleuve en Hongrie, et trois villes à trente kilomètres l'une de l'autre. Szentendre, la plus proche, est une petite ville baroque de marchands serbes, devenue au XXᵉ siècle une colonie d'artistes — musées, galeries, ruelles pavées et terrasses sur le quai, plus le grand musée de plein air du pays sur la colline. Visegrád, dans la boucle même, a sa citadelle sur un piton et les ruines du palais Renaissance de Matthias Corvin. Esztergom, où le fleuve fait frontière avec la Slovaquie, porte la plus grande basilique de Hongrie, siège du primat, et l'on traverse à pied vers Štúrovo par le pont Marie-Valérie.

    ⚠️ Les trois se visitent depuis Budapest en excursion, et c'est ce que tout le monde fait. Dormir à Szentendre change tout : la ville se vide à dix-huit heures, et l'on a les quais pour soi. Le HÉV y mène depuis Batthyány tér en quarante minutes ; de là, le bus suit la rive jusqu'à Visegrád et Esztergom, et l'été le bateau MAHART remonte le fleuve depuis Budapest.

    Deux nuits pour les trois villes et une randonnée : le Prédikálószék, le belvédère au-dessus de la boucle, se gagne en deux heures depuis Dömös. Pour continuer vers Eger, on repasse par Budapest.

    À table

    • Halászlé — la soupe de poisson du Danube au paprika, rouge et relevée, dans les restaurants de pêcheurs de Szentendre et de Visegrád.
    • Rétes — le strudel hongrois étiré à la main, au fromage blanc, à la cerise ou au pavot, dans les pâtisseries de la rue principale de Szentendre.
    • Kürtőskalács — le gâteau-cheminée, sur la braise aux stands de Szentendre les jours de fête.
    • Fröccs — le vin blanc allongé d'eau gazeuse, en terrasse sur le quai, la boisson de toute la vallée l'été.

    Jour 4

    • Szentendre, la ville des Serbes et des peintres, Boucle du Danube, Hongrie
      Szentendre, la ville des Serbes et des peintres Une petite ville baroque bâtie par des marchands serbes réfugiés des Turcs au XVIIᵉ siècle, avec ses églises orthodoxes à bulbe, sa place principale en pente et sa croix de la peste, ses ruelles pavées qui montent à l'église de la colline, et le quai du Danube en terrasses. Au XXᵉ siècle, les peintres s'y sont installés : une dizaine de petits musées, dont celui de Margit Kovács, la céramiste. ⚠️ Entre onze et dix-sept heures, c'est la rue Váci ; le matin et le soir, une ville.
      En savoir plus

      Les Serbes sont arrivés en 1690, par milliers, derrière leur patriarche, en fuyant la reconquête ottomane des Balkans, et ils ont bâti ici sept églises orthodoxes pour un bourg de quelques rues. Quatre tiennent encore. La Blagoveštenska, sur la place principale, est celle où l'on entre en premier ; la cathédrale de Belgrade, plus haut, a son iconostase dorée et un musée d'art religieux serbe attenant. Au milieu de la place, la croix de fer des marchands, votive, contre la peste.

      Les peintres sont venus après 1926, quand une colonie d'artistes s'est installée dans les maisons vides, et la ville n'a plus cessé de les attirer : Margit Kovács, la céramiste, a son musée dans une maison à cour ; le musée Ferenczy porte le nom d'une famille entière de peintres et de sculpteurs. Et l'église catholique de la colline, la plus vieille, donne sur les toits et le fleuve.

      Depuis Budapest, le HÉV H5 part de Batthyány tér et arrive à la gare, à dix minutes à pied du centre. ⚠️ En journée la rue Bogdányi n'est qu'une suite de boutiques de souvenirs et de musées du massepain ; les ruelles latérales, les cours et le quai, le matin ou après le départ des cars, sont une autre ville.

      marché
      gratuit
    • Prédikálószék, le belvédère de la boucle, Boucle du Danube, Hongrie
      Prédikálószék, le belvédère de la boucle La randonnée classique de la boucle : depuis Dömös, deux heures de montée dans la forêt du Pilis jusqu'au Prédikálószék, la « chaire », un rocher à 639 mètres avec une plateforme suspendue au-dessus du vide et le fleuve entier à ses pieds, de Visegrád à Esztergom. On redescend par le Rám-szakadék, une gorge équipée d'échelles et de chaînes, si l'on n'a pas le vertige. ⚠️ Chaussures de marche ; le bus s'arrête à Dömös.
      En savoir plus

      Le sentier part de Dömös, un village de la rive droite entre Visegrád et Esztergom, et grimpe dans la forêt de hêtres et de chênes des collines de Visegrád, d'anciens volcans usés ; on ne voit rien pendant la montée, puis les arbres s'ouvrent d'un coup sur le rocher. Le nom veut dire la chaire du prédicateur : une plateforme d'acier a été posée sur le sommet, et le Danube entier est en bas, la citadelle sur son piton d'un côté, le fleuve qui tourne de l'autre.

      Le retour classique passe par le Rám-szakadék, une gorge étroite creusée dans la roche volcanique, équipée d'échelles de fer, de chaînes et de marches taillées : ce n'est pas de l'escalade, mais ce n'est pas un chemin de promenade non plus, et par temps humide la roche est glissante. Fais-la dans le sens de la descente si tu n'aimes pas les échelles, ou renonce et redescends par le même chemin.

      Prends de l'eau, il n'y en a pas en route, et de vraies chaussures. Le bus de la rive droite s'arrête à Dömös depuis Szentendre comme depuis Esztergom ; l'été, le bateau aussi. ⚠️ La gorge est parfois fermée après de fortes pluies ou pour travaux : renseigne-toi au village.

      sport
      gratuit

    Jour 5

    • Citadelle de Visegrád, Boucle du Danube, Hongrie
      Citadelle de Visegrád Une forteresse du XIIIᵉ siècle sur un piton à 300 mètres au-dessus de la boucle, d'où la Sainte Couronne fut gardée pendant deux siècles : remparts, tours, une exposition sur la vie de château, et la vue sur le fleuve qui tourne, la plus photographiée de Hongrie. En bas, le palais Renaissance de Matthias Corvin, redécouvert sous la terre en 1934, se visite à part. ⚠️ Montée raide depuis le village, une demi-heure, ou le bus local.
      En savoir plus

      Béla IV l'a fait bâtir après l'invasion mongole de 1241, et un siècle plus tard Charles Robert d'Anjou en a fait sa résidence royale. En 1335, il y a reçu les rois de Bohême et de Pologne pour régler leurs affaires de commerce et de frontières — c'est ce congrès dont le groupe de Visegrád, fondé en 1991 par la Hongrie, la Pologne et la Tchécoslovaquie, a repris le nom.

      La Sainte Couronne y était gardée, et elle y a été volée : en 1440, une dame d'honneur de la reine veuve, Hélène Kottanner, l'a sortie de nuit dans un coussin pour faire couronner un nouveau-né, Ladislas, avant que les barons n'élisent un autre roi. Elle a raconté le vol elle-même dans ses mémoires. En bas, dans le village, le palais Renaissance de Matthias Corvin, avec sa fontaine d'Hercule en marbre rouge, était si bien enfoui sous la terre après les Turcs qu'on doutait de son existence jusqu'aux fouilles de 1934.

      La citadelle se gagne à pied depuis le village par le chemin du Calvaire, raide, ou en bus l'été depuis l'embarcadère. Vise la terrasse la plus haute : le fleuve tourne juste en dessous, avec la rive de Nagymaros en face. Le palais et la tour Salomon se visitent à part, en bas.

      culture
      8 €
    • Basilique d'Esztergom, coupole et trésor, Boucle du Danube, Hongrie
      Basilique d'Esztergom, coupole et trésor La plus grande église de Hongrie, néoclassique, sur la colline où saint Étienne fut couronné en l'an 1000 : une coupole de cent mètres, la chapelle Bakócz en marbre rouge de 1507 sauvée de l'ancienne cathédrale, le plus grand tableau d'autel du monde peint sur une seule toile, et le trésor des primats. Le billet combiné monte à la coupole, rouverte après restauration, d'où l'on voit le Danube et la Slovaquie de l'autre côté du pont. ⚠️ La nef est libre ; on paie la coupole, le trésor et la crypte.
      En savoir plus

      Esztergom a été la première capitale : saint Étienne y est né et y a été couronné, et l'archevêque y siège depuis l'an mil. La cathédrale médiévale a disparu sous les Turcs, et c'est au XIXᵉ siècle qu'on a bâti, sur la colline vide, ce monument néoclassique voulu comme le plus grand du pays — József Hild, l'architecte de la basilique d'Eger, l'a mené à terme. Le jour de la consécration, en 1856, Liszt a dirigé lui-même la messe qu'il avait composée pour l'occasion, la Messe de Gran.

      La chapelle Bakócz, à gauche en entrant, est l'unique survivante de l'ancienne cathédrale : un ouvrage de Renaissance toscane en marbre rouge, commandé par un archevêque qui rêvait d'être pape, démonté en centaines de pièces et remonté ici. Le trésor garde le Calvaire de Matthias, une pièce d'orfèvrerie d'or, d'émail et de perles, et la crypte les tombeaux des primats, dont celui du cardinal Mindszenty, ramené d'exil en 1991.

      La coupole se monte par un long escalier ; d'en haut, la Slovaquie est de l'autre côté du pont Marie-Valérie, refait en 2001 après un demi-siècle de moignons dans le fleuve. Traverse à pied jusqu'à Štúrovo : la photo de la basilique se prend de cette rive-là.

      culture
      15 €

    35 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension baroque près du quai, 70 € la nuit.

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  4. Boucle du Danube → Eger — M3 par Budapest — 170 km, 2 h, 8 € par personne (15 € à partager).
  5. Eger, Hongrie

    03. Eger

    J6 → J7 · 2 nuits · 178.5 € par personne

    La ville du siège de 1552, ses caves à Bikavér et son minaret sans mosquée

    La ville du siège de 1552, baroque et jaune : le château et ses casemates, le minaret turc sans mosquée, le bain turc sous coupole, et à vingt minutes à pied la vallée des Belles Femmes et ses cent caves à Bikavér. À deux heures de train de Budapest ; on y dort pour la soirée dans les caves.

    En savoir plus sur Eger

    Eger est la ville que tous les Hongrois connaissent depuis l'école : en 1552, deux mille défenseurs y ont repoussé quarante mille Turcs, et les femmes d'Eger versant de la poix bouillante sur les assaillants sont dans tous les manuels. Le château est là, sur sa colline au-dessus de la ville, avec ses casemates et le musée du siège. Les Turcs sont revenus quarante ans plus tard et sont restés un siècle : il en reste un minaret de quarante mètres, le plus septentrional de l'ancien empire, et un bain turc sous coupole où l'on se baigne encore.

    La ville elle-même est baroque, jaune et ocre, bâtie par les évêques au XVIIIᵉ siècle : une basilique néoclassique, un lycée avec une bibliothèque à fresques et une camera obscura, des places à terrasses. Et à vingt minutes à pied, la vallée des Belles Femmes, la Szépasszony-völgy : une centaine de caves creusées dans le tuf, en fer à cheval, où chaque vigneron sert son Bikavér et son Egri Csillag au verre, sur des tables de bois, jusqu'à la nuit.

    ⚠️ Eger est à deux heures de train de Budapest et se visite en excursion ; y dormir permet de finir la soirée dans la vallée, ce qui est le vrai programme. Deux nuits, trois pour le Bükk — Szilvásvárad et sa vallée de Szalajka en petit train, ou les gorges du plateau. Tokaj est à deux heures et demie à l'est.

    À table

    • Egri Bikavér — le « sang de taureau », l'assemblage rouge de la ville, à goûter dans les caves de la vallée des Belles Femmes, verre après verre, de cave en cave.
    • Egri Csillag — l'« étoile d'Eger », le blanc sec d'assemblage créé en 2010 pour répondre au Bikavér, dans les mêmes caves.
    • Palócleves — la soupe des Palóc, la minorité du Nord : agneau ou porc, haricots verts, pomme de terre, paprika et crème aigre, dans les restaurants de la rue Dobó.
    • Pogácsa — les petits pains briochés au fromage ou aux grattons, servis avec le vin dans les caves.

    Jour 6

    • La vallée des Belles Femmes, Eger, Hongrie
      La vallée des Belles Femmes À vingt minutes à pied du centre, une vallée en fer à cheval creusée d'une centaine de caves dans le tuf volcanique, chacune avec ses tables devant la porte, où les vignerons servent leur Bikavér, leur Egri Csillag et leurs blancs au verre ou au pichet. On passe de cave en cave, on mange des pogácsa, et la soirée s'étire. L'entrée dans la vallée est libre ; les verres se paient, très peu. ⚠️ Le week-end en été, les cars d'enterrement de vie de garçon arrivent après vingt heures.
      En savoir plus

      Personne ne sait d'où vient le nom — chaque cave a sa version. Ce qui est sûr, c'est la roche : un tuf volcanique tendre, dans lequel on a creusé depuis des siècles des galeries qui gardent la même fraîcheur toute l'année, et devant lesquelles les vignerons ont posé des tables. La vallée est un fer à cheval de caves numérotées, certaines réduites à une porte et un banc, d'autres devenues des restaurants avec musiciens.

      Le Bikavér, le sang de taureau, est un assemblage rouge dont la base est aujourd'hui le kékfrankos ; la légende qui le rattache au siège de 1552 — les Turcs auraient cru que les défenseurs buvaient du sang — est belle et n'est qu'une légende. L'Egri Csillag, son pendant blanc, est une invention récente des vignerons de la ville. Les deux se goûtent au verre ou au pichet, cave après cave, et la différence entre un producteur et l'autre s'apprend en une soirée.

      Depuis le centre, une demi-heure de marche, ou le petit train touristique à la belle saison. Prends une veste pour l'intérieur des caves. ⚠️ Les caves ne tiennent pas toutes les mêmes heures ; en semaine, hors saison, plusieurs sont closes dès la fin d'après-midi, et le samedi d'été elles débordent.

      marché
      gratuit
    • Château d'Eger, Eger, Hongrie
      Château d'Eger La forteresse du siège de 1552, où deux mille hommes et femmes ont tenu contre l'armée ottomane pendant trente-neuf jours : remparts, bastions, casemates souterraines, le musée du siège avec le panorama, la tombe de Gárdonyi, l'auteur du roman que tous les Hongrois ont lu, et les ruines de la cathédrale gothique. Le billet couvre toutes les expositions. ⚠️ Les casemates se visitent avec un guide ; la terrasse donne sur la ville entière.
      En savoir plus

      En septembre 1552, l'armée ottomane s'est présentée devant Eger, et le capitaine István Dobó lui a fermé la porte avec deux mille personnes, soldats, paysans, femmes. Trente-neuf jours plus tard, les Turcs ont levé le camp. Ce n'était qu'un répit — la ville est tombée en 1596 — mais le pays s'en souvient comme d'une victoire, et Géza Gárdonyi en a fait en 1901 le roman que tous les écoliers hongrois lisent, Les Étoiles d'Eger.

      Gárdonyi est enterré dans le château, sous une pierre qui dit seulement : « Son corps seulement ». Le musée, dans l'ancien palais gothique des évêques, montre les armes, une maquette du siège et un panorama peint ; en dessous, les casemates, ces galeries de tir creusées sous les bastions, se parcourent avec un guide. Dans la cour, les fondations de la cathédrale médiévale, détruite pendant la guerre turque, dessinent au sol une église qui n'existe plus.

      Monte par la rampe depuis la place Dobó, où la statue du capitaine lève son épée. Les remparts font le tour, et la ville est en bas, ses coupoles et son minaret. ⚠️ Les casemates sont fraîches, même l'été ; les visites guidées y partent à heures fixes et la dernière est bien avant la fermeture.

      culture
      13 €

    Jour 7

    • Basilique, Lycée et la ville baroque, Eger, Hongrie
      Basilique, Lycée et la ville baroque La deuxième plus grande église du pays, néoclassique, à colonnes et coupole, bâtie en 1836 par l'archevêque Pyrker face au Lycée, dont la bibliothèque baroque à plafond peint et la camera obscura du dernier étage se visitent pour peu. Entre les deux, la place Eszterházy ; plus bas, la place Dobó avec l'église des Minorites, la plus belle façade baroque de Hongrie, et les terrasses. La ville se fait à pied en une heure et demie.
      En savoir plus

      Les deux bâtiments se font face, et ce n'est pas un hasard : l'archevêque Pyrker a commandé la basilique en 1831 à József Hild pour donner à sa ville une cathédrale à la mesure de son rang, et l'évêque Eszterházy avait bâti le Lycée une soixantaine d'années plus tôt pour y installer une université — Vienne le lui a refusé, et le bâtiment est resté un séminaire et une école. La basilique est néoclassique, avec des colonnes et un escalier monumental ; on y entre librement.

      Le Lycée est ce qu'il faut voir. Sa bibliothèque, à l'étage, est une salle baroque de bois sombre dont le plafond a été peint en 1778 par Johann Lukas Kracker : le concile de Trente, des dizaines de personnages en trompe-l'œil, la première fresque de bibliothèque du pays. Tout en haut de la tour, l'observatoire du XVIIIᵉ siècle a gardé sa camera obscura, un miroir et une lentille qui projettent la ville vivante sur une table blanche, dans le noir.

      Descends ensuite vers la place Dobó par la rue Kossuth, entre les palais baroques et leurs grilles de fer forgé de Fazola ; l'église des Minorites, sur la place, a été dessinée par un architecte de Prague, Dientzenhofer. Le tout se fait à pied en une matinée.

      marché
      gratuit
    • Le minaret, Eger, Hongrie
      Le minaret Quarante mètres de pierre à quatorze côtés, construits vers 1596 pour une mosquée démolie depuis : le minaret ottoman le plus au nord d'Europe, resté seul au milieu d'une place, coiffé d'une croix posée en 1829. Quatre-vingt-dix-sept marches en colimaçon, dans un boyau où l'on ne se croise pas, jusqu'à la galerie et la vue sur les toits. ⚠️ Fermé de novembre à mars, et par vent fort ; à éviter si l'on est claustrophobe.
      En savoir plus

      Les Turcs ont pris Eger en 1596 et l'ont gardée près d'un siècle ; ils y ont bâti des mosquées, des bains, des minarets, et de tout cela il reste ceci : une aiguille de grès à quatorze faces, la mosquée qui la portait ayant été démolie au XIXᵉ siècle. On l'a coiffée d'une croix, et la légende locale veut qu'avant cela des habitants aient essayé de l'abattre en y attelant des bœufs — elle n'a pas bougé.

      L'escalier intérieur est un colimaçon de pierre si étroit qu'on y monte les épaules contre les murs, dans le noir presque complet, et qu'on ne peut pas s'y croiser : on attend en bas que ceux du haut redescendent. La galerie, au sommet, fait le tour de la tour sur quelques dizaines de centimètres de large, avec une rambarde ; la vue sur les toits de la ville, le château et la basilique vaut l'effort, mais pas pour tout le monde.

      ⚠️ Si les espaces étroits, le noir ou le vide te gênent, reste en bas : on ne fait pas demi-tour à mi-chemin quand quelqu'un monte derrière. Le minaret ferme l'hiver et par vent fort. Il est à cinq minutes à pied de la place Dobó, seul au milieu d'une petite place.

      culture
      payant

    31 € hébergement · 28 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension baroque dans le centre, 62 € la nuit.

    Voir les hébergements à Egerlien affilié

  6. Eger → Balaton — M3 et M7 par Budapest — 270 km, 3 h, 12 € par personne (24 € à partager).
  7. Balaton, Hongrie

    04. Balaton

    J8 → J10 · 3 nuits · 302 € par personne

    La « mer hongroise » : un lac de 77 kilomètres, une presqu'île de lavande, des volcans à vignes et un lac chaud

    La mer des Hongrois, prise par sa rive nord : Balatonfüred et sa promenade 1900, l'abbaye de Tihany sur sa falaise et sa lavande, les volcans à vignes de Badacsony, le château de Szigliget, et à l'ouest le palais Festetics et le lac thermal de Hévíz. ⚠️ Prix doublés en juillet-août ; le train longe la rive, le vélo en fait le tour.

    En savoir plus sur Balaton

    Le Balaton est le plus grand lac d'Europe centrale, soixante-dix-sept kilomètres de long, et la mer des Hongrois depuis que le pays n'en a plus : peu profond, tiède en été, vert-de-gris, avec une rive sud plate et bétonnée de stations balnéaires, et une rive nord de collines volcaniques, de vignes et de villages anciens. C'est la rive nord qu'on fait ici, depuis Balatonfüred, la vieille ville d'eaux aux villas 1900 et à la promenade Tagore, à deux heures de train de Budapest.

    Trois lieux au moins : Tihany, la presqu'île volcanique au milieu du lac, avec son abbaye bénédictine de 1055 sur la falaise — l'acte de fondation est le plus vieux texte contenant des mots hongrois —, son village de maisons de pêcheurs à toit de chaume, ses champs de lavande en juin et son lac intérieur ; Badacsony et les collines volcaniques en forme de cercueil couvertes de vignes, avec Szigliget et son château en ruine sur son piton ; et tout à l'ouest, Keszthely, le palais des Festetics, et Hévíz, le plus grand lac thermal du monde, où l'on se baigne à 33 degrés au milieu des nénuphars, l'hiver sous la vapeur.

    ⚠️ Juillet-août, la rive est pleine et les prix doublent ; mai, juin et septembre sont les mois du lac, l'eau à 22 degrés dès la mi-juin. Le train longe la rive nord d'une gare à l'autre, les bateaux traversent, et la piste cyclable fait le tour complet, deux cents kilomètres. Trois nuits pour les trois lieux ; c'est la dernière étape, et Budapest est à deux heures.

    À table

    • Hekk — le colin frit en filets, servi au papier avec des frites et une bière aux stands des plages : ⚠️ ce n'est pas un poisson du lac, c'est la tradition estivale de toute la rive.
    • Fogas — le sandre du Balaton, le seul poisson noble du lac, grillé ou pané, dans les restaurants de Tihany et de Balatonfüred.
    • Lángos — la galette frite à l'ail et à la crème, mangée les pieds dans le sable, aux mêmes stands que le hekk.
    • Vin de Badacsony — les blancs des pentes volcaniques, szürkebarát (pinot gris) et kéknyelű, le cépage qui n'existe qu'ici, dans les caves à terrasse de la colline.
    • Levendula de Tihany — la lavande de la presqu'île, en glace, en sirop et en limonade, dans les cafés du village en juin.

    Jour 8

    • Abbaye de Tihany, Balaton, Hongrie
      Abbaye de Tihany L'abbaye bénédictine fondée en 1055 par le roi André Iᵉʳ sur la falaise de la presqu'île, dont l'acte de fondation, conservé à Pannonhalma, est le plus vieux document contenant des mots hongrois ; la crypte romane où le roi est enterré, seule tombe royale de Hongrie restée en place ; l'église baroque à deux tours refaite en 1754, avec ses boiseries sculptées ; et le musée dans le couvent. La terrasse donne sur tout le lac. ⚠️ Fermée le dimanche matin pour la messe.
      En savoir plus

      André Iᵉʳ l'a fondée en 1055 pour des bénédictins, sur la falaise de la presqu'île, et il s'y est fait enterrer cinq ans plus tard : sa dalle est toujours dans la crypte romane, la seule tombe de roi de la maison d'Árpád restée à sa place. L'acte de fondation, rédigé en latin par un clerc qui a glissé des mots hongrois là où le latin lui manquait, est le plus ancien document où la langue apparaisse ; l'original est à Pannonhalma, la copie ici.

      L'église d'aujourd'hui est baroque, refaite au XVIIIᵉ siècle sur la crypte, et ses boiseries sculptées sont l'œuvre d'un frère convers menuisier, Sebestyén Stulhoff, qui y a travaillé de longues années. Le couvent a aussi servi de prison à un empereur : en octobre 1921, après sa seconde tentative de reprendre son trône de Hongrie, Charles IV et l'impératrice Zita y ont été gardés quelques jours avant d'être remis aux Alliés et envoyés à Madère. Le musée du couvent raconte l'abbaye et l'épisode.

      La terrasse devant l'église donne sur le lac dans les deux directions ; c'est la vue de Tihany. ⚠️ La messe ferme l'église aux visiteurs, le dimanche matin ; le village est bondé en juin, aux jours de la lavande, et l'abbaye avec lui.

      culture
      9 €
    • Tihany, le village, la lavande et le lac intérieur, Balaton, Hongrie
      Tihany, le village, la lavande et le lac intérieur La presqu'île volcanique au milieu du lac : un village de maisons de pêcheurs à toits de chaume et murs blancs, des cônes de geysers fossiles, le lac intérieur à vingt-cinq mètres au-dessus du Balaton, et en juin les champs de lavande plantés dans les années 1920, avec leur fête et leur glace. Un sentier fait le tour de la presqu'île en trois heures, par l'ermitage troglodyte et l'écho. Le bateau y va depuis Balatonfüred, le bac depuis Szántód sur l'autre rive.
      En savoir plus

      La presqu'île est un morceau de volcan — des tufs, et surtout des cônes de geysers fossiles, une centaine de bosses de calcaire dans la lande que l'eau chaude a bâties il y a des millions d'années. C'est le premier paysage protégé de Hongrie, dès 1952, et la protection se voit : pas d'hôtels sur les pentes, des vignes, des prés, et le lac intérieur, sans rive bâtie, où pêchent les hérons.

      Au village, les maisons de pêcheurs à toit de roseaux et murs blancs ont été sauvées comme un ensemble. Sur la pente sous l'abbaye, des cellules taillées dans la roche rappellent les moines de rite grec qu'une reine venue de Kiev y avait installés au XIᵉ siècle. Et depuis les années 1920, la lavande : plantée d'abord pour l'huile, elle couvre les champs à l'est du village, et la floraison de juin est devenue une fête, avec la cueillette, la glace et la limonade violette.

      Le sentier qui fait le tour de la presqu'île passe par la colline de l'écho, l'ermitage et le lac intérieur ; demi-journée, chaussures de marche, pas d'ombre sur la lande. Le bateau vient de Balatonfüred, le bac de Szántód, sur l'autre rive, en quelques minutes — le seul endroit où l'on traverse le lac aussi vite.

      marché
      gratuit
    • Balatonfüred, la promenade Tagore et les bains, Balaton, Hongrie
      Balatonfüred, la promenade Tagore et les bains La plus ancienne station du lac, celle des cures de petit-lait et de la source acidulée au XIXᵉ siècle : la promenade Tagore sous les platanes, plantée d'arbres par les célébrités de passage — Rabindranath Tagore le premier, guéri ici en 1926 —, les villas de la place Gyógy, le port des voiliers, et les plages où l'on se baigne dans une eau tiède et peu profonde. Le soir, toute la ville marche sur la promenade avec un cornet de glace.
      En savoir plus

      Füred a été la première station du lac, et elle ne le doit pas à l'eau tiède du Balaton mais à une source : une eau acidulée, gazeuse, ferrugineuse, que l'on buvait au XVIIIᵉ siècle contre les maux d'estomac, et qui coule toujours, gratuite, dans le pavillon de la place Gyógy — goûte-la, elle pique. Autour, les villas de la belle époque, l'hôtel où se tient depuis 1825 le bal d'Anne, en juillet, et l'hôpital du cœur qui fait de la ville, aujourd'hui encore, une ville de cure.

      La promenade porte le nom du poète indien Rabindranath Tagore, soigné ici en 1926, qui a planté un tilleul en partant ; depuis, les hôtes célèbres en plantent un à leur tour, avec leur plaque. Au bout, le port des voiliers : le premier bateau à vapeur du lac est parti d'ici en 1846, et la course du Ruban bleu, qui fait le tour du Balaton à la voile depuis les années 1930, y prend le départ chaque été.

      Le soir, tout Füred marche sous les platanes avec une glace. Les plages sont des pelouses avec des pontons ; l'eau est tiède, peu profonde sur des dizaines de mètres, et le fond vaseux — des sandales. ⚠️ En juillet-août, la promenade est un boulevard : viens en juin ou en septembre.

      détente
      gratuit

    Jour 9

    • Lac thermal de Hévíz, Balaton, Hongrie
      Lac thermal de Hévíz Le plus grand lac thermal naturel du monde où l'on puisse se baigner : quatre hectares d'eau à 33 degrés l'été, 24 l'hiver, alimentés par une source qui renouvelle tout le lac en trois jours, couverts de nénuphars, avec des pavillons de bois sur pilotis d'où l'on descend dans l'eau. On y flotte plutôt qu'on n'y nage, une heure ou deux ; c'est la cure de rhumatismes de toute l'Europe centrale depuis deux siècles. ⚠️ Le billet de trois heures suffit ; à sept kilomètres de Keszthely, en bus.
      En savoir plus

      Le lac est le cratère d'une source : à plusieurs dizaines de mètres sous la surface, une eau chaude jaillit avec un débit tel que le lac entier se renouvelle en quelques jours ; il ne gèle jamais, et l'hiver la vapeur le couvre. Les nénuphars sont des lotus rouges venus d'Inde, plantés à la fin du XIXᵉ siècle par un professeur qui a voulu voir s'ils tiendraient — ils ont tenu, et ils fleurissent dans l'eau chaude de juin à septembre.

      Le comte Festetics a bâti le premier bain en 1795, et depuis, l'Europe centrale vient ici pour ses articulations : le fond est une boue légèrement radioactive que les cures appliquent, et l'eau, qu'on ne nage pas vraiment, porte. On flotte, sur une frite en mousse louée à l'entrée, entre les pavillons de bois sur pilotis — reconstruits après un incendie dans les années 1980 — d'où l'on descend par des escaliers, et l'on regarde les cygnes.

      Le billet est au temps ; on ne reste pas des heures dans une eau à trente degrés et plus. Douche avant, bonnet inutile, sandales pour les passerelles. ⚠️ Le lac est dans un parc, à quelques minutes du centre de Hévíz ; le bus de Keszthely est fréquent, et l'hiver, dans la vapeur, c'est le meilleur moment.

      détente
      12 €
    • Badacsony, les volcans à vignes, Balaton, Hongrie
      Badacsony, les volcans à vignes Les collines de basalte en forme de cercueil qui bordent la rive nord-ouest, couvertes de vignes depuis les Romains : le Badacsony, 437 mètres, se monte par les orgues basaltiques et la « porte de pierre » en deux heures depuis la gare, entre les caves et les maisons de presse ; au sommet la vue sur le lac entier et les autres volcans. On redescend par les caves à terrasse pour le kéknyelű, le cépage qui n'existe qu'ici. ⚠️ En train depuis Balatonfüred, une heure ; l'été, un petit train touristique monte à mi-pente.
      En savoir plus

      Le Badacsony est une table de basalte posée sur des couches tendres, ce qui lui donne sa forme de cercueil : les flancs raides sont de la lave, le plateau du sommet aussi, et entre les deux, là où la roche s'est effritée, la vigne. On y a fait du vin depuis les Romains, et les carrières de basalte, qui ont entamé la montagne au XXᵉ siècle, ont été fermées quand les Hongrois ont compris qu'on leur mangeait leur paysage.

      La montée depuis la gare traverse d'abord les maisons de presse et les caves, dont celle qui garde le souvenir de Róza Szegedy, la femme du poète Kisfaludy, et le petit musée du peintre Egry, le peintre du lac ; puis le chemin passe la Porte de pierre, longe les orgues basaltiques et débouche sur le plateau. Un rocher sur le versant, la Pierre aux roses, a sa légende : un garçon et une fille qui s'y assoient en tournant le dos au lac se marieront dans l'année.

      On redescend par les caves à terrasse pour le kéknyelű, le cépage blanc qui n'existe qu'ici et dont la fleur, femelle, a besoin d'une autre vigne pour être fécondée. ⚠️ Le plateau du sommet est boisé : les vues sont aux belvédères du bord, pas au milieu. Le petit train touristique monte à mi-pente l'été.

      sport
      gratuit

    Jour 10

    • Château de Szigliget, Balaton, Hongrie
      Château de Szigliget Une ruine de château du XIIIᵉ siècle sur un cône volcanique au-dessus d'un village de maisons à chaume, entre Badacsony et Keszthely : remparts, tours, une chapelle, et la vue circulaire sur le lac, les volcans et les marais du Kis-Balaton. Le village en bas, avec son église et ses caves, est l'un des plus beaux de la rive. ⚠️ Vingt minutes de montée depuis le parking ; pas de gare, bus ou voiture.
      En savoir plus

      Béla IV, après l'invasion mongole, a demandé aux bénédictins de Pannonhalma de fortifier ce piton, et le château a été bâti dans les années 1260 ; les Turcs ne l'ont jamais pris, et c'est la foudre puis un ordre de Vienne, au tournant du XVIIIᵉ siècle, qui en ont fait une ruine : la poudrière a explosé, et l'empereur a fait démanteler ce qui restait, comme tant de châteaux hongrois dont il se méfiait.

      Depuis, on le reconstruit par morceaux : une tour, un palais, des courtines relevées avec les pierres tombées, et des salles d'exposition sur la vie de garnison, avec parfois des reconstitutions en costume. Le vrai spectacle est la vue circulaire : le lac d'un côté, les volcans de Badacsony et de Szent György de l'autre, et à l'ouest les roselières du Kis-Balaton. Le village en bas, avec ses maisons à toit de roseaux, son église et le manoir Esterházy — une résidence d'écrivains depuis les années 1950 —, mérite l'heure qu'on lui donne.

      Montée courte mais raide depuis le parking du village ; par vent fort, les remparts sont exposés. ⚠️ La gare qui porte le nom de Szigliget est loin du village : bus ou voiture depuis Badacsony ou Tapolca.

      culture
      5 €

    36 € hébergement · 32 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension près de la promenade Tagore, 72 € la nuit.

    Voir les hébergements à Balatonlien affilié

  8. Balaton → Budapest — M7 — 130 km, 1 h 30, 6 € par personne (12 € à partager).

Le budget de ces 10 jours

1 106 € par personne pour 10 jours, soit 111 € / jour. À deux, 2 212 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement384 €35 %
Repas317 €29 %
Transport sur place15 €1 %
Location de voiture — 10 jours225 €20 %
Carburant et péages28 €2 %
Activités137 €12 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 4 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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