Hongrie en 21 jours : l'itinéraire jour par jour
2 155 € par personne sur place pour 21 jours, soit 103 € / jour — en 8 étapes, de Budapest à Balaton. En passant par Boucle du Danube, Eger, Tokaj, Hortobágy, Szeged et Pécs.
Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Hongrie
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Budapest — Ferenc Liszt (BUD), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Budapest
J1 → J4 · 4 nuits · 524 € par personne
Deux villes de part et d'autre du Danube, cent vingt sources chaudes et un Parlement en dentelle
Buda et sa colline du château, Pest et ses boulevards, le Parlement sur le Danube, la plus grande synagogue d'Europe, et cent vingt sources chaudes dans lesquelles on se baigne depuis les Ottomans. ⚠️ L'étape la plus chère ; le Parlement se réserve des semaines à l'avance. Le tram 2 longe le fleuve, le métro 1 est le plus vieux du continent.
En savoir plus sur Budapest
Budapest est deux villes que le Danube sépare et que sept ponts réunissent : Buda, la colline du château, ses ruelles baroques et son bastion néo-roman au-dessus du fleuve ; Pest, la ville plate du XIXᵉ siècle, ses boulevards haussmanniens, son Parlement néogothique de 268 mètres de long et son quartier juif devenu celui des bars. Entre les deux, le pont des Chaînes de 1849, restauré et rouvert, et l'île Marguerite en parc.
Ce qui la distingue de toute autre capitale, ce sont ses bains : cent vingt sources chaudes sortent du sol, et l'on s'y baigne depuis les Romains et les Ottomans — Széchenyi et ses bassins jaunes en plein air, Gellért et ses mosaïques, Rudas sous sa coupole turque du XVIᵉ siècle. Une matinée aux bains fait partie du séjour au même titre que le Parlement ou la synagogue de la rue Dohány, la plus grande d'Europe.
⚠️ Budapest est l'étape la plus chère et la plus fréquentée du parcours, et le quartier juif est devenu la destination d'enterrement de vie de garçon de l'Europe : on y sort, on n'y dort pas forcément. Trois nuits sont un minimum pour Buda, Pest, les bains et le Parlement ; la quatrième se passe à l'île Marguerite, à Óbuda ou aux Grandes Halles. Le métro 1, le plus vieux du continent, le tram 2 le long du fleuve et le funiculaire du château font tout — un pass de 72 heures se rentabilise le premier jour.
À table
- Gulyás — ici une soupe, pas un ragoût : bœuf, pomme de terre, paprika et petites pâtes pincées, dans les bistrots de quartier (étkezde) à l'heure du menu du midi.
- Lángos — la galette de pâte frite à l'ail, à la crème aigre et au fromage râpé, à l'étage des Grandes Halles ou aux kiosques des bains.
- Pörkölt et nokedli — le ragoût de bœuf ou de porc au paprika avec ses petites quenelles d'œuf, le plat du dimanche.
- Töltött káposzta — les feuilles de chou farcies de viande et de riz, à la choucroute et à la crème, dans toute csárda.
- Kürtőskalács — le gâteau-cheminée grillé sur la braise et roulé dans le sucre ou la cannelle, aux stands des marchés de Noël et de l'été ; ⚠️ celui-ci est bien hongrois.
- Dobos torta — le gâteau à sept couches au chocolat et son toit de caramel, inventé ici en 1884, au Gerbeaud ou dans une cukrászda de quartier.
Jour 1
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Bastion des pêcheurs Une terrasse néo-romane de 1902 en calcaire blanc, sept tours coniques pour les sept tribus magyares, et la vue classique sur le Parlement et le Danube — un décor bâti pour être regardé, jamais une fortification. Les terrasses basses et les escaliers sont libres à toute heure ; seul le niveau supérieur se paie en journée. ⚠️ Y aller à l'aube ou après vingt heures : à midi les cars y sont tous.gratuitmarchéEn savoir plus
C'est Frigyes Schulek encore, l'architecte de l'église Matthias, qui a dessiné entre 1895 et 1902 cette terrasse de galeries, d'escaliers et de tourelles autour de son église : un décor néo-roman posé sur les remparts médiévaux, pour donner à l'église un socle et à la ville un belvédère. Le nom vient de la corporation des pêcheurs qui, dit la tradition, défendait ce tronçon de muraille au Moyen Âge — ou du marché au poisson qui se tenait en contrebas.
Entre le bastion et l'église, la statue équestre de saint Étienne, le premier roi, tient la place ; derrière, l'hôtel Hilton a été construit dans les années 1970 sur les ruines d'un couvent dominicain, dont il a gardé une tour et un pan de mur gothique. Le bastion lui-même a été très abîmé en 1945 et restauré par le fils de Schulek.
Les terrasses basses, les escaliers et la vue sont libres jour et nuit ; seules les tours hautes se paient en journée, et elles n'offrent guère plus que les galeries en dessous — quelques mètres de hauteur. ⚠️ Le matin tôt, avec le Parlement dans le contre-jour, ou la nuit, quand il est éclairé, sont les deux moments ; entre les deux, c'est le lieu le plus dense de Budapest.
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Le Parlement, visite guidée Le plus grand bâtiment du pays, néogothique, achevé en 1904 : 268 mètres de façade sur le Danube, 691 pièces, quarante kilos d'or dans les décors, et sous la coupole la Sainte Couronne de Hongrie, gardée par deux soldats. La visite guidée de trois quarts d'heure passe par l'escalier d'honneur, la salle de la Couronne et l'ancienne chambre haute. ⚠️ Réserver en ligne des semaines à l'avance en été ; le tarif est plus élevé hors Union européenne, passeport demandé à l'entrée.39 €cultureEn savoir plus
Imre Steindl a gagné le concours de 1882 avec un projet inspiré de Westminster, et il est mort quelques semaines avant l'inauguration de 1902, presque aveugle, sans avoir vu son bâtiment achevé. Le plan est symétrique : deux ailes identiques pour les deux chambres d'alors, la coupole au milieu. Depuis 1945 le Parlement n'a plus qu'une chambre, et c'est l'ancienne chambre haute, inutilisée, que l'on visite — les députés siègent dans l'autre.
Dans le couloir devant la salle, des porte-cigares numérotés en cuivre courent le long des fenêtres : les députés y posaient leur cigare allumé avant d'entrer voter, et le retrouvaient à leur numéro en sortant. Sous la coupole, la Sainte Couronne, transférée ici du Musée national en 2000, avec sa croix penchée que personne n'a jamais redressée, et deux gardes qui se relèvent au pas.
L'entrée des visiteurs est souterraine, côté nord de la place Kossuth, avec un contrôle de type aéroport ; le billet se prend en ligne à l'heure près, et les créneaux en français sont peu nombreux. ⚠️ Les jours de séance, la visite peut être écourtée ou annulée sans grand préavis. Le tram 2, qui longe le fleuve, s'arrête devant.
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Bains Széchenyi Le plus grand complexe thermal d'Europe, néobaroque et jaune, dans le parc du Bois-de-Ville : trois bassins en plein air à 27, 34 et 38 degrés où l'on joue aux échecs dans l'eau, quinze bassins intérieurs, saunas et hammams, alimentés par une source à 77 degrés forée à mille mètres. Ouvert tous les jours de l'année, sous la neige en hiver. ⚠️ Semaine moins cher que week-end ; billet avec casier, cabine en supplément ; bonnet obligatoire dans le bassin de nage.36 €détenteEn savoir plus
Le bâtiment jaune et néobaroque a ouvert en 1913 dans le Bois-de-Ville, sur l'emplacement d'un puits artésien foré au XIXᵉ siècle par l'ingénieur Vilmos Zsigmondy, qui avait creusé près d'un kilomètre pour atteindre l'eau chaude de Pest. Un second puits, plus profond encore, a été percé dans les années 1930 et alimente toujours les bassins.
La cour extérieure est ce qu'on connaît par les photos : le grand bassin de nage, le bassin chaud où l'on joue aux échecs sur des planches flottantes, et celui du milieu avec son tourbillon qui emporte tout le monde. Mais l'intérieur, moins photographié, est là où les Budapestois vont vraiment : une enfilade de bassins de température croissante, sous des voûtes carrelées, avec les saunas et les bains de vapeur.
Prends des tongs, un bonnet pour la piscine de nage, et une serviette — tout se loue, cher. Le casier suffit ; la cabine sert à ceux qui viennent à plusieurs. Le métro 1, le jaune, a une station à la porte. ⚠️ Vingt minutes dans l'eau chaude, puis on sort : les malaises de touristes sont la routine des secouristes. L'hiver, la vapeur au-dessus des bassins extérieurs et la neige sur les rebords sont la meilleure version de l'endroit.
Jour 2
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Grandes Halles et la promenade du Danube Le grand marché couvert de 1897, au bout de la rue Váci, sous une nef de fer et un toit de tuiles Zsolnay : au rez-de-chaussée le paprika en guirlandes, les salamis, le foie gras, les cornichons en tonneau ; à l'étage les stands de lángos et de plats mijotés. On en sort sur le quai de Pest et l'on remonte le Danube à pied jusqu'au Parlement, par le pont des Chaînes et les Chaussures sur la rive, le mémorial de 1944. ⚠️ Fermé le dimanche.gratuitmarchéEn savoir plus
Samu Pecz a dessiné en 1897 la plus grande des cinq halles construites la même année par la ville, qui voulait sortir le marché de la rue : une nef de fer sous un toit de tuiles Zsolnay, à la tête du pont de la Liberté. Le rez-de-chaussée est encore un marché de Budapestois — bouchers, volaillers, paprika, tokaji — avec les cornichons et les poissons au sous-sol ; l'étage, lui, est aux touristes, et c'est là qu'on mange debout.
En sortant, prends le quai vers le nord. Le tram 2 le suit, mais à pied on voit ce qu'il rate : la Petite Princesse assise sur la rambarde devant le Vigadó, un bronze grandeur d'enfant ; les lions du pont des Chaînes, le premier pont fixe entre Buda et Pest en 1849, et la légende qui veut qu'ils n'aient pas de langue — ils en ont une, invisible d'en bas ; puis, passé le pont, les Chaussures : soixante paires en fonte alignées au bord de l'eau, à l'endroit où les Croix fléchées faisaient déchausser les Juifs avant de les tirer dans le fleuve, l'hiver 1944-1945.
Le mémorial n'a ni grille ni panneau ; on le manque si l'on ne le cherche pas. ⚠️ Les Halles ferment le dimanche et en début d'après-midi le samedi ; le matin en semaine est le vrai marché.
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Colline Gellért et la Citadelle Une colline de 235 mètres au-dessus du Danube, en face du centre, montée par des escaliers et des sentiers depuis le pont de la Liberté en une demi-heure : la statue de la Liberté de 1947, la citadelle autrichienne de 1854 en restauration, et la vue la plus large sur les deux villes, les ponts et le Parlement, surtout à la tombée de la nuit. Au pied, l'hôtel Gellért et ses bains Art nouveau, et l'église troglodyte des paulins dans la falaise.gratuitnatureEn savoir plus
Gellért était un moine vénitien devenu évêque sous saint Étienne, et la légende veut qu'en 1046 des païens révoltés l'aient enfermé dans un tonneau et roulé du haut de cette colline dans le Danube. Sa statue, au-dessus du pont Élisabeth, lève une croix vers Pest depuis 1904, dans une colonnade avec une cascade en dessous. Le sentier qui part de là monte en lacets dans les arbres et l'on découvre la ville par morceaux, un pont à chaque virage.
Au sommet, la Citadelle : les Autrichiens l'ont bâtie en 1854, après la révolution de 1848, avec les canons tournés vers la ville et non vers l'ennemi — une menace à ciel ouvert pour Pest et Buda. La statue de la Liberté date de 1947 ; le soldat soviétique qui montait la garde à ses pieds a été déménagé en 1992 au parc des statues. Un chantier de restauration occupe la citadelle depuis plusieurs années et en ferme des parties.
Au pied, côté pont de la Liberté, l'église troglodyte des Paulins : les communistes en ont muré l'entrée en 1951, elle a rouvert en 1989. Le bus 27 monte presque en haut si tu n'as pas envie des escaliers ; à la tombée du jour, quand les ponts s'allument, c'est la plus belle vue de la ville, et elle est gratuite.
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Maison de la Terreur Le 60 de l'avenue Andrássy a été le siège des Croix fléchées, les fascistes hongrois, puis de la police politique communiste, l'ÁVH : le musée, ouvert en 2002, raconte les deux terreurs dans le bâtiment même, jusqu'aux cellules du sous-sol, avec un char soviétique dans le hall et les portraits des victimes sur la façade. ⚠️ Muséographie très scénarisée, parfois contestée pour son parti pris ; les textes en anglais sont sur des feuilles à prendre à l'entrée de chaque salle. Fermé le lundi.11 €cultureEn savoir plus
L'immeuble a été choisi par les Croix fléchées en 1944 pour leur quartier général — ils l'appelaient la Maison de la fidélité —, puis repris à la Libération par la police politique, qui y a interrogé, torturé et parfois pendu jusque dans les années 1950. Le musée, ouvert en 2002, commence par ce double usage : la même cave, deux drapeaux. Sur le toit, une corniche d'acier découpe le mot TERROR, dont l'ombre tombe sur la façade quand le soleil est haut.
Le parcours descend étage par étage jusqu'aux cellules, reconstituées, par un ascenseur qui prend son temps pendant qu'un ancien gardien décrit une exécution à l'écran. Entre les deux, les salles sur les kolkhozes, les déportations, l'Église, 1956, avec beaucoup de mise en scène. À la sortie, un mur de portraits des bourreaux répond à celui des victimes de la façade.
Le musée est discuté en Hongrie : le fascisme y tient une salle, le communisme presque tout le reste, et le récit sert un pouvoir. Ça n'empêche pas d'y aller ; ça oblige à le lire en sachant qui parle. ⚠️ Les textes sont en hongrois ; les feuilles en anglais se prennent à l'entrée de chaque salle et s'oublient. Métro 1, arrêt Vörösmarty utca, sur l'avenue Andrássy.
Jour 3
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Le quartier juif et ses bars en ruine Le VIIᵉ arrondissement, l'ancien ghetto, est devenu dans les années 2000 le quartier des bars installés dans des immeubles condamnés — le Szimpla Kert, le premier, une cour pleine de meubles dépareillés, de baignoires et de vieilles Trabant, ouvre encore le chemin. Autour, des rues de restaurants, de street food et de fresques, le marché fermier du dimanche matin au Szimpla, et les trois synagogues à cinq minutes. ⚠️ Bruyant jusqu'à l'aube : on y sort, on n'y dort pas.gratuitdétenteEn savoir plus
Le Szimpla Kert a ouvert en 2002 dans un immeuble promis à la démolition, et l'idée était simple : louer pour rien un bâtiment que personne ne voulait, y mettre des meubles trouvés et des bières pas chères, et attendre le bulldozer. Vingt ans plus tard, le VIIᵉ arrondissement en compte des dizaines, et le Szimpla est devenu une institution avec ses fresques, ses baignoires en fauteuil, sa Trabant coupée en deux, et son marché de producteurs le dimanche matin dans la cour.
Le quartier est aussi l'ancien ghetto de 1944, et ses trois synagogues racontent trois judaïsmes : la Dohány, néologue et immense ; la rue Rumbach, dessinée par Otto Wagner, le Viennois de la Sécession, longtemps en ruine et rouverte restaurée ; la rue Kazinczy, orthodoxe, Art nouveau. Entre les trois, le passage Gozsdu et ses bars alignés, les fresques murales, et la file des camions du Karaván à côté du Szimpla.
⚠️ Le soir, les rues Kazinczy et Király sont celles des enterrements de vie de garçon : bruyantes jusqu'à l'aube, et certains bars y gonflent les additions. Vérifie la note. Le quartier se visite le jour pour les synagogues et l'architecture, le soir pour un verre — et l'on dort ailleurs.
Jour 4
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Église Matthias L'église du couronnement des rois de Hongrie, sur la colline du château, refaite en néogothique à la fin du XIXᵉ siècle avec un toit de tuiles Zsolnay vernissées en losanges et un intérieur peint de fresques et de motifs orientaux du sol au plafond — rien de blanc, rien de nu. François-Joseph et Sissi y ont été couronnés en 1867. ⚠️ Fermée le dimanche matin pour la messe ; le billet comprend la galerie et le trésor.9 €cultureEn savoir plus
Son vrai nom est Notre-Dame, mais tout le monde l'appelle du nom du roi Matthias Corvin, qui s'y est marié deux fois au XVᵉ siècle. Les Turcs en ont fait la grande mosquée de Buda pendant un siècle et demi ; et ce qu'on voit aujourd'hui est la reconstruction de Frigyes Schulek, entre 1874 et 1896, qui a gardé la structure gothique et réinventé tout le reste — jusqu'à ce toit de tuiles vernissées qui n'a jamais existé au Moyen Âge.
L'intérieur est l'œuvre de deux peintres, Bertalan Székely et Károly Lotz : des motifs végétaux et géométriques sur chaque pilier, des scènes de la vie des rois, des couleurs qui rappellent davantage un tapis oriental qu'une église. Pour le couronnement de 1867, Liszt a écrit sa Messe du couronnement, jouée ici même. On raconte qu'au siège de 1686 un mur s'est effondré sous les tirs et a découvert une statue de la Vierge murée depuis l'arrivée des Turcs, et que la garnison ottomane y a vu un signe.
Le billet donne accès à la galerie haute et au trésor, avec les répliques de la couronne et les vêtements liturgiques. ⚠️ Les offices ferment l'église aux visiteurs, le dimanche matin surtout. Passe en fin de journée, quand le bastion voisin se vide.
48 € hébergement · 35 € repas · 7 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de l'avenue Andrássy, 95 € la nuit.
- Budapest → Boucle du Danube — HÉV H5 depuis Batthyány tér jusqu'à Szentendre, 42 min, 2 € par personne.
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02. Boucle du Danube
J5 → J7 · 3 nuits · 301 € par personne
Le Danube qui tourne à angle droit : une ville d'artistes, une citadelle et la plus grande basilique du pays
Le fleuve qui tourne à angle droit entre les collines : Szentendre la baroque et ses artistes, la citadelle de Visegrád sur son piton, la basilique d'Esztergom face à la Slovaquie, et le musée de plein air de Szentendre. ⚠️ On y dort pour avoir les quais sans les cars ; le HÉV y mène en quarante minutes.
En savoir plus sur Boucle du Danube
Au nord de Budapest, le Danube descend d'ouest en est, bute sur les collines volcaniques du Pilis et du Börzsöny, et tourne à angle droit vers le sud : c'est la boucle du Danube, le paysage le plus spectaculaire du fleuve en Hongrie, et trois villes à trente kilomètres l'une de l'autre. Szentendre, la plus proche, est une petite ville baroque de marchands serbes, devenue au XXᵉ siècle une colonie d'artistes — musées, galeries, ruelles pavées et terrasses sur le quai, plus le grand musée de plein air du pays sur la colline. Visegrád, dans la boucle même, a sa citadelle sur un piton et les ruines du palais Renaissance de Matthias Corvin. Esztergom, où le fleuve fait frontière avec la Slovaquie, porte la plus grande basilique de Hongrie, siège du primat, et l'on traverse à pied vers Štúrovo par le pont Marie-Valérie.
⚠️ Les trois se visitent depuis Budapest en excursion, et c'est ce que tout le monde fait. Dormir à Szentendre change tout : la ville se vide à dix-huit heures, et l'on a les quais pour soi. Le HÉV y mène depuis Batthyány tér en quarante minutes ; de là, le bus suit la rive jusqu'à Visegrád et Esztergom, et l'été le bateau MAHART remonte le fleuve depuis Budapest.
Deux nuits pour les trois villes et une randonnée : le Prédikálószék, le belvédère au-dessus de la boucle, se gagne en deux heures depuis Dömös. Pour continuer vers Eger, on repasse par Budapest.
À table
- Halászlé — la soupe de poisson du Danube au paprika, rouge et relevée, dans les restaurants de pêcheurs de Szentendre et de Visegrád.
- Rétes — le strudel hongrois étiré à la main, au fromage blanc, à la cerise ou au pavot, dans les pâtisseries de la rue principale de Szentendre.
- Kürtőskalács — le gâteau-cheminée, sur la braise aux stands de Szentendre les jours de fête.
- Fröccs — le vin blanc allongé d'eau gazeuse, en terrasse sur le quai, la boisson de toute la vallée l'été.
Jour 5
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Szentendre, la ville des Serbes et des peintres Une petite ville baroque bâtie par des marchands serbes réfugiés des Turcs au XVIIᵉ siècle, avec ses églises orthodoxes à bulbe, sa place principale en pente et sa croix de la peste, ses ruelles pavées qui montent à l'église de la colline, et le quai du Danube en terrasses. Au XXᵉ siècle, les peintres s'y sont installés : une dizaine de petits musées, dont celui de Margit Kovács, la céramiste. ⚠️ Entre onze et dix-sept heures, c'est la rue Váci ; le matin et le soir, une ville.gratuitmarchéEn savoir plus
Les Serbes sont arrivés en 1690, par milliers, derrière leur patriarche, en fuyant la reconquête ottomane des Balkans, et ils ont bâti ici sept églises orthodoxes pour un bourg de quelques rues. Quatre tiennent encore. La Blagoveštenska, sur la place principale, est celle où l'on entre en premier ; la cathédrale de Belgrade, plus haut, a son iconostase dorée et un musée d'art religieux serbe attenant. Au milieu de la place, la croix de fer des marchands, votive, contre la peste.
Les peintres sont venus après 1926, quand une colonie d'artistes s'est installée dans les maisons vides, et la ville n'a plus cessé de les attirer : Margit Kovács, la céramiste, a son musée dans une maison à cour ; le musée Ferenczy porte le nom d'une famille entière de peintres et de sculpteurs. Et l'église catholique de la colline, la plus vieille, donne sur les toits et le fleuve.
Depuis Budapest, le HÉV H5 part de Batthyány tér et arrive à la gare, à dix minutes à pied du centre. ⚠️ En journée la rue Bogdányi n'est qu'une suite de boutiques de souvenirs et de musées du massepain ; les ruelles latérales, les cours et le quai, le matin ou après le départ des cars, sont une autre ville.
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Skanzen, le musée de plein air de Szentendre Le plus grand musée de plein air du pays, sur soixante hectares au-dessus de la ville : trois cents bâtiments démontés dans toutes les régions et remontés par village — fermes de la Grande Plaine, maisons à galerie de Transdanubie, église en bois, moulins, une gare avec son train. Des artisans y travaillent l'été, et l'on y mange dans une auberge de village. ⚠️ Compter une demi-journée ; bus depuis la gare HÉV de Szentendre ; fermé le lundi et l'hiver.11 €cultureEn savoir plus
Le musée a été fondé en 1967 et a ouvert ses portes sept ans plus tard, sur un principe qui n'a pas changé : chaque région du pays y a son village, avec ses maisons rachetées avant démolition, démontées, numérotées et remontées ici avec leur four, leur puits à balancier et leur clôture. On passe ainsi de la Haute-Tisza et de son église en bois de Mándok, grecque-catholique, aux fermes blanchies de la Grande Plaine, puis aux maisons à galerie du bord du Balaton et aux caves des vignerons.
Le dernier ensemble ouvert est consacré à la Transylvanie, aux villages hongrois d'au-delà de la frontière roumaine — un sujet qui n'a rien d'anodin ici, et que le musée traite par les maisons plutôt que par les discours. Un train à voie étroite, avec sa gare d'époque, fait le tour du domaine ; l'été, les artisans travaillent dans les ateliers, et l'on mange à l'auberge du bourg reconstitué.
Le site est immense et sans ombre par endroits : chaussures, chapeau, eau, et le train pour les jambes fatiguées. Le bus part de la gare HÉV de Szentendre ; en voiture, le parking est à la porte. ⚠️ Fermé le lundi, et d'ordinaire de novembre à mars, hors les journées de fête.
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Prédikálószék, le belvédère de la boucle La randonnée classique de la boucle : depuis Dömös, deux heures de montée dans la forêt du Pilis jusqu'au Prédikálószék, la « chaire », un rocher à 639 mètres avec une plateforme suspendue au-dessus du vide et le fleuve entier à ses pieds, de Visegrád à Esztergom. On redescend par le Rám-szakadék, une gorge équipée d'échelles et de chaînes, si l'on n'a pas le vertige. ⚠️ Chaussures de marche ; le bus s'arrête à Dömös.gratuitsportEn savoir plus
Le sentier part de Dömös, un village de la rive droite entre Visegrád et Esztergom, et grimpe dans la forêt de hêtres et de chênes des collines de Visegrád, d'anciens volcans usés ; on ne voit rien pendant la montée, puis les arbres s'ouvrent d'un coup sur le rocher. Le nom veut dire la chaire du prédicateur : une plateforme d'acier a été posée sur le sommet, et le Danube entier est en bas, la citadelle sur son piton d'un côté, le fleuve qui tourne de l'autre.
Le retour classique passe par le Rám-szakadék, une gorge étroite creusée dans la roche volcanique, équipée d'échelles de fer, de chaînes et de marches taillées : ce n'est pas de l'escalade, mais ce n'est pas un chemin de promenade non plus, et par temps humide la roche est glissante. Fais-la dans le sens de la descente si tu n'aimes pas les échelles, ou renonce et redescends par le même chemin.
Prends de l'eau, il n'y en a pas en route, et de vraies chaussures. Le bus de la rive droite s'arrête à Dömös depuis Szentendre comme depuis Esztergom ; l'été, le bateau aussi. ⚠️ La gorge est parfois fermée après de fortes pluies ou pour travaux : renseigne-toi au village.
Jour 6
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Citadelle de Visegrád Une forteresse du XIIIᵉ siècle sur un piton à 300 mètres au-dessus de la boucle, d'où la Sainte Couronne fut gardée pendant deux siècles : remparts, tours, une exposition sur la vie de château, et la vue sur le fleuve qui tourne, la plus photographiée de Hongrie. En bas, le palais Renaissance de Matthias Corvin, redécouvert sous la terre en 1934, se visite à part. ⚠️ Montée raide depuis le village, une demi-heure, ou le bus local.8 €cultureEn savoir plus
Béla IV l'a fait bâtir après l'invasion mongole de 1241, et un siècle plus tard Charles Robert d'Anjou en a fait sa résidence royale. En 1335, il y a reçu les rois de Bohême et de Pologne pour régler leurs affaires de commerce et de frontières — c'est ce congrès dont le groupe de Visegrád, fondé en 1991 par la Hongrie, la Pologne et la Tchécoslovaquie, a repris le nom.
La Sainte Couronne y était gardée, et elle y a été volée : en 1440, une dame d'honneur de la reine veuve, Hélène Kottanner, l'a sortie de nuit dans un coussin pour faire couronner un nouveau-né, Ladislas, avant que les barons n'élisent un autre roi. Elle a raconté le vol elle-même dans ses mémoires. En bas, dans le village, le palais Renaissance de Matthias Corvin, avec sa fontaine d'Hercule en marbre rouge, était si bien enfoui sous la terre après les Turcs qu'on doutait de son existence jusqu'aux fouilles de 1934.
La citadelle se gagne à pied depuis le village par le chemin du Calvaire, raide, ou en bus l'été depuis l'embarcadère. Vise la terrasse la plus haute : le fleuve tourne juste en dessous, avec la rive de Nagymaros en face. Le palais et la tour Salomon se visitent à part, en bas.
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Basilique d'Esztergom, coupole et trésor La plus grande église de Hongrie, néoclassique, sur la colline où saint Étienne fut couronné en l'an 1000 : une coupole de cent mètres, la chapelle Bakócz en marbre rouge de 1507 sauvée de l'ancienne cathédrale, le plus grand tableau d'autel du monde peint sur une seule toile, et le trésor des primats. Le billet combiné monte à la coupole, rouverte après restauration, d'où l'on voit le Danube et la Slovaquie de l'autre côté du pont. ⚠️ La nef est libre ; on paie la coupole, le trésor et la crypte.15 €cultureEn savoir plus
Esztergom a été la première capitale : saint Étienne y est né et y a été couronné, et l'archevêque y siège depuis l'an mil. La cathédrale médiévale a disparu sous les Turcs, et c'est au XIXᵉ siècle qu'on a bâti, sur la colline vide, ce monument néoclassique voulu comme le plus grand du pays — József Hild, l'architecte de la basilique d'Eger, l'a mené à terme. Le jour de la consécration, en 1856, Liszt a dirigé lui-même la messe qu'il avait composée pour l'occasion, la Messe de Gran.
La chapelle Bakócz, à gauche en entrant, est l'unique survivante de l'ancienne cathédrale : un ouvrage de Renaissance toscane en marbre rouge, commandé par un archevêque qui rêvait d'être pape, démonté en centaines de pièces et remonté ici. Le trésor garde le Calvaire de Matthias, une pièce d'orfèvrerie d'or, d'émail et de perles, et la crypte les tombeaux des primats, dont celui du cardinal Mindszenty, ramené d'exil en 1991.
La coupole se monte par un long escalier ; d'en haut, la Slovaquie est de l'autre côté du pont Marie-Valérie, refait en 2001 après un demi-siècle de moignons dans le fleuve. Traverse à pied jusqu'à Štúrovo : la photo de la basilique se prend de cette rive-là.
Jour 7
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Le Danube en bateau D'avril à octobre, les bateaux MAHART remontent le fleuve depuis Budapest jusqu'à Szentendre, Visegrád et Esztergom, et un bac traverse à Visegrád vers Nagymaros, sur la rive d'en face, d'où la vue sur la citadelle est la meilleure. Prendre le bateau dans un sens et le bus dans l'autre est la façon la plus agréable de faire la boucle. ⚠️ Le trajet en bateau se paie à part ; le bac de Visegrád coûte quelques centaines de forints.gratuitdétenteEn savoir plus
Les bateaux MAHART partent du quai du Vigadó, au centre de Pest, et remontent le fleuve lentement : on passe l'île Marguerite, Óbuda, puis la vallée se resserre et les collines arrivent. Remonter le courant jusqu'à Esztergom prend une demi-journée. Descendre est plus rapide, et l'on peut donc monter en bus ou en train et rentrer par l'eau, le soir, avec le soleil dans le dos.
À Visegrád, un bac fait la navette avec Nagymaros, le village de la rive gauche ; c'est de là, et de la gare qui le dessert, que la citadelle se voit le mieux, posée sur son piton au-dessus du coude. Nagymaros est aussi un nom de l'histoire récente : c'est ici que devait se construire, avec les Tchécoslovaques, le barrage sur le Danube contre lequel les Hongrois ont manifesté à la fin des années 1980 — le gouvernement y a renoncé en 1989, et la querelle avec la Slovaquie a fini devant la Cour de La Haye.
Le chemin de fer de la rive gauche, de Nagymaros à Budapest-Nyugati, longe le fleuve tout du long et coûte peu : bateau à l'aller, train au retour, ou l'inverse. ⚠️ Les bateaux ne naviguent qu'à la belle saison, et pas tous les jours ; vérifie le calendrier avant de bâtir la journée dessus.
35 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension baroque près du quai, 70 € la nuit.
- Boucle du Danube → Eger — M3 par Budapest — 170 km, 2 h, 8 € par personne (15 € à partager).
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03. Eger
J8 → J10 · 3 nuits · 274.25 € par personne
La ville du siège de 1552, ses caves à Bikavér et son minaret sans mosquée
La ville du siège de 1552, baroque et jaune : le château et ses casemates, le minaret turc sans mosquée, le bain turc sous coupole, et à vingt minutes à pied la vallée des Belles Femmes et ses cent caves à Bikavér. À deux heures de train de Budapest ; on y dort pour la soirée dans les caves.
En savoir plus sur Eger
Eger est la ville que tous les Hongrois connaissent depuis l'école : en 1552, deux mille défenseurs y ont repoussé quarante mille Turcs, et les femmes d'Eger versant de la poix bouillante sur les assaillants sont dans tous les manuels. Le château est là, sur sa colline au-dessus de la ville, avec ses casemates et le musée du siège. Les Turcs sont revenus quarante ans plus tard et sont restés un siècle : il en reste un minaret de quarante mètres, le plus septentrional de l'ancien empire, et un bain turc sous coupole où l'on se baigne encore.
La ville elle-même est baroque, jaune et ocre, bâtie par les évêques au XVIIIᵉ siècle : une basilique néoclassique, un lycée avec une bibliothèque à fresques et une camera obscura, des places à terrasses. Et à vingt minutes à pied, la vallée des Belles Femmes, la Szépasszony-völgy : une centaine de caves creusées dans le tuf, en fer à cheval, où chaque vigneron sert son Bikavér et son Egri Csillag au verre, sur des tables de bois, jusqu'à la nuit.
⚠️ Eger est à deux heures de train de Budapest et se visite en excursion ; y dormir permet de finir la soirée dans la vallée, ce qui est le vrai programme. Deux nuits, trois pour le Bükk — Szilvásvárad et sa vallée de Szalajka en petit train, ou les gorges du plateau. Tokaj est à deux heures et demie à l'est.
À table
- Egri Bikavér — le « sang de taureau », l'assemblage rouge de la ville, à goûter dans les caves de la vallée des Belles Femmes, verre après verre, de cave en cave.
- Egri Csillag — l'« étoile d'Eger », le blanc sec d'assemblage créé en 2010 pour répondre au Bikavér, dans les mêmes caves.
- Palócleves — la soupe des Palóc, la minorité du Nord : agneau ou porc, haricots verts, pomme de terre, paprika et crème aigre, dans les restaurants de la rue Dobó.
- Pogácsa — les petits pains briochés au fromage ou aux grattons, servis avec le vin dans les caves.
Jour 8
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La vallée des Belles Femmes À vingt minutes à pied du centre, une vallée en fer à cheval creusée d'une centaine de caves dans le tuf volcanique, chacune avec ses tables devant la porte, où les vignerons servent leur Bikavér, leur Egri Csillag et leurs blancs au verre ou au pichet. On passe de cave en cave, on mange des pogácsa, et la soirée s'étire. L'entrée dans la vallée est libre ; les verres se paient, très peu. ⚠️ Le week-end en été, les cars d'enterrement de vie de garçon arrivent après vingt heures.gratuitmarchéEn savoir plus
Personne ne sait d'où vient le nom — chaque cave a sa version. Ce qui est sûr, c'est la roche : un tuf volcanique tendre, dans lequel on a creusé depuis des siècles des galeries qui gardent la même fraîcheur toute l'année, et devant lesquelles les vignerons ont posé des tables. La vallée est un fer à cheval de caves numérotées, certaines réduites à une porte et un banc, d'autres devenues des restaurants avec musiciens.
Le Bikavér, le sang de taureau, est un assemblage rouge dont la base est aujourd'hui le kékfrankos ; la légende qui le rattache au siège de 1552 — les Turcs auraient cru que les défenseurs buvaient du sang — est belle et n'est qu'une légende. L'Egri Csillag, son pendant blanc, est une invention récente des vignerons de la ville. Les deux se goûtent au verre ou au pichet, cave après cave, et la différence entre un producteur et l'autre s'apprend en une soirée.
Depuis le centre, une demi-heure de marche, ou le petit train touristique à la belle saison. Prends une veste pour l'intérieur des caves. ⚠️ Les caves ne tiennent pas toutes les mêmes heures ; en semaine, hors saison, plusieurs sont closes dès la fin d'après-midi, et le samedi d'été elles débordent.
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Château d'Eger La forteresse du siège de 1552, où deux mille hommes et femmes ont tenu contre l'armée ottomane pendant trente-neuf jours : remparts, bastions, casemates souterraines, le musée du siège avec le panorama, la tombe de Gárdonyi, l'auteur du roman que tous les Hongrois ont lu, et les ruines de la cathédrale gothique. Le billet couvre toutes les expositions. ⚠️ Les casemates se visitent avec un guide ; la terrasse donne sur la ville entière.13 €cultureEn savoir plus
En septembre 1552, l'armée ottomane s'est présentée devant Eger, et le capitaine István Dobó lui a fermé la porte avec deux mille personnes, soldats, paysans, femmes. Trente-neuf jours plus tard, les Turcs ont levé le camp. Ce n'était qu'un répit — la ville est tombée en 1596 — mais le pays s'en souvient comme d'une victoire, et Géza Gárdonyi en a fait en 1901 le roman que tous les écoliers hongrois lisent, Les Étoiles d'Eger.
Gárdonyi est enterré dans le château, sous une pierre qui dit seulement : « Son corps seulement ». Le musée, dans l'ancien palais gothique des évêques, montre les armes, une maquette du siège et un panorama peint ; en dessous, les casemates, ces galeries de tir creusées sous les bastions, se parcourent avec un guide. Dans la cour, les fondations de la cathédrale médiévale, détruite pendant la guerre turque, dessinent au sol une église qui n'existe plus.
Monte par la rampe depuis la place Dobó, où la statue du capitaine lève son épée. Les remparts font le tour, et la ville est en bas, ses coupoles et son minaret. ⚠️ Les casemates sont fraîches, même l'été ; les visites guidées y partent à heures fixes et la dernière est bien avant la fermeture.
Jour 9
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Basilique, Lycée et la ville baroque La deuxième plus grande église du pays, néoclassique, à colonnes et coupole, bâtie en 1836 par l'archevêque Pyrker face au Lycée, dont la bibliothèque baroque à plafond peint et la camera obscura du dernier étage se visitent pour peu. Entre les deux, la place Eszterházy ; plus bas, la place Dobó avec l'église des Minorites, la plus belle façade baroque de Hongrie, et les terrasses. La ville se fait à pied en une heure et demie.gratuitmarchéEn savoir plus
Les deux bâtiments se font face, et ce n'est pas un hasard : l'archevêque Pyrker a commandé la basilique en 1831 à József Hild pour donner à sa ville une cathédrale à la mesure de son rang, et l'évêque Eszterházy avait bâti le Lycée une soixantaine d'années plus tôt pour y installer une université — Vienne le lui a refusé, et le bâtiment est resté un séminaire et une école. La basilique est néoclassique, avec des colonnes et un escalier monumental ; on y entre librement.
Le Lycée est ce qu'il faut voir. Sa bibliothèque, à l'étage, est une salle baroque de bois sombre dont le plafond a été peint en 1778 par Johann Lukas Kracker : le concile de Trente, des dizaines de personnages en trompe-l'œil, la première fresque de bibliothèque du pays. Tout en haut de la tour, l'observatoire du XVIIIᵉ siècle a gardé sa camera obscura, un miroir et une lentille qui projettent la ville vivante sur une table blanche, dans le noir.
Descends ensuite vers la place Dobó par la rue Kossuth, entre les palais baroques et leurs grilles de fer forgé de Fazola ; l'église des Minorites, sur la place, a été dessinée par un architecte de Prague, Dientzenhofer. Le tout se fait à pied en une matinée.
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Le minaret Quarante mètres de pierre à quatorze côtés, construits vers 1596 pour une mosquée démolie depuis : le minaret ottoman le plus au nord d'Europe, resté seul au milieu d'une place, coiffé d'une croix posée en 1829. Quatre-vingt-dix-sept marches en colimaçon, dans un boyau où l'on ne se croise pas, jusqu'à la galerie et la vue sur les toits. ⚠️ Fermé de novembre à mars, et par vent fort ; à éviter si l'on est claustrophobe.payantcultureEn savoir plus
Les Turcs ont pris Eger en 1596 et l'ont gardée près d'un siècle ; ils y ont bâti des mosquées, des bains, des minarets, et de tout cela il reste ceci : une aiguille de grès à quatorze faces, la mosquée qui la portait ayant été démolie au XIXᵉ siècle. On l'a coiffée d'une croix, et la légende locale veut qu'avant cela des habitants aient essayé de l'abattre en y attelant des bœufs — elle n'a pas bougé.
L'escalier intérieur est un colimaçon de pierre si étroit qu'on y monte les épaules contre les murs, dans le noir presque complet, et qu'on ne peut pas s'y croiser : on attend en bas que ceux du haut redescendent. La galerie, au sommet, fait le tour de la tour sur quelques dizaines de centimètres de large, avec une rambarde ; la vue sur les toits de la ville, le château et la basilique vaut l'effort, mais pas pour tout le monde.
⚠️ Si les espaces étroits, le noir ou le vide te gênent, reste en bas : on ne fait pas demi-tour à mi-chemin quand quelqu'un monte derrière. Le minaret ferme l'hiver et par vent fort. Il est à cinq minutes à pied de la place Dobó, seul au milieu d'une petite place.
Jour 10
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Bain turc d'Eger Un bain ottoman du XVIIᵉ siècle sous sa coupole percée d'étoiles, restauré et agrandi en 2008 : le bassin octogonal d'origine à trente degrés, cinq autres bassins d'eau thermale, hammam et sauna, à cent mètres de la basilique. Le billet vaut deux heures et demie, ce qui suffit largement. ⚠️ Bonnet non exigé, maillot obligatoire ; fermé le lundi matin pour le nettoyage.13 €détenteEn savoir plus
Le bain a été construit au début du XVIIᵉ siècle, dans les années de l'occupation, et il n'a jamais cessé de servir : après le départ des Turcs, les Hongrois ont continué à s'y baigner, et c'est l'une des rares constructions ottomanes du pays qui remplisse toujours son usage. La restauration achevée en 2008 lui a ajouté une aile moderne, mais la salle d'origine est intacte : un bassin à huit côtés sous une coupole percée de petites ouvertures en étoile, par où la lumière tombe dans la vapeur.
L'eau vient de sources propres à Eger, légèrement radioactives — c'est écrit sur les panneaux, et c'est ce qui a fait la réputation de la ville pour les rhumatismes. Les bassins neufs, plus chauds, sont dans l'aile récente, avec un hammam et des saunas ; on passe de l'un à l'autre dans un bâtiment petit, calme, sans rien de la foule de Széchenyi.
Il est à deux pas de la basilique, dans le parc de l'archevêché, à côté du grand établissement thermal de plein air qui, lui, est un complexe de piscines. Maillot obligatoire, bonnet non. ⚠️ Le billet vaut un temps limité, ce qui suffit ; l'établissement est fermé au public le lundi matin pour le nettoyage.
31 € hébergement · 28 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension baroque dans le centre, 62 € la nuit.
- Eger → Tokaj — M3 puis route 37 — 110 km, 1 h 30, 5 € par personne (10 € à partager).
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04. Tokaj
J11 → J12 · 2 nuits · 169.5 € par personne
Le vignoble du « roi des vins », classé à l'Unesco, au confluent de deux rivières
Un bourg au pied d'une colline volcanique, au confluent de la Tisza et du Bodrog, et le vignoble de l'aszú classé à l'Unesco : caves creusées dans le tuf, dégustations à la bougie, furmints secs de la nouvelle génération, villages à vélo. Une nuit, deux pour deux villages ; plein en octobre.
En savoir plus sur Tokaj
Tokaj est un bourg au pied d'une colline volcanique isolée, au confluent de la Tisza et du Bodrog, et le nom d'un vignoble de vingt-sept villages que l'Unesco a classé en 2002 comme paysage culturel : c'est ici, sur des sols de tuf et dans des caves creusées au XVIᵉ siècle, qu'on fait depuis quatre cents ans l'aszú, le vin liquoreux des raisins botrytisés cueillis grain à grain, que Louis XIV appelait le roi des vins et le vin des rois. Les brouillards d'automne du confluent font la pourriture noble ; le furmint fait le reste.
On y vient pour les caves : sous le bourg et dans les villages — Mád, Tarcal, Tolcsva — des kilomètres de galeries tapissées de moisissure noire où l'on goûte, à la bougie, l'aszú à cinq ou six puttonyos, le szamorodni, et depuis vingt ans les furmints secs qui ont réveillé la région. Chaque cave fixe son programme et son prix ; on réserve la veille. Le reste se fait à vélo, sur la piste qui longe le Bodrog vers les villages, ou à pied sur la colline, jusqu'à la tour de télévision d'où l'on voit tout le vignoble et la plaine.
⚠️ Une étape courte : une nuit, deux si l'on veut deux villages. Le bourg est petit, calme, et tout ferme tôt hors des vendanges d'octobre, quand il déborde. Le train y arrive depuis Miskolc et Budapest ; Hortobágy est à deux heures et demie au sud, par Debrecen.
À table
- Tokaji aszú — le vin liquoreux des grains botrytisés, ramassés un à un, classé par puttonyos : le « roi des vins », dans les caves du bourg et des villages.
- Furmint sec — le cépage du Tokaj vinifié sec, minéral et tendu, la nouvelle génération de la région, au verre dans les bars à vin de la rue principale.
- Szamorodni — le vin « tel qu'il est né », vendangé sans trier, sec ou doux, entre les deux.
- Töltött káposzta — le chou farci mijoté, le plat qui tient après une dégustation, dans les csárda du bord de Tisza.
Jour 11
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Dégustation dans une cave de Tokaj Une visite de cave suivie d'une dégustation de cinq ou six vins — furmint sec, szamorodni, aszú à cinq puttonyos, parfois un eszencia à la cuillère — dans des galeries du XVIᵉ siècle tapissées de la moisissure noire qui régule l'humidité, à la bougie. Les grandes maisons du bourg et de Tarcal reçoivent sans rendez-vous l'été ; les petits vignerons de Mád ou de Tolcsva sur réservation. ⚠️ Chaque cave a son prix ; la version la plus simple suffit.payantmarchéEn savoir plus
Le vin de Tokaj tient à un accident : les vendanges tardives, les brouillards du confluent, et un champignon, le botrytis, qui dessèche les grains sur pied et concentre leur sucre. On ramasse ces grains ratatinés un à un, dans des hottes — les puttony —, on les écrase en pâte et on la laisse macérer dans du vin ou du moût ; le nombre de hottes versées dans un fût donnait le chiffre des puttonyos, et le mot est resté. En 1737, un décret royal a délimité le vignoble : c'est l'un des premiers du monde à avoir été classé.
Une dégustation suit toujours le même ordre, du sec au plus doux : un furmint sec, un szamorodni, puis l'aszú, et parfois, à la fin, une cuillère d'eszencia — le jus des grains botrytisés, si sucré qu'il fermente à peine. Les caves sont froides, tapissées d'une moisissure noire et duveteuse qui vit de l'alcool évaporé et régule l'humidité ; on ne la nettoie pas, c'est elle qui fait le lieu.
Prends une veste. Le Rákóczi, sous la place du bourg, est la cave historique de la ville ; les maisons de Tarcal et de Mád reçoivent sur rendez-vous. ⚠️ Un aszú tient des décennies ; une bouteille achetée à la cave est le seul souvenir de Tokaj qui vaille le poids dans le sac.
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La colline de Tokaj et sa tour Le Kopasz-hegy, la « montagne chauve », un volcan éteint de 514 mètres qui se dresse seul au-dessus de la plaine, couvert de vignes sur ses pentes sud. Deux heures de montée depuis le bourg par les chemins de vigne jusqu'à la tour de télévision, d'où l'on voit tout le vignoble, le confluent et, par temps clair, les Carpates. On redescend par Tarcal, de l'autre côté, et sa cave.gratuitsportEn savoir plus
La colline est un volcan éteint, isolé au bord de la plaine comme une île, et c'est elle qui fait le vin : ses pentes de sud et de sud-est prennent tout le soleil, le sol volcanique retient la chaleur, et les deux rivières en bas fabriquent le brouillard d'automne dont le botrytis a besoin. Les Hongrois l'appellent la montagne chauve parce que son sommet est nu — la forêt s'arrête, et la tour de télévision plantée là se voit de très loin dans la plaine.
La montée depuis le bourg passe d'abord entre les caves et les maisons de presse, puis dans les vignes en terrasses, avec le confluent qui s'agrandit à chaque virage ; en haut, le vignoble entier s'étale vers Tarcal et Mád, et la Grande Plaine à perte de vue vers le sud. Les clos les plus réputés de la région sont sur ce versant — Szarvas, au-dessus de Tarcal, est l'un des noms que les amateurs connaissent.
Pas d'ombre au-dessus des vignes, et un sol qui chauffe : pars tôt, avec de l'eau et un chapeau, et redescends par Tarcal, sur l'autre versant, où une grande statue du Christ bénissant domine le village depuis quelques années et où les caves accueillent les marcheurs. Un bus ramène à Tokaj.
Jour 12
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Le confluent et les villages à vélo Le bourg tient entre la Tisza et le Bodrog, qui se rejoignent sous le pont : des loueurs de vélos et de canoës sur le quai, une piste cyclable le long du Bodrog vers Bodrogkeresztúr et ses caves, et de l'autre côté du pont la plage de sable de la Tisza, où les gens du bourg se baignent l'été. Une demi-journée à plat, à finir dans une cave.gratuitdétenteEn savoir plus
Le Bodrog est une rivière lente, brune, bordée de saules, qui vient de Slovaquie et se jette dans la Tisza sous le pont de Tokaj ; entre les deux, le Bodrogzug, une plaine inondable de marais et de prairies où l'on ne construit pas, et où vivent hérons et oiseaux d'eau. La piste cyclable suit la rive du Bodrog vers le nord, à plat, sans voitures, et enfile les villages de caves — Bodrogkeresztúr d'abord, à une demi-heure de pédalage.
Bodrogkeresztúr est aussi un lieu de pèlerinage : le tombeau d'un rabbin thaumaturge du début du XXᵉ siècle, Yeshaya Steiner, y attire chaque printemps des milliers de hassidim venus de New York et d'Israël, et le village, minuscule, change alors de visage pour quelques jours. Sa maison se visite ; la synagogue a été restaurée.
De l'autre côté du pont, la Tisza a une plage de sable où l'on se baigne l'été dans un courant qu'il ne faut pas sous-estimer ; les loueurs de canoës du quai proposent le Bodrog, plus calme. ⚠️ Moustiques féroces au bord de l'eau dès le soir, de juin à septembre : le répulsif n'est pas une option. Et l'on finit, comme tout ici, dans une cave.
31 € hébergement · 30 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension dans une maison de vigneron, 62 € la nuit.
- Tokaj → Hortobágy — Par Nyíregyháza et Debrecen — 110 km, 1 h 36, 5 € par personne (10 € à partager).
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05. Hortobágy
J13 → J14 · 2 nuits · 168.5 € par personne
La puszta : une steppe plate jusqu'à l'horizon, des bergers, des chevaux et cent mille grues
La puszta : huit cents kilomètres carrés de steppe sans un arbre, des bergers et leurs races anciennes, les csikós debout sur leurs chevaux, le pont à neuf arches, et en octobre cent mille grues sur les étangs. ⚠️ On y dort pour le lever et le coucher du soleil, c'est là que la puszta se voit.
En savoir plus sur Hortobágy
Hortobágy est la puszta : huit cents kilomètres carrés de steppe plate comme la main, sans un arbre, entre la Tisza et Debrecen — le plus grand pâturage naturel d'Europe, parc national depuis 1973 et paysage culturel de l'Unesco. Les bergers y gardent encore les troupeaux des races anciennes, bœufs gris aux cornes en lyre, moutons racka aux cornes en vrille, porcs mangalica laineux, chevaux nonius, et les csikós, les gardiens de chevaux, y font les figures qu'ils montraient déjà aux voyageurs du XIXᵉ siècle, debout sur deux chevaux au galop.
Le village tient autour du pont à neuf arches de 1833, le plus long pont de pierre du pays, et de la csárda du XVIIIᵉ siècle à côté. De là partent les charrettes de la Mátai Ménes vers les troupeaux et le spectacle des csikós, et l'on visite le centre du parc, le musée des bergers et la fauconnerie. ⚠️ Mais la puszta se regarde surtout au lever et au coucher du soleil, quand la lumière rase l'herbe et que les mirages apparaissent — d'où une nuit sur place, au village, plutôt qu'une excursion depuis Debrecen.
En octobre, cent mille grues cendrées font halte sur les étangs de pêche en route vers le sud, et se rassemblent chaque soir dans un vacarme qu'on entend à des kilomètres : le plus grand spectacle naturel du pays, gratuit, depuis la digue. Le train s'arrête au village ; Debrecen, la deuxième ville du pays, est à une demi-heure, et Szeged à quatre heures au sud.
À table
- Slambuc — le plat des bergers : pâtes, pomme de terre et lard cuits dans un chaudron (bogrács) jusqu'à former une galette qu'on retourne, dans les csárda de la puszta.
- Hortobágyi húsos palacsinta — la crêpe farcie de viande hachée au paprika, nappée de sauce à la crème : née ici, servie dans tout le pays.
- Szürkemarha — le bœuf gris des steppes, la race à longues cornes du parc, en pörkölt ou en steak à la Hortobágyi Csárda.
- Birkapörkölt — le ragoût de mouton au paprika, le plat de fête des bergers, aux jours de foire du pont.
Jour 13
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Le pont à neuf arches et la csárda Le pont de pierre de 1833 sur la rivière Hortobágy, cent soixante-sept mètres et neuf arches, le plus long du pays, que les troupeaux traversaient vers les foires : le symbole de la puszta, avec la csárda de 1781 à son pied, l'auberge des bergers et des brigands, toujours en activité. Autour, le musée des bergers dans une ancienne grange à voitures, la fauconnerie et le marché aux animaux du pont, en août. Tout se fait à pied depuis la gare.gratuitmarchéEn savoir plus
Le pont a été bâti entre 1827 et 1833 pour remplacer un pont de bois que les crues emportaient, et il est plus long que ne le demande la rivière : la Hortobágy n'est qu'un filet d'eau, mais elle s'étale loin au printemps, et les neuf arches enjambent l'inondation, pas le cours. Les troupeaux le traversaient vers les foires de Debrecen — c'est le plus long pont de pierre que la Hongrie ait gardé.
La csárda, à son pied, est une auberge de la route de la plaine, une longue maison blanche à toit de roseaux et à arcades ; les rouliers, les bergers et les betyárs, les hors-la-loi de la puszta, y buvaient, et l'on y mange toujours, où le slambuc et le bœuf gris sont à la carte. En face, le musée des Bergers occupe une ancienne remise à voitures : les manteaux brodés en peau de mouton, les bâtons sculptés, les instruments.
Autour du 20 août, la foire du pont remplit les prairies de chevaux, d'étals et de forains pendant deux jours : c'est le moment le plus vivant de l'année, et le plus bondé. Tout est à pied depuis la gare, en quelques minutes. Regarde vers l'ouest à la tombée du jour : le pont et la plaine sont dans la lumière, et c'est l'image de la puszta.
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Sortie en charrette dans la puszta et les csikós Depuis la Mátai Ménes, le haras du parc, une charrette tirée par des chevaux nonius part dans la steppe pour une heure et quart : troupeaux de bœufs gris, moutons racka, porcs mangalica, buffles, et le spectacle des csikós, les gardiens de chevaux en chemise bleue qui font coucher leurs bêtes d'un mot et galopent debout sur deux chevaux en tenant les rênes de trois autres. ⚠️ Départs à heures fixes de mai à octobre ; billets à la presszó du haras, arriver vingt minutes avant.13 €natureEn savoir plus
La Mátai Ménes est l'un des plus vieux haras du pays, et il élève aujourd'hui le nonius, une race de trait léger née à Mezőhegyes d'un étalon pris aux Français à la chute de Napoléon, lourd et patient. C'est lui qui tire la tienne. On part par une piste de terre, et au bout de quelques minutes il n'y a plus rien : de l'herbe rase, salée, un puits à balancier, le ciel.
Les arrêts se font devant les troupeaux, qu'on approche à pied : les bœufs gris aux cornes en lyre, qu'on menait jadis à pied jusqu'aux marchés de Vienne et de Nuremberg ; les moutons racka aux cornes torsadées droites comme des vis ; les mangalica, des porcs à toison frisée. Puis le spectacle des csikós, en chemise et pantalon larges de toile bleue, chapeau noir : le fouet qui claque, les chevaux couchés dans l'herbe sur un mot, et le cavalier debout sur la croupe de deux bêtes au galop en menant les trois de devant.
Pas d'ombre, pas d'eau sur la piste : chapeau, bouteille, et une veste au printemps, le vent traverse. ⚠️ En plein été, la charrette de fin d'après-midi vaut mieux que celle de midi, pour la lumière autant que pour la chaleur. Les billets se prennent au haras, à quelques kilomètres du village.
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Les étangs de pêche et les grues Au sud du village, deux mille hectares d'étangs de pêche creusés dans les années 1910, devenus la plus grande zone humide du pays : hérons, spatules, aigrettes, pélicans de passage, et en octobre les grues cendrées, jusqu'à cent mille, qui s'y posent chaque soir dans un vacarme qu'on entend à des kilomètres. On suit la digue à pied ou à vélo, gratuitement, avec une tour d'observation ; un petit train à voie étroite traverse les étangs en saison, payant.gratuitnatureEn savoir plus
Les étangs ont été creusés au début du XXᵉ siècle pour élever de la carpe, et ils font encore ce métier ; mais entre les digues, les roselières et les bassins vidangés à tour de rôle ont fabriqué la plus grande zone humide du pays, et les oiseaux s'en sont emparés. Hérons, spatules et aigrettes y nichent, et l'automne amène les grues, par dizaines de milliers, en escale entre le nord de l'Europe et l'Afrique.
Le spectacle est le soir. Toute la journée, les grues sont dispersées dans les champs de maïs à des kilomètres ; à la tombée du jour, elles reviennent dormir dans l'eau peu profonde des étangs, et elles arrivent par vagues, en V, en trompetant — un bruit que l'on entend depuis le village. De la digue et de la tour d'observation, le ciel en est noir. Le pic est en octobre, entre les premières arrivées de septembre et les derniers départs de novembre.
Le petit train de la digue s'arrête à la tour ; à pied, compte une bonne heure depuis la halte de Hortobágy-halastó, un arrêt du train régional. Prends des jumelles, une veste chaude — le vent de la plaine n'a rien pour l'arrêter — et une lampe pour rentrer. ⚠️ Reste sur la digue : les roselières sont impraticables.
Jour 14
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Debrecen, la Grande Église et la ville calviniste À une demi-heure de train, la deuxième ville du pays, la « Rome calviniste » : sa Grande Église jaune à deux tours, où l'indépendance de la Hongrie fut proclamée en 1849, le collège réformé de 1538 et sa bibliothèque, la place principale, et le parc du Nagyerdő avec ses bains. Une ville de province tranquille, qui vaut la demi-journée quand la puszta est faite, et le point de départ des trains vers le sud.gratuitcultureEn savoir plus
Debrecen est devenue calviniste au XVIᵉ siècle, en bloc, et ne l'a plus quitté : ni les Habsbourg ni les Turcs n'y ont vraiment régné, et la ville s'est gouvernée elle-même. La Grande Église, jaune, à deux tours et à fronton, a été bâtie au début du XIXᵉ siècle dans le style des temples protestants, sans image, avec des bancs de bois et une chaire ; c'est ici que Kossuth a fait voter, en avril 1849, la déchéance des Habsbourg — son fauteuil est resté dans le chœur.
Derrière, le collège réformé, fondé en 1538, a formé pendant quatre siècles les pasteurs, les professeurs et les poètes de la Hongrie protestante ; on visite sa bibliothèque et l'oratoire où le parlement de 1849 a siégé, puis à nouveau celui de 1944, quand Debrecen a été la capitale provisoire d'un pays coupé en deux. Et le musée Déri, à côté, garde les trois toiles géantes de Munkácsy sur la Passion, que la ville considère comme siennes.
Depuis la gare, le tram 1 traverse la ville jusqu'au Nagyerdő, la grande forêt, où sont l'université, les bains et le parc ; la Grande Église est à mi-chemin. Une demi-journée suffit, un jour de semaine : le dimanche la rue principale est vide, et le musée ferme le lundi.
28 € hébergement · 26 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension de la puszta au village, 55 € la nuit.
- Hortobágy → Szeged — Route 47 par Békéscsaba — 200 km, 2 h 42, 9 € par personne (18 € à partager).
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06. Szeged
J15 → J16 · 2 nuits · 174.5 € par personne
La ville du paprika et du soleil, reconstruite d'un bloc après la crue de 1879
La ville du paprika et du soleil, sur la Tisza, rebâtie d'un bloc après la crue de 1879 : boulevards aux noms de capitales, cathédrale votive de brique, Nouvelle synagogue à coupole bleue, palais Art nouveau, et la halászlé dans les csárda du fleuve. Une étape courte et étudiante, à trois heures de bus de Pécs.
En savoir plus sur Szeged
Szeged est la ville du sud, sur la Tisza, à quinze kilomètres de la Serbie : la ville la plus ensoleillée du pays, celle du paprika et du salami, et une ville universitaire de trente mille étudiants, avec des terrasses qui tiennent jusqu'à la nuit. Elle a été rasée par la crue de la Tisza en 1879 — trois cents maisons debout sur six mille — et reconstruite d'un bloc en quinze ans, avec l'argent de l'Europe entière : d'où ses boulevards concentriques nommés Vienne, Bruxelles, Paris, Londres, Rome, ses palais éclectiques et Art nouveau, et sa cathédrale votive de brique rouge à deux tours, promise pendant la crue et achevée en 1930.
On y flâne autour de la place Széchenyi et de la rue Kárász, on monte à la tour de la cathédrale, on entre dans la Nouvelle synagogue, la deuxième du pays, coupole bleue et vitraux, et l'on regarde le palais Reök, le plus fou des immeubles Art nouveau hongrois, en vagues de stuc bleu. Le soir, la halászlé, la soupe de poisson au paprika, se mange dans les csárda du bord de Tisza, et l'été un festival de plein air remplit la place de la cathédrale.
⚠️ Une étape courte et douce : une nuit, deux si l'on veut la Tisza en canoë ou Ópusztaszer, le parc du panorama de la conquête. Szeged est à deux heures et demie de Budapest en IC, à quatre de Hortobágy par Debrecen, et Pécs est à trois heures de bus à l'ouest.
À table
- Szegedi halászlé — la soupe de poisson de la ville, à la carpe et au paprika de Szeged, cuite en chaudron et servie avec des pâtes : ⚠️ attention aux arêtes, c'est le vrai plat d'ici, dans les csárda du bord de Tisza.
- Pick szalámi — le salami d'hiver de Szeged, à la moisissure blanche, fabriqué ici depuis 1869, au marché Mars tér et dans toute charcuterie.
- Szegedi paprika — le paprika doux ou fort de la plaine, protégé, en guirlandes rouges au marché, à rapporter moulu.
- Túrós csusza — les pâtes au fromage blanc, à la crème et aux lardons, le plat de cantine que les étudiants de Szeged mangent au menu du midi.
Jour 15
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Cathédrale votive et sa tour L'église de brique rouge à deux tours de 91 mètres, promise par la ville pendant la crue de 1879 et achevée en 1930, la quatrième du pays : un intérieur néo-roman à mosaïques, un orgue de neuf mille tuyaux, et la tour ouest, 302 marches jusqu'à la plateforme à 46 mètres, avec des paliers d'exposition et la vue sur la ville et la Tisza. Devant, la tour Dömötör, romane, seule rescapée de l'ancienne église. ⚠️ La nef est libre ; la tour se paie.4 €cultureEn savoir plus
Le conseil municipal a fait le vœu, l'année qui a suivi la crue, de bâtir une église pour remercier d'avoir survécu ; on a posé la première pierre en 1913, la guerre a tout arrêté, et la consécration n'est venue qu'en 1930. Entre-temps le chantier avait changé de mains : commencé par Frigyes Schulek, l'homme du bastion des Pêcheurs, fini par Ernő Foerk, en brique rouge et pierre claire, avec deux tours jumelles qui se voient de la plaine.
À l'intérieur, sous les mosaïques dorées, cherche la Vierge de Szeged : une Madone en manteau de fourrure et en pantoufles brodées de la ville, en costume de paysanne de la Tisza, au-dessus d'un autel latéral. L'orgue est parmi les plus grands d'Europe ; devant l'église, la tour Dömötör, de brique, est ce qui reste de l'église médiévale démolie pour faire place à la nouvelle, et le plus vieux bâtiment de la ville.
La place autour est bordée d'arcades où sont alignés les bustes du Panthéon national, et c'est là que se joue, chaque été depuis les années 1930, le festival de plein air sur une scène montée devant la façade. Depuis la tour, on voit le fleuve, les boulevards en arcs de cercle et la plaine. ⚠️ La tour ferme par mauvais temps.
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Place Széchenyi, rue Kárász et le palais Reök Le centre reconstruit après 1879 se parcourt à pied : la place Széchenyi, la plus grande du pays, avec ses platanes et l'hôtel de ville à tour de Lechner ; la rue Kárász piétonne et ses cafés ; la place Klauzál et sa pâtisserie 1900 ; et le palais Reök, un immeuble Art nouveau de 1907 en vagues de stuc bleu et blanc, à balcons de fer forgé en forme de nénuphars — le plus étonnant du pays. Rien ne se paie, tout se voit en une heure.gratuitmarchéEn savoir plus
La reconstruction après 1879 a donné à Szeged un centre d'un seul tenant, et l'on s'y promène comme dans une ville d'exposition. La place Széchenyi est d'abord un parc — platanes, statues, bassins — avec l'hôtel de ville d'Ödön Lechner sur un côté, et le petit pont couvert qui le relie à la maison voisine : le pont des Soupirs, bâti pour la visite de François-Joseph en 1883, afin que le roi passe d'un bâtiment à l'autre sans descendre dans la rue.
La rue Kárász descend de là vers la place Klauzál, où deux choses valent l'arrêt : la pâtisserie Virág, avec sa salle d'autrefois, et le balcon de la maison Kárász, d'où Kossuth a parlé aux habitants en juillet 1849 — son dernier discours en Hongrie avant l'exil, la révolution perdue. Puis, en obliquant vers le fleuve, le palais Reök : Ede Magyar l'a bâti en 1907 pour un ingénieur des eaux, tout en vagues de stuc bleu et blanc, avec des balcons de fer qui figurent des nénuphars — l'eau partout, dans une ville que l'eau avait détruite. L'intérieur est une salle d'exposition.
Tout se fait à pied en une heure, et rien ne se paie ; les terrasses de la rue Kárász sont celles des étudiants, moins chères que celles du fleuve.
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La Tisza, ses quais et la halászlé Le fleuve qui a détruit la ville et qui la fait vivre : les quais aménagés, le pont de Belváros, les plages de sable de l'autre rive à Újszeged, où l'on se baigne l'été, les loueurs de canoës, et le soir les csárda du bord de l'eau où la halászlé, la soupe de poisson au paprika, se sert dans son chaudron. Une promenade à plat, et le seul endroit du pays où l'on mange cette soupe comme il faut. ⚠️ Moustiques en juillet.gratuitmarchéEn savoir plus
Dans la nuit du 12 mars 1879, la digue a cédé en amont et la Tisza est entrée dans la ville ; au matin, il n'en restait que quelques îlots. François-Joseph est venu voir, et il a promis que Szeged serait plus belle qu'avant — la phrase est restée dans la mémoire locale, et la ville l'a prise au mot. Les quais d'aujourd'hui sont ceux de cette reconstruction : une digue haute, plantée, avec des marches vers l'eau, et le fleuve qui passe en dessous.
La halászlé de Szeged n'est pas celle du reste du pays : on fait d'abord un fond avec les petits poissons, qu'on passe au tamis, et l'on y cuit ensuite les tranches de carpe avec le paprika de la ville — la version de Baja, l'autre capitale de la soupe, s'en distingue par ses pâtes. La différence est une affaire d'honneur locale, et le chaudron qu'on pose sur la table est le vrai plat de Szeged. Les csárda du bord de l'eau, côté Újszeged, la servent avec vue.
L'été, la rive d'Újszeged a une plage de sable et des loueurs de canoës, mais le courant de la Tisza est trompeur : on nage près du bord. ⚠️ Moustiques dès le crépuscule en juillet, sur toute la rive ; on regarde le fleuve depuis la digue plutôt que depuis l'herbe.
Jour 16
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Nouvelle synagogue La deuxième plus grande synagogue de Hongrie, bâtie en 1903 par Lipót Baumhorn, l'architecte de vingt-deux synagogues : une coupole bleue de 48 mètres peinte d'étoiles, des vitraux qui racontent les fêtes, du fer forgé, du marbre — un mélange mauresque, roman et Art nouveau intact, qui sert aujourd'hui surtout aux concerts. ⚠️ Fermée le samedi ; la visite se fait librement avec un dépliant, ou avec le gardien.7 €cultureEn savoir plus
Lipót Baumhorn, l'architecte qui a bâti le plus de synagogues d'Europe centrale, a travaillé ici avec le rabbin de la ville, Immánuel Löw, qui était aussi un botaniste de renom — il avait écrit une somme sur les plantes de la Bible et du Talmud —, et c'est lui qui a dessiné le programme des vitraux : chaque fenêtre porte une plante, un arbre, une fleur liés à une fête ou à un verset, et il faut lever la tête pour les lire. La coupole, bleue, est semée d'étoiles, avec au centre une rosace de verre.
La communauté qui a payé cette synagogue en 1903 comptait plusieurs milliers de personnes ; en 1944 elle a été déportée en quelques semaines. Löw, vieillard, est mort la même année, sur le chemin. Le bâtiment a survécu intact, et il est aujourd'hui trop grand pour ceux qui restent : les concerts et les visites le font vivre, et le silence, à l'intérieur, dit le reste.
La visite est libre ; un dépliant et parfois le gardien expliquent les fenêtres, et il faut ce guide pour comprendre ce qu'on regarde. Tête couverte pour les hommes. ⚠️ Fermée le samedi. À quelques rues, l'ancienne synagogue, plus petite, porte sur son mur le trait de la crue de 1879, à hauteur d'homme.
30 € hébergement · 28 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur la place Széchenyi, 60 € la nuit.
- Szeged → Pécs — Route 55 par Baja — 190 km, 2 h 36, 9 € par personne (17 € à partager).
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07. Pécs
J17 → J18 · 2 nuits · 191.5 € par personne
La ville la plus méditerranéenne de Hongrie : une mosquée, des tombes paléochrétiennes, la céramique Zsolnay
La ville méditerranéenne de Hongrie, au pied du Mecsek : tombes paléochrétiennes classées à l'Unesco, mosquée turque devenue église sur la place, cathédrale à quatre tours, et l'ancienne usine Zsolnay en quartier de musées. Capitale de la culture en 2010, étudiante, avec les rouges de Villány au verre. Deux nuits.
En savoir plus sur Pécs
Pécs est la ville du sud-ouest, au pied du Mecsek, tournée vers le soleil et la Croatie, et la plus stratifiée du pays : une ville romaine, Sopianae, dont les tombes chrétiennes peintes du IVᵉ siècle ont été classées à l'Unesco ; un évêché fondé en 1009 par saint Étienne, avec sa cathédrale à quatre tours ; cent cinquante ans d'occupation turque, dont la mosquée du pacha Kasim, la plus grande de Hongrie, devenue église sur la place principale, coupole et croissant coiffé d'une croix ; et la manufacture Zsolnay, qui a couvert les toits de Budapest de ses tuiles vernissées et dont l'usine est devenue un quartier de musées et de cafés.
Capitale européenne de la culture en 2010, Pécs a gardé de cette année ses musées rénovés — Csontváry, Vasarely, tous deux nés dans la région — et son quartier Zsolnay. La rue Király, piétonne, aligne les terrasses ; la place Széchenyi, en pente, monte vers la mosquée ; et le Mecsek, la colline boisée, commence à la sortie du centre, avec sa tour de télévision et ses sentiers. ⚠️ Deux nuits sont le bon compte, trois pour Villány, le vignoble des rouges à trente kilomètres, ou Siklós et son château.
On arrive de Budapest en trois heures d'IC, de Szeged en trois heures de bus direct ; le Balaton est à deux heures par Kaposvár ou Székesfehérvár. La ville est étudiante, pas chère, et l'on y mange les rouges de Villány au verre.
À table
- Villányi vörös — les rouges de Villány, à trente kilomètres, cabernet franc et kékfrankos, les plus solides du pays, dans les bars à vin de la rue Király.
- Pécsi sör — la bière de la brasserie de la ville, brassée depuis 1848, à la pression dans les kerts, les jardins de bière du centre.
- Mangalica — le porc laineux en jambon, saucisson ou rôti, aux étals des halles de Pécs et dans les restaurants de la place Széchenyi.
- Rétes — le strudel étiré, au pavot ou au fromage blanc, dans les cukrászda autour de la mosquée.
Jour 17
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Nécropole paléochrétienne, la Cella Septichora Sous la place de la cathédrale, les tombes chrétiennes de Sopianae, la Pécs romaine du IVᵉ siècle : des chambres funéraires peintes de Daniel dans la fosse aux lions, d'Adam et Ève, de paons et de vignes — la tombe de la Cruche, celle de Pierre et Paul —, la Cella Septichora à sept absides, et le mausolée. Un ensemble classé à l'Unesco, présenté sous une dalle de verre. ⚠️ Le billet complet couvre trois sites et vaut deux jours ; fermé le lundi et le mardi.11 €cultureEn savoir plus
Sopianae était une ville romaine de Pannonie, et ses chrétiens du IVᵉ siècle enterraient leurs morts sous la colline où se dresse aujourd'hui la cathédrale : des chambres funéraires à demi enterrées, avec une chapelle au-dessus et le caveau peint en dessous. On en connaît une vingtaine, et c'est cet ensemble, rare hors d'Italie, que l'Unesco a classé en 2000.
La chambre de Pierre et Paul est la plus riche : les deux apôtres de part et d'autre du chrisme, Noé dans son arche, Jonas, Daniel entre les lions, Adam et Ève sous l'arbre, les Mages — la Bible entière sur quelques mètres carrés, en rouge et en ocre. La chambre de la Cruche tire son nom d'un pichet et d'un verre peints dans une niche, le viatique du mort. La Cella Septichora, elle, est une grande salle à sept absides, jamais achevée, sous une dalle de verre par laquelle on la regarde d'en haut avant d'y descendre.
Le billet complet couvre le centre d'accueil et le mausolée voisin, avec son sarcophage peint, plus les chambres de la rue Apáca ; il vaut deux jours. ⚠️ Fermé le lundi et le mardi ; les chambres sont humides et fraîches, et les peintures se regardent derrière des vitres, dans une lumière basse.
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Rue Király, place Széchenyi et le Mecsek Le centre se parcourt à pied : la rue Király piétonne, ses façades Sécession et ses terrasses ; la place Széchenyi en pente autour de la mosquée, avec l'hôtel de ville, la fontaine Zsolnay en éosine et les cadenas d'amour de la rue voisine, une tradition née ici dans les années 1980 ; puis les remparts, la barbacane, et les premiers sentiers du Mecsek qui montent à la tour de télévision en une heure, pour la vue sur la ville et la plaine jusqu'à la Croatie.gratuitmarchéEn savoir plus
Le centre tient dans l'ancienne enceinte, dont il reste des pans de mur et, près du palais épiscopal, la barbacane, une tour ronde du XVᵉ siècle par laquelle on entrait. La rue Király est la colonne vertébrale : piétonne, bordée de façades Sécession, avec le Théâtre national, l'église du Lycée et des terrasses à chaque porte. Elle débouche sur la place Széchenyi, en pente, avec la mosquée en haut, l'hôtel de ville et la fontaine Zsolnay dont les têtes de bœuf en éosine crachent l'eau.
Entre la place et la cathédrale, une ruelle a une grille couverte de cadenas : c'est ici, dit-on, que des étudiants ont commencé dans les années 1980 à accrocher un cadenas pour sceller un amour ; la ville revendique la tradition, et la grille a dû être doublée. Au-dessus du centre, la chapelle de Havihegy, blanche sur sa colline, a devant elle un amandier plusieurs fois centenaire, élu arbre européen de l'année en 2019, qui fleurit en mars avant tout le reste.
Le Mecsek commence là : des sentiers montent dans la forêt jusqu'à la tour de télévision, sur le Misina, d'où la plaine s'étend jusqu'à la Croatie ; un bus y monte aussi. Compte une heure de montée, et prends de l'eau.
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Cathédrale et mosquée du pacha Kasim, billet deux lieux Deux monuments de l'évêché sur un seul billet : la cathédrale Saint-Pierre à quatre tours, romane, refaite en néo-roman en 1891, avec sa crypte du XIᵉ siècle et ses fresques ; et sur la place Széchenyi la mosquée du pacha Kasim, la plus grande de Hongrie, bâtie vers 1580 avec les pierres d'une église gothique et redevenue église catholique en 1686 — coupole, mihrab, versets du Coran encore lisibles, et un croissant sous la croix. ⚠️ Chaque lieu se visite aussi seul, moins cher.15 €cultureEn savoir plus
L'évêché de Pécs a été fondé par saint Étienne en 1009, et la première université de Hongrie y a été créée en 1367 par Louis le Grand. La cathédrale a gardé de ces siècles sa crypte, des chapiteaux et des reliefs romans exposés au lapidaire, et le plan à quatre tours ; l'enveloppe, elle, est un remaniement néo-roman de la fin du XIXᵉ siècle par l'architecte viennois Friedrich von Schmidt, avec des fresques de Lotz et de Székely. Le poète Janus Pannonius, évêque de Pécs au XVᵉ siècle, y est enterré.
Sur la place Széchenyi, la mosquée du pacha Kasim est l'édifice ottoman le mieux conservé du pays, et elle raconte l'histoire à l'envers : bâtie avec les pierres d'une église gothique démolie, elle est redevenue église après 1686, agrandie au XXᵉ siècle d'une abside en demi-lune. À l'intérieur, sous la coupole, le mihrab creusé vers La Mecque est resté, avec des versets calligraphiés sur les murs ; au sommet, le croissant porte une croix.
Le billet double se prend à la billetterie de la cathédrale, au bas de l'escalier. La mosquée est petite et se visite en peu de temps. ⚠️ Les offices ferment les deux lieux aux visiteurs, le dimanche matin en particulier.
Jour 18
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Villány, le vignoble des rouges À trente kilomètres au sud, un village d'une seule rue bordée de caves en enfilade, sous une colline de vignes : le vignoble des rouges de Hongrie, cabernet franc, kékfrankos et portugieser, avec ses grandes maisons — Gere, Bock, Sauska — et ses caves de famille qui servent au verre dans la rue. On y va en bus ou en voiture ; les dégustations se paient à la cave, peu. À mi-chemin, Siklós et son château médiéval intact.gratuitmarchéEn savoir plus
Villány est un village de Souabes, des Allemands installés au XVIIIᵉ siècle sur les terres vidées par les Turcs, et ils ont apporté avec eux leurs caves : une rue entière de maisons basses dont chacune a sa cave voûtée sous la colline, avec la porte sur le trottoir et les tables devant. À Villánykövesd, le village voisin, les caves sont creusées les unes au-dessus des autres dans la pente, sur deux ou trois étages, et c'est l'image la plus connue de la région.
Le vin est rouge, et c'est le plus chaud, le plus charpenté de Hongrie : le cabernet franc en est devenu le cépage-drapeau, avec le kékfrankos et le portugieser, plus léger, celui qu'on boit jeune. Les grandes maisons — Gere, Bock, Sauska, Tiffán — ont des restaurants et des hôtels ; les petites servent au verre sur une planche. Le premier itinéraire des vins de Hongrie a été tracé ici, entre Villány et Siklós, dans les années 1990.
À mi-chemin, le château de Siklós est l'un des châteaux médiévaux les mieux conservés du pays, avec sa chapelle gothique, ses remparts et ses cachots. Bus depuis Pécs ; en voiture, on ne goûte pas. ⚠️ Le festival des vins rouges, en octobre, remplit la rue et les chambres à des kilomètres.
31 € hébergement · 28 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le centre historique, 62 € la nuit.
- Pécs → Balaton — Par Kaposvár et la rive nord — 160 km, 2 h 18, 7 € par personne (14 € à partager).
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08. Balaton
J19 → J21 · 3 nuits · 302 € par personne
La « mer hongroise » : un lac de 77 kilomètres, une presqu'île de lavande, des volcans à vignes et un lac chaud
La mer des Hongrois, prise par sa rive nord : Balatonfüred et sa promenade 1900, l'abbaye de Tihany sur sa falaise et sa lavande, les volcans à vignes de Badacsony, le château de Szigliget, et à l'ouest le palais Festetics et le lac thermal de Hévíz. ⚠️ Prix doublés en juillet-août ; le train longe la rive, le vélo en fait le tour.
En savoir plus sur Balaton
Le Balaton est le plus grand lac d'Europe centrale, soixante-dix-sept kilomètres de long, et la mer des Hongrois depuis que le pays n'en a plus : peu profond, tiède en été, vert-de-gris, avec une rive sud plate et bétonnée de stations balnéaires, et une rive nord de collines volcaniques, de vignes et de villages anciens. C'est la rive nord qu'on fait ici, depuis Balatonfüred, la vieille ville d'eaux aux villas 1900 et à la promenade Tagore, à deux heures de train de Budapest.
Trois lieux au moins : Tihany, la presqu'île volcanique au milieu du lac, avec son abbaye bénédictine de 1055 sur la falaise — l'acte de fondation est le plus vieux texte contenant des mots hongrois —, son village de maisons de pêcheurs à toit de chaume, ses champs de lavande en juin et son lac intérieur ; Badacsony et les collines volcaniques en forme de cercueil couvertes de vignes, avec Szigliget et son château en ruine sur son piton ; et tout à l'ouest, Keszthely, le palais des Festetics, et Hévíz, le plus grand lac thermal du monde, où l'on se baigne à 33 degrés au milieu des nénuphars, l'hiver sous la vapeur.
⚠️ Juillet-août, la rive est pleine et les prix doublent ; mai, juin et septembre sont les mois du lac, l'eau à 22 degrés dès la mi-juin. Le train longe la rive nord d'une gare à l'autre, les bateaux traversent, et la piste cyclable fait le tour complet, deux cents kilomètres. Trois nuits pour les trois lieux ; c'est la dernière étape, et Budapest est à deux heures.
À table
- Hekk — le colin frit en filets, servi au papier avec des frites et une bière aux stands des plages : ⚠️ ce n'est pas un poisson du lac, c'est la tradition estivale de toute la rive.
- Fogas — le sandre du Balaton, le seul poisson noble du lac, grillé ou pané, dans les restaurants de Tihany et de Balatonfüred.
- Lángos — la galette frite à l'ail et à la crème, mangée les pieds dans le sable, aux mêmes stands que le hekk.
- Vin de Badacsony — les blancs des pentes volcaniques, szürkebarát (pinot gris) et kéknyelű, le cépage qui n'existe qu'ici, dans les caves à terrasse de la colline.
- Levendula de Tihany — la lavande de la presqu'île, en glace, en sirop et en limonade, dans les cafés du village en juin.
Jour 19
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Abbaye de Tihany L'abbaye bénédictine fondée en 1055 par le roi André Iᵉʳ sur la falaise de la presqu'île, dont l'acte de fondation, conservé à Pannonhalma, est le plus vieux document contenant des mots hongrois ; la crypte romane où le roi est enterré, seule tombe royale de Hongrie restée en place ; l'église baroque à deux tours refaite en 1754, avec ses boiseries sculptées ; et le musée dans le couvent. La terrasse donne sur tout le lac. ⚠️ Fermée le dimanche matin pour la messe.9 €cultureEn savoir plus
André Iᵉʳ l'a fondée en 1055 pour des bénédictins, sur la falaise de la presqu'île, et il s'y est fait enterrer cinq ans plus tard : sa dalle est toujours dans la crypte romane, la seule tombe de roi de la maison d'Árpád restée à sa place. L'acte de fondation, rédigé en latin par un clerc qui a glissé des mots hongrois là où le latin lui manquait, est le plus ancien document où la langue apparaisse ; l'original est à Pannonhalma, la copie ici.
L'église d'aujourd'hui est baroque, refaite au XVIIIᵉ siècle sur la crypte, et ses boiseries sculptées sont l'œuvre d'un frère convers menuisier, Sebestyén Stulhoff, qui y a travaillé de longues années. Le couvent a aussi servi de prison à un empereur : en octobre 1921, après sa seconde tentative de reprendre son trône de Hongrie, Charles IV et l'impératrice Zita y ont été gardés quelques jours avant d'être remis aux Alliés et envoyés à Madère. Le musée du couvent raconte l'abbaye et l'épisode.
La terrasse devant l'église donne sur le lac dans les deux directions ; c'est la vue de Tihany. ⚠️ La messe ferme l'église aux visiteurs, le dimanche matin ; le village est bondé en juin, aux jours de la lavande, et l'abbaye avec lui.
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Tihany, le village, la lavande et le lac intérieur La presqu'île volcanique au milieu du lac : un village de maisons de pêcheurs à toits de chaume et murs blancs, des cônes de geysers fossiles, le lac intérieur à vingt-cinq mètres au-dessus du Balaton, et en juin les champs de lavande plantés dans les années 1920, avec leur fête et leur glace. Un sentier fait le tour de la presqu'île en trois heures, par l'ermitage troglodyte et l'écho. Le bateau y va depuis Balatonfüred, le bac depuis Szántód sur l'autre rive.gratuitmarchéEn savoir plus
La presqu'île est un morceau de volcan — des tufs, et surtout des cônes de geysers fossiles, une centaine de bosses de calcaire dans la lande que l'eau chaude a bâties il y a des millions d'années. C'est le premier paysage protégé de Hongrie, dès 1952, et la protection se voit : pas d'hôtels sur les pentes, des vignes, des prés, et le lac intérieur, sans rive bâtie, où pêchent les hérons.
Au village, les maisons de pêcheurs à toit de roseaux et murs blancs ont été sauvées comme un ensemble. Sur la pente sous l'abbaye, des cellules taillées dans la roche rappellent les moines de rite grec qu'une reine venue de Kiev y avait installés au XIᵉ siècle. Et depuis les années 1920, la lavande : plantée d'abord pour l'huile, elle couvre les champs à l'est du village, et la floraison de juin est devenue une fête, avec la cueillette, la glace et la limonade violette.
Le sentier qui fait le tour de la presqu'île passe par la colline de l'écho, l'ermitage et le lac intérieur ; demi-journée, chaussures de marche, pas d'ombre sur la lande. Le bateau vient de Balatonfüred, le bac de Szántód, sur l'autre rive, en quelques minutes — le seul endroit où l'on traverse le lac aussi vite.
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Balatonfüred, la promenade Tagore et les bains La plus ancienne station du lac, celle des cures de petit-lait et de la source acidulée au XIXᵉ siècle : la promenade Tagore sous les platanes, plantée d'arbres par les célébrités de passage — Rabindranath Tagore le premier, guéri ici en 1926 —, les villas de la place Gyógy, le port des voiliers, et les plages où l'on se baigne dans une eau tiède et peu profonde. Le soir, toute la ville marche sur la promenade avec un cornet de glace.gratuitdétenteEn savoir plus
Füred a été la première station du lac, et elle ne le doit pas à l'eau tiède du Balaton mais à une source : une eau acidulée, gazeuse, ferrugineuse, que l'on buvait au XVIIIᵉ siècle contre les maux d'estomac, et qui coule toujours, gratuite, dans le pavillon de la place Gyógy — goûte-la, elle pique. Autour, les villas de la belle époque, l'hôtel où se tient depuis 1825 le bal d'Anne, en juillet, et l'hôpital du cœur qui fait de la ville, aujourd'hui encore, une ville de cure.
La promenade porte le nom du poète indien Rabindranath Tagore, soigné ici en 1926, qui a planté un tilleul en partant ; depuis, les hôtes célèbres en plantent un à leur tour, avec leur plaque. Au bout, le port des voiliers : le premier bateau à vapeur du lac est parti d'ici en 1846, et la course du Ruban bleu, qui fait le tour du Balaton à la voile depuis les années 1930, y prend le départ chaque été.
Le soir, tout Füred marche sous les platanes avec une glace. Les plages sont des pelouses avec des pontons ; l'eau est tiède, peu profonde sur des dizaines de mètres, et le fond vaseux — des sandales. ⚠️ En juillet-août, la promenade est un boulevard : viens en juin ou en septembre.
Jour 20
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Lac thermal de Hévíz Le plus grand lac thermal naturel du monde où l'on puisse se baigner : quatre hectares d'eau à 33 degrés l'été, 24 l'hiver, alimentés par une source qui renouvelle tout le lac en trois jours, couverts de nénuphars, avec des pavillons de bois sur pilotis d'où l'on descend dans l'eau. On y flotte plutôt qu'on n'y nage, une heure ou deux ; c'est la cure de rhumatismes de toute l'Europe centrale depuis deux siècles. ⚠️ Le billet de trois heures suffit ; à sept kilomètres de Keszthely, en bus.12 €détenteEn savoir plus
Le lac est le cratère d'une source : à plusieurs dizaines de mètres sous la surface, une eau chaude jaillit avec un débit tel que le lac entier se renouvelle en quelques jours ; il ne gèle jamais, et l'hiver la vapeur le couvre. Les nénuphars sont des lotus rouges venus d'Inde, plantés à la fin du XIXᵉ siècle par un professeur qui a voulu voir s'ils tiendraient — ils ont tenu, et ils fleurissent dans l'eau chaude de juin à septembre.
Le comte Festetics a bâti le premier bain en 1795, et depuis, l'Europe centrale vient ici pour ses articulations : le fond est une boue légèrement radioactive que les cures appliquent, et l'eau, qu'on ne nage pas vraiment, porte. On flotte, sur une frite en mousse louée à l'entrée, entre les pavillons de bois sur pilotis — reconstruits après un incendie dans les années 1980 — d'où l'on descend par des escaliers, et l'on regarde les cygnes.
Le billet est au temps ; on ne reste pas des heures dans une eau à trente degrés et plus. Douche avant, bonnet inutile, sandales pour les passerelles. ⚠️ Le lac est dans un parc, à quelques minutes du centre de Hévíz ; le bus de Keszthely est fréquent, et l'hiver, dans la vapeur, c'est le meilleur moment.
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Badacsony, les volcans à vignes Les collines de basalte en forme de cercueil qui bordent la rive nord-ouest, couvertes de vignes depuis les Romains : le Badacsony, 437 mètres, se monte par les orgues basaltiques et la « porte de pierre » en deux heures depuis la gare, entre les caves et les maisons de presse ; au sommet la vue sur le lac entier et les autres volcans. On redescend par les caves à terrasse pour le kéknyelű, le cépage qui n'existe qu'ici. ⚠️ En train depuis Balatonfüred, une heure ; l'été, un petit train touristique monte à mi-pente.gratuitsportEn savoir plus
Le Badacsony est une table de basalte posée sur des couches tendres, ce qui lui donne sa forme de cercueil : les flancs raides sont de la lave, le plateau du sommet aussi, et entre les deux, là où la roche s'est effritée, la vigne. On y a fait du vin depuis les Romains, et les carrières de basalte, qui ont entamé la montagne au XXᵉ siècle, ont été fermées quand les Hongrois ont compris qu'on leur mangeait leur paysage.
La montée depuis la gare traverse d'abord les maisons de presse et les caves, dont celle qui garde le souvenir de Róza Szegedy, la femme du poète Kisfaludy, et le petit musée du peintre Egry, le peintre du lac ; puis le chemin passe la Porte de pierre, longe les orgues basaltiques et débouche sur le plateau. Un rocher sur le versant, la Pierre aux roses, a sa légende : un garçon et une fille qui s'y assoient en tournant le dos au lac se marieront dans l'année.
On redescend par les caves à terrasse pour le kéknyelű, le cépage blanc qui n'existe qu'ici et dont la fleur, femelle, a besoin d'une autre vigne pour être fécondée. ⚠️ Le plateau du sommet est boisé : les vues sont aux belvédères du bord, pas au milieu. Le petit train touristique monte à mi-pente l'été.
Jour 21
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Château de Szigliget Une ruine de château du XIIIᵉ siècle sur un cône volcanique au-dessus d'un village de maisons à chaume, entre Badacsony et Keszthely : remparts, tours, une chapelle, et la vue circulaire sur le lac, les volcans et les marais du Kis-Balaton. Le village en bas, avec son église et ses caves, est l'un des plus beaux de la rive. ⚠️ Vingt minutes de montée depuis le parking ; pas de gare, bus ou voiture.5 €cultureEn savoir plus
Béla IV, après l'invasion mongole, a demandé aux bénédictins de Pannonhalma de fortifier ce piton, et le château a été bâti dans les années 1260 ; les Turcs ne l'ont jamais pris, et c'est la foudre puis un ordre de Vienne, au tournant du XVIIIᵉ siècle, qui en ont fait une ruine : la poudrière a explosé, et l'empereur a fait démanteler ce qui restait, comme tant de châteaux hongrois dont il se méfiait.
Depuis, on le reconstruit par morceaux : une tour, un palais, des courtines relevées avec les pierres tombées, et des salles d'exposition sur la vie de garnison, avec parfois des reconstitutions en costume. Le vrai spectacle est la vue circulaire : le lac d'un côté, les volcans de Badacsony et de Szent György de l'autre, et à l'ouest les roselières du Kis-Balaton. Le village en bas, avec ses maisons à toit de roseaux, son église et le manoir Esterházy — une résidence d'écrivains depuis les années 1950 —, mérite l'heure qu'on lui donne.
Montée courte mais raide depuis le parking du village ; par vent fort, les remparts sont exposés. ⚠️ La gare qui porte le nom de Szigliget est loin du village : bus ou voiture depuis Badacsony ou Tapolca.
36 € hébergement · 32 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension près de la promenade Tagore, 72 € la nuit.
- Balaton → Budapest — M7 — 130 km, 1 h 30, 6 € par personne (12 € à partager).
Le budget de ces 21 jours
2 155 € par personne pour 21 jours, soit 103 € / jour. À deux, 4 311 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 738 € | 34 % |
| Repas | 634 € | 29 % |
| Transport sur place | 30 € | 1 % |
| Location de voiture — 21 jours | 473 € | 22 % |
| Carburant et péages | 50 € | 2 % |
| Activités | 231 € | 11 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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