Hongrie en 7 jours : l'itinéraire jour par jour
804 € par personne sur place pour 7 jours, soit 115 € / jour — en 3 étapes, de Budapest à Balaton. En passant par Eger.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · trois semaines · toutes les étapes de Hongrie
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Budapest — Ferenc Liszt (BUD), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Budapest
J1 → J3 · 3 nuits · 396.75 € par personne
Deux villes de part et d'autre du Danube, cent vingt sources chaudes et un Parlement en dentelle
Buda et sa colline du château, Pest et ses boulevards, le Parlement sur le Danube, la plus grande synagogue d'Europe, et cent vingt sources chaudes dans lesquelles on se baigne depuis les Ottomans. ⚠️ L'étape la plus chère ; le Parlement se réserve des semaines à l'avance. Le tram 2 longe le fleuve, le métro 1 est le plus vieux du continent.
En savoir plus sur Budapest
Budapest est deux villes que le Danube sépare et que sept ponts réunissent : Buda, la colline du château, ses ruelles baroques et son bastion néo-roman au-dessus du fleuve ; Pest, la ville plate du XIXᵉ siècle, ses boulevards haussmanniens, son Parlement néogothique de 268 mètres de long et son quartier juif devenu celui des bars. Entre les deux, le pont des Chaînes de 1849, restauré et rouvert, et l'île Marguerite en parc.
Ce qui la distingue de toute autre capitale, ce sont ses bains : cent vingt sources chaudes sortent du sol, et l'on s'y baigne depuis les Romains et les Ottomans — Széchenyi et ses bassins jaunes en plein air, Gellért et ses mosaïques, Rudas sous sa coupole turque du XVIᵉ siècle. Une matinée aux bains fait partie du séjour au même titre que le Parlement ou la synagogue de la rue Dohány, la plus grande d'Europe.
⚠️ Budapest est l'étape la plus chère et la plus fréquentée du parcours, et le quartier juif est devenu la destination d'enterrement de vie de garçon de l'Europe : on y sort, on n'y dort pas forcément. Trois nuits sont un minimum pour Buda, Pest, les bains et le Parlement ; la quatrième se passe à l'île Marguerite, à Óbuda ou aux Grandes Halles. Le métro 1, le plus vieux du continent, le tram 2 le long du fleuve et le funiculaire du château font tout — un pass de 72 heures se rentabilise le premier jour.
À table
- Gulyás — ici une soupe, pas un ragoût : bœuf, pomme de terre, paprika et petites pâtes pincées, dans les bistrots de quartier (étkezde) à l'heure du menu du midi.
- Lángos — la galette de pâte frite à l'ail, à la crème aigre et au fromage râpé, à l'étage des Grandes Halles ou aux kiosques des bains.
- Pörkölt et nokedli — le ragoût de bœuf ou de porc au paprika avec ses petites quenelles d'œuf, le plat du dimanche.
- Töltött káposzta — les feuilles de chou farcies de viande et de riz, à la choucroute et à la crème, dans toute csárda.
- Kürtőskalács — le gâteau-cheminée grillé sur la braise et roulé dans le sucre ou la cannelle, aux stands des marchés de Noël et de l'été ; ⚠️ celui-ci est bien hongrois.
- Dobos torta — le gâteau à sept couches au chocolat et son toit de caramel, inventé ici en 1884, au Gerbeaud ou dans une cukrászda de quartier.
Jour 1
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Bastion des pêcheurs Une terrasse néo-romane de 1902 en calcaire blanc, sept tours coniques pour les sept tribus magyares, et la vue classique sur le Parlement et le Danube — un décor bâti pour être regardé, jamais une fortification. Les terrasses basses et les escaliers sont libres à toute heure ; seul le niveau supérieur se paie en journée. ⚠️ Y aller à l'aube ou après vingt heures : à midi les cars y sont tous.gratuitmarchéEn savoir plus
C'est Frigyes Schulek encore, l'architecte de l'église Matthias, qui a dessiné entre 1895 et 1902 cette terrasse de galeries, d'escaliers et de tourelles autour de son église : un décor néo-roman posé sur les remparts médiévaux, pour donner à l'église un socle et à la ville un belvédère. Le nom vient de la corporation des pêcheurs qui, dit la tradition, défendait ce tronçon de muraille au Moyen Âge — ou du marché au poisson qui se tenait en contrebas.
Entre le bastion et l'église, la statue équestre de saint Étienne, le premier roi, tient la place ; derrière, l'hôtel Hilton a été construit dans les années 1970 sur les ruines d'un couvent dominicain, dont il a gardé une tour et un pan de mur gothique. Le bastion lui-même a été très abîmé en 1945 et restauré par le fils de Schulek.
Les terrasses basses, les escaliers et la vue sont libres jour et nuit ; seules les tours hautes se paient en journée, et elles n'offrent guère plus que les galeries en dessous — quelques mètres de hauteur. ⚠️ Le matin tôt, avec le Parlement dans le contre-jour, ou la nuit, quand il est éclairé, sont les deux moments ; entre les deux, c'est le lieu le plus dense de Budapest.
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Le Parlement, visite guidée Le plus grand bâtiment du pays, néogothique, achevé en 1904 : 268 mètres de façade sur le Danube, 691 pièces, quarante kilos d'or dans les décors, et sous la coupole la Sainte Couronne de Hongrie, gardée par deux soldats. La visite guidée de trois quarts d'heure passe par l'escalier d'honneur, la salle de la Couronne et l'ancienne chambre haute. ⚠️ Réserver en ligne des semaines à l'avance en été ; le tarif est plus élevé hors Union européenne, passeport demandé à l'entrée.39 €cultureEn savoir plus
Imre Steindl a gagné le concours de 1882 avec un projet inspiré de Westminster, et il est mort quelques semaines avant l'inauguration de 1902, presque aveugle, sans avoir vu son bâtiment achevé. Le plan est symétrique : deux ailes identiques pour les deux chambres d'alors, la coupole au milieu. Depuis 1945 le Parlement n'a plus qu'une chambre, et c'est l'ancienne chambre haute, inutilisée, que l'on visite — les députés siègent dans l'autre.
Dans le couloir devant la salle, des porte-cigares numérotés en cuivre courent le long des fenêtres : les députés y posaient leur cigare allumé avant d'entrer voter, et le retrouvaient à leur numéro en sortant. Sous la coupole, la Sainte Couronne, transférée ici du Musée national en 2000, avec sa croix penchée que personne n'a jamais redressée, et deux gardes qui se relèvent au pas.
L'entrée des visiteurs est souterraine, côté nord de la place Kossuth, avec un contrôle de type aéroport ; le billet se prend en ligne à l'heure près, et les créneaux en français sont peu nombreux. ⚠️ Les jours de séance, la visite peut être écourtée ou annulée sans grand préavis. Le tram 2, qui longe le fleuve, s'arrête devant.
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Bains Széchenyi Le plus grand complexe thermal d'Europe, néobaroque et jaune, dans le parc du Bois-de-Ville : trois bassins en plein air à 27, 34 et 38 degrés où l'on joue aux échecs dans l'eau, quinze bassins intérieurs, saunas et hammams, alimentés par une source à 77 degrés forée à mille mètres. Ouvert tous les jours de l'année, sous la neige en hiver. ⚠️ Semaine moins cher que week-end ; billet avec casier, cabine en supplément ; bonnet obligatoire dans le bassin de nage.36 €détenteEn savoir plus
Le bâtiment jaune et néobaroque a ouvert en 1913 dans le Bois-de-Ville, sur l'emplacement d'un puits artésien foré au XIXᵉ siècle par l'ingénieur Vilmos Zsigmondy, qui avait creusé près d'un kilomètre pour atteindre l'eau chaude de Pest. Un second puits, plus profond encore, a été percé dans les années 1930 et alimente toujours les bassins.
La cour extérieure est ce qu'on connaît par les photos : le grand bassin de nage, le bassin chaud où l'on joue aux échecs sur des planches flottantes, et celui du milieu avec son tourbillon qui emporte tout le monde. Mais l'intérieur, moins photographié, est là où les Budapestois vont vraiment : une enfilade de bassins de température croissante, sous des voûtes carrelées, avec les saunas et les bains de vapeur.
Prends des tongs, un bonnet pour la piscine de nage, et une serviette — tout se loue, cher. Le casier suffit ; la cabine sert à ceux qui viennent à plusieurs. Le métro 1, le jaune, a une station à la porte. ⚠️ Vingt minutes dans l'eau chaude, puis on sort : les malaises de touristes sont la routine des secouristes. L'hiver, la vapeur au-dessus des bassins extérieurs et la neige sur les rebords sont la meilleure version de l'endroit.
Jour 2
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Grandes Halles et la promenade du Danube Le grand marché couvert de 1897, au bout de la rue Váci, sous une nef de fer et un toit de tuiles Zsolnay : au rez-de-chaussée le paprika en guirlandes, les salamis, le foie gras, les cornichons en tonneau ; à l'étage les stands de lángos et de plats mijotés. On en sort sur le quai de Pest et l'on remonte le Danube à pied jusqu'au Parlement, par le pont des Chaînes et les Chaussures sur la rive, le mémorial de 1944. ⚠️ Fermé le dimanche.gratuitmarchéEn savoir plus
Samu Pecz a dessiné en 1897 la plus grande des cinq halles construites la même année par la ville, qui voulait sortir le marché de la rue : une nef de fer sous un toit de tuiles Zsolnay, à la tête du pont de la Liberté. Le rez-de-chaussée est encore un marché de Budapestois — bouchers, volaillers, paprika, tokaji — avec les cornichons et les poissons au sous-sol ; l'étage, lui, est aux touristes, et c'est là qu'on mange debout.
En sortant, prends le quai vers le nord. Le tram 2 le suit, mais à pied on voit ce qu'il rate : la Petite Princesse assise sur la rambarde devant le Vigadó, un bronze grandeur d'enfant ; les lions du pont des Chaînes, le premier pont fixe entre Buda et Pest en 1849, et la légende qui veut qu'ils n'aient pas de langue — ils en ont une, invisible d'en bas ; puis, passé le pont, les Chaussures : soixante paires en fonte alignées au bord de l'eau, à l'endroit où les Croix fléchées faisaient déchausser les Juifs avant de les tirer dans le fleuve, l'hiver 1944-1945.
Le mémorial n'a ni grille ni panneau ; on le manque si l'on ne le cherche pas. ⚠️ Les Halles ferment le dimanche et en début d'après-midi le samedi ; le matin en semaine est le vrai marché.
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Colline Gellért et la Citadelle Une colline de 235 mètres au-dessus du Danube, en face du centre, montée par des escaliers et des sentiers depuis le pont de la Liberté en une demi-heure : la statue de la Liberté de 1947, la citadelle autrichienne de 1854 en restauration, et la vue la plus large sur les deux villes, les ponts et le Parlement, surtout à la tombée de la nuit. Au pied, l'hôtel Gellért et ses bains Art nouveau, et l'église troglodyte des paulins dans la falaise.gratuitnatureEn savoir plus
Gellért était un moine vénitien devenu évêque sous saint Étienne, et la légende veut qu'en 1046 des païens révoltés l'aient enfermé dans un tonneau et roulé du haut de cette colline dans le Danube. Sa statue, au-dessus du pont Élisabeth, lève une croix vers Pest depuis 1904, dans une colonnade avec une cascade en dessous. Le sentier qui part de là monte en lacets dans les arbres et l'on découvre la ville par morceaux, un pont à chaque virage.
Au sommet, la Citadelle : les Autrichiens l'ont bâtie en 1854, après la révolution de 1848, avec les canons tournés vers la ville et non vers l'ennemi — une menace à ciel ouvert pour Pest et Buda. La statue de la Liberté date de 1947 ; le soldat soviétique qui montait la garde à ses pieds a été déménagé en 1992 au parc des statues. Un chantier de restauration occupe la citadelle depuis plusieurs années et en ferme des parties.
Au pied, côté pont de la Liberté, l'église troglodyte des Paulins : les communistes en ont muré l'entrée en 1951, elle a rouvert en 1989. Le bus 27 monte presque en haut si tu n'as pas envie des escaliers ; à la tombée du jour, quand les ponts s'allument, c'est la plus belle vue de la ville, et elle est gratuite.
Jour 3
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Le quartier juif et ses bars en ruine Le VIIᵉ arrondissement, l'ancien ghetto, est devenu dans les années 2000 le quartier des bars installés dans des immeubles condamnés — le Szimpla Kert, le premier, une cour pleine de meubles dépareillés, de baignoires et de vieilles Trabant, ouvre encore le chemin. Autour, des rues de restaurants, de street food et de fresques, le marché fermier du dimanche matin au Szimpla, et les trois synagogues à cinq minutes. ⚠️ Bruyant jusqu'à l'aube : on y sort, on n'y dort pas.gratuitdétenteEn savoir plus
Le Szimpla Kert a ouvert en 2002 dans un immeuble promis à la démolition, et l'idée était simple : louer pour rien un bâtiment que personne ne voulait, y mettre des meubles trouvés et des bières pas chères, et attendre le bulldozer. Vingt ans plus tard, le VIIᵉ arrondissement en compte des dizaines, et le Szimpla est devenu une institution avec ses fresques, ses baignoires en fauteuil, sa Trabant coupée en deux, et son marché de producteurs le dimanche matin dans la cour.
Le quartier est aussi l'ancien ghetto de 1944, et ses trois synagogues racontent trois judaïsmes : la Dohány, néologue et immense ; la rue Rumbach, dessinée par Otto Wagner, le Viennois de la Sécession, longtemps en ruine et rouverte restaurée ; la rue Kazinczy, orthodoxe, Art nouveau. Entre les trois, le passage Gozsdu et ses bars alignés, les fresques murales, et la file des camions du Karaván à côté du Szimpla.
⚠️ Le soir, les rues Kazinczy et Király sont celles des enterrements de vie de garçon : bruyantes jusqu'à l'aube, et certains bars y gonflent les additions. Vérifie la note. Le quartier se visite le jour pour les synagogues et l'architecture, le soir pour un verre — et l'on dort ailleurs.
48 € hébergement · 35 € repas · 7 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de l'avenue Andrássy, 95 € la nuit.
- Budapest → Eger — M3 — 140 km, 1 h 30, 6 € par personne (12 € à partager).
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02. Eger
J4 → J5 · 2 nuits · 178.5 € par personne
La ville du siège de 1552, ses caves à Bikavér et son minaret sans mosquée
La ville du siège de 1552, baroque et jaune : le château et ses casemates, le minaret turc sans mosquée, le bain turc sous coupole, et à vingt minutes à pied la vallée des Belles Femmes et ses cent caves à Bikavér. À deux heures de train de Budapest ; on y dort pour la soirée dans les caves.
En savoir plus sur Eger
Eger est la ville que tous les Hongrois connaissent depuis l'école : en 1552, deux mille défenseurs y ont repoussé quarante mille Turcs, et les femmes d'Eger versant de la poix bouillante sur les assaillants sont dans tous les manuels. Le château est là, sur sa colline au-dessus de la ville, avec ses casemates et le musée du siège. Les Turcs sont revenus quarante ans plus tard et sont restés un siècle : il en reste un minaret de quarante mètres, le plus septentrional de l'ancien empire, et un bain turc sous coupole où l'on se baigne encore.
La ville elle-même est baroque, jaune et ocre, bâtie par les évêques au XVIIIᵉ siècle : une basilique néoclassique, un lycée avec une bibliothèque à fresques et une camera obscura, des places à terrasses. Et à vingt minutes à pied, la vallée des Belles Femmes, la Szépasszony-völgy : une centaine de caves creusées dans le tuf, en fer à cheval, où chaque vigneron sert son Bikavér et son Egri Csillag au verre, sur des tables de bois, jusqu'à la nuit.
⚠️ Eger est à deux heures de train de Budapest et se visite en excursion ; y dormir permet de finir la soirée dans la vallée, ce qui est le vrai programme. Deux nuits, trois pour le Bükk — Szilvásvárad et sa vallée de Szalajka en petit train, ou les gorges du plateau. Tokaj est à deux heures et demie à l'est.
À table
- Egri Bikavér — le « sang de taureau », l'assemblage rouge de la ville, à goûter dans les caves de la vallée des Belles Femmes, verre après verre, de cave en cave.
- Egri Csillag — l'« étoile d'Eger », le blanc sec d'assemblage créé en 2010 pour répondre au Bikavér, dans les mêmes caves.
- Palócleves — la soupe des Palóc, la minorité du Nord : agneau ou porc, haricots verts, pomme de terre, paprika et crème aigre, dans les restaurants de la rue Dobó.
- Pogácsa — les petits pains briochés au fromage ou aux grattons, servis avec le vin dans les caves.
Jour 4
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La vallée des Belles Femmes À vingt minutes à pied du centre, une vallée en fer à cheval creusée d'une centaine de caves dans le tuf volcanique, chacune avec ses tables devant la porte, où les vignerons servent leur Bikavér, leur Egri Csillag et leurs blancs au verre ou au pichet. On passe de cave en cave, on mange des pogácsa, et la soirée s'étire. L'entrée dans la vallée est libre ; les verres se paient, très peu. ⚠️ Le week-end en été, les cars d'enterrement de vie de garçon arrivent après vingt heures.gratuitmarchéEn savoir plus
Personne ne sait d'où vient le nom — chaque cave a sa version. Ce qui est sûr, c'est la roche : un tuf volcanique tendre, dans lequel on a creusé depuis des siècles des galeries qui gardent la même fraîcheur toute l'année, et devant lesquelles les vignerons ont posé des tables. La vallée est un fer à cheval de caves numérotées, certaines réduites à une porte et un banc, d'autres devenues des restaurants avec musiciens.
Le Bikavér, le sang de taureau, est un assemblage rouge dont la base est aujourd'hui le kékfrankos ; la légende qui le rattache au siège de 1552 — les Turcs auraient cru que les défenseurs buvaient du sang — est belle et n'est qu'une légende. L'Egri Csillag, son pendant blanc, est une invention récente des vignerons de la ville. Les deux se goûtent au verre ou au pichet, cave après cave, et la différence entre un producteur et l'autre s'apprend en une soirée.
Depuis le centre, une demi-heure de marche, ou le petit train touristique à la belle saison. Prends une veste pour l'intérieur des caves. ⚠️ Les caves ne tiennent pas toutes les mêmes heures ; en semaine, hors saison, plusieurs sont closes dès la fin d'après-midi, et le samedi d'été elles débordent.
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Château d'Eger La forteresse du siège de 1552, où deux mille hommes et femmes ont tenu contre l'armée ottomane pendant trente-neuf jours : remparts, bastions, casemates souterraines, le musée du siège avec le panorama, la tombe de Gárdonyi, l'auteur du roman que tous les Hongrois ont lu, et les ruines de la cathédrale gothique. Le billet couvre toutes les expositions. ⚠️ Les casemates se visitent avec un guide ; la terrasse donne sur la ville entière.13 €cultureEn savoir plus
En septembre 1552, l'armée ottomane s'est présentée devant Eger, et le capitaine István Dobó lui a fermé la porte avec deux mille personnes, soldats, paysans, femmes. Trente-neuf jours plus tard, les Turcs ont levé le camp. Ce n'était qu'un répit — la ville est tombée en 1596 — mais le pays s'en souvient comme d'une victoire, et Géza Gárdonyi en a fait en 1901 le roman que tous les écoliers hongrois lisent, Les Étoiles d'Eger.
Gárdonyi est enterré dans le château, sous une pierre qui dit seulement : « Son corps seulement ». Le musée, dans l'ancien palais gothique des évêques, montre les armes, une maquette du siège et un panorama peint ; en dessous, les casemates, ces galeries de tir creusées sous les bastions, se parcourent avec un guide. Dans la cour, les fondations de la cathédrale médiévale, détruite pendant la guerre turque, dessinent au sol une église qui n'existe plus.
Monte par la rampe depuis la place Dobó, où la statue du capitaine lève son épée. Les remparts font le tour, et la ville est en bas, ses coupoles et son minaret. ⚠️ Les casemates sont fraîches, même l'été ; les visites guidées y partent à heures fixes et la dernière est bien avant la fermeture.
Jour 5
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Basilique, Lycée et la ville baroque La deuxième plus grande église du pays, néoclassique, à colonnes et coupole, bâtie en 1836 par l'archevêque Pyrker face au Lycée, dont la bibliothèque baroque à plafond peint et la camera obscura du dernier étage se visitent pour peu. Entre les deux, la place Eszterházy ; plus bas, la place Dobó avec l'église des Minorites, la plus belle façade baroque de Hongrie, et les terrasses. La ville se fait à pied en une heure et demie.gratuitmarchéEn savoir plus
Les deux bâtiments se font face, et ce n'est pas un hasard : l'archevêque Pyrker a commandé la basilique en 1831 à József Hild pour donner à sa ville une cathédrale à la mesure de son rang, et l'évêque Eszterházy avait bâti le Lycée une soixantaine d'années plus tôt pour y installer une université — Vienne le lui a refusé, et le bâtiment est resté un séminaire et une école. La basilique est néoclassique, avec des colonnes et un escalier monumental ; on y entre librement.
Le Lycée est ce qu'il faut voir. Sa bibliothèque, à l'étage, est une salle baroque de bois sombre dont le plafond a été peint en 1778 par Johann Lukas Kracker : le concile de Trente, des dizaines de personnages en trompe-l'œil, la première fresque de bibliothèque du pays. Tout en haut de la tour, l'observatoire du XVIIIᵉ siècle a gardé sa camera obscura, un miroir et une lentille qui projettent la ville vivante sur une table blanche, dans le noir.
Descends ensuite vers la place Dobó par la rue Kossuth, entre les palais baroques et leurs grilles de fer forgé de Fazola ; l'église des Minorites, sur la place, a été dessinée par un architecte de Prague, Dientzenhofer. Le tout se fait à pied en une matinée.
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Le minaret Quarante mètres de pierre à quatorze côtés, construits vers 1596 pour une mosquée démolie depuis : le minaret ottoman le plus au nord d'Europe, resté seul au milieu d'une place, coiffé d'une croix posée en 1829. Quatre-vingt-dix-sept marches en colimaçon, dans un boyau où l'on ne se croise pas, jusqu'à la galerie et la vue sur les toits. ⚠️ Fermé de novembre à mars, et par vent fort ; à éviter si l'on est claustrophobe.payantcultureEn savoir plus
Les Turcs ont pris Eger en 1596 et l'ont gardée près d'un siècle ; ils y ont bâti des mosquées, des bains, des minarets, et de tout cela il reste ceci : une aiguille de grès à quatorze faces, la mosquée qui la portait ayant été démolie au XIXᵉ siècle. On l'a coiffée d'une croix, et la légende locale veut qu'avant cela des habitants aient essayé de l'abattre en y attelant des bœufs — elle n'a pas bougé.
L'escalier intérieur est un colimaçon de pierre si étroit qu'on y monte les épaules contre les murs, dans le noir presque complet, et qu'on ne peut pas s'y croiser : on attend en bas que ceux du haut redescendent. La galerie, au sommet, fait le tour de la tour sur quelques dizaines de centimètres de large, avec une rambarde ; la vue sur les toits de la ville, le château et la basilique vaut l'effort, mais pas pour tout le monde.
⚠️ Si les espaces étroits, le noir ou le vide te gênent, reste en bas : on ne fait pas demi-tour à mi-chemin quand quelqu'un monte derrière. Le minaret ferme l'hiver et par vent fort. Il est à cinq minutes à pied de la place Dobó, seul au milieu d'une petite place.
31 € hébergement · 28 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension baroque dans le centre, 62 € la nuit.
- Eger → Balaton — M3 et M7 par Budapest — 270 km, 3 h, 12 € par personne (24 € à partager).
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03. Balaton
J6 → J7 · 2 nuits · 205 € par personne
La « mer hongroise » : un lac de 77 kilomètres, une presqu'île de lavande, des volcans à vignes et un lac chaud
La mer des Hongrois, prise par sa rive nord : Balatonfüred et sa promenade 1900, l'abbaye de Tihany sur sa falaise et sa lavande, les volcans à vignes de Badacsony, le château de Szigliget, et à l'ouest le palais Festetics et le lac thermal de Hévíz. ⚠️ Prix doublés en juillet-août ; le train longe la rive, le vélo en fait le tour.
En savoir plus sur Balaton
Le Balaton est le plus grand lac d'Europe centrale, soixante-dix-sept kilomètres de long, et la mer des Hongrois depuis que le pays n'en a plus : peu profond, tiède en été, vert-de-gris, avec une rive sud plate et bétonnée de stations balnéaires, et une rive nord de collines volcaniques, de vignes et de villages anciens. C'est la rive nord qu'on fait ici, depuis Balatonfüred, la vieille ville d'eaux aux villas 1900 et à la promenade Tagore, à deux heures de train de Budapest.
Trois lieux au moins : Tihany, la presqu'île volcanique au milieu du lac, avec son abbaye bénédictine de 1055 sur la falaise — l'acte de fondation est le plus vieux texte contenant des mots hongrois —, son village de maisons de pêcheurs à toit de chaume, ses champs de lavande en juin et son lac intérieur ; Badacsony et les collines volcaniques en forme de cercueil couvertes de vignes, avec Szigliget et son château en ruine sur son piton ; et tout à l'ouest, Keszthely, le palais des Festetics, et Hévíz, le plus grand lac thermal du monde, où l'on se baigne à 33 degrés au milieu des nénuphars, l'hiver sous la vapeur.
⚠️ Juillet-août, la rive est pleine et les prix doublent ; mai, juin et septembre sont les mois du lac, l'eau à 22 degrés dès la mi-juin. Le train longe la rive nord d'une gare à l'autre, les bateaux traversent, et la piste cyclable fait le tour complet, deux cents kilomètres. Trois nuits pour les trois lieux ; c'est la dernière étape, et Budapest est à deux heures.
À table
- Hekk — le colin frit en filets, servi au papier avec des frites et une bière aux stands des plages : ⚠️ ce n'est pas un poisson du lac, c'est la tradition estivale de toute la rive.
- Fogas — le sandre du Balaton, le seul poisson noble du lac, grillé ou pané, dans les restaurants de Tihany et de Balatonfüred.
- Lángos — la galette frite à l'ail et à la crème, mangée les pieds dans le sable, aux mêmes stands que le hekk.
- Vin de Badacsony — les blancs des pentes volcaniques, szürkebarát (pinot gris) et kéknyelű, le cépage qui n'existe qu'ici, dans les caves à terrasse de la colline.
- Levendula de Tihany — la lavande de la presqu'île, en glace, en sirop et en limonade, dans les cafés du village en juin.
Jour 6
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Abbaye de Tihany L'abbaye bénédictine fondée en 1055 par le roi André Iᵉʳ sur la falaise de la presqu'île, dont l'acte de fondation, conservé à Pannonhalma, est le plus vieux document contenant des mots hongrois ; la crypte romane où le roi est enterré, seule tombe royale de Hongrie restée en place ; l'église baroque à deux tours refaite en 1754, avec ses boiseries sculptées ; et le musée dans le couvent. La terrasse donne sur tout le lac. ⚠️ Fermée le dimanche matin pour la messe.9 €cultureEn savoir plus
André Iᵉʳ l'a fondée en 1055 pour des bénédictins, sur la falaise de la presqu'île, et il s'y est fait enterrer cinq ans plus tard : sa dalle est toujours dans la crypte romane, la seule tombe de roi de la maison d'Árpád restée à sa place. L'acte de fondation, rédigé en latin par un clerc qui a glissé des mots hongrois là où le latin lui manquait, est le plus ancien document où la langue apparaisse ; l'original est à Pannonhalma, la copie ici.
L'église d'aujourd'hui est baroque, refaite au XVIIIᵉ siècle sur la crypte, et ses boiseries sculptées sont l'œuvre d'un frère convers menuisier, Sebestyén Stulhoff, qui y a travaillé de longues années. Le couvent a aussi servi de prison à un empereur : en octobre 1921, après sa seconde tentative de reprendre son trône de Hongrie, Charles IV et l'impératrice Zita y ont été gardés quelques jours avant d'être remis aux Alliés et envoyés à Madère. Le musée du couvent raconte l'abbaye et l'épisode.
La terrasse devant l'église donne sur le lac dans les deux directions ; c'est la vue de Tihany. ⚠️ La messe ferme l'église aux visiteurs, le dimanche matin ; le village est bondé en juin, aux jours de la lavande, et l'abbaye avec lui.
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Tihany, le village, la lavande et le lac intérieur La presqu'île volcanique au milieu du lac : un village de maisons de pêcheurs à toits de chaume et murs blancs, des cônes de geysers fossiles, le lac intérieur à vingt-cinq mètres au-dessus du Balaton, et en juin les champs de lavande plantés dans les années 1920, avec leur fête et leur glace. Un sentier fait le tour de la presqu'île en trois heures, par l'ermitage troglodyte et l'écho. Le bateau y va depuis Balatonfüred, le bac depuis Szántód sur l'autre rive.gratuitmarchéEn savoir plus
La presqu'île est un morceau de volcan — des tufs, et surtout des cônes de geysers fossiles, une centaine de bosses de calcaire dans la lande que l'eau chaude a bâties il y a des millions d'années. C'est le premier paysage protégé de Hongrie, dès 1952, et la protection se voit : pas d'hôtels sur les pentes, des vignes, des prés, et le lac intérieur, sans rive bâtie, où pêchent les hérons.
Au village, les maisons de pêcheurs à toit de roseaux et murs blancs ont été sauvées comme un ensemble. Sur la pente sous l'abbaye, des cellules taillées dans la roche rappellent les moines de rite grec qu'une reine venue de Kiev y avait installés au XIᵉ siècle. Et depuis les années 1920, la lavande : plantée d'abord pour l'huile, elle couvre les champs à l'est du village, et la floraison de juin est devenue une fête, avec la cueillette, la glace et la limonade violette.
Le sentier qui fait le tour de la presqu'île passe par la colline de l'écho, l'ermitage et le lac intérieur ; demi-journée, chaussures de marche, pas d'ombre sur la lande. Le bateau vient de Balatonfüred, le bac de Szántód, sur l'autre rive, en quelques minutes — le seul endroit où l'on traverse le lac aussi vite.
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Balatonfüred, la promenade Tagore et les bains La plus ancienne station du lac, celle des cures de petit-lait et de la source acidulée au XIXᵉ siècle : la promenade Tagore sous les platanes, plantée d'arbres par les célébrités de passage — Rabindranath Tagore le premier, guéri ici en 1926 —, les villas de la place Gyógy, le port des voiliers, et les plages où l'on se baigne dans une eau tiède et peu profonde. Le soir, toute la ville marche sur la promenade avec un cornet de glace.gratuitdétenteEn savoir plus
Füred a été la première station du lac, et elle ne le doit pas à l'eau tiède du Balaton mais à une source : une eau acidulée, gazeuse, ferrugineuse, que l'on buvait au XVIIIᵉ siècle contre les maux d'estomac, et qui coule toujours, gratuite, dans le pavillon de la place Gyógy — goûte-la, elle pique. Autour, les villas de la belle époque, l'hôtel où se tient depuis 1825 le bal d'Anne, en juillet, et l'hôpital du cœur qui fait de la ville, aujourd'hui encore, une ville de cure.
La promenade porte le nom du poète indien Rabindranath Tagore, soigné ici en 1926, qui a planté un tilleul en partant ; depuis, les hôtes célèbres en plantent un à leur tour, avec leur plaque. Au bout, le port des voiliers : le premier bateau à vapeur du lac est parti d'ici en 1846, et la course du Ruban bleu, qui fait le tour du Balaton à la voile depuis les années 1930, y prend le départ chaque été.
Le soir, tout Füred marche sous les platanes avec une glace. Les plages sont des pelouses avec des pontons ; l'eau est tiède, peu profonde sur des dizaines de mètres, et le fond vaseux — des sandales. ⚠️ En juillet-août, la promenade est un boulevard : viens en juin ou en septembre.
Jour 7
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Lac thermal de Hévíz Le plus grand lac thermal naturel du monde où l'on puisse se baigner : quatre hectares d'eau à 33 degrés l'été, 24 l'hiver, alimentés par une source qui renouvelle tout le lac en trois jours, couverts de nénuphars, avec des pavillons de bois sur pilotis d'où l'on descend dans l'eau. On y flotte plutôt qu'on n'y nage, une heure ou deux ; c'est la cure de rhumatismes de toute l'Europe centrale depuis deux siècles. ⚠️ Le billet de trois heures suffit ; à sept kilomètres de Keszthely, en bus.12 €détenteEn savoir plus
Le lac est le cratère d'une source : à plusieurs dizaines de mètres sous la surface, une eau chaude jaillit avec un débit tel que le lac entier se renouvelle en quelques jours ; il ne gèle jamais, et l'hiver la vapeur le couvre. Les nénuphars sont des lotus rouges venus d'Inde, plantés à la fin du XIXᵉ siècle par un professeur qui a voulu voir s'ils tiendraient — ils ont tenu, et ils fleurissent dans l'eau chaude de juin à septembre.
Le comte Festetics a bâti le premier bain en 1795, et depuis, l'Europe centrale vient ici pour ses articulations : le fond est une boue légèrement radioactive que les cures appliquent, et l'eau, qu'on ne nage pas vraiment, porte. On flotte, sur une frite en mousse louée à l'entrée, entre les pavillons de bois sur pilotis — reconstruits après un incendie dans les années 1980 — d'où l'on descend par des escaliers, et l'on regarde les cygnes.
Le billet est au temps ; on ne reste pas des heures dans une eau à trente degrés et plus. Douche avant, bonnet inutile, sandales pour les passerelles. ⚠️ Le lac est dans un parc, à quelques minutes du centre de Hévíz ; le bus de Keszthely est fréquent, et l'hiver, dans la vapeur, c'est le meilleur moment.
36 € hébergement · 32 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension près de la promenade Tagore, 72 € la nuit.
- Balaton → Budapest — M7 — 130 km, 1 h 30, 6 € par personne (12 € à partager).
Le budget de ces 7 jours
804 € par personne pour 7 jours, soit 115 € / jour. À deux, 1 609 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 278 € | 35 % |
| Repas | 225 € | 28 % |
| Transport sur place | 11 € | 1 % |
| Location de voiture — 7 jours | 158 € | 20 % |
| Carburant et péages | 24 € | 3 % |
| Activités | 109 € | 14 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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