Islande en 14 jours : l'itinéraire jour par jour
3 660 € par personne sur place pour 14 jours, soit 261 € / jour — en 8 étapes, de Reykjavík à Snæfellsnes. En passant par Cercle d'Or, Côte sud, Skaftafell et Jökulsárlón, Fjords de l'Est, Mývatn, puis Akureyri.
Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Islande
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Reykjavík — Keflavík (KEF), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Reykjavík
J1 → J2 · 2 nuits · 609 € par personne
La capitale la plus au nord, et les bains de la péninsule
La capitale la plus septentrionale du monde, et une petite ville : 140 000 habitants, un centre qui se traverse en vingt minutes. C'est le point d'arrivée et le point de départ de tout le reste. ⚠️ Les grands bains — Blue Lagoon, Sky Lagoon — se réservent à l'heure et affichent complet des semaines à l'avance en été.
En savoir plus sur Reykjavík
Reykjavík est la capitale la plus septentrionale du monde et compte cent quarante mille habitants — moins qu'une préfecture française moyenne. Son centre se traverse en vingt minutes à pied, ce qui déroute ceux qui attendent une capitale : quelques rues de maisons en tôle ondulée peinte, un port, une église moderniste qui domine tout, et l'essentiel est vu.
Elle n'est donc pas une destination mais un point d'ancrage : c'est là qu'on arrive, qu'on loue le véhicule et qu'on repart, et l'on y passe généralement la première et la dernière nuit. L'aéroport international est à Keflavík, quarante-cinq minutes plus à l'ouest, desservi par des navettes régulières.
⚠️ Les grands bains géothermiques se réservent à l'heure et affichent complet plusieurs semaines à l'avance en été — le Blue Lagoon, sur la route de l'aéroport, et le Sky Lagoon, en ville, ne se décident pas la veille. Une alternative que peu de visiteurs connaissent : les piscines de quartier, géothermiques elles aussi, coûtent quelques euros, sont ouvertes tous les jours du matin au soir et constituent le vrai lieu de sociabilité islandais, avec leurs bassins chauds à différentes températures. ⚠️ La douche nue et savonnée avant l'entrée y est obligatoire et surveillée : ce n'est pas négociable.
À table
- Pylsa — le hot-dog d'agneau « avec tout », oignons crus et frits, moutarde douce et rémoulade, au kiosque Bæjarins Beztu près du port.
- Plokkfiskur — le poisson blanc émietté et mélangé à une purée de pommes de terre et d'oignons, plat de tous les jours servi avec du pain de seigle.
- Kjötsúpa — la soupe d'agneau aux légumes racines, épaisse, dans les cafés du centre par temps de pluie.
- Skyr — le laitage épais et acidulé, entre yaourt et fromage frais, nature ou aux myrtilles, au petit-déjeuner.
- Hákarl — le requin fermenté, en dés, avec un verre de brennivín pour faire passer ; on le goûte une fois.
Jour 1
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Hallgrímskirkja et le vieux Reykjavík Une église de béton dont la façade imite les orgues basaltiques du pays, mise quarante et un ans à construire. L'ascenseur du clocher donne la ville entière en toits de tôle colorée. En dessous, les rues de maisons en bois de Þingholt.8 €cultureEn savoir plus
De près, la façade ne se contente pas d'évoquer le basalte : deux ailes de colonnes de béton montent en s'élançant de part et d'autre du clocher, comme une coulée qui refroidit. Guðjón Samúelsson, architecte d'État, a passé sa carrière à chercher une architecture nationale dans la roche du pays — on retrouvera la même idée tout au nord du parcours, à l'église d'Akureyri. L'intérieur prend le contre-pied : une nef blanche, nue, presque sans décor, où l'on n'a laissé qu'un orgue allemand de plusieurs milliers de tuyaux.
Devant le porche, la statue de Leifur Eiríksson est arrivée avant l'église. Les États-Unis l'ont offerte en 1930 pour le millénaire de l'Alþingi et on l'a plantée sur cette colline alors que rien n'y était encore bâti : le navigateur qui a atteint l'Amérique cinq siècles avant Colomb regarde donc l'océan depuis un socle plus vieux que le bâtiment derrière lui.
La rue qui monte droit à l'église, Skólavörðustígur, a été peinte en arc-en-ciel pour la marche des fiertés, et on l'a gardée ainsi : c'est de son bas que se prend la photographie. En haut du clocher, les ouvertures sont étroites et vitrées : la ville se découvre par tranches, en faisant le tour.
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Blue Lagoon Une eau laiteuse à 38 °C, bleu opaque à cause de la silice, dans un champ de lave noire — c'est en réalité le rejet d'une centrale géothermique, et ça n'enlève rien. ⚠️ Tarification variable selon l'heure, réservation obligatoire, et c'est le site le plus fréquenté du pays.84 €détenteEn savoir plus
Le Blue Lagoon n'est pas une source naturelle : c'est le bassin de rejet de la centrale géothermique de Svartsengi. L'eau, pompée à plus de deux mille mètres de profondeur pour produire de l'électricité et du chauffage urbain, est ensuite évacuée dans le champ de lave — et l'on s'est aperçu dans les années 1980 qu'elle ne s'infiltrait pas, la silice qu'elle contient colmatant la roche poreuse. Le lagon s'est donc formé tout seul.
Cette silice explique aussi la couleur : elle reste en suspension et diffuse la lumière, ce qui donne un blanc laiteux qui vire au bleu. C'est également elle qu'on étale en masque sur le visage. L'origine industrielle du lieu n'enlève rien à l'expérience et beaucoup de visiteurs l'ignorent complètement.
⚠️ C'est le site le plus fréquenté d'Islande : la réservation est obligatoire, le créneau est horodaté, et les tarifs varient selon l'heure et la saison. Il se trouve sur la route entre l'aéroport et Reykjavík, ce qui en fait une halte logique en arrivant ou en repartant — c'est même son meilleur usage. ⚠️ La silice abîme les cheveux et les rend collants ; l'après-shampoing fourni sur place s'applique avant d'entrer, pas après.
Jour 2
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Piscines géothermales de quartier Chaque quartier a la sienne, ouverte à 6 h 30, chauffée par le sol, avec plusieurs bassins chauds à températures étagées. C'est le vrai lieu de vie sociale islandais — dix fois moins cher qu'un lagon touristique et infiniment plus intéressant.8 €détenteEn savoir plus
Chaque quartier islandais a sa piscine, chauffée par l'eau géothermique du réseau, ouverte tôt le matin et tard le soir, toute l'année et par tous les temps. Ce sont des équipements municipaux ordinaires, comme une bibliothèque, et ils coûtent une fraction du prix d'un lagon touristique.
C'est surtout le lieu de sociabilité central du pays. On ne va pas nager mais s'asseoir dans les hot pots, ces petits bassins chauds à températures étagées — de tièdes à brûlants — où l'on discute avec ses voisins. La conversation y est une institution, et l'on y parle politique et météo comme ailleurs au café. Il y a souvent aussi un bain froid et un sauna.
⚠️ La douche est obligatoire, entièrement nue, sans maillot, avec du savon, avant d'entrer dans les vestiaires humides — des schémas affichent les zones à laver et un employé le fait respecter. La règle surprend beaucoup de visiteurs étrangers et n'est pas négociable : l'eau des bassins étant peu chlorée, l'hygiène repose entièrement dessus. Ne pas la suivre est mal vu au point de faire sortir.
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Observation des baleines depuis le vieux port Baleines à bosse, petits rorquals et dauphins à bec blanc dans la baie de Faxaflói, d'avril à octobre. Les compagnies annoncent 90 % d'observation en été et offrent une seconde sortie sinon. Se couvrir bien plus qu'on ne le croit nécessaire.77 €natureEn savoir plus
La baie de Faxaflói est vaste et peu profonde, et la sortie ressemble peu aux images : on passe l'essentiel du temps à balayer une eau grise en cherchant un souffle, et ce qu'on voit le plus souvent est un dos qui roule, rarement un saut. Les dauphins à bec blanc, eux, arrivent en bande et jouent dans la vague d'étrave. Du même quai partent en été les bateaux vers les îlots à macareux d'Akurey et de Lundey.
L'Islande est l'un des trois pays au monde à avoir maintenu une chasse commerciale à la baleine, et c'est le sujet dont on parle à bord. La viande part très majoritairement dans les assiettes des visiteurs : les Islandais n'en mangent quasiment plus, et des restaurants de Reykjavík se sont engagés publiquement à ne pas en servir. Commander de la baleine « pour goûter » est donc une demande de touriste, pas une coutume locale.
On distribue des combinaisons au quai, et il en faut. Les jumelles ne servent presque à rien : quand l'animal est là, il est près. Mieux vaut surveiller les oiseaux que l'eau — une nuée de mouettes qui travaille en surface signale le banc de poissons, donc ce qui le chasse par en dessous.
93 € hébergement · 62 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre-ville, 185 € la nuit.
- Reykjavík → Cercle d'Or — Route 36 puis 35, location prise à Keflavík, 1 h 30, 43 € par personne (85 € à partager).
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02. Cercle d'Or
J3 → J4 · 2 nuits · 429 € par personne
Faille continentale, geyser et chute de Gullfoss
Trois sites sur une boucle de trois cents kilomètres au départ de Reykjavík : la faille entre deux plaques continentales, un geyser qui jaillit toutes les huit minutes, et une chute à deux étages. C'est la journée la plus fréquentée d'Islande — partir tôt ou tard, jamais avec les cars du milieu de matinée.
En savoir plus sur Cercle d'Or
Le Cercle d'Or n'est pas un lieu mais une boucle d'environ trois cents kilomètres au départ de Reykjavík, qui relie trois sites très différents et se fait facilement en une journée. C'est le circuit le plus fréquenté du pays, précisément parce qu'il est court et qu'il donne un condensé de ce que l'Islande a de singulier.
Þingvellir est le seul endroit au monde où l'on marche à sec dans le rift entre deux plaques continentales, celles d'Amérique et d'Eurasie, qui s'écartent de deux centimètres par an ; c'est aussi le lieu où siégeait le plus ancien parlement d'Europe, dès 930. Geysir a donné son nom au phénomène mais ne jaillit plus ; c'est son voisin Strokkur qui souffle toutes les cinq à dix minutes. Gullfoss termine la boucle par une chute à deux paliers qui disparaît dans un canyon.
⚠️ La fréquentation est le vrai sujet. Les autocars partis de Reykjavík arrivent en milieu de matinée et repartent en milieu d'après-midi : entre dix et seize heures, les parkings sont pleins et les points de vue saturés. Partir à sept heures, ou faire la boucle en sens inverse en fin de journée, change tout — et en été, la lumière permet de visiter jusqu'à très tard. Silfra, la faille où l'on nage entre les deux plaques dans une eau à deux degrés, se réserve et se fait en combinaison étanche.
À table
- Hverabrauð — le pain de seigle cuit vingt-quatre heures dans le sable chaud des sources, déterré devant vous à Laugarvatn Fontana.
- Soupe de tomates de Friðheimar — servie dans la serre géothermique de Reykholt, au milieu des plants, avec du pain à volonté.
- Glace d'Efstidalur — la crème glacée de la ferme laitière, mangée face aux vaches derrière la vitre.
- Agneau islandais — élevé en liberté dans les montagnes tout l'été, en gigot ou en soupe dans les auberges de la route.
Jour 3
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Geysir et Strokkur Le Geysir d'origine — qui a donné son nom au phénomène dans toutes les langues — ne jaillit presque plus. Son voisin Strokkur prend le relais toutes les cinq à dix minutes, à vingt mètres, avec une bulle bleue qui se forme une seconde avant. Gratuit.gratuitnatureEn savoir plus
Le champ entier vaut la marche, pas seulement la colonne d'eau. Autour du Geysir endormi, la vapeur traverse le sentier, des vasques bleues fument à ras de terre et Blesi, la plus belle, est double : un bassin limpide et bouillant, et son jumeau collé contre lui, plus froid et bleu laiteux parce que la silice y précipite. Le sol entre les cordes est une croûte mince posée sur de l'eau à température d'ébullition.
Pendant des décennies, on a fait jaillir le Geysir à la demande en y versant du savon, par sacs entiers, les jours de fête nationale : le savon abaisse la tension de surface et déclenche l'éruption. La pratique a été abandonnée. Ce qui le réveille vraiment, ce sont les tremblements de terre — celui de l'an 2000, dans le sud de l'île, l'a remis en activité pour un temps avant qu'il ne retombe.
Le vent décide de tout : l'eau de Strokkur retombe brûlante, et se placer sous le panache n'est pas une question de patience mais de côté. Se mettre face au vent, avec le jet devant soi. Autre détail que les photographes apprennent sur place : après la grande éruption, une seconde, plus petite, suit souvent dans la foulée — et c'est celle-là qu'on rate en baissant l'appareil.
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Chute de Gullfoss Deux paliers à angle droit qui envoient la rivière dans un canyon de trente-deux mètres, avec un arc-en-ciel permanent par beau temps. Elle devait être noyée par un barrage dans les années 1920 ; la fille du propriétaire a menacé de s'y jeter, et le projet a été abandonné.gratuitnatureEn savoir plus
On ne la voit jamais en entier. Depuis la plate-forme haute, le second palier bascule dans une fente si étroite que la rivière semble s'enfoncer dans le sol : le canyon qui l'emporte est invisible tant qu'on n'est pas descendu. L'eau est blanche de farine glaciaire arrachée au Langjökull, et le sentier du bas mène sur un éperon de rocher qui met à hauteur de la lèvre, dans les embruns.
Le nom qui est resté est celui de Sigríður Tómasdóttir, fille du propriétaire du terrain, qui a fait plusieurs fois la route de Reykjavík pour empêcher qu'on loue la chute à des investisseurs. Une pierre gravée à son profil est plantée au-dessus. L'histoire de la menace de se jeter dans l'eau appartient au récit national ; ce qui est sûr, c'est qu'elle a porté l'affaire jusqu'au bout, et que son avocat, Sveinn Björnsson, est devenu le premier président de la République.
L'escalier entre les deux niveaux ferme dès que le gel prend, et les embruns givrent la pierre bien avant l'hiver. L'arc-en-ciel ne se forme qu'avec le soleil dans le dos, donc rarement au même moment sur les deux plates-formes : monter et descendre, plutôt que choisir. L'éperon du bas n'a pas de garde-corps sur ses côtés.
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Parc national de Þingvellir On marche dans la faille entre les plaques américaine et eurasienne, qui s'écartent de deux centimètres par an. C'est aussi là que siégeait l'Alþingi dès 930, le plus ancien parlement du monde. Le montant est le parking, l'entrée est libre.7 €natureEn savoir plus
La falaise noire d'Almannagjá, au pied de laquelle court le sentier, est le rebord de la plaque américaine ; en face, à des kilomètres, une autre falaise fait le même office pour l'eurasienne. Tout ce qu'il y a entre les deux s'enfonce et s'écarte. C'est pourquoi la photo « un pied sur chaque continent » est un joli mensonge : la frontière n'est pas un trait mais cette vallée entière, crevassée de failles remplies d'eau.
Le lögsögumaður, l'homme qui disait la loi, récitait de mémoire un tiers du droit chaque année depuis le Lögberg — il fallait trois ans pour tout entendre. En l'an 1000, plutôt que la guerre civile, l'assemblée a confié la décision à un seul homme, Þorgeir, prêtre païen lui-même : il s'est couché sous sa cape un jour et une nuit et s'est relevé en déclarant le pays chrétien, le sacrifice restant toléré en privé. Un peu plus bas, la vasque de Drekkingarhylur servait à noyer les condamnées.
Le stationnement se paie en ligne, par plaque d'immatriculation, et des caméras vérifient : l'amende arrive au loueur. Partir du parking haut permet de descendre toute la faille par la chute d'Öxarárfoss. Le vent s'engouffre dans la gorge et souffle bien plus fort qu'au-dessus.
Jour 4
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Cratère de Kerið et serres de Friðheimar Un cratère de scories rouges de trois mille ans, rempli d'une eau turquoise opaque. À côté, une ferme cultive des tomates sous serre géothermale toute l'année, à cette latitude, avec des bourdons importés — et sert une soupe de tomate au milieu des plants.5 €natureEn savoir plus
Ce qui frappe, dans un pays entièrement noir, c'est la couleur : les parois sont rouges et rouille, faites de scories oxydées, et l'eau au fond est d'un turquoise laiteux qui ne ressemble à aucun lac. Elle ne vient pas de la pluie : le fond du cratère est simplement plus bas que la nappe souterraine, et le niveau monte et descend avec elle. Le cratère lui-même n'a pas explosé — le cône s'est vidé par en dessous puis s'est affaissé sur son propre vide.
C'est l'un des très rares sites naturels payants d'Islande, et cela tient à une raison simple : il appartient à des propriétaires privés, qui ont décidé de faire payer pour entretenir les sentiers. La chose a nourri une querelle nationale — un pays où la nature a toujours été gratuite découvrait qu'un particulier pouvait mettre un guichet devant un paysage.
Deux chemins : le tour du bord, en scories qui roulent sous la chaussure et savonnent sous la pluie, et l'escalier qui descend à l'eau. Ne pas couper dans la pente, elle s'érode à vue d'œil. À Friðheimar, la table est dressée entre les plants et se réserve à l'avance. Le soir, les serres éclairées font une tache orange visible à des kilomètres dans la campagne noire.
88 € hébergement · 58 € repas · 30 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse près de Geysir, 175 € la nuit.
- Cercle d'Or → Côte sud — Descente vers la route 1 par Hvolsvöllur, 2 h, 23 € par personne (45 € à partager).
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03. Côte sud
J5 → J6 · 2 nuits · 505 € par personne
Cascades, sable noir et orgues de basalte
Deux cents kilomètres de route entre des cascades qu'on atteint en se garant, des plages de sable noir et des glaciers qui descendent presque jusqu'à la route. ⚠️ La plage de Reynisfjara tue régulièrement : les vagues sneaker remontent sans prévenir et emportent ceux qui tournent le dos à la mer.
En savoir plus sur Côte sud
La côte sud est le tronçon d'Islande le plus dense en sites accessibles : sur deux cents kilomètres de route, on enchaîne des cascades où l'on se gare au pied, des plages de sable noir, des falaises à macareux et des langues glaciaires qui descendent presque jusqu'au bitume. C'est aussi pour cela qu'elle est très fréquentée, et que les parkings y sont désormais payants presque partout.
Seljalandsfoss se contourne par-derrière — on passe entre l'eau et la falaise, et l'on ressort trempé — tandis que Skógafoss se regarde de face avant de monter l'escalier qui longe le torrent. Les deux sont à vingt minutes l'une de l'autre. Vík marque à peu près le milieu du parcours et concentre les hébergements.
⚠️ La plage de Reynisfjara tue régulièrement, et il faut le dire sans détour. Sa pente sous-marine et l'absence d'obstacle sur des milliers de kilomètres d'océan produisent des vagues dites sneaker qui remontent brutalement bien au-delà de la ligne d'eau apparente, sans aucun signe avant-coureur, et le ressac emporte immédiatement. On ne tourne jamais le dos à la mer, on ne s'approche pas pour une photo, et l'on respecte les feux d'avertissement installés sur place. Plusieurs visiteurs y sont morts, tous en faisant exactement cela.
À table
- Agneau — celui des fermes de la plaine, en filet ou en ragoût, dans les restaurants de Vík et de Hvolsvöllur.
- Bleikja — l'omble chevalier des rivières glaciaires, poêlé au beurre, poisson des lacs et des rivières du sud.
- Kleinur — les beignets torsadés à la cardamome, avec un café, dans les stations-service et les cafés de la route 1.
- Soupe de poisson — crémeuse, au cabillaud et aux légumes, plat du midi dans tous les cafés de la côte.
Jour 5
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Plage de Reynisfjara et falaises de Dyrhólaey Du sable noir, une falaise d'orgues basaltiques en escalier et trois pitons au large que la légende dit être des trolls surpris par le jour. ⚠️ Vagues scélérates mortelles : ne jamais tourner le dos à la mer. Macareux à Dyrhólaey de mai à août.gratuitnatureEn savoir plus
Les orgues du Reynisfjall forment un escalier de colonnes hexagonales sur lequel tout le monde grimpe, et une grotte s'ouvre à leur pied, Hálsanefshellir, dont la voûte est faite des mêmes colonnes vues par en dessous. Elle est coupée par la marée haute. À l'ouest, Dyrhólaey n'est pas une falaise ordinaire : c'était une île volcanique née sous la mer, que les sables ont soudée à la côte, et que l'océan a percée d'une arche assez haute pour un bateau.
Les macareux y creusent leurs terriers dans la tourbe du sommet et ne viennent à terre que pour se reproduire : le reste de l'année, ils vivent au large sans jamais toucher le sol. Des portions du promontoire ferment pendant la nidification.
À Reynisfjara, des gens meurent. Le fond remonte si brusquement que la houle n'a pas le temps de déferler au large : elle arrive entière, et une série sur plusieurs remonte trente mètres plus haut que les précédentes, sans un signe avant-coureur. Le ressac emporte ensuite au large. Un panneau lumineux affiche désormais le niveau de risque du jour. La règle tient en une phrase : ne jamais tourner le dos à la mer, et rester au-dessus de la ligne de sable mouillé la plus haute.
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Seljalandsfoss et Skógafoss Deux chutes de soixante mètres à trente kilomètres l'une de l'autre. On passe derrière Seljalandsfoss par un sentier — prévoir d'être trempé — tandis que Skógafoss tombe droit sur des galets noirs. Le montant est celui des deux parkings, l'accès est libre.14 €natureEn savoir plus
Les deux chutes tombent de la même ligne, et c'est elle qu'il faut voir : cette falaise était le rivage. La plaine plate qui s'étend devant a été construite par les alluvions des glaciers, qui ont repoussé la mer de plusieurs kilomètres. Une fois la ligne repérée, on la suit des yeux vers l'est sur des dizaines de kilomètres, avec d'autres cascades suspendues dessus. Derrière Seljalandsfoss, le sentier entre dans une alcôve d'où l'on regarde la vallée à travers l'eau.
Au-dessus de Skógafoss, un escalier mène à un sentier qui remonte la rivière de chute en chute jusqu'au col de Fimmvörðuháls. C'est là qu'a commencé, en mars 2010, l'éruption de l'Eyjafjallajökull, celle dont le panache de cendre a cloué au sol l'aviation européenne. Deux cratères neufs y sont nés, Magni et Móði, du nom des fils de Thor, et leur sol est resté tiède des années.
À quelques centaines de mètres de Seljalandsfoss se cache Gljúfrabúi : une chute enfermée dans une fissure, où l'on entre en marchant dans le ruisseau. Presque tout le monde passe devant sans la voir. Le passage derrière la grande chute trempe intégralement et ferme dès qu'il gèle. Sur le sentier d'en haut, rien n'abrite du vent.
Jour 6
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Épave de l'avion de Sólheimasandur La carcasse d'un DC-3 de l'US Navy posé en catastrophe en 1973 — tout l'équipage a survécu — abandonnée sur une plaine de sable noir. Quatre kilomètres de marche aller depuis la route 1, à pied uniquement, sans un relief à l'horizon.gratuitmarchéEn savoir plus
Il ne reste que la coque : ni ailes, ni moteurs, ni empennage, une carlingue d'aluminium déchirée, posée sur une plaine noire absolument vide. La marine a récupéré tout ce qui valait quelque chose et laissé le reste sur place, où il tient depuis plus de cinquante ans. De près, c'est plus petit que sur les photographies, couvert de graffitis, et l'on marche dedans comme dans un tube.
La piste qui y menait a été fermée aux véhicules par le propriétaire du terrain en 2016, après que des voitures eurent labouré le sable en tous sens. D'où la marche, pour tout le monde, sur une plaine sans un relief ni un abri. Une navette payante existe pour ceux qui renoncent.
C'est l'endroit du parcours où le vent se fait le plus sentir, et il faut savoir ce qu'il fait : une rafale prise dans une portière ouverte l'arrache de ses gonds. C'est le premier sinistre déclaré par les loueurs, il n'est couvert par aucune assurance, et la facture est sévère — se garer face au vent et tenir la portière à deux mains. Sur la plaine, des piquets jalonnent l'itinéraire : par mauvaise visibilité, c'est la seule ligne à suivre, et il n'y a ni eau, ni abri, ni ombre d'un bout à l'autre.
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Marche sur le glacier Sólheimajökull Une langue glaciaire accessible en dix minutes de marche depuis le parking, gravie en crampons avec un guide. Elle a reculé d'un kilomètre depuis 2000 : les guides montrent où était la glace à leurs débuts, et c'est la démonstration la plus directe du réchauffement qu'on puisse voir.79 €natureEn savoir plus
Rien n'est blanc. Le front est gris, granuleux, criblé de petits trous noirs forés par des grains de cendre que le soleil chauffe et qui s'enfoncent dans la glace. Des arêtes se dressent, des crevasses s'ouvrent, remplies de poussière volcanique, et le bleu n'apparaît que sur une cassure fraîche. Des ruisseaux courent dans des rigoles polies avant de disparaître d'un coup dans un puits vertical.
Devant le glacier s'étale maintenant un lac qui n'existait pas au début du siècle : il est né du retrait, il grandit chaque année, et le sentier d'approche doit désormais le contourner. La glace sur laquelle on marche, elle, est tombée en neige il y a des siècles avant de descendre jusqu'ici.
On ne pose pas un pied sur ce front sans encadrement : les crevasses se cachent sous une peau de cendre et de neige, le bord est miné par en dessous par l'eau de fonte et s'effondre sans prévenir, et les torrents sont rapides et glacés. Les crampons exigent des chaussures à semelle rigide — les baskets sont refusées au point de rendez-vous, et il faut alors louer des chaussures. Sur cette côte, le temps bascule en une heure : la sortie peut être annulée le matin même.
85 € hébergement · 58 € repas · 32 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse face au glacier, 170 € la nuit.
- Côte sud → Skaftafell et Jökulsárlón — Route 1 le long du Vatnajökull, 2 h 30, 28 € par personne (55 € à partager).
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04. Skaftafell et Jökulsárlón
J7 → J8 · 2 nuits · 560 € par personne
Icebergs à la dérive et plage de diamants
Une lagune où des icebergs détachés du glacier flottent avant de gagner la mer, et une plage où ils reviennent s'échouer, polis comme du verre. Skaftafell, à cinquante kilomètres, est le départ des marches sur glacier — encadrées obligatoirement, crampons fournis, et à réserver.
En savoir plus sur Skaftafell et Jökulsárlón
Jökulsárlón est une lagune née d'un recul : le glacier Breiðamerkurjökull s'est retiré au XXᵉ siècle et l'eau de fonte a rempli la cuvette qu'il avait creusée. Des blocs s'en détachent en permanence et dérivent lentement vers un chenal court qui les mène à la mer. La lagune n'existe que depuis les années 1930 et s'agrandit chaque année — c'est le changement climatique qu'on regarde flotter.
Juste en face, de l'autre côté de la route, la marée ramène ces mêmes blocs sur une plage de sable noir où ils s'échouent, polis et transparents comme du verre. C'est la Plage de Diamants, et le contraste entre la glace claire et le sable noir en fait l'un des endroits les plus photographiés du pays. ⚠️ La même règle que sur la côte sud s'applique : la mer y est dangereuse et les blocs peuvent basculer, ne pas monter dessus.
Skaftafell, à une cinquantaine de kilomètres, est le départ des marches sur glacier. ⚠️ Elles sont encadrées obligatoirement, avec crampons et piolet fournis, et se réservent — s'aventurer seul sur une langue glaciaire est interdit et mortellement dangereux, les crevasses étant souvent masquées par la neige. Les grottes de glace bleue ne se visitent qu'en hiver, de novembre à mars, quand le glacier est stable ; les formations changent d'une année sur l'autre.
À table
- Humar — la langoustine de Höfn, capitale du homard islandais, grillée à l'ail dans les restaurants du port à une heure du lagon.
- Kjötsúpa — la soupe d'agneau des fermes du Sud-Est, servie près de Skaftafell après une marche au glacier.
- Harðfiskur — le poisson séché en lamelles, à tartiner de beurre, en-cas des randonneurs.
- Skyr — au petit-déjeuner des guesthouses, avec des myrtilles des landes en août.
Jour 7
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Plage de Diamants Les icebergs sortis de la lagune s'échouent de l'autre côté de la route sur du sable noir, polis par les vagues jusqu'à devenir des blocs de verre. Gratuit, spectaculaire, et différent à chaque marée — c'est un site qui n'est jamais deux fois le même.gratuitnatureEn savoir plus
Le tri se fait tout seul, et il change tout : une marée dépose un champ de blocs transparents gros comme des voitures, la suivante ne laisse que du gravier de glace. Les vagues creusent les blocs, les percent, les font sonner les uns contre les autres, puis les reprennent. Il y a deux plages, une de chaque côté de l'embouchure, et selon le courant l'une est couverte quand l'autre est nue.
Cette plaine de sable noir n'a pas toujours été déserte. Des fermes y vivaient au Moyen Âge : le glacier a avancé pendant le petit âge glaciaire et les a ensevelies sous la glace et les crues. Il recule aujourd'hui sur un terrain que personne n'a vu depuis des siècles, et des lagunes s'y ouvrent les unes après les autres.
C'est un rivage d'Atlantique ouvert, avec le même danger qu'à Reynisfjara : la mer remonte loin sur la pente et le courant est violent près de l'embouchure. Ne pas s'asseoir sur un bloc échoué ni se placer entre lui et l'eau — la houle le soulève et il roule. Au printemps et en été, les grands labbes nichent sur la plaine et attaquent en piqué ceux qui passent près du nid : lever un bras ou un bâton au-dessus de la tête suffit à les détourner.
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Lagune glaciaire en bateau amphibie Une lagune qui n'existait pas avant 1935 : elle s'est formée avec le recul du glacier et grandit chaque année. Le bateau se faufile entre des icebergs vieux de mille ans, bleus, noirs de cendre ou translucides. De mai à octobre seulement.49 €natureEn savoir plus
Aucun bloc n'a la même couleur. Le bleu profond est de la glace comprimée dont toutes les bulles d'air ont été chassées ; le blanc crayeux en est encore plein ; les stries noires sont des cendres d'éruption prises dans la neige d'une année précise. Entre les icebergs, des phoques circulent et remontent respirer près du bateau. Sous la coque, c'est le lac le plus profond d'Islande — plus creux que la mer juste à côté.
La lagune est soumise à la marée. Un chenal court la relie à l'océan, l'eau salée entre à chaque flot, et c'est ce qui explique à la fois la présence des phoques et la vitesse à laquelle la glace fond. La rivière qui en sort est l'une des plus courtes du pays, et elle élargit son passage année après année : le pont de la route 1 qui l'enjambe est surveillé de près.
Ne jamais monter sur un bloc, ni ici ni sur la plage d'en face : un iceberg échoué se retourne sans prévenir dès qu'il s'allège, et le courant du chenal emmène vers le large ce qui flotte. Le bateau amphibie entre dans l'eau depuis la berge, ce qui est la moitié du spectacle. À quelques kilomètres à l'ouest, la lagune de Fjallsárlón offre presque la même chose sans les autocars.
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Canyon de Fjaðrárgljúfur et Svartifoss Un canyon serpentin de cent mètres de profondeur creusé par la fonte d'un glacier il y a deux millions d'années. Svartifoss, dans le parc de Skaftafell, tombe devant une paroi d'orgues basaltiques noires qui a inspiré l'architecture de Hallgrímskirkja.gratuitnatureEn savoir plus
Le canyon serpente, et ce qui le rend singulier n'est pas sa profondeur mais ses lames : des crêtes étroites de móberg, ce tuf né sous la glace, dressées entre les méandres et couvertes de mousse verte jusqu'au bord du vide. Le sentier court sur la rive haute, pas au fond ; on devine la rivière plus qu'on ne la voit.
Le site a été fermé au public. Une vidéo tournée là par un chanteur canadien en 2015 a multiplié les visiteurs, la végétation des berges a été piétinée jusqu'à la terre nue, et l'agence de l'environnement a coupé l'accès plusieurs mois pour laisser le sol se reprendre. Les sentiers sont depuis cordés, et sortir du tracé n'est pas un détail : la mousse islandaise met des décennies à repousser.
Svartifoss, plus loin dans le parc de Skaftafell, se gagne par une montée depuis le centre d'accueil. Sa paroi d'orgues se casse en éclats à arêtes vives, si bien que la chute est creusée en surplomb et que le pied est jonché de tronçons hexagonaux tombés — c'est ce dessin-là que Guðjón Samúelsson a repris pour Hallgrímskirkja. La chute est plus modeste que les images ne le laissent croire ; le belvédère suivant, en revanche, domine toute la langue du Skaftafellsjökull.
Jour 8
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Marche sur glacier à Skaftafell Une langue du Vatnajökull, plus grande calotte d'Europe, avec des crevasses, des moulins et de la glace bleue compacte. La marche guidée en crampons dure trois heures et n'exige aucune expérience — juste de bonnes chaussures montantes.96 €natureEn savoir plus
L'approche se fait d'abord sur des moraines : un chaos de cailloux gris que la glace a lâchés en reculant, et qu'elle occupait encore il y a quelques décennies. Puis on monte sur le glacier par un front cassé, et la surface se révèle labourée comme un champ, hérissée de crêtes, fendue de crevasses bleues, percée de puits où des ruisseaux entiers s'engouffrent avec un bruit de conduite d'eau.
La langue voisine, le Svínafellsjökull, a longtemps été le terrain favori des guides — c'est là qu'a été filmée la planète glacée d'un grand film de science-fiction. On n'y va plus : une fissure énorme s'est ouverte dans le versant qui la domine, et tout un pan de montagne menace de s'effondrer sur le glacier. Les sorties se sont déplacées sur la langue d'à côté, et cette prudence-là est une décision d'ingénieurs, pas une rumeur.
Le parcours change de semaine en semaine, parce que la glace bouge : les guides rebalisent, et c'est la raison de fond pour laquelle on ne monte pas seul. Des chaussures à semelle rigide sont indispensables pour tenir les crampons. Le vent descend de la calotte en rafales froides même au cœur de l'été, et le stationnement de Skaftafell se paie en ligne, par plaque.
86 € hébergement · 58 € repas · 34 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse près de la lagune, 172 € la nuit.
Voir les hébergements à Skaftafell et Jökulsárlónlien affilié
- Skaftafell et Jökulsárlón → Fjords de l'Est — Route 1 par Höfn et les fjords, 3 h 30, 38 € par personne (75 € à partager).
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05. Fjords de l'Est
J9 · 1 nuit · 196 € par personne
Les fjords que presque personne ne fait
La région que la plupart des itinéraires sautent parce qu'elle ajoute deux jours de route. C'est précisément ce qui la rend intéressante : des villages de quelques centaines d'habitants, des rennes sauvages et presque personne. ⚠️ Certaines routes de montagne ferment tôt en automne.
En savoir plus sur Fjords de l'Est
Les fjords de l'Est sont la région que la plupart des itinéraires sautent, parce qu'ils ajoutent deux jours de route entre le sud et le nord sans site aussi spectaculaire que Jökulsárlón ou Mývatn. C'est exactement ce qui les rend intéressants : on y roule des heures sans croiser personne, les villages comptent quelques centaines d'habitants, et l'on voit des rennes sauvages — les seuls du pays, descendants d'animaux importés au XVIIIᵉ siècle.
La route suit les fjords un par un, ce qui multiplie les kilomètres : chaque baie se contourne, et un point situé à dix kilomètres à vol d'oiseau peut en demander cinquante. Certains passages sont encore en gravier. Seyðisfjörður, au fond d'un fjord étroit, se rejoint par un col spectaculaire et abrite une rue à l'arc-en-ciel peint au sol devant son église bleue — c'est aussi le port d'arrivée du ferry venu du Danemark.
⚠️ Les routes de montagne qui coupent entre les fjords ferment tôt en automne et rouvrent tard au printemps, parfois pour la saison entière ; le détour par la route principale peut alors ajouter des heures. Le site officiel des routes islandaises se consulte chaque matin, et pas seulement ici. En hiver, cette région est la moins praticable du circuit et beaucoup d'hébergements ferment.
À table
- Hreindýr — le renne, seule région du pays où il vit à l'état sauvage, en filet ou en burger dans les restaurants d'Egilsstaðir.
- Soupe de poisson — celle des villages de pêche de Seyðisfjörður et d'Eskifjörður, au poisson du matin.
- Harðfiskur — le poisson séché au vent des fjords, avec du beurre, dans les épiceries des villages.
- Aðalbláber — les myrtilles sauvages qu'on cueille sur les pentes en août, dans le skyr ou en confiture.
Jour 9
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Seyðisfjörður et sa rue arc-en-ciel Un village de maisons en bois norvégiennes importées en kit vers 1900, au fond d'un fjord de dix-sept kilomètres, avec une rue peinte en arc-en-ciel menant à l'église bleue. Le ferry des Féroé et du Danemark accoste ici — c'est la seule liaison maritime du pays.gratuitmarchéEn savoir plus
Le village tient sur quelques rues au fond d'un couloir d'eau, entre des montagnes qui plongent droit dans le fjord. Les maisons de bois peintes en couleurs franches donnent l'impression d'un décor, et c'est presque le cas : elles ont été achetées en kit en Norvège et remontées ici par des marchands de hareng. Sur le versant, les cicatrices des coulées de boue et les ouvrages de protection neufs se voient de partout.
Deux choses ancrent ce trou perdu dans l'histoire du pays. Le premier câble télégraphique reliant l'Islande au continent a touché terre ici en 1906 : jusque-là, les nouvelles d'Europe arrivaient par bateau. Et au fond du fjord repose l'El Grillo, un pétrolier britannique coulé par l'aviation allemande en 1944, dont on a dû pomper le mazout et qui suinte encore.
Au-dessus du village, sur la pente, cinq coupoles de béton forment Tvísöngur : chacune résonne sur une note du chant à deux voix traditionnel islandais, et il suffit d'entrer dedans et de chanter pour que l'une réponde. L'accès est libre, par une piste qui part de l'ancienne usine à poisson. En décembre 2020, des glissements de terrain ont détruit plusieurs bâtiments et vidé la ville ; personne n'est mort.
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Route de montagne et cascades de Fardagafoss La route 93 franchit un col à 620 m entre Egilsstaðir et Seyðisfjörður, souvent dans les nuages, avec des cascades tous les cinq cents mètres. On peut passer derrière Fardagafoss, dans une petite grotte, sans un touriste.gratuitnatureEn savoir plus
La montée depuis Egilsstaðir s'étire en longues rampes jusqu'à un plateau pelé, souvent noyé dans le nuage, où l'on ne voit plus que les jalons jaunes qui bordent la chaussée. Puis le versant bascule : la rivière descend vers Seyðisfjörður en escalier de cascades, dont la plus large, Gufufoss, se prend au bord de la route, et le fjord s'ouvre en contrebas d'un seul coup.
Ce col est l'une des routes les plus souvent fermées du pays, et sa fermeture coupe le village du reste de l'Islande — alors même que le ferry venu du Danemark et des Féroé y débarque des camions. C'est pour cela qu'un tunnel doit un jour le remplacer. Le passage derrière Fardagafoss, dans une petite grotte, se gagne par un sentier court mais raide et glissant dès qu'il pleut.
Consulter road.is pour l'état des routes et vedur.is pour la météo avant de s'engager, chaque matin. Et un point que presque personne ne connaît : l'Islande n'est pas dans l'Union européenne mais dans l'Espace économique européen, où ton forfait français fonctionne sans surcoût, exactement comme en Espagne. Aucune eSIM à acheter, et de quoi vérifier un col depuis la voiture. La descente est longue et en lacets : frein moteur.
79 € hébergement · 55 € repas · 28 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse à Seyðisfjörður, 158 € la nuit.
- Fjords de l'Est → Mývatn — Traversée des hautes terres par la route 1, 2 h 30, 30 € par personne (60 € à partager).
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06. Mývatn
J10 → J11 · 2 nuits · 395 € par personne
Champs de soufre, cratères et la chute des dieux
Un lac volcanique entouré de champs de soufre en ébullition, de cratères et de bains naturels bien moins chers qu'au sud. Dettifoss, la chute la plus puissante d'Europe, est à une heure. ⚠️ En été, les moucherons qui donnent son nom au lac forment des nuages compacts — une moustiquaire de tête coûte trois euros.
En savoir plus sur Mývatn
Mývatn est un lac peu profond posé au milieu d'une zone volcanique encore très active, et c'est cette activité qu'on vient voir : à Hverir, des mares de boue grise bouillonnent et des fumerolles sifflent au milieu d'un sol ocre et jaune qui sent fortement le soufre, sans végétation ni barrière autre que des cordes. On y marche sur des sentiers balisés qu'il ne faut pas quitter — la croûte est mince par endroits.
Autour du lac s'alignent des pseudo-cratères formés par des explosions de vapeur, le champ de laves torturées de Dimmuborgir, et des grottes où l'eau chaude affleure. Les bains naturels de Mývatn sont l'équivalent nordique du Blue Lagoon, en nettement moins cher et beaucoup moins fréquenté — c'est l'un des meilleurs rapports du pays.
⚠️ Le lac doit son nom aux moucherons : mý signifie moucheron. En été, ils forment des nuages compacts autour de la tête, surtout par temps calme et en fin de journée. Ils ne piquent pas dans la plupart des cas mais rendent la marche insupportable et entrent dans les yeux et la bouche. Une moustiquaire de tête coûte quelques euros et se vend sur place ; c'est le meilleur achat du voyage. Dettifoss, à une heure, est la chute la plus puissante d'Europe en débit — la route de la rive est est goudronnée, celle de l'ouest ne l'est pas toujours.
À table
- Hverabrauð — le pain de seigle cuit dans la terre chaude du lac, dense et sucré, servi avec du beurre à Vogafjós.
- Café-étable de Vogafjós — on y mange le fromage, l'agneau fumé et la truite de la ferme derrière une vitre qui donne sur les vaches.
- Truite fumée de Mývatn — la truite du lac fumée au bois et au fumier séché de mouton, sur une tranche de pain de seigle.
- Skyr — de la ferme, à la cuillère, avec de la crème et des myrtilles.
Jour 10
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Dettifoss, la chute la plus puissante d'Europe Quarante-cinq mètres de haut, cent de large et cinq cents mètres cubes par seconde au dégel : l'eau grise de sédiments glaciaires part dans un canyon en soulevant un brouillard permanent. Le vacarme s'entend à un kilomètre. La rive ouest est goudronnée, l'est non.gratuitnatureEn savoir plus
Il n'y a rien d'élégant là-dedans : une masse d'eau grise, chargée de limon glaciaire, qui bascule dans une gorge trop étroite pour elle et renvoie vers le haut un brouillard qui en cache la moitié. On la sent dans la roche avant de l'entendre. En amont, Selfoss s'étale en un rideau bien plus large et bas ; en aval, Hafragilsfoss se cache dans le canyon.
Ce canyon n'a pas été creusé lentement. Il a été taillé par des crues catastrophiques, quand des éruptions sous le Vatnajökull faisaient fondre la calotte et lâchaient d'un coup des volumes sans équivalent aujourd'hui. Plus bas, Ásbyrgi dessine un fer à cheval parfait, attribué aux mêmes crues — la légende, elle, y voit l'empreinte du sabot de Sleipnir, le cheval à huit jambes d'Odin.
La rive est, en gravier, mène au bord même de la lèvre : roche inclinée, mouillée, sans la moindre barrière. La rive ouest est goudronnée et équipée. Les deux ferment une partie de l'année. Et c'est d'ici que partent les pistes vers l'intérieur : les routes F sont interdites à tout véhicule qui n'est pas un 4x4, sans exception, l'assurance est annulée dès qu'on y engage une voiture ordinaire, et elles n'ouvrent qu'à partir de la fin juin.
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Cascade de Goðafoss Un fer à cheval de trente mètres de large sur la route d'Akureyri. Son nom — la chute des dieux — vient de l'an 1000 : le chef qui venait de faire adopter le christianisme à l'Alþingi y aurait jeté ses idoles païennes.gratuitnatureEn savoir plus
Un fer à cheval coupé en deux par un éperon de rocher, avec une troisième chute plus petite sur le côté, et une eau gris-bleu venue du Vatnajökull. Les deux rives se parcourent et ne montrent pas la même chose : l'une donne le dessin d'ensemble, l'autre met presque à hauteur de la lèvre. Le pont de la route, juste en amont, permet de passer de l'une à l'autre à pied.
L'histoire des idoles jetées dans la chute est belle, mais elle n'apparaît que dans des textes très postérieurs à l'événement, et certains y voient une explication inventée après coup pour un nom qui signifie simplement la chute du goði, le chef-prêtre. Ce qui est établi, en revanche, c'est que la décision, elle, a été prise à Þingvellir, et que l'homme qui l'a rendue était lui-même prêtre païen. Le compromis autorisait encore, un temps, le sacrifice en privé.
La roche du bord est polie, inclinée vers l'eau et mouillée en permanence, et plusieurs points de vue n'ont aucune barrière. En hiver, les embruns la vitrifient. Le stationnement de la rive ouest concentre la station-service et les autocars ; l'autre côté est nettement plus calme. En juin, la nuit ne tombe pas : venir à minuit, c'est souvent l'avoir pour soi.
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Champ géothermal de Hverir Un sol ocre et gris qui bout, des marmites de boue grise et des fumerolles sifflantes sous une colline pelée. L'odeur de soufre est violente et imprègne les vêtements. Gratuit, et l'endroit le plus proche d'un autre monde qu'on puisse atteindre en voiture.gratuitnatureEn savoir plus
Pas un brin d'herbe. Le sol est ocre, orange, gris, strié de croûtes jaunes de soufre autour des évents ; des marmites de boue épaisse éclatent en bulles lentes, et des fumerolles sifflent sous pression comme une soupape. Ces couleurs ne sont pas des minéraux exotiques : c'est la roche elle-même, décomposée en argile par la vapeur acide qui la traverse depuis des millénaires.
On a exploité ce soufre pendant des siècles et on l'a exporté vers l'Europe pour fabriquer de la poudre à canon : c'était l'une des rares marchandises que l'Islande médiévale avait à vendre, et la couronne danoise s'en est réservé le monopole. Juste au-dessus, le champ de Krafla a connu neuf éruptions entre 1975 et 1984 ; un forage y a percé une poche de magma, ce qui n'est arrivé qu'une poignée de fois dans le monde.
La croûte entre les sentiers est mince et ce qu'il y a dessous est à température d'ébullition : les cordes ne délimitent pas un point de vue mais un sol qui tient. On ne s'écarte pas, on ne teste pas le bord d'une marmite. Le reste dépend du vent, qui décide si l'on marche dans la vapeur ou à côté. La colline au-dessus donne la vue d'ensemble, par un sentier qui roule sous le pied.
Jour 11
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Cratères de Skútustaðir et Dimmuborgir Dimmuborgir est un champ de piliers et d'arches de lave figés il y a deux mille trois cents ans quand un lac de lave s'est vidé par en dessous. Les Islandais y logent les treize Pères Noël du folklore local, qui sont à l'origine des ogres.gratuitnatureEn savoir plus
Les cônes verts alignés au bord du lac ressemblent à de petits volcans et n'en sont pas : aucun magma n'est monté par là. Une coulée a recouvert un sol gorgé d'eau, l'eau s'est vaporisée d'un coup et a fait exploser la croûte par en dessous, une fois, deux fois, cent fois. On les dit sans racine. Des formes analogues, photographiées sur Mars, sont comparées à celles-ci pour y chercher la trace d'une eau ancienne.
Les treize lutins de Noël logés à Dimmuborgir sont les fils de Grýla, une ogresse qui mange les enfants insupportables. Ils descendent un par un, une nuit chacun, dans les treize jours d'avant Noël, et les enfants posent une chaussure sur le rebord de la fenêtre : elle se remplit d'un cadeau, ou d'une pomme de terre. Le chat de la famille, lui, dévore quiconque n'a pas reçu de vêtement neuf pour les fêtes.
Le vrai sujet de l'été, ce sont les moucherons : Mývatn veut dire le lac aux moucherons, et le nom n'est pas décoratif. Les nuages sont assez denses pour qu'on en avale ; ceux-là ne piquent pas, mais ils sont mêlés de simulies, qui piquent. Une moustiquaire de tête change la journée. Rester sur les boucles balisées : la lave coupe et la mousse ne repousse pas.
80 € hébergement · 55 € repas · 30 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse au bord de Mývatn, 160 € la nuit.
- Mývatn → Akureyri — Route 1 et tunnel de Vaðlaheiði (péage), 1 h 15, 16 € par personne (32 € à partager).
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07. Akureyri
J12 · 1 nuit · 304 € par personne
La capitale du nord, au fond du plus long fjord
La capitale du nord, avec 19 000 habitants, au fond du plus long fjord du pays. Elle a un jardin botanique qui pousse à cinquante kilomètres du cercle polaire et des feux rouges en forme de cœur. C'est la base pour Húsavík, le meilleur endroit d'Europe pour voir des baleines, à une heure de route.
En savoir plus sur Akureyri
Akureyri est la deuxième ville du pays avec dix-neuf mille habitants, ce qui donne l'échelle de l'Islande. Elle est posée au fond de l'Eyjafjörður, le plus long fjord du pays, dans un microclimat abrité qui permet un jardin botanique à cinquante kilomètres du cercle polaire — on y fait pousser des espèces qui n'ont rien à faire à cette latitude. Ses feux de circulation affichent un cœur rouge, une initiative prise après la crise financière de 2008 pour remonter le moral, et jamais retirée.
C'est la base logistique du nord : commerces, restaurants, réparateurs et hébergements y sont plus nombreux et moins chers qu'ailleurs sur le circuit, et c'est le bon endroit pour refaire les courses avant les tronçons vides.
Sa raison d'être touristique est à une heure de route : Húsavík, petit port devenu la capitale européenne de l'observation des baleines. Le fjord de Skjálfandi concentre baleines à bosse, petits rorquals et parfois baleines bleues, avec un taux d'observation qui dépasse les quatre-vingt-dix pour cent en été. ⚠️ Les sorties durent trois heures, il y fait froid même en juillet — des combinaisons sont prêtées — et la mer y est souvent formée : un traitement contre le mal de mer se prend avant l'embarquement, pas après.
À table
- Glace Brynja — la glace à l'italienne de la ville depuis 1939, avec un enrobage de chocolat, même sous la neige.
- Kaldi — la bière de la première microbrasserie du pays, à Árskógssandur au bord du fjord, où l'on peut se baigner dans des bains de bière.
- Kjötsúpa — la soupe d'agneau des fermes de l'Eyjafjörður, plat du soir dans les restaurants du centre.
- Poisson de l'Eyjafjörður — cabillaud, flétan et omble débarqués au port, à la carte des restaurants du quai.
Jour 12
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Baleines à Húsavík La capitale européenne de l'observation des baleines, à une heure de route : baie fermée et très poissonneuse, taux d'observation autour de 98 % en été, et l'on sort en goélette de chêne. Rorquals communs et parfois baleines bleues.102 €natureEn savoir plus
La baie de Skjálfandi est fermée par deux caps et cernée de montagnes, ce qui change tout : on sort dans une eau protégée, lentement, sur des bateaux de pêche reconvertis plutôt que sur des semi-rigides. C'est l'une des rares baies d'Islande où la baleine bleue se montre en début d'été, et le musée du port, installé dans un ancien abattoir, expose des squelettes entiers suspendus sous la charpente.
Le nom du village veut dire la baie des maisons, et il vient du premier Scandinave connu pour avoir hiverné en Islande : Garðar Svavarsson, qui y a bâti une maison puis est reparti, des décennies avant que Reykjavík ne soit fondée. Le pays a donc commencé ici, sans que personne ait songé à y rester.
On distribue des combinaisons au quai. Prendre le remède contre le mal de mer avant d'embarquer, pas quand la houle se lève : après, il ne sert plus à rien. L'étrave est le poste où l'on voit, la cabine celui où l'on se réchauffe, et l'on fait des allers-retours. Au-dessus du port, des bains d'eau de mer géothermale dominent la baie et sont exactement ce qu'il faut au retour. Le village a par ailleurs servi de décor à une comédie américaine dont la chanson a été nommée aux Oscars.
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Ville, jardin botanique et feux rouges en cœur Dix-neuf mille habitants et une vraie vie de ville à cent kilomètres du cercle polaire. Le jardin botanique fait pousser des plantes de toute la planète à cette latitude. Depuis la crise de 2008, les feux rouges de la ville sont en forme de cœur — c'était pour remonter le moral, c'est resté.gratuitmarchéEn savoir plus
L'église plantée en haut de son escalier est du même architecte que celle de Reykjavík : même idée de colonnes de basalte, en plus petit et plus étrange. À l'intérieur, un bateau est suspendu à la voûte, ex-voto de marins, vieille coutume nordique, et le vitrail central a été déposé de l'ancienne cathédrale de Coventry, en Angleterre, avant les bombardements qui l'ont détruite, avant de finir ici.
Le jardin botanique a été fondé en 1912 par une association de femmes de la ville, et c'est l'un des plus septentrionaux du monde. Sa vraie collection n'est pas exotique : on y a rassemblé presque toutes les plantes qui poussent naturellement en Islande, ce qui permet de mettre un nom, en une visite, sur tout ce qu'on a croisé sans le reconnaître depuis le début du voyage. L'entrée est libre.
Le stationnement du centre est gratuit, mais il faut poser sur le tableau de bord un disque en carton réglé sur l'heure d'arrivée, sinon l'amende tombe. On s'en procure un à l'office de tourisme ou dans une station-service : c'est le piège classique du visiteur. Autre particularité, le fjord fabrique son propre temps, et il fait souvent beau ici quand la côte est dans la brume.
83 € hébergement · 57 € repas · 28 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre, 165 € la nuit.
- Akureyri → Snæfellsnes — Route 1 par Blönduós puis route 54, 4 h 30, 48 € par personne (95 € à partager).
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08. Snæfellsnes
J13 → J14 · 2 nuits · 438 € par personne
L'Islande en miniature, sur une seule péninsule
Une péninsule qui condense tout le pays en cent kilomètres : volcan sous glacier, falaises à oiseaux, plages noires, champs de lave et villages de pêcheurs. Elle se fait en une journée depuis Reykjavík, mais y dormir permet d'avoir Kirkjufell sans personne au lever du jour.
En savoir plus sur Snæfellsnes
Snæfellsnes est une péninsule de cent kilomètres qui condense à peu près tout ce que l'Islande propose ailleurs sur mille cinq cents : un volcan coiffé d'un glacier à son extrémité, des falaises à oiseaux, des plages de sable noir, des champs de lave couverts de mousse, des villages de pêcheurs et des bains chauds. C'est pour cela qu'on la surnomme l'Islande en miniature, et c'est mérité.
Le glacier Snæfellsjökull ferme la péninsule à l'ouest ; c'est par son cratère que Jules Verne fait descendre ses personnages au centre de la Terre. Autour, Arnarstapi et Hellnar sont reliés par un sentier côtier de deux kilomètres et demi qui longe des arches et des colonnes de basalte, l'une des plus belles marches faciles du pays.
La péninsule se fait en une longue journée depuis Reykjavík, à deux heures de route, et c'est ce que font la plupart des visiteurs. Y dormir a pourtant un avantage précis : Kirkjufell, la montagne conique la plus photographiée d'Islande, est prise d'assaut en milieu de journée alors qu'elle est déserte au lever du jour. ⚠️ En hiver, la route qui contourne le glacier par le nord-ouest est exposée au vent et se ferme régulièrement ; le tour complet n'est alors pas toujours possible.
À table
- Hákarl de Bjarnarhöfn — le requin fermenté goûté chez la famille qui le prépare depuis des générations, dans le musée-ferme au bord du fjord.
- Soupe de poisson — celle des cafés d'Arnarstapi et de Hellnar, sous les falaises, avec du pain de seigle.
- Moules du Breiðafjörður — celles des eaux froides du fjord, au vin blanc, dans les restaurants du port de Stykkishólmur.
- Agneau — élevé sur les pentes du glacier, en gigot ou en ragoût dans les auberges de la péninsule.
Jour 13
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Kirkjufell et sa cascade La montagne la plus photographiée du pays : un cône asymétrique de 463 m avec une chute à trois paliers au premier plan. Elle a servi de « montagne en pointe de flèche » dans Game of Thrones. Le parking est payant, l'accès libre.gratuitnatureEn savoir plus
La montagne change de nature selon l'angle. Depuis la route qui vient de l'est, c'est un cône régulier ; depuis le bord du fjord, une lame mince posée sur la mer. C'est pourquoi l'image que tout le monde connaît n'existe que d'un seul endroit, la petite cascade en face, où les trépieds se serrent. De près, les flancs montrent des strates nettes : un empilement de coulées et de sédiments déposés entre deux glaciations, que la glace a ensuite raboté. Ce n'est pas un volcan, c'est un reste.
Il y a des morts. L'ascension paraît courte depuis la route, mais elle comporte deux passages exposés équipés de cordes fixes, sur de l'herbe qui devient une patinoire dès qu'elle est mouillée — et elle l'est souvent. Plusieurs chutes mortelles ces dernières années ont conduit les habitants à décourager la montée sans guide. La descente est le moment dangereux, comme toujours.
Le stationnement de la cascade se paie par plaque. L'essentiel se voit depuis le bord de la route, sans marcher : c'est l'une des rares images d'Islande qu'on obtient sans effort. En hiver, la montagne est un premier plan classique pour les aurores, mais le vent y balaie la route sans obstacle.
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Falaises d'Arnarstapi et Hellnar Deux kilomètres et demi de sentier côtier entre deux hameaux, le long de falaises de basalte percées d'arches et criblées de nids de mouettes tridactyles. Le Gatklettur, arche circulaire dans la mer, est à mi-chemin.gratuitnatureEn savoir plus
Le sentier court sur le rebord, entre deux hameaux, et passe au-dessus de gouffres où la mer s'engouffre sous la roche : on l'entend cogner sous ses pieds avant de la voir jaillir par un trou du plafond. L'arche circulaire du Gatklettur, à mi-parcours, encadre l'horizon comme un hublot. À Arnarstapi, une énorme figure de pierres empilées regarde la mer : Bárður Snæfellsás, le demi-troll de la saga, qui aurait disparu dans le glacier et veille depuis sur la péninsule.
À Laugarbrekka, tout près de Hellnar, est née Guðríður Þorbjarnardóttir. Elle a navigué vers le Vínland autour de l'an 1000, y a mis au monde un fils — le premier enfant de parents européens né en Amérique —, est revenue s'installer en Islande, puis est partie à pied jusqu'à Rome. Une statue marque l'endroit. Elle a probablement plus voyagé qu'aucun homme de son siècle.
Le bord de la falaise est miné par en dessous et la couche d'herbe avance en porte-à-faux au-dessus du vide : elle cède. Rester en retrait, ne pas s'asseoir au bord pour la photo. En période de nidification, les sternes arctiques attaquent en piqué tout ce qui approche de leur colonie : tenir une main au-dessus de la tête suffit à les détourner.
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Plage de Djúpalónssandur et Búðakirkja Une crique de galets noirs polis où traînent encore les tôles rouillées d'un chalutier anglais échoué en 1948 — on les laisse en mémoire des quatorze marins morts. Quatre pierres de force servaient à recruter les pêcheurs : la plus lourde fait 154 kg.gratuitmarchéEn savoir plus
On descend dans la crique par un sentier raide qui se faufile entre des pitons de lave, et l'on débouche sur des galets noirs parfaitement ronds, polis comme des œufs, qu'il est interdit d'emporter. Les tôles du chalutier sont éparpillées partout, rouges de rouille, tordues, laissées où la mer les a mises.
Les quatre pierres de force ne servaient pas à impressionner : elles étaient un examen d'embauche. Ce n'était pas la plus lourde qui comptait, mais la troisième, dite la demi-portion — il fallait la hisser sur une margelle à hauteur de hanche pour être pris à bord. Qui n'y arrivait pas ne pêchait pas. Juste derrière le cap, la crique de Dritvík a été l'une des plus grandes stations de pêche du pays, avec des centaines d'hommes campant là pour la saison ; il n'en reste rien.
La mer monte haut et vite sur une pente de galets qui roulent sous le pied : ne pas descendre à la ligne d'eau. Plus loin sur la côte, la petite église noire de Búðir est seule sur son champ de lave, dans son enclos de pierre. Elle est noire parce qu'elle est goudronnée. Reconstruite au XIXe siècle contre l'avis de la hiérarchie religieuse, elle porte à sa porte un anneau qui le dit.
Jour 14
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Phoques de Ytri-Tunga et bains de Krauma Une plage de sable clair — rare ici — où une colonie de phoques vient se chauffer sur les rochers de mai à juillet. Sur la route du retour, les bains de Krauma sont alimentés par Deildartunguhver, la source la plus puissante d'Europe : 180 litres d'eau bouillante par seconde.34 €natureEn savoir plus
La plage est claire, presque dorée, ce qui suffit à la rendre bizarre ici. Les phoques ne sont pas dans l'eau mais couchés sur les rochers d'un platier, à quelques dizaines de mètres, immobiles pendant des heures, dressant parfois la tête et la queue ensemble. Les jeunes de l'année apparaissent au début de l'été.
Sur la route du retour, Deildartunguhver ne paie pas de mine : un talus qui fume. Mais son eau bouillante est captée et poussée sur des dizaines de kilomètres jusqu'aux villes de la côte, où elle arrive encore assez chaude pour alimenter directement radiateurs et douches. Il n'y a de chaudière nulle part : l'eau chaude des robinets de Borgarnes et d'Akranes sort de ce talus.
Pour les phoques, tout dépend de la marée : à marée haute, le platier est couvert et il n'y a rien à voir — vérifier l'horaire avant de faire le détour. On est sur le terrain d'une ferme en activité : rester sur le sable, ne pas s'avancer sur les rochers — une approche de trop met la colonie à l'eau pour la journée. À Krauma, l'eau bouillante est tempérée par de l'eau de rivière glaciaire, sans produits. Et Reykholt, tout près, garde le bassin de pierre de Snorri Sturluson, tué chez lui en 1241.
83 € hébergement · 57 € repas · 28 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse à Stykkishólmur, 165 € la nuit.
Le budget de ces 14 jours
3 660 € par personne pour 14 jours, soit 261 € / jour. À deux, 7 319 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 1 192 € | 33 % |
| Repas | 808 € | 22 % |
| Transport sur place | 103 € | 3 % |
| Location de voiture — 14 jours | 770 € | 21 % |
| Carburant et péages | 224 € | 6 % |
| Activités | 563 € | 15 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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