Islande en 5 jours : l'itinéraire jour par jour
1 395 € par personne sur place pour 5 jours, soit 279 € / jour — en 3 étapes, de Reykjavík à Côte sud. En passant par Cercle d'Or.
Autres durées : une semaine · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Islande
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Reykjavík — Keflavík (KEF), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Reykjavík
J1 → J2 · 2 nuits · 609 € par personne
La capitale la plus au nord, et les bains de la péninsule
La capitale la plus septentrionale du monde, et une petite ville : 140 000 habitants, un centre qui se traverse en vingt minutes. C'est le point d'arrivée et le point de départ de tout le reste. ⚠️ Les grands bains — Blue Lagoon, Sky Lagoon — se réservent à l'heure et affichent complet des semaines à l'avance en été.
En savoir plus sur Reykjavík
Reykjavík est la capitale la plus septentrionale du monde et compte cent quarante mille habitants — moins qu'une préfecture française moyenne. Son centre se traverse en vingt minutes à pied, ce qui déroute ceux qui attendent une capitale : quelques rues de maisons en tôle ondulée peinte, un port, une église moderniste qui domine tout, et l'essentiel est vu.
Elle n'est donc pas une destination mais un point d'ancrage : c'est là qu'on arrive, qu'on loue le véhicule et qu'on repart, et l'on y passe généralement la première et la dernière nuit. L'aéroport international est à Keflavík, quarante-cinq minutes plus à l'ouest, desservi par des navettes régulières.
⚠️ Les grands bains géothermiques se réservent à l'heure et affichent complet plusieurs semaines à l'avance en été — le Blue Lagoon, sur la route de l'aéroport, et le Sky Lagoon, en ville, ne se décident pas la veille. Une alternative que peu de visiteurs connaissent : les piscines de quartier, géothermiques elles aussi, coûtent quelques euros, sont ouvertes tous les jours du matin au soir et constituent le vrai lieu de sociabilité islandais, avec leurs bassins chauds à différentes températures. ⚠️ La douche nue et savonnée avant l'entrée y est obligatoire et surveillée : ce n'est pas négociable.
À table
- Pylsa — le hot-dog d'agneau « avec tout », oignons crus et frits, moutarde douce et rémoulade, au kiosque Bæjarins Beztu près du port.
- Plokkfiskur — le poisson blanc émietté et mélangé à une purée de pommes de terre et d'oignons, plat de tous les jours servi avec du pain de seigle.
- Kjötsúpa — la soupe d'agneau aux légumes racines, épaisse, dans les cafés du centre par temps de pluie.
- Skyr — le laitage épais et acidulé, entre yaourt et fromage frais, nature ou aux myrtilles, au petit-déjeuner.
- Hákarl — le requin fermenté, en dés, avec un verre de brennivín pour faire passer ; on le goûte une fois.
Jour 1
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Hallgrímskirkja et le vieux Reykjavík Une église de béton dont la façade imite les orgues basaltiques du pays, mise quarante et un ans à construire. L'ascenseur du clocher donne la ville entière en toits de tôle colorée. En dessous, les rues de maisons en bois de Þingholt.8 €cultureEn savoir plus
De près, la façade ne se contente pas d'évoquer le basalte : deux ailes de colonnes de béton montent en s'élançant de part et d'autre du clocher, comme une coulée qui refroidit. Guðjón Samúelsson, architecte d'État, a passé sa carrière à chercher une architecture nationale dans la roche du pays — on retrouvera la même idée tout au nord du parcours, à l'église d'Akureyri. L'intérieur prend le contre-pied : une nef blanche, nue, presque sans décor, où l'on n'a laissé qu'un orgue allemand de plusieurs milliers de tuyaux.
Devant le porche, la statue de Leifur Eiríksson est arrivée avant l'église. Les États-Unis l'ont offerte en 1930 pour le millénaire de l'Alþingi et on l'a plantée sur cette colline alors que rien n'y était encore bâti : le navigateur qui a atteint l'Amérique cinq siècles avant Colomb regarde donc l'océan depuis un socle plus vieux que le bâtiment derrière lui.
La rue qui monte droit à l'église, Skólavörðustígur, a été peinte en arc-en-ciel pour la marche des fiertés, et on l'a gardée ainsi : c'est de son bas que se prend la photographie. En haut du clocher, les ouvertures sont étroites et vitrées : la ville se découvre par tranches, en faisant le tour.
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Blue Lagoon Une eau laiteuse à 38 °C, bleu opaque à cause de la silice, dans un champ de lave noire — c'est en réalité le rejet d'une centrale géothermique, et ça n'enlève rien. ⚠️ Tarification variable selon l'heure, réservation obligatoire, et c'est le site le plus fréquenté du pays.84 €détenteEn savoir plus
Le Blue Lagoon n'est pas une source naturelle : c'est le bassin de rejet de la centrale géothermique de Svartsengi. L'eau, pompée à plus de deux mille mètres de profondeur pour produire de l'électricité et du chauffage urbain, est ensuite évacuée dans le champ de lave — et l'on s'est aperçu dans les années 1980 qu'elle ne s'infiltrait pas, la silice qu'elle contient colmatant la roche poreuse. Le lagon s'est donc formé tout seul.
Cette silice explique aussi la couleur : elle reste en suspension et diffuse la lumière, ce qui donne un blanc laiteux qui vire au bleu. C'est également elle qu'on étale en masque sur le visage. L'origine industrielle du lieu n'enlève rien à l'expérience et beaucoup de visiteurs l'ignorent complètement.
⚠️ C'est le site le plus fréquenté d'Islande : la réservation est obligatoire, le créneau est horodaté, et les tarifs varient selon l'heure et la saison. Il se trouve sur la route entre l'aéroport et Reykjavík, ce qui en fait une halte logique en arrivant ou en repartant — c'est même son meilleur usage. ⚠️ La silice abîme les cheveux et les rend collants ; l'après-shampoing fourni sur place s'applique avant d'entrer, pas après.
Jour 2
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Piscines géothermales de quartier Chaque quartier a la sienne, ouverte à 6 h 30, chauffée par le sol, avec plusieurs bassins chauds à températures étagées. C'est le vrai lieu de vie sociale islandais — dix fois moins cher qu'un lagon touristique et infiniment plus intéressant.8 €détenteEn savoir plus
Chaque quartier islandais a sa piscine, chauffée par l'eau géothermique du réseau, ouverte tôt le matin et tard le soir, toute l'année et par tous les temps. Ce sont des équipements municipaux ordinaires, comme une bibliothèque, et ils coûtent une fraction du prix d'un lagon touristique.
C'est surtout le lieu de sociabilité central du pays. On ne va pas nager mais s'asseoir dans les hot pots, ces petits bassins chauds à températures étagées — de tièdes à brûlants — où l'on discute avec ses voisins. La conversation y est une institution, et l'on y parle politique et météo comme ailleurs au café. Il y a souvent aussi un bain froid et un sauna.
⚠️ La douche est obligatoire, entièrement nue, sans maillot, avec du savon, avant d'entrer dans les vestiaires humides — des schémas affichent les zones à laver et un employé le fait respecter. La règle surprend beaucoup de visiteurs étrangers et n'est pas négociable : l'eau des bassins étant peu chlorée, l'hygiène repose entièrement dessus. Ne pas la suivre est mal vu au point de faire sortir.
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Observation des baleines depuis le vieux port Baleines à bosse, petits rorquals et dauphins à bec blanc dans la baie de Faxaflói, d'avril à octobre. Les compagnies annoncent 90 % d'observation en été et offrent une seconde sortie sinon. Se couvrir bien plus qu'on ne le croit nécessaire.77 €natureEn savoir plus
La baie de Faxaflói est vaste et peu profonde, et la sortie ressemble peu aux images : on passe l'essentiel du temps à balayer une eau grise en cherchant un souffle, et ce qu'on voit le plus souvent est un dos qui roule, rarement un saut. Les dauphins à bec blanc, eux, arrivent en bande et jouent dans la vague d'étrave. Du même quai partent en été les bateaux vers les îlots à macareux d'Akurey et de Lundey.
L'Islande est l'un des trois pays au monde à avoir maintenu une chasse commerciale à la baleine, et c'est le sujet dont on parle à bord. La viande part très majoritairement dans les assiettes des visiteurs : les Islandais n'en mangent quasiment plus, et des restaurants de Reykjavík se sont engagés publiquement à ne pas en servir. Commander de la baleine « pour goûter » est donc une demande de touriste, pas une coutume locale.
On distribue des combinaisons au quai, et il en faut. Les jumelles ne servent presque à rien : quand l'animal est là, il est près. Mieux vaut surveiller les oiseaux que l'eau — une nuée de mouettes qui travaille en surface signale le banc de poissons, donc ce qui le chasse par en dessous.
93 € hébergement · 62 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre-ville, 185 € la nuit.
- Reykjavík → Cercle d'Or — Route 36 puis 35, location prise à Keflavík, 1 h 30, 43 € par personne (85 € à partager).
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02. Cercle d'Or
J3 · 1 nuit · 215.5 € par personne
Faille continentale, geyser et chute de Gullfoss
Trois sites sur une boucle de trois cents kilomètres au départ de Reykjavík : la faille entre deux plaques continentales, un geyser qui jaillit toutes les huit minutes, et une chute à deux étages. C'est la journée la plus fréquentée d'Islande — partir tôt ou tard, jamais avec les cars du milieu de matinée.
En savoir plus sur Cercle d'Or
Le Cercle d'Or n'est pas un lieu mais une boucle d'environ trois cents kilomètres au départ de Reykjavík, qui relie trois sites très différents et se fait facilement en une journée. C'est le circuit le plus fréquenté du pays, précisément parce qu'il est court et qu'il donne un condensé de ce que l'Islande a de singulier.
Þingvellir est le seul endroit au monde où l'on marche à sec dans le rift entre deux plaques continentales, celles d'Amérique et d'Eurasie, qui s'écartent de deux centimètres par an ; c'est aussi le lieu où siégeait le plus ancien parlement d'Europe, dès 930. Geysir a donné son nom au phénomène mais ne jaillit plus ; c'est son voisin Strokkur qui souffle toutes les cinq à dix minutes. Gullfoss termine la boucle par une chute à deux paliers qui disparaît dans un canyon.
⚠️ La fréquentation est le vrai sujet. Les autocars partis de Reykjavík arrivent en milieu de matinée et repartent en milieu d'après-midi : entre dix et seize heures, les parkings sont pleins et les points de vue saturés. Partir à sept heures, ou faire la boucle en sens inverse en fin de journée, change tout — et en été, la lumière permet de visiter jusqu'à très tard. Silfra, la faille où l'on nage entre les deux plaques dans une eau à deux degrés, se réserve et se fait en combinaison étanche.
À table
- Hverabrauð — le pain de seigle cuit vingt-quatre heures dans le sable chaud des sources, déterré devant vous à Laugarvatn Fontana.
- Soupe de tomates de Friðheimar — servie dans la serre géothermique de Reykholt, au milieu des plants, avec du pain à volonté.
- Glace d'Efstidalur — la crème glacée de la ferme laitière, mangée face aux vaches derrière la vitre.
- Agneau islandais — élevé en liberté dans les montagnes tout l'été, en gigot ou en soupe dans les auberges de la route.
Jour 3
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Geysir et Strokkur Le Geysir d'origine — qui a donné son nom au phénomène dans toutes les langues — ne jaillit presque plus. Son voisin Strokkur prend le relais toutes les cinq à dix minutes, à vingt mètres, avec une bulle bleue qui se forme une seconde avant. Gratuit.gratuitnatureEn savoir plus
Le champ entier vaut la marche, pas seulement la colonne d'eau. Autour du Geysir endormi, la vapeur traverse le sentier, des vasques bleues fument à ras de terre et Blesi, la plus belle, est double : un bassin limpide et bouillant, et son jumeau collé contre lui, plus froid et bleu laiteux parce que la silice y précipite. Le sol entre les cordes est une croûte mince posée sur de l'eau à température d'ébullition.
Pendant des décennies, on a fait jaillir le Geysir à la demande en y versant du savon, par sacs entiers, les jours de fête nationale : le savon abaisse la tension de surface et déclenche l'éruption. La pratique a été abandonnée. Ce qui le réveille vraiment, ce sont les tremblements de terre — celui de l'an 2000, dans le sud de l'île, l'a remis en activité pour un temps avant qu'il ne retombe.
Le vent décide de tout : l'eau de Strokkur retombe brûlante, et se placer sous le panache n'est pas une question de patience mais de côté. Se mettre face au vent, avec le jet devant soi. Autre détail que les photographes apprennent sur place : après la grande éruption, une seconde, plus petite, suit souvent dans la foulée — et c'est celle-là qu'on rate en baissant l'appareil.
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Chute de Gullfoss Deux paliers à angle droit qui envoient la rivière dans un canyon de trente-deux mètres, avec un arc-en-ciel permanent par beau temps. Elle devait être noyée par un barrage dans les années 1920 ; la fille du propriétaire a menacé de s'y jeter, et le projet a été abandonné.gratuitnatureEn savoir plus
On ne la voit jamais en entier. Depuis la plate-forme haute, le second palier bascule dans une fente si étroite que la rivière semble s'enfoncer dans le sol : le canyon qui l'emporte est invisible tant qu'on n'est pas descendu. L'eau est blanche de farine glaciaire arrachée au Langjökull, et le sentier du bas mène sur un éperon de rocher qui met à hauteur de la lèvre, dans les embruns.
Le nom qui est resté est celui de Sigríður Tómasdóttir, fille du propriétaire du terrain, qui a fait plusieurs fois la route de Reykjavík pour empêcher qu'on loue la chute à des investisseurs. Une pierre gravée à son profil est plantée au-dessus. L'histoire de la menace de se jeter dans l'eau appartient au récit national ; ce qui est sûr, c'est qu'elle a porté l'affaire jusqu'au bout, et que son avocat, Sveinn Björnsson, est devenu le premier président de la République.
L'escalier entre les deux niveaux ferme dès que le gel prend, et les embruns givrent la pierre bien avant l'hiver. L'arc-en-ciel ne se forme qu'avec le soleil dans le dos, donc rarement au même moment sur les deux plates-formes : monter et descendre, plutôt que choisir. L'éperon du bas n'a pas de garde-corps sur ses côtés.
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Parc national de Þingvellir On marche dans la faille entre les plaques américaine et eurasienne, qui s'écartent de deux centimètres par an. C'est aussi là que siégeait l'Alþingi dès 930, le plus ancien parlement du monde. Le montant est le parking, l'entrée est libre.7 €natureEn savoir plus
La falaise noire d'Almannagjá, au pied de laquelle court le sentier, est le rebord de la plaque américaine ; en face, à des kilomètres, une autre falaise fait le même office pour l'eurasienne. Tout ce qu'il y a entre les deux s'enfonce et s'écarte. C'est pourquoi la photo « un pied sur chaque continent » est un joli mensonge : la frontière n'est pas un trait mais cette vallée entière, crevassée de failles remplies d'eau.
Le lögsögumaður, l'homme qui disait la loi, récitait de mémoire un tiers du droit chaque année depuis le Lögberg — il fallait trois ans pour tout entendre. En l'an 1000, plutôt que la guerre civile, l'assemblée a confié la décision à un seul homme, Þorgeir, prêtre païen lui-même : il s'est couché sous sa cape un jour et une nuit et s'est relevé en déclarant le pays chrétien, le sacrifice restant toléré en privé. Un peu plus bas, la vasque de Drekkingarhylur servait à noyer les condamnées.
Le stationnement se paie en ligne, par plaque d'immatriculation, et des caméras vérifient : l'amende arrive au loueur. Partir du parking haut permet de descendre toute la faille par la chute d'Öxarárfoss. Le vent s'engouffre dans la gorge et souffle bien plus fort qu'au-dessus.
88 € hébergement · 58 € repas · 30 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse près de Geysir, 175 € la nuit.
- Cercle d'Or → Côte sud — Descente vers la route 1 par Hvolsvöllur, 2 h, 23 € par personne (45 € à partager).
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03. Côte sud
J4 → J5 · 2 nuits · 505 € par personne
Cascades, sable noir et orgues de basalte
Deux cents kilomètres de route entre des cascades qu'on atteint en se garant, des plages de sable noir et des glaciers qui descendent presque jusqu'à la route. ⚠️ La plage de Reynisfjara tue régulièrement : les vagues sneaker remontent sans prévenir et emportent ceux qui tournent le dos à la mer.
En savoir plus sur Côte sud
La côte sud est le tronçon d'Islande le plus dense en sites accessibles : sur deux cents kilomètres de route, on enchaîne des cascades où l'on se gare au pied, des plages de sable noir, des falaises à macareux et des langues glaciaires qui descendent presque jusqu'au bitume. C'est aussi pour cela qu'elle est très fréquentée, et que les parkings y sont désormais payants presque partout.
Seljalandsfoss se contourne par-derrière — on passe entre l'eau et la falaise, et l'on ressort trempé — tandis que Skógafoss se regarde de face avant de monter l'escalier qui longe le torrent. Les deux sont à vingt minutes l'une de l'autre. Vík marque à peu près le milieu du parcours et concentre les hébergements.
⚠️ La plage de Reynisfjara tue régulièrement, et il faut le dire sans détour. Sa pente sous-marine et l'absence d'obstacle sur des milliers de kilomètres d'océan produisent des vagues dites sneaker qui remontent brutalement bien au-delà de la ligne d'eau apparente, sans aucun signe avant-coureur, et le ressac emporte immédiatement. On ne tourne jamais le dos à la mer, on ne s'approche pas pour une photo, et l'on respecte les feux d'avertissement installés sur place. Plusieurs visiteurs y sont morts, tous en faisant exactement cela.
À table
- Agneau — celui des fermes de la plaine, en filet ou en ragoût, dans les restaurants de Vík et de Hvolsvöllur.
- Bleikja — l'omble chevalier des rivières glaciaires, poêlé au beurre, poisson des lacs et des rivières du sud.
- Kleinur — les beignets torsadés à la cardamome, avec un café, dans les stations-service et les cafés de la route 1.
- Soupe de poisson — crémeuse, au cabillaud et aux légumes, plat du midi dans tous les cafés de la côte.
Jour 4
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Plage de Reynisfjara et falaises de Dyrhólaey Du sable noir, une falaise d'orgues basaltiques en escalier et trois pitons au large que la légende dit être des trolls surpris par le jour. ⚠️ Vagues scélérates mortelles : ne jamais tourner le dos à la mer. Macareux à Dyrhólaey de mai à août.gratuitnatureEn savoir plus
Les orgues du Reynisfjall forment un escalier de colonnes hexagonales sur lequel tout le monde grimpe, et une grotte s'ouvre à leur pied, Hálsanefshellir, dont la voûte est faite des mêmes colonnes vues par en dessous. Elle est coupée par la marée haute. À l'ouest, Dyrhólaey n'est pas une falaise ordinaire : c'était une île volcanique née sous la mer, que les sables ont soudée à la côte, et que l'océan a percée d'une arche assez haute pour un bateau.
Les macareux y creusent leurs terriers dans la tourbe du sommet et ne viennent à terre que pour se reproduire : le reste de l'année, ils vivent au large sans jamais toucher le sol. Des portions du promontoire ferment pendant la nidification.
À Reynisfjara, des gens meurent. Le fond remonte si brusquement que la houle n'a pas le temps de déferler au large : elle arrive entière, et une série sur plusieurs remonte trente mètres plus haut que les précédentes, sans un signe avant-coureur. Le ressac emporte ensuite au large. Un panneau lumineux affiche désormais le niveau de risque du jour. La règle tient en une phrase : ne jamais tourner le dos à la mer, et rester au-dessus de la ligne de sable mouillé la plus haute.
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Seljalandsfoss et Skógafoss Deux chutes de soixante mètres à trente kilomètres l'une de l'autre. On passe derrière Seljalandsfoss par un sentier — prévoir d'être trempé — tandis que Skógafoss tombe droit sur des galets noirs. Le montant est celui des deux parkings, l'accès est libre.14 €natureEn savoir plus
Les deux chutes tombent de la même ligne, et c'est elle qu'il faut voir : cette falaise était le rivage. La plaine plate qui s'étend devant a été construite par les alluvions des glaciers, qui ont repoussé la mer de plusieurs kilomètres. Une fois la ligne repérée, on la suit des yeux vers l'est sur des dizaines de kilomètres, avec d'autres cascades suspendues dessus. Derrière Seljalandsfoss, le sentier entre dans une alcôve d'où l'on regarde la vallée à travers l'eau.
Au-dessus de Skógafoss, un escalier mène à un sentier qui remonte la rivière de chute en chute jusqu'au col de Fimmvörðuháls. C'est là qu'a commencé, en mars 2010, l'éruption de l'Eyjafjallajökull, celle dont le panache de cendre a cloué au sol l'aviation européenne. Deux cratères neufs y sont nés, Magni et Móði, du nom des fils de Thor, et leur sol est resté tiède des années.
À quelques centaines de mètres de Seljalandsfoss se cache Gljúfrabúi : une chute enfermée dans une fissure, où l'on entre en marchant dans le ruisseau. Presque tout le monde passe devant sans la voir. Le passage derrière la grande chute trempe intégralement et ferme dès qu'il gèle. Sur le sentier d'en haut, rien n'abrite du vent.
Jour 5
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Épave de l'avion de Sólheimasandur La carcasse d'un DC-3 de l'US Navy posé en catastrophe en 1973 — tout l'équipage a survécu — abandonnée sur une plaine de sable noir. Quatre kilomètres de marche aller depuis la route 1, à pied uniquement, sans un relief à l'horizon.gratuitmarchéEn savoir plus
Il ne reste que la coque : ni ailes, ni moteurs, ni empennage, une carlingue d'aluminium déchirée, posée sur une plaine noire absolument vide. La marine a récupéré tout ce qui valait quelque chose et laissé le reste sur place, où il tient depuis plus de cinquante ans. De près, c'est plus petit que sur les photographies, couvert de graffitis, et l'on marche dedans comme dans un tube.
La piste qui y menait a été fermée aux véhicules par le propriétaire du terrain en 2016, après que des voitures eurent labouré le sable en tous sens. D'où la marche, pour tout le monde, sur une plaine sans un relief ni un abri. Une navette payante existe pour ceux qui renoncent.
C'est l'endroit du parcours où le vent se fait le plus sentir, et il faut savoir ce qu'il fait : une rafale prise dans une portière ouverte l'arrache de ses gonds. C'est le premier sinistre déclaré par les loueurs, il n'est couvert par aucune assurance, et la facture est sévère — se garer face au vent et tenir la portière à deux mains. Sur la plaine, des piquets jalonnent l'itinéraire : par mauvaise visibilité, c'est la seule ligne à suivre, et il n'y a ni eau, ni abri, ni ombre d'un bout à l'autre.
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Marche sur le glacier Sólheimajökull Une langue glaciaire accessible en dix minutes de marche depuis le parking, gravie en crampons avec un guide. Elle a reculé d'un kilomètre depuis 2000 : les guides montrent où était la glace à leurs débuts, et c'est la démonstration la plus directe du réchauffement qu'on puisse voir.79 €natureEn savoir plus
Rien n'est blanc. Le front est gris, granuleux, criblé de petits trous noirs forés par des grains de cendre que le soleil chauffe et qui s'enfoncent dans la glace. Des arêtes se dressent, des crevasses s'ouvrent, remplies de poussière volcanique, et le bleu n'apparaît que sur une cassure fraîche. Des ruisseaux courent dans des rigoles polies avant de disparaître d'un coup dans un puits vertical.
Devant le glacier s'étale maintenant un lac qui n'existait pas au début du siècle : il est né du retrait, il grandit chaque année, et le sentier d'approche doit désormais le contourner. La glace sur laquelle on marche, elle, est tombée en neige il y a des siècles avant de descendre jusqu'ici.
On ne pose pas un pied sur ce front sans encadrement : les crevasses se cachent sous une peau de cendre et de neige, le bord est miné par en dessous par l'eau de fonte et s'effondre sans prévenir, et les torrents sont rapides et glacés. Les crampons exigent des chaussures à semelle rigide — les baskets sont refusées au point de rendez-vous, et il faut alors louer des chaussures. Sur cette côte, le temps bascule en une heure : la sortie peut être annulée le matin même.
85 € hébergement · 58 € repas · 32 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Guesthouse face au glacier, 170 € la nuit.
Le budget de ces 5 jours
1 395 € par personne pour 5 jours, soit 279 € / jour. À deux, 2 789 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 444 € | 32 % |
| Repas | 298 € | 21 % |
| Transport sur place | 36 € | 3 % |
| Location de voiture — 5 jours | 275 € | 20 % |
| Carburant et péages | 65 € | 5 % |
| Activités | 277 € | 20 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Le PDF
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- La carte du parcours, avec ses 3 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
- Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
- Le budget ventilé, par poste et par étape
- Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
- Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur
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