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Itinéraire Islande : les 8 étapes possibles et le budget

Reykjavík, le Cercle d'Or, la côte sud, Jökulsárlón, les fjords de l'Est, Mývatn, Akureyri, Snæfellsnes. Glaciers, geysers, basalte.

3–8
étapes, selon ta durée
97 €
par jour et par personne, dès
juin → août, et sept pour les aurores
meilleure période
37
activités, dont 17 gratuites

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris. Les prix d'hébergement supposent une chambre partagée à deux : à plusieurs, le coût par tête baisse.

Carte du parcours en 8 étapes : Reykjavík, Cercle d'Or, Côte sud, Skaftafell et Jökulsárlón, Fjords de l'Est, Mývatn, Akureyri, Snæfellsnes
L'itinéraire complet, en 8 étapes. Ton itinéraire en retiendra une partie selon ta durée et ton rythme — les grandes pastilles sont celles qu'un séjour court garde en priorité. Le tracé relie les étapes, il ne suit pas les routes. Fond de carte © OpenStreetMap contributors, © CARTO.

Le parcours étape par étape

Les étapes sont présentées dans l'ordre conseillé, celui qui limite les allers-retours. Le générateur en retiendra plus ou moins selon ta durée, ton budget et ton style.

  1. Reykjavík, Islande

    1. Reykjavík

    La capitale la plus au nord, et les bains de la péninsule

    La capitale la plus septentrionale du monde, et une petite ville : 140 000 habitants, un centre qui se traverse en vingt minutes. C'est le point d'arrivée et le point de départ de tout le reste. ⚠️ Les grands bains — Blue Lagoon, Sky Lagoon — se réservent à l'heure et affichent complet des semaines à l'avance en été.

    En savoir plus sur Reykjavík

    Reykjavík est la capitale la plus septentrionale du monde et compte cent quarante mille habitants — moins qu'une préfecture française moyenne. Son centre se traverse en vingt minutes à pied, ce qui déroute ceux qui attendent une capitale : quelques rues de maisons en tôle ondulée peinte, un port, une église moderniste qui domine tout, et l'essentiel est vu.

    Elle n'est donc pas une destination mais un point d'ancrage : c'est là qu'on arrive, qu'on loue le véhicule et qu'on repart, et l'on y passe généralement la première et la dernière nuit. L'aéroport international est à Keflavík, quarante-cinq minutes plus à l'ouest, desservi par des navettes régulières.

    ⚠️ Les grands bains géothermiques se réservent à l'heure et affichent complet plusieurs semaines à l'avance en été — le Blue Lagoon, sur la route de l'aéroport, et le Sky Lagoon, en ville, ne se décident pas la veille. Une alternative que peu de visiteurs connaissent : les piscines de quartier, géothermiques elles aussi, coûtent quelques euros, sont ouvertes tous les jours du matin au soir et constituent le vrai lieu de sociabilité islandais, avec leurs bassins chauds à différentes températures. ⚠️ La douche nue et savonnée avant l'entrée y est obligatoire et surveillée : ce n'est pas négociable.

    À table

    • Pylsa — le hot-dog d'agneau « avec tout », oignons crus et frits, moutarde douce et rémoulade, au kiosque Bæjarins Beztu près du port.
    • Plokkfiskur — le poisson blanc émietté et mélangé à une purée de pommes de terre et d'oignons, plat de tous les jours servi avec du pain de seigle.
    • Kjötsúpa — la soupe d'agneau aux légumes racines, épaisse, dans les cafés du centre par temps de pluie.
    • Skyr — le laitage épais et acidulé, entre yaourt et fromage frais, nature ou aux myrtilles, au petit-déjeuner.
    • Hákarl — le requin fermenté, en dés, avec un verre de brennivín pour faire passer ; on le goûte une fois.
    Durée et coût par style de voyage à Reykjavík
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 106 € dont 58 € de nuit, 36 € de repas
    Équilibré 2–2 216 € dont 130 € de nuit, 62 € de repas
    Confort + 3–3 392 € dont 248 € de nuit, 100 € de repas

    Que faire à Reykjavík

    • Hallgrímskirkja et le vieux Reykjavík, Reykjavík, Islande
      Hallgrímskirkja et le vieux Reykjavík Une église de béton dont la façade imite les orgues basaltiques du pays, mise quarante et un ans à construire. L'ascenseur du clocher donne la ville entière en toits de tôle colorée. En dessous, les rues de maisons en bois de Þingholt.
      En savoir plus

      De près, la façade ne se contente pas d'évoquer le basalte : deux ailes de colonnes de béton montent en s'élançant de part et d'autre du clocher, comme une coulée qui refroidit. Guðjón Samúelsson, architecte d'État, a passé sa carrière à chercher une architecture nationale dans la roche du pays — on retrouvera la même idée tout au nord du parcours, à l'église d'Akureyri. L'intérieur prend le contre-pied : une nef blanche, nue, presque sans décor, où l'on n'a laissé qu'un orgue allemand de plusieurs milliers de tuyaux.

      Devant le porche, la statue de Leifur Eiríksson est arrivée avant l'église. Les États-Unis l'ont offerte en 1930 pour le millénaire de l'Alþingi et on l'a plantée sur cette colline alors que rien n'y était encore bâti : le navigateur qui a atteint l'Amérique cinq siècles avant Colomb regarde donc l'océan depuis un socle plus vieux que le bâtiment derrière lui.

      La rue qui monte droit à l'église, Skólavörðustígur, a été peinte en arc-en-ciel pour la marche des fiertés, et on l'a gardée ainsi : c'est de son bas que se prend la photographie. En haut du clocher, les ouvertures sont étroites et vitrées : la ville se découvre par tranches, en faisant le tour.

      culture
      8 € 2 h 30
    • Blue Lagoon, Reykjavík, Islande
      Blue Lagoon Une eau laiteuse à 38 °C, bleu opaque à cause de la silice, dans un champ de lave noire — c'est en réalité le rejet d'une centrale géothermique, et ça n'enlève rien. ⚠️ Tarification variable selon l'heure, réservation obligatoire, et c'est le site le plus fréquenté du pays.
      En savoir plus

      Le Blue Lagoon n'est pas une source naturelle : c'est le bassin de rejet de la centrale géothermique de Svartsengi. L'eau, pompée à plus de deux mille mètres de profondeur pour produire de l'électricité et du chauffage urbain, est ensuite évacuée dans le champ de lave — et l'on s'est aperçu dans les années 1980 qu'elle ne s'infiltrait pas, la silice qu'elle contient colmatant la roche poreuse. Le lagon s'est donc formé tout seul.

      Cette silice explique aussi la couleur : elle reste en suspension et diffuse la lumière, ce qui donne un blanc laiteux qui vire au bleu. C'est également elle qu'on étale en masque sur le visage. L'origine industrielle du lieu n'enlève rien à l'expérience et beaucoup de visiteurs l'ignorent complètement.

      ⚠️ C'est le site le plus fréquenté d'Islande : la réservation est obligatoire, le créneau est horodaté, et les tarifs varient selon l'heure et la saison. Il se trouve sur la route entre l'aéroport et Reykjavík, ce qui en fait une halte logique en arrivant ou en repartant — c'est même son meilleur usage. ⚠️ La silice abîme les cheveux et les rend collants ; l'après-shampoing fourni sur place s'applique avant d'entrer, pas après.

      détente
      84 € 3 h
    • Sky Lagoon et son rituel en sept étapes, Reykjavík, Islande
      Sky Lagoon et son rituel en sept étapes Un bassin à débordement face à l'Atlantique nord, à dix minutes du centre — l'horizon est de l'eau des deux côtés. Le rituel enchaîne bain froid, sauna à baie vitrée et brume salée. Moins couru que le Blue Lagoon, et plus beau au coucher du soleil.
      En savoir plus

      Le Sky Lagoon a été creusé face à l'Atlantique nord, sur la côte à quelques minutes du centre de Reykjavík, avec un bassin à débordement dont le bord se confond avec l'océan : l'horizon est de l'eau des deux côtés, ce que le Blue Lagoon, posé au milieu d'un champ de lave, ne peut pas offrir. C'est sa différence principale.

      Le rituel qui l'accompagne enchaîne bain chaud, immersion froide, sauna à grande baie vitrée sur la mer, brume salée, gommage et retour au bassin. La succession chaud-froid est un usage nordique ancien, et le passage dans le bain froid est bref mais réel.

      L'ensemble a été construit récemment et joue sur une esthétique de maison de tourbe traditionnelle, avec des murs de pierre sèche et un toit végétalisé. ⚠️ Il est moins couru que le Blue Lagoon mais se réserve tout de même, et les créneaux du coucher de soleil — très tardif en été, très précoce en hiver — partent en premier. Comme partout en Islande, la douche nue et savonnée avant l'entrée est obligatoire et surveillée.

      détente Réserver lien affilié
      119 € 3 h
    • Observation des baleines depuis le vieux port, Reykjavík, Islande
      Observation des baleines depuis le vieux port Baleines à bosse, petits rorquals et dauphins à bec blanc dans la baie de Faxaflói, d'avril à octobre. Les compagnies annoncent 90 % d'observation en été et offrent une seconde sortie sinon. Se couvrir bien plus qu'on ne le croit nécessaire.
      En savoir plus

      La baie de Faxaflói est vaste et peu profonde, et la sortie ressemble peu aux images : on passe l'essentiel du temps à balayer une eau grise en cherchant un souffle, et ce qu'on voit le plus souvent est un dos qui roule, rarement un saut. Les dauphins à bec blanc, eux, arrivent en bande et jouent dans la vague d'étrave. Du même quai partent en été les bateaux vers les îlots à macareux d'Akurey et de Lundey.

      L'Islande est l'un des trois pays au monde à avoir maintenu une chasse commerciale à la baleine, et c'est le sujet dont on parle à bord. La viande part très majoritairement dans les assiettes des visiteurs : les Islandais n'en mangent quasiment plus, et des restaurants de Reykjavík se sont engagés publiquement à ne pas en servir. Commander de la baleine « pour goûter » est donc une demande de touriste, pas une coutume locale.

      On distribue des combinaisons au quai, et il en faut. Les jumelles ne servent presque à rien : quand l'animal est là, il est près. Mieux vaut surveiller les oiseaux que l'eau — une nuée de mouettes qui travaille en surface signale le banc de poissons, donc ce qui le chasse par en dessous.

      nature Réserver visite guidée · 102 € langue à vérifier lien affilié
      77 € 3 h
    • Piscines géothermales de quartier, Reykjavík, Islande
      Piscines géothermales de quartier Chaque quartier a la sienne, ouverte à 6 h 30, chauffée par le sol, avec plusieurs bassins chauds à températures étagées. C'est le vrai lieu de vie sociale islandais — dix fois moins cher qu'un lagon touristique et infiniment plus intéressant.
      En savoir plus

      Chaque quartier islandais a sa piscine, chauffée par l'eau géothermique du réseau, ouverte tôt le matin et tard le soir, toute l'année et par tous les temps. Ce sont des équipements municipaux ordinaires, comme une bibliothèque, et ils coûtent une fraction du prix d'un lagon touristique.

      C'est surtout le lieu de sociabilité central du pays. On ne va pas nager mais s'asseoir dans les hot pots, ces petits bassins chauds à températures étagées — de tièdes à brûlants — où l'on discute avec ses voisins. La conversation y est une institution, et l'on y parle politique et météo comme ailleurs au café. Il y a souvent aussi un bain froid et un sauna.

      ⚠️ La douche est obligatoire, entièrement nue, sans maillot, avec du savon, avant d'entrer dans les vestiaires humides — des schémas affichent les zones à laver et un employé le fait respecter. La règle surprend beaucoup de visiteurs étrangers et n'est pas négociable : l'eau des bassins étant peu chlorée, l'hygiène repose entièrement dessus. Ne pas la suivre est mal vu au point de faire sortir.

      détente
      8 € 2 h

    Où dormir à Reykjavík

    • Appartement avec vue sur la baie appartement premium 375 € / nuit
    • Hôtel de charme près du port hotel premium 340 € / nuit
    • Hôtel du centre-ville hotel confort 185 € / nuit
    • Lit en dortoir au centre auberge routard 55 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Vesturbær habitant routard 110 € / nuit
  2. Cercle d'Or, Islande

    2. Cercle d'Or

    Faille continentale, geyser et chute de Gullfoss

    Trois sites sur une boucle de trois cents kilomètres au départ de Reykjavík : la faille entre deux plaques continentales, un geyser qui jaillit toutes les huit minutes, et une chute à deux étages. C'est la journée la plus fréquentée d'Islande — partir tôt ou tard, jamais avec les cars du milieu de matinée.

    En savoir plus sur Cercle d'Or

    Le Cercle d'Or n'est pas un lieu mais une boucle d'environ trois cents kilomètres au départ de Reykjavík, qui relie trois sites très différents et se fait facilement en une journée. C'est le circuit le plus fréquenté du pays, précisément parce qu'il est court et qu'il donne un condensé de ce que l'Islande a de singulier.

    Þingvellir est le seul endroit au monde où l'on marche à sec dans le rift entre deux plaques continentales, celles d'Amérique et d'Eurasie, qui s'écartent de deux centimètres par an ; c'est aussi le lieu où siégeait le plus ancien parlement d'Europe, dès 930. Geysir a donné son nom au phénomène mais ne jaillit plus ; c'est son voisin Strokkur qui souffle toutes les cinq à dix minutes. Gullfoss termine la boucle par une chute à deux paliers qui disparaît dans un canyon.

    ⚠️ La fréquentation est le vrai sujet. Les autocars partis de Reykjavík arrivent en milieu de matinée et repartent en milieu d'après-midi : entre dix et seize heures, les parkings sont pleins et les points de vue saturés. Partir à sept heures, ou faire la boucle en sens inverse en fin de journée, change tout — et en été, la lumière permet de visiter jusqu'à très tard. Silfra, la faille où l'on nage entre les deux plaques dans une eau à deux degrés, se réserve et se fait en combinaison étanche.

    À table

    • Hverabrauð — le pain de seigle cuit vingt-quatre heures dans le sable chaud des sources, déterré devant vous à Laugarvatn Fontana.
    • Soupe de tomates de Friðheimar — servie dans la serre géothermique de Reykholt, au milieu des plants, avec du pain à volonté.
    • Glace d'Efstidalur — la crème glacée de la ferme laitière, mangée face aux vaches derrière la vitre.
    • Agneau islandais — élevé en liberté dans les montagnes tout l'été, en gigot ou en soupe dans les auberges de la route.
    Durée et coût par style de voyage à Cercle d'Or
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 103 € dont 55 € de nuit, 32 € de repas
    Équilibré 1–2 210 € dont 122 € de nuit, 58 € de repas
    Confort + 2–2 382 € dont 235 € de nuit, 95 € de repas

    Que faire à Cercle d'Or

    • Geysir et Strokkur, Cercle d'Or, Islande
      Geysir et Strokkur Le Geysir d'origine — qui a donné son nom au phénomène dans toutes les langues — ne jaillit presque plus. Son voisin Strokkur prend le relais toutes les cinq à dix minutes, à vingt mètres, avec une bulle bleue qui se forme une seconde avant. Gratuit.
      En savoir plus

      Le champ entier vaut la marche, pas seulement la colonne d'eau. Autour du Geysir endormi, la vapeur traverse le sentier, des vasques bleues fument à ras de terre et Blesi, la plus belle, est double : un bassin limpide et bouillant, et son jumeau collé contre lui, plus froid et bleu laiteux parce que la silice y précipite. Le sol entre les cordes est une croûte mince posée sur de l'eau à température d'ébullition.

      Pendant des décennies, on a fait jaillir le Geysir à la demande en y versant du savon, par sacs entiers, les jours de fête nationale : le savon abaisse la tension de surface et déclenche l'éruption. La pratique a été abandonnée. Ce qui le réveille vraiment, ce sont les tremblements de terre — celui de l'an 2000, dans le sud de l'île, l'a remis en activité pour un temps avant qu'il ne retombe.

      Le vent décide de tout : l'eau de Strokkur retombe brûlante, et se placer sous le panache n'est pas une question de patience mais de côté. Se mettre face au vent, avec le jet devant soi. Autre détail que les photographes apprennent sur place : après la grande éruption, une seconde, plus petite, suit souvent dans la foulée — et c'est celle-là qu'on rate en baissant l'appareil.

      nature
      Gratuit 1 h 30
    • Chute de Gullfoss, Cercle d'Or, Islande
      Chute de Gullfoss Deux paliers à angle droit qui envoient la rivière dans un canyon de trente-deux mètres, avec un arc-en-ciel permanent par beau temps. Elle devait être noyée par un barrage dans les années 1920 ; la fille du propriétaire a menacé de s'y jeter, et le projet a été abandonné.
      En savoir plus

      On ne la voit jamais en entier. Depuis la plate-forme haute, le second palier bascule dans une fente si étroite que la rivière semble s'enfoncer dans le sol : le canyon qui l'emporte est invisible tant qu'on n'est pas descendu. L'eau est blanche de farine glaciaire arrachée au Langjökull, et le sentier du bas mène sur un éperon de rocher qui met à hauteur de la lèvre, dans les embruns.

      Le nom qui est resté est celui de Sigríður Tómasdóttir, fille du propriétaire du terrain, qui a fait plusieurs fois la route de Reykjavík pour empêcher qu'on loue la chute à des investisseurs. Une pierre gravée à son profil est plantée au-dessus. L'histoire de la menace de se jeter dans l'eau appartient au récit national ; ce qui est sûr, c'est qu'elle a porté l'affaire jusqu'au bout, et que son avocat, Sveinn Björnsson, est devenu le premier président de la République.

      L'escalier entre les deux niveaux ferme dès que le gel prend, et les embruns givrent la pierre bien avant l'hiver. L'arc-en-ciel ne se forme qu'avec le soleil dans le dos, donc rarement au même moment sur les deux plates-formes : monter et descendre, plutôt que choisir. L'éperon du bas n'a pas de garde-corps sur ses côtés.

      nature
      Gratuit 1 h 30
    • Parc national de Þingvellir, Cercle d'Or, Islande
      Parc national de Þingvellir On marche dans la faille entre les plaques américaine et eurasienne, qui s'écartent de deux centimètres par an. C'est aussi là que siégeait l'Alþingi dès 930, le plus ancien parlement du monde. Le montant est le parking, l'entrée est libre.
      En savoir plus

      La falaise noire d'Almannagjá, au pied de laquelle court le sentier, est le rebord de la plaque américaine ; en face, à des kilomètres, une autre falaise fait le même office pour l'eurasienne. Tout ce qu'il y a entre les deux s'enfonce et s'écarte. C'est pourquoi la photo « un pied sur chaque continent » est un joli mensonge : la frontière n'est pas un trait mais cette vallée entière, crevassée de failles remplies d'eau.

      Le lögsögumaður, l'homme qui disait la loi, récitait de mémoire un tiers du droit chaque année depuis le Lögberg — il fallait trois ans pour tout entendre. En l'an 1000, plutôt que la guerre civile, l'assemblée a confié la décision à un seul homme, Þorgeir, prêtre païen lui-même : il s'est couché sous sa cape un jour et une nuit et s'est relevé en déclarant le pays chrétien, le sacrifice restant toléré en privé. Un peu plus bas, la vasque de Drekkingarhylur servait à noyer les condamnées.

      Le stationnement se paie en ligne, par plaque d'immatriculation, et des caméras vérifient : l'amende arrive au loueur. Partir du parking haut permet de descendre toute la faille par la chute d'Öxarárfoss. Le vent s'engouffre dans la gorge et souffle bien plus fort qu'au-dessus.

      nature
      7 € 2 h 30
    • Plongée avec masque à Silfra, Cercle d'Or, Islande
      Plongée avec masque à Silfra Une faille inondée d'eau de fonte filtrée par la lave pendant trente ans : la visibilité dépasse cent mètres et l'on nage entre deux continents. Combinaison étanche fournie, eau à 2 °C toute l'année. ⚠️ Il faut savoir nager et avoir plus de 14 ans.
      En savoir plus

      Ce n'est pas un lac mais une fente, longue et étroite, qu'on descend par un escalier métallique. Elle a des parties qui portent des noms : la Grande Faille, où l'on touche les deux parois à la fois, une longue salle rectiligne, puis un lagon peu profond au sable clair où le courant vous dépose. La transparence est telle qu'on perd la notion de profondeur — un fond à quinze mètres semble à portée de main.

      L'eau vient du Langjökull et met des décennies à traverser la lave poreuse avant de ressortir ici : elle est filtrée à l'extrême, sans sédiment ni algue, et les guides invitent à en boire en nageant, ce qui se fait sans y penser. En revanche, « nager entre deux continents » est une formule : ces parois sont des lèvres de la faille qui s'ouvre, pas les plaques elles-mêmes.

      La combinaison étanche s'enfile par-dessus tes propres couches chaudes — emporter de vrais sous-vêtements techniques, pas un tee-shirt. Seul le visage reste exposé, et il s'engourdit vite. Le froid ne frappe pas dans l'eau mais à terre, mouillé, dans le vent, avant et après. On ne nage presque pas : le courant fait le travail, et il vaut mieux se laisser porter en regardant sous soi.

      nature Réserver billet combiné lien affilié
      148 € 4 h
    • Cratère de Kerið et serres de Friðheimar, Cercle d'Or, Islande
      Cratère de Kerið et serres de Friðheimar Un cratère de scories rouges de trois mille ans, rempli d'une eau turquoise opaque. À côté, une ferme cultive des tomates sous serre géothermale toute l'année, à cette latitude, avec des bourdons importés — et sert une soupe de tomate au milieu des plants.
      En savoir plus

      Ce qui frappe, dans un pays entièrement noir, c'est la couleur : les parois sont rouges et rouille, faites de scories oxydées, et l'eau au fond est d'un turquoise laiteux qui ne ressemble à aucun lac. Elle ne vient pas de la pluie : le fond du cratère est simplement plus bas que la nappe souterraine, et le niveau monte et descend avec elle. Le cratère lui-même n'a pas explosé — le cône s'est vidé par en dessous puis s'est affaissé sur son propre vide.

      C'est l'un des très rares sites naturels payants d'Islande, et cela tient à une raison simple : il appartient à des propriétaires privés, qui ont décidé de faire payer pour entretenir les sentiers. La chose a nourri une querelle nationale — un pays où la nature a toujours été gratuite découvrait qu'un particulier pouvait mettre un guichet devant un paysage.

      Deux chemins : le tour du bord, en scories qui roulent sous la chaussure et savonnent sous la pluie, et l'escalier qui descend à l'eau. Ne pas couper dans la pente, elle s'érode à vue d'œil. À Friðheimar, la table est dressée entre les plants et se réserve à l'avance. Le soir, les serres éclairées font une tache orange visible à des kilomètres dans la campagne noire.

      nature Réserver lien affilié
      5 € 2 h

    Où dormir à Cercle d'Or

    • Chalet isolé face aux montagnes appartement premium 350 € / nuit
    • Hôtel de campagne avec bain chaud hotel premium 320 € / nuit
    • Guesthouse près de Geysir hotel confort 175 € / nuit
    • Camping ou dortoir à Selfoss auberge routard 48 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant en ferme habitant routard 105 € / nuit
  3. Côte sud, Islande

    3. Côte sud

    Cascades, sable noir et orgues de basalte

    Deux cents kilomètres de route entre des cascades qu'on atteint en se garant, des plages de sable noir et des glaciers qui descendent presque jusqu'à la route. ⚠️ La plage de Reynisfjara tue régulièrement : les vagues sneaker remontent sans prévenir et emportent ceux qui tournent le dos à la mer.

    En savoir plus sur Côte sud

    La côte sud est le tronçon d'Islande le plus dense en sites accessibles : sur deux cents kilomètres de route, on enchaîne des cascades où l'on se gare au pied, des plages de sable noir, des falaises à macareux et des langues glaciaires qui descendent presque jusqu'au bitume. C'est aussi pour cela qu'elle est très fréquentée, et que les parkings y sont désormais payants presque partout.

    Seljalandsfoss se contourne par-derrière — on passe entre l'eau et la falaise, et l'on ressort trempé — tandis que Skógafoss se regarde de face avant de monter l'escalier qui longe le torrent. Les deux sont à vingt minutes l'une de l'autre. Vík marque à peu près le milieu du parcours et concentre les hébergements.

    ⚠️ La plage de Reynisfjara tue régulièrement, et il faut le dire sans détour. Sa pente sous-marine et l'absence d'obstacle sur des milliers de kilomètres d'océan produisent des vagues dites sneaker qui remontent brutalement bien au-delà de la ligne d'eau apparente, sans aucun signe avant-coureur, et le ressac emporte immédiatement. On ne tourne jamais le dos à la mer, on ne s'approche pas pour une photo, et l'on respecte les feux d'avertissement installés sur place. Plusieurs visiteurs y sont morts, tous en faisant exactement cela.

    À table

    • Agneau — celui des fermes de la plaine, en filet ou en ragoût, dans les restaurants de Vík et de Hvolsvöllur.
    • Bleikja — l'omble chevalier des rivières glaciaires, poêlé au beurre, poisson des lacs et des rivières du sud.
    • Kleinur — les beignets torsadés à la cardamome, avec un café, dans les stations-service et les cafés de la route 1.
    • Soupe de poisson — crémeuse, au cabillaud et aux légumes, plat du midi dans tous les cafés de la côte.
    Durée et coût par style de voyage à Côte sud
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 103 € dont 55 € de nuit, 32 € de repas
    Équilibré 2–2 212 € dont 122 € de nuit, 58 € de repas
    Confort + 3–3 384 € dont 235 € de nuit, 95 € de repas

    Que faire à Côte sud

    • Plage de Reynisfjara et falaises de Dyrhólaey, Côte sud, Islande
      Plage de Reynisfjara et falaises de Dyrhólaey Du sable noir, une falaise d'orgues basaltiques en escalier et trois pitons au large que la légende dit être des trolls surpris par le jour. ⚠️ Vagues scélérates mortelles : ne jamais tourner le dos à la mer. Macareux à Dyrhólaey de mai à août.
      En savoir plus

      Les orgues du Reynisfjall forment un escalier de colonnes hexagonales sur lequel tout le monde grimpe, et une grotte s'ouvre à leur pied, Hálsanefshellir, dont la voûte est faite des mêmes colonnes vues par en dessous. Elle est coupée par la marée haute. À l'ouest, Dyrhólaey n'est pas une falaise ordinaire : c'était une île volcanique née sous la mer, que les sables ont soudée à la côte, et que l'océan a percée d'une arche assez haute pour un bateau.

      Les macareux y creusent leurs terriers dans la tourbe du sommet et ne viennent à terre que pour se reproduire : le reste de l'année, ils vivent au large sans jamais toucher le sol. Des portions du promontoire ferment pendant la nidification.

      À Reynisfjara, des gens meurent. Le fond remonte si brusquement que la houle n'a pas le temps de déferler au large : elle arrive entière, et une série sur plusieurs remonte trente mètres plus haut que les précédentes, sans un signe avant-coureur. Le ressac emporte ensuite au large. Un panneau lumineux affiche désormais le niveau de risque du jour. La règle tient en une phrase : ne jamais tourner le dos à la mer, et rester au-dessus de la ligne de sable mouillé la plus haute.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Épave de l'avion de Sólheimasandur, Côte sud, Islande
      Épave de l'avion de Sólheimasandur La carcasse d'un DC-3 de l'US Navy posé en catastrophe en 1973 — tout l'équipage a survécu — abandonnée sur une plaine de sable noir. Quatre kilomètres de marche aller depuis la route 1, à pied uniquement, sans un relief à l'horizon.
      En savoir plus

      Il ne reste que la coque : ni ailes, ni moteurs, ni empennage, une carlingue d'aluminium déchirée, posée sur une plaine noire absolument vide. La marine a récupéré tout ce qui valait quelque chose et laissé le reste sur place, où il tient depuis plus de cinquante ans. De près, c'est plus petit que sur les photographies, couvert de graffitis, et l'on marche dedans comme dans un tube.

      La piste qui y menait a été fermée aux véhicules par le propriétaire du terrain en 2016, après que des voitures eurent labouré le sable en tous sens. D'où la marche, pour tout le monde, sur une plaine sans un relief ni un abri. Une navette payante existe pour ceux qui renoncent.

      C'est l'endroit du parcours où le vent se fait le plus sentir, et il faut savoir ce qu'il fait : une rafale prise dans une portière ouverte l'arrache de ses gonds. C'est le premier sinistre déclaré par les loueurs, il n'est couvert par aucune assurance, et la facture est sévère — se garer face au vent et tenir la portière à deux mains. Sur la plaine, des piquets jalonnent l'itinéraire : par mauvaise visibilité, c'est la seule ligne à suivre, et il n'y a ni eau, ni abri, ni ombre d'un bout à l'autre.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Seljalandsfoss et Skógafoss, Côte sud, Islande
      Seljalandsfoss et Skógafoss Deux chutes de soixante mètres à trente kilomètres l'une de l'autre. On passe derrière Seljalandsfoss par un sentier — prévoir d'être trempé — tandis que Skógafoss tombe droit sur des galets noirs. Le montant est celui des deux parkings, l'accès est libre.
      En savoir plus

      Les deux chutes tombent de la même ligne, et c'est elle qu'il faut voir : cette falaise était le rivage. La plaine plate qui s'étend devant a été construite par les alluvions des glaciers, qui ont repoussé la mer de plusieurs kilomètres. Une fois la ligne repérée, on la suit des yeux vers l'est sur des dizaines de kilomètres, avec d'autres cascades suspendues dessus. Derrière Seljalandsfoss, le sentier entre dans une alcôve d'où l'on regarde la vallée à travers l'eau.

      Au-dessus de Skógafoss, un escalier mène à un sentier qui remonte la rivière de chute en chute jusqu'au col de Fimmvörðuháls. C'est là qu'a commencé, en mars 2010, l'éruption de l'Eyjafjallajökull, celle dont le panache de cendre a cloué au sol l'aviation européenne. Deux cratères neufs y sont nés, Magni et Móði, du nom des fils de Thor, et leur sol est resté tiède des années.

      À quelques centaines de mètres de Seljalandsfoss se cache Gljúfrabúi : une chute enfermée dans une fissure, où l'on entre en marchant dans le ruisseau. Presque tout le monde passe devant sans la voir. Le passage derrière la grande chute trempe intégralement et ferme dès qu'il gèle. Sur le sentier d'en haut, rien n'abrite du vent.

      nature
      14 € 3 h
    • Marche sur le glacier Sólheimajökull, Côte sud, Islande
      Marche sur le glacier Sólheimajökull Une langue glaciaire accessible en dix minutes de marche depuis le parking, gravie en crampons avec un guide. Elle a reculé d'un kilomètre depuis 2000 : les guides montrent où était la glace à leurs débuts, et c'est la démonstration la plus directe du réchauffement qu'on puisse voir.
      En savoir plus

      Rien n'est blanc. Le front est gris, granuleux, criblé de petits trous noirs forés par des grains de cendre que le soleil chauffe et qui s'enfoncent dans la glace. Des arêtes se dressent, des crevasses s'ouvrent, remplies de poussière volcanique, et le bleu n'apparaît que sur une cassure fraîche. Des ruisseaux courent dans des rigoles polies avant de disparaître d'un coup dans un puits vertical.

      Devant le glacier s'étale maintenant un lac qui n'existait pas au début du siècle : il est né du retrait, il grandit chaque année, et le sentier d'approche doit désormais le contourner. La glace sur laquelle on marche, elle, est tombée en neige il y a des siècles avant de descendre jusqu'ici.

      On ne pose pas un pied sur ce front sans encadrement : les crevasses se cachent sous une peau de cendre et de neige, le bord est miné par en dessous par l'eau de fonte et s'effondre sans prévenir, et les torrents sont rapides et glacés. Les crampons exigent des chaussures à semelle rigide — les baskets sont refusées au point de rendez-vous, et il faut alors louer des chaussures. Sur cette côte, le temps bascule en une heure : la sortie peut être annulée le matin même.

      nature Réserver visite guidée · 123 € lien affilié
      79 € 4 h
    • Journée guidée côte sud et grotte de glace, Côte sud, Islande
      Journée guidée côte sud et grotte de glace Journée complète au départ de Reykjavík : les cascades de Seljalandsfoss et Skógafoss, la plage noire de Reynisfjara, puis la grotte de glace de Katla en super-jeep — une cavité creusée par la fonte sous le Kötlujökull, aux parois bleues striées de cendre noire, chaque couche sombre étant une éruption. Elle est accessible toute l'année, contrairement aux grottes du Vatnajökull qui n'existent qu'en hiver. En voiture, les mêmes sites se font seul et la grotte seule se réserve chez les opérateurs de Vík, autour de 155 €.
      En savoir plus

      Le Kötlujökull ne ressemble pas à un glacier : son front est si chargé de cendre qu'il a la couleur d'un terril, et l'on progresse sur des moraines de gravier noir sans voir un gramme de blanc. Le bleu n'apparaît qu'une fois entré, d'un coup, dans un tunnel que l'eau de fonte a creusé et que le jour traverse par le plafond.

      Sous cette calotte dort Katla, l'un des volcans les plus surveillés du pays. Ses éruptions font fondre la glace d'un coup et lâchent des crues monstrueuses vers la mer : celle de 1918 a charrié des icebergs à travers la plaine et poussé le rivage de plusieurs kilomètres vers le sud, créant le point le plus méridional de l'île. Katla est calme depuis, ce qui, à son rythme habituel, commence à faire long.

      Le ramassage à Reykjavík ne se fait pas devant les hôtels : la ville a interdit aux autocars de charger dans les rues du centre, et les départs ont lieu à des arrêts numérotés qu'il faut repérer la veille. Casque et crampons sont fournis. La cavité est réexplorée chaque saison et fermée dès que la fonte la rend instable — une annulation le matin même n'est pas un caprice commercial. La journée passe aussi par Reynisfjara, où la mer tue : rester avec le groupe.

      nature Réserver lien affilié
      252 € 11 h

    Où dormir à Côte sud

    • Cabane en bois sur la plaine appartement premium 340 € / nuit
    • Hôtel isolé avec baies vitrées hotel premium 310 € / nuit
    • Guesthouse face au glacier hotel confort 170 € / nuit
    • Camping ou dortoir à Vík auberge routard 48 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Hvolsvöllur habitant routard 100 € / nuit
  4. Skaftafell et Jökulsárlón, Islande

    4. Skaftafell et Jökulsárlón

    Icebergs à la dérive et plage de diamants

    Une lagune où des icebergs détachés du glacier flottent avant de gagner la mer, et une plage où ils reviennent s'échouer, polis comme du verre. Skaftafell, à cinquante kilomètres, est le départ des marches sur glacier — encadrées obligatoirement, crampons fournis, et à réserver.

    En savoir plus sur Skaftafell et Jökulsárlón

    Jökulsárlón est une lagune née d'un recul : le glacier Breiðamerkurjökull s'est retiré au XXᵉ siècle et l'eau de fonte a rempli la cuvette qu'il avait creusée. Des blocs s'en détachent en permanence et dérivent lentement vers un chenal court qui les mène à la mer. La lagune n'existe que depuis les années 1930 et s'agrandit chaque année — c'est le changement climatique qu'on regarde flotter.

    Juste en face, de l'autre côté de la route, la marée ramène ces mêmes blocs sur une plage de sable noir où ils s'échouent, polis et transparents comme du verre. C'est la Plage de Diamants, et le contraste entre la glace claire et le sable noir en fait l'un des endroits les plus photographiés du pays. ⚠️ La même règle que sur la côte sud s'applique : la mer y est dangereuse et les blocs peuvent basculer, ne pas monter dessus.

    Skaftafell, à une cinquantaine de kilomètres, est le départ des marches sur glacier. ⚠️ Elles sont encadrées obligatoirement, avec crampons et piolet fournis, et se réservent — s'aventurer seul sur une langue glaciaire est interdit et mortellement dangereux, les crevasses étant souvent masquées par la neige. Les grottes de glace bleue ne se visitent qu'en hiver, de novembre à mars, quand le glacier est stable ; les formations changent d'une année sur l'autre.

    À table

    • Humar — la langoustine de Höfn, capitale du homard islandais, grillée à l'ail dans les restaurants du port à une heure du lagon.
    • Kjötsúpa — la soupe d'agneau des fermes du Sud-Est, servie près de Skaftafell après une marche au glacier.
    • Harðfiskur — le poisson séché en lamelles, à tartiner de beurre, en-cas des randonneurs.
    • Skyr — au petit-déjeuner des guesthouses, avec des myrtilles des landes en août.
    Durée et coût par style de voyage à Skaftafell et Jökulsárlón
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 107 € dont 56 € de nuit, 33 € de repas
    Équilibré 1–2 216 € dont 124 € de nuit, 58 € de repas
    Confort + 2–2 390 € dont 238 € de nuit, 96 € de repas

    Que faire à Skaftafell et Jökulsárlón

    • Plage de Diamants, Skaftafell et Jökulsárlón, Islande
      Plage de Diamants Les icebergs sortis de la lagune s'échouent de l'autre côté de la route sur du sable noir, polis par les vagues jusqu'à devenir des blocs de verre. Gratuit, spectaculaire, et différent à chaque marée — c'est un site qui n'est jamais deux fois le même.
      En savoir plus

      Le tri se fait tout seul, et il change tout : une marée dépose un champ de blocs transparents gros comme des voitures, la suivante ne laisse que du gravier de glace. Les vagues creusent les blocs, les percent, les font sonner les uns contre les autres, puis les reprennent. Il y a deux plages, une de chaque côté de l'embouchure, et selon le courant l'une est couverte quand l'autre est nue.

      Cette plaine de sable noir n'a pas toujours été déserte. Des fermes y vivaient au Moyen Âge : le glacier a avancé pendant le petit âge glaciaire et les a ensevelies sous la glace et les crues. Il recule aujourd'hui sur un terrain que personne n'a vu depuis des siècles, et des lagunes s'y ouvrent les unes après les autres.

      C'est un rivage d'Atlantique ouvert, avec le même danger qu'à Reynisfjara : la mer remonte loin sur la pente et le courant est violent près de l'embouchure. Ne pas s'asseoir sur un bloc échoué ni se placer entre lui et l'eau — la houle le soulève et il roule. Au printemps et en été, les grands labbes nichent sur la plaine et attaquent en piqué ceux qui passent près du nid : lever un bras ou un bâton au-dessus de la tête suffit à les détourner.

      nature
      Gratuit 1 h 30
    • Canyon de Fjaðrárgljúfur et Svartifoss, Skaftafell et Jökulsárlón, Islande
      Canyon de Fjaðrárgljúfur et Svartifoss Un canyon serpentin de cent mètres de profondeur creusé par la fonte d'un glacier il y a deux millions d'années. Svartifoss, dans le parc de Skaftafell, tombe devant une paroi d'orgues basaltiques noires qui a inspiré l'architecture de Hallgrímskirkja.
      En savoir plus

      Le canyon serpente, et ce qui le rend singulier n'est pas sa profondeur mais ses lames : des crêtes étroites de móberg, ce tuf né sous la glace, dressées entre les méandres et couvertes de mousse verte jusqu'au bord du vide. Le sentier court sur la rive haute, pas au fond ; on devine la rivière plus qu'on ne la voit.

      Le site a été fermé au public. Une vidéo tournée là par un chanteur canadien en 2015 a multiplié les visiteurs, la végétation des berges a été piétinée jusqu'à la terre nue, et l'agence de l'environnement a coupé l'accès plusieurs mois pour laisser le sol se reprendre. Les sentiers sont depuis cordés, et sortir du tracé n'est pas un détail : la mousse islandaise met des décennies à repousser.

      Svartifoss, plus loin dans le parc de Skaftafell, se gagne par une montée depuis le centre d'accueil. Sa paroi d'orgues se casse en éclats à arêtes vives, si bien que la chute est creusée en surplomb et que le pied est jonché de tronçons hexagonaux tombés — c'est ce dessin-là que Guðjón Samúelsson a repris pour Hallgrímskirkja. La chute est plus modeste que les images ne le laissent croire ; le belvédère suivant, en revanche, domine toute la langue du Skaftafellsjökull.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Lagune glaciaire en bateau amphibie, Skaftafell et Jökulsárlón, Islande
      Lagune glaciaire en bateau amphibie Une lagune qui n'existait pas avant 1935 : elle s'est formée avec le recul du glacier et grandit chaque année. Le bateau se faufile entre des icebergs vieux de mille ans, bleus, noirs de cendre ou translucides. De mai à octobre seulement.
      En savoir plus

      Aucun bloc n'a la même couleur. Le bleu profond est de la glace comprimée dont toutes les bulles d'air ont été chassées ; le blanc crayeux en est encore plein ; les stries noires sont des cendres d'éruption prises dans la neige d'une année précise. Entre les icebergs, des phoques circulent et remontent respirer près du bateau. Sous la coque, c'est le lac le plus profond d'Islande — plus creux que la mer juste à côté.

      La lagune est soumise à la marée. Un chenal court la relie à l'océan, l'eau salée entre à chaque flot, et c'est ce qui explique à la fois la présence des phoques et la vitesse à laquelle la glace fond. La rivière qui en sort est l'une des plus courtes du pays, et elle élargit son passage année après année : le pont de la route 1 qui l'enjambe est surveillé de près.

      Ne jamais monter sur un bloc, ni ici ni sur la plage d'en face : un iceberg échoué se retourne sans prévenir dès qu'il s'allège, et le courant du chenal emmène vers le large ce qui flotte. Le bateau amphibie entre dans l'eau depuis la berge, ce qui est la moitié du spectacle. À quelques kilomètres à l'ouest, la lagune de Fjallsárlón offre presque la même chose sans les autocars.

      nature
      49 € 2 h
    • Marche sur glacier à Skaftafell, Skaftafell et Jökulsárlón, Islande
      Marche sur glacier à Skaftafell Une langue du Vatnajökull, plus grande calotte d'Europe, avec des crevasses, des moulins et de la glace bleue compacte. La marche guidée en crampons dure trois heures et n'exige aucune expérience — juste de bonnes chaussures montantes.
      En savoir plus

      L'approche se fait d'abord sur des moraines : un chaos de cailloux gris que la glace a lâchés en reculant, et qu'elle occupait encore il y a quelques décennies. Puis on monte sur le glacier par un front cassé, et la surface se révèle labourée comme un champ, hérissée de crêtes, fendue de crevasses bleues, percée de puits où des ruisseaux entiers s'engouffrent avec un bruit de conduite d'eau.

      La langue voisine, le Svínafellsjökull, a longtemps été le terrain favori des guides — c'est là qu'a été filmée la planète glacée d'un grand film de science-fiction. On n'y va plus : une fissure énorme s'est ouverte dans le versant qui la domine, et tout un pan de montagne menace de s'effondrer sur le glacier. Les sorties se sont déplacées sur la langue d'à côté, et cette prudence-là est une décision d'ingénieurs, pas une rumeur.

      Le parcours change de semaine en semaine, parce que la glace bouge : les guides rebalisent, et c'est la raison de fond pour laquelle on ne monte pas seul. Des chaussures à semelle rigide sont indispensables pour tenir les crampons. Le vent descend de la calotte en rafales froides même au cœur de l'été, et le stationnement de Skaftafell se paie en ligne, par plaque.

      nature Réserver visite guidée lien affilié
      96 € 4 h

    Où dormir à Skaftafell et Jökulsárlón

    • Chalet isolé avec bain chaud appartement premium 345 € / nuit
    • Hôtel face au Vatnajökull hotel premium 315 € / nuit
    • Guesthouse près de la lagune hotel confort 172 € / nuit
    • Camping ou dortoir à Skaftafell auberge routard 46 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Höfn habitant routard 100 € / nuit
  5. Fjords de l'Est, Islande

    5. Fjords de l'Est

    Les fjords que presque personne ne fait

    La région que la plupart des itinéraires sautent parce qu'elle ajoute deux jours de route. C'est précisément ce qui la rend intéressante : des villages de quelques centaines d'habitants, des rennes sauvages et presque personne. ⚠️ Certaines routes de montagne ferment tôt en automne.

    En savoir plus sur Fjords de l'Est

    Les fjords de l'Est sont la région que la plupart des itinéraires sautent, parce qu'ils ajoutent deux jours de route entre le sud et le nord sans site aussi spectaculaire que Jökulsárlón ou Mývatn. C'est exactement ce qui les rend intéressants : on y roule des heures sans croiser personne, les villages comptent quelques centaines d'habitants, et l'on voit des rennes sauvages — les seuls du pays, descendants d'animaux importés au XVIIIᵉ siècle.

    La route suit les fjords un par un, ce qui multiplie les kilomètres : chaque baie se contourne, et un point situé à dix kilomètres à vol d'oiseau peut en demander cinquante. Certains passages sont encore en gravier. Seyðisfjörður, au fond d'un fjord étroit, se rejoint par un col spectaculaire et abrite une rue à l'arc-en-ciel peint au sol devant son église bleue — c'est aussi le port d'arrivée du ferry venu du Danemark.

    ⚠️ Les routes de montagne qui coupent entre les fjords ferment tôt en automne et rouvrent tard au printemps, parfois pour la saison entière ; le détour par la route principale peut alors ajouter des heures. Le site officiel des routes islandaises se consulte chaque matin, et pas seulement ici. En hiver, cette région est la moins praticable du circuit et beaucoup d'hébergements ferment.

    À table

    • Hreindýr — le renne, seule région du pays où il vit à l'état sauvage, en filet ou en burger dans les restaurants d'Egilsstaðir.
    • Soupe de poisson — celle des villages de pêche de Seyðisfjörður et d'Eskifjörður, au poisson du matin.
    • Harðfiskur — le poisson séché au vent des fjords, avec du beurre, dans les épiceries des villages.
    • Aðalbláber — les myrtilles sauvages qu'on cueille sur les pentes en août, dans le skyr ou en confiture.
    Durée et coût par style de voyage à Fjords de l'Est
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 97 € dont 52 € de nuit, 31 € de repas
    Équilibré 1–2 198 € dont 115 € de nuit, 55 € de repas
    Confort + 2–2 360 € dont 222 € de nuit, 92 € de repas

    Que faire à Fjords de l'Est

    • Seyðisfjörður et sa rue arc-en-ciel, Fjords de l'Est, Islande
      Seyðisfjörður et sa rue arc-en-ciel Un village de maisons en bois norvégiennes importées en kit vers 1900, au fond d'un fjord de dix-sept kilomètres, avec une rue peinte en arc-en-ciel menant à l'église bleue. Le ferry des Féroé et du Danemark accoste ici — c'est la seule liaison maritime du pays.
      En savoir plus

      Le village tient sur quelques rues au fond d'un couloir d'eau, entre des montagnes qui plongent droit dans le fjord. Les maisons de bois peintes en couleurs franches donnent l'impression d'un décor, et c'est presque le cas : elles ont été achetées en kit en Norvège et remontées ici par des marchands de hareng. Sur le versant, les cicatrices des coulées de boue et les ouvrages de protection neufs se voient de partout.

      Deux choses ancrent ce trou perdu dans l'histoire du pays. Le premier câble télégraphique reliant l'Islande au continent a touché terre ici en 1906 : jusque-là, les nouvelles d'Europe arrivaient par bateau. Et au fond du fjord repose l'El Grillo, un pétrolier britannique coulé par l'aviation allemande en 1944, dont on a dû pomper le mazout et qui suinte encore.

      Au-dessus du village, sur la pente, cinq coupoles de béton forment Tvísöngur : chacune résonne sur une note du chant à deux voix traditionnel islandais, et il suffit d'entrer dedans et de chanter pour que l'une réponde. L'accès est libre, par une piste qui part de l'ancienne usine à poisson. En décembre 2020, des glissements de terrain ont détruit plusieurs bâtiments et vidé la ville ; personne n'est mort.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Route de montagne et cascades de Fardagafoss, Fjords de l'Est, Islande
      Route de montagne et cascades de Fardagafoss La route 93 franchit un col à 620 m entre Egilsstaðir et Seyðisfjörður, souvent dans les nuages, avec des cascades tous les cinq cents mètres. On peut passer derrière Fardagafoss, dans une petite grotte, sans un touriste.
      En savoir plus

      La montée depuis Egilsstaðir s'étire en longues rampes jusqu'à un plateau pelé, souvent noyé dans le nuage, où l'on ne voit plus que les jalons jaunes qui bordent la chaussée. Puis le versant bascule : la rivière descend vers Seyðisfjörður en escalier de cascades, dont la plus large, Gufufoss, se prend au bord de la route, et le fjord s'ouvre en contrebas d'un seul coup.

      Ce col est l'une des routes les plus souvent fermées du pays, et sa fermeture coupe le village du reste de l'Islande — alors même que le ferry venu du Danemark et des Féroé y débarque des camions. C'est pour cela qu'un tunnel doit un jour le remplacer. Le passage derrière Fardagafoss, dans une petite grotte, se gagne par un sentier court mais raide et glissant dès qu'il pleut.

      Consulter road.is pour l'état des routes et vedur.is pour la météo avant de s'engager, chaque matin. Et un point que presque personne ne connaît : l'Islande n'est pas dans l'Union européenne mais dans l'Espace économique européen, où ton forfait français fonctionne sans surcoût, exactement comme en Espagne. Aucune eSIM à acheter, et de quoi vérifier un col depuis la voiture. La descente est longue et en lacets : frein moteur.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Rennes sauvages et villages de pêcheurs, Fjords de l'Est, Islande
      Rennes sauvages et villages de pêcheurs Les rennes d'Islande, introduits de Norvège en 1787, ne vivent que dans l'est : c'est la seule région du pays où on peut en voir, surtout en hiver quand ils descendent vers la côte. Les villages de Borgarfjörður et Djúpivogur alignent les maisons de pêcheurs.
      En savoir plus

      Ce ne sont pas des rennes d'élevage. Il n'y a en Islande ni troupeau gardé, ni marquage, ni éleveur : les bêtes sont sauvages et n'appartiennent à personne, ce qui les distingue de tout ce qu'on voit en Laponie. On les repère de loin, taches brunes immobiles sur une pente, en altitude l'été, plus bas dès que la neige arrive. Leur population est régulée par un quota de chasse à l'automne.

      À Djúpivogur, trente-quatre œufs de pierre polie sont alignés le long du rivage, chacun posé sur son socle et reproduisant, agrandi, l'œuf d'une espèce qui niche dans le fjord. On les identifie l'un après l'autre en marchant. Plus au nord, à Borgarfjörður eystri, une plate-forme de bois a été bâtie au milieu d'une colonie de macareux : les oiseaux entrent et sortent de leurs terriers à quelques pas, sans prêter la moindre attention aux visiteurs.

      Dans un fjord voisin, une femme a passé sa vie à ramasser les minéraux de la région ; sa maison et son jardin en sont pleins, classés par espèce, et se visitent. Sur la route, deux réflexes : les rennes traversent au crépuscule et ne s'écartent pas, et les ponts d'ici sont à voie unique — le premier engagé passe, l'autre attend.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Bains de Vök sur le lac Urriðavatn, Fjords de l'Est, Islande
      Bains de Vök sur le lac Urriðavatn Deux bassins flottants ancrés dans un lac, alimentés par la seule source chaude d'Islande jaillissant sous un lac. On sort du bain à 40 °C pour se jeter dans l'eau du lac à quelques degrés, et l'on recommence. Beaucoup plus tranquille que les lagons du sud.
      En savoir plus

      Ce site est unique en Islande pour une raison géologique : c'est le seul endroit du pays où une source chaude jaillit sous un lac. L'anomalie était connue des habitants depuis longtemps, la glace du lac ne prenant jamais à cet endroit en hiver — vök désigne précisément un trou dans la glace.

      Les bassins ont été construits sur ce constat : deux plateformes flottantes ancrées dans le lac, alimentées par cette source, accessibles par une passerelle. On est donc littéralement dans l'eau chaude au milieu de l'eau froide.

      L'alternance est l'usage du lieu : on sort du bassin à température de bain, on descend l'échelle dans le lac à quelques degrés, on remonte. ⚠️ Le choc thermique est violent et bref ; les personnes cardiaques s'en abstiennent. L'eau du lac, potable et filtrée, est servie à boire — c'est l'un des rares endroits où l'on boit l'eau dans laquelle on se baigne. Le site est nettement moins fréquenté que les lagons du sud-ouest, et c'est le principal argument de cette étape.

      détente Réserver lien affilié
      54 € 2 h 30

    Où dormir à Fjords de l'Est

    • Maison de pêcheur rénovée appartement premium 315 € / nuit
    • Hôtel au bord du fjord hotel premium 290 € / nuit
    • Guesthouse à Seyðisfjörður hotel confort 158 € / nuit
    • Dortoir à Egilsstaðir auberge routard 44 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant dans un fjord habitant routard 95 € / nuit
  6. Mývatn, Islande

    6. Mývatn

    Champs de soufre, cratères et la chute des dieux

    Un lac volcanique entouré de champs de soufre en ébullition, de cratères et de bains naturels bien moins chers qu'au sud. Dettifoss, la chute la plus puissante d'Europe, est à une heure. ⚠️ En été, les moucherons qui donnent son nom au lac forment des nuages compacts — une moustiquaire de tête coûte trois euros.

    En savoir plus sur Mývatn

    Mývatn est un lac peu profond posé au milieu d'une zone volcanique encore très active, et c'est cette activité qu'on vient voir : à Hverir, des mares de boue grise bouillonnent et des fumerolles sifflent au milieu d'un sol ocre et jaune qui sent fortement le soufre, sans végétation ni barrière autre que des cordes. On y marche sur des sentiers balisés qu'il ne faut pas quitter — la croûte est mince par endroits.

    Autour du lac s'alignent des pseudo-cratères formés par des explosions de vapeur, le champ de laves torturées de Dimmuborgir, et des grottes où l'eau chaude affleure. Les bains naturels de Mývatn sont l'équivalent nordique du Blue Lagoon, en nettement moins cher et beaucoup moins fréquenté — c'est l'un des meilleurs rapports du pays.

    ⚠️ Le lac doit son nom aux moucherons : mý signifie moucheron. En été, ils forment des nuages compacts autour de la tête, surtout par temps calme et en fin de journée. Ils ne piquent pas dans la plupart des cas mais rendent la marche insupportable et entrent dans les yeux et la bouche. Une moustiquaire de tête coûte quelques euros et se vend sur place ; c'est le meilleur achat du voyage. Dettifoss, à une heure, est la chute la plus puissante d'Europe en débit — la route de la rive est est goudronnée, celle de l'ouest ne l'est pas toujours.

    À table

    • Hverabrauð — le pain de seigle cuit dans la terre chaude du lac, dense et sucré, servi avec du beurre à Vogafjós.
    • Café-étable de Vogafjós — on y mange le fromage, l'agneau fumé et la truite de la ferme derrière une vitre qui donne sur les vaches.
    • Truite fumée de Mývatn — la truite du lac fumée au bois et au fumier séché de mouton, sur une tranche de pain de seigle.
    • Skyr — de la ferme, à la cuillère, avec de la crème et des myrtilles.
    Durée et coût par style de voyage à Mývatn
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 98 € dont 52 € de nuit, 31 € de repas
    Équilibré 2–2 201 € dont 116 € de nuit, 55 € de repas
    Confort + 3–3 366 € dont 224 € de nuit, 92 € de repas

    Que faire à Mývatn

    • Champ géothermal de Hverir, Mývatn, Islande
      Champ géothermal de Hverir Un sol ocre et gris qui bout, des marmites de boue grise et des fumerolles sifflantes sous une colline pelée. L'odeur de soufre est violente et imprègne les vêtements. Gratuit, et l'endroit le plus proche d'un autre monde qu'on puisse atteindre en voiture.
      En savoir plus

      Pas un brin d'herbe. Le sol est ocre, orange, gris, strié de croûtes jaunes de soufre autour des évents ; des marmites de boue épaisse éclatent en bulles lentes, et des fumerolles sifflent sous pression comme une soupape. Ces couleurs ne sont pas des minéraux exotiques : c'est la roche elle-même, décomposée en argile par la vapeur acide qui la traverse depuis des millénaires.

      On a exploité ce soufre pendant des siècles et on l'a exporté vers l'Europe pour fabriquer de la poudre à canon : c'était l'une des rares marchandises que l'Islande médiévale avait à vendre, et la couronne danoise s'en est réservé le monopole. Juste au-dessus, le champ de Krafla a connu neuf éruptions entre 1975 et 1984 ; un forage y a percé une poche de magma, ce qui n'est arrivé qu'une poignée de fois dans le monde.

      La croûte entre les sentiers est mince et ce qu'il y a dessous est à température d'ébullition : les cordes ne délimitent pas un point de vue mais un sol qui tient. On ne s'écarte pas, on ne teste pas le bord d'une marmite. Le reste dépend du vent, qui décide si l'on marche dans la vapeur ou à côté. La colline au-dessus donne la vue d'ensemble, par un sentier qui roule sous le pied.

      nature
      Gratuit 1 h 30
    • Dettifoss, la chute la plus puissante d'Europe, Mývatn, Islande
      Dettifoss, la chute la plus puissante d'Europe Quarante-cinq mètres de haut, cent de large et cinq cents mètres cubes par seconde au dégel : l'eau grise de sédiments glaciaires part dans un canyon en soulevant un brouillard permanent. Le vacarme s'entend à un kilomètre. La rive ouest est goudronnée, l'est non.
      En savoir plus

      Il n'y a rien d'élégant là-dedans : une masse d'eau grise, chargée de limon glaciaire, qui bascule dans une gorge trop étroite pour elle et renvoie vers le haut un brouillard qui en cache la moitié. On la sent dans la roche avant de l'entendre. En amont, Selfoss s'étale en un rideau bien plus large et bas ; en aval, Hafragilsfoss se cache dans le canyon.

      Ce canyon n'a pas été creusé lentement. Il a été taillé par des crues catastrophiques, quand des éruptions sous le Vatnajökull faisaient fondre la calotte et lâchaient d'un coup des volumes sans équivalent aujourd'hui. Plus bas, Ásbyrgi dessine un fer à cheval parfait, attribué aux mêmes crues — la légende, elle, y voit l'empreinte du sabot de Sleipnir, le cheval à huit jambes d'Odin.

      La rive est, en gravier, mène au bord même de la lèvre : roche inclinée, mouillée, sans la moindre barrière. La rive ouest est goudronnée et équipée. Les deux ferment une partie de l'année. Et c'est d'ici que partent les pistes vers l'intérieur : les routes F sont interdites à tout véhicule qui n'est pas un 4x4, sans exception, l'assurance est annulée dès qu'on y engage une voiture ordinaire, et elles n'ouvrent qu'à partir de la fin juin.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Cratères de Skútustaðir et Dimmuborgir, Mývatn, Islande
      Cratères de Skútustaðir et Dimmuborgir Dimmuborgir est un champ de piliers et d'arches de lave figés il y a deux mille trois cents ans quand un lac de lave s'est vidé par en dessous. Les Islandais y logent les treize Pères Noël du folklore local, qui sont à l'origine des ogres.
      En savoir plus

      Les cônes verts alignés au bord du lac ressemblent à de petits volcans et n'en sont pas : aucun magma n'est monté par là. Une coulée a recouvert un sol gorgé d'eau, l'eau s'est vaporisée d'un coup et a fait exploser la croûte par en dessous, une fois, deux fois, cent fois. On les dit sans racine. Des formes analogues, photographiées sur Mars, sont comparées à celles-ci pour y chercher la trace d'une eau ancienne.

      Les treize lutins de Noël logés à Dimmuborgir sont les fils de Grýla, une ogresse qui mange les enfants insupportables. Ils descendent un par un, une nuit chacun, dans les treize jours d'avant Noël, et les enfants posent une chaussure sur le rebord de la fenêtre : elle se remplit d'un cadeau, ou d'une pomme de terre. Le chat de la famille, lui, dévore quiconque n'a pas reçu de vêtement neuf pour les fêtes.

      Le vrai sujet de l'été, ce sont les moucherons : Mývatn veut dire le lac aux moucherons, et le nom n'est pas décoratif. Les nuages sont assez denses pour qu'on en avale ; ceux-là ne piquent pas, mais ils sont mêlés de simulies, qui piquent. Une moustiquaire de tête change la journée. Rester sur les boucles balisées : la lave coupe et la mousse ne repousse pas.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Cascade de Goðafoss, Mývatn, Islande
      Cascade de Goðafoss Un fer à cheval de trente mètres de large sur la route d'Akureyri. Son nom — la chute des dieux — vient de l'an 1000 : le chef qui venait de faire adopter le christianisme à l'Alþingi y aurait jeté ses idoles païennes.
      En savoir plus

      Un fer à cheval coupé en deux par un éperon de rocher, avec une troisième chute plus petite sur le côté, et une eau gris-bleu venue du Vatnajökull. Les deux rives se parcourent et ne montrent pas la même chose : l'une donne le dessin d'ensemble, l'autre met presque à hauteur de la lèvre. Le pont de la route, juste en amont, permet de passer de l'une à l'autre à pied.

      L'histoire des idoles jetées dans la chute est belle, mais elle n'apparaît que dans des textes très postérieurs à l'événement, et certains y voient une explication inventée après coup pour un nom qui signifie simplement la chute du goði, le chef-prêtre. Ce qui est établi, en revanche, c'est que la décision, elle, a été prise à Þingvellir, et que l'homme qui l'a rendue était lui-même prêtre païen. Le compromis autorisait encore, un temps, le sacrifice en privé.

      La roche du bord est polie, inclinée vers l'eau et mouillée en permanence, et plusieurs points de vue n'ont aucune barrière. En hiver, les embruns la vitrifient. Le stationnement de la rive ouest concentre la station-service et les autocars ; l'autre côté est nettement plus calme. En juin, la nuit ne tombe pas : venir à minuit, c'est souvent l'avoir pour soi.

      nature
      Gratuit 1 h
    • Bains naturels de Mývatn, Mývatn, Islande
      Bains naturels de Mývatn Le Blue Lagoon du nord : même eau bleue riche en silice, même vapeur, mais un tiers du prix et un dixième du monde, avec une vue sur le lac et les cratères. C'est le meilleur rapport qualité-prix des bains du pays.
      En savoir plus

      L'eau vient d'un forage profond dans le champ géothermique de Bjarnarflag et présente une composition proche de celle du Blue Lagoon — riche en silice et en minéraux, avec la même couleur bleu laiteux et la même vapeur permanente. La ressemblance n'est pas fortuite : c'est la même logique, un rejet géothermique aménagé.

      Les différences sont ailleurs. Le prix est nettement inférieur, la fréquentation sans commune mesure, et la vue porte sur le lac Mývatn, les pseudo-cratères et les montagnes plutôt que sur un champ de lave fermé. C'est généralement considéré comme le meilleur rapport des bains d'Islande.

      ⚠️ L'eau contient du soufre en quantité, ce qui a deux conséquences concrètes : l'odeur, forte à l'arrivée et à laquelle on s'habitue rapidement, et le noircissement définitif des bijoux en argent, qu'il faut retirer avant d'entrer. La douche nue et savonnée avant le bain est obligatoire ici comme partout. En hiver, le trajet entre le vestiaire et le bassin se fait dehors, souvent par des températures négatives — on court.

      détente Réserver lien affilié
      55 € 2 h 30

    Où dormir à Mývatn

    • Chalet face au lac appartement premium 320 € / nuit
    • Hôtel avec vue sur les cratères hotel premium 295 € / nuit
    • Guesthouse au bord de Mývatn hotel confort 160 € / nuit
    • Camping ou dortoir à Reykjahlíð auberge routard 44 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant près du lac habitant routard 95 € / nuit
  7. Akureyri, Islande

    7. Akureyri

    La capitale du nord, au fond du plus long fjord

    La capitale du nord, avec 19 000 habitants, au fond du plus long fjord du pays. Elle a un jardin botanique qui pousse à cinquante kilomètres du cercle polaire et des feux rouges en forme de cœur. C'est la base pour Húsavík, le meilleur endroit d'Europe pour voir des baleines, à une heure de route.

    En savoir plus sur Akureyri

    Akureyri est la deuxième ville du pays avec dix-neuf mille habitants, ce qui donne l'échelle de l'Islande. Elle est posée au fond de l'Eyjafjörður, le plus long fjord du pays, dans un microclimat abrité qui permet un jardin botanique à cinquante kilomètres du cercle polaire — on y fait pousser des espèces qui n'ont rien à faire à cette latitude. Ses feux de circulation affichent un cœur rouge, une initiative prise après la crise financière de 2008 pour remonter le moral, et jamais retirée.

    C'est la base logistique du nord : commerces, restaurants, réparateurs et hébergements y sont plus nombreux et moins chers qu'ailleurs sur le circuit, et c'est le bon endroit pour refaire les courses avant les tronçons vides.

    Sa raison d'être touristique est à une heure de route : Húsavík, petit port devenu la capitale européenne de l'observation des baleines. Le fjord de Skjálfandi concentre baleines à bosse, petits rorquals et parfois baleines bleues, avec un taux d'observation qui dépasse les quatre-vingt-dix pour cent en été. ⚠️ Les sorties durent trois heures, il y fait froid même en juillet — des combinaisons sont prêtées — et la mer y est souvent formée : un traitement contre le mal de mer se prend avant l'embarquement, pas après.

    À table

    • Glace Brynja — la glace à l'italienne de la ville depuis 1939, avec un enrobage de chocolat, même sous la neige.
    • Kaldi — la bière de la première microbrasserie du pays, à Árskógssandur au bord du fjord, où l'on peut se baigner dans des bains de bière.
    • Kjötsúpa — la soupe d'agneau des fermes de l'Eyjafjörður, plat du soir dans les restaurants du centre.
    • Poisson de l'Eyjafjörður — cabillaud, flétan et omble débarqués au port, à la carte des restaurants du quai.
    Durée et coût par style de voyage à Akureyri
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 100 € dont 54 € de nuit, 32 € de repas
    Équilibré 1–2 205 € dont 120 € de nuit, 57 € de repas
    Confort + 2–2 372 € dont 230 € de nuit, 94 € de repas

    Que faire à Akureyri

    • Ville, jardin botanique et feux rouges en cœur, Akureyri, Islande
      Ville, jardin botanique et feux rouges en cœur Dix-neuf mille habitants et une vraie vie de ville à cent kilomètres du cercle polaire. Le jardin botanique fait pousser des plantes de toute la planète à cette latitude. Depuis la crise de 2008, les feux rouges de la ville sont en forme de cœur — c'était pour remonter le moral, c'est resté.
      En savoir plus

      L'église plantée en haut de son escalier est du même architecte que celle de Reykjavík : même idée de colonnes de basalte, en plus petit et plus étrange. À l'intérieur, un bateau est suspendu à la voûte, ex-voto de marins, vieille coutume nordique, et le vitrail central a été déposé de l'ancienne cathédrale de Coventry, en Angleterre, avant les bombardements qui l'ont détruite, avant de finir ici.

      Le jardin botanique a été fondé en 1912 par une association de femmes de la ville, et c'est l'un des plus septentrionaux du monde. Sa vraie collection n'est pas exotique : on y a rassemblé presque toutes les plantes qui poussent naturellement en Islande, ce qui permet de mettre un nom, en une visite, sur tout ce qu'on a croisé sans le reconnaître depuis le début du voyage. L'entrée est libre.

      Le stationnement du centre est gratuit, mais il faut poser sur le tableau de bord un disque en carton réglé sur l'heure d'arrivée, sinon l'amende tombe. On s'en procure un à l'office de tourisme ou dans une station-service : c'est le piège classique du visiteur. Autre particularité, le fjord fabrique son propre temps, et il fait souvent beau ici quand la côte est dans la brume.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Baleines à Húsavík, Akureyri, Islande
      Baleines à Húsavík La capitale européenne de l'observation des baleines, à une heure de route : baie fermée et très poissonneuse, taux d'observation autour de 98 % en été, et l'on sort en goélette de chêne. Rorquals communs et parfois baleines bleues.
      En savoir plus

      La baie de Skjálfandi est fermée par deux caps et cernée de montagnes, ce qui change tout : on sort dans une eau protégée, lentement, sur des bateaux de pêche reconvertis plutôt que sur des semi-rigides. C'est l'une des rares baies d'Islande où la baleine bleue se montre en début d'été, et le musée du port, installé dans un ancien abattoir, expose des squelettes entiers suspendus sous la charpente.

      Le nom du village veut dire la baie des maisons, et il vient du premier Scandinave connu pour avoir hiverné en Islande : Garðar Svavarsson, qui y a bâti une maison puis est reparti, des décennies avant que Reykjavík ne soit fondée. Le pays a donc commencé ici, sans que personne ait songé à y rester.

      On distribue des combinaisons au quai. Prendre le remède contre le mal de mer avant d'embarquer, pas quand la houle se lève : après, il ne sert plus à rien. L'étrave est le poste où l'on voit, la cabine celui où l'on se réchauffe, et l'on fait des allers-retours. Au-dessus du port, des bains d'eau de mer géothermale dominent la baie et sont exactement ce qu'il faut au retour. Le village a par ailleurs servi de décor à une comédie américaine dont la chanson a été nommée aux Oscars.

      nature Réserver avec croisière langue à vérifier lien affilié
      102 € 3 h 30
    • Piscine d'Akureyri et bains de la Forêt, Akureyri, Islande
      Piscine d'Akureyri et bains de la Forêt La piscine municipale est l'une des meilleures du pays, avec toboggans et bassins étagés pour huit euros. Les bains de la Forêt, au-dessus de la ville, sont plus récents et donnent sur le fjord depuis une clairière de bouleaux.
      En savoir plus

      La piscine municipale d'Akureyri est réputée l'une des meilleures du pays : plusieurs bassins, des hot pots à températures étagées, des toboggans, un bain froid et un sauna, le tout chauffé par la géothermie et facturé le prix d'une entrée de piscine ordinaire. C'est un équipement de quartier, utilisé par les habitants toute l'année, y compris par vingt degrés négatifs — on marche pieds nus dans la neige entre deux bassins, et c'est parfaitement normal ici.

      Les bains de la Forêt, ouverts plus récemment sur la hauteur, jouent une autre carte : une clairière de bouleaux — rare en Islande, où la forêt a presque entièrement disparu — avec des bassins à débordement orientés sur le fjord d'Eyjafjörður et la ville en contrebas.

      ⚠️ Les deux imposent la douche nue et savonnée avant l'entrée, comme partout dans le pays. La piscine municipale est le choix pour les familles et pour l'authenticité ; les bains de la Forêt, plus chers, pour la vue et le calme. Akureyri est aussi le meilleur endroit du nord pour refaire des courses et des pleins avant les tronçons vides.

      détente Réserver boisson comprise · 71 € lien affilié
      42 € 2 h 30
    • Vallée de Skagafjörður et chevaux islandais, Akureyri, Islande
      Vallée de Skagafjörður et chevaux islandais Le cheval islandais a cinq allures au lieu de trois, dont le tölt, un pas si régulier qu'on peut tenir un verre plein. La race est isolée depuis mille ans : un cheval sorti du pays ne peut jamais y revenir. Balade d'une heure accessible aux débutants.
      En savoir plus

      La vallée surprend dans un pays de lave : large, verte, couverte de prairies de fauche, avec des chevaux dans presque tous les enclos. C'est le berceau de l'élevage islandais. La cinquième allure, moins connue que le tölt, est le skeið, l'amble volant, une course latérale où le cheval lance ensemble les deux jambes du même côté ; elle se court en ligne droite dans les fêtes locales, par paires.

      Dans un vallon voisin, Hólar a été le siège du diocèse du nord à partir de 1106 et a reçu la première imprimerie du pays : les premiers livres islandais y ont été composés. Son dernier évêque catholique, Jón Arason, qui avait fait venir cette presse, a été décapité en 1550 avec ses deux fils. Cette vallée a aussi vu, en 1238, la plus grande bataille jamais livrée sur le sol islandais.

      Une règle vaut avant de monter : le matériel d'équitation d'occasion venu de l'étranger est interdit, ou doit être désinfecté selon un protocole strict — bottes et gants compris. Les chevaux d'ici sont isolés depuis mille ans et n'ont d'immunité contre rien. Les casques sont fournis sur place. Au passage, la ferme de tourbe de Glaumbær montre comment on vivait sous des toits d'herbe jusqu'au siècle dernier.

      nature
      38 € 3 h

    Où dormir à Akureyri

    • Appartement au-dessus du port appartement premium 330 € / nuit
    • Hôtel avec vue sur le fjord hotel premium 300 € / nuit
    • Hôtel du centre hotel confort 165 € / nuit
    • Dortoir au centre d'Akureyri auberge routard 46 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant sur la colline habitant routard 98 € / nuit
  8. Snæfellsnes, Islande

    8. Snæfellsnes

    L'Islande en miniature, sur une seule péninsule

    Une péninsule qui condense tout le pays en cent kilomètres : volcan sous glacier, falaises à oiseaux, plages noires, champs de lave et villages de pêcheurs. Elle se fait en une journée depuis Reykjavík, mais y dormir permet d'avoir Kirkjufell sans personne au lever du jour.

    En savoir plus sur Snæfellsnes

    Snæfellsnes est une péninsule de cent kilomètres qui condense à peu près tout ce que l'Islande propose ailleurs sur mille cinq cents : un volcan coiffé d'un glacier à son extrémité, des falaises à oiseaux, des plages de sable noir, des champs de lave couverts de mousse, des villages de pêcheurs et des bains chauds. C'est pour cela qu'on la surnomme l'Islande en miniature, et c'est mérité.

    Le glacier Snæfellsjökull ferme la péninsule à l'ouest ; c'est par son cratère que Jules Verne fait descendre ses personnages au centre de la Terre. Autour, Arnarstapi et Hellnar sont reliés par un sentier côtier de deux kilomètres et demi qui longe des arches et des colonnes de basalte, l'une des plus belles marches faciles du pays.

    La péninsule se fait en une longue journée depuis Reykjavík, à deux heures de route, et c'est ce que font la plupart des visiteurs. Y dormir a pourtant un avantage précis : Kirkjufell, la montagne conique la plus photographiée d'Islande, est prise d'assaut en milieu de journée alors qu'elle est déserte au lever du jour. ⚠️ En hiver, la route qui contourne le glacier par le nord-ouest est exposée au vent et se ferme régulièrement ; le tour complet n'est alors pas toujours possible.

    À table

    • Hákarl de Bjarnarhöfn — le requin fermenté goûté chez la famille qui le prépare depuis des générations, dans le musée-ferme au bord du fjord.
    • Soupe de poisson — celle des cafés d'Arnarstapi et de Hellnar, sous les falaises, avec du pain de seigle.
    • Moules du Breiðafjörður — celles des eaux froides du fjord, au vin blanc, dans les restaurants du port de Stykkishólmur.
    • Agneau — élevé sur les pentes du glacier, en gigot ou en ragoût dans les auberges de la péninsule.
    Durée et coût par style de voyage à Snæfellsnes
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 100 € dont 54 € de nuit, 32 € de repas
    Équilibré 2–2 205 € dont 120 € de nuit, 57 € de repas
    Confort + 3–3 372 € dont 230 € de nuit, 94 € de repas

    Que faire à Snæfellsnes

    • Kirkjufell et sa cascade, Snæfellsnes, Islande
      Kirkjufell et sa cascade La montagne la plus photographiée du pays : un cône asymétrique de 463 m avec une chute à trois paliers au premier plan. Elle a servi de « montagne en pointe de flèche » dans Game of Thrones. Le parking est payant, l'accès libre.
      En savoir plus

      La montagne change de nature selon l'angle. Depuis la route qui vient de l'est, c'est un cône régulier ; depuis le bord du fjord, une lame mince posée sur la mer. C'est pourquoi l'image que tout le monde connaît n'existe que d'un seul endroit, la petite cascade en face, où les trépieds se serrent. De près, les flancs montrent des strates nettes : un empilement de coulées et de sédiments déposés entre deux glaciations, que la glace a ensuite raboté. Ce n'est pas un volcan, c'est un reste.

      Il y a des morts. L'ascension paraît courte depuis la route, mais elle comporte deux passages exposés équipés de cordes fixes, sur de l'herbe qui devient une patinoire dès qu'elle est mouillée — et elle l'est souvent. Plusieurs chutes mortelles ces dernières années ont conduit les habitants à décourager la montée sans guide. La descente est le moment dangereux, comme toujours.

      Le stationnement de la cascade se paie par plaque. L'essentiel se voit depuis le bord de la route, sans marcher : c'est l'une des rares images d'Islande qu'on obtient sans effort. En hiver, la montagne est un premier plan classique pour les aurores, mais le vent y balaie la route sans obstacle.

      nature
      Gratuit 1 h 30
    • Falaises d'Arnarstapi et Hellnar, Snæfellsnes, Islande
      Falaises d'Arnarstapi et Hellnar Deux kilomètres et demi de sentier côtier entre deux hameaux, le long de falaises de basalte percées d'arches et criblées de nids de mouettes tridactyles. Le Gatklettur, arche circulaire dans la mer, est à mi-chemin.
      En savoir plus

      Le sentier court sur le rebord, entre deux hameaux, et passe au-dessus de gouffres où la mer s'engouffre sous la roche : on l'entend cogner sous ses pieds avant de la voir jaillir par un trou du plafond. L'arche circulaire du Gatklettur, à mi-parcours, encadre l'horizon comme un hublot. À Arnarstapi, une énorme figure de pierres empilées regarde la mer : Bárður Snæfellsás, le demi-troll de la saga, qui aurait disparu dans le glacier et veille depuis sur la péninsule.

      À Laugarbrekka, tout près de Hellnar, est née Guðríður Þorbjarnardóttir. Elle a navigué vers le Vínland autour de l'an 1000, y a mis au monde un fils — le premier enfant de parents européens né en Amérique —, est revenue s'installer en Islande, puis est partie à pied jusqu'à Rome. Une statue marque l'endroit. Elle a probablement plus voyagé qu'aucun homme de son siècle.

      Le bord de la falaise est miné par en dessous et la couche d'herbe avance en porte-à-faux au-dessus du vide : elle cède. Rester en retrait, ne pas s'asseoir au bord pour la photo. En période de nidification, les sternes arctiques attaquent en piqué tout ce qui approche de leur colonie : tenir une main au-dessus de la tête suffit à les détourner.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Plage de Djúpalónssandur et Búðakirkja, Snæfellsnes, Islande
      Plage de Djúpalónssandur et Búðakirkja Une crique de galets noirs polis où traînent encore les tôles rouillées d'un chalutier anglais échoué en 1948 — on les laisse en mémoire des quatorze marins morts. Quatre pierres de force servaient à recruter les pêcheurs : la plus lourde fait 154 kg.
      En savoir plus

      On descend dans la crique par un sentier raide qui se faufile entre des pitons de lave, et l'on débouche sur des galets noirs parfaitement ronds, polis comme des œufs, qu'il est interdit d'emporter. Les tôles du chalutier sont éparpillées partout, rouges de rouille, tordues, laissées où la mer les a mises.

      Les quatre pierres de force ne servaient pas à impressionner : elles étaient un examen d'embauche. Ce n'était pas la plus lourde qui comptait, mais la troisième, dite la demi-portion — il fallait la hisser sur une margelle à hauteur de hanche pour être pris à bord. Qui n'y arrivait pas ne pêchait pas. Juste derrière le cap, la crique de Dritvík a été l'une des plus grandes stations de pêche du pays, avec des centaines d'hommes campant là pour la saison ; il n'en reste rien.

      La mer monte haut et vite sur une pente de galets qui roulent sous le pied : ne pas descendre à la ligne d'eau. Plus loin sur la côte, la petite église noire de Búðir est seule sur son champ de lave, dans son enclos de pierre. Elle est noire parce qu'elle est goudronnée. Reconstruite au XIXe siècle contre l'avis de la hiérarchie religieuse, elle porte à sa porte un anneau qui le dit.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Grotte de lave de Vatnshellir, Snæfellsnes, Islande
      Grotte de lave de Vatnshellir Un tube de lave de huit mille ans, descendu par un escalier en colimaçon à trente-cinq mètres sous terre, casque et lampe fournis. C'est à l'aplomb du Snæfellsjökull, le volcan par lequel Jules Verne fait entrer ses héros au centre de la Terre.
      En savoir plus

      L'escalier en colimaçon descend par un effondrement du plafond, et l'on comprend tout de suite que l'eau n'a rien creusé ici. Les parois portent des lignes horizontales nettes, comme des laisses de marée : ce sont les niveaux successifs de la lave qui coulait là, marqués à chaque fois qu'elle baissait. Le plafond garde des coulures figées, et des plaques rouges et jaunes signalent les endroits où les gaz ont brûlé la roche. Au niveau du bas, le guide éteint toutes les lampes : l'obscurité est totale et l'œil ne s'y habitue jamais.

      Un tube de lave n'est pas un trou dans la pierre, c'est un tuyau vidé. La surface d'une coulée refroidit et durcit tandis que la lave continue de couler dessous, à l'abri ; quand l'éruption s'arrête, le liquide s'écoule vers l'aval et laisse le conduit béant. On marche dans le lit d'une rivière de roche fondue.

      Casque et lampe sont fournis, la visite est guidée et en petit groupe, et il faut réserver en été. L'escalier est raide et suspendu, la température ne bouge pas d'une saison à l'autre, et de bonnes chaussures s'imposent. Le parc autour est le seul parc national islandais à toucher la mer, et la calotte du volcan, au-dessus, a beaucoup maigri.

      nature Réserver lien affilié
      35 € 1 h 30
    • Phoques de Ytri-Tunga et bains de Krauma, Snæfellsnes, Islande
      Phoques de Ytri-Tunga et bains de Krauma Une plage de sable clair — rare ici — où une colonie de phoques vient se chauffer sur les rochers de mai à juillet. Sur la route du retour, les bains de Krauma sont alimentés par Deildartunguhver, la source la plus puissante d'Europe : 180 litres d'eau bouillante par seconde.
      En savoir plus

      La plage est claire, presque dorée, ce qui suffit à la rendre bizarre ici. Les phoques ne sont pas dans l'eau mais couchés sur les rochers d'un platier, à quelques dizaines de mètres, immobiles pendant des heures, dressant parfois la tête et la queue ensemble. Les jeunes de l'année apparaissent au début de l'été.

      Sur la route du retour, Deildartunguhver ne paie pas de mine : un talus qui fume. Mais son eau bouillante est captée et poussée sur des dizaines de kilomètres jusqu'aux villes de la côte, où elle arrive encore assez chaude pour alimenter directement radiateurs et douches. Il n'y a de chaudière nulle part : l'eau chaude des robinets de Borgarnes et d'Akranes sort de ce talus.

      Pour les phoques, tout dépend de la marée : à marée haute, le platier est couvert et il n'y a rien à voir — vérifier l'horaire avant de faire le détour. On est sur le terrain d'une ferme en activité : rester sur le sable, ne pas s'avancer sur les rochers — une approche de trop met la colonie à l'eau pour la journée. À Krauma, l'eau bouillante est tempérée par de l'eau de rivière glaciaire, sans produits. Et Reykholt, tout près, garde le bassin de pierre de Snorri Sturluson, tué chez lui en 1241.

      nature
      34 € 2 h 30

    Où dormir à Snæfellsnes

    • Chalet face à la baie de Breiðafjörður appartement premium 335 € / nuit
    • Hôtel isolé sous le glacier hotel premium 305 € / nuit
    • Guesthouse à Stykkishólmur hotel confort 165 € / nuit
    • Dortoir à Grundarfjörður auberge routard 46 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Hellnar habitant routard 100 € / nuit

Les trajets entre les étapes

Durées et coûts constatés sur place, par personne et par trajet. C'est ce que personne n'a envie de chercher soi-même.

DeÀModeDuréeCoût / personne
Reykjavík Cercle d'Or Route 36 puis 35, location prise à Keflavík 1 h 30 85 €
Cercle d'Or Côte sud Descente vers la route 1 par Hvolsvöllur 2 h 45 €
Côte sud Skaftafell et Jökulsárlón Route 1 le long du Vatnajökull 2 h 30 55 €
Skaftafell et Jökulsárlón Fjords de l'Est Route 1 par Höfn et les fjords 3 h 30 75 €
Fjords de l'Est Mývatn Traversée des hautes terres par la route 1 2 h 30 60 €
Mývatn Akureyri Route 1 et tunnel de Vaðlaheiði (péage) 1 h 15 32 €
Akureyri Snæfellsnes Route 1 par Blönduós puis route 54 4 h 30 95 €

Quand partir à Islande

Températures et jours de pluie moyens, mois par mois. La période conseillée est juin → août, et sept pour les aurores.

Normales mensuelles à Islande
Mois janv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.
Température max -7°-6°-6°-3°-1°5°8°8°4°-2°-3°-8°
Température min -12°-11°-11°-7°-5°0°3°3°-1°-6°-8°-13°
Jours de pluie 22 20 21 15 17 19 18 14 20 18 19 18

Source : Open-Meteo, moyennes 2021-2023.

Informations pratiques

Visa et entrée sur le territoire

Aucun visa : l'Islande est dans l'espace Schengen. La carte nationale d'identité en cours de validité suffit pour les ressortissants français.

⚠️ L'Islande n'est pas dans l'Union européenne mais dans l'Espace économique européen — ce qui ne change rien aux formalités d'entrée, mais change beaucoup pour le téléphone et l'assurance maladie (voir plus bas). Une carte d'identité délivrée entre 2004 et 2013 porte une validité prolongée non imprimée : un passeport évite toute discussion à l'embarquement.

Santé

Aucun vaccin obligatoire. L'eau du robinet est parmi les meilleures du monde et se boit partout : acheter de l'eau en bouteille en Islande n'a aucun sens. L'eau chaude sent le soufre, c'est normal — elle vient directement du sol.

La carte européenne d'assurance maladie est valable en Islande, qui est dans l'EEE : la commander gratuitement sur le site de l'Assurance maladie deux semaines avant le départ. Elle ne couvre ni le rapatriement ni les secours en montagne.

⚠️ Les secours sont assurés par des équipes de bénévoles et une évacuation par hélicoptère se facture. Le vrai risque sanitaire du séjour est l'hypothermie : il peut faire cinq degrés et pleuvoir horizontalement en juillet. Emporter de vraies couches techniques, pas un coupe-vent de ville.

Sécurité

L'un des pays les plus sûrs du monde : la criminalité est anecdotique. Tous les risques sont naturels, et ils sont réels.

⚠️ Le vent est le premier danger, et il détruit les voitures. Ouvrir une portière face à une rafale l'arrache de ses gonds — c'est le sinistre numéro un des loueurs, et il n'est jamais couvert. Se garer face au vent, tenir la portière à deux mains.

⚠️ Les plages de sable noir tuent chaque année. À Reynisfjara, des vagues scélérates remontent trente mètres plus haut que les précédentes et le ressac emporte au large. Ne jamais tourner le dos à la mer, rester loin de la ligne d'eau — les panneaux ne sont pas de la prudence administrative.

Consulter vedur.is pour la météo et road.is pour l'état des routes chaque matin : ce n'est pas facultatif, les fermetures sont quotidiennes en hiver. S'inscrire sur safetravel.is pour les randonnées isolées. Ne jamais rouler hors piste : c'est lourdement verbalisé, la mousse met des décennies à repousser.

Monnaie et change

Couronne islandaise (ISK) — 1 € ≈ 142 ISK (août 2026). Ne rien changer, ni avant ni sur place. L'Islande est le pays le plus dématérialisé du catalogue : la carte passe absolument partout, y compris pour un café, dans les toilettes publiques payantes et chez les fermiers qui vendent des œufs au bord de la route. Beaucoup d'Islandais n'ont pas vu d'espèces depuis des mois.

Moyens de paiement

Carte partout, sans exception utile. ⚠️ Prévoir une carte à code PIN : les distributeurs de carburant automatiques des stations isolées le demandent, et une carte sans code y est refusée — se retrouver sans essence à cent kilomètres du village suivant est un problème sérieux. Certaines stations exigent en plus un préautorisé de 20 000 ISK.

Le pourboire n'existe pas et n'est pas attendu : le service est compris et les salaires sont élevés. C'est l'une des rares destinations où l'addition affichée est l'addition payée.

Rester connecté

L'Islande est dans l'Espace économique européen : ton forfait français y fonctionne sans surcoût, appels comme données, au même titre qu'en Espagne. C'est le point que presque tout le monde ignore, parce que le pays n'est pas dans l'Union européenne — aucune eSIM n'est nécessaire. Vérifier tout de même que ton opérateur inclut bien l'EEE et pas seulement l'UE.

La couverture 4G est excellente le long de la route 1, y compris dans les fjords de l'Est. Elle disparaît dans les hautes terres et sur certaines pistes : télécharger les cartes hors ligne avant de quitter une ville.

Décalage horaire

−2 h en été, −1 h en hiver (UTC+0 toute l'année)

Langues

Islandais, une langue restée si proche du vieux norrois que les collégiens lisent les sagas du XIIIe siècle dans le texte. L'anglais est parlé par pratiquement tout le monde, couramment et sans réticence — c'est l'une des destinations les plus faciles du catalogue de ce point de vue. Aucune préparation linguistique nécessaire.

Bon à savoir

Juin à août donne le jour permanent, toutes les routes ouvertes et les macareux — c'est la seule fenêtre où ce parcours se fait en entier. Septembre et début octobre sont le meilleur compromis : les nuits redeviennent noires, donc les aurores boréales reviennent, les routes sont encore ouvertes et les prix baissent nettement.

De novembre à mars, il fait jour de 11 h à 16 h, des tronçons de la route 1 ferment sans préavis, et un tour complet de l'île devient imprudent. C'est en revanche la saison des grottes de glace, qui n'existent pas en été.

⚠️ Le budget location de voiture, en détail, parce qu'aucun devis en ligne ne le montre en entier :
· la taxe kilométrique de 6,95 ISK/km, entrée en vigueur au 1er janvier 2026, ajoutée automatiquement — environ 73 € pour les 1 500 km du tour de l'île ;
· les assurances gravier et sable et cendre, qui ne sont pas dans le contrat de base et sans lesquelles une tempête de sable coûte plusieurs milliers d'euros ;
· le carburant, autour de 2,10 € le litre ;
· le tunnel de Vaðlaheiði près d'Akureyri, à péage, qui se paie en ligne dans les trois heures suivant le passage, sous peine d'amende.

⚠️ Les routes F sont interdites aux véhicules non 4x4, sans exception, et l'assurance est annulée si l'on passe outre. Elles n'ouvrent que de fin juin à septembre. Aucune étape de ce parcours n'en exige, mais les hautes terres y sont derrière.

L'alcool ne se vend qu'au Vínbúðin, le monopole d'État, aux horaires courts et jamais le dimanche ; les supermarchés ne vendent que de la bière très légère. Enfin, on se douche nu et intégralement avant d'entrer dans une piscine — c'est affiché, surveillé, et non négociable.

Informations vérifiées une à une, données à titre indicatif. Les règles d'entrée et les taux de change évoluent : vérifie auprès des sources officielles avant de partir.

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