Italie classique en 10 jours : l'itinéraire jour par jour
1 255 € par personne sur place pour 10 jours, soit 126 € / jour — en 4 étapes, de Naples à Venise. En passant par Rome et Florence.
Autres durées : 5 jours · une semaine · deux semaines · trois semaines · toutes les étapes de Italie classique
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Naples (NAP), retour depuis Venise Marco-Polo (VCE) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
-
01. Naples
J1 → J3 · 3 nuits · 293 € par personne
Ruelles, pizza, Pompéi et le Vésuve
La ville la plus dense d'Europe, bruyante et vivante, où l'on vient pour la rue autant que pour les musées. C'est aussi la base pour Pompéi et le Vésuve, à trente minutes par le Circumvesuviana — un train local lent et bondé, mais direct. La pizza y coûte trois à cinq euros, moitié moins qu'à Rome.
En savoir plus sur Naples
Naples est la ville la plus dense d'Europe, et cela s'éprouve physiquement : des immeubles de six étages de part et d'autre de ruelles de trois mètres, du linge tendu au-dessus des têtes, des scooters partout, et une vie qui se passe dehors. On n'y vient pas d'abord pour ses musées mais pour la rue elle-même, ce qui déroute ceux qui arrivent avec une liste de monuments.
Elle se marche, quartier par quartier — le centre historique en damier grec le long de Spaccanapoli, les quartiers espagnols en pente sur leur grille, le bord de mer de Chiaia et Mergellina. ⚠️ La circulation obéit à des règles locales : les passages piétons se prennent en avançant fermement, les scooters contournent. Les vols à la tire sont fréquents dans les rues touristiques et sur la ligne Circumvesuviana.
C'est aussi la base de Pompéi et du Vésuve. ⚠️ Le Circumvesuviana qui y mène est un train de banlieue lent, souvent bondé et sans confort, mais il est direct et dessert les deux entrées du site en une demi-heure ; ne pas s'attendre à un train touristique. Pompéi demande au minimum trois heures et n'a presque pas d'ombre. Enfin, la pizza napolitaine se mange ici pour trois à cinq euros dans des lieux souvent sans réservation, où l'on fait la queue debout — c'est la norme, pas un signe de mauvaise qualité.
À table
- Pizza napoletana — la margherita ou la marinara, pâte fine au centre et bord gonflé, cuite en une minute au four à bois ; les adresses historiques sont autour de la Via dei Tribunali.
- Sfogliatella — le feuilleté en coquille fourré de ricotta et de fruits confits, riccia (feuilletée) ou frolla (sablée), à manger tiède au comptoir.
- Cuoppo — le cornet de friture des ruelles : petits poissons, arancini, croquettes de pâtes ; la street food des Quartiers espagnols.
- Le café — court, serré, bu debout au comptoir ; la tradition du caffè sospeso, payé d'avance pour un inconnu, est née ici.
Jour 1
-
Site archéologique de Pompéi Quarante-quatre hectares de ville figée par l'éruption de 79, avec ses rues pavées, ses thermes et ses fresques intactes. Il faut au moins quatre heures et de l'eau : aucune ombre.28 €cultureEn savoir plus
Une ville de vingt mille habitants figée le 24 octobre 79 par une éruption qui l'a ensevelie sous six mètres de cendre et de pierre ponce. Ce n'est pas une ruine : c'est une ville complète, avec ses rues, ses boutiques, ses graffitis électoraux sur les façades et les ornières des chariots dans le pavage.
Les corps ont disparu, mais pas leur forme. En 1863, Giuseppe Fiorelli comprend que les vides trouvés dans la cendre durcie sont le moulage des victimes : il y coule du plâtre et retrouve les postures exactes du dernier instant — un homme accroupi, un chien tordu par sa chaîne, une famille serrée. Ces moulages sont exposés sur place.
Le quotidien est ce qui frappe le plus : les thermopolia, comptoirs de restauration rapide avec leurs jarres encastrées, les boulangeries avec leurs meules, les latrines publiques, et une signalétique de maison close qui ne laisse aucun doute sur la fonction des pièces.
Un tiers de la ville n'est toujours pas fouillé. Compter quatre heures minimum, chapeau et eau : il n'y a presque aucune ombre.
-
Quartiers espagnols à pied Un damier de ruelles étroites tracé au XVIe siècle pour loger les garnisons espagnoles, avec linge aux fenêtres et autels de rue. Longtemps réputé mal famé, aujourd'hui l'un des quartiers les plus vivants de Naples.gratuitdétenteEn savoir plus
Les Quartieri Spagnoli forment un damier régulier tracé au XVIe siècle sur le flanc de la colline, pour loger les garnisons espagnoles qui tenaient la ville — d'où leur nom et d'où leur plan, qui tranche avec le désordre du reste de Naples. Les rues sont étroites, rectilignes et pentues, et les immeubles assez hauts pour que le soleil n'atteigne jamais le pavé.
C'est là qu'on voit le mieux ce qui fait Naples : le linge tendu entre les façades, les autels de rue dédiés à un saint ou à un mort du quartier, les bassi — ces logements d'une pièce ouvrant directement sur la rue, où la vie se passe porte ouverte. Une fresque murale géante de Maradona, dans une cour, est devenue un lieu de pèlerinage après sa mort.
Le quartier a eu une mauvaise réputation durable, et elle n'était pas sans fondement ; il s'est largement transformé et se parcourt aujourd'hui sans difficulté en journée. La vigilance ordinaire s'applique — sac fermé devant soi, téléphone rangé, attention aux deux-roues qui remontent les ruelles. On y monte et l'on en descend sans arrêt : les escaliers publics, appelés gradoni, coupent la pente et raccourcissent beaucoup les trajets.
Jour 2
-
Bord de mer et Castel dell'Ovo La promenade de Via Caracciolo court face au Vésuve jusqu'au plus vieux château de la ville, posé sur un îlot. Entrée libre, et la meilleure vue sur la baie.gratuitdétenteEn savoir plus
Le Castel dell'Ovo est le plus ancien château de Naples, posé sur l'îlot de Megaride — l'endroit exact où des colons grecs venus de Cumes fondèrent Parthénope, la première ville, avant Néapolis. On y accède par une jetée qui relie l'îlot au rivage, et l'entrée est libre.
Son nom vient d'une légende tenace : Virgile, tenu au Moyen Âge pour un magicien autant que pour un poète, aurait scellé un œuf dans ses fondations, et la ruine de l'œuf entraînerait celle du château et de la ville. Quand une partie s'est effondrée au XIVe siècle, une reine aurait fait annoncer publiquement qu'elle avait remplacé l'œuf, pour calmer la panique.
La promenade de la Via Caracciolo court sur plusieurs kilomètres, fermée aux voitures sur une bonne partie, avec le Vésuve en face et la presqu'île de Sorrente au fond. C'est le lieu de la passeggiata napolitaine en fin de journée, et de loin la meilleure vue d'ensemble sur la baie depuis le niveau de la mer. Le petit port de Borgo Marinari, au pied du château, aligne des restaurants de poisson.
-
Naples souterraine Quarante mètres sous la ville : citernes grecques, aqueducs romains et abris antiaériens de 1943, creusés dans le tuf. Passages très étroits par endroits.12 €cultureEn savoir plus
Quarante mètres sous les ruelles, une ville en creux : citernes grecques du IVᵉ siècle avant notre ère, aqueduc romain, et abris antiaériens de 1943 aménagés dans les mêmes cavités.
Tout vient du tuf jaune sur lequel Naples est bâtie — une roche volcanique tendre qu'on taille au couteau et qui durcit à l'air. Les Grecs ont extrait les blocs de leurs maisons par le dessous, laissant des cavités qu'ils ont transformées en citernes. Le réseau a alimenté la ville en eau jusqu'à l'épidémie de choléra de 1884, entretenu par les pozzari, des puisatiers qui vivaient là-dessous.
Pendant les bombardements, quatre mille personnes s'y sont réfugiées pendant des semaines. On y a laissé les lits, les jouets, les graffitis d'enfants sur les murs — c'est la partie la plus troublante de la visite, bien plus que l'archéologie.
Un passage de soixante centimètres de large se franchit une bougie à la main. Il est contournable, mais il faut le dire au guide au départ. Prévoir une petite laine : il fait 15 °C toute l'année.
Jour 3
-
Ascension du Vésuve Le seul volcan actif d'Europe continentale. La navette monte à 1 000 mètres, puis vingt minutes de sentier de cendres jusqu'au bord du cratère.22 €natureEn savoir plus
Le seul volcan continental actif d'Europe, et le plus surveillé du monde — parce que six cent mille personnes vivent dans sa zone rouge, sur ses pentes mêmes.
Sa dernière éruption date de mars 1944, en pleine guerre : elle a détruit deux villages et une escadrille américaine stationnée au pied, quatre-vingts bombardiers ensevelis sous les cendres. Depuis, il dort — et c'est précisément ce qui inquiète les volcanologues, car plus l'intervalle est long, plus la reprise est violente.
Le sentier part du parking à mille mètres et monte au bord du cratère en une demi-heure de piste de cendre. Le cratère fait sept cents mètres de diamètre et deux cents de profondeur ; des fumerolles sortent encore des parois, tièdes au toucher. La vue porte sur toute la baie de Naples, Capri, et Pompéi juste en dessous — on comprend d'un coup d'œil ce qui s'est passé en 79.
Billet à créneau horaire, obligatoire et à réserver. Chaussures fermées : la cendre est fine et glissante. La montée ferme par vent fort ou brouillard, ce qui arrive souvent.
39 € hébergement · 30 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du port, 78 € la nuit.
- Naples → Rome — Frecciarossa, 1 h 15, 25 € par personne.
-
02. Rome
J4 → J6 · 3 nuits · 323 € par personne
Antiquité, places baroques, trattorias
Deux mille ans empilés sur quelques kilomètres carrés : on marche beaucoup, et sur des pavés. ⚠️ Le Colisée et les musées du Vatican se réservent obligatoirement, souvent complets plusieurs semaines à l'avance. Le reste — Panthéon, places, fontaines — se découvre en flânant, et une bonne part reste gratuite.
En savoir plus sur Rome
Rome empile deux mille ans sur quelques kilomètres carrés, et la conséquence pratique est simple : on marche beaucoup, sur des pavés irréguliers appelés sampietrini, qui malmènent les chevilles et rendent les semelles fines inconfortables. Le centre historique n'a presque pas de métro, précisément parce qu'on ne peut pas creuser sans tomber sur des vestiges.
⚠️ Deux réservations sont incontournables et se prennent des semaines à l'avance en saison : le Colisée, dont les créneaux sont horodatés et limités, et les musées du Vatican, où la file sans billet peut atteindre plusieurs heures sous le soleil. La basilique Saint-Pierre est gratuite mais impose son propre contrôle de sécurité et une tenue couvrant épaules et genoux, refus à l'entrée sinon.
À l'inverse, une grande part de la ville reste libre et gratuite : le Panthéon — dont l'entrée est devenue payante mais reste modique —, les places baroques, les fontaines, le Trastevere et le Janicule, le quartier juif et son Portique d'Octavie. ⚠️ Les fontaines publiques, les nasoni, distribuent une eau potable et fraîche partout dans la ville : une gourde évite d'acheter des bouteilles toute la journée. Beaucoup de trattorias du centre affichent des menus touristiques ; on mange nettement mieux à quelques rues des sites.
À table
- Les quatre pâtes romaines — cacio e pepe, carbonara, amatriciana et gricia : quatre variations sur le pecorino et le guanciale, jamais de crème.
- Carciofi alla giudia — les artichauts frits entiers du ghetto, ouverts comme une fleur croustillante ; à la romana, ils sont braisés à la menthe.
- Supplì — la boulette de riz à la sauce tomate au cœur de mozzarella filante, mangée sur le pouce dans les friteries de Trastevere.
- Le quinto quarto — les abats de Testaccio, queue de bœuf alla vaccinara et tripes : la cuisine populaire née autour des anciens abattoirs.
Jour 4
-
Panthéon Le plus grand dôme de béton non armé jamais construit, percé d'un oculus ouvert sur le ciel depuis dix-neuf siècles. Il pleut à l'intérieur, et le sol est percé de trous d'évacuation.7 €cultureEn savoir plus
La plus grande coupole en béton non armé jamais construite — et elle a près de deux mille ans. Quarante-trois mètres de diamètre, exactement autant de hauteur sous l'oculus : le volume intérieur inscrit une sphère parfaite.
Elle tient parce que les Romains ont fait varier le béton en montant : basalte lourd à la base, brique au milieu, pierre ponce et tuf léger au sommet. L'épaisseur passe de six mètres à un mètre cinquante, et les caissons du plafond ne sont pas décoratifs : ils allègent encore la masse. Aucun ingénieur n'a fait mieux en béton avant le XXᵉ siècle.
L'oculus de neuf mètres est ouvert. Il pleut donc à l'intérieur, et le sol en marbre est légèrement bombé, percé de vingt-deux trous d'évacuation d'origine, toujours en service.
Le bâtiment a survécu parce qu'il a été donné à l'Église en 609 et transformé en basilique — tous les temples restés païens ont fini en carrière. Raphaël y est enterré, à sa demande.
Entrée payante depuis juillet 2023, à réserver en ligne pour éviter la file.
-
Marché du Campo de' Fiori Fruits, légumes et épices tous les matins sauf le dimanche, sur la place où Giordano Bruno fut brûlé en 1600 — sa statue y veille toujours. Le soir, la place devient un bar à ciel ouvert.gratuitmarchéEn savoir plus
Le marché de plein air du centre de Rome depuis 1869, sur une place qui a une particularité unique dans la ville : elle n'a aucune église. C'était le champ de fleurs qui lui donne son nom, resté hors les murs, puis le lieu des exécutions publiques.
La statue encapuchonnée au milieu est celle de Giordano Bruno, philosophe brûlé vif ici le 17 février 1600 pour avoir soutenu que l'univers était infini et peuplé d'autres mondes. Elle a été érigée en 1889 par des anticléricaux, contre l'avis du Vatican, et regarde délibérément dans sa direction.
Le marché lui-même s'est beaucoup touristifié : beaucoup d'étals de pâtes colorées et d'épices sous vide destinés aux valises. Les vrais produits sont chez les rares maraîchers du fond, et à la boulangerie Forno, sur le côté ouest, dont la pizza bianca sort du four toutes les vingt minutes.
Le marché ferme au début de l'après-midi, la place se transforme en terrasse le soir. Fermé le dimanche.
-
Musées du Vatican et chapelle Sixtine Sept kilomètres de galeries qui aboutissent au plafond de Michel-Ange. Réservation en ligne indispensable, et le matin très tôt : après 10 h la file dépasse l'heure.25 €cultureEn savoir plus
Sept kilomètres de galeries à parcourir avant d'arriver à la chapelle, et l'ordre est imposé : on ne peut pas y aller directement. Autant en profiter — les Chambres de Raphaël, la galerie des Cartes et le musée égyptien valent la visite à eux seuls.
Michel-Ange a peint le plafond entre 1508 et 1512, seul ou presque, debout sur un échafaudage de sa conception, la tête renversée — pas allongé sur le dos comme le veut la légende. Il détestait ce chantier et se considérait sculpteur, pas peintre ; il a écrit un poème sur le torticolis que ça lui donnait.
Le Jugement dernier du mur du fond, peint vingt-cinq ans plus tard, a fait scandale par sa nudité. Un peintre a été chargé d'ajouter des draperies après sa mort — on l'a surnommé le braghettone, « le culottier ». Une partie a été retirée à la restauration des années 1990.
Photos interdites dans la chapelle, silence demandé. Réserver un créneau : sans billet horodaté, la file dépasse deux heures.
Jour 5
-
Colisée et Forum romain Cinquante mille spectateurs tenaient dans l'amphithéâtre ; le Forum, juste à côté, était le centre politique du monde romain. Le billet couvre les deux plus le Palatin, sur deux jours.18 €cultureEn savoir plus
Cinquante mille spectateurs, quatre-vingts arches, et un système d'évacuation si efficace que l'amphithéâtre se vidait en quelques minutes par soixante-seize entrées numérotées — le principe des stades modernes, inventé en 80 de notre ère.
Le sol de l'arène a disparu, ce qui laisse voir l'hypogée : deux niveaux de couloirs, de cages et de monte-charges à contrepoids qui faisaient surgir les fauves au milieu du sable. Un vélum de toile, manœuvré par un détachement de marins de la flotte de Misène, ombrageait les gradins.
Il doit son nom non à sa taille mais à une statue : le Colosse de Néron, trente-cinq mètres de bronze, qui se dressait à côté. Le monument a servi de carrière pendant tout le Moyen Âge — le travertin de la basilique Saint-Pierre et du palais Farnèse en vient.
Le billet couvre le Forum et le Palatin, valable deux jours. Entrer par le Palatin plutôt que par le Colisée : même billet, file dix fois plus courte, et on descend sur le Forum par la colline.
-
Basilique Saint-Pierre L'entrée de la basilique est gratuite, contrairement à ce que vendent les rabatteurs du parvis — seule la montée à la coupole est payante, et se paie au guichet d'accueil. Contrôle de tenue à l'entrée : épaules et genoux couverts, sans exception.gratuitcultureEn savoir plus
La plus grande église du monde, cent vingt ans de chantier et une succession d'architectes qui se sont contredits — Bramante, Raphaël, Sangallo, puis Michel-Ange à soixante-douze ans, qui a tout repris pour dessiner la coupole.
Elle culmine à cent trente-six mètres et sa portée n'a été dépassée par aucune coupole maçonnée depuis. Michel-Ange ne l'a pas vue achevée : elle a été montée après sa mort, en vingt-deux mois, par une équipe travaillant jour et nuit.
Le baldaquin de bronze du Bernin, au-dessus de l'autel, a été fondu avec le bronze arraché au portique du Panthéon. Les Romains l'ont mal pris, et ont laissé une formule restée célèbre : « ce que les barbares n'ont pas fait, les Barberini l'ont fait » — le pape régnant s'appelait Barberini.
L'entrée de la basilique est gratuite ; la montée à la coupole se paie. Cinq cent cinquante et une marches, dont la dernière volée entre les deux coques, où le mur s'incline et oblige à marcher penché. Épaules et genoux couverts, contrôle strict.
Jour 6
-
Coucher de soleil sur l'Aventin Le jardin des Orangers domine toute la ville, et le trou de serrure du prieuré des Chevaliers de Malte cadre la coupole de Saint-Pierre. File d'attente pour le trou de serrure.gratuitdétenteEn savoir plus
L'Aventin est la plus discrète des sept collines de Rome : résidentielle, calme, sans commerce, à quelques minutes du Circus Maximus mais complètement à l'écart des circuits. Le jardin des Orangers, ancien verger d'un couvent, s'ouvre sur une terrasse qui domine le Tibre et le Trastevere avec la coupole de Saint-Pierre en ligne de mire.
À côté, le portail du prieuré des Chevaliers de Malte est percé d'un trou de serrure par lequel on voit, parfaitement cadrée par une allée de cyprès taillée pour ça, la coupole de Saint-Pierre. On regarde donc par une serrure italienne un jardin souverain de l'ordre de Malte pour voir un État étranger, ce qui fait de ce point de vue une curiosité juridique autant que visuelle. La place devant a été dessinée par Piranèse, graveur avant d'être architecte, et c'est son unique réalisation bâtie.
La file d'attente devant la serrure est réelle et s'allonge en fin de journée, chacun voulant sa photographie — difficile à réussir, l'ouverture étant minuscule. Le jardin, lui, ferme au coucher du soleil selon un horaire qui suit la saison, et la basilique Santa Sabina voisine, du Ve siècle, a des portes de bois d'origine où figure l'une des plus anciennes crucifixions connues.
48 € hébergement · 34 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du quartier Monti, 95 € la nuit.
- Rome → Florence — train, via Sienne, 4 h 30, 32 € par personne.
-
03. Florence
J7 → J8 · 2 nuits · 243 € par personne
Renaissance, coupole, ateliers d'artisans
Le centre historique tient dans un carré d'un kilomètre de côté : tout s'y fait à pied. ⚠️ Les Offices et la coupole se réservent obligatoirement, plusieurs semaines à l'avance en haute saison. Les ateliers d'artisans sont de l'autre côté de l'Arno, dans l'Oltrarno — beaucoup plus calme, et c'est là qu'on mange bien.
En savoir plus sur Florence
Florence tient dans un carré d'environ un kilomètre de côté, et c'est sa principale qualité pratique : tout s'y fait à pied, aucun transport n'est nécessaire, et la ville se comprend en une journée de marche. C'est aussi sa principale difficulté — cette concentration reçoit des millions de visiteurs par an, et les rues autour du Duomo et du Ponte Vecchio sont saturées de dix à dix-huit heures.
⚠️ Les Offices et la montée à la coupole se réservent obligatoirement, avec des créneaux qui partent plusieurs semaines à l'avance en haute saison. La coupole se monte par quatre cent soixante-trois marches dans un escalier étroit, sans ascenseur ni possibilité de faire demi-tour : elle est déconseillée aux claustrophobes. Le billet du Duomo est un pass unique qui couvre coupole, campanile, baptistère et musée, valable plusieurs jours.
L'Oltrarno, de l'autre côté du fleuve, est l'autre Florence : les ateliers d'artisans — dorure, reliure, marqueterie, restauration — y travaillent encore dans des rues où l'on peut regarder par les portes ouvertes, et c'est là qu'on mange le mieux pour le moins cher. Le Piazzale Michelangelo, plus haut, donne la vue classique sur la ville ; ⚠️ San Miniato al Monte, juste au-dessus, offre la même vue avec moins de monde et une église romane remarquable.
À table
- Bistecca alla fiorentina — l'épaisse côte de bœuf chianina grillée saignante, servie au poids et pour deux ; ⚠️ la demander bien cuite fait lever un sourcil.
- Lampredotto — le sandwich de gras-double mijoté, salsa verde par-dessus, aux kiosques du marché de San Lorenzo et de Porta Romana.
- Ribollita — la soupe de pain rassis, chou noir et haricots, réchauffée le lendemain : la cuisine pauvre toscane à son meilleur.
- Schiacciata — la focaccia florentine, fine et salée, garnie au comptoir ; les adresses connues font la queue jusque dans la rue.
Jour 7
-
Duomo et coupole 463 marches entre les deux coques de la coupole, une prouesse technique construite sans échafaudage central. Le pass couvre aussi le campanile, le baptistère, le musée et la crypte, sur trois jours.30 €cultureEn savoir plus
La cathédrale a été bâtie avec un trou : quand la nef est achevée en 1418, personne ne sait couvrir une ouverture de quarante-cinq mètres, et il n'existe pas assez de bois en Toscane pour en faire le cintre. Le chantier attend depuis des décennies.
Filippo Brunelleschi remporte le concours en refusant d'expliquer sa méthode. Il construit sans cintre, en montant deux coques imbriquées et en disposant les briques en arête-de-poisson : chaque anneau se referme sur lui-même et se soutient seul pendant la prise du mortier. Quatre millions de briques, seize ans, et aucun échafaudage central. On ne sait toujours pas tout de son procédé.
Les 463 marches passent entre les deux coques, exactement là où il avait prévu les escaliers de service. On débouche d'abord à la base de la fresque du Jugement dernier, à quarante mètres du sol, puis sur la lanterne.
⚠️ Réservation obligatoire à créneau pour la coupole, souvent complète plusieurs jours à l'avance. Étroit, sans demi-tour possible.
-
Galerie des Offices Les Médicis y ont rassemblé Botticelli, Léonard, Raphaël et Caravage. Réservation obligatoire en pratique, et prévoir trois heures.19 €cultureEn savoir plus
Le bâtiment n'a pas été conçu comme un musée mais comme des bureaux — uffizi — pour les magistratures florentines, commandés à Vasari en 1560. Les Médicis ont installé leur collection dans les combles, et la dernière héritière l'a léguée à la ville en 1743 à condition qu'elle ne quitte jamais Florence.
On y suit la Renaissance dans l'ordre, salle après salle, ce qui est l'intérêt principal de la visite : on voit la perspective apparaître, les corps se détacher du fond doré, la lumière devenir naturelle. La Naissance de Vénus et le Printemps de Botticelli sont dans la même salle, et leur taille surprend toujours.
Le corridor de Vasari, un passage couvert d'un kilomètre au-dessus du Ponte Vecchio, reliait le palais Pitti au palais de la Seigneurie : les Médicis traversaient la ville sans jamais toucher le sol ni croiser leurs sujets. Rouvert en 2024.
Réserver un créneau. Le musée est très long : viser les salles florentines et sortir, plutôt que tout parcourir en apnée.
Jour 8
-
Galerie de l'Académie, le David Le David de Michel-Ange, 5,17 m de marbre, au bout d'une tribune bâtie pour lui et éclairée par le haut à la lumière du jour. Celui de la place de la Seigneurie est une copie. Créneaux de quinze minutes à réserver, sinon deux heures de file.20 €cultureEn savoir plus
On vient pour une statue, et c'est justifié. Le David a été taillé entre 1501 et 1504 dans un bloc de marbre de Carrare abandonné depuis quarante ans, entamé puis délaissé par deux sculpteurs qui l'avaient jugé raté. Michel-Ange avait vingt-six ans.
Il rompt avec toute la tradition : les David de Donatello et de Verrocchio montrent le vainqueur, pied sur la tête de Goliath. Celui-ci est saisi avant, la fronde sur l'épaule, le regard fixé sur un adversaire hors champ, tendu. Les mains et la tête sont volontairement trop grandes : la statue devait être perchée sur la cathédrale et vue d'en bas. Elle a finalement été placée devant le Palazzo Vecchio, comme symbole de la République face aux puissants.
Elle y est restée jusqu'en 1873, quand on l'a mise à l'abri — un jet de pierre lors d'une émeute lui avait cassé un bras.
Dans le couloir qui y mène, les Prisonniers inachevés montrent la méthode : des corps qui émergent du bloc brut. Réservation indispensable.
-
Marché de San Lorenzo Halle en fonte du XIXe siècle : charcuterie, fromages et tripes au rez-de-chaussée, comptoirs de cuisine à l'étage. C'est là qu'on mange le lampredotto, le sandwich florentin.gratuitmarchéEn savoir plus
Deux marchés qui se superposent et qu'on confond souvent. Dehors, les étals de cuir : vestes, sacs, ceintures. Florence a été une capitale du tannage dès le Moyen Âge — les tanneries étaient sur l'Arno, en aval, pour l'odeur — et une partie de la production reste locale. Le reste vient d'ailleurs, et rien ne le distingue à l'œil : le marchandage est de rigueur et les prix annoncés sont très élastiques.
Dedans, le Mercato Centrale occupe une halle de fonte et de verre de 1874, contemporaine des Halles de Baltard. Le rez-de-chaussée est resté un vrai marché alimentaire : bouchers, tripiers, fromagers, marchands de champignons.
C'est là qu'on mange le lampredotto, le sandwich à la caillette de bœuf mijotée qui est le vrai plat de rue florentin — sur un chariot dehors, ou au comptoir de Nerbone à l'intérieur, ouvert depuis 1872. L'étage a été transformé en halle à manger moderne, plus chère et moins intéressante.
Le rez-de-chaussée ferme en début d'après-midi.
46 € hébergement · 33 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à deux pas du Duomo, 92 € la nuit.
- Florence → Venise — train, via Cinque Terre, Bologne et Vérone, 7 h 45, 63 € par personne.
-
04. Venise
J9 → J10 · 2 nuits · 276 € par personne
Canaux, îles de la lagune, marché du Rialto
Une ville sans voitures, où tout se fait à pied ou en vaporetto, et où se perdre fait partie du programme. ⚠️ Une contribution d'accès s'applique aux visiteurs à la journée certains jours de forte affluence — y dormir en dispense. Les îles de la lagune, Murano, Burano et Torcello, demandent une demi-journée chacune.
En savoir plus sur Venise
Venise est la seule grande ville d'Europe sans une seule voiture, et cela reconfigure entièrement la façon de s'y déplacer : tout se fait à pied ou en vaporetto, les distances se comptent en ponts, et les valises à roulettes sur les marches sont le premier apprentissage. Se perdre y est inévitable et fait partie du programme — les panneaux ne mènent qu'à Rialto et à Saint-Marc.
⚠️ Une contribution d'accès s'applique aux visiteurs à la journée certains jours de forte affluence, à réserver en ligne, avec contrôle aux points d'entrée. Dormir en ville en dispense, ce qui est de toute façon le meilleur choix : la ville se vide en fin d'après-midi quand les excursionnistes et les paquebots repartent, et devient une autre.
Le Grand Canal se traverse pour quelques euros en traghetto, ces gondoles de service qu'on prend debout entre deux rives — c'est le seul moyen d'expérimenter une gondole sans payer une promenade. ⚠️ La basilique Saint-Marc est payante et sur réservation obligatoire depuis 2025 : dix euros environ pour la basilique seule, une vingtaine avec la Pala d'Oro, qui vaut le supplément. Les îles de la lagune — Murano pour le verre, Burano pour ses maisons colorées et sa dentelle, Torcello pour ses mosaïques — demandent chacune une demi-journée et se rejoignent avec un pass vaporetto.
À table
- Cicchetti — les petites bouchées des bàcari, ces comptoirs à vin où l'on grignote debout : baccalà mantecato, sarde in saor, polpette.
- Sarde in saor — les sardines frites marinées aux oignons, raisins secs et pignons, une recette de marins qui conservait le poisson.
- Risotto al nero di seppia — le risotto noir à l'encre de seiche, plat de la lagune ; ⚠️ il tache.
- Le spritz — né en Vénétie, à l'Aperol ou au Select (le plus vénitien), pris debout sur un campo à l'heure de l'aperitivo.
Jour 9
-
Basilique Saint-Marc et Pala d'Oro Huit mille mètres carrés de mosaïques d'or, et derrière l'autel la Pala d'Oro, un retable byzantin serti de deux mille pierres précieuses. Réservation obligatoire depuis 2025, épaules couvertes.20 €cultureEn savoir plus
Huit mille mètres carrés de mosaïques à fond d'or, montées entre le XIᵉ et le XVᵉ siècle. La lumière est tout : selon l'heure, l'or passe du brun au feu, et les scènes semblent flotter — les tesselles sont posées légèrement inclinées les unes par rapport aux autres pour renvoyer la lumière dans toutes les directions.
La basilique est un butin autant qu'une église. Les quatre chevaux de bronze de la façade, les colonnes, une bonne part des marbres ont été arrachés à Constantinople lors du sac de 1204, mené par les Vénitiens eux-mêmes. Les chevaux exposés dehors sont des copies ; les originaux sont à l'étage, avec la vue sur la place.
La Pala d'Oro, derrière l'autel, est un retable d'orfèvrerie byzantine serti de mille neuf cent vingt-sept pierres précieuses et de quatre-vingts émaux. Elle se paie à part et se voit en deux minutes ; elle vaut le supplément.
Réservation obligatoire depuis 2025, épaules couvertes, sacs interdits — consigne gratuite dans une ruelle voisine.
-
Palais des Doges et musées de la place Saint-Marc Salles du pouvoir vénitien, pont des Soupirs et prisons, dans un billet qui couvre aussi le Musée Correr et la bibliothèque Marciana — on ne peut pas l'acheter autrement. Le tarif est passé à 35 € au 01-01-2026 ; réserver trente jours à l'avance le ramène à 30 €.40 €cultureEn savoir plus
Le siège du gouvernement de la République pendant mille ans, et un bâtiment qui contredit toute la logique de l'architecture : la masse pleine est en haut, les arcades ajourées en bas. Le palais semble posé sur de la dentelle.
On y suit le fonctionnement de l'État vénitien pièce par pièce : la salle du Grand Conseil, cinquante-trois mètres de long, où siégeaient jusqu'à deux mille patriciens sans un seul pilier pour soutenir le plafond ; le Paradis du Tintoret qui la couvre, l'une des plus grandes toiles du monde ; et les bocche di leone, ces bouches de pierre où l'on glissait les dénonciations anonymes.
Le pont des Soupirs relie le palais aux prisons neuves. Son nom est romantique et faux : il date du XIXᵉ siècle et de Byron. Les condamnés qui l'empruntaient allaient purger des peines courtes ; les vraies geôles, les Piombi sous les toits, sont celles d'où Casanova s'est évadé en 1756.
Le billet couvre aussi le musée Correr et la bibliothèque Marciana.
-
Marché du Rialto au petit matin Le marché aux poissons tourne de 7 h à midi, du mardi au samedi, à la même place depuis le XIe siècle. C'est le seul moment où l'on voit une Venise qui travaille.gratuitmarchéEn savoir plus
Un marché aux poissons au même endroit depuis 1097 — neuf siècles au même carrefour, sous une halle néogothique de 1907 posée sur le Grand Canal.
Ce qu'on y vend vient de la lagune et de l'Adriatique, et une bonne partie ne se trouve nulle part ailleurs : moleche, ces crabes pêchés pendant les quelques heures de leur mue où la carapace est encore molle et qu'on mange entiers ; seiches à l'encre ; gobies de lagune pour le risotto. Les étals affichent l'origine, obligatoire, et les Vénitiens la lisent.
À côté, l'Erberia vend les légumes des îles maraîchères de la lagune, Sant'Erasmo et Vignole, dont les artichauts violets de printemps, les castraure, sont le premier bourgeon de chaque plant.
Le marché ouvre au petit jour et l'essentiel est vendu dans la matinée. Fermé le dimanche, et le lundi pour le poisson. C'est le seul moment où Venise appartient encore aux Vénitiens : à cette heure, les groupes ne sont pas descendus des bateaux.
Jour 10
-
Se perdre dans le Cannaregio Le quartier le plus habité de Venise, avec le premier ghetto juif d'Europe, créé en 1516 — le mot vient d'ici. Bacari et canaux sans touristes dès qu'on quitte la Strada Nova.gratuitdétenteEn savoir plus
Le mot ghetto vient d'ici. En 1516, la République a assigné les Juifs de Venise à une île du Cannaregio où se trouvait une ancienne fonderie — geto en vénitien, du verbe couler le métal — et le nom du lieu est devenu celui de la chose, puis a été repris dans toute l'Europe. C'est le premier ghetto du monde, et le seul dont on puisse dire qu'il a donné son nom au concept.
L'enfermement a produit une architecture unique à Venise : ne pouvant s'étendre, les habitants ont construit en hauteur, et les immeubles du Campo di Ghetto Nuovo comptent parmi les plus hauts de la ville, avec des plafonds très bas pour multiplier les étages. Cinq synagogues y sont dissimulées dans les combles, invisibles depuis la place.
Le Cannaregio est le quartier le plus habité de Venise, ce qui change tout : dès qu'on quitte la Strada Nova, l'axe qui mène à la gare, on trouve des canaux sans personne, des bacari — bars à vin où l'on mange debout des cicchetti — aux prix vénitiens, et des enfants qui jouent sur les campi. C'est le meilleur endroit pour comprendre que la ville est encore habitée, ce que Saint-Marc ne montre pas.
58 € hébergement · 38 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur un canal de Cannaregio, 115 € la nuit.
Le budget de ces 10 jours
1 255 € par personne pour 10 jours, soit 126 € / jour. À deux, 2 510 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 469 € | 37 % |
| Repas | 334 € | 27 % |
| Transport sur place | 91 € | 7 % |
| Billets de train et de bus | 120 € | 10 % |
| Activités | 241 € | 19 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Le PDF
Emporte ce carnet, hors ligne.
Le document se fabrique dans ton navigateur et se télécharge directement — lisible dans l'avion, sans réseau.
- La carte du parcours, avec ses 4 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
- Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
- Le budget ventilé, par poste et par étape
- Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
- Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur
Aucun compte, aucun e-mail, aucune donnée envoyée.
Emporte cet itinéraire
Le bouton ouvre ce parcours exact, déjà composé — mêmes étapes, même budget. Tu peux y télécharger le PDF sans e-mail, ou changer la durée, le rythme et le nombre de voyageurs pour le recomposer.