Italie classique en 14 jours : l'itinéraire jour par jour
1 717 € par personne sur place pour 14 jours, soit 123 € / jour — en 6 étapes, de Naples à Venise. En passant par Rome, Sienne, Florence et Cinque Terre.
Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · trois semaines · toutes les étapes de Italie classique
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Vols
Arrivée à aéroport Naples (NAP), retour depuis Venise Marco-Polo (VCE) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Naples
J1 → J3 · 3 nuits · 293 € par personne
Ruelles, pizza, Pompéi et le Vésuve
La ville la plus dense d'Europe, bruyante et vivante, où l'on vient pour la rue autant que pour les musées. C'est aussi la base pour Pompéi et le Vésuve, à trente minutes par le Circumvesuviana — un train local lent et bondé, mais direct. La pizza y coûte trois à cinq euros, moitié moins qu'à Rome.
En savoir plus sur Naples
Naples est la ville la plus dense d'Europe, et cela s'éprouve physiquement : des immeubles de six étages de part et d'autre de ruelles de trois mètres, du linge tendu au-dessus des têtes, des scooters partout, et une vie qui se passe dehors. On n'y vient pas d'abord pour ses musées mais pour la rue elle-même, ce qui déroute ceux qui arrivent avec une liste de monuments.
Elle se marche, quartier par quartier — le centre historique en damier grec le long de Spaccanapoli, les quartiers espagnols en pente sur leur grille, le bord de mer de Chiaia et Mergellina. ⚠️ La circulation obéit à des règles locales : les passages piétons se prennent en avançant fermement, les scooters contournent. Les vols à la tire sont fréquents dans les rues touristiques et sur la ligne Circumvesuviana.
C'est aussi la base de Pompéi et du Vésuve. ⚠️ Le Circumvesuviana qui y mène est un train de banlieue lent, souvent bondé et sans confort, mais il est direct et dessert les deux entrées du site en une demi-heure ; ne pas s'attendre à un train touristique. Pompéi demande au minimum trois heures et n'a presque pas d'ombre. Enfin, la pizza napolitaine se mange ici pour trois à cinq euros dans des lieux souvent sans réservation, où l'on fait la queue debout — c'est la norme, pas un signe de mauvaise qualité.
À table
- Pizza napoletana — la margherita ou la marinara, pâte fine au centre et bord gonflé, cuite en une minute au four à bois ; les adresses historiques sont autour de la Via dei Tribunali.
- Sfogliatella — le feuilleté en coquille fourré de ricotta et de fruits confits, riccia (feuilletée) ou frolla (sablée), à manger tiède au comptoir.
- Cuoppo — le cornet de friture des ruelles : petits poissons, arancini, croquettes de pâtes ; la street food des Quartiers espagnols.
- Le café — court, serré, bu debout au comptoir ; la tradition du caffè sospeso, payé d'avance pour un inconnu, est née ici.
Jour 1
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Site archéologique de Pompéi Quarante-quatre hectares de ville figée par l'éruption de 79, avec ses rues pavées, ses thermes et ses fresques intactes. Il faut au moins quatre heures et de l'eau : aucune ombre.28 €cultureEn savoir plus
Une ville de vingt mille habitants figée le 24 octobre 79 par une éruption qui l'a ensevelie sous six mètres de cendre et de pierre ponce. Ce n'est pas une ruine : c'est une ville complète, avec ses rues, ses boutiques, ses graffitis électoraux sur les façades et les ornières des chariots dans le pavage.
Les corps ont disparu, mais pas leur forme. En 1863, Giuseppe Fiorelli comprend que les vides trouvés dans la cendre durcie sont le moulage des victimes : il y coule du plâtre et retrouve les postures exactes du dernier instant — un homme accroupi, un chien tordu par sa chaîne, une famille serrée. Ces moulages sont exposés sur place.
Le quotidien est ce qui frappe le plus : les thermopolia, comptoirs de restauration rapide avec leurs jarres encastrées, les boulangeries avec leurs meules, les latrines publiques, et une signalétique de maison close qui ne laisse aucun doute sur la fonction des pièces.
Un tiers de la ville n'est toujours pas fouillé. Compter quatre heures minimum, chapeau et eau : il n'y a presque aucune ombre.
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Quartiers espagnols à pied Un damier de ruelles étroites tracé au XVIe siècle pour loger les garnisons espagnoles, avec linge aux fenêtres et autels de rue. Longtemps réputé mal famé, aujourd'hui l'un des quartiers les plus vivants de Naples.gratuitdétenteEn savoir plus
Les Quartieri Spagnoli forment un damier régulier tracé au XVIe siècle sur le flanc de la colline, pour loger les garnisons espagnoles qui tenaient la ville — d'où leur nom et d'où leur plan, qui tranche avec le désordre du reste de Naples. Les rues sont étroites, rectilignes et pentues, et les immeubles assez hauts pour que le soleil n'atteigne jamais le pavé.
C'est là qu'on voit le mieux ce qui fait Naples : le linge tendu entre les façades, les autels de rue dédiés à un saint ou à un mort du quartier, les bassi — ces logements d'une pièce ouvrant directement sur la rue, où la vie se passe porte ouverte. Une fresque murale géante de Maradona, dans une cour, est devenue un lieu de pèlerinage après sa mort.
Le quartier a eu une mauvaise réputation durable, et elle n'était pas sans fondement ; il s'est largement transformé et se parcourt aujourd'hui sans difficulté en journée. La vigilance ordinaire s'applique — sac fermé devant soi, téléphone rangé, attention aux deux-roues qui remontent les ruelles. On y monte et l'on en descend sans arrêt : les escaliers publics, appelés gradoni, coupent la pente et raccourcissent beaucoup les trajets.
Jour 2
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Bord de mer et Castel dell'Ovo La promenade de Via Caracciolo court face au Vésuve jusqu'au plus vieux château de la ville, posé sur un îlot. Entrée libre, et la meilleure vue sur la baie.gratuitdétenteEn savoir plus
Le Castel dell'Ovo est le plus ancien château de Naples, posé sur l'îlot de Megaride — l'endroit exact où des colons grecs venus de Cumes fondèrent Parthénope, la première ville, avant Néapolis. On y accède par une jetée qui relie l'îlot au rivage, et l'entrée est libre.
Son nom vient d'une légende tenace : Virgile, tenu au Moyen Âge pour un magicien autant que pour un poète, aurait scellé un œuf dans ses fondations, et la ruine de l'œuf entraînerait celle du château et de la ville. Quand une partie s'est effondrée au XIVe siècle, une reine aurait fait annoncer publiquement qu'elle avait remplacé l'œuf, pour calmer la panique.
La promenade de la Via Caracciolo court sur plusieurs kilomètres, fermée aux voitures sur une bonne partie, avec le Vésuve en face et la presqu'île de Sorrente au fond. C'est le lieu de la passeggiata napolitaine en fin de journée, et de loin la meilleure vue d'ensemble sur la baie depuis le niveau de la mer. Le petit port de Borgo Marinari, au pied du château, aligne des restaurants de poisson.
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Naples souterraine Quarante mètres sous la ville : citernes grecques, aqueducs romains et abris antiaériens de 1943, creusés dans le tuf. Passages très étroits par endroits.12 €cultureEn savoir plus
Quarante mètres sous les ruelles, une ville en creux : citernes grecques du IVᵉ siècle avant notre ère, aqueduc romain, et abris antiaériens de 1943 aménagés dans les mêmes cavités.
Tout vient du tuf jaune sur lequel Naples est bâtie — une roche volcanique tendre qu'on taille au couteau et qui durcit à l'air. Les Grecs ont extrait les blocs de leurs maisons par le dessous, laissant des cavités qu'ils ont transformées en citernes. Le réseau a alimenté la ville en eau jusqu'à l'épidémie de choléra de 1884, entretenu par les pozzari, des puisatiers qui vivaient là-dessous.
Pendant les bombardements, quatre mille personnes s'y sont réfugiées pendant des semaines. On y a laissé les lits, les jouets, les graffitis d'enfants sur les murs — c'est la partie la plus troublante de la visite, bien plus que l'archéologie.
Un passage de soixante centimètres de large se franchit une bougie à la main. Il est contournable, mais il faut le dire au guide au départ. Prévoir une petite laine : il fait 15 °C toute l'année.
Jour 3
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Ascension du Vésuve Le seul volcan actif d'Europe continentale. La navette monte à 1 000 mètres, puis vingt minutes de sentier de cendres jusqu'au bord du cratère.22 €natureEn savoir plus
Le seul volcan continental actif d'Europe, et le plus surveillé du monde — parce que six cent mille personnes vivent dans sa zone rouge, sur ses pentes mêmes.
Sa dernière éruption date de mars 1944, en pleine guerre : elle a détruit deux villages et une escadrille américaine stationnée au pied, quatre-vingts bombardiers ensevelis sous les cendres. Depuis, il dort — et c'est précisément ce qui inquiète les volcanologues, car plus l'intervalle est long, plus la reprise est violente.
Le sentier part du parking à mille mètres et monte au bord du cratère en une demi-heure de piste de cendre. Le cratère fait sept cents mètres de diamètre et deux cents de profondeur ; des fumerolles sortent encore des parois, tièdes au toucher. La vue porte sur toute la baie de Naples, Capri, et Pompéi juste en dessous — on comprend d'un coup d'œil ce qui s'est passé en 79.
Billet à créneau horaire, obligatoire et à réserver. Chaussures fermées : la cendre est fine et glissante. La montée ferme par vent fort ou brouillard, ce qui arrive souvent.
39 € hébergement · 30 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du port, 78 € la nuit.
- Naples → Rome — Frecciarossa, 1 h 15, 25 € par personne.
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02. Rome
J4 → J6 · 3 nuits · 323 € par personne
Antiquité, places baroques, trattorias
Deux mille ans empilés sur quelques kilomètres carrés : on marche beaucoup, et sur des pavés. ⚠️ Le Colisée et les musées du Vatican se réservent obligatoirement, souvent complets plusieurs semaines à l'avance. Le reste — Panthéon, places, fontaines — se découvre en flânant, et une bonne part reste gratuite.
En savoir plus sur Rome
Rome empile deux mille ans sur quelques kilomètres carrés, et la conséquence pratique est simple : on marche beaucoup, sur des pavés irréguliers appelés sampietrini, qui malmènent les chevilles et rendent les semelles fines inconfortables. Le centre historique n'a presque pas de métro, précisément parce qu'on ne peut pas creuser sans tomber sur des vestiges.
⚠️ Deux réservations sont incontournables et se prennent des semaines à l'avance en saison : le Colisée, dont les créneaux sont horodatés et limités, et les musées du Vatican, où la file sans billet peut atteindre plusieurs heures sous le soleil. La basilique Saint-Pierre est gratuite mais impose son propre contrôle de sécurité et une tenue couvrant épaules et genoux, refus à l'entrée sinon.
À l'inverse, une grande part de la ville reste libre et gratuite : le Panthéon — dont l'entrée est devenue payante mais reste modique —, les places baroques, les fontaines, le Trastevere et le Janicule, le quartier juif et son Portique d'Octavie. ⚠️ Les fontaines publiques, les nasoni, distribuent une eau potable et fraîche partout dans la ville : une gourde évite d'acheter des bouteilles toute la journée. Beaucoup de trattorias du centre affichent des menus touristiques ; on mange nettement mieux à quelques rues des sites.
À table
- Les quatre pâtes romaines — cacio e pepe, carbonara, amatriciana et gricia : quatre variations sur le pecorino et le guanciale, jamais de crème.
- Carciofi alla giudia — les artichauts frits entiers du ghetto, ouverts comme une fleur croustillante ; à la romana, ils sont braisés à la menthe.
- Supplì — la boulette de riz à la sauce tomate au cœur de mozzarella filante, mangée sur le pouce dans les friteries de Trastevere.
- Le quinto quarto — les abats de Testaccio, queue de bœuf alla vaccinara et tripes : la cuisine populaire née autour des anciens abattoirs.
Jour 4
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Panthéon Le plus grand dôme de béton non armé jamais construit, percé d'un oculus ouvert sur le ciel depuis dix-neuf siècles. Il pleut à l'intérieur, et le sol est percé de trous d'évacuation.7 €cultureEn savoir plus
La plus grande coupole en béton non armé jamais construite — et elle a près de deux mille ans. Quarante-trois mètres de diamètre, exactement autant de hauteur sous l'oculus : le volume intérieur inscrit une sphère parfaite.
Elle tient parce que les Romains ont fait varier le béton en montant : basalte lourd à la base, brique au milieu, pierre ponce et tuf léger au sommet. L'épaisseur passe de six mètres à un mètre cinquante, et les caissons du plafond ne sont pas décoratifs : ils allègent encore la masse. Aucun ingénieur n'a fait mieux en béton avant le XXᵉ siècle.
L'oculus de neuf mètres est ouvert. Il pleut donc à l'intérieur, et le sol en marbre est légèrement bombé, percé de vingt-deux trous d'évacuation d'origine, toujours en service.
Le bâtiment a survécu parce qu'il a été donné à l'Église en 609 et transformé en basilique — tous les temples restés païens ont fini en carrière. Raphaël y est enterré, à sa demande.
Entrée payante depuis juillet 2023, à réserver en ligne pour éviter la file.
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Marché du Campo de' Fiori Fruits, légumes et épices tous les matins sauf le dimanche, sur la place où Giordano Bruno fut brûlé en 1600 — sa statue y veille toujours. Le soir, la place devient un bar à ciel ouvert.gratuitmarchéEn savoir plus
Le marché de plein air du centre de Rome depuis 1869, sur une place qui a une particularité unique dans la ville : elle n'a aucune église. C'était le champ de fleurs qui lui donne son nom, resté hors les murs, puis le lieu des exécutions publiques.
La statue encapuchonnée au milieu est celle de Giordano Bruno, philosophe brûlé vif ici le 17 février 1600 pour avoir soutenu que l'univers était infini et peuplé d'autres mondes. Elle a été érigée en 1889 par des anticléricaux, contre l'avis du Vatican, et regarde délibérément dans sa direction.
Le marché lui-même s'est beaucoup touristifié : beaucoup d'étals de pâtes colorées et d'épices sous vide destinés aux valises. Les vrais produits sont chez les rares maraîchers du fond, et à la boulangerie Forno, sur le côté ouest, dont la pizza bianca sort du four toutes les vingt minutes.
Le marché ferme au début de l'après-midi, la place se transforme en terrasse le soir. Fermé le dimanche.
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Musées du Vatican et chapelle Sixtine Sept kilomètres de galeries qui aboutissent au plafond de Michel-Ange. Réservation en ligne indispensable, et le matin très tôt : après 10 h la file dépasse l'heure.25 €cultureEn savoir plus
Sept kilomètres de galeries à parcourir avant d'arriver à la chapelle, et l'ordre est imposé : on ne peut pas y aller directement. Autant en profiter — les Chambres de Raphaël, la galerie des Cartes et le musée égyptien valent la visite à eux seuls.
Michel-Ange a peint le plafond entre 1508 et 1512, seul ou presque, debout sur un échafaudage de sa conception, la tête renversée — pas allongé sur le dos comme le veut la légende. Il détestait ce chantier et se considérait sculpteur, pas peintre ; il a écrit un poème sur le torticolis que ça lui donnait.
Le Jugement dernier du mur du fond, peint vingt-cinq ans plus tard, a fait scandale par sa nudité. Un peintre a été chargé d'ajouter des draperies après sa mort — on l'a surnommé le braghettone, « le culottier ». Une partie a été retirée à la restauration des années 1990.
Photos interdites dans la chapelle, silence demandé. Réserver un créneau : sans billet horodaté, la file dépasse deux heures.
Jour 5
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Colisée et Forum romain Cinquante mille spectateurs tenaient dans l'amphithéâtre ; le Forum, juste à côté, était le centre politique du monde romain. Le billet couvre les deux plus le Palatin, sur deux jours.18 €cultureEn savoir plus
Cinquante mille spectateurs, quatre-vingts arches, et un système d'évacuation si efficace que l'amphithéâtre se vidait en quelques minutes par soixante-seize entrées numérotées — le principe des stades modernes, inventé en 80 de notre ère.
Le sol de l'arène a disparu, ce qui laisse voir l'hypogée : deux niveaux de couloirs, de cages et de monte-charges à contrepoids qui faisaient surgir les fauves au milieu du sable. Un vélum de toile, manœuvré par un détachement de marins de la flotte de Misène, ombrageait les gradins.
Il doit son nom non à sa taille mais à une statue : le Colosse de Néron, trente-cinq mètres de bronze, qui se dressait à côté. Le monument a servi de carrière pendant tout le Moyen Âge — le travertin de la basilique Saint-Pierre et du palais Farnèse en vient.
Le billet couvre le Forum et le Palatin, valable deux jours. Entrer par le Palatin plutôt que par le Colisée : même billet, file dix fois plus courte, et on descend sur le Forum par la colline.
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Basilique Saint-Pierre L'entrée de la basilique est gratuite, contrairement à ce que vendent les rabatteurs du parvis — seule la montée à la coupole est payante, et se paie au guichet d'accueil. Contrôle de tenue à l'entrée : épaules et genoux couverts, sans exception.gratuitcultureEn savoir plus
La plus grande église du monde, cent vingt ans de chantier et une succession d'architectes qui se sont contredits — Bramante, Raphaël, Sangallo, puis Michel-Ange à soixante-douze ans, qui a tout repris pour dessiner la coupole.
Elle culmine à cent trente-six mètres et sa portée n'a été dépassée par aucune coupole maçonnée depuis. Michel-Ange ne l'a pas vue achevée : elle a été montée après sa mort, en vingt-deux mois, par une équipe travaillant jour et nuit.
Le baldaquin de bronze du Bernin, au-dessus de l'autel, a été fondu avec le bronze arraché au portique du Panthéon. Les Romains l'ont mal pris, et ont laissé une formule restée célèbre : « ce que les barbares n'ont pas fait, les Barberini l'ont fait » — le pape régnant s'appelait Barberini.
L'entrée de la basilique est gratuite ; la montée à la coupole se paie. Cinq cent cinquante et une marches, dont la dernière volée entre les deux coques, où le mur s'incline et oblige à marcher penché. Épaules et genoux couverts, contrôle strict.
Jour 6
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Coucher de soleil sur l'Aventin Le jardin des Orangers domine toute la ville, et le trou de serrure du prieuré des Chevaliers de Malte cadre la coupole de Saint-Pierre. File d'attente pour le trou de serrure.gratuitdétenteEn savoir plus
L'Aventin est la plus discrète des sept collines de Rome : résidentielle, calme, sans commerce, à quelques minutes du Circus Maximus mais complètement à l'écart des circuits. Le jardin des Orangers, ancien verger d'un couvent, s'ouvre sur une terrasse qui domine le Tibre et le Trastevere avec la coupole de Saint-Pierre en ligne de mire.
À côté, le portail du prieuré des Chevaliers de Malte est percé d'un trou de serrure par lequel on voit, parfaitement cadrée par une allée de cyprès taillée pour ça, la coupole de Saint-Pierre. On regarde donc par une serrure italienne un jardin souverain de l'ordre de Malte pour voir un État étranger, ce qui fait de ce point de vue une curiosité juridique autant que visuelle. La place devant a été dessinée par Piranèse, graveur avant d'être architecte, et c'est son unique réalisation bâtie.
La file d'attente devant la serrure est réelle et s'allonge en fin de journée, chacun voulant sa photographie — difficile à réussir, l'ouverture étant minuscule. Le jardin, lui, ferme au coucher du soleil selon un horaire qui suit la saison, et la basilique Santa Sabina voisine, du Ve siècle, a des portes de bois d'origine où figure l'une des plus anciennes crucifixions connues.
48 € hébergement · 34 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du quartier Monti, 95 € la nuit.
- Rome → Sienne — Train + bus depuis Roma Termini, 3 h, 22 € par personne.
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03. Sienne
J7 → J8 · 2 nuits · 227 € par personne
Toscane, collines et ville médiévale
Une ville médiévale posée sur trois collines et fermée aux voitures, où tout monte ou descend. Elle se visite en une journée mais mérite qu'on y dorme : elle se vide en fin d'après-midi, quand les cars repartent, et la Piazza del Campo redevient un salon. C'est aussi la porte du Chianti, qui ne se parcourt qu'en voiture.
En savoir plus sur Sienne
Sienne est posée sur trois collines et enfermée dans ses murs, ce qui donne une ville où tout monte ou descend, sans un mètre de plat, et où le centre est fermé aux voitures. Elle a gardé son plan médiéval intact parce que la peste de 1348, qui a tué la moitié de sa population, a stoppé net son expansion — la ville n'a jamais retrouvé son rang face à Florence, et c'est ce qui l'a conservée.
Elle s'organise en dix-sept contrade, quartiers historiques qui sont de véritables communautés avec leur blason, leur fontaine, leur église et leur musée, et qui s'affrontent deux fois par an au Palio, la course de chevaux sur la Piazza del Campo. Ce n'est pas un spectacle pour visiteurs : c'est l'affaire de la ville, et l'on s'en rend compte en marchant dans les ruelles où les drapeaux sont accrochés toute l'année.
La Piazza del Campo, en coquille inclinée, est l'une des plus belles places d'Europe et sert de salon à ciel ouvert : on s'y assied par terre. ⚠️ Sienne est visitée massivement à la journée depuis Florence, et se vide en fin d'après-midi — y dormir est le vrai conseil de l'étape. C'est aussi la porte du Chianti, qui ne se parcourt qu'en voiture : les villages et les domaines sont dispersés sur des routes de crête, sans transport public utilisable.
À table
- Pici — les gros spaghettis roulés à la main, cacio e pepe, à l'ail (all'aglione) ou au ragoût de sanglier.
- Panforte — le gâteau dense de fruits confits, d'amandes et d'épices, spécialité médiévale de la ville ; les ricciarelli, macarons tendres aux amandes, l'accompagnent.
- Cinta senese — le porc noir à la ceinture blanche des collines siennoises, en charcuterie ou en rôti.
- Le Chianti — les collines entre Sienne et Florence ; une dégustation dans une cave de Castellina ou de Radda vaut la demi-journée de détour.
Jour 7
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Piazza del Campo au coucher du soleil Place en coquille inclinée, divisée en neuf secteurs qui rappellent le gouvernement des Neuf. C'est là que court le Palio, deux fois l'été, sur une piste de terre battue.gratuitdétenteEn savoir plus
La place n'est ni plate ni régulière : c'est une coquille inclinée qui descend vers le Palazzo Pubblico, épousant la cuvette où trois collines se rejoignent — l'ancien marché s'y tenait parce que le terrain n'appartenait à aucune des trois paroisses rivales. Son dallage de brique est divisé en neuf secteurs par des bandes de travertin, en mémoire du Gouvernement des Neuf qui a dirigé Sienne à son apogée et fait construire la place.
Deux fois par été, elle devient une piste : on répand une couche de terre battue sur le pourtour et dix chevaux montés à cru, représentant dix des dix-sept contrade, en font trois tours. Le Palio dure environ quatre-vingt-dix secondes, se prépare toute l'année, et un cheval peut gagner sans son cavalier. Ce n'est pas un spectacle pour visiteurs : c'est l'affaire de la ville, et les rivalités entre quartiers sont réelles.
Le reste du temps, l'inclinaison en fait un salon : on s'assied par terre, sur la brique tiède, face à la tour du Mangia. Celle-ci a été bâtie exactement à la hauteur du dôme de la cathédrale, pour signifier que le pouvoir civil valait le pouvoir religieux. Elle se monte par un escalier étroit, en nombre limité.
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Duomo de Sienne Façade en marbre blanc, vert et rouge, et surtout un sol de cinquante-six panneaux de marbre incrusté, dévoilé seulement quelques semaines par an. Le pass couvre aussi la crypte, le baptistère et le Facciatone.16 €cultureEn savoir plus
Une cathédrale à rayures noires et blanches, dedans comme dehors — les couleurs de la ville, tirées de deux marbres locaux. L'effet est hypnotique et sans équivalent en Italie.
Le sol est l'œuvre majeure du lieu et presque personne ne le sait : cinquante-six panneaux de marbre incrusté, dessinés par une quarantaine d'artistes entre 1369 et 1547, qui racontent des scènes bibliques et allégoriques. Comme on marche dessus, il est couvert la majeure partie de l'année et découvert seulement quelques semaines, en général de fin juin à début août et en octobre. Se renseigner avant de venir : c'est une visite complètement différente.
La bibliothèque Piccolomini, sur le côté, a gardé des fresques de Pinturicchio aux couleurs intactes depuis 1502.
Dehors, le Facciatone est le mur d'une nef gigantesque commencée en 1339 et abandonnée quand la peste noire a emporté un tiers de la ville. Il se monte, et la vue depuis ce mur inachevé est la meilleure de Sienne.
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Ruelles des contrade Sienne est découpée en dix-sept contrade, quartiers avec leur blason, leur fontaine et leur église. Les drapeaux aux fenêtres disent à qui appartient chaque rue.gratuitcultureEn savoir plus
Sienne est découpée en dix-sept contrade, des quartiers aux frontières fixées en 1729 et jamais modifiées depuis. On n'en change pas : on naît dans une contrada, on y est baptisé une seconde fois à la fontaine du quartier, on s'y marie et on y est enterré.
Chacune a son nom d'animal ou d'emblème — l'Oie, la Tour, la Chenille, le Porc-épic —, ses couleurs, son église, son musée et son propre gouvernement élu. Les plaques de rue changent de blason quand on passe une frontière, et les drapeaux sont sortis toute l'année.
Tout converge vers le Palio, la course de chevaux qui se court sur la place du Campo deux fois l'an, le 2 juillet et le 16 août. Trois tours de place, à cru, quatre-vingt-dix secondes. Un cheval sans cavalier peut gagner. Les alliances et les inimitiés entre contrade se transmettent depuis des siècles, et l'enjeu n'est pas sportif : c'est l'honneur du quartier pour un an.
Se promener dans les ruelles hors saison, quand les habitants y dînent dehors en tablées de contrada.
Jour 8
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Journée dans les collines du Chianti Vignobles, cyprès et villages fortifiés entre Sienne et Florence, avec dégustation dans une cave. La route panoramique est la SR222.45 €natureEn savoir plus
Les collines entre Florence et Sienne, plantées de vignes et de cyprès, avec des villages fortifiés sur chaque crête — le paysage que tout le monde a en tête en pensant à la Toscane.
Le Chianti est l'une des plus anciennes appellations du monde : en 1716, le grand-duc Côme III de Médicis délimite par décret les zones autorisées à produire du chianti et interdit d'en revendiquer le nom ailleurs. Deux siècles avant les appellations françaises.
Le coq noir sur la collerette des bouteilles distingue le Chianti Classico, la zone historique, du reste. Il vient d'une légende : Florence et Sienne, pour fixer leur frontière, décident d'envoyer un cavalier de chaque ville au premier chant du coq. Les Florentins affament le leur, qui chante bien avant l'aube — et leur cavalier arrive presque aux portes de Sienne.
Les domaines reçoivent sans rendez-vous pour la plupart, mais la dégustation avec visite de cave se réserve. ⚠️ Route sinueuse et dégustations : prévoir un conducteur ou une excursion.
44 € hébergement · 32 € repas · 7 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec vue sur les collines, 88 € la nuit.
- Sienne → Florence — Train régional, 1 h 30, 10 € par personne.
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04. Florence
J9 → J10 · 2 nuits · 243 € par personne
Renaissance, coupole, ateliers d'artisans
Le centre historique tient dans un carré d'un kilomètre de côté : tout s'y fait à pied. ⚠️ Les Offices et la coupole se réservent obligatoirement, plusieurs semaines à l'avance en haute saison. Les ateliers d'artisans sont de l'autre côté de l'Arno, dans l'Oltrarno — beaucoup plus calme, et c'est là qu'on mange bien.
En savoir plus sur Florence
Florence tient dans un carré d'environ un kilomètre de côté, et c'est sa principale qualité pratique : tout s'y fait à pied, aucun transport n'est nécessaire, et la ville se comprend en une journée de marche. C'est aussi sa principale difficulté — cette concentration reçoit des millions de visiteurs par an, et les rues autour du Duomo et du Ponte Vecchio sont saturées de dix à dix-huit heures.
⚠️ Les Offices et la montée à la coupole se réservent obligatoirement, avec des créneaux qui partent plusieurs semaines à l'avance en haute saison. La coupole se monte par quatre cent soixante-trois marches dans un escalier étroit, sans ascenseur ni possibilité de faire demi-tour : elle est déconseillée aux claustrophobes. Le billet du Duomo est un pass unique qui couvre coupole, campanile, baptistère et musée, valable plusieurs jours.
L'Oltrarno, de l'autre côté du fleuve, est l'autre Florence : les ateliers d'artisans — dorure, reliure, marqueterie, restauration — y travaillent encore dans des rues où l'on peut regarder par les portes ouvertes, et c'est là qu'on mange le mieux pour le moins cher. Le Piazzale Michelangelo, plus haut, donne la vue classique sur la ville ; ⚠️ San Miniato al Monte, juste au-dessus, offre la même vue avec moins de monde et une église romane remarquable.
À table
- Bistecca alla fiorentina — l'épaisse côte de bœuf chianina grillée saignante, servie au poids et pour deux ; ⚠️ la demander bien cuite fait lever un sourcil.
- Lampredotto — le sandwich de gras-double mijoté, salsa verde par-dessus, aux kiosques du marché de San Lorenzo et de Porta Romana.
- Ribollita — la soupe de pain rassis, chou noir et haricots, réchauffée le lendemain : la cuisine pauvre toscane à son meilleur.
- Schiacciata — la focaccia florentine, fine et salée, garnie au comptoir ; les adresses connues font la queue jusque dans la rue.
Jour 9
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Duomo et coupole 463 marches entre les deux coques de la coupole, une prouesse technique construite sans échafaudage central. Le pass couvre aussi le campanile, le baptistère, le musée et la crypte, sur trois jours.30 €cultureEn savoir plus
La cathédrale a été bâtie avec un trou : quand la nef est achevée en 1418, personne ne sait couvrir une ouverture de quarante-cinq mètres, et il n'existe pas assez de bois en Toscane pour en faire le cintre. Le chantier attend depuis des décennies.
Filippo Brunelleschi remporte le concours en refusant d'expliquer sa méthode. Il construit sans cintre, en montant deux coques imbriquées et en disposant les briques en arête-de-poisson : chaque anneau se referme sur lui-même et se soutient seul pendant la prise du mortier. Quatre millions de briques, seize ans, et aucun échafaudage central. On ne sait toujours pas tout de son procédé.
Les 463 marches passent entre les deux coques, exactement là où il avait prévu les escaliers de service. On débouche d'abord à la base de la fresque du Jugement dernier, à quarante mètres du sol, puis sur la lanterne.
⚠️ Réservation obligatoire à créneau pour la coupole, souvent complète plusieurs jours à l'avance. Étroit, sans demi-tour possible.
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Galerie des Offices Les Médicis y ont rassemblé Botticelli, Léonard, Raphaël et Caravage. Réservation obligatoire en pratique, et prévoir trois heures.19 €cultureEn savoir plus
Le bâtiment n'a pas été conçu comme un musée mais comme des bureaux — uffizi — pour les magistratures florentines, commandés à Vasari en 1560. Les Médicis ont installé leur collection dans les combles, et la dernière héritière l'a léguée à la ville en 1743 à condition qu'elle ne quitte jamais Florence.
On y suit la Renaissance dans l'ordre, salle après salle, ce qui est l'intérêt principal de la visite : on voit la perspective apparaître, les corps se détacher du fond doré, la lumière devenir naturelle. La Naissance de Vénus et le Printemps de Botticelli sont dans la même salle, et leur taille surprend toujours.
Le corridor de Vasari, un passage couvert d'un kilomètre au-dessus du Ponte Vecchio, reliait le palais Pitti au palais de la Seigneurie : les Médicis traversaient la ville sans jamais toucher le sol ni croiser leurs sujets. Rouvert en 2024.
Réserver un créneau. Le musée est très long : viser les salles florentines et sortir, plutôt que tout parcourir en apnée.
Jour 10
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Galerie de l'Académie, le David Le David de Michel-Ange, 5,17 m de marbre, au bout d'une tribune bâtie pour lui et éclairée par le haut à la lumière du jour. Celui de la place de la Seigneurie est une copie. Créneaux de quinze minutes à réserver, sinon deux heures de file.20 €cultureEn savoir plus
On vient pour une statue, et c'est justifié. Le David a été taillé entre 1501 et 1504 dans un bloc de marbre de Carrare abandonné depuis quarante ans, entamé puis délaissé par deux sculpteurs qui l'avaient jugé raté. Michel-Ange avait vingt-six ans.
Il rompt avec toute la tradition : les David de Donatello et de Verrocchio montrent le vainqueur, pied sur la tête de Goliath. Celui-ci est saisi avant, la fronde sur l'épaule, le regard fixé sur un adversaire hors champ, tendu. Les mains et la tête sont volontairement trop grandes : la statue devait être perchée sur la cathédrale et vue d'en bas. Elle a finalement été placée devant le Palazzo Vecchio, comme symbole de la République face aux puissants.
Elle y est restée jusqu'en 1873, quand on l'a mise à l'abri — un jet de pierre lors d'une émeute lui avait cassé un bras.
Dans le couloir qui y mène, les Prisonniers inachevés montrent la méthode : des corps qui émergent du bloc brut. Réservation indispensable.
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Marché de San Lorenzo Halle en fonte du XIXe siècle : charcuterie, fromages et tripes au rez-de-chaussée, comptoirs de cuisine à l'étage. C'est là qu'on mange le lampredotto, le sandwich florentin.gratuitmarchéEn savoir plus
Deux marchés qui se superposent et qu'on confond souvent. Dehors, les étals de cuir : vestes, sacs, ceintures. Florence a été une capitale du tannage dès le Moyen Âge — les tanneries étaient sur l'Arno, en aval, pour l'odeur — et une partie de la production reste locale. Le reste vient d'ailleurs, et rien ne le distingue à l'œil : le marchandage est de rigueur et les prix annoncés sont très élastiques.
Dedans, le Mercato Centrale occupe une halle de fonte et de verre de 1874, contemporaine des Halles de Baltard. Le rez-de-chaussée est resté un vrai marché alimentaire : bouchers, tripiers, fromagers, marchands de champignons.
C'est là qu'on mange le lampredotto, le sandwich à la caillette de bœuf mijotée qui est le vrai plat de rue florentin — sur un chariot dehors, ou au comptoir de Nerbone à l'intérieur, ouvert depuis 1872. L'étage a été transformé en halle à manger moderne, plus chère et moins intéressante.
Le rez-de-chaussée ferme en début d'après-midi.
46 € hébergement · 33 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à deux pas du Duomo, 92 € la nuit.
- Florence → Cinque Terre — Train régional via La Spezia, 2 h 30, 14 € par personne.
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05. Cinque Terre
J11 → J12 · 2 nuits · 235 € par personne
Cinq villages colorés, sentiers et mer
Cinq villages accrochés à la falaise, reliés par un train qui passe toutes les vingt minutes : c'est lui, pas la voiture, qui sert de rue. ⚠️ Les sentiers côtiers ferment régulièrement après les pluies et la carte Cinque Terre est obligatoire pour y marcher. Se garer est un problème à part entière.
En savoir plus sur Cinque Terre
Les Cinque Terre sont cinq villages accrochés à une falaise sur une douzaine de kilomètres, et leur particularité tient à l'accès : la route qui les dessert est étroite, sinueuse et sans stationnement, tandis qu'un train passe toutes les vingt minutes en s'arrêtant dans chacun. Ici, le train n'est pas un moyen de transport parmi d'autres, c'est la rue principale.
⚠️ Venir en voiture est une erreur coûteuse. Les parkings des villages sont minuscules, chers et pleins dès le matin ; la solution est de laisser le véhicule à La Spezia ou à Levanto et de prendre le train. La carte Cinque Terre existe en deux versions, avec ou sans train illimité, et la seconde est presque toujours la bonne.
⚠️ Les sentiers côtiers ferment régulièrement. Le tronçon le plus célèbre, la Via dell'Amore entre Riomaggiore et Manarola, a été fermé une dizaine d'années après un éboulement ; d'autres portions ferment après chaque épisode de fortes pluies, parfois pour des mois. Vérifier l'état des chemins avant de bâtir sa journée est indispensable, et la carte Cinque Terre est obligatoire pour y marcher. Les sentiers hauts, moins connus, restent souvent ouverts quand les bas sont coupés — ils montent plus mais sont bien moins fréquentés. Monterosso est le seul village avec une vraie plage de sable.
À table
- Pesto genovese — le basilic de Ligurie pilé avec pignons, ail, pecorino et parmesan, sur des trofie ou des trenette : on est dans son pays d'origine.
- Focaccia ligure — épaisse, huileuse, salée en grains ; se mange à toute heure, y compris trempée dans le cappuccino du matin.
- Anchois de Monterosso — pêchés dans la baie, salés ou marinés au citron, en beignets ou simplement à l'huile.
- Sciacchetrà — le vin passerillé doux des terrasses, produit en quantités infimes ; une dégustation à Manarola ou à Riomaggiore.
Jour 11
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Sentier Azzurro, carte Cinque Terre Le chemin côtier qui relie les cinq villages, taillé dans la falaise au-dessus de la mer. Certains tronçons ferment après les pluies : vérifier l'état du jour avant de partir.12 €natureEn savoir plus
Le chemin côtier qui relie les cinq villages, taillé dans la falaise au-dessus de la mer. Onze kilomètres en tout, quatre à cinq heures de marche, avec des montées sèches entre Vernazza et Monterosso.
Ce n'est pas un sentier de randonnée mais un ancien chemin de desserte : avant la voie ferrée percée en 1874, les villages ne communiquaient que par la mer ou par ces sentiers muletiers. La Via dell'Amore, le tronçon plat entre Riomaggiore et Manarola, a été creusée dans les années 1920 pour les ouvriers du chemin de fer ; fermée seize ans après un éboulement, elle a rouvert en 2024.
Le paysage est entièrement artificiel. Les terrasses qui montent à quatre cents mètres sont soutenues par des murs de pierre sèche dont le linéaire cumulé dépasse six mille cinq cents kilomètres — plus que la Grande Muraille. Ils sont montés sans mortier, et leur entretien est ce qui empêche la montagne de glisser.
⚠️ La Cinque Terre Card est obligatoire sur le sentier, contrôlée. Les tronçons ferment après les pluies : vérifier l'état du jour avant de partir.
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Dégustation de vin des terrasses Le sciacchetrà, vin de paille rare produit sur des terrasses accrochées à la pente, entretenues à la main depuis mille ans. Quelques milliers de bouteilles par an.25 €marchéEn savoir plus
Un vignoble en équilibre : les parcelles sont si étroites et si pentues qu'on y monte par des monorails à crémaillère, de petits trains de vendange installés à flanc de falaise. Une heure de travail y produit ce qu'une plaine donne en dix minutes, et c'est pourquoi le vin coûte ce qu'il coûte.
Le blanc sec des Cinque Terre est vif et salin, à boire jeune. Mais le vin qui fait la réputation du lieu est le sciacchetrà, un passito : les raisins sont séchés sur des claies pendant des semaines avant pressurage, ce qui concentre le sucre. Il en faut dix kilos pour un litre et demi. La production totale se compte en quelques milliers de bouteilles par an, ce qui explique le prix et la rareté hors de la région.
Il se boit à l'apéritif ou avec un fromage vieux plutôt qu'au dessert, contrairement à ce qu'on croit.
Les caves reçoivent sur réservation, souvent en petit comité, et beaucoup organisent la dégustation dans les terrasses elles-mêmes.
Jour 12
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Baignade à Monterosso La seule des cinq terres à disposer d'une vraie plage de sable, avec transats payants et une bande libre. L'eau reste fraîche jusqu'en juillet.gratuitplageEn savoir plus
Monterosso est la seule des cinq terres à disposer d'une véritable plage de sable, et cela tient à sa géographie : c'est le seul village installé au débouché d'une vallée large plutôt qu'accroché à une falaise. Les quatre autres n'offrent que des criques de galets, des rochers ou un ponton.
La plage est divisée entre concessions payantes, avec transats et parasols alignés, et bandes libres nettement plus étroites. Le village lui-même se partage en deux, l'ancien et le nouveau, reliés par un tunnel piéton creusé sous le promontoire — la statue de géant adossée à la falaise, un Neptune de béton armé, a perdu ses bras et son trident dans un bombardement puis dans les tempêtes.
L'eau reste fraîche jusqu'en juillet : la Ligurie n'est pas la Sicile, et la mer met du temps à monter en température. Monterosso est aussi l'extrémité du sentier côtier, ce qui en fait le point de départ ou d'arrivée le plus logique d'une journée de marche — et l'endroit où l'on se baigne après. Le village a été gravement inondé en 2011 par une coulée de boue, et une partie de ce qu'on voit a été reconstruite.
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Vernazza au crépuscule Le port le plus photographié des Cinque Terre, une anse minuscule entourée de maisons ocre. Monter au château Doria pour la vue en surplomb.gratuitdétenteEn savoir plus
Vernazza est le seul des cinq villages à posséder un port naturel, une anse minuscule creusée dans la roche, ce qui en a fait le plus prospère : il commerçait par la mer quand les autres vivaient de la vigne en terrasses. Sa piazza donne directement sur l'eau, les maisons ocre et roses se serrent autour, et l'église Santa Margherita a son abside posée sur les rochers, face au large.
Le château Doria, sur l'éperon, était une tour de guet contre les raids barbaresques ; il se monte par un escalier depuis le village et donne la vue en surplomb qu'on voit partout. Les tours rondes de défense sont encore visibles dans le tissu des maisons.
En octobre 2011, une coulée de boue a rempli la rue principale sur plusieurs mètres de hauteur et emporté une partie du village ; il a fallu des années pour dégager et rebâtir, et l'on voit encore les repères de niveau sur certaines façades. Le crépuscule est le bon moment : les trains de la journée sont passés, les excursionnistes repartis, et la lumière frappe les façades de face depuis la mer. Le village est minuscule et sature complètement entre le milieu de matinée et le milieu d'après-midi.
53 € hébergement · 36 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Chambre d'hôtes à Monterosso, 105 € la nuit.
- Cinque Terre → Venise — train, via Bologne et Vérone, 5 h 15, 49 € par personne.
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06. Venise
J13 → J14 · 2 nuits · 276 € par personne
Canaux, îles de la lagune, marché du Rialto
Une ville sans voitures, où tout se fait à pied ou en vaporetto, et où se perdre fait partie du programme. ⚠️ Une contribution d'accès s'applique aux visiteurs à la journée certains jours de forte affluence — y dormir en dispense. Les îles de la lagune, Murano, Burano et Torcello, demandent une demi-journée chacune.
En savoir plus sur Venise
Venise est la seule grande ville d'Europe sans une seule voiture, et cela reconfigure entièrement la façon de s'y déplacer : tout se fait à pied ou en vaporetto, les distances se comptent en ponts, et les valises à roulettes sur les marches sont le premier apprentissage. Se perdre y est inévitable et fait partie du programme — les panneaux ne mènent qu'à Rialto et à Saint-Marc.
⚠️ Une contribution d'accès s'applique aux visiteurs à la journée certains jours de forte affluence, à réserver en ligne, avec contrôle aux points d'entrée. Dormir en ville en dispense, ce qui est de toute façon le meilleur choix : la ville se vide en fin d'après-midi quand les excursionnistes et les paquebots repartent, et devient une autre.
Le Grand Canal se traverse pour quelques euros en traghetto, ces gondoles de service qu'on prend debout entre deux rives — c'est le seul moyen d'expérimenter une gondole sans payer une promenade. ⚠️ La basilique Saint-Marc est payante et sur réservation obligatoire depuis 2025 : dix euros environ pour la basilique seule, une vingtaine avec la Pala d'Oro, qui vaut le supplément. Les îles de la lagune — Murano pour le verre, Burano pour ses maisons colorées et sa dentelle, Torcello pour ses mosaïques — demandent chacune une demi-journée et se rejoignent avec un pass vaporetto.
À table
- Cicchetti — les petites bouchées des bàcari, ces comptoirs à vin où l'on grignote debout : baccalà mantecato, sarde in saor, polpette.
- Sarde in saor — les sardines frites marinées aux oignons, raisins secs et pignons, une recette de marins qui conservait le poisson.
- Risotto al nero di seppia — le risotto noir à l'encre de seiche, plat de la lagune ; ⚠️ il tache.
- Le spritz — né en Vénétie, à l'Aperol ou au Select (le plus vénitien), pris debout sur un campo à l'heure de l'aperitivo.
Jour 13
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Basilique Saint-Marc et Pala d'Oro Huit mille mètres carrés de mosaïques d'or, et derrière l'autel la Pala d'Oro, un retable byzantin serti de deux mille pierres précieuses. Réservation obligatoire depuis 2025, épaules couvertes.20 €cultureEn savoir plus
Huit mille mètres carrés de mosaïques à fond d'or, montées entre le XIᵉ et le XVᵉ siècle. La lumière est tout : selon l'heure, l'or passe du brun au feu, et les scènes semblent flotter — les tesselles sont posées légèrement inclinées les unes par rapport aux autres pour renvoyer la lumière dans toutes les directions.
La basilique est un butin autant qu'une église. Les quatre chevaux de bronze de la façade, les colonnes, une bonne part des marbres ont été arrachés à Constantinople lors du sac de 1204, mené par les Vénitiens eux-mêmes. Les chevaux exposés dehors sont des copies ; les originaux sont à l'étage, avec la vue sur la place.
La Pala d'Oro, derrière l'autel, est un retable d'orfèvrerie byzantine serti de mille neuf cent vingt-sept pierres précieuses et de quatre-vingts émaux. Elle se paie à part et se voit en deux minutes ; elle vaut le supplément.
Réservation obligatoire depuis 2025, épaules couvertes, sacs interdits — consigne gratuite dans une ruelle voisine.
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Palais des Doges et musées de la place Saint-Marc Salles du pouvoir vénitien, pont des Soupirs et prisons, dans un billet qui couvre aussi le Musée Correr et la bibliothèque Marciana — on ne peut pas l'acheter autrement. Le tarif est passé à 35 € au 01-01-2026 ; réserver trente jours à l'avance le ramène à 30 €.40 €cultureEn savoir plus
Le siège du gouvernement de la République pendant mille ans, et un bâtiment qui contredit toute la logique de l'architecture : la masse pleine est en haut, les arcades ajourées en bas. Le palais semble posé sur de la dentelle.
On y suit le fonctionnement de l'État vénitien pièce par pièce : la salle du Grand Conseil, cinquante-trois mètres de long, où siégeaient jusqu'à deux mille patriciens sans un seul pilier pour soutenir le plafond ; le Paradis du Tintoret qui la couvre, l'une des plus grandes toiles du monde ; et les bocche di leone, ces bouches de pierre où l'on glissait les dénonciations anonymes.
Le pont des Soupirs relie le palais aux prisons neuves. Son nom est romantique et faux : il date du XIXᵉ siècle et de Byron. Les condamnés qui l'empruntaient allaient purger des peines courtes ; les vraies geôles, les Piombi sous les toits, sont celles d'où Casanova s'est évadé en 1756.
Le billet couvre aussi le musée Correr et la bibliothèque Marciana.
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Marché du Rialto au petit matin Le marché aux poissons tourne de 7 h à midi, du mardi au samedi, à la même place depuis le XIe siècle. C'est le seul moment où l'on voit une Venise qui travaille.gratuitmarchéEn savoir plus
Un marché aux poissons au même endroit depuis 1097 — neuf siècles au même carrefour, sous une halle néogothique de 1907 posée sur le Grand Canal.
Ce qu'on y vend vient de la lagune et de l'Adriatique, et une bonne partie ne se trouve nulle part ailleurs : moleche, ces crabes pêchés pendant les quelques heures de leur mue où la carapace est encore molle et qu'on mange entiers ; seiches à l'encre ; gobies de lagune pour le risotto. Les étals affichent l'origine, obligatoire, et les Vénitiens la lisent.
À côté, l'Erberia vend les légumes des îles maraîchères de la lagune, Sant'Erasmo et Vignole, dont les artichauts violets de printemps, les castraure, sont le premier bourgeon de chaque plant.
Le marché ouvre au petit jour et l'essentiel est vendu dans la matinée. Fermé le dimanche, et le lundi pour le poisson. C'est le seul moment où Venise appartient encore aux Vénitiens : à cette heure, les groupes ne sont pas descendus des bateaux.
Jour 14
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Se perdre dans le Cannaregio Le quartier le plus habité de Venise, avec le premier ghetto juif d'Europe, créé en 1516 — le mot vient d'ici. Bacari et canaux sans touristes dès qu'on quitte la Strada Nova.gratuitdétenteEn savoir plus
Le mot ghetto vient d'ici. En 1516, la République a assigné les Juifs de Venise à une île du Cannaregio où se trouvait une ancienne fonderie — geto en vénitien, du verbe couler le métal — et le nom du lieu est devenu celui de la chose, puis a été repris dans toute l'Europe. C'est le premier ghetto du monde, et le seul dont on puisse dire qu'il a donné son nom au concept.
L'enfermement a produit une architecture unique à Venise : ne pouvant s'étendre, les habitants ont construit en hauteur, et les immeubles du Campo di Ghetto Nuovo comptent parmi les plus hauts de la ville, avec des plafonds très bas pour multiplier les étages. Cinq synagogues y sont dissimulées dans les combles, invisibles depuis la place.
Le Cannaregio est le quartier le plus habité de Venise, ce qui change tout : dès qu'on quitte la Strada Nova, l'axe qui mène à la gare, on trouve des canaux sans personne, des bacari — bars à vin où l'on mange debout des cicchetti — aux prix vénitiens, et des enfants qui jouent sur les campi. C'est le meilleur endroit pour comprendre que la ville est encore habitée, ce que Saint-Marc ne montre pas.
58 € hébergement · 38 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur un canal de Cannaregio, 115 € la nuit.
Le budget de ces 14 jours
1 717 € par personne pour 14 jours, soit 123 € / jour. À deux, 3 434 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 663 € | 39 % |
| Repas | 470 € | 27 % |
| Transport sur place | 125 € | 7 % |
| Billets de train et de bus | 120 € | 7 % |
| Activités | 339 € | 20 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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