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Jordanie en 10 jours : l'itinéraire jour par jour

1 157 € par personne sur place pour 10 jours, soit 116 € / jour — en 5 étapes, d’Amman à Wadi Rum. En passant par Jerash et Ajloun, Mer Morte, puis Petra.

Autres durées : 5 jours · deux semaines · toutes les étapes de Jordanie

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Amman — Queen Alia (AMM), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Amman, Jordanie

    01. Amman

    J1 → J2 · 2 nuits · 174 € par personne

    Dix-neuf collines blanches, et un théâtre romain dedans

    Une capitale étalée sur dix-neuf collines blanches, où l'on ne marche pas d'un quartier à l'autre — tout est en pente et en taxi. La citadelle et le théâtre romain sont au centre, dans le vieux quartier d'Al-Balad, le seul qui se parcoure à pied. C'est le point d'arrivée et de départ du parcours.

    En savoir plus sur Amman

    Amman est étalée sur dix-neuf collines de calcaire blanc, et cette topographie décide de tout : les quartiers sont séparés par des vallées, les rues montent en lacets, et l'on ne passe pas de l'un à l'autre à pied. Le taxi, très bon marché, est le moyen normal de circuler ; les applications de transport y fonctionnent et évitent la négociation du prix.

    Un seul quartier se parcourt vraiment à pied : Al-Balad, le centre-ville historique au fond de la cuvette, avec son souk, ses cafés, ses vendeurs de jus et sa vie de rue. Au-dessus, la citadelle domine la ville et superpose les époques — un temple d'Hercule romain, un palais omeyyade, une église byzantine — avec la meilleure vue sur l'ensemble. Le théâtre romain, taillé dans la pente en contrebas, contient six mille places et sert encore.

    Amman est le point d'arrivée et de départ du parcours plus qu'une destination en soi. Elle mérite néanmoins une journée pleine, notamment pour Jabal al-Weibdeh et la rue Rainbow, quartiers de galeries et de cafés qui donnent un tout autre visage du pays. ⚠️ La knafeh, dessert au fromage fondu et cheveux d'ange arrosé de sirop, se mange chaude et debout dans Al-Balad ; elle se vend au poids et une portion suffit largement pour deux.

    À table

    • Mansaf — l'agneau cuit dans le jameed, yaourt de brebis séché, servi sur du riz et du pain, mangé de la main droite : le plat national.
    • Falafel et houmous — chez Hashem, dans la rue depuis les années 1950, sur des tables en plastique du centre-ville.
    • Kunafa — le fromage fondu sous une pâte fine orange et un sirop, chez Habibah, la pâtisserie du centre depuis 1951.
    • Shawarma — la viande rôtie à la broche roulée dans un pain fin, au comptoir des kiosques du deuxième cercle.
    • Café arabe — à la cardamome, servi dans une petite tasse sans anse que l'on secoue pour dire qu'on a fini.

    Jour 1

    • Citadelle d'Amman et temple d'Hercule, Amman, Jordanie
      Citadelle d'Amman et temple d'Hercule La colline habitée sans interruption depuis le néolithique, d'où l'on voit les dix-neuf autres. Trois époques se touchent sur cent mètres : le temple romain d'Hercule et son immense main de pierre posée au sol — tout ce qui reste d'une statue de treize mètres —, une église byzantine et la salle d'audience omeyyade à coupole. Entrée couverte par le Jordan Pass.
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      La main de pierre posée au sol près du temple est ce qui frappe le plus, et son échelle donne le vertige : trois doigts subsistent, hauts comme un homme, et l'on en déduit une statue d'une douzaine de mètres qui devait dominer toute la vallée. Rien d'autre n'en a été retrouvé, et l'on ignore si elle a été fondue, brisée par un séisme ou simplement jamais achevée.

      La colline empile les époques sans transition. Le temple romain voisine avec une église byzantine dont il ne reste que les bases de colonnes, et surtout avec le palais omeyyade et sa salle d'audience à coupole, reconstituée dans les années 1990 — cette restauration est discutée, la forme d'origine du toit n'étant pas établie. En dessous, une citerne circulaire taillée dans le roc alimentait l'ensemble.

      Le site est plat une fois en haut, mais l'accès depuis le centre-ville se fait par des escaliers publics très raides ou par un long détour en voiture. Il n'y a aucune ombre sur le plateau. La vue porte sur les collines blanches et sur le théâtre romain juste en dessous — les deux se visitent dans la même demi-journée, la citadelle d'abord pour comprendre la géographie de la ville.

      culture
      gratuit
    • Théâtre romain et place hachémite, Amman, Jordanie
      Théâtre romain et place hachémite Six mille places taillées à flanc de colline au IIe siècle, orientées au nord pour garder les spectateurs à l'ombre toute la journée — un calcul que personne ne fait plus. Deux petits musées du folklore occupent les couloirs sous les gradins. La place en contrebas donne la vue d'ensemble sans billet, et l'entrée figure parmi les sites du Jordan Pass.
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      L'orientation du théâtre n'est pas un hasard esthétique : il a été creusé dans le versant nord de la colline pour que les gradins restent à l'ombre pendant que la scène, elle, reçoit la lumière. C'était un calcul standard chez les ingénieurs romains, et il fonctionne encore — les rangs hauts sont fraîchement supportables l'après-midi quand la place en contrebas est écrasée de soleil.

      La pente est raide et les gradins hauts, sans main courante : la montée jusqu'au dernier rang décourage beaucoup de visiteurs, et c'est pourtant de là que l'acoustique se vérifie — une voix normale émise au centre de l'orchestre s'entend distinctement en haut. Deux petits musées, l'un du folklore, l'autre des traditions populaires, occupent les salles voûtées sous les gradins et sont compris dans l'entrée.

      La place hachémite, devant, est le lieu de rendez-vous d'Amman en fin de journée : familles, vendeurs de café à la cardamome versé d'une cafetière portée en bandoulière, et une vue sur l'ensemble du théâtre qui ne demande aucun billet. L'odéon voisin, beaucoup plus petit, servait aux concerts et aux réunions ; il est souvent fermé.

      culture
      gratuit

    Jour 2

    • Al-Balad, le centre-ville et son souk, Amman, Jordanie
      Al-Balad, le centre-ville et son souk Le fond de vallée où Amman a commencé, entre la mosquée al-Husseini et le souk aux épices : marchands de graines de courge grillées, tailleurs, or au poids et carrioles de légumes. C'est la seule partie plate de la ville — tout le reste se monte, et les escaliers publics entre les collines sont des rues à part entière.
      En savoir plus

      Al-Balad occupe le fond du wadi où Amman a commencé, et c'est la seule partie plate de la ville : tout le reste grimpe sur les dix-neuf collines, reliées par des escaliers publics qui portent des noms de rue et figurent sur les plans. Certains comptent plusieurs centaines de marches et raccourcissent des trajets qu'une voiture met vingt minutes à faire.

      Le souk s'organise par spécialités successives — les graines et les fruits secs grillés devant vous, les épices au poids, les tailleurs, puis la rue de l'or où le métal se vend au gramme selon le cours du jour affiché en vitrine, la façon n'étant qu'un supplément. C'est un commerce local et non un souk à visiteurs : on n'y est presque pas sollicité.

      La mosquée al-Husseini, au centre, a été rebâtie dans les années 1920 sur les fondations d'une mosquée omeyyade beaucoup plus ancienne. Elle marque le cœur du quartier et sert de repère quand on se perd. Le quartier s'anime surtout en fin de journée et le vendredi après la grande prière ; beaucoup de commerces ferment quelques heures ce jour-là, et le rythme de la semaine court du dimanche au jeudi.

      marché
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    39 € hébergement · 32 € repas · 16 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Jabal Amman, 78 € la nuit.

    Voir les hébergements à Ammanlien affilié

  2. Amman → Jerash et Ajloun — Minibus depuis la gare nord d'Amman, 1 h 12, 3 € par personne.
  3. Jerash et Ajloun, Jordanie

    02. Jerash et Ajloun

    J3 → J4 · 2 nuits · 158 € par personne

    La ville romaine la plus entière hors d'Italie

    La cité romaine la mieux conservée hors d'Italie : une rue à colonnades de huit cents mètres, deux théâtres et une place ovale unique dans le monde romain. ⚠️ Il n'y a aucune ombre — venir tôt ou en fin de journée. Ajloun, à quarante minutes, est une forteresse ayyoubide bâtie contre les croisés.

    En savoir plus sur Jerash et Ajloun

    Jerash est la cité romaine la mieux conservée hors d'Italie, et l'échelle surprend : ce n'est pas un site de fondations mais une ville debout. Une rue à colonnades de huit cents mètres la traverse, avec ses ornières de chars encore visibles dans le dallage, deux théâtres, des temples, des thermes et une place ovale entourée d'une colonnade — un plan unique dans le monde romain, dont on ne connaît pas d'équivalent.

    Elle a été ensevelie par un séisme au VIIIᵉ siècle puis abandonnée, ce qui l'a protégée jusqu'aux fouilles du XXᵉ. On la parcourt en deux à trois heures. ⚠️ Il n'y a strictement aucune ombre sur le site, sur de la pierre claire qui réverbère : en été, la visite de milieu de journée est éprouvante. On y va à l'ouverture ou en fin d'après-midi, avec de l'eau et un couvre-chef.

    La région autour vaut le détour et allège la journée. Le château d'Ajloun, à quarante minutes, est une forteresse ayyoubide bâtie par un neveu de Saladin face aux places croisées, avec une vue sur toute la vallée du Jourdain. Umm Qais, plus au nord, domine le lac de Tibériade et le plateau du Golan depuis ses ruines gréco-romaines — c'est le seul endroit du pays d'où l'on embrasse trois frontières. Les collines d'oliviers d'Orjan et Rasoun offrent des sentiers et des tables d'hôtes.

    À table

    • Musakhan — le poulet au sumac et aux oignons confits sur un pain taboun imbibé d'huile d'olive, plat du nord du pays.
    • Huile d'olive d'Ajloun — les oliviers des collines ont plusieurs siècles, l'huile se vend au pressoir à l'automne.
    • Petit-déjeuner au labneh — yaourt égoutté, za'atar, olives et pain chaud, dans les cafés de Jerash avant les ruines.
    • Ka'ak — les anneaux de pain au sésame vendus dans le souk, avec un œuf dur et du za'atar.

    Jour 3

    • Cité romaine de Jerash, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Cité romaine de Jerash Gerasa a été ensevelie par un séisme en 749 et redécouverte en 1806 : c'est ce qui l'a conservée entière. Une place ovale bordée de cinquante-six colonnes ioniques, un cardo pavé où les ornières des chars sont encore visibles dans la pierre, deux théâtres et un temple d'Artémis dont les colonnes oscillent au vent — on glisse une cuillère dans un joint et on la voit bouger. Couverte par le Jordan Pass (12 JOD sinon).
      En savoir plus

      La place ovale est le trait unique du site : aucune autre ville romaine connue n'a de forum de cette forme, et l'on ignore pourquoi les architectes de Gerasa l'ont adoptée — l'hypothèse la plus courante est qu'il fallait raccorder un cardo rectiligne à un sanctuaire déjà en place, avec un décalage d'angle qu'une place elliptique permet de rattraper sans que cela se voie.

      Le cardo garde ses dalles d'origine et l'on y suit les ornières creusées par les chars, ainsi que les regards des égouts qui couraient dessous. Au temple d'Artémis, les tambours des colonnes reposent sur des joints de plomb qui absorbaient les secousses sismiques : l'ensemble oscille perceptiblement au vent, et l'on glisse une cuillère ou une carte dans un joint pour la voir bouger — les gardiens le montrent volontiers.

      Le site est immense et entièrement à découvert. Il n'y a pratiquement aucune ombre entre la porte sud et le temple, et la pierre claire réverbère : la visite se fait tôt le matin ou en fin d'après-midi, avec de l'eau. Compter deux à trois heures pour l'essentiel. Le théâtre sud voit régulièrement des joueurs de cornemuse en uniforme — héritage direct de l'encadrement britannique de la Légion arabe.

      culture
      gratuit
    • Umm Qais et la vue sur le lac de Tibériade, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Umm Qais et la vue sur le lac de Tibériade L'antique Gadara, bâtie en basalte noir et non en calcaire blanc, avec un village ottoman posé par-dessus les ruines au XIXe siècle. De la terrasse, on voit d'un seul regard le lac de Tibériade, le plateau du Golan et la vallée du Yarmouk : trois pays dans le même champ. Couverte par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      L'antique Gadara est bâtie en basalte noir, ce qui la distingue immédiatement de Jerash ou d'Amman : la région est volcanique, et les colonnes, les dalles et les gradins du théâtre sont d'un gris presque noir, avec par endroits des placages de calcaire blanc qui produisent un contraste inhabituel dans l'architecture romaine.

      Un village ottoman s'est installé au XIXe siècle directement sur les ruines, en réemployant les pierres antiques dans ses maisons, ses portes et ses murs. Il a été évacué dans les années 1980 pour dégager le site, et l'on circule donc dans deux villes superposées, la plus récente ayant été bâtie avec la plus ancienne.

      La terrasse ouest donne le panorama qui justifie le détour : le lac de Tibériade en bas à droite, le plateau du Golan en face, la vallée du Yarmouk qui sert de frontière juste en contrebas. Trois territoires dans le même regard, à une distance qui rend la géographie du conflit régional immédiatement lisible. Gadara était par ailleurs une ville de philosophes grecs et l'un des lieux où les Évangiles situent un miracle — celui des porcs précipités dans le lac.

      culture
      gratuit

    Jour 4

    • Château d'Ajloun, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Château d'Ajloun Qal'at ar-Rabad, bâtie en 1184 par un général de Saladin, non pas pour attaquer les croisés mais pour surveiller les mines de fer et tenir la vallée du Jourdain face à leurs propres forteresses. C'est l'un des rares châteaux de la région qui ne soit pas croisé. Par temps clair, on voit le Jourdain et les hauteurs de Cisjordanie. Couvert par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Qal'at ar-Rabad n'est pas un château croisé, et c'est ce qui le rend intéressant : il a été bâti par les musulmans contre les croisés, et non l'inverse. Son commanditaire, un neveu de Saladin, l'a élevé pour verrouiller les vallées qui descendent vers le Jourdain, protéger les mines de fer de la région et faire face aux forteresses franques installées de l'autre côté.

      Il appartenait à un réseau de communication par signaux de feu qui, de tour en tour, transmettait un message du Levant jusqu'au Caire en une nuit — un système remarquablement rapide pour l'époque, dont Ajloun était l'un des relais. Les salles voûtées, les meurtrières en entonnoir et les citernes se visitent librement, et l'ensemble est peu fréquenté comparé à Jerash.

      La vue depuis les terrasses porte sur la vallée du Jourdain, les hauteurs de Cisjordanie et, par temps très clair, jusqu'au lac de Tibériade. La colline sur laquelle il est posé est couverte de pins et de chênes, ce qui surprend en Jordanie ; on peut monter à pied depuis le village par un sentier, ou en voiture jusqu'au parking, d'où il reste une courte montée.

      culture
      gratuit

    34 € hébergement · 27 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du site de Jerash, 68 € la nuit.

    Voir les hébergements à Jerash et Ajlounlien affilié

  4. Jerash et Ajloun → Mer Morte — Minibus avec changement à Amman, 3 h 30, 9 € par personne.
  5. Mer Morte, Jordanie

    03. Mer Morte

    J5 → J6 · 2 nuits · 308 € par personne

    Quatre cent trente mètres sous le niveau de la mer

    Le point le plus bas de la Terre, à quatre cent trente mètres sous le niveau de la mer, où l'on flotte sans effort dans une eau dix fois plus salée que l'océan. ⚠️ Ne pas s'y raser avant, ne pas mettre la tête sous l'eau, rincer après — le sel brûle. Le Siq Trail du Wadi Mujib se remonte dans l'eau, et ferme du 1er novembre au 31 mars.

    En savoir plus sur Mer Morte

    La mer Morte est le point le plus bas de la surface terrestre, à environ quatre cent trente mètres sous le niveau de la mer, et l'on sent la descente : la pression augmente, l'air s'épaissit, la température monte de plusieurs degrés par rapport à Amman. Sa salinité, près de dix fois celle de l'océan, rend l'eau si dense qu'on y flotte sans le moindre effort — on ne nage pas, on repose dessus.

    ⚠️ Cette eau est corrosive et les règles ne sont pas des précautions de confort. Ne pas se raser ni s'épiler dans les vingt-quatre heures qui précèdent, sous peine de brûlure immédiate. Ne jamais mettre la tête sous l'eau : le sel dans les yeux est extrêmement douloureux et une gorgée avalée provoque des troubles sérieux. Ne pas rester plus d'un quart d'heure, et rincer abondamment à l'eau douce ensuite. Les plages d'hôtels et les plages publiques payantes fournissent douches et boue noire.

    ⚠️ Le niveau baisse d'environ un mètre par an, en raison des prélèvements sur le Jourdain, et le rivage recule : des installations construites au bord se retrouvent aujourd'hui à des centaines de mètres. Le Siq Trail du Wadi Mujib, canyon qu'on remonte dans l'eau contre le courant, est l'une des plus belles randonnées du pays, mais il ne fonctionne que du 1ᵉʳ avril au 31 octobre — fermé le reste de l'année pour risque de crue soudaine.

    À table

    • Mezzés — houmous, moutabal, taboulé et fattoush, la table du soir dans les hôtels de la rive.
    • Maqluba — le riz, les aubergines et le poulet cuits en couches et retournés d'un coup devant les convives.
    • Limonana — la citronnade à la menthe pilée, glacée, sous les 40 degrés du bord de mer.
    • Kunafa — le dessert au fromage et au sirop de fleur d'oranger, au buffet du dîner.

    Jour 5

    • Baignade et boue noire à O Beach, Mer Morte, Jordanie
      Baignade et boue noire à O Beach Trente-quatre pour cent de sel : on flotte sans effort et on ne peut littéralement pas couler. La boue noire du rivage s'étale, sèche vingt minutes, puis se rince à l'eau douce de la plage. ⚠️ Ne pas se raser le matin, ne pas mettre la tête sous l'eau — une goutte dans l'œil brûle un quart d'heure — et pas plus de quinze minutes d'affilée. 20 JOD par adulte, gratuit avant 12 ans, serviette comprise.
      En savoir plus

      On ne nage pas dans la mer Morte, on y repose : la densité est telle que le corps remonte de lui-même, et il est physiquement difficile de se mettre debout — les jambes remontent. Le geste naturel est de s'allonger sur le dos, bras écartés, et de ne plus rien faire. Se mettre sur le ventre est une mauvaise idée, on se retourne mal et le visage finit dans l'eau.

      La boue noire du rivage est chargée en minéraux et s'étale sur tout le corps sauf le visage ; elle sèche en une vingtaine de minutes, tire la peau, et se rince ensuite à l'eau douce. C'est l'usage local, et la même boue conditionnée constitue l'essentiel de l'industrie cosmétique des deux rives.

      Les précautions ne sont pas des conseils de confort. Une coupure ou une zone rasée le matin brûle immédiatement et violemment. Une goutte dans l'œil provoque une douleur intense qui dure ; une gorgée avalée peut être sérieuse. Les douches d'eau douce sont donc l'équipement essentiel d'une plage, et il faut vérifier qu'elles fonctionnent avant d'entrer. On ne reste pas plus d'un quart d'heure d'affilée, et les lunettes de vue se laissent au bord.

      détente
      26 €
    • Panorama du canyon du Mujib depuis la route des Rois, Mer Morte, Jordanie
      Panorama du canyon du Mujib depuis la route des Rois La route des Rois plonge de 900 m dans le canyon puis remonte autant en face : quarante minutes de lacets pour dix kilomètres à vol d'oiseau. Le belvédère du barrage donne l'entaille entière, qu'on a longtemps appelée le Grand Canyon de Jordanie. Libre d'accès, et c'est le seul endroit d'où l'on comprend l'échelle.
      En savoir plus

      La route des Rois est l'une des plus anciennes voies de communication du monde, mentionnée dans la Bible, et elle traverse le Mujib de la seule façon possible : en descendant neuf cents mètres au fond du canyon puis en remontant autant en face. Quarante minutes de lacets pour parcourir dix kilomètres à vol d'oiseau, avec des virages en épingle où les autocars manœuvrent en plusieurs fois.

      Le belvédère aménagé au-dessus du barrage donne l'entaille entière d'un seul regard, et c'est le seul endroit d'où l'on saisit l'échelle du dispositif — le fond du canyon, la retenue, et les deux versants qui montent en gradins de grès rouge. La comparaison avec le Grand Canyon est ancienne et exagérée, mais la profondeur relative impressionne.

      L'itinéraire par la route des Rois double à peu près le temps de trajet par rapport à l'autoroute du désert, qui file plus à l'est en ligne droite. C'est un choix à faire consciemment : la route des Rois est le voyage, l'autoroute est le raccourci. Elle dessert au passage Madaba, le mont Nébo, Karak et Dana, ce qui la rend cohérente avec l'ensemble du parcours.

      nature
      gratuit
    • Siq Trail du Wadi Mujib, Mer Morte, Jordanie
      Siq Trail du Wadi Mujib On remonte une gorge dans l'eau, entre des parois de grès rouge qui se resserrent à un mètre, avec des cordes fixes pour franchir les cascades. Deux à trois heures, en parcours libre, gilet fourni. ⛔ Ouvert du 1er avril au 31 octobre seulement — fermé tout l'hiver — et fermé en plus après une pluie ou une montée des eaux, décision prise le matin même. 23 JOD, grille RSCN 2026, à part du Jordan Pass.
      En savoir plus

      Le Wadi Mujib se jette dans la mer Morte au point le plus bas de la terre ferme, et la réserve qui l'entoure est la plus basse du monde. Le Siq Trail en remonte la gorge à contre-courant : on marche dans l'eau, entre des parois de grès rouge qui se resserrent jusqu'à un mètre par endroits, et l'on franchit des cascades à l'aide de cordes fixes et d'échelles.

      C'est un parcours libre, sans guide, avec gilet de flottaison obligatoire fourni à l'entrée. Le niveau d'eau et la force du courant varient d'un jour à l'autre : par moments on a de l'eau aux chevilles, par moments il faut nager quelques mètres. De vraies chaussures fermées qui tiennent au pied sont nécessaires — les tongs se perdent au premier passage.

      La fermeture hivernale n'est pas administrative mais physique : hors saison, la gorge se remplit et devient un couloir de crue. Même pendant la période d'ouverture, le parcours ferme après une pluie ou quand une montée des eaux est prévue, et la décision se prend le matin même — un déplacement peut donc être perdu. Rien de ce qu'on emporte ne reste sec ; téléphone et papiers se laissent dans les casiers de l'entrée.

      nature
      30 €

    Jour 6

    • Coucher de soleil sur le rivage salé, Mer Morte, Jordanie
      Coucher de soleil sur le rivage salé Le soleil tombe derrière les collines de Cisjordanie, en face, et le sel cristallisé sur les cailloux du bord vire au rose une demi-heure durant. ⚠️ Le niveau baisse d'environ un mètre par an : les pontons construits il y a vingt ans sont aujourd'hui à des centaines de mètres de l'eau, et c'est visible à l'œil nu.
      En savoir plus

      Le soleil se couche derrière les collines de Cisjordanie, de l'autre côté de la mer, à une trentaine de kilomètres seulement — la rive d'en face est parfaitement visible toute la journée, ce qui rend la géographie du lieu immédiate. La lumière rasante fait virer au rose les concrétions de sel qui recouvrent les cailloux du bord, cristallisées en formes hérissées.

      Le recul de l'eau est l'autre spectacle, moins réjouissant. Le niveau baisse d'environ un mètre par an, principalement parce que le Jourdain qui l'alimente est prélevé en amont pour l'irrigation et l'eau potable, et parce que les usines chimiques des deux rives évaporent l'eau du bassin sud. Des pontons et des escaliers construits il y a vingt ou trente ans se trouvent aujourd'hui à des centaines de mètres du rivage, en plein sec : on les voit depuis la route.

      Le retrait produit aussi des dolines — des effondrements soudains du sol, là où les nappes d'eau douce dissolvent les couches de sel laissées à découvert. Elles se comptent par milliers du côté israélien et se multiplient ici aussi ; c'est la raison pour laquelle on n'accède pas au rivage n'importe où et l'on reste sur les plages aménagées.

      détente
      gratuit

    68 € hébergement · 40 € repas · 18 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec accès à la plage, 135 € la nuit.

    Voir les hébergements à Mer Mortelien affilié

  6. Mer Morte → Petra — bus, via Madaba et mont Nébo et Dana, 9 h 42, 25 € par personne.
  7. Petra, Jordanie

    04. Petra

    J7 → J8 · 2 nuits · 186 € par personne

    Une ville entière taillée dans une falaise rose

    Une ville nabatéenne entière taillée dans une falaise de grès rose, dont on n'a fouillé qu'une petite partie. ⚠️ Le site fait plus de vingt kilomètres carrés : le Trésor n'est que l'entrée, et le Monastère demande huit cents marches. Petra by Night n'a lieu que le lundi, le mercredi et le jeudi, se paie à part et n'est pas dans le Jordan Pass.

    En savoir plus sur Petra

    Petra n'est pas un monument mais une ville, capitale des Nabatéens, étalée sur plus de vingt kilomètres carrés dont on estime avoir fouillé moins de vingt pour cent. ⚠️ C'est le contresens le plus répandu : le Trésor, l'image que tout le monde connaît, n'est que ce qu'on découvre en sortant du Siq, à moins d'un tiers du parcours. Derrière s'étendent une rue à colonnades, un théâtre taillé dans la roche, des tombeaux royaux et des quartiers entiers.

    On y entre par le Siq, une faille de plus d'un kilomètre entre deux parois de grès, large parfois de trois mètres, dont les Nabatéens avaient équipé les flancs de canalisations. Le Monastère, à l'autre extrémité, demande environ huit cents marches taillées et une heure de montée — c'est le plus grand édifice du site et beaucoup de visiteurs y renoncent faute de temps ou d'eau. Le sentier d'Al-Khubtha mène au belvédère qui surplombe le Trésor.

    ⚠️ Prévoir deux jours est raisonnable, et le billet de plusieurs jours coûte à peine plus que celui d'un seul. ⚠️ Petra by Night, où le Siq et le Trésor sont éclairés à la bougie, n'a lieu que le lundi, le mercredi et le jeudi, se paie séparément et n'est pas incluse dans le Jordan Pass. Ce pass, en revanche, couvre l'entrée de Petra et supprime les frais de visa, ce qui le rend rentable dès trois sites.

    À table

    • Pain shrak — la galette de blé très fine cuite sur une plaque bombée, pliée autour de tout ce qui se mange.
    • Maqluba — le riz aux légumes et au poulet retourné sur le plat, dans les restaurants de Wadi Musa.
    • Thé bédouin — à la sauge ou à la cardamome, très sucré, offert dans les échoppes du site et au feu des campements.
    • Mansaf — le plat national servi aux hôtes dans les familles de Wadi Musa et dans les restaurants du village.

    Jour 7

    • Le Siq et le Trésor, Petra, Jordanie
      Le Siq et le Trésor Un kilomètre deux de faille naturelle, large de trois mètres et haute de cent quatre-vingts, avec les canalisations nabatéennes encore taillées dans les deux parois — c'est l'eau qui a fait la fortune de Petra, pas l'or. Le Trésor est en réalité un tombeau royal, et l'urne de son fronton est criblée d'impacts : des Bédouins ont tiré dessus des générations durant, persuadés qu'un pharaon y avait caché son or. ⚠️ 50 JOD la journée hors pass, couverte par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Le Siq n'est pas une gorge creusée par l'eau mais une faille tectonique : le massif s'est fendu, et les deux parois sont complémentaires — on peut suivre du regard une strate d'un côté et la retrouver exactement en face. Il court sur plus d'un kilomètre, large de trois mètres par endroits, haut de près de deux cents.

      Les Nabatéens y ont taillé des canalisations sur les deux flancs, encore visibles à hauteur d'homme, avec des tuyaux de terre cuite emboîtés d'un côté et un canal ouvert de l'autre : c'est le contrôle de l'eau, dans une région qui n'en a pas, qui a fait la richesse de Petra et non le commerce seul. Ils avaient aussi bâti un barrage de dérivation à l'entrée pour éviter que les crues n'emportent la ville, reconstruit depuis — une crue a tué des visiteurs en 1963.

      Le Trésor n'a jamais contenu de trésor : c'est un tombeau royal, probablement celui d'Arétas IV. Son nom vient d'une croyance bédouine selon laquelle un pharaon aurait caché son or dans l'urne du fronton, et l'on a tiré dessus au fusil pendant des générations pour la briser — les impacts sont parfaitement visibles. ⚠️ Il n'est que l'entrée : la ville s'étend sur des kilomètres derrière.

      culture
      gratuit
    • Les tombeaux royaux et le théâtre nabatéen, Petra, Jordanie
      Les tombeaux royaux et le théâtre nabatéen Quatre façades géantes alignées dans la falaise est, dont le tombeau à l'Urne, transformé en cathédrale byzantine en 447 — l'inscription de consécration est encore peinte au fond. Le théâtre, en contrebas, a été taillé dans la roche par les Nabatéens et non bâti : ses huit mille cinq cents places coupent en deux des tombes plus anciennes, restées ouvertes dans les gradins.
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      Les quatre grandes façades alignées dans la falaise est — l'Urne, la Soie, le Corinthien, le Palais — sont les tombeaux des souverains nabatéens, et leur intérêt tient autant à la roche qu'à l'architecture : le grès y est veiné de rouge, d'ocre, de violet et de blanc en bandes tourmentées, et les plafonds des salles intérieures ressemblent à du bois flotté ou à du marbre.

      Le tombeau à l'Urne a été transformé en cathédrale byzantine en 447, et l'inscription de consécration est encore peinte en rouge au fond de la salle. Deux grandes salles latérales ont été ajoutées à cette occasion. La terrasse qui le précède, portée par des voûtes, donne l'un des points de vue les plus larges du site.

      Le théâtre, en contrebas, n'a pas été bâti mais entièrement taillé dans le flanc de la montagne, gradins compris. Sa construction a coupé en deux des tombeaux plus anciens, dont on voit les chambres ouvertes béantes dans la paroi au-dessus des derniers rangs — c'est-à-dire que les Nabatéens ont éventré leurs propres sépultures pour faire de la place. Il pouvait accueillir plusieurs milliers de spectateurs.

      culture
      gratuit

    Jour 8

    • Le Monastère, Ad-Deir, Petra, Jordanie
      Le Monastère, Ad-Deir Huit cent cinquante marches taillées dans la roche, une heure de montée, et une façade de quarante-cinq mètres — la plus grande de Petra, plus vaste que celle du Trésor. Le café installé en face sert le thé sur des tapis, à l'ombre, face au monument. Monter en fin d'après-midi : le soleil prend alors la façade de plein fouet, alors qu'elle reste dans l'ombre le matin.
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      Ad-Deir est la plus grande façade de Petra : quarante-cinq mètres de large, nettement plus vaste que le Trésor, avec une porte assez haute pour qu'un homme debout paraisse minuscule sur le seuil. Son nom vient de croix gravées à l'intérieur par des moines byzantins qui l'ont réutilisé ; les Nabatéens en avaient fait une salle de banquet funéraire, avec des banquettes taillées le long des murs.

      La montée compte environ huit cent cinquante marches irrégulières, taillées dans la roche, et prend une bonne heure depuis le fond de la vallée. Le chemin passe entre des parois étroites et croise des tombeaux et des salles latérales. Des ânes sont proposés tout du long — ⚠️ leur état est souvent mauvais et le chemin est dangereux pour eux comme pour le cavalier ; la marche reste la meilleure option pour qui le peut.

      La façade est orientée de telle sorte qu'elle reste dans l'ombre le matin et se trouve éclairée de plein fouet en fin d'après-midi : monter tôt, c'est photographier un mur gris. Un café installé en face, sur des tapis, sert le thé à l'ombre. Un sentier de quelques minutes mène à un promontoire d'où l'on domine tout le Wadi Araba.

      nature
      gratuit
    • Le Haut Lieu du Sacrifice et le Wadi Farasa, Petra, Jordanie
      Le Haut Lieu du Sacrifice et le Wadi Farasa Huit cents marches jusqu'à un autel taillé au sommet du Jebel Madbah, avec ses rigoles d'écoulement encore lisibles dans la pierre, et une vue plongeante sur toute la cuvette. La descente par le Wadi Farasa, de l'autre côté, passe devant le tombeau du Soldat romain et la fontaine au Lion : c'est la boucle que neuf visiteurs sur dix ne font pas, et l'on y marche seul.
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      Le Haut Lieu occupe le sommet du Jebel Madbah, atteint par environ huit cents marches taillées dans le grès. On y trouve une plateforme aménagée avec un autel, un bassin et des rigoles d'écoulement encore parfaitement lisibles dans la pierre : c'était un lieu de sacrifice nabatéen, et l'on discute encore de ce qui y était offert. Deux obélisques taillés dans la masse rocheuse — on a évidé la montagne autour d'eux — se dressent juste en dessous.

      La vue plonge sur toute la cuvette de Petra et permet de comprendre d'un coup la géographie du site : le Siq d'un côté, la rue à colonnades au fond, les tombeaux royaux dans la falaise d'en face. C'est le meilleur endroit pour saisir que Petra est une ville.

      La boucle se ferme en descendant par le Wadi Farasa, de l'autre côté, et c'est là que la journée devient exceptionnelle : on passe devant le tombeau du Soldat romain, la salle de banquet aux parois de grès veiné, la fontaine au Lion, et l'on ne croise presque personne — la grande majorité des visiteurs redescend par où elle est montée. ⚠️ La descente est raide, sur des marches usées, et glissante par endroits.

      nature
      gratuit

    45 € hébergement · 34 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du Visitor Center, 90 € la nuit.

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  8. Petra → Wadi Rum — Minibus quotidien de Wadi Musa au village de Rum, 2 h, 10 € par personne.
  9. Wadi Rum, Jordanie

    05. Wadi Rum

    J9 → J10 · 2 nuits · 284 € par personne

    Du sable rouge, des montagnes noires, aucune route

    Un désert de sable rouge et de montagnes de grès noir, sans route ni village, habité par des Bédouins. ⚠️ On n'y circule qu'en 4×4 avec un guide, et l'on y dort en camp — la nuit à la belle étoile se paie en supplément. L'écart de température entre l'après-midi et l'aube dépasse vingt degrés.

    En savoir plus sur Wadi Rum

    Le Wadi Rum est un désert de sable rouge d'où émergent des montagnes de grès et de granit aux formes massives, sans route goudronnée, sans village et sans réseau à l'intérieur. Il est habité par des tribus bédouines qui en gèrent l'accès et le tourisme, et l'on n'y circule qu'accompagné, en véhicule tout-terrain découvert.

    La journée type combine des arrêts sur les sites — canyon de Khazali et ses pétroglyphes vieux de deux mille ans, pont rocheux d'Umm Fruth qu'on escalade, grande dune rouge qu'on descend en courant — et de longs trajets où l'on ne voit que l'espace. La montgolfière au lever du jour est l'autre manière de le voir, et se réserve.

    ⚠️ On y dort en camp, sous tente, et il faut comprendre ce que couvre le prix : la nuit sous tente fermée est incluse dans les formules courantes, tandis que dormir à la belle étoile sur un matelas se paie généralement en supplément. Les camps varient énormément, du bivouac sommaire aux bulles transparentes climatisées. ⚠️ L'écart de température entre l'après-midi et l'aube dépasse couramment vingt degrés, y compris en été où les nuits sont fraîches, et l'hiver il gèle. Une veste chaude est nécessaire toute l'année — c'est l'oubli le plus fréquent des voyageurs venus du sud du pays.

    À table

    • Zarb — l'agneau et les légumes cuits des heures dans un four enterré sous le sable, découverts devant les hôtes au campement.
    • Thé bédouin — préparé sur les braises avec de la sauge et beaucoup de sucre, à chaque halte dans le désert.
    • Pain shrak — cuit sur le saj au campement, à l'aube, avec du labneh et du miel.
    • Petit-déjeuner du désert — labneh, œufs, tomates, olives et pain chaud, sous la tente avant la chaleur.

    Jour 9

    • Journée en 4×4 et nuit au camp bédouin, Wadi Rum, Jordanie
      Journée en 4×4 et nuit au camp bédouin La seule façon de voir le Wadi Rum : six à sept heures à l'arrière d'un pick-up entre les djebels — la source de Lawrence, le canyon de Khazali, la grande dune rouge, le pont rocheux d'Umm Fruth — puis le dîner cuit dans un zarb, four enterré sous le sable, et la nuit sous tente. Dîner et petit-déjeuner compris. ⚠️ Le tarif est dégressif par tranche de groupe : 75 JOD seul, 55 à deux ou trois, 50 de quatre à six, 45 au-delà. Le montant affiché est celui à deux — seul, compter 26 € de plus. Le droit d'entrée de la zone protégée (7 JOD) est couvert par le Jordan Pass.
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      Le pick-up découvert est le seul véhicule adapté : il n'y a aucune route dans le Wadi Rum, on roule sur le sable en suivant des traces qui s'effacent, et l'orientation se fait à la connaissance du terrain. Le circuit type enchaîne les djebels, la source dite de Lawrence, le canyon de Khazali, la grande dune rouge et le pont rocheux d'Umm Fruth, avec de longs trajets entre les arrêts où l'on ne voit que l'espace.

      Le zarb est le repas qui clôt la journée : un four creusé dans le sable, dans lequel on descend un panier étagé de viande et de légumes, recouvert de sacs puis de sable, et laissé cuire plusieurs heures. On assiste au déterrement, qui est le moment de la soirée. Le petit-déjeuner suit le lendemain, généralement pain, labneh, œufs et thé.

      ⚠️ La qualité des camps varie énormément, du bivouac sommaire aux bulles transparentes climatisées, et le prix ne dit pas tout. Deux questions valent d'être posées avant de réserver : la taille du groupe en 4×4, et si le camp appartient à une famille du village de Rum ou à un opérateur extérieur. Le tarif est dégressif par tranche de personnes, ce qui pénalise fortement le voyageur seul.

      nature
      72 €

    Jour 10

    • Canyon de Khazali et ses pétroglyphes, Wadi Rum, Jordanie
      Canyon de Khazali et ses pétroglyphes Une fente de cent mètres dans la falaise, fraîche et humide, dont les parois portent deux mille ans de gravures thamoudéennes et nabatéennes à hauteur d'homme : pieds, chameaux, silhouettes, inscriptions. Ce sont des graffitis de voyageurs, et c'est exactement ce qui les rend émouvants. Compris dans la sortie en 4×4.
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      La faille s'enfonce d'une centaine de mètres dans la falaise, étroite, haute et fraîche — l'écart de température avec l'extérieur est sensible dès les premiers mètres, et l'eau stagne au fond après les pluies. C'est ce microclimat qui en faisait une halte : on y trouvait de l'ombre et parfois de l'eau.

      Les parois portent des gravures étalées sur environ deux mille ans, thamoudéennes et nabatéennes, toutes à hauteur d'homme : empreintes de pieds, silhouettes humaines, chameaux, antilopes, et des inscriptions en alphabets aujourd'hui déchiffrés. Ce sont des marques de passage — des voyageurs signalant qu'ils sont venus, qu'ils ont eu de l'eau, qu'ils vont vers tel endroit. C'est exactement ce qui les rend émouvantes : ce ne sont pas des œuvres, ce sont des messages ordinaires.

      On progresse dans la faille sur une centaine de mètres avant que le passage ne se resserre trop ; le sol est irrégulier et glissant lorsqu'il reste de l'eau. ⚠️ On ne touche pas les gravures : le grès est tendre et la graisse des doigts accélère l'érosion. Elles sont aussi difficiles à repérer sans qu'on les montre — le chauffeur connaît les emplacements.

      culture
      gratuit
    • Le pont rocheux d'Umm Fruth et la grande dune rouge, Wadi Rum, Jordanie
      Le pont rocheux d'Umm Fruth et la grande dune rouge Une arche naturelle de quinze mètres qui se monte sans matériel par une vire à main droite — et se redescend beaucoup moins facilement qu'elle ne se monte. La grande dune rouge, en face du djebel Umm Ishrin, se gravit en dix minutes essoufflantes et se redescend en trente secondes. Compris dans la sortie en 4×4.
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      L'arche d'Umm Fruth est une passerelle naturelle d'une quinzaine de mètres, formée par l'érosion différentielle du grès, et elle se monte sans matériel par une vire en escalier sur son flanc droit. La montée est facile et grisante ; la descente l'est nettement moins, parce qu'on ne voit pas les prises sous soi et que le grès est lisse à l'endroit où tout le monde pose le pied.

      ⚠️ Il n'y a aucune sécurité, aucune corde et aucun secours à portée. Des chutes s'y produisent, et l'on décide en bas — pas au sommet — de monter ou non. Le chauffeur attend et ne pousse personne.

      La grande dune rouge, adossée au djebel Umm Ishrin, se gravit en une dizaine de minutes qui coupent complètement le souffle : le sable cède sous chaque pas et l'on avance de moitié moins qu'on ne s'applique. La descente se fait en courant ou en glissant, en trente secondes. La couleur du sable est due à l'oxyde de fer et elle s'intensifie franchement en fin de journée, ce qui fait de cet arrêt le dernier du circuit chez la plupart des chauffeurs.

      nature
      gratuit
    • Nuit à la belle étoile, en supplément, Wadi Rum, Jordanie
      Nuit à la belle étoile, en supplément Un matelas sorti de la tente et posé sur le sable, à l'écart des lumières du camp : le Wadi Rum est l'un des ciels les plus noirs du Proche-Orient et la Voie lactée s'y lit à l'œil nu. 12 JOD en plus de la nuit au camp, couvertures comprises. ⚠️ Le désert perd vingt degrés à la tombée du jour — il gèle en janvier, et les nuits d'avril descendent à 5 °C.
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      Il s'agit simplement d'un matelas sorti de la tente et posé sur le sable, avec des couvertures, à l'écart des lumières du camp. C'est l'un des ciels les plus noirs du Proche-Orient : aucune ville à portée, aucune pollution lumineuse, et la Voie lactée se lit à l'œil nu comme une bande continue. Les satellites traversent le champ toutes les quelques minutes.

      Le silence est l'autre élément, et il surprend davantage que le ciel : il n'y a ni insecte, ni feuillage, ni eau, donc littéralement aucun son une fois le camp endormi. Certains le trouvent oppressant.

      ⚠️ Le désert perd une vingtaine de degrés à la tombée du jour, en toute saison. Les nuits de printemps descendent près de zéro, et il gèle en janvier — ce qui est incompatible avec les vêtements qu'on emporte pour la mer Rouge ou pour Petra en journée. Une veste chaude, un bonnet et des chaussettes ne sont pas superflus, et les couvertures fournies ne suffisent pas toujours. Le vent de sable est l'autre aléa : il se lève sans prévenir et renvoie tout le monde sous la tente.

      détente
      16 €

    48 € hébergement · 30 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Camp bédouin avec tente privative, 95 € la nuit.

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Le budget de ces 10 jours

1 157 € par personne pour 10 jours, soit 116 € / jour. À deux, 2 314 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement468 €40 %
Repas326 €28 %
Transport sur place172 €15 %
Billets de train et de bus47 €4 %
Activités144 €12 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
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