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Itinéraire Jordanie : les 8 étapes possibles et le budget

Amman, Jerash, la mer Morte, Madaba, Dana, Petra, le Wadi Rum, Aqaba. Cités romaines, façades nabatéennes, désert rouge et récifs.

3–8
étapes, selon ta durée
42 €
par jour et par personne, dès
mars → mai, sept → nov
meilleure période
44
activités, dont 35 gratuites

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris. Les prix d'hébergement supposent une chambre partagée à deux : à plusieurs, le coût par tête baisse.

Carte du parcours en 8 étapes : Amman, Jerash et Ajloun, Mer Morte, Madaba et mont Nébo, Dana, Petra, Wadi Rum, Aqaba
L'itinéraire complet, en 8 étapes. Ton itinéraire en retiendra une partie selon ta durée et ton rythme — les grandes pastilles sont celles qu'un séjour court garde en priorité. Le tracé relie les étapes, il ne suit pas les routes. Fond de carte © OpenStreetMap contributors, © CARTO.

Le parcours étape par étape

Les étapes sont présentées dans l'ordre conseillé, celui qui limite les allers-retours. Le générateur en retiendra plus ou moins selon ta durée, ton budget et ton style.

  1. Amman, Jordanie

    1. Amman

    Dix-neuf collines blanches, et un théâtre romain dedans

    Une capitale étalée sur dix-neuf collines blanches, où l'on ne marche pas d'un quartier à l'autre — tout est en pente et en taxi. La citadelle et le théâtre romain sont au centre, dans le vieux quartier d'Al-Balad, le seul qui se parcoure à pied. C'est le point d'arrivée et de départ du parcours.

    En savoir plus sur Amman

    Amman est étalée sur dix-neuf collines de calcaire blanc, et cette topographie décide de tout : les quartiers sont séparés par des vallées, les rues montent en lacets, et l'on ne passe pas de l'un à l'autre à pied. Le taxi, très bon marché, est le moyen normal de circuler ; les applications de transport y fonctionnent et évitent la négociation du prix.

    Un seul quartier se parcourt vraiment à pied : Al-Balad, le centre-ville historique au fond de la cuvette, avec son souk, ses cafés, ses vendeurs de jus et sa vie de rue. Au-dessus, la citadelle domine la ville et superpose les époques — un temple d'Hercule romain, un palais omeyyade, une église byzantine — avec la meilleure vue sur l'ensemble. Le théâtre romain, taillé dans la pente en contrebas, contient six mille places et sert encore.

    Amman est le point d'arrivée et de départ du parcours plus qu'une destination en soi. Elle mérite néanmoins une journée pleine, notamment pour Jabal al-Weibdeh et la rue Rainbow, quartiers de galeries et de cafés qui donnent un tout autre visage du pays. ⚠️ La knafeh, dessert au fromage fondu et cheveux d'ange arrosé de sirop, se mange chaude et debout dans Al-Balad ; elle se vend au poids et une portion suffit largement pour deux.

    À table

    • Mansaf — l'agneau cuit dans le jameed, yaourt de brebis séché, servi sur du riz et du pain, mangé de la main droite : le plat national.
    • Falafel et houmous — chez Hashem, dans la rue depuis les années 1950, sur des tables en plastique du centre-ville.
    • Kunafa — le fromage fondu sous une pâte fine orange et un sirop, chez Habibah, la pâtisserie du centre depuis 1951.
    • Shawarma — la viande rôtie à la broche roulée dans un pain fin, au comptoir des kiosques du deuxième cercle.
    • Café arabe — à la cardamome, servi dans une petite tasse sans anse que l'on secoue pour dire qu'on a fini.
    Durée et coût par style de voyage à Amman
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–3 49 € dont 26 € de nuit, 15 € de repas
    Équilibré 2–4 113 € dont 65 € de nuit, 32 € de repas
    Confort + 3–5 230 € dont 140 € de nuit, 60 € de repas

    Que faire à Amman

    • Citadelle d'Amman et temple d'Hercule, Amman, Jordanie
      Citadelle d'Amman et temple d'Hercule La colline habitée sans interruption depuis le néolithique, d'où l'on voit les dix-neuf autres. Trois époques se touchent sur cent mètres : le temple romain d'Hercule et son immense main de pierre posée au sol — tout ce qui reste d'une statue de treize mètres —, une église byzantine et la salle d'audience omeyyade à coupole. Entrée couverte par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      La main de pierre posée au sol près du temple est ce qui frappe le plus, et son échelle donne le vertige : trois doigts subsistent, hauts comme un homme, et l'on en déduit une statue d'une douzaine de mètres qui devait dominer toute la vallée. Rien d'autre n'en a été retrouvé, et l'on ignore si elle a été fondue, brisée par un séisme ou simplement jamais achevée.

      La colline empile les époques sans transition. Le temple romain voisine avec une église byzantine dont il ne reste que les bases de colonnes, et surtout avec le palais omeyyade et sa salle d'audience à coupole, reconstituée dans les années 1990 — cette restauration est discutée, la forme d'origine du toit n'étant pas établie. En dessous, une citerne circulaire taillée dans le roc alimentait l'ensemble.

      Le site est plat une fois en haut, mais l'accès depuis le centre-ville se fait par des escaliers publics très raides ou par un long détour en voiture. Il n'y a aucune ombre sur le plateau. La vue porte sur les collines blanches et sur le théâtre romain juste en dessous — les deux se visitent dans la même demi-journée, la citadelle d'abord pour comprendre la géographie de la ville.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Théâtre romain et place hachémite, Amman, Jordanie
      Théâtre romain et place hachémite Six mille places taillées à flanc de colline au IIe siècle, orientées au nord pour garder les spectateurs à l'ombre toute la journée — un calcul que personne ne fait plus. Deux petits musées du folklore occupent les couloirs sous les gradins. La place en contrebas donne la vue d'ensemble sans billet, et l'entrée figure parmi les sites du Jordan Pass.
      En savoir plus

      L'orientation du théâtre n'est pas un hasard esthétique : il a été creusé dans le versant nord de la colline pour que les gradins restent à l'ombre pendant que la scène, elle, reçoit la lumière. C'était un calcul standard chez les ingénieurs romains, et il fonctionne encore — les rangs hauts sont fraîchement supportables l'après-midi quand la place en contrebas est écrasée de soleil.

      La pente est raide et les gradins hauts, sans main courante : la montée jusqu'au dernier rang décourage beaucoup de visiteurs, et c'est pourtant de là que l'acoustique se vérifie — une voix normale émise au centre de l'orchestre s'entend distinctement en haut. Deux petits musées, l'un du folklore, l'autre des traditions populaires, occupent les salles voûtées sous les gradins et sont compris dans l'entrée.

      La place hachémite, devant, est le lieu de rendez-vous d'Amman en fin de journée : familles, vendeurs de café à la cardamome versé d'une cafetière portée en bandoulière, et une vue sur l'ensemble du théâtre qui ne demande aucun billet. L'odéon voisin, beaucoup plus petit, servait aux concerts et aux réunions ; il est souvent fermé.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Al-Balad, le centre-ville et son souk, Amman, Jordanie
      Al-Balad, le centre-ville et son souk Le fond de vallée où Amman a commencé, entre la mosquée al-Husseini et le souk aux épices : marchands de graines de courge grillées, tailleurs, or au poids et carrioles de légumes. C'est la seule partie plate de la ville — tout le reste se monte, et les escaliers publics entre les collines sont des rues à part entière.
      En savoir plus

      Al-Balad occupe le fond du wadi où Amman a commencé, et c'est la seule partie plate de la ville : tout le reste grimpe sur les dix-neuf collines, reliées par des escaliers publics qui portent des noms de rue et figurent sur les plans. Certains comptent plusieurs centaines de marches et raccourcissent des trajets qu'une voiture met vingt minutes à faire.

      Le souk s'organise par spécialités successives — les graines et les fruits secs grillés devant vous, les épices au poids, les tailleurs, puis la rue de l'or où le métal se vend au gramme selon le cours du jour affiché en vitrine, la façon n'étant qu'un supplément. C'est un commerce local et non un souk à visiteurs : on n'y est presque pas sollicité.

      La mosquée al-Husseini, au centre, a été rebâtie dans les années 1920 sur les fondations d'une mosquée omeyyade beaucoup plus ancienne. Elle marque le cœur du quartier et sert de repère quand on se perd. Le quartier s'anime surtout en fin de journée et le vendredi après la grande prière ; beaucoup de commerces ferment quelques heures ce jour-là, et le rythme de la semaine court du dimanche au jeudi.

      marché
      Gratuit 3 h
    • Rue Rainbow et Jabal Amman, Amman, Jordanie
      Rue Rainbow et Jabal Amman La crête de la première colline lotie de la ville, bordée de villas des années 1920 en pierre blanche devenues cafés et librairies. Le marché artisanal de Souk Jara s'y installe le vendredi d'été. En bas, l'escalier de Kalha redescend vers le centre — deux cents marches et le meilleur raccourci de la ville.
      En savoir plus

      Jabal Amman a été la première colline lotie de la ville moderne, dans les années 1920, quand Amman n'était qu'un gros village circassien choisi comme capitale d'un émirat naissant. Les villas de pierre blanche qui bordent la crête datent de cette période, et beaucoup portent encore le nom de la famille qui les a bâties ; plusieurs sont devenues cafés, librairies ou galeries sans être défigurées.

      La pierre est d'ailleurs une obligation : un règlement municipal impose que les façades d'Amman soient revêtues de calcaire local, ce qui donne à la ville entière son unité blanche et beige — une des rares capitales au monde à imposer un matériau.

      L'escalier de Kalha redescend de la rue Rainbow vers Al-Balad par environ deux cents marches, et c'est le meilleur raccourci de la ville : il évite un détour considérable en voiture et traverse un quartier résidentiel qu'on ne voit pas autrement. Le marché artisanal de Souk Jara s'installe le vendredi pendant les mois d'été, sur une rue en pente parallèle ; il est plus vivant en fin d'après-midi, quand la chaleur tombe.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Knafeh et cuisine de rue d'Al-Balad, Amman, Jordanie
      Knafeh et cuisine de rue d'Al-Balad Le knafeh nabulsi — fromage fondu sous des cheveux de pâte orange et du sirop — se mange debout, au comptoir, à toute heure, et coûte moins d'un dinar la part. Autour, le falafel, le hummus au beurre fondu et le mansaf, plat national à l'agneau et au yaourt de brebis séché, qui ne se sert traditionnellement qu'aux invités.
      En savoir plus

      Le knafeh nabulsi se prépare dans une plaque immense qu'on remplit le matin et qu'on entame au couteau au fur et à mesure : une couche de fromage frais non salé, une couche de cheveux de pâte colorés en orange, du sirop versé chaud, et l'on sert la part retournée pour que le fromage soit dessus, filant. Il se mange debout, brûlant, et il n'attend pas — emporté, il se fige et perd tout.

      Le hummus se commande ici en plat et non en accompagnement, tiède, avec un puits d'huile d'olive au centre ou du beurre fondu, et l'on sauce au pain plat sorti du four. Le falafel jordanien est plus petit et plus vert que ses versions occidentales, frit à la commande.

      Le mansaf est le plat national et il obéit à des règles : agneau cuit dans du jameed, un yaourt de brebis séché en boules puis reconstitué, servi sur du riz et du pain, dans un grand plat commun où l'on mange traditionnellement de la main droite, debout. C'est un plat d'hospitalité, servi aux invités et aux occasions, et beaucoup de restaurants ne le proposent que certains jours — le vendredi souvent.

      marché
      Gratuit 1 h 30
    • Darat al Funun et le quartier de Jabal al-Weibdeh, Amman, Jordanie
      Darat al Funun et le quartier de Jabal al-Weibdeh Une fondation d'art arabe installée dans trois maisons des années 1920 étagées sur la colline, avec un jardin en terrasses bâti sur les ruines d'une église byzantine du VIe siècle. Entrée libre, café dans le jardin, et la meilleure vue sur la citadelle d'en face. Le quartier autour est celui des galeries et des libraires.
      En savoir plus

      Darat al Funun occupe trois maisons des années 1920 étagées sur le flanc de la colline, reliées par des jardins en terrasses, et l'une d'elles a hébergé l'officier britannique Frederick Peake, fondateur de la Légion arabe. L'ensemble a été restauré pour devenir une fondation consacrée à l'art arabe contemporain, avec des expositions, une bibliothèque et des ateliers d'artistes.

      Le jardin en terrasses est bâti autour des ruines d'une église byzantine du VIe siècle, dégagées lors des travaux et laissées apparentes : on prend son café assis à côté d'une abside. La vue porte de l'autre côté du wadi, sur la citadelle en face, et c'est l'un des meilleurs points de vue de la ville sans rien payer.

      Jabal al-Weibdeh, autour, est le quartier des galeries, des libraires et des cafés indépendants, avec un tissu de rues calmes et de escaliers ombragés qui n'a rien de la densité d'Al-Balad. C'est aussi l'un des rares quartiers d'Amman où l'on marche volontiers d'un point à un autre. Une part de la population arménienne et chrétienne de la ville y vit, ce qui explique les églises visibles depuis les rues.

      culture
      Gratuit 1 h 30

    En option — non compris dans le budget de cette étape

    Où dormir à Amman

    • Appartement en pierre à Al-Weibdeh appartement premium 180 € / nuit
    • Hôtel de charme rue Rainbow hotel premium 165 € / nuit
    • Hôtel à Jabal Amman hotel confort 78 € / nuit
    • Lit en dortoir au centre-ville auberge routard 17 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Jabal al-Weibdeh habitant routard 40 € / nuit
  2. Jerash et Ajloun, Jordanie

    2. Jerash et Ajloun

    La ville romaine la plus entière hors d'Italie

    La cité romaine la mieux conservée hors d'Italie : une rue à colonnades de huit cents mètres, deux théâtres et une place ovale unique dans le monde romain. ⚠️ Il n'y a aucune ombre — venir tôt ou en fin de journée. Ajloun, à quarante minutes, est une forteresse ayyoubide bâtie contre les croisés.

    En savoir plus sur Jerash et Ajloun

    Jerash est la cité romaine la mieux conservée hors d'Italie, et l'échelle surprend : ce n'est pas un site de fondations mais une ville debout. Une rue à colonnades de huit cents mètres la traverse, avec ses ornières de chars encore visibles dans le dallage, deux théâtres, des temples, des thermes et une place ovale entourée d'une colonnade — un plan unique dans le monde romain, dont on ne connaît pas d'équivalent.

    Elle a été ensevelie par un séisme au VIIIᵉ siècle puis abandonnée, ce qui l'a protégée jusqu'aux fouilles du XXᵉ. On la parcourt en deux à trois heures. ⚠️ Il n'y a strictement aucune ombre sur le site, sur de la pierre claire qui réverbère : en été, la visite de milieu de journée est éprouvante. On y va à l'ouverture ou en fin d'après-midi, avec de l'eau et un couvre-chef.

    La région autour vaut le détour et allège la journée. Le château d'Ajloun, à quarante minutes, est une forteresse ayyoubide bâtie par un neveu de Saladin face aux places croisées, avec une vue sur toute la vallée du Jourdain. Umm Qais, plus au nord, domine le lac de Tibériade et le plateau du Golan depuis ses ruines gréco-romaines — c'est le seul endroit du pays d'où l'on embrasse trois frontières. Les collines d'oliviers d'Orjan et Rasoun offrent des sentiers et des tables d'hôtes.

    À table

    • Musakhan — le poulet au sumac et aux oignons confits sur un pain taboun imbibé d'huile d'olive, plat du nord du pays.
    • Huile d'olive d'Ajloun — les oliviers des collines ont plusieurs siècles, l'huile se vend au pressoir à l'automne.
    • Petit-déjeuner au labneh — yaourt égoutté, za'atar, olives et pain chaud, dans les cafés de Jerash avant les ruines.
    • Ka'ak — les anneaux de pain au sésame vendus dans le souk, avec un œuf dur et du za'atar.
    Durée et coût par style de voyage à Jerash et Ajloun
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 44 € dont 22 € de nuit, 13 € de repas
    Équilibré 2–2 100 € dont 55 € de nuit, 27 € de repas
    Confort + 3–3 202 € dont 118 € de nuit, 52 € de repas

    Que faire à Jerash et Ajloun

    • Cité romaine de Jerash, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Cité romaine de Jerash Gerasa a été ensevelie par un séisme en 749 et redécouverte en 1806 : c'est ce qui l'a conservée entière. Une place ovale bordée de cinquante-six colonnes ioniques, un cardo pavé où les ornières des chars sont encore visibles dans la pierre, deux théâtres et un temple d'Artémis dont les colonnes oscillent au vent — on glisse une cuillère dans un joint et on la voit bouger. Couverte par le Jordan Pass (12 JOD sinon).
      En savoir plus

      La place ovale est le trait unique du site : aucune autre ville romaine connue n'a de forum de cette forme, et l'on ignore pourquoi les architectes de Gerasa l'ont adoptée — l'hypothèse la plus courante est qu'il fallait raccorder un cardo rectiligne à un sanctuaire déjà en place, avec un décalage d'angle qu'une place elliptique permet de rattraper sans que cela se voie.

      Le cardo garde ses dalles d'origine et l'on y suit les ornières creusées par les chars, ainsi que les regards des égouts qui couraient dessous. Au temple d'Artémis, les tambours des colonnes reposent sur des joints de plomb qui absorbaient les secousses sismiques : l'ensemble oscille perceptiblement au vent, et l'on glisse une cuillère ou une carte dans un joint pour la voir bouger — les gardiens le montrent volontiers.

      Le site est immense et entièrement à découvert. Il n'y a pratiquement aucune ombre entre la porte sud et le temple, et la pierre claire réverbère : la visite se fait tôt le matin ou en fin d'après-midi, avec de l'eau. Compter deux à trois heures pour l'essentiel. Le théâtre sud voit régulièrement des joueurs de cornemuse en uniforme — héritage direct de l'encadrement britannique de la Légion arabe.

      culture
      Gratuit 4 h
    • Château d'Ajloun, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Château d'Ajloun Qal'at ar-Rabad, bâtie en 1184 par un général de Saladin, non pas pour attaquer les croisés mais pour surveiller les mines de fer et tenir la vallée du Jourdain face à leurs propres forteresses. C'est l'un des rares châteaux de la région qui ne soit pas croisé. Par temps clair, on voit le Jourdain et les hauteurs de Cisjordanie. Couvert par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Qal'at ar-Rabad n'est pas un château croisé, et c'est ce qui le rend intéressant : il a été bâti par les musulmans contre les croisés, et non l'inverse. Son commanditaire, un neveu de Saladin, l'a élevé pour verrouiller les vallées qui descendent vers le Jourdain, protéger les mines de fer de la région et faire face aux forteresses franques installées de l'autre côté.

      Il appartenait à un réseau de communication par signaux de feu qui, de tour en tour, transmettait un message du Levant jusqu'au Caire en une nuit — un système remarquablement rapide pour l'époque, dont Ajloun était l'un des relais. Les salles voûtées, les meurtrières en entonnoir et les citernes se visitent librement, et l'ensemble est peu fréquenté comparé à Jerash.

      La vue depuis les terrasses porte sur la vallée du Jourdain, les hauteurs de Cisjordanie et, par temps très clair, jusqu'au lac de Tibériade. La colline sur laquelle il est posé est couverte de pins et de chênes, ce qui surprend en Jordanie ; on peut monter à pied depuis le village par un sentier, ou en voiture jusqu'au parking, d'où il reste une courte montée.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Umm Qais et la vue sur le lac de Tibériade, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Umm Qais et la vue sur le lac de Tibériade L'antique Gadara, bâtie en basalte noir et non en calcaire blanc, avec un village ottoman posé par-dessus les ruines au XIXe siècle. De la terrasse, on voit d'un seul regard le lac de Tibériade, le plateau du Golan et la vallée du Yarmouk : trois pays dans le même champ. Couverte par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      L'antique Gadara est bâtie en basalte noir, ce qui la distingue immédiatement de Jerash ou d'Amman : la région est volcanique, et les colonnes, les dalles et les gradins du théâtre sont d'un gris presque noir, avec par endroits des placages de calcaire blanc qui produisent un contraste inhabituel dans l'architecture romaine.

      Un village ottoman s'est installé au XIXe siècle directement sur les ruines, en réemployant les pierres antiques dans ses maisons, ses portes et ses murs. Il a été évacué dans les années 1980 pour dégager le site, et l'on circule donc dans deux villes superposées, la plus récente ayant été bâtie avec la plus ancienne.

      La terrasse ouest donne le panorama qui justifie le détour : le lac de Tibériade en bas à droite, le plateau du Golan en face, la vallée du Yarmouk qui sert de frontière juste en contrebas. Trois territoires dans le même regard, à une distance qui rend la géographie du conflit régional immédiatement lisible. Gadara était par ailleurs une ville de philosophes grecs et l'un des lieux où les Évangiles situent un miracle — celui des porcs précipités dans le lac.

      culture
      Gratuit 3 h
    • Collines d'oliviers d'Ajloun, Orjan et Rasoun, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Collines d'oliviers d'Ajloun, Orjan et Rasoun Le nord de la Jordanie est vert, ce que personne n'attend d'un pays de désert : chênes, pins d'Alep, oliviers et caroubiers sur des collines à 1 000 m. Les villages d'Orjan et de Rasoun vivent de la récolte des olives en octobre et du savon qu'on en tire. Les sentiers entre les deux sont libres et non balisés.
      En savoir plus

      Le nord de la Jordanie contredit tout ce qu'on attend du pays : les collines d'Ajloun montent à mille mètres, reçoivent assez de pluie pour porter des chênes, des pins d'Alep, des caroubiers et des pistachiers sauvages, et il y neige certains hivers. C'est le vestige d'une forêt méditerranéenne qui couvrait autrefois une part bien plus large de la région.

      Orjan et Rasoun vivent de l'olive, récoltée en octobre et novembre à la main et au bâton, sur des arbres dont certains sont très anciens. Des coopératives villageoises, souvent féminines, transforment sur place : huile, savon d'olive coulé en plaques puis découpé, confitures de figue et de grenade. On peut acheter directement, et c'est l'un des rares endroits du parcours où la dépense va entièrement au village.

      Les sentiers entre les deux villages ne sont pas balisés au sens européen : ce sont des chemins agricoles et des passages de bergers, et l'on marche à vue ou avec un guide local, que les maisons d'hôtes organisent. Le Jordan Trail, sentier de grande randonnée qui traverse le pays du nord au sud, passe par ici — c'est sa portion la plus verte, et la seule qui ne ressemble pas au désert.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Le souk et les fours à pain de Jerash, Jerash et Ajloun, Jordanie
      Le souk et les fours à pain de Jerash La ville moderne est à deux cents mètres des ruines et personne n'y va. On y achète le pain plat sorti du taboon toutes les dix minutes, les olives de la récolte d'Ajloun et le labneh roulé en boules dans l'huile. C'est aussi là qu'on mange pour trois fois moins cher que sur le parking du site archéologique.
      En savoir plus

      La ville moderne commence à deux cents mètres de la porte sud du site archéologique, et pratiquement aucun visiteur n'y met les pieds : on arrive en car, on visite, on repart, et l'on déjeune au restaurant du parking. Traverser la rue change complètement la journée.

      Le taboon est un four à sole de galets chauffés, dans lequel le pain cuit en quelques minutes et ressort marqué d'empreintes rondes ; il sort par fournées toutes les dix minutes et se vend au poids, encore brûlant. On l'achète en même temps que le labneh — un yaourt égoutté roulé en boules et conservé sous l'huile — et les olives de la récolte des collines voisines.

      Le souk est celui d'une ville de province, sans étal à souvenirs : légumes, fromages, épices au poids, et des marchands de graines grillées. Les prix n'ont rien à voir avec ceux du site, et l'on compose facilement un déjeuner à emporter pour une fraction de l'addition d'un restaurant. La ville compte par ailleurs une population d'origine circassienne installée au XIXe siècle, comme plusieurs bourgs du nord jordanien.

      marché
      Gratuit 1 h 30

    Où dormir à Jerash et Ajloun

    • Maison de village restaurée à Rasoun appartement premium 145 € / nuit
    • Maison d'hôtes dans les forêts d'Ajloun hotel premium 130 € / nuit
    • Hôtel près du site de Jerash hotel confort 68 € / nuit
    • Chambre simple à Jerash auberge routard 16 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Orjan habitant routard 38 € / nuit
  3. Mer Morte, Jordanie

    3. Mer Morte

    Quatre cent trente mètres sous le niveau de la mer

    Le point le plus bas de la Terre, à quatre cent trente mètres sous le niveau de la mer, où l'on flotte sans effort dans une eau dix fois plus salée que l'océan. ⚠️ Ne pas s'y raser avant, ne pas mettre la tête sous l'eau, rincer après — le sel brûle. Le Siq Trail du Wadi Mujib se remonte dans l'eau, et ferme du 1er novembre au 31 mars.

    En savoir plus sur Mer Morte

    La mer Morte est le point le plus bas de la surface terrestre, à environ quatre cent trente mètres sous le niveau de la mer, et l'on sent la descente : la pression augmente, l'air s'épaissit, la température monte de plusieurs degrés par rapport à Amman. Sa salinité, près de dix fois celle de l'océan, rend l'eau si dense qu'on y flotte sans le moindre effort — on ne nage pas, on repose dessus.

    ⚠️ Cette eau est corrosive et les règles ne sont pas des précautions de confort. Ne pas se raser ni s'épiler dans les vingt-quatre heures qui précèdent, sous peine de brûlure immédiate. Ne jamais mettre la tête sous l'eau : le sel dans les yeux est extrêmement douloureux et une gorgée avalée provoque des troubles sérieux. Ne pas rester plus d'un quart d'heure, et rincer abondamment à l'eau douce ensuite. Les plages d'hôtels et les plages publiques payantes fournissent douches et boue noire.

    ⚠️ Le niveau baisse d'environ un mètre par an, en raison des prélèvements sur le Jourdain, et le rivage recule : des installations construites au bord se retrouvent aujourd'hui à des centaines de mètres. Le Siq Trail du Wadi Mujib, canyon qu'on remonte dans l'eau contre le courant, est l'une des plus belles randonnées du pays, mais il ne fonctionne que du 1ᵉʳ avril au 31 octobre — fermé le reste de l'année pour risque de crue soudaine.

    À table

    • Mezzés — houmous, moutabal, taboulé et fattoush, la table du soir dans les hôtels de la rive.
    • Maqluba — le riz, les aubergines et le poulet cuits en couches et retournés d'un coup devant les convives.
    • Limonana — la citronnade à la menthe pilée, glacée, sous les 40 degrés du bord de mer.
    • Kunafa — le dessert au fromage et au sirop de fleur d'oranger, au buffet du dîner.
    Durée et coût par style de voyage à Mer Morte
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 75 € dont 45 € de nuit, 20 € de repas
    Équilibré 2–2 163 € dont 105 € de nuit, 40 € de repas
    Confort + 3–3 337 € dont 230 € de nuit, 75 € de repas

    Que faire à Mer Morte

    • Panorama du canyon du Mujib depuis la route des Rois, Mer Morte, Jordanie
      Panorama du canyon du Mujib depuis la route des Rois La route des Rois plonge de 900 m dans le canyon puis remonte autant en face : quarante minutes de lacets pour dix kilomètres à vol d'oiseau. Le belvédère du barrage donne l'entaille entière, qu'on a longtemps appelée le Grand Canyon de Jordanie. Libre d'accès, et c'est le seul endroit d'où l'on comprend l'échelle.
      En savoir plus

      La route des Rois est l'une des plus anciennes voies de communication du monde, mentionnée dans la Bible, et elle traverse le Mujib de la seule façon possible : en descendant neuf cents mètres au fond du canyon puis en remontant autant en face. Quarante minutes de lacets pour parcourir dix kilomètres à vol d'oiseau, avec des virages en épingle où les autocars manœuvrent en plusieurs fois.

      Le belvédère aménagé au-dessus du barrage donne l'entaille entière d'un seul regard, et c'est le seul endroit d'où l'on saisit l'échelle du dispositif — le fond du canyon, la retenue, et les deux versants qui montent en gradins de grès rouge. La comparaison avec le Grand Canyon est ancienne et exagérée, mais la profondeur relative impressionne.

      L'itinéraire par la route des Rois double à peu près le temps de trajet par rapport à l'autoroute du désert, qui file plus à l'est en ligne droite. C'est un choix à faire consciemment : la route des Rois est le voyage, l'autoroute est le raccourci. Elle dessert au passage Madaba, le mont Nébo, Karak et Dana, ce qui la rend cohérente avec l'ensemble du parcours.

      nature
      Gratuit 1 h
    • Coucher de soleil sur le rivage salé, Mer Morte, Jordanie
      Coucher de soleil sur le rivage salé Le soleil tombe derrière les collines de Cisjordanie, en face, et le sel cristallisé sur les cailloux du bord vire au rose une demi-heure durant. ⚠️ Le niveau baisse d'environ un mètre par an : les pontons construits il y a vingt ans sont aujourd'hui à des centaines de mètres de l'eau, et c'est visible à l'œil nu.
      En savoir plus

      Le soleil se couche derrière les collines de Cisjordanie, de l'autre côté de la mer, à une trentaine de kilomètres seulement — la rive d'en face est parfaitement visible toute la journée, ce qui rend la géographie du lieu immédiate. La lumière rasante fait virer au rose les concrétions de sel qui recouvrent les cailloux du bord, cristallisées en formes hérissées.

      Le recul de l'eau est l'autre spectacle, moins réjouissant. Le niveau baisse d'environ un mètre par an, principalement parce que le Jourdain qui l'alimente est prélevé en amont pour l'irrigation et l'eau potable, et parce que les usines chimiques des deux rives évaporent l'eau du bassin sud. Des pontons et des escaliers construits il y a vingt ou trente ans se trouvent aujourd'hui à des centaines de mètres du rivage, en plein sec : on les voit depuis la route.

      Le retrait produit aussi des dolines — des effondrements soudains du sol, là où les nappes d'eau douce dissolvent les couches de sel laissées à découvert. Elles se comptent par milliers du côté israélien et se multiplient ici aussi ; c'est la raison pour laquelle on n'accède pas au rivage n'importe où et l'on reste sur les plages aménagées.

      détente
      Gratuit 1 h 30
    • Baignade et boue noire à O Beach, Mer Morte, Jordanie
      Baignade et boue noire à O Beach Trente-quatre pour cent de sel : on flotte sans effort et on ne peut littéralement pas couler. La boue noire du rivage s'étale, sèche vingt minutes, puis se rince à l'eau douce de la plage. ⚠️ Ne pas se raser le matin, ne pas mettre la tête sous l'eau — une goutte dans l'œil brûle un quart d'heure — et pas plus de quinze minutes d'affilée. 20 JOD par adulte, gratuit avant 12 ans, serviette comprise.
      En savoir plus

      On ne nage pas dans la mer Morte, on y repose : la densité est telle que le corps remonte de lui-même, et il est physiquement difficile de se mettre debout — les jambes remontent. Le geste naturel est de s'allonger sur le dos, bras écartés, et de ne plus rien faire. Se mettre sur le ventre est une mauvaise idée, on se retourne mal et le visage finit dans l'eau.

      La boue noire du rivage est chargée en minéraux et s'étale sur tout le corps sauf le visage ; elle sèche en une vingtaine de minutes, tire la peau, et se rince ensuite à l'eau douce. C'est l'usage local, et la même boue conditionnée constitue l'essentiel de l'industrie cosmétique des deux rives.

      Les précautions ne sont pas des conseils de confort. Une coupure ou une zone rasée le matin brûle immédiatement et violemment. Une goutte dans l'œil provoque une douleur intense qui dure ; une gorgée avalée peut être sérieuse. Les douches d'eau douce sont donc l'équipement essentiel d'une plage, et il faut vérifier qu'elles fonctionnent avant d'entrer. On ne reste pas plus d'un quart d'heure d'affilée, et les lunettes de vue se laissent au bord.

      détente
      26 € 3 h
    • Siq Trail du Wadi Mujib, Mer Morte, Jordanie
      Siq Trail du Wadi Mujib On remonte une gorge dans l'eau, entre des parois de grès rouge qui se resserrent à un mètre, avec des cordes fixes pour franchir les cascades. Deux à trois heures, en parcours libre, gilet fourni. ⛔ Ouvert du 1er avril au 31 octobre seulement — fermé tout l'hiver — et fermé en plus après une pluie ou une montée des eaux, décision prise le matin même. 23 JOD, grille RSCN 2026, à part du Jordan Pass.
      En savoir plus

      Le Wadi Mujib se jette dans la mer Morte au point le plus bas de la terre ferme, et la réserve qui l'entoure est la plus basse du monde. Le Siq Trail en remonte la gorge à contre-courant : on marche dans l'eau, entre des parois de grès rouge qui se resserrent jusqu'à un mètre par endroits, et l'on franchit des cascades à l'aide de cordes fixes et d'échelles.

      C'est un parcours libre, sans guide, avec gilet de flottaison obligatoire fourni à l'entrée. Le niveau d'eau et la force du courant varient d'un jour à l'autre : par moments on a de l'eau aux chevilles, par moments il faut nager quelques mètres. De vraies chaussures fermées qui tiennent au pied sont nécessaires — les tongs se perdent au premier passage.

      La fermeture hivernale n'est pas administrative mais physique : hors saison, la gorge se remplit et devient un couloir de crue. Même pendant la période d'ouverture, le parcours ferme après une pluie ou quand une montée des eaux est prévue, et la décision se prend le matin même — un déplacement peut donc être perdu. Rien de ce qu'on emporte ne reste sec ; téléphone et papiers se laissent dans les casiers de l'entrée.

      nature
      30 € 3 h

    Où dormir à Mer Morte

    • Appartement en résidence sur la rive appartement premium 285 € / nuit
    • Complexe avec piscines et spa hotel premium 260 € / nuit
    • Hôtel avec accès à la plage hotel confort 135 € / nuit
    • Chambre modeste à Sweimeh auberge routard 45 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant vers Rama habitant routard 60 € / nuit
  4. Madaba et mont Nébo, Jordanie

    4. Madaba et mont Nébo

    La plus vieille carte de Terre sainte, par terre

    Une petite ville chrétienne dont l'église Saint-Georges abrite au sol la plus ancienne carte de Terre sainte, une mosaïque du VIᵉ siècle. Le mont Nébo, à dix minutes, est d'où Moïse aurait vu la Terre promise sans y entrer — la vue porte jusqu'à Jéricho et, par temps clair, Jérusalem.

    En savoir plus sur Madaba et mont Nébo

    Madaba est une petite ville à majorité chrétienne, ce qui est rare en Jordanie et se voit à ses clochers, et elle détient un objet unique : au sol de l'église Saint-Georges, une mosaïque du VIᵉ siècle représente la Terre sainte de la Syrie au delta du Nil, avec Jérusalem au centre, ses portes, son cardo et le Saint-Sépulcre. C'est la plus ancienne carte connue de la région, et elle a servi aux archéologues pour localiser des sites disparus.

    Elle ne subsiste qu'aux deux tiers et se regarde par terre, ce qui déroute — il faut prendre le temps de repérer les légendes en grec et les vignettes de villes. Toute la ville est d'ailleurs une ville de mosaïques, avec un parc archéologique, une école de restauration et des ateliers qui perpétuent la technique.

    Le mont Nébo, à dix minutes de route, est le lieu d'où Moïse aurait vu la Terre promise sans y entrer, et où la tradition situe sa mort. La vue porte sur la vallée du Jourdain, la mer Morte et Jéricho ; par temps très clair, on distingue les hauteurs de Jérusalem. Un mémorial franciscain abrite d'autres mosaïques remarquables. ⚠️ Madaba est à trente minutes de l'aéroport d'Amman et constitue souvent une meilleure première ou dernière nuit que la capitale — plus calme, moins chère, et sur la route du sud.

    À table

    • Galayet bandora — les tomates sautées à l'ail et à l'huile d'olive dans une poêle, à saucer avec du pain.
    • Maqluba — le plat « renversé » de riz, légumes et viande, spécialité des restaurants familiaux de la ville.
    • Kubbeh — les boulettes de boulgour farcies de viande et de pignons, frites, à l'apéritif ou en entrée.
    • Pain saj — la galette fine cuite sur le dôme en fonte, roulée avec du fromage ou du za'atar dans les boulangeries du souk.
    Durée et coût par style de voyage à Madaba et mont Nébo
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 42 € dont 21 € de nuit, 13 € de repas
    Équilibré 2–2 93 € dont 52 € de nuit, 26 € de repas
    Confort + 3–3 188 € dont 112 € de nuit, 48 € de repas

    Que faire à Madaba et mont Nébo

    • Carte-mosaïque de Madaba, à l'église Saint-Georges, Madaba et mont Nébo, Jordanie
      Carte-mosaïque de Madaba, à l'église Saint-Georges Une mosaïque de sol du VIe siècle, deux millions de tesselles, qui est la plus ancienne carte de la Terre sainte parvenue jusqu'à nous — Jérusalem y figure avec son cardo et le Saint-Sépulcre, et c'est elle qui a permis aux archéologues de retrouver l'église Nea. ⚠️ Saint-Georges est une paroisse grecque orthodoxe en activité, pas un site d'État : son obole ne figure pas dans le Jordan Pass, se règle sur place, et l'église ferme pendant les offices — dimanche matin compris.
      En savoir plus

      La carte a été découverte en 1884 lors de la construction d'une église orthodoxe sur les ruines d'un édifice byzantin, et elle était déjà très abîmée : il en subsiste environ un quart. Ce qui reste couvre la Terre sainte de la côte phénicienne au delta du Nil, avec les villes, les routes, les églises et même des poissons dans le Jourdain, dont l'un fait demi-tour à l'approche de la mer Morte, trop salée pour lui.

      Elle est orientée à l'est et non au nord, et Jérusalem y figure en vue oblique, agrandie, avec ses remparts, ses portes et surtout son cardo bordé de colonnes. C'est cette représentation qui a permis aux archéologues de localiser puis de fouiller la rue principale de la Jérusalem byzantine et l'église Nea, dont on ignorait l'emplacement.

      Il faut se souvenir d'où l'on regarde : c'est un pavement, et l'on marche autour, en se penchant. Les tesselles sont minuscules et les légendes en grec. ⚠️ Saint-Georges est une paroisse en activité et non un musée : elle ferme pendant les offices, dimanche matin compris, et l'on entre en silence, épaules couvertes, pendant que des fidèles prient à quelques mètres.

      culture
      Gratuit 1 h
    • Mont Nébo, Madaba et mont Nébo, Jordanie
      Mont Nébo Le sommet d'où Moïse a vu la Terre promise avant d'y mourir, selon le Deutéronome. L'église-mémorial abrite un pavement du VIe siècle aux scènes de chasse intactes, et le serpent d'airain en fer forgé se découpe sur le vide. Par temps clair on voit Jéricho, la mer Morte et, à cinquante kilomètres, les tours de Jérusalem. Jean-Paul II est venu en 2000 ; son olivier est près de l'entrée. Couvert par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Le Deutéronome place ici le dernier épisode de la vie de Moïse : monté sur le sommet, il voit le pays promis d'un bout à l'autre puis meurt sans y entrer, et nul ne connaît son tombeau. Le lieu est donc vénéré par les juifs, les chrétiens et les musulmans, et une communauté monastique s'y est installée dès le IVe siècle.

      L'église-mémorial abrite des pavements de mosaïque du VIe siècle d'une fraîcheur remarquable : scènes de chasse, animaux, un chasseur et sa lance, un ours et un lion, dans des couleurs qui n'ont pas bougé. Le bâtiment moderne qui les protège a été achevé récemment après une longue fermeture. Dehors, une sculpture en fer forgé combine le serpent d'airain du désert et la croix, dressée face au vide.

      La vue porte sur la vallée du Jourdain, la mer Morte et Jéricho ; par temps très clair, on distingue les tours de Jérusalem à une cinquantaine de kilomètres, ce qui n'arrive que quelques dizaines de jours par an, surtout après la pluie. La table d'orientation aide à trouver quoi regarder. Jean-Paul II est venu ici en 2000 et l'olivier qu'il a planté est près de l'entrée.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Parc archéologique de Madaba et l'église des Apôtres, Madaba et mont Nébo, Jordanie
      Parc archéologique de Madaba et l'église des Apôtres Madaba a été bâtie sur des mosaïques et l'a découvert en creusant ses fondations au XIXe siècle : le parc en rassemble une dizaine sous abri, dont la salle d'Hippolyte et sa personnification de la Mer entourée de poissons. Le sol romain de la rue passe dessous, à un mètre. Couvert par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Madaba n'a pas découvert ses mosaïques par des fouilles mais en creusant : à la fin du XIXe siècle, des familles chrétiennes venues de Karak se sont installées sur le tell abandonné et ont trouvé des pavements en posant les fondations de leurs maisons. La ville entière repose sur des sols byzantins, et l'on en met encore au jour au hasard des travaux.

      Le parc archéologique rassemble sous abri une dizaine de ces pavements, dont la salle d'Hippolyte, qui illustre une tragédie grecque — Phèdre et Hippolyte — dans une maison chrétienne du VIe siècle, preuve que la culture classique restait vivante. Une personnification de la Mer, femme émergeant des flots entourée de poissons, en occupe le centre. Le sol romain d'une rue passe un mètre en dessous.

      L'église des Apôtres, à quelques rues, conserve un pavement signé — cas rare — par son mosaïste, Salamanios, et une autre personnification de la Mer entourée de poissons et de monstres marins. L'ensemble se visite en une heure et demie et complète la carte de Saint-Georges : on comprend qu'il ne s'agissait pas d'une œuvre isolée mais d'une école locale, dont les descendants travaillent encore en ville.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Ateliers de mosaïque et souk de Madaba, Madaba et mont Nébo, Jordanie
      Ateliers de mosaïque et souk de Madaba La ville forme encore des mosaïstes — c'est le seul endroit du Proche-Orient où le métier ne s'est jamais interrompu — et les ateliers de la rue des Touristes laissent regarder le travail à la pince sans rien vendre. Autour, un souk de ville de province, avec ses tapis de laine du désert et ses marchands d'épices au poids.
      En savoir plus

      Madaba est le seul endroit du Proche-Orient où le métier de mosaïste ne s'est jamais complètement interrompu depuis l'Antiquité, et une école de formation et de restauration y a été créée pour transmettre les gestes : la taille des tesselles à la pince sur un tranchet, le choix des pierres locales pour leurs couleurs naturelles, la pose sur lit de chaux.

      Les ateliers de la rue principale laissent regarder sans vendre, et c'est le meilleur endroit pour comprendre ce qu'on a vu le matin à Saint-Georges : la cadence, la taille réelle d'une tesselle, le temps que représente un mètre carré. Plusieurs emploient des personnes handicapées dans le cadre de programmes de formation.

      Le souk autour est celui d'une ville de province jordanienne, sans spécialisation touristique : tapis de laine tissés par les Bédouines du désert, épices au poids, tissus, et quelques marchands de céramique. Madaba compte une forte population chrétienne, ce qui se voit aux clochers et s'entend au rythme de la semaine — certains commerces ferment le dimanche plutôt que le vendredi, ce qui est rare dans le pays.

      marché
      Gratuit 1 h 30
    • La corniche entre Madaba et la mer Morte, Madaba et mont Nébo, Jordanie
      La corniche entre Madaba et la mer Morte Vingt kilomètres pour perdre mille mètres : la route bascule du plateau céréalier au fond de la faille, avec un panneau planté au niveau de la mer alors qu'on continue à descendre. La végétation change trois fois en un quart d'heure. C'est la plus belle route du parcours, et elle ne coûte rien.
      En savoir plus

      En une vingtaine de kilomètres, la route perd mille mètres : elle part du plateau céréalier, à sept ou huit cents mètres d'altitude, et descend jusqu'à plus de quatre cents mètres sous le niveau de la mer. Un panneau planté à mi-parcours indique le niveau zéro alors qu'on continue à descendre — c'est le seul endroit du parcours où l'on voit matériellement qu'on entre sous la mer.

      La végétation change trois fois en un quart d'heure : blé et oliviers en haut, garrigue épineuse au milieu, puis plus rien qu'une roche nue et blanchie par le sel en bas. La température, elle, monte de dix degrés environ sur le même trajet, et l'air s'épaissit sensiblement — la pression atmosphérique est ici la plus élevée qui existe au niveau du sol.

      La route est bonne, large, et bordée de plusieurs aires d'arrêt d'où l'on voit la mer Morte apparaître d'un coup au détour d'un virage, avec les collines de Cisjordanie derrière. Elle ne coûte rien et constitue à elle seule un des moments du séjour. En sens inverse, la remontée est longue et sollicite les freins ; on croise des camions chargés de sel et de potasse venus des usines du bassin sud.

      nature
      Gratuit 1 h

    Où dormir à Madaba et mont Nébo

    • Appartement en pierre à Madaba appartement premium 138 € / nuit
    • Maison d'hôtes avec terrasse hotel premium 125 € / nuit
    • Hôtel près de l'église Saint-Georges hotel confort 62 € / nuit
    • Auberge du centre de Madaba auberge routard 15 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Madaba habitant routard 35 € / nuit
  5. Dana, Jordanie

    5. Dana

    Un village ottoman au bord de mille mètres de vide

    Un village ottoman en pierre, accroché au bord d'un canyon de mille mètres, dans la plus grande réserve de biosphère du pays. On y vient pour marcher et pour le silence. ⚠️ Le sentier du Wadi Dana descend vers Feynan en cinq heures et ne se remonte pas : il faut organiser le retour à l'avance.

    En savoir plus sur Dana

    Dana est un village ottoman en pierre accroché au bord d'un canyon de mille mètres, à l'entrée de la plus grande réserve de biosphère du pays. Il avait été presque entièrement abandonné dans les années 1980 avant d'être réhabilité autour d'un projet de conservation qui fait vivre les habitants du tourisme et de l'artisanat plutôt que du pâturage intensif.

    La réserve descend de mille cinq cents mètres d'altitude jusqu'au niveau du Wadi Araba, ce qui lui donne quatre zones biogéographiques et une diversité rare — c'est l'un des rares endroits du Moyen-Orient où l'on croise encore des bouquetins de Nubie. On y vient pour marcher et pour le silence, qui est total la nuit.

    ⚠️ Le sentier du Wadi Dana descend vers l'écolodge de Feynan en environ cinq heures, sur quatorze kilomètres et mille mètres de dénivelé négatif. Il ne se remonte pas dans la journée : le retour se prépare à l'avance, en organisant un transfert par la route, qui fait un long détour. Partir sans avoir réglé cette question est l'erreur classique de l'étape. Les châteaux croisés de Karak et de Shobak, sur la route des Rois qui mène ensuite à Petra, s'intercalent naturellement dans le trajet.

    À table

    • Thé à la sauge — le maramiya des collines, infusé dans le thé noir sucré, sur les terrasses du village au coucher du soleil.
    • Pain taboun — cuit sur les galets chauds du four de terre, servi à chaque repas des guesthouses.
    • Mujaddara — les lentilles et le riz aux oignons caramélisés, plat végétarien des maisons d'hôtes de la réserve.
    • Mansaf — préparé par les familles du village pour les hôtes, dans la version bédouine de la vallée.
    Durée et coût par style de voyage à Dana
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 48 € dont 24 € de nuit, 14 € de repas
    Équilibré 2–3 108 € dont 60 € de nuit, 30 € de repas
    Confort + 3–3 212 € dont 128 € de nuit, 52 € de repas

    Que faire à Dana

    • Le village ottoman de Dana, Dana, Jordanie
      Le village ottoman de Dana Soixante-cinq maisons de pierre accrochées à la lèvre du canyon, vidées dans les années 1960 quand l'État a construit un village neuf sur la route. Une quinzaine de familles sont revenues avec la réserve, et les toits en rondins de genévrier ont été refaits à l'ancienne. À 17 h, la lumière prend la falaise d'en face de plein fouet.
      En savoir plus

      Le village compte environ soixante-cinq maisons de pierre sèche accrochées à la lèvre du canyon, orientées plein ouest, certaines vieilles de plusieurs siècles. Il a été presque entièrement abandonné dans les années 1960 quand l'État a construit un village neuf sur la route, avec l'eau courante et l'électricité, et il est resté vide pendant vingt ans.

      La création de la réserve a inversé le mouvement : une quinzaine de familles sont revenues, des maisons ont été restaurées avec leurs toits d'origine — des rondins de genévrier couverts de terre battue — et quelques maisons d'hôtes se sont ouvertes. C'est une réhabilitation lente et partielle : beaucoup de bâtiments restent des ruines, et cela fait partie de ce qu'on voit.

      Le village est posé face au couchant et la lumière de fin de journée prend la falaise d'en face de plein fouet, faisant passer le grès du beige au rouge en une demi-heure. Le silence, une fois les moteurs arrêtés, est total — c'est ce que la plupart des visiteurs retiennent. Les nuits sont fraîches toute l'année à cette altitude, et froides en hiver, ce que les hébergements sommaires ne compensent pas toujours.

      marché
      Gratuit 1 h 30
    • Sentier du Wadi Dana vers Feynan, Dana, Jordanie
      Sentier du Wadi Dana vers Feynan Quatorze kilomètres et mille mètres de descente, des chênaies du plateau aux dunes du Wadi Araba : on traverse en une matinée ce qui sépare la Méditerranée du désert d'Arabie. Le sentier du Jordan Trail passe ici. Compris dans le droit d'entrée de la réserve. ⚠️ Trajet à sens unique — organiser le retour avant de partir, il n'y a pas de route en bas.
      En savoir plus

      Le sentier descend quatorze kilomètres et mille mètres de dénivelé, et il fait traverser en une matinée ce qui sépare habituellement le climat méditerranéen du désert d'Arabie : on part sous les chênes et les genévriers, on passe par une garrigue épineuse, et l'on arrive dans un paysage de sable et de roche nue où la seule végétation est l'acacia. Peu d'endroits au monde comprimen cette transition sur une distance aussi courte.

      Le Jordan Trail, sentier de grande randonnée qui traverse le pays du nord au sud, emprunte cette section, et l'on croise des campements de bédouins Azazmeh qui pâturent dans la réserve selon des accords négociés avec elle.

      ⚠️ Le trajet est à sens unique et ne se remonte pas dans la journée : l'écolodge de Feynan, en bas, n'est desservi que par une piste praticable en véhicule tout-terrain, et le retour vers Dana par la route fait un très long détour. Il se réserve avant de partir, sans exception. La descente est continue et caillouteuse, éprouvante pour les genoux, et il n'y a pas d'eau en chemin. Partir tôt : la gorge devient un four en milieu de journée.

      nature
      Gratuit 6 h
    • Château de Karak, Dana, Jordanie
      Château de Karak Le plus grand château croisé de Jordanie, commencé en 1142, sept étages de galeries voûtées creusées dans le roc — on le visite lampe à la main. Son maître Renaud de Châtillon y précipitait ses prisonniers du haut des murs, la tête enfermée dans un coffre de bois pour qu'ils restent conscients jusqu'en bas. Saladin l'a pris en 1188. Couvert par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Karak est le plus grand château croisé de Jordanie et il ne se visite pas comme une ruine mais comme un souterrain : sept niveaux de galeries voûtées, de salles et de couloirs creusés dans le roc ou bâtis en sous-œuvre, souvent sans éclairage. Une lampe est nécessaire, et l'on descend longtemps sans voir le jour.

      Son seigneur le plus connu, Renaud de Châtillon, a laissé une réputation d'une brutalité exceptionnelle même pour son temps : il pillait les caravanes en violation des trêves, et l'on rapporte qu'il faisait précipiter ses prisonniers du haut des murs, la tête enfermée dans un coffre de bois afin qu'ils restent conscients jusqu'à l'impact. Ses attaques répétées contre les pèlerins ont contribué à déclencher la campagne qui s'est achevée à Hattin ; Saladin l'a exécuté de sa main après la bataille, puis a pris Karak en 1188.

      La forteresse domine la ville moderne de Karak, qui l'entoure, et la vue porte sur la mer Morte et le Wadi Araba. Elle se trouve sur la route des Rois, à mi-chemin entre Madaba et Dana, ce qui en fait un arrêt naturel — compter une heure et demie.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Château de Shobak, Dana, Jordanie
      Château de Shobak Montréal, la première forteresse croisée bâtie à l'est du Jourdain, en 1115, seule sur son cône de rocher au milieu d'un cirque pelé. Un tunnel de trois cent soixante-quinze marches descend dans la colline jusqu'à une source, pour tenir un siège : il se descend encore, avec une lampe et sans rambarde. Couvert par le Jordan Pass, et presque toujours désert.
      En savoir plus

      Shobak, que les croisés appelaient Montréal — le mont royal —, est la première forteresse qu'ils aient bâtie à l'est du Jourdain, en 1115, pour contrôler la route entre Damas et l'Égypte et taxer les caravanes. Elle est posée seule sur un cône de rocher au milieu d'un cirque pelé, sans végétation, ce qui rend sa silhouette visible de très loin.

      Sa curiosité est souterraine : un tunnel de trois cent soixante-quinze marches descend à l'intérieur de la colline jusqu'à une source, pour permettre à la garnison de tenir un siège sans sortir. Il se descend encore, avec une lampe, sans rambarde et sur des marches irrégulières et humides — ce n'est pas pour tout le monde, mais c'est l'un des ouvrages militaires médiévaux les plus impressionnants de la région.

      Le château a beaucoup souffert des séismes et de la carrière qu'on en a faite, et les restaurations sont visibles. Il est en revanche presque toujours désert : les cars filent de Karak à Petra sans s'y arrêter, et l'on peut y passer une heure sans croiser personne. C'est à une demi-heure au nord de Petra, ce qui en fait un arrêt facile en arrivant ou en repartant.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Coucher de soleil sur le Wadi Araba, Dana, Jordanie
      Coucher de soleil sur le Wadi Araba Depuis la lèvre du canyon, le regard porte jusqu'au désert d'Araba et, certains soirs, aux montagnes du Néguev de l'autre côté de la faille. Le soleil se couche dans le vide, sans un obstacle sur cinquante kilomètres, et le vent tombe d'un coup à ce moment-là.
      En savoir plus

      Depuis la lèvre du canyon de Dana, le regard descend d'un seul tenant de mille cinq cents mètres d'altitude jusqu'au fond du Wadi Araba, la dépression qui prolonge la mer Morte vers le sud jusqu'au golfe d'Aqaba. Il n'y a pas un obstacle sur cinquante kilomètres, et par temps clair on distingue les montagnes du Néguev de l'autre côté de la faille.

      Cette faille est la limite entre deux plaques tectoniques, celle d'Arabie et celle d'Afrique, qui coulissent l'une contre l'autre : c'est le même accident géologique qui a creusé la vallée du Jourdain et qui se prolonge jusqu'au rift est-africain. Le regard porte donc littéralement d'un continent à l'autre.

      Le vent, qui souffle toute la journée en remontant la gorge, tombe d'un coup au moment du coucher du soleil, et le silence qui suit surprend. Les couleurs du grès passent par une série de rouges en une vingtaine de minutes. ⚠️ La température chute aussitôt après, franchement, et il n'y a rien pour s'abriter sur la lèvre : une veste chaude est nécessaire, même en été.

      détente
      Gratuit 1 h
    • Réserve de biosphère de Dana, Dana, Jordanie
      Réserve de biosphère de Dana La plus grande réserve du pays, 300 km² qui descendent de 1 500 m d'altitude à 50 m sous le niveau de la mer : quatre zones biogéographiques dans un seul massif, huit cents espèces de plantes, le bouquetin de Nubie et le loup de Syrie. Gérée par la RSCN depuis 1989, avec des sentiers balisés partant du village. 10 JOD.
      En savoir plus

      Dana descend de mille cinq cents mètres d'altitude jusqu'au niveau du Wadi Araba, et cette dénivelée traverse quatre zones biogéographiques : méditerranéenne en haut avec ses chênes et ses genévriers, irano-touranienne, saharo-arabique, puis soudanienne tout en bas. C'est ce qui explique une diversité sans équivalent dans le pays — huit cents espèces de plantes, dont plusieurs ne poussent nulle part ailleurs.

      La réserve abrite le bouquetin de Nubie, dont les populations sauvages ont presque disparu ailleurs au Levant, ainsi que le loup de Syrie, le caracal et une avifaune importante. Elle a été créée en 1989 par la Société royale pour la conservation de la nature, avec un modèle qui fait vivre les villageois du tourisme et de l'artisanat plutôt que du pâturage intensif — c'est le premier projet de ce type dans la région.

      Les sentiers partent du village et sont balisés, avec des boucles de deux à cinq heures selon le dénivelé accepté. On peut aussi ne rien marcher : la lèvre du canyon, devant le village, donne l'essentiel du paysage. ⚠️ Il n'y a pas d'ombre au-delà des premiers lacets et pas de point d'eau sur les sentiers ; la chaleur monte vite dans la gorge, orientée plein ouest.

      nature
      13 € 4 h

    Où dormir à Dana

    • Maison de pierre restaurée à Dana appartement premium 170 € / nuit
    • Écolodge au fond du Wadi Araba hotel premium 155 € / nuit
    • Maison d'hôtes de la réserve hotel confort 85 € / nuit
    • Chambre simple au village de Dana auberge routard 20 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Qadisiyah habitant routard 42 € / nuit
  6. Petra, Jordanie

    6. Petra

    Une ville entière taillée dans une falaise rose

    Une ville nabatéenne entière taillée dans une falaise de grès rose, dont on n'a fouillé qu'une petite partie. ⚠️ Le site fait plus de vingt kilomètres carrés : le Trésor n'est que l'entrée, et le Monastère demande huit cents marches. Petra by Night n'a lieu que le lundi, le mercredi et le jeudi, se paie à part et n'est pas dans le Jordan Pass.

    En savoir plus sur Petra

    Petra n'est pas un monument mais une ville, capitale des Nabatéens, étalée sur plus de vingt kilomètres carrés dont on estime avoir fouillé moins de vingt pour cent. ⚠️ C'est le contresens le plus répandu : le Trésor, l'image que tout le monde connaît, n'est que ce qu'on découvre en sortant du Siq, à moins d'un tiers du parcours. Derrière s'étendent une rue à colonnades, un théâtre taillé dans la roche, des tombeaux royaux et des quartiers entiers.

    On y entre par le Siq, une faille de plus d'un kilomètre entre deux parois de grès, large parfois de trois mètres, dont les Nabatéens avaient équipé les flancs de canalisations. Le Monastère, à l'autre extrémité, demande environ huit cents marches taillées et une heure de montée — c'est le plus grand édifice du site et beaucoup de visiteurs y renoncent faute de temps ou d'eau. Le sentier d'Al-Khubtha mène au belvédère qui surplombe le Trésor.

    ⚠️ Prévoir deux jours est raisonnable, et le billet de plusieurs jours coûte à peine plus que celui d'un seul. ⚠️ Petra by Night, où le Siq et le Trésor sont éclairés à la bougie, n'a lieu que le lundi, le mercredi et le jeudi, se paie séparément et n'est pas incluse dans le Jordan Pass. Ce pass, en revanche, couvre l'entrée de Petra et supprime les frais de visa, ce qui le rend rentable dès trois sites.

    À table

    • Pain shrak — la galette de blé très fine cuite sur une plaque bombée, pliée autour de tout ce qui se mange.
    • Maqluba — le riz aux légumes et au poulet retourné sur le plat, dans les restaurants de Wadi Musa.
    • Thé bédouin — à la sauge ou à la cardamome, très sucré, offert dans les échoppes du site et au feu des campements.
    • Mansaf — le plat national servi aux hôtes dans les familles de Wadi Musa et dans les restaurants du village.
    Durée et coût par style de voyage à Petra
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–3 51 € dont 28 € de nuit, 16 € de repas
    Équilibré 2–4 120 € dont 72 € de nuit, 34 € de repas
    Confort + 3–5 243 € dont 155 € de nuit, 62 € de repas

    Que faire à Petra

    • Le Siq et le Trésor, Petra, Jordanie
      Le Siq et le Trésor Un kilomètre deux de faille naturelle, large de trois mètres et haute de cent quatre-vingts, avec les canalisations nabatéennes encore taillées dans les deux parois — c'est l'eau qui a fait la fortune de Petra, pas l'or. Le Trésor est en réalité un tombeau royal, et l'urne de son fronton est criblée d'impacts : des Bédouins ont tiré dessus des générations durant, persuadés qu'un pharaon y avait caché son or. ⚠️ 50 JOD la journée hors pass, couverte par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Le Siq n'est pas une gorge creusée par l'eau mais une faille tectonique : le massif s'est fendu, et les deux parois sont complémentaires — on peut suivre du regard une strate d'un côté et la retrouver exactement en face. Il court sur plus d'un kilomètre, large de trois mètres par endroits, haut de près de deux cents.

      Les Nabatéens y ont taillé des canalisations sur les deux flancs, encore visibles à hauteur d'homme, avec des tuyaux de terre cuite emboîtés d'un côté et un canal ouvert de l'autre : c'est le contrôle de l'eau, dans une région qui n'en a pas, qui a fait la richesse de Petra et non le commerce seul. Ils avaient aussi bâti un barrage de dérivation à l'entrée pour éviter que les crues n'emportent la ville, reconstruit depuis — une crue a tué des visiteurs en 1963.

      Le Trésor n'a jamais contenu de trésor : c'est un tombeau royal, probablement celui d'Arétas IV. Son nom vient d'une croyance bédouine selon laquelle un pharaon aurait caché son or dans l'urne du fronton, et l'on a tiré dessus au fusil pendant des générations pour la briser — les impacts sont parfaitement visibles. ⚠️ Il n'est que l'entrée : la ville s'étend sur des kilomètres derrière.

      culture
      Gratuit 4 h
    • Le Monastère, Ad-Deir, Petra, Jordanie
      Le Monastère, Ad-Deir Huit cent cinquante marches taillées dans la roche, une heure de montée, et une façade de quarante-cinq mètres — la plus grande de Petra, plus vaste que celle du Trésor. Le café installé en face sert le thé sur des tapis, à l'ombre, face au monument. Monter en fin d'après-midi : le soleil prend alors la façade de plein fouet, alors qu'elle reste dans l'ombre le matin.
      En savoir plus

      Ad-Deir est la plus grande façade de Petra : quarante-cinq mètres de large, nettement plus vaste que le Trésor, avec une porte assez haute pour qu'un homme debout paraisse minuscule sur le seuil. Son nom vient de croix gravées à l'intérieur par des moines byzantins qui l'ont réutilisé ; les Nabatéens en avaient fait une salle de banquet funéraire, avec des banquettes taillées le long des murs.

      La montée compte environ huit cent cinquante marches irrégulières, taillées dans la roche, et prend une bonne heure depuis le fond de la vallée. Le chemin passe entre des parois étroites et croise des tombeaux et des salles latérales. Des ânes sont proposés tout du long — ⚠️ leur état est souvent mauvais et le chemin est dangereux pour eux comme pour le cavalier ; la marche reste la meilleure option pour qui le peut.

      La façade est orientée de telle sorte qu'elle reste dans l'ombre le matin et se trouve éclairée de plein fouet en fin d'après-midi : monter tôt, c'est photographier un mur gris. Un café installé en face, sur des tapis, sert le thé à l'ombre. Un sentier de quelques minutes mène à un promontoire d'où l'on domine tout le Wadi Araba.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Le Haut Lieu du Sacrifice et le Wadi Farasa, Petra, Jordanie
      Le Haut Lieu du Sacrifice et le Wadi Farasa Huit cents marches jusqu'à un autel taillé au sommet du Jebel Madbah, avec ses rigoles d'écoulement encore lisibles dans la pierre, et une vue plongeante sur toute la cuvette. La descente par le Wadi Farasa, de l'autre côté, passe devant le tombeau du Soldat romain et la fontaine au Lion : c'est la boucle que neuf visiteurs sur dix ne font pas, et l'on y marche seul.
      En savoir plus

      Le Haut Lieu occupe le sommet du Jebel Madbah, atteint par environ huit cents marches taillées dans le grès. On y trouve une plateforme aménagée avec un autel, un bassin et des rigoles d'écoulement encore parfaitement lisibles dans la pierre : c'était un lieu de sacrifice nabatéen, et l'on discute encore de ce qui y était offert. Deux obélisques taillés dans la masse rocheuse — on a évidé la montagne autour d'eux — se dressent juste en dessous.

      La vue plonge sur toute la cuvette de Petra et permet de comprendre d'un coup la géographie du site : le Siq d'un côté, la rue à colonnades au fond, les tombeaux royaux dans la falaise d'en face. C'est le meilleur endroit pour saisir que Petra est une ville.

      La boucle se ferme en descendant par le Wadi Farasa, de l'autre côté, et c'est là que la journée devient exceptionnelle : on passe devant le tombeau du Soldat romain, la salle de banquet aux parois de grès veiné, la fontaine au Lion, et l'on ne croise presque personne — la grande majorité des visiteurs redescend par où elle est montée. ⚠️ La descente est raide, sur des marches usées, et glissante par endroits.

      nature
      Gratuit 3 h 30
    • Les tombeaux royaux et le théâtre nabatéen, Petra, Jordanie
      Les tombeaux royaux et le théâtre nabatéen Quatre façades géantes alignées dans la falaise est, dont le tombeau à l'Urne, transformé en cathédrale byzantine en 447 — l'inscription de consécration est encore peinte au fond. Le théâtre, en contrebas, a été taillé dans la roche par les Nabatéens et non bâti : ses huit mille cinq cents places coupent en deux des tombes plus anciennes, restées ouvertes dans les gradins.
      En savoir plus

      Les quatre grandes façades alignées dans la falaise est — l'Urne, la Soie, le Corinthien, le Palais — sont les tombeaux des souverains nabatéens, et leur intérêt tient autant à la roche qu'à l'architecture : le grès y est veiné de rouge, d'ocre, de violet et de blanc en bandes tourmentées, et les plafonds des salles intérieures ressemblent à du bois flotté ou à du marbre.

      Le tombeau à l'Urne a été transformé en cathédrale byzantine en 447, et l'inscription de consécration est encore peinte en rouge au fond de la salle. Deux grandes salles latérales ont été ajoutées à cette occasion. La terrasse qui le précède, portée par des voûtes, donne l'un des points de vue les plus larges du site.

      Le théâtre, en contrebas, n'a pas été bâti mais entièrement taillé dans le flanc de la montagne, gradins compris. Sa construction a coupé en deux des tombeaux plus anciens, dont on voit les chambres ouvertes béantes dans la paroi au-dessus des derniers rangs — c'est-à-dire que les Nabatéens ont éventré leurs propres sépultures pour faire de la place. Il pouvait accueillir plusieurs milliers de spectateurs.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Le sentier d'Al-Khubtha et la vue sur le Trésor, Petra, Jordanie
      Le sentier d'Al-Khubtha et la vue sur le Trésor Six cents marches jusqu'au balcon qui surplombe le Trésor de deux cents mètres : c'est la vue de l'affiche, et le seul endroit d'où l'on voit la façade entière avec le Siq derrière. ⚠️ Passer par le sentier officiel depuis les tombeaux royaux. Les « raccourcis » proposés par des rabatteurs contre quelques dinars débouchent sur des vires sans balustrade.
      En savoir plus

      Le sentier part des tombeaux royaux et monte environ six cents marches jusqu'à un balcon rocheux qui surplombe le Trésor d'à peu près deux cents mètres. C'est le seul endroit d'où l'on voit la façade entière avec la sortie du Siq en dessous, ce qui donne enfin l'échelle réelle du monument — vue d'en bas, elle écrase ; vue d'en haut, elle se replace dans la falaise.

      La montée est régulière, en plein soleil, et prend environ une heure. Elle se fait plutôt en fin d'après-midi, quand la façade est éclairée, ou au contraire tôt pour éviter la chaleur — mais on aura alors une façade dans l'ombre. Un café bédouin est installé au sommet.

      ⚠️ Le point à connaître : des rabatteurs proposent des raccourcis contre quelques dinars, en assurant que le chemin officiel est plus long. Ces itinéraires passent par des vires sans balustrade, sur du grès friable, et des accidents mortels s'y sont produits. Le sentier officiel est balisé, part des tombeaux royaux, et il n'y a aucune raison de l'abandonner. On ne s'assied pas au bord du promontoire : la roche s'effrite.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Little Petra, Siq al-Barid, Petra, Jordanie
      Little Petra, Siq al-Barid Un siq de trois cent cinquante mètres, à neuf kilomètres au nord, où les caravanes faisaient halte avant d'entrer dans Petra : salles de banquet taillées, escaliers, citernes. La Maison peinte conserve un plafond de vignes, d'oiseaux et de putti — le seul décor peint nabatéen parvenu jusqu'à nous. ✅ L'accès est entièrement libre, sans grille ni billet, ce qui en fait le seul site majeur de Jordanie qui ne se paie pas.
      En savoir plus

      Siq al-Barid — la gorge froide, parce que le soleil n'y descend jamais complètement — est un défilé de trois cent cinquante mètres à quelques kilomètres au nord de Petra. Les caravanes y faisaient halte avant d'entrer dans la ville : on y trouve des salles de banquet taillées à même la paroi, des escaliers, des citernes et des réservoirs, c'est-à-dire une infrastructure d'accueil plutôt que des tombeaux.

      La Maison peinte, qu'on atteint par un escalier étroit, est ce qui rend le site unique : son plafond conserve un décor peint de vignes, d'oiseaux, de grappes et de petits personnages ailés, dans un style hellénistique. C'est le seul décor peint nabatéen parvenu jusqu'à nous, et il a été nettoyé récemment après des siècles de suie de feux de bergers.

      L'accès est entièrement libre, sans grille ni billet ni contrôle, ce qui en fait à peu près le seul site majeur de Jordanie qui ne se paie pas. Il se visite en une heure et se combine avec le village néolithique de Beidha juste à côté, l'un des plus anciens établissements humains sédentaires connus. On y va en fin de journée, après Petra, ou le matin d'un jour où l'on ne veut pas marcher.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Petra by Night, Petra, Jordanie
      Petra by Night Le Siq et l'esplanade du Trésor éclairés par mille cinq cents bougies posées à même le sable, avec de la musique bédouine et du thé servi devant la façade. ⛔ Trois contraintes qui se découvrent sinon sur place : du dimanche au jeudi seulement, de 20 h 30 à 22 h 30 ; billet vendu uniquement au Visitor Center, la vente en ligne étant annoncée indisponible ; et il faut par ailleurs un billet de jour ou le Jordan Pass — les 30 JOD s'y ajoutent, ils ne s'y substituent pas.
      En savoir plus

      Le principe est simple : le Siq et l'esplanade du Trésor sont éclairés par plus d'un millier de bougies posées dans des sacs de papier à même le sable, sans autre lumière, et l'on marche jusqu'au Trésor en silence avant de s'asseoir devant la façade pour un thé et un peu de musique bédouine — rebab et flûte.

      Le résultat dépend beaucoup du nombre de participants et de leur discipline : quand la consigne de silence est respectée, la traversée du Siq à la seule lueur des bougies est remarquable ; quand elle ne l'est pas, cela devient une file de téléphones allumés. Les organisateurs demandent d'éteindre les lampes, et il vaut la peine de jouer le jeu.

      ⚠️ Trois contraintes se découvrent sinon sur place. L'événement n'a lieu que certains soirs de la semaine, pas tous. Le billet se vend uniquement au centre d'accueil, la vente en ligne étant régulièrement annoncée indisponible. Et il ne remplace pas le billet de jour ni le Jordan Pass : il s'y ajoute. Le retour se fait dans le noir sur un sol irrégulier ; des chaussures fermées valent mieux que des sandales.

      culture
      39 € 2 h

    Où dormir à Petra

    • Appartement familial à Wadi Musa appartement premium 200 € / nuit
    • Hôtel avec vue sur la vallée hotel premium 185 € / nuit
    • Hôtel près du Visitor Center hotel confort 90 € / nuit
    • Lit en dortoir à Wadi Musa auberge routard 19 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Wadi Musa habitant routard 45 € / nuit
  7. Wadi Rum, Jordanie

    7. Wadi Rum

    Du sable rouge, des montagnes noires, aucune route

    Un désert de sable rouge et de montagnes de grès noir, sans route ni village, habité par des Bédouins. ⚠️ On n'y circule qu'en 4×4 avec un guide, et l'on y dort en camp — la nuit à la belle étoile se paie en supplément. L'écart de température entre l'après-midi et l'aube dépasse vingt degrés.

    En savoir plus sur Wadi Rum

    Le Wadi Rum est un désert de sable rouge d'où émergent des montagnes de grès et de granit aux formes massives, sans route goudronnée, sans village et sans réseau à l'intérieur. Il est habité par des tribus bédouines qui en gèrent l'accès et le tourisme, et l'on n'y circule qu'accompagné, en véhicule tout-terrain découvert.

    La journée type combine des arrêts sur les sites — canyon de Khazali et ses pétroglyphes vieux de deux mille ans, pont rocheux d'Umm Fruth qu'on escalade, grande dune rouge qu'on descend en courant — et de longs trajets où l'on ne voit que l'espace. La montgolfière au lever du jour est l'autre manière de le voir, et se réserve.

    ⚠️ On y dort en camp, sous tente, et il faut comprendre ce que couvre le prix : la nuit sous tente fermée est incluse dans les formules courantes, tandis que dormir à la belle étoile sur un matelas se paie généralement en supplément. Les camps varient énormément, du bivouac sommaire aux bulles transparentes climatisées. ⚠️ L'écart de température entre l'après-midi et l'aube dépasse couramment vingt degrés, y compris en été où les nuits sont fraîches, et l'hiver il gèle. Une veste chaude est nécessaire toute l'année — c'est l'oubli le plus fréquent des voyageurs venus du sud du pays.

    À table

    • Zarb — l'agneau et les légumes cuits des heures dans un four enterré sous le sable, découverts devant les hôtes au campement.
    • Thé bédouin — préparé sur les braises avec de la sauge et beaucoup de sucre, à chaque halte dans le désert.
    • Pain shrak — cuit sur le saj au campement, à l'aube, avec du labneh et du miel.
    • Petit-déjeuner du désert — labneh, œufs, tomates, olives et pain chaud, sous la tente avant la chaleur.
    Durée et coût par style de voyage à Wadi Rum
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 58 € dont 30 € de nuit, 16 € de repas
    Équilibré 2–3 118 € dont 68 € de nuit, 30 € de repas
    Confort + 3–4 235 € dont 145 € de nuit, 55 € de repas

    Que faire à Wadi Rum

    • Canyon de Khazali et ses pétroglyphes, Wadi Rum, Jordanie
      Canyon de Khazali et ses pétroglyphes Une fente de cent mètres dans la falaise, fraîche et humide, dont les parois portent deux mille ans de gravures thamoudéennes et nabatéennes à hauteur d'homme : pieds, chameaux, silhouettes, inscriptions. Ce sont des graffitis de voyageurs, et c'est exactement ce qui les rend émouvants. Compris dans la sortie en 4×4.
      En savoir plus

      La faille s'enfonce d'une centaine de mètres dans la falaise, étroite, haute et fraîche — l'écart de température avec l'extérieur est sensible dès les premiers mètres, et l'eau stagne au fond après les pluies. C'est ce microclimat qui en faisait une halte : on y trouvait de l'ombre et parfois de l'eau.

      Les parois portent des gravures étalées sur environ deux mille ans, thamoudéennes et nabatéennes, toutes à hauteur d'homme : empreintes de pieds, silhouettes humaines, chameaux, antilopes, et des inscriptions en alphabets aujourd'hui déchiffrés. Ce sont des marques de passage — des voyageurs signalant qu'ils sont venus, qu'ils ont eu de l'eau, qu'ils vont vers tel endroit. C'est exactement ce qui les rend émouvantes : ce ne sont pas des œuvres, ce sont des messages ordinaires.

      On progresse dans la faille sur une centaine de mètres avant que le passage ne se resserre trop ; le sol est irrégulier et glissant lorsqu'il reste de l'eau. ⚠️ On ne touche pas les gravures : le grès est tendre et la graisse des doigts accélère l'érosion. Elles sont aussi difficiles à repérer sans qu'on les montre — le chauffeur connaît les emplacements.

      culture
      Gratuit 1 h
    • Le pont rocheux d'Umm Fruth et la grande dune rouge, Wadi Rum, Jordanie
      Le pont rocheux d'Umm Fruth et la grande dune rouge Une arche naturelle de quinze mètres qui se monte sans matériel par une vire à main droite — et se redescend beaucoup moins facilement qu'elle ne se monte. La grande dune rouge, en face du djebel Umm Ishrin, se gravit en dix minutes essoufflantes et se redescend en trente secondes. Compris dans la sortie en 4×4.
      En savoir plus

      L'arche d'Umm Fruth est une passerelle naturelle d'une quinzaine de mètres, formée par l'érosion différentielle du grès, et elle se monte sans matériel par une vire en escalier sur son flanc droit. La montée est facile et grisante ; la descente l'est nettement moins, parce qu'on ne voit pas les prises sous soi et que le grès est lisse à l'endroit où tout le monde pose le pied.

      ⚠️ Il n'y a aucune sécurité, aucune corde et aucun secours à portée. Des chutes s'y produisent, et l'on décide en bas — pas au sommet — de monter ou non. Le chauffeur attend et ne pousse personne.

      La grande dune rouge, adossée au djebel Umm Ishrin, se gravit en une dizaine de minutes qui coupent complètement le souffle : le sable cède sous chaque pas et l'on avance de moitié moins qu'on ne s'applique. La descente se fait en courant ou en glissant, en trente secondes. La couleur du sable est due à l'oxyde de fer et elle s'intensifie franchement en fin de journée, ce qui fait de cet arrêt le dernier du circuit chez la plupart des chauffeurs.

      nature
      Gratuit 2 h
    • Journée en 4×4 et nuit au camp bédouin, Wadi Rum, Jordanie
      Journée en 4×4 et nuit au camp bédouin La seule façon de voir le Wadi Rum : six à sept heures à l'arrière d'un pick-up entre les djebels — la source de Lawrence, le canyon de Khazali, la grande dune rouge, le pont rocheux d'Umm Fruth — puis le dîner cuit dans un zarb, four enterré sous le sable, et la nuit sous tente. Dîner et petit-déjeuner compris. ⚠️ Le tarif est dégressif par tranche de groupe : 75 JOD seul, 55 à deux ou trois, 50 de quatre à six, 45 au-delà. Le montant affiché est celui à deux — seul, compter 26 € de plus. Le droit d'entrée de la zone protégée (7 JOD) est couvert par le Jordan Pass.
      En savoir plus

      Le pick-up découvert est le seul véhicule adapté : il n'y a aucune route dans le Wadi Rum, on roule sur le sable en suivant des traces qui s'effacent, et l'orientation se fait à la connaissance du terrain. Le circuit type enchaîne les djebels, la source dite de Lawrence, le canyon de Khazali, la grande dune rouge et le pont rocheux d'Umm Fruth, avec de longs trajets entre les arrêts où l'on ne voit que l'espace.

      Le zarb est le repas qui clôt la journée : un four creusé dans le sable, dans lequel on descend un panier étagé de viande et de légumes, recouvert de sacs puis de sable, et laissé cuire plusieurs heures. On assiste au déterrement, qui est le moment de la soirée. Le petit-déjeuner suit le lendemain, généralement pain, labneh, œufs et thé.

      ⚠️ La qualité des camps varie énormément, du bivouac sommaire aux bulles transparentes climatisées, et le prix ne dit pas tout. Deux questions valent d'être posées avant de réserver : la taille du groupe en 4×4, et si le camp appartient à une famille du village de Rum ou à un opérateur extérieur. Le tarif est dégressif par tranche de personnes, ce qui pénalise fortement le voyageur seul.

      nature Réserver billet combiné lien affilié
      72 € 20 h
    • Nuit à la belle étoile, en supplément, Wadi Rum, Jordanie
      Nuit à la belle étoile, en supplément Un matelas sorti de la tente et posé sur le sable, à l'écart des lumières du camp : le Wadi Rum est l'un des ciels les plus noirs du Proche-Orient et la Voie lactée s'y lit à l'œil nu. 12 JOD en plus de la nuit au camp, couvertures comprises. ⚠️ Le désert perd vingt degrés à la tombée du jour — il gèle en janvier, et les nuits d'avril descendent à 5 °C.
      En savoir plus

      Il s'agit simplement d'un matelas sorti de la tente et posé sur le sable, avec des couvertures, à l'écart des lumières du camp. C'est l'un des ciels les plus noirs du Proche-Orient : aucune ville à portée, aucune pollution lumineuse, et la Voie lactée se lit à l'œil nu comme une bande continue. Les satellites traversent le champ toutes les quelques minutes.

      Le silence est l'autre élément, et il surprend davantage que le ciel : il n'y a ni insecte, ni feuillage, ni eau, donc littéralement aucun son une fois le camp endormi. Certains le trouvent oppressant.

      ⚠️ Le désert perd une vingtaine de degrés à la tombée du jour, en toute saison. Les nuits de printemps descendent près de zéro, et il gèle en janvier — ce qui est incompatible avec les vêtements qu'on emporte pour la mer Rouge ou pour Petra en journée. Une veste chaude, un bonnet et des chaussettes ne sont pas superflus, et les couvertures fournies ne suffisent pas toujours. Le vent de sable est l'autre aléa : il se lève sans prévenir et renvoie tout le monde sous la tente.

      détente
      16 € 8 h
    • Balade à dos de chameau, Wadi Rum, Jordanie
      Balade à dos de chameau Une heure au pas dans les couloirs de sable, au rythme qui était celui des caravanes : c'est lent, on voit le désert autrement que par une vitre, et les chameliers sont des familles du village de Rum. 18 JOD l'heure — 10 JOD pour une demi-heure, 20 JOD pour deux heures, ce qui en fait la seule option du désert qui ne soit pas dégressive.
      En savoir plus

      Ce sont des dromadaires — une seule bosse — et non des chameaux, malgré l'usage français. L'allure au pas est lente et roulante, et c'est précisément l'intérêt : on avance à la vitesse à laquelle le désert a été traversé pendant des millénaires, à hauteur suffisante pour voir par-dessus les crêtes de sable, et sans le bruit d'un moteur.

      La montée et la descente sont les deux moments désagréables : l'animal se lève de l'arrière d'abord, ce qui projette violemment vers l'avant, et se couche dans l'ordre inverse. Il faut se pencher en arrière puis en avant, et le chamelier le dit — l'écouter évite la chute.

      Les chameliers sont des familles du village de Rum, et c'est l'une des activités du désert dont le revenu leur revient directement. Une heure suffit largement pour l'expérience : au-delà, l'inconfort de l'assise l'emporte, surtout sans habitude. ⚠️ On regarde l'état de l'animal avant de monter — les bosses affaissées, les plaies de sangle et l'amaigrissement sont des signes qui doivent faire changer de prestataire.

      nature
      23 € 1 h
    • Montgolfière au-dessus du désert, Wadi Rum, Jordanie
      Montgolfière au-dessus du désert Décollage une heure avant le jour, quand les djebels sortent de l'ombre les uns après les autres et que le sable passe de gris à rouge en vingt minutes. ⚠️ Il n'y a pas de tarif officiel : de 130 à 165 JOD selon l'opérateur et la saison, le montant retenu est le milieu de la fourchette. Les vols s'annulent dès que le vent se lève, souvent en hiver — prévoir la sortie en début d'étape pour garder une seconde chance.
      En savoir plus

      Le décollage se fait environ une heure avant le lever du jour, dans le froid et l'obscurité, et c'est ce qui rend le vol remarquable : on monte pendant que le désert est encore gris, et les djebels sortent de l'ombre les uns après les autres à mesure que le soleil se lève, le sable passant du gris au rose puis au rouge en une vingtaine de minutes.

      La montgolfière ne se pilote pas latéralement : le pilote ne contrôle que l'altitude et cherche, à différentes hauteurs, des vents qui portent où il veut aller. La trajectoire n'est donc jamais garantie, et le lieu d'atterrissage se découvre au dernier moment, avec un véhicule de récupération qui suit au sol.

      ⚠️ Les vols s'annulent dès que le vent dépasse un seuil, ce qui arrive fréquemment, surtout en hiver. Il faut donc programmer la sortie en début d'étape pour garder une seconde matinée en réserve — ceux qui n'ont qu'un matin repartent souvent sans avoir volé. L'atterrissage peut être ferme, avec un panier qui se couche sur le sable ; le pilote indique la position à prendre, genoux fléchis et mains aux poignées.

      détente
      195 € 3 h

    Où dormir à Wadi Rum

    • Tente familiale de camp haut de gamme appartement premium 210 € / nuit
    • Bulle transparente face aux djebels hotel premium 190 € / nuit
    • Camp bédouin avec tente privative hotel confort 95 € / nuit
    • Tente partagée en camp bédouin auberge routard 28 € / nuit
    • Tente chez une famille du village de Rum habitant routard 50 € / nuit
  8. Aqaba, Jordanie

    8. Aqaba

    Vingt-sept kilomètres de côte, et quatre pays en vue

    Le seul accès à la mer du pays, vingt-sept kilomètres de côte au fond du golfe, d'où l'on voit l'Égypte, Israël et l'Arabie saoudite. Les récifs commencent à quelques mètres du bord. ⚠️ C'est une zone franche : l'alcool y est moins taxé, et les prix d'hébergement plus bas qu'ailleurs sur la mer Rouge.

    En savoir plus sur Aqaba

    Aqaba est le seul accès à la mer de la Jordanie : vingt-sept kilomètres de côte coincés au fond du golfe, entre l'Égypte, Israël et l'Arabie saoudite, tous trois visibles depuis la corniche. Cette configuration donne une géographie politique lisible à l'œil nu, avec Eilat à quelques kilomètres de l'autre côté de la frontière, et le drapeau de la Révolte arabe flottant sur l'un des plus hauts mâts du monde.

    Son intérêt est sous l'eau. Les récifs de la mer Rouge commencent à quelques mètres du bord sur les plages du sud, ce qui permet d'y accéder au masque et tuba sans bateau, et plusieurs épaves ont été coulées volontairement pour créer des sites de plongée. L'absence de courant et la visibilité en font un excellent endroit pour un baptême.

    ⚠️ Aqaba est une zone économique spéciale, avec un régime fiscal distinct du reste du pays : l'alcool y est nettement moins taxé et disponible, et les prix d'hébergement y sont plus bas que sur la côte égyptienne ou israélienne voisine. ⚠️ La ville est très chaude — plus de quarante degrés en été, où l'activité se déplace vers le soir. Elle sert de dernière étape après le désert et se combine facilement avec un départ par son aéroport international, qui évite de remonter sur Amman.

    À table

    • Sayadieh — le riz cuit dans un bouillon de poisson aux oignons caramélisés, sous un poisson de la mer Rouge, le plat de la ville.
    • Poisson grillé — le hamour et le rouget pêchés le matin, grillés au charbon dans les restaurants du front de mer.
    • Mezzés de bord de mer — houmous, moutabal et salades, avec des pains chauds, face au golfe.
    • Kunafa — au dessert, dans les pâtisseries du centre, fromage fondu et sirop.
    Durée et coût par style de voyage à Aqaba
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 45 € dont 24 € de nuit, 14 € de repas
    Équilibré 2–3 102 € dont 60 € de nuit, 28 € de repas
    Confort + 3–4 211 € dont 130 € de nuit, 55 € de repas

    Que faire à Aqaba

    • Masque et tuba depuis les plages du sud, Aqaba, Jordanie
      Masque et tuba depuis les plages du sud Le récif frangeant part de la plage : on entre à pied et on est au-dessus du corail en trois brasses, ce qui est rarissime en mer Rouge. Les plages publiques de la route du sud sont libres d'accès. ⚠️ Ne jamais poser le pied sur le corail — il coupe, il s'infecte, et il met vingt ans à repousser.
      En savoir plus

      Le récif frangeant part directement de la plage sur toute la côte sud d'Aqaba : on entre à pied et l'on se trouve au-dessus du corail en quelques brasses. C'est rare, et cela dispense complètement de bateau — la mer Rouge égyptienne ou soudanaise demande presque partout une sortie organisée pour atteindre un récif comparable.

      Les plages publiques le long de la route du sud sont d'accès libre, sans clôture ni concession, et l'on peut s'installer où l'on veut. Plusieurs zones sont classées en parc marin, avec des bouées délimitant les secteurs et une interdiction de pêche. On y croise poissons-clowns dans leurs anémones, poissons-pierres — dont il faut se méfier — murènes et parfois des tortues.

      ⚠️ On ne pose jamais le pied sur le corail, ni pour se reposer ni pour ajuster son masque : il coupe profondément, les plaies s'infectent facilement en eau chaude, et une colonie détruite met des décennies à se reformer. La règle est de flotter, jamais de se tenir debout. L'entrée à l'eau se fait par les couloirs de sable indiqués, pas n'importe où, et des chaussures d'eau évitent l'essentiel du problème.

      détente
      Gratuit 3 h
    • Vieille ville, souk et corniche d'Aqaba, Aqaba, Jordanie
      Vieille ville, souk et corniche d'Aqaba La ville se réveille à la tombée du jour, quand la chaleur lâche : le souk aux poissons, les marchands de dattes et de café à la cardamome, les familles installées sur la corniche jusqu'à minuit. C'est le seul débouché maritime du pays, et cela s'entend — on y parle égyptien, saoudien et jordanien dans la même rue.
      En savoir plus

      Aqaba vit à l'envers de la journée : la chaleur y est telle en été que la ville s'anime seulement à la tombée du jour, quand les commerces rouvrent et que les familles s'installent sur la corniche avec des thermos et des narguilés, souvent jusque tard dans la nuit. Y arriver en milieu de journée donne l'impression d'une ville endormie, ce qui est trompeur.

      C'est le seul débouché maritime de la Jordanie, et cela s'entend dans la rue : on y croise des accents égyptiens, saoudiens, palestiniens et soudanais, une population de marins et de dockers, et une culture portuaire distincte du reste du pays. Le souk aux poissons du matin et les marchands de dattes et de café à la cardamome sont les deux moments à ne pas manquer.

      La ville a été occupée sans discontinuer depuis l'âge du bronze et conserve les vestiges d'Ayla, la première ville islamique construite hors de la péninsule arabique, dégagés en bord de mer entre deux hôtels. Le fort mamelouk, en centre-ville, a été pris en 1917 lors de l'épisode le plus célèbre de la Révolte arabe — l'attaque venue du désert, par l'arrière, que personne n'attendait.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Le mât de la Révolte arabe et la vue sur quatre pays, Aqaba, Jordanie
      Le mât de la Révolte arabe et la vue sur quatre pays Cent trente mètres de mât, l'un des plus hauts du monde, portant le drapeau de la Révolte arabe de 1916 — dont la prise d'Aqaba, en 1917, fut l'épisode le plus célèbre. Du pied du mât, on voit Eilat en Israël, le Sinaï égyptien en face et la côte saoudienne à droite : quatre pays d'un seul regard, sur une baie de vingt-cinq kilomètres.
      En savoir plus

      Le mât dépasse cent trente mètres et compte parmi les plus hauts du monde ; il porte le drapeau de la Révolte arabe de 1916, aux quatre bandes noire, blanche, verte et rouge, qui est l'ancêtre direct des drapeaux jordanien, palestinien, syrien, irakien et de plusieurs autres — c'est de ce modèle que dérivent la plupart des drapeaux arabes actuels.

      Le drapeau lui-même est immense et sa manutention demande des conditions de vent précises : on le descend quand il souffle trop fort. Il est visible depuis l'ensemble du golfe, y compris depuis Eilat et depuis la côte saoudienne.

      Du pied du mât, la géographie se lit d'un seul regard : Eilat en Israël commence à quelques centaines de mètres à l'ouest, la côte du Sinaï égyptien ferme le golfe en face, et l'Arabie saoudite s'étend sur la droite. Quatre pays sur une baie d'une vingtaine de kilomètres, chacun avec son port et ses hôtels visibles à l'œil nu. La nuit, les lumières des quatre rives se distinguent — c'est le meilleur moment pour venir, la chaleur étant retombée.

      culture
      Gratuit 1 h
    • Sayadieh et poisson grillé du golfe, Aqaba, Jordanie
      Sayadieh et poisson grillé du golfe Le sayadieh — poisson sur un riz brun caramélisé aux oignons, avec une sauce au citron et au tahini — est le plat de la côte et ne se trouve nulle part ailleurs en Jordanie. Le poisson se choisit sur la glace à l'entrée et se paie au poids ; il vient du golfe, ce qui n'a rien d'évident dans un pays sans littoral ou presque.
      En savoir plus

      Le sayadieh est le plat des pêcheurs de toute la côte levantine, et il ne se trouve pratiquement nulle part ailleurs en Jordanie, pays sans littoral ou presque. Le riz y est coloré et parfumé par des oignons longuement caramélisés jusqu'au brun foncé, puis cuit dans le bouillon du poisson ; celui-ci est posé dessus, avec une sauce au tahini et au citron, des pignons et parfois du cumin.

      Ce brunissement des oignons est la difficulté du plat : trop peu, il est fade ; trop, il devient amer. C'est ce qui distingue un bon sayadieh d'un mauvais, davantage que la fraîcheur du poisson.

      Dans les restaurants du port et de la corniche, le poisson se choisit sur la glace à l'entrée et se paie au poids, cuisson comprise : on indique s'il doit être grillé, frit ou cuit au four. Il vient du golfe, ce qui est loin d'être évident partout dans la région — beaucoup d'établissements de l'intérieur servent du poisson congelé importé. ⚠️ Demander le prix au kilo avant de choisir évite une surprise, les espèces les plus recherchées étant nettement plus chères.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Bateau à fond de verre dans le golfe, Aqaba, Jordanie
      Bateau à fond de verre dans le golfe Les récifs commencent à cinquante mètres du bord et se voient du bateau sans se mouiller : coraux durs, poissons-perroquets, et l'épave du Cedar Pride, un cargo libanais coulé volontairement en 1985 pour servir de récif artificiel, couché par sept à vingt-cinq mètres de fond. ⚠️ 15 JOD pour l'embarcation entière, jusqu'à dix personnes — c'est un prix au bateau, pas par personne.
      En savoir plus

      Le golfe d'Aqaba est une fosse étroite et profonde, ce qui explique que les récifs commencent à quelques dizaines de mètres du rivage : il n'y a pas de plateau continental, la pente descend tout de suite. Depuis un bateau à fond de verre, on voit donc du corail dur, des poissons-perroquets et des bancs de fusiliers sans s'éloigner de la côte et sans se mouiller.

      Le Cedar Pride est le point d'orgue : un cargo libanais immobilisé après un incendie, coulé volontairement en 1985 sur décision du roi Hussein pour créer un récif artificiel. Il repose couché sur le flanc, entre une profondeur faible et une trentaine de mètres, entièrement colonisé par les coraux mous, et sa partie haute se distingue nettement à travers la vitre.

      ⚠️ Le prix se négocie pour l'embarcation entière et non par personne : c'est très avantageux à plusieurs et cher pour un voyageur seul, qui a intérêt à se joindre à un autre groupe sur le quai. Le fond de verre montre moins qu'un masque, et l'eau doit être calme pour qu'on distingue quelque chose ; les sorties du matin, avant que le vent ne se lève, sont nettement meilleures.

      détente
      20 € 2 h

    Où dormir à Aqaba

    • Appartement avec vue sur le golfe appartement premium 175 € / nuit
    • Hôtel avec piscine sur la côte sud hotel premium 160 € / nuit
    • Hôtel à deux pas de la plage hotel confort 75 € / nuit
    • Lit en dortoir près de la corniche auberge routard 18 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant en vieille ville habitant routard 40 € / nuit

Les trajets entre les étapes

Durées et coûts constatés sur place, par personne et par trajet. C'est ce que personne n'a envie de chercher soi-même.

DeÀModeDuréeCoût / personne
Amman Jerash et Ajloun Minibus depuis la gare nord d'Amman 1 h 12 3 €
Amman Jerash et Ajloun Voiture de location par l'autoroute du nord 48 min 22 €
Jerash et Ajloun Mer Morte Minibus avec changement à Amman 3 h 30 9 €
Jerash et Ajloun Mer Morte Voiture de location par la vallée du Jourdain 2 h 50 €
Mer Morte Madaba et mont Nébo Voiture de location, la corniche du plateau 48 min 22 €
Mer Morte Madaba et mont Nébo Minibus avec changement à Amman 3 h 7 €
Madaba et mont Nébo Dana Voiture de location par la route des Rois 3 h 30 80 €
Madaba et mont Nébo Dana Minibus avec changement à Tafileh 5 h 12 €
Dana Petra Voiture de location par Shobak 1 h 12 30 €
Dana Petra Minibus du matin vers Wadi Musa 1 h 42 6 €
Petra Wadi Rum Voiture de location par la route du Désert 1 h 30 40 €
Petra Wadi Rum Minibus quotidien de Wadi Musa au village de Rum 2 h 10 €
Wadi Rum Aqaba Voiture de location, descente vers la mer Rouge 1 h 28 €
Wadi Rum Aqaba Minibus du village de Rum 1 h 30 7 €

Quand partir à Jordanie

Températures et jours de pluie moyens, mois par mois. La période conseillée est mars → mai, sept → nov.

Normales mensuelles à Jordanie
Mois janv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.
Température max 12°13°16°24°27°29°32°33°29°25°20°16°
Température min 5°5°7°12°16°18°20°21°19°16°12°8°
Jours de pluie 6 6 6 2 0 0 0 0 0 3 6 4

Source : Open-Meteo, moyennes 2021-2023.

Informations pratiques

Visa et entrée sur le territoire

Visa obligatoire, mais il ne s'achète presque jamais : le Jordan Pass l'inclut, et le pass coûte moins cher que le visa et Petra achetés séparément. Le visa seul revient à 40 JOD (52 €) à l'arrivée ; le pass, à partir de 70 JOD (91 €), couvre le visa, Petra et une quarantaine de sites.

⚠️ L'exonération de visa exige au moins TROIS NUITS en Jordanie. En dessous, les 40 JOD restent dus et le pass ne sert plus qu'à l'entrée des sites. C'est la seule condition, elle est éliminatoire, et elle est écrite en petits caractères.

⚠️ Le pass doit être acheté en ligne avant d'arriver, sur jordanpass.jo, avec le numéro de passeport saisi tel qu'il figure sur le document. Acheté après l'atterrissage, il ne rembourse pas le visa déjà payé.

Passeport valide six mois après la date d'entrée. La carte nationale d'identité ne vaut rien : la Jordanie n'est ni dans l'Union européenne, ni dans Schengen.

Santé

Aucun vaccin obligatoire. Hépatites A et B et typhoïde recommandées, comme partout au Proche-Orient. Le système de santé jordanien est le meilleur de la région et Amman soigne des patients de tout le Moyen-Orient — mais aucune convention ne lie le pays à la France, et les soins se paient d'avance.

⚠️ L'eau du robinet ne se boit pas. Elle est traitée, mais la Jordanie est l'un des pays les plus secs du monde et l'eau des citernes de toit stagne. Tout le monde boit de l'eau en bouteille.

⚠️ La chaleur est le vrai danger, et elle ne se voit pas venir. L'air du désert est si sec que la transpiration s'évapore avant d'être sentie : on se déshydrate sans avoir eu chaud. Petra se parcourt sur 8 à 12 km sans une ombre, le Wadi Rum dépasse 40 °C de juin à septembre et la mer Morte, à 430 m sous le niveau de la mer, monte à 45 °C. Deux litres d'eau par personne et par demi-journée, chapeau, et les grosses marches avant 10 h.

Assurance voyage avec rapatriement indispensable.

Sécurité

La Jordanie est le pays le plus sûr de la région et l'un des plus sûrs du catalogue. L'accueil y est direct et chaleureux, l'hospitalité est une institution, et le harcèlement commercial est bien moindre qu'en Égypte ou au Maroc.

⚠️ Les rabatteurs existent tout de même à Petra et au Wadi Rum : « raccourcis » vers les points de vue proposés contre quelques dinars et qui débouchent sur des passages sans balustrade, promenades à dos d'âne « offertes » puis facturées en haut des marches. Un « non merci » sans s'arrêter suffit.

⚠️ La frontière syrienne au nord et la frontière irakienne à l'est sont formellement déconseillées par le ministère des Affaires étrangères. Elles ne sont sur aucune étape de ce parcours — Umm Qais, l'étape la plus septentrionale, regarde le lac de Tibériade et non la Syrie, à laquelle elle tourne le dos.

La proximité d'Israël et de la Cisjordanie rend le pays sensible aux crises régionales : vérifier les conseils aux voyageurs avant de réserver, et non la veille du départ.

Monnaie et change

Dinar jordanien (JOD) — 1 JOD ≈ 1,30 € (12-08-2026). Le dinar est arrimé au dollar depuis 1995 (1 JOD = 1,41 $) : son taux ne bouge pas, contrairement à la livre turque ou égyptienne. Inutile de guetter le bon moment, il n'y en a pas.

⚠️ Le dinar vaut plus que l'euro, et c'est ce qui trompe. Un prix de « 25 » sur une carte fait 32 €, pas 25 €. Le réflexe européen de lire le chiffre comme un euro fait sous-estimer chaque dépense d'un tiers pendant toute la première journée.

⚠️ Le dinar se divise en 1 000 fils, et les prix s'écrivent couramment avec trois décimales : « 2,500 » veut dire deux dinars et demi, pas deux mille cinq cents. Les distributeurs de l'aéroport rendent des coupures de 50 JOD dont personne ne veut en ville — réclamer du petit à la première banque.

Moyens de paiement

La carte passe dans les hôtels, les restaurants de ville, les stations et les grandes billetteries. Restent en espèces les taxis, les minibus, les coopératives bédouines du Wadi Rum, les camps, les pourboires et les échoppes des souks.

⚠️ Le Wadi Rum fonctionne presque intégralement au liquide : les camps et les chauffeurs de 4×4 ne prennent pas la carte, et il n'y a aucun distributeur dans la zone protégée. Retirer à Wadi Musa ou à Aqaba avant d'entrer dans le désert.

Le pourboire n'est pas obligatoire mais il est attendu : environ 10 % au restaurant, quelques dinars pour un chauffeur de 4×4 ou un guide.

Rester connecté

⚠️ La Jordanie n'est pas dans l'itinérance européenne : ton forfait français y facture le hors-forfait, très cher. Une eSIM est vivement conseillée, installée avant de partir.

La 4G couvre bien Amman, la vallée du Jourdain, la route du désert, Wadi Musa et Aqaba. Elle est irrégulière dans le Wadi Rum : le village de Rum capte, les camps du fond du désert non — c'est une nuit sans réseau, et il vaut mieux le savoir avant de partir que de le découvrir sur place.

Le wifi est gratuit dans les hôtels et la plupart des cafés. Les appels WhatsApp passent, contrairement à l'Égypte voisine.

Voir les eSIM pour Jordanie lien affilié

Décalage horaire

+1 h en été, +2 h en hiver (UTC+3 toute l'année)

Langues

Arabe jordanien. L'anglais est très largement parlé — c'est la deuxième langue de l'enseignement, et le personnel du tourisme, des hôtels et des sites le pratique couramment. Le français est rare hors des guides de Petra.

Trois mots changent l'accueil : marhaba (bonjour), shukran (merci), yalla (allons-y, qui sert à tout). Et un quatrième qui revient sans cesse : ahlan wa sahlan, « bienvenue » — on l'entendra cinquante fois par jour, et ce n'est pas une formule commerciale.

Bon à savoir

⛔ LE JORDAN PASS EST À ACHETER AVANT DE PARTIR, ET IL EST RENTABLE D'OFFICE. À partir de 70 JOD (91 €), il couvre le visa (40 JOD) et l'entrée de Petra (50 JOD la journée), qui coûtent 90 JOD achetés séparément — plus Jerash, le Wadi Rum, la citadelle d'Amman, Ajloun, Shobak, Umm Qais, Madaba, le mont Nébo, Karak et une trentaine d'autres sites. Toutes les entrées de cette fiche couvertes par le pass sont donc affichées à 0 € : le pass est le poste unique, à ajouter une seule fois au budget.

⚠️ Il faut passer au moins TROIS NUITS en Jordanie pour que l'exonération de visa s'applique. En dessous, les 40 JOD restent dus.

Trois formules, qui ne diffèrent que par le nombre de journées à Petra : Wanderer 70 JOD (91 €) pour un jour, Explorer 75 JOD (98 €) pour deux, Expert 80 JOD (104 €) pour trois. Petra demande deux journées pour être vue autrement qu'au pas de course : les 5 JOD de différence sont le meilleur arbitrage du voyage.

⚠️ La saison compte beaucoup ici. Mars-mai et septembre-novembre donnent 20 à 28 °C et tout est praticable. De juin à septembre, le Wadi Rum, la mer Morte et le Wadi Araba dépassent 40 °C : ce n'est pas une question de confort mais de faisabilité. L'hiver est froid sur le plateau — il neige à Petra et à Amman presque tous les ans, les nuits du désert descendent sous zéro — et le Siq Trail du Wadi Mujib est fermé du 1er novembre au 31 mars.

⚠️ Le ramadan change le rythme du pays et sa date recule de onze jours par an. Les restaurants hors hôtels ferment la journée, manger ou boire en public est mal vu, les sites ouvrent en horaires réduits et la circulation devient chaotique juste avant la rupture du jeûne. Tout s'anime ensuite jusque tard dans la nuit.

Le vendredi est le jour de repos : administrations et banques ferment, les sites archéologiques restent ouverts, et les familles jordaniennes sortent en masse — Jerash et la mer Morte sont bondées.

Le pourboire est attendu : environ 10 % au restaurant, quelques dinars pour un chauffeur de 4×4, un guide ou un porteur. Ce n'est pas l'obligation nord-américaine, mais l'oublier se remarque.

On conduit à droite, sur un réseau en bon état. Deux routes descendent vers le sud et elles n'ont rien à voir : la route du Désert (autoroute 15) relie Amman à Aqaba en quatre heures, la route des Rois met le double mais passe par Madaba, le canyon du Mujib, Karak, Dana et Shobak — c'est elle, l'itinéraire. Le stationnement est difficile à Amman, l'essence coûte à peu près comme en France, et les radars sont nombreux sur la route du Désert.

Informations vérifiées une à une, données à titre indicatif. Les règles d'entrée et les taux de change évoluent : vérifie auprès des sources officielles avant de partir.

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