2 h · Lisbonne
Tiqets · prix relevé le 23-08-2026 · lien affilié
715 € par personne sur place pour 7 jours, soit 102 € / jour — en 3 étapes, de Lisbonne à Porto. En passant par Óbidos.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Portugal classique
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Arrivée à aéroport Lisbonne Portela (LIS), retour depuis Porto Francisco-Sá-Carneiro (OPO) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
J1 → J3 · 3 nuits · 305 € par personne
Collines, azulejos, trams jaunes, fado
Une capitale bâtie sur sept collines, où l'on monte tout le temps et où les funiculaires et le tram 28 sont des transports, pas des attractions. ⚠️ Le tram 28 est le terrain de jeu des pickpockets aux heures de pointe. Les points de vue, les miradouros, sont gratuits et souvent le meilleur moment de la journée.
Lisbonne est bâtie sur sept collines au-dessus du Tage, et cette topographie décide de tout : on monte et l'on descend en permanence, sur des pavés de calcaire polis par l'usage qui deviennent franchement glissants sous la pluie. Les funiculaires et les ascenseurs publics ne sont pas des attractions mais des transports, intégrés au réseau et couverts par les mêmes titres.
⚠️ Le tram 28 traverse les plus beaux quartiers mais c'est aussi le terrain de jeu principal des pickpockets de la ville, surtout debout et aux heures de pointe. Le prendre tôt le matin depuis son terminus, assis, change à la fois le confort et le risque. Le tram 12, sur un parcours voisin, est bien moins fréquenté.
Les miradouros — Santa Luzia, Senhora do Monte, São Pedro de Alcântara — sont gratuits, ouverts en permanence, et constituent souvent le meilleur moment de la journée en fin d'après-midi. La ville en compte une dizaine, chacun sur une colline différente. ⚠️ Belém, où se trouvent le monastère des Hiéronymites et la tour, est à six kilomètres du centre : c'est une demi-journée à part entière, à faire en tram ou en train de banlieue, et les files y sont longues en milieu de journée. Les pastéis y sont vendus dans la maison d'origine, avec une file séparée pour la vente à emporter.
À table
Alfama est le seul quartier de Lisbonne resté debout après le séisme du 1ᵉʳ novembre 1755, l'un des plus meurtriers de l'histoire européenne : la secousse, l'incendie qui a suivi et le raz-de-marée ont détruit la ville basse presque entièrement. Le quartier a tenu parce qu'il est bâti sur un socle rocheux compact, à flanc de colline, et non sur les alluvions du Tage.
Son plan est antérieur à la reconquête chrétienne : le nom vient de l'arabe et désigne les sources ou les bains, et le tracé — ruelles sinueuses, impasses, escaliers, passages sous les maisons — est celui d'une médina. Il n'y a pratiquement aucune rue droite, et les plans y servent peu.
C'est le quartier des maisons de fado, où le chant est né au XIXᵉ siècle dans les milieux populaires et portuaires avant d'être respectable. ⚠️ Beaucoup d'établissements affichent un fado touristique avec dîner obligatoire et sonorisation ; les vrais lieux sont petits, sans micro, et exigent le silence complet pendant le chant — on n'y parle pas, on ne mange pas, on ne photographie pas. Les ruelles sont en pente et pavées de calcaire poli, glissant sous la pluie.
La terrasse est adossée à l'église Santa Luzia, tenue par l'ordre de Malte, et couverte de bougainvilliers grimpant sur une pergola — ce qui en fait l'un des très rares miradouros de Lisbonne à offrir de l'ombre, détail qui compte dans une ville où les points de vue sont en général des esplanades nues.
Les murs de l'église, du côté de la terrasse, portent de grands panneaux d'azulejos posés au début du XXᵉ siècle qui représentent des scènes de la Lisbonne d'avant le séisme, dont la place du Commerce telle qu'elle était et la prise du château aux Maures. C'est l'une des rares images de la ville disparue qu'on puisse regarder sur place.
La vue plonge sur les toits d'Alfama, le Panthéon national et le Tage. ⚠️ Le mirador est sur le parcours du tram 28 et se remplit complètement en fin de journée, avec musiciens et vendeurs ; le belvédère das Portas do Sol, à trente mètres, est plus vaste et donne à peu près la même chose. Les deux se rejoignent à pied depuis la cathédrale par une montée régulière.
C'est le point le plus élevé de Lisbonne accessible au public, au-dessus du quartier de Graça, et il donne la vue la plus complète de la ville : le château Saint-Georges en contrebas, Alfama, le centre, le Tage et le pont du 25-Avril d'un seul regard, avec la statue du Christ-Roi sur l'autre rive.
La petite chapelle qui lui donne son nom abrite un siège de pierre que la tradition attribue au premier évêque de Lisbonne et où les femmes enceintes venaient s'asseoir pour un accouchement heureux ; elle n'ouvre que rarement.
Sa fréquentation est nettement inférieure à celle des miradouros du bas, pour une raison simple : ni tram ni bus ne s'arrêtent devant, et il faut monter à pied depuis Graça, sur une pente sérieuse. C'est exactement ce qui le rend fréquentable au coucher du soleil, quand les autres débordent. ⚠️ Il n'y a ni café ni ombre sur l'esplanade, seulement un muret et quelques pins ; le vent y est plus fort qu'en bas.
L'église tient sur six piliers octogonaux très minces, sculptés jusqu'en haut, qui portent une seule voûte d'un bout à l'autre, sans arc de séparation : l'espace paraît trop large pour ce qui le soutient. C'est ce qui rend le lieu troublant quand on sait qu'en 1755, la ville s'effondrait dehors pendant que cette voûte tenait.
Le monastère occupe l'emplacement d'une chapelle de marins fondée par Henri le Navigateur, où l'équipage de Vasco de Gama avait passé la nuit en prière avant d'appareiller. Les deux tombeaux du chœur bas ont été installés bien plus tard, au XIXᵉ siècle, quand le pays s'est cherché des héros : ceux de Gama sont attestés, les ossements attribués à Camões ne le sont pas et personne ne s'en cache. Fernando Pessoa a rejoint le cloître en 1985, cinquante ans après sa mort. Et c'est ici qu'a été signé, en 2007, le traité européen qui porte le nom de la ville.
L'église est libre d'accès et le cloître se paie : les deux files n'ont rien à voir, et celle du cloître s'allonge à mesure que les cars arrivent de Lisbonne. Les monuments nationaux de Belém ferment le lundi — c'est le jour où le quartier paraît vide et où tout est clos.
Le parcours suit un seul goût, pas l'histoire de l'art : on passe d'une salle égyptienne à des céramiques d'Iznik, à des reliures persanes, à des toiles françaises, sans transition savante, parce que c'est l'ordre dans lequel un homme a acheté. La dernière salle est noire, et les bijoux de Lalique y sont éclairés un par un — dont une femme-libellule à corps d'émail et à serres, faite pour être portée.
Gulbenkian avait négocié pour lui-même une part des pétroles d'Irak, ce qui lui a valu son surnom, et il achetait avec le même sang-froid : quand l'Union soviétique a vendu des tableaux de l'Ermitage pour se financer, il en a pris quelques-uns des meilleurs. Réfugié à Lisbonne pendant la guerre, il n'en est plus reparti et a tout laissé à une fondation portugaise, à condition que la collection reste ensemble.
Le bâtiment de béton brut a été dessiné avec le jardin, qui n'est pas un décor : les baies donnent dessus, on sort et on rentre. Le parc et son étang sont libres d'accès, et le musée d'art moderne se trouve de l'autre côté des arbres. C'est l'un des rares endroits de Lisbonne où l'on n'attend pas.
Le site est une ancienne filature textile du XIXᵉ siècle, devenue ensuite imprimerie, puis abandonnée, et reconvertie en quartier d'ateliers, de bureaux, de restaurants et de boutiques sans que les bâtiments industriels soient effacés — les structures, les rails et les enseignes d'origine sont restés. La librairie installée dans une ancienne halle, sur deux niveaux avec passerelle, est le lieu le plus connu de l'ensemble.
Ce qui frappe surtout est la position : tout se trouve directement sous le tablier du pont du 25-Avril, si bien que les trains passent au-dessus des tables avec un grondement continu. Le pont a été construit dans les années 1960 par la même entreprise que le Bay Bridge de San Francisco, d'où une ressemblance frappante ; il portait alors le nom du dictateur Salazar, effacé après la révolution des Œillets d'avril 1974 dont il tire son nom actuel.
L'entrée est libre, un marché s'y tient le dimanche, et le quartier d'Alcântara autour se transforme rapidement. ⚠️ On y accède en tram ou en train de banlieue depuis le centre ; il n'y a pratiquement pas de stationnement.
En option — non compris dans le budget ci-dessus
2 h · Lisbonne
Tiqets · prix relevé le 23-08-2026 · lien affilié
53 € hébergement · 30 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le Chiado, 105 € la nuit.
J4 · 1 nuit · 75 € par personne
Village fortifié entier, blanchi à la chaux
Un village fortifié entier, blanchi à la chaux, qui tient dans dix minutes de marche — remparts compris, et l'on marche dessus sans garde-corps. Il se remplit en milieu de journée et se vide le soir : y dormir, c'est l'avoir pour soi. La ginjinha, liqueur de griotte servie dans un gobelet en chocolat, s'y boit à chaque coin de rue.
Óbidos est un village entièrement enclos dans ses murailles médiévales, blanchi à la chaux et souligné de bleu et de jaune, qui tient dans une dizaine de minutes de marche d'un bout à l'autre. Il a été offert en cadeau de mariage à la reine Isabel en 1282 et est resté propriété des reines du Portugal pendant plusieurs siècles.
⚠️ On marche sur les remparts et ils n'ont aucun garde-corps : le chemin de ronde est étroit, irrégulier, avec un vide de plusieurs mètres d'un côté et parfois des deux. Ce n'est pas adapté aux jeunes enfants ni aux personnes sujettes au vertige, et il est glissant après la pluie.
Sa taille en fait un village qu'on sature vite. Les cars arrivent en milieu de matinée et la rue Direita, l'unique artère commerçante, devient un couloir jusqu'en milieu d'après-midi. Le soir, une fois les visiteurs repartis, il se vide complètement et il n'y reste que quelques centaines d'habitants : y dormir, c'est l'avoir pour soi au lever du jour. La ginjinha, liqueur de griotte macérée, se boit à chaque coin de rue dans un petit gobelet en chocolat qu'on mange ensuite — c'est une spécialité locale et non un attrape-touriste.
À table
Le chemin de ronde fait le tour complet du village, sur environ un kilomètre et demi, et c'est le meilleur moyen de comprendre ce qu'est Óbidos : une ville entière tenant dans une enceinte, avec ses jardins, ses cours et ses toits vus d'en haut. On monte par un escalier près de la porte principale.
⚠️ Il n'y a aucun garde-corps du côté extérieur, et souvent aucun des deux côtés : le chemin est étroit, irrégulier, avec des marches usées, et le vide atteint plusieurs mètres. Ce n'est pas adapté aux jeunes enfants ni aux personnes sujettes au vertige, et cela devient franchement dangereux après la pluie. Aucune fermeture n'est prévue — le site est ouvert en permanence et sous la responsabilité du visiteur.
Le village a été offert en cadeau de mariage à la reine Isabel en 1282 par le roi Denis Iᵉʳ, et il est resté propriété des reines du Portugal pendant près de six siècles — d'où son entretien et son état de conservation. Tôt le matin, avant l'arrivée des cars, on parcourt les remparts sans croiser personne et l'on voit le village se réveiller en dessous.
La rua Direita traverse le village d'une porte à l'autre en quelques centaines de mètres, et son nom — la rue droite — désigne dans beaucoup de villes portugaises l'axe principal reliant deux portes, par opposition aux ruelles qui serpentent autour.
Les maisons sont chaulées de blanc et soulignées d'un bandeau bleu ou jaune au ras du sol et autour des ouvertures. La bande colorée n'était pas décorative à l'origine : la chaux additionnée de pigment servait de protection contre l'humidité remontant du sol et, selon la tradition, à éloigner les mauvais esprits. Le bleu et le jaune renvoient à la Vierge et à saint Jacques.
La rue est bordée de commerces et se remplit complètement du milieu de matinée au milieu d'après-midi, au point qu'on y avance en file. ⚠️ C'est là qu'on boit la ginjinha, liqueur de griotte macérée dans l'eau-de-vie et le sucre, servie dans un gobelet de chocolat qu'on mange ensuite — une spécialité locale ancienne et non un artifice récent. Les ruelles parallèles, elles, restent vides toute la journée.
43 € hébergement · 26 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans une maison ancienne, 85 € la nuit.
J5 → J7 · 3 nuits · 284 € par personne
Ribeira, ponts de fer, caves de porto
Une ville de granit et de fer, plus rude et plus abrupte que Lisbonne, coupée en deux par le Douro. Les caves de porto sont sur l'autre rive, à Vila Nova de Gaia, qu'on rejoint à pied par le tablier supérieur du pont Luís I. ⚠️ La librairie Lello fait payer l'entrée, déduite d'un achat de livre.
Porto est une ville de granit et de fer, plus sombre, plus rude et beaucoup plus abrupte que Lisbonne. Le Douro y coule dans une gorge étroite, et la ville s'accroche aux deux versants, ce qui donne des dénivelés brutaux entre la Ribeira au bord de l'eau et les places du haut — un immeuble peut avoir son rez-de-chaussée sur une rue et son cinquième étage sur une autre.
⚠️ Les caves de porto ne sont pas à Porto mais à Vila Nova de Gaia, sur l'autre rive : ce sont deux communes distinctes, et c'est là qu'ont toujours vieilli les vins. On y va à pied par le tablier supérieur du pont Luís I, réservé au métro et aux piétons, avec une vue remarquable — le tablier inférieur, lui, sert aux voitures. La traversée prend dix minutes.
⚠️ La librairie Lello fait payer l'entrée, un billet à réserver, déductible d'un achat de livre : c'est une décision assumée pour limiter l'affluence, l'endroit étant devenu invivable. Elle reste une librairie en activité. La gare de São Bento, elle, est gratuite et ses vingt mille azulejos racontent l'histoire du pays dans le hall — l'un des plus beaux ensembles du Portugal, qu'on traverse en dix minutes. Foz do Douro, à l'embouchure, offre une promenade océanique loin de la foule du centre.
À table
Le pont a été conçu par Théophile Seyrig, associé de Gustave Eiffel sur d'autres ouvrages, et achevé en 1886 : c'est une arche métallique unique portant deux tablets superposés, ce qui permettait de relier en même temps les quartiers hauts et les quais des deux rives, séparés par une gorge profonde. Le tablier supérieur, désormais réservé au métro et aux piétons, passe à une soixantaine de mètres au-dessus du Douro.
La traversée à pied par ce niveau haut est la meilleure promenade de Porto : on voit la Ribeira entière en contrebas, les caves de Vila Nova de Gaia en face, et l'on débouche sur le belvédère du monastère de la Serra do Pilar, l'un des plus beaux panoramas de la ville. ⚠️ Le passage piéton est étroit et la structure vibre au passage des rames ; ceux que le vide gêne emprunteront le tablier inférieur.
La Ribeira, classée par l'Unesco, est le vieux quartier des bateliers et des tonneliers, avec ses maisons hautes et étroites aux façades d'azulejos, empilées à flanc de gorge. ⚠️ Les restaurants du quai pratiquent des tarifs de terrasse ; on mange bien mieux dans les ruelles qui montent derrière.
L'escalier tourne dans l'épaisseur du mur et se rétrécit en montant ; des ouvertures régulières donnent la ville par tranches, un côté après l'autre, jusqu'à la plateforme, étroite et cernée d'une grille. En bas, l'église surprend davantage que la tour : elle est ovale, ce qui était presque inédit au Portugal.
L'ensemble est l'œuvre de Nicolau Nasoni, un peintre toscan venu décorer un plafond et resté des décennies, qui a donné à Porto son baroque. Il a demandé à être enterré dans cette église : on l'y a mis, sans noter l'endroit exact, et personne ne sait plus où. La tour, elle, a longtemps servi d'amer aux bateaux qui remontaient la barre du Douro : c'est ce qu'on voyait de la ville avant tout le reste.
La montée et la descente se font par le même escalier, avec des croisements serrés dans la partie haute : bagages encombrants à éviter, et ce n'est pas le lieu si les espaces étroits te pèsent. L'entrée se fait par créneau et le billet couvre aussi l'église et les salles attenantes. Là-haut, il y a toujours du vent.
Le bâtiment est bâti sur une pente, avec une cour ouverte au centre et deux niveaux qui donnent chacun sur une rue différente : on entre en bas et on ressort en haut sans avoir eu l'impression de monter. Autour de la cour, la morue sèche pend en planches raides, les tripes sont roulées sur les étals, et les fleuristes occupent les angles.
Les habitants de Porto se surnomment eux-mêmes les tripiers. L'histoire veut qu'en 1415, la ville ait donné toute sa viande à la flotte qui armait pour Ceuta et n'ait gardé que les abats : d'où le plat de tripes qui reste la spécialité locale, et un surnom porté comme un titre. Pendant les années de travaux, les marchands ont été installés dans une halle provisoire du quartier, et une partie est revenue — parfois les mêmes familles, sur le même emplacement.
Le matin, on vend et on interpelle ; l'après-midi, la moitié des stands est bâchée. Les prix ne sont pas toujours affichés sur les petits étals : demander avant. Prévoir des espèces. À deux rues de là, une église entièrement couverte d'azulejos bleus sur sa façade latérale se photographie depuis le trottoir d'en face.
On entre dans un hangar sombre et frais qui sent le bois humide et le sucre cuit, avec des fûts empilés sur trois hauteurs et des chiffres tracés à la craie sur les fonds. Les foudres géants d'un côté, les pièces plus petites de l'autre : c'est là, et pas ailleurs, que se décide le style — le bois large protège le fruit, le bois étroit laisse l'air travailler et brunit le vin.
Si tout est sur cette rive, c'est qu'une loi l'imposait : pendant deux siècles, le porto destiné à l'export devait vieillir et partir de Gaia. L'obligation n'a été levée qu'en 1986, et beaucoup de maisons sont restées. Les chais tournent le dos au soleil, murs de granit épais et toits bas : la fraîcheur est un choix technique, pas un hasard de géographie.
Les caves du quai sont les plus fréquentées, celles qui grimpent dans la colline nettement moins. Réserver, et demander la langue de la visite avant de payer. Le retour se fait à pied par le tablier supérieur du grand pont, partagé avec le métro — et non, il n'est pas d'Eiffel : c'est celui de son ancien associé. Le pont d'Eiffel est le pont ferroviaire, juste en amont.
Les grands panneaux se font face : d'un côté des batailles rangées, de l'autre l'entrée d'un cortège royal, et au fond des scènes de campagne — vendanges, moulins, pèlerinages, marchés — qui valent mieux que les épisodes héroïques. Tout en haut, sous le plafond, une frise en couleurs déroule l'histoire des transports, du char à bœufs à la locomotive : c'est le seul endroit où le décor parle du bâtiment lui-même.
Il a fallu attendre la mort de la dernière religieuse du couvent qui occupait le terrain pour pouvoir démolir : la communauté avait le droit d'y rester jusqu'au bout. Le roi a posé la première pierre en 1900, le peintre Jorge Colaço a mis une dizaine d'années à couvrir les murs, et la gare a ouvert en 1916.
C'est une gare en service, pas un musée : les trains de la ligne du Douro partent d'ici, ceux qui remontent le fleuve jusqu'à Pinhão compris. Le hall est vide et bien éclairé au tout début de la matinée ; ensuite, il n'y a plus que des téléphones levés. Aucune file, aucun guichet à passer, et on y entre de toute façon.
Des haies taillées, une roseraie, des allées en balcon au-dessus du fleuve, et une grosse coupole de béton posée au milieu. Les paons se promènent partout, crient sans prévenir et n'ont peur de personne. Aux belvédères, on voit le Douro s'élargir vers l'embouchure et les toits de Gaia sur l'autre rive.
Le palais de cristal qui donne son nom au parc n'existe plus : c'était une halle de fer et de verre, bâtie sur le modèle londonien pour une exposition internationale au milieu du XIXᵉ siècle, et elle a été démolie en 1951 pour faire place à la salle actuelle. Dans une villa du parc, devenue petit musée, un roi de Sardaigne qui avait abdiqué est mort en exil en 1849 — il avait choisi Porto pour disparaître de la scène.
L'entrée est libre et presque personne ne monte, alors que c'est la meilleure vue de la rive nord. Les terrasses descendent vers le fleuve, mais la remontée se mérite. Quand la salle accueille un concert, une partie des jardins peut être fermée : c'est le seul cas où l'on monte pour rien.
49 € hébergement · 29 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans un immeuble à azulejos, 98 € la nuit.
715 € par personne pour 7 jours, soit 102 € / jour. À deux, 1 430 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 349 € | 49 % |
| Repas | 203 € | 28 % |
| Transport sur place | 57 € | 8 % |
| Billets de train et de bus | 51 € | 7 % |
| Activités | 55 € | 8 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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