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Slovaquie en 10 jours : l'itinéraire jour par jour

1 071 € par personne sur place pour 10 jours, soit 107 € / jour — en 4 étapes, de Bratislava à Levoča et le château de Spiš. En passant par Banská Štiavnica et Hautes Tatras.

Autres durées : 5 jours · deux semaines · trois semaines · toutes les étapes de Slovaquie

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Bratislava — M. R. Štefánik (BTS), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Bratislava, Slovaquie

    01. Bratislava

    J1 → J3 · 3 nuits · 359 € par personne

    Une petite capitale sur le Danube, un château sur sa colline, Vienne à une heure

    La plus petite capitale d'Europe centrale : une vieille ville baroque en quelques rues, le château blanc sur sa colline, la soucoupe du pont SNP, l'église Bleue, et Devín en ruine au confluent de la Morava. Deux nuits suffisent. ⚠️ L'aéroport de Vienne est à une heure de bus et reçoit bien plus de vols.

    En savoir plus sur Bratislava

    Bratislava est la plus petite des capitales d'Europe centrale, et la seule qui touche deux pays — l'Autriche et la Hongrie sont à quelques kilomètres. Elle a été, sous le nom de Pozsony, la capitale de la Hongrie pendant deux siècles et demi, quand Buda était turque ; onze rois y ont été couronnés dans la cathédrale Saint-Martin, dont Marie-Thérèse. Ce passé tient dans une vieille ville de quelques rues, piétonne, avec ses palais baroques, ses cafés et ses statues de bronze, dominée par le château blanc à quatre tours reconstruit après l'incendie de 1811.

    Le reste est un mélange que peu de villes offrent : le pont SNP et sa soucoupe volante des années 1970, Petržalka et ses barres de béton de l'autre côté du Danube, l'église Bleue de Lechner, Art nouveau en sucre glace, et à quinze kilomètres le château de Devín, ruine sur un rocher au confluent de la Morava, qui fut un poste frontière du rideau de fer. ⚠️ Deux nuits suffisent ; la ville se visite en une journée pleine et Devín en une demi-journée.

    On arrive par son aéroport ou, plus souvent, par celui de Vienne, à une heure de bus. Tout se fait à pied dans le centre ; le bus 29 mène à Devín, et le tram traverse le Danube. La ville est bon marché pour une capitale, et les vinothèques y servent les blancs des Petites Carpates, le vignoble qui commence aux portes de la ville.

    À table

    • Bryndzové halušky — les petites quenelles de pomme de terre au fromage de brebis frais et au lard grillé, le plat national, dans toute taverne de la vieille ville.
    • Bratislavský rožok — le croissant fourré de pavot ou de noix, recette protégée de la ville, dans les boulangeries du centre le matin.
    • Kapustnica — la soupe au chou aigre, à la saucisse fumée et aux champignons, servie en entrée l'hiver comme l'été.
    • Vin des Petites Carpates — les blancs de Pezinok et de Modra, à trente minutes, au verre dans les vinothèques du centre.
    • Kofola — le cola tchécoslovaque aux herbes, moins sucré, servi à la pression avec la bière dans les bars.

    Jour 1

    • Vieille ville et cathédrale Saint-Martin, Bratislava, Slovaquie
      Vieille ville et cathédrale Saint-Martin La vieille ville tient dans un kilomètre carré piéton : la porte Saint-Michel et sa tour, la place principale avec l'ancien hôtel de ville, le palais Primatial où fut signée la paix de Presbourg en 1805, les statues de bronze — Čumil, l'ouvrier qui sort de sa bouche d'égout. La cathédrale Saint-Martin a couronné onze rois de Hongrie entre 1563 et 1830, Marie-Thérèse comprise ; une couronne dorée de trois cents kilos coiffe son clocher.
      En savoir plus

      Commence sous la porte Saint-Michel, la seule des quatre portes médiévales encore debout, coiffée d'un bulbe baroque et de l'archange terrassant le dragon : une plaque de bronze scellée dans le passage donne les distances aux capitales du monde, c'est le kilomètre zéro de la ville. La rue qui descend est la plus étroite du centre, et l'on débouche sur la place principale, où un soldat napoléonien de bronze s'accoude à un banc face à l'ambassade de France — Bonaparte a assiégé et occupé Presbourg deux fois.

      Saint-Martin est une église de couronnement, pas de pèlerinage : les Habsbourg s'y faisaient rois de Hongrie parce que Buda était aux Ottomans, et de petites couronnes dorées incrustées dans le pavé marquent encore le chemin du cortège à travers les rues. À l'intérieur, la statue de plomb de saint Martin partageant son manteau le montre en hussard hongrois, moustache et bottes comprises — une œuvre de Georg Raphael Donner, sculpteur de la cour.

      Ne t'étonne pas du grondement : la voie rapide du pont SNP passe à quelques mètres du chevet. Le palais Primatial, rose, ouvre sa salle des Glaces, celle du traité de 1805.

      marché
      gratuit
    • Château de Bratislava et Musée historique, Bratislava, Slovaquie
      Château de Bratislava et Musée historique Le château blanc à quatre tours d'angle qui domine le Danube, incendié en 1811, resté en ruine un siècle et demi et reconstruit après 1953. Les cours, le jardin baroque et la terrasse sont libres et donnent sur trois pays ; le musée historique du SNM, dans le palais, expose le trésor de la Slovaquie et monte à la tour de la Couronne. ⚠️ Fermé le lundi ; l'enceinte, elle, est ouverte tous les jours.
      En savoir plus

      Les Bratislavais l'appellent la table retournée : un bloc blanc rectangulaire dressé sur ses quatre tours d'angle, visible de partout dans la ville et depuis l'Autriche. La silhouette date de Marie-Thérèse, qui en avait fait au XVIIIᵉ siècle une résidence de cour ; l'incendie de 1811, parti d'un bivouac de soldats, l'a vidé jusqu'aux murs, et pendant un siècle et demi la colline a porté une ruine que les cartes postales montraient sans commentaire. Ce que tu vois est la reconstruction entreprise après 1953, achevée avec le siège du Parlement slovaque, juste à côté.

      La tour de la Couronne, la plus massive, est aussi la plus ancienne : c'est là que la couronne de saint Étienne, celle des rois de Hongrie, a été gardée pendant que Buda était turque. Le musée qui occupe le palais la fait monter par ses étages, avec les collections d'histoire du pays, et l'on sort tout en haut sur le Danube.

      Monte à pied par l'escalier du château depuis la vieille ville, et fais le tour de l'enceinte avant d'entrer : le jardin baroque du flanc nord et la terrasse sud, d'où l'on voit Petržalka, le pont et, par temps clair, la plaine autrichienne, se parcourent librement.

      culture
      14 €
    • Église Bleue et le quartier de Sainte-Élisabeth, Bratislava, Slovaquie
      Église Bleue et le quartier de Sainte-Élisabeth L'église Sainte-Élisabeth, dite l'église Bleue, construite en 1913 par Ödön Lechner, le Gaudí hongrois : façade bleu pâle, mosaïques, toits de tuiles vernissées bleues, tout en Sécession hongroise à dix minutes à pied de la vieille ville. Le lycée voisin est du même architecte. ⚠️ L'intérieur n'ouvre qu'aux offices et à quelques heures dans la journée ; on la voit surtout du dehors, et c'est déjà beaucoup.
      En savoir plus

      Elle ne devait être qu'une chapelle : celle du lycée catholique voisin, qu'Ödön Lechner construisait en même temps, dans la même rue et le même style. Le résultat a mangé le projet. Tout est bleu, du sol au clocher — le crépi pastel, les tuiles vernissées du toit, les bancs et les voûtes à l'intérieur — et tout est courbe : pas un angle droit sur la façade, un clocher rond, une rosace qui semble dessinée à main levée.

      Lechner cherchait un style national hongrois, tiré des broderies paysannes et de l'Orient, à l'heure où Vienne faisait la Sécession. La sainte à qui l'église est dédiée, Élisabeth de Hongrie, est née dans le château qui domine la ville en 1207 ; la mosaïque du fronton la montre avec les roses de sa légende, celles que le pain volé aux cuisines pour les pauvres serait devenu quand son mari l'a surprise.

      Le quartier autour est celui des palais de l'administration austro-hongroise, calme, à cinq minutes de la vieille ville en descendant vers le Danube. Si tu veux l'intérieur, viens à l'heure d'une messe et reste au fond — c'est une paroisse, pas un musée, et les portes se referment dès la fin de l'office.

      marché
      gratuit
    • Château de Devín, au confluent de la Morava, Bratislava, Slovaquie
      Château de Devín, au confluent de la Morava Une ruine sur un rocher de cent mètres au-dessus du confluent de la Morava et du Danube, à quinze kilomètres du centre par le bus 29 : forteresse celte, romaine, grand-morave, hongroise, dynamitée par Napoléon en 1809. En bas, la rive de la Morava était le rideau de fer — un mémorial rappelle ceux qui ont tenté de traverser. ⚠️ Fermé le lundi ; le site, la vue et la rivière valent le déplacement même sans entrer.
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      Le rocher tombe à pic dans l'eau, et de son sommet on voit les deux rivières se rejoindre sans se mêler tout de suite — la Morava, plus claire, longe la rive un moment avant d'être avalée par le Danube. La rive d'en face est l'Autriche. C'est cette position qui a fait de Devín une forteresse depuis les Celtes, un poste romain, puis un centre de la Grande-Moravie au IXᵉ siècle ; les troupes de Napoléon l'ont fait sauter en 1809 en se retirant, et personne ne l'a relevée.

      La tourelle qu'on photographie le plus est la plus petite : la tour de la Vierge, une guérite plantée sur une aiguille de rocher au-dessus du vide, à laquelle s'attache une légende de fiancée jetée dans le fleuve. En bas, le long de la Morava, un mémorial en forme de porte rappelle que cette berge a été, quarante ans durant, la frontière la plus gardée d'Europe : barbelés, miradors, et des morts pour avoir tenté de nager jusqu'à l'Autriche, qu'on voit à portée de voix.

      Prends le bus 29 sous le pont SNP, ou le vélo : une piste suit le Danube jusqu'au village, et continue au nord le long de la Morava sur l'ancien chemin des patrouilles. Le vent souffle fort sur le rocher, même l'été.

      culture
      8 €

    Jour 2

    • Danubiana, le musée d'art sur le Danube, Bratislava, Slovaquie
      Danubiana, le musée d'art sur le Danube Un musée d'art contemporain posé sur une péninsule au milieu du Danube, à vingt kilomètres au sud du centre, avec un parc de sculptures qui court jusqu'à l'eau et des expositions temporaires d'artistes d'Europe centrale. On y va en bus, en vélo par la digue du Danube, ou l'été par le bateau qui part du centre. ⚠️ Fermé le lundi ; prévoir la demi-journée avec le trajet.
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      Le bâtiment a la forme d'une galère romaine échouée à la pointe d'une langue de terre, avec le fleuve de chaque côté et les digues du barrage de Gabčíkovo à l'horizon. Il est né en 2000 de la rencontre d'un galeriste slovaque et d'un industriel néerlandais, Gerard Meulensteen, qui a mis sa collection et son argent dans un musée privé là où personne n'en aurait construit ; une extension l'a doublé en 2014.

      À l'intérieur, une collection d'art d'après-guerre où l'Europe centrale tient la place que les grands musées lui refusent — peinture gestuelle, sculpture, Cobra, les artistes slovaques et tchèques des années 1960 — et deux ou trois expositions temporaires par an. Le parc de sculptures fait le tour de la péninsule au ras de l'eau, avec des bancs, des pontons et le Danube très large, à cet endroit presque un lac.

      Il n'y a rien d'autre à Čunovo, et c'est le charme : on vient pour la demi-journée, on déjeune au café du musée sur la terrasse. En vélo, la digue du Danube y mène depuis le centre sans une côte, et l'on passe devant le point où l'Autriche, la Hongrie et la Slovaquie se touchent.

      culture
      12 €

    Jour 3

    • La plateforme UFO du pont SNP, Bratislava, Slovaquie
      La plateforme UFO du pont SNP Le pont suspendu asymétrique de 1972, porté par un seul pylône incliné coiffé d'une soucoupe volante à 95 mètres — un des symboles de l'architecture socialiste, construit en rasant le quartier juif au pied du château. L'ascenseur monte dans le pylône à la plateforme circulaire : vue sur la vieille ville d'un côté, sur les barres de Petržalka et l'Autriche de l'autre. ⚠️ Le bar-restaurant du dessus a ses propres prix.
      En savoir plus

      Le pont tient sur une seule jambe : un pylône en A, penché vers Petržalka, d'où partent les câbles qui portent tout le tablier au-dessus du Danube, sans un pilier dans l'eau. Au sommet, une soucoupe de béton et de verre — c'était un restaurant dès l'ouverture, en 1972, et le nom d'UFO lui est resté. L'ascenseur monte dans une des deux jambes du pylône ; l'autre contient un escalier de secours que personne ne prend.

      Ce pont a un prix que la ville n'oublie pas. Pour lui ouvrir la route, le régime a rasé le quartier au pied du château, la rue juive avec sa grande synagogue néologue, et une partie de la ville basse. La cathédrale Saint-Martin, restée seule au bord de la tranchée, en tremble encore. Un mémorial près du chevet garde le dessin de la synagogue disparue.

      Là-haut, deux vues opposées, et c'est ce qui vaut la montée : au nord le château, la vieille ville, les Petites Carpates ; au sud les barres de Petržalka, la plus grande cité d'habitation de l'ancienne Tchécoslovaquie, puis les champs autrichiens. Vas-y en fin d'après-midi et reste pour les lumières ; le pont lui-même se traverse à pied par la passerelle sous le tablier, gratuitement.

      culture
      13 €

    45 € hébergement · 35 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la porte Saint-Michel, 90 € la nuit.

    Voir les hébergements à Bratislavalien affilié

  2. Bratislava → Banská Štiavnica — R1 par Nitra et Žiar nad Hronom — 175 km, 2 h 12, 8 € par personne (15 € à partager).
  3. Banská Štiavnica, Slovaquie

    02. Banská Štiavnica

    J4 → J5 · 2 nuits · 182.5 € par personne

    La ville de l'argent, ses deux châteaux et ses lacs artificiels, dans un cratère boisé

    Une ville minière du XVIIIᵉ siècle restée intacte dans le cratère d'un volcan, classée à l'Unesco : mine à visiter casqué, Vieux et Nouveau châteaux, calvaire baroque sur la colline, lacs artificiels des mineurs où l'on se baigne l'été. ⚠️ Mal desservie en train ; bus depuis Zvolen, ou la voiture.

    En savoir plus sur Banská Štiavnica

    Banská Štiavnica est une ville minière posée dans la caldeira d'un volcan éteint, au centre du pays : au XVIIIᵉ siècle, ses mines d'argent et d'or en faisaient la troisième ville de Hongrie et le siège de la première école supérieure des mines du monde, fondée en 1762. Quand les filons se sont épuisés, la ville s'est arrêtée, et elle est restée telle quelle — maisons bourgeoises Renaissance et baroques accrochées aux pentes, deux châteaux, une place en pente avec sa colonne de peste, un calvaire baroque sur la colline d'en face. L'Unesco l'a classée en 1993 avec ses « tajchy », les lacs artificiels creusés pour alimenter les machines des mines.

    On y descend sous terre au musée minier de plein air, casque sur la tête, dans une galerie du XVIIᵉ siècle ; on monte au Vieux château, une église romane transformée en forteresse contre les Turcs, et au Nouveau château, la tour blanche de guet ; et l'on marche jusqu'au calvaire, vingt-trois chapelles sur une colline volcanique. Les tajchy, l'été, sont les lieux de baignade des habitants.

    ⚠️ La ville est mal desservie : pas de gare sur la grande ligne, un bus depuis Zvolen ou Banská Bystrica, ou la voiture — c'est le segment où elle se justifie. Deux nuits sont le bon compte. Depuis quelques années, artistes et cafés s'y sont installés ; c'est la ville la plus douce du parcours.

    À table

    • Kapustnica — la soupe au chou aigre et à la saucisse fumée, épaisse, le plat des mineurs, dans les tavernes de la place de la Trinité.
    • Lokše — les galettes de pomme de terre à la graisse d'oie ou à la confiture de prune, dans les cafés de la rue Andrej Kmeť.
    • Pivo Erb — la bière de la brasserie du centre, rousse ou blonde, brassée dans une maison de la vieille ville.
    • Slivovica — l'eau-de-vie de prune, souvent distillée à la maison, offerte à l'arrivée dans une pension et à ne pas refuser.

    Jour 4

    • Le calvaire baroque, Banská Štiavnica, Slovaquie
      Le calvaire baroque Vingt-trois chapelles et trois églises rouge et blanc grimpant une colline volcanique face à la ville, construites par les jésuites en 1751 et restaurées après des décennies d'abandon. Une heure de montée par les stations, gratuite, avec la ville entière et les collines boisées en dessous ; le meilleur point de vue de l'étape, et une des plus belles compositions baroques du pays.
      En savoir plus

      Deux églises rouge et blanc encadrent la montée, une en bas, une au sommet, et entre les deux les chapelles des stations grimpent en zigzag sur la pente d'un cône volcanique, chacune avec son bas-relief sculpté et peint. Les jésuites l'ont bâti au milieu du XVIIIᵉ siècle avec l'argent des bourgeois de la ville, et il a été, pendant deux siècles, le lieu de pèlerinage de toute la région minière.

      Sous le régime communiste, plus personne n'y montait officiellement : les chapelles ont été pillées, les reliefs volés ou brisés, les toits effondrés. Le site a été inscrit sur une liste des monuments les plus menacés du monde, et c'est une fondation locale qui l'a relevé, chapelle par chapelle, depuis une quinzaine d'années — la restauration est récente, et elle se voit.

      Le départ est au bas de la colline, à l'est de la ville, avec un petit parking. Monte par les stations et redescends par le sentier en forêt ; prends de l'eau, la pente est en plein soleil. L'église du haut n'est pas toujours ouverte, mais c'est la terrasse devant elle qui compte : la ville entière, ses deux châteaux et les collines boisées à l'infini.

      nature
      gratuit
    • Musée minier de plein air et la galerie Bartolomej, Banská Štiavnica, Slovaquie
      Musée minier de plein air et la galerie Bartolomej On enfile casque, lampe et manteau pour descendre dans la galerie Bartolomej, creusée au XVIIᵉ siècle, et suivre un guide dans un kilomètre et demi de boyaux : les fronts de taille, les outils, la façon dont on montait l'eau et le minerai. En surface, les bâtiments et les machines des mines de la vallée. ⚠️ Visite guidée par créneaux, en slovaque avec fiche en anglais ; sept degrés sous terre, prévoir une veste.
      En savoir plus

      On ne descend pas par un ascenseur : on entre à pied dans la montagne par une galerie horizontale, la Bartolomej, casque sur la tête et lampe au poing, et l'on suit le guide dans les boyaux que les mineurs ont creusés à la main puis à la poudre. Les parois portent les traces des outils, les étais de bois tiennent le plafond, et l'eau goutte partout — le vrai ennemi des mines d'ici n'était pas la roche mais l'eau, qu'il fallait remonter sans arrêt.

      C'est ce problème qui a rendu la ville célèbre bien au-delà de l'argent : pour pomper, on a inventé ici des machines, et pour former ceux qui les concevaient, Marie-Thérèse a fondé l'Académie des mines, la première école d'ingénieurs de ce genre au monde. Les étudiants venaient de toute l'Europe. En surface, le musée aligne les chevalements, les treuils et les wagonnets des puits de la vallée, et une exposition explique comment l'argent était séparé du minerai.

      La visite se fait par créneaux et à l'heure du guide ; arrive un peu avant, et prends une veste même en août — la température sous terre ne bouge pas. Le musée est à la sortie sud de la ville, une demi-heure à pied depuis la place, en descendant.

      culture
      14 €
    • Les tajchy, les lacs des mineurs, Banská Štiavnica, Slovaquie
      Les tajchy, les lacs des mineurs Une soixantaine de lacs artificiels creusés aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles pour actionner les pompes et les broyeurs des mines, reliés par des canaux, classés avec la ville. Ils servent aujourd'hui de lieux de baignade : Počúvadlo, le plus grand, à dix kilomètres, avec sa plage et le sentier qui monte au Sitno, le sommet du massif ; Klinger, en ville, à vingt minutes à pied. Gratuit, et l'été toute la ville y est.
      En savoir plus

      Ce sont des lacs de barrage avant l'heure : des digues de terre tassée qui retiennent l'eau des vallons, reliées par des kilomètres de canaux et de galeries pour amener la force motrice aux pompes et aux broyeurs des mines. Le système en compte des dizaines, et il est l'œuvre d'ingénieurs dont la ville porte encore les noms — Samuel Mikovíni, mathématicien et cartographe, en a dessiné les plus grands. C'est pour eux, autant que pour les maisons, que l'Unesco a classé Banská Štiavnica.

      Aujourd'hui les mines sont fermées, l'eau est claire, et les tajchy sont les plages de la ville. Počúvadlo, le plus vaste, à dix kilomètres au sud, a une rive aménagée, des pédalos et des restaurants ; de là part le sentier du Sitno, le sommet du massif, une table basaltique avec une tour de guet et une légende de chevaliers endormis dans la montagne qui se réveilleront quand le pays aura besoin d'eux. Klinger, tout près du centre, est le lac des habitants, avec sa buvette.

      Un bus relie la gare routière à Počúvadlo plusieurs fois par jour en été ; à pied, un sentier balisé va de tajch en tajch autour de la ville, et c'est la plus belle promenade d'une journée sans musée.

      détente
      gratuit

    Jour 5

    • Nouveau château, Banská Štiavnica, Slovaquie
      Nouveau château La tour de guet blanche à six niveaux et quatre tourelles, élevée en 1571 pour surveiller l'arrivée des Turcs, sur une colline face au Vieux château. Elle abrite une exposition sur les guerres ottomanes en Slovaquie et, tout en haut, la vue la plus complète sur la ville et le calvaire. ⚠️ Montée raide ; la tour est le repère qu'on voit de partout.
      En savoir plus

      Une tour blanche à six niveaux, flanquée de quatre tourelles rondes, plantée seule sur une colline face à la ville : on l'a bâtie en quelques années, vers 1570, pour une seule fonction — voir venir les Turcs. Des guetteurs y vivaient en permanence, et le signal partait de là vers la Klopačka, la tour au marteau de bois de la ville, puis vers les villages de la vallée. Les Ottomans ne sont jamais montés jusqu'à Banská Štiavnica, mais ils ont brûlé les villages en contrebas, et la peur a duré un siècle et demi.

      À l'intérieur, l'exposition raconte ces guerres avec des armes, des gravures et des cartes ; elle est courte, et la plupart des visiteurs montent pour le dernier étage. De là-haut, la ville se lit d'un coup d'œil : la place en pente, le Vieux château, le calvaire sur sa colline volcanique, et les entrées de galerie qui percent les flancs du cratère.

      Il n'y a pas de route : on y monte à pied depuis la place par une rue raide qui devient escalier. C'est la première chose à faire en arrivant, pour situer le reste — et la dernière au coucher du soleil, quand la lumière vient de derrière le calvaire.

      culture
      5 €

    30 € hébergement · 28 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension dans une maison bourgeoise, 60 € la nuit.

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  4. Banská Štiavnica → Hautes Tatras — Par Zvolen et Banská Bystrica, R1 puis D1 — 220 km, 3 h, 10 € par personne (20 € à partager).
  5. Hautes Tatras, Slovaquie

    03. Hautes Tatras

    J6 → J8 · 3 nuits · 332 € par personne

    Les plus petites hautes montagnes du monde : lacs glaciaires, refuges, téléphériques

    Un massif de granit qui monte d'un coup à 2 655 mètres, parc national entier : lacs glaciaires, refuges gardés, le téléphérique du Lomnický štít et le tramway rouge entre les trois stations. ⚠️ Sentiers d'altitude fermés jusqu'au 15 juin ; trois nuits pour s'assurer un jour de beau temps.

    En savoir plus sur Hautes Tatras

    Les Hautes Tatras sont un massif de vingt-six kilomètres de long qui monte d'un coup à 2 655 mètres au-dessus de la plaine de Poprad — « les plus petites hautes montagnes du monde », disent les Slovaques, et c'est exact : des crêtes de granit, des lacs glaciaires, des refuges gardés, des marmottes et des chamois, sur une surface qu'on traverse à pied en trois jours. Tout le massif est parc national, traversé par la Magistrála, le sentier rouge qui court à mi-pente d'un bout à l'autre.

    Trois villages-stations alignés au pied, reliés par le tramway rouge : Štrbské Pleso et son lac, à l'ouest ; Starý Smokovec, le centre, avec son funiculaire pour Hrebienok ; Tatranská Lomnica, à l'est, d'où le téléphérique monte à Skalnaté pleso puis au Lomnický štít, le second sommet du pays. On dort dans l'un des trois et l'on rayonne — les randonnées classiques partent toutes des arrivées de remontées : Popradské pleso, les cascades du Studený potok, le refuge de Téry.

    ⚠️ Les sentiers au-dessus des refuges sont fermés du 1ᵉʳ novembre au 15 juin, et les téléphériques s'arrêtent dès que le vent se lève : monter tôt, et avoir un plan B en vallée. Trois nuits sont un minimum pour avoir une journée de beau temps ; on arrive en train à Poprad depuis Bratislava ou Košice, puis le tramway. Les refuges se réservent des semaines à l'avance en été, la ville d'en bas non.

    À table

    • Bryndzové halušky — les quenelles au fromage de brebis et au lard, servies dans les refuges (chata) après la montée : le plat de tous les randonneurs.
    • Žinčica — le petit-lait de brebis, aigre et tiède, bu au verre dans les bergeries et les koliba ; ⚠️ déroutant la première fois.
    • Oštiepok et parenica — les fromages de brebis fumés, en forme d'œuf décoré ou de rouleau, aux étals de Starý Smokovec et de Tatranská Lomnica.
    • Tatranský čaj — le « thé des Tatras », une liqueur d'herbes à cinquante-deux degrés qu'on verse dans le thé au refuge.
    • Kapustnica — la soupe au chou et à la saucisse fumée, dans toute chata d'altitude.

    Jour 6

    • Štrbské Pleso et Popradské pleso, Hautes Tatras, Slovaquie
      Štrbské Pleso et Popradské pleso Le lac de Štrbské Pleso, à 1 350 mètres, entouré d'hôtels des années 1970 et de tremplins de saut à ski, se contourne en une demi-heure ; de là, deux heures de montée douce mènent à Popradské pleso, un lac glaciaire avec son refuge et le cimetière symbolique des victimes de la montagne, sous les parois. La randonnée classique et la plus sûre du massif. ⚠️ Le tramway y monte depuis Starý Smokovec en une demi-heure.
      En savoir plus

      Le premier lac est celui des cartes postales, et il est urbain : des hôtels des années 1970 sur ses rives, dont la pyramide de béton de l'hôtel Patria, des tremplins de saut à ski au-dessus, des barques à louer, un sentier qui en fait le tour à plat. C'est le point de départ le plus haut du tramway et de la crémaillère qui monte de Štrba, et le seul endroit du massif où l'on peut, sans marcher, avoir les sommets dans l'eau.

      Popradské pleso, deux heures plus haut par un chemin large et régulier, est l'autre monde : un lac sombre enfermé par des parois, un refuge en pierre et en bois qui sert à manger, et le silence. Sur la pente au-dessus, le cimetière symbolique rassemble sous les pins des croix de bois peintes et des plaques pour tous ceux que les Tatras ont pris — alpinistes, skieurs, secouristes, une petite chapelle au milieu. C'est un peintre qui l'a fondé dans les années 1930, après une avalanche.

      Le chemin de Popradské pleso est le plus sûr du massif et reste ouvert quand les crêtes sont fermées : c'est la randonnée de mai et de juin. Le sentier du col de l'Ostrva, en lacets au-dessus du lac, n'ouvre qu'à la saison d'altitude.

      sport
      gratuit
    • Hrebienok et les cascades du Studený potok, Hautes Tatras, Slovaquie
      Hrebienok et les cascades du Studený potok Le funiculaire de Starý Smokovec monte en huit minutes à Hrebienok, le balcon à 1 280 mètres d'où partent les sentiers les plus fréquentés : les cascades du Studený potok en une demi-heure, puis la vallée jusqu'au refuge Zamkovského et au refuge de Téry, sur un lac à 2 000 mètres — cinq heures aller-retour. ⚠️ On peut aussi monter à pied depuis Starý Smokovec en une heure ; le billet ne sert alors que pour la descente.
      En savoir plus

      Le funiculaire, en service depuis le début du XXᵉ siècle, grimpe en ligne droite dans la forêt et dépose sur une clairière avec des restaurants, des transats et le début de tout : c'est de Hrebienok que partent la plupart des randonnées de la vallée centrale. Le premier but est à une demi-heure de marche presque plate, les cascades du Studený potok, le torrent froid, qui saute par paliers dans un lit de gros blocs — la Grande cascade est la plus haute.

      Plus haut, le chemin monte dans la vallée jusqu'au refuge Zamkovského, puis raide jusqu'au refuge de Téry, posé au bord des Cinq lacs du Spiš dans un cirque de granit : c'est le plus ancien des refuges de haute montagne des Tatras, et l'un des rares où l'on dort au-dessus de deux mille mètres. Sur le sentier, tu croiseras des porteurs — les nosiči — qui montent le ravitaillement des refuges sur des cadres de bois, à dos d'homme, comme depuis un siècle ; leur musée est au refuge Rainer, juste au-dessus de Hrebienok, le plus vieux du massif.

      Descends à pied si tu as des genoux : le sentier retrouve Starý Smokovec en une heure par la forêt. L'hiver, la clairière accueille un dôme de glace sculptée que toute la Slovaquie vient voir.

      sport
      16 €

    Jour 7

    • Ždiar et les Belianske Tatry, Hautes Tatras, Slovaquie
      Ždiar et les Belianske Tatry Un village de montagne des Gorals, à vingt kilomètres à l'est, où les maisons de bois peintes en bleu et blanc s'alignent sous les Belianske Tatry, la partie calcaire et interdite du massif. Une maison-musée montre l'intérieur d'une ferme, et le sentier de Monkova dolina — la seule vallée ouverte des Belianske — monte vers le col de Široké. Le bus y va depuis Tatranská Lomnica.
      En savoir plus

      Le village s'étire sur plusieurs kilomètres le long de la route qui mène en Pologne, et il ne ressemble à rien d'autre dans les Tatras : des maisons de rondins à toits de bardeaux, peintes en bleu ciel et blanc sur les joints, avec des motifs de fleurs autour des fenêtres. Les Gorals qui vivent ici sont des montagnards à cheval sur la frontière, avec leur parler proche du polonais, leurs costumes et leurs bergeries — c'est chez eux qu'on goûte l'oštiepok fumé le plus authentique.

      La maison de Ždiar, au centre, montre l'intérieur d'une ferme telle qu'elle était il y a un siècle, avec la chambre peinte et les outils ; la visite est courte et tenue par des gens du village. Au-dessus, les Belianske Tatry dressent leurs crêtes calcaires, blanches et herbeuses, si différentes du granit gris de l'autre côté — une réserve où l'on ne marche pas, sauf par une seule vallée, la Monkova dolina, qui monte au col de Široké quand la saison d'altitude est ouverte.

      Le bus de Tatranská Lomnica dépose au village. Prends la journée : le sentier de Monkova dolina est raide et beau, et les pensions de Ždiar, moins chères que celles des stations, permettent de dormir loin du monde.

      marché
      gratuit
    • Grotte de Belianska, Hautes Tatras, Slovaquie
      Grotte de Belianska La seule grotte ouverte des Tatras, dans le massif calcaire des Belianske Tatry à l'est : un kilomètre de galeries, des cascades de calcite et des salles à trente mètres de haut, visitées avec un guide depuis 1882. Un jour de pluie, c'est l'activité de repli du massif. ⚠️ 860 marches à l'intérieur ; six degrés toute l'année ; fermée le lundi, et l'hiver.
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      Les Belianske Tatry sont l'autre moitié du massif, en calcaire blanc, et la grotte est la seule porte qu'on ait le droit d'y ouvrir : les crêtes au-dessus sont une réserve intégrale, fermée aux marcheurs. On entre à flanc de montagne, au-dessus du village de Tatranská Kotlina, après une montée en lacets dans la forêt qui sert d'échauffement, et l'on suit un circuit de galeries et de salles tapissées de draperies de calcite, avec des lacs souterrains et une cascade figée dans la pierre.

      Elle a été ouverte au public dès les années 1880, l'une des premières de l'Empire, et éclairée à l'électricité alors que les villages en bas n'en avaient pas encore. Une des salles, aux parois hautes, a servi de salle de concert : l'acoustique y est celle d'une cathédrale, et le guide le fait entendre.

      Il faut monter et descendre beaucoup de marches, mouillées, dans une température de cave qui ne change jamais ; des chaussures fermées et une polaire sont nécessaires, et la visite ne convient pas aux poussettes. Le bus de Tatranská Lomnica s'arrête au pied. Les jours de pluie, tout le massif a la même idée : viens tôt.

      nature
      15 €

    Jour 8

    • Téléphérique de Skalnaté pleso, Hautes Tatras, Slovaquie
      Téléphérique de Skalnaté pleso Depuis Tatranská Lomnica, une télécabine puis un téléphérique montent en vingt minutes à Skalnaté pleso, un lac glaciaire à 1 750 mètres sous la paroi du Lomnický štít, avec un observatoire astronomique et un refuge. De là partent la Magistrála vers Hrebienok, en deux heures à plat, et le télésiège du Lomnické sedlo. ⚠️ Prix du guichet ; en ligne trois jours avant, c'est un peu moins. Ferme par vent fort.
      En savoir plus

      La montée se fait en deux temps : des télécabines de Tatranská Lomnica jusqu'à la station intermédiaire de Štart, dans la forêt, puis une grande cabine qui s'élève au-dessus des derniers pins jusqu'à un cirque de rocher. Là, le lac est souvent absent : Skalnaté pleso perd son eau dans le sol au fil de l'été, et l'on trouve en août une cuvette de galets. Ce n'est pas un défaut de la saison, c'est la nature du lac.

      Le bâtiment aux coupoles sur la rive est un observatoire de l'Académie des sciences, installé ici pendant la guerre pour la pureté de l'air ; on y a découvert des comètes. En face, le refuge Encián sert des halušky avec vue sur la paroi du Lomnický štít, qui tombe droit sur le lac. Un télésiège continue jusqu'au col de Lomnické sedlo, le plus haut du pays, d'où un sentier redescend vers les lacs — c'est là que l'on voit des chamois.

      Prends la première cabine du matin : le vent se lève avec le jour et les fermetures se décident sans préavis, en haut comme en bas. La Magistrála part de la terrasse vers Hrebienok, presque à plat, à travers les éboulis et les pins rampants — la façon la plus simple de marcher en altitude sans monter.

      nature
      34 €

    35 € hébergement · 30 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension à Tatranská Lomnica, 70 € la nuit.

    Voir les hébergements à Hautes Tatraslien affilié

  6. Hautes Tatras → Levoča et le château de Spiš — D1 — 40 km, 42 min, 3 € par personne (5 € à partager).
  7. Levoča et le château de Spiš, Slovaquie

    04. Levoča et le château de Spiš

    J9 → J10 · 2 nuits · 177.5 € par personne

    Une ville de marchands intacte dans ses murs, et la plus grande ruine de château d'Europe centrale

    Levoča, ville de marchands saxons dans ses remparts, avec le plus haut retable gothique en bois du monde ; à quinze kilomètres le château de Spiš, quatre hectares de ruine sur une butte, et la cité ecclésiastique de Spišská Kapitula. ⚠️ Le château haut est en travaux ; deux nuits, très calmes.

    En savoir plus sur Levoča et le château de Spiš

    Le Spiš est la région entre les Tatras et le Slovenský raj, colonisée par des marchands saxons au XIIIᵉ siècle et restée prospère jusqu'au XVIIᵉ : c'est pour cela qu'elle a autant de villes fortifiées, d'églises gothiques et de retables. Levoča en est la capitale, enfermée dans ses remparts autour d'une place rectangulaire de maisons Renaissance, avec son hôtel de ville à arcades, sa cage de la honte pour les femmes adultères, et l'église Saint-Jacques, où Maître Paul a sculpté entre 1507 et 1517 le plus haut retable gothique en bois du monde, dix-huit mètres de tilleul doré. L'Unesco a classé l'ensemble en 2009.

    À quinze kilomètres, le château de Spiš couvre quatre hectares sur une butte calcaire au-dessus de la plaine — la plus grande ruine de château d'Europe centrale, brûlée en 1780 et jamais relevée. ⚠️ Il est en restauration : le château haut est fermé et le tarif réduit, mais l'enceinte, les tours et la vue restent ouverts. À son pied, Spišská Kapitula, la « petite Vatican », une cité ecclésiastique close autour de sa cathédrale romane, et Žehra, une église romane aux fresques du XIIIᵉ siècle.

    Deux nuits suffisent ; Levoča n'a pas de gare, le bus la relie à Poprad et à Spišská Nová Ves en une demi-heure, et le château se rejoint en bus ou en voiture. C'est l'étape la plus calme du parcours — la ville s'endort à vingt heures.

    À table

    • Spišské párky — les saucisses fines et paprikées du Spiš, recette protégée, servies chaudes avec de la moutarde et du raifort dans les buffets de la place.
    • Spišská borovička — l'eau-de-vie de genièvre de la région, elle aussi protégée, en digestif dans les tavernes de Levoča.
    • Pirohy — les raviolis farcis de fromage de brebis ou de choucroute, à la crème, plat de toutes les maisons du Spiš.
    • Kysnuté koláče — les brioches levées au pavot, au fromage blanc ou à la prune, dans les boulangeries autour de la place.

    Jour 9

    • Basilique Saint-Jacques et le retable de Maître Paul, Levoča et le château de Spiš, Slovaquie
      Basilique Saint-Jacques et le retable de Maître Paul L'église gothique de la place, avec le plus haut retable en bois du monde : 18,6 mètres de tilleul sculpté et doré, la Cène et la Vierge à l'Enfant, taillés entre 1507 et 1517 par Maître Paul de Levoča, dont on ne sait presque rien. Dix autres retables gothiques autour, et des fresques du XIVᵉ siècle. ⚠️ Visite par créneaux, avec un guide de la paroisse, depuis la maison en face ; fermée le dimanche matin pendant la messe.
      En savoir plus

      On entre par le côté, dans une église sombre, et le retable est au fond, si haut qu'il touche la voûte : trois statues plus grandes que nature au centre — la Vierge à l'Enfant, saint Jacques, saint Jean — des volets peints, une dentelle de pinacles dorés, et tout en bas, sur la prédelle, la Cène, avec des apôtres dont les visages sont ceux d'hommes qu'on a connus. Une tradition veut que le sculpteur y ait portraituré des conseillers de la ville ; elle est invérifiable, mais les visages sont bien ceux de bourgeois.

      Maître Paul n'a laissé ni acte de naissance ni portrait : on sait qu'il a eu son atelier à Levoča, qu'il a siégé au conseil municipal, et que son style se rattache à celui de Veit Stoss, à Cracovie et Nuremberg. C'est tout, et cela suffit — la Madone de ce retable a figuré sur un billet de banque slovaque, et le pays le tient pour son plus grand artiste.

      La visite se fait par petits groupes avec un guide de la paroisse, depuis le bureau de la maison d'en face ; on n'entre pas librement, même pour un coup d'œil. Prends une paire de jumelles ou zoome avec le téléphone : les scènes des volets sont à des mètres de hauteur, et les meilleures sont en haut.

      culture
      4 €
    • Château de Spiš, pendant les travaux, Levoča et le château de Spiš, Slovaquie
      Château de Spiš, pendant les travaux Quatre hectares de murailles sur une butte de calcaire à deux cents mètres au-dessus de la plaine, construits du XIIᵉ au XVIIᵉ siècle, brûlés en 1780 et jamais relevés — la plus grande ruine de château d'Europe centrale, classée à l'Unesco. On parcourt les cours, les tours et la chapelle ; la vue porte jusqu'aux Tatras. ⚠️ Le château haut, avec le donjon roman, est fermé pour restauration, et le tarif est réduit en conséquence. Fermé de décembre à mars.
      En savoir plus

      On le voit d'abord depuis l'autoroute, à des kilomètres : une couronne de murs blancs sur une butte de travertin isolée dans la plaine, si vaste qu'elle semble contenir un village. C'est bien le cas — la cour basse, la plus grande, servait d'abri à toute la population des environs en cas d'attaque, et les Tatars de 1241, qui ont ravagé le pays, ne l'ont pas prise. Le château haut, sur le sommet, avec son donjon rond roman et son palais, est la partie la plus ancienne et la plus belle ; c'est aussi celle qui est fermée pour restauration, et le libellé du billet ne le cache pas.

      Il a appartenu aux familles qui comptaient dans la Hongrie du Nord — les Zápolya, dont l'un fut roi, les Thurzo, les Csáky — et c'est sous les derniers qu'il a brûlé en 1780, alors qu'ils n'y habitaient déjà plus. Personne ne l'a relevé, et c'est pour cela qu'il est entier : aucun architecte du XIXᵉ n'est venu le refaire en néo-gothique. Le cinéma l'a beaucoup utilisé, d'où un air de déjà-vu.

      Le parking est en haut, côté est, et l'on entre après une courte montée ; à pied depuis Spišské Podhradie, compte une demi-heure de côte. Le vent souffle fort sur la butte, et il n'y a pas d'ombre : chapeau et eau.

      culture
      12 €
    • Spišská Kapitula et l'église de Žehra, Levoča et le château de Spiš, Slovaquie
      Spišská Kapitula et l'église de Žehra Au pied du château, une cité ecclésiastique enfermée dans ses murs, avec sa cathédrale romane Saint-Martin, son palais épiscopal et une seule rue de maisons de chanoines — la « petite Vatican » du Spiš, siège de l'évêché. À quelques kilomètres, l'église de Žehra, romane, porte des fresques du XIIIᵉ au XVᵉ siècle. Les deux sont classées avec le château ; la cathédrale se visite pour une somme modique, la cité est libre.
      En savoir plus

      Une porte dans un mur, une seule rue en pente bordée de maisons de chanoines aux toits raides, et au bout la cathédrale à deux tours romanes, trapues, en pierre claire : c'est une ville de prêtres, fermée sur elle-même depuis le Moyen Âge, où l'évêque, le séminaire et les chanoines vivent encore. Sous le régime communiste, le séminaire avait été transformé en école de police ; il a repris ses droits en 1990.

      Dans la cathédrale, une fresque de 1317 montre le couronnement de Charles Robert d'Anjou, le roi qui a mis fin aux barons comme Matúš Čák — c'est l'une des plus anciennes images d'un couronnement royal de Hongrie, peinte du vivant du souverain. Le lion roman de pierre sous le porche est plus vieux encore. On visite avec un guide de l'évêché, aux heures affichées à la porte.

      Žehra est à quelques kilomètres, sur la même route : une petite église blanche à clocher en bulbe, posée sur une butte au milieu des champs, dont l'intérieur est couvert de fresques du XIIIᵉ au XVᵉ siècle — un Arbre de vie, une Trinité, des scènes de la Passion, peintes couche après couche. La clé est chez la gardienne, dont le numéro est affiché ; téléphone avant d'y aller, ou demande à Spišská Kapitula.

      culture
      gratuit

    Jour 10

    • Place de Maître Paul, hôtel de ville et cage de la honte, Levoča et le château de Spiš, Slovaquie
      Place de Maître Paul, hôtel de ville et cage de la honte Une place rectangulaire bordée d'une soixantaine de maisons bourgeoises gothiques et Renaissance, avec au centre l'hôtel de ville à arcades et sgraffites, le grand théâtre, et devant, la cage de la honte du XVIᵉ siècle, où l'on exposait les femmes convaincues d'adultère. La maison Thurzo, à pignons Renaissance, est la plus belle. Les remparts, en grande partie conservés, se suivent à pied.
      En savoir plus

      La place n'est pas une place mais un îlot : l'hôtel de ville, l'église Saint-Jacques et le temple protestant, une rotonde à coupole du XIXᵉ siècle, occupent le milieu, et les maisons des marchands forment le tour, avec leurs façades étroites et leurs porches qui menaient aux entrepôts. Sur l'hôtel de ville, sous les arcades Renaissance, cinq femmes peintes incarnent les vertus civiques — tempérance, prudence, force, patience, justice — que les conseillers étaient censés regarder en entrant.

      La cage de fer forgé qui se dresse à côté n'a pas toujours été là : elle a servi au XVIᵉ siècle sur cette place, puis a fini dans le jardin d'une famille noble avant d'être rendue à la ville dans les années 1930. On y enfermait les femmes convaincues d'adultère, à la vue de tous. La maison Thurzo, avec son attique de sgraffites en écailles, est la plus riche de la place ; la famille faisait le commerce du cuivre avec les Fugger d'Augsbourg.

      Fais le tour des remparts en fin de journée : les murs et les tours tiennent sur presque tout le périmètre, et l'on voit la colline de Mariánska hora, avec sa basilique de pèlerinage où toute la Slovaquie monte au début de juillet.

      marché
      gratuit

    29 € hébergement · 28 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Pension Renaissance sur la place, 58 € la nuit.

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Le budget de ces 10 jours

1 071 € par personne pour 10 jours, soit 107 € / jour. À deux, 2 142 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement358 €33 %
Repas307 €29 %
Transport sur place14 €1 %
Location de voiture — 10 jours225 €21 %
Carburant et péages20 €2 %
Activités147 €14 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 4 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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