Sud-Ouest en 14 jours : l'itinéraire jour par jour
1 958 € par personne sur place pour 14 jours, soit 140 € / jour — en 7 étapes, de Bordeaux à Périgord noir. En passant par Bassin d'Arcachon, Pays basque, Béarn et Pyrénées, Toulouse, puis Rocamadour et le Quercy.
Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Sud-Ouest
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Trains
Arrivée à gare Bordeaux Saint-Jean (BOJ), retour depuis Brive-la-Gaillarde (BVE) — prends deux billets simples plutôt qu'un aller-retour.
Le trajet depuis chez toi n'est pas compté dans ce budget : il dépend de ta date et de ta gare de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Bordeaux
J1 → J2 · 2 nuits · 272.5 € par personne
La ville de pierre blonde, et son vignoble autour
Une ville de pierre blonde entièrement ravalée depuis vingt ans, dont le centre classé se parcourt à pied et en tram. ⚠️ Le stationnement en hypercentre est cher et rare : prendre un parking-relais. Saint-Émilion est à quarante minutes, et les châteaux du Médoc à une heure — la voiture ne sert qu'à ça.
En savoir plus sur Bordeaux
Bordeaux est une ville de pierre blonde du XVIIIᵉ siècle, dont le front de Garonne forme l'un des plus longs ensembles architecturaux classiques d'Europe. Elle était noire il y a trente ans : un ravalement systématique mené depuis les années 1990, doublé de la suppression des voitures sur les quais et de l'arrivée du tram, a transformé la ville au point que ceux qui l'ont connue avant ne la reconnaissent pas.
Le centre classé se parcourt entièrement à pied et en tram, et la rue Sainte-Catherine, entièrement piétonne sur plus d'un kilomètre, en est l'épine dorsale. ⚠️ Le stationnement en hypercentre est cher et rare, et une grande partie du secteur est en zone à circulation restreinte : les parkings-relais en bout de ligne de tram sont la solution locale, et la voiture ne sert en réalité que pour le vignoble.
Celui-ci commence à la sortie de la ville. Saint-Émilion est à quarante minutes — village médiéval sur sa colline calcaire, avec une église monolithe creusée dans la roche — et les châteaux du Médoc à une heure par la route des grands crus. ⚠️ Les visites de propriétés se réservent presque toujours, et beaucoup ferment le week-end ou pendant les vendanges. Le miroir d'eau, place de la Bourse, fonctionne d'avril à octobre par cycles de brume et de reflet.
À table
- Cannelés — les petits gâteaux caramélisés au rhum et à la vanille, croûte noire et cœur moelleux, dans les pâtisseries Baillardran ou La Toque Cuivrée.
- Entrecôte à la bordelaise — grillée sur des sarments de vigne, avec une sauce au vin rouge, échalotes et moelle.
- Huîtres et crépinettes — les huîtres du bassin d'Arcachon mangées avec une petite saucisse plate chaude, la tradition du dimanche bordelais.
- Lamproie à la bordelaise — le poisson de l'estuaire mijoté dans le vin rouge avec des poireaux, plat de printemps des tables bourgeoises.
- Vins de Bordeaux — Médoc, Saint-Émilion, Graves, Sauternes : les châteaux sont à moins d'une heure, les bars à vin de la ville servent tout au verre.
Jour 1
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Place de la Bourse, miroir d'eau et vieille ville Le plus grand miroir d'eau du monde — 3 450 m², deux centimètres de profondeur — devant une façade de 1730. Il alterne reflet et brume toutes les vingt minutes. Derrière, 350 hectares classés par l'Unesco, le plus vaste ensemble urbain protégé après Paris.gratuitmarchéEn savoir plus
Regarde les clés des arcades : chaque arc porte un mascaron sculpté, visage grimaçant, tête de fleuve, figure de vent, et il n'y en a pas deux pareils sur toute la place. Au centre, la fontaine des Trois Grâces a remplacé une statue équestre de Louis XV fondue à la Révolution. La place a été dessinée ouverte sur le fleuve, sans quatrième côté : il fallait qu'on la voie depuis les bateaux qui remontaient.
Ces façades ont été payées par le port. Bordeaux a été le deuxième port négrier de France après Nantes, et la ville ne le cache plus : le musée d'Aquitaine y consacre des salles entières et des plaques rappellent l'origine de certaines fortunes. Le savoir change la façon de regarder les hôtels particuliers des Chartrons.
Le miroir d'eau est arrêté et vidé l'hiver. Le reste de l'année, il alterne lame d'eau, vidange et nappe de brouillard : juste après la remise en eau, le reflet est parfait, et c'est aussi le moment où tout le monde traverse. Le granit est glissant et les enfants y courent pieds nus. La meilleure photo se prend accroupi, au ras de l'eau, depuis le côté quai.
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Bassins des Lumières et quartier des Bassins à flot Une base sous-marine allemande de 1941, 42 000 m² de béton armé de onze mètres d'épaisseur, transformée en centre d'art numérique. Les projections se reflètent dans l'eau des quatre alvéoles — c'est le plus grand lieu du genre au monde.16 €cultureEn savoir plus
On entre dans un bunker, pas dans un musée. Le sol est en béton brut, les murs suintent, et les images se déploient sur des parois hautes comme un immeuble avant de se prolonger dans l'eau noire des bassins, où elles se dédoublent. La bande-son occupe tout le volume. C'est le contraste qui fait l'endroit : la peinture d'un côté, la machine de guerre de l'autre.
Les alvéoles abritaient les sous-marins qui partaient chasser les convois de l'Atlantique — Bordeaux a été la seule base italienne de l'Atlantique, en plus de la flottille allemande. Le bâtiment a été élevé par l'Organisation Todt avec de la main-d'œuvre requise. Les bombardements alliés n'ont jamais percé la toiture : c'est le quartier autour qui a été rasé. Trop massive pour être démolie après la guerre, la base est restée là, et la ville a mis des décennies à décider quoi en faire.
La projection tourne en boucle : on entre à n'importe quel moment et l'on repart quand la boucle revient à son point de départ. Le béton garde le frais même en plein été — prévoir une couche de plus qu'à l'extérieur.
Jour 2
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Saint-Émilion et ses châteaux Un village médiéval de pierre blonde posé au milieu des vignes, avec une église monolithe creusée dans la roche au XIIe siècle — la plus grande d'Europe, et elle ne se visite qu'avec un guide. Les châteaux alentour font déguster pour dix à vingt euros.18 €marchéEn savoir plus
L'église monolithe ne se voit pas d'en haut : on marche dessus. Elle a été creusée dans la roche sur trois nefs, et le clocher planté sur la place repose sur la masse calcaire qui lui sert de plafond — les gens attablés en terrasse sont assis au-dessus d'une église. À côté, l'ermitage où la tradition situe la retraite d'Émilion, moine venu de Bretagne et qui a donné son nom au village.
La jurade, confrérie qui veille sur le vin d'ici, a été instituée en 1199 par Jean sans Terre : le roi d'Angleterre accordait des libertés à la ville contre des livraisons de vin. Elle existe toujours et proclame le ban des vendanges depuis la tour du Roy. Autre particularité, unique dans le Bordelais : le classement des crus est révisé périodiquement et rien n'y est acquis. Les dernières révisions ont valu procès et retraits fracassants, deux des plus grands châteaux ayant préféré quitter le classement que s'y soumettre.
L'église ne se visite qu'avec un guide et les billets se prennent à l'office de tourisme, sur la place : les places sont comptées, mieux vaut s'en occuper en arrivant. Le village est en forte pente et pavé de gros galets — les tertres — sur lesquels les semelles lisses glissent.
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Marché des Capucins et cuisine girondine Le « ventre de Bordeaux », ouvert du mardi au dimanche matin. On y mange des huîtres du Bassin au comptoir dès 8 h le week-end, avec un verre de blanc — c'est une institution locale, pas une attraction pour visiteurs.18 €marchéEn savoir plus
Une halle sans charme particulier, et à l'intérieur la meilleure table populaire de la ville : les bars à huîtres tiennent le centre, les bouchers et les primeurs le pourtour, et l'on mange debout ou serré à des comptoirs, au milieu des livraisons. Le bruit fait partie du lieu.
Le nom vient d'un couvent de capucins qui occupait le terrain avant la Révolution. Autour, le quartier Saint-Michel est le plus mélangé de Bordeaux : épiceries marocaines, cafés portugais, marché aux puces étalé au pied de la basilique. C'est le contrepoint exact des façades du XVIIIᵉ siècle, et les deux tiennent dans le même quart d'heure de marche.
Tout se joue le matin : à l'heure du déjeuner, les étals remballent et les rideaux tombent. Pour goûter Bordeaux sans se tromper, viser les huîtres du Bassin, la lamproie à la bordelaise si l'on est curieux, et les cannelés — on raconte que la recette est née des jaunes d'œufs dont les chais ne savaient que faire, les blancs servant à coller le vin.
46 € hébergement · 40 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre historique, 92 € la nuit.
- Bordeaux → Bassin d'Arcachon — Location prise à Saint-Jean, puis A660, 1 h, 28 € par personne (55 € à partager).
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02. Bassin d'Arcachon
J3 → J4 · 2 nuits · 256.5 € par personne
La plus haute dune d'Europe et les parcs à huîtres
Un bassin fermé de cent cinquante kilomètres carrés qui se vide et se remplit deux fois par jour, avec la plus haute dune d'Europe à son entrée. ⚠️ La dune du Pilat fait cent dix mètres et le stationnement y est payant et saturé en été — y aller tôt. Les cabanes tchanquées ne se voient que du bateau.
En savoir plus sur Bassin d'Arcachon
Le bassin d'Arcachon est une lagune de cent cinquante kilomètres carrés reliée à l'océan par une passe étroite, et il se vide et se remplit deux fois par jour : à marée basse, une grande partie devient un estran de vase et de sable où l'on marche, à marée haute c'est une mer intérieure. Toute activité s'y organise donc autour de la table des marées.
La dune du Pilat, à l'entrée du bassin, est la plus haute d'Europe avec cent dix mètres environ — sa hauteur varie, car elle avance vers l'intérieur des terres de quelques mètres par an et recouvre progressivement la forêt. ⚠️ Le stationnement y est payant et saturé en été dès le milieu de matinée ; la montée se fait par un escalier posé en saison ou directement dans le sable, ce qui est nettement plus dur qu'il n'y paraît. Le coucher de soleil depuis la crête est le meilleur moment, et le plus fréquenté.
Les cabanes tchanquées de l'île aux Oiseaux, sur pilotis au milieu du bassin, sont l'image emblématique du lieu ; ⚠️ elles ne se voient correctement que depuis un bateau — les excursions partent d'Arcachon ou du Cap Ferret. L'ostréiculture reste l'activité de fond : les huîtres se dégustent dans les cabanes des ports ostréicoles, servies simplement avec du pain et du vin blanc, à des prix sans rapport avec ceux d'un restaurant.
À table
- Huîtres du Bassin — dégustées dans les cabanes des ostréiculteurs du Cap Ferret et de l'Herbe, avec du pain, du beurre et un verre de blanc.
- Dune blanche — le chou garni de crème légère et saupoudré de sucre, de la pâtisserie Chez Pascal au Cap Ferret.
- Chipirons à la plancha — les petits calamars du bassin sautés à l'ail et au persil, sur les terrasses de la jetée Thiers.
- Crevettes grises du Bassin — les petites crevettes pêchées à l'épuisette, juste cuites et salées, à l'apéritif.
Jour 3
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Dune du Pilat Cent-deux mètres de haut, trois kilomètres de long, et elle avance de un à cinq mètres par an vers l'intérieur — elle a déjà englouti des blockhaus et grignote la forêt. D'un côté l'océan, de l'autre les pins jusqu'à l'horizon. Le tarif est le parking, par véhicule.3 €natureEn savoir plus
Du haut, le paysage bascule d'un côté à l'autre : à l'ouest l'océan, le banc d'Arguin et les passes qui coupent l'entrée du Bassin ; à l'est, la forêt de pins jusqu'à l'horizon, sa lisière mangée par le sable. Les troncs morts que la dune a ensevelis réapparaissent de l'autre côté quand elle poursuit sa route.
Elle avance parce que le vent d'ouest la pousse, grain par grain, vers l'intérieur des terres. Des blockhaus du Mur de l'Atlantique ont disparu sous elle, et les campings installés à son pied ont dû reculer. Dans le flanc apparaissent parfois des bandes sombres : d'anciens sols forestiers enfouis, preuve que la dune s'est déjà arrêtée puis remise en marche plusieurs fois.
L'escalier de bois n'est installé qu'à la belle saison ; hors saison, on monte dans le sable, ce qui n'est pas la même affaire. En été, le sable brûle les pieds nus au milieu de la journée et il n'y a d'ombre nulle part. Descendre côté océan est un plaisir d'enfant ; remonter cent mètres de pente meuble l'est nettement moins. Le coucher de soleil depuis la crête vaut l'attente, avec un coupe-vent : il souffle presque toujours.
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Dégustation d'huîtres au Cap Ferret Les cabanes ostréicoles de L'Herbe et du Canon servent les huîtres du Bassin sur des tables en bois face à l'eau, avec du pain et du vin blanc, et rien d'autre au menu. Le Bassin produit environ 8 000 tonnes par an et fournit la moitié du naissain français.16 €marchéEn savoir plus
Une cabane de bois peinte, quelques tables face à l'eau, une assiette d'huîtres ouvertes, du pain et un verre de blanc. Rien d'autre, et c'est réglementaire : ces cabanes ne sont pas des restaurants mais des points de vente d'ostréiculteurs, autorisés à faire goûter leur propre production, pas à cuisiner. D'où l'ardoise réduite à trois lignes.
La tradition locale veut qu'on les accompagne de crépinettes, de petites saucisses plates servies tièdes : l'alternance du chaud et du froid surprend, puis on comprend. Le Bassin ne fait pas qu'élever des huîtres, il en fait naître : les larves se fixent sur des tuiles enduites de chaux posées dans l'eau en été, la chaux permettant plus tard de détacher les jeunes huîtres sans les casser.
L'été, les huîtres sont laiteuses — c'est la reproduction, pas un défaut, mais la texture déroute ceux qui ne s'y attendent pas ; les variétés dites quatre saisons y échappent. Le village de L'Herbe, tout en ruelles de sable, garde une chapelle de style mauresque, seul vestige d'une villa algérienne démolie dans les années 1960. Les villages ostréicoles se longent à vélo par la piste, ce qui évite de chercher une place en voiture.
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Villes d'hiver et d'été d'Arcachon La Ville d'Hiver a été bâtie dans les années 1860 pour les tuberculeux venus respirer l'air des pins : trois cents villas éclectiques — suisses, mauresques, coloniales — dans une forêt, à l'abri du vent. Elle n'a presque pas changé.gratuitmarchéEn savoir plus
On passe d'un monde à l'autre en quelques minutes : en bas la Ville d'Été, ses commerces, sa jetée et sa plage ; au-dessus la Ville d'Hiver, silencieuse, où les rues serpentent sous les pins et où l'on ne croise presque personne. Aucune voie n'y est droite, et ce n'est pas une coquetterie : les courbes cassent le vent, et les pins ont été gardés pour leur air résineux.
Tout vient d'un calcul. Les frères Pereire, banquiers et maîtres du chemin de fer du Midi, ont amené le train jusqu'ici puis fabriqué une clientèle en installant les tuberculeux dans la pinède. Les villas devaient dépayser autant que soigner, d'où ce catalogue de styles — chalet suisse, néogothique, mauresque, colonial — bâti presque d'un seul coup. Le casino mauresque qui couronnait l'ensemble a brûlé en 1977 ; il n'en reste que le parc et son nom.
Un ascenseur public relie la Ville d'Été au parc mauresque et évite la montée ; il est gratuit. Les villas sont habitées et ne se visitent pas : c'est une promenade de rue, à faire lentement, en levant les yeux sur les balcons de bois découpé.
Jour 4
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Plages océanes et forêt landaise à vélo Le Bassin est bordé de 220 km de pistes cyclables en site propre, sous les pins. Côté océan, les plages de Lège et du Grand Crohot sont vastes et peu construites. ⚠️ Baignade uniquement en zone surveillée : les baïnes tuent chaque été.12 €détenteEn savoir plus
La forêt landaise n'a rien de naturel : c'est la plus vaste forêt plantée d'Europe occidentale, semée en pins maritimes à partir du XIXᵉ siècle pour fixer les dunes qui avançaient sur les villages et assainir des marécages insalubres. Le paysage qu'on traverse à vélo est donc un ouvrage, tracé au cordeau, avec des pistes rectilignes héritées des chemins d'exploitation.
Le bassin d'Arcachon est ceinturé de plus de deux cents kilomètres de pistes cyclables en site propre, plates et ombragées sous les pins, qui relient les villages ostréicoles, les plages du bassin et celles de l'océan. C'est l'un des réseaux les plus denses de France et il permet de se passer entièrement de voiture pendant un séjour.
⚠️ Côté océan, les plages de Lège, du Grand Crohot et du Cap Ferret sont vastes et peu construites — et dangereuses. Les baïnes, ces cuvettes qui se creusent entre les bancs de sable et se vident violemment vers le large à marée descendante, emportent des baigneurs chaque été, y compris de bons nageurs. On ne se baigne qu'entre les drapeaux, en présence de sauveteurs, et jamais hors saison surveillée. Pris dans un courant, on ne lutte pas : on flotte et l'on nage parallèlement à la plage.
48 € hébergement · 40 € repas · 19 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près du front de mer, 95 € la nuit.
- Bassin d'Arcachon → Pays basque — A63 par les Landes, péage compris, 2 h, 19 € par personne (38 € à partager).
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03. Pays basque
J5 → J6 · 2 nuits · 257.5 € par personne
Océan, rouge et blanc, et une langue sans parenté
Une côte de villas rouges et blanches entre Biarritz et l'Espagne, avec un arrière-pays de montagne à vingt minutes. La langue n'a de parenté avec aucune autre en Europe. ⚠️ L'océan y est puissant et les baïnes, ces cuvettes entre les bancs de sable, emportent chaque été des baigneurs — nager entre les drapeaux.
En savoir plus sur Pays basque
Le Pays basque tient sur une bande étroite où l'océan et la montagne sont à vingt minutes l'un de l'autre. La côte aligne Biarritz, Bidart, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye, avec leurs villas rouges et blanches ; l'intérieur, à peine plus loin, offre des villages, des cols et des sommets comme la Rhune. La langue basque n'a de parenté établie avec aucune autre langue vivante d'Europe, ce qui en fait une singularité linguistique majeure.
⚠️ L'océan y est puissant et il faut le prendre au sérieux. Les baïnes — ces cuvettes qui se forment entre les bancs de sable et se vident violemment vers le large à marée descendante — emportent chaque été des baigneurs, y compris bons nageurs. La règle est de nager entre les drapeaux, uniquement en présence de sauveteurs, et de ne jamais lutter contre un courant qui emmène au large mais de se laisser porter en nageant parallèlement à la côte.
Biarritz est née du tourisme impérial sous Napoléon III et a gardé son architecture Second Empire ; Bayonne, à quelques kilomètres, est la vraie ville historique, avec ses remparts, sa cathédrale et son jambon. ⚠️ Le stationnement sur la côte en juillet et août est difficile et cher partout. Espelette, dont les piments sèchent sur les façades en septembre et octobre, et Aïnhoa donnent l'image de l'arrière-pays.
À table
- Piment d'Espelette — le piment rouge séché en guirlandes sur les façades du village, en poudre sur tout ce qui se mange ici.
- Axoa de veau — le veau émincé mijoté avec des poivrons, des oignons et du piment d'Espelette, plat des fêtes d'Espelette.
- Gâteau basque — la pâte sablée fourrée de crème pâtissière ou de confiture de cerises noires d'Itxassou, à Cambo-les-Bains et partout.
- Jambon de Bayonne — séché au sel de Salies-de-Béarn, en tranches fines sur le marché des Halles de Bayonne.
- Ossau-Iraty — le fromage de brebis des Pyrénées, servi avec de la confiture de cerises noires.
- Ttoro — la soupe de poissons de Saint-Jean-de-Luz, avec merlu, moules et langoustines, dans les restaurants du port.
Jour 5
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Biarritz : rocher de la Vierge et Côte des Basques Un village de pêcheurs de baleines devenu station impériale sous Eugénie, puis capitale européenne du surf en 1957 quand un scénariste américain y a apporté sa planche. La passerelle du rocher de la Vierge est d'Eiffel.gratuitmarchéEn savoir plus
La passerelle du rocher est étroite et les paquets de mer la balaient les jours de houle — elle ferme alors, et ce sont justement les jours où le spectacle est le meilleur, vu de la terre ferme. De là, on embrasse la côte jusqu'aux montagnes espagnoles. En contrebas de la ville, la Côte des Basques s'étire au pied d'une falaise instable, régulièrement confortée.
Avant les impératrices et les surfeurs, Biarritz vivait de la baleine. Des guetteurs postés sur le plateau de l'Atalaye — le mot signifie tour de guet — allumaient un feu dès qu'un souffle était repéré, et le village partait en chaloupe. Quand les baleines ont déserté le golfe, les Basques sont allés les chercher jusqu'à Terre-Neuve. La villa qu'Eugénie s'était fait bâtir face à la Grande Plage a brûlé en 1903 ; on l'a relevée en hôtel, et c'est le grand bâtiment rouge et blanc qu'on voit de partout.
La Côte des Basques disparaît à marée haute : la mer vient toucher le mur et il ne reste plus un mètre de sable. Regarde la marée avant de descendre avec les serviettes. Les courants sont sérieux sur toute cette côte : se baigner entre les drapeaux, dans les zones surveillées, et pas ailleurs.
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Bayonne : cathédrale, remparts et jambon Des maisons à colombages rouge sang-de-bœuf le long de la Nive, des remparts de Vauban intacts, et deux traditions importées : le chocolat, apporté par les juifs portugais chassés d'Espagne en 1609, et le jambon de Bayonne, salé au sel de Salies.12 €cultureEn savoir plus
La ville tient sur trois quartiers séparés par deux rivières : le Grand Bayonne autour de la cathédrale, le Petit Bayonne de l'autre côté de la Nive avec ses bars et ses musées, Saint-Esprit au-delà de l'Adour. La cathédrale gothique, bâtie sur le modèle des grandes églises du Nord, garde un cloître parmi les plus vastes de France, presque toujours vide et d'accès libre.
Le chocolat est arrivé par Saint-Esprit : les familles juives chassées d'Espagne et du Portugal s'y sont installées avec un savoir-faire que la ville a fait sien, ce qui fait de Bayonne le premier lieu de fabrication du chocolat en France. Les chocolatiers sont toujours groupés sous les arcades du centre. Le jambon, lui, a sa foire depuis le Moyen Âge, à Pâques. Quant à la baïonnette, elle doit son nom à la ville : on la dit née ici d'un couteau planté dans le canon d'un fusil.
Le Petit Bayonne se vide le jour et se remplit le soir. Au cœur de l'été, tout change : pendant les fêtes de Bayonne, la ville entière s'habille de blanc et de rouge, ne dort plus et devient impossible à loger sans réservation prise des mois plus tôt. Si tu n'es pas venu pour ça, mieux vaut le savoir avant de choisir tes dates.
Jour 6
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Saint-Jean-de-Luz et Ciboure La seule baie abritée de la côte basque, ce qui en fait la seule plage où l'on nage sans lutter contre les rouleaux. Louis XIV s'y est marié en 1660 ; la porte de l'église par laquelle il est sorti a été murée aussitôt, pour que personne ne l'emprunte après lui.gratuitmarchéEn savoir plus
De l'extérieur, l'église Saint-Jean-Baptiste ressemble à une grange fortifiée ; à l'intérieur, trois étages de galeries de bois courent le long des murs et un retable doré occupe tout le chevet. Les galeries étaient réservées aux hommes, les femmes restant au sol : c'est la disposition classique des églises basques, et c'est ici la plus grande d'entre elles.
La baie est calme par construction. L'océan a longtemps mangé la ville — des rues entières ont disparu — et l'on a fini par fermer l'entrée de la baie avec trois digues, chantier lancé sous le Second Empire. Avant cela, le port armait pour la baleine puis pour la course : les corsaires luziens ramenaient des prises anglaises et espagnoles, et la ville en a vécu longtemps.
C'est la seule plage de la côte où l'on nage sans se battre contre les rouleaux, donc la bonne adresse avec de jeunes enfants. De l'autre côté du pont, à Ciboure, la maison natale de Ravel donne sur le quai : haute, étroite, d'allure hollandaise, elle porte une plaque. En continuant le long de l'eau, on atteint le fort de Socoa et sa digue, d'où l'on voit la baie entière et, les jours de tempête, les vagues passer par-dessus.
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Espelette, Aïnhoa et l'arrière-pays Les façades d'Espelette disparaissent sous les cordes de piments qui sèchent d'août à novembre. Le piment a une AOP depuis 2000 et se cultive sur dix communes seulement. Aïnhoa, à côté, est une bastide navarraise du XIIIe siècle en une seule rue.8 €marchéEn savoir plus
Les façades blanches à colombages rouges ou verts obéissent à un code, et les linteaux au-dessus des portes portent une date et le nom de celui qui a bâti. C'est que la maison, l'etxe, compte davantage que la famille : elle a un nom propre, et la coutume basque la transmettait entière à l'aîné des enfants, garçon ou fille indifféremment, pour ne jamais la diviser.
Le piment est arrivé des Amériques au XVIᵉ siècle et s'est imposé pour une raison simple : il poussait sur place, alors que le poivre venait de loin et coûtait cher. Il a d'abord servi à conserver les viandes avant d'assaisonner tout le reste. Une seule variété est admise, le gorria, cueillie rouge et enfilée en cordes.
La corde qui sèche sur un mur est belle mais s'utilise mal : c'est la poudre, ou la purée, qu'on rapporte. Hors de la saison de séchage, les façades sont nues et les villages nettement plus calmes. À Aïnhoa, monte à la chapelle Notre-Dame-de-l'Aubépine au-dessus du village : la route grimpe sec et la vue porte loin en Navarre. Dans les cimetières, cherche les stèles discoïdales, ces disques de pierre gravés qui précèdent les croix.
53 € hébergement · 41 € repas · 19 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Saint-Jean-de-Luz, 105 € la nuit.
- Pays basque → Béarn et Pyrénées — A64 vers Pau, puis vallées, 1 h 45, 15 € par personne (30 € à partager).
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04. Béarn et Pyrénées
J7 → J8 · 2 nuits · 261 € par personne
Un boulevard sur la chaîne, et les cirques glaciaires
Pau et son boulevard des Pyrénées, qui offre la chaîne entière sur cent kilomètres par temps clair, puis les cirques glaciaires. ⚠️ Le pic du Midi se monte en téléphérique depuis La Mongie, et Gavarnie demande une heure et demie de marche facile depuis le village. Les cols de montagne ferment l'hiver.
En savoir plus sur Béarn et Pyrénées
Pau offre l'une des vues les plus remarquables de France sans qu'on ait à monter nulle part : le boulevard des Pyrénées, tracé sur ordre de Napoléon, déroule cent kilomètres de chaîne au sud, du pic du Midi d'Ossau au pic d'Anie, avec une table d'orientation qui nomme chaque sommet. ⚠️ Elle n'est dégagée que par temps parfaitement clair — souvent l'hiver et après une pluie, rarement en été où la brume de chaleur la voile.
La ville elle-même a été une station d'hivernage prisée des Britanniques au XIXᵉ siècle, ce qui lui a laissé des villas, un funiculaire gratuit qui monte de la gare au boulevard, et le premier golf du continent. Le château, où est né Henri IV, se visite.
Les Pyrénées commencent à quarante minutes. Le cirque de Gavarnie est un amphithéâtre glaciaire de mille cinq cents mètres de parois avec la plus haute cascade d'Europe ; ⚠️ il se gagne par une heure et demie de marche facile depuis le village, à pied ou à dos d'âne, et il n'y a aucune route jusqu'au fond. Le pic du Midi de Bigorre se monte en téléphérique depuis La Mongie jusqu'à deux mille huit cent soixante-dix-sept mètres, avec un observatoire astronomique et des nuitées au sommet. ⚠️ Les cols routiers — Aubisque, Tourmalet — ferment de novembre à mai ou juin.
À table
- Garbure — la soupe épaisse aux choux, haricots tarbais et confit de canard, plat de tous les jours dans les vallées.
- Poule au pot — la poule farcie et pochée avec ses légumes, le plat qu'Henri IV souhaitait à chaque famille le dimanche.
- Ossau-Iraty — le brebis des estives de la vallée d'Ossau, affiné dans les bergeries, à acheter au producteur sur la route du col.
- Jurançon — le vin blanc moelleux ou sec des coteaux au sud de Pau, celui du baptême d'Henri IV.
- Russe d'Oloron — le gâteau à la pâte d'amande et à la crème pralinée, spécialité d'Oloron-Sainte-Marie depuis 1925.
Jour 7
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Cirque de Gavarnie Un mur de 1 500 m de haut et six kilomètres de diamètre, creusé par un glacier, classé par l'Unesco. La grande cascade tombe de 423 m — la plus haute de France. Deux heures de marche facile depuis le village, sans dénivelé, et l'on peut monter à cheval.gratuitnatureEn savoir plus
Le cirque se lit en trois gradins superposés, séparés par des vires enneigées presque toute l'année, et la grande cascade tombe d'un seul jet du gradin supérieur. L'échelle trompe : les randonneurs qui approchent du pied de la chute deviennent des points, et c'est à ce moment-là seulement qu'on comprend la hauteur du mur.
Sur la crête, à gauche, une entaille rectangulaire coupe la muraille : la brèche de Roland. La légende veut que le neveu de Charlemagne l'ait ouverte d'un coup de Durandal, en tentant de briser son épée pour qu'elle ne tombe pas aux mains de l'ennemi. On prête à Victor Hugo, venu ici, la formule qui a fait la réputation du lieu : un colosseum de la nature. L'ensemble est classé par l'Unesco avec le versant espagnol, celui d'Ordesa.
La cascade dépend de la fonte : gonflée à la sortie de l'hiver et au début de l'été, elle peut se réduire à un filet à la fin d'un été sec. Le chemin depuis le village suit le gave sans difficulté et devient caillouteux sur la fin — des baskets suffisent, des sandales non. En août, il faut partir tôt : le sentier devient une procession et les chevaux de louage occupent une partie de la piste.
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Pic du Midi de Bigorre 2 877 m atteints en téléphérique, et un observatoire astronomique en activité depuis 1878 — c'est là qu'ont été prises les cartes de la Lune ayant servi aux missions Apollo. Passerelle suspendue dans le vide, et ciel étoilé classé « réserve internationale ».44 €natureEn savoir plus
On arrive par un téléphérique en deux tronçons et l'on débouche sur un éperon occupé par des coupoles blanches et des terrasses suspendues. La vue fait le tour complet de l'horizon, des sommets espagnols à la plaine de Tarbes, et une passerelle métallique s'avance dans le vide, plancher à claire-voie, pour ceux que ça amuse.
L'observatoire fonctionne depuis la fin du XIXᵉ siècle, à une époque où tout montait à dos d'homme et de mulet. Son grand télescope a été financé par la NASA, qui cherchait des images de la Lune assez fines pour choisir où poser Apollo : l'air y est d'une stabilité rare, et c'est cette qualité de ciel qui a fait la réputation scientifique du lieu. Le site est aujourd'hui une réserve internationale de ciel étoilé, et l'on peut y dormir, dîner au sommet et observer la nuit avec les astronomes.
Il y fait beaucoup plus froid qu'en bas et presque toujours du vent : une veste chaude n'est pas une précaution excessive, même en plein août. Surtout, si le sommet est dans le nuage, le billet ne sert à rien — l'état du ciel en haut se vérifie à la station de départ avant d'acheter. Et penser à la dernière descente, qui se prend plus tôt qu'on ne croit.
Jour 8
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Vallée d'Ossau et lac de Bious-Artigues Le pic du Midi d'Ossau, 2 884 m, a la forme d'une dent et se voit de cent kilomètres. La vallée abrite l'essentiel des derniers ours des Pyrénées, une centaine, et des estives où les brebis montent encore à pied en juin, à la transhumance.gratuitnatureEn savoir plus
Le pic du Midi d'Ossau ne ressemble à aucun autre sommet des Pyrénées : deux dents de roche sombre plantées seules au-dessus des pâturages, visibles de très loin. Il n'est pas fait du calcaire de ses voisins mais de roches volcaniques — c'est ce qui reste d'un volcan éteint depuis des centaines de millions d'années, et cela explique sa silhouette.
Les Ossalois l'appellent Jean-Pierre, ce qui en dit long sur la familiarité qu'on entretient ici avec la montagne. Le lac de Bious-Artigues, retenue posée à son pied, sert de départ à la plus belle marche du massif, celle des lacs d'Ayous, d'où le pic se reflète dans l'eau au lever du jour. La vallée abrite aussi des ours, sujet qui divise profondément : les brebis montent encore à pied et chaque attaque relance un conflit sans solution. Sur la falaise d'Aste-Béon, une colonie de vautours fauves s'observe depuis un centre installé pour ça.
Qui dit troupeaux dit patous : ces gros chiens blancs travaillent, ils ne gardent pas une maison. La règle est de s'arrêter, de les laisser venir sentir, de ne jamais courir ni crier, de contourner largement le troupeau et de tenir son propre chien en laisse. L'été, le parking du lac se remplit tôt.
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Pau : boulevard des Pyrénées et château Une terrasse d'un kilomètre et demi face à la chaîne entière, aménagée par Napoléon Ier. Lamartine la disait la plus belle vue de terre du monde. Le château est celui où naquit Henri IV, dans une carapace de tortue qui servit de berceau et se voit encore.9 €cultureEn savoir plus
Le boulevard court au bord du plateau et la chaîne se déroule en face, du pic du Midi d'Ossau au pic d'Anie, avec une table d'orientation pour mettre un nom sur chaque sommet. L'idée revient à Napoléon Iᵉʳ, qui voulait une terrasse face aux montagnes ; le boulevard tel qu'on le parcourt aujourd'hui date, lui, de la fin du XIXᵉ siècle.
Au château, la tradition entoure la naissance d'Henri IV d'un cérémonial béarnais : son grand-père aurait exigé que Jeanne d'Albret chante pendant l'accouchement pour que l'enfant ne soit pas pleurnichard, puis lui aurait frotté les lèvres d'ail et fait goûter du jurançon. La carapace de tortue qui lui servit de berceau est toujours là. Le reste des salles a été remeublé au XIXᵉ siècle par Louis-Philippe puis Napoléon III, et abrite l'une des plus riches collections de tapisseries de France.
La vue n'est jamais garantie : par temps lourd, la brume avale la chaîne entière et il ne reste qu'une ligne grise. Le meilleur moment est l'hiver clair ou le lendemain d'une pluie, quand les sommets enneigés paraissent à portée de main. Un funiculaire gratuit relie la gare au boulevard et évite la côte.
43 € hébergement · 36 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Pau, 85 € la nuit.
- Béarn et Pyrénées → Toulouse — A64 par Tarbes et Saint-Gaudens, 2 h 15, 21 € par personne (42 € à partager).
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05. Toulouse
J9 → J10 · 2 nuits · 273.5 € par personne
La ville rose, la brique et l'aéronautique
La ville rose, bâtie en brique faute de pierre, avec la plus grande église romane d'Europe et l'aéronautique comme identité. Elle est plate et se fait à vélo. La Cité de l'espace et la halle de La Machine sont en périphérie — compter une demi-journée chacune, et une voiture ou le tram.
En savoir plus sur Toulouse
Toulouse est bâtie en brique parce qu'il n'y a pas de carrière de pierre dans la plaine de la Garonne : l'argile du fleuve a fourni le matériau, et la ville en tire sa couleur rose, qui change avec la lumière du jour. Elle est plate et compacte, ce qui en fait une ville à vélo — le réseau de pistes et de vélos en libre-service est dense.
Sa basilique Saint-Sernin est la plus grande église romane conservée d'Europe, étape majeure du chemin de Saint-Jacques, et le couvent des Jacobins abrite le tombeau de Thomas d'Aquin sous une voûte en palmier dont les nervures s'ouvrent en éventail depuis un pilier unique.
L'aéronautique est l'autre identité de la ville depuis Latécoère et l'Aéropostale, et elle se visite : la Cité de l'espace présente des engins réels — une fusée Ariane 5 grandeur nature, la station Mir — et demande une demi-journée pleine. ⚠️ Elle est en périphérie, comme la halle de La Machine et ses créatures mécaniques géantes : il faut le tram ou une voiture, et l'on ne les enchaîne pas dans la même journée. Le canal du Midi part de la ville et se parcourt à vélo sur son chemin de halage ombragé de platanes ; ⚠️ beaucoup ont été abattus à cause d'un chancre, et le tracé est par endroits à découvert.
À table
- Cassoulet — les haricots lingots mijotés avec saucisse de Toulouse, confit de canard et couenne, dans la cassole en terre.
- Saucisse de Toulouse — la saucisse de porc en spirale, grillée ou dans le cassoulet, des marchés Victor-Hugo et des Carmes.
- Violette — la fleur de la ville cristallisée en bonbon, en sirop ou en liqueur, dans les boutiques de la place du Capitole.
- Fénétra — le gâteau d'amandes, d'abricot et de cédrat confit, dessert toulousain hérité d'une fête romaine.
- Foie gras — celui des marchés au gras du Gers voisin, en terrine ou poêlé, à la carte des bistrots du centre.
Jour 9
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Capitole, Saint-Sernin et couvent des Jacobins Saint-Sernin est la plus grande église romane conservée d'Europe, bâtie pour absorber les foules de Compostelle. Chez les Jacobins, un pilier unique déploie vingt-deux nervures en éventail — le « palmier », l'un des sommets du gothique — et saint Thomas d'Aquin y repose.8 €cultureEn savoir plus
Tout est en brique, jusqu'aux clochers : la Garonne charrie de l'argile et pas de pierre, et Toulouse a bâti avec ce qu'elle avait, d'où sa couleur. Saint-Sernin étage son clocher octogonal en niveaux d'arcs de plus en plus étroits, et l'église en dessous a été calibrée pour absorber les foules en route vers Compostelle.
Le nom de la rue du Taur, qui descend du Capitole vers la basilique, raconte le martyre de Saturnin : évêque refusant de sacrifier aux dieux, il aurait été attaché à un taureau lâché dans la ville, et l'église Notre-Dame-du-Taur marque l'endroit où le corps se serait arrêté. Chez les Jacobins, l'histoire est plus dure encore : c'est le premier couvent des dominicains, ordre fondé ici même pour ramener les cathares dans le rang. La nef y est double, coupée par une file de colonnes qui séparait les frères des fidèles.
Au Capitole, monte l'escalier : les salles d'apparat, dont la salle des Illustres et ses peintures murales, se visitent librement quand elles ne servent pas — le samedi, les mariages les ferment par intermittence. L'église des Jacobins est gratuite ; c'est le cloître qui se paie. Le fameux palmier se regarde en se plaçant juste dessous, pas de loin.
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Canal du Midi à vélo 240 km creusés entre 1666 et 1681 pour relier l'Atlantique à la Méditerranée, classés par l'Unesco. ⚠️ Les platanes du chemin de halage sont abattus depuis 2006 à cause d'un chancre coloré ramené par des caisses de munitions américaines en 1944 : le paysage change à vue d'œil.12 €natureEn savoir plus
Le chemin de halage est plat d'un bout à l'autre — c'est un canal, il n'a pas le choix — et l'on roule au ras de l'eau, d'écluse en écluse. Regarde leur forme : les bassins sont ovales, en tonneau. Riquet les a dessinés ainsi pour que la poussée des terres ne les fasse pas s'effondrer, et ça tient depuis trois siècles et demi.
La difficulté n'était pas de creuser mais de trouver de l'eau au point le plus haut, au seuil de Naurouze, où aucune rivière ne coule. Riquet est allé la chercher dans la Montagne Noire par un réseau de rigoles et l'a stockée derrière le barrage de Saint-Ferréol, le plus grand ouvrage de ce type à l'époque. Il y a englouti sa fortune et est mort quelques mois avant l'ouverture, sans voir passer un seul bateau.
Depuis Toulouse, deux canaux partent en sens opposés et ne se valent pas à vélo. Vers l'est, le canal du Midi offre le décor et les ouvrages, mais la piste alterne terre battue, gravier et racines : un vélo à pneus larges y est bien plus confortable. Vers l'ouest, le canal de Garonne file vers Bordeaux sur une voie verte goudronnée, plus roulante et plus facile avec des enfants. Prévoir de l'eau : l'ombre des platanes disparaît par pans entiers.
Jour 10
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Cité de l'espace Une fusée Ariane 5 grandeur nature debout dans le parc, un module Mir qu'on traverse, et des vraies pierres de Lune. Toulouse fabrique la moitié des satellites européens : ce n'est pas un parc à thème posé là au hasard.29 €cultureEn savoir plus
La fusée du parc est une Ariane 5 à l'échelle 1, debout, et l'on passe dessous pour mesurer ce que c'est. À côté, un module de la station Mir se traverse comme un couloir encombré, un vaisseau Soyouz montre l'exiguïté réelle d'un retour sur Terre, et une pierre lunaire rapportée par une mission Apollo est exposée sous vitrine : quelques grammes de basalte, et l'objet le plus lointain du voyage.
Toulouse n'a pas été choisie au hasard. La ville concentre le centre spatial du CNES, le plus grand d'Europe, et une part considérable des satellites européens y est assemblée : les ingénieurs qui pilotent des sondes travaillent à quelques kilomètres du parking. Le planétarium et les projections sur grand écran complètent la visite, avec des séances à heures fixes.
C'est une sortie en grande partie extérieure : un jour de pluie, la moitié de l'intérêt tombe à l'eau. Prendre le programme des séances en arrivant et bâtir la journée autour, sinon on les rate toutes. Avec des enfants, compter la journée entière. Deux musées prolongent le sujet dans la même ville : l'un consacré à l'Aéropostale sur l'ancien terrain de Montaudran, l'autre aux avions, à Blagnac, avec un Concorde qu'on visite.
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Halle de La Machine et quais de la Garonne Le Minotaure d'Astérion, quatorze mètres et quarante-sept tonnes, marche dehors deux fois par jour avec des passagers sur le dos. C'est la compagnie qui a fait les Machines de Nantes. À côté, les berges de la Garonne et la Prairie des Filtres.12 €cultureEn savoir plus
Dans la halle, les machines ne sont pas alignées derrière des cordons : des machinistes les font marcher devant toi, expliquent le mécanisme et laissent parfois monter dessus. Il y a un carrousel de bêtes articulées, une araignée géante, des engins sans autre fonction que d'exister. Le Minotaure, lui, sort dehors et marche, et son pas fait trembler le sol.
Le lieu est posé sur un morceau d'histoire : la bande dégagée qui le borde est l'ancienne piste de Montaudran, d'où les avions de Latécoère puis de l'Aéropostale partaient pour le Maroc, le Sénégal et l'Amérique du Sud. Mermoz et Saint-Exupéry ont décollé d'ici. Elle s'appelle aujourd'hui la piste des Géants, et c'est sur elle que les machines défilent.
Les sorties du Minotaure dépendent du jour et de la météo : le programme se vérifie avant de venir, sinon on visite une halle avec un minotaure endormi dedans — ce qui reste intéressant, mais ce n'est pas pareil. Monter à bord ne va pas de soi, les places sont comptées. Ensuite, redescendre vers la Garonne : la prairie des Filtres, le Pont-Neuf — le plus vieux pont de la ville malgré son nom — et le dôme de La Grave, qui prend une couleur de brique chauffée au soleil couchant.
44 € hébergement · 38 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre-ville, 88 € la nuit.
- Toulouse → Rocamadour et le Quercy — mixte, via Albi et le Tarn, 3 h, 30 € par personne.
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06. Rocamadour et le Quercy
J11 → J12 · 2 nuits · 244.5 € par personne
Un village accroché à la falaise, et une rivière sous terre
Un village accroché à une falaise de cent cinquante mètres, longtemps deuxième pèlerinage de France, et un gouffre où l'on descend à soixante-quinze mètres pour naviguer sur une rivière souterraine. ⚠️ Padirac se réserve obligatoirement en été et l'attente sans billet dépasse deux heures.
En savoir plus sur Rocamadour et le Quercy
Rocamadour est un village bâti à la verticale contre une falaise de cent cinquante mètres, en trois niveaux : le bourg en bas, la cité religieuse au milieu avec ses sept sanctuaires, et le château tout en haut. Il a été le deuxième pèlerinage de France au Moyen Âge, et les pèlerins montaient à genoux les deux cent seize marches du grand escalier — on peut aujourd'hui prendre un ascenseur.
⚠️ Le meilleur point de vue n'est pas dans le village mais en face, depuis le belvédère de l'Hospitalet, et c'est là qu'il faut arriver en premier. Le stationnement se fait en haut ou en bas selon le parking choisi, et les deux impliquent une navette ou une montée.
Le gouffre de Padirac, à vingt minutes, est un puits naturel de trente-cinq mètres de diamètre par lequel on descend à soixante-quinze mètres sous terre, en ascenseur ou par des escaliers, pour naviguer en barque sur une rivière souterraine. ⚠️ Il se réserve obligatoirement en été, avec un créneau horaire, et l'attente sans billet dépasse régulièrement deux heures — c'est le site le plus visité du Lot. Il y fait treize degrés toute l'année, quelle que soit la température extérieure : une veste est nécessaire même en août. Saint-Cirq-Lapopie domine le Lot depuis un promontoire, et le chemin de halage taillé dans la falaise se marche en aval.
À table
- Rocamadour — le petit chèvre crémeux du causse, tiède sur une salade ou coulant en fin d'affinage, produit dans les fermes de la route.
- Agneau du Quercy — l'agneau fermier des causses, en gigot ou en côtelettes grillées, dans les auberges du plateau.
- Truffe noire du Quercy — vendue au marché aux truffes de Lalbenque le mardi après-midi, de décembre à mars.
- Cahors — le rouge sombre de Malbec des rives du Lot, l'ancien vin noir, dans les caves de Saint-Cirq-Lapopie et de Cahors.
- Safran du Quercy — les pistils récoltés à la main en octobre sur les causses, en pot ou dans les desserts des restaurants.
Jour 11
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Rocamadour et sa cité religieuse Trois villages superposés sur 120 m de falaise : les maisons en bas, les sept sanctuaires au milieu, le château en haut. Les pèlerins montaient les 216 marches à genoux — certains le font encore. La Vierge noire est là depuis le XIIe siècle ; les ascenseurs sont payants, l'escalier non.6 €cultureEn savoir plus
Les sanctuaires se serrent autour d'une esplanade taillée dans la falaise, à mi-hauteur. Dans la chapelle Notre-Dame, la Vierge noire est une statue de bois, assise, sombre et petite, loin des images monumentales qu'on attend. Au-dessus d'elle pend une cloche de fer très ancienne qui, selon la tradition, sonnait seule lorsqu'un marin en perdition était sauvé quelque part en mer.
Le pèlerinage est né d'une découverte : en 1166, on met au jour près de la chapelle un corps intact, aussitôt identifié comme celui de l'ermite Amadour. La nouvelle fait affluer l'Europe entière, rois de France et d'Angleterre compris, et le village pousse à la verticale faute de terrain. Les pénitents montaient l'escalier à genoux. La cité a été saccagée pendant les guerres de Religion et la relique brûlée ; le pèlerinage a repris.
La vue de carte postale ne se prend pas dans le village mais en face, depuis L'Hospitalet : c'est de là qu'on voit les trois étages empilés dans la falaise. Le matin, la lumière arrive dessus ; l'après-midi, on photographie à contre-jour. Le choix du parking décide de la visite : celui du haut oblige à descendre puis à remonter, celui de la vallée fait l'inverse.
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Gouffre de Padirac Un puits de 75 m de diamètre, puis une rivière souterraine qu'on remonte en barque à fond plat sur un kilomètre, à 103 m sous terre. ⚠️ Créneau horaire nominatif à réserver en ligne — en août les places du matin partent une à deux semaines avant. 24 € en haute saison, 20 € hors saison.24 €natureEn savoir plus
On descend d'abord dans un puits ouvert en plein causse, où la lumière du jour s'éteint progressivement. Tout en bas coule une rivière, et c'est là que commence la partie qui rend l'endroit unique : des bateliers poussent à la perche des barques à fond plat sur une eau transparente, entre des parois qui montent hors de vue. Plus loin, une stalactite énorme descend presque jusqu'à la surface d'un lac, et une salle s'ouvre sur une voûte qui se perd dans le noir malgré les projecteurs.
Le gouffre était connu et redouté : on y voyait une porte de l'enfer et l'on y jetait les carcasses des bêtes mortes. Il a fallu attendre 1889 pour qu'un spéléologue, Édouard-Alfred Martel, descende à la corde et remonte la rivière en canot pliant, à la bougie. Le site a ouvert au public moins de dix ans plus tard. Au-delà de la partie aménagée, le réseau se poursuit sur des dizaines de kilomètres, et les explorations continuent aujourd'hui, en partie en plongée.
Il y fait frais toute l'année, quelle que soit la chaleur dehors : une veste n'est pas superflue. Le sol est mouillé et lisse, des semelles qui accrochent valent mieux que des tongs. Et il y a des marches, beaucoup, malgré les ascenseurs.
Jour 12
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Saint-Cirq-Lapopie et le chemin de halage Un village médiéval sur un éperon à cent mètres au-dessus du Lot, sauvé de la ruine par André Breton qui s'y installa en 1950. En contrebas, le chemin de halage est taillé dans la falaise sur trois cents mètres — les bateliers y tiraient les gabarres à la corde.gratuitmarchéEn savoir plus
Le village est accroché à un éperon calcaire au-dessus d'une boucle du Lot, dominé par les restes du château des Lapopie. Les maisons ont des toits très pentus, des colombages et des auvents de bois, et beaucoup gardent au rez-de-chaussée l'arcade d'une ancienne échoppe : Saint-Cirq vivait du tour à bois et fournissait en robinets de barrique une bonne partie du Sud-Ouest viticole.
Au début du XXᵉ siècle, le métier a disparu et le village s'est vidé jusqu'à tomber en ruine. Ce sont des peintres, puis des surréalistes, qui l'ont sauvé en rachetant les maisons pour presque rien. André Breton s'y est installé en 1950 et en a tiré une phrase que le village n'a plus lâchée : il y aurait cessé de se désirer ailleurs.
En contrebas, le chemin de halage taillé dans la falaise se rejoint depuis Bouziès, en aval : promenade plate au bord de l'eau, facile avec des enfants, sous un plafond de roche là où les hommes tiraient les gabares à la corde. Pour le village lui-même, le parking est à l'extérieur et la montée est raide. En été, du milieu de la matinée au milieu de l'après-midi, les ruelles sont saturées : y aller tôt, ou dormir sur place et sortir le soir, quand il n'y a plus personne.
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Vallée de la Dordogne et châteaux Castelnaud et Beynac se font face de part et d'autre de la rivière : l'un était anglais, l'autre français, et ils se sont canonnés pendant la guerre de Cent Ans. Castelnaud abrite un musée de la guerre au Moyen Âge, avec des machines reconstituées grandeur nature.12 €cultureEn savoir plus
Castelnaud regarde Beynac depuis l'autre rive, à portée de vue et presque à portée de tir. Pendant la guerre de Cent Ans, la Dordogne servait de frontière mouvante : l'un tenait pour les Plantagenêts, l'autre pour le roi de France, et les deux places ont changé de mains plusieurs fois. Dans la cour de Castelnaud, des machines de siège grandeur nature — trébuchet, mangonneau, bricole — sont tirées en démonstration à la belle saison.
Plus en aval, le château des Milandes raconte une tout autre histoire. Joséphine Baker s'y est installée et y a élevé, après la guerre, les douze enfants de toutes origines et religions qu'elle avait adoptés — sa tribu arc-en-ciel, démonstration vivante que le racisme n'a aucun fondement. Le projet l'a ruinée : elle a été expulsée de sa propre maison en 1968. Le château se visite avec ses robes de scène.
La vallée aligne assez de châteaux pour saturer n'importe qui : deux par jour, pas plus, sinon ils se ressemblent tous le soir venu. Les routes sont étroites et les parkings se remplissent tôt en été. Autre façon de voir l'ensemble : depuis l'eau, en gabare, au départ de Beynac ou de La Roque-Gageac. Ils ont été bâtis pour être vus de la rivière.
41 € hébergement · 36 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel de village avec piscine, 82 € la nuit.
- Rocamadour et le Quercy → Périgord noir — Par la vallée de la Dordogne, 1 h 15, 9 € par personne (18 € à partager).
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07. Périgord noir
J13 → J14 · 2 nuits · 270.5 € par personne
Sarlat, les grottes ornées et la truffe
Le pays des grottes ornées, où Lascaux se visite en fac-similé — l'original est fermé depuis 1963 pour le préserver. ⚠️ Font-de-Gaume est l'une des dernières grottes ornées authentiques encore ouvertes, avec quelques dizaines de places par jour vendues en ligne. Sarlat tient son marché le mercredi et le samedi.
En savoir plus sur Périgord noir
Le Périgord noir concentre la plus forte densité de sites préhistoriques d'Europe : la vallée de la Vézère compte quinze grottes ornées classées, occupées sans interruption pendant des dizaines de milliers d'années. ⚠️ Lascaux, la plus célèbre, est fermée au public depuis 1963 — la respiration des visiteurs y avait déclenché des proliférations d'algues et de champignons qui menaçaient les peintures. Ce qu'on visite est un fac-similé, aujourd'hui Lascaux IV, reproduction intégrale d'une précision remarquable.
⚠️ Font-de-Gaume, à quelques kilomètres, est l'une des dernières grottes ornées polychromes authentiques encore ouvertes au public en France, et cela ne durera peut-être pas. Le nombre de places est limité à quelques dizaines par jour, vendues en ligne uniquement, et elles partent dès leur mise en vente — souvent des semaines à l'avance. C'est le billet le plus difficile à obtenir de tout le Sud-Ouest, et voir des peintures originales plutôt qu'une copie vaut l'effort d'anticipation.
Sarlat a l'un des centres médiévaux les plus denses de France, restauré à partir de la loi Malraux de 1962 dont elle a été le premier terrain d'application. ⚠️ Son marché du samedi matin est magnifique et impraticable en été tant il est fréquenté ; celui du mercredi est plus petit et plus vivable. La Roque-Gageac et les châteaux de Beynac et Castelnaud se font en canoë depuis la Dordogne.
À table
- Foie gras — d'oie ou de canard, en terrine mi-cuit ou poêlé aux pommes, sur le marché au gras de Sarlat le samedi en hiver.
- Confit de canard — les cuisses cuites dans leur graisse et rissolées, avec des pommes de terre sarladaises à l'ail et au persil.
- Truffe noire du Périgord — le diamant noir des marchés de Sarlat et de Sainte-Alvère, râpé sur des œufs brouillés, de décembre à février.
- Noix du Périgord — en cerneaux, en huile ou en gâteau, des noyeraies de la vallée de la Dordogne.
- Enchaud — le rôti de porc piqué d'ail et confit dans sa graisse, servi froid en tranches sur les tables de ferme.
Jour 13
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Sarlat-la-Canéda et son marché La plus forte densité de monuments classés de France : soixante-six sur onze hectares, parce que la ville s'est appauvrie au XIXe et n'a rien démoli. Marché le mercredi et le samedi ; en hiver, le marché aux truffes se tient sous la halle de l'ancienne église Sainte-Marie.gratuitmarchéEn savoir plus
La pierre est blonde et les toits sont en lauzes, ces dalles de calcaire si lourdes qu'il a fallu des charpentes énormes pour les porter. La ville se parcourt par des ruelles qui ne mènent nulle part et débouchent sur des cours privées. Derrière la cathédrale, une tour conique du XIIᵉ siècle, la lanterne des morts, n'a jamais livré son secret : nul ne sait à quoi elle servait.
Sarlat est le chantier qui a servi d'exemple à la loi de 1962 sur les secteurs sauvegardés : c'est ici qu'on a tenté pour la première fois de restaurer un centre ancien entier plutôt que quelques monuments. Sur la place principale se dresse la maison où naquit Étienne de La Boétie, l'ami de Montaigne, auteur très jeune d'un texte sur la servitude volontaire qui demandait pourquoi les peuples obéissent alors qu'il leur suffirait de cesser.
L'ancienne église Sainte-Marie a été transformée en halle couverte par Jean Nouvel, avec deux portes d'acier monumentales qui s'ouvrent en grand le matin ; un ascenseur de verre grimpe dans le clocher et donne la vue sur les toits. Pour le reste, Sarlat se visite le soir : les autocars repartent, les ruelles éclairées se vident, et la ville redevient habitable.
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Lascaux IV Un fac-similé intégral de la grotte, au millimètre et à la même température. L'originale, découverte par quatre adolescents en 1940, a été fermée en 1963 : la respiration des visiteurs y faisait pousser des algues. ⚠️ Créneau horaire à réserver, complet une à deux semaines avant en août.23 €cultureEn savoir plus
On n'entre jamais dans la grotte de Lascaux. L'originale est fermée depuis 1963 et le restera : la respiration et l'éclairage des visiteurs y avaient déclenché des proliférations d'algues puis de champignons ; elle vit sous surveillance permanente, ouverte à quelques scientifiques par an. Ce qu'on visite ici est un fac-similé complet, moulé au relevé laser puis repeint avec les pigments et les gestes d'origine.
La salle des Taureaux vaut à elle seule le déplacement : des aurochs de plusieurs mètres se poursuivent sur une voûte blanche, dessinés au trait noir avec une économie de moyens stupéfiante. Plus loin, la scène dite du Puits est la seule de Lascaux à raconter quelque chose : un homme à tête d'oiseau, renversé, un bison éventré, un oiseau perché sur un bâton. Personne ne sait ce qu'elle signifie ; c'est la seule figure humaine de la grotte.
Elle a été trouvée en 1940 par quatre adolescents, dont l'un est devenu gardien du site et l'est resté toute sa vie. Le fac-similé de 1983, plus ancien et plus petit, existe toujours. Dans la salle reconstituée, l'atmosphère est maintenue fraîche et humide pour coller à l'original : une couche de plus est utile, même en été.
Jour 14
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Grotte de Font-de-Gaume ⚠️ La dernière grotte ornée POLYCHROME encore ouverte au public en France, et sans doute au monde. Deux cents peintures de bisons et de rennes vieilles de 17 000 ans, vues à un mètre. Environ 80 places par jour : c'est le billet le plus difficile du catalogue, à prendre des semaines à l'avance.13 €cultureEn savoir plus
On monte par un sentier à flanc de coteau jusqu'à une fente étroite dans la falaise, puis l'on avance en file. Les peintures n'apparaissent pas tout de suite : le guide éclaire, et une frise de bisons se détache lentement, ocre, brun et noir, les corps épousant les bosses de la paroi. Les artistes se sont servis du relief de la roche pour donner l'épaisseur : il faut bouger la tête pour que l'animal prenne corps.
La scène la plus célèbre montre deux rennes face à face, le mâle penché léchant le front de la femelle agenouillée. Rien dans l'art paléolithique ne ressemble à ce geste. La grotte n'a été reconnue qu'en 1901 par un instituteur du village, Denis Peyrony, alors qu'on y entrait depuis toujours : les peintures étaient là, personne ne les regardait.
C'est le billet le plus difficile du voyage : la réservation ouvre en ligne à dates fixes et le contingent est minuscule. S'y prendre des semaines à l'avance et prévoir un plan de repli — les Combarelles, toute proche, montre des gravures d'une finesse rare ; l'abri du Cap Blanc, une frise de chevaux sculptés grandeur nature ; et le musée national de Préhistoire, aux Eyzies, remet tout en ordre. Ni photo ni sac à l'intérieur.
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Châteaux de Beynac et Marqueyssac Beynac domine la vallée de 150 m et a servi de décor à une dizaine de films. Les jardins suspendus de Marqueyssac, juste en face, alignent 150 000 buis taillés à la main sur six kilomètres d'allées, avec un belvédère au-dessus du vide.22 €cultureEn savoir plus
Beynac est planté au bord d'un à-pic et sa cour donne directement sur le vide : la falaise fait le travail de trois murailles. À l'intérieur, la grande salle et la cuisine voûtée ont gardé leur nudité de pierre, sans mobilier — c'est ce qui a séduit les tournages, dont la Jeanne d'Arc de Luc Besson.
Richard Cœur de Lion s'en est emparé à la fin du XIIᵉ siècle et l'a confié à un chef de mercenaires, Mercadier, qui a rançonné la région depuis ce nid d'aigle. En face, Marqueyssac doit son allure à un propriétaire du XIXᵉ siècle, Julien de Cerval, revenu d'Italie décidé à dessiner un jardin à l'italienne : il a planté les buis qu'on taille aujourd'hui à la main, en formes rondes et molles qui tiennent plus du nuage que du parterre.
Du belvédère de Marqueyssac, on voit d'un seul regard la Dordogne, La Roque-Gageac, Castelnaud, Fayrac et Beynac : c'est le meilleur endroit pour comprendre la vallée avant de la parcourir. Les allées sont plates, mais certains passages longent le vide sans barrière — à surveiller avec de jeunes enfants. Certains soirs d'été, le jardin s'éclaire entièrement à la bougie. À Beynac, prévoir la montée : le parking est en bas, au bord de l'eau.
44 € hébergement · 38 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le vieux Sarlat, 88 € la nuit.
Le budget de ces 14 jours
1 958 € par personne pour 14 jours, soit 140 € / jour. À deux, 3 915 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 638 € | 33 % |
| Repas | 538 € | 27 % |
| Transport sur place | 63 € | 3 % |
| Location de voiture — 14 jours | 280 € | 14 % |
| Carburant et péages | 122 € | 6 % |
| Activités | 317 € | 16 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Le PDF
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- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
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