Sud-Ouest en 7 jours : l'itinéraire jour par jour
1 041 € par personne sur place pour 7 jours, soit 149 € / jour — en 4 étapes, de Bordeaux à Périgord noir. En passant par Pays basque, puis Albi et le Tarn.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Sud-Ouest
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Trains
Arrivée à gare Bordeaux Saint-Jean (BOJ), retour depuis Brive-la-Gaillarde (BVE) — prends deux billets simples plutôt qu'un aller-retour.
Le trajet depuis chez toi n'est pas compté dans ce budget : il dépend de ta date et de ta gare de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Bordeaux
J1 → J2 · 2 nuits · 272.5 € par personne
La ville de pierre blonde, et son vignoble autour
Une ville de pierre blonde entièrement ravalée depuis vingt ans, dont le centre classé se parcourt à pied et en tram. ⚠️ Le stationnement en hypercentre est cher et rare : prendre un parking-relais. Saint-Émilion est à quarante minutes, et les châteaux du Médoc à une heure — la voiture ne sert qu'à ça.
En savoir plus sur Bordeaux
Bordeaux est une ville de pierre blonde du XVIIIᵉ siècle, dont le front de Garonne forme l'un des plus longs ensembles architecturaux classiques d'Europe. Elle était noire il y a trente ans : un ravalement systématique mené depuis les années 1990, doublé de la suppression des voitures sur les quais et de l'arrivée du tram, a transformé la ville au point que ceux qui l'ont connue avant ne la reconnaissent pas.
Le centre classé se parcourt entièrement à pied et en tram, et la rue Sainte-Catherine, entièrement piétonne sur plus d'un kilomètre, en est l'épine dorsale. ⚠️ Le stationnement en hypercentre est cher et rare, et une grande partie du secteur est en zone à circulation restreinte : les parkings-relais en bout de ligne de tram sont la solution locale, et la voiture ne sert en réalité que pour le vignoble.
Celui-ci commence à la sortie de la ville. Saint-Émilion est à quarante minutes — village médiéval sur sa colline calcaire, avec une église monolithe creusée dans la roche — et les châteaux du Médoc à une heure par la route des grands crus. ⚠️ Les visites de propriétés se réservent presque toujours, et beaucoup ferment le week-end ou pendant les vendanges. Le miroir d'eau, place de la Bourse, fonctionne d'avril à octobre par cycles de brume et de reflet.
À table
- Cannelés — les petits gâteaux caramélisés au rhum et à la vanille, croûte noire et cœur moelleux, dans les pâtisseries Baillardran ou La Toque Cuivrée.
- Entrecôte à la bordelaise — grillée sur des sarments de vigne, avec une sauce au vin rouge, échalotes et moelle.
- Huîtres et crépinettes — les huîtres du bassin d'Arcachon mangées avec une petite saucisse plate chaude, la tradition du dimanche bordelais.
- Lamproie à la bordelaise — le poisson de l'estuaire mijoté dans le vin rouge avec des poireaux, plat de printemps des tables bourgeoises.
- Vins de Bordeaux — Médoc, Saint-Émilion, Graves, Sauternes : les châteaux sont à moins d'une heure, les bars à vin de la ville servent tout au verre.
Jour 1
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Place de la Bourse, miroir d'eau et vieille ville Le plus grand miroir d'eau du monde — 3 450 m², deux centimètres de profondeur — devant une façade de 1730. Il alterne reflet et brume toutes les vingt minutes. Derrière, 350 hectares classés par l'Unesco, le plus vaste ensemble urbain protégé après Paris.gratuitmarchéEn savoir plus
Regarde les clés des arcades : chaque arc porte un mascaron sculpté, visage grimaçant, tête de fleuve, figure de vent, et il n'y en a pas deux pareils sur toute la place. Au centre, la fontaine des Trois Grâces a remplacé une statue équestre de Louis XV fondue à la Révolution. La place a été dessinée ouverte sur le fleuve, sans quatrième côté : il fallait qu'on la voie depuis les bateaux qui remontaient.
Ces façades ont été payées par le port. Bordeaux a été le deuxième port négrier de France après Nantes, et la ville ne le cache plus : le musée d'Aquitaine y consacre des salles entières et des plaques rappellent l'origine de certaines fortunes. Le savoir change la façon de regarder les hôtels particuliers des Chartrons.
Le miroir d'eau est arrêté et vidé l'hiver. Le reste de l'année, il alterne lame d'eau, vidange et nappe de brouillard : juste après la remise en eau, le reflet est parfait, et c'est aussi le moment où tout le monde traverse. Le granit est glissant et les enfants y courent pieds nus. La meilleure photo se prend accroupi, au ras de l'eau, depuis le côté quai.
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Bassins des Lumières et quartier des Bassins à flot Une base sous-marine allemande de 1941, 42 000 m² de béton armé de onze mètres d'épaisseur, transformée en centre d'art numérique. Les projections se reflètent dans l'eau des quatre alvéoles — c'est le plus grand lieu du genre au monde.16 €cultureEn savoir plus
On entre dans un bunker, pas dans un musée. Le sol est en béton brut, les murs suintent, et les images se déploient sur des parois hautes comme un immeuble avant de se prolonger dans l'eau noire des bassins, où elles se dédoublent. La bande-son occupe tout le volume. C'est le contraste qui fait l'endroit : la peinture d'un côté, la machine de guerre de l'autre.
Les alvéoles abritaient les sous-marins qui partaient chasser les convois de l'Atlantique — Bordeaux a été la seule base italienne de l'Atlantique, en plus de la flottille allemande. Le bâtiment a été élevé par l'Organisation Todt avec de la main-d'œuvre requise. Les bombardements alliés n'ont jamais percé la toiture : c'est le quartier autour qui a été rasé. Trop massive pour être démolie après la guerre, la base est restée là, et la ville a mis des décennies à décider quoi en faire.
La projection tourne en boucle : on entre à n'importe quel moment et l'on repart quand la boucle revient à son point de départ. Le béton garde le frais même en plein été — prévoir une couche de plus qu'à l'extérieur.
Jour 2
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Saint-Émilion et ses châteaux Un village médiéval de pierre blonde posé au milieu des vignes, avec une église monolithe creusée dans la roche au XIIe siècle — la plus grande d'Europe, et elle ne se visite qu'avec un guide. Les châteaux alentour font déguster pour dix à vingt euros.18 €marchéEn savoir plus
L'église monolithe ne se voit pas d'en haut : on marche dessus. Elle a été creusée dans la roche sur trois nefs, et le clocher planté sur la place repose sur la masse calcaire qui lui sert de plafond — les gens attablés en terrasse sont assis au-dessus d'une église. À côté, l'ermitage où la tradition situe la retraite d'Émilion, moine venu de Bretagne et qui a donné son nom au village.
La jurade, confrérie qui veille sur le vin d'ici, a été instituée en 1199 par Jean sans Terre : le roi d'Angleterre accordait des libertés à la ville contre des livraisons de vin. Elle existe toujours et proclame le ban des vendanges depuis la tour du Roy. Autre particularité, unique dans le Bordelais : le classement des crus est révisé périodiquement et rien n'y est acquis. Les dernières révisions ont valu procès et retraits fracassants, deux des plus grands châteaux ayant préféré quitter le classement que s'y soumettre.
L'église ne se visite qu'avec un guide et les billets se prennent à l'office de tourisme, sur la place : les places sont comptées, mieux vaut s'en occuper en arrivant. Le village est en forte pente et pavé de gros galets — les tertres — sur lesquels les semelles lisses glissent.
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Marché des Capucins et cuisine girondine Le « ventre de Bordeaux », ouvert du mardi au dimanche matin. On y mange des huîtres du Bassin au comptoir dès 8 h le week-end, avec un verre de blanc — c'est une institution locale, pas une attraction pour visiteurs.18 €marchéEn savoir plus
Une halle sans charme particulier, et à l'intérieur la meilleure table populaire de la ville : les bars à huîtres tiennent le centre, les bouchers et les primeurs le pourtour, et l'on mange debout ou serré à des comptoirs, au milieu des livraisons. Le bruit fait partie du lieu.
Le nom vient d'un couvent de capucins qui occupait le terrain avant la Révolution. Autour, le quartier Saint-Michel est le plus mélangé de Bordeaux : épiceries marocaines, cafés portugais, marché aux puces étalé au pied de la basilique. C'est le contrepoint exact des façades du XVIIIᵉ siècle, et les deux tiennent dans le même quart d'heure de marche.
Tout se joue le matin : à l'heure du déjeuner, les étals remballent et les rideaux tombent. Pour goûter Bordeaux sans se tromper, viser les huîtres du Bassin, la lamproie à la bordelaise si l'on est curieux, et les cannelés — on raconte que la recette est née des jaunes d'œufs dont les chais ne savaient que faire, les blancs servant à coller le vin.
46 € hébergement · 40 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre historique, 92 € la nuit.
- Bordeaux → Pays basque — voiture, via Bassin d'Arcachon, 3 h, 47 € par personne.
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02. Pays basque
J3 → J4 · 2 nuits · 257.5 € par personne
Océan, rouge et blanc, et une langue sans parenté
Une côte de villas rouges et blanches entre Biarritz et l'Espagne, avec un arrière-pays de montagne à vingt minutes. La langue n'a de parenté avec aucune autre en Europe. ⚠️ L'océan y est puissant et les baïnes, ces cuvettes entre les bancs de sable, emportent chaque été des baigneurs — nager entre les drapeaux.
En savoir plus sur Pays basque
Le Pays basque tient sur une bande étroite où l'océan et la montagne sont à vingt minutes l'un de l'autre. La côte aligne Biarritz, Bidart, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye, avec leurs villas rouges et blanches ; l'intérieur, à peine plus loin, offre des villages, des cols et des sommets comme la Rhune. La langue basque n'a de parenté établie avec aucune autre langue vivante d'Europe, ce qui en fait une singularité linguistique majeure.
⚠️ L'océan y est puissant et il faut le prendre au sérieux. Les baïnes — ces cuvettes qui se forment entre les bancs de sable et se vident violemment vers le large à marée descendante — emportent chaque été des baigneurs, y compris bons nageurs. La règle est de nager entre les drapeaux, uniquement en présence de sauveteurs, et de ne jamais lutter contre un courant qui emmène au large mais de se laisser porter en nageant parallèlement à la côte.
Biarritz est née du tourisme impérial sous Napoléon III et a gardé son architecture Second Empire ; Bayonne, à quelques kilomètres, est la vraie ville historique, avec ses remparts, sa cathédrale et son jambon. ⚠️ Le stationnement sur la côte en juillet et août est difficile et cher partout. Espelette, dont les piments sèchent sur les façades en septembre et octobre, et Aïnhoa donnent l'image de l'arrière-pays.
À table
- Piment d'Espelette — le piment rouge séché en guirlandes sur les façades du village, en poudre sur tout ce qui se mange ici.
- Axoa de veau — le veau émincé mijoté avec des poivrons, des oignons et du piment d'Espelette, plat des fêtes d'Espelette.
- Gâteau basque — la pâte sablée fourrée de crème pâtissière ou de confiture de cerises noires d'Itxassou, à Cambo-les-Bains et partout.
- Jambon de Bayonne — séché au sel de Salies-de-Béarn, en tranches fines sur le marché des Halles de Bayonne.
- Ossau-Iraty — le fromage de brebis des Pyrénées, servi avec de la confiture de cerises noires.
- Ttoro — la soupe de poissons de Saint-Jean-de-Luz, avec merlu, moules et langoustines, dans les restaurants du port.
Jour 3
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Biarritz : rocher de la Vierge et Côte des Basques Un village de pêcheurs de baleines devenu station impériale sous Eugénie, puis capitale européenne du surf en 1957 quand un scénariste américain y a apporté sa planche. La passerelle du rocher de la Vierge est d'Eiffel.gratuitmarchéEn savoir plus
La passerelle du rocher est étroite et les paquets de mer la balaient les jours de houle — elle ferme alors, et ce sont justement les jours où le spectacle est le meilleur, vu de la terre ferme. De là, on embrasse la côte jusqu'aux montagnes espagnoles. En contrebas de la ville, la Côte des Basques s'étire au pied d'une falaise instable, régulièrement confortée.
Avant les impératrices et les surfeurs, Biarritz vivait de la baleine. Des guetteurs postés sur le plateau de l'Atalaye — le mot signifie tour de guet — allumaient un feu dès qu'un souffle était repéré, et le village partait en chaloupe. Quand les baleines ont déserté le golfe, les Basques sont allés les chercher jusqu'à Terre-Neuve. La villa qu'Eugénie s'était fait bâtir face à la Grande Plage a brûlé en 1903 ; on l'a relevée en hôtel, et c'est le grand bâtiment rouge et blanc qu'on voit de partout.
La Côte des Basques disparaît à marée haute : la mer vient toucher le mur et il ne reste plus un mètre de sable. Regarde la marée avant de descendre avec les serviettes. Les courants sont sérieux sur toute cette côte : se baigner entre les drapeaux, dans les zones surveillées, et pas ailleurs.
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Bayonne : cathédrale, remparts et jambon Des maisons à colombages rouge sang-de-bœuf le long de la Nive, des remparts de Vauban intacts, et deux traditions importées : le chocolat, apporté par les juifs portugais chassés d'Espagne en 1609, et le jambon de Bayonne, salé au sel de Salies.12 €cultureEn savoir plus
La ville tient sur trois quartiers séparés par deux rivières : le Grand Bayonne autour de la cathédrale, le Petit Bayonne de l'autre côté de la Nive avec ses bars et ses musées, Saint-Esprit au-delà de l'Adour. La cathédrale gothique, bâtie sur le modèle des grandes églises du Nord, garde un cloître parmi les plus vastes de France, presque toujours vide et d'accès libre.
Le chocolat est arrivé par Saint-Esprit : les familles juives chassées d'Espagne et du Portugal s'y sont installées avec un savoir-faire que la ville a fait sien, ce qui fait de Bayonne le premier lieu de fabrication du chocolat en France. Les chocolatiers sont toujours groupés sous les arcades du centre. Le jambon, lui, a sa foire depuis le Moyen Âge, à Pâques. Quant à la baïonnette, elle doit son nom à la ville : on la dit née ici d'un couteau planté dans le canon d'un fusil.
Le Petit Bayonne se vide le jour et se remplit le soir. Au cœur de l'été, tout change : pendant les fêtes de Bayonne, la ville entière s'habille de blanc et de rouge, ne dort plus et devient impossible à loger sans réservation prise des mois plus tôt. Si tu n'es pas venu pour ça, mieux vaut le savoir avant de choisir tes dates.
Jour 4
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Saint-Jean-de-Luz et Ciboure La seule baie abritée de la côte basque, ce qui en fait la seule plage où l'on nage sans lutter contre les rouleaux. Louis XIV s'y est marié en 1660 ; la porte de l'église par laquelle il est sorti a été murée aussitôt, pour que personne ne l'emprunte après lui.gratuitmarchéEn savoir plus
De l'extérieur, l'église Saint-Jean-Baptiste ressemble à une grange fortifiée ; à l'intérieur, trois étages de galeries de bois courent le long des murs et un retable doré occupe tout le chevet. Les galeries étaient réservées aux hommes, les femmes restant au sol : c'est la disposition classique des églises basques, et c'est ici la plus grande d'entre elles.
La baie est calme par construction. L'océan a longtemps mangé la ville — des rues entières ont disparu — et l'on a fini par fermer l'entrée de la baie avec trois digues, chantier lancé sous le Second Empire. Avant cela, le port armait pour la baleine puis pour la course : les corsaires luziens ramenaient des prises anglaises et espagnoles, et la ville en a vécu longtemps.
C'est la seule plage de la côte où l'on nage sans se battre contre les rouleaux, donc la bonne adresse avec de jeunes enfants. De l'autre côté du pont, à Ciboure, la maison natale de Ravel donne sur le quai : haute, étroite, d'allure hollandaise, elle porte une plaque. En continuant le long de l'eau, on atteint le fort de Socoa et sa digue, d'où l'on voit la baie entière et, les jours de tempête, les vagues passer par-dessus.
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Espelette, Aïnhoa et l'arrière-pays Les façades d'Espelette disparaissent sous les cordes de piments qui sèchent d'août à novembre. Le piment a une AOP depuis 2000 et se cultive sur dix communes seulement. Aïnhoa, à côté, est une bastide navarraise du XIIIe siècle en une seule rue.8 €marchéEn savoir plus
Les façades blanches à colombages rouges ou verts obéissent à un code, et les linteaux au-dessus des portes portent une date et le nom de celui qui a bâti. C'est que la maison, l'etxe, compte davantage que la famille : elle a un nom propre, et la coutume basque la transmettait entière à l'aîné des enfants, garçon ou fille indifféremment, pour ne jamais la diviser.
Le piment est arrivé des Amériques au XVIᵉ siècle et s'est imposé pour une raison simple : il poussait sur place, alors que le poivre venait de loin et coûtait cher. Il a d'abord servi à conserver les viandes avant d'assaisonner tout le reste. Une seule variété est admise, le gorria, cueillie rouge et enfilée en cordes.
La corde qui sèche sur un mur est belle mais s'utilise mal : c'est la poudre, ou la purée, qu'on rapporte. Hors de la saison de séchage, les façades sont nues et les villages nettement plus calmes. À Aïnhoa, monte à la chapelle Notre-Dame-de-l'Aubépine au-dessus du village : la route grimpe sec et la vue porte loin en Navarre. Dans les cimetières, cherche les stèles discoïdales, ces disques de pierre gravés qui précèdent les croix.
53 € hébergement · 41 € repas · 19 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Saint-Jean-de-Luz, 105 € la nuit.
- Pays basque → Albi et le Tarn — mixte, via Béarn et Pyrénées et Toulouse, 5 h, 52 € par personne.
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03. Albi et le Tarn
J5 · 1 nuit · 118.75 € par personne
Une cathédrale-forteresse en brique, et Toulouse-Lautrec
Une cathédrale-forteresse en brique rouge, la plus grande du monde dans ce matériau, bâtie après la croisade contre les cathares pour impressionner. Le musée Toulouse-Lautrec, dans le palais épiscopal voisin, détient la plus grande collection au monde. Cordes-sur-Ciel est à trente minutes.
En savoir plus sur Albi et le Tarn
La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi est la plus grande cathédrale de brique du monde, et son aspect n'a rien d'un hasard : bâtie à partir de 1282, après la croisade contre les albigeois qui a écrasé le catharisme dans la région, elle a été conçue comme une forteresse — murs aveugles de quarante mètres, contreforts en demi-tours, une seule porte. C'était un message adressé à une population fraîchement soumise.
L'intérieur produit un contraste saisissant : entièrement peint, avec le plus vaste ensemble de peintures italiennes de la Renaissance en France et un Jugement dernier monumental dont la partie centrale a été détruite au XVIIᵉ siècle pour percer une chapelle.
Henri de Toulouse-Lautrec est né à Albi, et le palais épiscopal voisin — la Berbie, forteresse elle aussi — abrite le musée qui porte son nom : plus de mille œuvres, la plus grande collection au monde, léguée par sa mère après que plusieurs musées eurent refusé les toiles. ⚠️ Compter deux heures. Cordes-sur-Ciel, à trente minutes, est une bastide perchée dont le nom vient de la brume qui noie parfois la vallée en dessous ; ⚠️ la montée jusqu'au sommet est raide et le stationnement se fait en bas.
À table
- Ail rose de Lautrec — l'ail doux en tresses des marchés du Tarn, en soupe ou confit, avec sa fête au début août.
- Gimblettes d'Albi — les biscuits en couronne parfumés au citron, dans les pâtisseries autour de la cathédrale.
- Salaisons de Lacaune — jambon, saucisson et saucisse sèche des monts de Lacaune, séchés à l'air de la montagne.
- Gaillac — les blancs perlés et les rouges de Braucol du vignoble voisin, l'un des plus anciens de France.
- Échaudés de Carmaux — les biscuits secs à l'anis, pochés puis cuits au four, dans les boulangeries du bassin minier.
Jour 5
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Cathédrale Sainte-Cécile La plus grande église en brique du monde, bâtie après la croisade contre les cathares pour écraser autant que pour prier : dehors une forteresse sans contrefort, dedans le plus vaste ensemble de peintures italiennes de la Renaissance en France, 18 500 m² de fresques.6 €cultureEn savoir plus
Dehors : un bloc de brique sans contrefort ni portail sculpté, percé d'ouvertures étroites comme des meurtrières — une église bâtie en place forte au lendemain de la croisade contre les albigeois, pour rappeler qui commandait. Dedans, tout se renverse : la voûte entière est peinte, bleu et or, d'un bout à l'autre, et un jubé de pierre ajourée comme de la dentelle barre la nef.
La voûte a été peinte par des artistes bolonais au tout début du XVIᵉ siècle, dans les mêmes années que le plafond de la chapelle Sixtine. Au fond, le Jugement dernier occupe un mur immense, et il lui manque le milieu : au XVIIᵉ siècle, on a ouvert un passage en plein centre de la fresque pour desservir une chapelle, faisant disparaître le Christ et la résurrection des morts. Il reste les damnés, classés par péché, chacun avec son supplice attitré — et ils suffisent largement.
L'entrée dans la nef est libre : on peut voir la voûte sans rien payer. C'est l'accès au chœur, derrière le jubé, avec ses stalles et ses statues polychromes, qui se paie — et c'est là que la sculpture est la plus fine. Le palais de la Berbie, juste à côté, complète la visite ; toute la cité épiscopale est classée par l'Unesco.
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Musée Toulouse-Lautrec Mille œuvres — la plus grande collection au monde — dans le palais de la Berbie, ancienne résidence des évêques inquisiteurs. Lautrec est né à Albi ; sa mère a donné le fonds à la ville en 1922, après que le Louvre l'eut refusé.12 €cultureEn savoir plus
Le musée est installé dans un château fort, pas dans un hôtel particulier : le palais de la Berbie était la résidence des évêques d'Albi, avec des murs assez épais pour soutenir un siège. On passe donc de salles voûtées de brique aux affiches criardes de Montmartre, et le contraste ne cesse jamais.
Lautrec a grandi dans une famille de la noblesse locale ; ses parents étaient cousins germains, et une fragilité osseuse héréditaire, dont on discute encore la nature exacte, a stoppé la croissance de ses jambes après deux fractures d'adolescence. Ce qu'il a fait ensuite a changé un métier : il a transformé l'affiche de rue en œuvre, à grands aplats de couleur et cadrages coupés empruntés à l'estampe japonaise. Ses affiches étaient décollées des murs par des amateurs la nuit même de leur pose.
Le parcours est chronologique et se termine sur les scènes de maisons closes, peintes de l'intérieur, sans complaisance ni voyeurisme — il y logeait. Les jardins en terrasse au-dessus du Tarn s'ouvrent librement et donnent la plus belle vue de la ville, avec le pont Vieux en contrebas. La cathédrale est à cinquante mètres : les deux visites se font à la suite.
41 € hébergement · 36 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans la vieille ville, 82 € la nuit.
- Albi et le Tarn → Périgord noir — voiture, via Rocamadour et le Quercy, 3 h 15, 23 € par personne.
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04. Périgord noir
J6 → J7 · 2 nuits · 270.5 € par personne
Sarlat, les grottes ornées et la truffe
Le pays des grottes ornées, où Lascaux se visite en fac-similé — l'original est fermé depuis 1963 pour le préserver. ⚠️ Font-de-Gaume est l'une des dernières grottes ornées authentiques encore ouvertes, avec quelques dizaines de places par jour vendues en ligne. Sarlat tient son marché le mercredi et le samedi.
En savoir plus sur Périgord noir
Le Périgord noir concentre la plus forte densité de sites préhistoriques d'Europe : la vallée de la Vézère compte quinze grottes ornées classées, occupées sans interruption pendant des dizaines de milliers d'années. ⚠️ Lascaux, la plus célèbre, est fermée au public depuis 1963 — la respiration des visiteurs y avait déclenché des proliférations d'algues et de champignons qui menaçaient les peintures. Ce qu'on visite est un fac-similé, aujourd'hui Lascaux IV, reproduction intégrale d'une précision remarquable.
⚠️ Font-de-Gaume, à quelques kilomètres, est l'une des dernières grottes ornées polychromes authentiques encore ouvertes au public en France, et cela ne durera peut-être pas. Le nombre de places est limité à quelques dizaines par jour, vendues en ligne uniquement, et elles partent dès leur mise en vente — souvent des semaines à l'avance. C'est le billet le plus difficile à obtenir de tout le Sud-Ouest, et voir des peintures originales plutôt qu'une copie vaut l'effort d'anticipation.
Sarlat a l'un des centres médiévaux les plus denses de France, restauré à partir de la loi Malraux de 1962 dont elle a été le premier terrain d'application. ⚠️ Son marché du samedi matin est magnifique et impraticable en été tant il est fréquenté ; celui du mercredi est plus petit et plus vivable. La Roque-Gageac et les châteaux de Beynac et Castelnaud se font en canoë depuis la Dordogne.
À table
- Foie gras — d'oie ou de canard, en terrine mi-cuit ou poêlé aux pommes, sur le marché au gras de Sarlat le samedi en hiver.
- Confit de canard — les cuisses cuites dans leur graisse et rissolées, avec des pommes de terre sarladaises à l'ail et au persil.
- Truffe noire du Périgord — le diamant noir des marchés de Sarlat et de Sainte-Alvère, râpé sur des œufs brouillés, de décembre à février.
- Noix du Périgord — en cerneaux, en huile ou en gâteau, des noyeraies de la vallée de la Dordogne.
- Enchaud — le rôti de porc piqué d'ail et confit dans sa graisse, servi froid en tranches sur les tables de ferme.
Jour 6
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Sarlat-la-Canéda et son marché La plus forte densité de monuments classés de France : soixante-six sur onze hectares, parce que la ville s'est appauvrie au XIXe et n'a rien démoli. Marché le mercredi et le samedi ; en hiver, le marché aux truffes se tient sous la halle de l'ancienne église Sainte-Marie.gratuitmarchéEn savoir plus
La pierre est blonde et les toits sont en lauzes, ces dalles de calcaire si lourdes qu'il a fallu des charpentes énormes pour les porter. La ville se parcourt par des ruelles qui ne mènent nulle part et débouchent sur des cours privées. Derrière la cathédrale, une tour conique du XIIᵉ siècle, la lanterne des morts, n'a jamais livré son secret : nul ne sait à quoi elle servait.
Sarlat est le chantier qui a servi d'exemple à la loi de 1962 sur les secteurs sauvegardés : c'est ici qu'on a tenté pour la première fois de restaurer un centre ancien entier plutôt que quelques monuments. Sur la place principale se dresse la maison où naquit Étienne de La Boétie, l'ami de Montaigne, auteur très jeune d'un texte sur la servitude volontaire qui demandait pourquoi les peuples obéissent alors qu'il leur suffirait de cesser.
L'ancienne église Sainte-Marie a été transformée en halle couverte par Jean Nouvel, avec deux portes d'acier monumentales qui s'ouvrent en grand le matin ; un ascenseur de verre grimpe dans le clocher et donne la vue sur les toits. Pour le reste, Sarlat se visite le soir : les autocars repartent, les ruelles éclairées se vident, et la ville redevient habitable.
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Lascaux IV Un fac-similé intégral de la grotte, au millimètre et à la même température. L'originale, découverte par quatre adolescents en 1940, a été fermée en 1963 : la respiration des visiteurs y faisait pousser des algues. ⚠️ Créneau horaire à réserver, complet une à deux semaines avant en août.23 €cultureEn savoir plus
On n'entre jamais dans la grotte de Lascaux. L'originale est fermée depuis 1963 et le restera : la respiration et l'éclairage des visiteurs y avaient déclenché des proliférations d'algues puis de champignons ; elle vit sous surveillance permanente, ouverte à quelques scientifiques par an. Ce qu'on visite ici est un fac-similé complet, moulé au relevé laser puis repeint avec les pigments et les gestes d'origine.
La salle des Taureaux vaut à elle seule le déplacement : des aurochs de plusieurs mètres se poursuivent sur une voûte blanche, dessinés au trait noir avec une économie de moyens stupéfiante. Plus loin, la scène dite du Puits est la seule de Lascaux à raconter quelque chose : un homme à tête d'oiseau, renversé, un bison éventré, un oiseau perché sur un bâton. Personne ne sait ce qu'elle signifie ; c'est la seule figure humaine de la grotte.
Elle a été trouvée en 1940 par quatre adolescents, dont l'un est devenu gardien du site et l'est resté toute sa vie. Le fac-similé de 1983, plus ancien et plus petit, existe toujours. Dans la salle reconstituée, l'atmosphère est maintenue fraîche et humide pour coller à l'original : une couche de plus est utile, même en été.
Jour 7
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Grotte de Font-de-Gaume ⚠️ La dernière grotte ornée POLYCHROME encore ouverte au public en France, et sans doute au monde. Deux cents peintures de bisons et de rennes vieilles de 17 000 ans, vues à un mètre. Environ 80 places par jour : c'est le billet le plus difficile du catalogue, à prendre des semaines à l'avance.13 €cultureEn savoir plus
On monte par un sentier à flanc de coteau jusqu'à une fente étroite dans la falaise, puis l'on avance en file. Les peintures n'apparaissent pas tout de suite : le guide éclaire, et une frise de bisons se détache lentement, ocre, brun et noir, les corps épousant les bosses de la paroi. Les artistes se sont servis du relief de la roche pour donner l'épaisseur : il faut bouger la tête pour que l'animal prenne corps.
La scène la plus célèbre montre deux rennes face à face, le mâle penché léchant le front de la femelle agenouillée. Rien dans l'art paléolithique ne ressemble à ce geste. La grotte n'a été reconnue qu'en 1901 par un instituteur du village, Denis Peyrony, alors qu'on y entrait depuis toujours : les peintures étaient là, personne ne les regardait.
C'est le billet le plus difficile du voyage : la réservation ouvre en ligne à dates fixes et le contingent est minuscule. S'y prendre des semaines à l'avance et prévoir un plan de repli — les Combarelles, toute proche, montre des gravures d'une finesse rare ; l'abri du Cap Blanc, une frise de chevaux sculptés grandeur nature ; et le musée national de Préhistoire, aux Eyzies, remet tout en ordre. Ni photo ni sac à l'intérieur.
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Châteaux de Beynac et Marqueyssac Beynac domine la vallée de 150 m et a servi de décor à une dizaine de films. Les jardins suspendus de Marqueyssac, juste en face, alignent 150 000 buis taillés à la main sur six kilomètres d'allées, avec un belvédère au-dessus du vide.22 €cultureEn savoir plus
Beynac est planté au bord d'un à-pic et sa cour donne directement sur le vide : la falaise fait le travail de trois murailles. À l'intérieur, la grande salle et la cuisine voûtée ont gardé leur nudité de pierre, sans mobilier — c'est ce qui a séduit les tournages, dont la Jeanne d'Arc de Luc Besson.
Richard Cœur de Lion s'en est emparé à la fin du XIIᵉ siècle et l'a confié à un chef de mercenaires, Mercadier, qui a rançonné la région depuis ce nid d'aigle. En face, Marqueyssac doit son allure à un propriétaire du XIXᵉ siècle, Julien de Cerval, revenu d'Italie décidé à dessiner un jardin à l'italienne : il a planté les buis qu'on taille aujourd'hui à la main, en formes rondes et molles qui tiennent plus du nuage que du parterre.
Du belvédère de Marqueyssac, on voit d'un seul regard la Dordogne, La Roque-Gageac, Castelnaud, Fayrac et Beynac : c'est le meilleur endroit pour comprendre la vallée avant de la parcourir. Les allées sont plates, mais certains passages longent le vide sans barrière — à surveiller avec de jeunes enfants. Certains soirs d'été, le jardin s'éclaire entièrement à la bougie. À Beynac, prévoir la montée : le parking est en bas, au bord de l'eau.
44 € hébergement · 38 € repas · 17 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le vieux Sarlat, 88 € la nuit.
Le budget de ces 7 jours
1 041 € par personne pour 7 jours, soit 149 € / jour. À deux, 2 082 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 327 € | 31 % |
| Repas | 274 € | 26 % |
| Transport sur place | 30 € | 3 % |
| Location de voiture — 7 jours | 140 € | 13 % |
| Carburant et péages | 122 € | 12 % |
| Activités | 148 € | 14 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Le PDF
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- La carte du parcours, avec ses 4 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
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