Ce n'est pas un marché mais un quartier entier, découpé en sections numérotées reliées par des allées qui se ressemblent toutes, sous des toits de tôle bas. Chaque section a son monde : céramique, brocante, vêtement d'occasion, mobilier, plantes en pot, artisanat du Nord. La tour de l'horloge, au centre, est à peu près le seul repère fixe — tout le monde s'y donne rendez-vous parce qu'elle se voit de loin.
Le marché du week-end ne s'est pas toujours tenu là : il occupait l'esplanade royale de Sanam Luang, en plein centre historique, avant d'être déplacé ici au tournant des années quatre-vingt. La section des plantes, elle, vit sur un autre calendrier et ouvre en semaine pour les pépiniéristes et les jardiniers, sans la foule du samedi.
Photographie le panneau de la section en entrant : sans ça, retrouver une échoppe repérée le matin est une affaire perdue. Le métro débouche directement dans le marché, ce qui permet d'attaquer par le fond et de revenir vers la sortie. La chaleur sous les tôles monte vite et l'air ne circule pas dans les allées centrales. On paie en espèces, on négocie en souriant, et l'on renonce sans insister : le vendeur suivant vend la même chose.