Bretagne en 14 jours : l'itinéraire jour par jour
1 658 € par personne sur place pour 14 jours, soit 118 € / jour — en 8 étapes, de Saint-Malo à Golfe du Morbihan et Carnac. En passant par Dinan et la Rance, Côte de Granit rose, Baie de Morlaix et Roscoff, Presqu'île de Crozon, Quimper et la pointe du Raz, puis Concarneau et Pont-Aven.
Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Bretagne
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Trains
Arrivée à gare Saint-Malo — Gare (SML), retour depuis la même gare.
Le trajet depuis chez toi n'est pas compté dans ce budget : il dépend de ta date et de ta gare de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Saint-Malo
J1 → J3 · 3 nuits · 365.75 € par personne
Une ville de corsaires dans ses remparts, et la plus forte marée
Une cité corsaire reconstruite à l'identique après 1944, enfermée dans des remparts qu'on parcourt gratuitement en trente minutes. ⚠️ Les marées y sont les plus fortes d'Europe — jusqu'à quatorze mètres : le Grand Bé et le Fort National ne se rejoignent à pied qu'à marée basse, et l'horaire ne se négocie pas.
En savoir plus sur Saint-Malo
Saint-Malo est en réalité trois villes qu'on confond souvent. Intra-muros, la cité corsaire dans ses remparts, ne fait que quelques hectares et a été reconstruite à l'identique après les bombardements de 1944 — les pierres sont anciennes, les bâtiments ne le sont pas. Autour s'étendent Paramé, Saint-Servan et Rothéneuf, qui portent les plages, les commerces du quotidien et la plupart des hébergements abordables.
Le tour des remparts se fait gratuitement en une trentaine de minutes et donne la mesure de l'ensemble : d'un côté la ville dense, de l'autre la mer et les îlots. Se garer intra-muros est difficile et cher en saison ; les parkings extérieurs et le bus de mer vers Dinard sont la solution courante.
⚠️ Ici, la marée n'est pas un détail mais un horaire. L'amplitude atteint quatorze mètres, la plus forte d'Europe, ce qui découvre et recouvre des kilomètres d'estran deux fois par jour. Le Grand Bé, où repose Chateaubriand, et le Fort National ne se rejoignent à pied qu'à marée basse, par une chaussée qui disparaît complètement ensuite — des visiteurs s'y font piéger chaque année. L'horaire des marées s'affiche partout en ville et se consulte avant de sortir, pas après. Aux grandes marées d'équinoxe, les vagues passent par-dessus la digue du Sillon et l'on vient exprès pour ça.
À table
- Huîtres de Cancale — les creuses et les plates de la baie, ouvertes sur le marché du port de la Houle et mangées sur la digue face au Mont.
- Beurre Bordier — le beurre baratté à la main de la rue de l'Orme, nature, aux algues ou au piment d'Espelette, sur une tranche de pain de seigle.
- Craquelins de Saint-Malo — les galettes soufflées et creuses, à tremper dans le café ou à garnir de beurre.
- Galette-saucisse — la saucisse grillée roulée dans une galette de sarrasin, le sandwich breton des marchés et des stades.
- Moules de bouchot de la baie du Mont-Saint-Michel — petites et charnues, à la marinière dans les restaurants intra-muros.
Jour 1
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Tour complet des remparts Deux kilomètres de chemin de ronde en accès libre, à hauteur des toits d'un côté et de la mer de l'autre. La ville a été détruite à 80 % en août 1944 et reconstruite à l'identique en granit pendant douze ans — ce qu'on voit est faux et parfaitement fidèle, ce qui se sait peu.gratuitmarchéEn savoir plus
L'enceinte a grandi par morceaux. Le premier mur ceint le rocher au Moyen Âge ; il devient trop étroit dès que la course et la pêche à Terre-Neuve enrichissent la ville, et l'on gagne alors sur la mer par agrandissements successifs, aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, sous la conduite de Siméon Garangeau. D'où ce tracé irrégulier, où l'on passe sans prévenir d'une courtine médiévale trapue à un bastion plus bas et plus large, dessiné pour encaisser le canon.
Ce sont les remparts qui ont sauvé la forme de la ville : ils ont tenu quand tout brûlait derrière, et les architectes s'en sont servis comme gabarit. Sur le bastion de la Hollande, la statue de Surcouf tend le bras vers le large ; la tradition locale veut qu'il désigne l'Angleterre, ce qui résume assez bien l'humeur de la ville au temps de la guerre de course.
La promenade se fait d'une traite, sans redescendre, à hauteur des toits d'un côté et au-dessus de l'eau de l'autre. Le sol est en pierre polie par les semelles et devient franchement glissant sous la pluie. On monte par les portes, toutes en escalier : ni poussette ni fauteuil ne passent. La lumière est meilleure en fin de journée, côté ouest, face à Dinard.
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Vieille ville intra-muros Des rues de granit gris entre des maisons d'armateurs à hautes cheminées, la cathédrale Saint-Vincent et ses vitraux modernes posés après les bombardements. Se perdre entre la Grande Porte et la porte Saint-Thomas prend une heure, et c'est libre.gratuitmarchéEn savoir plus
Saint-Malo n'a jamais été une ville de pêcheurs. C'est une ville d'armateurs, qui envoyaient les autres pêcher la morue à Terre-Neuve et courir sus aux navires ennemis avec une lettre de marque en poche — la course était une piraterie légale, encadrée, imposée, dont l'État prenait sa part. Les hôtels de granit à hautes cheminées qui bordent les rues appartenaient à ces familles-là, et leurs maisons de campagne, les malouinières, sont dispersées dans l'arrière-pays.
La ville a poussé l'indépendance jusqu'à s'ériger en république pendant les guerres de Religion : de 1590 à 1594, elle ne reconnaît ni roi ni duc et se gouverne seule. Le dicton local en est resté — ni Français, ni Breton, Malouin. Dans la cathédrale Saint-Vincent, une dalle marque l'endroit où Jacques Cartier a reçu la bénédiction de l'évêque avant de partir pour le Saint-Laurent ; la nef romane et le chœur gothique ont perdu leurs verrières en 1944 et portent depuis des vitraux abstraits, très loin de ce qu'on attend en poussant la porte.
Les rues sont saturées l'après-midi en saison et presque vides au petit matin. C'est le seul moment où l'on entend ses pas sur le pavé.
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Îlot du Grand Bé et tombe de Chateaubriand Chateaubriand a demandé à être enterré face au large, sur un rocher, sous une dalle nue sans nom. ⚠️ Accessible uniquement à marée basse, et il faut être revenu avant que le flot ne recouvre la chaussée — le passage se ferme environ trois heures avant la pleine mer.gratuitcultureEn savoir plus
La dalle est nue : du granit, une croix, pas un nom, pas une date. Chateaubriand a tout réglé lui-même de son vivant, obtenu la concession du rocher auprès de la ville et voulu une tombe tournée vers le large, pour n'y entendre, écrivait-il, que le vent et la mer. Il est mort à Paris en 1848 ; on l'a ramené ici. Le lieu déçoit ceux qui montent sans savoir, parce qu'il n'y a rien d'autre à voir — c'est précisément le programme.
Le rocher porte aussi les vestiges d'un ouvrage militaire, et son voisin le Petit Bé, un peu plus loin, en a conservé un entier, également accessible à pied à basse mer. Depuis le sommet, la ville se découvre par l'arrière, avec le rempart en enfilade et les toits d'ardoise serrés derrière.
La chaussée de sable se ferme bien avant que la mer n'atteigne son plein et ne rouvre que longtemps après : ce n'est pas une marge, c'est une contrainte, et les secours vont chercher chaque année des visiteurs restés en haut à contempler la vue. Les rochers de l'approche sont couverts d'algues et glissent. Et l'on marche sur une tombe, pas sur un belvédère.
Jour 2
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Plage du Sillon et la digue Trois kilomètres de sable plantés de brise-lames en troncs de chêne, alignés depuis le XVIIIe siècle pour casser la houle. Par grande marée et vent d'ouest, les vagues passent par-dessus la digue et l'accès est fermé — c'est le spectacle qui fait le tour des réseaux chaque hiver.gratuitdétenteEn savoir plus
Le Sillon est le cordon de sable qui relie la cité corsaire au continent — Saint-Malo intra-muros était une île, et c'est cette langue naturelle, consolidée au fil des siècles, qui l'a rattachée. Les troncs de chêne plantés en rangs serrés dans le sable sont des brise-lames, installés depuis le XVIIIᵉ siècle et régulièrement remplacés : ils cassent l'énergie de la houle avant qu'elle n'atteigne la digue.
L'amplitude des marées atteint ici une quinzaine de mètres, la plus forte d'Europe, ce qui transforme complètement la plage deux fois par jour : à marée basse, l'estran découvre sur des centaines de mètres ; à marée haute de fort coefficient, il n'y a plus de plage du tout.
⚠️ Lors des grandes marées d'équinoxe combinées à un vent d'ouest, les vagues passent par-dessus la digue et l'accès est fermé par arrêté municipal, avec des barrières et parfois des voitures déplacées. Le spectacle attire du monde et fait le tour des réseaux chaque hiver — mais des blessés sont à déplorer chaque année parmi ceux qui s'approchent trop. On regarde depuis les zones autorisées, et l'on ne franchit jamais une barrière.
Jour 3
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Fort National Un fort de Vauban sur un îlot rocheux, atteint à pied sur le sable. ⚠️ Il n'ouvre qu'à marée basse, et seulement quand le drapeau français est hissé : c'est le meilleur exemple de ce que la marée commande ici. Vérifier l'horaire la veille, sinon la visite n'existe pas ce jour-là.5 €cultureEn savoir plus
Le fort tient sur un rocher isolé à quelques centaines de mètres des remparts. Il a été bâti en 1689 sur les plans de Vauban par Siméon Garangeau, l'ingénieur qui a aussi dessiné les fortifications de la ville : une enceinte basse, une plate-forme d'artillerie et un puits creusé dans le granit, l'essentiel du dispositif tenant dans le tir croisé avec le Petit Bé et la Conchée. Il a changé trois fois de nom au gré des régimes — Royal, Impérial, National.
Il a servi une dernière fois en août 1944, mais pas comme ouvrage militaire : la garnison allemande y a enfermé plusieurs centaines de Malouins pendant le siège, sans eau ni vivres, sous les obus alliés qui tombaient sur la ville en flammes. C'est la partie de la visite qu'on n'attendait pas en montant.
La règle d'accès est sans appel : on traverse à pied depuis la plage de l'Éventail à marée descendante, et le fort n'ouvre que si le drapeau flotte au mât. Le jour où la mer ne se retire pas assez, il n'y a pas de visite du tout. Vérifier la veille, et prévoir des chaussures qui tiennent sur les rochers couverts d'algues.
59 € hébergement · 38 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel intra-muros, 118 € la nuit.
- Saint-Malo → Dinan et la Rance — TER avec changement à Dol, 1 h, 9 € par personne.
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02. Dinan et la Rance
J4 · 1 nuit · 106.25 € par personne
Une cité médiévale entière au-dessus d'un port de rivière
Une cité médiévale intacte perchée au-dessus de la Rance, reliée à son port par la rue du Jerzual, une descente pavée très raide bordée d'ateliers. ⚠️ La montée du retour est sévère. Le chemin de halage longe la rivière jusqu'à Léhon, à pied ou à vélo, sans dénivelé.
En savoir plus sur Dinan et la Rance
Dinan est une cité médiévale qui a échappé aux destructions, ce qui en fait l'un des ensembles les plus complets de Bretagne : trois kilomètres de remparts, un château, et des rues entières de maisons à pans de bois et à porches. Elle est perchée soixante-quinze mètres au-dessus de la Rance, et cette différence d'altitude organise toute la visite.
⚠️ La rue du Jerzual relie la ville haute au port par une descente pavée très raide, bordée d'ateliers d'artisans installés dans des maisons du XVᵉ siècle. Elle est magnifique dans ce sens. La remontée, elle, est sévère : quelques centaines de mètres de forte pente sur des pavés, sans alternative directe. Prévoir de redescendre en fin de journée, ou de revenir par la route en boucle, plus longue mais praticable.
En bas, le chemin de halage change complètement de registre : entièrement plat, ombragé, il longe la Rance jusqu'à l'abbaye de Léhon en une demi-heure de marche, et se poursuit sur des dizaines de kilomètres à vélo. C'est la promenade familiale de l'étape, praticable même sous la pluie. Vers la mer, le cap Fréhel et le fort la Latte sont à moins d'une heure de route et donnent l'autre visage de la Bretagne — falaises de grès rose, landes rases et vent permanent.
À table
- Galette complète — sarrasin, jambon, œuf et fromage, dans les crêperies de la rue du Jerzual, avec une bolée de cidre.
- Coquilles Saint-Jacques d'Erquy — celles de la baie de Saint-Brieuc, juste saisies au beurre, d'octobre à mai.
- Crêpes dentelle — les Gavottes, fabriquées à Dinan depuis 1920, fines et croustillantes, en paquet dans toutes les épiceries.
- Cidre fermier — celui des vergers de la Rance, brut et trouble, tiré au fût dans les fermes de la vallée.
Jour 4
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Remparts et vieille ville médiévale Trois kilomètres de remparts du XIIIe siècle, presque intacts, autour de cent trente maisons à pans de bois — c'est la cité médiévale la plus complète de Bretagne, épargnée par les bombardements de 1944 qui ont détruit Saint-Malo.gratuitmarchéEn savoir plus
Dinan a gardé son enceinte parce qu'elle n'a jamais eu de raison de l'abattre : la ville n'a pas été assiégée par l'artillerie moderne, pas rasée en 1944, pas percée de boulevards au XIXᵉ siècle. Il en reste une ceinture presque continue, avec ses tours, sa porte du Guichet et sa porte Saint-Malo, qu'on longe par la promenade en contrebas ou par le chemin de ronde là où il est ouvert.
La ville est indissociable de Bertrand Du Guesclin, qui y a livré en 1359 un combat singulier resté célèbre contre un chevalier anglais, sur la place du Champ-Clos, pour obtenir la libération de son frère. À sa mort, son corps a été partagé entre quatre lieux, selon un usage réservé aux très grands personnages : les entrailles au Puy, la chair à Montferrand, les os à Saint-Denis auprès des rois, et le cœur ici, dans la basilique Saint-Sauveur, où le tombeau se voit toujours.
Le jardin anglais, aménagé derrière la basilique sur l'ancien cimetière, tombe à pic sur la vallée et sur le viaduc : c'est le meilleur point de vue de la ville, et il est libre. Une grande fête médiévale envahit les remparts un été sur deux, et les hôtels sont alors complets des mois à l'avance.
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Rue du Jerzual et le port Une rue pavée en pente raide qui descend de la ville haute au port sur la Rance, bordée d'ateliers d'artisans installés dans les maisons de tanneurs. La montée essouffle ; c'est pour ça que les charrettes ont cessé d'y passer au XIXe siècle.gratuitmarchéEn savoir plus
La rue descend de la ville haute au port en pente franche, pavée de bout en bout, coupée en deux par la porte du Jerzual : au-dessus, la rue du Jerzual ; en dessous, la rue du Petit-Fort. Pendant des siècles ce fut l'unique entrée de Dinan côté rivière, et tout passait par là — le vin, le cuir, la toile, des charrettes tirées à plusieurs chevaux dans une côte que les piétons montent aujourd'hui en soufflant. Les maisons à pans de bois qui la bordent étaient celles des tanneurs et des marchands ; elles abritent maintenant des ateliers, verrier, potier, luthier, dont les portes restent ouvertes.
Ce qui a vidé la rue de son trafic, c'est le viaduc. En jetant la route à mi-hauteur au-dessus de la vallée, au milieu du XIXᵉ siècle, on a rendu inutile la descente au port, et la rue s'est arrêtée net dans son siècle. C'est la raison pour laquelle elle est intacte.
En bas, le port sert à la plaisance et aux vedettes qui descendent la Rance jusqu'à Dinard et Saint-Malo. Leurs départs dépendent de la marée et changent donc chaque jour : le tableau est affiché sur le quai, et mieux vaut le regarder avant de descendre, car la remontée à pied se mérite.
49 € hébergement · 34 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans une maison à pans de bois, 98 € la nuit.
- Dinan et la Rance → Côte de Granit rose — Route côtière par Saint-Brieuc, 1 h 42, 18 € par personne (35 € à partager).
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03. Côte de Granit rose
J5 → J6 · 2 nuits · 223 € par personne
Des blocs roses posés dans une mer turquoise
Dix kilomètres de côte où le granit rose forme des blocs arrondis posés dans l'eau, parcourus par le sentier des douaniers entre Ploumanac'h et Perros-Guirec. ⚠️ La lumière fait tout : les roches sont ternes à midi et vraiment roses en fin de journée. L'archipel des Sept-Îles se voit en bateau, pour les fous de Bassan.
En savoir plus sur Côte de Granit rose
La Côte de Granit rose ne fait qu'une dizaine de kilomètres, entre Perros-Guirec et Trébeurden, et c'est le seul endroit de Bretagne où la roche prend cette couleur. Elle ne forme pas des falaises mais des blocs arrondis, empilés et posés dans l'eau comme s'ils avaient roulé là — l'érosion a travaillé un granit riche en feldspath rose, et les formes portent des noms depuis des générations.
Le sentier des douaniers en fait le tour à pied entre Ploumanac'h et la plage de Trestraou, en une heure et demie à deux heures selon les arrêts. Il est facile, très fréquenté l'été, et pratiquement le seul moyen d'en voir l'essentiel : depuis la route on ne devine rien. Le stationnement à Ploumanac'h est saturé en milieu de journée.
⚠️ La lumière fait tout, et c'est ce qui distingue cette étape des autres. À midi, en plein soleil, les roches paraissent grises et ternes ; en fin d'après-midi et surtout au coucher, elles deviennent franchement roses et l'eau tourne au turquoise. Y aller entre onze et quinze heures, c'est passer à côté du seul phénomène qu'on est venu voir. L'archipel des Sept-Îles, en face, abrite la plus grande colonie de fous de Bassan de France et se visite en bateau — sorties suspendues par mer forte, fréquente hors été.
À table
- Coco de Paimpol — le haricot demi-sec écossé à la main, mijoté avec du beurre ou en accompagnement d'un poisson, de juillet à octobre.
- Homard bleu — pêché au casier autour des Sept-Îles, grillé ou en cotriade dans les restaurants de Ploumanac'h et de Perros-Guirec.
- Huîtres de la baie de Paimpol — élevées dans l'anse de Paimpol, à goûter dans les cabanes de Lanmodez et de Loguivy.
- Far breton — le flan dense aux pruneaux, dans toutes les boulangeries de Trégastel.
Jour 5
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Sentier des douaniers de Ploumanac'h Le tronçon le plus célèbre du GR 34 : des chaos de granit rose vieux de 300 millions d'années, arrondis par l'érosion en formes qui portent toutes un nom — le Dé, la Tortue, le Chapeau de Napoléon. Une heure et demie de marche facile, entièrement gratuite.gratuitnatureEn savoir plus
Le granit d'ici se désagrège par ses fissures : l'eau attaque les joints, arrondit les angles et dégage des blocs qui finissent posés les uns sur les autres en équilibre. D'où ces formes que les guides du XIXᵉ siècle ont baptisées une à une, et cette impression d'éboulis rangé par quelqu'un. La couleur vient des gros cristaux roses de la roche, visibles à l'œil nu quand on s'approche.
Sur la plage Saint-Guirec, un oratoire abrite la statue du saint. La tradition voulait que les jeunes filles en âge de se marier plantent une épingle dans son nez : le nez de la statue de bois a fini par disparaître, et il a fallu la remplacer par une statue de granit, laquelle s'use à son tour. Plus loin, le phare de Mean Ruz est bâti dans le même granit rose que le chaos qui l'entoure ; celui d'avant a été détruit pendant la guerre.
Le sentier est facile mais très fréquenté aux heures chaudes. La roche ne prend sa couleur qu'au soleil rasant : franchement rose en fin de journée, grise à midi. Les dalles polies glissent après la pluie et il n'y a aucune barrière côté mer.
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Phare de Mean Ruz et la plage Saint-Guirec Un phare bâti dans le même granit rose que les rochers qui l'entourent, si bien qu'on le distingue à peine. En dessous, un oratoire du XIIe siècle est submergé à chaque marée haute — les jeunes filles y plantaient une épingle dans le nez du saint pour se marier dans l'année.gratuitdétenteEn savoir plus
Le phare de Mean Ruz — pierre rouge en breton — a été bâti dans le granit rose extrait sur place, si bien qu'il se confond presque avec le chaos de blocs qui l'entoure : on le cherche du regard avant de le trouver. Il a été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale puis reconstruit à l'identique.
Sur la plage voisine, un oratoire de pierre du XIIᵉ siècle abrite une statue de saint Guirec, submergée à chaque marée haute. Une tradition voulait que les jeunes filles y plantent une épingle dans le nez du saint : si elle tenait, le mariage aurait lieu dans l'année. La statue de bois d'origine y a perdu son nez et a été remplacée par une statue de granit, plus résistante.
⚠️ La couleur du granit dépend entièrement de l'heure : les roches paraissent grises et ternes en plein midi et deviennent franchement roses en fin d'après-midi et au couchant. Venir entre onze et quinze heures, c'est passer à côté du phénomène qu'on est venu voir. Le sentier des douaniers qui relie Ploumanac'h à Perros-Guirec passe ici, et le stationnement sature en milieu de journée.
Jour 6
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Archipel des Sept-Îles depuis la côte La plus grande réserve ornithologique de France, visible depuis la pointe : vingt mille couples d'oiseaux marins, dont l'unique colonie française de fous de Bassan. Les macareux moines y nichent d'avril à juillet, et les jumelles suffisent depuis la terre.gratuitnatureEn savoir plus
La réserve date de 1912, et elle est née d'un massacre. Des tireurs venaient en excursion canarder les macareux à la carabine depuis des bateaux, pour le sport ; l'émotion provoquée par ces parties de chasse a fait naître une ligue de protection des oiseaux et, dans la foulée, la mise en réserve de l'archipel — la première de France. Le macareux moine en est resté l'emblème, alors qu'il n'en subsiste ici qu'une petite colonie, sans commune mesure avec les effectifs d'il y a un siècle.
L'île Rouzic porte la seule colonie française de fous de Bassan, installée dans les années trente et devenue si dense que le rocher paraît blanc de loin. L'épizootie de grippe aviaire de 2022 l'a durement touchée. Les oiseaux ne sont à terre que pour nicher : passé le milieu de l'été, l'archipel se vide et repart en pleine mer.
Depuis la côte, on voit surtout des silhouettes. La station ornithologique de l'île Grande braque des caméras sur les colonies et diffuse les images en direct, ce qui donne un détail qu'aucune paire de jumelles ne donnera. Le débarquement est interdit sur toutes les îles sauf une.
53 € hébergement · 35 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel face à la plage, 105 € la nuit.
- Côte de Granit rose → Baie de Morlaix et Roscoff — Route de la côte du Trégor, 1 h, 11 € par personne (22 € à partager).
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04. Baie de Morlaix et Roscoff
J7 · 1 nuit · 104.25 € par personne
Un viaduc, des maisons à lanterne et des champs d'artichauts
Une ville de fond d'estuaire écrasée par un viaduc ferroviaire de soixante mètres, avec des maisons à lanterne qu'on ne trouve qu'ici. Roscoff, à vingt minutes, est un port de ferries vers l'Angleterre et le point d'embarquement pour l'île de Batz. C'est le pays de l'artichaut et de l'oignon rosé.
En savoir plus sur Baie de Morlaix et Roscoff
Morlaix est une ville de fond d'estuaire, bâtie au creux d'une vallée si étroite qu'on a dû la franchir par un viaduc ferroviaire de soixante mètres de haut, qui enjambe la ville entière et la domine de partout. On y descend et on y remonte sans arrêt : les venelles et les escaliers relient les quartiers hauts au centre, et la voiture n'aide pas.
La ville abrite une curiosité qu'on ne trouve pratiquement qu'ici : les maisons à pondalez, dites à lanterne, dont l'intérieur s'organise autour d'une cour couverte traversée par un escalier à vis et des passerelles de bois. Elles sont invisibles depuis la rue et ne se découvrent qu'en entrant.
À vingt minutes, Roscoff est un tout autre monde : un port de ferries vers l'Angleterre et l'Irlande, un embarcadère pour l'île de Batz à quinze minutes de traversée, et un microclimat qui permet un jardin exotique en plein Finistère. C'est le pays de l'artichaut et de l'oignon rosé, exporté vers l'Angleterre par les Johnnies à vélo pendant plus d'un siècle. ⚠️ À Roscoff, l'estacade d'embarquement pour Batz est très longue parce que la mer se retire loin : à marée basse, la marche jusqu'au bateau fait plusieurs centaines de mètres.
À table
- Oignon de Roscoff — l'oignon rose et doux que les Johnnies allaient vendre à vélo en Angleterre, en tresses sur les murs du port.
- Artichaut Camus du Léon — le gros artichaut des champs du Léon, cuit à l'eau et mangé feuille à feuille avec une vinaigrette.
- Kig ha farz — le pot-au-feu du Léon, viandes et légumes bouillis avec un far de sarrasin cuit dans un sac de toile, servi émietté.
- Ormeaux — les coquillages nacrés de la côte des Abers, poêlés au beurre, rares et à commander dans les restaurants de Roscoff.
- Crêpes de froment au beurre salé — sucrées, dans les crêperies de la place des Otages à Morlaix.
Jour 7
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Cairn de Barnenez Le plus grand mausolée mégalithique d'Europe, et l'un des plus anciens édifices construits par l'homme : 4500 av. J.-C., soit deux mille ans avant les pyramides. Il a failli disparaître dans les années soixante — une entreprise en extrayait des moellons à l'explosif.gratuitcultureEn savoir plus
Une masse de pierres sèches en gradins, longue comme un immeuble couché, faite de dizaines de milliers de blocs empilés à la main. Onze chambres funéraires s'ouvrent au sud par des couloirs étroits ; le monument a été construit en deux fois, un premier cairn ayant été englobé dans un second, plus grand, ce qui se lit dans l'appareillage de la maçonnerie.
Il doit sa lisibilité à un vandalisme. Dans les années cinquante, le tertre est vendu comme carrière de moellons ; les engins et les explosifs entament le flanc et éventrent plusieurs chambres avant que le chantier ne soit arrêté et le site classé. Le résultat est une coupe grandeur nature : là où le cairn est tranché, on voit la structure interne, les couloirs et la superposition des deux campagnes, ce qu'aucune fouille n'aurait pu montrer aussi bien. Malraux, alors ministre, y a vu un Parthénon mégalithique.
On ne pénètre pas dans les chambres : la visite se fait en tournant autour du monument et en regardant les couloirs de l'extérieur. Le site est en bout de presqu'île, sans abri, et le vent y balaie tout ; il ferme certains jours de la semaine hors saison.
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Viaduc et vieille ville de Morlaix Un viaduc ferroviaire de deux étages et soixante mètres de haut enjambe le centre-ville depuis 1863. En dessous, des maisons à pondalez — un type unique au monde, avec un escalier à vis en bois et des passerelles intérieures, qu'on ne trouve qu'ici.gratuitmarchéEn savoir plus
Le viaduc a été bâti au milieu du XIXᵉ siècle pour faire passer la ligne de Paris à Brest par-dessus une ville installée au fond d'une vallée encaissée. Deux niveaux d'arcades en granit, la voie ferrée tout en haut, et le centre qui continue sa vie entre les piles. Une coursive piétonne court au premier étage et se parcourt selon la saison, pour une vue plongeante sur les toits d'ardoise.
La vieille ville cache un type de maison qu'on ne trouve nulle part ailleurs : la maison à pondalez. Sur une parcelle étroite et profonde, l'espace central est laissé vide sur toute la hauteur et éclairé par le toit ; un escalier à vis en bois sculpté monte au milieu, et des passerelles — les pondalez, les ponts pour aller — desservent les pièces de part et d'autre. Il n'en reste qu'une poignée, dont une, rue du Mur, ouverte à la visite.
La devise de la ville tient en trois mots : s'ils te mordent, mords-les. Elle date de 1522, quand une flotte anglaise a pillé Morlaix pendant que les habitants étaient à une foire ; les pillards se sont enivrés dans les caves, et les Morlaisiens revenus dans la nuit les ont massacrés. Prévoir des jambes : tout monte.
48 € hébergement · 33 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du port de Roscoff, 95 € la nuit.
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- Baie de Morlaix et Roscoff → Presqu'île de Crozon — Route par la rade de Brest, 1 h 30, 16 € par personne (32 € à partager).
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05. Presqu'île de Crozon
J8 → J9 · 2 nuits · 217.5 € par personne
Des falaises de grès rouge et les plus belles plages du nord
Une presqu'île en forme de croix, avec des falaises de grès rouge et des plages que beaucoup jugent les plus belles du nord de la France. ⚠️ Tout y est loin de tout par la route, qui contourne les baies : compter large entre deux pointes. Le vent y est constant, même en été.
En savoir plus sur Presqu'île de Crozon
La presqu'île de Crozon a la forme d'une croix, avec quatre pointes qui partent dans quatre directions, et c'est le fait dominant de l'étape. ⚠️ Tout y est loin de tout par la route, qui doit contourner les baies au lieu de les traverser : deux pointes séparées de cinq kilomètres à vol d'oiseau peuvent demander quarante minutes de voiture. Il faut renoncer à en faire deux dans la même demi-journée.
La roche change aussi : ici, ce n'est plus le granit mais le grès armoricain, qui donne des falaises rouges et des empilements de dalles inclinées. Les Tas de Pois, au bout de la pointe de Pen-Hir, en sont l'image la plus connue. Les plages, elles, comptent parmi les plus belles du nord de la France, avec un sable clair et une eau turquoise qui surprend — et qui reste froide toute l'année.
⚠️ Le vent est constant, y compris en plein été et par grand soleil. Sur les pointes, il souffle assez fort pour rendre le pique-nique inconfortable et déséquilibrer près du bord ; les falaises n'ont pas de barrière et le sentier passe parfois à un mètre du vide. C'est aussi une presqu'île militaire — plusieurs secteurs de l'île Longue et des batteries sont interdits d'accès, ce que les panneaux indiquent clairement.
À table
- Kouign-amann — le gâteau de pâte à pain feuilletée au beurre et au sucre, né à Douarnenez de l'autre côté de la baie.
- Sardines de Douarnenez — en boîte millésimée des conserveries du port, ou grillées en juillet sur les quais.
- Fraises de Plougastel — les fraises de la rade de Brest, cultivées ici depuis le XVIIIe siècle, en mai et juin.
- Araignée de mer — celle de la criée de Camaret, cuite au court-bouillon, décortiquée à la main avec une mayonnaise.
- Crêpes de blé noir — dans les crêperies de Morgat, avec une bolée de cidre fermier de la presqu'île.
Jour 8
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Pointe de Pen-Hir et les Tas de Pois Une falaise de grès armoricain de soixante-dix mètres prolongée en mer par quatre îlots alignés, les Tas de Pois. C'est le point de vue le plus spectaculaire de Bretagne, et il est libre — un mémorial aux Bretons de la France libre s'y dresse face au large.gratuitnatureEn savoir plus
La falaise s'avance en éperon et se prolonge en mer par quatre îlots alignés : ce sont les restes du même banc de grès, découpé par la mer et laissé debout là où la roche résistait le mieux. Ce grès se casse en dalles et en marches, ce qui donne à la falaise son profil d'escalier géant et en fait un terrain d'escalade réputé.
Sur le plateau, une haute croix de Lorraine en granit domine le large : le monument aux Bretons de la France libre. Le lieu n'a pas été choisi au hasard — c'est de cette côte que des équipages entiers sont partis pour l'Angleterre en 1940, la seule île de Sein ayant fourni une part considérable des tout premiers volontaires. Un mémorial consacré à la bataille de l'Atlantique occupe un ancien ouvrage bétonné, en contrebas.
Le bord est franc, sans barrière, et l'herbe rase glisse dès qu'elle est mouillée : plusieurs points de vue se prennent à plat ventre plutôt que debout. Le vent peut être assez fort pour déséquilibrer, et il n'y a rien pour se rattraper.
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Cap de la Chèvre et les landes L'extrémité sud de la presqu'île, une lande rase battue par le vent, avec des anciens postes de guet allemands et une vue sur toute la baie de Douarnenez. Le GR 34 y court sur la crête pendant des kilomètres sans croiser une maison.gratuitnatureEn savoir plus
La lande y est rase, presque tondue, parce que le vent et le sel empêchent tout de pousser en hauteur : ajoncs et bruyères s'étalent au sol en tapis dur, et l'on voit à des kilomètres sans qu'un arbre gêne. La presqu'île est en grande partie propriété publique et protégée, ce qui lui a évité le lotissement de bien d'autres caps bretons.
Les falaises d'ici sont un livre de géologie. Les grès et les schistes qui les composent sont plissés, redressés, parfois basculés à la verticale, et les coupes sont si nettes que la presqu'île fait l'objet d'une réserve consacrée à ses seuls sites géologiques — cas rare, où c'est la roche elle-même qu'on protège, et non la faune. Au bout du cap, un mémorial de l'aéronautique navale, tourné vers le large, rappelle les équipages disparus en mer ; les blockhaus voisins datent de l'autre occupation du lieu.
Il n'y a ni ombre, ni eau, ni abri sur le parcours de crête, et le vent y est rarement absent. Les ouvrages allemands sont ouverts à tous et certains donnent directement sur le vide : ne pas y entrer, ne pas s'en approcher par le dessus. Rester sur les sentiers balisés, la lande piétinée met des années à se refermer.
Jour 9
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Plage de l'Île Vierge et Morgat Une crique de sable blanc au pied d'une falaise, avec une eau franchement turquoise et des pins qui descendent jusqu'au bord. ⚠️ L'accès par le sentier est réglementé depuis qu'il s'est érodé sous la fréquentation : se renseigner avant de partir, il est parfois fermé.gratuitdétenteEn savoir plus
La plage de l'Île Vierge est une crique de sable clair au pied d'une falaise, avec une eau d'un turquoise franc et des pins qui descendent jusqu'au bord — une composition qui lui a valu d'être massivement photographiée et diffusée, avec des conséquences directes.
⚠️ La fréquentation a provoqué l'érosion du sentier d'accès et du flanc de falaise au point que la commune a dû réglementer : l'accès est limité, régulé en saison, et parfois totalement fermé pour permettre la revégétalisation. Il faut se renseigner avant de partir, sous peine de faire la route pour rien. Le sentier est de toute façon raide et glissant, et la descente jusqu'à la plage n'est pas anodine.
Morgat, à quelques kilomètres, est l'alternative accessible : une plage de sable abritée dans une baie, avec un port et des maisons balnéaires du début du XXᵉ siècle. C'est de là que partent les sorties en bateau vers les grottes marines du cap de la Chèvre, creusées dans le grès rouge et accessibles seulement par mer — ⚠️ elles ne se visitent qu'à marée et par mer calme.
50 € hébergement · 35 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Morgat, 100 € la nuit.
- Presqu'île de Crozon → Quimper et la pointe du Raz — Route par Châteaulin, 1 h, 11 € par personne (22 € à partager).
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06. Quimper et la pointe du Raz
J10 → J11 · 2 nuits · 215 € par personne
La capitale de la Cornouaille, et le bout du monde
La capitale de la Cornouaille, avec une cathédrale à la nef volontairement désaxée et un quartier de faïenceries encore en activité. C'est la base pour la pointe du Raz, à une heure — ⚠️ le site est payant au stationnement, et il faut vingt-cinq minutes de marche depuis le parking pour atteindre la pointe.
En savoir plus sur Quimper et la pointe du Raz
Quimper est la capitale historique de la Cornouaille et une ville de taille moyenne où l'on peut vraiment séjourner : commerces, restaurants et gare, ce que les pointes voisines n'offrent pas. Le centre ancien se tient entre l'Odet et la cathédrale, se traverse à pied en un quart d'heure, et garde un quartier de faïenceries encore en activité à Locmaria, où la production continue depuis 1690.
La cathédrale Saint-Corentin a une particularité qu'on remarque une fois qu'on la connaît : sa nef est nettement désaxée par rapport au chœur, d'environ six degrés. L'explication tient au terrain marécageux et aux fondations existantes, pas au symbole, contrairement à ce qu'on raconte souvent sur place.
C'est surtout la base pour la pointe du Raz, à une heure de route. ⚠️ Le site n'est pas payant à l'entrée mais au stationnement, et il faut ensuite vingt-cinq minutes de marche depuis le parking pour atteindre la pointe elle-même — une navette payante existe pour ceux qui ne peuvent pas marcher. Beaucoup de visiteurs découvrent cette distance en arrivant et repartent sans y aller. Prévoir donc deux bonnes heures sur place, un coupe-vent quel que soit le temps annoncé, et de bonnes chaussures : le sentier vers l'extrême pointe est rocheux et glissant.
À table
- Crêpes dentelle — inventées à Quimper en 1886 par Marie-Catherine Cornic, fines comme une feuille, à casser sur une glace.
- Cidre de Cornouaille — l'appellation des vergers autour de Quimper, brut et fruité, en bolée dans toutes les crêperies.
- Kouign-amann — le gâteau au beurre de Douarnenez, tiède à la sortie du four.
- Cotriade — la soupe de poissons des pêcheurs de Cornouaille, avec pommes de terre et oignons, dans les ports d'Audierne et de Douarnenez.
- Langoustines du Guilvinec — débarquées l'après-midi à la criée du premier port de pêche artisanale de France, juste cuites au court-bouillon.
Jour 10
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Pointe du Raz Soixante-douze mètres de falaise face au raz de Sein, l'un des courants les plus violents d'Europe — « qui voit Sein voit sa fin », disent les marins. ⚠️ Le site a été renaturé après avoir été abîmé par les parkings : on laisse la voiture à un kilomètre et on marche, ce qui est payant en saison.gratuitnatureEn savoir plus
La pointe est un cas d'école de site réparé. Dans les années quatre-vingt, on garait les voitures sur la lande, jusqu'au bord, entre des baraques de souvenirs ; la végétation avait disparu et le sol partait au vent. Tout a été démoli, le sol reconstitué, l'accueil reporté à distance, et la marche rendue obligatoire pour atteindre le bout — ce qui, seul, a permis à la lande de repousser. Le site a été l'un des premiers labellisés Grand Site de France.
Devant, le raz de Sein est l'un des passages les plus redoutés d'Europe : un plateau rocheux prolonge la pointe sous l'eau sur des kilomètres, les courants forcent entre les cailloux et la houle d'Atlantique s'y déforme. Les phares y sont plantés en pleine mer, dont la Vieille sur son rocher, et Tévennec, dont la réputation d'être invivable a fini par le faire automatiser plus tôt que les autres. La statue de Notre-Dame-des-Naufragés dit assez ce que le lieu représentait pour les familles de marins.
Une navette existe pour ceux qui ne peuvent pas marcher. Le sentier terminal est étroit, glissant et sans protection : par vent fort, s'en tenir au chemin haut.
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Locronan Un village entier de maisons Renaissance en granit autour d'une place sans un seul fil électrique apparent, enrichi par la fabrication des voiles de bateaux. Roman Polanski y a tourné Tess — c'est le décor le plus filmé de Bretagne.gratuitcultureEn savoir plus
La place est en granit du sol aux cheminées, et la même pierre continue dans les rues qui en partent. Ce décor n'a pas été conservé par vertu : Locronan a fabriqué les toiles à voile de la marine royale et de la Compagnie des Indes, s'est enrichie tant que le privilège a duré, puis s'est effondrée quand il a été supprimé et que la concurrence est arrivée. Faute d'argent, on n'a plus rien construit, plus rien démoli, plus rien modernisé pendant deux siècles. La ruine a servi de conservateur.
L'église Saint-Ronan est prolongée par la chapelle du Pénity, où le gisant du saint, sculpté dans une pierre sombre, repose sur son tombeau. Le nom du village vient de lui. Tous les six ans, la grande Troménie fait le tour d'un vaste périmètre par les collines et les champs, sur le tracé d'un ancien enclos monastique ; les autres années, une procession plus courte reprend le même départ.
Le village est saturé l'après-midi en saison, et l'on se gare à l'écart, en payant. Y venir tôt le matin ou hors saison change tout : c'est un lieu qui ne supporte pas la foule qu'il attire.
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Cathédrale Saint-Corentin et vieille ville Une cathédrale gothique dont la nef est volontairement désaxée de plusieurs degrés par rapport au chœur, pour contourner un obstacle disparu — l'effet est saisissant depuis le fond. Autour, des rues à pans de bois et deux rivières qui se rejoignent au pied du chevet.gratuitcultureEn savoir plus
Le décrochement se voit d'un coup, en se plaçant au fond de la nef : le chœur part franchement de côté. Il a été bâti le premier, au XIIIᵉ siècle, sur un terrain contraint entre la rivière et l'enceinte ; la nef, achevée bien plus tard, a dû se raccorder à l'existant en s'écartant de l'axe pour éviter des constructions aujourd'hui disparues. Certains y ont vu après coup l'inclinaison de la tête du Christ en croix ; l'explication de terrain est plus vraisemblable, et l'effet, lui, est bien réel.
Les deux flèches ne sont pas médiévales : elles ont été ajoutées au XIXᵉ siècle, financées par une souscription du diocèse à laquelle chaque foyer était invité à donner quelques sous par an. C'est alors qu'on a replacé, entre les deux tours, la statue équestre du roi Gradlon, souverain légendaire de la ville d'Ys engloutie. Elle est minuscule vue d'en bas et beaucoup de visiteurs ne la remarquent jamais : elle est là, à mi-hauteur, entre les flèches.
Quimper signifie confluent : le Steir se jette dans l'Odet au pied de la vieille ville. Les rues à pans de bois sont piétonnes, et la rue Kéréon offre en enfilade la vue sur les flèches que tout le monde photographie.
Jour 11
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Faïenceries de Locmaria Quimper fabrique de la faïence peinte à la main depuis 1690, et c'est la dernière ville de France où la production n'a jamais cessé. Le quartier de Locmaria garde ses ateliers et son église romane, la plus ancienne de Cornouaille.gratuitcultureEn savoir plus
La faïence de Quimper est née d'une rencontre heureuse : un potier venu du Midi s'installe à la fin du XVIIᵉ siècle au bord de l'Odet, où il trouve à la fois l'argile, le bois des forêts alentour et une rivière pour expédier. Des manufactures rivales s'y sont succédé puis fondues, et la production ne s'est jamais interrompue depuis — ce qui n'est le cas d'aucune autre ville faïencière française.
Le décor se peint à main levée sur l'émail encore cru, poudreux et absorbant. La couleur y pénètre instantanément, comme sur un buvard : impossible de revenir en arrière, impossible d'effacer, chaque trait est définitif. Le peintre travaille sans dessin préalable, à la vitesse acquise en répétant le même motif des milliers de fois, et c'est cette absence de retouche qui fait qu'aucune pièce n'est identique à une autre. Les décors à personnages bretons, ceux que tout le monde reconnaît, datent du XIXᵉ siècle ; des artistes du XXᵉ, dont Mathurin Méheut, ont dessiné pour la manufacture des modèles bien plus modernes.
Y aller en semaine : le week-end, les ateliers sont vides et l'on ne voit personne peindre. L'église romane de Locmaria, à côté, se visite librement.
49 € hébergement · 35 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre historique, 98 € la nuit.
Voir les hébergements à Quimper et la pointe du Razlien affilié
- Quimper et la pointe du Raz → Concarneau et Pont-Aven — Autocar régional BreizhGo, 42 min, 3 € par personne.
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07. Concarneau et Pont-Aven
J12 · 1 nuit · 105.25 € par personne
Une ville close dans le port, et le village des peintres
Un port de pêche actif dont la vieille ville est une île fortifiée au milieu du bassin, reliée par une passerelle. Pont-Aven, à quinze minutes, est le village où Gauguin et son école ont peint — le musée y est excellent et le bois d'Amour se marche gratuitement.
En savoir plus sur Concarneau et Pont-Aven
Concarneau est d'abord un port de pêche en activité — l'un des premiers de France pour le thon — et cela s'entend au petit matin sur les quais. Sa vieille ville, la Ville close, n'est pas un quartier mais une île fortifiée posée au milieu du bassin, reliée à la terre par une passerelle. Elle fait deux cent cinquante mètres de long : on en fait le tour en vingt minutes, et l'on peut monter sur les remparts.
⚠️ Ce format minuscule est aussi sa limite : en juillet et août, la rue principale devient un couloir de boutiques où l'on avance au pas. Tôt le matin ou en fin de journée, elle redevient habitable. Le reste de la ville, autour du port, se visite à pied sans difficulté.
Pont-Aven, à un quart d'heure, change complètement de registre. C'est le village où Gauguin et l'école qui porte son nom ont peint à la fin du XIXᵉ siècle, attirés par la lumière et par le coût de la vie — le musée y est excellent et récent. Le bois d'Amour, où ils travaillaient, se parcourt gratuitement le long de l'Aven, et les moulins qui ont fait la réputation du village jalonnent la rivière. ⚠️ Le village est très petit et sature autant que Concarneau en plein été ; il se visite bien en fin d'après-midi.
À table
- Galettes de Pont-Aven — les biscuits secs au beurre de Traou Mad, fabriqués dans le village depuis 1920.
- Huîtres plates de Belon — élevées dans la rivière du Bélon à Riec, au goût de noisette, à goûter au bord de l'eau.
- Thon et sardines en conserve — les boîtes des conserveries de Concarneau, ancien premier port thonier de France, en souvenir ou à l'apéritif.
- Cotriade — la soupe de poissons du port, servie avec des pommes de terre et du pain grillé dans la Ville close.
Jour 12
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Ville close de Concarneau Une ville fortifiée sur un îlot au milieu du port, reliée par deux ponts, dont on fait le tour des remparts en vingt minutes. Concarneau reste l'un des premiers ports de pêche français : les thoniers rentrent vraiment, et la criée fonctionne au petit matin.gratuitmarchéEn savoir plus
La Ville close occupe un îlot au milieu du port, une bande de granit de quelques centaines de pas, reliée à la terre par deux ponts. Les remparts sont médiévaux à la base et ont été repris à la fin du XVIIᵉ siècle par les ingénieurs de Vauban, qui ont abaissé et épaissi les défenses pour l'artillerie. À l'intérieur, une seule rue principale, saturée en journée l'été, et des ruelles latérales presque désertes à cinquante mètres de là.
Le musée de la Pêche est installé dans l'ancien arsenal, avec un chalutier amarré derrière, qu'on visite de la passerelle à la cale. Concarneau est resté un très grand port thonier, mais ses senneurs travaillent l'océan Indien et l'Atlantique africain et ne rentrent que rarement au port d'attache. La grande fête de la ville, les Filets Bleus, est née en 1905 d'une collecte de secours pour les pêcheurs ruinés par l'effondrement de la sardine — les filets tirent leur nom de la teinture bleue qui les rendait moins visibles dans l'eau.
L'entrée dans la Ville close est libre ; la montée sur le chemin de ronde se paie en saison. Un passeur traverse le port en barque et évite tout le détour par les quais.
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Village de Pont-Aven et bois d'Amour « Quatorze moulins, quinze maisons » disait le dicton. La rivière Aven dévale entre les rochers en plein bourg, et le bois d'Amour, en amont, est l'endroit exact où Sérusier a peint Le Talisman sous la dictée de Gauguin.gratuitmarchéEn savoir plus
L'Aven n'arrive pas à la mer, elle y dévale. La rivière descend par une série de chaos de granit en plein bourg, et c'est cette énergie qui a fait tourner les moulins dont le dicton se moque. En aval du dernier rocher, la marée remonte : le village est à la fois un torrent et un port, et les bateaux s'échouent dans la vase à mer basse à quelques pas d'une eau douce qui saute sur les pierres.
Au-dessus du bourg, la chapelle de Trémalo se rejoint par un chemin en montée. Elle est ouverte, gratuite, minuscule, et son toit descend d'un côté presque jusqu'au sol. À l'intérieur est suspendu un christ en bois ancien, dépouillé, les bras presque à l'horizontale : c'est celui que Gauguin a peint dans le Christ jaune, en le transposant dans un champ breton. Le voir en vrai, à un mètre, dans la pénombre et sans personne autour, vaut souvent mieux que la reproduction.
Le bois d'Amour se parcourt à plat le long de l'eau, et l'on y trouve toujours quelqu'un cherchant l'endroit exact où fut peint le Talisman. Il n'est pas balisé au centimètre — c'est la lumière qu'il faut regarder, pas le sol.
48 € hébergement · 34 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel face à la Ville close, 96 € la nuit.
- Concarneau et Pont-Aven → Golfe du Morbihan et Carnac — Route côtière par Lorient, 1 h 30, 15 € par personne (30 € à partager).
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08. Golfe du Morbihan et Carnac
J13 → J14 · 2 nuits · 238 € par personne
Une petite mer intérieure et trois mille menhirs
Une petite mer intérieure parsemée d'îles, où l'on navigue plus qu'on ne roule, et les alignements de Carnac : près de trois mille menhirs dressés il y a six mille cinq cents ans. ⚠️ Les alignements sont clôturés d'avril à septembre pour protéger la lande — on les visite alors en visite guidée uniquement.
En savoir plus sur Golfe du Morbihan et Carnac
Le golfe du Morbihan est une petite mer intérieure d'une quinzaine de kilomètres, reliée à l'océan par un goulet étroit et semée d'une quarantaine d'îles. Cette géographie change la manière de voyager : on y navigue plus qu'on n'y roule, et faire le tour par la route prend une journée pour voir moins de choses qu'une traversée de deux heures en bateau. Les courants dans le goulet sont parmi les plus forts d'Europe.
Carnac, tout près, porte l'autre raison de venir : près de trois mille menhirs alignés sur quatre kilomètres, dressés entre le Vᵉ et le IIIᵉ millénaire avant notre ère, soit deux mille ans avant les pyramides. ⚠️ Les alignements sont clôturés d'avril à septembre pour laisser la lande se régénérer : on ne circule alors entre les pierres qu'en visite guidée, et l'accès libre n'est possible qu'en basse saison. Depuis les chemins et la route, on voit les rangées sans entrer.
Vannes ferme le golfe et sert de ville d'appui : remparts, lavoirs et une vieille ville à pans de bois entièrement piétonne. La presqu'île de Quiberon, à l'ouest, oppose deux façades sur quelques centaines de mètres — la côte sauvage battue par l'océan, où la baignade est interdite et dangereuse, et la côte est, abritée et familiale. ⚠️ La route d'accès à Quiberon est saturée en juillet et août ; le train touristique évite l'embouteillage.
À table
- Huîtres de Locmariaquer — les plates du golfe, au goût iodé, dans les cabanes ostréicoles du bord de mer.
- Niniches de Quiberon — les sucettes de caramel au beurre salé de la maison d'Armorine, à Quiberon depuis 1946.
- Andouille de Guémené — l'andouille roulée en couches de chaudins, fumée, servie froide en tranches ou chaude avec une purée.
- Caramel au beurre salé — le salidou, en pot ou en bonbon, né à Quiberon dans les années 1970.
- Far breton — aux pruneaux, dense et froid, à la part dans les boulangeries de Carnac et de Vannes.
Jour 13
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Alignements de Carnac Près de trois mille menhirs dressés sur quatre kilomètres, il y a six mille cinq cents ans, et personne ne sait pourquoi. ⚠️ On n'entre dans les rangées qu'en visite guidée — le piétinement avait déchaussé les pierres. Hors visite, on les longe librement depuis le sentier, ce qui donne déjà l'échelle.13 €cultureEn savoir plus
Ce qui frappe n'est pas la taille des pierres — beaucoup arrivent à l'épaule — mais l'entêtement : des files parallèles qui courent sur des kilomètres, dressées une à une par une société sans métal, sans roue et sans écriture. Personne ne sait à quoi elles servaient. Les hypothèses sérieuses vont du marquage territorial au calendrier solaire en passant par un usage processionnel, et aucune ne rend compte de l'ensemble.
Une partie de ce qu'on voit est une restitution. Beaucoup de menhirs étaient couchés, versés par les siècles ou dérangés par les paysans ; ils ont été relevés à partir du XIXᵉ siècle, parfois en devinant l'emplacement d'origine — d'où la régularité un peu suspecte de certaines rangées. La légende locale, elle, est nette : saint Cornély, poursuivi par une armée romaine, aurait changé les soldats en pierre. Il est le patron de Carnac et celui des bêtes à cornes, qu'on menait bénir devant son église.
Hors de la haute saison, la mise en défens des champs est généralement levée et l'on circule entre les rangées sans guide. Le reste de l'année, le sentier périphérique suffit à saisir l'échelle, ce que les photographies ne rendent jamais.
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Tumulus et dolmens de Locmariaquer Le Grand Menhir brisé mesurait vingt mètres et pesait 280 tonnes : la plus lourde pierre jamais dressée par l'homme en Europe, tombée en quatre morceaux. La Table des Marchands, à côté, est un dolmen dont le plafond est un fragment d'un autre menhir gravé.gratuitcultureEn savoir plus
Le Grand Menhir gît en quatre morceaux dans l'herbe, et il faut marcher le long pour comprendre ce que cela représente : une pierre plus haute qu'un immeuble de six étages, pesant des centaines de tonnes, dans une roche qui n'affleure pas sur place et qu'il a fallu amener de plusieurs kilomètres. Il a probablement été dressé, puis abattu — accidentellement ou volontairement, la question n'est pas tranchée.
La Table des Marchands, à côté, apporte une réponse partielle et spectaculaire. Sa dalle de couverture est gravée d'un grand bovidé dont une partie manque : le morceau manquant a été retrouvé dans un autre monument, de l'autre côté de l'eau, à Gavrinis, et un troisième fragment appartient au même bloc d'origine. Un immense menhir gravé a donc été brisé, débité, puis réemployé comme simple matériau dans des tombeaux — le signe d'un changement de croyance assez radical pour qu'on démolisse ce que les grands-parents avaient dressé.
Les trois monuments tiennent dans le même enclos et se voient d'un seul tenant. On entre dans la Table des Marchands par son couloir, en se baissant : c'est le seul endroit du site où l'on se trouve à l'intérieur.
Jour 14
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Remparts et vieille ville de Vannes Des remparts du XIIIe siècle bordés de jardins à la française, des lavoirs à toit d'ardoise au pied des murs, et une vieille ville à pans de bois autour de la cathédrale. Le port remonte jusqu'au centre-ville, ce qui n'existe nulle part ailleurs sur le golfe.gratuitmarchéEn savoir plus
Les remparts se regardent d'en bas, depuis les jardins à la française tracés dans l'ancien fossé, avec la ligne des toits d'ardoise des vieux lavoirs au pied du mur. C'est la vue qui a fait la réputation de la ville. À l'intérieur, la cité est étroite, à pans de bois, et l'on trouve à l'angle d'une maison deux bustes de bois polychrome, un homme et une femme joufflus, enseigne du XVIᵉ siècle que tout le monde appelle Vannes et sa femme.
La ville est née des Vénètes, peuple gaulois de marins dont la flotte a été détruite par César en 56 avant notre ère. Leurs navires, plus hauts et plus solides que les romains, étaient presque imprenables à l'abordage ; les Romains ont fait sectionner à la faux, au bout de longues perches, les cordages qui tenaient leurs vergues, et le calme plat a fait le reste. Bien plus tard, en 1532, ce sont les États de Bretagne réunis à Vannes qui ont scellé l'union du duché à la France.
Le port remonte jusqu'au pied de la vieille ville par un long chenal, et une porte retient l'eau du bassin quand la mer se retire. La vieille ville est piétonne : on se gare à l'extérieur des remparts.
53 € hébergement · 36 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans la vieille ville de Vannes, 105 € la nuit.
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Le budget de ces 14 jours
1 658 € par personne pour 14 jours, soit 118 € / jour. À deux, 3 315 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 732 € | 44 % |
| Repas | 497 € | 30 % |
| Transport sur place | 48 € | 3 % |
| Location de voiture — 14 jours | 280 € | 17 % |
| Carburant et péages | 83 € | 5 % |
| Activités | 18 € | 1 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Le PDF
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- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
- Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
- Le budget ventilé, par poste et par étape
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- Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur
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