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France

Itinéraire Bretagne : les 8 étapes possibles et le budget

Saint-Malo, Dinan, le Granit rose, Crozon, Quimper, Carnac. Remparts, falaises, mégalithes et la plus forte marée d'Europe.

2–8
étapes, selon ta durée
54 €
par jour et par personne, dès
mai → juin, sept
meilleure période
49
activités, dont 45 gratuites

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ. Les prix d'hébergement supposent une chambre partagée à deux : à plusieurs, le coût par tête baisse.

Carte du parcours en 8 étapes : Saint-Malo, Dinan et la Rance, Côte de Granit rose, Baie de Morlaix et Roscoff, Presqu'île de Crozon, Quimper et la pointe du Raz, Concarneau et Pont-Aven, Golfe du Morbihan et Carnac
L'itinéraire complet, en 8 étapes. Ton itinéraire en retiendra une partie selon ta durée et ton rythme — les grandes pastilles sont celles qu'un séjour court garde en priorité. Le tracé relie les étapes, il ne suit pas les routes. Fond de carte © OpenStreetMap contributors, © CARTO.

Le parcours étape par étape

Les étapes sont présentées dans l'ordre conseillé, celui qui limite les allers-retours. Le générateur en retiendra plus ou moins selon ta durée, ton budget et ton style.

  1. Saint-Malo, Bretagne

    1. Saint-Malo

    Une ville de corsaires dans ses remparts, et la plus forte marée

    Une cité corsaire reconstruite à l'identique après 1944, enfermée dans des remparts qu'on parcourt gratuitement en trente minutes. ⚠️ Les marées y sont les plus fortes d'Europe — jusqu'à quatorze mètres : le Grand Bé et le Fort National ne se rejoignent à pied qu'à marée basse, et l'horaire ne se négocie pas.

    En savoir plus sur Saint-Malo

    Saint-Malo est en réalité trois villes qu'on confond souvent. Intra-muros, la cité corsaire dans ses remparts, ne fait que quelques hectares et a été reconstruite à l'identique après les bombardements de 1944 — les pierres sont anciennes, les bâtiments ne le sont pas. Autour s'étendent Paramé, Saint-Servan et Rothéneuf, qui portent les plages, les commerces du quotidien et la plupart des hébergements abordables.

    Le tour des remparts se fait gratuitement en une trentaine de minutes et donne la mesure de l'ensemble : d'un côté la ville dense, de l'autre la mer et les îlots. Se garer intra-muros est difficile et cher en saison ; les parkings extérieurs et le bus de mer vers Dinard sont la solution courante.

    ⚠️ Ici, la marée n'est pas un détail mais un horaire. L'amplitude atteint quatorze mètres, la plus forte d'Europe, ce qui découvre et recouvre des kilomètres d'estran deux fois par jour. Le Grand Bé, où repose Chateaubriand, et le Fort National ne se rejoignent à pied qu'à marée basse, par une chaussée qui disparaît complètement ensuite — des visiteurs s'y font piéger chaque année. L'horaire des marées s'affiche partout en ville et se consulte avant de sortir, pas après. Aux grandes marées d'équinoxe, les vagues passent par-dessus la digue du Sillon et l'on vient exprès pour ça.

    À table

    • Huîtres de Cancale — les creuses et les plates de la baie, ouvertes sur le marché du port de la Houle et mangées sur la digue face au Mont.
    • Beurre Bordier — le beurre baratté à la main de la rue de l'Orme, nature, aux algues ou au piment d'Espelette, sur une tranche de pain de seigle.
    • Craquelins de Saint-Malo — les galettes soufflées et creuses, à tremper dans le café ou à garnir de beurre.
    • Galette-saucisse — la saucisse grillée roulée dans une galette de sarrasin, le sandwich breton des marchés et des stades.
    • Moules de bouchot de la baie du Mont-Saint-Michel — petites et charnues, à la marinière dans les restaurants intra-muros.
    Durée et coût par style de voyage à Saint-Malo
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 2–3 63 € dont 35 € de nuit, 21 € de repas
    Équilibré 3–4 133 € dont 82 € de nuit, 38 € de repas
    Confort + 4–6 258 € dont 168 € de nuit, 66 € de repas

    Que faire à Saint-Malo

    • Tour complet des remparts, Saint-Malo, Bretagne
      Tour complet des remparts Deux kilomètres de chemin de ronde en accès libre, à hauteur des toits d'un côté et de la mer de l'autre. La ville a été détruite à 80 % en août 1944 et reconstruite à l'identique en granit pendant douze ans — ce qu'on voit est faux et parfaitement fidèle, ce qui se sait peu.
      En savoir plus

      L'enceinte a grandi par morceaux. Le premier mur ceint le rocher au Moyen Âge ; il devient trop étroit dès que la course et la pêche à Terre-Neuve enrichissent la ville, et l'on gagne alors sur la mer par agrandissements successifs, aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, sous la conduite de Siméon Garangeau. D'où ce tracé irrégulier, où l'on passe sans prévenir d'une courtine médiévale trapue à un bastion plus bas et plus large, dessiné pour encaisser le canon.

      Ce sont les remparts qui ont sauvé la forme de la ville : ils ont tenu quand tout brûlait derrière, et les architectes s'en sont servis comme gabarit. Sur le bastion de la Hollande, la statue de Surcouf tend le bras vers le large ; la tradition locale veut qu'il désigne l'Angleterre, ce qui résume assez bien l'humeur de la ville au temps de la guerre de course.

      La promenade se fait d'une traite, sans redescendre, à hauteur des toits d'un côté et au-dessus de l'eau de l'autre. Le sol est en pierre polie par les semelles et devient franchement glissant sous la pluie. On monte par les portes, toutes en escalier : ni poussette ni fauteuil ne passent. La lumière est meilleure en fin de journée, côté ouest, face à Dinard.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Îlot du Grand Bé et tombe de Chateaubriand, Saint-Malo, Bretagne
      Îlot du Grand Bé et tombe de Chateaubriand Chateaubriand a demandé à être enterré face au large, sur un rocher, sous une dalle nue sans nom. ⚠️ Accessible uniquement à marée basse, et il faut être revenu avant que le flot ne recouvre la chaussée — le passage se ferme environ trois heures avant la pleine mer.
      En savoir plus

      La dalle est nue : du granit, une croix, pas un nom, pas une date. Chateaubriand a tout réglé lui-même de son vivant, obtenu la concession du rocher auprès de la ville et voulu une tombe tournée vers le large, pour n'y entendre, écrivait-il, que le vent et la mer. Il est mort à Paris en 1848 ; on l'a ramené ici. Le lieu déçoit ceux qui montent sans savoir, parce qu'il n'y a rien d'autre à voir — c'est précisément le programme.

      Le rocher porte aussi les vestiges d'un ouvrage militaire, et son voisin le Petit Bé, un peu plus loin, en a conservé un entier, également accessible à pied à basse mer. Depuis le sommet, la ville se découvre par l'arrière, avec le rempart en enfilade et les toits d'ardoise serrés derrière.

      La chaussée de sable se ferme bien avant que la mer n'atteigne son plein et ne rouvre que longtemps après : ce n'est pas une marge, c'est une contrainte, et les secours vont chercher chaque année des visiteurs restés en haut à contempler la vue. Les rochers de l'approche sont couverts d'algues et glissent. Et l'on marche sur une tombe, pas sur un belvédère.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Plage du Sillon et la digue, Saint-Malo, Bretagne
      Plage du Sillon et la digue Trois kilomètres de sable plantés de brise-lames en troncs de chêne, alignés depuis le XVIIIe siècle pour casser la houle. Par grande marée et vent d'ouest, les vagues passent par-dessus la digue et l'accès est fermé — c'est le spectacle qui fait le tour des réseaux chaque hiver.
      En savoir plus

      Le Sillon est le cordon de sable qui relie la cité corsaire au continent — Saint-Malo intra-muros était une île, et c'est cette langue naturelle, consolidée au fil des siècles, qui l'a rattachée. Les troncs de chêne plantés en rangs serrés dans le sable sont des brise-lames, installés depuis le XVIIIᵉ siècle et régulièrement remplacés : ils cassent l'énergie de la houle avant qu'elle n'atteigne la digue.

      L'amplitude des marées atteint ici une quinzaine de mètres, la plus forte d'Europe, ce qui transforme complètement la plage deux fois par jour : à marée basse, l'estran découvre sur des centaines de mètres ; à marée haute de fort coefficient, il n'y a plus de plage du tout.

      ⚠️ Lors des grandes marées d'équinoxe combinées à un vent d'ouest, les vagues passent par-dessus la digue et l'accès est fermé par arrêté municipal, avec des barrières et parfois des voitures déplacées. Le spectacle attire du monde et fait le tour des réseaux chaque hiver — mais des blessés sont à déplorer chaque année parmi ceux qui s'approchent trop. On regarde depuis les zones autorisées, et l'on ne franchit jamais une barrière.

      détente
      Gratuit 2 h 30
    • Vieille ville intra-muros, Saint-Malo, Bretagne
      Vieille ville intra-muros Des rues de granit gris entre des maisons d'armateurs à hautes cheminées, la cathédrale Saint-Vincent et ses vitraux modernes posés après les bombardements. Se perdre entre la Grande Porte et la porte Saint-Thomas prend une heure, et c'est libre.
      En savoir plus

      Saint-Malo n'a jamais été une ville de pêcheurs. C'est une ville d'armateurs, qui envoyaient les autres pêcher la morue à Terre-Neuve et courir sus aux navires ennemis avec une lettre de marque en poche — la course était une piraterie légale, encadrée, imposée, dont l'État prenait sa part. Les hôtels de granit à hautes cheminées qui bordent les rues appartenaient à ces familles-là, et leurs maisons de campagne, les malouinières, sont dispersées dans l'arrière-pays.

      La ville a poussé l'indépendance jusqu'à s'ériger en république pendant les guerres de Religion : de 1590 à 1594, elle ne reconnaît ni roi ni duc et se gouverne seule. Le dicton local en est resté — ni Français, ni Breton, Malouin. Dans la cathédrale Saint-Vincent, une dalle marque l'endroit où Jacques Cartier a reçu la bénédiction de l'évêque avant de partir pour le Saint-Laurent ; la nef romane et le chœur gothique ont perdu leurs verrières en 1944 et portent depuis des vitraux abstraits, très loin de ce qu'on attend en poussant la porte.

      Les rues sont saturées l'après-midi en saison et presque vides au petit matin. C'est le seul moment où l'on entend ses pas sur le pavé.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Grande marée depuis les remparts, Saint-Malo, Bretagne
      Grande marée depuis les remparts Le marnage atteint quatorze mètres, le deuxième du monde après la baie de Fundy. À coefficient supérieur à 100, la mer recouvre entièrement les plages et vient frapper les remparts. Le même endroit à six heures d'écart n'est pas reconnaissable.
      En savoir plus

      Le marnage se mesure d'abord au sol : à basse mer, la plage du Sillon découvre des centaines de mètres de sable et l'on marche jusqu'aux forts ; quelques heures plus tard, l'eau bat le pied du mur au même endroit. L'échelle française des coefficients va de 20 à 120, et tout change au-dessus de 100 : au-delà, le sable disparaît complètement et la houle vient taper la digue.

      Les plus fortes marées suivent les équinoxes, autour de mars et de septembre, quand la Terre, la Lune et le Soleil s'alignent au plus près. Celle de mars 2015, annoncée partout comme la marée du siècle, a rempli la ville de curieux pour un coefficient de 119 — un de moins que le maximum théorique, jamais atteint.

      Le spectacle vient du couplage entre le coefficient et le vent : c'est un fort vent d'ouest sur une grande marée qui envoie les paquets de mer par-dessus la digue. La route du Sillon est alors fermée et les commerçants posent des batardeaux devant leurs portes. Regarder depuis les remparts ou depuis une hauteur, jamais depuis la digue : des promeneurs venus se faire photographier sous la gerbe ont été emportés, et les secours le répètent chaque année.

      nature
      Gratuit 1 h 30
    • Pointe du Grouin et le GR 34, Saint-Malo, Bretagne
      Pointe du Grouin et le GR 34 Une pointe de schiste à quinze kilomètres, face à l'île des Landes et à sa colonie de cormorans. Le sentier des douaniers y court sur la falaise jusqu'à Cancale — deux heures de marche avec la baie du Mont-Saint-Michel en toile de fond.
      En savoir plus

      Le sentier des douaniers n'a pas été tracé pour les promeneurs. Il date de 1791, quand la République a organisé la surveillance continue des côtes contre la contrebande : des postes à portée de vue les uns des autres, et un chemin pour les relier. Abandonné, puis rouvert au public, il fait aujourd'hui le tour de la Bretagne sur près de deux mille kilomètres, et il traverse parfois le fond des jardins — une servitude impose une bande de passage le long du rivage, même sur une propriété privée.

      À la pointe, la falaise de schiste tombe droit sur l'île des Landes, une échine étroite posée en travers du courant. C'est une réserve : cormorans huppés, goélands et tadornes y nichent en colonie, le débarquement est interdit et l'observation se fait de la terre, aux jumelles. Le sémaphore et les blockhaus rappellent que le lieu a toujours servi à regarder la mer.

      Le chemin part vers Cancale en corniche, sans barrière et sans ombre. Le vent d'ouest y souffle presque toujours, l'herbe rase glisse par temps humide et le bord s'effrite : rester sur le tracé, il n'y a rien en dessous.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Cancale et ses parcs à huîtres, Saint-Malo, Bretagne
      Cancale et ses parcs à huîtres À marée basse, sept cents hectares de parcs à huîtres découvrent devant le port. On les mange sur la cale, ouvertes à la douzaine sur un plateau en plastique, en jetant les coquilles sur la grève — un tas de plusieurs mètres s'y est accumulé.
      En savoir plus

      Le marché aux huîtres tient sur la cale, au pied du phare : une rangée d'étals où l'on ouvre à la demande, sur un plateau, avec un demi-citron et rien d'autre. On mange debout face aux parcs, et l'on jette les coquilles par-dessus le muret, sur la grève. Le tas formé là depuis des générations fait partie du paysage — c'est le seul endroit où le geste est admis.

      Cancale s'est bâtie sur l'huître plate, celle qui vit naturellement dans la baie, et sur la bisquine, ce voilier trapu et surtoilé qui traînait la drague sur les bancs sauvages. Deux parasites ont emporté la plate dans les années 1970 et l'essentiel des parcs est passé à la creuse, venue du Japon. La plate existe encore ici, en petite quantité et bien plus chère ; c'est elle qui a ce goût métallique de noisette que les creuses n'ont pas.

      Tout se joue sur la marée : à pleine mer il n'y a rien à voir que de l'eau, les parcs sont dessous. Regarder l'heure de la basse mer avant de descendre, et par temps clair chercher la silhouette du Mont-Saint-Michel au fond de la baie.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Saint-Servan et la tour Solidor, Saint-Malo, Bretagne
      Saint-Servan et la tour Solidor Trois tours accolées de 1382 à l'embouchure de la Rance, bâties pour contrôler le trafic fluvial contre l'évêque de Saint-Malo. Le quartier autour, plus ancien que l'intra-muros, garde ses cales et son corniche à flanc d'estuaire.
      En savoir plus

      Trois tours accolées en trèfle, réunies par des courtines, plantées à l'endroit exact où la Rance se jette dans la mer. Jean IV, duc de Bretagne, l'a fait bâtir pour une raison précise : Saint-Malo lui échappait, la ville appartenant à son évêque, et il lui fallait un moyen de contrôler — et de taxer — tout ce qui remontait ou descendait la rivière. Ce n'est pas une forteresse de frontière, c'est un poste de péage armé.

      Le quartier alentour est plus ancien que l'intra-muros. Sur la presqu'île d'Aleth se tenaient la cité antique puis le premier évêché, transféré au XIIᵉ siècle sur le rocher où Saint-Malo s'est ensuite construite. Les Allemands ont fortifié la même pointe pendant l'Occupation : le mémorial consacré à la guerre occupe aujourd'hui un de leurs blockhaus, et les vestiges des deux époques se croisent sur le même sentier.

      La tour a longtemps abrité un musée consacré aux cap-horniers ; l'intérieur n'est plus ouvert en continu, mieux vaut se renseigner avant de monter. Le tour de la corniche d'Aleth, lui, est libre en permanence et donne la seule vue qui embrasse d'un coup l'estuaire, Dinard et les remparts.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Dinard et la villa Les Roches Brunes, Saint-Malo, Bretagne
      Dinard et la villa Les Roches Brunes De l'autre côté de la Rance, une station balnéaire créée par les Anglais dans les années 1860 : quatre cents villas Belle Époque sur la falaise, des cabines rayées bleu et blanc, et une promenade du Clair de Lune. La navette maritime traverse en dix minutes.
      En savoir plus

      Dinard n'est pas un port devenu station : c'est une station créée de toutes pièces par des familles britanniques et américaines qui cherchaient un bord de mer à leur goût à portée de la Manche. Elles ont bâti sur les pointes, en surplomb, avec tourelles, bow-windows et jardins de camélias — une architecture de villégiature qui n'a rien de breton et que la ville a fini par protéger en bloc.

      La promenade du Clair de Lune longe la baie du Prieuré à l'abri du vent, entre mimosas, palmiers et agaves qui passent l'hiver dehors. Sur la plage de l'Écluse, les tentes rayées bleu et blanc se replantent chaque saison au même endroit. Une statue d'Alfred Hitchcock, flanqué de deux oiseaux, rappelle le festival du film britannique qui se tient ici chaque année.

      La villa Les Roches Brunes occupe la pointe de la Malouine, la plus exposée de toutes. Elle appartient à la commune et n'ouvre que pour des expositions : le reste du temps on en fait le tour par le sentier, et c'est la vue qui justifie le détour. La navette maritime depuis Saint-Malo ne navigue pas toute l'année et s'interrompt par gros temps.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Barrage de la Rance, Saint-Malo, Bretagne
      Barrage de la Rance La première usine marémotrice du monde, en service depuis 1966, qui produit de l'électricité en exploitant justement ce marnage exceptionnel. On traverse dessus par la route, et l'esplanade explique un dispositif qui n'a été copié que trois fois depuis.
      En savoir plus

      Sept cent cinquante mètres de digue en travers de l'estuaire, vingt-quatre turbines noyées dans le seuil, et une route départementale par-dessus qui évite le grand détour par Dinan. Le chantier a duré de 1961 à 1966 : pour bâtir à sec au milieu de la mer, on a fermé l'estuaire par deux batardeaux et vidé la Rance.

      La trouvaille est dans les turbines. Elles sont réversibles : elles produisent quand la mer se retire vers l'aval, et aussi quand elle revient vers l'amont, ce qu'aucune usine hydraulique classique ne sait faire. La production est donc commandée par la Lune et non par la demande — elle se décale chaque jour avec la marée. Le procédé a été très peu copié depuis, parce qu'il faut à la fois un marnage énorme et un estuaire qu'on accepte de fermer : ici la retenue a modifié les courants et l'envasement de la Rance, et le débat n'est pas clos.

      Une écluse permet aux bateaux de passer d'un bassin à l'autre : le pont bascule alors et la route s'arrête le temps de la manœuvre. L'esplanade côté usine donne la meilleure vue sur le remous quand les turbines tournent.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Marché et cuisine bretonne, Saint-Malo, Bretagne
      Marché et cuisine bretonne Galette de sarrasin salée, crêpe de froment sucrée, cidre brut servi en bolée, kouign-amann — le gâteau le plus beurré de France, inventé à Douarnenez par accident. Le marché intra-muros du mardi et du vendredi vaut mieux que la plupart des tables du port.
      En savoir plus

      Le sarrasin n'est pas une céréale : c'est une cousine de la rhubarbe et de l'oseille, qui pousse vite sur des terres pauvres sans exiger ni fumure ni bon sol. Il a nourri la Bretagne intérieure pendant des siècles et il est naturellement sans gluten, ce qui vaut à la galette une seconde carrière. Le froment, plus cher, était réservé au sucré et aux jours de fête : de là vient la répartition qu'on retrouve sur toutes les cartes, galette salée d'abord, crêpe sucrée ensuite.

      Le beurre salé, lui, tient à un impôt. La Bretagne était exemptée de la gabelle, la taxe sur le sel qui écrasait le reste du royaume ; le sel y coûtait une misère, on en mettait partout, et l'habitude est restée bien après la disparition de l'impôt. Tout le reste en découle : le kouign-amann, le far, les palets, le caramel au beurre salé.

      Deux choses à savoir sur place. Le cidre se boit en bolée plutôt qu'en verre, et le brut est nettement plus sec que ce que le mot laisse croire. Et les crêperies servent aux heures des repas, pas en continu : arriver au milieu de l'après-midi, c'est trouver la cuisine froide.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Fort National, Saint-Malo, Bretagne
      Fort National Un fort de Vauban sur un îlot rocheux, atteint à pied sur le sable. ⚠️ Il n'ouvre qu'à marée basse, et seulement quand le drapeau français est hissé : c'est le meilleur exemple de ce que la marée commande ici. Vérifier l'horaire la veille, sinon la visite n'existe pas ce jour-là.
      En savoir plus

      Le fort tient sur un rocher isolé à quelques centaines de mètres des remparts. Il a été bâti en 1689 sur les plans de Vauban par Siméon Garangeau, l'ingénieur qui a aussi dessiné les fortifications de la ville : une enceinte basse, une plate-forme d'artillerie et un puits creusé dans le granit, l'essentiel du dispositif tenant dans le tir croisé avec le Petit Bé et la Conchée. Il a changé trois fois de nom au gré des régimes — Royal, Impérial, National.

      Il a servi une dernière fois en août 1944, mais pas comme ouvrage militaire : la garnison allemande y a enfermé plusieurs centaines de Malouins pendant le siège, sans eau ni vivres, sous les obus alliés qui tombaient sur la ville en flammes. C'est la partie de la visite qu'on n'attendait pas en montant.

      La règle d'accès est sans appel : on traverse à pied depuis la plage de l'Éventail à marée descendante, et le fort n'ouvre que si le drapeau flotte au mât. Le jour où la mer ne se retire pas assez, il n'y a pas de visite du tout. Vérifier la veille, et prévoir des chaussures qui tiennent sur les rochers couverts d'algues.

      culture
      5 € 1 h 30

    Où dormir à Saint-Malo

    • Maison d'armateur rénovée appartement premium 250 € / nuit
    • Hôtel avec vue sur les remparts hotel premium 225 € / nuit
    • Hôtel intra-muros hotel confort 118 € / nuit
    • Lit en dortoir près du port auberge routard 30 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Saint-Servan habitant routard 62 € / nuit
  2. Dinan et la Rance, Bretagne

    2. Dinan et la Rance

    Une cité médiévale entière au-dessus d'un port de rivière

    Une cité médiévale intacte perchée au-dessus de la Rance, reliée à son port par la rue du Jerzual, une descente pavée très raide bordée d'ateliers. ⚠️ La montée du retour est sévère. Le chemin de halage longe la rivière jusqu'à Léhon, à pied ou à vélo, sans dénivelé.

    En savoir plus sur Dinan et la Rance

    Dinan est une cité médiévale qui a échappé aux destructions, ce qui en fait l'un des ensembles les plus complets de Bretagne : trois kilomètres de remparts, un château, et des rues entières de maisons à pans de bois et à porches. Elle est perchée soixante-quinze mètres au-dessus de la Rance, et cette différence d'altitude organise toute la visite.

    ⚠️ La rue du Jerzual relie la ville haute au port par une descente pavée très raide, bordée d'ateliers d'artisans installés dans des maisons du XVᵉ siècle. Elle est magnifique dans ce sens. La remontée, elle, est sévère : quelques centaines de mètres de forte pente sur des pavés, sans alternative directe. Prévoir de redescendre en fin de journée, ou de revenir par la route en boucle, plus longue mais praticable.

    En bas, le chemin de halage change complètement de registre : entièrement plat, ombragé, il longe la Rance jusqu'à l'abbaye de Léhon en une demi-heure de marche, et se poursuit sur des dizaines de kilomètres à vélo. C'est la promenade familiale de l'étape, praticable même sous la pluie. Vers la mer, le cap Fréhel et le fort la Latte sont à moins d'une heure de route et donnent l'autre visage de la Bretagne — falaises de grès rose, landes rases et vent permanent.

    À table

    • Galette complète — sarrasin, jambon, œuf et fromage, dans les crêperies de la rue du Jerzual, avec une bolée de cidre.
    • Coquilles Saint-Jacques d'Erquy — celles de la baie de Saint-Brieuc, juste saisies au beurre, d'octobre à mai.
    • Crêpes dentelle — les Gavottes, fabriquées à Dinan depuis 1920, fines et croustillantes, en paquet dans toutes les épiceries.
    • Cidre fermier — celui des vergers de la Rance, brut et trouble, tiré au fût dans les fermes de la vallée.
    Durée et coût par style de voyage à Dinan et la Rance
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 56 € dont 30 € de nuit, 19 € de repas
    Équilibré 1–2 115 € dont 68 € de nuit, 34 € de repas
    Confort + 2–3 222 € dont 140 € de nuit, 58 € de repas

    Que faire à Dinan et la Rance

    • Remparts et vieille ville médiévale, Dinan et la Rance, Bretagne
      Remparts et vieille ville médiévale Trois kilomètres de remparts du XIIIe siècle, presque intacts, autour de cent trente maisons à pans de bois — c'est la cité médiévale la plus complète de Bretagne, épargnée par les bombardements de 1944 qui ont détruit Saint-Malo.
      En savoir plus

      Dinan a gardé son enceinte parce qu'elle n'a jamais eu de raison de l'abattre : la ville n'a pas été assiégée par l'artillerie moderne, pas rasée en 1944, pas percée de boulevards au XIXᵉ siècle. Il en reste une ceinture presque continue, avec ses tours, sa porte du Guichet et sa porte Saint-Malo, qu'on longe par la promenade en contrebas ou par le chemin de ronde là où il est ouvert.

      La ville est indissociable de Bertrand Du Guesclin, qui y a livré en 1359 un combat singulier resté célèbre contre un chevalier anglais, sur la place du Champ-Clos, pour obtenir la libération de son frère. À sa mort, son corps a été partagé entre quatre lieux, selon un usage réservé aux très grands personnages : les entrailles au Puy, la chair à Montferrand, les os à Saint-Denis auprès des rois, et le cœur ici, dans la basilique Saint-Sauveur, où le tombeau se voit toujours.

      Le jardin anglais, aménagé derrière la basilique sur l'ancien cimetière, tombe à pic sur la vallée et sur le viaduc : c'est le meilleur point de vue de la ville, et il est libre. Une grande fête médiévale envahit les remparts un été sur deux, et les hôtels sont alors complets des mois à l'avance.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Rue du Jerzual et le port, Dinan et la Rance, Bretagne
      Rue du Jerzual et le port Une rue pavée en pente raide qui descend de la ville haute au port sur la Rance, bordée d'ateliers d'artisans installés dans les maisons de tanneurs. La montée essouffle ; c'est pour ça que les charrettes ont cessé d'y passer au XIXe siècle.
      En savoir plus

      La rue descend de la ville haute au port en pente franche, pavée de bout en bout, coupée en deux par la porte du Jerzual : au-dessus, la rue du Jerzual ; en dessous, la rue du Petit-Fort. Pendant des siècles ce fut l'unique entrée de Dinan côté rivière, et tout passait par là — le vin, le cuir, la toile, des charrettes tirées à plusieurs chevaux dans une côte que les piétons montent aujourd'hui en soufflant. Les maisons à pans de bois qui la bordent étaient celles des tanneurs et des marchands ; elles abritent maintenant des ateliers, verrier, potier, luthier, dont les portes restent ouvertes.

      Ce qui a vidé la rue de son trafic, c'est le viaduc. En jetant la route à mi-hauteur au-dessus de la vallée, au milieu du XIXᵉ siècle, on a rendu inutile la descente au port, et la rue s'est arrêtée net dans son siècle. C'est la raison pour laquelle elle est intacte.

      En bas, le port sert à la plaisance et aux vedettes qui descendent la Rance jusqu'à Dinard et Saint-Malo. Leurs départs dépendent de la marée et changent donc chaque jour : le tableau est affiché sur le quai, et mieux vaut le regarder avant de descendre, car la remontée à pied se mérite.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Chemin de halage de la Rance, Dinan et la Rance, Bretagne
      Chemin de halage de la Rance L'ancien chemin de halage suit la rivière sur des dizaines de kilomètres, à plat, entre les écluses et les moulins à marée. À pied ou à vélo, c'est l'antidote parfait aux falaises et au vent de la côte.
      En savoir plus

      Le halage n'est pas un chemin de promenade reconverti par hasard : c'est la berge sur laquelle on tirait les péniches à la corde, à bras d'homme ou au cheval, avant la motorisation. Il longe la Rance canalisée, qui forme la partie nord du canal d'Ille-et-Rance, creusé au XIXᵉ siècle pour relier Dinan à Rennes puis à la Vilaine. L'idée venait de l'Empire : avec la Manche tenue par la flotte anglaise, il fallait pouvoir faire circuler le bois, le grain et le fer d'un port à l'autre sans jamais sortir en mer.

      Le tracé est plat du début à la fin, ombragé, ponctué d'écluses avec leur maison éclusière et de moulins. Certains de ces moulins fonctionnaient à la marée : on emprisonnait l'eau montante derrière une digue, puis on la relâchait à mer basse pour faire tourner la roue. Le meunier travaillait donc à des heures qui se décalaient chaque jour, comme celles de la mer.

      L'écluse du Châtelier marque la limite : en amont l'eau est douce et le niveau constant, en aval elle est maritime et la vase découvre à basse mer. Le chemin se fait aussi bien à vélo, en gardant en tête qu'il reste boueux longtemps après la pluie et que les racines soulèvent le revêtement par endroits.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Cap Fréhel et le fort la Latte, Dinan et la Rance, Bretagne
      Cap Fréhel et le fort la Latte Des falaises de grès rose de soixante-dix mètres couvertes de landes de bruyère et d'ajoncs, avec une des plus grandes réserves d'oiseaux marins de France. Le sentier jusqu'au fort la Latte, planté sur son éperon, longe la falaise pendant une heure.
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      Deux phares se dressent côte à côte au bout du cap : la tour carrée commandée par Vauban au début du XVIIIᵉ siècle, et le phare actuel, remonté après que le précédent eut été détruit en 1944. En dessous, la falaise de grès rose plonge sur la Fauconnière, un rocher qui abrite l'une des rares colonies françaises de guillemots, de pingouins torda et de mouettes tridactyles. On les observe d'en haut, aux jumelles, depuis un belvédère aménagé à distance : la colonie est en réserve et l'approche par la mer est réglementée.

      Le fort la Latte n'est pas un fort mais un château, la Roche Goyon, bâti sur un éperon détaché de la côte et franchi par deux ponts-levis. Dans la cour subsiste un four à rougir les boulets : on chauffait la fonte au rouge avant de la tirer sur les coques de bois, pour les incendier plutôt que les percer. Le décor a servi au tournage des Vikings, avec Kirk Douglas.

      La lande se colore en deux temps : les ajoncs jaunes au printemps, les bruyères en fin d'été. Rester sur les sentiers balisés — le tapis végétal met des années à se refaire et brûle très vite en période sèche. Le stationnement au cap est payant en saison.

      nature
      Gratuit 4 h
    • Château de Dinan, Dinan et la Rance, Bretagne
      Château de Dinan Un donjon résidentiel de 1384, l'un des mieux conservés de Bretagne, où le duc pouvait vivre autant que se défendre. Le parcours monte jusqu'aux terrasses par des escaliers en vis et donne sur toute la vallée.
      En savoir plus

      Ce n'est pas un donjon de guerre mais un donjon d'habitation, construit à la fin du XIVᵉ siècle pour Jean IV de Bretagne. Le duc voulait pouvoir y tenir sa cour autant que soutenir un siège : d'où les grandes cheminées, les fenêtres à coussièges où l'on s'asseyait, la chapelle et les latrines à chaque niveau, dans une tour qui, vue du dehors, ne promet que des murs aveugles.

      On l'appelle sur place le donjon de la duchesse Anne, sans qu'elle y ait jamais tenu résidence : le nom lui a été donné bien après. Passé le Moyen Âge, le bâtiment a servi de caserne puis de prison, ce qui explique les aménagements grossiers qu'on croise entre deux salles ducales. La tour de Coëtquen, plus tardive et plus trapue, était conçue pour l'artillerie et complète le dispositif à l'autre bout de la courtine.

      La montée se fait par des escaliers en vis aux marches creusées par l'usure ; il n'y a pas d'ascenseur et le parcours ne convient pas à qui redoute les escaliers étroits. Les terrasses du sommet, elles, donnent d'un seul coup sur la vallée et sur toute la ligne des remparts.

      culture
      8 € 2 h

    Où dormir à Dinan et la Rance

    • Maison médiévale rénovée appartement premium 205 € / nuit
    • Hôtel de charme intra-muros hotel premium 185 € / nuit
    • Hôtel dans une maison à pans de bois hotel confort 98 € / nuit
    • Chambre simple en vieille ville auberge routard 28 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant au port habitant routard 58 € / nuit
  3. Côte de Granit rose, Bretagne

    3. Côte de Granit rose

    Des blocs roses posés dans une mer turquoise

    Dix kilomètres de côte où le granit rose forme des blocs arrondis posés dans l'eau, parcourus par le sentier des douaniers entre Ploumanac'h et Perros-Guirec. ⚠️ La lumière fait tout : les roches sont ternes à midi et vraiment roses en fin de journée. L'archipel des Sept-Îles se voit en bateau, pour les fous de Bassan.

    En savoir plus sur Côte de Granit rose

    La Côte de Granit rose ne fait qu'une dizaine de kilomètres, entre Perros-Guirec et Trébeurden, et c'est le seul endroit de Bretagne où la roche prend cette couleur. Elle ne forme pas des falaises mais des blocs arrondis, empilés et posés dans l'eau comme s'ils avaient roulé là — l'érosion a travaillé un granit riche en feldspath rose, et les formes portent des noms depuis des générations.

    Le sentier des douaniers en fait le tour à pied entre Ploumanac'h et la plage de Trestraou, en une heure et demie à deux heures selon les arrêts. Il est facile, très fréquenté l'été, et pratiquement le seul moyen d'en voir l'essentiel : depuis la route on ne devine rien. Le stationnement à Ploumanac'h est saturé en milieu de journée.

    ⚠️ La lumière fait tout, et c'est ce qui distingue cette étape des autres. À midi, en plein soleil, les roches paraissent grises et ternes ; en fin d'après-midi et surtout au coucher, elles deviennent franchement roses et l'eau tourne au turquoise. Y aller entre onze et quinze heures, c'est passer à côté du seul phénomène qu'on est venu voir. L'archipel des Sept-Îles, en face, abrite la plus grande colonie de fous de Bassan de France et se visite en bateau — sorties suspendues par mer forte, fréquente hors été.

    À table

    • Coco de Paimpol — le haricot demi-sec écossé à la main, mijoté avec du beurre ou en accompagnement d'un poisson, de juillet à octobre.
    • Homard bleu — pêché au casier autour des Sept-Îles, grillé ou en cotriade dans les restaurants de Ploumanac'h et de Perros-Guirec.
    • Huîtres de la baie de Paimpol — élevées dans l'anse de Paimpol, à goûter dans les cabanes de Lanmodez et de Loguivy.
    • Far breton — le flan dense aux pruneaux, dans toutes les boulangeries de Trégastel.
    Durée et coût par style de voyage à Côte de Granit rose
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 58 € dont 31 € de nuit, 19 € de repas
    Équilibré 2–3 121 € dont 72 € de nuit, 35 € de repas
    Confort + 3–4 234 € dont 148 € de nuit, 60 € de repas

    Que faire à Côte de Granit rose

    • Sentier des douaniers de Ploumanac'h, Côte de Granit rose, Bretagne
      Sentier des douaniers de Ploumanac'h Le tronçon le plus célèbre du GR 34 : des chaos de granit rose vieux de 300 millions d'années, arrondis par l'érosion en formes qui portent toutes un nom — le Dé, la Tortue, le Chapeau de Napoléon. Une heure et demie de marche facile, entièrement gratuite.
      En savoir plus

      Le granit d'ici se désagrège par ses fissures : l'eau attaque les joints, arrondit les angles et dégage des blocs qui finissent posés les uns sur les autres en équilibre. D'où ces formes que les guides du XIXᵉ siècle ont baptisées une à une, et cette impression d'éboulis rangé par quelqu'un. La couleur vient des gros cristaux roses de la roche, visibles à l'œil nu quand on s'approche.

      Sur la plage Saint-Guirec, un oratoire abrite la statue du saint. La tradition voulait que les jeunes filles en âge de se marier plantent une épingle dans son nez : le nez de la statue de bois a fini par disparaître, et il a fallu la remplacer par une statue de granit, laquelle s'use à son tour. Plus loin, le phare de Mean Ruz est bâti dans le même granit rose que le chaos qui l'entoure ; celui d'avant a été détruit pendant la guerre.

      Le sentier est facile mais très fréquenté aux heures chaudes. La roche ne prend sa couleur qu'au soleil rasant : franchement rose en fin de journée, grise à midi. Les dalles polies glissent après la pluie et il n'y a aucune barrière côté mer.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Phare de Mean Ruz et la plage Saint-Guirec, Côte de Granit rose, Bretagne
      Phare de Mean Ruz et la plage Saint-Guirec Un phare bâti dans le même granit rose que les rochers qui l'entourent, si bien qu'on le distingue à peine. En dessous, un oratoire du XIIe siècle est submergé à chaque marée haute — les jeunes filles y plantaient une épingle dans le nez du saint pour se marier dans l'année.
      En savoir plus

      Le phare de Mean Ruz — pierre rouge en breton — a été bâti dans le granit rose extrait sur place, si bien qu'il se confond presque avec le chaos de blocs qui l'entoure : on le cherche du regard avant de le trouver. Il a été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale puis reconstruit à l'identique.

      Sur la plage voisine, un oratoire de pierre du XIIᵉ siècle abrite une statue de saint Guirec, submergée à chaque marée haute. Une tradition voulait que les jeunes filles y plantent une épingle dans le nez du saint : si elle tenait, le mariage aurait lieu dans l'année. La statue de bois d'origine y a perdu son nez et a été remplacée par une statue de granit, plus résistante.

      ⚠️ La couleur du granit dépend entièrement de l'heure : les roches paraissent grises et ternes en plein midi et deviennent franchement roses en fin d'après-midi et au couchant. Venir entre onze et quinze heures, c'est passer à côté du phénomène qu'on est venu voir. Le sentier des douaniers qui relie Ploumanac'h à Perros-Guirec passe ici, et le stationnement sature en milieu de journée.

      détente
      Gratuit 2 h
    • Archipel des Sept-Îles depuis la côte, Côte de Granit rose, Bretagne
      Archipel des Sept-Îles depuis la côte La plus grande réserve ornithologique de France, visible depuis la pointe : vingt mille couples d'oiseaux marins, dont l'unique colonie française de fous de Bassan. Les macareux moines y nichent d'avril à juillet, et les jumelles suffisent depuis la terre.
      En savoir plus

      La réserve date de 1912, et elle est née d'un massacre. Des tireurs venaient en excursion canarder les macareux à la carabine depuis des bateaux, pour le sport ; l'émotion provoquée par ces parties de chasse a fait naître une ligue de protection des oiseaux et, dans la foulée, la mise en réserve de l'archipel — la première de France. Le macareux moine en est resté l'emblème, alors qu'il n'en subsiste ici qu'une petite colonie, sans commune mesure avec les effectifs d'il y a un siècle.

      L'île Rouzic porte la seule colonie française de fous de Bassan, installée dans les années trente et devenue si dense que le rocher paraît blanc de loin. L'épizootie de grippe aviaire de 2022 l'a durement touchée. Les oiseaux ne sont à terre que pour nicher : passé le milieu de l'été, l'archipel se vide et repart en pleine mer.

      Depuis la côte, on voit surtout des silhouettes. La station ornithologique de l'île Grande braque des caméras sur les colonies et diffuse les images en direct, ce qui donne un détail qu'aucune paire de jumelles ne donnera. Le débarquement est interdit sur toutes les îles sauf une.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Trégastel et la vallée des Traouïero, Côte de Granit rose, Bretagne
      Trégastel et la vallée des Traouïero Une vallée encaissée et sombre entre deux ports, où le granit rose disparaît sous la mousse et les fougères — un paysage de forêt humide à trois cents mètres de la plage. Les anciens moulins à marée s'y devinent encore.
      En savoir plus

      La vallée coupe la côte sur une faille où l'eau s'est enfoncée. On y retrouve les mêmes blocs de granit rose qu'au bord de mer, mais sous les fougères, les mousses et le lierre, dans une ombre permanente qui ne laisse pas sécher le sol : à quelques centaines de mètres de la plage, on marche dans une ambiance de sous-bois humide, avec un écart de température qu'on sent immédiatement. C'est le refuge des jours de canicule et des jours de grand vent.

      Des moulins à marée occupaient les extrémités de la vallée, alimentés par des étangs de retenue que l'on remplissait à mer haute. Les digues et les biefs se devinent encore sous la végétation. Le sentier suit le fond, franchit le ruisseau plusieurs fois et remonte de part et d'autre.

      À Trégastel même, l'aquarium marin a été aménagé dans les cavités naturelles d'un chaos de blocs, sous les rochers plutôt que dans un bâtiment ; au sommet du même amas se dresse une statue du Père Éternel. L'île Renote, presqu'île en réalité, se fait à pied. Dans la vallée, prévoir des chaussures qui ne craignent pas la boue : elle reste grasse plusieurs jours après une averse.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Tréguier et sa cathédrale, Côte de Granit rose, Bretagne
      Tréguier et sa cathédrale Une cathédrale gothique dont la flèche de soixante-trois mètres est percée à jour, et un cloître du XVe siècle presque intact. Saint Yves, patron des avocats, y est enterré — sa fête du 19 mai rassemble des juristes du monde entier.
      En savoir plus

      Tréguier est une ville d'évêque sans front de mer : elle est posée au fond d'un estuaire, à l'écart, et tout y converge vers la cathédrale. Sa flèche est percée à jour, ajourée comme une dentelle de pierre — un parti pris qui offre moins de prise au vent. À l'intérieur, le cloître gothique du XVᵉ siècle est l'un des rares de Bretagne resté complet, avec ses gisants alignés sous les galeries.

      Le saint qui y repose était juge. Yves Hélory, official du diocèse au XIIIᵉ siècle, s'était fait la réputation de trancher en faveur des pauvres et de plaider gratuitement pour eux, d'où son patronage sur les avocats. Son tombeau a été détruit à la Révolution puis refait au XIXᵉ siècle ; son crâne, conservé à part, est porté en procession lors du pardon qui rassemble des juristes venus de très loin.

      Sur la place, la statue d'Ernest Renan, né ici, fait face à la cathédrale. Son inauguration en 1903 a tourné à l'affrontement : l'auteur d'une Vie de Jésus qui traitait le Christ en personnage historique était détesté du clergé, et la ville a vu s'opposer cortège républicain et rassemblement de réparation. L'accès au cloître se prend séparément de la cathédrale, qui est libre.

      culture
      Gratuit 2 h

    Où dormir à Côte de Granit rose

    • Maison de pêcheur en granit rose appartement premium 215 € / nuit
    • Hôtel avec vue sur les Sept-Îles hotel premium 195 € / nuit
    • Hôtel face à la plage hotel confort 105 € / nuit
    • Auberge à Perros-Guirec auberge routard 29 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Trégastel habitant routard 58 € / nuit
  4. Baie de Morlaix et Roscoff, Bretagne

    4. Baie de Morlaix et Roscoff

    Un viaduc, des maisons à lanterne et des champs d'artichauts

    Une ville de fond d'estuaire écrasée par un viaduc ferroviaire de soixante mètres, avec des maisons à lanterne qu'on ne trouve qu'ici. Roscoff, à vingt minutes, est un port de ferries vers l'Angleterre et le point d'embarquement pour l'île de Batz. C'est le pays de l'artichaut et de l'oignon rosé.

    En savoir plus sur Baie de Morlaix et Roscoff

    Morlaix est une ville de fond d'estuaire, bâtie au creux d'une vallée si étroite qu'on a dû la franchir par un viaduc ferroviaire de soixante mètres de haut, qui enjambe la ville entière et la domine de partout. On y descend et on y remonte sans arrêt : les venelles et les escaliers relient les quartiers hauts au centre, et la voiture n'aide pas.

    La ville abrite une curiosité qu'on ne trouve pratiquement qu'ici : les maisons à pondalez, dites à lanterne, dont l'intérieur s'organise autour d'une cour couverte traversée par un escalier à vis et des passerelles de bois. Elles sont invisibles depuis la rue et ne se découvrent qu'en entrant.

    À vingt minutes, Roscoff est un tout autre monde : un port de ferries vers l'Angleterre et l'Irlande, un embarcadère pour l'île de Batz à quinze minutes de traversée, et un microclimat qui permet un jardin exotique en plein Finistère. C'est le pays de l'artichaut et de l'oignon rosé, exporté vers l'Angleterre par les Johnnies à vélo pendant plus d'un siècle. ⚠️ À Roscoff, l'estacade d'embarquement pour Batz est très longue parce que la mer se retire loin : à marée basse, la marche jusqu'au bateau fait plusieurs centaines de mètres.

    À table

    • Oignon de Roscoff — l'oignon rose et doux que les Johnnies allaient vendre à vélo en Angleterre, en tresses sur les murs du port.
    • Artichaut Camus du Léon — le gros artichaut des champs du Léon, cuit à l'eau et mangé feuille à feuille avec une vinaigrette.
    • Kig ha farz — le pot-au-feu du Léon, viandes et légumes bouillis avec un far de sarrasin cuit dans un sac de toile, servi émietté.
    • Ormeaux — les coquillages nacrés de la côte des Abers, poêlés au beurre, rares et à commander dans les restaurants de Roscoff.
    • Crêpes de froment au beurre salé — sucrées, dans les crêperies de la place des Otages à Morlaix.
    Durée et coût par style de voyage à Baie de Morlaix et Roscoff
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 54 € dont 29 € de nuit, 18 € de repas
    Équilibré 1–2 114 € dont 68 € de nuit, 33 € de repas
    Confort + 2–3 220 € dont 140 € de nuit, 57 € de repas

    Que faire à Baie de Morlaix et Roscoff

    • Viaduc et vieille ville de Morlaix, Baie de Morlaix et Roscoff, Bretagne
      Viaduc et vieille ville de Morlaix Un viaduc ferroviaire de deux étages et soixante mètres de haut enjambe le centre-ville depuis 1863. En dessous, des maisons à pondalez — un type unique au monde, avec un escalier à vis en bois et des passerelles intérieures, qu'on ne trouve qu'ici.
      En savoir plus

      Le viaduc a été bâti au milieu du XIXᵉ siècle pour faire passer la ligne de Paris à Brest par-dessus une ville installée au fond d'une vallée encaissée. Deux niveaux d'arcades en granit, la voie ferrée tout en haut, et le centre qui continue sa vie entre les piles. Une coursive piétonne court au premier étage et se parcourt selon la saison, pour une vue plongeante sur les toits d'ardoise.

      La vieille ville cache un type de maison qu'on ne trouve nulle part ailleurs : la maison à pondalez. Sur une parcelle étroite et profonde, l'espace central est laissé vide sur toute la hauteur et éclairé par le toit ; un escalier à vis en bois sculpté monte au milieu, et des passerelles — les pondalez, les ponts pour aller — desservent les pièces de part et d'autre. Il n'en reste qu'une poignée, dont une, rue du Mur, ouverte à la visite.

      La devise de la ville tient en trois mots : s'ils te mordent, mords-les. Elle date de 1522, quand une flotte anglaise a pillé Morlaix pendant que les habitants étaient à une foire ; les pillards se sont enivrés dans les caves, et les Morlaisiens revenus dans la nuit les ont massacrés. Prévoir des jambes : tout monte.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Roscoff et le port de l'Île de Batz, Baie de Morlaix et Roscoff, Bretagne
      Roscoff et le port de l'Île de Batz Un port de granit aux maisons d'armateurs sculptées de bateaux, et un clocher Renaissance à lanternons. C'est d'ici que partaient les Johnnies, ces marchands d'oignons rosés qui vendaient leurs tresses à vélo dans toute la Grande-Bretagne.
      En savoir plus

      Les Johnnies ont inventé une exportation à vélo. À partir de la fin des années 1820, des cultivateurs de Roscoff ont pris le bateau pour l'Angleterre avec leur récolte d'oignons rosés, puis se sont mis à faire du porte-à-porte dans les villes britanniques, tresses à l'épaule. Les Anglais les ont appelés Johnnies. Le commerce a duré plus d'un siècle, organisé en équipes qui partaient l'été et rentraient à Noël ; l'oignon rosé est aujourd'hui protégé par une appellation d'origine, et quelques producteurs traversent encore.

      La richesse des armateurs se lit sur l'église Notre-Dame-de-Croaz-Batz, dont le clocher Renaissance à lanternons superposés porte des navires et des canons sculptés en bas-relief : des ex-voto de commanditaires qui devaient tout à la mer. La tradition veut que Marie Stuart, âgée de cinq ans, ait débarqué ici en 1548 en route pour la cour de France.

      Pour l'île de Batz, tout dépend de la marée. Une très longue estacade avance dans l'eau afin qu'on puisse embarquer même à mer basse : selon l'heure, le bateau se prend au bout de la jetée ou à son pied, et il faut compter la marche. Sur l'île, un jardin exotique planté dans une dune occupe la pointe.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Jardin exotique et pointe de Bloscon, Baie de Morlaix et Roscoff, Bretagne
      Jardin exotique et pointe de Bloscon Un rocher de granit planté de trois mille cinq cents espèces australes — cactus, palmiers, protées — qui poussent en plein air grâce au Gulf Stream. Le microclimat de Roscoff ne gèle presque jamais, et c'est ce qui a fait sa prospérité maraîchère.
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      Le jardin est bâti sur un chaos de granit, avec des terrasses accrochées au rocher et un sommet qui domine la baie. Y poussent en pleine terre des plantes de l'hémisphère sud — protées d'Afrique du Sud, aloès, agaves, palmiers, eucalyptus, fougères arborescentes de Nouvelle-Zélande. Ce n'est pas la chaleur qui le permet, c'est l'absence de gel : beaucoup de ces espèces supportent très bien la fraîcheur, aucune ne supporte une nuit à moins cinq.

      Le même microclimat a fait la fortune agricole du pays. La ceinture maraîchère du Léon produit artichauts, choux-fleurs et oignons rosés sur des terres amendées depuis toujours au goémon ramassé sur l'estran — l'algue rejetée par les tempêtes, chargée en potasse, épandue par charretées. Le sol de ces champs est un produit de la mer autant que de la terre.

      La pointe de Bloscon, juste à côté, porte la chapelle Sainte-Barbe, blanche sur son rocher, et le port en eau profonde d'où partent les ferries vers l'Angleterre et l'Irlande. Le jardin, lui, n'ouvre pas toute l'année : il ferme au cœur de l'hiver.

      nature
      Gratuit 2 h
    • Cairn de Barnenez, Baie de Morlaix et Roscoff, Bretagne
      Cairn de Barnenez Le plus grand mausolée mégalithique d'Europe, et l'un des plus anciens édifices construits par l'homme : 4500 av. J.-C., soit deux mille ans avant les pyramides. Il a failli disparaître dans les années soixante — une entreprise en extrayait des moellons à l'explosif.
      En savoir plus

      Une masse de pierres sèches en gradins, longue comme un immeuble couché, faite de dizaines de milliers de blocs empilés à la main. Onze chambres funéraires s'ouvrent au sud par des couloirs étroits ; le monument a été construit en deux fois, un premier cairn ayant été englobé dans un second, plus grand, ce qui se lit dans l'appareillage de la maçonnerie.

      Il doit sa lisibilité à un vandalisme. Dans les années cinquante, le tertre est vendu comme carrière de moellons ; les engins et les explosifs entament le flanc et éventrent plusieurs chambres avant que le chantier ne soit arrêté et le site classé. Le résultat est une coupe grandeur nature : là où le cairn est tranché, on voit la structure interne, les couloirs et la superposition des deux campagnes, ce qu'aucune fouille n'aurait pu montrer aussi bien. Malraux, alors ministre, y a vu un Parthénon mégalithique.

      On ne pénètre pas dans les chambres : la visite se fait en tournant autour du monument et en regardant les couloirs de l'extérieur. Le site est en bout de presqu'île, sans abri, et le vent y balaie tout ; il ferme certains jours de la semaine hors saison.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Enclos paroissiaux du Léon, Baie de Morlaix et Roscoff, Bretagne
      Enclos paroissiaux du Léon Saint-Thégonnec, Guimiliau, Lampaul : des villages qui se sont ruinés du XVIe au XVIIe siècle à construire des porches, des ossuaires et des calvaires à des centaines de personnages, par pure rivalité entre paroisses voisines. Tous en accès libre.
      En savoir plus

      Un enclos, c'est un ensemble complet et clos : un mur, une porte monumentale qu'on ne franchissait que pour les grandes occasions, l'église, l'ossuaire, le calvaire, et le cimetière au milieu. L'argent venait du lin. Le Léon a produit et exporté pendant deux siècles des toiles vers l'Angleterre et l'Espagne, et des paroisses de quelques centaines d'âmes ont dépensé cette fortune à se doter d'un porche plus sculpté que celui du bourg voisin. La rivalité était explicite, et elle a ruiné plusieurs communes.

      Les calvaires racontent la Passion en ronde-bosse, avec des costumes du temps, et parfois autre chose. À Guimiliau, une scène montre Katell Gollet, la fille perdue, traînée en enfer par les démons pour avoir volé des hosties : c'était un avertissement, sculpté à hauteur d'yeux. Dans les ossuaires, les os exhumés pour faire de la place étaient rangés, et les crânes parfois placés dans de petites boîtes portant le nom du défunt. À La Roche-Maurice, tout proche, l'Ankou sculpté annonce au visiteur qu'il les tuera tous.

      Tout se visite librement. Les églises ferment tôt hors saison, et l'éclairage des retables fonctionne à la pièce : en avoir sur soi change ce qu'on voit.

      culture
      Gratuit 3 h

    Où dormir à Baie de Morlaix et Roscoff

    • Maison de granit avec jardin appartement premium 198 € / nuit
    • Hôtel de charme face à la mer hotel premium 178 € / nuit
    • Hôtel du port de Roscoff hotel confort 95 € / nuit
    • Chambre simple à Morlaix auberge routard 27 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Roscoff habitant routard 56 € / nuit
  5. Presqu'île de Crozon, Bretagne

    5. Presqu'île de Crozon

    Des falaises de grès rouge et les plus belles plages du nord

    Une presqu'île en forme de croix, avec des falaises de grès rouge et des plages que beaucoup jugent les plus belles du nord de la France. ⚠️ Tout y est loin de tout par la route, qui contourne les baies : compter large entre deux pointes. Le vent y est constant, même en été.

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    La presqu'île de Crozon a la forme d'une croix, avec quatre pointes qui partent dans quatre directions, et c'est le fait dominant de l'étape. ⚠️ Tout y est loin de tout par la route, qui doit contourner les baies au lieu de les traverser : deux pointes séparées de cinq kilomètres à vol d'oiseau peuvent demander quarante minutes de voiture. Il faut renoncer à en faire deux dans la même demi-journée.

    La roche change aussi : ici, ce n'est plus le granit mais le grès armoricain, qui donne des falaises rouges et des empilements de dalles inclinées. Les Tas de Pois, au bout de la pointe de Pen-Hir, en sont l'image la plus connue. Les plages, elles, comptent parmi les plus belles du nord de la France, avec un sable clair et une eau turquoise qui surprend — et qui reste froide toute l'année.

    ⚠️ Le vent est constant, y compris en plein été et par grand soleil. Sur les pointes, il souffle assez fort pour rendre le pique-nique inconfortable et déséquilibrer près du bord ; les falaises n'ont pas de barrière et le sentier passe parfois à un mètre du vide. C'est aussi une presqu'île militaire — plusieurs secteurs de l'île Longue et des batteries sont interdits d'accès, ce que les panneaux indiquent clairement.

    À table

    • Kouign-amann — le gâteau de pâte à pain feuilletée au beurre et au sucre, né à Douarnenez de l'autre côté de la baie.
    • Sardines de Douarnenez — en boîte millésimée des conserveries du port, ou grillées en juillet sur les quais.
    • Fraises de Plougastel — les fraises de la rade de Brest, cultivées ici depuis le XVIIIe siècle, en mai et juin.
    • Araignée de mer — celle de la criée de Camaret, cuite au court-bouillon, décortiquée à la main avec une mayonnaise.
    • Crêpes de blé noir — dans les crêperies de Morgat, avec une bolée de cidre fermier de la presqu'île.
    Durée et coût par style de voyage à Presqu'île de Crozon
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 58 € dont 31 € de nuit, 19 € de repas
    Équilibré 2–3 122 € dont 72 € de nuit, 35 € de repas
    Confort + 3–4 235 € dont 148 € de nuit, 60 € de repas

    Que faire à Presqu'île de Crozon

    • Pointe de Pen-Hir et les Tas de Pois, Presqu'île de Crozon, Bretagne
      Pointe de Pen-Hir et les Tas de Pois Une falaise de grès armoricain de soixante-dix mètres prolongée en mer par quatre îlots alignés, les Tas de Pois. C'est le point de vue le plus spectaculaire de Bretagne, et il est libre — un mémorial aux Bretons de la France libre s'y dresse face au large.
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      La falaise s'avance en éperon et se prolonge en mer par quatre îlots alignés : ce sont les restes du même banc de grès, découpé par la mer et laissé debout là où la roche résistait le mieux. Ce grès se casse en dalles et en marches, ce qui donne à la falaise son profil d'escalier géant et en fait un terrain d'escalade réputé.

      Sur le plateau, une haute croix de Lorraine en granit domine le large : le monument aux Bretons de la France libre. Le lieu n'a pas été choisi au hasard — c'est de cette côte que des équipages entiers sont partis pour l'Angleterre en 1940, la seule île de Sein ayant fourni une part considérable des tout premiers volontaires. Un mémorial consacré à la bataille de l'Atlantique occupe un ancien ouvrage bétonné, en contrebas.

      Le bord est franc, sans barrière, et l'herbe rase glisse dès qu'elle est mouillée : plusieurs points de vue se prennent à plat ventre plutôt que debout. Le vent peut être assez fort pour déséquilibrer, et il n'y a rien pour se rattraper.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Plage de l'Île Vierge et Morgat, Presqu'île de Crozon, Bretagne
      Plage de l'Île Vierge et Morgat Une crique de sable blanc au pied d'une falaise, avec une eau franchement turquoise et des pins qui descendent jusqu'au bord. ⚠️ L'accès par le sentier est réglementé depuis qu'il s'est érodé sous la fréquentation : se renseigner avant de partir, il est parfois fermé.
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      La plage de l'Île Vierge est une crique de sable clair au pied d'une falaise, avec une eau d'un turquoise franc et des pins qui descendent jusqu'au bord — une composition qui lui a valu d'être massivement photographiée et diffusée, avec des conséquences directes.

      ⚠️ La fréquentation a provoqué l'érosion du sentier d'accès et du flanc de falaise au point que la commune a dû réglementer : l'accès est limité, régulé en saison, et parfois totalement fermé pour permettre la revégétalisation. Il faut se renseigner avant de partir, sous peine de faire la route pour rien. Le sentier est de toute façon raide et glissant, et la descente jusqu'à la plage n'est pas anodine.

      Morgat, à quelques kilomètres, est l'alternative accessible : une plage de sable abritée dans une baie, avec un port et des maisons balnéaires du début du XXᵉ siècle. C'est de là que partent les sorties en bateau vers les grottes marines du cap de la Chèvre, creusées dans le grès rouge et accessibles seulement par mer — ⚠️ elles ne se visitent qu'à marée et par mer calme.

      détente
      Gratuit 3 h 30
    • Cap de la Chèvre et les landes, Presqu'île de Crozon, Bretagne
      Cap de la Chèvre et les landes L'extrémité sud de la presqu'île, une lande rase battue par le vent, avec des anciens postes de guet allemands et une vue sur toute la baie de Douarnenez. Le GR 34 y court sur la crête pendant des kilomètres sans croiser une maison.
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      La lande y est rase, presque tondue, parce que le vent et le sel empêchent tout de pousser en hauteur : ajoncs et bruyères s'étalent au sol en tapis dur, et l'on voit à des kilomètres sans qu'un arbre gêne. La presqu'île est en grande partie propriété publique et protégée, ce qui lui a évité le lotissement de bien d'autres caps bretons.

      Les falaises d'ici sont un livre de géologie. Les grès et les schistes qui les composent sont plissés, redressés, parfois basculés à la verticale, et les coupes sont si nettes que la presqu'île fait l'objet d'une réserve consacrée à ses seuls sites géologiques — cas rare, où c'est la roche elle-même qu'on protège, et non la faune. Au bout du cap, un mémorial de l'aéronautique navale, tourné vers le large, rappelle les équipages disparus en mer ; les blockhaus voisins datent de l'autre occupation du lieu.

      Il n'y a ni ombre, ni eau, ni abri sur le parcours de crête, et le vent y est rarement absent. Les ouvrages allemands sont ouverts à tous et certains donnent directement sur le vide : ne pas y entrer, ne pas s'en approcher par le dessus. Rester sur les sentiers balisés, la lande piétinée met des années à se refermer.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Alignements de Lagatjar et Camaret, Presqu'île de Crozon, Bretagne
      Alignements de Lagatjar et Camaret Soixante-cinq menhirs en croix au-dessus du port de Camaret, et sur la jetée la tour Vauban en pierre rose classée par l'Unesco, à côté d'un cimetière de bateaux qui pourrissent doucement dans la vase.
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      Les menhirs de Lagatjar sont plantés en lignes qui se croisent, sur un plateau au-dessus du port, en vue de la mer. Ils ont été relevés au XXᵉ siècle : beaucoup étaient couchés, et l'alignement qu'on voit résulte d'une restitution, ce qui explique la régularité un peu trop nette de certaines files. On les longe librement, sans clôture.

      En bas, sur le cordon de galets, la tour Vauban garde l'entrée du goulet de Brest. Elle est en pierre rose, à demi enterrée dans sa batterie, et elle a servi pour de bon : en juin 1694, une flotte anglo-néerlandaise a tenté un débarquement à Camaret pour remonter sur Brest. Vauban, présent, avait fait installer les canons ; l'attaque a été écrasée sur la plage. La chapelle voisine, Notre-Dame de Rocamadour, a reçu ce jour-là un boulet dans son clocher, qui a été emporté et jamais rebâti — le toit tronqué est là pour le prouver.

      Le cimetière de bateaux se réduit d'année en année : les coques de langoustiers abandonnées dans la vase se démantèlent seules, et il en reste moins qu'on ne l'imagine. On marche sur le sillon pour y accéder, en plein vent, sans aucun abri.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Ménez-Hom et les Monts d'Arrée, Presqu'île de Crozon, Bretagne
      Ménez-Hom et les Monts d'Arrée 330 m à peine, mais isolé au bord de la baie : par temps clair on voit de la pointe du Raz au Trégor. Derrière commencent les Monts d'Arrée, une lande de tourbières et de crêtes de quartzite qui ne ressemble à rien d'autre en France.
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      Le Ménez-Hom ferme à l'ouest la chaîne des Montagnes Noires et se dresse isolé au-dessus de l'estuaire de l'Aulne : c'est ce qui lui donne, pour une hauteur modeste, un panorama sans concurrence. Par temps clair on suit du regard la rade de Brest, la presqu'île de Crozon, la baie de Douarnenez et, au nord, la ligne des monts d'Arrée. Le sommet est nu, herbeux, et sert de site de décollage aux parapentes.

      Les monts d'Arrée, de l'autre côté de la vallée, sont un autre monde : crêtes de quartzite dressées comme des arêtes, tourbières, landes à perte de vue, et le point culminant de la Bretagne qui plafonne pourtant sous les quatre cents mètres. Au creux, le marais du Yeun Elez passait pour l'entrée des Enfers dans la tradition bretonne. On y a installé, au bord du lac artificiel, la centrale nucléaire de Brennilis, arrêtée en 1985 et dont le démantèlement n'est toujours pas terminé.

      L'incendie de juillet 2022 a brûlé des milliers d'hectares de lande et de tourbe ; la végétation repart, les traces restent lisibles. Le brouillard tombe vite sur les crêtes et efface les repères ; hors sentier, la tourbière est spongieuse et l'on s'y enfonce.

      nature
      Gratuit 3 h

    Où dormir à Presqu'île de Crozon

    • Maison avec jardin près des plages appartement premium 210 € / nuit
    • Hôtel face à la baie de Douarnenez hotel premium 188 € / nuit
    • Hôtel à Morgat hotel confort 100 € / nuit
    • Dortoir à Camaret auberge routard 28 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Crozon habitant routard 58 € / nuit
  6. Quimper et la pointe du Raz, Bretagne

    6. Quimper et la pointe du Raz

    La capitale de la Cornouaille, et le bout du monde

    La capitale de la Cornouaille, avec une cathédrale à la nef volontairement désaxée et un quartier de faïenceries encore en activité. C'est la base pour la pointe du Raz, à une heure — ⚠️ le site est payant au stationnement, et il faut vingt-cinq minutes de marche depuis le parking pour atteindre la pointe.

    En savoir plus sur Quimper et la pointe du Raz

    Quimper est la capitale historique de la Cornouaille et une ville de taille moyenne où l'on peut vraiment séjourner : commerces, restaurants et gare, ce que les pointes voisines n'offrent pas. Le centre ancien se tient entre l'Odet et la cathédrale, se traverse à pied en un quart d'heure, et garde un quartier de faïenceries encore en activité à Locmaria, où la production continue depuis 1690.

    La cathédrale Saint-Corentin a une particularité qu'on remarque une fois qu'on la connaît : sa nef est nettement désaxée par rapport au chœur, d'environ six degrés. L'explication tient au terrain marécageux et aux fondations existantes, pas au symbole, contrairement à ce qu'on raconte souvent sur place.

    C'est surtout la base pour la pointe du Raz, à une heure de route. ⚠️ Le site n'est pas payant à l'entrée mais au stationnement, et il faut ensuite vingt-cinq minutes de marche depuis le parking pour atteindre la pointe elle-même — une navette payante existe pour ceux qui ne peuvent pas marcher. Beaucoup de visiteurs découvrent cette distance en arrivant et repartent sans y aller. Prévoir donc deux bonnes heures sur place, un coupe-vent quel que soit le temps annoncé, et de bonnes chaussures : le sentier vers l'extrême pointe est rocheux et glissant.

    À table

    • Crêpes dentelle — inventées à Quimper en 1886 par Marie-Catherine Cornic, fines comme une feuille, à casser sur une glace.
    • Cidre de Cornouaille — l'appellation des vergers autour de Quimper, brut et fruité, en bolée dans toutes les crêperies.
    • Kouign-amann — le gâteau au beurre de Douarnenez, tiède à la sortie du four.
    • Cotriade — la soupe de poissons des pêcheurs de Cornouaille, avec pommes de terre et oignons, dans les ports d'Audierne et de Douarnenez.
    • Langoustines du Guilvinec — débarquées l'après-midi à la criée du premier port de pêche artisanale de France, juste cuites au court-bouillon.
    Durée et coût par style de voyage à Quimper et la pointe du Raz
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 57 € dont 31 € de nuit, 19 € de repas
    Équilibré 2–3 121 € dont 72 € de nuit, 35 € de repas
    Confort + 3–5 233 € dont 148 € de nuit, 60 € de repas

    Que faire à Quimper et la pointe du Raz

    • Cathédrale Saint-Corentin et vieille ville, Quimper et la pointe du Raz, Bretagne
      Cathédrale Saint-Corentin et vieille ville Une cathédrale gothique dont la nef est volontairement désaxée de plusieurs degrés par rapport au chœur, pour contourner un obstacle disparu — l'effet est saisissant depuis le fond. Autour, des rues à pans de bois et deux rivières qui se rejoignent au pied du chevet.
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      Le décrochement se voit d'un coup, en se plaçant au fond de la nef : le chœur part franchement de côté. Il a été bâti le premier, au XIIIᵉ siècle, sur un terrain contraint entre la rivière et l'enceinte ; la nef, achevée bien plus tard, a dû se raccorder à l'existant en s'écartant de l'axe pour éviter des constructions aujourd'hui disparues. Certains y ont vu après coup l'inclinaison de la tête du Christ en croix ; l'explication de terrain est plus vraisemblable, et l'effet, lui, est bien réel.

      Les deux flèches ne sont pas médiévales : elles ont été ajoutées au XIXᵉ siècle, financées par une souscription du diocèse à laquelle chaque foyer était invité à donner quelques sous par an. C'est alors qu'on a replacé, entre les deux tours, la statue équestre du roi Gradlon, souverain légendaire de la ville d'Ys engloutie. Elle est minuscule vue d'en bas et beaucoup de visiteurs ne la remarquent jamais : elle est là, à mi-hauteur, entre les flèches.

      Quimper signifie confluent : le Steir se jette dans l'Odet au pied de la vieille ville. Les rues à pans de bois sont piétonnes, et la rue Kéréon offre en enfilade la vue sur les flèches que tout le monde photographie.

      culture
      Gratuit 2 h 30
    • Faïenceries de Locmaria, Quimper et la pointe du Raz, Bretagne
      Faïenceries de Locmaria Quimper fabrique de la faïence peinte à la main depuis 1690, et c'est la dernière ville de France où la production n'a jamais cessé. Le quartier de Locmaria garde ses ateliers et son église romane, la plus ancienne de Cornouaille.
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      La faïence de Quimper est née d'une rencontre heureuse : un potier venu du Midi s'installe à la fin du XVIIᵉ siècle au bord de l'Odet, où il trouve à la fois l'argile, le bois des forêts alentour et une rivière pour expédier. Des manufactures rivales s'y sont succédé puis fondues, et la production ne s'est jamais interrompue depuis — ce qui n'est le cas d'aucune autre ville faïencière française.

      Le décor se peint à main levée sur l'émail encore cru, poudreux et absorbant. La couleur y pénètre instantanément, comme sur un buvard : impossible de revenir en arrière, impossible d'effacer, chaque trait est définitif. Le peintre travaille sans dessin préalable, à la vitesse acquise en répétant le même motif des milliers de fois, et c'est cette absence de retouche qui fait qu'aucune pièce n'est identique à une autre. Les décors à personnages bretons, ceux que tout le monde reconnaît, datent du XIXᵉ siècle ; des artistes du XXᵉ, dont Mathurin Méheut, ont dessiné pour la manufacture des modèles bien plus modernes.

      Y aller en semaine : le week-end, les ateliers sont vides et l'on ne voit personne peindre. L'église romane de Locmaria, à côté, se visite librement.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Pointe du Raz, Quimper et la pointe du Raz, Bretagne
      Pointe du Raz Soixante-douze mètres de falaise face au raz de Sein, l'un des courants les plus violents d'Europe — « qui voit Sein voit sa fin », disent les marins. ⚠️ Le site a été renaturé après avoir été abîmé par les parkings : on laisse la voiture à un kilomètre et on marche, ce qui est payant en saison.
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      La pointe est un cas d'école de site réparé. Dans les années quatre-vingt, on garait les voitures sur la lande, jusqu'au bord, entre des baraques de souvenirs ; la végétation avait disparu et le sol partait au vent. Tout a été démoli, le sol reconstitué, l'accueil reporté à distance, et la marche rendue obligatoire pour atteindre le bout — ce qui, seul, a permis à la lande de repousser. Le site a été l'un des premiers labellisés Grand Site de France.

      Devant, le raz de Sein est l'un des passages les plus redoutés d'Europe : un plateau rocheux prolonge la pointe sous l'eau sur des kilomètres, les courants forcent entre les cailloux et la houle d'Atlantique s'y déforme. Les phares y sont plantés en pleine mer, dont la Vieille sur son rocher, et Tévennec, dont la réputation d'être invivable a fini par le faire automatiser plus tôt que les autres. La statue de Notre-Dame-des-Naufragés dit assez ce que le lieu représentait pour les familles de marins.

      Une navette existe pour ceux qui ne peuvent pas marcher. Le sentier terminal est étroit, glissant et sans protection : par vent fort, s'en tenir au chemin haut.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Baie des Trépassés et pointe du Van, Quimper et la pointe du Raz, Bretagne
      Baie des Trépassés et pointe du Van Une plage de sable en arc entre deux pointes, ouverte plein ouest sur l'Atlantique, où les corps des naufragés s'échouaient — d'où le nom. La pointe du Van, à côté, est aussi belle que le Raz et presque déserte.
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      Le nom vient probablement d'une méprise. En breton, la baie porte un nom qui désigne le ruisseau et son embouchure, et qui se confond à l'oreille avec celui des âmes en peine. La traduction sinistre s'est imposée, et la légende avec elle : les corps des naufragés du raz que le courant déposerait ici, et le passage des morts embarqués vers l'île de Sein. La confusion s'accorde si bien au lieu que personne ne cherche à la défaire.

      La plage est un arc de sable ouvert plein ouest, fermé par la pointe du Raz au sud et la pointe du Van au nord, avec un marais derrière le cordon de galets. La pointe du Van est l'exacte contrepartie de sa voisine célèbre : mêmes falaises, même horizon, presque personne, et une petite chapelle posée sur la lande au bord du vide, en accès libre. On y arrive sans aménagement, sans boutique et sans navette.

      La baie prend la houle d'Atlantique de plein fouet et le fond descend vite ; la baignade y devient dangereuse dès que la mer se lève, et la surveillance n'est pas permanente. C'est un endroit où l'on regarde la mer plutôt qu'on n'y entre.

      nature
      Gratuit 2 h 30
    • Locronan, Quimper et la pointe du Raz, Bretagne
      Locronan Un village entier de maisons Renaissance en granit autour d'une place sans un seul fil électrique apparent, enrichi par la fabrication des voiles de bateaux. Roman Polanski y a tourné Tess — c'est le décor le plus filmé de Bretagne.
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      La place est en granit du sol aux cheminées, et la même pierre continue dans les rues qui en partent. Ce décor n'a pas été conservé par vertu : Locronan a fabriqué les toiles à voile de la marine royale et de la Compagnie des Indes, s'est enrichie tant que le privilège a duré, puis s'est effondrée quand il a été supprimé et que la concurrence est arrivée. Faute d'argent, on n'a plus rien construit, plus rien démoli, plus rien modernisé pendant deux siècles. La ruine a servi de conservateur.

      L'église Saint-Ronan est prolongée par la chapelle du Pénity, où le gisant du saint, sculpté dans une pierre sombre, repose sur son tombeau. Le nom du village vient de lui. Tous les six ans, la grande Troménie fait le tour d'un vaste périmètre par les collines et les champs, sur le tracé d'un ancien enclos monastique ; les autres années, une procession plus courte reprend le même départ.

      Le village est saturé l'après-midi en saison, et l'on se gare à l'écart, en payant. Y venir tôt le matin ou hors saison change tout : c'est un lieu qui ne supporte pas la foule qu'il attire.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Douarnenez et le port-musée, Quimper et la pointe du Raz, Bretagne
      Douarnenez et le port-musée Trois ports dans une même baie, une flottille de vieux gréements à quai et l'endroit où le kouign-amann a été inventé vers 1860 par un boulanger à court de farine. La conserverie de sardines s'y visite, et la ville sent encore le poisson fumé.
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      Douarnenez a vécu de la sardine et en a payé le prix. Les conserveries employaient des milliers d'ouvrières, les Penn Sardin, appelées à toute heure quand les bateaux rentraient, payées à la tâche et travaillant parfois la nuit entière. À l'hiver 1924, elles se sont mises en grève des semaines durant, en plein froid, et elles ont gagné : c'est l'un des conflits sociaux les plus célèbres de Bretagne. La ville avait déjà élu, quelques années plus tôt, le premier maire communiste de France.

      Le port-musée occupe l'ancien port du Rhu et fait flotter sa collection : on visite les bateaux à quai, on monte à bord, on descend dans les coursives, avant de passer aux salles à terre. C'est un musée où l'on pose les pieds sur des ponts en bois, ce qui n'est pas si courant. Face à lui, l'île Tristan ferme l'estuaire ; elle a servi de repaire à un chef de guerre pendant les troubles de la Ligue, à la fin du XVIᵉ siècle.

      L'île se rejoint à pied par un cordon de galets, mais seulement lors des marées suffisamment basses, et les visites sont organisées à ces heures-là. Elles se réservent, se remplissent vite en saison, et l'horaire n'est jamais le même deux jours de suite.

      marché
      Gratuit 2 h 30

    Où dormir à Quimper et la pointe du Raz

    • Maison de granit avec jardin clos appartement premium 205 € / nuit
    • Hôtel de charme en Cornouaille hotel premium 185 € / nuit
    • Hôtel du centre historique hotel confort 98 € / nuit
    • Dortoir en centre-ville auberge routard 28 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Locronan habitant routard 58 € / nuit
  7. Concarneau et Pont-Aven, Bretagne

    7. Concarneau et Pont-Aven

    Une ville close dans le port, et le village des peintres

    Un port de pêche actif dont la vieille ville est une île fortifiée au milieu du bassin, reliée par une passerelle. Pont-Aven, à quinze minutes, est le village où Gauguin et son école ont peint — le musée y est excellent et le bois d'Amour se marche gratuitement.

    En savoir plus sur Concarneau et Pont-Aven

    Concarneau est d'abord un port de pêche en activité — l'un des premiers de France pour le thon — et cela s'entend au petit matin sur les quais. Sa vieille ville, la Ville close, n'est pas un quartier mais une île fortifiée posée au milieu du bassin, reliée à la terre par une passerelle. Elle fait deux cent cinquante mètres de long : on en fait le tour en vingt minutes, et l'on peut monter sur les remparts.

    ⚠️ Ce format minuscule est aussi sa limite : en juillet et août, la rue principale devient un couloir de boutiques où l'on avance au pas. Tôt le matin ou en fin de journée, elle redevient habitable. Le reste de la ville, autour du port, se visite à pied sans difficulté.

    Pont-Aven, à un quart d'heure, change complètement de registre. C'est le village où Gauguin et l'école qui porte son nom ont peint à la fin du XIXᵉ siècle, attirés par la lumière et par le coût de la vie — le musée y est excellent et récent. Le bois d'Amour, où ils travaillaient, se parcourt gratuitement le long de l'Aven, et les moulins qui ont fait la réputation du village jalonnent la rivière. ⚠️ Le village est très petit et sature autant que Concarneau en plein été ; il se visite bien en fin d'après-midi.

    À table

    • Galettes de Pont-Aven — les biscuits secs au beurre de Traou Mad, fabriqués dans le village depuis 1920.
    • Huîtres plates de Belon — élevées dans la rivière du Bélon à Riec, au goût de noisette, à goûter au bord de l'eau.
    • Thon et sardines en conserve — les boîtes des conserveries de Concarneau, ancien premier port thonier de France, en souvenir ou à l'apéritif.
    • Cotriade — la soupe de poissons du port, servie avec des pommes de terre et du pain grillé dans la Ville close.
    Durée et coût par style de voyage à Concarneau et Pont-Aven
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 56 € dont 30 € de nuit, 19 € de repas
    Équilibré 1–2 117 € dont 70 € de nuit, 34 € de repas
    Confort + 2–3 225 € dont 144 € de nuit, 58 € de repas

    Que faire à Concarneau et Pont-Aven

    • Ville close de Concarneau, Concarneau et Pont-Aven, Bretagne
      Ville close de Concarneau Une ville fortifiée sur un îlot au milieu du port, reliée par deux ponts, dont on fait le tour des remparts en vingt minutes. Concarneau reste l'un des premiers ports de pêche français : les thoniers rentrent vraiment, et la criée fonctionne au petit matin.
      En savoir plus

      La Ville close occupe un îlot au milieu du port, une bande de granit de quelques centaines de pas, reliée à la terre par deux ponts. Les remparts sont médiévaux à la base et ont été repris à la fin du XVIIᵉ siècle par les ingénieurs de Vauban, qui ont abaissé et épaissi les défenses pour l'artillerie. À l'intérieur, une seule rue principale, saturée en journée l'été, et des ruelles latérales presque désertes à cinquante mètres de là.

      Le musée de la Pêche est installé dans l'ancien arsenal, avec un chalutier amarré derrière, qu'on visite de la passerelle à la cale. Concarneau est resté un très grand port thonier, mais ses senneurs travaillent l'océan Indien et l'Atlantique africain et ne rentrent que rarement au port d'attache. La grande fête de la ville, les Filets Bleus, est née en 1905 d'une collecte de secours pour les pêcheurs ruinés par l'effondrement de la sardine — les filets tirent leur nom de la teinture bleue qui les rendait moins visibles dans l'eau.

      L'entrée dans la Ville close est libre ; la montée sur le chemin de ronde se paie en saison. Un passeur traverse le port en barque et évite tout le détour par les quais.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Village de Pont-Aven et bois d'Amour, Concarneau et Pont-Aven, Bretagne
      Village de Pont-Aven et bois d'Amour « Quatorze moulins, quinze maisons » disait le dicton. La rivière Aven dévale entre les rochers en plein bourg, et le bois d'Amour, en amont, est l'endroit exact où Sérusier a peint Le Talisman sous la dictée de Gauguin.
      En savoir plus

      L'Aven n'arrive pas à la mer, elle y dévale. La rivière descend par une série de chaos de granit en plein bourg, et c'est cette énergie qui a fait tourner les moulins dont le dicton se moque. En aval du dernier rocher, la marée remonte : le village est à la fois un torrent et un port, et les bateaux s'échouent dans la vase à mer basse à quelques pas d'une eau douce qui saute sur les pierres.

      Au-dessus du bourg, la chapelle de Trémalo se rejoint par un chemin en montée. Elle est ouverte, gratuite, minuscule, et son toit descend d'un côté presque jusqu'au sol. À l'intérieur est suspendu un christ en bois ancien, dépouillé, les bras presque à l'horizontale : c'est celui que Gauguin a peint dans le Christ jaune, en le transposant dans un champ breton. Le voir en vrai, à un mètre, dans la pénombre et sans personne autour, vaut souvent mieux que la reproduction.

      Le bois d'Amour se parcourt à plat le long de l'eau, et l'on y trouve toujours quelqu'un cherchant l'endroit exact où fut peint le Talisman. Il n'est pas balisé au centimètre — c'est la lumière qu'il faut regarder, pas le sol.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Pointe de Trévignon et plages, Concarneau et Pont-Aven, Bretagne
      Pointe de Trévignon et plages Une pointe basse entre deux plages de sable fin, face à l'archipel des Glénan qu'on aperçoit au large. La côte devient ici franchement méridionale : dunes, pins maritimes et une eau plus claire qu'au nord.
      En savoir plus

      La côte change de caractère ici : on quitte les falaises et le granit du nord pour une côte basse de dunes, de pins maritimes et de sable fin, avec une eau plus claire et une lumière que les peintres de Pont-Aven, tout près, sont venus chercher. Le microclimat de cette portion du sud-Finistère est sensiblement plus doux et plus ensoleillé que celui du nord de la Bretagne.

      La pointe elle-même est basse, avec un port de pêche minuscule, un fort du XVIIIᵉ siècle privé et une vue sur l'archipel des Glénan au large — une dizaine d'îlots de sable blanc entourés d'un lagon d'un turquoise inattendu à cette latitude, qui se rejoignent en vedette depuis Concarneau ou Bénodet.

      ⚠️ Les Glénan abritent une plante endémique, le narcisse des Glénan, qui ne pousse nulle part ailleurs au monde ; une partie de Saint-Nicolas est en réserve naturelle et interdite d'accès. Les plages de part et d'autre de la pointe de Trévignon sont surveillées en saison ; ⚠️ l'eau reste fraîche toute l'année, la mer bretonne dépassant rarement les températures méditerranéennes.

      détente
      Gratuit 3 h
    • Doëlan et les ports de la Laïta, Concarneau et Pont-Aven, Bretagne
      Doëlan et les ports de la Laïta Un port-abri au fond d'une ria étroite, deux phares alignés pour guider les bateaux, et des maisons de pêcheurs qui descendent jusqu'à l'eau. Rien à visiter, rien à payer, et c'est précisément le genre d'endroit qu'on retient.
      En savoir plus

      Doëlan tient dans une entaille étroite de la côte, une ria où les maisons descendent jusqu'à l'eau des deux côtés. Deux phares y sont plantés l'un derrière l'autre, mais pas pour signaler un danger : ce sont des feux d'alignement. Quand un patron rentrant de nuit voit les deux feux superposés, il est dans l'axe du chenal ; s'ils se décalent, il dérive. Tout le port est organisé autour de cette ligne invisible.

      En remontant vers l'est, l'embouchure de la Laïta et le Pouldu ont accueilli, à la fin des années 1880, Gauguin et ses amis quand Pont-Aven leur est devenu trop fréquenté. Ils logeaient dans une auberge dont ils ont couvert la salle à manger de peintures, murs et plafond compris ; le décor a été redécouvert bien plus tard sous les papiers peints, et une reconstitution se visite sur place. En arrière, la forêt de Carnoët porte le souvenir d'un comte breton que la tradition a transformé en Barbe-Bleue.

      Il n'y a rien à visiter à Doëlan, et rien à payer. Les deux rives ne communiquent que par un long détour en voiture : se garer en haut du côté choisi, descendre à pied, et ne pas compter passer de l'une à l'autre en deux minutes.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Musée de Pont-Aven, Concarneau et Pont-Aven, Bretagne
      Musée de Pont-Aven Le musée du village où Gauguin, Sérusier et Bernard ont inventé le synthétisme entre 1886 et 1894 — des aplats de couleur cernés de noir, en rupture avec l'impressionnisme. La visite guidée à 8 € comprend l'entrée et vaut mieux que le parcours libre.
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      Il faut savoir ce qu'on vient voir : les grands Gauguin ne sont pas ici. Ils sont à Paris, à Édimbourg, à New York, dispersés depuis longtemps. Le musée raconte autre chose, et c'est plus intéressant qu'un simple accrochage de chefs-d'œuvre : ce qui s'est passé dans ce village à la fin des années 1880, autour de Gauguin, avec Émile Bernard, Paul Sérusier, Charles Filiger, Meijer de Haan, et la façon dont l'idée a essaimé ensuite.

      L'idée, c'est le synthétisme. On cesse de peindre ce qu'on voit pour peindre ce qu'on retient : des aplats de couleur pure, cernés d'un trait sombre comme un vitrail, la perspective abandonnée, l'ombre supprimée. La rupture est violente pour l'époque, y compris avec les impressionnistes dont ces peintres viennent. Pont-Aven n'a pas été choisi pour son seul pittoresque : on y vivait pour presque rien, une colonie de peintres étrangers y était déjà installée, et les pensions acceptaient parfois d'être payées en toiles.

      Le musée est de taille modeste et son intérêt tient beaucoup à l'exposition temporaire en cours : regarder l'affiche du moment avant de décider du temps qu'on lui consacre.

      culture
      8 € 2 h

    Où dormir à Concarneau et Pont-Aven

    • Maison de pêcheur rénovée appartement premium 200 € / nuit
    • Hôtel de charme sur l'Aven hotel premium 180 € / nuit
    • Hôtel face à la Ville close hotel confort 96 € / nuit
    • Chambre simple près du port auberge routard 27 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Pont-Aven habitant routard 56 € / nuit
  8. Golfe du Morbihan et Carnac, Bretagne

    8. Golfe du Morbihan et Carnac

    Une petite mer intérieure et trois mille menhirs

    Une petite mer intérieure parsemée d'îles, où l'on navigue plus qu'on ne roule, et les alignements de Carnac : près de trois mille menhirs dressés il y a six mille cinq cents ans. ⚠️ Les alignements sont clôturés d'avril à septembre pour protéger la lande — on les visite alors en visite guidée uniquement.

    En savoir plus sur Golfe du Morbihan et Carnac

    Le golfe du Morbihan est une petite mer intérieure d'une quinzaine de kilomètres, reliée à l'océan par un goulet étroit et semée d'une quarantaine d'îles. Cette géographie change la manière de voyager : on y navigue plus qu'on n'y roule, et faire le tour par la route prend une journée pour voir moins de choses qu'une traversée de deux heures en bateau. Les courants dans le goulet sont parmi les plus forts d'Europe.

    Carnac, tout près, porte l'autre raison de venir : près de trois mille menhirs alignés sur quatre kilomètres, dressés entre le Vᵉ et le IIIᵉ millénaire avant notre ère, soit deux mille ans avant les pyramides. ⚠️ Les alignements sont clôturés d'avril à septembre pour laisser la lande se régénérer : on ne circule alors entre les pierres qu'en visite guidée, et l'accès libre n'est possible qu'en basse saison. Depuis les chemins et la route, on voit les rangées sans entrer.

    Vannes ferme le golfe et sert de ville d'appui : remparts, lavoirs et une vieille ville à pans de bois entièrement piétonne. La presqu'île de Quiberon, à l'ouest, oppose deux façades sur quelques centaines de mètres — la côte sauvage battue par l'océan, où la baignade est interdite et dangereuse, et la côte est, abritée et familiale. ⚠️ La route d'accès à Quiberon est saturée en juillet et août ; le train touristique évite l'embouteillage.

    À table

    • Huîtres de Locmariaquer — les plates du golfe, au goût iodé, dans les cabanes ostréicoles du bord de mer.
    • Niniches de Quiberon — les sucettes de caramel au beurre salé de la maison d'Armorine, à Quiberon depuis 1946.
    • Andouille de Guémené — l'andouille roulée en couches de chaudins, fumée, servie froide en tranches ou chaude avec une purée.
    • Caramel au beurre salé — le salidou, en pot ou en bonbon, né à Quiberon dans les années 1970.
    • Far breton — aux pruneaux, dense et froid, à la part dans les boulangeries de Carnac et de Vannes.
    Durée et coût par style de voyage à Golfe du Morbihan et Carnac
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 59 € dont 32 € de nuit, 20 € de repas
    Équilibré 2–3 124 € dont 74 € de nuit, 36 € de repas
    Confort + 3–5 239 € dont 152 € de nuit, 62 € de repas

    Que faire à Golfe du Morbihan et Carnac

    • Tumulus et dolmens de Locmariaquer, Golfe du Morbihan et Carnac, Bretagne
      Tumulus et dolmens de Locmariaquer Le Grand Menhir brisé mesurait vingt mètres et pesait 280 tonnes : la plus lourde pierre jamais dressée par l'homme en Europe, tombée en quatre morceaux. La Table des Marchands, à côté, est un dolmen dont le plafond est un fragment d'un autre menhir gravé.
      En savoir plus

      Le Grand Menhir gît en quatre morceaux dans l'herbe, et il faut marcher le long pour comprendre ce que cela représente : une pierre plus haute qu'un immeuble de six étages, pesant des centaines de tonnes, dans une roche qui n'affleure pas sur place et qu'il a fallu amener de plusieurs kilomètres. Il a probablement été dressé, puis abattu — accidentellement ou volontairement, la question n'est pas tranchée.

      La Table des Marchands, à côté, apporte une réponse partielle et spectaculaire. Sa dalle de couverture est gravée d'un grand bovidé dont une partie manque : le morceau manquant a été retrouvé dans un autre monument, de l'autre côté de l'eau, à Gavrinis, et un troisième fragment appartient au même bloc d'origine. Un immense menhir gravé a donc été brisé, débité, puis réemployé comme simple matériau dans des tombeaux — le signe d'un changement de croyance assez radical pour qu'on démolisse ce que les grands-parents avaient dressé.

      Les trois monuments tiennent dans le même enclos et se voient d'un seul tenant. On entre dans la Table des Marchands par son couloir, en se baissant : c'est le seul endroit du site où l'on se trouve à l'intérieur.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Remparts et vieille ville de Vannes, Golfe du Morbihan et Carnac, Bretagne
      Remparts et vieille ville de Vannes Des remparts du XIIIe siècle bordés de jardins à la française, des lavoirs à toit d'ardoise au pied des murs, et une vieille ville à pans de bois autour de la cathédrale. Le port remonte jusqu'au centre-ville, ce qui n'existe nulle part ailleurs sur le golfe.
      En savoir plus

      Les remparts se regardent d'en bas, depuis les jardins à la française tracés dans l'ancien fossé, avec la ligne des toits d'ardoise des vieux lavoirs au pied du mur. C'est la vue qui a fait la réputation de la ville. À l'intérieur, la cité est étroite, à pans de bois, et l'on trouve à l'angle d'une maison deux bustes de bois polychrome, un homme et une femme joufflus, enseigne du XVIᵉ siècle que tout le monde appelle Vannes et sa femme.

      La ville est née des Vénètes, peuple gaulois de marins dont la flotte a été détruite par César en 56 avant notre ère. Leurs navires, plus hauts et plus solides que les romains, étaient presque imprenables à l'abordage ; les Romains ont fait sectionner à la faux, au bout de longues perches, les cordages qui tenaient leurs vergues, et le calme plat a fait le reste. Bien plus tard, en 1532, ce sont les États de Bretagne réunis à Vannes qui ont scellé l'union du duché à la France.

      Le port remonte jusqu'au pied de la vieille ville par un long chenal, et une porte retient l'eau du bassin quand la mer se retire. La vieille ville est piétonne : on se gare à l'extérieur des remparts.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Tour du golfe par la côte, Golfe du Morbihan et Carnac, Bretagne
      Tour du golfe par la côte Une mer intérieure de vingt kilomètres parsemée d'une quarantaine d'îlots, où le courant des marées peut atteindre huit nœuds dans les passes. La route côtière et le GR 34 en font le tour par Arradon, Larmor-Baden et la pointe de Kerpenhir.
      En savoir plus

      Mor Bihan veut dire petite mer, par opposition à la grande, celle du large. Le golfe est une vallée noyée par la remontée des eaux après la dernière glaciation : ses îles sont d'anciennes collines, ses passes d'anciens lits de rivière. On répète qu'il y aurait autant d'îles que de jours dans l'année — c'est faux, il y en a quelques dizaines, dont deux seulement portent un vrai village, l'île aux Moines et l'île d'Arz.

      Toute cette eau entre et sort par une bouche unique, entre Locmariaquer et Port-Navalo. D'où des courants parmi les plus rapides des côtes françaises, des remous permanents dans les passes, et d'immenses vasières qui découvrent à chaque marée basse, couvertes d'oiseaux et de parcs à huîtres. Sur un îlot du golfe, le cairn de Gavrinis abrite des dalles gravées de spirales et de crosses parmi les plus belles d'Europe ; on n'y accède qu'en bateau, depuis Larmor-Baden, et jamais par mauvais temps.

      La route côtière fait le tour, mais le golfe est un cul-de-sac : passer d'une rive à l'autre par la terre oblige à remonter jusqu'à Vannes. Des passeurs traversent en quelques minutes, en saison seulement — vérifier qu'ils tournent avant de compter dessus.

      nature
      Gratuit 4 h
    • Presqu'île de Quiberon et la côte sauvage, Golfe du Morbihan et Carnac, Bretagne
      Presqu'île de Quiberon et la côte sauvage Une langue de terre de quatorze kilomètres, plage abritée à l'est, falaises déchiquetées et arches battues par l'Atlantique à l'ouest. ⚠️ La baignade est interdite sur la côte sauvage — les rouleaux y sont mortels, et les panneaux ne sont pas décoratifs.
      En savoir plus

      La presqu'île tient à la terre par un fil : l'isthme de Penthièvre se réduit à quelques dizaines de mètres, avec la mer des deux côtés, la route et la voie ferrée serrées entre. À l'ouest, la côte sauvage prend la houle d'Atlantique de plein fouet et la roche y est creusée en arches, en grottes et en cheminées ; à l'est, à quelques kilomètres, on se baigne dans une eau plate. Deux mers pour une même langue de terre.

      Le lieu porte deux mémoires lourdes. En 1795, une armée d'émigrés royalistes débarquée avec l'appui de la flotte anglaise y a été enfermée dans l'isthme et écrasée par Hoche ; des centaines de prisonniers ont été fusillés ensuite du côté d'Auray. Au fort de Penthièvre, en 1944, des dizaines de résistants ont été exécutés par l'occupant ; un mémorial marque l'endroit.

      L'été, la presqu'île se bouche : une seule route, et tout le monde dessus. Un train saisonnier relie Auray à Quiberon et évite l'embouteillage, avec des parkings-relais en amont. Sur la côte sauvage, la baignade est interdite par arrêté et les sauveteurs le rappellent chaque année : le ressac y reprend les gens en quelques secondes, y compris par mer d'apparence calme.

      nature
      Gratuit 3 h 30
    • Marais salants et Saint-Goustan, Golfe du Morbihan et Carnac, Bretagne
      Marais salants et Saint-Goustan Le vieux port d'Auray, ses quais de granit et son pont médiéval, où Benjamin Franklin a débarqué en 1776 pour négocier l'alliance française. Les marais salants de la presqu'île produisent encore un sel récolté à la main.
      En savoir plus

      Saint-Goustan est un port de rivière, en contrebas d'Auray, avec ses quais de granit, son pont de pierre et sa place bordée de maisons à pans de bois. Il a connu un moment d'histoire mondiale en décembre 1776 : Benjamin Franklin, envoyé négocier l'entrée de la France dans la guerre d'indépendance américaine, devait débarquer à Nantes et s'est retrouvé posé ici par les vents contraires. Il a poursuivi sur Paris par la route, et le quai porte son nom.

      Les marais salants du golfe sont petits et discrets, très loin des étendues de Guérande, et plusieurs ont été remis en production après des décennies d'abandon. Le principe n'a pas changé depuis le Moyen Âge : l'eau de mer entre à marée haute, circule par gravité d'un bassin à l'autre en s'évaporant et en se concentrant, jusqu'aux œillets où le sel se dépose et se tire à la main. La récolte demande du soleil et du vent — un été gris ne donne presque rien. D'anciens salants rendus aux oiseaux forment aujourd'hui une réserve où nichent avocettes et échasses.

      Le port de Saint-Goustan s'assèche à marée basse et les bateaux se couchent dans la vase. On se gare en ville haute et l'on descend à pied ; la remontée est raide.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Alignements de Carnac, Golfe du Morbihan et Carnac, Bretagne
      Alignements de Carnac Près de trois mille menhirs dressés sur quatre kilomètres, il y a six mille cinq cents ans, et personne ne sait pourquoi. ⚠️ On n'entre dans les rangées qu'en visite guidée — le piétinement avait déchaussé les pierres. Hors visite, on les longe librement depuis le sentier, ce qui donne déjà l'échelle.
      En savoir plus

      Ce qui frappe n'est pas la taille des pierres — beaucoup arrivent à l'épaule — mais l'entêtement : des files parallèles qui courent sur des kilomètres, dressées une à une par une société sans métal, sans roue et sans écriture. Personne ne sait à quoi elles servaient. Les hypothèses sérieuses vont du marquage territorial au calendrier solaire en passant par un usage processionnel, et aucune ne rend compte de l'ensemble.

      Une partie de ce qu'on voit est une restitution. Beaucoup de menhirs étaient couchés, versés par les siècles ou dérangés par les paysans ; ils ont été relevés à partir du XIXᵉ siècle, parfois en devinant l'emplacement d'origine — d'où la régularité un peu suspecte de certaines rangées. La légende locale, elle, est nette : saint Cornély, poursuivi par une armée romaine, aurait changé les soldats en pierre. Il est le patron de Carnac et celui des bêtes à cornes, qu'on menait bénir devant son église.

      Hors de la haute saison, la mise en défens des champs est généralement levée et l'on circule entre les rangées sans guide. Le reste de l'année, le sentier périphérique suffit à saisir l'échelle, ce que les photographies ne rendent jamais.

      culture
      13 € 2 h 30

    Où dormir à Golfe du Morbihan et Carnac

    • Maison bretonne avec jardin à Carnac appartement premium 220 € / nuit
    • Hôtel avec vue sur le golfe hotel premium 198 € / nuit
    • Hôtel dans la vieille ville de Vannes hotel confort 105 € / nuit
    • Dortoir à Vannes auberge routard 29 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Carnac habitant routard 60 € / nuit

Les trajets entre les étapes

Durées et coûts constatés sur place, par personne et par trajet. C'est ce que personne n'a envie de chercher soi-même.

DeÀModeDuréeCoût / personne
Saint-Malo Dinan et la Rance TER avec changement à Dol 1 h 9 €
Dinan et la Rance Côte de Granit rose Route côtière par Saint-Brieuc 1 h 42 35 €
Côte de Granit rose Baie de Morlaix et Roscoff Route de la côte du Trégor 1 h 22 €
Côte de Granit rose Baie de Morlaix et Roscoff TER par Guingamp 1 h 30 14 €
Baie de Morlaix et Roscoff Presqu'île de Crozon Route par la rade de Brest 1 h 30 32 €
Presqu'île de Crozon Quimper et la pointe du Raz Route par Châteaulin 1 h 22 €
Quimper et la pointe du Raz Concarneau et Pont-Aven Autocar régional BreizhGo 42 min 3 €
Concarneau et Pont-Aven Golfe du Morbihan et Carnac Route côtière par Lorient 1 h 30 30 €
Concarneau et Pont-Aven Golfe du Morbihan et Carnac TER par Quimperlé et Auray 1 h 36 16 €

Quand partir à Bretagne

Températures et jours de pluie moyens, mois par mois. La période conseillée est mai → juin, sept.

Normales mensuelles à Bretagne
Mois janv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.
Température max 9°10°12°14°17°22°23°23°21°18°12°10°
Température min 3°3°5°5°9°12°14°14°13°10°6°4°
Jours de pluie 13 10 13 8 12 12 10 10 13 14 12 14

Source : Open-Meteo, moyennes 2021-2023.

Informations pratiques

Visa et entrée sur le territoire

Aucune formalité : la Bretagne est en France. Carte nationale d'identité ou passeport suffisent.

Ce qui compte ici est ailleurs : les distances trompent. La Bretagne fait 300 km d'est en ouest mais son littoral en développe 2 700 — la route côtière contourne chaque estuaire et chaque abbaye, et 80 km peuvent prendre deux heures. Prévoir large plutôt que d'enchaîner les étapes.

Santé

Rien de particulier. Eau du robinet potable partout.

⚠️ Le soleil brûle plus qu'on ne le croit : le vent de mer masque complètement la sensation de chaleur, et les coups de soleil de bateau ou de plage bretonne sont classiques en juillet.

⚠️ La baignade se fait dans une eau à 16-18 °C en plein été, et les courants de baïne sont réels sur les plages ouvertes du Finistère sud. Se baigner dans les zones surveillées, entre les drapeaux.

Sécurité

Région très sûre. Les deux vrais risques sont la mer et la route.

⚠️ LA MARÉE MONTE PLUS VITE QU'ON NE MARCHE dans la baie du Mont-Saint-Michel et sur les grèves de la côte nord : le flot y progresse par les chenaux et coupe la retraite avant d'atteindre les pieds. On ne traverse jamais un banc de sable sans connaître l'heure de la basse mer, et on ne s'endort pas sur un rocher.

⚠️ Les rochers du littoral sont glissants et les vagues imprévisibles. Par grande marée et mer formée, les digues et les pointes — Pen-Hir, le Raz, le Sillon de Saint-Malo — sont interdites d'accès, et l'interdiction est justifiée : des promeneurs sont emportés chaque hiver.

Sur la route, les axes bretons sont gratuits mais rapides, et le brouillard côtier tombe en quelques minutes.

Monnaie et change

Euro (EUR) — Zone euro — pas de change. Rien à changer.

Moyens de paiement

La carte passe partout. ⚠️ Garder tout de même des pièces : beaucoup de parkings de sentiers côtiers, de cales et de plages ne prennent pas la carte, et les marchés de producteurs restent souvent en espèces.

Rester connecté

Ton forfait français fonctionne normalement. La 4G couvre bien les villes et la côte ; elle faiblit dans les Monts d'Arrée, au fond des abers et sur certaines pointes du Finistère.

Télécharger les cartes hors ligne avant les randonnées du GR 34 : le sentier suit la falaise et le réseau y est capricieux.

Décalage horaire

Aucun

Langues

Français partout. Le breton, langue celtique, est parlé par environ 200 000 personnes, surtout à l'ouest d'une ligne Saint-Brieuc–Vannes, et il est sur tous les panneaux bilingues. Le gallo, langue romane, se parle à l'est.

Les noms de lieux s'expliquent : ker = village, plou = paroisse, penn = tête ou pointe, mor = mer, traezh = plage. Kenavo pour au revoir, trugarez pour merci — dits avec le sourire, ils sont toujours bien reçus.

Bon à savoir

⚠️ VÉRIFIER L'HORAIRE DES MARÉES LA VEILLE, TOUS LES JOURS. C'est la contrainte structurante de ce parcours, et elle ferme des visites : le Fort National et le Grand Bé à Saint-Malo ne s'atteignent qu'à marée basse. Les horaires sont affichés dans tous les offices de tourisme et sur maree.info. Le coefficient, de 20 à 120, dit la force de la marée : au-dessus de 100, les grandes marées découvrent des estrans immenses — et recouvrent les digues.

⚠️ La saison double les prix. Une chambre à Saint-Malo ou à Carnac coûte deux fois plus cher en août qu'en juin, et il faut réserver des mois à l'avance. Mai-juin et septembre offrent la même lumière, une mer aussi froide et des villages vivables.

⚠️ Le stationnement est le coût caché. Les intra-muros de Saint-Malo, Dinan, Concarneau et Vannes sont fermés ou payants, et les parkings de pointes très fréquentées — le Raz, Ploumanac'h, Pen-Hir — sont payants en saison et pleins avant 10 h. Se garer en périphérie et marcher est presque toujours plus rapide.

Les fermetures : musées fermés le lundi ou le mardi selon les villes, restaurants souvent fermés le dimanche soir et le lundi hors saison, et beaucoup de crêperies de bord de mer n'ouvrent qu'à Pâques. En novembre-février, une partie du littoral est simplement fermée.

Le GR 34, l'ancien sentier des douaniers, fait 2 000 km et longe toute la côte. Il est entièrement gratuit et balisé, et c'est la meilleure chose à faire en Bretagne : chaque étape de cette fiche en propose un tronçon.

Informations vérifiées une à une, données à titre indicatif. Les règles d'entrée et les taux de change évoluent : vérifie auprès des sources officielles avant de partir.

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