Bretagne en 7 jours : l'itinéraire jour par jour
901 € par personne sur place pour 7 jours, soit 129 € / jour — en 3 étapes, de Saint-Malo à Golfe du Morbihan et Carnac. En passant par Quimper et la pointe du Raz.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Bretagne
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Trains
Arrivée à gare Saint-Malo — Gare (SML), retour depuis la même gare.
Le trajet depuis chez toi n'est pas compté dans ce budget : il dépend de ta date et de ta gare de départ.
Le parcours, jour par jour
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01. Saint-Malo
J1 → J3 · 3 nuits · 365.75 € par personne
Une ville de corsaires dans ses remparts, et la plus forte marée
Une cité corsaire reconstruite à l'identique après 1944, enfermée dans des remparts qu'on parcourt gratuitement en trente minutes. ⚠️ Les marées y sont les plus fortes d'Europe — jusqu'à quatorze mètres : le Grand Bé et le Fort National ne se rejoignent à pied qu'à marée basse, et l'horaire ne se négocie pas.
En savoir plus sur Saint-Malo
Saint-Malo est en réalité trois villes qu'on confond souvent. Intra-muros, la cité corsaire dans ses remparts, ne fait que quelques hectares et a été reconstruite à l'identique après les bombardements de 1944 — les pierres sont anciennes, les bâtiments ne le sont pas. Autour s'étendent Paramé, Saint-Servan et Rothéneuf, qui portent les plages, les commerces du quotidien et la plupart des hébergements abordables.
Le tour des remparts se fait gratuitement en une trentaine de minutes et donne la mesure de l'ensemble : d'un côté la ville dense, de l'autre la mer et les îlots. Se garer intra-muros est difficile et cher en saison ; les parkings extérieurs et le bus de mer vers Dinard sont la solution courante.
⚠️ Ici, la marée n'est pas un détail mais un horaire. L'amplitude atteint quatorze mètres, la plus forte d'Europe, ce qui découvre et recouvre des kilomètres d'estran deux fois par jour. Le Grand Bé, où repose Chateaubriand, et le Fort National ne se rejoignent à pied qu'à marée basse, par une chaussée qui disparaît complètement ensuite — des visiteurs s'y font piéger chaque année. L'horaire des marées s'affiche partout en ville et se consulte avant de sortir, pas après. Aux grandes marées d'équinoxe, les vagues passent par-dessus la digue du Sillon et l'on vient exprès pour ça.
À table
- Huîtres de Cancale — les creuses et les plates de la baie, ouvertes sur le marché du port de la Houle et mangées sur la digue face au Mont.
- Beurre Bordier — le beurre baratté à la main de la rue de l'Orme, nature, aux algues ou au piment d'Espelette, sur une tranche de pain de seigle.
- Craquelins de Saint-Malo — les galettes soufflées et creuses, à tremper dans le café ou à garnir de beurre.
- Galette-saucisse — la saucisse grillée roulée dans une galette de sarrasin, le sandwich breton des marchés et des stades.
- Moules de bouchot de la baie du Mont-Saint-Michel — petites et charnues, à la marinière dans les restaurants intra-muros.
Jour 1
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Tour complet des remparts Deux kilomètres de chemin de ronde en accès libre, à hauteur des toits d'un côté et de la mer de l'autre. La ville a été détruite à 80 % en août 1944 et reconstruite à l'identique en granit pendant douze ans — ce qu'on voit est faux et parfaitement fidèle, ce qui se sait peu.gratuitmarchéEn savoir plus
L'enceinte a grandi par morceaux. Le premier mur ceint le rocher au Moyen Âge ; il devient trop étroit dès que la course et la pêche à Terre-Neuve enrichissent la ville, et l'on gagne alors sur la mer par agrandissements successifs, aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, sous la conduite de Siméon Garangeau. D'où ce tracé irrégulier, où l'on passe sans prévenir d'une courtine médiévale trapue à un bastion plus bas et plus large, dessiné pour encaisser le canon.
Ce sont les remparts qui ont sauvé la forme de la ville : ils ont tenu quand tout brûlait derrière, et les architectes s'en sont servis comme gabarit. Sur le bastion de la Hollande, la statue de Surcouf tend le bras vers le large ; la tradition locale veut qu'il désigne l'Angleterre, ce qui résume assez bien l'humeur de la ville au temps de la guerre de course.
La promenade se fait d'une traite, sans redescendre, à hauteur des toits d'un côté et au-dessus de l'eau de l'autre. Le sol est en pierre polie par les semelles et devient franchement glissant sous la pluie. On monte par les portes, toutes en escalier : ni poussette ni fauteuil ne passent. La lumière est meilleure en fin de journée, côté ouest, face à Dinard.
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Vieille ville intra-muros Des rues de granit gris entre des maisons d'armateurs à hautes cheminées, la cathédrale Saint-Vincent et ses vitraux modernes posés après les bombardements. Se perdre entre la Grande Porte et la porte Saint-Thomas prend une heure, et c'est libre.gratuitmarchéEn savoir plus
Saint-Malo n'a jamais été une ville de pêcheurs. C'est une ville d'armateurs, qui envoyaient les autres pêcher la morue à Terre-Neuve et courir sus aux navires ennemis avec une lettre de marque en poche — la course était une piraterie légale, encadrée, imposée, dont l'État prenait sa part. Les hôtels de granit à hautes cheminées qui bordent les rues appartenaient à ces familles-là, et leurs maisons de campagne, les malouinières, sont dispersées dans l'arrière-pays.
La ville a poussé l'indépendance jusqu'à s'ériger en république pendant les guerres de Religion : de 1590 à 1594, elle ne reconnaît ni roi ni duc et se gouverne seule. Le dicton local en est resté — ni Français, ni Breton, Malouin. Dans la cathédrale Saint-Vincent, une dalle marque l'endroit où Jacques Cartier a reçu la bénédiction de l'évêque avant de partir pour le Saint-Laurent ; la nef romane et le chœur gothique ont perdu leurs verrières en 1944 et portent depuis des vitraux abstraits, très loin de ce qu'on attend en poussant la porte.
Les rues sont saturées l'après-midi en saison et presque vides au petit matin. C'est le seul moment où l'on entend ses pas sur le pavé.
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Îlot du Grand Bé et tombe de Chateaubriand Chateaubriand a demandé à être enterré face au large, sur un rocher, sous une dalle nue sans nom. ⚠️ Accessible uniquement à marée basse, et il faut être revenu avant que le flot ne recouvre la chaussée — le passage se ferme environ trois heures avant la pleine mer.gratuitcultureEn savoir plus
La dalle est nue : du granit, une croix, pas un nom, pas une date. Chateaubriand a tout réglé lui-même de son vivant, obtenu la concession du rocher auprès de la ville et voulu une tombe tournée vers le large, pour n'y entendre, écrivait-il, que le vent et la mer. Il est mort à Paris en 1848 ; on l'a ramené ici. Le lieu déçoit ceux qui montent sans savoir, parce qu'il n'y a rien d'autre à voir — c'est précisément le programme.
Le rocher porte aussi les vestiges d'un ouvrage militaire, et son voisin le Petit Bé, un peu plus loin, en a conservé un entier, également accessible à pied à basse mer. Depuis le sommet, la ville se découvre par l'arrière, avec le rempart en enfilade et les toits d'ardoise serrés derrière.
La chaussée de sable se ferme bien avant que la mer n'atteigne son plein et ne rouvre que longtemps après : ce n'est pas une marge, c'est une contrainte, et les secours vont chercher chaque année des visiteurs restés en haut à contempler la vue. Les rochers de l'approche sont couverts d'algues et glissent. Et l'on marche sur une tombe, pas sur un belvédère.
Jour 2
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Plage du Sillon et la digue Trois kilomètres de sable plantés de brise-lames en troncs de chêne, alignés depuis le XVIIIe siècle pour casser la houle. Par grande marée et vent d'ouest, les vagues passent par-dessus la digue et l'accès est fermé — c'est le spectacle qui fait le tour des réseaux chaque hiver.gratuitdétenteEn savoir plus
Le Sillon est le cordon de sable qui relie la cité corsaire au continent — Saint-Malo intra-muros était une île, et c'est cette langue naturelle, consolidée au fil des siècles, qui l'a rattachée. Les troncs de chêne plantés en rangs serrés dans le sable sont des brise-lames, installés depuis le XVIIIᵉ siècle et régulièrement remplacés : ils cassent l'énergie de la houle avant qu'elle n'atteigne la digue.
L'amplitude des marées atteint ici une quinzaine de mètres, la plus forte d'Europe, ce qui transforme complètement la plage deux fois par jour : à marée basse, l'estran découvre sur des centaines de mètres ; à marée haute de fort coefficient, il n'y a plus de plage du tout.
⚠️ Lors des grandes marées d'équinoxe combinées à un vent d'ouest, les vagues passent par-dessus la digue et l'accès est fermé par arrêté municipal, avec des barrières et parfois des voitures déplacées. Le spectacle attire du monde et fait le tour des réseaux chaque hiver — mais des blessés sont à déplorer chaque année parmi ceux qui s'approchent trop. On regarde depuis les zones autorisées, et l'on ne franchit jamais une barrière.
Jour 3
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Fort National Un fort de Vauban sur un îlot rocheux, atteint à pied sur le sable. ⚠️ Il n'ouvre qu'à marée basse, et seulement quand le drapeau français est hissé : c'est le meilleur exemple de ce que la marée commande ici. Vérifier l'horaire la veille, sinon la visite n'existe pas ce jour-là.5 €cultureEn savoir plus
Le fort tient sur un rocher isolé à quelques centaines de mètres des remparts. Il a été bâti en 1689 sur les plans de Vauban par Siméon Garangeau, l'ingénieur qui a aussi dessiné les fortifications de la ville : une enceinte basse, une plate-forme d'artillerie et un puits creusé dans le granit, l'essentiel du dispositif tenant dans le tir croisé avec le Petit Bé et la Conchée. Il a changé trois fois de nom au gré des régimes — Royal, Impérial, National.
Il a servi une dernière fois en août 1944, mais pas comme ouvrage militaire : la garnison allemande y a enfermé plusieurs centaines de Malouins pendant le siège, sans eau ni vivres, sous les obus alliés qui tombaient sur la ville en flammes. C'est la partie de la visite qu'on n'attendait pas en montant.
La règle d'accès est sans appel : on traverse à pied depuis la plage de l'Éventail à marée descendante, et le fort n'ouvre que si le drapeau flotte au mât. Le jour où la mer ne se retire pas assez, il n'y a pas de visite du tout. Vérifier la veille, et prévoir des chaussures qui tiennent sur les rochers couverts d'algues.
59 € hébergement · 38 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel intra-muros, 118 € la nuit.
- Saint-Malo → Quimper et la pointe du Raz — mixte, via Dinan et la Rance, Côte de Granit rose, Baie de Morlaix et Roscoff et Presqu'île de Crozon, 6 h 12, 65 € par personne.
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02. Quimper et la pointe du Raz
J4 → J5 · 2 nuits · 215 € par personne
La capitale de la Cornouaille, et le bout du monde
La capitale de la Cornouaille, avec une cathédrale à la nef volontairement désaxée et un quartier de faïenceries encore en activité. C'est la base pour la pointe du Raz, à une heure — ⚠️ le site est payant au stationnement, et il faut vingt-cinq minutes de marche depuis le parking pour atteindre la pointe.
En savoir plus sur Quimper et la pointe du Raz
Quimper est la capitale historique de la Cornouaille et une ville de taille moyenne où l'on peut vraiment séjourner : commerces, restaurants et gare, ce que les pointes voisines n'offrent pas. Le centre ancien se tient entre l'Odet et la cathédrale, se traverse à pied en un quart d'heure, et garde un quartier de faïenceries encore en activité à Locmaria, où la production continue depuis 1690.
La cathédrale Saint-Corentin a une particularité qu'on remarque une fois qu'on la connaît : sa nef est nettement désaxée par rapport au chœur, d'environ six degrés. L'explication tient au terrain marécageux et aux fondations existantes, pas au symbole, contrairement à ce qu'on raconte souvent sur place.
C'est surtout la base pour la pointe du Raz, à une heure de route. ⚠️ Le site n'est pas payant à l'entrée mais au stationnement, et il faut ensuite vingt-cinq minutes de marche depuis le parking pour atteindre la pointe elle-même — une navette payante existe pour ceux qui ne peuvent pas marcher. Beaucoup de visiteurs découvrent cette distance en arrivant et repartent sans y aller. Prévoir donc deux bonnes heures sur place, un coupe-vent quel que soit le temps annoncé, et de bonnes chaussures : le sentier vers l'extrême pointe est rocheux et glissant.
À table
- Crêpes dentelle — inventées à Quimper en 1886 par Marie-Catherine Cornic, fines comme une feuille, à casser sur une glace.
- Cidre de Cornouaille — l'appellation des vergers autour de Quimper, brut et fruité, en bolée dans toutes les crêperies.
- Kouign-amann — le gâteau au beurre de Douarnenez, tiède à la sortie du four.
- Cotriade — la soupe de poissons des pêcheurs de Cornouaille, avec pommes de terre et oignons, dans les ports d'Audierne et de Douarnenez.
- Langoustines du Guilvinec — débarquées l'après-midi à la criée du premier port de pêche artisanale de France, juste cuites au court-bouillon.
Jour 4
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Pointe du Raz Soixante-douze mètres de falaise face au raz de Sein, l'un des courants les plus violents d'Europe — « qui voit Sein voit sa fin », disent les marins. ⚠️ Le site a été renaturé après avoir été abîmé par les parkings : on laisse la voiture à un kilomètre et on marche, ce qui est payant en saison.gratuitnatureEn savoir plus
La pointe est un cas d'école de site réparé. Dans les années quatre-vingt, on garait les voitures sur la lande, jusqu'au bord, entre des baraques de souvenirs ; la végétation avait disparu et le sol partait au vent. Tout a été démoli, le sol reconstitué, l'accueil reporté à distance, et la marche rendue obligatoire pour atteindre le bout — ce qui, seul, a permis à la lande de repousser. Le site a été l'un des premiers labellisés Grand Site de France.
Devant, le raz de Sein est l'un des passages les plus redoutés d'Europe : un plateau rocheux prolonge la pointe sous l'eau sur des kilomètres, les courants forcent entre les cailloux et la houle d'Atlantique s'y déforme. Les phares y sont plantés en pleine mer, dont la Vieille sur son rocher, et Tévennec, dont la réputation d'être invivable a fini par le faire automatiser plus tôt que les autres. La statue de Notre-Dame-des-Naufragés dit assez ce que le lieu représentait pour les familles de marins.
Une navette existe pour ceux qui ne peuvent pas marcher. Le sentier terminal est étroit, glissant et sans protection : par vent fort, s'en tenir au chemin haut.
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Locronan Un village entier de maisons Renaissance en granit autour d'une place sans un seul fil électrique apparent, enrichi par la fabrication des voiles de bateaux. Roman Polanski y a tourné Tess — c'est le décor le plus filmé de Bretagne.gratuitcultureEn savoir plus
La place est en granit du sol aux cheminées, et la même pierre continue dans les rues qui en partent. Ce décor n'a pas été conservé par vertu : Locronan a fabriqué les toiles à voile de la marine royale et de la Compagnie des Indes, s'est enrichie tant que le privilège a duré, puis s'est effondrée quand il a été supprimé et que la concurrence est arrivée. Faute d'argent, on n'a plus rien construit, plus rien démoli, plus rien modernisé pendant deux siècles. La ruine a servi de conservateur.
L'église Saint-Ronan est prolongée par la chapelle du Pénity, où le gisant du saint, sculpté dans une pierre sombre, repose sur son tombeau. Le nom du village vient de lui. Tous les six ans, la grande Troménie fait le tour d'un vaste périmètre par les collines et les champs, sur le tracé d'un ancien enclos monastique ; les autres années, une procession plus courte reprend le même départ.
Le village est saturé l'après-midi en saison, et l'on se gare à l'écart, en payant. Y venir tôt le matin ou hors saison change tout : c'est un lieu qui ne supporte pas la foule qu'il attire.
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Cathédrale Saint-Corentin et vieille ville Une cathédrale gothique dont la nef est volontairement désaxée de plusieurs degrés par rapport au chœur, pour contourner un obstacle disparu — l'effet est saisissant depuis le fond. Autour, des rues à pans de bois et deux rivières qui se rejoignent au pied du chevet.gratuitcultureEn savoir plus
Le décrochement se voit d'un coup, en se plaçant au fond de la nef : le chœur part franchement de côté. Il a été bâti le premier, au XIIIᵉ siècle, sur un terrain contraint entre la rivière et l'enceinte ; la nef, achevée bien plus tard, a dû se raccorder à l'existant en s'écartant de l'axe pour éviter des constructions aujourd'hui disparues. Certains y ont vu après coup l'inclinaison de la tête du Christ en croix ; l'explication de terrain est plus vraisemblable, et l'effet, lui, est bien réel.
Les deux flèches ne sont pas médiévales : elles ont été ajoutées au XIXᵉ siècle, financées par une souscription du diocèse à laquelle chaque foyer était invité à donner quelques sous par an. C'est alors qu'on a replacé, entre les deux tours, la statue équestre du roi Gradlon, souverain légendaire de la ville d'Ys engloutie. Elle est minuscule vue d'en bas et beaucoup de visiteurs ne la remarquent jamais : elle est là, à mi-hauteur, entre les flèches.
Quimper signifie confluent : le Steir se jette dans l'Odet au pied de la vieille ville. Les rues à pans de bois sont piétonnes, et la rue Kéréon offre en enfilade la vue sur les flèches que tout le monde photographie.
Jour 5
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Faïenceries de Locmaria Quimper fabrique de la faïence peinte à la main depuis 1690, et c'est la dernière ville de France où la production n'a jamais cessé. Le quartier de Locmaria garde ses ateliers et son église romane, la plus ancienne de Cornouaille.gratuitcultureEn savoir plus
La faïence de Quimper est née d'une rencontre heureuse : un potier venu du Midi s'installe à la fin du XVIIᵉ siècle au bord de l'Odet, où il trouve à la fois l'argile, le bois des forêts alentour et une rivière pour expédier. Des manufactures rivales s'y sont succédé puis fondues, et la production ne s'est jamais interrompue depuis — ce qui n'est le cas d'aucune autre ville faïencière française.
Le décor se peint à main levée sur l'émail encore cru, poudreux et absorbant. La couleur y pénètre instantanément, comme sur un buvard : impossible de revenir en arrière, impossible d'effacer, chaque trait est définitif. Le peintre travaille sans dessin préalable, à la vitesse acquise en répétant le même motif des milliers de fois, et c'est cette absence de retouche qui fait qu'aucune pièce n'est identique à une autre. Les décors à personnages bretons, ceux que tout le monde reconnaît, datent du XIXᵉ siècle ; des artistes du XXᵉ, dont Mathurin Méheut, ont dessiné pour la manufacture des modèles bien plus modernes.
Y aller en semaine : le week-end, les ateliers sont vides et l'on ne voit personne peindre. L'église romane de Locmaria, à côté, se visite librement.
49 € hébergement · 35 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre historique, 98 € la nuit.
Voir les hébergements à Quimper et la pointe du Razlien affilié
- Quimper et la pointe du Raz → Golfe du Morbihan et Carnac — mixte, via Concarneau et Pont-Aven, 2 h 12, 18 € par personne.
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03. Golfe du Morbihan et Carnac
J6 → J7 · 2 nuits · 238 € par personne
Une petite mer intérieure et trois mille menhirs
Une petite mer intérieure parsemée d'îles, où l'on navigue plus qu'on ne roule, et les alignements de Carnac : près de trois mille menhirs dressés il y a six mille cinq cents ans. ⚠️ Les alignements sont clôturés d'avril à septembre pour protéger la lande — on les visite alors en visite guidée uniquement.
En savoir plus sur Golfe du Morbihan et Carnac
Le golfe du Morbihan est une petite mer intérieure d'une quinzaine de kilomètres, reliée à l'océan par un goulet étroit et semée d'une quarantaine d'îles. Cette géographie change la manière de voyager : on y navigue plus qu'on n'y roule, et faire le tour par la route prend une journée pour voir moins de choses qu'une traversée de deux heures en bateau. Les courants dans le goulet sont parmi les plus forts d'Europe.
Carnac, tout près, porte l'autre raison de venir : près de trois mille menhirs alignés sur quatre kilomètres, dressés entre le Vᵉ et le IIIᵉ millénaire avant notre ère, soit deux mille ans avant les pyramides. ⚠️ Les alignements sont clôturés d'avril à septembre pour laisser la lande se régénérer : on ne circule alors entre les pierres qu'en visite guidée, et l'accès libre n'est possible qu'en basse saison. Depuis les chemins et la route, on voit les rangées sans entrer.
Vannes ferme le golfe et sert de ville d'appui : remparts, lavoirs et une vieille ville à pans de bois entièrement piétonne. La presqu'île de Quiberon, à l'ouest, oppose deux façades sur quelques centaines de mètres — la côte sauvage battue par l'océan, où la baignade est interdite et dangereuse, et la côte est, abritée et familiale. ⚠️ La route d'accès à Quiberon est saturée en juillet et août ; le train touristique évite l'embouteillage.
À table
- Huîtres de Locmariaquer — les plates du golfe, au goût iodé, dans les cabanes ostréicoles du bord de mer.
- Niniches de Quiberon — les sucettes de caramel au beurre salé de la maison d'Armorine, à Quiberon depuis 1946.
- Andouille de Guémené — l'andouille roulée en couches de chaudins, fumée, servie froide en tranches ou chaude avec une purée.
- Caramel au beurre salé — le salidou, en pot ou en bonbon, né à Quiberon dans les années 1970.
- Far breton — aux pruneaux, dense et froid, à la part dans les boulangeries de Carnac et de Vannes.
Jour 6
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Alignements de Carnac Près de trois mille menhirs dressés sur quatre kilomètres, il y a six mille cinq cents ans, et personne ne sait pourquoi. ⚠️ On n'entre dans les rangées qu'en visite guidée — le piétinement avait déchaussé les pierres. Hors visite, on les longe librement depuis le sentier, ce qui donne déjà l'échelle.13 €cultureEn savoir plus
Ce qui frappe n'est pas la taille des pierres — beaucoup arrivent à l'épaule — mais l'entêtement : des files parallèles qui courent sur des kilomètres, dressées une à une par une société sans métal, sans roue et sans écriture. Personne ne sait à quoi elles servaient. Les hypothèses sérieuses vont du marquage territorial au calendrier solaire en passant par un usage processionnel, et aucune ne rend compte de l'ensemble.
Une partie de ce qu'on voit est une restitution. Beaucoup de menhirs étaient couchés, versés par les siècles ou dérangés par les paysans ; ils ont été relevés à partir du XIXᵉ siècle, parfois en devinant l'emplacement d'origine — d'où la régularité un peu suspecte de certaines rangées. La légende locale, elle, est nette : saint Cornély, poursuivi par une armée romaine, aurait changé les soldats en pierre. Il est le patron de Carnac et celui des bêtes à cornes, qu'on menait bénir devant son église.
Hors de la haute saison, la mise en défens des champs est généralement levée et l'on circule entre les rangées sans guide. Le reste de l'année, le sentier périphérique suffit à saisir l'échelle, ce que les photographies ne rendent jamais.
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Tumulus et dolmens de Locmariaquer Le Grand Menhir brisé mesurait vingt mètres et pesait 280 tonnes : la plus lourde pierre jamais dressée par l'homme en Europe, tombée en quatre morceaux. La Table des Marchands, à côté, est un dolmen dont le plafond est un fragment d'un autre menhir gravé.gratuitcultureEn savoir plus
Le Grand Menhir gît en quatre morceaux dans l'herbe, et il faut marcher le long pour comprendre ce que cela représente : une pierre plus haute qu'un immeuble de six étages, pesant des centaines de tonnes, dans une roche qui n'affleure pas sur place et qu'il a fallu amener de plusieurs kilomètres. Il a probablement été dressé, puis abattu — accidentellement ou volontairement, la question n'est pas tranchée.
La Table des Marchands, à côté, apporte une réponse partielle et spectaculaire. Sa dalle de couverture est gravée d'un grand bovidé dont une partie manque : le morceau manquant a été retrouvé dans un autre monument, de l'autre côté de l'eau, à Gavrinis, et un troisième fragment appartient au même bloc d'origine. Un immense menhir gravé a donc été brisé, débité, puis réemployé comme simple matériau dans des tombeaux — le signe d'un changement de croyance assez radical pour qu'on démolisse ce que les grands-parents avaient dressé.
Les trois monuments tiennent dans le même enclos et se voient d'un seul tenant. On entre dans la Table des Marchands par son couloir, en se baissant : c'est le seul endroit du site où l'on se trouve à l'intérieur.
Jour 7
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Remparts et vieille ville de Vannes Des remparts du XIIIe siècle bordés de jardins à la française, des lavoirs à toit d'ardoise au pied des murs, et une vieille ville à pans de bois autour de la cathédrale. Le port remonte jusqu'au centre-ville, ce qui n'existe nulle part ailleurs sur le golfe.gratuitmarchéEn savoir plus
Les remparts se regardent d'en bas, depuis les jardins à la française tracés dans l'ancien fossé, avec la ligne des toits d'ardoise des vieux lavoirs au pied du mur. C'est la vue qui a fait la réputation de la ville. À l'intérieur, la cité est étroite, à pans de bois, et l'on trouve à l'angle d'une maison deux bustes de bois polychrome, un homme et une femme joufflus, enseigne du XVIᵉ siècle que tout le monde appelle Vannes et sa femme.
La ville est née des Vénètes, peuple gaulois de marins dont la flotte a été détruite par César en 56 avant notre ère. Leurs navires, plus hauts et plus solides que les romains, étaient presque imprenables à l'abordage ; les Romains ont fait sectionner à la faux, au bout de longues perches, les cordages qui tenaient leurs vergues, et le calme plat a fait le reste. Bien plus tard, en 1532, ce sont les États de Bretagne réunis à Vannes qui ont scellé l'union du duché à la France.
Le port remonte jusqu'au pied de la vieille ville par un long chenal, et une porte retient l'eau du bassin quand la mer se retire. La vieille ville est piétonne : on se gare à l'extérieur des remparts.
53 € hébergement · 36 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans la vieille ville de Vannes, 105 € la nuit.
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Le budget de ces 7 jours
901 € par personne pour 7 jours, soit 129 € / jour. À deux, 1 803 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 381 € | 42 % |
| Repas | 256 € | 28 % |
| Transport sur place | 24 € | 3 % |
| Location de voiture — 7 jours | 140 € | 16 % |
| Carburant et péages | 83 € | 9 % |
| Activités | 18 € | 2 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Le trajet pour venir n'est pas compris — il dépend de ta gare de départ.
Le PDF
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- La carte du parcours, avec ses 3 étapes
- Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
- Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
- Le budget ventilé, par poste et par étape
- Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
- Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur
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