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Cambodge en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

780 € par personne sur place pour 14 jours, soit 56 € / jour — en 8 étapes, de Siem Reap et Angkor à Battambang. En passant par Koh Ker et le nord, Kratié et le Mékong, Mondolkiri, Phnom Penh, Kampot, puis Kep.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Cambodge

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Siem Reap — Angkor International (SAI), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Siem Reap et Angkor, Cambodge

    01. Siem Reap et Angkor

    J1 → J4 · 4 nuits · 234 € par personne

    Quatre cents kilomètres carrés de temples dans la forêt

    La ville n'est qu'une base : le site d'Angkor couvre quatre cents kilomètres carrés et compte des dizaines de temples dispersés dans la forêt. ⚠️ Le pass se prend pour un, trois ou sept jours et se contrôle à chaque temple. On circule en tuk-tuk à la journée ou à vélo ; à pied, on ne voit rien.

    En savoir plus sur Siem Reap et Angkor

    Siem Reap n'a d'intérêt que comme base : c'est une ville de services née du tourisme, avec ses hôtels, ses restaurants et son marché de nuit, à une dizaine de kilomètres de ce qu'on vient voir. Le site archéologique d'Angkor, lui, couvre quatre cents kilomètres carrés — l'équivalent de quatre fois Paris — et compte des dizaines de temples dispersés dans la forêt, parfois séparés de vingt ou trente kilomètres.

    ⚠️ On ne visite donc pas Angkor à pied. La formule courante est le tuk-tuk à la journée, avec un chauffeur qui attend pendant les visites et connaît les circuits ; le vélo est possible sur le petit circuit, mais la chaleur et les distances le réservent aux journées fraîches. Le pass s'achète pour un, trois ou sept jours dans un centre dédié à l'écart, il est nominatif avec photo, et il est contrôlé à l'entrée de chaque temple — le perdre revient à le racheter.

    La chaleur commande le rythme. On part avant le lever du jour, on visite jusqu'à dix ou onze heures, on rentre à l'hôtel pendant les heures les plus dures et l'on ressort vers seize heures. Une tenue couvrant les épaules et les genoux est exigée dans plusieurs temples, notamment pour monter au troisième niveau d'Angkor Vat. ⚠️ Trois jours sont un minimum honnête : en une journée on ne voit que les trois temples que tout le monde voit, aux heures où tout le monde y est.

    À table

    • Amok trey — le poisson d'eau douce dans une mousse de lait de coco et de kroeung, cuit à la vapeur dans une feuille de bananier, le plat national.
    • Lok lak — le bœuf sauté servi sur des tomates et de la laitue, avec une sauce au poivre de Kampot et au citron vert pour tremper.
    • Num banh chok — les nouilles de riz fraîches sous une sauce verte au poisson et aux herbes, vendues au petit matin par les marchandes ambulantes.
    • Bai sach chrouk — le porc mariné grillé au charbon sur du riz cassé, avec des légumes en saumure, le petit-déjeuner des Khmers.
    • Prahok — la pâte de poisson fermenté qui parfume toute la cuisine, à goûter en prahok ktis, mijoté avec du porc et du lait de coco.

    Jour 1

    • Angkor Thom et les visages du Bayon, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Angkor Thom et les visages du Bayon Une ville fortifiée de neuf kilomètres carrés, et en son centre le Bayon et ses deux cent seize visages de pierre qui sourient dans toutes les directions. Personne ne sait avec certitude s'il s'agit du bodhisattva Avalokiteśvara ou du roi Jayavarman VII — probablement des deux à la fois.
      En savoir plus

      On y entre par une chaussée bordée de deux files de géants de pierre, cinquante-quatre d'un côté, cinquante-quatre de l'autre, qui tirent sur le corps d'un serpent : le barattage de la mer de lait transformé en pont. La porte sud est la mieux conservée et c'est par elle qu'il faut entrer.

      La galerie extérieure du Bayon ne raconte pas les dieux mais les vivants. On y voit un marché, un combat de coqs, une femme qui accouche, des joueurs penchés sur un plateau, et surtout la bataille navale contre les Chams : sous les barques, le sculpteur a mis les poissons, et les crocodiles qui emportent les noyés. Rien d'équivalent ailleurs dans l'art khmer, où les rois faisaient graver leurs dieux et leurs victoires, jamais la vie ordinaire de leurs sujets.

      Les visages ne se donnent qu'à la lumière rasante : au zénith, le soleil vertical écrase le relief et ils s'effacent. Dans la même enceinte, la terrasse des Éléphants et le Baphuon valent le détour — de ce dernier, les archéologues avaient numéroté trois cent mille blocs démontés avant que la guerre ne fasse disparaître les plans de remontage. Il a fallu tout recommencer sans notice ; le temple n'a rouvert qu'en 2011.

      culture
      gratuit
    • Phnom Kulen et la rivière aux mille lingas, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Phnom Kulen et la rivière aux mille lingas La montagne sacrée où l'empire khmer a été fondé en 802, avec une cascade, un bouddha couché taillé dans un rocher et un lit de rivière entièrement sculpté de lingas sous quelques centimètres d'eau. ⚠️ Billet séparé de 20 $ : le pass d'Angkor n'y donne pas accès.
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      C'est le berceau de l'empire, et pas seulement en paroles : en 802, Jayavarman II s'y est fait proclamer souverain universel, geste fondateur qui a détaché le pays de la tutelle javanaise. La ville qu'il avait bâtie au sommet, Mahendraparvata, a été retrouvée sous la forêt en 2012 grâce à un relevé laser aéroporté, qui a fait apparaître son plan complet, ses axes et ses réservoirs sous la canopée.

      Le lit de la rivière est sculpté sur des dizaines de mètres de lingas alignés et de divinités couchées sous quelques centimètres d'eau. Ce n'est pas de l'ornement : l'eau devait se charger de sacré en passant dessus avant de descendre irriguer la plaine d'Angkor. Les carrières de grès qui ont fourni la pierre des grands temples sont sur ce même massif.

      Le lieu reste un pèlerinage cambodgien avant d'être une visite : le week-end, les familles y montent pique-niquer et se recueillir devant le bouddha couché taillé dans un rocher, où l'on entre pieds nus et épaules couvertes. La route de montée est étroite et la circulation y est réglée dans un seul sens selon le moment de la journée — on ne redescend pas quand on veut.

      nature
      18 €

    Jour 2

    • Ta Prohm sous les fromagers, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Ta Prohm sous les fromagers Le temple laissé délibérément dans l'état où on l'a trouvé, avec les racines de fromagers qui descendent sur les murs et les soulèvent. Une inscription d'origine indique qu'il employait 12 640 personnes. Il faut y aller à l'ouverture : à 9 h, la file pour la photo fait vingt minutes.
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      Jayavarman VII l'a fondé en 1186 pour sa mère, sous le nom de Rajavihara. Ce n'était pas seulement un temple mais un monastère et une ville, dont la stèle de fondation détaille encore le personnel, les revenus et jusqu'à l'inventaire de la vaisselle d'or.

      Les grands troncs pâles qui coulent sur les murs relèvent de deux espèces, et la décision de les garder n'a rien de romantique : leurs racines ont disjoint les pierres, mais elles les tiennent aussi, et abattre l'arbre ferait tomber le mur avec lui. Les restaurateurs consolident donc autour, arbre compris. Quand l'un d'eux s'effondre lors d'une tempête, il emporte toujours une galerie — c'est arrivé plusieurs fois, et c'est pour cela que certains passages sont barrés d'une saison à l'autre.

      La célébrité du lieu doit beaucoup au tournage de Tomb Raider en 2001 : la porte envahie de racines devant laquelle tout le monde pose vient de là. Le site se parcourt en sens unique, et il n'existe aucune ruse pour éviter la file devant les deux ou trois arbres photogéniques — seulement l'heure d'ouverture, ou la toute fin de journée.

      culture
      gratuit
    • Banteay Srei, la citadelle des femmes, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Banteay Srei, la citadelle des femmes Un temple miniature en grès rose, à 35 km, dont les sculptures sont si fines et si profondes qu'on les a longtemps crues impossibles à réaliser par des hommes. C'est le plus beau travail de pierre d'Angkor, et le grès rougit franchement en fin d'après-midi.
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      Consacré en 967, il n'est pas une fondation royale : son commanditaire était Yajnavaraha, brahmane et précepteur du roi. Cela se voit à l'échelle — les portes sont basses, les tours dépassent à peine la taille d'un homme debout, et l'ensemble tiendrait dans la cour d'un temple d'Angkor. Le grès rose y est assez dur pour être creusé en profondeur : les frontons ne sont pas gravés, ils sont sculptés presque en ronde-bosse, avec des scènes entières du Ramayana lisibles à l'œil nu.

      En 1923, un jeune Français est venu en démonter quatre statues de divinités à la scie et les a emportées vers la Thaïlande. Arrêté à Phnom Penh et condamné, il s'appelait André Malraux, et il a tiré de l'aventure son roman La Voie royale. L'affaire a contribué à faire protéger les temples.

      Le site est éloigné et minuscule : les autocars s'y succèdent en milieu de journée et la cour intérieure sature vite. En fin d'après-midi, la lumière fait franchement rougir le grès et il reste peu de monde. Les sanctuaires sont clôturés, on regarde les sculptures depuis l'allée.

      culture
      gratuit
    • Angkor Vat au lever du jour, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Angkor Vat au lever du jour Le plus grand édifice religieux du monde, bâti en trente-sept ans au XIIe siècle et jamais abandonné depuis — c'est ce qui l'a sauvé. ⚠️ Le prix est celui du pass 3 jours à 62 $, qui couvre l'ensemble du parc : les autres temples de cette liste sont donc à zéro, pas parce qu'ils sont gratuits mais parce qu'ils sont déjà payés.
      En savoir plus

      Suryavarman II l'a fait bâtir dans la première moitié du XIIe siècle et l'a dédié à Vishnou, alors que presque tous les grands temples khmers l'avaient été à Shiva. Autre singularité : il regarde vers l'ouest, quand l'usage voulait l'est. Le tour de la galerie basse déroule près de huit cents mètres de bas-reliefs continus, dont le barattage de la mer de lait, où dieux et démons tirent sur un serpent géant pour faire tourner une montagne et extraire l'élixir d'immortalité.

      S'il est le seul grand temple d'Angkor à n'avoir jamais été perdu, c'est que des moines bouddhistes n'ont jamais cessé de l'occuper après la fin du culte hindou. On croise donc encore des statues du Bouddha drapées de safran dans des galeries construites pour Vishnou, et des Cambodgiens qui viennent y prier, pas le visiter. Il figure sur le drapeau national, ce qu'aucun autre monument au monde n'obtient.

      Au lever du jour, la foule se masse devant le bassin nord, à gauche de la chaussée ; celui de droite est presque toujours plus tranquille pour un reflet équivalent. La terrasse supérieure, le Bakan, exige épaules et genoux couverts et ferme les jours de fête bouddhique.

      culture
      12 €

    Jour 3

    • Preah Khan et Neak Pean, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Preah Khan et Neak Pean Preah Khan est un temple-monastère de sept cents mètres de long, en enfilade de portes de plus en plus basses, encore à demi effondré. Neak Pean, à côté, est un hôpital royal : cinq bassins où l'on venait rééquilibrer les éléments — eau, terre, feu, vent.
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      Preah Khan a été dédié en 1191 par Jayavarman VII à son père. C'était une ville autant qu'un temple, avec des milliers de desservants et une école. L'axe principal enfile des portes dont la hauteur diminue à mesure qu'on avance vers le sanctuaire : on finit courbé, ce qui était exactement le propos. Dans la cour est se dresse un bâtiment à deux niveaux porté par des colonnes rondes, une forme qui n'existe nulle part ailleurs dans l'architecture khmère et dont personne ne sait à quoi elle servait.

      Neak Pean tient en un bassin carré, au centre duquel une île ronde est ceinte par deux serpents dont les queues s'entrelacent — d'où son nom. Il figure l'Anavatapta, lac mythique de l'Himalaya dont les eaux guérissent. Quatre chapelles s'ouvrent sur les bassins voisins par des gargouilles en forme de tête humaine, de lion, de cheval et d'éléphant : l'eau du centre passait par l'une ou l'autre selon le mal à traiter.

      On accède à Neak Pean par une longue passerelle de bois au-dessus d'un bassin remis en eau. Après la mousson il est plein et l'arrivée est superbe ; en fin de saison sèche, on marche au-dessus d'un pré. Le monument se regarde depuis la rive, on n'entre pas dans les bassins.

      culture
      gratuit
    • Coucher de soleil depuis Pre Rup, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Coucher de soleil depuis Pre Rup Une pyramide de latérite rouge dont les trois terrasses dominent la canopée et les rizières. C'est l'alternative à Phnom Bakheng, où l'on limite désormais l'accès à trois cents personnes : ici il n'y a jamais de file, et la lumière est la même.
      En savoir plus

      Pre Rup est un temple-montagne de latérite et de brique du Xᵉ siècle, élevé sous Rajendravarman II, dont les trois terrasses successives portent cinq tours au sommet. La latérite, qui rougit en séchant, lui donne une couleur chaude que la lumière du couchant intensifie encore — c'est ce qui explique sa réputation à cette heure.

      Son nom signifie littéralement retourner le corps, en référence à un rite funéraire de crémation dont la tradition situe l'exécution ici ; les archéologues penchent plutôt pour un temple d'État dédié à Shiva, mais le nom populaire est resté.

      ⚠️ L'intérêt pratique est de constituer l'alternative à Phnom Bakheng, le point de vue traditionnel du couchant, dont l'accès est désormais limité à quelques centaines de personnes et donne lieu à une file d'attente qui commence en milieu d'après-midi. À Pre Rup, il n'y a pas de quota et la lumière est la même, sur les rizières et la canopée. ⚠️ Les marches sont hautes, étroites et très raides, sans rampe sur la plupart des volées, et la descente dans la pénombre demande de l'attention.

      détente
      gratuit

    Jour 4

    • Beng Mealea, le temple écroulé, Siem Reap et Angkor, Cambodge
      Beng Mealea, le temple écroulé À 60 km, un temple contemporain d'Angkor Vat laissé entièrement à la forêt : on marche sur les blocs effondrés, entre les lianes, sans balisage. Compris dans le pass depuis 2023, et c'est ce que Ta Prohm était avant les passerelles.
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      Il est contemporain d'Angkor Vat, de style très proche et de dimensions comparables — mais personne ne l'a jamais dégagé. Les galeries sont tombées sur elles-mêmes et forment un chaos de blocs de plusieurs tonnes, sous une voûte d'arbres qui ne laisse presque pas passer le jour. On ne visite pas un plan, on escalade un éboulis en devinant où passaient les couloirs.

      Une passerelle de bois a été montée au cœur des ruines pour le tournage de Deux Frères, de Jean-Jacques Annaud ; elle est restée et constitue aujourd'hui l'essentiel du cheminement balisé. La région était minée : le déminage a été mené dans les années 2000, et c'est ce qui a rendu le site accessible. En dehors des chemins ouverts, on ne s'écarte pas.

      La pierre couverte de mousse est glissante, surtout en saison des pluies, et les blocs bougent. Chaussures fermées obligatoires. Le site se remplit quand arrivent les minibus de la journée, souvent en fin de matinée : avant leur passage, on y est parfois seul, et le silence fait la moitié de la visite.

      culture
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Phnom Kulen et la rivière aux mille lingas

    La montagne où l'empire khmer a été fondé en 802 : une cascade, un bouddha couché taillé dans le rocher et un lit de rivière entièrement sculpté de lingas sous quelques centimètres d'eau. Le site demande un billet de 20 $ que le pass d'Angkor ne couvre pas — la journée s'en charge.

    8 h · Hotel

    Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Klook · prix relevé le 10-08-2026 · lien affilié

    23 € hébergement · 19 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine en centre-ville, 45 € la nuit.

    Voir les hébergements à Siem Reap et Angkorlien affilié

  2. Siem Reap et Angkor → Koh Ker et le nord — Minibus partagé par la route du nord, 2 h 30, 14 € par personne.
  3. Koh Ker et le nord, Cambodge

    02. Koh Ker et le nord

    J5 · 1 nuit · 43 € par personne

    Une capitale oubliée et sa pyramide dans la forêt

    Une capitale khmère abandonnée au Xᵉ siècle, à deux heures et demie de Siem Reap, dominée par une pyramide de trente-six mètres qu'on gravit par un escalier de bois. ⚠️ La région a été déminée récemment et il est impératif de rester sur les sentiers balisés. On y croise presque personne.

    En savoir plus sur Koh Ker et le nord

    Koh Ker a été la capitale de l'empire khmer pendant une vingtaine d'années au Xᵉ siècle, avant d'être abandonnée et reprise par la forêt pour mille ans. C'est ce qui en fait l'exact contraire d'Angkor : les temples y sont dispersés dans les arbres, à peine dégagés, et l'on peut y passer une matinée sans croiser plus de trois personnes.

    La pièce maîtresse est Prasat Thom, une pyramide à sept degrés de trente-six mètres qui ne ressemble à rien d'autre dans l'art khmer — on dirait un temple maya posé au Cambodge. On la gravit par un escalier de bois construit sur le flanc, l'ancien escalier de pierre étant ruiné, et le sommet dégage la canopée à perte de vue.

    ⚠️ La région n'a été déminée que récemment, et ce déminage porte sur les zones balisées, pas sur la forêt. Rester sur les sentiers et à l'intérieur des cordages n'est pas une consigne de confort : les panneaux rouges qui bordent certains chemins signalent des zones non traitées. La route depuis Siem Reap demande environ deux heures et demie dans chaque sens, ce qui fait de Koh Ker une journée pleine ; il n'y a presque rien sur place en matière de restauration, de l'eau et un pique-nique s'emportent.

    À table

    • Samlor kako — la soupe épaisse aux légumes, papaye verte, courge et poisson, plat des campagnes de Preah Vihear.
    • Kralan — le riz gluant au lait de coco et aux haricots cuit dans un tube de bambou, vendu sur la route.
    • Bai sach chrouk — le porc grillé sur riz, le seul petit-déjeuner disponible dans les villages, et le meilleur.
    • Sucre de palme — cuit dans les villages sous les palmiers à sucre, en galettes brunes dans les échoppes de bord de route.

    Jour 5

    • Pyramide de Prasat Thom, Koh Ker et le nord, Cambodge
      Pyramide de Prasat Thom Une pyramide à sept degrés de trente-six mètres, unique dans l'art khmer, au milieu d'une capitale qui n'a duré que vingt ans — de 928 à 944. L'escalier de bois monté sur la face arrière donne sur une canopée ininterrompue jusqu'à l'horizon. Compris dans le pass d'Angkor depuis 2023.
      En savoir plus

      En 928, Jayavarman IV a déplacé la capitale de l'empire ici, à des heures de route d'Angkor. C'est la seule fois de l'histoire khmère que le pouvoir a quitté la région des grands lacs, et cela n'a pas duré : dès 944, son successeur ramenait tout à Angkor. Il reste de cet intermède une capitale bâtie très vite et abandonnée aussitôt, donc jamais remaniée.

      La pyramide à degrés qui la domine ne ressemble à aucun autre monument khmer : un empilement massif de gradins, sans galerie, sans cour, qui évoque plutôt un tertre mésopotamien qu'un temple-montagne d'Angkor. Au sommet, un socle colossal a perdu ce qu'il portait, et l'on discute encore de ce que c'était. Koh Ker est entré au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2023.

      L'escalier de bois monté sur la face arrière est raide et sans ombre, et les marches d'origine, elles, sont impraticables. Au sommet, il n'y a rien pour se protéger du soleil : monter tôt, ou en fin de journée. La vue porte sur une forêt sans une coupure jusqu'à l'horizon, ce qui donne une idée juste de l'isolement du lieu.

      culture
      gratuit
    • Temples dispersés de Koh Ker, Koh Ker et le nord, Cambodge
      Temples dispersés de Koh Ker Une trentaine de sanctuaires éparpillés dans la forêt sur plusieurs kilomètres, presque tous vides de visiteurs. ⚠️ Le déminage n'est achevé que sur les chemins balisés : ici plus qu'ailleurs, on ne coupe pas à travers bois.
      En savoir plus

      Une trentaine de sanctuaires semés dans la forêt sèche, à quelques minutes de piste les uns des autres. Prasat Pram est le plus photographié : deux de ses tours de brique sont enserrées par des figuiers étrangleurs qui les ont épousées sans les faire tomber. Prasat Neang Khmau, la dame noire, doit sa couleur à un incendie ancien qui a cuit sa surface.

      L'école de sculpture de Koh Ker est reconnaissable entre toutes : des figures monumentales saisies en plein mouvement, bien plus dynamiques que la statuaire angkorienne classique. C'est ce qui en a fait une cible. Pendant les années de guerre, les sanctuaires ont été systématiquement pillés, et plusieurs pièces majeures — dont un groupe de lutteurs — ne sont revenues au Cambodge que ces dernières années, restituées par de grands musées américains et par les héritiers d'un collectionneur.

      Le déminage n'a été mené que sur les chemins et les abords balisés. La règle est simple et sans exception : on ne coupe jamais à travers bois, même pour contourner un fourré ou pour cadrer une photo. Les distances entre groupes de temples se font en véhicule, pas à pied.

      culture
      gratuit

    17 € hébergement · 17 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Maison d'hôtes de la province, 34 € la nuit.

    Voir les hébergements à Koh Ker et le nordlien affilié

  4. Koh Ker et le nord → Kratié et le Mékong — Autocar par Stung Treng, 5 h 30, 13 € par personne.
  5. Kratié et le Mékong, Cambodge

    03. Kratié et le Mékong

    J6 · 1 nuit · 41 € par personne

    Le fleuve, une île de sable et des dauphins

    Une petite ville coloniale sur le Mékong, où subsistent quelques dizaines de dauphins de l'Irrawaddy — l'une des dernières populations d'eau douce au monde. On les observe en pirogue au lever ou au coucher du soleil. L'île de Koh Trong, en face, se fait à vélo en deux heures.

    En savoir plus sur Kratié et le Mékong

    Kratié est une petite ville coloniale posée sur la rive du Mékong, restée à l'écart des circuits, avec quelques rues de maisons à arcades jaunies et un front de fleuve où toute la ville se retrouve en fin de journée. On n'y vient pas pour la ville elle-même mais pour ce qui vit dans le fleuve juste au nord.

    À une quinzaine de kilomètres, à Kampi, subsistent quelques dizaines de dauphins de l'Irrawaddy — une espèce d'eau douce dont il ne reste que quelques populations au monde, toutes menacées. On les observe depuis une pirogue à moteur coupé, tôt le matin ou en fin d'après-midi, quand ils remontent respirer. ⚠️ Ce ne sont pas des dauphins de spectacle : ils ne sautent pas et n'approchent pas les bateaux ; on voit un dos et un souffle, à distance, et c'est tout ce qu'il faut attendre.

    En face de la ville, l'île de Koh Trong est une longue bande de sable et de vergers sans voiture, à cinq minutes de bac. Elle se fait à vélo en deux heures sur un chemin de terre qui en fait le tour, entre les maisons sur pilotis et les cultures de saison sèche. ⚠️ L'île est en partie submergée pendant les hautes eaux, de juillet à octobre, et le circuit change alors complètement de physionomie.

    À table

    • Poisson du Mékong grillé — trey aing, le poisson du fleuve cuit au charbon, servi avec du riz et une sauce au tamarin, sur la berge.
    • Krauch thlong — le pamplemousse de Kratié, gros, sucré et sans amertume, vendu au bord de la route et sur le marché.
    • Num ansom — les gâteaux de riz gluant au porc ou à la banane roulés dans une feuille de bananier, à emporter sur le bateau.
    • Samlor machu trey — la soupe aigre au poisson, tamarin, tomate et herbes, dans les gargotes du marché central.

    Jour 6

    • Bras du Mékong et dauphins de l'Irrawaddy, Kratié et le Mékong, Cambodge
      Bras du Mékong et dauphins de l'Irrawaddy Une centaine de dauphins d'eau douce vivent encore dans ce tronçon du Mékong, au front rond et sans bec, en danger critique. On les observe depuis la berge de Kampi ou en pirogue, à l'aube ou au crépuscule quand ils remontent respirer.
      En savoir plus

      Le dauphin de l'Irrawaddy n'a pas le bec des dauphins de mer : la tête est ronde, le front bombé, la nageoire dorsale réduite à un moignon. Il n'accompagne pas les bateaux, ne saute pas, et se contente de crever la surface pour souffler avant de replonger — un souffle qu'on entend souvent avant de le voir. Ceux du Mékong vivent à l'année dans quelques fosses profondes, seuls endroits du fleuve qui gardent assez d'eau en saison sèche.

      La population est en danger critique et se compte en dizaines d'individus. La menace principale n'est pas la chasse mais les filets maillants, dans lesquels ils se noient faute de pouvoir remonter respirer, ainsi que la pêche à l'électricité et les barrages en amont. Une zone protégée a été instaurée sur ce tronçon et les pêcheurs y sont associés.

      L'observation se fait depuis la berge ou en pirogue, à l'aube et au crépuscule. Un bon batelier coupe le moteur et attend à distance : s'il poursuit les animaux ou s'approche à quelques mètres, il faut le lui demander expressément, la poursuite les épuise et les fait fuir. Des jumelles changent tout.

      nature
      gratuit
    • Île de Koh Trong à vélo, Kratié et le Mékong, Cambodge
      Île de Koh Trong à vélo Une île de sable de six kilomètres au milieu du fleuve, atteinte par un bac de cinq minutes, où l'on tourne à vélo entre les pamplemousseraies et un village flottant vietnamien. Aucune voiture, une seule piste circulaire.
      En savoir plus

      L'île est un banc de sable et de limon déposé par le fleuve, entièrement cultivé : pamplemoussiers en rangs, potagers, bananiers, maisons de bois sur pilotis largement espacées. Une seule piste en fait le tour, sans aucune voiture — on ne croise que des vélos, quelques motos et des charrettes.

      Au nord de l'île flotte un village vietnamien : des maisons montées sur des radeaux de bambou et de bidons, amarrées les unes aux autres, avec leurs bassins à poissons sous le plancher. Il se déplace avec le niveau du fleuve, plusieurs mètres de dénivelé entre les saisons, et il n'est donc jamais tout à fait au même endroit d'une visite à l'autre.

      Le bac part du quai de Kratié et les vélos se louent au débarcadère. Certains tronçons de la piste sont sableux et se poussent plus qu'ils ne se pédalent. En saison sèche, une longue plage de sable de rivière apparaît sur la pointe ; elle disparaît complètement sous l'eau le reste de l'année.

      marché
      gratuit

    16 € hébergement · 17 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel face au Mékong, 32 € la nuit.

    Voir les hébergements à Kratié et le Mékonglien affilié

  6. Kratié et le Mékong → Mondolkiri — Autocar vers les hauts plateaux, 4 h, 10 € par personne.
  7. Mondolkiri, Cambodge

    04. Mondolkiri

    J7 → J8 · 2 nuits · 88 € par personne

    Des collines vertes, des éléphants et vingt degrés de moins

    Des collines à sept cents mètres d'altitude, vingt degrés de moins qu'à Phnom Penh, peuplées par les Bunong. ⚠️ Choisir un sanctuaire où l'on marche avec les éléphants sans les monter ni les laver : la baignade organisée est un stress pour l'animal, malgré ce que promettent les brochures.

    En savoir plus sur Mondolkiri

    Le Mondolkiri est un plateau à sept cents mètres d'altitude, à l'est du pays, et c'est d'abord une affaire de température : il y fait couramment quinze à vingt degrés de moins qu'à Phnom Penh, avec des nuits fraîches qui demandent une couche supplémentaire. Le paysage n'a rien de cambodgien au sens des cartes postales — des collines herbeuses, des pins, des plantations de café et d'hévéas.

    C'est le territoire des Bunong, un peuple autochtone qui a sa langue et ses usages propres, et dont les villages se visitent avec un accompagnement local. La route depuis Phnom Penh demande six à sept heures ; sur place, les pistes latérales sont en terre et impraticables sans deux-roues adapté ou véhicule tout-terrain en saison des pluies.

    ⚠️ Le sujet sensible de l'étape est l'éléphant. Beaucoup de prestataires proposent de le monter ou de le laver dans la rivière avec les visiteurs ; ces deux activités sont un stress pour l'animal, et le bain collectif répété plusieurs fois par jour n'a rien de naturel. Les sanctuaires sérieux ne proposent que la marche en forêt à côté des animaux, sans contact imposé, et le disent explicitement dans leur présentation. Choisir sur ce critère est le seul moyen de ne pas financer ce qu'on croit éviter.

    À table

    • Café de Mondolkiri — cultivé sur les collines rouges de la province, torréfié sur place, servi noir dans les cafés de Sen Monorom.
    • Vin de riz bunong — le sra peang fermenté dans une jarre et bu à la paille, offert dans les villages bunong.
    • Miel sauvage — récolté dans la forêt par les Bunong, épais et sombre, vendu en bouteille au marché.
    • Avocats et fruits des collines — l'altitude donne des avocats, des fraises et des fruits de la passion introuvables ailleurs au pays.

    Jour 7

    • Chutes de Bou Sra, Mondolkiri, Cambodge
      Chutes de Bou Sra Deux chutes successives dans la forêt, la seconde de trente mètres, sacrées pour les Bunong qui y déposent des offrandes. C'est la plus impressionnante du pays, et il y a rarement plus de dix personnes.
      En savoir plus

      La rivière tombe en deux paliers successifs dans une gorge boisée : on arrive au-dessus du premier, et un sentier taillé dans la pente permet de descendre voir le second, nettement plus haut, depuis son pied. Le débit change du tout au tout avec la saison — puissant et bruyant à la fin des pluies, réduit à quelques voiles d'eau en fin de saison sèche.

      Le site est sacré pour les Bunong, qui y déposent des offrandes : c'est un lieu habité par des esprits avant d'être un but de promenade, et cela se respecte comme tel. Une tyrolienne a été installée au-dessus de la gorge, ce qui surprend en arrivant.

      La route depuis Sen Monorom traverse les plantations et les villages bunong sur une longue piste de latérite rouge, et la sortie vaut autant pour le trajet que pour l'arrivée. Le chemin de descente est raide, terreux et franchement glissant après la pluie ; les marches sont irrégulières et la rambarde n'est pas continue. Chaussures fermées, et prudence sur les rochers du pied de chute, que les embruns rendent savonneux. L'accès est payant, à régler sur place, et l'endroit reste très peu fréquenté en semaine.

      nature
      gratuit
    • Forêt des éléphants et village bunong, Mondolkiri, Cambodge
      Forêt des éléphants et village bunong Les Bunong, peuple autochtone des hauts plateaux, vivaient avec des éléphants domestiqués ; plusieurs projets les accueillent aujourd'hui en semi-liberté dans la forêt. ⚠️ On marche avec eux, on ne les monte pas — un lieu qui propose de les chevaucher ou de les baigner en groupe est à écarter.
      En savoir plus

      Les Bunong sont le peuple majoritaire de ces hauts plateaux, animistes, avec des esprits attachés à la forêt, aux rochers et aux cours d'eau, et des jarres et des gongs transmis de génération en génération comme patrimoine familial. L'éléphant y a longtemps été un membre du foyer : il transportait, débardait le bois, et se léguait avec le reste.

      Les éléphants qu'on rencontre aujourd'hui dans ces forêts sont pour l'essentiel des animaux âgés, sortis du débardage ou des balades à dos, confiés à des projets qui salarient leur cornac et sa famille — de sorte que l'animal rapporte sans travailler. On marche derrière eux pendant qu'ils mangent, ce qu'ils font une grande partie de la journée, et le contact est à leur initiative.

      Le critère de tri est net : un lieu qui propose de les monter, de les faire poser ou de les baigner en groupe pour la photo fait travailler l'animal, quoi qu'il affiche. Prévoir des chaussures fermées, la marche se fait dans la boue et sur des pentes glissantes, et des sangsues en saison des pluies — inoffensives, mais tenaces.

      nature
      gratuit

    Jour 8

    • Collines de Sea Forest et plantations, Mondolkiri, Cambodge
      Collines de Sea Forest et plantations Des collines herbeuses inattendues au Cambodge — on les surnomme la petite Suisse — plantées de café, d'hévéas et d'avocatiers. À 800 m d'altitude, il fait quinze degrés de moins qu'à Phnom Penh, et il faut un pull le soir.
      En savoir plus

      Le nom de la province se traduit à peu près par la rencontre des collines, et le paysage lui donne raison : des croupes herbeuses qui se succèdent sans arbres, balayées par le vent, avec des bouquets de forêt au creux des vallons. C'est le contraire absolu de l'image du Cambodge de plaine et de rizières.

      Ces pelouses ne sont pas toutes naturelles. Le plateau a perdu une part considérable de sa forêt en quelques décennies, au profit de plantations d'hévéas, de caféiers, de poivriers, d'avocatiers et d'anacardiers, dont on traverse les alignements réguliers. Le paysage ouvert qui séduit le visiteur est en partie le résultat de ce défrichement.

      Les pistes sont en latérite rouge : praticables et poussiéreuses en saison sèche, transformées en pâte savonneuse dès qu'il pleut, où une moto part sur le côté sans prévenir. Les points de vue se méritent en fin de journée, quand la lumière rase les croupes ; et il fait ici bien plus frais que partout ailleurs dans le pays.

      marché
      gratuit

    17 € hébergement · 18 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Bungalow avec vue sur les collines, 34 € la nuit.

    Voir les hébergements à Mondolkirilien affilié

  8. Mondolkiri → Phnom Penh — Autocar direct, 7 h, 12 € par personne.
  9. Phnom Penh, Cambodge

    05. Phnom Penh

    J9 → J10 · 2 nuits · 120 € par personne

    Une capitale au bord de quatre fleuves, et sa mémoire

    Une capitale au confluent de quatre bras d'eau, dont la visite tourne inévitablement autour du génocide khmer rouge. ⚠️ Tuol Sleng et Choeung Ek sont des lieux très éprouvants : les faire le même jour est difficile, et prévoir autre chose derrière est illusoire. Le musée national et le marché offrent l'autre visage de la ville.

    En savoir plus sur Phnom Penh

    Phnom Penh est bâtie au confluent de quatre bras d'eau — le Mékong, le Tonlé Sap et leurs prolongements — et le quai qui les longe est le lieu de rendez-vous de la ville en fin de journée. C'est une capitale dense et bruyante, où la circulation en deux-roues est constante et où traverser une rue s'apprend : on avance lentement et régulièrement, le flux se contourne.

    ⚠️ Sa visite tourne inévitablement autour du génocide. Tuol Sleng, un lycée transformé en centre d'interrogatoire, et Choeung Ek, l'un des charniers, sont deux lieux d'une dureté que peu de visiteurs anticipent — l'audioguide de Choeung Ek, en particulier, est très éprouvant. Les enchaîner dans la même journée est le programme habituel, et c'est beaucoup ; prévoir une visite légère derrière ne fonctionne pas. Mieux vaut les séparer, ou garder l'après-midi libre.

    Le reste de la ville offre un contrepoint nécessaire : le Musée national et ses sculptures khmères dans un bâtiment de terre cuite ouvert sur un jardin, le marché central sous sa coupole Art déco jaune, le marché russe et ses ateliers, les rues coloniales autour du Wat Phnom. ⚠️ La chaleur est écrasante d'avril à juin, et les averses de mousson, de mai à octobre, tombent en fin d'après-midi et durent une heure — elles se contournent facilement en organisant sa journée autour.

    À table

    • Kuy teav — la soupe de nouilles de riz au porc et aux crevettes, le petit-déjeuner de la capitale, dans les gargotes de trottoir.
    • Num pang — le sandwich khmer dans une baguette, pâté, porc grillé, légumes en saumure et piment, héritage français.
    • Bai sach chrouk — le porc grillé sur riz cassé avec un bouillon clair, dans les rues autour du marché central au petit matin.
    • Kari khmer — le curry rouge doux au lait de coco, avec du poulet et des patates douces, servi avec une baguette.
    • Nom krok — les petites galettes de riz et de coco cuites dans un moule en fonte, croustillantes dehors et coulantes dedans, au marché russe.

    Jour 9

    • Musée du génocide de Tuol Sleng, Phnom Penh, Cambodge
      Musée du génocide de Tuol Sleng Un lycée transformé en centre d'interrogatoire par les Khmers rouges : quatorze mille personnes y sont entrées, sept en sont ressorties vivantes. Les salles sont laissées en l'état, avec les photographies d'identité que le régime prenait de chaque détenu. ⚠️ Visite très éprouvante, et l'audioguide — indispensable — est en supplément.
      En savoir plus

      Le lieu était un lycée, et il n'a pas été maquillé : on reconnaît les salles de classe à leur carrelage à damier, à leurs tableaux noirs restés en place, aux couloirs à balcon. Le barbelé tendu le long de ces balcons l'a été par la direction du centre, pour empêcher les détenus de se jeter dans le vide. À l'intérieur des salles, des cloisons de brique montées à la hâte délimitent des cellules de la taille d'un lit.

      Ce qui distingue S-21 des autres centres du régime, c'est son archive. Chaque personne amenée était photographiée à son arrivée, enregistrée, contrainte de rédiger sa biographie puis des aveux, relus et annotés par la direction. Cette bureaucratie servait le régime ; elle sert aujourd'hui à établir les faits, et le fonds est inscrit depuis 2009 au registre Mémoire du monde de l'UNESCO. Duch, qui dirigeait le centre, a été jugé par le tribunal parrainé par les Nations unies et condamné à la réclusion à perpétuité.

      Ce sont les portraits qu'on emporte, plus que les objets exposés : les visages regardent l'objectif. L'audioguide est ce qui rend la visite compréhensible — sans lui, on traverse des pièces vides. Des survivants du centre sont parfois présents dans la cour.

      culture
      16 €
    • Champs de la mort de Choeung Ek, Phnom Penh, Cambodge
      Champs de la mort de Choeung Ek À 15 km, l'un des trois cents charniers du pays, aujourd'hui un mémorial autour d'un stupa contenant huit mille crânes. L'audioguide, compris dans le billet, est porté par la voix d'un survivant et fait toute la différence. Après la pluie, des fragments d'os remontent encore dans les chemins.
      En savoir plus

      Le terrain était un verger et un cimetière chinois avant que la sécurité du régime n'en fasse un lieu d'exécution pour les détenus du centre S-21, amenés de nuit par camions. Les fosses ont été ouvertes au début des années 1980 ; beaucoup ont été laissées en l'état, simples cuvettes d'herbe rase signalées par un panneau qui dit seulement ce qu'on y a trouvé. D'autres n'ont jamais été fouillées.

      Le parcours est balisé et l'enceinte est petite. Un haut-parleur avait été accroché dans un arbre pour diffuser de la musique du régime et couvrir les bruits ; un autre arbre, contre lequel des enfants ont été tués, porte aujourd'hui les bracelets déposés par les visiteurs. Le stupa élevé au centre en 1988 expose derrière un vitrage les crânes exhumés, classés : cette exposition a été voulue comme une preuve, à une époque où l'ampleur des faits était encore contestée à l'étranger.

      Ce n'est pas un site touristique. On y vient en silence, chapeau retiré, sans photographie posée. Les fragments d'os et de tissu que la pluie fait remonter dans les allées sont relevés par le personnel et déposés dans des vitrines : ne pas les toucher, ne pas les déplacer, et rester sur les chemins.

      culture
      6 €
    • Marché central, le Psar Thmey, Phnom Penh, Cambodge
      Marché central, le Psar Thmey Une halle Art déco de 1937 en forme de croix sous un dôme jaune de vingt-six mètres, l'un des plus vastes du monde à sa construction. Bijoux et montres au centre, alimentation sur les ailes, et une lumière zénithale qui vaut la visite à elle seule.
      En savoir plus

      L'édifice date de 1937 et son plan est celui d'une croix : quatre longues ailes ouvertes rayonnant depuis une coupole centrale. La halle n'a jamais eu de climatisation et n'en a pas besoin : le dôme fonctionne comme une cheminée, l'air chaud monte et s'échappe par le haut pendant que les ailes ouvertes tirent de l'air par les côtés. C'est un bâtiment Art déco conçu pour le climat, pas malgré lui.

      Il a été construit sur un lac asséché, ce qui lui vaut d'être encore le premier endroit du centre à prendre l'eau lors des grosses averses. Une campagne de restauration menée avec des fonds français lui a rendu ses couleurs d'origine il y a une quinzaine d'années.

      L'organisation est immuable : bijoux, or et montres sous la coupole, textile, électronique, alimentation et fleurs dans les ailes. Les allées vivantes sont celles du matin ; l'après-midi, une partie des étals sont couverts d'un drap. Le marchandage est attendu, il se fait en souriant et sans insister — hausser le ton met fin à la discussion.

      marché
      gratuit

    Jour 10

    • Marché russe et ateliers de Toul Tom Poung, Phnom Penh, Cambodge
      Marché russe et ateliers de Toul Tom Poung Le marché des Cambodgiens et des expatriés, sous une tôle basse et étouffante : soieries, pièces détachées, contrefaçons de vêtements sortis des usines voisines, et une allée de gargotes qui sert le meilleur num banh chok de la ville.
      En savoir plus

      Son nom cambodgien est Toul Tom Poung, et il n'a jamais changé. Le surnom, lui, date des années 1980 : après la chute des Khmers rouges, le pays vivait sous un gouvernement soutenu par le Vietnam, les Occidentaux en étaient absents, et les conseillers soviétiques et leurs familles étaient à peu près les seuls étrangers à y faire leurs courses. Le sobriquet a survécu de trente ans à ceux qui l'ont valu.

      On y trouve ce que les usines de confection des faubourgs laissent passer : surplus de production, pièces déclassées, marques cousues sur place. À côté, les soieries, l'argenterie, les pièces détachées de moto et un étage entier de bric-à-brac. Une allée de gargotes sert le personnel du marché autant que les clients, et c'est la meilleure raison d'y traîner à l'heure du déjeuner.

      La toiture est basse, en tôle, et les allées centrales deviennent étouffantes à mesure que la journée avance : venir le matin change complètement l'expérience. Les allées sont étroites, sacs devant soi.

      marché
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Musée national du Cambodge

    Un chauffeur passe te prendre à l'hôtel : le Palais Royal, le musée national et sa collection de sculpture khmère — dont les pièces sauvées d'Angkor —, puis la colline de Wat Phnom, ces vingt-sept mètres qui ont donné son nom à la ville, et le quartier administratif français qui l'entoure.

    8 h · en anglais · A l'hôtel

    2 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Klook · prix relevé le 10-08-2026 · lien affilié

    21 € hébergement · 19 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine sur le toit, 42 € la nuit.

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  10. Phnom Penh → Kampot — Autocar par la nationale 3, 3 h 30, 8 € par personne.
  11. Kampot, Cambodge

    06. Kampot

    J11 → J12 · 2 nuits · 84 € par personne

    Le poivre, une rivière lente et une station de montagne

    Une ville lente au bord d'une rivière, connue pour son poivre — le seul au monde à porter une indication géographique protégée. Les plantations se visitent en scooter. ⚠️ La route du Bokor monte à mille mètres jusqu'à une station coloniale abandonnée, souvent dans le brouillard.

    En savoir plus sur Kampot

    Kampot est une ville lente, ce qui est ici une caractéristique et non un jugement : elle est posée au bord d'une rivière large, les journées y sont molles, et l'essentiel de la vie sociale se passe sur les quais en fin d'après-midi. Le centre a gardé ses maisons de commerce coloniales, décrépites et colorées, et se parcourt en une heure.

    Le poivre de Kampot est le seul poivre au monde à bénéficier d'une indication géographique protégée, et les plantations se visitent librement à une vingtaine de minutes de scooter — on y voit les lianes sur leurs tuteurs et l'on goûte les trois couleurs, qui sont le même grain récolté à trois stades. Les producteurs vendent sur place à un prix sans rapport avec celui des épiceries fines.

    ⚠️ La route du Bokor monte à mille mètres jusqu'à une station climatique construite par les Français dans les années 1920 puis abandonnée — casino, église et hôtel vides, dans un paysage de lande. La route est excellente, mais le plateau est très souvent dans le brouillard et il y fait dix degrés de moins qu'en bas, avec du vent : monter sans vêtement chaud, c'est écourter la visite. Vérifier le ciel au-dessus de la montagne depuis Kampot avant de partir évite de faire trente kilomètres pour ne rien voir.

    À table

    • Poivre de Kampot — noir, rouge ou blanc, cultivé sur les collines de la province ; les plantations se visitent et vendent au poids.
    • Durian de Kampot — le plus réputé du pays, celui de la statue du rond-point, de mai à juillet dans les vergers du fleuve.
    • Sel de Kampot — récolté dans les marais salants au sud de la ville, en fleur de sel ou en gros sel.
    • Kuy teav de Kampot — la soupe de nouilles locale, au porc et aux crevettes de la rivière, dans les gargotes du vieux marché.
    • Crabe au poivre vert — les crabes de Kep sautés avec des grappes de poivre frais, sur les terrasses du fleuve.

    Jour 11

    • Plantations de poivre de Kampot, Kampot, Cambodge
      Plantations de poivre de Kampot Le poivre de Kampot a une appellation d'origine protégée, la première du Cambodge, et les grandes tables européennes se le disputent. Les fermes se visitent librement : le poivre rouge cueilli à maturité et le poivre blanc n'ont rien du poivre gris des moulins.
      En savoir plus

      Les lianes de poivre poussent sur des perches de bois plantées en rangs serrés, sous un ombrage léger, et se récoltent à la main, grappe par grappe, en plusieurs passages. Les quatre poivres viennent tous du même plant : le vert est cueilli avant maturité, le noir séché après, le rouge attend la maturité complète sur la liane, et le blanc est un rouge dont on a retiré l'enveloppe. Rien à voir avec le gris des moulins, qui est un noir moulu depuis longtemps.

      La culture a été anéantie sous les Khmers rouges, qui ont fait arracher les poivrières au profit du riz. La relance des années 1990 et 2000 est partie de quelques plants survivants et de vieux planteurs qui se souvenaient des gestes. Le poivre de Kampot a obtenu la première indication géographique protégée du pays, reconnue ensuite par l'Union européenne.

      Les fermes reçoivent sans rendez-vous, font goûter les quatre poivres à la suite et vendent sur place. Le poivre vert frais, encore sur sa grappe, ne se trouve que pendant la récolte ; hors saison, il est conservé en saumure. Sur la route vers Kep, les marais salants se travaillent à la main.

      marché
      gratuit
    • Descente de la rivière Praek Tuek Chhu, Kampot, Cambodge
      Descente de la rivière Praek Tuek Chhu Une rivière large et lente entre les palmiers d'eau, avec le massif de Bokor en toile de fond. On la descend en kayak ou en barque au coucher du soleil, quand les lucioles s'allument dans la mangrove — un phénomène que peu de gens ont vu.
      En savoir plus

      La rivière est large, lente et bordée de palmiers d'eau — les nipas, dont les feuilles servent à couvrir les toits — avec le massif du Bokor qui ferme l'horizon à l'ouest. Elle est soumise à la marée sur cette portion, la mer étant proche, ce qui explique la lenteur du courant et le sens qui s'inverse.

      On la descend en kayak, en paddle ou en barque à moteur coupé, de préférence en fin de journée quand la chaleur tombe et que la lumière prend le massif. Plusieurs hébergements sont installés directement sur la berge et prêtent les embarcations.

      Le phénomène qui vaut le détour arrive après le coucher du soleil : dans certaines portions de mangrove, des lucioles se synchronisent dans les palétuviers et clignotent ensemble, arbre par arbre. ⚠️ C'est saisonnier, dépendant de la lune — il faut une nuit sombre — et de l'absence d'éclairage à proximité, donc jamais garanti. Peu de gens l'ont vu. Les sorties se font sans lampe, en silence, et l'on ne photographie pas au flash.

      détente
      gratuit

    Jour 12

    • Parc national de Bokor, Kampot, Cambodge
      Parc national de Bokor Une station d'altitude bâtie par les Français en 1921 à mille mètres, abandonnée deux fois, avec son casino en ruine, son église noircie et un brouillard quasi permanent. Vingt degrés de moins qu'en bas, et une vue jusqu'au golfe de Thaïlande quand ça se dégage.
      En savoir plus

      Les Français ont fait bâtir cette station d'altitude au début des années vingt, à la main, en ouvrant d'abord une route dans la montagne : le chantier a coûté la vie à un grand nombre d'ouvriers réquisitionnés. Elle a été désertée une première fois pendant la guerre d'Indochine, réoccupée, puis abandonnée de nouveau ; les Khmers rouges ont tenu le massif et s'y sont battus contre l'armée vietnamienne.

      Il faut savoir ce qu'on va trouver, sous peine de déception : depuis les années 2010, une route large et goudronnée monte au sommet, un casino moderne et des programmes immobiliers occupent le plateau, et l'ancien palace a été restauré en hôtel. Les vraies ruines se réduisent à quelques bâtiments, dont la petite église catholique noircie par les lichens, qui reste l'image que tout le monde emporte.

      Le brouillard est la règle plus que l'exception : la vue jusqu'au golfe se joue à la loterie et un plateau bouché n'est pas un mauvais sort, c'est le climat du lieu. Il y fait beaucoup plus frais et humide qu'en bas — emporter une veste — et la chaussée devient savonneuse dans la nuée.

      nature
      gratuit
    • Vieille ville coloniale et bord de quai, Kampot, Cambodge
      Vieille ville coloniale et bord de quai Des maisons de commerce à arcades des années vingt et trente, ocre et bleu délavé, le long d'un quai bordé de flamboyants. Kampot était le port principal du Cambodge avant Sihanoukville, et elle en a gardé les façades sans la circulation.
      En savoir plus

      Kampot a été le grand port du royaume jusqu'à ce que Sihanoukville soit créée de toutes pièces dans les années cinquante. La ville a perdu son activité d'un coup, et c'est ce qui a sauvé son bâti : deux ou trois rues de maisons de commerce à arcades, ocre, jaune et bleu délavé, avec les volets de bois et les enseignes effacées, sans la pression immobilière qui a effacé les mêmes façades ailleurs.

      Le vieux pont métallique en dit long à lui seul : détruit puis rafistolé au fil des guerres, il additionne des travées qui ne se ressemblent pas, chacune d'une réparation différente. En amont, la rivière descend du massif de Bokor, dont la silhouette ferme l'horizon derrière la ville — et le rond-point d'entrée est occupé par un durian géant en béton, monument sérieux au fruit local.

      Tout se fait à pied. Le quai se remplit en fin d'après-midi, quand la chaleur retombe et que la lumière prend les façades de face. Le fleuve est soumis à la marée et son niveau change dans la journée, ce qui surprend à plusieurs kilomètres de la mer.

      marché
      gratuit

    17 € hébergement · 17 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Bungalow sur la rivière, 33 € la nuit.

    Voir les hébergements à Kampotlien affilié

  12. Kampot → Kep — Tuk-tuk ou minibus, 42 min, 5 € par personne.
  13. Kep, Cambodge

    07. Kep

    J13 · 1 nuit · 44 € par personne

    Des crabes au poivre vert et des villas en ruine

    Une ancienne station balnéaire de l'élite des années 1960, dont les villas modernistes sont restées en ruine dans la végétation. On y vient pour le crabe au poivre vert, acheté vivant au marché et cuisiné sur place. La plage est médiocre ; l'île du Lapin, à vingt minutes de bateau, vaut mieux.

    En savoir plus sur Kep

    Kep a été la station balnéaire de l'élite cambodgienne dans les années 1950 et 1960, avec des villas modernistes bâties par une génération d'architectes formés en France. La guerre civile puis les Khmers rouges les ont vidées, et elles sont restées là, éventrées et reprises par la végétation, entre les nouvelles constructions. C'est le principal spectacle de l'endroit, et il est mélancolique.

    ⚠️ La plage de Kep est médiocre : courte, au sable rapporté, avec une eau trouble chargée par les alluvions du delta. Y venir pour se baigner est une erreur de programme. L'île du Lapin, à une vingtaine de minutes de bateau, offre une baignade nettement meilleure, avec quelques paillotes et rien d'autre ; les traversées cessent quand la mer se lève.

    La vraie raison de s'arrêter tient dans une assiette : le crabe au poivre vert de Kampot. Il s'achète vivant au marché aux crabes, dans des casiers immergés le long du quai, et se fait cuisiner immédiatement dans les gargotes attenantes, en terrasse au-dessus de l'eau. C'est l'un des plats les plus connus du pays et il se mange ici mieux que partout ailleurs. Le parc national, juste derrière la ville, offre un sentier de crête en boucle de deux heures avec vue sur la mer et le delta vietnamien.

    À table

    • Crabe au poivre vert de Kampot — sauté vivant avec des grappes de poivre frais, le plat du marché aux crabes, face à la mer.
    • Marché aux crabes — les paniers remontés de l'eau devant vous, crabes, crevettes et calamars pesés et grillés sur place.
    • Calamars grillés — au charbon avec une sauce au citron vert et au poivre, dans les gargotes du front de mer.
    • Trey aing — le poisson entier grillé des pêcheurs de la baie, avec du riz et des herbes fraîches.

    Jour 13

    • Marché aux crabes, Kep, Cambodge
      Marché aux crabes Des casiers immergés dans la mer devant les tables, d'où l'on sort les crabes vivants qu'on vous cuisine dix minutes plus tard au poivre vert de Kampot. C'est le plat national de la côte, et l'un des meilleurs rapports qualité-prix d'Asie du Sud-Est.
      En savoir plus

      Les casiers sont immergés à quelques mètres du rivage, devant les tables, et remontés à la demande : on choisit son crabe vivant, il part en cuisine et revient sauté au poivre. La cuisson est brève et le condiment est frais, la grappe de poivre vert de Kampot cuite entière avec le crustacé, si bien qu'on croque les grains — un goût vif et citronné qui n'a rien du poivre sec.

      Le poivre vert sur grappe ne se trouve que pendant la récolte ; le reste de l'année, les cuisines utilisent du poivre conservé en saumure, très bon mais différent. La pêche est locale et l'approvisionnement dépend de la mer du jour : les jours de gros temps, il y a moins de choix aux casiers.

      Le crabe se paie au poids, pesé devant vous : faire confirmer le poids et le tarif avant la cuisson évite tout malentendu, c'est l'usage et personne ne s'en formalise. Les tables du fond, sur pilotis au-dessus de l'eau, sont les plus agréables en fin de journée. Prévoir de se salir les doigts, il n'y a pas d'autre méthode.

      marché
      gratuit
    • Villas modernistes abandonnées, Kep, Cambodge
      Villas modernistes abandonnées Kep était la station balnéaire de l'élite cambodgienne des années soixante, bâtie dans un style moderniste tropical remarquable. Les Khmers rouges les ont vidées ; une centaine de carcasses de béton restent dans la végétation, certaines réhabilitées, la plupart non.
      En savoir plus

      Dans les années cinquante et soixante, l'élite cambodgienne a fait de Kep sa station balnéaire et y a bâti dans le style de l'époque, cette architecture khmère moderne qui mêlait le béton, les brise-soleil et les toitures inspirées des temples pour tenir le climat sans climatisation. Ces villas basses, aux volumes géométriques et aux terrasses ouvertes sur la mer, comptent parmi les rares témoins de ce moment.

      En 1975, tout s'est arrêté net : les propriétaires ont été chassés, les maisons vidées, puis dépouillées pendant des années de leurs menuiseries, de leurs câbles et de leur ferraille. Il en reste des carcasses de béton grises que la végétation traverse, quelques-unes rachetées et remises en état en hôtels ou en maisons, la plupart pas.

      Elles ne sont pas un site organisé : beaucoup sont sur des terrains privés, certaines abritent des familles, d'autres servent de remise. On les regarde depuis la route, et l'on demande avant d'entrer. Les planchers et les escaliers de ces ruines ne sont pas sûrs.

      culture
      gratuit

    18 € hébergement · 18 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Bungalow dans un jardin tropical, 35 € la nuit.

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  14. Kep → Battambang — Autocar via Phnom Penh, 9 h, 18 € par personne.
  15. Battambang, Cambodge

    08. Battambang

    J14 · 1 nuit · 39 € par personne

    La deuxième ville, son art et ses rizières

    La deuxième ville du pays, restée provinciale, avec des maisons de commerce coloniales et une scène artistique active — le cirque Phare y est né. ⚠️ Phnom Sampeau abrite les grottes-charniers des Khmers rouges et une sortie de millions de chauves-souris chaque soir, vers 18 h.

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    Battambang est la deuxième ville du Cambodge et n'en a pas l'air : elle est restée provinciale, calme, avec une rue de maisons de commerce coloniales le long de la rivière et une circulation supportable. C'est ce contraste avec Phnom Penh qui en fait une étape reposante, et l'on peut s'y déplacer à vélo, ce qui est rare dans le pays.

    La ville a une scène artistique inhabituellement active pour sa taille : c'est ici qu'est né le cirque Phare, école devenue troupe, qui forme des jeunes issus de milieux défavorisés et donne des spectacles plusieurs soirs par semaine. Plusieurs galeries et ateliers ouverts prolongent ce mouvement.

    ⚠️ Phnom Sampeau, à une quinzaine de kilomètres, superpose deux choses qu'il faut savoir avant de monter. Les grottes du sommet ont servi de charniers sous les Khmers rouges et un mémorial en garde la mémoire : c'est un lieu difficile. Et chaque soir, vers dix-huit heures, des millions de chauves-souris sortent d'une faille de la falaise en un ruban continu qui dure une demi-heure — un spectacle naturel remarquable, qu'on regarde depuis la route en contrebas, généralement assis à une table. Les deux se visitent dans la même fin de journée, dans cet ordre.

    À table

    • Kralan — le riz gluant au lait de coco cuit dans un bambou puis pelé, la spécialité de la ville, vendue aux carrefours.
    • Num banh chok de Battambang — les nouilles de riz de la ville, réputées les meilleures du pays, sous une sauce au poisson et aux herbes.
    • Riz jasmin — la province est le grenier à riz du Cambodge, et son phka rumduol a été élu meilleur riz du monde.
    • Oranges de Battambang — les petites oranges vertes et sucrées des vergers de la province, en jus sur le marché.
    • Prahok — la pâte de poisson fermenté fabriquée avec les poissons du Tonlé Sap voisin, dans les villages au bord du lac.

    Jour 14

    • Phnom Sampeau et les grottes, Battambang, Cambodge
      Phnom Sampeau et les grottes Un piton isolé au-dessus de la plaine, avec un temple au sommet et, en dessous, les grottes où les Khmers rouges précipitaient leurs victimes. Au crépuscule, des millions de chauves-souris sortent d'une faille en un ruban continu qui dure une demi-heure.
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      Le piton se voit de très loin au-dessus de la plaine, avec son temple au sommet et une route en lacets que les motos-taxis avalent en quelques minutes. En chemin, une cavité ouverte par le haut abrite un mémorial : les Khmers rouges y précipitaient leurs victimes par la faille du plafond. On y descend par un escalier, il s'y trouve un bouddha couché et une vitrine d'ossements. C'est un lieu de recueillement, signalé comme tel, et il se visite en silence.

      Au pied de la falaise, une autre faille abrite une colonie de chauves-souris insectivores considérable. À la tombée du jour, elles sortent en un ruban continu, ondulant, qui se déroule vers la plaine sans interruption — et des rapaces viennent chasser en bordure du flux. C'est une sortie quotidienne, pas un spectacle organisé.

      Les vendeurs installent des chaises et des tables face à la falaise ; s'installer avant le coucher du soleil pour ne pas rater le début. Prévoir un anti-moustique, la fin de journée est leur heure. Le temple du sommet et la vue sur la plaine se font avant, tant qu'il fait jour.

      culture
      gratuit
    • Ateliers d'art et cirque de Battambang, Battambang, Cambodge
      Ateliers d'art et cirque de Battambang La ville est la capitale artistique du pays : écoles de dessin, galeries dans les maisons coloniales, et une école de cirque née d'un projet pour les enfants des camps de réfugiés. Les ateliers se visitent librement en journée.
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      L'école de cirque n'est pas née d'une idée de spectacle. À la fin des années quatre-vingt, des ateliers de dessin ont été menés auprès d'enfants cambodgiens dans un camp de réfugiés de la frontière thaïlandaise, comme moyen de dire ce qui ne se disait pas. De retour au pays, ces jeunes ont fondé à Battambang, au milieu des années quatre-vingt-dix, une association qui enseigne aujourd'hui le dessin, la musique, le théâtre, le cinéma d'animation et les arts du cirque à des enfants du quartier.

      Les recettes des représentations financent l'école, et la troupe professionnelle qui en est issue joue aussi à Siem Reap. Les numéros ne sont pas de la performance pure : ils racontent une histoire cambodgienne, souvent celle des années de guerre ou de l'exode rural, avec de l'acrobatie et de la musique live.

      Le campus se visite en journée, hors des heures de cours : on voit les ateliers, les répétitions et la galerie des élèves. Le spectacle du soir a lieu sous chapiteau, à l'écart du centre — prévoir le trajet, et réserver, la salle est petite et se remplit.

      culture
      gratuit

    15 € hébergement · 16 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans une maison coloniale, 30 € la nuit.

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  16. Battambang → Siem Reap et Angkor — Autocar par la nationale 6, 3 h, 7 € par personne.

Le budget de ces 14 jours

780 € par personne pour 14 jours, soit 56 € / jour. À deux, 1 560 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement268 €34 %
Repas252 €32 %
Transport sur place121 €16 %
Billets et carburant87 €11 %
Activités52 €7 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Le PDF

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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