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Japon classique en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

1 744 € par personne sur place pour 14 jours, soit 125 € / jour — en 6 étapes, de Tokyo à Hiroshima et Miyajima. En passant par Hakone, Kyoto, Nara et Osaka.

Autres durées : 5 jours · 10 jours · trois semaines · toutes les étapes de Japon classique

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Tokyo Haneda (HND), retour depuis Osaka Kansai (KIX) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Tokyo, Japon classique

    01. Tokyo

    J1 → J4 · 4 nuits · 459 € par personne

    Quartiers-mondes, néons, sanctuaires et ruelles

    Non pas une ville mais une trentaine de quartiers autonomes, chacun avec sa gare, ses commerces et son ambiance — Shibuya n'a rien à voir avec Yanaka. Tout se fait en train, et une carte rechargeable Suica ou Pasmo remplace tous les billets. ⚠️ Les distances sont trompeuses : deux quartiers voisins sur la carte font quarante minutes.

    En savoir plus sur Tokyo

    Tokyo n'est pas une ville avec un centre mais une trentaine de quartiers autonomes, chacun organisé autour de sa gare, avec ses commerces, ses restaurants et son atmosphère propre. Shibuya, Shinjuku, Asakusa et Yanaka n'ont pas la même densité, pas la même clientèle et pas la même époque — on ne visite pas Tokyo, on visite des quartiers.

    ⚠️ Les distances sont trompeuses sur un plan. Deux quartiers qui paraissent voisins peuvent demander quarante minutes et deux changements, parce que les lignes ne se croisent pas où l'on croit. Tout se fait en train : une carte rechargeable Suica ou Pasmo remplace tous les billets, fonctionne sur toutes les compagnies, et sert aussi dans les commerces. Les gares principales sont des labyrinthes à plusieurs niveaux où la bonne sortie compte autant que la bonne ligne.

    Quelques règles de conduite évitent les impairs : on ne mange ni ne téléphone dans les transports, on ne parle pas fort, on se range à gauche ou à droite sur les escalators selon la ville — à gauche à Tokyo, à droite à Osaka. Les poubelles publiques sont rares et l'on garde ses déchets. ⚠️ Le liquide reste nécessaire malgré les apparences : de nombreux petits restaurants, temples et marchés n'acceptent pas la carte, et les distributeurs qui acceptent les cartes étrangères sont surtout ceux des supérettes.

    À table

    • Sushi au petit matin — au marché de Toyosu ou dans les ruelles de Tsukiji, où les comptoirs servent le poisson de la criée du jour.
    • Ramen — chaque quartier a sa file d'attente ; le bouillon change de style d'une échoppe à l'autre, du shōyu clair au tonkotsu épais.
    • Monjayaki — la crêpe liquide de Tsukishima, cuite sur la plaque devant soi et mangée à la petite spatule, sans assiette.
    • Yakitori sous les voies — brochettes grillées au charbon dans les baraques d'Omoide Yokochō, à Shinjuku, ou sous la gare de Yūrakuchō.

    Jour 1

    • Carrefour de Shibuya et ruelles de Shinjuku, Tokyo, Japon classique
      Carrefour de Shibuya et ruelles de Shinjuku Trois mille personnes traversent Shibuya à chaque feu. À Shinjuku, le Golden Gai aligne deux cents bars de quelques places dans des ruelles d'après-guerre.
      En savoir plus

      Le carrefour de Shibuya est un scramble : tous les feux passent au rouge simultanément et les piétons traversent dans toutes les directions, y compris en diagonale. Plusieurs milliers de personnes peuvent le franchir à chaque cycle aux heures de pointe, et le spectacle tient à l'absence totale de collision — chacun ajuste sa trajectoire sans s'arrêter.

      La statue de Hachikō, à la sortie de la gare, commémore un chien akita qui a attendu son maître à cet endroit chaque jour pendant près de dix ans après la mort de celui-ci. C'est le point de rendez-vous par défaut de tout Tokyo, et il est toujours entouré.

      À Shinjuku, le Golden Gai est un vestige du marché noir d'après-guerre : environ deux cents bars minuscules, souvent quatre à six places, empilés sur deux niveaux dans six ruelles étroites que les promoteurs n'ont jamais réussi à raser. Chacun a un thème et un patron. ⚠️ Beaucoup pratiquent un droit d'entrée en plus des consommations, affiché ou non, et certains n'acceptent pas les étrangers non accompagnés — ce n'est pas de l'hostilité mais une question de langue et de taille des lieux. Ceux qui affichent welcome le disent explicitement.

      détente
      gratuit
    • Shibuya Sky, Tokyo, Japon classique
      Shibuya Sky Un toit-terrasse à ciel ouvert au 47ᵉ étage, juste au-dessus du carrefour — on voit le ballet des piétons d'en haut, et le mont Fuji par temps clair. 2 700 ¥ avant 15 h, 3 400 ¥ ensuite : les créneaux de coucher de soleil partent des semaines à l'avance.
      En savoir plus

      La terrasse occupe le toit d'une tour au-dessus du carrefour, à ciel ouvert et sans vitre sur une grande partie — ce qui la distingue des autres observatoires de Tokyo, tous fermés. On voit le ballet des piétons directement en contrebas, et la ville s'étend jusqu'à l'horizon dans toutes les directions, avec la Skytree d'un côté et le mont Fuji de l'autre par temps très clair — ce qui n'arrive essentiellement qu'en hiver.

      Le contraste avec Tokyo Tower ou Skytree tient à la hauteur : plus bas, on distingue encore les rues, les trains et les gens, alors qu'un observatoire très élevé transforme la ville en tapis abstrait. C'est ce niveau intermédiaire qui fait l'intérêt du lieu.

      ⚠️ Les créneaux de coucher de soleil partent plusieurs semaines à l'avance et sont nettement plus chers que ceux de la journée ; le billet est horodaté et non modifiable. La terrasse extérieure ferme par vent fort ou par pluie, et l'on est alors renvoyé à l'étage vitré en dessous, sans remboursement. Les objets sont consignés à l'entrée — rien ne monte qui puisse tomber.

      détente
      16 €
    • Sanctuaire Meiji et parc Yoyogi, Tokyo, Japon classique
      Sanctuaire Meiji et parc Yoyogi Sanctuaire shinto dédié à l'empereur Meiji, au milieu d'une forêt de cent mille arbres plantés à la main par des volontaires en 1920. On se rince mains et bouche avant d'entrer.
      En savoir plus

      Passé le portique de cyprès, la ville s'éteint d'un coup : le gravier crisse, la circulation ne s'entend plus, et l'on marche sous une futaie serrée en plein Tokyo. Le long de l'allée, deux murs de tonneaux se font face — d'un côté des fûts de saké offerts par les brasseries du pays, de l'autre des barriques de bourgogne envoyées par des vignerons français. Ce n'est pas un décor : l'empereur Meiji avait pris goût au vin et à la table occidentale.

      La forêt a moins d'un siècle et rien n'y est spontané. Les arbres, donnés par tout le pays et plantés par des volontaires, ont été disposés par des forestiers qui raisonnaient à cent cinquante ans : ils ont installé d'abord des pins, sachant qu'ils mourraient, pour abriter des essences à feuilles persistantes destinées à les remplacer d'elles-mêmes. C'est ce qui est en train d'arriver.

      Un sanctuaire shinto n'est pas un temple. On s'incline devant le portique avant de le franchir et l'on marche sur les côtés de l'allée, le milieu revenant au kami. Au pavillon d'eau, tu rinces la main gauche, puis la droite, puis la bouche avec la main — jamais la bouche à la louche. Devant l'autel : deux saluts, deux frappes, un dernier salut.

      culture
      gratuit

    Jour 2

    • Temple Senso-ji et Nakamise à Asakusa, Tokyo, Japon classique
      Temple Senso-ji et Nakamise à Asakusa Le plus vieux temple de Tokyo, fondé en 645. On y accède par Nakamise, une allée de boutiques vieille de trois siècles. Tirer sa prédiction : si elle est mauvaise, on la noue sur place pour l'y laisser.
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      Sous la première porte pend une lanterne rouge de plusieurs mètres qu'on ne pense jamais à regarder par en dessous : le fond est sculpté d'un dragon. Elle porte le nom de son donateur, le fondateur de Panasonic, qui l'a offerte après être venu prier ici. Passé l'allée de boutiques, un grand brûle-encens fume devant la salle principale et les gens rabattent la fumée sur eux, sur une épaule douloureuse, sur la tête d'un enfant.

      Le temple s'annonce très ancien et les bâtiments ne le sont pas : tout a brûlé sous les bombes incendiaires en 1945 et la grande salle a été relevée en béton. La statue de Kannon qui a fait naître le lieu n'est montrée à personne, pas même aux moines — elle reste enfermée, et nul ne sait ce qu'elle est. En revanche, le petit sanctuaire shinto collé au flanc du temple, lui, a traversé la guerre : c'est le seul bâtiment ancien du site, et presque personne n'y entre.

      On est ici chez les bouddhistes : on ne frappe pas dans les mains. On dépose une pièce, on joint les paumes, en silence. L'allée marchande est saturée en milieu de journée ; les rues parallèles, de part et d'autre, vendent les mêmes choses sans la foule, et les boutiques y sont plus anciennes.

      culture
      gratuit
    • Marché extérieur de Tsukiji au petit matin, Tokyo, Japon classique
      Marché extérieur de Tsukiji au petit matin Le marché aux poissons de gros a déménagé à Toyosu, mais les 400 échoppes de l'extérieur sont restées : oursins, tamagoyaki, couteaux forgés. Ouvert de 5 h à 14 h.
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      Les allées font deux pas de large et tout s'y mange debout, à l'étal : omelette roulée tiède piquée sur un bâtonnet, coquilles ouvertes et grillées devant toi, oursin servi dans sa coque, thon gras. Entre les marchands de poisson, des boutiques ne vendent qu'une chose, des couteaux, forgés par des maisons qui faisaient des sabres avant l'interdiction et qui gravent encore le nom de l'acheteur sur la lame.

      Le quartier porte son histoire dans son nom : Tsukiji veut dire la terre construite. C'est un remblai gagné sur la baie après le grand incendie de 1657, celui-là même qui a emporté le donjon d'Edo. Le marché de gros, lui, est parti à Toyosu, où les enchères au thon se regardent derrière une vitre ; ce qui est resté ici, ce sont les détaillants et les fournisseurs de restaurants, c'est-à-dire la partie qu'on pouvait approcher de toute façon.

      On ne mange plus en marchant : les panneaux le demandent partout et les commerçants y tiennent, les brochettes et les coquilles finissant par terre. Chaque étal a son comptoir ou son bout de trottoir. Tout ferme au début de l'après-midi, et le dimanche comme certains mercredis une bonne partie des rideaux reste baissée.

      marché
      gratuit
    • teamLab Planets, art numérique immersif, Tokyo, Japon classique
      teamLab Planets, art numérique immersif On traverse pieds nus des salles inondées, des jardins d'orchidées suspendues et des projections qui réagissent aux mouvements. Prévoir un short : l'eau monte aux genoux.
      En savoir plus

      On laisse ses chaussures à l'entrée et on ne les revoit qu'à la sortie : tout le parcours se fait pieds nus, y compris dans deux salles inondées où l'eau monte à mi-jambe et où des carpes de lumière se dispersent quand tu avances. Ailleurs, le sol est un miroir, le plafond une averse de lumières, et une serre entière d'orchidées suspendues descend et remonte pour te laisser passer sans que tu touches une fleur.

      Le collectif qui a monté tout cela n'est pas un atelier d'artistes mais une équipe d'ingénieurs, de programmeurs et d'animateurs, fondée à Tokyo au début des années 2000. Ses œuvres ne sont pas des projections en boucle : elles sont calculées en direct et ne repassent jamais deux fois à l'identique. Il n'existe donc aucune version enregistrée de ce que tu vois, et la salle d'à côté ne montre pas la même chose qu'il y a dix minutes.

      Prévois un short ou un pantalon qui se retrousse haut : l'eau dépasse le genou et il n'y a pas de contournement. Les jupes sont impraticables à cause des sols miroirs, la maison prête de quoi se changer. Les créneaux sont horodatés et se réservent à l'avance ; des consignes attendent les sacs, encombrants de toute façon dans les salles sombres.

      culture
      23 €

    Jour 3

    • Jardins est du Palais impérial, Tokyo, Japon classique
      Jardins est du Palais impérial Les anciennes douves et les fondations du donjon d'Edo, au milieu des gratte-ciel de Marunouchi. Entrée libre, mais fermé les lundis et vendredis — c'est le piège de ce jardin.
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      Au bout des allées, une plateforme de pierre haute comme un immeuble porte le vide : c'est la base du donjon d'Edo, dont on monte l'escalier pour ne trouver, en haut, qu'une pelouse et les tours de Marunouchi tout autour. La tour qui s'élevait là était la plus haute jamais bâtie au Japon. Elle a brûlé dans le grand incendie de 1657, avec la moitié de la ville, et n'a jamais été relevée : le gouvernement a préféré employer l'argent à reloger les habitants. Le shogun a régné deux siècles de plus sans donjon.

      Le reste tient en fragments : deux corps de garde de bois sombre, des portes doubles séparées par une cour carrée, où l'assaillant qui avait forcé la première se retrouvait enfermé sous les tirs, et un bois planté d'arbres venus de chaque département du pays.

      C'est la seule partie du domaine impérial ouverte toute l'année — l'intérieur ne s'ouvre que deux jours par an, au nouvel an et pour l'anniversaire de l'empereur. Il n'y a ni palais ni salle à visiter, seulement un jardin, ce qui déçoit qui vient chercher une résidence royale. Les trois portes d'accès sont très éloignées les unes des autres : repère d'abord celle qui te ressort du bon côté.

      nature
      gratuit

    Jour 4

    • Yanaka, le Tokyo d'avant, Tokyo, Japon classique
      Yanaka, le Tokyo d'avant L'un des rares quartiers épargnés par les bombardements de 1945 et par le séisme de 1923 : maisons de bois, boutiques d'artisans et un immense cimetière planté de cerisiers. Rien à payer, rien à réserver.
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      Yanaka fait partie du petit nombre de quartiers de Tokyo à avoir échappé à la fois au séisme du Kantō de 1923 et aux bombardements incendiaires de 1945, qui ont détruit la majeure partie de la ville. On y trouve donc des maisons de bois d'avant-guerre, des ruelles étroites, des ateliers d'artisans et des temples en nombre — une densité liée au déplacement de nombreux temples ici après un grand incendie du XVIIᵉ siècle.

      Le cimetière de Yanaka est vaste, planté de cerisiers, et il se traverse comme un parc : c'est un usage normal ici, sans irrévérence, et l'on y voit des familles se promener. Le dernier shogun Tokugawa y est enterré.

      La rue commerçante de Yanaka Ginza, avec ses boutiques alimentaires et ses croquettes vendues à emporter, donne une idée de ce qu'était une rue de quartier tokyoïte avant les supérettes. ⚠️ Le quartier a une importante population de chats et cela fait partie de son identité locale. Il ne se réserve pas, ne se paie pas, et se parcourt en une demi-journée à pied — c'est le contrepoint exact de Shibuya.

      détente
      gratuit

    58 € hébergement · 32 € repas · 15 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel d'affaires près d'une gare JR, 115 € la nuit.

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  2. Tokyo → Hakone — Odakyu Romancecar depuis Shinjuku, 1 h 30, 14 € par personne.
  3. Hakone, Japon classique

    02. Hakone

    J5 · 1 nuit · 116 € par personne

    Bains chauds, lac, vue sur le Fuji par temps clair

    Une station thermale en montagne, à une heure et demie de Tokyo, organisée en boucle : train à crémaillère, funiculaire, téléphérique au-dessus des fumerolles, puis bateau sur le lac. ⚠️ Le Fuji n'est visible qu'environ un jour sur trois, et surtout de novembre à février. Les onsen publics se pratiquent nu et refusent souvent les tatouages.

    En savoir plus sur Hakone

    Hakone est une station thermale de montagne à une heure et demie de Tokyo, et sa particularité est de se visiter en boucle plutôt qu'en étoile : train à crémaillère, funiculaire, téléphérique au-dessus des fumerolles d'Owakudani, bateau sur le lac Ashi, puis bus pour revenir. Un pass régional couvre l'ensemble et rend le trajet plus intéressant que les arrêts.

    ⚠️ Le mont Fuji n'est visible que par temps parfaitement clair, soit environ un jour sur trois en moyenne annuelle — et bien davantage en hiver qu'en été, où l'humidité le masque presque en permanence. De novembre à février, les chances sont les meilleures, tôt le matin. Il faut donc venir sans en faire la condition du séjour : Hakone vaut pour ses bains, sa vallée volcanique et son musée en plein air, le Fuji est un bonus.

    ⚠️ Les onsen publics se pratiquent entièrement nus, dans des bassins séparés par sexe, après un lavage assis obligatoire à l'extérieur du bain. Le maillot y est interdit. Et les tatouages, associés au crime organisé dans la culture japonaise, entraînent encore le refus d'entrée dans de nombreux établissements — certains acceptent s'ils sont couverts par un pansement, d'autres non. Les hébergements avec bain privatif, appelé kashikiri, contournent la difficulté et se réservent.

    À table

    • Kuro-tamago — les œufs noirs d'Ōwakudani, cuits dans les sources sulfureuses ; la coquille noircit, l'intérieur reste un œuf dur ordinaire.
    • Yuba — la peau de lait de soja, servie en fines feuilles ou en sashimi, spécialité des auberges de montagne.
    • Soba — les nouilles de sarrasin, froides sur claie en été ; l'eau de cuisson (sobayu) se boit à la fin, versée dans le reste de sauce.
    • Le dîner de ryokan — le kaiseki servi en chambre, une dizaine de petits plats de saison : c'est la moitié de ce qu'on paie pour la nuit, et la raison d'y dormir.

    Jour 5

    • Torii du lac Ashi et rives, Hakone, Japon classique
      Torii du lac Ashi et rives Le torii rouge du sanctuaire Hakone les pieds dans l'eau, avec le mont Fuji derrière par temps clair — ce qui arrive environ un jour sur trois.
      En savoir plus

      Le torii vermillon planté dans l'eau appartient au sanctuaire Hakone, fondé au VIIIᵉ siècle et longtemps fréquenté par les guerriers et les voyageurs de la route du Tōkaidō, qui passait par ici — Hakone était un poste de contrôle majeur entre Kyoto et Edo, et l'on y vérifiait les allées et venues des seigneurs.

      Le lac Ashi occupe la caldeira d'un volcan effondré il y a environ trois mille ans, ce qui explique sa profondeur et sa forme. Les bateaux qui le traversent, déguisés en vaisseaux de pirates, font partie de la boucle de transport de Hakone et sont couverts par le pass régional.

      ⚠️ Le mont Fuji, qui apparaît derrière le torii sur toutes les images, n'est visible qu'environ un jour sur trois en moyenne annuelle, et bien plus souvent en hiver qu'en été où l'humidité le masque presque en permanence. Une file d'attente se forme devant le torii pour la photographie, parfois longue. Le sanctuaire lui-même, en montant l'escalier bordé de cèdres, est nettement plus tranquille et vaut autant.

      détente
      gratuit
    • Vallée volcanique d'Owakudani, Hakone, Japon classique
      Vallée volcanique d'Owakudani Vallée de fumerolles créée par une éruption il y a trois mille ans, atteinte par téléphérique. On y mange des œufs noircis par les eaux sulfureuses ; la tradition dit qu'un œuf ajoute sept ans de vie.
      En savoir plus

      La montagne fume vraiment : des panaches blancs sortent du versant par dizaines, la roche est jaune de soufre, l'herbe ne repousse pas et l'odeur prend à la gorge avant même la sortie du téléphérique. Le cirque entier est la cicatrice d'un effondrement — le volcan s'est écroulé sur lui-même il y a environ trois mille ans, et le glissement de terrain a barré la vallée voisine : le lac en contrebas est né du même événement.

      Les œufs cuisent dans un bassin chaud dont l'eau, chargée de fer et de soufre, noircit la coquille ; dedans, c'est un œuf dur ordinaire. Ce qui l'est moins, c'est que le site vit sous surveillance permanente : en 2015 la reprise d'activité a fermé la vallée et le téléphérique pendant des mois, et la fermeture reste la réponse normale à une hausse des gaz.

      Vérifie l'état du téléphérique avant de monter, il s'arrête aussi pour le vent. Les personnes asthmatiques ou cardiaques sont invitées à s'abstenir, et les consignes affichées demandent de ne pas s'attarder au fond du vallon. Le Fuji se montre depuis les cabines par temps clair, plutôt le matin : l'après-midi, il s'enveloppe de nuages presque tous les jours, et l'hiver est la saison la plus dégagée.

      nature
      gratuit

    70 € hébergement · 33 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Ryokan avec bain commun, 140 € la nuit.

    Voir les hébergements à Hakonelien affilié

  4. Hakone → Kyoto — mixte, via Takayama et Kanazawa, 9 h 30, 152 € par personne.
  5. Kyoto, Japon classique

    03. Kyoto

    J6 → J9 · 4 nuits · 426 € par personne

    Mille temples, bambous, ruelles de bois

    Mille sept cents temples et sanctuaires, dispersés sur une cuvette de quinze kilomètres — on n'y marche pas d'un site à l'autre, on prend le bus ou le vélo. ⚠️ Fushimi Inari et Arashiyama sont saturés dès 9 h : y aller au lever du jour n'est pas un conseil de confort, c'est la seule façon de les voir. Photographier une maiko de près est verbalisé.

    En savoir plus sur Kyoto

    Kyoto compte environ mille sept cents temples et sanctuaires répartis sur une cuvette de quinze kilomètres, adossée à des collines sur trois côtés. On ne passe donc pas d'un site à l'autre à pied : les grands ensembles sont aux quatre coins de la ville, et le bus ou le vélo sont indispensables — le vélo étant souvent le plus rapide, la ville étant plate et quadrillée.

    ⚠️ La fréquentation est le vrai sujet, et l'horaire y répond mieux que n'importe quelle astuce. Fushimi Inari et la bambouseraie d'Arashiyama sont saturés dès neuf heures : y aller au lever du jour n'est pas un conseil de confort, c'est la seule façon de les voir. Fushimi Inari est ouvert en permanence et gratuit, ce qui rend la visite à six heures parfaitement possible.

    ⚠️ Le comportement dans le quartier de Gion fait l'objet de règles strictes depuis quelques années. Photographier de près une maiko ou une geiko dans la rue est verbalisé, et plusieurs ruelles privées sont désormais interdites d'accès aux visiteurs, avec des amendes affichées. Ce sont des personnes qui vont travailler, pas une attraction. Les temples ferment tôt, souvent à seize heures trente ou dix-sept heures, ce qui surprend : la journée de visite commence tôt et se termine tôt, et la soirée se passe à Pontochō ou au marché de Nishiki.

    À table

    • Kaiseki — la cuisine de cour en une dizaine de services de saison ; la version du déjeuner donne la même idée pour bien moins.
    • Yudōfu — le tofu simplement poché dans un bouillon d'algue, mangé avec sauce et condiments, autour des temples d'Arashiyama et de Nanzen-ji.
    • Obanzai — les petits plats familiaux de Kyoto, légumes mijotés et marinés servis en assortiment : la cuisine de tous les jours.
    • Matcha — au marché de Nishiki ou à Uji juste au sud, en thé, en glace, en gâteau roulé : le thé vert de Kyoto se mange autant qu'il se boit.

    Jour 6

    • Sanctuaire Fushimi Inari et ses torii, Kyoto, Japon classique
      Sanctuaire Fushimi Inari et ses torii Dix mille torii vermillon offerts par des entreprises, qui montent en tunnel sur quatre kilomètres jusqu'au sommet. Gratuit et ouvert jour et nuit — y aller avant 8 h ou après 18 h.
      En savoir plus

      Les tunnels de portiques ne sont pas un décor : chaque portique est un don, et le nom de l'entreprise ou du particulier qui l'a payé, avec la date, est peint au dos du montant. À l'aller tu ne vois que du vermillon ; c'est en redescendant que le sentier devient un annuaire, où se lisent des maisons de saké, des transporteurs, des salons de coiffure. Inari est la divinité du riz, donc de la récolte, donc de la prospérité — les commerçants ont suivi la logique jusqu'au bout.

      Les renards de pierre, avec une clé, un rouleau ou un épi dans la gueule, ne sont pas des dieux mais des messagers, et la nuance vaut pour tout le shinto. Plus haut sur la montagne, hors des tunnels, des milliers de petits autels privés s'entassent sous les arbres, avec bougies et offrandes : c'est la partie la plus étrange du site, et personne n'y va.

      Deux choses à savoir avant de monter. Le sommet n'a aucune vue, il est boisé ; le seul vrai panorama sur Kyoto se trouve à mi-parcours, à un carrefour dégagé où beaucoup s'arrêtent avec raison. Et l'affluence chute brutalement dès qu'il faut monter des marches, même en pleine journée : l'entrée est bondée, la montagne ne l'est pas.

      culture
      gratuit
    • Temple Kiyomizu-dera et sa terrasse, Kyoto, Japon classique
      Temple Kiyomizu-dera et sa terrasse Terrasse de bois portée par des piliers de treize mètres, assemblés sans un seul clou. « Sauter de Kiyomizu » est une expression japonaise pour dire qu'on se lance dans l'inconnu.
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      La terrasse est portée par un échafaudage de troncs assemblés à tenons, sans un clou ni une pièce de métal, et l'on peut descendre dessous pour regarder la charpente par en bas — c'est de là qu'elle impressionne, pas du garde-corps. En contrebas, trois filets d'eau tombent d'une paroi dans un bassin : on en boit un seul, à la louche, en choisissant entre longue vie, réussite aux études et amour. Boire aux trois passe pour de l'avidité.

      L'expression « sauter de la terrasse de Kiyomizu » n'est pas qu'une image. À l'époque d'Edo, des gens sautaient réellement, persuadés qu'un vœu serait exaucé s'ils survivaient ; le temple en a tenu le registre, plus de deux cents cas, et la grande majorité s'en est sortie — la végétation en dessous amortissait la chute. La pratique a été interdite au début de l'ère Meiji.

      Le temple ouvre plus tôt que tous les autres de Kyoto, et c'est le seul moyen d'avoir pour soi les ruelles pavées qui y montent ; en milieu de journée, elles se traversent à la file. Le grand toit d'écorce de cyprès a été entièrement refait il y a peu : sa couleur claire surprend qui arrive avec de vieilles photographies en tête.

      culture
      3 €
    • Ruelles de Gion et Pontochō le soir, Kyoto, Japon classique
      Ruelles de Gion et Pontochō le soir Le quartier des geishas, avec ses machiya de bois et ses lanternes. On peut croiser une maiko en chemin vers un rendez-vous — on ne la suit pas et on ne la photographie pas de près, c'est verbalisé.
      En savoir plus

      Gion est un quartier de maisons de thé et de machiya — ces maisons de ville en bois, étroites en façade et très profondes, l'impôt étant autrefois calculé sur la largeur donnant sur la rue. Les lanternes et les treillis de bois donnent au quartier sa physionomie, et Pontochō, de l'autre côté du fleuve, est une ruelle unique de quelques mètres de large bordée de restaurants sur toute sa longueur.

      Une distinction utile : une geiko est une artiste professionnelle accomplie — danse, musique, conversation — et une maiko est son apprentie, reconnaissable à son maquillage plus marqué, à ses ornements de cheveux et à ses manches longues. Celles qu'on croise dans la rue en fin de journée se rendent à un rendez-vous et sont en retard : ce n'est pas un défilé.

      ⚠️ La photographie rapprochée sans consentement est verbalisée depuis plusieurs années, avec des amendes affichées, et plusieurs ruelles privées de Gion sont désormais interdites d'accès aux visiteurs — la mesure a été prise après des années de harcèlement, de vêtements tirés et de passages bloqués. On ne suit pas, on ne touche pas, on ne photographie pas de près. Les rues principales restent ouvertes.

      détente
      gratuit

    Jour 7

    • Pavillon d'or, Kinkaku-ji, Kyoto, Japon classique
      Pavillon d'or, Kinkaku-ji Pavillon couvert de feuille d'or reflété dans son étang. L'actuel date de 1955 : un moine avait incendié le précédent en 1950, épisode dont Mishima a tiré un roman.
      En savoir plus

      Les trois étages ne sont pas du même bâtiment. Le premier est une résidence de noblesse de cour, sans or, piliers de bois nu et volets relevés ; le deuxième est une demeure de guerrier ; le troisième une chapelle zen à la chinoise, avec ses fenêtres en cloche. Un phénix doré est posé au sommet. L'or ne couvre que les deux étages du haut — et si l'ensemble éclate autant, c'est que la feuille posée lors de la dernière restauration est bien plus épaisse que celle d'origine.

      Le pavillon fut la villa de retraite d'un shogun qui voulut, à sa mort, qu'elle devienne un temple. Il s'y était fait bâtir un décor de puissance alors même qu'il avait officiellement abdiqué, et c'est là qu'il recevait les ambassades venues de Chine.

      Le point à savoir avant d'entrer : on ne visite pas l'intérieur, jamais, et le parcours est à sens unique. On voit le pavillon de l'autre rive de l'étang, on longe, on repart — c'est court, et beaucoup s'attendaient à autre chose. Le billet est un talisman de papier calligraphié qu'on garde plutôt que de le jeter. Viens à l'ouverture : l'étang est lisse au petit matin, et les cars arrivent tous ensemble.

      culture
      3 €
    • Bambouseraie d'Arashiyama au lever du jour, Kyoto, Japon classique
      Bambouseraie d'Arashiyama au lever du jour Allée de bambous géants dont le bruissement figure au patrimoine sonore japonais. Elle est prise d'assaut dès 9 h : c'est à l'aube qu'on l'entend.
      En savoir plus

      L'allée est plus courte qu'on ne l'imagine — quelques centaines de mètres, entre le mur d'un temple zen et l'entrée d'une villa — et son intérêt n'est pas visuel mais sonore : quand le vent passe, les tiges s'entrechoquent et grincent au-dessus de ta tête, un bruit qui a valu à l'endroit d'être classé au patrimoine sonore du pays. En journée, il est couvert par les voix ; à l'aube, il est seul.

      Le bambou n'est pas un arbre mais une herbe géante, et sa pousse est la plus rapide du monde végétal : au printemps, une tige peut prendre près d'un mètre en un jour, puis ne plus jamais grandir de sa vie. Elle ne cicatrise pas non plus, ce qui se voit — des initiales gravées dans les tiges il y a des années sont toujours là, blanchies, et le resteront jusqu'à la coupe.

      Au bout du chemin, la villa d'un acteur de films de sabre ouvre son jardin de colline, avec vue sur la ville et un thé compris dans le billet. Presque personne n'y monte, alors qu'elle est à quelques pas de la cohue. Des pousse-pousse circulent dans l'allée : ils ont la priorité, on se range. Le sol est en terre battue et devient boueux après la pluie.

      nature
      gratuit
    • Château de Nijo, Kyoto, Japon classique
      Château de Nijo La résidence du shogun à Kyoto, avec ses parquets « rossignol » qui grincent volontairement pour trahir les intrus. Le billet à 1 300 ¥ couvre le château ET le palais Ninomaru — pris séparément, on rate les salles peintes.
      En savoir plus

      Le palais n'a rien d'une forteresse : six bâtiments de plain-pied reliés en zigzag, posés sur des piliers courts, avec des cloisons peintes à la feuille d'or où des tigres énormes accueillent le visiteur dans la première salle. On avance de pièce en pièce et l'accès se restreint à mesure : les seigneurs les moins bien placés n'allaient pas au-delà des tigres, les intimes seuls voyaient les dernières salles.

      C'est ici que le shogunat commence et finit. Le premier Tokugawa y a reçu la cour au moment de sa nomination ; deux siècles et demi plus tard, le dernier a réuni ses vassaux dans la grande salle pour leur annoncer qu'il rendait le pouvoir à l'empereur. Le donjon avait brûlé, foudroyé, et le palais intérieur dans un incendie de la ville : ce que tu visites est la seule partie d'origine.

      Les parquets chantent sous le pas, et l'on répète que c'était une alarme contre les intrus — les spécialistes n'en sont pas certains, le bruit venant du frottement des clous dans leurs attaches, que l'usure suffit à produire. On se déchausse à l'entrée et le sol est glacial en hiver : des chaussettes épaisses changent la visite. Les photographies sont interdites à l'intérieur du palais.

      culture
      8 €

    Jour 8

    • Marché de Nishiki, Kyoto, Japon classique
      Marché de Nishiki Quatre cents mètres de ruelle couverte, cent trente échoppes de poissons séchés, de tsukemono et de thé. On n'y mange plus en marchant : c'est interdit depuis 2019, il faut consommer devant l'étal.
      En savoir plus

      La ruelle est couverte d'une verrière basse à rayures et l'on n'y voit jamais le ciel. Ce qui s'y vend n'est pas fait pour être rapporté à l'hôtel : légumes saumurés tranchés devant toi et vendus au poids, poissons séchés, peau de tofu, tofu grillé, poulpes minuscules farcis d'un œuf de caille. Au bout, une boutique de couteaux tenue par une maison qui forgeait des sabres avant l'interdiction.

      Le marché a poussé là pour une raison souterraine : la nappe affleure et les puits donnaient une eau assez froide pour garder le poisson dans une ville sans mer ni glace. À l'extrémité est, un petit sanctuaire est coincé entre deux immeubles et son portique de pierre est littéralement encastré dedans — les extrémités de la traverse disparaissent dans les murs des boutiques voisines, bâties après lui et tout autour.

      On ne mange plus en marchant, c'est une règle affichée : on consomme devant l'étal qui vend. La moitié ouest s'est convertie aux brochettes pour visiteurs ; c'est vers l'est que tiennent encore les commerces d'origine, ceux qui fournissent les cuisines de la ville. Prévois des espèces et un sac, rien n'est emballé pour le transport.

      marché
      gratuit

    Jour 9

    • Chemin de la Philosophie, Kyoto, Japon classique
      Chemin de la Philosophie Deux kilomètres le long d'un canal bordé de cerisiers, du côté est de la ville. Le philosophe Nishida Kitarō y méditait en marchant. Gratuit ; les temples qui le jalonnent, eux, sont payants.
      En savoir plus

      Le canal que tu longes n'est pas un ruisseau d'agrément : c'est une conduite d'eau percée à travers la montagne à l'ère Meiji pour amener jusqu'à Kyoto l'eau du grand lac voisin. La ville venait de perdre la cour impériale, partie pour Tokyo, et s'est lancée dans ce chantier pour ne pas s'éteindre. L'eau a fait tourner la première centrale hydroélectrique commerciale du Japon, laquelle a alimenté le premier tramway électrique du pays.

      Les cerisiers, eux, ont été donnés par un peintre installé dans le quartier, et ils sont assez vieux pour se pencher au-dessus de l'eau. Le nom du chemin est tardif : il vient d'un professeur de l'université voisine qui marchait là chaque jour en réfléchissant, et les gens du quartier ont fini par l'employer sérieusement.

      Le chemin est gratuit ; ce sont les temples qui le bordent qui sont payants, et le plus discret est le meilleur — portail de chaume, allée moussue, deux monticules de sable ratissés à l'entrée, et le parc en accès libre. En pleine floraison, la file est continue et le canal n'a pas de garde-corps du côté de l'eau. Les ruelles parallèles, à trente mètres de là, restent vides toute l'année.

      nature
      gratuit

    60 € hébergement · 31 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de Kawaramachi, 120 € la nuit.

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  6. Kyoto → Nara — Ligne Kintetsu, 45 min, 5 € par personne.
  7. Nara, Japon classique

    04. Nara

    J10 · 1 nuit · 93 € par personne

    Grand Bouddha, daims en liberté, parc immense

    Première capitale du Japon, à quarante minutes de Kyoto, dont le parc de cinq cents hectares abrite mille deux cents daims en liberté. ⚠️ Ils sont sauvages : ils mordent et bousculent, surtout entre septembre et novembre. Le Todai-ji abrite le plus grand bouddha de bronze du pays sous la plus grande charpente de bois au monde.

    En savoir plus sur Nara

    Nara a été la première capitale permanente du Japon, au VIIIᵉ siècle, pendant soixante-quatorze ans — assez pour y bâtir des temples d'une échelle qu'on ne reverra plus, pas assez pour que la ville devienne une métropole. Elle est à quarante minutes de Kyoto et se visite en une journée, l'essentiel tenant dans un parc de cinq cents hectares.

    Le Todai-ji y abrite le plus grand bouddha de bronze du pays, quinze mètres, sous ce qui reste l'une des plus grandes charpentes de bois au monde — et le bâtiment actuel ne fait pourtant que les deux tiers de l'original. Un pilier de la salle est percé d'une ouverture de la taille exacte des narines du bouddha, que les enfants traversent pour s'assurer l'illumination.

    ⚠️ Les mille deux cents daims du parc sont des animaux sauvages, protégés comme messagers divins, et non des animaux de zoo. Ils s'inclinent pour réclamer les galettes vendues sur place, mais ils mordent, donnent des coups de tête et arrachent les sacs ; les blessures sont fréquentes et signalées par des panneaux en plusieurs langues. La période la plus risquée va de septembre à novembre, saison du rut, où les mâles sont agressifs — leurs bois sont coupés chaque automne pour cette raison. Ne pas montrer de nourriture qu'on ne compte pas donner immédiatement.

    À table

    • Kakinoha-zushi — le sushi pressé de maquereau ou de saumon enveloppé dans une feuille de kaki, qui le conserve et le parfume ; se mange froid.
    • Miwa sōmen — les vermicelles de blé très fins du village de Miwa, servis froids en été, dans un bouillon chaud en hiver.
    • Nara-zuke — des légumes longuement marinés dans la lie de saké ; l'accompagnement de riz le plus ancien de la ville.
    • Kuzu-mochi — les douceurs à la fécule de kuzu, translucides et fraîches, dans les salons de thé du quartier de Naramachi.

    Jour 10

    • Parc de Nara et ses daims, Nara, Japon classique
      Parc de Nara et ses daims Mille deux cents daims en liberté, considérés comme messagers des dieux et protégés à ce titre. Ils s'inclinent pour réclamer un biscuit — et bousculent qui en garde trop longtemps.
      En savoir plus

      Les daims ne sont ni apprivoisés ni nourris par la ville : ce sont des animaux sauvages qui vivent en ville, classés monument naturel, et qui ont appris ce qui fonctionne. L'inclinaison qu'on trouve si polie est un comportement acquis à force de biscuits — et le même mouvement de tête, chez un mâle en rut, est une menace. Ils tirent sur les vêtements, ouvrent les sacs et suivent qui tient un paquet.

      Les biscuits ne se vendent que chez des marchands agréés, avec une recette fixe et sans sucre ; ce que tu apporterais d'autre leur fait du mal. Le vrai danger, c'est le plastique : des daims morts ont été retrouvés l'estomac plein de sacs, et depuis, la ville fait la chasse aux emballages qui traînent. Chaque automne, une cérémonie ancienne rassemble les mâles pour leur scier les bois, précisément parce que la cohabitation finit par blesser quelqu'un.

      Achète tes biscuits dos à un mur et distribue-les vite : hésiter avec une pile à la main, c'est se faire encercler, et ils poussent. Garde tes sacs fermés et ne laisse rien tomber. Le parc est immense et relie les grands sanctuaires ; les daims sont partout, y compris sur la chaussée, où les voitures roulent au pas.

      nature
      gratuit
    • Todai-ji et le Grand Bouddha, Nara, Japon classique
      Todai-ji et le Grand Bouddha Le plus grand bâtiment de bois traditionnel du monde, abritant un bouddha de bronze de quinze mètres coulé en 752. Un pilier percé d'un trou de la taille de sa narine : le franchir porterait chance.
      En savoir plus

      Sous la grande porte, deux gardiens de bois hauts de plusieurs étages se font face, muscles saillants, l'un la bouche ouverte et l'autre fermée. Ils ont été taillés en quelques semaines à peine par un atelier de sculpteurs travaillant en équipes sur des blocs assemblés d'avance : le chantier est documenté, et c'est l'un des plus impressionnants de l'histoire de la sculpture japonaise. Plus loin, la halle du Grand Bouddha écrase tout ce qui l'entoure, et pourtant elle est plus étroite d'un bon tiers que l'originale — au XVIIIᵉ siècle, on n'a retrouvé ni l'argent ni les arbres.

      Le bouddha n'a pas non plus l'âge qu'on lui prête. Fondu au VIIIᵉ siècle, il a été décapité par deux incendies de guerre : la tête est de l'époque d'Edo, et seuls quelques pétales du socle et des morceaux des jambes datent de la fonte, qui avait englouti presque tout le cuivre du pays.

      Le pilier percé se franchit à plat ventre, tiré par les bras : affaire d'enfants et d'adultes minces, et le passage n'est pas ouvert en permanence. Derrière le temple, une halle de bois sur pilotis domine la ville, gratuite et ouverte à toute heure : c'est le meilleur point de vue de Nara, et il est vide.

      culture
      5 €

    50 € hébergement · 29 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la gare de Kintetsu, 100 € la nuit.

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  8. Nara → Osaka — Ligne Kintetsu, 45 min, 4 € par personne.
  9. Osaka, Japon classique

    05. Osaka

    J11 → J12 · 2 nuits · 213 € par personne

    Cuisine de rue, néons de Dotonbori, château

    La ville où l'on vient manger : takoyaki, okonomiyaki et néons de Dotonbori le soir. Moins de temples qu'à Kyoto, plus de vie de rue, et des prix un cran en dessous. C'est aussi le meilleur point de départ pour Himeji, dont le château blanc, jamais détruit, est à quarante minutes de Shinkansen.

    En savoir plus sur Osaka

    Osaka est la ville où l'on vient manger, et cela a un nom local : kuidaore, se ruiner en nourriture. Elle a été la ville des marchands quand Kyoto était celle de la cour et Edo celle des guerriers, et cette culture commerçante se retrouve dans son abord — on y parle plus fort, plus directement, et le dialecte du Kansai y est une fierté.

    Elle compte nettement moins de temples que Kyoto et beaucoup plus de vie de rue. Dotonbori, le soir, aligne ses enseignes géantes et animées au-dessus d'un canal, dont le coureur Glico, allumé depuis 1935. Les spécialités se mangent debout ou au comptoir : takoyaki, boulettes de poulpe servies brûlantes, et okonomiyaki, galette qu'on cuit souvent soi-même sur la plaque de la table. Les prix sont un cran en dessous de Tokyo et de Kyoto, hébergement compris.

    C'est aussi le meilleur point de départ vers l'ouest. Le château de Himeji, à quarante minutes de Shinkansen, est le seul grand château japonais jamais détruit ni par la guerre ni par un incendie — celui d'Osaka, lui, est une reconstruction en béton des années 1930, avec un ascenseur, ce qui déçoit ceux qui l'ignorent. ⚠️ Himeji se visite en chaussettes, chaussures à la main dans un sac fourni, sur des escaliers de bois très raides.

    À table

    • Takoyaki — les boulettes de pâte à la pieuvre, cuites dans une plaque à alvéoles et retournées à la pique ; ⚠️ brûlantes à l'intérieur.
    • Okonomiyaki — la crêpe garnie de chou, viande ou fruits de mer, cuite sur la plaque et nappée de sauce brune et de mayonnaise ; on la coupe à la spatule.
    • Kushikatsu — les brochettes panées et frites du quartier de Shinsekai ; ⚠️ la sauce est commune à la table, on ne trempe qu'une fois.
    • Dōtonbori la nuit — la rue où tout se mange debout, de la pieuvre grillée au crabe géant de l'enseigne : Osaka s'appelle elle-même « la cuisine du Japon ».

    Jour 11

    • Dotonbori et ses enseignes le soir, Osaka, Japon classique
      Dotonbori et ses enseignes le soir Le canal, ses enseignes géantes — le crabe articulé, le coureur Glico — et la cuisine de rue d'Osaka : takoyaki et okonomiyaki. Osaka se dit la cuisine du Japon.
      En savoir plus

      Dotonbori est un canal creusé au début du XVIIᵉ siècle par un marchand qui y a englouti sa fortune et est mort avant l'achèvement ; le quartier a ensuite concentré les théâtres de kabuki et de marionnettes bunraku d'Osaka, avant de devenir le quartier des restaurants et des enseignes.

      Ces enseignes sont la signature du lieu : un crabe géant aux pattes articulées, un poulpe, une main tenant des sushis, et surtout le coureur Glico, allumé depuis 1935, qui a été refait plusieurs fois et devant lequel tout le monde pose en imitant sa posture. Elles s'expliquent par une tradition commerciale d'Osaka, ville de marchands où l'on affiche ce qu'on vend en grand.

      La ville se dit la cuisine du Japon, et deux plats s'y mangent debout ou au comptoir : le takoyaki, boulettes de pâte au poulpe cuites dans des moules sphériques et servies brûlantes — ⚠️ elles brûlent réellement, il faut attendre —, et l'okonomiyaki, galette de chou et de pâte qu'on cuit souvent soi-même sur la plaque encastrée dans la table. ⚠️ Une règle locale : on ne trempe pas deux fois une brochette dans la sauce commune des kushikatsu.

      détente
      gratuit
    • Marché de Kuromon, Osaka, Japon classique
      Marché de Kuromon Cent quatre-vingts étals sur six cents mètres, où l'on achète pour manger sur place : coquilles Saint-Jacques grillées, thon, bœuf de Kobe à la brochette.
      En savoir plus

      Le marché n'est pas fait pour rapporter des courses : on achète une pièce, on la mange debout devant l'étal, et l'on recommence trente mètres plus loin. Coquilles Saint-Jacques ouvertes et grillées au beurre, thon découpé devant toi, brochettes de bœuf persillé, fruits vendus à la tranche. Dans des bacs, des poissons-globes vivants attendent : Osaka en consomme plus que n'importe quelle autre ville du pays, et les préparer exige une licence.

      Le nom vient d'une porte noire, celle d'un temple voisin qui a brûlé au début du XXᵉ siècle et qu'on n'a jamais rebâtie. Le marché, lui, fournissait les cuisines de la ville — Osaka se définit elle-même par un mot qui signifie se ruiner en mangeant, et elle le revendique.

      Le basculement vers le visiteur a un effet concret : les prix affichés sont plus élevés qu'au marché de quartier, et les habitants le disent volontiers. Les étals ferment tôt le soir, bien avant les restaurants alentour, et beaucoup de choses se paient encore en espèces. Prévois quoi faire de tes déchets : il y a très peu de poubelles au Japon et l'on garde ses emballages avec soi jusqu'à l'hôtel.

      marché
      gratuit
    • Château d'Osaka et son parc, Osaka, Japon classique
      Château d'Osaka et son parc Reconstruction de 1931 du château de Toyotomi Hideyoshi, qui unifia le Japon au XVIe siècle. Le parc et ses six cents cerisiers sont gratuits, le donjon-musée payant.
      En savoir plus

      Ce qui impressionne n'est pas le donjon mais la muraille : des blocs de plusieurs dizaines de tonnes ajustés sans mortier, dont un, près de l'entrée principale, est le plus gros du château — amené par mer depuis les îles de la mer Intérieure, sur des barges, pour une raison d'orgueil autant que de défense.

      Ces pierres ne sont pourtant pas celles du seigneur dont on visite le musée. Après la chute de sa famille, les vainqueurs ont rasé le site, remblayé de plusieurs mètres et reconstruit par-dessus, plus haut et plus grand, pour qu'il ne reste rien de leur prédécesseur. Le mur d'origine dort sous le sol : on l'a retrouvé par sondage au XXᵉ siècle. Le donjon actuel est une reconstruction de béton des années 1930, payée par une souscription des habitants — elle a traversé les bombardements qui ont détruit l'arsenal voisin.

      L'intérieur est un musée avec ascenseur : c'est un bâtiment moderne, il faut le savoir en prenant son billet. Le parc et les remparts sont libres et valent la promenade à eux seuls, avec un verger de pruniers qui fleurit avant les cerisiers. Depuis les gares les plus proches, la montée est plus longue qu'elle n'en a l'air.

      culture
      4 €

    Jour 12

    • Château de Himeji, excursion à la journée, Osaka, Japon classique
      Château de Himeji, excursion à la journée Le plus beau château japonais et l'un des rares jamais détruits — ni par la guerre, ni par le feu, ni par les séismes. Ses défenses forment un labyrinthe conçu pour désorienter l'assaillant. Tarif non-résident depuis 2026.
      En savoir plus

      On n'entre pas droit dans le château : le chemin tourne, revient sur lui-même, franchit des portes de plus en plus basses et passe sous des murs percés de meurtrières rondes, carrées, triangulaires. L'assaillant tournait en rond sous les tirs pendant que le donjon restait en vue, tout près et inaccessible. Le blanc des murs n'est pas de la peinture mais un enduit de chaux, appliqué jusque sur les joints des tuiles, qui protégeait du feu.

      Le château n'a jamais été pris ni brûlé, et il a échappé deux fois au néant : une bombe incendiaire est tombée sur le donjon en 1945 sans se déclencher, alors que la ville autour était détruite ; en 1995, le séisme de Kobe l'a laissé debout. La restauration achevée au milieu des années 2010 l'a rendu si blanc que des habitants s'en sont plaints.

      À l'intérieur, on se déchausse et l'on porte ses chaussures dans un sac tout du long. Les escaliers entre les étages sont des échelles de bois presque verticales, à sens unique, impraticables avec un enfant en écharpe ou un gros sac à dos. L'aile ouest et son long couloir de service sont compris dans le billet et presque vides. En forte affluence, le donjon se prend par créneau numéroté remis à l'entrée.

      culture
      15 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Château de Himeji, excursion à la journée

    Une journée hors de la ville, en train et en bus : le château de Himeji, le plus beau du Japon et l'un des rares jamais détruits — ses défenses forment un labyrinthe conçu pour désorienter l'assaillant —, puis les sources d'Arima, parmi les plus anciennes du pays, et l'observatoire du mont Rokko.

    10 h · en anglais · Osaka

    Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Klook · prix relevé le 10-08-2026 · lien affilié

    53 € hébergement · 32 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel d'affaires près de Namba, 105 € la nuit.

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  10. Osaka → Hiroshima et Miyajima — Shinkansen Sakura, 1 h 30, 60 € par personne.
  11. Hiroshima et Miyajima, Japon classique

    06. Hiroshima et Miyajima

    J13 → J14 · 2 nuits · 202 € par personne

    Mémoire, torii sur l'eau, île boisée

    Une ville reconstruite, dont le mémorial et le musée sont une visite éprouvante mais nécessaire — compter une demi-journée, et ne pas enchaîner autre chose derrière. Miyajima, avec son torii planté dans l'eau, est à trente minutes de train puis dix de ferry, et se voit à marée haute autant qu'à marée basse.

    En savoir plus sur Hiroshima et Miyajima

    Hiroshima est une ville entièrement reconstruite, moderne, traversée de larges avenues et de rivières, et rien dans son apparence ne rappelle ce qui s'y est passé sauf le périmètre qu'on a délibérément conservé. Le Dôme de Genbaku, l'un des rares bâtiments restés debout presque sous l'hypocentre, a été laissé en l'état comme témoin, à quelques centaines de mètres du point d'explosion.

    ⚠️ Le musée du Mémorial de la Paix est une visite éprouvante et il faut le savoir avant d'entrer : il montre des objets et des témoignages personnels, pas des données abstraites, et beaucoup de visiteurs en ressortent bouleversés. Compter une demi-journée pour l'ensemble du parc et du musée, et ne rien prévoir derrière — enchaîner une autre visite ne fonctionne pas.

    Miyajima offre le contrepoint nécessaire, à trente minutes de train puis dix de ferry. Son grand torii vermillon est planté dans la mer et se découvre différemment selon l'heure : à marée haute il semble flotter, à marée basse on marche jusqu'à son pied dans la vase. Les deux valent le déplacement, et la table des marées se consulte pour choisir. ⚠️ L'île se vide en fin d'après-midi quand repartent les excursionnistes ; y dormir donne accès au sanctuaire éclairé et au mont Misen sans personne. Des daims en liberté y circulent aussi, moins nombreux qu'à Nara.

    À table

    • Okonomiyaki de Hiroshima — à la différence d'Osaka, les couches sont séparées : crêpe fine, chou, nouilles yakisoba, œuf ; un immeuble entier, Okonomimura, y est consacré.
    • Huîtres de Miyajima — la baie fournit une grande part de la récolte japonaise ; grillées sur la coquille dans la rue commerçante de l'île, ou frites.
    • Anago-meshi — le congre grillé et laqué sur un bol de riz, la spécialité de la gare de Miyajimaguchi, aussi en bento à emporter.
    • Momiji manjū — les petits gâteaux en forme de feuille d'érable fourrés à la pâte de haricot rouge, fabriqués sous vos yeux à Miyajima.

    Jour 13

    • Parc du Mémorial de la Paix et Dôme de Genbaku, Hiroshima et Miyajima, Japon classique
      Parc du Mémorial de la Paix et Dôme de Genbaku Le dôme est le seul bâtiment resté debout sous l'hypocentre du 6 août 1945, conservé en l'état. La flamme de la paix brûlera jusqu'à la disparition de la dernière arme nucléaire.
      En savoir plus

      Le dôme était un palais d'exposition industrielle, dessiné par un architecte tchèque au début du siècle, coupole de métal sur murs de brique. La bombe a explosé presque à sa verticale : le souffle est descendu droit sur les murs au lieu de les prendre de flanc, et c'est pour cela seulement que la carcasse est restée debout quand tout autour a été couché.

      Ce que le parc a remplacé compte autant que ce qu'il montre : c'était Nakajima, le quartier le plus animé de la ville, ses commerces, ses maisons, ses habitants. Un seul bâtiment y a survécu, un ancien magasin de kimonos devenu maison du repos ; un homme s'en est sorti dans son sous-sol, qui existe toujours. Sous l'arche du cénotaphe, alignée sur la flamme et sur le dôme, est déposé le registre des noms, auquel on ajoute chaque année ceux des survivants morts entre-temps. Son épitaphe promet de ne pas répéter l'erreur sans dire qui l'a commise, et l'on en discute depuis qu'elle est gravée.

      Il n'y a ni billet, ni sens de visite. La conservation du dôme a été débattue vingt ans : beaucoup de survivants voulaient qu'on l'abatte, ne supportant pas de le voir. Photographier est autorisé ; poser en souriant devant les ruines se voit.

      culture
      gratuit
    • Musée du Mémorial de la Paix, Hiroshima et Miyajima, Japon classique
      Musée du Mémorial de la Paix Objets, photographies et témoignages des survivants. L'entrée est maintenue à 200 yens pour que personne n'en soit écarté. Éprouvant, et c'est le propos.
      En savoir plus

      Le parcours a été réorganisé pour qu'on ne commence pas par les explications. On entre par les objets et par les gens : un uniforme d'écolière, une gamelle au riz carbonisé, une montre arrêtée, des dessins faits de mémoire par des survivants, et les rares photographies prises ce jour-là. Les cartels sont courts, souvent réduits au nom d'un enfant, à son âge et à l'endroit où il se trouvait.

      Un tricycle occupe une vitrine à lui seul. Un père l'a enterré dans son jardin avec son fils de trois ans, ne supportant pas de le mettre au cimetière si loin de la maison ; il les a déterrés quarante ans plus tard pour donner le tricycle au musée et confier l'enfant à une tombe. C'est à cette échelle-là que le musée a choisi de parler, plutôt qu'à celle des bilans.

      C'est éprouvant, et le musée le sait : il y a des bancs, des salles où l'on peut s'asseoir, et rien n'oblige à tout lire. Des audioguides existent en plusieurs langues et allègent la lecture. Fais le parc d'abord et le musée ensuite, puis ne prévois rien derrière : la plupart des visiteurs n'ont plus envie de programme en sortant. On y parle à voix basse sans que personne l'ait demandé.

      culture
      2 €
    • Mont Misen en téléphérique, Hiroshima et Miyajima, Japon classique
      Mont Misen en téléphérique Sommet de l'île à 535 mètres, avec une flamme qu'un moine aurait allumée en 806 et qui brûlerait depuis. C'est elle qui a servi à allumer la flamme de la paix.
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      Le téléphérique se prend en deux tronçons, avec changement de cabine à mi-parcours, et il ne monte pas au sommet : de la station haute, il reste une vraie marche de descente puis de montée, sur un sentier de racines et de marches de pierre, pour atteindre le point culminant. Là-haut, des blocs de granit énormes sont posés les uns sur les autres, on passe sous une arche naturelle, et la vue porte sur les îles de la mer Intérieure.

      Juste avant le sommet, une petite salle abrite un foyer qu'un moine aurait allumé au IXᵉ siècle et qu'on entretient depuis sans jamais le laisser s'éteindre. Une bouilloire de fonte y chauffe en permanence et l'eau se boit. C'est de cette flamme qu'a été tirée celle qui brûle au mémorial d'Hiroshima, de l'autre côté de l'eau.

      Le dernier téléphérique redescend beaucoup plus tôt qu'on ne l'imagine, et le rater signifie une longue descente à pied dans une forêt qui devient noire vite : note l'heure limite en montant, et compte le retour depuis le sommet, pas depuis la station. Chaussures fermées, et prends de l'eau — il n'y a rien à acheter en haut. Les daims montent jusqu'aux stations.

      nature
      15 €

    Jour 14

    • Île de Miyajima et son torii sur l'eau, Hiroshima et Miyajima, Japon classique
      Île de Miyajima et son torii sur l'eau Le torii du sanctuaire Itsukushima paraît flotter à marée haute et se rejoint à pied à marée basse. L'île entière était tenue pour sacrée : on n'y a longtemps ni construit ni enterré.
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      Le grand portique ne tient par rien : aucun pieu, aucun scellement. Ses piliers de camphrier posent leur seul poids sur des pierres enfoncées dans le sable, et la traverse du haut est une caisse creuse remplie de galets pour lester l'ensemble. Il faut des troncs entiers et courbes pour le refaire, et les trouver prend des décennies. Le sanctuaire lui-même est bâti sur pilotis, en galeries au-dessus de l'eau, parce qu'on ne devait pas poser le pied sur l'île sacrée pour venir prier.

      Plus haut, une immense halle de bois est restée inachevée : son commanditaire est mort avant la fin des travaux, le chantier s'est arrêté net, et l'on y voit aujourd'hui une charpente sans plafond ni façade, ouverte au vent, à côté d'une pagode à cinq étages.

      Tout dépend de la marée et les deux visages du lieu s'excluent : à marée haute le portique et les galeries flottent, à marée basse on marche jusqu'aux piliers sur le sable. Regarde la table des marées avant de choisir ton bac. Les daims sont ici aussi, mais il est interdit de les nourrir — ils mangent les plans et les billets qui dépassent d'une poche. Le bac de la compagnie ferroviaire fait un crochet près du portique en journée ; l'autre non.

      nature
      5 €

    50 € hébergement · 30 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près de la gare, 100 € la nuit.

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Le budget de ces 14 jours

1 744 € par personne pour 14 jours, soit 125 € / jour. À deux, 3 488 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement798 €46 %
Repas438 €25 %
Transport sur place174 €10 %
Billets de train et de bus235 €13 %
Activités99 €6 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 6 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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