Osaka est la ville où l'on vient manger, et cela a un nom local : kuidaore, se ruiner en nourriture. Elle a été la ville des marchands quand Kyoto était celle de la cour et Edo celle des guerriers, et cette culture commerçante se retrouve dans son abord — on y parle plus fort, plus directement, et le dialecte du Kansai y est une fierté.
Elle compte nettement moins de temples que Kyoto et beaucoup plus de vie de rue. Dotonbori, le soir, aligne ses enseignes géantes et animées au-dessus d'un canal, dont le coureur Glico, allumé depuis 1935. Les spécialités se mangent debout ou au comptoir : takoyaki, boulettes de poulpe servies brûlantes, et okonomiyaki, galette qu'on cuit souvent soi-même sur la plaque de la table. Les prix sont un cran en dessous de Tokyo et de Kyoto, hébergement compris.
C'est aussi le meilleur point de départ vers l'ouest. Le château de Himeji, à quarante minutes de Shinkansen, est le seul grand château japonais jamais détruit ni par la guerre ni par un incendie — celui d'Osaka, lui, est une reconstruction en béton des années 1930, avec un ascenseur, ce qui déçoit ceux qui l'ignorent. ⚠️ Himeji se visite en chaussettes, chaussures à la main dans un sac fourni, sur des escaliers de bois très raides.