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Maroc en 14 jours : l'itinéraire jour par jour

1 011 € par personne sur place pour 14 jours, soit 72 € / jour — en 8 étapes, de Marrakech à Essaouira. En passant par Aït Ben Haddou, Merzouga, Fès, Chefchaouen, Rabat et Casablanca.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · toutes les étapes de Maroc

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Marrakech Ménara (RAK), retour depuis Casablanca Mohammed-V (CMN) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Marrakech, Maroc

    01. Marrakech

    J1 → J3 · 3 nuits · 215 € par personne

    Médina, souks, jardins et Atlas en toile de fond

    Une médina de cent mille habitants enfermée dans ses remparts, où l'on se perd nécessairement et où les ruelles ne portent pas toujours de nom. ⚠️ Le coût du séjour bascule selon qu'on dort dans un riad de la médina ou dans le quartier moderne de Guéliz. La Jemaa el-Fna ne prend son vrai visage qu'après le coucher du soleil.

    En savoir plus sur Marrakech

    La médina de Marrakech compte environ cent mille habitants derrière ses remparts de terre rouge, et l'on s'y perd nécessairement : beaucoup de ruelles ne portent pas de nom, les impasses sont nombreuses, et les applications de navigation y sont approximatives. C'est normal et cela fait partie de l'endroit — il suffit de demander la place ou la porte la plus proche, que tout le monde connaît.

    ⚠️ Le coût du séjour bascule selon le quartier. Un riad dans la médina, maison à patio traditionnelle, est souvent moins cher qu'un hôtel de Guéliz, le quartier moderne, et infiniment plus intéressant — mais il ne se rejoint pas en voiture : le taxi s'arrête au bout de la ruelle carrossable et l'on finit à pied avec les bagages. Guéliz offre des restaurants sans mise en scène et des commerces ordinaires.

    La place Jemaa el-Fna change complètement de nature dans la journée : vide et écrasée de soleil l'après-midi, elle se remplit à la tombée du jour de cuisines ambulantes, de conteurs, de musiciens et de foule. C'est le soir qu'elle vaut le détour. ⚠️ Les charmeurs de serpents et les dresseurs de singes de la place réclament un paiement dès qu'une photo est prise, même de loin, et les conditions de ces animaux sont mauvaises. Les prix se négocient partout dans les souks, à commencer nettement en dessous de la première annonce.

    À table

    • Tanjia — la marmite de jarret de bœuf cuite lentement dans les cendres du hammam, plat des ouvriers de la médina ; à commander la veille.
    • Les grillades de Jemaa el-Fna — la place devient un restaurant en plein air le soir : brochettes, escargots au bouillon (babbouche), têtes de mouton.
    • Couscous du vendredi — il se mange traditionnellement le vendredi midi ; dans les riads on le commande la veille.
    • Le thé à la menthe — versé de haut pour le faire mousser, très sucré ; refuser le sucre est possible, refuser le thé est impoli.

    Jour 1

    • Place Jemaa el-Fna à la tombée du jour, Marrakech, Maroc
      Place Jemaa el-Fna à la tombée du jour La place se transforme au coucher du soleil : conteurs, musiciens gnawa et cent échoppes de cuisine montées en une heure. Classée patrimoine immatériel par l'Unesco pour cette tradition orale.
      En savoir plus

      La place est classée par l'Unesco non pour son architecture — elle n'en a pas — mais comme patrimoine culturel immatériel, au titre de la tradition orale qui s'y perpétue : conteurs, halqa, joutes poétiques et musique se transmettent ici depuis des siècles, et c'est l'un des tout premiers sites inscrits à ce titre dans le monde. La distinction protège une pratique, pas des pierres.

      Le basculement du jour à la nuit est le phénomène à voir : la place est vide et écrasée de soleil l'après-midi, puis, en une heure environ, une centaine d'échoppes de cuisine sont montées de toutes pièces avec leurs bâches, leurs bancs et leurs fumées, et les cercles de spectateurs se forment autour des musiciens gnawa et des conteurs.

      ⚠️ Les charmeurs de serpents, les dresseurs de singes et les femmes au henné réclament un paiement dès qu'une photographie est prise, même de loin, et l'insistance peut être vive. Les conditions de vie de ces animaux sont mauvaises — les cobras sont souvent décrochés ou cousus. Les terrasses des cafés qui bordent la place donnent la vue d'ensemble contre le prix d'une consommation, et c'est le meilleur poste d'observation.

      détente
      gratuit
    • Médersa Ben Youssef, Marrakech, Maroc
      Médersa Ben Youssef La plus grande école coranique du Maghreb, rouverte en 2022 après six ans de travaux : un patio de marbre entouré de cent trente cellules d'étudiants, cèdre sculpté et zelliges du sol au plafond. 50 MAD, et c'est le plus beau rapport qualité-prix de la médina.
      En savoir plus

      Les cellules sont la vraie surprise. On monte par des escaliers étroits vers des chambres minuscules, certaines sans fenêtre, d'autres ouvertes sur un puits de lumière grand comme une table : c'est là que dormaient les étudiants venus de tout le Maghreb, parfois à plusieurs par pièce, pendant que le patio en contrebas concentrait toute la richesse du lieu.

      Ce patio suit une règle que l'œil finit par repérer : plus on s'élève sur le mur, plus la matière est tendre. Zellige de terre cuite en bas, stuc sculpté au milieu, cèdre ajouré en haut — les matériaux sont classés par dureté, pour que les mains et l'usure ne touchent que ce qui résiste. Aucune figure humaine ni animale, seulement de la géométrie, du végétal et de l'écriture, dont de longues bandes de calligraphie qui font partie du décor autant que du texte.

      Fondée par les Mérinides, rebâtie par les Saadiens au XVIᵉ siècle, elle a formé des étudiants jusqu'aux années 1960. Le patio est petit et photographié en continu : arriver à l'ouverture change complètement la visite.

      culture
      5 €
    • Souks de la médina, Marrakech, Maroc
      Souks de la médina Des kilomètres de ruelles couvertes organisées par métier — teinturiers, ferronniers, babouchiers. On négocie systématiquement, en partant du tiers du prix annoncé.
      En savoir plus

      L'organisation par métier n'est pas décorative, elle vient des corporations et elle tient toujours. Un souk pour les teinturiers, dont les écheveaux de laine sèchent en travers de la ruelle, un pour les ferronniers qu'on entend de loin, un pour les babouches, un pour les paniers, un pour les épices. En te repérant aux métiers plutôt qu'aux noms de rues — il n'y en a pas — tu sais toujours à peu près où tu te trouves.

      Pousse la porte des fondouks, ces anciens caravansérails à cour carrée et galeries de bois : les chambres qui logeaient les marchands abritent aujourd'hui des ateliers, et on y regarde travailler sans rien devoir à personne.

      On te dira que la place est fermée, qu'une fête berbère a lieu aujourd'hui, ou qu'il faut passer par là : ce sont des rabatteurs payés à la commission par les boutiques, et c'est un métier comme un autre dans une ville qui vit du visiteur. Un non merci ferme, sans s'arrêter, suffit — c'est le fait de s'arrêter pour discuter qui engage. Les scooters, eux, passent partout, klaxonnent tard et ne ralentissent pas.

      marché
      gratuit

    Jour 2

    • Jardin Majorelle, Marrakech, Maroc
      Jardin Majorelle Jardin botanique créé par le peintre Jacques Majorelle dans les années 1920, sauvé par Yves Saint Laurent en 1980. Le bleu outremer des murs porte son nom. Réservation en ligne obligatoire.
      En savoir plus

      Jacques Majorelle était le fils de Louis Majorelle, l'ébéniste de l'École de Nancy, et il est arrivé à Marrakech pour soigner ses poumons. Le jardin est d'abord son atelier : il achète le terrain en 1923, fait bâtir une villa aux volumes cubiques, et plante pendant quarante ans des cactus, des bambous et des nénuphars rapportés de ses voyages. Le bleu qu'il étale sur les murs, les pergolas et les pots n'a rien d'une tradition locale : c'est le sien, un outremer violent posé là en peintre, pour faire ressortir le vert.

      Les difficultés financières le rattrapent et il ouvre le jardin au public dès 1947 pour l'entretenir. Après sa mort, le terrain retombe à l'abandon et un projet immobilier le menace ; Yves Saint Laurent et Pierre Bergé le rachètent. Les cendres du couturier ont été dispersées ici, et une colonne porte son nom près de l'entrée.

      L'ancien atelier abrite aujourd'hui le musée berbère, qui ne dépend pas du même billet selon les formules — à vérifier en réservant. Le jardin est petit et se remplit très vite : le premier créneau du matin est le seul où l'on entende les oiseaux plutôt que les déclencheurs.

      nature
      21 €
    • Remparts et Bab Agnaou au couchant, Marrakech, Maroc
      Remparts et Bab Agnaou au couchant Dix-neuf kilomètres de murailles de pisé qui virent à l'ocre rouge en fin de journée, et la porte almohade du XIIᵉ siècle, la seule sculptée de Marrakech. Rien à payer, et c'est là que la ville est la plus photogénique.
      En savoir plus

      Les murailles de Marrakech courent sur une vingtaine de kilomètres autour de la médina et sont bâties en pisé — de la terre crue damée dans un coffrage, mêlée de chaux et de paille. Ce matériau explique leur couleur, qui n'est pas une peinture mais la terre elle-même, et il explique aussi qu'elles soient entretenues en permanence : la pluie les érode et il faut les recharger.

      Cette teinte ocre rouge est devenue une obligation réglementaire : les constructions de la ville doivent s'y conformer, ce qui donne à Marrakech son unité chromatique et lui vaut son surnom. La lumière de fin de journée la fait passer par une gamme de rouges en une vingtaine de minutes.

      Bab Agnaou est la porte almohade du XIIᵉ siècle qui donnait accès à la kasbah royale, et c'est la seule de Marrakech à être sculptée : des arcs concentriques en pierre bleutée, encadrés d'une frise d'inscriptions coufiques. Elle ne se paie pas et se photographie depuis la rue. ⚠️ Le tour des remparts en calèche est proposé partout et se négocie fermement avant de monter ; à pied, la partie sud entre Bab Agnaou et Bab er-Robb est la plus intéressante.

      détente
      gratuit

    Jour 3

    • Palais de la Bahia, Marrakech, Maroc
      Palais de la Bahia Cent cinquante pièces construites à la fin du XIXe siècle pour un grand vizir, avec plafonds de cèdre peint, zellige et patios plantés d'orangers. « Bahia » signifie « la brillante ».
      En savoir plus

      Le palais n'a pas de plan d'ensemble, et c'est son histoire même : Ba Ahmed, grand vizir tout-puissant, a racheté une à une les maisons voisines et les a raccordées à la sienne. On passe donc d'un patio à l'autre sans logique apparente, avec des ruptures de niveau et des couloirs qui ne mènent nulle part, chaque cour ayant été la maison de quelqu'un d'autre.

      Lève les yeux, les plafonds sont l'essentiel. Le cèdre du Moyen Atlas y est peint au zouak, motifs floraux tracés à la main sur le bois, chaque pièce avec sa palette. La grande cour de marbre, la salle du conseil et les appartements privés se repèrent à la finesse du travail : le budget n'était pas le même partout.

      À la mort de Ba Ahmed, en 1900, la maison a été vidée en quelques jours — meubles, tapis, portes, et jusqu'aux gens de maison, dispersés. Il ne reste que ce qu'on ne pouvait pas emporter, ce qui explique cette impression de coquille magnifique et vide. C'est le monument le plus fréquenté de la médina, et les groupes arrivent en matinée : la fin de journée y est nettement plus calme.

      culture
      9 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    31 € hébergement · 22 € repas · 7 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Riad avec patio et petit-déjeuner, 62 € la nuit.

    Voir les hébergements à Marrakechlien affilié

  2. Marrakech → Aït Ben Haddou — Bus par le Tizi n'Tichka, 4 h 30, 9 € par personne.
  3. Aït Ben Haddou, Maroc

    02. Aït Ben Haddou

    J4 · 1 nuit · 51 € par personne

    Ksar de terre au pied de l'Atlas, décor de cinéma

    Un village fortifié en terre crue, au pied du Haut Atlas, dont les tours fondent un peu à chaque pluie et se reconstruisent. Il sert de décor de cinéma depuis cinquante ans. ⚠️ On le traverse à gué ou par une passerelle selon le niveau de l'oued, et la montée jusqu'au grenier prend vingt minutes en plein soleil.

    En savoir plus sur Aït Ben Haddou

    Aït Ben Haddou est un ksar, c'est-à-dire un village fortifié collectif, bâti entièrement en terre crue mêlée de paille et de bois de palmier, sur un versant qui fait face à l'oued. C'est une architecture vivante et fragile : la pluie en emporte un peu chaque année, et les murs se refont à la main avec le même matériau — ce qui explique que le site paraisse à la fois très ancien et sans cesse neuf.

    Il sert de décor de cinéma depuis un demi-siècle, et une partie des constructions les plus photogéniques ont été renforcées ou ajoutées pour des tournages. Quelques familles seulement y vivent encore ; la plupart des habitants sont installés dans le village moderne de l'autre côté de la rivière.

    ⚠️ On le rejoint à gué ou par une passerelle selon le niveau de l'oued, souvent à sec mais parfois infranchissable après un orage en amont. La montée jusqu'à l'agadir, le grenier collectif au sommet, prend une vingtaine de minutes en plein soleil sur des marches irrégulières : y aller tôt le matin ou en fin de journée, quand la lumière rase la terre et la fait rougir. Ouarzazate, à trente kilomètres, abrite les studios de cinéma et la kasbah de Taourirt, et concentre l'essentiel des hébergements et des services de la région.

    À table

    • Tajine de kefta — boulettes de viande aux œufs pochés dans la sauce tomate, le plat des relais de la route du Sud.
    • Msemen et pain du village — les crêpes feuilletées et le pain cuit au four en terre, au petit déjeuner des gîtes.
    • Safran de Taliouine — la région voisine produit le safran marocain ; on l'achète en filaments, jamais en poudre.

    Jour 4

    • Montée au grenier du ksar, Aït Ben Haddou, Maroc
      Montée au grenier du ksar Le village fortifié en pisé domine la vallée depuis le XIe siècle, sur l'ancienne route caravanière du sel. Le grenier collectif, en haut, offre la vue sur tout l'Atlas.
      En savoir plus

      Le ksar est une machine défensive complète : une enceinte, des tours d'angle, des maisons collées les unes aux autres et, tout en haut, l'agadir, le grenier collectif où chaque famille avait sa case pour les grains et les actes. On plaçait la réserve au point le plus haut et le plus difficile à prendre — c'était la banque du village autant que son garde-manger. Il est en ruine, mais le choix de l'emplacement se comprend d'un seul coup d'œil sur la vallée.

      La montée se fait par des ruelles en pente, des marches inégales et de la terre qui glisse : des chaussures fermées valent mieux que des tongs. Des échoppes jalonnent le chemin, dont des ateliers où l'on peint au safran et au sucre brûlé, l'image apparaissant à la flamme.

      Presque tous les habitants ont déménagé de l'autre côté de l'oued, où l'eau et l'électricité arrivent ; quelques familles seulement vivent encore dans le ksar, avec des maisons d'hôtes. La traversée se fait à gué sur des sacs de sable quand l'oued est bas, et par le pont quand il monte — ce qui va vite après un orage sur l'Atlas.

      culture
      gratuit
    • Coucher de soleil sur la vallée, Aït Ben Haddou, Maroc
      Coucher de soleil sur la vallée La lumière rasante fait virer le pisé du ocre au rouge. Le meilleur point de vue est depuis la rive opposée de l'oued, en face du ksar.
      En savoir plus

      Le pisé n'a pas de couleur fixe : c'est la terre du lieu, damée entre des banches et mêlée de paille, qu'il faut reprendre après chaque grosse pluie. Sa teinte varie donc d'un mur à l'autre selon l'ancienneté de la dernière réfection, et la lumière rasante révèle ce patchwork qu'on ne voit pas à midi, quand tout est écrasé de blanc.

      Depuis l'autre rive, le ksar se détache d'un seul tenant, sans le village moderne ni les voitures dans le cadre : c'est le point de vue de toutes les affiches, et il est libre d'accès. Les tours d'angle gardent le rouge en dernier, quand le fond de la vallée est déjà dans l'ombre.

      La nuit tombe vite et il n'y a presque pas d'éclairage public : prévois une lampe, ou un téléphone chargé, pour le retour par le gué et les ruelles. Le froid arrive avec l'ombre, brutalement — on est à plus de mille mètres, dans un air très sec, et l'écart entre l'après-midi et la soirée surprend même en été. Les terrasses de café de la rive opposée servent le thé jusqu'à la nuit.

      nature
      gratuit

    28 € hébergement · 18 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Maison d'hôtes en pisé, 55 € la nuit.

    Voir les hébergements à Aït Ben Haddoulien affilié

  4. Aït Ben Haddou → Merzouga — Bus Supratours via Ouarzazate, 8 h, 14 € par personne.
  5. Merzouga, Maroc

    03. Merzouga

    J5 → J6 · 2 nuits · 173 € par personne

    Dunes de l'Erg Chebbi, bivouac et ciel étoilé

    Le bout de la route goudronnée, face à l'erg Chebbi, dont les dunes montent à cent cinquante mètres. On y vient pour une nuit sous tente, atteinte à dos de dromadaire ou en 4×4. ⚠️ L'écart de température entre l'après-midi et la nuit dépasse vingt degrés, même en été : prévoir une veste.

    En savoir plus sur Merzouga

    Merzouga est le bout de la route goudronnée, un village posé face à l'erg Chebbi — un massif de dunes d'une trentaine de kilomètres de long dont les plus hautes atteignent cent cinquante mètres. Ce n'est pas le plus grand désert du Maroc mais c'est le plus accessible : la dune commence littéralement au bout du village, sans transition.

    On y vient pour une nuit sous tente au milieu de l'erg, atteinte en une heure et demie à dos de dromadaire au coucher du soleil, ou en véhicule tout-terrain pour ceux qui préfèrent. Le dîner est pris sous la tente, avec musique, et l'on se lève avant l'aube pour monter sur la dune voisine voir le soleil se lever sur la Hamada.

    ⚠️ L'écart de température entre l'après-midi et la nuit dépasse vingt degrés en toute saison, y compris en été où les nuits sont fraîches, et l'hiver il peut geler. La veste chaude est l'oubli le plus fréquent des voyageurs. Le vent de sable est l'autre aléa : il se lève sans prévenir et peut annuler la sortie. Le village de Khamlia, à quelques kilomètres, est habité par des descendants d'esclaves subsahariens qui perpétuent la musique gnawa — les séances y sont courtes, sincères et payantes, et valent mieux que la version hôtelière.

    À table

    • Medfouna — la « pizza berbère », un pain farci de viande, d'oignons et d'épices cuit sous le sable ou au four en terre ; à commander le matin pour le soir.
    • Le dîner sous la tente — tajine et thé au bivouac, après le coucher du soleil sur l'erg ; ⚠️ le sable s'invite dans tout.
    • Dattes du Tafilalet — la palmeraie voisine produit la medjool ; on les achète au marché de Rissani.

    Jour 5

    • Lever de soleil sur les dunes, Merzouga, Maroc
      Lever de soleil sur les dunes L'erg Chebbi monte à 150 mètres et change de couleur en quelques minutes à l'aube. Il faut une demi-heure d'ascension dans le sable pour atteindre une crête.
      En savoir plus

      L'image d'un Sahara entièrement couvert de sable est fausse pour l'essentiel : la plus grande partie du désert est de la pierre et du gravier — hamada et reg — et les mers de sable comme l'erg Chebbi en sont une minorité. C'est pour cela qu'il surgit d'un coup, à la sortie d'un terrain plat et caillouteux, sans transition.

      La couleur vient des oxydes de fer qui enrobent les grains, et elle bascule très vite : ocre, puis orange, puis un rose pâle qui ne dure pas. Les crêtes reçoivent la lumière avant les creux, le relief se dessine en quelques instants, puis tout s'aplatit une fois le soleil franchement levé — le spectacle est plus court qu'on ne l'imagine.

      Monte par la crête plutôt que par le flanc : le sable y est tassé par le vent et tient sous le pied, tandis que la pente cède et te fait redescendre d'un pas sur deux. Pieds nus, c'est souvent plus simple que chaussé. Repère la direction du campement avant de partir dans le noir : les dunes se ressemblent toutes, et le vent efface les traces de la veille.

      nature
      gratuit
    • Nuit sous tente berbère avec dîner, Merzouga, Maroc
      Nuit sous tente berbère avec dîner Bivouac au cœur des dunes, tapis et matelas au sol, tajine le soir et ciel sans aucune pollution lumineuse. Il fait froid la nuit, même en été.
      En savoir plus

      Le sable ne garde pas la chaleur. Sans humidité dans l'air pour la retenir, tout ce que le jour a accumulé repart vers le ciel dès le coucher du soleil : l'écart entre l'après-midi et la nuit se compte en dizaines de degrés, y compris en plein été. D'où les couvertures épaisses empilées sur les matelas, qui paraissent absurdes en arrivant.

      Les tentes reprennent la forme de la khaïma nomade — tapis au sol, cloisons de tissu — et l'installation reste sommaire : sanitaires partagés selon les camps, eau comptée, électricité solaire qui s'arrête tôt. Une lampe frontale et une batterie de secours changent vraiment la soirée. Le repas est cuit sur place, et la musique vient après, aux tambours, autour du feu.

      Le ciel est l'autre raison d'être là. Sans une lumière à des dizaines de kilomètres, la Voie lactée se voit à l'œil nu comme une traînée continue, et les satellites traversent le champ en permanence. Laisse à tes yeux le temps de s'accoutumer à l'obscurité, sans regarder l'écran du téléphone : c'est la seule condition, et elle suffit.

      nature
      35 €

    Jour 6

    • Village de Khamlia et musique gnawa, Merzouga, Maroc
      Village de Khamlia et musique gnawa Village fondé par les descendants d'esclaves subsahariens, où la musique gnawa se joue au guembri et aux crotales. Séance l'après-midi, autour d'un thé.
      En savoir plus

      Les habitants descendent de populations amenées d'Afrique subsaharienne par les caravanes transsahariennes, le plus souvent réduites en esclavage. Leur culture s'est maintenue ici sous une forme qu'on ne trouve pas ailleurs dans la région, et le village reste modeste, bâti en terre, à l'écart des dunes.

      La musique gnawa n'est pas un folklore de scène : c'est d'abord un rituel de guérison nocturne, la lila, où les rythmes appellent des esprits associés chacun à une couleur, et qui se poursuit jusqu'au matin. Ce qu'on entend l'après-midi en est un extrait volontairement court, joué pour les visiteurs — le savoir aide à comprendre pourquoi les morceaux s'étirent et pourquoi les musiciens ne s'arrêtent pas où on les attend. Le guembri, luth-basse à trois cordes monté sur une caisse tendue de peau, tient la ligne grave ; les crotales de fer marquent le pas sans jamais s'interrompre.

      Le gnawa est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco depuis 2019. La séance se donne autour d'un thé, sans billetterie : c'est ce qu'on laisse à la fin, ou l'achat d'un disque, qui fait vivre le groupe.

      culture
      gratuit
    • Balade à dos de dromadaire, Merzouga, Maroc
      Balade à dos de dromadaire Une heure et demie jusqu'au bivouac, au pas, en fin de journée. Prévoir un foulard : le sable vole dès qu'il y a du vent.
      En savoir plus

      Le dromadaire ne se lève pas d'un bloc : il déplie l'arrière-train d'abord, puis l'avant, ce qui projette le cavalier vers l'avant puis vers l'arrière. Il faut tenir le pommeau et se pencher en arrière au premier mouvement, l'inverse à la descente — c'est le seul moment délicat de la balade. Ensuite l'allure est lente et régulière, le guide marche devant en tenant la longe, et personne ne conduit sa monture.

      Les caravanes qui reliaient le Maroc à Tombouctou avançaient exactement à ce pas, chargées de sel, d'or et d'esclaves, et c'est ce commerce transsaharien qui a fait la fortune des sultans dont on visite les palais plus au nord. La selle est posée sur des couvertures, de part et d'autre de la bosse, sans étriers.

      Un pantalon long évite le frottement à l'intérieur des cuisses, qui se rappelle au souvenir le lendemain. Le chèche sert autant contre le soleil que contre le sable, qui vole au moindre souffle. Regarde l'état des animaux avant de partir, les bivouacs sérieux les soignent, et garde les mains libres : dans les dunes, un appareil photo se remplit de sable en un instant.

      nature
      18 €

    34 € hébergement · 20 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Bivouac confort en plein désert, 68 € la nuit.

    Voir les hébergements à Merzougalien affilié

  6. Merzouga → Fès — Bus de nuit Supratours, 9 h, 20 € par personne.
  7. Fès, Maroc

    04. Fès

    J7 → J8 · 2 nuits · 113 € par personne

    La plus ancienne médina du monde, tanneries et médersas

    La plus ancienne médina encore habitée au monde, neuf mille ruelles, entièrement piétonne — les marchandises y circulent à dos de mulet. ⚠️ On s'y perd vraiment, et le GPS n'y fonctionne qu'à moitié. Les tanneries de Chouara se regardent depuis les terrasses des boutiques de cuir, qui donnent un brin de menthe à l'entrée.

    En savoir plus sur Fès

    Fès el-Bali est la plus ancienne médina encore habitée au monde et la plus grande zone piétonne du monde : environ neuf mille ruelles, où aucune voiture ne circule et où les marchandises se transportent à dos de mulet ou sur des charrettes tirées à la main. Le cri de garde à toi qui annonce un âne chargé est le son caractéristique de l'endroit.

    ⚠️ On s'y perd vraiment, et beaucoup plus qu'à Marrakech. Le GPS y fonctionne mal, les ruelles se ressemblent et la médina descend en pente vers la rivière, ce qui trompe le sens de l'orientation. Un guide officiel pour une demi-journée est ici un vrai investissement, pas un luxe : il permet ensuite de circuler seul avec quelques repères. Les faux guides qui abordent aux portes sont à décliner fermement.

    Les tanneries de Chouara sont le lieu emblématique, et il faut savoir comment on les voit : depuis les terrasses des boutiques de cuir qui les entourent, où l'on est reçu et où l'on remet un brin de menthe à respirer — l'odeur des bains de chaux et de fiente de pigeon est difficile. La visite est gratuite mais suivie d'une présentation commerciale insistante ; on peut ressortir sans acheter, à condition de le dire clairement. ⚠️ La médersa Bou Inania et le musée Nejjarine, eux, sont payants et se visitent sans sollicitation.

    À table

    • Pastilla — la tourte feuilletée au pigeon ou au poulet, sucrée-salée, saupoudrée de sucre glace et de cannelle : le plat de fête fassi.
    • Bissara — la soupe de fèves à l'huile d'olive et au cumin, servie dans les gargotes de la médina au petit matin.
    • Cornes de gazelle et chebakia — les pâtisseries aux amandes et au miel des souks ; Fès se dit la capitale de la pâtisserie marocaine.
    • Khlii — la viande de bœuf séchée et confite dans sa graisse, mangée avec des œufs au petit déjeuner.

    Jour 7

    • Se perdre dans la médina de Fès el-Bali, Fès, Maroc
      Se perdre dans la médina de Fès el-Bali Neuf mille ruelles, aucune voiture, et des mulets pour tout transport : c'est la plus grande zone piétonne du monde. Se perdre est inévitable — c'est même le seul moyen de la voir.
      En savoir plus

      La médina est bâtie dans une cuvette, et c'est la seule boussole qui marche : l'eau descend vers le fond, les ruelles aussi. En descendant, on finit toujours par retomber sur l'axe central et la Qaraouiyine ; en montant, on rejoint un rempart et une porte. Aucun plan ne sert vraiment — les rues n'ont pas d'adresses lisibles et les impasses sont innombrables, rarement signalées.

      Le mot à retenir est « balak ! ». C'est un muletier qui arrive derrière toi avec une charge de peaux, de bouteilles de gaz ou de gravats, dans un passage large comme deux personnes. On se colle au mur, sans discuter. Tout ce qui entre et sort de la médina passe encore par des bêtes ou des charrettes à bras, faute de rue carrossable.

      Aux portes, on te proposera de te guider. Les guides officiels portent une carte ; les autres sont rémunérés par les boutiques où ils te mèneront. Ce n'est pas une arnaque, c'est un circuit économique, mais il vaut mieux savoir dans quoi on entre — et refuser tôt coûte beaucoup moins d'énergie que refuser après une demi-heure de compagnie.

      culture
      gratuit
    • Point de vue des tombeaux mérinides, Fès, Maroc
      Point de vue des tombeaux mérinides Tombeaux en ruine sur la colline nord, avec toute la médina étalée en contrebas. Meilleur en fin de journée, quand l'appel à la prière monte de partout à la fois.
      En savoir plus

      Il ne reste presque rien des tombeaux : des pans de murs sur la colline nord, deux enclos éventrés, ni toiture ni décor. Ils abritaient des sépultures de souverains mérinides et étaient revêtus de marbre, décrits comme somptueux par les chroniqueurs médiévaux ; tout a été démonté ou emporté. On ne monte donc pas pour eux, mais pour ce qu'ils dominent.

      De là-haut, la médina apparaît d'un seul tenant : un tapis de terrasses grises sans un immeuble, ceint de ses remparts, avec le toit vert de la Qaraouiyine, les minarets, la trouée des tanneries et la ville nouvelle au loin. C'est la seule vue qui donne la taille réelle de Fès el-Bali, impossible à percevoir depuis l'intérieur.

      La montée est raide, en plein soleil et sans commerce ; beaucoup y vont en petit taxi et redescendent à pied par les remparts. En fin de journée, les appels à la prière partent de dizaines de minarets sans être synchronisés et se répondent d'un bout à l'autre de la cuvette. Le fort voisin, sur la même colline, abrite un musée des armes.

      nature
      gratuit

    Jour 8

    • Tanneries de Chouara depuis une terrasse, Fès, Maroc
      Tanneries de Chouara depuis une terrasse Cuves de teinture en usage depuis le XIe siècle, travaillées à la main. On les regarde depuis les terrasses des boutiques de cuir — on vous tendra un brin de menthe, l'odeur est difficile.
      En savoir plus

      Le procédé n'a pas changé depuis le Moyen Âge, et il se lit dans la couleur des cuves. Les blanches, en amont, contiennent un bain de chaux et de fiente de pigeon : l'ammoniaque attaque le poil et assouplit la peau, que les hommes piétinent pendant des jours. Viennent ensuite les cuves de teinture, d'origine végétale ou minérale — coquelicot pour le rouge, indigo pour le bleu, safran et curcuma pour le jaune, henné, menthe.

      Le brin de menthe qu'on te tend à l'entrée est une politesse efficace, mais l'odeur reste, surtout l'été quand la chaleur fait tout remonter. Les peaux qui sèchent ensuite sur les terrasses alentour, tendues et clouées, font partie du paysage du quartier.

      Les terrasses d'où l'on regarde appartiennent aux boutiques de cuir, et le passage par la salle de vente est le prix réel de la vue : rien n'oblige à acheter, un pourboire ou un simple merci suffisent, mais autant le savoir en montant. Le travail se fait surtout le matin ; plus tard dans la journée, les cuves sont souvent vides d'hommes et la photographie perd tout son intérêt.

      culture
      3 €
    • Jardin Jnan Sbil, Fès, Maroc
      Jardin Jnan Sbil Sept hectares de jardin royal du XVIIIᵉ siècle rendus au public, avec bambouseraie, bassin et allées de palmiers. C'est le seul endroit calme de Fès, et il est gratuit — les Fassis y viennent en fin d'après-midi.
      En savoir plus

      C'est un jardin royal du XVIIIᵉ siècle, aménagé sous le sultan Moulay Abdallah puis offert à la ville, fermé plusieurs années pour une remise en état complète avant de rouvrir au début des années 2010. Le tracé mêle des allées régulières à la française, des bassins et des parcelles denses : bambouseraie où l'on ne voit plus le ciel, alignements de palmiers, roseraie, arbres rares plantés au XIXᵉ siècle.

      L'eau vient de l'oued Fès, détourné, et c'est le même réseau qui alimentait fontaines, moulins et hammams de la médina. Le système hydraulique médiéval reste lisible ici, avec sa noria. Le jardin sépare la vieille ville du palais royal, ce qui explique sa forme en longueur et ses hauts murs.

      C'est le seul endroit de Fès où l'on s'assoit sans rien consommer et sans être sollicité, et les Fassis y viennent en famille en fin de journée. Utile entre deux plongées dans la médina : les bancs sont à l'ombre, il y a de l'eau, et l'une des sorties redonne à deux pas de Bab Boujloud.

      nature
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Se perdre dans la médina de Fès el-Bali

    6 h · Fès

    Se perdre dans la médina de Fès el-Bali, Tanneries de Chouara depuis une terrasse, Médersa Bou Inania et le musée Nejjarine des arts du bois en une journée, sans conduire. 4 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Klook · prix relevé le 11-08-2026 · lien affilié

    29 € hébergement · 20 € repas · 6 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Riad restauré près de Bab Boujloud, 58 € la nuit.

    Voir les hébergements à Fèslien affilié

  8. Fès → Chefchaouen — Bus CTM, 4 h, 8 € par personne.
  9. Chefchaouen, Maroc

    05. Chefchaouen

    J9 → J10 · 2 nuits · 103 € par personne

    La ville bleue, adossée au Rif

    Une petite ville du Rif, entièrement peinte en bleu, adossée à la montagne à six cents mètres d'altitude. Tout se fait à pied et en montée. ⚠️ Le nord marocain compte au prix par personne et non par véhicule, contrairement au sud — c'est la seule partie du parcours où la voiture privée cesse d'être avantageuse.

    En savoir plus sur Chefchaouen

    Chefchaouen est une petite ville du Rif à six cents mètres d'altitude, adossée aux deux sommets qui lui donnent son nom — les cornes. Sa médina est entièrement peinte en bleu, dans toutes les nuances possibles, et l'origine de cette pratique est discutée : réfugiés juifs du XVᵉ siècle, protection contre les moustiques, ou simple choix esthétique récent devenu identité. Toutes les explications circulent sur place.

    Elle est petite, se parcourt à pied, et tout y est en montée. C'est une ville où l'on ne fait rien de particulier : on marche, on s'assied, on regarde. La mosquée espagnole, sur la colline en face, se gagne en trente minutes et donne la vue d'ensemble au coucher du soleil.

    ⚠️ Une particularité économique change le budget ici : dans le nord du Maroc, les transports et les excursions se comptent par personne et non par véhicule, contrairement au sud. La voiture privée avec chauffeur, avantageuse à quatre dans la vallée du Draa, cesse de l'être ici. ⚠️ Le Rif est aussi la principale région de production de cannabis du pays, et des propositions de vente sont fréquentes aux abords de la ville et sur les sentiers d'Akchour. La détention reste illégale et les contrôles routiers sur la route de Tanger sont réguliers.

    À table

    • Jben — le fromage de chèvre frais du Rif, vendu dans une feuille de figuier au marché ; on le mange avec du pain et du miel.
    • Tajine de légumes — la ville est moins carnée que le sud ; les petits restaurants de la place Outa el-Hammam le font bien.
    • Bissara et harira — les deux soupes du soir, servies dans les échoppes à l'entrée de la médina.

    Jour 9

    • Ruelles bleues au petit matin, Chefchaouen, Maroc
      Ruelles bleues au petit matin Chefchaouen est repeinte en bleu chaque année ; les explications varient — refroidir les murs, éloigner les moustiques, héritage juif des années 1930. Y aller avant 9 h pour les rues vides.
      En savoir plus

      La ville est repeinte régulièrement, presque chaque année sur certaines rues, et l'origine de la couleur reste discutée. Trois explications circulent sur place : le bleu éloignerait les moustiques — ce qui n'a jamais été démontré —, il rafraîchirait les murs, ou il serait un héritage des réfugiés juifs installés ici dans les années 1930, le bleu ayant une portée spirituelle dans le judaïsme.

      L'hypothèse la plus documentée est moins romantique : la teinte généralisée est relativement récente, encouragée à partir du milieu du XXᵉ siècle, et son maintien doit beaucoup à l'attrait qu'elle exerce. Avant, la ville était blanche et verte comme beaucoup de bourgs du Rif.

      ⚠️ L'heure décide de tout. Passé le milieu de matinée, les ruelles photogéniques sont occupées par des files de visiteurs attendant leur tour devant les escaliers fleuris, et les commerçants installent leurs étals de tapis en travers. Avant neuf heures, la ville est vide et l'on croise surtout des habitants. Chefchaouen est à six cents mètres d'altitude : les matins sont frais, y compris en été, et il y fait franchement froid l'hiver.

      détente
      gratuit
    • Kasbah et son jardin, Chefchaouen, Maroc
      Kasbah et son jardin Forteresse du XVIIIe siècle au centre de la médina, avec un jardin andalou et une tour qui domine les toits bleus.
      En savoir plus

      La ville a été fondée à la fin du XVᵉ siècle comme base militaire face aux Portugais installés sur la côte, et cette kasbah en est le noyau, remaniée plus tard par les pachas du Nord. Elle est restée longtemps interdite aux étrangers non musulmans : jusqu'à l'arrivée des Espagnols en 1920, Chefchaouen était une ville fermée, et les rares Européens qui y sont entrés l'ont fait déguisés, dont Charles de Foucauld en 1883, sous les habits d'un rabbin.

      Derrière les murs rouges, le jardin andalou offre de l'ombre et de l'eau en plein centre, avec ses bassins et ses grands arbres. La tour se monte par un escalier étroit et donne le seul plan large sur les toits de tuile et les façades bleues, la montagne juste derrière. En bas, d'anciennes cellules de prison ont gardé leurs anneaux de fer.

      L'origine du bleu n'est pas tranchée : réfugiés juifs des années 1930, protection contre les moustiques, recherche de fraîcheur, ou tradition récente entretenue pour les photographies. Aucune version n'est démontrée, et les habitants eux-mêmes ne donnent pas tous la même — méfie-toi de celui qui te la raconte comme une certitude.

      culture
      5 €
    • Cascades d'Akchour, Chefchaouen, Maroc
      Cascades d'Akchour Deux heures de marche dans le parc de Talassemtane jusqu'à une cascade de 100 mètres et un pont naturel. Baignade en eau froide, sentier caillouteux.
      En savoir plus

      Deux itinéraires partent du même pont, et beaucoup se trompent en croyant qu'ils mènent au même endroit. L'un remonte le lit de l'oued vers la grande cascade et ses vasques ; l'autre grimpe sur le versant jusqu'au pont de Dieu, une arche de calcaire creusée par l'eau et restée en place après l'effondrement de la voûte d'une grotte. Il faut choisir, ou y consacrer la journée entière.

      Le parc de Talassemtane protège l'une des rares sapinières du Maroc, celle du sapin du Rif, qui ne pousse nulle part ailleurs au monde, avec des cèdres et des chênes-lièges. Sur le sentier, des paillotes servent tajines et jus à des tables posées dans le courant.

      Le chemin longe la rivière, franchit des passerelles de planches et des rochers polis : des chaussures qui accrochent, pas de tongs, et de la prudence après la pluie, car le niveau monte vite. L'eau reste froide en toute saison, elle sort de la montagne. Le Rif est aussi une région de culture du kif et l'on te proposera d'en acheter sur le sentier ; un refus poli suffit, c'est illégal et les contrôles sur la route sont fréquents.

      nature
      6 €

    Jour 10

    • Mosquée espagnole au coucher du soleil, Chefchaouen, Maroc
      Mosquée espagnole au coucher du soleil Trente minutes de montée hors de la ville jusqu'à une mosquée abandonnée qui domine toute la vallée. Le meilleur point de vue sur la ville bleue.
      En savoir plus

      Elle a été bâtie par les Espagnols pendant le protectorat, sur la colline d'en face, et n'a jamais vraiment servi : les habitants ne l'ont pas adoptée, elle est restée vide, puis en ruine, avant d'être remise en état pour le point de vue qu'elle offre. On ne la visite pas de l'intérieur — c'est sa position qui compte, pas le bâtiment.

      De là-haut, la ville tient dans un seul coup d'œil, tassée sous la montagne, et l'on voit à quel point le bleu s'arrête net à la limite de la médina : le reste de Chefchaouen est blanc et ocre comme n'importe quelle ville du Rif. C'est la meilleure démonstration que la ville bleue est un quartier, pas une agglomération.

      Le sentier part du haut de la médina, franchit l'oued et monte à flanc, sans un arbre. Il est large et roulant, mais la pente ne faiblit jamais et il n'y a rien à boire en chemin. Emporte de l'eau et une lampe : la descente se fait presque toujours de nuit et le chemin devient sombre d'un coup. Tout le monde monte au même moment, l'endroit est très fréquenté au coucher du soleil.

      nature
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Ruelles bleues au petit matin

    3 h · Chefchaouen

    Ruelles bleues au petit matin, Cascades d'Akchour et Kasbah et son jardin en une journée, sans conduire. 3 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Klook · prix relevé le 11-08-2026 · lien affilié

    24 € hébergement · 17 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Maison d'hôtes avec terrasse, 48 € la nuit.

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  10. Chefchaouen → Rabat — Bus CTM, 4 h 30, 10 € par personne.
  11. Rabat, Maroc

    06. Rabat

    J11 · 1 nuit · 56 € par personne

    Capitale au bord de l'Atlantique, kasbah des Oudayas

    La capitale administrative, au bord de l'Atlantique, beaucoup plus calme et moins pressante que Marrakech ou Fès. Sa kasbah bleue et blanche domine l'estuaire, sa médina se traverse sans être sollicité tous les dix mètres. C'est l'étape de respiration du parcours, et la mieux desservie en train.

    En savoir plus sur Rabat

    Rabat est la capitale administrative, et c'est ce qui la définit dans le parcours : ministères, ambassades, avenues plantées, et une pression touristique très inférieure à celle de Marrakech ou de Fès. On y traverse la médina sans être sollicité tous les dix mètres, ce qui est reposant après le sud, et les prix y sont ceux d'une ville où vivent des fonctionnaires plutôt que des visiteurs.

    Elle est posée sur l'Atlantique, à l'embouchure du Bouregreg, face à sa ville jumelle Salé. La kasbah des Oudayas, forteresse almohade du XIIᵉ siècle, domine l'estuaire avec ses ruelles peintes en bleu et blanc et son jardin andalou ; on y entre par une porte monumentale et l'on ressort sur une plateforme qui regarde l'océan.

    Deux ensembles racontent le reste. La tour Hassan est le minaret inachevé de ce qui devait être la plus grande mosquée du monde occidental, abandonnée à la mort de son commanditaire en 1199 : il reste la tour à mi-hauteur et des centaines de colonnes tronquées, avec en face le mausolée de Mohammed V. Et la nécropole de Chellah, ancienne cité romaine devenue nécropole mérinide, où des cigognes nichent sur les minarets en ruine. ⚠️ Rabat est la mieux desservie du parcours par le train, y compris la ligne à grande vitesse vers Tanger.

    À table

    • Poisson de l'Atlantique — sardines grillées et friture au port de Salé, de l'autre côté du Bouregreg.
    • Couscous aux sept légumes — la version citadine, sur les tables familiales et dans les restaurants du centre.
    • Salons de thé de l'Agdal — gâteaux aux amandes et thé à la menthe à l'heure du goûter, le rituel des Rbatis.

    Jour 11

    • Kasbah des Oudayas et ses ruelles bleues, Rabat, Maroc
      Kasbah des Oudayas et ses ruelles bleues Citadelle almohade du XIIe siècle à l'embouchure du Bouregreg, aux ruelles peintes en bleu et blanc. Le jardin andalou et le café maure regardent l'océan.
      En savoir plus

      La porte monumentale par laquelle on entre est almohade et date de la fin du XIIᵉ siècle : arc outrepassé, entrelacs sculptés à même la pierre, coquilles dans les écoinçons. Elle est bien plus ornée que la défense ne l'exigeait — c'était une porte d'apparat, où le pouvoir se montrait et rendait la justice.

      La citadelle a eu plusieurs vies. Elle a accueilli des Morisques chassés d'Espagne au XVIIᵉ siècle, puis les corsaires de la république du Bouregreg, qui écumaient l'Atlantique depuis cette embouchure. Son nom vient d'une tribu guich installée là ensuite pour tenir la ville. Le bleu et blanc des ruelles, lui, est récent : il ne remonte pas au-delà du XXᵉ siècle, contrairement à ce qu'on entend sur place.

      Le jardin andalou porte mal son nom : il a été dessiné sous le protectorat français, dans le fossé de la kasbah, et non par les Andalous. Il n'en reste pas moins le meilleur endroit du quartier, avec ses orangers et ses chats. La plateforme du bout donne sur l'embouchure, la plage et Salé en face. L'ensemble est libre d'accès et se traverse par une seule rue principale.

      culture
      gratuit
    • Tour Hassan et mausolée Mohammed V, Rabat, Maroc
      Tour Hassan et mausolée Mohammed V Minaret inachevé de 1195 — il devait porter la plus grande mosquée du monde — et, en face, le mausolée de marbre blanc gardé par la garde royale. Entrée libre.
      En savoir plus

      Le minaret est resté loin de la hauteur prévue : le chantier s'est arrêté à la mort de Yacoub el-Mansour, et la mosquée qu'il devait dominer n'a jamais reçu de toit. Le tremblement de terre qui a détruit Lisbonne en 1755 a jeté à bas ce qui tenait encore, d'où ce champ de colonnes tronquées alignées au cordeau devant la tour.

      À l'intérieur, il n'y a pas d'escalier mais une rampe, conçue, dit-on, assez large pour qu'on puisse monter à cheval jusqu'au sommet. C'est la signature d'une même dynastie et d'un même parti architectural : la Koutoubia de Marrakech et la Giralda de Séville sont ses deux sœurs, bâties dans les mêmes décennies et sur le même modèle.

      Le mausolée d'en face est un bâtiment du XXᵉ siècle, marbre blanc et tuiles vertes, ouvert aux non-musulmans, ce qui est rare pour un lieu de prière au Maroc. On y entre par une galerie haute d'où l'on regarde le tombeau d'onyx en contrebas, sans descendre, et un lecteur du Coran y officie en permanence. Des gardes en uniforme tiennent les portes, à cheval sur l'esplanade : ils se laissent photographier mais ne parlent pas.

      culture
      gratuit

    28 € hébergement · 21 € repas · 7 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du centre, proche gare, 56 € la nuit.

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  12. Rabat → Casablanca — Train, départs toutes les 30 min, 1 h, 4 € par personne.
  13. Casablanca, Maroc

    07. Casablanca

    J12 · 1 nuit · 77 € par personne

    Mosquée Hassan II, art déco et front de mer

    La ville économique du pays, sans médina notable, qu'on visite pour deux choses : la mosquée Hassan II, la seule du Maroc ouverte aux non-musulmans, et un centre art déco des années 1930 largement méconnu. ⚠️ La mosquée ne se visite qu'en visite guidée, à horaires fixes.

    En savoir plus sur Casablanca

    Casablanca est la ville économique du pays, la plus peuplée et la moins touristique : pas de grande médina, pas de palais, une circulation dense et une architecture qui déroute ceux qui viennent chercher le Maroc des cartes postales. On y vient pour deux choses précises, et il vaut mieux le savoir avant d'y consacrer plusieurs jours.

    La mosquée Hassan II, achevée en 1993, est bâtie en partie au-dessus de l'eau et porte le plus haut minaret du monde, deux cent dix mètres. ⚠️ C'est la seule mosquée du Maroc ouverte aux non-musulmans, et elle ne se visite qu'en visite guidée, à horaires fixes, en dehors des heures de prière et fermée le vendredi matin. Les billets se prennent sur place ou en ligne, et venir en dehors des créneaux revient à la voir seulement de l'extérieur.

    Le second motif est méconnu : le centre-ville concentre l'un des plus grands ensembles d'architecture art déco et néo-mauresque au monde, bâti dans les années 1920 et 1930 sous le protectorat, avec des immeubles, des cinémas et des marchés d'une qualité remarquable. Beaucoup sont dégradés et une partie se visite mal, mais le parcours à pied autour de la place Mohammed V vaut une matinée. ⚠️ Le film Casablanca n'y a pas été tourné : il l'a été entièrement en studio en Californie.

    À table

    • Poisson au marché central — on choisit son poisson à l'étal, on le fait griller à côté : le rituel du déjeuner casablancais.
    • Msemen et harira des rues — la ville mange debout ; les carrioles du Maârif et du centre servent le petit déjeuner.
    • Cuisine judéo-marocaine — dafina et pâtisseries, héritage d'une communauté qui a fait la ville ; quelques adresses la perpétuent.

    Jour 12

    • Mosquée Hassan II, visite guidée, Casablanca, Maroc
      Mosquée Hassan II, visite guidée La seule mosquée du Maroc ouverte aux non-musulmans, avec le plus haut minaret du monde à 210 mètres et un toit ouvrant. Bâtie en partie sur la mer. Visite guidée obligatoire.
      En savoir plus

      Le bâtiment est posé pour partie au-dessus de l'eau, sur une plateforme gagnée sur l'Atlantique, en écho à un verset qui place le trône de Dieu sur l'eau. Un pan de verre du sol de la salle de prière laisse voir l'océan en dessous. Le toit de cette salle s'ouvre en deux, entièrement, pour prier à ciel ouvert — d'où la charpente de bois et de titane visible d'en bas.

      Presque tout vient du pays : cèdre du Moyen Atlas sculpté à la main, marbre, granit du Sud, zellige taillé au marteau par des milliers d'artisans, sur un chantier mené en quelques années à peine et financé par une souscription nationale dont la contribution n'avait pas grand-chose de facultatif. Le minaret projette la nuit un faisceau lumineux dans la direction de La Mecque.

      La visite est guidée et se fait chaussures à la main, dans un sac fourni ; l'étage des ablutions, avec ses grandes fontaines et ses hammams, est compris et vaut à lui seul la descente. Tenue couvrante, épaules et genoux, mais le foulard n'est pas exigé. L'esplanade, elle, reste ouverte à tous et se remplit au coucher du soleil.

      culture
      13 €
    • Corniche d'Ain Diab, Casablanca, Maroc
      Corniche d'Ain Diab Front de mer de Casablanca, entre plages, piscines et cafés. C'est là que la ville sort le soir.
      En savoir plus

      La corniche d'Ain Diab est le front de mer de Casablanca, une enfilade de plusieurs kilomètres de plages, de clubs balnéaires privés avec piscines, de cafés et de restaurants, qui a été aménagée à partir des années 1930 comme lieu de villégiature de la bourgeoisie de la ville.

      C'est là que Casablanca sort le soir, et cela dit quelque chose de la ville : elle n'a pas de médina spectaculaire ni de monument structurant sa vie sociale, et c'est le bord de mer qui joue ce rôle. L'ambiance y est nettement plus décontractée et plus occidentalisée que dans les villes impériales.

      La mosquée Hassan II ferme la corniche à l'est, en partie bâtie sur l'eau, et l'esplanade qui l'entoure est en accès libre — on peut en faire le tour extérieur sans billet, et c'est spectaculaire au couchant. ⚠️ Les plages publiques de la corniche sont bondées en été et la qualité de l'eau y est variable selon les secteurs ; l'océan reste froid toute l'année sur cette côte atlantique, et les courants sont réels — la baignade se fait dans les zones surveillées.

      détente
      gratuit

    32 € hébergement · 24 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel art déco rénové, 64 € la nuit.

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  14. Casablanca → Essaouira — Bus Supratours, 6 h, 13 € par personne.
  15. Essaouira, Maroc

    08. Essaouira

    J13 → J14 · 2 nuits · 132 € par personne

    Port fortifié, vent d'Atlantique et plages de sable

    Un port fortifié du XVIIIᵉ siècle sur l'Atlantique, balayé par un vent quasi permanent qui en fait un spot de kitesurf et rend la baignade fraîche. La médina est petite, plate et lisible — l'exact contraire de Fès. Les barques bleues rentrent en fin de matinée et le poisson se grille sur le port.

    En savoir plus sur Essaouira

    Essaouira est un port fortifié bâti au XVIIIᵉ siècle sur un plan régulier dessiné par un ingénieur français, ce qui explique une médina complètement différente de celles de l'intérieur : plate, orthogonale, avec des rues larges et des places — on ne s'y perd pas, c'est l'exact contraire de Fès. Ses remparts et sa Skala regardent l'Atlantique et les îles Purpuraires.

    Un vent quasi permanent souffle sur la baie, les alizés canalisés par la côte. Il a deux conséquences : la ville est l'un des meilleurs spots de kitesurf et de planche à voile d'Afrique, et la baignade y est fraîche et souvent inconfortable — on ne vient pas ici pour bronzer sans bouger, contrairement à ce que la plage de plusieurs kilomètres laisse croire.

    Le port de pêche reste en activité, avec ses barques bleues qui rentrent en fin de matinée ; le poisson se choisit sur l'étal et se fait griller sur place dans les baraques du quai, pour quelques dirhams. ⚠️ Le rabattage y est intense et les prix se fixent avant, au poids, pas après. La ville a aussi une tradition de marqueterie de thuya, arbre de la région, avec des ateliers sous les remparts, et accueille chaque année un festival de musique gnawa qui remplit la médina pendant quatre jours.

    À table

    • Sardines et poissons grillés au port — on achète au retour des barques et on fait griller sur les stands voisins, au pied des remparts.
    • Huile d'argan — la coopérative et les souks vendent l'huile alimentaire, torréfiée, à goûter avec du pain ; ⚠️ ne pas la confondre avec la cosmétique.
    • Amlou — la pâte d'amandes grillées, d'argan et de miel, le « Nutella » du Souss, au petit déjeuner.

    Jour 13

    • Remparts et Skala de la ville, Essaouira, Maroc
      Remparts et Skala de la ville Bastions portugais du XVIIIe siècle hérissés de canons espagnols, face à l'Atlantique. Orson Welles y a tourné l'ouverture de son Othello.
      En savoir plus

      Essaouira n'est pas une médina qui a poussé toute seule : elle a été dessinée d'un coup au XVIIIᵉ siècle, sur ordre du sultan, par un ingénieur français. D'où l'anomalie qu'on sent tout de suite en marchant — des rues droites qui se coupent à angle droit, chose unique dans une ville marocaine ancienne — et des bastions conçus à la manière de Vauban, pour le tir croisé et non pour la parade.

      Sur le chemin de ronde de la Skala, la batterie de canons de bronze est toujours en place, alignée vers le large. Beaucoup portent des inscriptions et des armoiries gravées : ils viennent d'Europe, commandés ou offerts par des marchands. En dessous, dans les casemates voûtées, les ébénistes travaillent le thuya, bois local dont la loupe sert à la marqueterie — on sent l'atelier avant de le voir.

      Le rempart est libre d'accès et c'est le meilleur endroit au coucher du soleil, quand les vagues passent par-dessus les rochers et que les mouettes tiennent les créneaux. Le vent y est plus fort qu'en ville : compte une couche de plus que ce que la température laisse croire.

      culture
      gratuit
    • Port de pêche au retour des barques, Essaouira, Maroc
      Port de pêche au retour des barques Les barques bleues rentrent en fin de matinée et vendent à la criée. Grillades de sardines sur les étals du quai, à midi.
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      La flotte d'Essaouira est faite de barques de bois peintes en bleu, toutes de la même couleur, ce qui donne au bassin son aspect caractéristique. Elles sortent la nuit et rentrent en fin de matinée, et c'est ce moment qu'il faut viser : le déchargement, la vente à la criée sur le quai, les mouettes par centaines et le tri des sardines.

      La sardine est l'espèce dominante — le Maroc est l'un des premiers exportateurs mondiaux — et elle se mange ici grillée sur des étals de plein air installés entre le port et la médina : on choisit son poisson sur la glace, on le paie au poids, et il est grillé devant soi puis servi avec du pain et une salade.

      ⚠️ Le rabattage y est intense et le prix doit être fixé avant, au poids et par personne, faute de quoi l'addition surprend. Les étals les plus insistants ne sont pas les meilleurs. Le port reste un lieu de travail : on circule entre les filets, les casiers et les treuils, le sol est glissant, et l'odeur est celle d'un port de pêche. Les chantiers navals traditionnels, à côté, construisent encore des coques en bois.

      détente
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    • Grande plage et balade à pied, Essaouira, Maroc
      Grande plage et balade à pied Trois kilomètres de sable jusqu'au village de Diabat. Le vent souffle presque tous les jours — d'où les kitesurfeurs, et peu de baigneurs.
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      La plage s'étire sur plusieurs kilomètres au sud de la médina, jusqu'au village de Diabat et à l'embouchure de l'oued Ksob. C'est une plage de marche plus que de baignade : le vent y souffle presque tous les jours, l'eau de l'Atlantique reste fraîche toute l'année, et l'on croise surtout des joueurs de football, des cavaliers et des chameliers.

      Ce vent, canalisé par la configuration de la baie, est la ressource de la ville : Essaouira est l'un des meilleurs spots de planche à voile et de kitesurf d'Afrique, avec des conditions régulières que peu de sites offrent. Il porte un nom local, l'alizé, et souffle surtout du printemps à la fin de l'été.

      Au bout de la plage, les ruines du Borj el-Berod, un fortin de pierre à demi enseveli dans le sable et battu par les vagues, sont traditionnellement associées à la chanson Castles Made of Sand de Jimi Hendrix — ⚠️ l'anecdote est fausse, la chanson ayant été écrite avant son passage au Maroc, mais elle est racontée partout. La marche jusque-là et retour prend deux bonnes heures, face au vent à l'aller ou au retour.

      plage
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    Jour 14

    • Balade à cheval sur la plage, Essaouira, Maroc
      Balade à cheval sur la plage Deux heures le long de l'océan jusqu'aux dunes et aux ruines du palais de Diabat. Aussi possible à dos de dromadaire.
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      La plage file vers le sud jusqu'à l'embouchure de l'oued et aux dunes, avec en chemin les ruines d'un fort du XVIIIᵉ siècle à moitié ensablé, le Borj el-Berod. On raconte partout qu'il aurait inspiré à Jimi Hendrix sa chanson sur les châteaux de sable : c'est impossible, le morceau était enregistré et publié depuis deux ans quand il est passé à Essaouira, en 1969. Le village de Diabat, où il a séjourné, est juste derrière les dunes.

      Le vent est la donnée principale de cette côte. Il souffle presque tous les jours, et c'est lui qui fait la réputation de la ville chez les véliplanchistes. Il pousse dans le dos à l'aller et se prend de face au retour, avec le sable : lunettes et foulard ne sont pas du folklore.

      Le sable mouillé près de l'eau porte bien mieux le cheval que le sable sec, et l'oued peut devenir infranchissable selon la marée et les pluies — le parcours change donc d'un jour à l'autre. Regarde l'état des bêtes et des selles avant de choisir une écurie : les sérieuses proposent un casque et adaptent l'allure au niveau, les autres font monter tout le monde de la même façon.

      nature
      30 €

    27 € hébergement · 19 € repas · 5 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Riad face à l'océan, 54 € la nuit.

    Voir les hébergements à Essaouiralien affilié

  16. Essaouira → Casablanca — Bus Supratours, 6 h, 13 € par personne.

Le budget de ces 14 jours

1 011 € par personne pour 14 jours, soit 72 € / jour. À deux, 2 022 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement409 €40 %
Repas281 €28 %
Transport sur place85 €8 %
Billets de train et de bus91 €9 %
Activités145 €14 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Le PDF

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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Carte de l'itinéraire avec les étapes du parcours

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