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Norvège en 21 jours : l'itinéraire jour par jour

4 178 € par personne sur place pour 21 jours, soit 199 € / jour — en 8 étapes, d’Oslo à Stavanger et Preikestolen. En passant par Lillehammer, Geiranger, Ålesund, Flåm et le Nærøyfjord, Bergen, puis Hardanger et Trolltunga.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Norvège

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Oslo — Gardermoen (OSL), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Oslo, Norvège

    01. Oslo

    J1 → J4 · 4 nuits · 796 € par personne

    Une capitale au bord de l'eau, qui a construit sa modernité sur le fjord

    Une petite capitale tournée vers son fjord : le toit de l'Opéra, la tour du musée MUNCH, les saunas flottants, et sur la presqu'île de Bygdøy les musées de la mer — le Fram des expéditions polaires et le radeau Kon-Tiki. ⚠️ Le musée des navires vikings est fermé jusqu'en 2027. C'est l'étape la plus chère du parcours ; le parc Vigeland, le toit de l'Opéra et la forteresse sont gratuits.

    En savoir plus sur Oslo

    Oslo est une petite capitale — sept cent mille habitants — posée au fond d'un fjord de cent kilomètres, et c'est le fjord qui la rend lisible. Tout ce que la ville a construit depuis vingt ans est tourné vers l'eau : l'Opéra dont on grimpe le toit de marbre, le musée MUNCH en tour penchée, les quartiers neufs de Bjørvika et d'Aker Brygge, les saunas flottants où les habitants se baignent en janvier.

    De l'autre côté de la baie, la presqu'île de Bygdøy réunit les musées qui racontent ce que ce pays a fait de la mer : le Fram, qui a dérivé dans la banquise et porté Amundsen au pôle Sud, le radeau Kon-Tiki de Thor Heyerdahl, et le musée de plein air où l'on a remonté cent cinquante bâtiments de toute la Norvège. ⚠️ Le musée des navires vikings, lui, est fermé jusqu'en 2027 pour devenir le musée de l'Âge viking : les drakkars d'Oseberg et de Gokstad ne se voient pas pendant ce voyage.

    ⚠️ Oslo est la ville la plus chère du parcours, et de loin : les musées sont chers, les restaurants davantage. Ce qui ne coûte rien y est pourtant le meilleur — le parc Vigeland et ses deux cents sculptures, le toit de l'Opéra, la forteresse d'Akershus, les forêts de la Marka où le métro dépose les randonneurs en vingt minutes. La ville se fait à pied et en tram ; la carte des transports vaut pour le ferry de Bygdøy.

    À table

    • Brunost — le fromage brun caramélisé, tranché fin sur une gaufre ou une tartine, au petit-déjeuner de tous les hôtels.
    • Saumon fumé et gravlaks — le saumon mariné à l'aneth sur du pain noir, dans les halles de Mathallen à Vulkan.
    • Pølse — la saucisse dans une galette de pomme de terre (lompe) plutôt qu'un pain, aux kiosques de toute la ville.
    • Kanelbolle — la brioche à la cannelle, avec un café noir, dans les boulangeries de Grünerløkka.
    • Rekesmørbrød — la tartine de crevettes fraîches à la mayonnaise et au citron, sur les quais d'Aker Brygge.

    Jour 1

    • Le toit de l'Opéra, Oslo, Norvège
      Le toit de l'Opéra Un bâtiment de marbre blanc qui sort du fjord comme une banquise, et dont le toit est une place publique en pente douce : on y monte librement jusqu'au faîte, on y pique-nique, on y regarde les ferries. C'est le geste qui a lancé la reconstruction du front de mer d'Oslo. Gratuit, et le meilleur point de vue sur le musée MUNCH d'en face.
      En savoir plus

      Quand Oslo a décidé, au tournant des années 2000, de rendre son front de mer aux habitants, l'Opéra a été le premier geste : un bâtiment de marbre de Carrare et de verre qui semble glisser dans le fjord comme une plaque de banquise, et dont le toit est une rampe publique. Les architectes de Snøhetta ont voulu qu'on marche dessus, et l'on marche dessus — jusqu'au faîte, d'où l'on voit la ville, les collines et l'île aux tours du musée MUNCH.

      Le toit est devenu ce que le parvis est ailleurs : on y lit, on y pique-nique, on y regarde partir les ferries. Les jours de grand froid, les habitants y descendent en luge. Dans l'eau devant, une sculpture de verre et d'acier de Monica Bonvicini flotte et tourne avec la marée, et l'on hésite sur ce qu'elle représente jusqu'à la lire d'un certain angle : un iceberg.

      L'intérieur se visite aussi, librement au niveau du hall, avec son mur de chêne ondulé. Et si un spectacle t'attire, la salle est parmi les meilleures d'Europe du Nord — le bâtiment a été pensé de l'intérieur vers l'extérieur.

      marché
      gratuit
    • Musée MUNCH, Oslo, Norvège
      Musée MUNCH Treize étages de tour penchée sur le fjord, ouverts en 2021 pour les vingt-six mille œuvres léguées par Munch à la ville. Trois versions du Cri y tournent en alternance dans une salle obscure — peinture, dessin, lithographie — pour ménager les pigments. ⚠️ Le billet est daté et horodaté ; le dernier étage a un bar avec la meilleure vue sur Oslo.
      En savoir plus

      Edvard Munch a légué à Oslo tout ce qu'il possédait en mourant en 1944 : mille peintures, sept mille dessins, dix-huit mille estampes, empilés dans sa maison d'Ekely où il vivait seul avec ses tableaux qu'il appelait ses enfants. Le premier musée, dans un quartier de l'est, était devenu trop petit et trop peu sûr — deux versions du Cri y ont été volées, l'une en 1994, l'autre en 2004, toutes deux retrouvées. La tour de treize étages qui se penche vers le fjord depuis 2021 a été conçue pour tout montrer, et pour être vue de loin.

      On y trouve trois Cris — une peinture, un dessin au crayon, une lithographie — exposés à tour de rôle dans une salle sombre, quelques minutes chacun, pour que la lumière ne les use pas. Mais le musée vaut surtout pour le reste : la Madone, la Puberté, les portraits de la sœur malade, et les grandes toiles tardives où il peint son jardin et son propre visage vieillissant sans complaisance.

      Monte jusqu'en haut avant de redescendre : le dernier étage a une terrasse et un bar, et la vue sur l'Opéra, le fjord et les collines d'Ekeberg — d'où Munch a peint le ciel rouge du Cri — vaut une salle de plus.

      culture
      19 €
    • Parc Vigeland et son musée, Oslo, Norvège
      Parc Vigeland et son musée Deux cent douze sculptures de bronze et de granit d'un seul homme, Gustav Vigeland, disposées le long d'un axe de huit cents mètres : le pont aux figures, la fontaine, le Monolithe de cent vingt et un corps enlacés taillés dans un seul bloc. ⚠️ Le parc est gratuit et ouvert en permanence ; le musée à côté, où il a vécu et travaillé, est payant et montre les plâtres.
      En savoir plus

      Gustav Vigeland a passé les vingt dernières années de sa vie à peupler un parc d'Oslo de ses sculptures, et la ville lui a payé un atelier, une maison et des assistants en échange de tout ce qu'il produirait. Le résultat est un axe de huit cents mètres : une grille, un pont bordé de cinquante-huit bronzes, une fontaine portée par six géants, et au sommet le Monolithe — cent vingt et un corps enchevêtrés qui montent vers le ciel, taillés dans un seul bloc de granit de quatorze mètres par trois tailleurs de pierre pendant quatorze ans.

      Aucune figure n'est habillée, aucune n'est un dieu ou un héros : ce sont des enfants, des vieillards, des couples, des gens qui portent d'autres gens. Le petit garçon en colère du pont, Sinnataggen, est devenu l'emblème d'Oslo ; sa main gauche brille d'avoir été touchée.

      Le parc est ouvert jour et nuit, et les Norvégiens y courent, y pique-niquent et s'y baignent dans les jets de la fontaine. Le musée, de l'autre côté de la rue, est l'atelier lui-même, avec les plâtres grandeur nature et l'appartement de l'artiste au premier étage.

      culture
      11 €

    Jour 2

    • Forteresse d'Akershus et Aker Brygge, Oslo, Norvège
      Forteresse d'Akershus et Aker Brygge La forteresse médiévale qui a protégé Oslo pendant sept siècles, jamais prise, et dont l'enceinte est un parc gratuit au-dessus du port. En face, les anciens chantiers navals d'Aker Brygge sont devenus le quai des terrasses, et l'on marche de l'un à l'autre le long de l'eau en une demi-heure.
      En savoir plus

      Akershus a été bâtie vers 1300 sur un promontoire qui commande le port, et elle a tenu tous les sièges — les Suédois s'y sont cassé les dents quatre fois. Christian IV, roi de Danemark et de Norvège, en a fait un château Renaissance après l'incendie de 1624, et a reconstruit la ville entière à ses pieds, en lui donnant son nom : Christiania, qu'Oslo a porté jusqu'en 1925.

      L'enceinte est un parc, gratuit, avec des pelouses en pente vers le fjord, des canons et des soldats en uniforme qui montent la garde. C'est aussi un lieu de mémoire : les nazis y ont fusillé des résistants, et le musée de la Résistance, dans un bâtiment du fort, raconte les cinq ans d'occupation — il vaut le détour si le sujet t'intéresse.

      En redescendant vers l'ouest, on passe l'hôtel de ville et l'on arrive à Aker Brygge, les anciens chantiers navals convertis en quai de restaurants et de terrasses. Tout Oslo y prend une bière au soleil, et c'est cher. Le ferry pour les musées de Bygdøy part d'un ponton juste à côté, devant l'hôtel de ville — il est compris dans le titre de transport.

      marché
      gratuit
    • Musée Kon-Tiki, Oslo, Norvège
      Musée Kon-Tiki Le radeau de balsa sur lequel Thor Heyerdahl et cinq compagnons ont traversé le Pacifique en 1947, huit mille kilomètres en cent un jours, pour prouver qu'on pouvait peupler la Polynésie depuis le Pérou. La thèse était fausse, l'exploit est intact. Le Ra II en papyrus est dans la salle voisine. ⚠️ À deux minutes à pied du Fram : on enchaîne.
      En savoir plus

      En 1947, Thor Heyerdahl, un zoologue norvégien de trente-deux ans qui ne savait pas nager, a fait construire au Pérou un radeau de neuf troncs de balsa attachés avec des cordes de chanvre, sans un clou, d'après les dessins des chroniqueurs espagnols. Avec cinq compagnons — dont un Suédois recruté dans un bar — il s'est laissé porter par le courant de Humboldt et les alizés pendant cent un jours, jusqu'à s'échouer sur un récif des Tuamotu. Le radeau est ici, avec les mêmes troncs.

      Il voulait prouver que la Polynésie avait pu être peuplée depuis l'Amérique du Sud. La génétique a tranché depuis dans l'autre sens — les Polynésiens viennent d'Asie, même si des contacts avec l'Amérique ont eu lieu. Le musée le dit honnêtement, et c'est ce qui le rend intéressant : l'exploit reste entier alors que la thèse s'est effondrée.

      Dans la salle voisine, le Ra II, un bateau de papyrus construit par des Boliviens du lac Titicaca, a traversé l'Atlantique en 1970. Regarde sous le Kon-Tiki : le requin-baleine grandeur nature reproduit celui qui a suivi le radeau pendant des jours.

      culture
      17 €
    • Musée national, Oslo, Norvège
      Musée national Le plus grand musée d'art des pays nordiques, ouvert en 2022 sur le port : le Cri de Munch dans sa version peinte de 1893, les paysages romantiques de Dahl, le design scandinave, et une « salle de lumière » d'albâtre au dernier étage. ⚠️ Gratuit sous 18 ans ; l'été, prendre un créneau à l'avance.
      En savoir plus

      Ouvert en 2022 sur le front de mer, à côté du Centre Nobel, c'est le plus grand musée d'art des pays nordiques : les collections de l'ancienne Galerie nationale, du musée des arts décoratifs et du musée d'architecture réunies dans un bloc de schiste gris de treize mille mètres carrés. Au dernier étage, la salle de lumière — un toit d'albâtre qui laisse passer le jour — accueille les expositions temporaires et se voit de toute la baie, allumée le soir.

      La salle Munch garde la version peinte du Cri de 1893, la première, avec la Madone et la Danse de la vie ; c'est celle-ci que la plupart des gens ont en tête. Autour, les paysages de Johan Christian Dahl, qui a inventé la peinture de la Norvège au XIXᵉ siècle, les intérieurs de Harriet Backer, et une aile entière de design scandinave, du mobilier aux textiles.

      Le musée est très fréquenté l'été ; les créneaux se réservent en ligne. Si tu dois choisir entre ici et le musée MUNCH, prends celui-ci pour la vue d'ensemble de l'art norvégien, l'autre pour Munch seul.

      culture
      payant

    Jour 3

    • Musée du Fram, Oslo, Norvège
      Musée du Fram Le navire polaire le plus solide jamais construit, coque ronde pour se laisser soulever par la banquise plutôt que broyer. Nansen l'a laissé dériver trois ans dans l'Arctique, Amundsen l'a mené en Antarctique avant de partir au pôle Sud à pied. On monte à bord et l'on descend dans les cabines, glaciales même en été — c'est voulu.
      En savoir plus

      Le Fram a été construit en 1892 pour une idée folle : se laisser prendre dans la banquise et dériver avec elle jusqu'au pôle Nord. Fridtjof Nansen avait compris, en lisant que des débris d'un navire américain broyé au large de la Sibérie avaient été retrouvés au Groenland, qu'un courant traversait l'Arctique. Il a donc commandé un bateau à coque arrondie, sans quille saillante, que la glace soulèverait au lieu de l'écraser. Ça a marché : trois ans de dérive, et personne de mort.

      Le même navire a ensuite porté Otto Sverdrup dans l'Arctique canadien, puis Roald Amundsen en Antarctique en 1910 — la base d'où il est parti battre Scott au pôle Sud, à ski et en traîneau à chiens. Le bateau est aujourd'hui sous un toit en forme de tente, et l'on entre dedans : le carré avec son piano, les cabines minuscules, la cuisine, la cale où vivaient les chiens.

      Le musée entretient un froid réel dans le navire, et une salle simule une nuit polaire avec ses aurores. Prends le temps de la galerie du haut, qui montre les vêtements de peau et les traîneaux : c'est là qu'on comprend que tout reposait sur ce que les Inuits avaient appris à ces hommes.

      culture
      17 €

    Jour 4

    • Centre Nobel de la paix, Oslo, Norvège
      Centre Nobel de la paix L'ancienne gare de l'ouest, face à l'hôtel de ville où le prix est remis chaque 10 décembre, raconte les lauréats et les conflits qu'ils ont traversés — avec une salle de lumières où chaque lauréat a son écran. Court, dense, et souvent bouleversant.
      En savoir plus

      Alfred Nobel, l'inventeur suédois de la dynamite, a laissé dans son testament un détail que personne n'explique tout à fait : le prix de la paix serait décerné non par la Suède, mais par un comité nommé par le parlement norvégien. La Norvège était alors unie à la Suède sous le même roi ; elle a gardé le prix après la séparation de 1905, et il est remis chaque 10 décembre dans l'hôtel de ville, de l'autre côté de la place.

      Le centre occupe l'ancienne gare de l'Ouest, une petite gare de pierre jaune. Il ne montre pas de médailles : il raconte les lauréats et les conflits qu'ils ont traversés, avec une exposition qui change chaque année autour du prix du moment. La salle la plus frappante est un jardin de tiges lumineuses où chaque lauréat a son écran, depuis Henri Dunant en 1901.

      Compte une heure et demie, pas plus, et va-y plutôt en début de séjour : on comprend mieux ensuite pourquoi ce petit pays se prend pour un médiateur du monde — Oslo a accueilli les négociations israélo-palestiniennes de 1993, et beaucoup d'autres depuis.

      culture
      17 €

    80 € hébergement · 58 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Sentrum, 160 € la nuit.

    Voir les hébergements à Oslolien affilié

  2. Oslo → Lillehammer — E6 vers le nord, 2 h 18, 13 € par personne (25 € à partager).
  3. Lillehammer, Norvège

    02. Lillehammer

    J5 → J6 · 2 nuits · 358.5 € par personne

    La ville des Jeux de 1994, sur le plus grand lac du pays

    La ville des Jeux de 1994 sur la rive du Mjøsa, le plus grand lac du pays : les tremplins dominent toujours la ville, et Maihaugen — deux cents bâtiments de bois remontés sur une colline — est le plus grand musée de plein air de Norvège. Une étape courte, en train, qui coupe la route vers Geiranger.

    En savoir plus sur Lillehammer

    Lillehammer est une petite ville de bois posée sur la rive du Mjøsa, le plus grand lac de Norvège, et l'entrée du Gudbrandsdal — la vallée qui mène vers les montagnes de l'Ouest. On y vient pour deux raisons : les Jeux olympiques d'hiver de 1994, dont les tremplins dominent encore la ville, et Maihaugen, le plus grand musée de plein air du pays, deux cents bâtiments remontés sur une colline avec leurs fermes, leur église en bois debout et leur rue de ville des années 1900.

    La rue principale, Storgata, est une des mieux conservées de Norvège, avec ses maisons de bois peintes et ses cafés. ⚠️ C'est une étape courte, une nuit ou deux, qui coupe la route entre Oslo et Geiranger et se fait en train — c'est d'ailleurs la seule des étapes de l'intérieur à être sur une ligne principale.

    En juin, le lac est encore froid ; en septembre, la vallée prend les couleurs de l'automne et Maihaugen ferme ses fermes animées. Le télésiège du tremplin monte à la tour de départ des sauteurs, d'où l'on voit toute la ville et le lac.

    À table

    • Rømmegrøt — la bouillie de crème aigre au sucre et à la cannelle, avec du saucisson sec, dans les fermes de Maihaugen.
    • Lefse — la galette de pomme de terre roulée au beurre et au sucre, spécialité du Gudbrandsdal.
    • Brunost du Gudbrandsdal — c'est ici que le fromage brun a été inventé, au XIXᵉ siècle, dans une ferme de la vallée.
    • Truite du Mjøsa — le grand lac en regorge ; fumée ou poêlée dans les restaurants de Storgata.

    Jour 5

    • Maihaugen et le musée olympique, Lillehammer, Norvège
      Maihaugen et le musée olympique Deux cents bâtiments de tout le Gudbrandsdal remontés sur une colline : fermes du XVIIᵉ siècle, église en bois debout de Garmo, une rue de ville des années 1900 et une maison des années 1990 avec sa télévision. ⚠️ En été, les fermes sont habitées par des guides en costume qui cuisinent et racontent ; hors saison, seuls les bâtiments se visitent. Le billet donne aussi le musée olympique, à cinq minutes.
      En savoir plus

      Anders Sandvig était dentiste à Lillehammer à la fin du XIXᵉ siècle, et il rachetait les vieilles fermes que les paysans du Gudbrandsdal démolissaient pour construire moderne. Il les a remontées d'abord dans son jardin, puis sur la colline de Maihaugen, jusqu'à en avoir deux cents : fermes à cour fermée du XVIIᵉ siècle, greniers sur pilotis, chalets d'alpage, un presbytère, et l'église en bois debout de Garmo, vieille de huit cents ans, remontée ici en 1921.

      Le musée a ensuite ajouté une rue de bourg des années 1900 — avec sa pharmacie, son école, son photographe — et un quartier de maisons du XXᵉ siècle, une par décennie, jusqu'aux années 1990, où l'on retrouve la télévision et le canapé de son enfance. C'est ce qui rend l'endroit différent d'un simple musée de fermes : il raconte comment on a vécu ici jusqu'à hier.

      L'été, les guides en costume habitent les fermes et cuisinent. Le billet ouvre aussi le musée olympique, à cinq minutes, qui raconte les Jeux de 1994 — les mieux réussis de l'histoire, dit le CIO — avec la torche, les combinaisons et la médaille d'or du patineur Koss.

      culture
      22 €
    • Bjerkebæk, la maison de Sigrid Undset, Lillehammer, Norvège
      Bjerkebæk, la maison de Sigrid Undset Les deux maisons de bois où la romancière, prix Nobel 1928, a écrit ses grands cycles médiévaux, avec son jardin de plantes anciennes. ⚠️ Fait partie des musées de Lillehammer ; ouverture saisonnière, se renseigner sur le billet commun avec Maihaugen.
      En savoir plus

      Sigrid Undset a reçu le prix Nobel de littérature en 1928 pour Kristin Lavransdatter, une trilogie médiévale qu'elle a écrite ici, dans deux vieilles maisons de bois du Gudbrandsdal qu'elle avait fait démonter et remonter au bord d'un ruisseau de Lillehammer. Elle y a vécu de 1919 à sa mort en 1949, élevé ses enfants, cultivé un jardin de plantes anciennes, et fui les nazis en 1940 par la Suède, l'URSS, le Japon et l'Amérique — ses livres brûlaient en Allemagne.

      Les maisons ont été rouvertes en 2007 avec son mobilier, sa bibliothèque et ses objets, comme si elle venait de sortir. On y sent une femme catholique convertie dans un pays luthérien, sévère avec elle-même, qui écrivait la nuit.

      La visite est courte, et elle vaut surtout si tu as lu Kristin ; sinon, le jardin et le calme du ruisseau suffisent. Renseigne-toi sur l'ouverture, qui suit les saisons du musée.

      culture
      15 €
    • Storgata et la rive du Mjøsa, Lillehammer, Norvège
      Storgata et la rive du Mjøsa La rue piétonne aux maisons de bois peintes, l'une des mieux conservées du pays, descend vers le lac. En été, le Skibladner — le plus vieux bateau à aubes encore en service au monde, lancé en 1856 — accoste au ponton : on le voit passer, blanc, au milieu du lac.
      En savoir plus

      Storgata est la rue piétonne de Lillehammer, une des rues de bois les mieux conservées de Norvège : des maisons basses peintes en ocre, en rouge et en blanc, avec des cafés, des boutiques de sport et le petit cinéma. Le peintre Frederik Collett y a vécu et peint ces mêmes façades en 1900 — on retrouve ses toiles au musée d'art, à côté.

      La rue descend vers le lac Mjøsa, le plus grand du pays, cent dix-sept kilomètres de long et quatre cent cinquante mètres de profondeur, gelé l'hiver et froid l'été. Sur la rive, une promenade, une plage de galets et un ponton où accoste le Skibladner, un bateau à aubes lancé en 1856 qui fait toujours la navette entre les villes du lac de juin à août, avec son saumon servi à bord — le plus vieux bateau à aubes encore en service régulier au monde.

      C'est une étape sans monument, faite pour marcher une fin de journée : la rue, le lac, un café. Le lendemain matin, la route des fjords commence.

      marché
      gratuit

    Jour 6

    • Télésiège et tour du tremplin de Lysgårdsbakkene, Lillehammer, Norvège
      Télésiège et tour du tremplin de Lysgårdsbakkene Le grand tremplin des Jeux de 1994, où la flamme est entrée à ski. Le télésiège monte à la tour de départ des sauteurs ; de la terrasse, la ville et le lac Mjøsa sont sous les pieds. ⚠️ On peut aussi monter par les 936 marches de l'escalier, qui suivent la piste d'atterrissage — la vue est la même, les cuisses non.
      En savoir plus

      Le tremplin a été construit pour les Jeux de 1994, et c'est ici que la cérémonie d'ouverture a eu lieu : la flamme est arrivée dans les mains d'un sauteur qui s'est élancé avec elle, torche au poing, devant trente-cinq mille personnes assises dans la neige. On voit encore les gradins taillés dans la pente, et la tour d'arrivée qui domine la ville.

      Le télésiège monte le long de la piste d'atterrissage jusqu'à la tour de départ des sauteurs, à cent trente-six mètres au-dessus du bas de la colline. De la terrasse, on a Lillehammer, le lac Mjøsa qui s'étire vers le sud et les montagnes du Gudbrandsdal. L'été, les sauteurs s'entraînent sur le revêtement plastique arrosé — les voir partir depuis la tour est plus impressionnant qu'à la télévision.

      Si tu as les jambes, redescends par l'escalier de 936 marches qui suit la piste : la boutique du bas porte ce nombre en enseigne. Et si tu veux comprendre ce qu'on ressent en haut, le simulateur de saut au musée olympique le fait très bien, sans risque.

      culture
      6 €

    68 € hébergement · 50 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur Storgata, 135 € la nuit.

    Voir les hébergements à Lillehammerlien affilié

  4. Lillehammer → Geiranger — E6 puis Rv15 par Otta et Grotli, descente par Dalsnibba, 4 h 30, 23 € par personne (45 € à partager).
  5. Geiranger, Norvège

    03. Geiranger

    J7 → J8 · 2 nuits · 389 € par personne

    Le fjord le plus photographié du pays, au fond d'une vallée fermée

    Un village de deux cent cinquante habitants au fond d'un fjord classé au patrimoine mondial : parois de mille mètres, cascades qui tombent dans l'eau, fermes abandonnées sur des vires. On y arrive par les lacets de Dalsnibba ou par le ferry d'Hellesylt. ⚠️ Routes de montagne fermées d'octobre à mai ; Trollstigen est rouverte depuis avril 2026.

    En savoir plus sur Geiranger

    Geiranger est un village de deux cent cinquante habitants au fond d'un fjord de quinze kilomètres, si étroit et si profond qu'il est classé au patrimoine mondial avec le Nærøyfjord. Les parois font mille mètres, les cascades des Sept Sœurs et du Prétendant tombent directement dans l'eau, et des fermes abandonnées s'accrochent à des vires où l'on hissait les vaches à la corde.

    On y arrive par le haut, et c'est le spectacle : la route descend en lacets depuis Dalsnibba, à mille cinq cents mètres, avec le fjord qui apparaît à chaque virage — Flydalsjuvet, puis le village. Ou par le bas, en ferry depuis Hellesylt, ce qui est la façon la plus simple d'en voir les parois. ⚠️ Depuis 2026, seuls les bateaux sans émissions naviguent dans le fjord ; les paquebots qui l'encombraient ont disparu du fond, et le village s'en trouve mieux.

    ⚠️ Une nuit suffit, deux si l'on marche : le sentier de Storseterfossen passe derrière une cascade, celui de Skageflå monte à une ferme suspendue au-dessus du fjord. Trollstigen, la route à onze lacets, est un détour d'une demi-journée vers le nord — rouverte depuis avril 2026 après deux ans de travaux contre les chutes de pierres.

    À table

    • Geitost de Geiranger — le fromage de chèvre brun des fermes du fjord, vendu à la ferme et dans la boutique du village.
    • Fenalår — le gigot de mouton salé et séché, tranché fin, sur une planche avec du pain plat, dans les auberges.
    • Svele — la crêpe épaisse au beurre et au sucre servie sur les ferries du Storfjord, avec un café.
    • Fraises de Valldal — la vallée voisine en est la capitale ; en juillet, sur les stands de la route de Trollstigen.

    Jour 7

    • Flydalsjuvet et Ørnesvingen, Geiranger, Norvège
      Flydalsjuvet et Ørnesvingen Les deux belvédères gratuits de la route : Flydalsjuvet au-dessus du village, sur la route de Dalsnibba, avec le rocher qui avance dans le vide ; Ørnesvingen, le « virage de l'aigle », au sommet des onze lacets de la route du nord, face aux Sept Sœurs. ⚠️ Les cars s'y arrêtent entre dix heures et quinze heures ; le soir, on y est seul.
      En savoir plus

      Ces deux points de vue sont sur les deux routes qui entrent dans Geiranger, et ils encadrent le village. Flydalsjuvet est sur la route du sud, celle de Dalsnibba, à quatre kilomètres : un rocher plat qui avance au-dessus du ravin, avec le village et le fjord derrière — c'est l'image des cartes postales depuis un siècle, et une plateforme aménagée en contrebas évite désormais de marcher au bord.

      Ørnesvingen, le virage de l'aigle, est au sommet des onze lacets de la route du nord, celle qui monte vers Eidsdal et le ferry. Un balcon d'acier surplombe le fjord de six cents mètres, exactement en face des Sept Sœurs, avec une petite cascade qui coule sous les pieds. Le nom vient des aigles qui nichaient dans la paroi ; on en voit encore.

      Les deux sont gratuits et à quelques minutes du village. Entre dix heures et quinze heures, les cars des paquebots s'y succèdent ; en fin de journée, quand les bateaux sont partis, on y est seul avec la lumière rasante, et c'est là qu'il faut y aller.

      nature
      gratuit
    • Croisière sur le Geirangerfjord, Geiranger, Norvège
      Croisière sur le Geirangerfjord Soixante-quinze minutes ou deux heures sous les parois, au pied des Sept Sœurs, du Prétendant et de la ferme de Skageflå. Depuis 2026, les bateaux sont électriques et silencieux : on entend les cascades. ⚠️ Le prix affiché est le plancher, il monte en juillet-août ; réserver la veille en saison, et se placer à bâbord au départ pour avoir les cascades du bon côté.
      En savoir plus

      Le fjord fait quinze kilomètres du village jusqu'au point où il rejoint le Sunnylvsfjord, et tout se passe sur ses parois : les Sept Sœurs, sept filets d'eau qui tombent côte à côte de deux cent cinquante mètres, et en face le Prétendant, une cascade seule qui, dit la légende, a demandé chacune des sœurs en mariage et bu de dépit — d'où la bouteille que dessine sa chute. Plus loin, le Voile de la mariée s'évapore avant d'atteindre l'eau.

      Le bateau passe aussi sous les fermes abandonnées : Skageflå, perchée à deux cent cinquante mètres sur une vire, où l'on hissait les vaches à la corde et où les enfants étaient attachés pour ne pas tomber ; Knivsflå, sous les Sept Sœurs, quittée en 1898 à cause des chutes de pierres. Le roi et la reine y ont fêté leurs noces d'argent en 1993, en montant à pied.

      Depuis 2026, les bateaux du fjord classé sont électriques, et le silence change tout : on entend l'eau tomber. Place-toi sur le pont extérieur, à gauche en partant du village, et garde un coupe-vent — au pied des cascades, l'air descend.

      nature
      56 €
    • Randonnée à Storseterfossen, Geiranger, Norvège
      Randonnée à Storseterfossen Un sentier de deux heures aller-retour depuis la ferme de Westerås, qui passe derrière le rideau d'une cascade : on marche dans une niche de rocher avec l'eau qui tombe devant soi. ⚠️ Le sol est mouillé et glissant dans la niche ; des chaussures qui tiennent, pas des baskets.
      En savoir plus

      Le sentier part de la ferme de Westerås, au-dessus du village, où une famille tient un café dans la grange. Il monte en forêt puis en alpage, avec le fjord qui s'ouvre dans le dos à chaque virage, jusqu'à la cascade de Storseterfossen. Là, le chemin passe derrière le rideau d'eau : on avance dans une niche creusée dans la roche, avec la chute qui tombe à un mètre devant soi, et l'on ressort de l'autre côté.

      C'est une des rares cascades de Norvège qu'on traverse ainsi, et l'une des plus accessibles : deux heures aller-retour, quelques centaines de mètres de dénivelé, balisage rouge. Le sol de la niche est mouillé en permanence et glissant ; des chaussures à semelle crantée sont nécessaires, et la balustrade n'est pas là pour faire joli.

      Le même départ mène, plus loin, à Løsta, un belvédère sur le fjord et le village. Si tu enchaînes les deux, compte la demi-journée, et redescends prendre un café à la ferme — c'est là qu'on goûte le fromage de chèvre de Geiranger.

      sport
      gratuit

    Jour 8

    • La route de Trollstigen, Geiranger, Norvège
      La route de Trollstigen Onze lacets à neuf pour cent taillés dans la paroi en 1936, une cascade qui passe sous la route, et une plateforme de verre au sommet. C'est un détour d'une demi-journée vers le nord, par le ferry d'Eidsdal et la vallée de Valldal. ⚠️ Rouverte en avril 2026 après deux ans de fermeture pour sécurisation ; fermée chaque hiver, et des fermetures courtes restent possibles.
      En savoir plus

      Onze lacets à neuf pour cent, taillés dans une paroi de six cents mètres, ouverts par le roi Haakon VII en 1936 après huit ans de travaux à la main. Au milieu, la cascade de Stigfossen passe sous un pont de pierre. Le nom veut dire l'échelle des trolls, et l'on comprend en montant : la route paraît impossible d'en bas, et d'en haut, depuis la plateforme d'acier qui s'avance sur le vide, on voit les voitures descendre comme des jouets.

      En juin 2024, des éboulements ont fermé la route, et elle est restée close deux étés, le temps de purger les parois et de poser des filets. Elle a rouvert en avril 2026, plus tôt qu'elle n'avait jamais ouvert. Elle reste fermée l'hiver, de la première neige à la fin du déneigement, et des fermetures courtes sont possibles en cas de pluie forte.

      Depuis Geiranger, c'est un détour d'une demi-journée par le ferry d'Eidsdal et la vallée de Valldal, où l'on vend des fraises en juillet. La descente se fait vers Åndalsnes ; on revient par le même chemin ou l'on continue vers Ålesund par la côte. Les camping-cars y sont lents et nombreux entre onze heures et seize heures.

      nature
      gratuit

    75 € hébergement · 52 € repas · 8 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le village, 150 € la nuit.

    Voir les hébergements à Geirangerlien affilié

  6. Geiranger → Ålesund — Ferry Eidsdal–Linge puis Rv650 et E39, 2 h 30, 15 € par personne (30 € à partager).
  7. Ålesund, Norvège

    04. Ålesund

    J9 → J11 · 3 nuits · 531 € par personne

    Une ville Art nouveau reconstruite en trois ans sur des îlots

    Brûlée en une nuit en 1904, reconstruite en trois ans en pierre et en Art nouveau : une ville entière de tourelles et de façades ornées sur trois îlots. On la voit d'en haut depuis les 418 marches du mont Aksla. Port de la morue séchée depuis trois siècles, et l'un des grands aquariums d'Europe du Nord sur la pointe ouest.

    En savoir plus sur Ålesund

    Ålesund a brûlé en une nuit, en janvier 1904 : dix mille habitants dehors dans la tempête, huit cents maisons de bois parties en fumée. La ville a été reconstruite en trois ans, en pierre, dans le style de l'époque — le Jugendstil — par de jeunes architectes norvégiens formés en Allemagne, et l'empereur Guillaume II, qui y passait ses vacances, a envoyé des navires de secours. Le résultat est unique en Europe : une ville entière de tourelles, de façades ornées et de portails sculptés, posée sur trois îlots reliés par des ponts.

    On la voit d'en haut depuis le mont Aksla, quatre cent dix-huit marches au-dessus du parc, avec l'archipel et les montagnes de Sunnmøre derrière. C'est l'image qu'on garde.

    ⚠️ Ålesund est une ville de pêche avant d'être une ville d'architecture : le port exporte la morue séchée depuis trois siècles, et l'aquarium de l'Atlantique, sur la pointe ouest, est l'un des plus grands d'Europe du Nord. Deux nuits permettent d'ajouter l'île de Godøy et son phare d'Alnes, ou de partir tôt vers le sud par les ferries du Storfjord — la route vers Flåm est longue.

    À table

    • Bacalao — la morue séchée mijotée à la tomate, aux oignons et aux olives, héritage du commerce avec l'Espagne ; c'est le plat de la ville.
    • Klippfisk — la morue salée et séchée sur les rochers, exportée d'ici depuis trois siècles, en beignets ou en gratin.
    • Crevettes du Storfjord — décortiquées à la main sur le quai, avec du pain et de la mayonnaise.
    • Skreimølje — le cabillaud d'hiver avec son foie et ses œufs, de janvier à avril, dans les restaurants du port.

    Jour 9

    • Le mont Aksla et ses 418 marches, Ålesund, Norvège
      Le mont Aksla et ses 418 marches L'escalier part du parc de la ville et monte au belvédère de Fjellstua : la ville Art nouveau sur ses îlots, l'archipel, les montagnes de Sunnmøre. C'est la photo d'Ålesund, et elle ne coûte rien. ⚠️ Le soir d'été, vers vingt-deux heures, la lumière rasante est la meilleure ; une route monte aussi pour ceux qui ne veulent pas des marches.
      En savoir plus

      L'escalier part du parc de la ville, derrière la statue de Rollon — le Viking parti d'ici pour fonder la Normandie, dont Rouen a offert une copie de sa statue en 1911. Quatre cent dix-huit marches en zigzag dans les arbres, et l'on débouche sur le belvédère de Fjellstua, à cent quatre-vingt-neuf mètres : la ville Art nouveau sur ses îlots, le canal de Brosundet, les toits de tourelles, l'archipel plat vers l'ouest et, derrière, les montagnes déchiquetées du Sunnmøre.

      C'est la photo d'Ålesund, celle de tous les guides, et elle ne coûte rien. Une route y monte aussi, avec un parking, pour ceux qui ne veulent pas de l'escalier, et un restaurant au sommet.

      Le meilleur moment est le soir de juin ou de juillet, vers vingt-deux heures, quand le soleil rase l'archipel et que la ville s'allume sans qu'il fasse nuit. Le matin, les cars des paquebots sont là. Un sentier continue derrière le belvédère vers le sommet de la colline et le vieux poste de guet.

      sport
      gratuit
    • Balade Art nouveau dans le centre, Ålesund, Norvège
      Balade Art nouveau dans le centre Kongens gate, Apotekergata et le canal de Brosundet : les façades de 1904-1907 se lisent maison par maison — dragons, tournesols, visages sculptés, chaque architecte ayant signé son immeuble d'un motif. Le port intérieur, avec ses entrepôts sur l'eau, est le plus beau tronçon. Gratuit, et l'on fait le tour en une heure.
      En savoir plus

      Le centre tient sur deux îlots reliés par des ponts, et il se parcourt en une heure. Commence par Kongens gate, la rue principale, où les immeubles de 1905 alignent leurs tourelles d'angle et leurs pignons ondulés ; regarde au-dessus des vitrines, c'est là que tout se passe. Chaque architecte a signé d'un motif : des dragons pour l'un, des tournesols pour l'autre, des visages de femmes aux cheveux flottants, et des runes ou des vikings pour ceux qui voulaient faire norvégien.

      Descends ensuite Apotekergata jusqu'au canal de Brosundet, le port intérieur : les anciens entrepôts sur pilotis y ont les pieds dans l'eau, et l'un d'eux est devenu un hôtel où l'on dort dans un ancien phare posé au bout du quai. C'est le plus beau tronçon, surtout depuis le pont de Hellebroa, au coucher du soleil.

      Le sommet de l'église d'Ålesund, en pierre grise, marque la fin de la ville ancienne. Et si tu veux la ville d'avant l'incendie, il n'en reste rien : une seule maison de bois a survécu, à l'écart du centre.

      marché
      gratuit
    • Jugendstilsenteret et KUBE, Ålesund, Norvège
      Jugendstilsenteret et KUBE Le centre de l'Art nouveau est installé dans l'ancienne pharmacie du Cygne, l'un des intérieurs les mieux conservés de la ville, avec un « voyage dans le temps » qui raconte l'incendie et la reconstruction. Le musée d'art KUBE est à côté, dans l'ancienne banque. ⚠️ Un seul billet pour les deux.
      En savoir plus

      Dans la nuit du 23 janvier 1904, le feu a pris dans une usine de conserves d'Ålesund et le vent de tempête l'a poussé sur toute la ville : huit cent cinquante maisons de bois brûlées en seize heures, dix mille personnes dehors en plein hiver, une seule morte — elle était retournée chercher son argent. En trois ans, trois cent cinquante immeubles de pierre ont été bâtis par trente jeunes architectes dans le style du moment, l'Art nouveau, ce qui a fait d'Ålesund la ville la plus homogène d'Europe dans ce goût.

      Le centre est installé dans l'ancienne pharmacie du Cygne, l'intérieur le mieux conservé de la ville, avec sa salle à manger de chêne sculpté. Une machine à voyager dans le temps, très bien faite, raconte l'incendie et la reconstruction en un quart d'heure. Le musée d'art KUBE est juste à côté, dans l'ancienne banque de Norvège, avec des expositions temporaires et une collection régionale.

      Un seul billet pour les deux. Fais-le en premier : on lit ensuite les façades de la ville — dragons, tournesols, visages — comme on lit un livre dont on connaît l'histoire.

      culture
      11 €

    Jour 10

    • Godøy et le phare d'Alnes, Ålesund, Norvège
      Godøy et le phare d'Alnes Une île reliée par des tunnels sous la mer, un village de pêcheurs face au large et un phare rouge et blanc sur une pointe de galets, avec un café dans la maison du gardien. ⚠️ Vingt-cinq minutes de route depuis Ålesund ; les tunnels sont à péage automatique, et le vent y est permanent — c'est l'endroit pour voir l'Atlantique de face.
      En savoir plus

      Godøy est la dernière île avant le large, à vingt-cinq minutes d'Ålesund par une route qui saute d'île en île puis plonge dans un tunnel sous la mer. Au bout, le village de pêcheurs d'Alnes, quelques maisons blanches serrées contre le vent, et un phare rouge et blanc de 1876 sur une pointe de galets, avec un café dans la maison du gardien qui sert des gaufres.

      Rien à visiter au sens strict : on vient pour l'Atlantique de face, la lumière et le bruit, les oiseaux de mer, et le sentier qui suit la côte vers le nord entre les rochers polis. Par beau temps, on voit l'île de Runde et ses falaises à macareux, à l'horizon sud-ouest ; par gros temps, on reste au café.

      Les tunnels de la route sont à péage automatique, lu sur la plaque, sans rien à faire. Un bus y va depuis Ålesund, moins souvent le week-end. Le soir de juin, quand le soleil descend sur la mer sans vraiment se coucher, c'est l'endroit du parcours où l'on se sent le plus loin de tout.

      nature
      gratuit

    Jour 11

    • Atlanterhavsparken, l'aquarium de l'Atlantique, Ålesund, Norvège
      Atlanterhavsparken, l'aquarium de l'Atlantique Un aquarium creusé dans la roche à la pointe ouest de la ville, dont le grand bassin est un morceau de mer fermé où nagent les morues, les flétans et les loups de l'Atlantique. Les phoques et les manchots sont dehors, face au large. ⚠️ Le nourrissage des poissons par un plongeur est le moment à viser ; le bus 18 y va depuis le centre.
      En savoir plus

      L'aquarium a été creusé dans le rocher à la pointe ouest de la presqu'île, là où la ville s'arrête et où commence la mer. Son grand bassin n'est pas un aquarium au sens ordinaire : c'est un bras de mer fermé par une paroi de verre, alimenté par l'eau de l'Atlantique, où nagent les poissons de la côte — morues, flétans, loups de mer, raies — à la taille qu'ils atteignent en liberté. Un plongeur vient les nourrir à la main, et c'est le moment que tout le monde attend.

      Dehors, sur les rochers face au large, vivent des phoques communs et une colonie de manchots de Humboldt — les seuls de Norvège — que l'on regarde depuis un sentier au bord de l'eau. Par gros temps, les vagues passent par-dessus.

      Compte deux heures et demie, davantage avec des enfants, qui ont un bassin tactile. Le bus urbain y va depuis le centre en un quart d'heure, et le sentier côtier qui continue vers Tueneset, sous les canons allemands de la guerre, est une belle façon de rentrer à pied.

      nature
      25 €

    73 € hébergement · 52 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel Art nouveau au bord du canal, 145 € la nuit.

    Voir les hébergements à Ålesundlien affilié

  8. Ålesund → Flåm et le Nærøyfjord — E39, Rv5 et E16 par Sogndal, ferry Mannheller–Fodnes, 6 h, 35 € par personne (70 € à partager).
  9. Flåm et le Nærøyfjord, Norvège

    05. Flåm et le Nærøyfjord

    J12 → J14 · 3 nuits · 611 € par personne

    Le train le plus raide du monde et le fjord le plus étroit

    Un hameau au fond du Sognefjord, entre le train le plus raide du monde — la Flåmsbana, 864 m de dénivelé en vingt kilomètres — et le Nærøyfjord, classé au patrimoine mondial, 250 m de large entre des parois de 1 200 m. ⚠️ Complet des jours à l'avance en juillet ; Stegastein et l'église de Borgund sont à moins d'une heure.

    En savoir plus sur Flåm et le Nærøyfjord

    Flåm est un hameau de quatre cents habitants au fond de l'Aurlandsfjord, un bras du Sognefjord, le plus long et le plus profond de Norvège. Il vit de deux choses : la Flåmsbana, un train qui grimpe huit cent soixante-quatre mètres en vingt kilomètres jusqu'à la ligne d'Oslo à Bergen, avec des pentes de un pour dix-huit et vingt tunnels creusés à la main ; et le Nærøyfjord, à côté, classé au patrimoine mondial — deux cent cinquante mètres de large au plus étroit, entre des parois de mille deux cents mètres.

    ⚠️ En juillet, quand les paquebots sont à quai, le hameau reçoit dix fois sa population et le train est complet des jours à l'avance : on réserve, et l'on prend le premier départ du matin ou le dernier du soir. Le reste de l'année, c'est un village tranquille au bout de l'eau.

    Deux nuits permettent le tour du fjord en bateau, le belvédère de Stegastein — une passerelle de bois qui avance de trente mètres au-dessus du vide, à six cent cinquante mètres — et l'église en bois debout de Borgund, la mieux conservée du pays, à quarante minutes de route vers l'est. C'est aussi l'étape où le train reprend ses droits : de Flåm, on monte à Myrdal et l'on redescend sur Bergen sans voiture.

    À table

    • Chèvre d'Undredal — le fromage de chèvre blanc et le brun du village de cent habitants au bord du Nærøyfjord, à la fromagerie du quai.
    • Bière d'Ægir — la brasserie de Flåm, dans une maison de bois sombre au bord du fjord, brasse à l'anglaise depuis 2007.
    • Saumon du Sognefjord — fumé ou en gravlaks, dans les restaurants du port.
    • Rakfisk — la truite fermentée des vallées intérieures, servie l'hiver avec des oignons et de la crème : à goûter une fois, avec du courage.

    Jour 12

    • La Flåmsbana, Flåm et le Nærøyfjord, Norvège
      La Flåmsbana Vingt kilomètres et huit cent soixante-quatre mètres de dénivelé entre le fjord et la gare de Myrdal, sur la ligne d'Oslo à Bergen : vingt tunnels, une pente de un pour dix-huit — la plus raide d'Europe sans crémaillère — et un arrêt devant la cascade de Kjosfossen. ⚠️ Prix « à partir de », plus cher en juillet-août ; réserver, et s'asseoir à gauche en montant pour la vallée.
      En savoir plus

      Le train a été construit entre 1923 et 1940 pour relier le fjord à la ligne d'Oslo à Bergen, qui passe à Myrdal, huit cent soixante-quatre mètres plus haut. Vingt kilomètres de voie, vingt tunnels dont dix-huit creusés à la main, une pente de un pour dix-huit — la plus raide d'Europe pour un train à adhérence simple, sans crémaillère — et un tunnel en spirale à l'intérieur de la montagne pour gagner de la hauteur. Cinq systèmes de freins indépendants, dont un seul suffit à arrêter le train.

      Le trajet dure une heure dans chaque sens, à vingt kilomètres à l'heure. La vallée se creuse sous les fenêtres, la rivière saute de cascade en cascade, et le train s'arrête devant Kjosfossen, où l'été une femme en rouge danse sur les rochers dans le bruit de la chute — une huldra, l'esprit de la forêt, jouée par une élève de l'école de danse. C'est kitsch, et tout le monde photographie.

      Assieds-toi à gauche en montant, à droite en descendant : c'est le côté de la vallée. En juillet, les wagons sont pleins de passagers de paquebots ; le premier train du matin et le dernier du soir sont les seuls calmes. Depuis Myrdal, on peut redescendre à pied ou à vélo par l'ancienne route de chantier.

      culture
      37 €
    • Le Nærøyfjord en bateau et en bus, Flåm et le Nærøyfjord, Norvège
      Le Nærøyfjord en bateau et en bus Deux heures de bateau électrique entre Flåm et Gudvangen, par l'Aurlandsfjord puis le Nærøyfjord, le plus étroit des fjords classés : deux cent cinquante mètres de large, des chutes d'eau à chaque virage, le hameau d'Undredal et ses chèvres. Retour en bus par le tunnel. ⚠️ Prix « à partir de » ; en juillet, le dernier départ de l'après-midi est le moins chargé.
      En savoir plus

      Le bateau quitte Flåm par l'Aurlandsfjord, passe devant Undredal — cent habitants, cinq cents chèvres, la plus petite église en bois debout de Scandinavie encore en service — puis tourne dans le Nærøyfjord. Dix-huit kilomètres, deux cent cinquante mètres de large au plus étroit, des parois qui montent à mille deux cents mètres et des cascades qui tombent directement dans l'eau, avec des hameaux sans route où le courrier arrive encore par bateau. Il est classé au patrimoine mondial avec Geiranger, et c'est le plus étroit des deux.

      Le bateau est électrique et silencieux depuis quelques années ; on entend les cascades et les chèvres. Il accoste à Gudvangen, au fond, d'où un bus ramène à Flåm par le tunnel en vingt minutes — c'est le principe de l'aller-retour, et le bus se réserve avec le bateau.

      Le fjord est plus beau par temps gris que par grand soleil : les nuages s'accrochent aux parois et les cascades doublent après la pluie. Reste sur le pont, avec un bonnet même en août, et place-toi à l'avant à bâbord : au passage le plus étroit, les deux rives sont à portée de voix.

      nature
      59 €

    Jour 13

    • Belvédère de Stegastein, Flåm et le Nærøyfjord, Norvège
      Belvédère de Stegastein Une passerelle de bois lamellé qui s'avance de trente mètres au-dessus du vide, à six cent cinquante mètres au-dessus de l'Aurlandsfjord, avec une paroi de verre au bout. Gratuit ; on y monte par une route de lacets depuis Aurland, à dix minutes de Flåm, ou par une navette en saison. ⚠️ La route continue vers le plateau d'Aurlandsfjellet, la « route des neiges », ouverte de juin à octobre.
      En savoir plus

      La passerelle a été posée en 2006 sur la route de montagne qui relie Aurland à Lærdal par le plateau, l'ancienne route avant le tunnel. Trente mètres de bois lamellé qui s'avancent depuis le virage et se courbent vers le bas, avec pour seule fin une paroi de verre : on marche jusqu'au bout et l'on regarde six cent cinquante mètres plus bas l'Aurlandsfjord, Aurland et ses champs, et Flåm tout au fond. Les architectes ont voulu qu'on ait la sensation de tomber ; c'est réussi.

      C'est gratuit. La route grimpe depuis Aurland, à dix minutes de Flåm, par une dizaine de lacets ; elle continue ensuite vers le plateau de l'Aurlandsfjellet, à mille trois cents mètres, un désert de rochers et de neige qu'on traverse en une heure jusqu'à Lærdal — ouverte de juin à octobre seulement, et c'est une des plus belles routes du pays.

      L'été, une navette monte depuis Flåm pour ceux qui n'ont pas de voiture. Le soir, la lumière vient d'en face et le fjord est doré ; le matin, il est dans l'ombre. Les cars des paquebots y sont en milieu de journée.

      nature
      gratuit
    • Musée de la Flåmsbana, Flåm et le Nærøyfjord, Norvège
      Musée de la Flåmsbana Dans l'ancienne gare, au bord du quai : comment on a creusé vingt tunnels à la main entre 1923 et 1940, avec une locomotive d'origine et les photos des ouvriers. Gratuit, et c'est ce qu'on regarde en attendant le train.
      En savoir plus

      Installé dans l'ancienne gare de Flåm, au bord du quai où le train part, le musée raconte comment on a construit une ligne de vingt kilomètres qui monte de huit cents mètres en dix-sept ans, avec des ouvriers logés dans des baraques, des dynamitages à la main et un tunnel en spirale percé à l'intérieur de la montagne. Les photos d'époque montrent les hommes suspendus aux parois, et le matériel exposé — une locomotive électrique d'origine, des outils, des uniformes — n'a pas beaucoup changé jusqu'aux années 1990.

      Il explique aussi ce que la ligne a changé : avant elle, Flåm était un hameau de fermiers au bout d'un fjord, joignable par bateau ; après, c'est devenu l'un des lieux les plus visités du pays.

      C'est gratuit, ça prend une demi-heure, et c'est ce qu'on regarde en attendant le train ou le bateau — juste à côté du quai. Le magasin du musée est le seul endroit de Flåm où l'on trouve des livres sur la région.

      culture
      gratuit
    • Vallée de Flåm à pied ou à vélo, Flåm et le Nærøyfjord, Norvège
      Vallée de Flåm à pied ou à vélo La vallée que le train remonte se descend à pied ou à vélo depuis Myrdal, ou se parcourt depuis le village jusqu'à la cascade de Brekkefossen, une heure de montée raide pour la vue sur le fjord. ⚠️ La descente complète depuis Myrdal fait vingt kilomètres et une demi-journée ; les vélos se louent au port.
      En savoir plus

      La vallée que la Flåmsbana remonte peut se descendre à pied ou à vélo par l'ancienne route de chantier, qui part de Myrdal, à côté de la gare, et rejoint Flåm en vingt kilomètres. Les premiers lacets, vingt et un virages sur une pente raide, se marchent à côté du vélo ; ensuite la piste suit la rivière entre les fermes, avec les cascades et les tunnels du train au-dessus. Compte trois heures à vélo, cinq à six à pied, et un pique-nique à la ferme de Kårdal, au bas des lacets.

      Depuis le village, une marche plus courte monte à Brekkefossen : une heure de sentier raide dans la forêt, jusqu'au pied d'une cascade, avec le fjord, Flåm et les paquebots en contrebas. C'est la meilleure vue sur le village, et personne n'y monte.

      Les vélos se louent au port de Flåm, et l'on peut les emporter dans le train jusqu'à Myrdal moyennant un billet vélo. Prends des freins en bon état : la descente des lacets est le seul passage technique, et c'est là que les gens tombent.

      sport
      gratuit

    Jour 14

    • Église en bois debout de Borgund, Flåm et le Nærøyfjord, Norvège
      Église en bois debout de Borgund La mieux conservée des vingt-huit églises en bois debout de Norvège, bâtie vers 1180 et jamais modifiée : toits en écailles superposés, têtes de dragons aux pignons, portail sculpté d'entrelacs, et à l'intérieur une pénombre de bois noir. ⚠️ À quarante minutes de route de Flåm par le tunnel de Lærdal, le plus long tunnel routier du monde ; le centre d'accueil explique les deux cents ans de sa construction.
      En savoir plus

      La Norvège a compté plus de mille églises en bois debout au Moyen Âge ; il en reste vingt-huit, et Borgund est celle qui n'a pas changé. Bâtie vers 1180 avec des pins laissés debout sur pied plusieurs années pour qu'ils se gorgent de résine, elle tient sur des poteaux — les « bois debout » — plantés sur un cadre de pierre, et ses six toits en écailles se superposent comme une pagode, avec des têtes de dragons aux pignons héritées des proues vikings.

      L'intérieur est sans fenêtre, ou presque : la lumière entre par de petites ouvertures rondes sous le toit, et l'on distingue peu à peu les poteaux, le chœur, les inscriptions runiques gravées sur les portes — l'une dit que Thor a écrit ces runes, un soir de la Saint-Olav. Le portail sculpté d'entrelacs et de dragons est un des sommets de l'art médiéval scandinave.

      Le centre d'accueil, en face, explique la charpente avec une maquette et montre ce qui a été retrouvé sous le plancher. L'église est sur la route de Lærdal, à quarante minutes de Flåm par le tunnel de vingt-quatre kilomètres, le plus long tunnel routier du monde, avec ses grottes bleues pour rompre la monotonie.

      culture
      14 €

    75 € hébergement · 52 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Aurland ou Flåm, 150 € la nuit.

    Voir les hébergements à Flåm et le Nærøyfjordlien affilié

  10. Flåm et le Nærøyfjord → Bergen — E16 par les tunnels de Gudvangen et Voss, 2 h 42, 18 € par personne (35 € à partager).
  11. Bergen, Norvège

    06. Bergen

    J15 → J17 · 3 nuits · 587.5 € par personne

    La capitale des fjords, ses quais hanséatiques et ses sept montagnes

    La capitale des fjords, ancienne plus grande ville du pays grâce à la morue séchée : les maisons de bois penchées du comptoir hanséatique de Bryggen, le funiculaire de Fløyen, la maison de Grieg, le marché aux poissons. ⚠️ Deux cent quarante jours de pluie par an ; le musée hanséatique est fermé pour restauration, les Schøtstuene se visitent.

    En savoir plus sur Bergen

    Bergen a été la plus grande ville de Norvège pendant cinq siècles, et elle le doit à la morue séchée : de 1350 à 1750, les marchands allemands de la Hanse ont tenu ici un comptoir fermé, Bryggen, dont les maisons de bois penchées, reconstruites après l'incendie de 1702, bordent toujours le port. On entre dans les passages étroits entre les façades et l'on est dans un entrepôt du Moyen Âge.

    La ville est coincée entre le fjord et sept montagnes, et le funiculaire de Fløyen monte à l'une d'elles en huit minutes : forêts, lacs, chèvres, et toute la ville dessous. C'est aussi la ville de Grieg, dont la maison de Troldhaugen se visite, et celle du musée KODE, quatre bâtiments d'art autour d'un lac.

    ⚠️ Bergen est la ville la plus pluvieuse d'Europe — deux cent quarante jours par an. On ne planifie pas selon la météo, on s'équipe. ⚠️ Le musée hanséatique de Finnegården est fermé pour restauration depuis 2018, le bâtiment ayant été soulevé d'un mètre pour refaire ses fondations ; les Schøtstuene, les salles d'assemblée des marchands, se visitent en attendant. Deux à trois nuits : la ville, Fløyen, et un fjord ou une île en bateau depuis le port.

    À table

    • Fiskesuppe — la soupe de poisson crémeuse de Bergen, au saumon, à la morue et aux légumes, le plat du marché aux poissons et de toutes les tables de la ville.
    • Persetorsk — la morue pressée et pochée, spécialité du Vestland, servie avec des pommes de terre et du beurre.
    • Skillingsbolle — la brioche à la cannelle de Bergen, plus grande et plus plate qu'ailleurs, dans les boulangeries de la vieille ville.
    • Raspeballer — les boulettes de pomme de terre râpée avec du mouton salé, le jeudi, tradition tenace de la côte ouest.
    • Crevettes du marché — vendues cuites au poids sur le Fisketorget, à manger sur le quai.

    Jour 15

    • Bryggen, le quai hanséatique, Bergen, Norvège
      Bryggen, le quai hanséatique Soixante-deux maisons de bois alignées sur le port, reconstruites à l'identique après 1702 sur les fondations du XIᵉ siècle : on entre dans les passages entre les façades, on suit les galeries de bois où les marchands stockaient la morue, on lit les inscriptions des apprentis. Classé au patrimoine mondial et gratuit. ⚠️ Le matin avant dix heures, avant les paquebots.
      En savoir plus

      Bergen a été pendant cinq siècles le port par où passait la morue séchée des Lofoten, la nourriture de carême de toute l'Europe catholique, et c'est la Hanse — la ligue des villes marchandes allemandes — qui a tenu ce commerce de 1360 à 1754 depuis ce quai. Les marchands vivaient entre eux, sans femmes, avec des apprentis envoyés d'Allemagne à douze ans, dans des maisons de bois où le feu était interdit : on ne cuisinait que dans les salles communes, les Schøtstuene, à l'écart.

      Les soixante-deux maisons qui restent ont été reconstruites après l'incendie de 1702 sur les fondations d'origine, et elles penchent parce que le sol de remblai s'affaisse. On entre dans les passages entre les façades — les gårds — et l'on est dans un entrepôt médiéval : galeries de bois, poulies, planchers qui bougent, inscriptions au couteau.

      Le site est gratuit et se parcourt en une heure ; les boutiques d'artisans occupent les rez-de-chaussée. Le matin avant dix heures, avant les paquebots, ou le soir après dix-huit heures, le quai est vide et l'on entend le plancher craquer.

      marché
      gratuit
    • Les Schøtstuene, salles de la Hanse, Bergen, Norvège
      Les Schøtstuene, salles de la Hanse Les salles d'assemblée où les marchands allemands mangeaient, jugeaient et fêtaient — les seuls bâtiments de Bryggen où le feu était autorisé, à l'écart des entrepôts de bois. La visite guidée raconte la vie du comptoir, ses apprentis de douze ans et ses règles de fer. ⚠️ Le musée hanséatique lui-même est fermé pour restauration ; c'est ici qu'on va à la place, de mai à octobre.
      En savoir plus

      Le feu était interdit dans les maisons de bois de Bryggen, et les marchands allemands ont donc bâti à l'écart, derrière l'église Sainte-Marie, des salles communes en pierre et en bois où l'on cuisinait, mangeait, jugeait et fêtait : les Schøtstuene. Quatre d'entre elles ont été reconstituées avec leurs longues tables, leurs bancs, la cuisine à foyer ouvert et les bières que l'on brassait sur place.

      La visite guidée raconte la vie du comptoir : des garçons envoyés d'Allemagne à douze ans pour dix ans d'apprentissage, sans droit de se marier ni de rentrer, soumis à des « jeux » d'initiation qu'on appellerait aujourd'hui des sévices, et une hiérarchie de fer sous l'autorité de l'assemblée qui siégeait ici. Les Norvégiens n'entraient pas.

      Le musée hanséatique lui-même, dans la maison de Finnegården sur le quai, est fermé depuis 2018 : le bâtiment a été soulevé d'un mètre pour refaire ses fondations, et sa réouverture s'annonce entre 2026 et 2027. En attendant, les Schøtstuene sont ce qui se visite, de mai à octobre, et le guide vaut la salle.

      culture
      19 €
    • Bryggens Museum, Bergen, Norvège
      Bryggens Museum Bâti sur les fouilles de l'incendie de 1955, qui a mis au jour les fondations du Bergen du XIIᵉ siècle : on marche au-dessus des ruines, entre les objets du quotidien médiéval et sept cents inscriptions runiques trouvées sur place — lettres d'amour, comptes de marchands, insultes. ⚠️ C'est le musée qui explique ce qu'on vient de voir dehors.
      En savoir plus

      En 1955, un incendie a ravagé une partie de Bryggen, et sous les cendres les archéologues ont trouvé, sur quatre mètres de profondeur, le Bergen des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles : fondations de maisons, quais, chaussures, peignes, jouets, et près de sept cents bâtonnets de bois gravés de runes — lettres commerciales, prières, déclarations d'amour, insultes. On croyait les runes réservées aux pierres dressées ; on a découvert que tout le monde écrivait, sur des morceaux de bois, les mêmes choses qu'aujourd'hui par message.

      Le musée a été construit sur le site même, et l'on marche au-dessus des fondations, sous des passerelles. Les runes sont dans des vitrines avec leur traduction : « Gyda dit que tu rentres à la maison » est la plus citée.

      C'est le musée qui explique ce qu'on vient de voir dehors, et il est à cinquante mètres du quai. Compte une heure et demie ; les guides des visites de Bryggen partent d'ici l'été, et le billet les inclut certains jours.

      culture
      16 €
    • Funiculaire de Fløibanen, Bergen, Norvège
      Funiculaire de Fløibanen Huit minutes de montée depuis le centre à trois cent vingt mètres, et Bergen entière sous les pieds, avec le fjord et les îles. Au sommet, des sentiers en forêt, un lac, des chèvres qui entretiennent les pentes, et des chemins pour redescendre à pied en quarante-cinq minutes. ⚠️ Prendre un aller simple et redescendre à pied, c'est la moitié du prix et la meilleure partie.
      En savoir plus

      Le funiculaire monte depuis le centre, à deux pas du marché aux poissons, jusqu'au mont Fløyen, à trois cent vingt mètres, en huit minutes. Il date de 1918 et transporte plus d'un million de personnes par an, dont beaucoup de Bergenois qui montent courir ou promener le chien. En haut, la ville entière s'étale sous une terrasse : les sept montagnes, le fjord, les îles, et Bryggen en miniature.

      Le plateau derrière est une forêt de pins et de lacs avec des sentiers balisés, un parc à trolls de bois pour les enfants, et des chèvres cachemire qui entretiennent les pentes l'été. On peut continuer deux heures jusqu'au mont Ulriken, le plus haut des sept, et redescendre par son téléphérique.

      La bonne formule est de monter en funiculaire et de redescendre à pied, quarante-cinq minutes de lacets en forêt jusqu'au centre — la moitié du prix et la meilleure partie. Les billets s'achètent en ligne ; la file du guichet est longue en été, et le funiculaire part toutes les quinze minutes jusqu'à tard le soir.

      nature
      19 €

    Jour 16

    • Le marché aux poissons et Torgallmenningen, Bergen, Norvège
      Le marché aux poissons et Torgallmenningen Sur le port depuis le XIIIᵉ siècle : saumon, crabe royal, crevettes vendues au poids, et des étals qui préparent un sandwich sur place. ⚠️ Les prix des étals à touristes sont deux fois ceux de la halle couverte voisine, où les habitants achètent — y jeter un œil avant de commander.
      En savoir plus

      Il y a un marché sur ce quai depuis le XIIIᵉ siècle, quand les pêcheurs y vendaient directement depuis leurs barques. Aujourd'hui, les étals sous les tentes vendent du saumon, du crabe royal des mers du Nord, des crevettes cuites au poids, du flétan, et préparent sur place des sandwichs et des soupes de poisson à manger debout face au port. Une halle couverte, à côté, abrite l'office du tourisme et des comptoirs plus sérieux.

      C'est un marché à touristes, et les prix des tentes le disent — le double de la halle. Les Bergenois n'y achètent pas ; ils vont à l'intérieur ou au supermarché. Mais la soupe de poisson y est bonne, et regarder un crabe royal vivant de près vaut le passage.

      Derrière, Torgallmenningen est la grande place piétonne de la ville, et l'on remonte de là vers le lac, les musées KODE et le théâtre national fondé par Ibsen. Le marché ferme tôt et n'ouvre pas tous les jours hors saison ; en été, il tourne tous les jours jusqu'au soir.

      marché
      gratuit

    Jour 17

    • KODE, les musées d'art, Bergen, Norvège
      KODE, les musées d'art Quatre bâtiments autour du lac de Lille Lungegårdsvann : la collection Rasmus Meyer, l'une des meilleures de Munch hors d'Oslo, les paysages romantiques de Dahl, l'argenterie et le design. ⚠️ Un billet pour les quatre, valable la journée ; Rasmus Meyer est celui à ne pas sauter.
      En savoir plus

      Quatre bâtiments alignés le long du lac de Lille Lungegårdsvann, au centre, réunis sous un même nom. Rasmus Meyer est celui à ne pas manquer : un négociant en farine de Bergen a réuni, avant la Première Guerre, la meilleure collection de Munch hors d'Oslo — la Jalousie, Mélancolie, les femmes sur le pont — et l'a léguée à la ville avec des intérieurs peints de fermes du Hardanger remontés à l'étage.

      Lysverket, l'ancien siège de la compagnie d'électricité, montre l'art norvégien du XIXᵉ siècle, avec les paysages de Dahl et les scènes de fjord des romantiques nationaux, et de l'art contemporain dans les étages. Permanenten est le musée des arts décoratifs — argenterie de Bergen, porcelaine chinoise, design scandinave ; Stenersen, l'art moderne.

      Un seul billet ouvre les quatre pour la journée, et la maison de Grieg à Troldhaugen en dépend aussi. Le mardi soir, certains bâtiments ouvrent tard. Si tu n'as qu'une heure, Rasmus Meyer et le premier étage de Lysverket suffisent.

      culture
      19 €

    75 € hébergement · 56 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel dans le centre, 150 € la nuit.

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  12. Bergen → Hardanger et Trolltunga — E16 puis Rv13 par le pont du Hardanger, 3 h, 18 € par personne (35 € à partager).
  13. Hardanger et Trolltunga, Norvège

    07. Hardanger et Trolltunga

    J18 → J19 · 2 nuits · 343 € par personne

    Le fjord des vergers, ses cascades et la langue de troll

    Le fjord des vergers et du cidre, sous le plus grand plateau de montagne d'Europe. Odda est la base de Trolltunga, la langue de roche au-dessus du vide — ⚠️ vingt-huit kilomètres et dix heures de marche, de juin à septembre. Pour les autres : Vøringsfossen et sa passerelle, Låtefossen sur la route, les fermes de Lofthus.

    En savoir plus sur Hardanger et Trolltunga

    Le Hardangerfjord est le deuxième du pays par la longueur et le plus doux par le climat : ses rives sont couvertes de vergers — pommes, cerises, prunes — plantés par des moines anglais au XIIIᵉ siècle, et l'on y produit le seul cidre norvégien à appellation. Au-dessus, le Hardangervidda, le plus grand plateau de montagne d'Europe, et le glacier de Folgefonna.

    Odda, au fond du fjord, est une ville industrielle sans charme et c'est la base de Trolltunga : la langue de roche qui s'avance dans le vide sept cents mètres au-dessus du lac Ringedalsvatnet, la photo la plus partagée de Norvège. ⚠️ Ce n'est pas une promenade : vingt-huit kilomètres aller-retour et huit cents mètres de dénivelé depuis le parking de Skjeggedal, dix à douze heures, et une file d'attente pour la photo. On part à l'aube, entre juin et septembre, avec de quoi manger et se couvrir, et l'on renonce si la météo tourne.

    Pour qui ne marche pas dix heures, le fjord suffit : Vøringsfossen à Eidfjord, cent quarante-cinq mètres de chute avec une passerelle au-dessus du vide, Låtefossen qui tombe en deux bras sur la route, et les fermes à cidre de Lofthus. Deux nuits, trois si Trolltunga.

    À table

    • Cidre du Hardanger — le seul cidre à appellation protégée de Norvège, des vergers de Lofthus et d'Ulvik, à goûter à la ferme le long du fjord.
    • Cerises et pommes du fjord — vendues aux stands de bord de route en juillet-août ; les vergers font la réputation de la vallée depuis les moines du XIIIᵉ siècle.
    • Pinnekjøtt — les côtes de mouton salées et séchées, cuites à la vapeur sur des branches de bouleau, plat de Noël servi toute l'année dans les auberges.
    • Truite de montagne — celle des lacs du Hardangervidda, fumée ou grillée, dans les gîtes de Trolltunga.

    Jour 18

    • Vøringsfossen et sa passerelle, Hardanger et Trolltunga, Norvège
      Vøringsfossen et sa passerelle Cent quarante-cinq mètres de chute libre au fond de la vallée de Måbødalen, vus depuis un escalier de métal et une passerelle qui traverse le canyon au-dessus de la cascade, ouverts en 2020. Gratuit, à vingt minutes d'Eidfjord par la route du plateau. ⚠️ Deux belvédères : celui du haut, près de l'hôtel, a la passerelle ; celui du bas, la vue d'en face.
      En savoir plus

      La cascade tombe de cent quarante-cinq mètres, en chute libre, au fond de la vallée de Måbødalen, là où le plateau du Hardangervidda s'effondre d'un coup vers le fjord. C'était déjà l'attraction touristique numéro un de Norvège au XIXᵉ siècle — les Anglais y montaient à cheval — et elle le reste, avec un hôtel au bord du gouffre depuis 1880.

      Depuis 2020, un escalier d'acier de quatre-vingt-dix-neuf marches descend le long de la falaise et une passerelle traverse le canyon au-dessus de la chute, quarante-sept mètres d'un bord à l'autre, avec un plancher qui laisse voir le vide. On marche dans les embruns, et l'on ressort du côté opposé. Les architectes ont voulu que le site se visite sans qu'on ait à s'approcher du bord, comme les gens le faisaient avant, avec les accidents qu'on devine.

      Deux belvédères, gratuits : celui du haut, près de l'hôtel, avec l'escalier et la passerelle ; celui du bas, sur l'ancienne route, avec la vue d'en face. Ils sont à vingt minutes d'Eidfjord, sur la route qui monte vers le plateau et Oslo.

      nature
      gratuit
    • Randonnée à Trolltunga, Hardanger et Trolltunga, Norvège
      Randonnée à Trolltunga La langue de roche au-dessus du lac Ringedalsvatnet : vingt-huit kilomètres aller-retour et huit cents mètres de dénivelé depuis le parking de Skjeggedal, dix à douze heures. La navette jusqu'au parking supérieur de Mågelitopp épargne les quatre premiers kilomètres et quatre cents mètres de montée — c'est elle qu'on compte ici. ⚠️ Le parking de Skjeggedal coûte en plus l'équivalent de cinquante euros par voiture ; départ avant sept heures, de juin à septembre seulement, et une file pour la photo au bout.
      En savoir plus

      La langue de troll est un éperon de roche qui s'avance à l'horizontale au-dessus du lac Ringedalsvatnet, sept cents mètres plus bas ; elle a été dégagée par le glacier il y a dix mille ans et elle tient parce que le granit ne se fend pas facilement. Personne n'y allait il y a vingt ans ; les réseaux sociaux en ont fait la photo la plus partagée de Norvège, et l'on fait maintenant la queue au bout pour s'y asseoir, une personne à la fois.

      Le sentier part du parking de Skjeggedal, monte raide pendant quatre kilomètres jusqu'à Mågelitopp — la partie que la navette épargne — puis traverse le plateau sur dix kilomètres, entre lacs, névés et dalles, avec quelques passages où l'on met les mains. C'est long plus que difficile ; ce qui rend l'endroit dangereux, c'est la météo, qui passe du soleil au brouillard glacé en une heure, et la fatigue du retour.

      Pars avant sept heures, avec deux litres d'eau, à manger, des couches chaudes et une veste imperméable, des chaussures de montagne, et fais demi-tour sans état d'âme si le temps tourne. La saison sans guide va de juin à septembre ; hors saison, seuls les guides y montent. Le parking se paie par voiture et se réserve en ligne l'été, comme la navette.

      sport
      23 €

    Jour 19

    • Låtefossen, Hardanger et Trolltunga, Norvège
      Låtefossen Deux bras de cascade qui tombent côte à côte sur cent soixante-cinq mètres et se rejoignent sous un pont de pierre à six arches, que la route traverse dans les embruns. ⚠️ Sur la route 13 au sud d'Odda ; on s'arrête sur le parking, on se fait mouiller, on repart. Gratuit.
      En savoir plus

      La route 13, au sud d'Odda, passe sur un pont de pierre à six arches, et sous le pont tombent deux cascades jumelles, côte à côte, alimentées par le même lac de montagne et réunies au moment de toucher la rivière — cent soixante-cinq mètres de chute, et une bruine qui traverse la route. On l'a vue depuis les voitures pendant un siècle ; le pont date de 1859.

      Il n'y a rien à faire d'autre que s'arrêter sur le parking, marcher jusqu'au milieu du pont et se laisser mouiller. Au printemps, quand la neige fond, le débit double et le pont est sous une pluie horizontale ; en août, on la traverse à sec. C'est gratuit, ça prend vingt minutes, et c'est la cascade la plus facile du parcours.

      Elle est sur la route qui mène d'Odda vers Røldal et Stavanger, donc sur le chemin de l'étape suivante : garde-la pour le jour du départ, et regarde la vallée en descendant — les vergers laissent la place aux alpages.

      nature
      gratuit
    • Les vergers et fermes à cidre de Lofthus, Hardanger et Trolltunga, Norvège
      Les vergers et fermes à cidre de Lofthus La rive est du fjord, entre Kinsarvik et Odda, est une succession de vergers en terrasses qui descendent dans l'eau, avec des stands de fruits l'été et des fermes qui font goûter leur cidre — le seul de Norvège à appellation protégée. ⚠️ Mai pour les fleurs, août-septembre pour les fruits ; la dégustation à la ferme est payante, à la carte.
      En savoir plus

      Les moines cisterciens venus d'Angleterre ont planté les premiers vergers de Lofthus au XIIIᵉ siècle, parce que le fjord tempère l'hiver et que la pente exposée au sud prend le soleil ; huit siècles plus tard, la rive est du Hardangerfjord fournit la moitié des fruits de Norvège — pommes, poires, prunes, cerises — sur des terrasses qui descendent jusqu'à l'eau, avec les glaciers de Folgefonna en face. En mai, la floraison couvre la rive de blanc et de rose.

      Le cidre est né de ces vergers, et c'est le seul de Norvège à porter une appellation protégée, comme un vin : sec, trouble, et vendu à la ferme par les producteurs eux-mêmes, qui font goûter dans leurs granges. Ulvik, au fond du fjord, a sa route du cidre ; Lofthus et Kinsarvik, leurs stands de fruits au bord de la route.

      L'été, on achète les cerises au kilo au bord de la route et l'on mange sur un ponton. La dégustation à la ferme se paie sur place ; certaines demandent de réserver. La randonnée de la Munketreppene, l'escalier des moines, monte depuis Lofthus vers le plateau par le chemin qu'ils ont dallé.

      marché
      gratuit

    70 € hébergement · 50 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel à Odda ou Eidfjord, 140 € la nuit.

    Voir les hébergements à Hardanger et Trolltungalien affilié

  14. Hardanger et Trolltunga → Stavanger et Preikestolen — Rv13 par Røldal et Sand, ferry Hjelmeland–Nesvik, 4 h 12, 28 € par personne (55 € à partager).
  15. Stavanger et Preikestolen, Norvège

    08. Stavanger et Preikestolen

    J20 → J21 · 2 nuits · 369 € par personne

    La ville du pétrole, ses maisons blanches et le rocher de la chaire

    La capitale du pétrole, restée à échelle humaine : cent soixante-treize maisons blanches de Gamle Stavanger, une cathédrale rouverte en 2024, la rue aux couleurs. On vient pour Preikestolen, la dalle suspendue à 600 m au-dessus du Lysefjord — ⚠️ quatre heures de marche, en file en juillet — et pour la croisière qui passe sous la falaise.

    En savoir plus sur Stavanger et Preikestolen

    Stavanger était une ville de sardines — cinquante conserveries en 1920 — quand le pétrole a été trouvé au large en 1969 ; elle en est devenue la capitale, et c'est la ville la plus riche du pays. Le musée du pétrole, sur le port, raconte sans complexe ce que la mer du Nord a fait à la Norvège : le fonds souverain, les plateformes, les plongeurs.

    Le centre est resté à échelle humaine : cent soixante-treize maisons de bois blanches du XVIIIᵉ siècle dans Gamle Stavanger, une cathédrale du XIIᵉ siècle rouverte en 2024 après dix ans de restauration, une rue peinte de toutes les couleurs, Fargegaten, et trois épées géantes plantées dans un rocher à la sortie de la ville, là où le pays a été unifié en 872.

    Mais on vient surtout pour le Lysefjord : quarante kilomètres de parois, et au-dessus Preikestolen, la « chaire », une dalle carrée de vingt-cinq mètres de côté suspendue à six cents mètres au-dessus de l'eau. ⚠️ Quatre heures de marche aller-retour sur un sentier balisé — c'est la grande randonnée la plus accessible du pays, et donc la plus fréquentée : trois cent mille personnes par an, en file en juillet. Départ à l'aube, ou tard l'après-midi en été. La croisière au pied de la falaise complète la marche, et c'est de l'eau qu'on prend la mesure du vide. Deux nuits ; le train du retour vers Oslo part d'ici.

    À table

    • Komle — les boulettes de pomme de terre du Rogaland avec du mouton salé, servies le jeudi dans les cafés de la ville.
    • Crevettes de Stavanger — les petites crevettes roses du Boknafjord, décortiquées sur le quai de Vågen.
    • Fiskesuppe — la soupe de poisson de la côte sud-ouest, à la crème et au safran, dans les restaurants de Gamle Stavanger.
    • Sardines en boîte — la ville en a été la capitale mondiale un siècle durant ; le musée de la conserverie en fume encore.
    • Kanelsnurr — la brioche torsadée à la cannelle des cafés de Fargegaten, la rue aux maisons de couleurs.

    Jour 20

    • Randonnée à Preikestolen, Stavanger et Preikestolen, Norvège
      Randonnée à Preikestolen Huit kilomètres aller-retour et trois cent cinquante mètres de dénivelé sur un sentier dallé par des sherpas népalais, jusqu'à la dalle suspendue au-dessus du Lysefjord — sans barrière, on s'assoit au bord si l'on veut. ⚠️ Le montant compté est le parking, par voiture ; en bus depuis Stavanger, compter le double. Départ avant sept heures en juillet pour éviter la file ; ouvert toute l'année, avec guide l'hiver.
      En savoir plus

      La chaire est une dalle de granit presque carrée, vingt-cinq mètres de côté, plate comme une table, qui s'avance au-dessus du Lysefjord à six cent quatre mètres. Aucune barrière, aucune rambarde : on s'assoit au bord, les jambes dans le vide, si l'on veut, et beaucoup le veulent. Une fissure traverse la dalle sur toute sa largeur, et les géologues disent qu'elle finira par tomber — dans quelques milliers d'années.

      Le sentier part du parking de Preikestolen, au-dessus de Jørpeland, et monte par paliers : quatre kilomètres et trois cent cinquante mètres de dénivelé, sur des marches et des dalles posées par des sherpas népalais, entre des lacs, des tourbières et des bouleaux. Deux heures pour monter, un peu moins pour descendre, et la dalle apparaît d'un coup au dernier virage.

      Trois cent mille personnes y montent chaque année ; en juillet, on marche en file et l'on attend pour la photo. Pars avant sept heures, ou après quinze heures — le sentier est ouvert tant qu'il fait jour, et le soleil descend derrière la dalle en fin d'après-midi. Depuis Stavanger, comptez la navette ou la voiture par le tunnel sous le fjord ; le parking se paie par voiture.

      sport
      25 €
    • Gamle Stavanger et Fargegaten, Stavanger et Preikestolen, Norvège
      Gamle Stavanger et Fargegaten Cent soixante-treize maisons de bois blanches des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, serrées dans des ruelles pavées au-dessus du port, avec des roses trémières et des chats — le plus grand ensemble de ce type en Europe du Nord. De l'autre côté du bassin, Øvre Holmegate, la « rue des couleurs », a été repeinte en 2005 par un coiffeur qui trouvait son quartier triste. Gratuit.
      En savoir plus

      Sur la rive ouest du port, cent soixante-treize maisons de bois blanches des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, les toits de tuiles rouges, les fenêtres à petits carreaux, les roses trémières le long des murs et des pavés inégaux : le plus grand ensemble de maisons de bois de ce type en Europe du Nord, et il a failli disparaître dans les années 1950, quand la ville voulait moderniser. Un architecte s'est battu, et les habitants ont repeint eux-mêmes.

      On y marche en vingt minutes, sans monument, en regardant les jardins et les chats. Le musée de la conserverie, dans une ancienne usine de sardines au bout du quartier, rallume ses fours de fumage certains jours — Stavanger a été la capitale mondiale de la sardine en boîte, avec soixante-dix usines en 1920.

      De l'autre côté du port, Øvre Holmegate, la « rue des couleurs », a été repeinte en 2005 en rose, turquoise, jaune et vert par un coiffeur qui trouvait sa rue triste ; les cafés ont suivi. C'est le quartier des terrasses le soir, et l'on va de l'un à l'autre en dix minutes le long de l'eau.

      marché
      gratuit

    Jour 21

    • Sverd i fjell, les épées dans le rocher, Stavanger et Preikestolen, Norvège
      Sverd i fjell, les épées dans le rocher Trois épées de bronze de dix mètres plantées dans un rocher au bord du fjord de Hafrsfjord, là où Harald à la Belle Chevelure a gagné en 872 la bataille qui a unifié la Norvège. ⚠️ Gratuit, à vingt minutes en bus du centre ; le soir, avec le fjord derrière, c'est l'image du départ.
      En savoir plus

      Trois épées de bronze de dix mètres, plantées dans un rocher au bord du Hafrsfjord, à la sortie de la ville : c'est ici, vers 872, que Harald à la Belle Chevelure a gagné la bataille navale qui a réuni les petits royaumes de la côte en un seul, et qu'on date la naissance de la Norvège. La légende dit qu'il avait juré de ne pas se couper les cheveux avant d'y parvenir, d'où le surnom.

      Le monument a été dévoilé en 1983 par le roi Olav V. La plus grande épée est celle du vainqueur, les deux autres celles des rois vaincus, et elles sont fichées dans la roche pour qu'on ne puisse plus jamais les reprendre — un monument à la paix autant qu'à la bataille.

      C'est gratuit, dans un parc au bord de l'eau à vingt minutes de bus du centre, et il n'y a rien d'autre : on vient pour l'échelle des épées et pour le fjord derrière, calme, avec les maisons de l'autre rive. Le soir, avec le soleil qui descend sur l'eau, c'est l'image du dernier jour.

      culture
      gratuit
    • Cathédrale de Stavanger, Stavanger et Preikestolen, Norvège
      Cathédrale de Stavanger La plus vieille cathédrale de Norvège encore en usage, commencée vers 1125 par un évêque venu de Winchester, rouverte en 2024 après dix ans de restauration : nef romane, chœur gothique, chaire baroque de bois peint. ⚠️ Un droit d'entrée pour les visiteurs depuis la réouverture ; gratuit pendant les offices.
      En savoir plus

      L'évêque Reinald, venu de Winchester, a commencé la cathédrale vers 1125, et c'est la plus vieille de Norvège encore en usage : une nef romane anglo-normande, lourde et sombre, avec des piliers massifs, prolongée après l'incendie de 1272 par un chœur gothique lumineux, d'un tout autre esprit. La chaire baroque, sculptée en 1658 par un Écossais, est couverte de figures peintes et d'angelots, et elle ne ressemble à rien d'autre dans le pays.

      Elle a rouvert en 2024 après dix ans de restauration, pour les neuf cents ans de la ville, qui date sa fondation de la cathédrale. Les pierres ont été nettoyées, les vitraux de Victor Sparre restaurés, et l'on voit à nouveau les épitaphes peintes du XVIIᵉ siècle qui couvrent les murs de la nef.

      Elle est au centre, entre le lac de Breiavatnet et le port, et la visite prend une demi-heure. Un droit d'entrée s'applique aux visiteurs depuis la réouverture, hors offices ; le dimanche matin, on entre pour le culte.

      culture
      7 €

    73 € hébergement · 55 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur le port, 145 € la nuit.

    Voir les hébergements à Stavanger et Preikestolenlien affilié

  16. Stavanger et Preikestolen → Oslo — E39 puis E18 par Kristiansand — 550 km, 7 h 30, 45 € par personne (90 € à partager).

Le budget de ces 21 jours

4 178 € par personne pour 21 jours, soit 199 € / jour. À deux, 8 355 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement1 561 €37 %
Repas1 126 €27 %
Transport sur place57 €1 %
Location de voiture — 21 jours788 €19 %
Carburant et péages193 €5 %
Activités454 €11 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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