2 h · Montréal
Vieux-Montréal et basilique Notre-Dame en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
1 235 € par personne sur place pour 7 jours, soit 176 € / jour — en 4 étapes, de Montréal à Mauricie. En passant par Québec et Île d'Orléans.
Autres durées : 5 jours · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Québec
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.
Arrivée à aéroport Montréal — Trudeau (YUL), retour du même aéroport.
Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.
J1 → J3 · 3 nuits · 494 € par personne
Ville souterraine, mont Royal et quartiers en mosaïque
Une île francophone de deux millions d'habitants, organisée en quartiers très différents, avec trente-deux kilomètres de galeries souterraines qui permettent de traverser le centre sans sortir en hiver. ⚠️ Les prix affichés sont hors taxes : compter environ 15 % de plus, plus le pourboire au restaurant.
Montréal est une île de deux millions d'habitants organisée en quartiers très marqués, qu'on ne confond pas : le Vieux-Montréal et ses pavés, le Plateau et ses escaliers extérieurs en colimaçon, le Mile End et ses bagels, Little Italy et son marché. On passe de l'un à l'autre en métro ou à vélo — la ville a l'un des réseaux cyclables les plus développés d'Amérique du Nord.
Sa singularité est souterraine : trente-deux kilomètres de galeries relient stations de métro, centres commerciaux, universités et immeubles de bureaux, ce qui permet de traverser le centre-ville sans sortir. ⚠️ Ce n'est pas une curiosité mais une nécessité quatre mois par an — les hivers descendent régulièrement sous les vingt degrés négatifs, avec un ressenti bien inférieur au vent.
⚠️ Les prix affichés sont toujours hors taxes, ce qui surprend systématiquement les visiteurs français : il faut ajouter environ quinze pour cent au moment de payer, puis le pourboire au restaurant et dans les bars, de quinze à vingt pour cent, qui n'est pas facultatif et fait partie du salaire du personnel. L'addition réelle est donc supérieure d'un tiers environ à la carte. C'est la principale cause de dérapage budgétaire d'un séjour au Québec. Le mont Royal, colline au centre de l'île, offre le belvédère et la meilleure vue sur le centre.
À table
La montagne n'est pas un volcan, contrairement à ce qu'on raconte : c'est une masse de magma figée en profondeur il y a très longtemps, que l'érosion a dégagée parce qu'elle résistait mieux que la roche autour. Elle commande encore la ville : un règlement interdit de bâtir plus haut que son sommet, et c'est pour cela que la silhouette du centre-ville s'arrête net.
Le belvédère porte le nom de Kondiaronk, chef wendat et négociateur principal de la Grande Paix de Montréal, signée en 1701 entre la France et une quarantaine de nations autochtones. Il a plaidé pendant les pourparlers, est mort de maladie avant la signature, et a été enterré avec les honneurs par ceux-là mêmes qu'il avait réunis. La croix allumée au-dessus, elle, rappelle un vœu de Maisonneuve en 1643 ; celle qu'on voit date des années 1920.
Deux façons de monter : l'escalier depuis la rue Peel, raide et interminable, ou le chemin Olmsted, un lacet de gravier tracé en pente douce pour que les chevaux puissent le gravir au pas. Le second est beaucoup plus long et beaucoup plus agréable. L'hiver, tout cela est verglacé : les crampons à chaussures se vendent partout et servent vraiment.
Le bagel de Montréal n'est pas celui de New York : roulé à la main, pas de sel dans la pâte, pochage dans une eau miellée, puis cuisson dans un four à bois dont les flammes lèchent la pierre. Il en sort plus petit, plus dense, plus sucré, avec un trou large. Les deux maisons rivales du Mile End tiennent chacune leur rue à quelques minutes l'une de l'autre, et leurs fours ne s'arrêtent jamais, ni la nuit ni le jour de Noël.
Le quartier a nourri deux voisins célèbres : Mordecai Richler, qui a installé ses romans dans les rues juives ouvrières autour de Saint-Urbain, et Leonard Cohen, qui a gardé jusqu'à sa mort une maison sans prétention près du parc du Portugal, à deux pas des mêmes fours. Une communauté hassidique vit toujours dans le secteur, chapeau et papillotes, à côté des friperies et des cafés.
Ces bagels ne contiennent aucun conservateur : achetés tièdes le matin, ils sont durs le soir. On les prend par douzaine, on en mange sur le trottoir, on congèle le reste. Et l'hiver, les fameux escaliers extérieurs en colimaçon deviennent des toboggans — on les descend en tenant la rampe, sérieusement.
L'architecte de Notre-Dame, James O'Donnell, était un Irlandais protestant venu de New York. Il s'est converti au catholicisme sur son lit de mort pour pouvoir être inhumé dans son église : il est le seul à y reposer, sous la nef. L'intérieur bleu nuit qu'on vient voir n'est pas de lui — il a été refait une quarantaine d'années plus tard par Victor Bourgeau, qui a couvert le bois de dorures et d'étoiles.
Derrière le chœur, la chapelle du Sacré-Cœur a été détruite par un incendie criminel en 1978. On l'a rebâtie à l'identique dans sa partie basse, mais le retable a été remplacé par une immense sculpture de bronze contemporaine : le choc entre les deux époques est frontal, et c'est là que se célèbrent les mariages.
La visite est payante, sauf pour assister à un office — auquel il faut alors réellement assister, pas déambuler. Le soir, un spectacle de lumière projeté sur les voûtes remplit la nef. Juste à côté, sur la place d'Armes, le séminaire des Sulpiciens est le plus vieux bâtiment de Montréal encore debout, et son horloge de façade compte parmi les plus anciennes du continent.
Le canal a été creusé au XIXᵉ siècle pour contourner les rapides de Lachine, infranchissables, qui bloquaient la navigation vers les Grands Lacs — ce sont eux qui expliquent l'existence même de Montréal, la ville s'étant fondée à l'endroit où il fallait décharger. Il a été le berceau de l'industrialisation canadienne, bordé de minoteries, de sucreries et d'usines textiles alimentées par la force hydraulique.
Il a fermé à la navigation commerciale dans les années 1970, après l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent, et le quartier ouvrier autour s'est effondré. La reconversion en piste cyclable et en espace vert, puis la transformation des silos et des minoteries en logements, ont fait de la friche l'une des promenades les plus fréquentées de la ville.
La piste court sur une quinzaine de kilomètres du Vieux-Port au lac Saint-Louis, à plat, en site propre, en longeant les écluses remises en service pour la plaisance. ⚠️ Elle est saturée le dimanche d'été, partagée entre cyclistes rapides, familles et patineurs. Le marché Atwater, à mi-parcours, est l'arrêt naturel — et l'hiver, une partie du canal gèle et se patine.
L'île Notre-Dame n'existait pas. Elle a été fabriquée de toutes pièces pour l'Exposition universelle de 1967, avec la roche extraite des tunnels du métro qu'on creusait au même moment, et l'île Sainte-Hélène, voisine et naturelle, a été agrandie de la même manière. Deux immenses remblais posés au milieu du Saint-Laurent, en quelques mois.
La sphère de Buckminster Fuller était le pavillon des États-Unis, et un monorail la traversait de part en part. En 1976, pendant des travaux, l'enveloppe d'acrylique a pris feu et a disparu très vite, sans que la résille d'acier ne cède. On a laissé le squelette tel quel pendant des années avant d'y installer un musée de l'environnement — et le bâtiment y a gagné.
Sur l'île Notre-Dame, le circuit Gilles-Villeneuve accueille le Grand Prix quelques jours par an ; le reste du temps, c'est une piste goudronnée ouverte aux vélos, aux patins à roulettes et aux coureurs, sans voitures. Au bout, un mur de béton porte la mention Bienvenue au Québec : on l'appelle le mur des Champions depuis qu'en 1999 trois champions du monde s'y sont plantés le même jour. Le métro dessert l'île directement.
Le marché est couvert mais ouvert à tous les vents, planté au milieu de la Petite Italie, et il change complètement de visage selon la saison : montagnes de blé d'Inde — le maïs, ici — en août, courges et citrouilles en octobre, cabanes chauffées et sapins en décembre. Un commerce à l'intérieur ne vend que des produits québécois, ce qui en fait le raccourci le plus efficace du voyage.
Le sirop d'érable y est classé par couleur et par goût : doré au goût délicat, ambré au goût riche, foncé au goût robuste, très foncé au goût prononcé. Ce n'est pas une échelle de qualité, contrairement à ce que l'ancien classement laissait croire — tous sont de catégorie A. La couleur dit le moment de la récolte : la sève du début de saison donne le sirop clair et fin, celle de la fin donne le sirop sombre, celui qu'on utilise en cuisine.
Chercher aussi le fromage en grains, dit skouic-skouic parce qu'il couine sous la dent. C'est le fromage frais de la poutine, et il ne couine que le jour même : réfrigéré, il perd son bruit et sa raison d'être. Les marchands affichent la date de fabrication, ce qui est tout l'enjeu.
En option — non compris dans le budget ci-dessus
2 h · Montréal
Vieux-Montréal et basilique Notre-Dame en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
10 h · en anglais · Montréal
Montagnes Laurentiennes et Mont-Tremblant en une journée, sans conduire.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
63 € hébergement · 48 € repas · 24 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel du Quartier des spectacles, 125 € la nuit.
J4 → J5 · 2 nuits · 345.5 € par personne
La seule ville fortifiée au nord du Mexique
La seule ville fortifiée au nord du Mexique, avec un cœur historique de quatre kilomètres carrés entièrement classé. Elle se parcourt à pied, entre haute et basse ville reliées par un funiculaire et un escalier. ⚠️ En hiver elle est magnifique et glaciale : −20 °C en janvier n'a rien d'exceptionnel.
Québec est la seule ville fortifiée au nord du Mexique, et ses remparts sont complets : quatre kilomètres et demi de murs, des portes et une citadelle en étoile encore occupée par un régiment. Le Vieux-Québec est classé par l'Unesco dans son intégralité et se parcourt entièrement à pied, ce qui en fait une étape d'une échelle très différente de Montréal.
La ville est en deux niveaux. La haute ville, sur le cap Diamant, porte le Château Frontenac et la terrasse Dufferin qui domine le fleuve de soixante mètres ; la basse ville, au pied, garde le quartier du Petit-Champlain et la place Royale, où la Nouvelle-France a commencé en 1608. Un funiculaire et un escalier appelé l'escalier Casse-Cou relient les deux.
⚠️ L'hiver y est magnifique et rigoureux : moins vingt degrés en janvier n'a rien d'exceptionnel, et le ressenti avec le vent du fleuve descend bien plus bas. Cela exige un équipement que peu de visiteurs européens possèdent — manteau vraiment chaud, bonnet, gants, chaussures à semelle crantée pour la glace. En échange, le Carnaval en février et l'Hôtel de Glace sont des expériences uniques. La chute Montmorency, à quinze minutes, est plus haute que celle du Niagara et gèle en une masse qu'on escalade en hiver.
À table
Les portes qu'on franchit ne sont pas celles des militaires. Au XIXᵉ siècle, les remparts gênaient la circulation et la ville voulait les abattre ; c'est un gouverneur général, lord Dufferin, qui s'y est opposé et a imposé un compromis : on conservait les murs, mais on remplaçait les portes par des ouvrages plus larges et plus pittoresques, tourelles et créneaux compris. Les portes Saint-Louis et Kent sont donc des reconstructions victoriennes assumées.
Sous les planches de la terrasse dort le château Saint-Louis, résidence des gouverneurs français puis britanniques, incendié en 1834 et enfoui sous les remblais. Il a été fouillé au début des années 2000 et l'on descend aujourd'hui dans ses caves voûtées, sous les promeneurs. L'hiver, une glissade de bois lancée sur la terrasse expédie des toboggans à toute allure vers le fleuve, comme au temps de Dufferin.
Le quartier Petit-Champlain se remplit d'un coup quand un paquebot accoste, et l'automne est la haute saison des croisières : on gagne beaucoup à y descendre tôt le matin. Les rues sont pavées et en pente forte — de vraies chaussures changent la journée.
Le bâtiment de Moshe Safdie a été glissé entre des maisons anciennes de la basse-ville, qu'il a englobées plutôt que rasées : une maison de pierre du XVIIIᵉ siècle et une ancienne banque font partie du musée. Pendant le creusement des fondations, les archéologues sont tombés sur une barque à fond plat du XVIIIᵉ siècle enfouie dans la grève d'alors. Elle est restée où on l'a trouvée, sous le musée, et se voit en place.
L'exposition sur les Premiers Peuples a été conçue avec les nations elles-mêmes — dix Premières Nations et les Inuit — et c'est ce qui la distingue de tout ce qu'on a vu ailleurs : les objets y sont commentés par les mots des communautés, au présent, et pas par un conservateur parlant d'un monde révolu. Le reste de la programmation tourne, et le musée a la réputation de ne jamais rater ses expositions temporaires.
On est en basse-ville, à quelques rues de la place Royale et du quartier Petit-Champlain : les trois se font dans la même sortie. Pour remonter vers le Château Frontenac ensuite, prendre le funiculaire plutôt que l'escalier Casse-Cou, qui porte très bien son nom.
La maison blanche qui domine la chute a un passé encombrant : le duc de Kent, fils de George III et futur père de la reine Victoria, y a vécu au début des années 1790 avec sa compagne française. Le bâtiment a brûlé en 1993 et a été rebâti dans le même dessin ; il abrite aujourd'hui restaurant et boutique, et c'est de sa terrasse qu'on prend la chute de face.
L'hiver change tout. Les embruns gèlent en retombant et bâtissent au pied de la cascade un cône de glace haut de plusieurs dizaines de mètres, que les Québécois appellent le pain de sucre : on l'escaladait et on s'en laissait glisser au XIXᵉ siècle, et les parois gelées attirent aujourd'hui les grimpeurs sur glace. C'est aussi ici que Wolfe a échoué face à Montcalm, à l'été 1759, quelques semaines avant de l'emporter sur les Plaines.
Le site a deux entrées, une en haut près du manoir, une en bas près de la voie ferrée, et le stationnement se paie séparément — mieux vaut choisir avant d'arriver. Sur la passerelle qui franchit la crête, on est trempé dès que le vent tourne : ranger l'appareil photo et prévoir un coupe-vent, même par grand soleil.
La citadelle a été bâtie par les Britanniques contre une invasion américaine qui n'est jamais venue, soixante ans après la conquête, sur le point le plus haut du cap Diamant. C'est un ouvrage à la Vauban, fossés et bastions en étoile, à peu près invisible depuis la ville parce qu'il est enterré. Le Royal 22ᵉ Régiment l'occupe toujours : c'est l'unité d'infanterie francophone de l'armée canadienne, que les anglophones ont surnommée les Van Doos en butant sur vingt-deux.
Le nom des Plaines n'a rien de biblique. Il vient d'Abraham Martin, pilote du fleuve et propriétaire du terrain au XVIIᵉ siècle, qui y faisait paître ses bêtes. Le même plateau a servi de décor à un autre épisode : Churchill, Roosevelt et le premier ministre canadien s'y sont retrouvés deux fois pendant la Seconde Guerre mondiale, à la citadelle et au Château Frontenac, pour préparer le débarquement.
La citadelle ne se visite qu'accompagné, base militaire oblige, et la relève de la garde n'a lieu qu'en été, par beau temps. Les Plaines, elles, sont un parc ouvert et gratuit, bien plus vaste qu'il n'y paraît, avec ses tours Martello. En juillet, le festival d'été en occupe une partie et referme les accès.
En option — non compris dans le budget ci-dessus
1 h 30 · Québec
Chute Montmorency et téléphérique en une journée, sans conduire. Une visite est déjà au programme de l'étape : cette journée la remplace, elle ne s'y ajoute pas.
Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié
60 € hébergement · 46 € repas · 25 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel près des remparts, 120 € la nuit.
J6 · 1 nuit · 144 € par personne
Le Québec d'avant, à vingt minutes de la ville
Une île de soixante-sept kilomètres de tour, à vingt minutes de Québec par un pont, restée agricole : fraises, pommes, cidre de glace et six villages fondés au XVIIᵉ siècle. Elle se fait en une demi-journée de voiture ou une journée de vélo. ⚠️ Ne pas la confondre avec La Nouvelle-Orléans dans les recherches.
L'île d'Orléans est une île agricole de soixante-sept kilomètres de tour, à vingt minutes de Québec par un pont unique, et c'est le Québec d'avant : six villages fondés au XVIIᵉ siècle, des maisons de pierre à toit courbe, des fermes et pratiquement aucun commerce moderne. Elle a été l'un des premiers lieux de peuplement de la Nouvelle-France, et une grande partie des familles québécoises y ont une racine.
Elle se fait en une demi-journée de voiture par le chemin Royal qui en fait le tour, ou en une journée de vélo — ⚠️ avec des côtes plus sérieuses qu'il n'y paraît sur une île réputée plate, et une route sans bande cyclable par endroits. Les six villages s'enchaînent sans qu'on ait besoin de plan.
On y vient surtout pour ce qu'on y mange : fraises en juin, framboises, pommes, cassis, et le cidre de glace, spécialité québécoise obtenue à partir de pommes gelées sur l'arbre ou après récolte, dont plusieurs producteurs de l'île font partie des meilleurs. Les kiosques de bord de route fonctionnent souvent en libre-service avec une boîte pour la monnaie. ⚠️ Attention lors des recherches en ligne : l'Île d'Orléans se confond facilement avec La Nouvelle-Orléans, et les résultats partent en Louisiane. La basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, en face sur la rive nord, reçoit un demi-million de pèlerins par an.
À table
Une seule route en fait le tour, le chemin Royal, et elle traverse les six villages sans jamais quitter la vue du fleuve. Le découpage des champs raconte le régime seigneurial : des rubans très étroits et très longs, perpendiculaires à l'eau, pour que chaque famille ait son accès au fleuve — l'unique route de l'époque. Les maisons de ferme, trapues, à toit courbé et à lucarnes, forment le plus bel ensemble de Nouvelle-France encore debout.
Jacques Cartier, en 1535, l'avait baptisée île de Bacchus tant il y avait de vignes sauvages ; le nom a été jugé peu convenable et remplacé par celui du duc d'Orléans. Beaucoup de familles québécoises font remonter leur généalogie à ces quelques centaines de foyers. À Sainte-Famille, l'église du XVIIIᵉ siècle porte deux clochers en façade encadrant un troisième clocheton : on ne voit cela nulle part ailleurs.
Garder Sainte-Pétronille, à la pointe ouest, pour la fin de journée : de là, on a Québec de face et la chute Montmorency en enfilade, avec le soleil dans le dos. À vélo, prévenir : les côtes sont sévères, la route n'a pas d'accotement, et le pont de l'île est un goulot.
L'intérieur est entièrement revêtu de mosaïque : les voûtes de la nef racontent la vie de sainte Anne sur des milliers de mètres carrés, posées tesselle par tesselle par un atelier français au début du XXᵉ siècle, après l'incendie qui avait détruit l'église précédente. À l'entrée, les colonnes disparaissent sous les béquilles, les cannes et les corsets accrochés là par des pèlerins qui disaient n'en avoir plus besoin.
Le sanctuaire est né d'un vœu de marins bretons pris dans la tempête sur le fleuve — sainte Anne étant leur patronne — et d'une guérison : celle d'un homme perclus qui aurait posé les premières pierres de la chapelle en 1658 et se serait relevé. La relique principale, un os d'avant-bras attribué à la sainte, est arrivée de Rome au XXᵉ siècle. Sainte Anne est aussi profondément vénérée par les nations autochtones du Québec, qui viennent en pèlerinage chaque été.
L'entrée est libre, mais c'est un lieu de culte en activité, pas un musée. Attention à la géographie : on est sur la Côte-de-Beaupré, sur la terre ferme, et non sur l'île d'Orléans — à caler sur la route du canyon plutôt que sur le tour de l'île.
56 € hébergement · 44 € repas · 20 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Gîte dans une maison de ferme, 112 € la nuit.
J7 · 1 nuit · 146.5 € par personne
Lacs, forêt boréale et cabanes à sucre
Une région de forêt boréale entre Montréal et Québec, avec un parc national de cent cinquante lacs où l'on va en canot. C'est aussi le pays des cabanes à sucre. ⚠️ La saison des sucres ne dure que quatre à six semaines, de fin février à début avril : hors de cette fenêtre, les cabanes servent un repas sans la récolte.
La Mauricie est une région de forêt boréale entre Montréal et Québec, remontant vers le nord le long de la rivière Saint-Maurice, et c'est l'étape nature du parcours : le parc national compte cent cinquante lacs reliés par des portages, où l'on circule en canot exactement comme le faisaient les coureurs des bois. La forêt y est mixte, avec érables au sud et conifères plus haut, ce qui donne des couleurs d'automne spectaculaires fin septembre.
On y loue un canot à la journée ou l'on part plusieurs jours en autonomie, en réservant des emplacements de camping accessibles uniquement par l'eau. ⚠️ Les moustiques et les mouches noires sont redoutables de fin mai à début juillet — c'est la principale raison pour laquelle beaucoup préfèrent août et septembre.
C'est aussi le pays des cabanes à sucre. ⚠️ La saison des sucres est courte et strictement dépendante de la météo : elle demande des nuits sous zéro et des journées au-dessus pour que la sève monte, ce qui la limite à quatre à six semaines entre fin février et début avril. Hors de cette fenêtre, les cabanes qui restent ouvertes servent le repas traditionnel — soupe aux pois, oreilles de crisse, fèves au lard, tire sur la neige — mais sans la récolte ni l'ambiance qui vont avec. Trois-Rivières, à l'embouchure, est la deuxième plus ancienne ville du Québec.
À table
Avant 1970, ce territoire n'appartenait pas au public. C'était une forêt de coupe, quadrillée de clubs privés de chasse et de pêche : des sociétés fermées louaient les meilleurs lacs, y bâtissaient leurs chalets et en interdisaient l'accès, si bien que le Québécois ordinaire ne pouvait pas pêcher dans sa propre région. La création du parc, puis l'abolition des clubs quelques années plus tard, ont rendu ces lacs à tout le monde.
Il en reste des chalets de bois au bord de l'eau et un réseau de circuits de canot avec portages, hérités de ces vieux itinéraires. Le plus spectaculaire des lacs est un long couloir étroit coincé entre des parois, très différent des cuvettes rondes du reste du parc. Le soir, les huards se répondent d'un lac à l'autre — un cri qui monte et qui descend, à mi-chemin du rire et de la plainte.
La carte annuelle de Parcs Canada devient rentable dès qu'on visite plusieurs sites fédéraux dans l'année, lieux historiques compris ; elle ne vaut rien dans les parcs de la SEPAQ. Les emplacements de camping et les canots se réservent, et se prennent d'assaut. En juin, les mouches noires règnent : chemise à manches longues et chapeau.
Le nom trompe : il n'y a jamais eu trois rivières. Le Saint-Maurice se divise en trois bras autour de deux îles avant de rejoindre le fleuve, et les premiers navigateurs ont cru voir trois embouchures. La ville a brûlé en 1908 et a été relevée dans la foulée ; le monastère des Ursulines et sa coupole, rue des Ursulines, font partie du peu qui a échappé aux flammes. La vieille prison, murs épais et cellules intactes, se visite aujourd'hui en musée. Des plaques de poésie sont fixées un peu partout sur les façades : la ville tient un festival international de poésie depuis les années 1980.
Au sanctuaire du Cap, l'épisode fondateur date de mars 1879. Les paroissiens devaient charrier de la pierre depuis l'autre rive et le fleuve refusait de geler ; ils ont prié, une embâcle a formé un pont de glace praticable pendant quelques jours, et les traîneaux sont passés. On l'appelle le pont des chapelets. La petite église de pierre de 1714 qu'ils voulaient agrandir est toujours là, intacte, à côté de l'énorme basilique moderne.
Le parc du sanctuaire, ses jardins et son chemin de croix au bord du fleuve sont en accès libre. Le 15 août, la foule des pèlerins remplit tout.
53 € hébergement · 42 € repas · 22 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Gîte près du parc national, 105 € la nuit.
1 235 € par personne pour 7 jours, soit 176 € / jour. À deux, 2 470 € au total.
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Hébergement | 418 € | 34 % |
| Repas | 322 € | 26 % |
| Transport sur place | 41 € | 3 % |
| Location de voiture — 7 jours | 273 € | 22 % |
| Carburant et péages | 105 € | 9 % |
| Activités | 76 € | 6 % |
Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.
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