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Turquie en 10 jours : l'itinéraire jour par jour

1 272 € par personne sur place pour 10 jours, soit 127 € / jour — en 4 étapes, d’Istanbul à Éphèse et Selçuk. En passant par Cappadoce et Antalya.

Autres durées : 5 jours · une semaine · deux semaines · trois semaines · toutes les étapes de Turquie

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Istanbul — Aéroport d'Istanbul (IST), retour du même aéroport.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Istanbul, Turquie

    01. Istanbul

    J1 → J3 · 3 nuits · 358 € par personne

    Deux continents, deux empires, et un détroit au milieu

    Quinze millions d'habitants sur deux continents, séparés par un détroit qu'on traverse en ferry pour le prix d'un ticket de bus. ⚠️ Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue sont des mosquées en activité : épaules et jambes couvertes, foulard pour les femmes, et fermeture aux visiteurs pendant les cinq prières.

    En savoir plus sur Istanbul

    Istanbul est la seule ville au monde à cheval sur deux continents, et le Bosphore qui les sépare n'est pas un obstacle mais un axe de transport : les ferries de ligne traversent en vingt minutes pour le prix d'un ticket de bus, avec la carte Istanbulkart qui sert à tout. Prendre l'un d'eux vers Kadıköy, côté asiatique, est à la fois la meilleure promenade de la ville et un simple trajet quotidien pour des dizaines de milliers de personnes.

    La ville a été capitale de deux empires, romain d'Orient puis ottoman, et les deux couches se superposent partout — Sainte-Sophie est une basilique du VIᵉ siècle devenue mosquée, la Citerne Basilique un réservoir byzantin à colonnades sous la ville moderne.

    ⚠️ Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue sont des lieux de culte en activité, et cela impose des règles : épaules et jambes couvertes pour tous, foulard sur les cheveux pour les femmes, chaussures retirées à l'entrée, et fermeture aux visiteurs pendant les cinq prières quotidiennes ainsi qu'une bonne partie du vendredi midi. Les horaires se vérifient le jour même. ⚠️ Une partie de Sainte-Sophie est désormais payante pour les visiteurs étrangers tandis que l'accès pour la prière reste libre : les files et les entrées ne sont pas les mêmes.

    À table

    • Balık ekmek — le sandwich de maquereau grillé vendu sur les barques d'Eminönü, au pied du pont de Galata.
    • Kahvaltı — le petit déjeuner turc : fromages, olives, œufs, miel, confitures et simit, étalé sur toute la table ; les cafés de Cihangir en ont fait un rituel du week-end.
    • Meyhane — les tavernes à mezze et rakı de Beyoğlu ; on commande une dizaine d'assiettes et on reste la soirée.
    • Baklava et künefe — les pâtisseries au sirop ; Karaköy Güllüoğlu est l'adresse historique.

    Jour 1

    • Mosquée Bleue, Istanbul, Turquie
      Mosquée Bleue Vingt mille carreaux d'İznik bleus lui ont donné son surnom, et six minarets ont fait scandale à sa construction : autant qu'à La Mecque. Le sultan a payé un septième minaret à La Mecque pour clore le débat. Entrée gratuite, comme dans toutes les mosquées — file séparée pour les visiteurs.
      En savoir plus

      De l'extérieur, elle n'a rien de bleu : c'est une cascade de coupoles grises qui descendent en gradins depuis la grande, un dessin fait pour être vu de loin et de face. Le bleu est dedans, et il faut lever la tête très haut pour le trouver — les plus beaux carreaux sont dans les galeries supérieures, fermées au public, et l'on n'en voit d'en bas que la partie inférieure. Ce qui frappe d'abord, au contraire, ce sont quatre piliers cannelés énormes, surnommés pieds d'éléphant, qui encombrent la salle et que les architectes reprochent au bâtiment depuis sa construction.

      Le sultan qui l'a voulue, Ahmed Iᵉʳ, est mort l'année suivante, à vingt-sept ans. Il est enterré à l'angle du terrain, dans un petit mausolée qui donne sur l'hippodrome, presque toujours vide alors que la mosquée déborde à quelques dizaines de mètres.

      L'entrée des visiteurs est du côté nord, sur l'hippodrome, et pas par la cour monumentale. Jambes et épaules couvertes, cheveux couverts pour les femmes, chaussures dans un sac qu'on garde à la main. Le bâtiment ferme aux visiteurs à chaque appel à la prière, et plus longtemps le vendredi midi : c'est une mosquée en service avant d'être un monument.

      culture
      gratuit
    • Sainte-Sophie, Istanbul, Turquie
      Sainte-Sophie Basilique en 537, mosquée en 1453, musée en 1935, mosquée à nouveau depuis 2020. Sa coupole de 31 m est restée la plus vaste du monde pendant mille ans. ⚠️ Depuis 2024 les étrangers paient 25 € et entrent par la galerie supérieure, séparés des fidèles : c'est de là qu'on voit les mosaïques byzantines et les médaillons calligraphiés dans le même champ.
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      La coupole est percée d'une couronne de fenêtres à sa base, si bien que le pourtour disparaît dans la lumière et qu'elle semble ne reposer sur rien — c'était l'effet recherché, et les contemporains disaient qu'elle pendait du ciel. Elle s'est pourtant effondrée une vingtaine d'années après l'inauguration, lors d'un tremblement de terre : celle qu'on voit est la seconde, remontée plus haute et plus bombée par le neveu d'un des architectes, qui avait compris que la première était trop plate.

      Dans la galerie du sud, sur la balustrade de marbre, quelqu'un a gravé des runes scandinaves. On y lit la fin d'un nom, probablement Halfdan : un garde varègue de l'empereur, un mercenaire venu du nord, qui s'ennuyait pendant l'office et a fait exactement ce que font les adolescents sur les tables d'école. C'est à quelques mètres de la plus belle mosaïque du lieu, un Christ entre la Vierge et le Baptiste dont le visage est d'une douceur inattendue.

      L'accès des visiteurs se fait par une rampe de pierre en spirale, sans une marche : elle était prévue pour monter à cheval ou en chaise. On circule au-dessus des fidèles sans redescendre dans la nef. Tenue couverte, foulard pour les femmes.

      culture
      25 €
    • Grand Bazar et bazar égyptien, Istanbul, Turquie
      Grand Bazar et bazar égyptien Quatre mille boutiques sous soixante-et-une rues couvertes depuis 1461 : c'est le plus ancien centre commercial du monde encore en activité. Le bazar égyptien, plus petit, sent le cumin et le loukoum. ⚠️ Le premier prix annoncé vaut deux à trois fois le prix réel, et le marchandage n'est pas facultatif.
      En savoir plus

      Ce n'est pas un marché mais une petite ville fermée par des portes, avec ses rues spécialisées : une pour les bijoutiers, une pour les tapis, une pour les tissus. En son cœur subsiste un bâtiment de pierre trapu, aux murs épais et aux lourdes portes, le vieux bedesten : c'est le noyau d'origine, celui où l'on enfermait chaque soir ce qui avait de la valeur. Tout autour se sont greffés des hans, des cours à galeries où l'on fabrique encore, à l'étage, ce qui se vend en bas.

      Le second marché est né avec la mosquée qui le jouxte, à l'embouchure de la Corne d'Or : les loyers des boutiques devaient financer le culte, l'entretien et les cuisines pour les pauvres. Une mosquée ottomane ne se contentait pas d'être un lieu de prière, c'était une fondation avec ses revenus — le marché n'est pas à côté de l'édifice, il en fait partie.

      Le grand bazar ferme le dimanche. Sors-en par la porte basse, du côté de la mosquée du sultan, et laisse-toi descendre : les rues à ciel ouvert entre les deux marchés valent mieux que les allées couvertes, on y vend aux gens du quartier. Et l'on t'abordera en français : c'est un métier, pas une rencontre.

      marché
      gratuit

    Jour 2

    • Palais de Topkapı et le harem, Istanbul, Turquie
      Palais de Topkapı et le harem Quatre cours successives d'où les sultans ont gouverné trois continents pendant quatre siècles. Ce n'est pas un château mais un campus de pavillons. Le harem se paie dans le billet combiné et c'est la partie qui vaut le détour — carreaux d'İznik du sol au plafond. ⚠️ Fermé le mardi.
      En savoir plus

      Les cuisines, sous leur alignement de cheminées coniques, abritent une des plus grandes collections de porcelaine chinoise du monde : les sultans en commandaient par navires entiers, notamment du céladon, parce qu'on lui prêtait la vertu de changer de couleur au contact du poison. Plus loin, dans la salle des reliques, un récitant lit le Coran à voix haute sans discontinuer : l'usage remonte au XVIᵉ siècle et n'a jamais cessé.

      Le harem n'était pas un lieu de plaisir mais l'école du pouvoir, gouverné par la mère du sultan. C'est là que se trouve la cage : l'appartement clos où l'on a fini par enfermer les frères et les fils du souverain. La règle antérieure était pire — le sultan qui montait sur le trône faisait exécuter ses frères pour éviter la guerre civile — et l'on a remplacé le meurtre par la réclusion à vie. Plusieurs sultans sont sortis de là pour régner, après des décennies sans voir personne.

      La quatrième cour, tout au bout, est la meilleure : des kiosques posés sur une terrasse qui domine la Corne d'Or. Beaucoup de visiteurs s'épuisent avant et n'y arrivent jamais. Prendre le harem dans le billet combiné dès l'entrée, on ne peut pas l'ajouter en cours de route.

      culture
      60 €
    • Mosquée de Süleymaniye et sa terrasse, Istanbul, Turquie
      Mosquée de Süleymaniye et sa terrasse Le chef-d'œuvre de Sinan, architecte de quatre-vingts ans de règne ottoman, et une acoustique calculée avec des jarres encastrées dans la coupole. Le cimetière derrière donne la plus belle vue libre sur la Corne d'Or — celle que la tour de Galata fait payer 30 €.
      En savoir plus

      Au-dessus de la porte principale, à l'intérieur, une petite pièce recueillait la suie des lampes à huile qui éclairaient la salle : on en faisait de l'encre pour les calligraphes. Rien n'était perdu dans une fondation ottomane, et celle-ci n'était pas qu'une mosquée — médersas, hôpital, cuisine pour les pauvres, hammam, école primaire et caravansérail formaient un quartier entier dont les bâtiments tiennent toujours, occupés par des restaurants et des logements d'étudiants.

      Dans le jardin derrière reposent Soliman et Roxelane. Elle était arrivée esclave, il l'a affranchie puis épousée, ce qu'aucun sultan ne faisait plus depuis des générations, et elle a fini par gouverner avec lui. Son mausolée à elle est un des rares élevés pour une épouse de sultan. À l'angle du domaine, hors les murs, une toute petite tombe triangulaire passe inaperçue : c'est celle de l'architecte, Sinan, qui l'a dessinée pour lui-même.

      La mosquée est en service et l'entrée est libre, comme le cimetière et la terrasse. Épaules et jambes couvertes, foulard prêté à l'entrée. En contrebas, la pente vers la Corne d'Or est couverte de jardins de thé où les étudiants de l'université voisine passent l'après-midi.

      culture
      gratuit

    Jour 3

    • Balat et Fener, Istanbul, Turquie
      Balat et Fener Les anciens quartiers juif et grec de la Corne d'Or : façades de couleur en enfilade, synagogue, patriarcat orthodoxe et lycée grec en brique rouge qui domine la colline. Un quartier populaire qui se transforme vite — les cafés y ont remplacé les ateliers en dix ans.
      En savoir plus

      Le quartier se lit en descendant : les ruelles tombent droit vers la Corne d'Or, coupées d'escaliers, entre des maisons de bois à encorbellement dont les unes sont repeintes et les autres étayées en attendant mieux. Au milieu se dresse une masse de brique rouge à tourelles qu'on prend d'abord pour un château fort : c'est le lycée grec, bâti à la fin du XIXᵉ siècle pour une communauté alors nombreuse. Il fonctionne encore, avec une poignée d'élèves.

      Au patriarcat orthodoxe, en contrebas, regarde la porte principale : elle est soudée et ne s'ouvre jamais. En 1821, au début de l'insurrection grecque, le patriarche Grégoire V y a été pendu ; elle est restée close depuis, et l'on entre par le côté. Un peu plus loin au bord de l'eau, une église orthodoxe bulgare est entièrement en fonte — pièces coulées à Vienne, descendues par le Danube, amenées par la mer Noire et boulonnées sur place.

      C'est un quartier habité, modeste et conservateur, pas un décor : les façades photographiées sont des portes d'entrée, et le linge qui pend au-dessus est celui de quelqu'un. Les pentes sont raides et pavées de gros blocs ronds ; monter depuis la rive fatigue plus qu'il n'y paraît.

      marché
      gratuit

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Sainte-Sophie

    3 h · en anglais · Istanbul

    Sainte-Sophie, la mosquée Bleue et la mosquée de Süleymaniye et sa terrasse en une journée, sans conduire. 3 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    Mosquée Bleue

    4 h · en anglais · Istanbul

    La mosquée Bleue, la mosquée de Süleymaniye et sa terrasse, la tour de Galata, Mosquée Mihrimah Sultan et Tour de la Vierge en une journée, sans conduire. 3 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    48 € hébergement · 30 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec toit-terrasse à Karaköy, 95 € la nuit.

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  2. Istanbul → Cappadoce — Autocar de nuit, 11 h, 25 € par personne.
  3. Cappadoce, Turquie

    02. Cappadoce

    J4 → J6 · 3 nuits · 431 € par personne

    Des cheminées de fée, des églises creusées, des ballons

    Un plateau volcanique creusé de vallées, où l'érosion a laissé des cheminées de tuf que les hommes ont évidées en habitations et en églises. ⚠️ Les vols en montgolfière décollent au lever du jour et sont annulés dès que le vent se lève — prévoir deux matinées possibles, pas une seule.

    En savoir plus sur Cappadoce

    La Cappadoce est un plateau recouvert d'épaisses couches de cendres volcaniques compactées en tuf, une roche tendre que l'érosion a découpée en vallées et en cheminées coiffées d'un bloc de basalte plus dur. Les hommes ont profité de cette tendreté : depuis l'Antiquité, ils y ont creusé des habitations, des églises, des pigeonniers et des villes souterraines de plusieurs niveaux où des populations entières se réfugiaient.

    Les églises rupestres de Göreme conservent des fresques byzantines des IXᵉ au XIᵉ siècles, préservées par l'obscurité. Les vallées — de l'Amour, Rose, des Pigeons — se marchent librement, et c'est la meilleure façon de voir la région : on descend dans le tuf, entre les cheminées, souvent seul, alors que les circuits organisés enchaînent les points de vue depuis la route.

    ⚠️ Les vols en montgolfière décollent au lever du jour et sont annulés dès que le vent dépasse un seuil, ce qui arrive fréquemment — parfois plusieurs jours d'affilée en hiver. Prévoir deux matinées possibles dans le séjour, et non une seule, est la seule précaution qui vaille ; ceux qui n'ont qu'un matin repartent souvent sans avoir volé. Le vol se paie d'avance et est remboursé en cas d'annulation par l'opérateur. ⚠️ Les hôtels troglodytes sont l'hébergement typique de la région : frais l'été, mais sans fenêtre et parfois humides.

    À table

    • Testi kebabı — le ragoût cuit dans une jarre en terre scellée, qu'on casse à table devant vous, dans les restaurants d'Avanos et de Göreme.
    • Mantı — les minuscules raviolis à la viande sous une sauce au yaourt et au beurre paprika, spécialité de Kayseri voisine.
    • Vins de Cappadoce — les caves troglodytes d'Ürgüp ; les vignes poussent dans le tuf volcanique.
    • Pastırma — la viande de bœuf séchée aux épices, l'autre spécialité de Kayseri, au petit déjeuner.

    Jour 4

    • Red Tour : Göreme, Uçhisar et la vallée de Devrent, Cappadoce, Turquie
      Red Tour : Göreme, Uçhisar et la vallée de Devrent Une journée guidée de sept heures dans la Cappadoce du nord, prise en charge à l'hôtel comprise : le musée en plein air de Göreme et ses églises rupestres peintes, la forteresse troglodyte d'Uçhisar, la vallée de Devrent et ses cheminées de fées, et un atelier de poterie à Avanos. Le musée de Göreme est un monastère creusé dans le tuf entre le Xe et le XIIe siècle : une dizaine d'églises aux fresques byzantines intactes, conservées par l'obscurité et la sécheresse. La Karanlık Kilise, l'église sombre, n'a qu'une fenêtre — c'est ce qui a préservé ses bleus de lapis. ⚠️ LE GUIDE PARLE ANGLAIS, PAS FRANÇAIS — c'est écrit sur la billetterie et personne ne le lit avant de réserver. Départ à 9 h 30, quinze personnes au maximum, billet non remboursable. Fait seul, l'ensemble est possible mais bancal : le musée coûte 20 € plus 6 € pour l'église sombre, les autres sites sont dispersés sur trente kilomètres et aucun transport public ne les relie. La formule inverse, le Green Tour, couvre le sud et la vallée d'Ihlara.
      En savoir plus

      La journée s'enchaîne dans un ordre fixe, en minibus, et c'est autant son défaut que sa raison d'être : les sites du nord sont dispersés, sans liaison entre eux, et les voir seul suppose une voiture et une carte. Tu gagnes le transport et un commentaire ; tu perds le choix de rester quelque part. Dans les églises peintes, les photographies sont interdites et les gardiens y veillent — c'est la sécheresse et l'obscurité qui ont conservé ces couleurs, la lumière les mange.

      Les noms des églises sont des surnoms modernes donnés par les villageois d'après un détail : celle à la pomme, celle à la sandale, celle qui est sombre. Personne ne sait à qui elles étaient dédiées. L'une d'elles n'a aucun personnage, seulement des croix et des motifs géométriques à l'ocre rouge, peints à l'époque où figurer un visage saint était interdit : elle est à quelques pas de programmes entièrement figurés, et l'écart se voit d'un seul regard.

      Les vols en ballon partent avant l'aube, donc avant la prise en charge à l'hôtel : les deux se cumulent le même jour, mais dans cet ordre-là seulement. Prévoir de bonnes chaussures, les escaliers taillés dans le tuf sont lisses et sans rampe.

      culture
      55 €

    Jour 5

    • Vol en montgolfière au lever du jour, Cappadoce, Turquie
      Vol en montgolfière au lever du jour Une centaine de ballons décollent ensemble une heure avant l'aube et descendent au ras des cheminées de fée. ⚠️ C'est la dépense la plus lourde de tout le catalogue et il n'y a pas de prix officiel : de 150 € en hiver à plus de 400 € en octobre. Un vol sur trois est annulé pour vent, remboursé — prévoir la sortie en début de séjour pour garder une seconde chance.
      En savoir plus

      Une centaine de ballons décollent ensemble, dans le noir, une heure avant l'aube, et c'est cette simultanéité qui fait l'image : on ne vole pas seul au-dessus de la Cappadoce, on vole au milieu d'une flottille dont la vue depuis la nacelle est aussi remarquable que le paysage. Le nombre de vols quotidiens est plafonné par l'aviation civile pour des raisons de sécurité.

      Le pilote ne dirige pas latéralement : il joue de l'altitude pour trouver des couches d'air qui portent dans la direction voulue, ce qui explique les descentes au ras des cheminées de fée puis les remontées à plusieurs centaines de mètres. La trajectoire n'est jamais la même, et le lieu d'atterrissage se découvre en fin de vol.

      ⚠️ Environ un vol sur trois est annulé pour vent, et la décision se prend au petit matin, sur place, après un lâcher de ballon-sonde. L'annulation est remboursée, mais elle coûte une matinée : programmer la sortie en début de séjour est la seule précaution qui vaille. Il fait froid au décollage, y compris en été, et le brûleur ne chauffe que le dessus de la nacelle. Les enfants doivent pouvoir voir par-dessus le rebord, ce qui impose une taille minimale.

      détente
      145 €
    • Vallée de l'Amour et vallée Rose au couchant, Cappadoce, Turquie
      Vallée de l'Amour et vallée Rose au couchant Les cheminées de fée les plus hautes tiennent debout grâce à un chapeau de basalte qui protège le tuf tendre de la pluie ; quand il tombe, la colonne fond en quelques siècles. La vallée Rose vire à l'orange une demi-heure avant le coucher du soleil, et les sentiers sont libres d'accès.
      En savoir plus

      Le paysage entier vient de deux volcans qu'on aperçoit à l'horizon, souvent enneigés : leurs cendres ont rempli la région sur des centaines de mètres, la pluie et le gel ont fait le reste. Les couleurs qu'on voit en tranche sur les parois sont les éruptions successives, empilées comme des pages. Dans les creux, les vallées sont cultivées — vignes basses, abricotiers, potagers —, et l'on marche entre des parcelles qui appartiennent à quelqu'un.

      Quelques églises rupestres s'ouvrent à même le sentier, sans guichet ni gardien : une abside, des croix gravées au plafond, parfois des restes de peinture. On y entre en se baissant, et il n'y a personne. C'est la différence avec le musée en plein air, où tout est encadré et payant.

      Les sentiers ne sont pas balisés et se divisent sans arrêt ; le fond des vallées se ressemble et le crépuscule est court ici. Emporte une lampe, même pour une sortie courte, et repère ton point de sortie à l'aller. Le belvédère accessible en voiture se remplit d'autocars et de vendeurs de jus d'orange une heure avant le coucher : marcher dix minutes le long de la crête suffit à retrouver le silence.

      nature
      gratuit

    Jour 6

    • Village troglodyte d'Uçhisar et son château, Cappadoce, Turquie
      Village troglodyte d'Uçhisar et son château Un piton de tuf percé de centaines de pièces sur dix niveaux, habité jusqu'aux années 1960 avant que l'érosion ne le rende dangereux. Le village en contrebas est le plus haut de Cappadoce : de là, on voit les ballons se remplir au petit matin.
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      Le rocher est plus vide que plein : couloirs, chambres, escaliers, silos, colombiers, tout est creusé, et c'est précisément ce qui l'a condamné. Les parois entre les pièces sont devenues trop minces, des pans se sont détachés, et l'on voit aujourd'hui des habitations ouvertes en coupe comme une maison de poupée sciée en deux. Les familles ont été relogées en contrebas et le piton n'est plus qu'un belvédère.

      C'est le point le plus haut de la Cappadoce, et par temps clair on distingue depuis le sommet le volcan enneigé qui a fourni toute cette roche, très loin à l'est. Le nom du village se comprend comme la forteresse du bout, ou de la pointe : elle fermait effectivement la vallée, et l'on tenait de là tout ce qui passait.

      La montée finale se fait par des marches taillées et un escalier métallique, sans grande difficulté mais avec du vide et un vent très fort au sommet. Le village en contrebas est en forte pente, avec des ruelles où l'on ne fait pas demi-tour en voiture : se garer en bas et monter à pied. Au petit matin, on regarde les ballons se gonfler dans les vallées d'en face plutôt que de les chercher au-dessus de soi.

      marché
      gratuit
    • Randonnée dans la vallée d'Ihlara, Cappadoce, Turquie
      Randonnée dans la vallée d'Ihlara Un canyon de 14 km creusé par la rivière Melendiz, cent mètres plus bas que le plateau, vert et frais quand tout le reste est brûlé. Une soixantaine d'églises rupestres s'ouvrent dans les parois, et le sentier suit l'eau entre les peupliers.
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      On entre par un escalier taillé dans la paroi et l'on bascule d'un coup d'un plateau nu et brûlé dans un couloir vert, humide, plein du bruit de l'eau et des peupliers qui bougent. Les églises s'ouvrent directement dans les falaises, souvent à quelques mètres du sentier, sans porte ni gardien. Leurs peintures ne se ressemblent pas : certaines sont byzantines de facture savante, d'autres franchement orientales, aux yeux immenses et aux couleurs plates, comme si deux mondes s'étaient croisés ici.

      La plus mémorable est dite l'église au serpent : sur son mur, des pécheresses nues sont mordues aux seins par des reptiles, chaque faute ayant sa punition figurée. Les visages, eux, ont presque partout été grattés — pas par le temps, mais délibérément, par des mains qui refusaient l'image ou lui prêtaient un pouvoir.

      Le plus simple est de descendre à l'entrée principale et de suivre la rivière jusqu'au village suivant, où des plateformes en bois posées au-dessus de l'eau servent de restaurants. Aucun transport ne relie les deux bouts : il faut organiser le retour avant de partir. Le fond du canyon reste frais quand le plateau écrase, et c'est la bonne sortie des jours de canicule.

      nature
      gratuit

    41 € hébergement · 25 € repas · 11 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel troglodyte à Göreme, 82 € la nuit.

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  4. Cappadoce → Antalya — bus, via Konya, 8 h 30, 27 € par personne.
  5. Antalya, Turquie

    03. Antalya

    J7 → J8 · 2 nuits · 211 € par personne

    Une vieille ville ottomane, la mer, et Aspendos

    Une grande ville balnéaire dont la vieille ville ottomane, Kaleiçi, tient dans quelques ruelles au-dessus d'un port romain. C'est surtout la base de la côte lycienne et d'Aspendos, dont le théâtre romain, presque intact, accueille encore des spectacles à trente minutes de route.

    En savoir plus sur Antalya

    Antalya est une grande ville balnéaire d'un million d'habitants, entourée de complexes hôteliers, et il ne faut pas s'attendre à un port de charme : ce qu'elle garde d'ancien tient dans Kaleiçi, quelques ruelles de maisons ottomanes en surplomb d'un port romain, avec la porte d'Hadrien et un minaret cannelé. On en fait le tour en deux heures.

    Son intérêt est d'être une base. La côte lycienne commence à l'ouest, les monts Taurus montent à deux mille mètres juste derrière la ville — on peut skier et se baigner le même jour en février — et plusieurs sites antiques majeurs sont à moins d'une heure.

    Aspendos est le plus remarquable : son théâtre romain du IIᵉ siècle est le mieux conservé de tout le monde méditerranéen, avec son mur de scène intact sur trois étages et une acoustique restée entière, ce qui permet d'y donner encore des représentations devant plusieurs milliers de spectateurs. ⚠️ Les spectacles s'y tiennent en soirée d'été et se réservent ; les gradins sont en pierre, un coussin est utile. Les chutes de Düden inférieures ont la particularité de tomber directement dans la mer depuis une falaise, ce qui se voit mieux du bateau que de la terre.

    À table

    • Piyaz — la salade de haricots blancs au tahini, à l'œuf et aux oignons, qu'on ne trouve sous cette forme qu'à Antalya.
    • Poisson de la Méditerranée — sur le port de Kaleiçi ; ⚠️ demander le tarif au poids avant de commander.
    • Hibeş — la pâte de tahini au cumin, en mezze, sur les tables de la vieille ville.
    • Jus d'orange et de grenade — pressés au coin des rues ; la ville est entourée de vergers.

    Jour 7

    • Vieille ville de Kaleiçi et la porte d'Hadrien, Antalya, Turquie
      Vieille ville de Kaleiçi et la porte d'Hadrien Des maisons ottomanes à encorbellement dans des ruelles pavées, enfermées dans un rempart romain, autour d'un port creusé dans la falaise. La porte d'Hadrien, en marbre blanc, a été murée dans le rempart pendant des siècles — c'est ce qui l'a conservée intacte depuis l'an 130.
      En savoir plus

      Deux minarets racontent la ville à eux seuls. Le premier est cannelé, en brique, ceinturé de céramique turquoise : c'est un ouvrage seldjoukide, devenu l'emblème d'Antalya, planté au-dessus du port. Le second est tronqué et s'appelle pour cela le minaret coupé — le bâtiment sous lui a été temple romain, puis basilique byzantine, puis mosquée, avant de brûler ; on a laissé la ruine telle quelle, et l'on y lit les trois états superposés.

      À l'extrémité du parc, au bord de la falaise, une grosse tour ronde romaine surveille la baie. On pense qu'il s'agissait d'un tombeau monumental plutôt que d'un ouvrage militaire. C'est le rendez-vous du coucher de soleil : la mer d'un côté, la chaîne du Taurus enneigée de l'autre jusqu'au printemps.

      Les ruelles descendent en pente forte vers le port et sont interdites ou impraticables en voiture. Si tu dors dans une maison ottomane du quartier — la plupart sont devenues des hôtels —, prévois d'arriver à pied avec des bagages portables. Les pavés sont ronds et glissants après la pluie.

      marché
      gratuit
    • Plage de Konyaaltı et les monts Taurus, Antalya, Turquie
      Plage de Konyaaltı et les monts Taurus Sept kilomètres de galets gris face à une chaîne de 2 500 m qui garde la neige jusqu'en mai : c'est la seule plage de Turquie où l'on se baigne avec des sommets enneigés en toile de fond. Promenade aménagée, eau claire, et pas de sable dans les affaires.
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      Konyaaltı aligne plusieurs kilomètres de galets gris — pas de sable — au pied du massif du Taurus, qui monte à plus de deux mille cinq cents mètres juste derrière la ville et garde la neige jusqu'au printemps. C'est la seule plage de Turquie, et l'une des rares de Méditerranée, où l'on se baigne avec des sommets enneigés dans le champ de vision.

      Cette configuration a une conséquence locale connue : il est possible, certains jours de printemps, de skier le matin dans la station de Saklıkent, à une heure de route, et de se baigner l'après-midi. L'écart d'altitude entre les deux est de plus de deux mille mètres.

      Les galets ont deux avantages pratiques : l'eau reste claire, n'étant pas troublée par le sable en suspension, et l'on ne rapporte rien dans ses affaires. ⚠️ En revanche, ils sont inconfortables pieds nus et brûlants à midi — des chaussures d'eau et une natte sont utiles. La plage est bordée d'une promenade aménagée avec cafés et aires de jeux, et l'ensemble est propre et surveillé en saison, ce qui n'est pas la norme sur toute la côte.

      détente
      gratuit

    Jour 8

    • Chutes de Düden sur la falaise, Antalya, Turquie
      Chutes de Düden sur la falaise La rivière tombe de quarante mètres directement dans la Méditerranée, du haut d'une falaise en plein tissu urbain. Le parc du bord de mer d'où on les regarde est libre d'accès, et le meilleur point de vue est depuis un bateau ou depuis la plage de Lara.
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      Le mot düden désigne en turc un gouffre où une rivière disparaît sous terre, et c'est toute l'histoire de ce cours d'eau : il s'enfonce dans le calcaire, circule à l'aveugle dans la roche, ressort plus loin, recommence, et finit par tomber d'une falaise dans la mer. Le paysage d'Antalya est entièrement construit là-dessus — la ville est posée sur une terrasse de travertin déposée par ces mêmes eaux.

      Il existe en réalité deux sites du même nom, et le plus étonnant n'est pas celui de la falaise. En amont, à l'intérieur des terres, la rivière ressort d'une grotte et tombe dans un bassin ; un passage taillé permet de marcher derrière le rideau d'eau, dans le bruit et les embruns, et de regarder le parc à travers la chute. C'est un autre parc, une autre entrée, et beaucoup de visiteurs ignorent qu'il existe.

      Le débit varie énormément selon la saison, une partie de l'eau étant prélevée en amont : après les pluies c'est assourdissant, en fin d'été cela peut se réduire à un filet. Depuis la terre, on voit la chute de profil ; c'est en bateau depuis le vieux port qu'on la prend de face, avec toute la ligne de falaises derrière.

      nature
      gratuit
    • Spectacle Le feu de l'Anatolie au théâtre d'Aspendos, Antalya, Turquie
      Spectacle Le feu de l'Anatolie au théâtre d'Aspendos Le théâtre romain le mieux conservé du monde méditerranéen : sa scène est encore debout sur trois niveaux, ce qui n'existe nulle part ailleurs. Il doit sa survie aux Seldjoukides, qui en ont fait un caravansérail et l'ont donc entretenu au lieu d'y prendre des pierres. Sept mille places, acoustique intacte.
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      Ce n'est pas une visite de monument mais un spectacle de danse donné le soir. La troupe, née à la fin des années 1990, a pris les danses régionales d'Anatolie — le horon de la mer Noire, où tout le corps vibre, bras liés en ligne ; le zeybek égéen, lent, jambes écartées, bras ouverts comme des ailes ; les cuillères de Konya — et les a montées en tableaux enchaînés, avec des costumes qui changent à chaque fois et beaucoup de lumière. C'est rapide, martelé, et la troupe revendique un record de vitesse d'exécution.

      Le décor est un théâtre romain dont le mur de scène est encore debout : aucune toile peinte ne fait le poids, et la pierre renvoie le son. Le lieu accueille par ailleurs chaque été un festival d'opéra et de ballet, qui a fait sa réputation musicale bien avant les spectacles de danse.

      Deux points à vérifier sur le billet. La représentation peut se tenir dans le théâtre antique lui-même ou dans l'arène moderne bâtie à côté, selon les saisons et les impératifs de conservation : ce n'est pas la même chose. Et le transport depuis Antalya n'est pas toujours compris. Les gradins sont en pierre nue et il fait frais après le coucher du soleil : emporte un coussin et une veste.

      culture
      55 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    39 € hébergement · 27 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Maison ottomane transformée en hôtel, 78 € la nuit.

    Voir les hébergements à Antalyalien affilié

  6. Antalya → Éphèse et Selçuk — bus, via Fethiye et Ölüdeniz et Pamukkale, 11 h, 40 € par personne.
  7. Éphèse et Selçuk, Turquie

    04. Éphèse et Selçuk

    J9 → J10 · 2 nuits · 180 € par personne

    La grande ville romaine d'Asie, presque entière

    La plus grande cité romaine conservée de Méditerranée orientale, où l'on marche sur la voie de marbre entre la bibliothèque de Celsus et un théâtre de vingt-cinq mille places. ⚠️ Les maisons en terrasses se paient à part, et valent le supplément : ce sont les seules fresques et mosaïques encore en place.

    En savoir plus sur Éphèse et Selçuk

    Éphèse est la cité romaine la mieux conservée de Méditerranée orientale, et son échelle surprend : on ne visite pas quelques monuments isolés mais une ville, avec ses rues dallées de marbre, ses égouts, ses boutiques, ses latrines publiques et ses inscriptions. Elle a compté jusqu'à deux cent mille habitants et abritait le temple d'Artémis, l'une des sept merveilles du monde antique — dont il ne reste qu'une colonne dans un champ.

    La voie des Courètes descend jusqu'à la bibliothèque de Celsus, dont la façade à deux étages a été remontée dans les années 1970, puis mène au grand théâtre de vingt-cinq mille places. Le site n'a presque aucune ombre et se visite tôt le matin ou en fin d'après-midi ; il a deux entrées, haute et basse, et le parcours est bien plus agréable en descendant depuis la porte haute.

    ⚠️ Les maisons en terrasses se paient en supplément du billet d'entrée, sous un abri moderne, et elles valent le prix : ce sont des demeures de riches Éphésiens dont les fresques et les mosaïques sont restées en place, seul endroit du site où l'on voit la décoration d'origine plutôt que de la pierre nue. Beaucoup les sautent par méconnaissance. Şirince, village de montagne à huit kilomètres, produit des vins de fruits et donne une respiration après la pierre.

    À table

    • Çöp şiş — les petites brochettes de mouton de Selçuk, grillées au charbon, la spécialité de la ville.
    • Gözleme et vin de fruits — à Şirince, le village voisin, sur les terrasses des maisons de pierre.
    • Figues et olives d'Égée — les vergers de la plaine ; les figues sèches d'Aydın sont réputées dans tout le pays.

    Jour 9

    • Cité antique d'Éphèse, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Cité antique d'Éphèse Deux cent cinquante mille habitants au Ier siècle, deuxième ville de l'Empire après Rome. La bibliothèque de Celsus, remontée pièce par pièce, et un théâtre de vingt-quatre mille places où saint Paul a failli être lynché. ⚠️ 40 € : l'entrée la plus chère du pays, et il n'y a pas d'ombre — venir à l'ouverture.
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      La bibliothèque n'est pas seulement une bibliothèque : c'est un tombeau. Le fils de Celsus a obtenu, ce qui était très rare à l'intérieur d'une ville, que son père soit enseveli sous la salle de lecture — le sarcophage est toujours là, dans une chambre voûtée sous le sol. La façade, elle, est un décor de théâtre : les colonnes centrales sont plus grandes que celles des côtés et le socle est légèrement bombé, pour que l'ensemble paraisse plus vaste qu'il n'est.

      La ville est morte de son port. Le fleuve descendait tant de limon que le bassin s'est comblé malgré des travaux répétés, jusqu'à ce que la mer soit à plusieurs kilomètres. La grande avenue à colonnades qui part du théâtre menait aux quais : elle s'arrête aujourd'hui dans un champ, et c'est la meilleure image de ce qui est arrivé à la deuxième ville de l'Empire.

      Le site se parcourt en descente d'une porte à l'autre. Fais-toi déposer à la porte haute et marche vers le bas : dans l'autre sens, c'est une montée continue au soleil. Le marbre des rues a été poli par les siècles et glisse comme du verre, surtout aux passages en pente. Il n'y a d'ombre nulle part, sauf sous la verrière des maisons en terrasses.

      culture
      40 €
    • Basilique Saint-Jean, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Basilique Saint-Jean Justinien a bâti sur la tombe supposée de l'apôtre Jean une basilique à six coupoles qui fut l'une des plus vastes de la chrétienté. Il n'en reste que les colonnades relevées et le plan au sol, sur une colline d'où l'on voit l'unique colonne restante du temple d'Artémis, l'une des sept merveilles.
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      Il ne reste que le plan au sol et quelques colonnades relevées, mais cela suffit à marcher dans le bâtiment comme sur un calque : on suit les nefs, on passe sous les arcs, on comprend la taille. Au centre, un podium de marbre avec quelques marches marque l'emplacement de la tombe. On racontait dans l'Antiquité qu'une fine poussière montait du sol à cet endroit et guérissait les malades ; les pèlerins en emportaient. À côté, le baptistère a gardé sa cuve, assez grande pour qu'on y descende par un escalier et qu'on en ressorte par l'autre.

      La porte par laquelle on entre s'appelle la porte de la Persécution, d'après un relief antique remployé dans sa maçonnerie que les voyageurs prenaient pour un martyre de chrétiens. Il représentait tout autre chose, une scène de l'Iliade ; le nom est resté et le relief a disparu depuis longtemps.

      Depuis la colline, on repère dans la plaine la colonne unique et solitaire qui reste du temple d'Artémis. Le site est presque vide de visiteurs, contrairement à la cité antique. En redescendant, la mosquée du XIVᵉ siècle au pied de la colline se visite librement : ses colonnes viennent des mêmes ruines que celles de la basilique.

      culture
      6 €
    • Village de Şirince et ses vins de fruits, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Village de Şirince et ses vins de fruits Un village grec de maisons blanches à volets, à huit kilomètres dans les collines, vidé lui aussi par l'échange de populations de 1923 puis réoccupé. On y fait du vin de mûre, de pêche et de grenade, goûté gratuitement dans toutes les échoppes de la rue principale.
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      Le village s'appelait autrefois « le vilain », et la tradition locale explique que ses habitants l'avaient nommé ainsi pour qu'on les laisse tranquilles sur leurs collines à vignes et à figuiers. Un gouverneur l'a rebaptisé « le charmant » dans les années 1920, après le départ des Grecs. Les maisons sont restées : murs blanchis, encorbellements de bois, volets, et deux églises dont la principale a été restaurée.

      À la sortie du village, un ensemble de bâtiments de pierre abrite un village de mathématiques, fondé par un universitaire turc : des étudiants et des lycéens y viennent suivre des cours en plein air, assis sur des gradins, l'été. Il se visite. C'est aussi ici que des milliers de personnes se sont précipitées en 2012, une rumeur ayant désigné le village comme épargné par la fin du monde annoncée alors.

      Les vins de fruits se goûtent gratuitement dans toute la rue principale, et il faut le savoir : ils sont très sucrés, titrent peu, et la dégustation est d'abord un entonnoir commercial. L'huile d'olive et les fruits secs du village sont un bien meilleur achat. Les cars remplissent la rue centrale en milieu de journée ; les ruelles hautes restent vides toute la journée.

      marché
      gratuit

    Jour 10

    • Marché du samedi de Selçuk, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Marché du samedi de Selçuk Le marché paysan hebdomadaire, sous les arcades près de l'aqueduc romain où nichent les cigognes : figues, olives, fromages de brebis et gözleme cuites devant soi. Rien n'y est prévu pour les visiteurs, et c'est ce qui le rend intéressant.
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      Les marchés hebdomadaires turcs tournent : les mêmes marchands sont ailleurs les autres jours, dans une autre ville, et le marché s'installe et disparaît dans la journée. Ici il envahit les rues autour des piles de l'aqueduc antique, au sommet desquelles des cigognes ont bâti des nids énormes ; elles reviennent chaque printemps et la ville s'en est fait un emblème. On vend en criant les prix, au poids, et rarement à l'unité.

      La plaine autour produit la figue séchée en quantité — cette région en est le premier fournisseur mondial —, et l'on voit passer selon la saison les olives, les grenades, les fromages de brebis et surtout les herbes sauvages de l'Égée, vendues en bottes : chicorée, fenouil, pissenlit, chardon. Elles se cuisent à l'eau, se mangent froides à l'huile d'olive et au citron, et c'est la base de la cuisine locale bien avant le kebab.

      Prévois des espèces en petites coupures et un sac : rien n'est emballé. La partie textile et bazar est bien plus vaste que la partie alimentaire, et se traverse plus vite. Le centre devient impossible en voiture ce jour-là — se garer à l'écart et finir à pied.

      marché
      gratuit

    33 € hébergement · 24 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec jardin à Selçuk, 65 € la nuit.

    Voir les hébergements à Éphèse et Selçuklien affilié

Le budget de ces 10 jours

1 272 € par personne pour 10 jours, soit 127 € / jour. À deux, 2 544 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement411 €32 %
Repas267 €21 %
Transport sur place116 €9 %
Billets de train et de bus92 €7 %
Activités386 €30 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 4 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
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