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Itinéraire Turquie : les 8 étapes possibles et le budget

Istanbul, la Cappadoce, Konya, Antalya, Fethiye, Pamukkale, Éphèse. Coupoles, cheminées de fée, travertins blancs et marbre romain.

2–8
étapes, selon ta durée
33 €
par jour et par personne, dès
avr → juin, sept → oct
meilleure période
49
activités, dont 34 gratuites

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris. Les prix d'hébergement supposent une chambre partagée à deux : à plusieurs, le coût par tête baisse.

Carte du parcours en 8 étapes : Istanbul, Cappadoce, Konya, Antalya, Fethiye et Ölüdeniz, Pamukkale, Éphèse et Selçuk, İzmir
L'itinéraire complet, en 8 étapes. Ton itinéraire en retiendra une partie selon ta durée et ton rythme — les grandes pastilles sont celles qu'un séjour court garde en priorité. Le tracé relie les étapes, il ne suit pas les routes. Fond de carte © OpenStreetMap contributors, © CARTO.

Le parcours étape par étape

Les étapes sont présentées dans l'ordre conseillé, celui qui limite les allers-retours. Le générateur en retiendra plus ou moins selon ta durée, ton budget et ton style.

  1. Istanbul, Turquie

    1. Istanbul

    Deux continents, deux empires, et un détroit au milieu

    Quinze millions d'habitants sur deux continents, séparés par un détroit qu'on traverse en ferry pour le prix d'un ticket de bus. ⚠️ Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue sont des mosquées en activité : épaules et jambes couvertes, foulard pour les femmes, et fermeture aux visiteurs pendant les cinq prières.

    En savoir plus sur Istanbul

    Istanbul est la seule ville au monde à cheval sur deux continents, et le Bosphore qui les sépare n'est pas un obstacle mais un axe de transport : les ferries de ligne traversent en vingt minutes pour le prix d'un ticket de bus, avec la carte Istanbulkart qui sert à tout. Prendre l'un d'eux vers Kadıköy, côté asiatique, est à la fois la meilleure promenade de la ville et un simple trajet quotidien pour des dizaines de milliers de personnes.

    La ville a été capitale de deux empires, romain d'Orient puis ottoman, et les deux couches se superposent partout — Sainte-Sophie est une basilique du VIᵉ siècle devenue mosquée, la Citerne Basilique un réservoir byzantin à colonnades sous la ville moderne.

    ⚠️ Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue sont des lieux de culte en activité, et cela impose des règles : épaules et jambes couvertes pour tous, foulard sur les cheveux pour les femmes, chaussures retirées à l'entrée, et fermeture aux visiteurs pendant les cinq prières quotidiennes ainsi qu'une bonne partie du vendredi midi. Les horaires se vérifient le jour même. ⚠️ Une partie de Sainte-Sophie est désormais payante pour les visiteurs étrangers tandis que l'accès pour la prière reste libre : les files et les entrées ne sont pas les mêmes.

    À table

    • Balık ekmek — le sandwich de maquereau grillé vendu sur les barques d'Eminönü, au pied du pont de Galata.
    • Kahvaltı — le petit déjeuner turc : fromages, olives, œufs, miel, confitures et simit, étalé sur toute la table ; les cafés de Cihangir en ont fait un rituel du week-end.
    • Meyhane — les tavernes à mezze et rakı de Beyoğlu ; on commande une dizaine d'assiettes et on reste la soirée.
    • Baklava et künefe — les pâtisseries au sirop ; Karaköy Güllüoğlu est l'adresse historique.
    Durée et coût par style de voyage à Istanbul
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 2–3 50 € dont 28 € de nuit, 15 € de repas
    Équilibré 3–5 111 € dont 68 € de nuit, 30 € de repas
    Confort + 4–7 229 € dont 145 € de nuit, 58 € de repas

    Que faire à Istanbul

    • Mosquée Bleue, Istanbul, Turquie
      Mosquée Bleue Vingt mille carreaux d'İznik bleus lui ont donné son surnom, et six minarets ont fait scandale à sa construction : autant qu'à La Mecque. Le sultan a payé un septième minaret à La Mecque pour clore le débat. Entrée gratuite, comme dans toutes les mosquées — file séparée pour les visiteurs.
      En savoir plus

      De l'extérieur, elle n'a rien de bleu : c'est une cascade de coupoles grises qui descendent en gradins depuis la grande, un dessin fait pour être vu de loin et de face. Le bleu est dedans, et il faut lever la tête très haut pour le trouver — les plus beaux carreaux sont dans les galeries supérieures, fermées au public, et l'on n'en voit d'en bas que la partie inférieure. Ce qui frappe d'abord, au contraire, ce sont quatre piliers cannelés énormes, surnommés pieds d'éléphant, qui encombrent la salle et que les architectes reprochent au bâtiment depuis sa construction.

      Le sultan qui l'a voulue, Ahmed Iᵉʳ, est mort l'année suivante, à vingt-sept ans. Il est enterré à l'angle du terrain, dans un petit mausolée qui donne sur l'hippodrome, presque toujours vide alors que la mosquée déborde à quelques dizaines de mètres.

      L'entrée des visiteurs est du côté nord, sur l'hippodrome, et pas par la cour monumentale. Jambes et épaules couvertes, cheveux couverts pour les femmes, chaussures dans un sac qu'on garde à la main. Le bâtiment ferme aux visiteurs à chaque appel à la prière, et plus longtemps le vendredi midi : c'est une mosquée en service avant d'être un monument.

      culture
      Gratuit 1 h
    • Mosquée de Süleymaniye et sa terrasse, Istanbul, Turquie
      Mosquée de Süleymaniye et sa terrasse Le chef-d'œuvre de Sinan, architecte de quatre-vingts ans de règne ottoman, et une acoustique calculée avec des jarres encastrées dans la coupole. Le cimetière derrière donne la plus belle vue libre sur la Corne d'Or — celle que la tour de Galata fait payer 30 €.
      En savoir plus

      Au-dessus de la porte principale, à l'intérieur, une petite pièce recueillait la suie des lampes à huile qui éclairaient la salle : on en faisait de l'encre pour les calligraphes. Rien n'était perdu dans une fondation ottomane, et celle-ci n'était pas qu'une mosquée — médersas, hôpital, cuisine pour les pauvres, hammam, école primaire et caravansérail formaient un quartier entier dont les bâtiments tiennent toujours, occupés par des restaurants et des logements d'étudiants.

      Dans le jardin derrière reposent Soliman et Roxelane. Elle était arrivée esclave, il l'a affranchie puis épousée, ce qu'aucun sultan ne faisait plus depuis des générations, et elle a fini par gouverner avec lui. Son mausolée à elle est un des rares élevés pour une épouse de sultan. À l'angle du domaine, hors les murs, une toute petite tombe triangulaire passe inaperçue : c'est celle de l'architecte, Sinan, qui l'a dessinée pour lui-même.

      La mosquée est en service et l'entrée est libre, comme le cimetière et la terrasse. Épaules et jambes couvertes, foulard prêté à l'entrée. En contrebas, la pente vers la Corne d'Or est couverte de jardins de thé où les étudiants de l'université voisine passent l'après-midi.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Grand Bazar et bazar égyptien, Istanbul, Turquie
      Grand Bazar et bazar égyptien Quatre mille boutiques sous soixante-et-une rues couvertes depuis 1461 : c'est le plus ancien centre commercial du monde encore en activité. Le bazar égyptien, plus petit, sent le cumin et le loukoum. ⚠️ Le premier prix annoncé vaut deux à trois fois le prix réel, et le marchandage n'est pas facultatif.
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      Ce n'est pas un marché mais une petite ville fermée par des portes, avec ses rues spécialisées : une pour les bijoutiers, une pour les tapis, une pour les tissus. En son cœur subsiste un bâtiment de pierre trapu, aux murs épais et aux lourdes portes, le vieux bedesten : c'est le noyau d'origine, celui où l'on enfermait chaque soir ce qui avait de la valeur. Tout autour se sont greffés des hans, des cours à galeries où l'on fabrique encore, à l'étage, ce qui se vend en bas.

      Le second marché est né avec la mosquée qui le jouxte, à l'embouchure de la Corne d'Or : les loyers des boutiques devaient financer le culte, l'entretien et les cuisines pour les pauvres. Une mosquée ottomane ne se contentait pas d'être un lieu de prière, c'était une fondation avec ses revenus — le marché n'est pas à côté de l'édifice, il en fait partie.

      Le grand bazar ferme le dimanche. Sors-en par la porte basse, du côté de la mosquée du sultan, et laisse-toi descendre : les rues à ciel ouvert entre les deux marchés valent mieux que les allées couvertes, on y vend aux gens du quartier. Et l'on t'abordera en français : c'est un métier, pas une rencontre.

      marché
      Gratuit 3 h
    • Balat et Fener, Istanbul, Turquie
      Balat et Fener Les anciens quartiers juif et grec de la Corne d'Or : façades de couleur en enfilade, synagogue, patriarcat orthodoxe et lycée grec en brique rouge qui domine la colline. Un quartier populaire qui se transforme vite — les cafés y ont remplacé les ateliers en dix ans.
      En savoir plus

      Le quartier se lit en descendant : les ruelles tombent droit vers la Corne d'Or, coupées d'escaliers, entre des maisons de bois à encorbellement dont les unes sont repeintes et les autres étayées en attendant mieux. Au milieu se dresse une masse de brique rouge à tourelles qu'on prend d'abord pour un château fort : c'est le lycée grec, bâti à la fin du XIXᵉ siècle pour une communauté alors nombreuse. Il fonctionne encore, avec une poignée d'élèves.

      Au patriarcat orthodoxe, en contrebas, regarde la porte principale : elle est soudée et ne s'ouvre jamais. En 1821, au début de l'insurrection grecque, le patriarche Grégoire V y a été pendu ; elle est restée close depuis, et l'on entre par le côté. Un peu plus loin au bord de l'eau, une église orthodoxe bulgare est entièrement en fonte — pièces coulées à Vienne, descendues par le Danube, amenées par la mer Noire et boulonnées sur place.

      C'est un quartier habité, modeste et conservateur, pas un décor : les façades photographiées sont des portes d'entrée, et le linge qui pend au-dessus est celui de quelqu'un. Les pentes sont raides et pavées de gros blocs ronds ; monter depuis la rive fatigue plus qu'il n'y paraît.

      marché
      Gratuit 3 h
    • Traversée du Bosphore en bateau de ligne, Istanbul, Turquie
      Traversée du Bosphore en bateau de ligne Les bateaux de ligne d'Eminönü vers Üsküdar ou Kadıköy coûtent le prix d'un trajet en transport en commun et donnent exactement la même vue que les croisières vendues aux touristes : palais, forteresses et maisons de bois sur les deux rives. Passer d'Europe en Asie prend vingt minutes.
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      Les vapur d'Istanbul sont un transport public urbain et non une excursion : ils relient les deux rives selon des horaires réguliers, transportent des dizaines de milliers de navetteurs chaque jour, et se paient avec la même carte que le tramway et le métro. On y monte comme dans un bus.

      La conséquence est que la traversée offre exactement la même vue que les croisières vendues aux visiteurs, pour une fraction du prix : les palais ottomans en bord d'eau, les yalı — ces maisons de bois construites au ras du Bosphore, dont certaines valent des fortunes —, les forteresses de Rumeli et d'Anadolu, et la silhouette de la vieille ville qui s'éloigne. Le thé se sert à bord dans des verres en forme de tulipe.

      L'usage local consiste à s'installer sur le pont arrière et à nourrir les mouettes de simit, ces couronnes de pain au sésame vendues sur les quais — elles suivent le bateau sur toute la traversée. ⚠️ Passer d'Europe en Asie prend une vingtaine de minutes, et Kadıköy comme Üsküdar valent le déplacement pour eux-mêmes : ce sont des quartiers vivants, moins touristiques, avec des marchés et des rues de restaurants aux prix locaux.

      détente
      Gratuit 2 h
    • Kadıköy et le marché de Moda, Istanbul, Turquie
      Kadıköy et le marché de Moda La rive asiatique, où les habitants d'Istanbul vivent réellement : marché aux poissons, ruelles de mezze, disquaires et bars étudiants, et pas un vendeur de tapis. Le tramway rétro descend jusqu'à Moda, où l'on regarde la vieille ville de loin, en mangeant.
      En savoir plus

      La rive asiatique se mérite par le bateau, et c'est la moitié de l'intérêt : le vapur traverse au tarif d'un trajet urbain, on boit un thé sur le pont arrière et l'on voit la vieille ville s'éloigner avec ses coupoles alignées. À l'arrivée, le marché tient dans quelques ruelles : étals de poissons arrosés en continu, boutiques de pickles où les bocaux violets montent jusqu'au plafond et où l'on boit le jus de saumure au gobelet, torréfacteurs, marchands de fromages.

      Les Anciens racontaient que les fondateurs de Byzance, venus consulter l'oracle, s'étaient entendu dire d'installer leur ville en face du pays des aveugles. Chalcédoine — ce quartier — avait en effet été fondée avant, sur la rive la moins bien placée, en tournant le dos au site évident de l'autre côté du détroit. Deux mille six cents ans plus tard, la rive des aveugles est celle où les stambouliotes préfèrent vivre.

      Un tramway ancien fait une boucle jusqu'à Moda, où le front de mer sert de salon à toute la ville. Le quartier n'a ni vendeur de tapis ni rabatteur et se visite sans plan : les bars étudiants sont derrière le marché, les tables de mezze devant, et tout continue tard.

      marché
      Gratuit 3 h
    • Sainte-Sophie, Istanbul, Turquie
      Sainte-Sophie Basilique en 537, mosquée en 1453, musée en 1935, mosquée à nouveau depuis 2020. Sa coupole de 31 m est restée la plus vaste du monde pendant mille ans. ⚠️ Depuis 2024 les étrangers paient 25 € et entrent par la galerie supérieure, séparés des fidèles : c'est de là qu'on voit les mosaïques byzantines et les médaillons calligraphiés dans le même champ.
      En savoir plus

      La coupole est percée d'une couronne de fenêtres à sa base, si bien que le pourtour disparaît dans la lumière et qu'elle semble ne reposer sur rien — c'était l'effet recherché, et les contemporains disaient qu'elle pendait du ciel. Elle s'est pourtant effondrée une vingtaine d'années après l'inauguration, lors d'un tremblement de terre : celle qu'on voit est la seconde, remontée plus haute et plus bombée par le neveu d'un des architectes, qui avait compris que la première était trop plate.

      Dans la galerie du sud, sur la balustrade de marbre, quelqu'un a gravé des runes scandinaves. On y lit la fin d'un nom, probablement Halfdan : un garde varègue de l'empereur, un mercenaire venu du nord, qui s'ennuyait pendant l'office et a fait exactement ce que font les adolescents sur les tables d'école. C'est à quelques mètres de la plus belle mosaïque du lieu, un Christ entre la Vierge et le Baptiste dont le visage est d'une douceur inattendue.

      L'accès des visiteurs se fait par une rampe de pierre en spirale, sans une marche : elle était prévue pour monter à cheval ou en chaise. On circule au-dessus des fidèles sans redescendre dans la nef. Tenue couverte, foulard pour les femmes.

      culture Réserver coupe-file · 33 € lien affilié
      25 € 1 h 30
    • Palais de Topkapı et le harem, Istanbul, Turquie
      Palais de Topkapı et le harem Quatre cours successives d'où les sultans ont gouverné trois continents pendant quatre siècles. Ce n'est pas un château mais un campus de pavillons. Le harem se paie dans le billet combiné et c'est la partie qui vaut le détour — carreaux d'İznik du sol au plafond. ⚠️ Fermé le mardi.
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      Les cuisines, sous leur alignement de cheminées coniques, abritent une des plus grandes collections de porcelaine chinoise du monde : les sultans en commandaient par navires entiers, notamment du céladon, parce qu'on lui prêtait la vertu de changer de couleur au contact du poison. Plus loin, dans la salle des reliques, un récitant lit le Coran à voix haute sans discontinuer : l'usage remonte au XVIᵉ siècle et n'a jamais cessé.

      Le harem n'était pas un lieu de plaisir mais l'école du pouvoir, gouverné par la mère du sultan. C'est là que se trouve la cage : l'appartement clos où l'on a fini par enfermer les frères et les fils du souverain. La règle antérieure était pire — le sultan qui montait sur le trône faisait exécuter ses frères pour éviter la guerre civile — et l'on a remplacé le meurtre par la réclusion à vie. Plusieurs sultans sont sortis de là pour régner, après des décennies sans voir personne.

      La quatrième cour, tout au bout, est la meilleure : des kiosques posés sur une terrasse qui domine la Corne d'Or. Beaucoup de visiteurs s'épuisent avant et n'y arrivent jamais. Prendre le harem dans le billet combiné dès l'entrée, on ne peut pas l'ajouter en cours de route.

      culture Réserver lien affilié
      60 € 3 h
    • Citerne Basilique, Istanbul, Turquie
      Citerne Basilique Une cathédrale renversée sous la ville : 336 colonnes de récupération dans 80 000 m³ d'eau, construite par Justinien pour tenir un siège. Deux têtes de Méduse servent de socles, l'une couchée, l'autre à l'envers — personne ne sait pourquoi. ⚠️ Gestion privée : ni le Museum Pass ni aucun billet groupé n'y donne accès.
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      On descend un escalier et la ville disparaît : plus de bruit, une lumière rasante, des passerelles au-dessus de l'eau noire où circulent des carpes, et de l'eau qui goutte des voûtes en permanence. Aucune colonne ne ressemble à sa voisine — elles ont été prises dans des ruines plus anciennes et remployées telles quelles, chapiteaux dépareillés compris. L'une d'elles est couverte de motifs en forme d'yeux qu'on appelle ici des larmes.

      Le lieu a été purement et simplement oublié après la conquête ottomane. C'est un érudit français, Pierre Gilles, envoyé à Constantinople acheter des manuscrits pour son roi, qui a compris au milieu du XVIᵉ siècle ce que voulaient dire ces habitants d'un quartier puisant de l'eau — et parfois du poisson — par une trappe dans le sol de leur cave. Il s'est fait descendre par le trou.

      Les deux têtes de Méduse sont tout au fond, à l'opposé de l'entrée : beaucoup de visiteurs font demi-tour avant et repartent sans les avoir vues. Il fait frais en bas et le sol reste mouillé, les semelles lisses y glissent. La billetterie est indépendante de celle des autres monuments, et la file du milieu de journée est la plus longue.

      culture Réserver lien affilié
      46 € 1 h
    • Saint-Sauveur-in-Chora, Istanbul, Turquie
      Saint-Sauveur-in-Chora Les plus belles mosaïques byzantines qui subsistent, plus fines que celles de Sainte-Sophie et infiniment moins fréquentées, à vingt minutes du centre. Redevenue mosquée en 2024 : les mosaïques des parties de prière sont désormais voilées, celles des deux narthex restent visibles.
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      Le bâtiment est petit et l'on comprend vite qu'il est fait pour être vu en marchant : les scènes se suivent de coupole en lunette, dans les deux vestibules, et racontent l'enfance de Marie puis celle du Christ, avec des détails domestiques — un berceau, un escalier, un meuble — qu'on ne trouve nulle part ailleurs en mosaïque. Dans la chapelle latérale, qui servait de sépulture, la fresque de l'abside montre le Christ arrachant Adam et Ève de leurs tombeaux, portes de l'enfer brisées sous ses pieds : c'est le sommet de l'art byzantin tardif.

      Tout cela a été payé par un seul homme, Théodore Métochitès, premier ministre de l'empereur, qu'on voit en mosaïque au-dessus de la porte offrant l'église, coiffé d'un couvre-chef démesuré. Il est tombé peu après, a tout perdu, a été exilé, puis a obtenu de revenir mourir en moine dans le monastère qu'il avait décoré.

      Le lieu est redevenu mosquée et les dispositions ont changé plusieurs fois : ce qui est visible un mois ne l'est pas forcément le suivant, certaines mosaïques étant voilées. Tenue couverte, chaussures retirées. C'est loin du centre, près des remparts : autant enchaîner avec une marche le long de la muraille terrestre.

      culture
      20 € 1 h 30
    • Palais de Dolmabahçe, Istanbul, Turquie
      Palais de Dolmabahçe Le palais où l'Empire ottoman s'est ruiné à imiter Versailles, au bord du Bosphore : quatorze tonnes d'or au plafond et le plus grand lustre de cristal du monde, offert par la reine Victoria. Atatürk y est mort en 1938 — toutes les horloges du palais sont arrêtées à 9 h 05. ⚠️ Hors Museum Pass.
      En savoir plus

      Le nom dit ce qu'il est : le jardin comblé. Il n'y avait ici qu'une petite baie du Bosphore, remplie par les sultans pour y planter des jardins avant d'y bâtir. La façade de marbre blanc s'étire donc au ras de l'eau sur des centaines de mètres, avec ses propres portes maritimes : on arrivait par bateau, et c'est encore de l'eau qu'on la voit le mieux. À l'intérieur, l'escalier d'honneur a des balustres de cristal taillé, et la salle des cérémonies est une nef à colonnes plutôt qu'une pièce de palais.

      Tout cela a été bâti au moment précis où l'Empire commençait à emprunter à l'étranger pour boucler ses comptes ; il fera défaut sur sa dette une vingtaine d'années après l'emménagement. Le palais est resté le symbole de cette fuite en avant : on abandonnait Topkapı, ses pavillons et ses cours, pour une imitation d'Europe qu'on ne pouvait pas payer.

      La visite se fait en groupe, à cadence imposée, avec des surchaussures : on ne s'attarde pas devant une pièce, on suit. Le harem se prend séparément et la file d'attente double. Le parc et le quai le long des grilles sont eux libres d'accès, et la façade vue depuis un bateau du Bosphore ne coûte rien du tout.

      culture Réserver lien affilié
      46 € 2 h 30
    • Tour de Galata, Istanbul, Turquie
      Tour de Galata Une tour génoise de 1348, et le tour d'horizon à 360° sur les deux rives. ⚠️ 30 € pour un ascenseur et une galerie étroite où l'on tourne à la queue leu leu : c'est le rapport qualité-prix le plus discutable de la ville. La terrasse de Süleymaniye, gratuite, donne une vue comparable.
      En savoir plus

      La tour était l'angle haut d'une muraille : de l'autre côté de la Corne d'Or, les Génois tenaient une colonie autonome, avec son gouverneur, ses lois et ses entrepôts, qui faisait commerce en face de Constantinople sans lui obéir. Quand Mehmet II a pris la ville, les Génois ont négocié leur reddition : ils ont conservé leurs privilèges de marchands mais ont dû abattre leurs murs terrestres. La tour, elle, a été gardée — elle servira ensuite de vigie à incendie, une ville de bois brûlant régulièrement en entier.

      C'est d'ici qu'un certain Hezârfen se serait élancé avec des ailes pour traverser le Bosphore et se poser sur l'autre rive. L'histoire ne repose que sur un seul auteur du XVIIᵉ siècle, grand voyageur et grand raconteur, et les historiens n'y croient pas. Elle a pourtant sa statue, son film et son aéroport.

      L'ascenseur ne monte pas jusqu'en haut, on finit à pied, et la galerie extérieure est étroite : on y tourne en file, sans pouvoir s'arrêter longtemps. La rue qui descend de la tour est celle des luthiers, pleine d'ateliers d'instruments, et se termine en bas sur un ancien couvent de derviches devenu musée.

      culture Réserver avec audioguide · 40 € langue à vérifier lien affilié
      30 € 1 h

    En option — non compris dans le budget de cette étape

    Sainte-Sophie

    3 h · en anglais · Istanbul

    Sainte-Sophie, la mosquée Bleue et la mosquée de Süleymaniye et sa terrasse en une journée, sans conduire. 3 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    Mosquée Bleue

    4 h · en anglais · Istanbul

    La mosquée Bleue, la mosquée de Süleymaniye et sa terrasse, la tour de Galata, Mosquée Mihrimah Sultan et Tour de la Vierge en une journée, sans conduire. 3 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Tiqets · prix relevé le 12-08-2026 · lien affilié

    Où dormir à Istanbul

    • Appartement ottoman à Cihangir appartement premium 235 € / nuit
    • Hôtel de charme face à Sainte-Sophie hotel premium 210 € / nuit
    • Hôtel avec toit-terrasse à Karaköy hotel confort 95 € / nuit
    • Lit en dortoir à Sultanahmet auberge routard 18 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Kadıköy habitant routard 42 € / nuit
  2. Cappadoce, Turquie

    2. Cappadoce

    Des cheminées de fée, des églises creusées, des ballons

    Un plateau volcanique creusé de vallées, où l'érosion a laissé des cheminées de tuf que les hommes ont évidées en habitations et en églises. ⚠️ Les vols en montgolfière décollent au lever du jour et sont annulés dès que le vent se lève — prévoir deux matinées possibles, pas une seule.

    En savoir plus sur Cappadoce

    La Cappadoce est un plateau recouvert d'épaisses couches de cendres volcaniques compactées en tuf, une roche tendre que l'érosion a découpée en vallées et en cheminées coiffées d'un bloc de basalte plus dur. Les hommes ont profité de cette tendreté : depuis l'Antiquité, ils y ont creusé des habitations, des églises, des pigeonniers et des villes souterraines de plusieurs niveaux où des populations entières se réfugiaient.

    Les églises rupestres de Göreme conservent des fresques byzantines des IXᵉ au XIᵉ siècles, préservées par l'obscurité. Les vallées — de l'Amour, Rose, des Pigeons — se marchent librement, et c'est la meilleure façon de voir la région : on descend dans le tuf, entre les cheminées, souvent seul, alors que les circuits organisés enchaînent les points de vue depuis la route.

    ⚠️ Les vols en montgolfière décollent au lever du jour et sont annulés dès que le vent dépasse un seuil, ce qui arrive fréquemment — parfois plusieurs jours d'affilée en hiver. Prévoir deux matinées possibles dans le séjour, et non une seule, est la seule précaution qui vaille ; ceux qui n'ont qu'un matin repartent souvent sans avoir volé. Le vol se paie d'avance et est remboursé en cas d'annulation par l'opérateur. ⚠️ Les hôtels troglodytes sont l'hébergement typique de la région : frais l'été, mais sans fenêtre et parfois humides.

    À table

    • Testi kebabı — le ragoût cuit dans une jarre en terre scellée, qu'on casse à table devant vous, dans les restaurants d'Avanos et de Göreme.
    • Mantı — les minuscules raviolis à la viande sous une sauce au yaourt et au beurre paprika, spécialité de Kayseri voisine.
    • Vins de Cappadoce — les caves troglodytes d'Ürgüp ; les vignes poussent dans le tuf volcanique.
    • Pastırma — la viande de bœuf séchée aux épices, l'autre spécialité de Kayseri, au petit déjeuner.
    Durée et coût par style de voyage à Cappadoce
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 2–3 40 € dont 22 € de nuit, 12 € de repas
    Équilibré 3–4 90 € dont 54 € de nuit, 25 € de repas
    Confort + 4–6 188 € dont 118 € de nuit, 48 € de repas

    Que faire à Cappadoce

    • Vallée de l'Amour et vallée Rose au couchant, Cappadoce, Turquie
      Vallée de l'Amour et vallée Rose au couchant Les cheminées de fée les plus hautes tiennent debout grâce à un chapeau de basalte qui protège le tuf tendre de la pluie ; quand il tombe, la colonne fond en quelques siècles. La vallée Rose vire à l'orange une demi-heure avant le coucher du soleil, et les sentiers sont libres d'accès.
      En savoir plus

      Le paysage entier vient de deux volcans qu'on aperçoit à l'horizon, souvent enneigés : leurs cendres ont rempli la région sur des centaines de mètres, la pluie et le gel ont fait le reste. Les couleurs qu'on voit en tranche sur les parois sont les éruptions successives, empilées comme des pages. Dans les creux, les vallées sont cultivées — vignes basses, abricotiers, potagers —, et l'on marche entre des parcelles qui appartiennent à quelqu'un.

      Quelques églises rupestres s'ouvrent à même le sentier, sans guichet ni gardien : une abside, des croix gravées au plafond, parfois des restes de peinture. On y entre en se baissant, et il n'y a personne. C'est la différence avec le musée en plein air, où tout est encadré et payant.

      Les sentiers ne sont pas balisés et se divisent sans arrêt ; le fond des vallées se ressemble et le crépuscule est court ici. Emporte une lampe, même pour une sortie courte, et repère ton point de sortie à l'aller. Le belvédère accessible en voiture se remplit d'autocars et de vendeurs de jus d'orange une heure avant le coucher : marcher dix minutes le long de la crête suffit à retrouver le silence.

      nature
      Gratuit 3 h 30
    • Village troglodyte d'Uçhisar et son château, Cappadoce, Turquie
      Village troglodyte d'Uçhisar et son château Un piton de tuf percé de centaines de pièces sur dix niveaux, habité jusqu'aux années 1960 avant que l'érosion ne le rende dangereux. Le village en contrebas est le plus haut de Cappadoce : de là, on voit les ballons se remplir au petit matin.
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      Le rocher est plus vide que plein : couloirs, chambres, escaliers, silos, colombiers, tout est creusé, et c'est précisément ce qui l'a condamné. Les parois entre les pièces sont devenues trop minces, des pans se sont détachés, et l'on voit aujourd'hui des habitations ouvertes en coupe comme une maison de poupée sciée en deux. Les familles ont été relogées en contrebas et le piton n'est plus qu'un belvédère.

      C'est le point le plus haut de la Cappadoce, et par temps clair on distingue depuis le sommet le volcan enneigé qui a fourni toute cette roche, très loin à l'est. Le nom du village se comprend comme la forteresse du bout, ou de la pointe : elle fermait effectivement la vallée, et l'on tenait de là tout ce qui passait.

      La montée finale se fait par des marches taillées et un escalier métallique, sans grande difficulté mais avec du vide et un vent très fort au sommet. Le village en contrebas est en forte pente, avec des ruelles où l'on ne fait pas demi-tour en voiture : se garer en bas et monter à pied. Au petit matin, on regarde les ballons se gonfler dans les vallées d'en face plutôt que de les chercher au-dessus de soi.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Randonnée dans la vallée d'Ihlara, Cappadoce, Turquie
      Randonnée dans la vallée d'Ihlara Un canyon de 14 km creusé par la rivière Melendiz, cent mètres plus bas que le plateau, vert et frais quand tout le reste est brûlé. Une soixantaine d'églises rupestres s'ouvrent dans les parois, et le sentier suit l'eau entre les peupliers.
      En savoir plus

      On entre par un escalier taillé dans la paroi et l'on bascule d'un coup d'un plateau nu et brûlé dans un couloir vert, humide, plein du bruit de l'eau et des peupliers qui bougent. Les églises s'ouvrent directement dans les falaises, souvent à quelques mètres du sentier, sans porte ni gardien. Leurs peintures ne se ressemblent pas : certaines sont byzantines de facture savante, d'autres franchement orientales, aux yeux immenses et aux couleurs plates, comme si deux mondes s'étaient croisés ici.

      La plus mémorable est dite l'église au serpent : sur son mur, des pécheresses nues sont mordues aux seins par des reptiles, chaque faute ayant sa punition figurée. Les visages, eux, ont presque partout été grattés — pas par le temps, mais délibérément, par des mains qui refusaient l'image ou lui prêtaient un pouvoir.

      Le plus simple est de descendre à l'entrée principale et de suivre la rivière jusqu'au village suivant, où des plateformes en bois posées au-dessus de l'eau servent de restaurants. Aucun transport ne relie les deux bouts : il faut organiser le retour avant de partir. Le fond du canyon reste frais quand le plateau écrase, et c'est la bonne sortie des jours de canicule.

      nature
      Gratuit 4 h
    • Avanos et les ateliers de poterie, Cappadoce, Turquie
      Avanos et les ateliers de poterie La ville tourne l'argile rouge du Kızılırmak depuis les Hittites, sur des tours actionnés au pied et non à la main — un geste qu'on ne voit plus qu'ici. Les ateliers du bord de rivière laissent essayer sans rien vendre.
      En savoir plus

      La rivière qui traverse la ville est la plus longue de Turquie à couler entièrement dans le pays, et son nom veut dire fleuve rouge : c'est le fer de son argile qui la colore, et c'est cette même argile qu'on tourne ici. Dans les ateliers, le potier est assis dans une fosse, la roue entraînée par son pied sur un plateau bas — un geste de l'Antiquité, abandonné à peu près partout ailleurs au profit du moteur.

      Sous l'un de ces ateliers s'ouvre une cave entièrement tapissée de mèches de cheveux, des dizaines de milliers, chacune accompagnée d'un nom et d'une adresse. Le potier a commencé dans les années 1970 en gardant la mèche d'une amie qui partait ; les visiteuses ont suivi, et la collection n'a plus jamais cessé de grossir. C'est absurde, un peu dérangeant, et parfaitement authentique.

      On te fera essayer la roue et l'argile partira de travers, c'est normal et personne n'attend autre chose ; la pièce que tu tournes ne peut pas être emportée, elle n'est pas cuite. Rien n'oblige à acheter, malgré la boutique en fin de parcours. Mets des vêtements qui ne craignent rien : l'argile rouge tache et ne part pas au lavage.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Vallée des Pigeons et vallée de Zelve, Cappadoce, Turquie
      Vallée des Pigeons et vallée de Zelve Les paysans ont creusé des milliers de niches à pigeons dans les falaises pendant des siècles : la fiente servait d'engrais aux vignes et aux abricotiers, et c'est elle qui a nourri la Cappadoce. Les entrées sont peintes en blanc pour attirer les oiseaux.
      En savoir plus

      Les niches sont creusées haut, hors d'atteinte, avec une seule petite porte par laquelle on venait récolter une fois l'an. Certaines façades sont peintes de motifs rouges et d'inscriptions à la chaux, parce qu'un pigeonnier se soignait comme un bien de famille. L'engrais chimique a tué l'usage en une génération : les niches sont là, les pigeons beaucoup moins, et les vergers qu'ils nourrissaient ont changé de méthode.

      À Zelve, trois vallons creusés de haut en bas ont été habités sans interruption pendant des siècles, par des moines puis par des villageois. On les a évacués dans les années 1950 : la roche se fendait et menaçait de tomber sur les maisons. On y voit une mosquée creusée dans le tuf, avec son minaret taillé dans la masse, à quelques dizaines de mètres d'églises rupestres — les mêmes cavités ont servi aux deux cultes, l'un après l'autre.

      Le sentier des Pigeons relie Göreme à Uçhisar dans un sens, avec des passages étroits et quelques à-pics : le faire descendant, et rentrer autrement. À l'extrémité haute, un arbre mort couvert de perles bleues contre le mauvais œil marque le belvédère. À Zelve, prends une lampe : un tunnel relie deux des vallons et il est noir.

      nature
      Gratuit 3 h
    • Coucher de soleil sur les vignes de Göreme, Cappadoce, Turquie
      Coucher de soleil sur les vignes de Göreme Le belvédère au-dessus du village, atteint en vingt minutes à pied, où tout le monde se retrouve avec un thé. La roche passe du beige au rose puis au violet en une demi-heure — c'est la même lumière que celle des ballons, sans le réveil à 4 h.
      En savoir plus

      Le belvédère se gagne en une vingtaine de minutes de montée depuis le village, sur un chemin de terre, et tout le monde s'y retrouve en fin de journée avec un thé servi par de petites échoppes installées là. C'est l'endroit où l'on voit Göreme entier, ses maisons troglodytes et les vallées derrière.

      La roche est du tuf volcanique, une cendre compactée dont la couleur varie selon la teneur en minéraux, et elle traverse une gamme complète en une demi-heure au couchant : du beige au rose, puis au violet quand l'ombre monte des vallées. C'est exactement la même lumière que celle des ballons du matin, avec l'avantage de ne pas exiger un réveil nocturne ni une dépense.

      Les vignes qui entourent le village ne sont pas décoratives : la Cappadoce produit du vin depuis l'Antiquité, sur des ceps souvent conduits au ras du sol pour résister au vent et au gel, et plusieurs caves se visitent. ⚠️ Le site est en accès libre, sans barrière ; le chemin du retour se fait dans le noir, une lampe ou un téléphone chargé étant utiles.

      détente
      Gratuit 1 h 30
    • Red Tour : Göreme, Uçhisar et la vallée de Devrent, Cappadoce, Turquie
      Red Tour : Göreme, Uçhisar et la vallée de Devrent Une journée guidée de sept heures dans la Cappadoce du nord, prise en charge à l'hôtel comprise : le musée en plein air de Göreme et ses églises rupestres peintes, la forteresse troglodyte d'Uçhisar, la vallée de Devrent et ses cheminées de fées, et un atelier de poterie à Avanos. Le musée de Göreme est un monastère creusé dans le tuf entre le Xe et le XIIe siècle : une dizaine d'églises aux fresques byzantines intactes, conservées par l'obscurité et la sécheresse. La Karanlık Kilise, l'église sombre, n'a qu'une fenêtre — c'est ce qui a préservé ses bleus de lapis. ⚠️ LE GUIDE PARLE ANGLAIS, PAS FRANÇAIS — c'est écrit sur la billetterie et personne ne le lit avant de réserver. Départ à 9 h 30, quinze personnes au maximum, billet non remboursable. Fait seul, l'ensemble est possible mais bancal : le musée coûte 20 € plus 6 € pour l'église sombre, les autres sites sont dispersés sur trente kilomètres et aucun transport public ne les relie. La formule inverse, le Green Tour, couvre le sud et la vallée d'Ihlara.
      En savoir plus

      La journée s'enchaîne dans un ordre fixe, en minibus, et c'est autant son défaut que sa raison d'être : les sites du nord sont dispersés, sans liaison entre eux, et les voir seul suppose une voiture et une carte. Tu gagnes le transport et un commentaire ; tu perds le choix de rester quelque part. Dans les églises peintes, les photographies sont interdites et les gardiens y veillent — c'est la sécheresse et l'obscurité qui ont conservé ces couleurs, la lumière les mange.

      Les noms des églises sont des surnoms modernes donnés par les villageois d'après un détail : celle à la pomme, celle à la sandale, celle qui est sombre. Personne ne sait à qui elles étaient dédiées. L'une d'elles n'a aucun personnage, seulement des croix et des motifs géométriques à l'ocre rouge, peints à l'époque où figurer un visage saint était interdit : elle est à quelques pas de programmes entièrement figurés, et l'écart se voit d'un seul regard.

      Les vols en ballon partent avant l'aube, donc avant la prise en charge à l'hôtel : les deux se cumulent le même jour, mais dans cet ordre-là seulement. Prévoir de bonnes chaussures, les escaliers taillés dans le tuf sont lisses et sans rampe.

      culture Réserver excursion lien affilié
      55 € 7 h
    • Vol en montgolfière au lever du jour, Cappadoce, Turquie
      Vol en montgolfière au lever du jour Une centaine de ballons décollent ensemble une heure avant l'aube et descendent au ras des cheminées de fée. ⚠️ C'est la dépense la plus lourde de tout le catalogue et il n'y a pas de prix officiel : de 150 € en hiver à plus de 400 € en octobre. Un vol sur trois est annulé pour vent, remboursé — prévoir la sortie en début de séjour pour garder une seconde chance.
      En savoir plus

      Une centaine de ballons décollent ensemble, dans le noir, une heure avant l'aube, et c'est cette simultanéité qui fait l'image : on ne vole pas seul au-dessus de la Cappadoce, on vole au milieu d'une flottille dont la vue depuis la nacelle est aussi remarquable que le paysage. Le nombre de vols quotidiens est plafonné par l'aviation civile pour des raisons de sécurité.

      Le pilote ne dirige pas latéralement : il joue de l'altitude pour trouver des couches d'air qui portent dans la direction voulue, ce qui explique les descentes au ras des cheminées de fée puis les remontées à plusieurs centaines de mètres. La trajectoire n'est jamais la même, et le lieu d'atterrissage se découvre en fin de vol.

      ⚠️ Environ un vol sur trois est annulé pour vent, et la décision se prend au petit matin, sur place, après un lâcher de ballon-sonde. L'annulation est remboursée, mais elle coûte une matinée : programmer la sortie en début de séjour est la seule précaution qui vaille. Il fait froid au décollage, y compris en été, et le brûleur ne chauffe que le dessus de la nacelle. Les enfants doivent pouvoir voir par-dessus le rebord, ce qui impose une taille minimale.

      détente Réserver lien affilié
      145 € 4 h

    Où dormir à Cappadoce

    • Maison creusée dans la roche à Ürgüp appartement premium 195 € / nuit
    • Hôtel troglodyte avec terrasse à Uçhisar hotel premium 175 € / nuit
    • Hôtel troglodyte à Göreme hotel confort 82 € / nuit
    • Dortoir troglodyte à Göreme auberge routard 16 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Ortahisar habitant routard 38 € / nuit
  3. Konya, Turquie

    3. Konya

    Les derviches tourneurs, et une ville qui ne joue pas

    Une ville conservatrice, peu touristique, qui ne joue pas la carte du folklore : on y vient pour le tombeau de Rûmî et pour la cérémonie des derviches tourneurs, qui est un rituel religieux et non un spectacle. ⚠️ L'alcool y est rare et le ramadan s'y observe strictement.

    En savoir plus sur Konya

    Konya est une ville conservatrice de plus d'un million d'habitants, peu touristique, et elle ne joue pas la carte du folklore — c'est ce qui la distingue et ce qui peut décontenancer. On n'y vient pas pour flâner mais pour un lieu et pour un rituel.

    Le musée Mevlâna abrite le tombeau de Rûmî, poète et mystique du XIIIᵉ siècle dont l'œuvre est l'un des sommets de la littérature persane, et fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. ⚠️ Malgré son statut de musée, c'est un lieu de pèlerinage fréquenté par des fidèles en prière : le silence, une tenue couvrante et un foulard pour les femmes sont attendus, et les chaussures se retirent.

    ⚠️ La cérémonie du sema, où les derviches tournent sur eux-mêmes, est un rituel religieux et non un spectacle. Elle a un déroulement précis, dure environ une heure, et l'on n'y applaudit pas, on ne circule pas et l'on ne photographie pas au flash. Les représentations touristiques qui existent ailleurs en Turquie n'ont pas ce statut ; ici, elle a lieu le samedi soir au centre culturel, gratuitement. ⚠️ L'alcool est rare dans la ville et peu de restaurants en servent, et le ramadan y est observé beaucoup plus strictement que sur la côte — les horaires et l'ambiance changent complètement pendant ce mois.

    À table

    • Etli ekmek — le pain plat très long garni de viande hachée, la « pizza » de Konya, cuite au four à bois.
    • Fırın kebabı — l'agneau cuit lentement au four en terre, servi sur du pain pide, plat historique de la ville.
    • Mevlana şekeri — le bonbon blanc en forme de derviche, souvenir sucré de la ville de Rûmî.
    Durée et coût par style de voyage à Konya
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 33 € dont 18 € de nuit, 10 € de repas
    Équilibré 1–2 74 € dont 44 € de nuit, 21 € de repas
    Confort + 2–3 155 € dont 95 € de nuit, 42 € de repas

    Que faire à Konya

    • Musée Mevlâna et le tombeau de Rûmî, Konya, Turquie
      Musée Mevlâna et le tombeau de Rûmî Le mausolée du poète Rûmî, sous une coupole de céramique turquoise, et l'un des lieux les plus visités de Turquie par les Turcs eux-mêmes. ⚠️ L'entrée est gratuite : la ville la plus sacrée du parcours ne fait pas payer, quand Sainte-Sophie demande 25 €. Chaussures retirées, silence, et beaucoup de gens qui pleurent.
      En savoir plus

      Autour du sarcophage du poète s'alignent ceux de sa famille et de ses successeurs, tous surmontés d'un turban de pierre sculpté dont la taille dit le rang du mort. Les vitrines montrent des flûtes de roseau, des instruments, des manuscrits, et une châsse qui contiendrait un poil de la barbe du Prophète. Les visiteurs turcs viennent en famille, s'arrêtent, prient debout, pleurent parfois : ce n'est pas un musée pour eux.

      Rûmî n'a pas écrit un vers en turc — son œuvre est en persan, et il était né très loin d'ici, dans l'actuel Afghanistan, avant que sa famille ne fuie l'avancée mongole. Trois pays le revendiquent aujourd'hui. Autre surprise : les vers qu'on lui attribue partout, « viens, qui que tu sois, reviens », ne sont probablement pas de lui mais d'un mystique persan antérieur. Il appelait par ailleurs le jour de sa mort sa nuit de noces : il rejoignait Dieu, il n'y avait pas à le pleurer.

      On circule dans un seul sens, le long d'une balustrade, sans pouvoir s'arrêter longtemps. Chaussures retirées ou housses fournies, tête couverte pour les femmes, silence. Photographier les gens en prière est mal vu, même si les photos sont autorisées.

      culture
      Gratuit 2 h
    • Cérémonie de sema des derviches tourneurs, Konya, Turquie
      Cérémonie de sema des derviches tourneurs Ce n'est pas un spectacle mais un rituel : la main droite vers le ciel, la gauche vers la terre, la rotation qui fait passer la grâce de l'une à l'autre. Le centre culturel Mevlâna en donne une, gratuite et ouverte à tous, le samedi soir — sans les projecteurs ni le prix des versions pour touristes d'Istanbul.
      En savoir plus

      Tout commence assis, par un éloge chanté, puis par un solo de flûte de roseau : le premier vers du grand poème de Rûmî dit la plainte du roseau coupé de la roselière, qui pleure la séparation — la flûte n'accompagne pas le rituel, elle en est le sujet. Les derviches font ensuite trois fois le tour de la salle en se saluant, puis laissent tomber leur manteau noir et apparaissent en blanc : ils quittent le tombeau. Le haut bonnet de feutre, lui, figure la pierre tombale.

      L'ordre a été dissous en 1925, avec toutes les confréries, par la jeune République. Le sema n'a survécu qu'en changeant de statut : il a reparu comme patrimoine culturel, sur une scène et devant un public, et c'est à ce titre qu'il figure aujourd'hui sur la liste du patrimoine immatériel de l'Unesco. Ce que tu regardes est donc, légalement, un spectacle — et pour ceux qui tournent, autre chose.

      On n'applaudit pas, on ne circule pas, on ne photographie pas au flash, et l'on ne sort pas avant la fin. La salle est vaste et froide, prends de quoi te couvrir. En décembre, la semaine anniversaire de la mort de Rûmî remplit la ville et il faut réserver l'hébergement longtemps avant.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Colline d'Alâeddin et mosquée seldjoukide, Konya, Turquie
      Colline d'Alâeddin et mosquée seldjoukide Le tertre au centre de la ville, occupé sans interruption depuis l'âge du bronze, couronné d'une mosquée de 1220 dont la salle de prière repose sur quarante-deux colonnes antiques dépareillées, prises aux ruines romaines des environs. C'est le parc où Konya se promène le soir.
      En savoir plus

      L'intérieur de la mosquée ressemble à une forêt : des colonnes antiques de tailles et de marbres différents, prises dans les ruines romaines des environs, portent un plafond de bois plat et bas. Rien n'est aligné, rien n'est assorti, et l'effet est saisissant après les grandes coupoles ottomanes. Au fond, la chaire est un assemblage de bois sombre monté sans un clou, par emboîtement, et signé par son menuisier — les artisans seldjoukides signaient leur travail.

      Dans la cour, deux mausolées coniques abritent les sarcophages de plusieurs sultans seldjoukides de Roum, dont Konya fut la capitale. De leur palais, qui couronnait la même colline, il ne reste qu'un pan de mur, protégé sous un auvent de béton que la ville entière trouve laid. La colline elle-même n'est pas naturelle : c'est un tell, une butte formée par des milliers d'années d'habitat empilé.

      C'est aujourd'hui le parc de Konya, et le tramway en fait le tour. Le soir, les familles y montent avec des thermos et les étudiants s'installent sur les pelouses : c'est le meilleur moment pour y être. La mosquée reste en service, chaussures retirées et tête couverte pour les femmes.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Bazar et marché couvert de Konya, Konya, Turquie
      Bazar et marché couvert de Konya Un marché qui vend aux habitants et non aux visiteurs : cuir, tapis de prière, abricots secs, et les fours à etli ekmek — la pizza longue d'un mètre de Konya, coupée aux ciseaux. On y mange pour trois fois moins cher qu'à Istanbul.
      En savoir plus

      Le marché commence derrière la grande mosquée et s'étale en rues entières, sans une boutique de souvenirs : cuir, laine, semences, chaudronnerie, fruits secs vendus en montagnes. Konya est la capitale de la plaine céréalière du pays, et cela se voit dans les fours — le pain y est un plat, pas un accompagnement. À côté de la galette longue coupée aux ciseaux, cherche le mouton cuit lentement au four de boulanger et vendu au poids, la spécialité que les gens d'ici commandent le dimanche.

      C'est la ville la plus religieuse des grandes villes turques, et cela change concrètement le séjour : l'alcool est difficile à trouver, les boutiques ferment pendant la prière du vendredi, et pendant le mois de ramadan la quasi-totalité des restaurants n'ouvre qu'à la nuit tombée. Ce n'est pas hostile, c'est simplement une ville qui ne s'organise pas autour des visiteurs.

      On paie en espèces dans la plupart des étals et l'on marchande peu, les prix étant déjà ceux des habitants. Une tenue couvrante évite les regards insistants, y compris pour les hommes en short. Le thé offert dans une boutique n'engage à rien ici, contrairement à Istanbul : il n'y a rien à te vendre.

      marché
      Gratuit 2 h

    Où dormir à Konya

    • Appartement familial en centre-ville appartement premium 140 € / nuit
    • Hôtel confortable sur Alâeddin hotel premium 125 € / nuit
    • Hôtel du centre près du musée hotel confort 60 € / nuit
    • Chambre simple près de la gare auberge routard 14 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant en centre-ville habitant routard 32 € / nuit
  4. Antalya, Turquie

    4. Antalya

    Une vieille ville ottomane, la mer, et Aspendos

    Une grande ville balnéaire dont la vieille ville ottomane, Kaleiçi, tient dans quelques ruelles au-dessus d'un port romain. C'est surtout la base de la côte lycienne et d'Aspendos, dont le théâtre romain, presque intact, accueille encore des spectacles à trente minutes de route.

    En savoir plus sur Antalya

    Antalya est une grande ville balnéaire d'un million d'habitants, entourée de complexes hôteliers, et il ne faut pas s'attendre à un port de charme : ce qu'elle garde d'ancien tient dans Kaleiçi, quelques ruelles de maisons ottomanes en surplomb d'un port romain, avec la porte d'Hadrien et un minaret cannelé. On en fait le tour en deux heures.

    Son intérêt est d'être une base. La côte lycienne commence à l'ouest, les monts Taurus montent à deux mille mètres juste derrière la ville — on peut skier et se baigner le même jour en février — et plusieurs sites antiques majeurs sont à moins d'une heure.

    Aspendos est le plus remarquable : son théâtre romain du IIᵉ siècle est le mieux conservé de tout le monde méditerranéen, avec son mur de scène intact sur trois étages et une acoustique restée entière, ce qui permet d'y donner encore des représentations devant plusieurs milliers de spectateurs. ⚠️ Les spectacles s'y tiennent en soirée d'été et se réservent ; les gradins sont en pierre, un coussin est utile. Les chutes de Düden inférieures ont la particularité de tomber directement dans la mer depuis une falaise, ce qui se voit mieux du bateau que de la terre.

    À table

    • Piyaz — la salade de haricots blancs au tahini, à l'œuf et aux oignons, qu'on ne trouve sous cette forme qu'à Antalya.
    • Poisson de la Méditerranée — sur le port de Kaleiçi ; ⚠️ demander le tarif au poids avant de commander.
    • Hibeş — la pâte de tahini au cumin, en mezze, sur les tables de la vieille ville.
    • Jus d'orange et de grenade — pressés au coin des rues ; la ville est entourée de vergers.
    Durée et coût par style de voyage à Antalya
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 2–3 43 € dont 24 € de nuit, 13 € de repas
    Équilibré 2–4 97 € dont 58 € de nuit, 27 € de repas
    Confort + 3–5 204 € dont 128 € de nuit, 52 € de repas

    Que faire à Antalya

    • Vieille ville de Kaleiçi et la porte d'Hadrien, Antalya, Turquie
      Vieille ville de Kaleiçi et la porte d'Hadrien Des maisons ottomanes à encorbellement dans des ruelles pavées, enfermées dans un rempart romain, autour d'un port creusé dans la falaise. La porte d'Hadrien, en marbre blanc, a été murée dans le rempart pendant des siècles — c'est ce qui l'a conservée intacte depuis l'an 130.
      En savoir plus

      Deux minarets racontent la ville à eux seuls. Le premier est cannelé, en brique, ceinturé de céramique turquoise : c'est un ouvrage seldjoukide, devenu l'emblème d'Antalya, planté au-dessus du port. Le second est tronqué et s'appelle pour cela le minaret coupé — le bâtiment sous lui a été temple romain, puis basilique byzantine, puis mosquée, avant de brûler ; on a laissé la ruine telle quelle, et l'on y lit les trois états superposés.

      À l'extrémité du parc, au bord de la falaise, une grosse tour ronde romaine surveille la baie. On pense qu'il s'agissait d'un tombeau monumental plutôt que d'un ouvrage militaire. C'est le rendez-vous du coucher de soleil : la mer d'un côté, la chaîne du Taurus enneigée de l'autre jusqu'au printemps.

      Les ruelles descendent en pente forte vers le port et sont interdites ou impraticables en voiture. Si tu dors dans une maison ottomane du quartier — la plupart sont devenues des hôtels —, prévois d'arriver à pied avec des bagages portables. Les pavés sont ronds et glissants après la pluie.

      marché
      Gratuit 3 h
    • Chutes de Düden sur la falaise, Antalya, Turquie
      Chutes de Düden sur la falaise La rivière tombe de quarante mètres directement dans la Méditerranée, du haut d'une falaise en plein tissu urbain. Le parc du bord de mer d'où on les regarde est libre d'accès, et le meilleur point de vue est depuis un bateau ou depuis la plage de Lara.
      En savoir plus

      Le mot düden désigne en turc un gouffre où une rivière disparaît sous terre, et c'est toute l'histoire de ce cours d'eau : il s'enfonce dans le calcaire, circule à l'aveugle dans la roche, ressort plus loin, recommence, et finit par tomber d'une falaise dans la mer. Le paysage d'Antalya est entièrement construit là-dessus — la ville est posée sur une terrasse de travertin déposée par ces mêmes eaux.

      Il existe en réalité deux sites du même nom, et le plus étonnant n'est pas celui de la falaise. En amont, à l'intérieur des terres, la rivière ressort d'une grotte et tombe dans un bassin ; un passage taillé permet de marcher derrière le rideau d'eau, dans le bruit et les embruns, et de regarder le parc à travers la chute. C'est un autre parc, une autre entrée, et beaucoup de visiteurs ignorent qu'il existe.

      Le débit varie énormément selon la saison, une partie de l'eau étant prélevée en amont : après les pluies c'est assourdissant, en fin d'été cela peut se réduire à un filet. Depuis la terre, on voit la chute de profil ; c'est en bateau depuis le vieux port qu'on la prend de face, avec toute la ligne de falaises derrière.

      nature
      Gratuit 2 h
    • Plage de Konyaaltı et les monts Taurus, Antalya, Turquie
      Plage de Konyaaltı et les monts Taurus Sept kilomètres de galets gris face à une chaîne de 2 500 m qui garde la neige jusqu'en mai : c'est la seule plage de Turquie où l'on se baigne avec des sommets enneigés en toile de fond. Promenade aménagée, eau claire, et pas de sable dans les affaires.
      En savoir plus

      Konyaaltı aligne plusieurs kilomètres de galets gris — pas de sable — au pied du massif du Taurus, qui monte à plus de deux mille cinq cents mètres juste derrière la ville et garde la neige jusqu'au printemps. C'est la seule plage de Turquie, et l'une des rares de Méditerranée, où l'on se baigne avec des sommets enneigés dans le champ de vision.

      Cette configuration a une conséquence locale connue : il est possible, certains jours de printemps, de skier le matin dans la station de Saklıkent, à une heure de route, et de se baigner l'après-midi. L'écart d'altitude entre les deux est de plus de deux mille mètres.

      Les galets ont deux avantages pratiques : l'eau reste claire, n'étant pas troublée par le sable en suspension, et l'on ne rapporte rien dans ses affaires. ⚠️ En revanche, ils sont inconfortables pieds nus et brûlants à midi — des chaussures d'eau et une natte sont utiles. La plage est bordée d'une promenade aménagée avec cafés et aires de jeux, et l'ensemble est propre et surveillé en saison, ce qui n'est pas la norme sur toute la côte.

      détente
      Gratuit 3 h
    • Canyon de Köprülü et forêt de pins, Antalya, Turquie
      Canyon de Köprülü et forêt de pins Un pont romain d'une seule arche enjambe une gorge de quatorze kilomètres où l'eau reste à 12 °C en plein août. C'est le rendez-vous du rafting turc, mais le sentier le long de la rive et la forêt de cyprès valent à eux seuls la route depuis Antalya.
      En savoir plus

      Ce qui pousse ici n'est pas une plantation : la vallée abrite une des rares forêts naturelles de cyprès de Méditerranée, protégée par le parc national. L'arbre est planté partout autour du bassin méditerranéen, mais il ne pousse spontanément qu'à quelques endroits, et c'en est un — d'où les troncs tordus et les âges mélangés, à l'opposé des alignements qu'on connaît en Provence ou en Toscane.

      Au-dessus du canyon, une route étroite grimpe jusqu'aux ruines de Selge, cité pisidienne posée à mille mètres d'altitude au milieu d'un village. Son théâtre est resté adossé à la pente, à demi enfoui, et des enfants y vendent des herbes séchées entre les gradins. La ville vivait du styrax, une résine parfumée exportée dans tout l'Empire, et frappait sa propre monnaie.

      L'eau reste glaciale même au plus fort de l'été : l'entrée dans la rivière coupe le souffle, et c'est justement l'attrait de la journée quand la côte étouffe. Prends des chaussures qui peuvent être trempées. La route jusqu'à Selge est sinueuse, à voie unique par endroits, et beaucoup plus longue que la carte ne le laisse croire.

      nature
      Gratuit 4 h
    • Spectacle Le feu de l'Anatolie au théâtre d'Aspendos, Antalya, Turquie
      Spectacle Le feu de l'Anatolie au théâtre d'Aspendos Le théâtre romain le mieux conservé du monde méditerranéen : sa scène est encore debout sur trois niveaux, ce qui n'existe nulle part ailleurs. Il doit sa survie aux Seldjoukides, qui en ont fait un caravansérail et l'ont donc entretenu au lieu d'y prendre des pierres. Sept mille places, acoustique intacte.
      En savoir plus

      Ce n'est pas une visite de monument mais un spectacle de danse donné le soir. La troupe, née à la fin des années 1990, a pris les danses régionales d'Anatolie — le horon de la mer Noire, où tout le corps vibre, bras liés en ligne ; le zeybek égéen, lent, jambes écartées, bras ouverts comme des ailes ; les cuillères de Konya — et les a montées en tableaux enchaînés, avec des costumes qui changent à chaque fois et beaucoup de lumière. C'est rapide, martelé, et la troupe revendique un record de vitesse d'exécution.

      Le décor est un théâtre romain dont le mur de scène est encore debout : aucune toile peinte ne fait le poids, et la pierre renvoie le son. Le lieu accueille par ailleurs chaque été un festival d'opéra et de ballet, qui a fait sa réputation musicale bien avant les spectacles de danse.

      Deux points à vérifier sur le billet. La représentation peut se tenir dans le théâtre antique lui-même ou dans l'arène moderne bâtie à côté, selon les saisons et les impératifs de conservation : ce n'est pas la même chose. Et le transport depuis Antalya n'est pas toujours compris. Les gradins sont en pierre nue et il fait frais après le coucher du soleil : emporte un coussin et une veste.

      culture Réserver spectacle lien affilié
      55 € 2 h 30

    En option — non compris dans le budget de cette étape

    Où dormir à Antalya

    • Appartement avec terrasse à Konyaaltı appartement premium 180 € / nuit
    • Hôtel avec piscine sur la falaise hotel premium 165 € / nuit
    • Maison ottomane transformée en hôtel hotel confort 78 € / nuit
    • Auberge dans Kaleiçi auberge routard 17 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant vers Lara habitant routard 38 € / nuit
  5. Fethiye et Ölüdeniz, Turquie

    5. Fethiye et Ölüdeniz

    Le lagon turquoise, les tombeaux lyciens, la grande voie

    Un port dominé par des tombeaux lyciens taillés en pleine falaise, à vingt minutes du lagon d'Ölüdeniz, l'une des plages les plus photographiées de Méditerranée. ⚠️ Ölüdeniz est aussi la capitale mondiale du parapente : les vols décollent du Babadağ à 1 900 mètres et se réservent la veille.

    En savoir plus sur Fethiye et Ölüdeniz

    Fethiye est un port bâti sur les ruines de l'antique Telmessos, et l'on y lève les yeux : des tombeaux lyciens taillés en pleine falaise dominent la ville, avec des façades de temples à colonnes sculptées dans la roche au IVᵉ siècle avant notre ère. Le plus grand, celui d'Amyntas, se rejoint par un escalier depuis les rues du centre.

    Ölüdeniz, à vingt minutes, est le lagon le plus photographié de Méditerranée : une langue de sable qui ferme un plan d'eau parfaitement calme, classé réserve naturelle — d'où un droit d'entrée pour accéder à la plage du lagon proprement dite, la plage publique de Belcekız restant libre.

    ⚠️ C'est aussi l'une des capitales mondiales du parapente. Les vols décollent du Babadağ à mille neuf cents mètres et durent une vingtaine de minutes ; ils se réservent la veille et sont annulés dès que le vent tourne. La route de montée est longue et sinueuse. Le village fantôme de Kayaköy, quelques kilomètres plus loin, aligne des centaines de maisons de pierre vides : ses habitants grecs orthodoxes en ont été expulsés lors de l'échange de populations de 1923, et personne ne s'y est réinstallé. La voie lycienne, cinq cents kilomètres de sentier côtier, passe au-dessus.

    À table

    • Le marché aux poissons — on achète à l'étal, le restaurant voisin le grille : le rituel du soir à Fethiye.
    • Gözleme — la crêpe fine garnie de fromage, d'épinards ou de pommes de terre, cuite sur la plaque bombée par les femmes des villages.
    • Le bazar du mardi — le grand marché de la région : lokum, fruits secs, fromages de chèvre et olives.
    Durée et coût par style de voyage à Fethiye et Ölüdeniz
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 42 € dont 23 € de nuit, 13 € de repas
    Équilibré 2–3 93 € dont 56 € de nuit, 26 € de repas
    Confort + 3–4 194 € dont 122 € de nuit, 50 € de repas

    Que faire à Fethiye et Ölüdeniz

    • Lagon d'Ölüdeniz et plage de Belcekız, Fethiye et Ölüdeniz, Turquie
      Lagon d'Ölüdeniz et plage de Belcekız Le lagon fermé par une langue de galets est l'image de la côte turque sur toutes les affiches ; la plage publique de Belcekız, juste à côté, donne exactement la même eau sans billet. « Ölüdeniz » veut dire mer morte : le lagon reste plat quand la Méditerranée est formée.
      En savoir plus

      Ölüdeniz signifie littéralement mer morte, et le nom est descriptif : une langue de galets ferme presque complètement une baie, si bien que le plan d'eau intérieur reste parfaitement plat même quand la Méditerranée est formée à l'extérieur. C'est ce contraste, visible depuis la plage, qui explique l'appellation.

      Le lagon est classé parc naturel et l'accès s'y paie, avec des aménagements et une fréquentation contrôlée. ⚠️ La plage publique de Belcekız, immédiatement à côté, donne exactement la même eau, la même couleur et la même vue, gratuitement — beaucoup de visiteurs paient sans savoir qu'ils ont le choix. Le lagon a l'avantage du calme absolu, Belcekız celui de l'espace et du prix.

      ⚠️ Les deux sont en galets et non en sable, et la plage descend rapidement. Ölüdeniz est aussi la zone d'atterrissage des parapentes qui décollent du Babadağ : ils se posent directement sur la plage toute la journée, ce qui est un spectacle permanent et un bruit constant. Les vols cessent quand le vent tourne, généralement en milieu d'après-midi.

      détente
      Gratuit 4 h
    • Tombeaux lyciens taillés dans la falaise, Fethiye et Ölüdeniz, Turquie
      Tombeaux lyciens taillés dans la falaise Des façades de temples grecs creusées à même la paroi au-dessus de la ville, au IVe siècle av. J.-C. Les Lyciens plaçaient leurs morts en hauteur pour qu'une créature ailée les emporte. Celui d'Amyntas se rejoint par un escalier, et la vue sur la baie au coucher du soleil est le vrai motif de la montée.
      En savoir plus

      Regarde la façade en détail : ce n'est pas un temple de pierre qu'on a copié, c'est une maison de bois. Poutres, solives, extrémités de madriers qui dépassent, portes à panneaux avec leurs clous — tout cela est taillé dans le rocher à l'imitation d'une charpente. Les maisons lyciennes ont disparu depuis longtemps ; leurs tombeaux en gardent le plan exact, en négatif.

      Le plus grand porte une inscription grecque nommant Amyntas, fils d'Hermapias, et c'est la seule raison pour laquelle il a un nom. La chambre derrière a été forcée dans l'Antiquité, comme presque toutes. Ces tombeaux ont d'ailleurs survécu à la ville elle-même : le tremblement de terre de 1957 a rasé le vieux Fethiye, reconstruit ensuite en béton, tandis que les façades taillées dans la falaise, elles, n'ont pas bougé. On retrouve la même chose en bas dans les rues, où des sarcophages lyciens à couvercle en carène se dressent entre les immeubles et les places de stationnement.

      La montée se fait par un long escalier découvert, sans une ombre : y aller en fin de journée, jamais au milieu de l'après-midi. D'autres tombeaux, plus modestes, s'ouvrent librement un peu plus loin sur la même falaise, sans billet ni escalier.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Voie lycienne au-dessus de Faralya, Fethiye et Ölüdeniz, Turquie
      Voie lycienne au-dessus de Faralya 540 km de sentier balisé entre Fethiye et Antalya, le premier de Turquie, tracé en 1999 sur des chemins muletiers antiques. La section au-dessus de la vallée des Papillons surplombe la mer de 350 m et se fait en une demi-journée depuis Faralya.
      En savoir plus

      Le sentier a été tracé et balisé par une Britannique installée en Turquie, qui a passé des années à relier d'anciens chemins muletiers, à négocier les passages avec les villages et à poser les marques elle-même. Les traits rouges et blancs que tu suis sont ceux des sentiers de grande randonnée français : elle a repris la convention telle quelle, et c'est aujourd'hui la norme dans tout le pays.

      La section au-dessus du canyon marche à flanc, entre des pins et des terrasses de pierres sèches, avec la mer très loin en dessous et des villages où l'on vend du thé sur une table. Le canyon lui-même est une réserve, qui doit son nom à un papillon aux ailes rayées venant y pulluler en été. Attention : la descente depuis le village dans le fond du canyon n'est pas un sentier mais une escalade équipée de cordes fixes, dangereuse et régulièrement déconseillée. La plage se rejoint en bateau, et c'est la façon raisonnable d'y aller.

      Il n'y a pas d'eau sur la section en corniche et presque pas d'ombre l'après-midi. Le balisage s'efface par endroits, notamment là où les sentiers de chèvres se multiplient : au moindre doute, revenir à la dernière marque vue.

      nature
      Gratuit 5 h
    • Village fantôme de Kayaköy, Fethiye et Ölüdeniz, Turquie
      Village fantôme de Kayaköy Trois mille maisons vides sur un flanc de colline : le village grec de Levissi, abandonné en 1923 lors de l'échange forcé de populations entre la Grèce et la Turquie. Personne ne s'y est réinstallé. Les rues, deux églises et une chapelle tiennent encore debout, sans toit.
      En savoir plus

      Les maisons montent la colline en quinconce, décalées les unes des autres : aucune ne masque la lumière ni la vue de celle du dessus, et ce n'est pas un hasard, c'était la règle. Il n'y a pas de puits — chaque maison avait sa citerne, encore visible sous les sols effondrés. Dans les deux églises, le dallage est fait de galets noirs et blancs disposés en motifs, et l'ossuaire est resté ouvert.

      Le village s'est vidé d'un coup en 1923 : la Grèce et la Turquie ont échangé leurs populations chrétiennes et musulmanes par traité, sur le seul critère de la religion, sans demander leur avis à personne. Des familles musulmanes venues de Grèce ont bien été installées ici, mais elles arrivaient de terres de plaine et n'ont pas voulu de ces terrasses caillouteuses ; beaucoup sont reparties, et le tremblement de terre de 1957 a achevé de vider les lieux.

      Le site est vaste, entièrement à découvert, et les ruelles sont encombrées de pierres qui roulent sous le pied : chaussures fermées, et pas au milieu de la journée en été. Un sentier passe derrière le village et franchit la colline jusqu'à la mer : c'est la plus belle façon d'en repartir.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Coucher de soleil à Çalış et bateaux du port, Fethiye et Ölüdeniz, Turquie
      Coucher de soleil à Çalış et bateaux du port La plage de galets fait face à l'ouest et à un chapelet d'îlots : c'est le seul endroit de la côte où le soleil tombe derrière des îles plutôt que dans l'eau plate. Une navette en bateau relie Çalış au vieux port pour le prix d'un bus.
      En savoir plus

      Çalış est une plage de galets orientée plein ouest, face à un chapelet de petits îlots, ce qui produit un couchant différent de tout le reste de la côte : le soleil tombe derrière des silhouettes d'îles plutôt que dans une ligne d'eau plate, et les découpes s'allument successivement. La plage se remplit à cette heure-là et les cafés du front installent leurs chaises face à l'ouest.

      Une navette maritime relie Çalış au vieux port de Fethiye en une vingtaine de minutes, pour le prix d'un bus : elle traverse la baie et évite un contournement routier bien plus long. C'est le trajet que font les habitants, et il constitue en soi une petite traversée.

      Le port de Fethiye est celui des goélettes en bois, les gulets, construites dans la région et utilisées pour les croisières de plusieurs jours le long de la côte turquoise. ⚠️ La plage de Çalış est très exposée au vent de l'après-midi, ce qui la rend inconfortable pour la baignade à ce moment-là mais excellente pour la planche à voile. La baignade y est meilleure le matin.

      détente
      Gratuit 2 h

    Où dormir à Fethiye et Ölüdeniz

    • Villa avec piscine à Kayaköy appartement premium 185 € / nuit
    • Hôtel face au lagon d'Ölüdeniz hotel premium 158 € / nuit
    • Pension avec piscine à Hisarönü hotel confort 72 € / nuit
    • Dortoir près du port de Fethiye auberge routard 16 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Ovacık habitant routard 36 € / nuit
  6. Pamukkale, Turquie

    6. Pamukkale

    Des terrasses de calcaire blanc, et une ville romaine dessus

    Des terrasses de calcaire blanc formées par des sources chaudes, et la cité antique de Hiérapolis posée juste dessus. ⚠️ On monte pieds nus, chaussures à la main : c'est obligatoire, et le calcaire est glissant. L'eau ne coule que dans certains bassins, par rotation — les photos les montrent tous pleins, ce n'est jamais le cas.

    En savoir plus sur Pamukkale

    Pamukkale — château de coton — est une falaise de calcaire blanc de deux kilomètres, formée par des sources chaudes chargées de carbonate de calcium qui se dépose en terrasses et en vasques à mesure que l'eau refroidit. Juste au-dessus se trouve Hiérapolis, cité thermale romaine avec son théâtre, sa nécropole immense et ses thermes.

    ⚠️ On monte les travertins pieds nus, chaussures à la main : c'est obligatoire et contrôlé, pour ne pas rayer et salir le calcaire. La surface est irrégulière, parfois rugueuse, parfois glissante là où l'eau coule — la montée prend une vingtaine de minutes et n'est pas confortable. Prévoir un sac pour les chaussures et une serviette.

    ⚠️ L'eau ne coule pas dans tous les bassins. Le débit est réparti par rotation entre les secteurs pour préserver le site et compenser les prélèvements des hôtels, et une bonne partie des vasques est donc sèche à un moment donné. Les photographies qui circulent montrent toutes les terrasses pleines et bleues : ce n'est jamais le cas en réalité, et beaucoup de visiteurs en sont déçus. La piscine dite de Cléopâtre, en haut, se paie séparément et l'on y nage dans une eau à trente-cinq degrés parmi des colonnes antiques effondrées. ⚠️ Le site est éblouissant en plein soleil — lunettes indispensables.

    À table

    • Tandır kebabı — l'agneau cuit dans un four enterré, plat de Denizli voisine.
    • Pide — le pain plat garni, cuit au four à bois, dans les gargotes du village.
    • Vins de Pamukkale — la région produit du vin depuis l'Antiquité ; la cave locale se visite.
    Durée et coût par style de voyage à Pamukkale
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 36 € dont 20 € de nuit, 11 € de repas
    Équilibré 2–2 81 € dont 48 € de nuit, 23 € de repas
    Confort + 2–3 170 € dont 105 € de nuit, 45 € de repas

    Que faire à Pamukkale

    • Coucher de soleil sur les terrasses depuis le village, Pamukkale, Turquie
      Coucher de soleil sur les terrasses depuis le village La falaise blanche prend une teinte rose puis orange au soleil couchant, et elle se voit gratuitement depuis le village, à contre-jour, sans billet ni foule. Les cars de la journée sont repartis à 17 h.
      En savoir plus

      La falaise blanche de Pamukkale mesure près de trois kilomètres de long et se voit de loin dans la plaine ; depuis le village en contrebas, on l'a de face et à contre-jour, et elle traverse au couchant une gamme allant du blanc au rose puis à l'orange. C'est gratuit, sans billet ni foule, et l'on est assis à une terrasse.

      Le contraste avec la journée est net : le site ferme en fin d'après-midi, les cars repartent, et l'on voit alors la falaise sans la file de visiteurs pieds nus qui la parcourt en permanence aux heures d'ouverture. L'ensemble reprend son échelle.

      Le blanc du calcaire vient du carbonate de calcium déposé par les sources en refroidissant, couche après couche, à raison de quelques millimètres par an. ⚠️ Ce dépôt est fragile et la circulation des visiteurs l'a fortement dégradé : c'est pourquoi on monte pieds nus, que seuls certains bassins sont alimentés par rotation, et que l'accès est restreint à un couloir. Une partie de la falaise a par ailleurs été asséchée par les prélèvements des hôtels installés au sommet dans les années 1970, depuis démolis.

      détente
      Gratuit 1 h 30
    • Nécropole nord de Hiérapolis, Pamukkale, Turquie
      Nécropole nord de Hiérapolis Comprise dans le billet du site : plus de mille deux cents tombeaux sur deux kilomètres, la plus grande nécropole antique d'Anatolie. Les malades venaient se soigner aux sources et beaucoup n'en repartaient pas — la ville thermale a fini par vivre autant de ses morts que de ses curistes.
      En savoir plus

      Trois façons de se faire enterrer se lisent côte à côte. Les plus anciennes sont des tumulus : un tambour de pierre circulaire, un couloir, et une butte de terre par-dessus. Viennent ensuite les tombeaux-maisons romains, avec leur banc de pierre où la famille venait manger au jour anniversaire. Puis les sarcophages dressés sur socle, dont beaucoup ont perdu leur couvercle.

      Lis les inscriptions plutôt que les formes : beaucoup ne sont pas des épitaphes mais des textes juridiques. Elles précisent qui a le droit d'être déposé là et fixent l'amende que devra verser au trésor de la ville quiconque y placerait un autre corps. D'autres confient l'entretien du tombeau à une corporation de métier — les teinturiers de pourpre, les travailleurs de la laine — chargée de commémorer le mort chaque année. Un tombeau était un contrat autant qu'un monument.

      C'est à l'extrémité nord du site, après la ville antique : presque personne ne marche jusque-là, la plupart des visiteurs faisant demi-tour au théâtre. Il n'y a aucune ombre et la route longe le tout, ce qui permet d'y aller par un côté et de revenir par l'autre. Ne pas grimper sur les couvercles, beaucoup sont fendus et en équilibre.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Travertins et cité antique de Hiérapolis, Pamukkale, Turquie
      Travertins et cité antique de Hiérapolis Deux mille sept cents mètres de terrasses de calcaire blanc déposées par une source à 35 °C, avec une ville romaine thermale posée sur la crête. Le billet couvre les deux. ⚠️ On monte pieds nus, c'est obligatoire pour protéger le calcaire, et la pierre est rugueuse — pas glissante, mais râpeuse.
      En savoir plus

      Ne t'attends pas à ce que toutes les vasques soient bleues : l'eau est aujourd'hui envoyée à tour de rôle dans certaines sections seulement, et les autres sont grises et sèches. C'est le prix d'un sauvetage — des hôtels avaient été bâtis directement sur les terrasses au XXᵉ siècle, une route les traversait, et l'eau était captée pour les piscines. Tout a été démoli dans les années 1990 et le calcaire remis en eau par rotation. La carte postale n'existe donc qu'à un endroit à la fois.

      En haut, dans la ville antique, cherche le Plutonion : une porte étroite au pied du temple, d'où sort un gaz qui tue les oiseaux se posant devant. Les prêtres antiques y menaient des taureaux qui s'effondraient, tandis qu'eux-mêmes ressortaient indemnes ; on l'a longtemps rangé au rayon des légendes. Des mesures récentes ont montré que le gaz carbonique y forme bien une nappe mortelle au ras du sol : les prêtres, debout, avaient la tête au-dessus.

      Pieds nus sur le calcaire, obligatoire : prends un sac pour tes chaussures. La pierre est râpeuse, l'eau tiède en haut et froide en bas. Monter par le bas en fin de journée, quand les terrasses reçoivent le soleil couchant de face.

      culture Réserver visite guidée · 90 € langue à vérifier lien affilié
      30 € 4 h
    • Piscine antique de Cléopâtre, Pamukkale, Turquie
      Piscine antique de Cléopâtre Un bassin thermal à 36 °C dont le fond est jonché de colonnes de marbre tombées lors d'un séisme au VIIe siècle : on nage littéralement au milieu du portique antique. Supplément de 6 € en plus du billet du site, et le seul endroit de Turquie où l'on se baigne dans des ruines.
      En savoir plus

      Le bassin est alimenté par une source thermale à température constante, et son fond est jonché de tambours de colonnes, de chapiteaux et de fragments de corniche en marbre — les vestiges d'un portique effondré lors d'un séisme, probablement au VIIᵉ siècle, et jamais dégagés. On nage donc au-dessus et entre les ruines, ce qui n'existe nulle part ailleurs en Turquie.

      L'eau est fortement gazeuse et minéralisée : des bulles remontent en permanence et l'on sent le courant chaud aux endroits de résurgence. La sensation est celle d'une eau pétillante, et le calcaire s'y dépose — c'est le même phénomène qui a construit les terrasses blanches du site.

      ⚠️ Le bassin se paie en supplément du billet d'entrée du site archéologique. Il est très fréquenté en milieu de journée, avec un accès régulé par créneaux et un vestiaire souvent bondé. Les blocs antiques sont irréguliers et glissants sous l'eau : on se cogne facilement, et l'entrée se fait par un escalier. Les personnes cardiaques doivent tenir compte de la température et de la teneur en gaz carbonique de l'eau.

      détente
      6 € 1 h 30

    En option — non compris dans le budget de cette étape

    Où dormir à Pamukkale

    • Maison d'hôtes avec jardin appartement premium 145 € / nuit
    • Hôtel avec vue sur les travertins hotel premium 130 € / nuit
    • Hôtel avec piscine thermale hotel confort 62 € / nuit
    • Pension au village de Pamukkale auberge routard 14 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Karahayıt habitant routard 32 € / nuit
  7. Éphèse et Selçuk, Turquie

    7. Éphèse et Selçuk

    La grande ville romaine d'Asie, presque entière

    La plus grande cité romaine conservée de Méditerranée orientale, où l'on marche sur la voie de marbre entre la bibliothèque de Celsus et un théâtre de vingt-cinq mille places. ⚠️ Les maisons en terrasses se paient à part, et valent le supplément : ce sont les seules fresques et mosaïques encore en place.

    En savoir plus sur Éphèse et Selçuk

    Éphèse est la cité romaine la mieux conservée de Méditerranée orientale, et son échelle surprend : on ne visite pas quelques monuments isolés mais une ville, avec ses rues dallées de marbre, ses égouts, ses boutiques, ses latrines publiques et ses inscriptions. Elle a compté jusqu'à deux cent mille habitants et abritait le temple d'Artémis, l'une des sept merveilles du monde antique — dont il ne reste qu'une colonne dans un champ.

    La voie des Courètes descend jusqu'à la bibliothèque de Celsus, dont la façade à deux étages a été remontée dans les années 1970, puis mène au grand théâtre de vingt-cinq mille places. Le site n'a presque aucune ombre et se visite tôt le matin ou en fin d'après-midi ; il a deux entrées, haute et basse, et le parcours est bien plus agréable en descendant depuis la porte haute.

    ⚠️ Les maisons en terrasses se paient en supplément du billet d'entrée, sous un abri moderne, et elles valent le prix : ce sont des demeures de riches Éphésiens dont les fresques et les mosaïques sont restées en place, seul endroit du site où l'on voit la décoration d'origine plutôt que de la pierre nue. Beaucoup les sautent par méconnaissance. Şirince, village de montagne à huit kilomètres, produit des vins de fruits et donne une respiration après la pierre.

    À table

    • Çöp şiş — les petites brochettes de mouton de Selçuk, grillées au charbon, la spécialité de la ville.
    • Gözleme et vin de fruits — à Şirince, le village voisin, sur les terrasses des maisons de pierre.
    • Figues et olives d'Égée — les vergers de la plaine ; les figues sèches d'Aydın sont réputées dans tout le pays.
    Durée et coût par style de voyage à Éphèse et Selçuk
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 39 € dont 21 € de nuit, 12 € de repas
    Équilibré 2–3 84 € dont 50 € de nuit, 24 € de repas
    Confort + 3–4 177 € dont 110 € de nuit, 46 € de repas

    Que faire à Éphèse et Selçuk

    • Village de Şirince et ses vins de fruits, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Village de Şirince et ses vins de fruits Un village grec de maisons blanches à volets, à huit kilomètres dans les collines, vidé lui aussi par l'échange de populations de 1923 puis réoccupé. On y fait du vin de mûre, de pêche et de grenade, goûté gratuitement dans toutes les échoppes de la rue principale.
      En savoir plus

      Le village s'appelait autrefois « le vilain », et la tradition locale explique que ses habitants l'avaient nommé ainsi pour qu'on les laisse tranquilles sur leurs collines à vignes et à figuiers. Un gouverneur l'a rebaptisé « le charmant » dans les années 1920, après le départ des Grecs. Les maisons sont restées : murs blanchis, encorbellements de bois, volets, et deux églises dont la principale a été restaurée.

      À la sortie du village, un ensemble de bâtiments de pierre abrite un village de mathématiques, fondé par un universitaire turc : des étudiants et des lycéens y viennent suivre des cours en plein air, assis sur des gradins, l'été. Il se visite. C'est aussi ici que des milliers de personnes se sont précipitées en 2012, une rumeur ayant désigné le village comme épargné par la fin du monde annoncée alors.

      Les vins de fruits se goûtent gratuitement dans toute la rue principale, et il faut le savoir : ils sont très sucrés, titrent peu, et la dégustation est d'abord un entonnoir commercial. L'huile d'olive et les fruits secs du village sont un bien meilleur achat. Les cars remplissent la rue centrale en milieu de journée ; les ruelles hautes restent vides toute la journée.

      marché
      Gratuit 2 h 30
    • Marché du samedi de Selçuk, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Marché du samedi de Selçuk Le marché paysan hebdomadaire, sous les arcades près de l'aqueduc romain où nichent les cigognes : figues, olives, fromages de brebis et gözleme cuites devant soi. Rien n'y est prévu pour les visiteurs, et c'est ce qui le rend intéressant.
      En savoir plus

      Les marchés hebdomadaires turcs tournent : les mêmes marchands sont ailleurs les autres jours, dans une autre ville, et le marché s'installe et disparaît dans la journée. Ici il envahit les rues autour des piles de l'aqueduc antique, au sommet desquelles des cigognes ont bâti des nids énormes ; elles reviennent chaque printemps et la ville s'en est fait un emblème. On vend en criant les prix, au poids, et rarement à l'unité.

      La plaine autour produit la figue séchée en quantité — cette région en est le premier fournisseur mondial —, et l'on voit passer selon la saison les olives, les grenades, les fromages de brebis et surtout les herbes sauvages de l'Égée, vendues en bottes : chicorée, fenouil, pissenlit, chardon. Elles se cuisent à l'eau, se mangent froides à l'huile d'olive et au citron, et c'est la base de la cuisine locale bien avant le kebab.

      Prévois des espèces en petites coupures et un sac : rien n'est emballé. La partie textile et bazar est bien plus vaste que la partie alimentaire, et se traverse plus vite. Le centre devient impossible en voiture ce jour-là — se garer à l'écart et finir à pied.

      marché
      Gratuit 2 h
    • Cité antique d'Éphèse, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Cité antique d'Éphèse Deux cent cinquante mille habitants au Ier siècle, deuxième ville de l'Empire après Rome. La bibliothèque de Celsus, remontée pièce par pièce, et un théâtre de vingt-quatre mille places où saint Paul a failli être lynché. ⚠️ 40 € : l'entrée la plus chère du pays, et il n'y a pas d'ombre — venir à l'ouverture.
      En savoir plus

      La bibliothèque n'est pas seulement une bibliothèque : c'est un tombeau. Le fils de Celsus a obtenu, ce qui était très rare à l'intérieur d'une ville, que son père soit enseveli sous la salle de lecture — le sarcophage est toujours là, dans une chambre voûtée sous le sol. La façade, elle, est un décor de théâtre : les colonnes centrales sont plus grandes que celles des côtés et le socle est légèrement bombé, pour que l'ensemble paraisse plus vaste qu'il n'est.

      La ville est morte de son port. Le fleuve descendait tant de limon que le bassin s'est comblé malgré des travaux répétés, jusqu'à ce que la mer soit à plusieurs kilomètres. La grande avenue à colonnades qui part du théâtre menait aux quais : elle s'arrête aujourd'hui dans un champ, et c'est la meilleure image de ce qui est arrivé à la deuxième ville de l'Empire.

      Le site se parcourt en descente d'une porte à l'autre. Fais-toi déposer à la porte haute et marche vers le bas : dans l'autre sens, c'est une montée continue au soleil. Le marbre des rues a été poli par les siècles et glisse comme du verre, surtout aux passages en pente. Il n'y a d'ombre nulle part, sauf sous la verrière des maisons en terrasses.

      culture
      40 € 3 h 30
    • Maisons en terrasses d'Éphèse, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Maisons en terrasses d'Éphèse Six demeures patriciennes protégées sous une verrière, avec leurs mosaïques, leurs fresques et leur chauffage par le sol intacts : c'est le Pompéi de l'Asie mineure, en mieux conservé. Supplément de 10 € que le Museum Pass ne couvre pas, et de très loin la meilleure partie du site.
      En savoir plus

      On circule sur une passerelle d'acier suspendue au-dessus du chantier, à plusieurs niveaux, et l'on regarde les maisons par le haut, en coupe : les cours à colonnes, les couloirs, les latrines, les canalisations. Une salle est entièrement plaquée de marbre du sol au plafond. Ailleurs, des peintures murales portent des masques de théâtre, et un portrait légendé de Socrate est resté sur son enduit. Des graffitis grattés dans le plâtre — comptes, dessins, listes — traînent au milieu des fresques.

      Ces maisons avaient l'eau courante, le tout-à-l'égout, des vitres et un chauffage par le sol alimenté depuis une chaufferie extérieure. C'est un niveau de confort domestique que l'Europe ne retrouvera pas avant plus de mille cinq cents ans. Dans une salle en fin de parcours, les restaurateurs assemblent sur des cadres verticaux les fragments d'enduit peint retrouvés au sol, comme un puzzle géant ; on les voit travailler.

      Le billet est séparé de celui du site et se prend à l'entrée du pavillon. La verrière est la seule ombre d'Éphèse, mais l'air y est étouffant en été. Le sens de visite est unique, avec des escaliers : on ne revient pas en arrière.

      culture
      10 € 1 h 30
    • Basilique Saint-Jean, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Basilique Saint-Jean Justinien a bâti sur la tombe supposée de l'apôtre Jean une basilique à six coupoles qui fut l'une des plus vastes de la chrétienté. Il n'en reste que les colonnades relevées et le plan au sol, sur une colline d'où l'on voit l'unique colonne restante du temple d'Artémis, l'une des sept merveilles.
      En savoir plus

      Il ne reste que le plan au sol et quelques colonnades relevées, mais cela suffit à marcher dans le bâtiment comme sur un calque : on suit les nefs, on passe sous les arcs, on comprend la taille. Au centre, un podium de marbre avec quelques marches marque l'emplacement de la tombe. On racontait dans l'Antiquité qu'une fine poussière montait du sol à cet endroit et guérissait les malades ; les pèlerins en emportaient. À côté, le baptistère a gardé sa cuve, assez grande pour qu'on y descende par un escalier et qu'on en ressorte par l'autre.

      La porte par laquelle on entre s'appelle la porte de la Persécution, d'après un relief antique remployé dans sa maçonnerie que les voyageurs prenaient pour un martyre de chrétiens. Il représentait tout autre chose, une scène de l'Iliade ; le nom est resté et le relief a disparu depuis longtemps.

      Depuis la colline, on repère dans la plaine la colonne unique et solitaire qui reste du temple d'Artémis. Le site est presque vide de visiteurs, contrairement à la cité antique. En redescendant, la mosquée du XIVᵉ siècle au pied de la colline se visite librement : ses colonnes viennent des mêmes ruines que celles de la basilique.

      culture
      6 € 1 h
    • Maison de la Vierge Marie, Éphèse et Selçuk, Turquie
      Maison de la Vierge Marie Une maison de pierre sur le mont Coressos, retrouvée en 1881 d'après les visions d'une religieuse allemande qui n'avait jamais quitté son lit. Reconnue lieu de pèlerinage par le Vatican et vénérée aussi par les musulmans. ⚠️ Carte bancaire obligatoire, les espèces ne sont pas acceptées.
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      C'est une petite construction de pierre, sombre, voûtée, avec une pièce principale et une chambre latérale : on entre, on fait quelques pas, on ressort. Il n'y a rien à voir au sens ordinaire, et beaucoup de gens sont déçus s'ils s'attendaient à un monument. En dessous, une fontaine à plusieurs becs et un long mur où les pèlerins nouent des bandes de tissu et des papiers pliés, par milliers, jusqu'à ce qu'on les retire.

      L'Église n'a jamais tranché sur l'authenticité du lieu. Elle en a autorisé le pèlerinage, plusieurs papes y sont venus, et cela s'arrête là : aucun texte ancien ne dit que Marie a vécu ici, et l'identification vient des visions d'une religieuse allemande qui n'avait jamais quitté sa région. Les fouilles ont montré une construction remaniée à l'époque byzantine sur des fondations plus anciennes — ce qui ne prouve ni n'infirme rien. Les musulmans y viennent aussi : le Coran consacre à Marie une sourate entière, sous son nom.

      Le silence est demandé et respecté, et l'on ne photographie pas à l'intérieur. La route qui monte est étroite et en lacets. Les groupes descendus des bateaux de croisière arrivent en milieu de matinée et saturent l'endroit d'un coup.

      culture
      14 € 1 h

    Où dormir à Éphèse et Selçuk

    • Maison avec terrasse dans les collines appartement premium 155 € / nuit
    • Maison de pierre de charme à Şirince hotel premium 138 € / nuit
    • Hôtel avec jardin à Selçuk hotel confort 65 € / nuit
    • Pension familiale à Selçuk auberge routard 15 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Şirince habitant routard 34 € / nuit
  8. İzmir, Turquie

    8. İzmir

    La ville la plus décontractée de Turquie, face à l'ouest

    La ville la plus occidentale et la plus décontractée du pays, tournée vers la mer Égée, où l'on se promène le soir sur le Kordon comme sur une promenade méditerranéenne. Peu de monuments, beaucoup de vie. C'est la base pour Éphèse et pour les villages de la côte, à moins d'une heure.

    En savoir plus sur İzmir

    İzmir est la troisième ville de Turquie et la plus décontractée : tournée vers la mer Égée, largement laïque, réputée pour son mode de vie et sa réserve à l'égard du conservatisme. On y sent une atmosphère méditerranéenne plus proche de la Grèce voisine que du reste du pays.

    ⚠️ Il ne faut pas y chercher de grands monuments. L'antique Smyrne a été détruite par des séismes puis par le grand incendie de 1922, à la fin de la guerre gréco-turque, qui a rasé les quartiers grec et arménien — la ville actuelle est presque entièrement du XXᵉ siècle. Son intérêt est la vie : le Kordon, longue promenade en bord de mer où toute la ville marche, court et s'assied en fin de journée, et le bazar de Kemeraltı, immense, où l'on circule entre les caravansérails ottomans reconvertis.

    Elle sert de base à toute la région. Éphèse et Selçuk sont à une heure, la presqu'île de Çeşme et Alaçatı — village de pierre devenu chic, capitale turque de la planche à voile — à une heure et demie. ⚠️ L'ascenseur historique de Karataş, construit en 1907 par un négociant juif pour relier le quartier bas aux maisons du haut, fonctionne toujours et donne l'un des meilleurs points de vue sur la baie, gratuitement.

    À table

    • Boyoz — le feuilleté roulé, hérité des Juifs séfarades, mangé au petit déjeuner avec un œuf dur et du thé.
    • Kumru — le sandwich chaud au fromage et à la sucuk, spécialité de Çeşme, dans les rues du Kordon.
    • Kemeraltı — le bazar et ses gargotes : mezze, poisson et lokma, les beignets au sirop.
    • Poisson grillé à Alsancak — les tavernes du front de mer, avec du rakı, au coucher du soleil.
    Durée et coût par style de voyage à İzmir
    StyleNuitsPar jour et par personne
    Routard 1–2 40 € dont 22 € de nuit, 12 € de repas
    Équilibré 2–3 90 € dont 54 € de nuit, 25 € de repas
    Confort + 3–4 188 € dont 118 € de nuit, 48 € de repas

    Que faire à İzmir

    • Le Kordon et la place Konak au couchant, İzmir, Turquie
      Le Kordon et la place Konak au couchant Trois kilomètres de front de mer où toute la ville s'assoit dans l'herbe à partir de 18 h, face à un golfe orienté plein ouest. La tour de l'Horloge de Konak, offerte par l'empereur d'Allemagne en 1901, est devenue le symbole d'une ville que l'incendie de 1922 a presque entièrement détruite.
      En savoir plus

      Le Kordon est une bande d'herbe et de promenade qui longe le golfe sur plusieurs kilomètres, et son usage est massif : à partir de la fin d'après-midi, la ville entière s'y assied par terre, en groupes, avec de quoi manger et boire. Le golfe est orienté plein ouest, ce qui donne un couchant sur l'eau chaque soir.

      İzmir est la ville la plus laïque et la plus décontractée du pays, et cela se voit ici plus qu'ailleurs — mixité, tenues, consommation d'alcool en public sur l'herbe, ambiance méditerranéenne plus proche de la Grèce voisine que de l'Anatolie intérieure. Des calèches circulaient autrefois sur le Kordon ; elles ont été supprimées pour le bien-être des chevaux.

      La tour de l'Horloge de la place Konak a été offerte en 1901 par l'empereur allemand Guillaume II au sultan, dans le cadre du rapprochement germano-ottoman de l'époque, et elle est devenue le symbole de la ville. ⚠️ Il ne faut pas chercher ici de vieille ville : l'incendie de 1922, à la fin de la guerre gréco-turque, a détruit les quartiers grec et arménien et effacé l'essentiel de la Smyrne ancienne. La ville actuelle est presque entièrement du XXᵉ siècle.

      détente
      Gratuit 2 h 30
    • Bazar de Kemeraltı, İzmir, Turquie
      Bazar de Kemeraltı Un labyrinthe de marché du XVIIe siècle bâti sur l'ancien port comblé — la courbe des ruelles épouse encore la forme du quai antique. Contrairement au Grand Bazar d'Istanbul, on y vend aux habitants : quincaillerie, tissus, cafés à l'ombre des cours de caravansérail.
      En savoir plus

      Au milieu du marché s'ouvrent des cours à galeries, anciens caravansérails où l'on déchargeait les caravanes : la plus belle, restaurée, a gardé ses deux étages d'arcades autour d'un patio planté, avec des chaudronniers en bas et des cafés au centre. Une rue entière s'appelle la rue des synagogues, et le nom est littéral : plusieurs sanctuaires juifs anciens s'y alignent derrière des portes discrètes, certains restaurés, d'autres en attente. C'est aussi la rue des marchands de poisson et de fromage.

      À l'extrémité haute du marché s'étend l'agora de l'antique Smyrne. Ses sous-sols voûtés, qui portent encore de l'eau, ont livré une quantité considérable de graffitis romains gravés dans l'enduit — insultes, déclarations d'amour, bateaux, comptes, jeux. C'est l'un des plus grands ensembles de ce type après Pompéi, et ce sont des voix de gens ordinaires, ce que les inscriptions officielles ne donnent jamais.

      Le marché ferme le dimanche et vit surtout le matin. Assieds-toi dans une cour plutôt que dans une rue. Au petit déjeuner, demande un boyoz : une pâte feuilletée à l'huile, héritée des juifs séfarades, qu'on ne trouve qu'à İzmir et qui se mange avec un œuf dur.

      marché
      Gratuit 3 h
    • Ascenseur historique et quartier de Karataş, İzmir, Turquie
      Ascenseur historique et quartier de Karataş Un ascenseur public de 1907, offert par un banquier juif de la ville pour épargner aux habitants les cent cinquante-cinq marches entre le bord de mer et la colline. Il fonctionne toujours, gratuitement, et la terrasse du haut donne la meilleure vue sur la baie.
      En savoir plus

      La rue en escalier qui mène au pied de l'ascenseur porte le nom d'un chanteur : Dario Moreno, né dans le quartier, sépharade d'İzmir, qui a fait carrière en France dans les années 1950 et 1960 et dont les chansons ont été des succès nationaux là-bas. Sa maison est sur cette rue. C'est un détail qui dit tout du quartier : Karataş était le quartier juif d'İzmir, ville qui a abrité l'une des plus grandes communautés séfarades de l'Empire ottoman.

      C'est aussi ici qu'est né, au XVIIᵉ siècle, Sabbataï Tsevi, qui s'est proclamé messie et a soulevé d'espoir les communautés juives de l'Europe entière et du Levant, avant d'être arrêté par le sultan et de se convertir à l'islam pour sauver sa vie. L'affaire a laissé une trace durable, et une communauté de descendants de ses fidèles convertis a longtemps vécu dans la ville.

      L'ascenseur n'est pas un monument mais un raccourci public que les habitants prennent avec leurs courses : il faut jouer le jeu et laisser passer. En haut, la terrasse est un café ; la plateforme à côté est libre d'accès et donne la même vue sur le golfe, qui s'ouvre plein ouest — le soleil se couche dans la mer, face à toi.

      culture
      Gratuit 1 h 30
    • Alaçatı et la presqu'île de Çeşme, İzmir, Turquie
      Alaçatı et la presqu'île de Çeşme Un village de pierre à volets bleus, ruelles pavées et bougainvilliers, devenu la capitale turque de la planche à voile grâce à un vent qui souffle presque tous les après-midi d'été. Les plages de sable de Çeşme, au bout de la presqu'île, sont les plus claires de la côte égéenne.
      En savoir plus

      Le vent porte un nom, l'imbat : c'est une brise thermique qui se lève l'après-midi, quand la terre chauffée aspire l'air de la mer, et qui souffle avec une régularité assez rare pour qu'on programme des compétitions dessus. La baie qui va avec est presque plate et l'eau y monte à peine à la taille sur des centaines de mètres : on tombe sans conséquence, ce qui en a fait un terrain d'apprentissage plus qu'un spot d'experts.

      Le village de pierre a été bâti par des vignerons venus de l'île de Chios, en face, installés ici au XIXᵉ siècle pour assainir un marais et planter la vigne. La même île a donné à la presqu'île son autre production : le lentisque, dont on récolte la résine, le mastic, à l'odeur de pin et de résine douce. Elle avait presque disparu du côté turc et a été replantée ; on la retrouve aujourd'hui dans la glace, le café, la confiture et le loukoum.

      En août, c'est l'adresse d'été d'Istanbul : les prix montent, les tables se réservent et le stationnement devient le vrai sujet de la journée. Au bout de la presqu'île, une source thermale sort directement dans la mer le long d'une plage, et l'eau y est tiède même hors saison.

      marché
      Gratuit 4 h
    • Front de mer d'Alsancak et cuisine égéenne, İzmir, Turquie
      Front de mer d'Alsancak et cuisine égéenne Le quartier où İzmir dîne : ruelles de maisons levantines converties en tables de mezze, poissons grillés, herbes sauvages de l'Égée cuisinées à l'huile d'olive. C'est la ville la plus laïque et la plus décontractée du pays, et cela se voit d'abord à ses terrasses.
      En savoir plus

      Le golfe s'ouvre plein ouest, ce qui fait d'İzmir une des rares grandes villes turques où le soleil se couche dans la mer, en face du centre. Toute la ville descend alors sur la bande d'herbe du bord de mer, s'assoit par terre, sort des graines de tournesol et regarde. Derrière, les rues d'Alsancak alignent des maisons levantines à volets devenues des tables où l'on choisit ses mezze sur un plateau qu'on t'apporte, à vue.

      Cette façade est presque entièrement reconstruite : en septembre 1922, à la fin de la guerre gréco-turque, un incendie a détruit les quartiers grec et arménien de la ville, et la population chrétienne a quitté İzmir par la mer. Quelques maisons levantines ont survécu dans les rues arrière ; le reste du front de mer date d'après. La ville en a gardé un caractère à part, plus laïque et plus mêlé que le reste du pays.

      Ici le simit s'appelle gevrek et l'on te reprendra si tu dis autrement. Le poisson se vend au poids : demande le prix avant qu'on le pèse, c'est l'usage et personne ne s'en offusque. Les tables du premier rang, face à l'eau, coûtent plus cher et cuisinent moins bien que celles des ruelles juste derrière.

      marché
      Gratuit 2 h 30

    En option — non compris dans le budget de cette étape

    Où dormir à İzmir

    • Appartement levantin à Alsancak appartement premium 165 € / nuit
    • Hôtel de charme face au golfe hotel premium 145 € / nuit
    • Hôtel sur le Kordon hotel confort 70 € / nuit
    • Auberge à Alsancak auberge routard 16 € / nuit
    • Chambre chez l'habitant à Karataş habitant routard 36 € / nuit

Les trajets entre les étapes

Durées et coûts constatés sur place, par personne et par trajet. C'est ce que personne n'a envie de chercher soi-même.

DeÀModeDuréeCoût / personne
Istanbul Cappadoce Vol intérieur vers Kayseri ou Nevşehir 1 h 42 55 €
Istanbul Cappadoce Autocar de nuit 11 h 25 €
Cappadoce Konya Autocar par la plaine anatolienne 3 h 30 12 €
Konya Antalya Autocar par le col des Taurus 5 h 15 €
Antalya Fethiye et Ölüdeniz Autocar par la route côtière 4 h 13 €
Antalya Fethiye et Ölüdeniz Location de voiture, route de la corniche 3 h 30 48 €
Fethiye et Ölüdeniz Pamukkale Autocar vers l'intérieur 4 h 14 €
Pamukkale Éphèse et Selçuk Autocar avec changement à Denizli 3 h 13 €
Éphèse et Selçuk İzmir Train régional İZBAN depuis Selçuk 1 h 18 4 €

Quand partir à Turquie

Températures et jours de pluie moyens, mois par mois. La période conseillée est avr → juin, sept → oct.

Normales mensuelles à Turquie
Mois janv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.
Température max 5°6°7°15°20°22°28°30°24°18°14°9°
Température min -2°-3°-2°4°9°12°15°17°12°8°4°1°
Jours de pluie 8 7 13 11 13 15 2 2 4 5 5 9

Source : Open-Meteo, moyennes 2021-2023.

Informations pratiques

Visa et entrée sur le territoire

Aucun visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours : la Turquie a supprimé l'obligation de visa pour les ressortissants français. Le passeport doit être valide au moins 150 jours après la date d'entrée — c'est plus exigeant que les six mois habituels et c'est le motif de refus d'embarquement le plus fréquent.

⚠️ La carte nationale d'identité ne suffit pas : la Turquie n'est ni dans l'Union européenne ni dans l'espace Schengen. Le passeport est obligatoire, y compris pour les enfants.

Les sites qui vendent encore un « e-visa » à 40 € pour les Français vendent un document inutile. Il n'y a rien à acheter avant de partir.

Santé

Aucun vaccin obligatoire. Hépatite A et typhoïde conseillées pour un séjour long ou rural, comme partout sur le pourtour méditerranéen.

⚠️ L'eau du robinet n'est pas potable, y compris à Istanbul : elle est traitée mais circule dans des canalisations anciennes, et tout le monde sur place boit de l'eau en bouteille, vendue partout pour quelques centimes. Une gourde filtrante fait l'affaire et évite le plastique.

La carte européenne d'assurance maladie ne vaut rien ici : la Turquie n'est pas dans l'Union. Les soins se paient d'avance, et les hôpitaux privés d'Istanbul et d'İzmir sont excellents mais chers. Une assurance voyage avec rapatriement n'est pas une précaution de confort, c'est le poste qui rend le voyage sûr.

Sécurité

Pays sûr sur ce parcours. Les problèmes réels sont l'arnaque et le trafic routier, pas l'agression.

⚠️ L'arnaque du bar à Istanbul est la plus répandue : un homme seul, aimable, francophone ou anglophone, propose un verre dans un établissement qu'il connaît ; l'addition atteint plusieurs centaines d'euros et le refus se règle devant un videur. Elle vise les hommes voyageant seuls, autour d'Istiklal et de Taksim. La règle est simple : on ne suit jamais quelqu'un rencontré dans la rue vers un lieu qu'il a choisi.

Dans les bazars, le prix annoncé est un point de départ, pas une arnaque — négocier fait partie de la transaction et se fait en souriant. En revanche, les « guides » qui abordent devant Sainte-Sophie et les taxis sans compteur sont à écarter sans discussion.

⚠️ La zone frontalière avec la Syrie et l'Irak est formellement déconseillée par le ministère des Affaires étrangères. Elle se trouve à plus de 800 km de l'étape la plus orientale de ce parcours.

Monnaie et change

Livre turque (TRY) — 1 € ≈ 50 TL (07-08-2026). ⚠️ Ne pas changer d'euros en France : le taux y est mauvais. Les bureaux de change turcs, reconnaissables au mot döviz, affichent des taux nettement meilleurs que les banques et ne prennent pas de commission — ceux du Grand Bazar et de Sirkeci sont les plus compétitifs d'Istanbul.

La livre turque se dévalue vite : changer au fur et à mesure, par petites sommes, et ne pas repartir avec des liquidités qui auront perdu de leur valeur. Les distributeurs facturent des frais fixes élevés, souvent 3 à 5 € par retrait — retirer en une fois plutôt qu'en trois.

Moyens de paiement

La carte passe partout en ville, y compris pour de très petits montants : la Turquie est nettement plus dématérialisée que la France sur ce point. Restent en espèces les dolmuş (minibus collectifs), les marchés de village, les pourboires et le marchandage au bazar.

⚠️ Certains commerçants proposent de facturer en euros plutôt qu'en livres. Refuser systématiquement : le taux appliqué est toujours défavorable. Payer en monnaie locale, toujours.

Rester connecté

⚠️ La Turquie n'est pas dans l'itinérance européenne : ton forfait français y facture le hors-forfait, souvent plusieurs euros par mégaoctet. C'est l'une des destinations où la facture au retour peut dépasser le prix du vol. Une eSIM est vivement conseillée, installée avant de partir.

⚠️ Une particularité qui surprend tout le monde : la Turquie bloque les téléphones étrangers au bout de 120 jours sur son réseau, via un enregistrement IMEI. Sans effet pour un séjour touristique, mais c'est la raison pour laquelle les SIM locales prépayées coûtent cher — compter 25 à 40 € — alors qu'une eSIM de données revient à quelques euros.

La 4G et la 5G couvrent très bien les villes, la côte et les vallées de Cappadoce. Le wifi est gratuit et généralisé dans les cafés.

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Décalage horaire

+2 h toute l'année (UTC+3, la Turquie ne change plus d'heure)

Langues

Turc, écrit en alphabet latin depuis 1928 — les panneaux se lisent donc sans difficulté, même si les mots sont longs. L'anglais est bien parlé dans le tourisme d'Istanbul, de Cappadoce et de la côte, beaucoup moins en Anatolie centrale. Le français est rare.

Trois mots suffisent à changer l'accueil : merhaba (bonjour), teşekkürler (merci), ne kadar ? (combien ?). Le turc s'écrit comme il se prononce, à quatre lettres près : c se dit « dj », ç « tch », ş « ch », et le ı sans point est un son sourd.

Bon à savoir

Avril-juin et septembre-octobre sont les deux bonnes fenêtres. L'été anatolien dépasse 35 °C à Konya et en Cappadoce, la côte égéenne est saturée en août, et Istanbul est lourde et moite. L'hiver est froid et neigeux en Cappadoce — spectaculaire en photo, mais la moitié des vols en montgolfière sont annulés.

⚠️ Les mosquées se visitent, gratuitement, mais pas à toute heure. Elles ferment aux visiteurs pendant les cinq prières et le vendredi midi. Épaules et genoux couverts pour tous, cheveux couverts pour les femmes — des foulards sont prêtés à l'entrée des grandes mosquées — et chaussures retirées. C'est une règle de lieu de culte, pas une formalité touristique.

⚠️ Le ramadan déplace le rythme du pays et sa date recule de onze jours chaque année. Les restaurants restent ouverts dans les zones touristiques, mais les villes d'Anatolie tournent au ralenti la journée et s'animent brusquement au coucher du soleil. Les deux fêtes qui suivent, le Ramazan Bayramı et le Kurban Bayramı, ferment l'administration et remplissent tous les transports pendant une semaine : à éviter pour se déplacer, à ne pas manquer pour l'ambiance.

Les musées d'État ferment traditionnellement le lundi ; Topkapı ferme le mardi. Vérifier sur muze.gov.tr, jamais sur un guide papier.

Les vols intérieurs sont bon marché et nombreux — Istanbul-Cappadoce revient souvent moins cher qu'un train en France, et remplace onze heures d'autocar de nuit.

Informations vérifiées une à une, données à titre indicatif. Les règles d'entrée et les taux de change évoluent : vérifie auprès des sources officielles avant de partir.

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