De l'extérieur, elle n'a rien de bleu : c'est une cascade de coupoles grises qui descendent en gradins depuis la grande, un dessin fait pour être vu de loin et de face. Le bleu est dedans, et il faut lever la tête très haut pour le trouver — les plus beaux carreaux sont dans les galeries supérieures, fermées au public, et l'on n'en voit d'en bas que la partie inférieure. Ce qui frappe d'abord, au contraire, ce sont quatre piliers cannelés énormes, surnommés pieds d'éléphant, qui encombrent la salle et que les architectes reprochent au bâtiment depuis sa construction.
Le sultan qui l'a voulue, Ahmed Iᵉʳ, est mort l'année suivante, à vingt-sept ans. Il est enterré à l'angle du terrain, dans un petit mausolée qui donne sur l'hippodrome, presque toujours vide alors que la mosquée déborde à quelques dizaines de mètres.
L'entrée des visiteurs est du côté nord, sur l'hippodrome, et pas par la cour monumentale. Jambes et épaules couvertes, cheveux couverts pour les femmes, chaussures dans un sac qu'on garde à la main. Le bâtiment ferme aux visiteurs à chaque appel à la prière, et plus longtemps le vendredi midi : c'est une mosquée en service avant d'être un monument.